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 Carley & Windsor ♣ only if for a night

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MessageSujet: Carley & Windsor ♣ only if for a night   Mer 8 Juin - 8:20

only if for a night
Accrochant à ses oreilles des boucles d’oreille en or tout en se regardant dans le miroir ornant sa chambre, Carley avait l’impression qu’elle perdait son temps. Aller serrer la main de ministres, les complimenter sur leur travail, passer la soirée à dire du bien du gouvernement, tout cela dans le seul espoir qu’ils crachent quelques pièces pour que l’hôpital puisse se refaire une peau neuve. Si la jeune femme avait accepté de s’y rendre, c’est parce que c’était pour une bonne cause et qu’elle s’était personnellement fait inviter par l’équipe organisant l’évènement. Elle s’était fait mandater pour aller discuter avec tous les politiciens et hommes d’affaires présents pour leur soutirer autant qu’argent que possible. L’idée était au départ bien tentante, puisque rien ne lui faisait plus plaisir que faire les poches à un ministre, surtout pour une bonne cause. L’hôpital avait désespérément besoin d’un nouveau bloc opératoire et de monter un programme permettant d’éduquer les nouveaux médecins, car la pratique de la médecine en Nouvelle-Orléans post apocalypse était bien différente de celle qu’ils avaient pu apprendre à l’école. Ils étaient démunis face à ce qui les attendaient dans la salle d’urgence et l’hôpital n’avait aucun budget ni aucune organisation pour les encadrer correctement. Il y avait également une partie des dons amassés qui devaient être utilisés pour acheter des machines plus performantes dont Carley avait déjà oublié le nom et l’utilité. Puisque le bien-être de ses patients était primordial pour elle et que tous les dons amassés leur reviendraient indirectement pour leur assurer de meilleurs soins, Carley avait cédé et avait accepté l’offre de représenter les médecins généralistes sur place.

Ce que l’on ne lui disait pas, mais qu’elle avait rapidement déduit, c’est qu’envoyer une femme pour récolter les dons avait ses avantages. Si l’on se fie aux années précédentes, la majorité des importants donateurs seront masculins et d’âge relativement avancé. Statistiquement parlant, ils étaient mieux disposés à signer de plus gros chèques s’ils avaient le plaisir de s’entretenir avec une belle femme dont les courbes étaient joliment épousées par une robe quelque peu osée. Carley avait ainsi jeté son dévolu sur une longue robe blanche qui dévoilait une partie non négligeable de la peau pâle de son dos, et dont le décolleté était appréciable. Elle avait agencé le tout avec des bijoux en or et une touche de rouge à lèvre éclatant. Ses cheveux étaient frisés et ramenés sur son épaule droite. Elle se regarde une dernière fois dans la glace avant de partir, le poids de cette soirée déjà sur ses épaules. L’idée de devoir piétiner ses valeurs pour faire plaisir à des donateurs la faisait frissonner. L’hypocrisie n’avait jamais été son fort, contrairement à sa propre mère, et elle s’était toujours donné un devoir de rester fidèle à elle-même, peu importe les circonstances. Le problème, c’est que si elle était fidèle à elle-même, elle ferait probablement exploser le Royal Sonesta Hotel, où se déroulait le gala. L’hôpital la réprimanderait certainement, car un bon donateur n’est pas un donateur mort. Dommage.

La salle était pleine de monde. Des collègues, des hommes et des femmes d’importance de la Nouvelle-Orléans, certains patients ayant été traités à l’hôpital et venus témoigner des soins reçus et de la nécessité de contribuer à la fondation. Carley se perdait dans cette mare de monde, mal à l’aise. Elle n’avait jamais apprécié les soirées mondaines où toutes les conversations n’étaient constituées que de mots vides de sens et que de sourires faux. Ils étaient tous hypocrites ce soir, d’une façon ou d’une autre. Les intentions de chacun étaient toujours moins pures qu’elles ne le semblaient au départ. Plantée au milieu de la salle, elle détonait. On venait pourtant la voir, pour la féliciter de son dévouement, pour lui proposer un verre, pour l’avoir à son bras le temps d’une chanson. Carley s’enquérait de leurs travaux, approuvait leurs décisions politiques, promettaient de soutenir leurs projets et, surtout, elle souriait. Tout était si faux, si superficiel. Tellement à l’encontre de tout ce pour quoi elle s’était toujours battue.

