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 Carley & James ♣ i was there, impossibly alone

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MessageSujet: Carley & James ♣ i was there, impossibly alone   Lun 6 Juin - 7:21

i was there, impossibly alone
Juste avant de sortir de l’hôpital à la fin de son quart de travail, Carley s’arrête. Une drôle de sensation la prend au ventre, l’empêchant de mettre un pied devant l’autre. Bran. Le visage de son fils s’impose à elle comme une évidence, comme pour lui rappeler qu’il existait encore. Comme si elle pouvait l’oublier, comme si elle pouvait arrêter d’y penser, comme si son cœur ne manquait pas de battement lorsqu’une petite tête brune de sa taille et de son âge courait rejoindre ses parents dans la rue. Comme si, à chaque fois qu’elle mettait les pieds à l’hôpital, elle n’avait pas ce serrement au cœur lui rappelant qu’il était là, couché, entre la vie et la mort, juste au-dessus de sa tête. Pourtant, la sensation qu’elle avait aujourd’hui était différente. Bran serait toujours dans ses pensées, peu importe à quel point elle tentait de se détacher de ce qui était arrivé pour ne se rappeler qu’au privilège qu’elle avait eu de pouvoir passer quelques années avec lui. Trop peu. Bien trop peu d’années. On lui avait volé son futur, ses possibilités, ses rêves. Il avait tellement de potentiel, il avait un esprit libre, critique, juste dont il ne pourrait jamais se servir. Changeant soudainement d’idée, Carley revient sur ses pas et se dirige vers l’étage d’hospitalisation prolongée, où Bran avait une chambre permanente depuis un an déjà. Un an. C’était si long, une parcelle non négligeable de sa jeune vie. Pourtant bien trop peu de temps pour pouvoir faire le deuil de son enfant.

Carley signe le registre de visiteurs et marche lentement dans ce corridor qu’elle connaît désormais par cœur. Ses talons claquent contre le carrelage et elle tente de calmer les battements de son cœur. Elle savait ce qu’elle allait trouver, dans cette chambre morne et déprimante. Elle savait que son fils serait là, qu’on n’entendrait que le ronronnement des machines le gardant désespérément en vie. Pourtant, à chaque fois qu’elle lui rendait visite, elle espérait un miracle. Carley le souhaitait tous les jours. Pourtant, médicalement, elle savait que les probabilités étaient quasiment nulles. Elle savait aussi que, si miracle il y avait, Bran garderait des séquelles qui handicaperaient sans aucun doute le reste de sa vie. Voulait-elle réellement un tel sort pour son fils ? Malgré toutes ces pensées rationnelles, le cœur de mère de Carley ne pouvait s’empêcher d’espérer.

Lorsqu’elle entre dans la chambre de son fils, son cœur manque un battement, puis se serre. Le voir ainsi la faisait toujours autant souffrir. Il était si petit, si minuscule dans cet océan de blanc cassé, enterré sous les fils et les machines qui insufflaient un peu de vie dans son corps inanimé, cette vie qui pourtant l’avait quittée depuis bien longtemps. Elle s’assoit à ses côtés, lui prend la main et dépose un doux baiser sur son front. Elle regrettait tellement tous les évènements qui l’avait menée à cet endroit, sur ce lit. Elle voyait son fils et elle se sentait coupable, coupable de n’avoir pas pu le protéger, de n’avoir pas pu être une assez bonne mère pour empêcher cette catastrophe. Elle en voulait à son ex-mari pour tous ses mauvais choix de vie, pour son manque de jugement, pour l’avoir écoutée la seule fois où il aurait dû lui tenir tête. S’ils avaient su être de meilleurs parents, un meilleur couple, Bran n’en serait pas là. Et ça, peu importe ce qu’on pouvait lui dire, elle ne pourrait jamais se le pardonner.

Elle laisse son fils entre les mains d’une infirmière compétente et redescend au stationnement. Voir Bran n’avait finalement que rouvert de vieilles plaies que Carley ne connaissait que trop bien. L’idée de rentrer chez elle la révulsait. Impossible désormais de se retrouver coincée entre quatre murs blancs, étendue dans un lit beaucoup trop grand pour elle, seule. Cette solitude commençait à la ronger de l’intérieur, elle qui s’était habituée avec les années d’avoir deux enfants courant dans la maison et un mari avec qui s’endormir la nuit. Leur vie familiale avait été loin d’être parfaite, elle avait même été plutôt désastreuse la plupart du temps, mais Carley n’avait jamais vécu dans une maison silencieuse. Et le silence l’effrayait, car c’est dans le silence le plus profond que les pensées résonnent le plus.