On la touchait en permanence, que ce soit pour la guider du bras, pour embrasser ses joues, pour lui serrer la main. Les hommes osaient poser leur main dans le creux de son dos, frôlant cet endroit pourtant si sensible qui la faisait toujours systématiquement réagir. Certains s’étaient même aventurés à glisser leurs doigts sous le tissu fin pour poser leur main sur sa taille. Elle savait exactement à quoi s’attendre en acceptant de venir au gala, mais le vivre la révulsait plus que prévu. On n’avait qu’à faire de ce qu’elle avait à dire, de sa vision de ce que devrait être l’hôpital, des changements à réaliser pour permettre à l’hôpital d’avoir une plus grande marge de manœuvre pour pouvoir mieux soigner ses patients. On l’écoutait poliment, puis on lui demandait de boire un verre et on la traînait sur la piste de danse. Alors Carley jouait le jeu et répondait à leurs avances pour finalement les guider vers le fond de la salle en les poussant d’un regard aguicheur à rajouter un zéro sur le chèque qu’ils faisaient à l’ordre de la fondation. Infaillible.

Elle l’entend avant de le voir et son cœur manque un battement. Sa mâchoire se serre et elle se retrouve rapidement sur la défensive. Elle avait oublié, l’instant d’une soirée, qu’il était ministre. Ministre. Et qui vient à ce genre de gala médiatisé pour montrer sa grandeur d’âme et son souci des plus démunis ? Les ministres. En acceptant de jouer l’hypocrite pour attirer des dons, elle n’avait jamais pensé une seconde qu’elle aurait à l’affronter, lui aussi. Elle se dirige d’un pas décidé vers l’autre côté de la salle quand un chirurgien avec lequel elle travaille souvent l’arrête. « Carley ! C’est Armstrong, le ministre ! » Carley hausse un sourcil. « Et alors ? » Son collègue la regarde, exaspéré. « Et alors faut que t’ailles lui parler, c’est quand même pas moi qui va l’inviter à danser ! » Elle lève les yeux au ciel, prend une grande respiration et se retourne, sentant une démangeaison sur sa nuque. Elle avait toujours ce petit picotement à la base du cou lorsqu’on la fixait intensément. Une habitude prise à sa plus tendre enfance, alors qu’elle tentait encore de faire plaisir à ses parents.  Leurs regards se croisent, et son cœur se serre. Il avait cette façon de l’observer qui lui donnait l’impression d’être la seule personne dans la salle. Le genre de regard qui pouvait mettre n’importe qui en confiance. Windsor avait beaucoup de charisme et, malgré tous ses efforts, elle n’arrivait pas à le nier.

« M. Armstrong ! Quel plaisir de vous avoir avec nous ce soir. Voudriez-vous m’accorder cette danse ? » Sans attendre sa réponse, elle attrape son bras et le dirige vers la piste de danse. Une main sur son épaule, l’autre dans sa main, elle se laisse guider au rythme de la musique, les yeux vrillés aux siens. « Tu sais, le montant des dons que tes collègues sont prêts à donner à la fondation de l’hôpital est proportionnel au temps passé à me tripoter. Alors, dis-moi, qu’est-ce que je peux faire pour te soutirer quelques milliers de dollars ? »
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↳ Citation : Jouer aux échecs en faisant avancer et reculer une pièce, n'est qu'un jeu pour contrôler les sentiments des êtres humains.
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MessageSujet: Re: Carley & Windsor ♣ only if for a night   Sam 11 Juin - 20:35

« ..Préférable de financer des recherches sur la menace des daybreakers si vous voulez mon avis ». Le ministre pose son regard azur sur l’homme en face de lui. Chétif, il semble avoir lustré le haut de son crâne afin qu’il puisse briller à chaque contact lumineux : déplaisant, parfaitement déplaisant. Comme tout ce qu’il dégage. Peterson fait partie de cette tribu d’individu pensant se situer en haut d’une échelle sociale faussement maitrisé. Une échelle que Windsor se fera une joie d’écarter d’un simple geste du pied lorsqu’il aura assez de carte en mains pour pouvoir ce que bon lui semble. En attendant, il le côtoie par nécessité et certainement pas par plaisir, le rappelant à l’ordre de temps en temps par de fine remarque que ce pauvre Peterson est surement incapable de comprendre, savourant seulement ce malaise se nicher dans le creux de son estomac. Windsor sourit avant même d’ouvrir la bouche, il est entouré que par des abrutis incapables de se rendre compte de leur propre misère personnelle. En réalité, le ministre appréciait davantage les esprits aguerris qu’ils soient ou non de son avis sur les sujets qui l’intéressent. En fait, il préfère même un brillant esprit rebelle qu’une limace pro-gouvernementale prête à tout pour obtenir ses faveurs. Le jeu de la conversation n’avait pour ce dernier, aucun intérêt, aucune distraction. Parler à une feuille morte s’avérerait être la même chose, et encore, s’installer sous la coupe rafraîchissant d’un arbre aussi vieux que lui, si ce n’est plus, serait certainement source d’une sérénité dont le ministre a tant besoin. Ce contrôle qui s’échappe toujours malgré le temps qui s’écoule de nouveau dans le monde des vivants. A croire que la mort ne pouvait pas s’éloigner de lui indéfiniment… elle était restée là, tapi au creux de ses rêves attendant le bon moment pour faire d’une renaissance, un cercle infini de souvenirs arides et acides. Henri, il serait inopportun d’oublier le seul peuple qui fait de l’humanité une civilisation encore existante. Ce n’est pas à vous que je vais apprendre les erreurs faites par les dirigeants du passé… Offrons-leur des soins et considérations pour éviter les fourches, elles feront bien plus de mal qu’une troupe de Daybreaker… Je vous prie de m’excuser… Son sourire camoufle parfaitement ses pensées, atténue la brise que ressent son interlocuteur et lui offre la parfaite occasion de s’éloigner de l’abruti. Un soupire s’échappe avec discrétion pedant que ses yeux parcours de nouveau l’espace. Le Royal Sonestra hôtel. Il se voit très nettement détourner l’attention pour grimper les marches qui le séparaient de son objectif du moment : sa femme. Il semblerait que pour répondre à sa requête, elle devrait d’abord penser à cesser de recevoir ce genre de réception. A croire, qu’elle cherchait à l’attirer ici, inlassablement. Une volonté qu’il sait inexistante mais qui aurait le mérite d’être parfaitement destructrice. Repenser, encore et encore à cette soirée. A ces paroles. A ses lèvres. La haine. L’amour. La colère. La rage… définitivement la rage qui les anime encore.