Elle s’est naturellement retrouvée au Old Absinthe House après avoir troqué ses vêtements de travail pour une blouse et une jupe noire qu’elle gardait en permanence dans sa voiture, au cas où. Elle y passait des après-midis à remplir de la paperasse lorsqu’elle était en retard dans ses dossiers de patients, et elle passait ses soirées à socialiser, si l’envie lui prenait. En ce début de soirée, Carley ne savait pas ce qu’elle recherchait. De la compagnie ? Du bruit ? Ou juste l’impression de ne pas être seule ? En entrant, son regard passe rapidement d’une table à l’autre, à la recherche d’une occupation, tiraillée entre cette envie de ne pas être seule et le dégoût qu’elle avait pour les discussions vides de sens qu’elle aurait très certainement si elle rencontrait une vieille connaissance. Ses yeux finissent par se planter dans ceux d’un être connu, et un sourire éclaire son visage. « James ! » L’exclamation est empreinte d’une joie sincère. Elle s’avance pour le rejoindre et prend place au bar, ou enfin, au comptoir auquel les gens s’assoyaient autrefois pour boire un verre entre amis. « Je sais que théoriquement je ne suis plus ton médecin, mais, déformation professionnelle oblige, je me dois de te demander : la main, comment ça va ? » C’est elle que James avait vu à la suite d’un accident avec des couteaux ayant sectionné partiellement un nerf de sa main. Elle l’avait fait voir un spécialiste pour rafistoler tout ça et avait fait le suivi. « Donne-moi ce que t’as de légal qui cogne le plus. » Petit rire. C’était moins facile d’oublier ses peines et ses douleurs avec la prohibition. « Mais t’es avertis, si tu fais le moindre commentaire je te fais chier avec la mauvaise manie que t’as de fumer des cigarettes pendant le reste de la soirée. » Carley ne s’était pas regardée dans un miroir, mais elle savait déjà de quoi elle avait l’air. Des cernes sous ses yeux qui ne faisaient que se creuser à force de faire des insomnies et de consoler Clémentine, sa fille, lorsque celle-ci faisait des cauchemars. Sa blouse, légèrement froissée pour être restée pliée dans un coin de sa voiture pendant plusieurs jours. La pâleur de sa peau et ses traits émaciés à force de s’empêcher de se nourrir. Ce qui lui rappelle brusquement que, peu importe ce qu’elle commande, elle ne serait pas satisfaite. Son organisme n’était plus conçu pour ce genre de consommation, désormais. Bref, elle avait connu des jours meilleurs.
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MessageSujet: Re: Carley & James ♣ i was there, impossibly alone   Jeu 9 Juin - 1:51


« Pain breaks us in a million of pieces »

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Le temps est trop long. Le temps est trop court. Il est les deux extrêmes à la fois, surtout lorsque l'on le surveille pas. Et là, alors que je travaillais comme à mon habitude, il était encore plus long. Ma vie ne se résumait pas qu'à travailler et passer le temps, du moins, tenter de l'écouler sans que rien ne se passe. Mais pourtant, j'avais l'impression que c'était ce que je devais faire. Moi et mon secret, moi et ma double personnalité. Un combat certes constant, mais un combat qui me dévore de l'intérieur. Je laissais glisser mon regard sur la pièce, regardant le peu de gens qu'il pouvait y avoir à cette heure. Encore une petite soirée. Je retournais en cuisine pour attendre les assiettes pour mes rares clients de ce soir. Déjà que je demandais plus d'heures de travail que d'habitude, je n'arrivais pas à voir le but du tunnel. Ma vie était morne, je n'arrivais pas à avoir ce sourire, ce petit sourire qui peut émerveiller et rendre heureux. Il me manquait celui-là. Mais donc, il s'agissait de l'être blasé, de l'être qui ne faisait que son travail sans se poser de questions, sans rien de moins, sans rien de plus. Bref, la roue qui tourne encore sans relâche sans que personne ne se pose de questions.

Est-ce que je préférais les soirées tranquilles aux soirées animées? Je crois bien que ça dépendait fortement de mon humeur. Je restais là, pensif et je pouvais débattre intérieurement sur ce qui me plaisait lorsqu'il y avait peu d'animation. Après, lorsque c'était très achalandé, je pouvais m'oublier moi-même et devenir un robot. Un robot qui ne faisait que son travail et qui pouvait oublier ses tracas. Je croyais bien que je pourrais faire autrement, de ne pas y penser, mais certes, ce soir, j'aurai eu besoin de m'occuper. Hélas, ma seule occupation du moment était de passer mon doigt en cercle sur la paume de ma main, comme si ça allait me rendre plus heureux et comme si ça allait me rendre la sensation que je n'avais plus. Un long soupir m'échappa alors que les assiettes sortaient. J'attrapais les plats et allai servir mes clients, laissant entendre un bon appétit d'un ton mielleux et retourna à l'écart. La soirée passait tellement lentement. Je faisais le compte dans ma tête, lentement mais sûrement.  La porte ne s'ouvrait que rarement, je levai rarement les yeux. Puis, elle s'ouvrit à nouveau, elle s'ouvrit sur un visage connu. Je grimaçais un sourire, j'étais quand même payé pour ça et allait me positionner au bar parce que je me doutais bien, avec l'allure qu'elle pouvait avoir, qu'elle se dirigerait ici.

Elle semblait contente de me voir. Ce n'était pas que je n'étais pas content de la voir, certes, mais juste que j'étais malheureux moi-même, je n'arrivais pas à le cacher. Je me repris et lui souri d'un air un peu plus amical et agréable. « Bonsoir Carley. » Je pris place en prenant appui sur mes mains, m'approchant légèrement d'elle, tentative vaine de rendre la conversation plus intime, disons simplement entre deux personnes. Et comme je le croyais, elle commença avec ma main. Je levai les yeux au ciel et secouai doucement la tête.« Déformation professionnelle ou pas Carley, tu restes une chieuse avec du culot de me demander ça à mon boulot. Je m'en sors, c'est l'important. » Je n'aimais pas avoir l'air d'une pauvre petite chose qui avait de la difficulté à vivre. Je m'en sortais très bien. J'avais tout pour moi et ce n'était pas ma main qui allait me faire chier. « T'as vu mon dossier, tu sais que c'est du 50/50 » Je passai mon oeil avisé sur le bar et sourit en l'entendant. Mon truc légal le plus fort? Et puis depuis quand nous restions dans la légalité?

Je me penchai et attrapai une bouteille de vin rouge. Bien sûr, ce n'en était pas, mais lorsque l'on sait jouer avec les couleurs, tout peut le devenir. Puis, qui irait réellement vérifier chaque bouteille? Je lui en versai dans un verre et le poussai délicatement vers elle. « Pourtant la légalité, c'est pas tellement mon truc, mais si tu insistes, spécial légal de James. » Bien sûr, inutile de dire que je venais de lui refourguer de la vodka avec du colorant alimentaire rouge. La voir boire serait bien plus amusant.  Je croisais les bras et haussai les épaules devant sa réplique. Bien sûr que je fumais, c'était pas sorcier, même c'était plus qu'évident. Même si je m'étais promis d'arrêter, je n'y arrivais pas, comme quoi les démons étaient toujours présents. «Tu peux autant que tu veux Carley, c'est pas moi qui va t'en empêcher. Et je vais pas me gêner non plus. Alors, tu sors de quel cercueil pour avoir une telle tête? T'as mangé au moins? » Je n'étais pas aveugle et je n'avais certes pas besoin de lunettes non plus. Mon regard cette fois était celui de quelqu'un qui s'en faisait réellement, même si le ton restait désinvolte, je restai quand même inquiet. « Je suis certes partisan du femme sans maquillage, mais sérieux, on dirait que tu t'es fais passer dessus par un rouleau compresseur. Et c'est pas que l'alcool qui peut te remonter. » Je me servis moi-même un verre et le but cul-sec, prenant mentalement note de le payer à la fin de mon service. Finalement, je n'étais pas si à plaindre que ça, j'ai bien l'impression.



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MessageSujet: Re: Carley & James ♣ i was there, impossibly alone   Ven 10 Juin - 6:33

i was there, impossibly alone
Perdue dans son mal être et dans ses problèmes, Carley ne s’était pas attardée sur les traits du jeune homme. Elle aurait dû, au moins quelques instants, ne serait-ce que pour voir qu’il n’allait pas franchement mieux qu’elle et qu’il avait probablement autant besoin d’un verre qu’elle. Peut-être cherchait-il, lui aussi, une distraction à ses pensées. Le voyant se fermer lorsqu’elle s’enquiert de l’état de sa main, elle n’insiste pas. Carley mieux que personne pouvait comprendre que la pitié des gens et leur constante attention, bien que sincère, puisse être étouffante. Elle n’avait pas eu une seule minute à elle après l’accident de Bran. Elle avait demandé le divorce à Elias alors qu’il était encore dans un lit d’hôpital, aveuglée par le chagrin. Elle avait tenté de se soutirer aux constantes attentions de leurs proches, mais elle n’avait pas pu s’en tirer. Elle avait vu leurs amis communs se diviser en deux clans et avait tenté de supporter leur haine en plus de la sienne, qu’elle avait à son égard et à l’égard du monde entier pour lui imposer autant de souffrance. Elle ne supportait plus de se faire demander comment elle tenait le coup et, devant l’attitude de James, elle comprenait soudainement son manque de délicatesse et son désir de ne pas en parler. « Excuse-moi. Je passe la journée à entendre des gens me raconter leurs problèmes et j’oublie parfois que certaines personnes tiennent à leur vie privée. » Alors que d’autres, certainement pas assez. Elle avait parfois l’impression d’être dans un confessionnal plutôt que dans un bureau de médecin.