« Windsor ! Ravie de vous voir ici, vous êtes venus représenter le gouvernement ? » Déconcentré, le ministre secoue la tête et serre la main qui lui est tendu, ajoute un sourire et devine la journée agitée de l’homme en face de lui. James, ma présence appelle toujours celle du gouvernement mais je dois vous avouer que c’est l’intérêt personnel qui m’a fait venir… » « Sensible aux difficultés de notre hopital ? « Sensible, je ne saurai dire, j’attends d’entendre vos propositions d’amélioration… il se pourrait que le gouvernement ne soit pas le seul à vous aider » C’est là qu’il se penche légèrement, pose une main sur l’épaule de sa cible et rajoute « Ceci restant entre nous, mon éventuel contribution ne peut prendre plus d’importance que celle du gouvernement… vous comprenez ? » L’homme hoche la tête, élargie son sourire et rend la tape sur l’épaule du Ministre avant de le remercier de sa présence et de s’en aller. James est un homme bien, plus intègre que la majorité de ses homologues présents dans la salle et à ce titre Windsor lui accorde plus de crédit. Un crédit qui ne l’empêche pas de le manipuler aussi facilement qu’il le salue. Créer un espace de confiance est la première étape pour se mettre quelqu’un dans la poche, la seconde est de bien répondre à la gestuelle corporelle de l’autre qui, sans s’en rendre compte, finit par se détendre et… suivre la cadence du ministre. La troisième dans ce cas-là fut simplement d’induire une confidentialité à des propos pour que ces derniers finissent par s’étendre sur les lèvres de l’ensemble de la salle. Pourquoi ? Parce que dans ce genre de rassemblement, les individus ne sont là que pour l’image et non pour une quelconque notion de charité, sauf certains évidement, de ce fait ils s’attachent autant à leur apparence qu’à celles des autres. L’échange entre le Ministre et le directeur a ainsi éveillé la curiosité de plusieurs invités et l’attitude de James traduit une fatigue et un stress qui ne tardera pas à laisser échapper une ou deux informations sur le contenu de leur échange à quelques oreilles bien avisées. Qu’importe, c’est exactement ce que Win souhaite : que l’on sache son intérêt pour des causes « nobles » et du détachement éprouvé pour cette contribution. Son sourire s’étend, une femme le reçoit souris également en lui offrant assez d’intensité dans le regard pour que le ministre devine qu’il pouvait aisément partir avec elle à la fin de la soirée. Ou même avant, après tout, ne sont-ils pas dans un hôtel ? Pourtant, ses pupilles s’agrippent à une autre démarche féminine. Il la reconnait avec facilité, même dans cette tenue qui semble maîtriser parfaitement ses courbes. Oui, il la reconnait puisqu’elle agit de la même manière depuis plusieurs semaines si ce n’est mois. A croire qu’être Ministre est une véritable tard. Windsor sait pourtant que la raison est ailleurs, elle n’a jamais mâché ses mots lors de ses désaccords et c’est une des raisons qui font qu’ils se sont revus à plusieurs reprises. L’homme impose son regard sur elle avec un léger sourire, il le sait déjà, elle va se retourner et le regrettera.

Le contact se fait alors, il abaisse le visage d’un centième de millimètre puis le redresse en lui offrant un mince trait en guise de sourire. Les apparences, toujours les apparences. M. Armstrong ! Quel plaisir de vous avoir avec nous ce soir. Voudriez-vous m’accorder cette danse ? Pas de réponse ne fuse avant qu’elle ne reprenne la parole au milieu des danseurs. Il le sent, la situation l’agace autant que cette situation amuse le sorcier. C’est bien. La danse commence alors avec une habitude empruntée à un passé bien éloigné de cette époque moderne. Une sensation étrange qui lui parcourt à chaque fois l’échine avant d’exploser quelque part dans sa cage thoracique, une réminiscence qui brûle ses veines et font vibrer ce qu’ils étaient. Étrange pour un ministre qui danse souvent depuis qu’il est revenu du monde des morts n’est-ce pas ? Une obligation de statut qui ne l’empêche pas de ressentir cette même sensation, à chaque fois. Désagréable et envoûtante. Son regard s’égard un instant sur l’escalier, un simple instant qui lui fait serrer la main gauche avant son relâchement. « Tu sais, le montant des dons que tes collègues sont prêts à donner à la fondation de l’hôpital est proportionnel au temps passé à me tripoter. Alors, dis-moi, qu’est-ce que je peux faire pour te soutirer quelques milliers de dollars ? » Pénétrant ses prunelles, l’homme sourit en son fort intérieur. « Et bien, disons que ce ne serait pas très gentleman d’abuser de la pauvreté de ton hôpital pour obtenir quelques gentillesses de ta part… » Il s’approche de sa joue, laisse son souffle s’égarer sur l’épaule parfaitement dénudée de la jeune femme et ajoute discrètement « et puis… n’ai-je pas assez goûté de ton épiderme pour me laisser convaincre par une simple danse ? » Il recule, sourit plus franchement et l’entraine dans la danse. Il l’éloigne un instant pour la faire tourner sur elle-même et la rattrape, en profitant pour resserrer la distance qui jusque-là les séparer. Toutefois, sa main s’approprie une zone sobre parfaitement conscient qu’il n’était pas encore l’heure d’une quelconque provocation avec Carley. Pas encore. « Une question me taraude, comment ont-ils réussi à te convaincre de participer à cette joyeuse fête en particulier en ma présence ? Je crois savoir que l’évitement est devenu une seconde carrière pour toi. » Il penche la tête sur le côté, observe ce visage qui a su percer certaines barrières alors qu’initialement il ne voulait que se jouer d’elle. A croire que le jeu brûle, parfois. Marie, souvent. L’intérêt éveille ce qui fait de lui un être humain et c’est ce qu’il cherche, redevenir entièrement celui qu’il était. Une quête vaine et si paradoxale à tous les discours qu’il peut se citer à l’encontre du Luke qui n’est plus. Cette illusion de lui. Ce rêve d’être l’homme de contrôle et non l’homme du sang. Le visage de Carley parle pour elle, il ajoute avant qu’elle ne parle. « Oh, tu ne le savais pas ? Il semble que tu doives à présent composer avec ma présence et l’imaginaire qu’elle te procure… » Le ministre rend son regard plus intense, et n’offre qu’à elle cette attention. Après tout, il n’y a qu’elle qui puisse éveiller l’intérêt de ce gala. Elle et une femme qui ne montrera certainement pas son nez en sa présence. Une chose qu’elles semblent avoir en commun : la volonté de ne plus le voir et, celle de ne pouvoir s’y résoudre totalement. C’est amusant. Ca l’amuse, alors il la fait tourner encore.