Carley regarde James d’un œil suspicieux alors qu’il sort une bouteille de vin rouge. La boisson avait une teinte rouge un peu trop pâle à son goût, mais la jeune femme hausse finalement les épaules en baissant sa garde. « Allez, vivons dangereusement ! » Elle lève le verre en sa direction et l’avale d’une traite. Elle s’étouffe à moitié, les larmes aux yeux et l’œsophage irrité. Elle reprend finalement ses esprits après avoir toussé quelques fois et s’être essuyée les yeux. Carley éclate finalement de rire, jetant son verre sur lui, faussement offensée. « Pour cogner, ça cogne. N’empêche, je ne peux pas me plaindre, c’est ce que j’avais demandé. » Elle se remet doucement de l’ingurgitation imprévue de vodka, retournant son attention vers lui. Puis, il lui pose une question anodine qui la fait figer l’instant de quelques secondes. T’as mangé au moins ?

La question que tout le monde posait dès que quelqu’un avait les traits émaciés. Le remède à tous les maux. Une question simple, anodine, si fréquente qu’on ne l’entendait même plus, on n’y prêtait plus attention. On y répondait par l’affirmative, l’esprit déjà bien loin. Cette question avait, depuis un mois, pris une toute autre signification aux yeux de Carley. Comme si tout le monde qui la lui posait connaissait son secret, savait ce qu’elle était devenue, savait ce dont elle était désormais capable. Que pouvait-elle bien répondre à cette question ? Qu’elle ne s’était pas nourrie parce qu’elle avait peur de perdre le contrôle et de tuer quelqu’un dans le processus ? Que, chaque jour, elle se battait contre ses nouveaux instincts pour tenter de garder la dernière parcelle d’humanité qui lui restait ? Qu’elle avait peur d’embrasser sa fille au risque de tirer toute la vie de son petit corps vulnérable ? Que toute nourriture humaine qui la rendait pourtant si heureuse il y a quelques mois n’arrivait plus à la satisfaire ? Elle fuit son regard, puis le supporte à nouveau, tentant de mettre assez de confiance dans ses paroles pour qu’il la croit et qu’il ne tente pas de creuser la question plus loin. « Non, mais je n’ai pas faim. C’est gentil. »

Elle cherche rapidement une explication plausible à sa tenue et à ses traits fatigués, creusés, lasses. Elle n’en trouve aucune convaincante. Aucune ne pourrait satisfaire James, lui faire croire qu’elle disait la vérité. À quoi bon lui mentir ? À quoi bon trahir sa confiance ? Il avait toujours été honnête avec elle lors de leur relation professionnel médecin-patient. À quelque part, Carley avait l’impression de lui devoir la pareille. Elle l’avait vu à son plus bas, vulnérable, brisé. Peut-être serait-il plus prompt à s’ouvrir à elle s’il savait que qui la déchirait de l’intérieur. De toute façon, tout finissait par se savoir. Ce n’était pas le genre de chose dont elle parlait avec aise, et qu’elle disait au premier venu. Mais James n’était pas le premier venu, et elle lui faisait confiance, même s’il lui avait donné de la vodka incognito. Elle ressentait étrangement le besoin de se justifier de son apparent laisser-aller, elle qui avait pourtant réussi à se composer une image décente en public durant cette dernière année qui l’avait poussée dans ses plus sombres retranchements. Elle regarde James, sérieuse. « J’ai visité mon fils, tout à l’heure. Bran, rajoute-t-elle avec un petit sourire. Ça fait un an qu’il est dans le coma. » Elle baisse les yeux et sourit faiblement. Le dire à voix haute lui avait toujours brisé le cœur. Elle était toujours dans le déni depuis un an, tentant désespérément de se persuader que son fils allait finir par se réveiller et que tout cela n’était qu’un long et horrible cauchemar. Pourtant, un an plus tard, il était toujours dans le coma, et elle n’avait toujours pas su comment continuer à vivre sans lui.
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MessageSujet: Re: Carley & James ♣ i was there, impossibly alone   Ven 10 Juin - 18:13


« Pain breaks us in a million of pieces »