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MessageSujet: Re: Carley & Windsor ♣ only if for a night   Jeu 16 Juin - 8:40

only if for a night
Elle aurait voulu être n’importe où, sauf dans cette pièce, à cet exact moment. À la maison, en train de lire une histoire à Clementine. À travailler, en tentant de régler les problèmes de ses patients. En train de boire un café au Old Absinthe House. Avec ses amis rebelles à maudire le gouvernement. Elle avait l’impression de les trahir lorsqu’elle était dans ses bras, de trahir ses propres valeurs et tout ce pour quoi elle s’était battue. Il représentait tout ce qu’elle détestait, tout le mal qui rongeait le pays. Elle aurait voulu se défaire de son emprise, quitter cette pièce, tenter de se pardonner d’avoir été si faible un nombre incalculable de fois et d’avoir succombé à ses charmes. Pourtant, elle ne pouvait pas bouger. Elle représentait les médecins généralistes de l’Adventist Hospital et elle ne pouvait pas se dérober. On avait des attentes à son égard, on voyait de bon œil la danse dans laquelle elle s’était engagée avec lui, on voyait déjà une alliance se former, on se réjouissait. Et elle se détestait un peu plus à chaque seconde. Ramper, coopérer, supplier, rien de tout cela ne lui venait naturellement et voilà qu’on l’obligeait à se parader à son bras dans le simple espoir qu’il endosserait la cause, épargnerait quelques dollars, ferait de la publicité favorable à l’hôpital et ramène dans son sillage d’autres donateurs. Et à chaque minute qui passait, elle se sentait brûler de l’intérieur, ses convictions étouffées, sa rage bâillonnée. Alors, elle lui souriait, les yeux vrillés dans les siens, perdue sous une avalanche de sentiments contradictoires. Révulsée par ce qu’il représentait, par le gouvernement, par le contrôle, par la dictature. Attirée par l’homme qu’il était en dehors du ministre, son corps réagissant au moindre contact de sa peau. La soirée allait être longue.

« Et bien, disons que ce ne serait pas très gentleman d’abuser de la pauvreté de ton hôpital pour obtenir quelques gentillesses de ta part… » Carley sourit avec amusement. Ses collègues ne s’en étaient pourtant pas privés et elle avait depuis longtemps arrêté de le voir comme un homme avec des principes. « Et puis… n’ai-je pas assez goûté de ton épiderme pour me laisser convaincre par une simple danse ? » Son souffle s’égare sur son épaule dénudée alors qu’il se rapproche de sa joue, et elle se fige. Sa mâchoire se serre et elle encaisse, tentant d’oublier les palpitations de son cœur, le picotement de sa peau lorsqu’il se recule enfin et lui sourit franchement. Elle le lui rend timidement, troublée, comme s’il était entré dans son intimité au moment où elle s’y attendait le moins. Elle aurait voulu quelques instants de plus pour se remettre de son apparition impromptue, pour se bâtir une carapace, pour ne pas être si vulnérable et à découvert à ses yeux. Elle suit la cadence, marionnette sous ses doigts experts, virevoltant sur elle-même. Il ressert son étreinte. Il est si proche, trop proche, elle se sent suffoquer, incapable de penser clairement. Ses mains sur son corps, son souffle effleurant ses lèvres, ses yeux vrillés au sien. Elle peut facilement imaginer la brûlure de ses lèvres sur son corps, sa voix susurrant son nom à ses oreilles. Elle ferme les yeux quelques instants, inspirant profondément. Elle rapporte son attention sur lui, se promettant intérieurement de ne plus se laisser distraire.

« Une question me taraude, comment ont-ils réussi à te convaincre de participer à cette joyeuse fête en particulier en ma présence ? Je crois savoir que l’évitement est devenu une seconde carrière pour toi. Oh, tu ne le savais pas ? Il semble que tu doives à présent composer avec ma présence et l’imaginaire qu’elle te procure… » Un petit rire sarcastique s’échappe de ses lèvres et elle l’étouffe rapidement, le regard toujours pétillant d’amusement. « Laisse-moi te dire un secret. Elle l’oblige à se rapprocher d’elle d’un mouvement aguicheur de l’index, approchant sa bouche de son oreille. Tu n’es pas le centre du monde. » Elle s’écarte rapidement de son oreille, posant une main sur ses lèvres, les yeux écarquillés, faussement étonnée, comme si elle avait dit une obscénité. La simple idée que chacun de ses gestes pouvait être décidé en fonction de l’absence ou de la présence de l’important ministre la faisait bien rire. « J’ai été personnellement invitée pour aider à amasser des fonds pour mon hôpital, qui me permettront de procurer de meilleurs soins à mes patients. Apparemment, je fais de l’effet aux ministres, ce qui est excellent pour les finances de l’hôpital. Qu’en penses-tu ? » Ses mains se glissent derrière sa nuque, jouant nonchalamment d’une main distraite avec les cheveux à la base de son cou. À quelques centimètres de son visage, elle ignore les battements de son cœur et continue de soutenir son regard. Après quelques secondes de silence, elle finit par s’éloigner quelque peu, laissant glisser ses mains sur ses épaules. « Et toi ? Qu’est-ce que tu peux bien retirer de cette soirée ? L’idée que tu sois devenu un homme charitable est très attrayante, mais peu probable. »

La simple idée qu’un membre du gouvernement pouvait ne serait-ce que se soucier des classes inférieures lui paraissait risible. Alors qu’elle s’était battue toute sa vie pour défendre ceux qui n’avaient jamais eu de voix, qu’elle avait utilisé l’argent de ses parents pour construire une clinique aidant ceux n’ayant pas les moyens de se payer des soins de santé. Tous ses rêves, depuis qu’elle était toute petite, avaient été tournés vers l’altruisme et la générosité. Si elle ne s’était pas mariée avec Elias et n’avait pas fondé de famille, elle serait partie à l’autre bout de la planète avec médecins sans frontières. C’était donc tout naturel pour elle qu’elle s’implique dans la fondation de l’hôpital et cette soirée n’était qu’un désagrément dans un but plus grand, pour une cause qui en valait la peine. Qu’était une soirée à piler sur ses valeurs dans le but d’améliorer considérablement un nombre incalculable de vies ? « Ne te méprends pas, je suis ravie de voir que tu te prêtes parfois au jeu d’endosser le véritable rôle qu’un homme de ton statut devrait avoir, mais je ne peux m’empêcher de me demander… Qu’est-ce que l’hôpital peut bien faire pour toi ? » Elle avait toujours détesté les ministres, car ils utilisaient leur position de pouvoir pour contrôler la population au lieu de l’aider à devenir meilleure. Un homme dans sa position avait le potentiel de changer le monde, et un homme possédant son charisme pourrait galvaniser les foules s’il le voulait. Et pourtant, non. Tous les politiciens sans exception avaient failli à leur tâche et aucun n’avait apporté de changement positif pour la population qu’ils disaient tous vouloir ardemment protéger. Windsor n’était définitivement pas le premier ministre à la décevoir, mais il était certainement le premier qu’elle accueillait dans son lit, ce qu’elle tenterait d’éviter, à l’avenir. Avec tout ce qui s’était passé dans la dernière année, Carley avait besoin de se reconnecter avec les valeurs qui forgeaient son caractère, et Windsor ne rentrait définitivement pas dans le moule dans lequel elle tentait de se conformer. Elle le détestait pour cela, car il était bien plus facile de rejeter la faute sur lui que de penser qu’elle répondait toujours à ses avances. À chaque fois. Il la rendait si vulnérable, terrassait toutes les défenses sous lesquelles elle avait tenté de se cacher durant la dernière année. Et elle n’arrivait pas à s’en débarrasser, il lui collait à la peau, s’insinuait dans ses pensées et avait l’habitude inopportune d’apparaître aux moments où elle s’y attendait le moins.
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MessageSujet: Re: Carley & Windsor ♣ only if for a night   Lun 11 Juil - 23:25