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Deux loques. Voilà ce que nous étions. Brisés à notre manière, façon de parler bien entendu. Moi, combattant des démons du passé, mais également un double que je ne voulais pas avoir. Et elle? Qu'est-ce que je savais d'elle réellement? Un petit regard sur mon doc et je me disais qu'en réalité, je ne devrais pas avoir cette conversation, je ne devrais pas être là tout simplement. Je n'étais pas un ami, mais bien un patient. Elle n'était pas méchante Carley, au contraire, juste que nous allions chevaucher la fine ligne, la limite qui définissait le contact professionnel et le début d'amitié. Est-ce qu'elle était au courant que bien que les regards seraient posés par les mêmes yeux, ils ne seraient pas pareils? Bien que ma main était dans un état stable, je savais que c'était des consultations à vie qui m'attendaient, d'une manière ou d'une autre.  Mais bon, on ne se changeait pas n'est-ce pas? On restait ce que l'on était et puis advienne que pourra. J'ai toujours laissé le choix au destin de décider pour moi, de mener ma vie et maintenant, j'étais serveur dans un resto avec un passé que je n'aimais pas, des pertes et bien sûr, de la tristesse que je pouvais traîner comme un boulet toujours. Je fermais les yeux sur tout ça et je me concentrais sur l'avant. Comme je faisais en ce moment avec elle. Parce que j'avais bien l'impression qu'elle avait besoin d'un ami. Ce qui en venait à me demander si elle avait des amis. Bien sûr que oui James, t'es  un imbécile, elle a juste un petit moment où elle avait besoin de boire.


« Navré, j'ai été un peu trop... disons, je n'ai pas fait attention. C'était gentil de ta part.»   Je lui adressai un petit sourire gêné cette fois. Bon dieu James, c'est con comment t'es maladroit. J'avais réagi au quart de tour et voilà que je me mettais moi-même les pieds dans les plats. Ridicule. Je haussai les épaules à ce qu'elle disait et marmonnai un truc qui devait ressembler à « Les gens pensent que les docs sont des boites à secret.»   Et je me concentrai sur mon boulot. J'avais une tâche à faire, je n'avais pas encore terminé. Pas encore comme elle, il semblerait. Donc, il fallait que je serve madame ici présente. Ce n'était pas une tâche et si je pouvais discuter en même temps, pourquoi pas? Je la servis donc et attendit le moment qu'elle goûte le verre. Je voyais bien qu'elle m'avait jeté un coup d'oeil qui voulait dire qu'elle avait des doutes sur ce que j'allais lui servir. Je dû faire un effort pour ne pas éclater de rire lorsqu'elle but et restai tranquille alors qu'elle se remettait de son verre. D'une main experte, je rattrapais le verre et haussai les épaules, l'air amusé et surtout malicieux. « Je ne suis là que pour accéder à tes demandes Carley, du moins, c'est pour ça que l'on me paie.» Un clin d'oeil alors que je lui en servais un autre, au cas où elle en voudrait un. Dans le pire des cas, j'allais boire de nouveau, comme si de rien était. Ça m'empêchait de penser que je commençais à ressentir le manque de nicotine dans mon corps. Je me mordillai la lèvre d'un air absent pour ensuite me concentrer à nouveau sur ce qui se passait. Et bien sûr, ma grande franchise frappa à nouveau. Elle frappa pour frapper dans le malaise. Je soupirai longuement, voyant comment la situation se déroulait sous mes yeux et secouai la tête lorsqu'elle tenta de me berner vainement.

« Doc, tu sais aussi bien que moi qu'il faut manger pour être en santé. Allez, je te commande quelque chose et on le partage. Au moins ça. Alors, qu'est-ce qui te ferait plaisir?» J'étais prêt à le payer même, si elle avait l'intention de ne pas me laisser faire. Gentil, certes, mais je restais très têtu et il ne fallait pas trop pousser le truc sinon la personne allait se heurter à un mur, mur que j'étais au final. Je pianotais sur le bar, plus pour occuper mes doigts que pour faire autre chose et soupirai intérieurement. Le loup avait bel et bien envie de faire sa part des choses également, mais je le repoussai et pris une grande inspiration pour ravoir mon éternel sourire en coin. Faire comme si tout allait bien. C'était ça le jeu que nous faisions non?


« Bordel....» J'étais resté silencieux lorsqu'elle avait commencé à parler de son fils, m'imaginant qu'il s'agissait d'une histoire de divorce quelconque et que ça n'allait pas quoi. Puis elle lâcha le truc avec un petit sourire, baissant les yeux. Je pinçai les lèvres et inspirai brusquement. Moi et la drama, ça le faisait pas. Surtout que j'avais eu droit à une démonstration d'amour mère/fils pour que je reste en vie et je n'avais pas l'intention d'en parler de toute manière. Je laissai les secondes s'égrener et parlai enfin après presque trente secondes de silence gênant. « Et tu m'annonces ça comme si tu me disais que tu viens de frapper un pépé sur le coin de la rue. Bon sang Doc!» Je me passai un main dans les cheveux et me servai un verre pour le boire à nouveau. James le fumeur et l'alcoolo, prochainement à la télévision Qu'est-ce que l'on disait dans ces moments-là? Désolé, ça semblai tellement peu approprié, tellement peu classe aussi. Comme si on s'en foutait. Et pourtant, je ne pouvais pas m'empêcher. « Je suis navré Carley.» Alerte, je ne sais pas gérer ce genre de situation. Je regardais autour de nous et me permis de sortir de derrière le bar pour prendre place près d'elle. «C'est ça qui te ronge autant? Je sais que ce n'est clairement pas de mes affaires, mais le look rouleau compresseur te va pas et je suis encore moins la personne pour te sortir de là.» Jurant à demi dans ma barbe, je soupirai avant de marmonner. «Aide-moi parce que là, ça va pas du tout.» Comme si elle pouvait m'aider. C'était elle qui était en détresse et je demandais à la personne en détresse de m'aider à la sortir de là. Pfff. Pauvre cloche.