Tourne. Vire. Et tourne. Il lui offre un sourire, s’approprie ses traits d’un regard dédié et la réceptionne d’une main ferme mais douce. C’est peut être amusant de constater l’effet qu’il fait à la gente féminine mais c’est davantage troublant de constater ce que certaines personnes peuvent lui insuffler. L’homme aimerait se satisfaire de cette capacité à jouer son rôle à la perfection, de redevenir contrôle et manipulation, mais ce n’est pas exactement le cas. Ce rôle ne devrait pas en être un. L’impression d’être une silhouette plus qu’un être à part entière est aussi troublante que de vouloir reprendre cette enveloppe charnelle et s’y engouffrer. Le Ministre le voit dans son miroir, le costume n’est plus tout à fait le même, un ajustement est nécessaire. Quant à savoir s’il est trop juste ou trop grand pour l’homme qu’il est aujourd’hui, ça, il ne l’a pas encore défini. Ce qu’il voit c’est son objectif et le désir qui se noie dans ses prunelles et se niche dans ses paroles : le pouvoir. Alors oui, décrypter ce visage est autant un jeu qu’une satisfaction. Alors oui, danser auprès d’une autre dans la demeure de sa femme prend les traits d’une nouvelle attaque calculée. Alors oui, cela l’amuse sans pourtant se complaire dans un marasme mensonger quant à ce qu’il peut lui-même sentir contre sa peau. Ce contact qui titille son épiderme. Cette danse qui agite ses souvenirs. Ce parfum qui remue ses sens. Rien n’est aussi clair que ce que ces abrutis voudraient laisser paraitre. Et le ministre est loin de marcher dans du limpide avec lui-même, au contraire, le marécage s’amasse autour de lui, lui lèche les pieds et n’hésites pas à s’écraser ses mollets. « Laisse-moi te dire un secret…Tu n’es pas le centre du monde. » Proche, il se laisse chatouiller par la cascade de cheveux et la voit rire du regard en faignant l’étonnement. « le tien me suffit amplement, le temps que tu consacres à m’éviter est aussi intéressant et essentiel que le temps que je passe ici … » Jouer est également une activité qu’elle maitrise. Il n’était pas étonnant qu’elle soit favorite pour attirer les bourses dans ce genre d’évènement, malheureusement, le sorcier n’avait aucun plaisir à débourser pour ces attitudes. Au contraire, cela avait tendance à lui déplaire. Lui qui aimait les jeux de l’esprit, observer, comprendre, débusquer et au final poser un « échec et mat » dans tout ce qui façonne sa vie, ne pouvait décemment pas aligner les 0 pour une soubrette faussement étonnée. Si toutefois, il lui arrivait de s’en accommoder ceci était pour des raisons bien plus éloignées que du simple talent d’une quelconque jeune femme. « …Apparemment, je fais de l’effet aux ministres, ce qui est excellent pour les finances de l’hôpital. Qu’en penses-tu ? » Il étend son sourire, hoche la tête en haussant un sourcil. La musique change alors, sans que les deux danseurs ne s’en accommodent pour s’éloigner l’un de l’autre. La situation était bien plus intéressante qu’alentour et Windsor n’était pas contre l’idée d’un peu de suspicions de la part des autres contributeurs. Lui inventer une relation, aussi vraie qu’elle le fut sans l’être aujourd’hui, avec une médecin reconnue pour sa charité n’était pas mauvais pour lui. « Je pense qu’il est alors bien dommageable de compter que deux ministres dans cette salle ... ta participation n’apportera pas plus qu’une demoiselle faisant de l’effet aux …bourgeois… Changeras-tu pour autant ta spécialité ? » L’azur de ses prunelles se loge alors dans celles de sa partenaire. Imperceptiblement, ses doigts glissent contre son dos et sa main gauche se resserrent autour de sa main à elle.

« Et toi ? Qu’est-ce que tu peux bien retirer de cette soirée ? L’idée que tu sois devenu un homme charitable est très attrayante, mais peu probable. » Peu probable. Etre charitable n’est pas une qualité que les siècles lui ont accordé mais le temps, l’enfer et la peur font parfois un cocktail bien étonnant. Obtenir le pouvoir nécessite des ajustements perpétuels et pour cela observation et écoute sont essentiels pour agir assez finement sans risquer de retourner d’où il vient. Une patience presque irrévocable dont il connaissait tous les points de flexion avant même de mourir mais dont il a appris tous les enjeux après sa mort. Le danger ne survient pas où on l’attend et considérer les plaintes des sujets de ce monde comme des niaiseries abstraites seraient un grave pêché dont il ne sera pas le détenteur. Windsor n’est pas charitable. Il est manipulateur. Il est calculateur… pragmatique au mieux. Mais qu’importe si les demandes sont d’avantages entendues ? « Ne te méprends pas, je suis ravie de voir que tu te prêtes parfois au jeu d’endosser le véritable rôle qu’un homme de ton statut devrait avoir, mais je ne peux m’empêcher de me demander… Qu’est-ce que l’hôpital peut bien faire pour toi ? »  Ses yeux pétillent. Il est piqué au vif et apprécie son absence de détour. C’est ce qu’il fait d’elle tout autre chose qu’une simple femme dont l’unique mission est de collecter des fonds. Carley n’est ni le papier, ni l’encre, ni le stylo d’un don mais la force qui nous mène à posséder le tout pour signer ce chèque. Pour Win, elle est davantage le rire qui se joue de son propre rôle et le prend avec humour et dévotion. Elle le calque sur elle pour qu’il modèle ses valeurs, ses aspirations, ses volontés. Elle est tout l’intérêt de ces mondanités, du moins, si sa stratégie n’avait pas d’étape par ici. Il murmure une nouvelle fois, chatouille de son souffle l’épiderme de sa compagne de danse sans quitter ce contact qui les emporte tous deux. « N’est-ce pourtant pas l’homme qui t’a attiré à lui bien avant que le titre ne te fasse aller à de biens lugubres conclusions ? » Il se recule légèrement, pose avec sincérité son regard sur son visage avant de s’approprier de nouveau ses yeux. « Ne puis-je pas bénéficier d’un doute raisonnable quant à mes raisons de me frotter à ce beau monde ? » Les épaules du Ministre s’haussent avec délicatesse … « Je vais toutefois être gentleman et te répondre… » avant de la faire reculer et tourner sur elle-même. « Comme tu l’as souligné, mon statut m’impose une certaine bienveillance pour autrui et une présence plus ou moins accru lors d’évènements de ce type. Cependant, étant un vil individu sans intérêt pour le monde, je me contente de gouter à chaque amuse bouche, de serrer des mains avec passion et de danser avec une femme qui semble s’intéresse qu’au chèque que je pourrais lui transmettre en oubliant – ce dit en passant- toutes les autres qualités qu’elle a connu... Ma satisfaction est alors à son apogée lorsque mes lèvres effleurent un bon vin… »

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Carley & Windsor ♣ only if for a night

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