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MessageSujet: Re: Carley & James ♣ i was there, impossibly alone   Mer 15 Juin - 8:58

i was there, impossibly alone
Ils étaient bien drôles, tous les deux, à tenter d’avoir une conversation ordinaire et à essayer désespérément de se raccrocher à la normalité. À voir comment il avait réagi à une question ma foi plutôt anodine, elle ne pouvait s’empêcher de penser que son attitude défensive cachait autre chose. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait une attitude similaire chez un patient et malgré tous ses efforts pour faire sortir le docteur d’elle lorsqu’elle ne travaillait pas, les vieilles habitudes finissaient toujours par la rattraper. Dans son bureau, elle l’aurait questionné, elle aurait creusé, elle aurait fini par lui faire cracher le morceau. Savoir lui aurait permis de l’aider de façon adéquate. Ici, dans un environnement qui n’était pas le sien, Carley devait se réduire au silence et respecter son choix, respecter son intimité. Elle eut un étrange sourire lorsqu’il mentionne la propension des gens à avoir une confiance aveugle envers leur médecin. « Ils devraient faire plus attention, si j’avais une once de malice en moi je pourrais utiliser ces informations à mauvais escient. » Carley pouvait se permettre de railler, car elle savait pertinemment bien que rien ne pourrait la pousser à révéler les secrets de ses patients. Pas même la menace, pas même la peur, pas même la torture. Le lien de confiance qu’elle construisait avec ses patients était primordial, car il lui permettait d’être un meilleur médecin et de pouvoir les aider en ayant toutes les informations pertinentes à sa disposition. Ses patients se confiaient à elle sans gêne, sans peur d’être jugés ou d’être arrêtés si leurs actions étaient illégales. Si elle pouvait sembler invasive dans ses questions avec ses patients, ils pouvaient être assurés que tout ce qu’ils disaient ne serait jamais répété. Elle espérait que James se sentait assez en confiance en sa compagnie pour savoir qu’il pouvait se confier à elle.

Sa main glisse automatiquement autour du verre que James lui avait rempli et elle l’avale encore d’un coup, cette fois-ci en sachant à quoi s’attendre. Elle était consciente que la boisson n’améliorerait pas son état, loin de là, mais elle n’avait qu’à faire de son apparence. Ses pensées étaient encore trop vivides à son goût et elle se faisait une joie de les faire taire sous les vapeurs d’alcool. Manger. Quelle drôle d’idée ! Toute nourriture avait perdu son goût, tous les plaisirs gustatifs n’avaient désormais aucun attrait pour elle, et pourtant, pour sauver la face, elle se force à sourire. « D’accord, tu m’as eu. Des nachos, ça me ferait peut-être du bien. Extra fromage, d’accord ? » Elle adorait les nachos. Extra fromage, bien sûr. Elle adorait mélanger la crème sûre et la guacamole, surtout si elle était faite maison, avec le croustillant nachos recouvert d’une épaisse couche de fromage et de viandes diverses. Pourtant, rien de tout cela n’allait avoir de goût pour elle. Rien de tout cela n’allait la satisfaire. Ces nachos allaient la frustrer, la frustrer du goût fade que tous les aliments avaient désormais pour elle, la frustrer de s’être fait avoir par un zombie dans une ruelle sombre, la frustrer de devenir quelque chose qu’elle n’arrivait plus à reconnaître, la frustrer de ne pouvoir se contrôler. Pourtant, elle souriait, tentant de garder les apparences et de cacher son malaise. Tant qu’il restait à une distance raisonnable d’elle, tout irait bien. Tant qu’il ne la touchait pas, elle pouvait se contrôler, elle pouvait faire semblant et oublier quelques instants qu’elle n’était plus elle-même. Mais s’il se risquait ne serait-ce qu’à l’effleurer, Dieu seul sait ce qu’elle pourrait bien lui faire.

Alors, Carley avait décidé de faire diversion. De supplanter un malheur par un autre, encore plus atroce que le précédent. Une horreur qui expliquait son constant besoin de se faire refiler des verres de vodka et sa mine déconfite. « Ça fait un an que j’essaye de trouver la meilleure façon de l’annoncer. Crois-moi, il n’y en a pas. » C’était toujours aussi pénible à dire que le premier jour, toujours aussi difficile à énoncer. À chaque fois qu’elle prononçait les mots Bran et coma dans une même phrase, elle se brisait un peu plus, comme si après un an elle n’avait toujours pas réussi à encaisser la nouvelle. Peut-être était-ce le cas. Elle s’était occupée l’esprit en remettant toute la faute sur Elias, en s’appliquant à le faire souffrir dans l’espoir de partager sa souffrance qui la dévorait de l’intérieur. Elle lui avait retiré Clementine, elle l’avait laissé seul à pourrir dans leur vieille maison et elle était allée souffrir en silence. Elle ne s’était jamais vraiment permise de ressentir toute cette douleur, et peut-être était-ce ce qui l’empêchait d’avancer. Peut-être que si elle faisait son deuil, elle pourrait continuer à vivre et arrêterait de survivre en gardant à peine la tête hors de l’eau. « Maintenant, tu comprends pourquoi la vodka est une nécessité. » Elle n’avait pas voulu balancer ça sur son patient. Ce n’était pas à lui d’être obligé de la gérer alors qu’elle se décomposait sous ses yeux. Ils ne se connaissaient même pas tant que ça. Peut-être s’était-elle dit que son malheur à elle lui ferait oublier le sien.

Parlant de son malheur à lui, il ne semblait pas être dans une meilleure forme qu’elle. Elle se secoue de sa léthargie pour revenir dans le monde réel quelques instants. L’instinct prend le dessus, elle entend son appel à l’aide, ses yeux s’éclaircissent, son dos se redresse, ses épaules roulent vers l’arrière. Elle attrape son menton entre son index et son pouce, tournant doucement sa tête vers la droite, puis vers la gauche, à la recherche du mal. Elle le lâche doucement et pose le dos de sa main sur son front, jaugeant rapidement sa température. « Parle-moi, James, dis-moi ce qu’il ne va pas. Est-ce que tu veux qu’on sorte ? Est-ce que ça va ? » Puis, elle est frappée par son contrôle. Elle l’avait touché et rien ne s’était passé. Maigre victoire parmi un océan d’horreur.
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MessageSujet: Re: Carley & James ♣ i was there, impossibly alone   Mer 29 Juin - 0:21


« Pain breaks us in a million of pieces »

Carley & James
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Tout avait toujours l'air simple lorsque l'on regardait de l'extérieur. C'est vrai. On pensait que nous, les petits humains, nous pouvions tout faire. Nous pouvions faire ce que nous voulions, que le monde était à notre portée, que nous étions des dieux dans notre genre. Nous n'avions certes pas tort d'une certaine façon, mais d'une autre côté, nous n'avions pas tout, nous n'étions pas des dieux. Nous n'étions que des pantins, des hommes et des femmes qui tiraient sur les ficelles du destin pour tenter de faire changer notre destinée alors que nous n'avions aucun contrôle sur ce qui allait se produire ensuite.  Enfin, c'était une forme de contrôle que je recherchais. Ma propre personne voulait contrôler ce qui allait advenir ensuite. Un rêve futile. Totalement futile et totalement idiot également, mais nous sommes ainsi. Des êtres qui aspirent à des rêves. Encore heureux que nous pouvions encore contrôler les rêves, mais pas décider de ce qui allait se réaliser ou non. Je me disais que de nombreuses fois dans ma vie, j'avais fait des rêves futiles, des rêves où je pensais que je pouvais tout contrôler. Une belle leçon pour le contrôle, monsieur le serveur.  Bref, je restais dans les mêmes lignes de pensée depuis un peu trop longtemps et si ça continuait comme ça, je n'allais pas rester concentré sur ce qui se passait et ça, il ne le fallait pas. La socialisation n'était pas un acte que l'on faisait comme ça, sans réfléchir, enfin, c'était ce que l'on faisait, mais encore une fois, nous faisions mal les choses. Des êtres maladroits et sans grâce. Des hommes et des femmes. Des humains.


« Les gens savent, du moins ressentent, que tu n'es pas méchante. Ou ils sont simplement cons. Qu'est-ce que tu veux, la nature humaine est ainsi faite et on ne pourra pas la changer et encore moins la révolutionner. Certaines choses sont faites pour rester pas vrai?» L'air légèrement plus détendu, mais je savais que ça n'allait pas rester ainsi. Que ce n'était que passager, comme la bouffée d'air que je venais de prendre à l'instant. Tout était passager au final. Je me concentrai sur autre chose, tentant encore et encore de repousser les idées noires. Il y avait de ces jours où c'était toujours pareil, toujours semblable. J'avais l'impression de jouer à un jeu de chat et de la souris. À toujours courir après un truc que je ne pourrais jamais avoir, que je ne pourrais jamais surmonter. Et que l'on se lançait cette balle maudite entre nous deux. Comme quoi, socialiser, c'est de la pure merde, c'est totalement... comment dire... crappy.

J'hochais lentement la tête et lui commandait des nachos. Qu'est-ce qui me prenait sérieusement? Depuis quand j'en venais à m'en faire pour mon doc? Est-ce que c'était normal? Putain James, tu deviens une nunuche sentimental? Comment se ramollir oui. Je me mordillai la langue, la douleur me ramena sur Terre et me redonna une constance que je n'avais pas avant. Un professionnalisme qui glissait entre les craques du truc. Et voilà que maintenant.... Les nachos, pas d'autres pensées. Les nachos. «Extra fromage ce sera, jeune dame.»   Je lui lançai un clin d'oeil joueur, bien que le coeur n'y était pas et retournait aux autres truc que je devais faire. Des nachos..... Qu'est-ce que je pouvais bien faire avec des nachos? Enfin, mis à part les manger et m'en foutre partout?  Cette idée de plat aussi. C'était un peu n'importe quoi. Mais des nachos!

Je jetai des regards vers la cuisine pour enfin avoir mon plat. J'étais pas du tout à l'aise avec ce qu'elle venait de me balancer au visage. Et pour cause. Son gosse était dans le coma. Enfin, Bran. Enfin, cette personne qui se nommait Bran et qui était son fils était dans l'état de légume à l'hosto et elle l'avait visiter. Voilà le fin mot de l'histoire. Et moi, je devais bien réagir devant ça? Déjà, la mort, j'avais bien du mal, mais l'état légume? C'était, comment dire. Trop pour moi. Je n'arrivais pas à y faire face. Je me passai une main sur le visage et soupira longuement. Pourquoi est-ce que j'avais l'impression que j'allais perdre le contrôle et devenir une petite tafiole qui n'avait plus le moindre contrôle sur sa personne? Parce que c'est ce que tu es, pauvre con.

« Tu n'aurais pas dû me le dire comme ça quand même. Merde Carley, qu'est-ce que je peux en faire moi? Dis-moi? Tu me balances ça comme une bombe et moi, je dois faire comme si ça allait? C'est.....»   Ma voix avait augmenté légèrement en volume pendant que je parlais et je me crispai lentement, avant de retomber, de me taire et de secouer doucement la tête. Marchant d'un pas rapide, j'allais chercher les nachos et les ramenai à la table. « Mange.»   Je l'implorai du regard de ne pas s'avancer sur le terrain glissant que j'avais fait. De ne pas parler de ce que je venais de faire.  De laisser ma hargne sortir, hargne que je conservai depuis trop longtemps et que je ne pouvais pas faire sortir. De la colère, de la tristesse. Des songes et des mensonges. Moi et moi-même, je ne pouvais pas me faire face à ma propre personne. Je soupirai longuement et volait quelques bouchées.  De quoi me détendre, de quoi me calmer. Enfin, c'était ce que je pensais. Puis la couverture, la surface craqua légèrement et je parlai, disant des mots que je n'aurai pas voulu dire. Je me maudissai à l'intérieur pour être si faible.


« Rien. Tout va bien.»   Je m'étais fait violence pour ne pas reculer alors qu'elle me touchait et je lâchais les derniers mots rapidement, comme si je voulais m'en débarrasser. Je fermai les yeux brièvement et inspirai une brève bouffée d'air. L'instant d'après, je regardai rapidement autour de moi et sortit une cigarette que j'allumai aussitôt pour me calmer. Foutue dépendance oui. Je me calmai alors que la nicotine parvenait à mon cerveau et expirai la bouffée à l'opposé de Carley, par politesse. « Tu joues les docs avec moi ou bien tu tiens réellement à moi? Parce que je pensais bien qu'il était interdit de draguer ses patients.»   Je souris légèrement, la clope au coin des lèvres.  Je la taquinai pour passer mon malaise. Je ne pouvais pas faire face à la mort. J'en avais pas peur, loin de là, simplement, je ne voulais pas voir des gens autour de moi mourir. c'était con. Je le sais très bien. Mais c'était ainsi. J'avais un blocage envers un des trucs les plus naturels du monde. « T'es quand même sexy dans ton genre, si ça t'intéresse de le savoir.»   Dit d'un ton désintéresse avec un minimum de regard en coin. Voilà qui devrait faire dévier la conversation sur des terrains moins dangereux.


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Carley & James ♣ i was there, impossibly alone

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