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 Dans son ombre [Eamon]

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MessageSujet: Dans son ombre [Eamon]   Mar 14 Juin - 20:48

Ne te faufile pas dans mon ombre petit frère, elle n'a rien d'exemplaire...
Les frangins Grimes


Le coup de feu s'échappa du canon mais aucun bruit ne fit écho dans la ruelle derrière le bâtiment de charmes le plus malfamé que Declan n'ait jamais approché. La balle avait pénétré la chair sans que le tueur à gages ne sache réellement à quel endroit, parce que la cible l'avait aperçu au dernier moment et avait tenté de se délivrer de la mortelle trajectoire. L'homme gravé sur sa liste noire, client régulier de ce lieu de débauches qui vendait quelques informations compromettantes à qui le payait le plus généreusement, s'était écroulé dans un grognement sur les pavés puis s'était immobilisé. Plus un son. Plus un geste. Alors, prudemment, l'assassin s'approcha, son arme fermement tenue en main et dirigée vers ce corps à l'apparence sans vie. La victime avait les yeux clos. Le sang coulait de ses entrailles et maculait le sol de sa couleur écarlate. Le criminel se pencha d'un élan mesuré vers la chair inerte, dans l'intention de prendre le pouls, ou de constater son achèvement. Il avait à peine plié l'échine lorsque d'un geste brutal l'homme usa de ses jambes pour faire basculer l'agresseur en arrière. Le skinchanger se réceptionna très lourdement dans la ruelle et une douleur vive lui lacéra le dos, remonta jusqu'à l'épaule avant de disparaître lorsque l'adrénaline se déchaîna. Le revolver avait atterri un peu plus loin près d'un amas d'ordures. Il avait volé dans sa chute puis s'était fracassé dans un tintement métallique. L'irlandais dégaina donc ses avant bras avec lesquels il se protégea du blessé qui se jeta sur lui sans lui laisser le temps de se redresser. Ni même de vraiment réaliser ce qu'il venait de se passer. De tout son poids, il tenta de l'acculer. Achemina lentement ses paumes jusqu'au cou du tueur dans l’intention de le priver de son oxygène. Comme un animal meurtri, désespéré, il se battit pour sa vie, aussi folle son entreprise fut-elle. Se livra à une lutte acharnée, opiniâtre mais sans espoir, comme pour amener l'assassin dans sa tombe. Pour venger son propre trépas.

Les forces de l’ensanglanté s'amenuisèrent rapidement et Declan profita de cette vigueur fuyante pour le repousser violemment avant de sentir les poings du mourant heurter sa pommette puis son arcade dans une dernière danse combattante. Le métamorphe le poussa brutalement avant de de lui sauter dessus à son tour et de le faire choir dans le néant d’un coup sur la tempe. Assommée, la cible gisait à ses pieds, à peine vivante. Le changeur essuya le sang qui s’évadait de ses légères entailles au visage de sa main avant de s’en débarrasser sur son tee-shirt gris délavé troué dans la bataille. Il récupéra son arme avec de la haine dans le regard et vint la pointer vers le coeur à l’agonie. « Enfoiré, t’étais plus coriace qu’t’en avais l’air ». Puis tira une ultime fois, achevant ainsi une énième existence sans le moindre remord dans l’âme. Tira le macchabée dans un coin plus reculé et attendit patiemment que la relève vienne lui promettre son repos bien mérité.

Adossé contre le mur, une cigarette en bouche pour passer le temps comme à l’accoutumée, il zieutait nerveusement sa montre au verre fendu. Une heure et pas d’avantage avait annoncé le commanditaire pour la mise à mort du désigné. Après ça, le nettoyeur était dépêché sur les lieux puis l’affaire close et enterrée, le secret bien rémunéré et donc précieusement gardé. Mais voilà, cette nouvelle tête était en retard et exaspérait déjà Declan. Une enveloppe se trouvait dans sa poche de jean, avec pour contenu une merveilleuse promesse de prospérité pour le nouvel embauché. Un joli pactole en somme. L’impatient commençait à se dire qu’il piocherait bien un peu dedans, pour se dédommager de l’attente imprévue qui grignotait sur son temps de repos. Sans compter qu’il était attendu... Et qu’il n’avait jamais été l’acolyte de la patience. Il terminait tout juste son rouleau de tabac lorsque le désiré débarqua enfin. Silhouette plutôt svelte aux contours encore bien flous dans l’obscurité, vêtue de noire. Avant même de discerner ses traits, l’irlandais trop irrité laissait déjà fuser son courroux dans la nuit, agressant de sa voix rauque l’homme au loin tout en écrasant vigoureusement son mégot sous sa semelle. « Putain d’femme de ménage, tu t’es prise pour une princesse en droit d’se faire désirer ou quoi ? La prochaine fois qu’t’auras l’honneur d’être choisi pour ramasser ma merde, t’as plutôt intérêt d’pas m’faire attendre. Une conchita pour une autre...  ». Menace de mort imminente à peine dissimulée pour l’obtention d’un peu plus de respect des horaires. Non mais, pour qui il se prenait ce subalterne de subalterne ? Il était le dernier maillon de la chaîne, celui qui passait le balais et ramassait les morceaux, qui foutait les mains dans la merde et se faisait taper sur les doigts si par malheur il laissait des miettes. Qu'il reste à sa place ce petit gars ! Courroucer le peuple, dans ce milieu, ça n'était jamais de bon augure. « Tu f'ras pas longs feux toi... » murmura t-il dans les ombres, simplement pour lui-même. Encore un jeune homme en quête d'argent facile qui ne savait pas dans quoi il s'embarquait... Sur cette triste conclusion, il quitta la brique contre laquelle s'appuyait son dos endolori et cracha à terre le goût du sang qu'il avait encore en bouche. Il rangea son arme qu'il n'avait plus lâchée - simple précaution - et laissa venir à lui l'esquisse presque fantomatique de l'étranger missionné pour faire disparaître toutes traces de son impitoyable passage. Ne resterait à l'irlandais qu'à se débarrasser à son tour des témoignages sanguinolents de cette macabre soirée et de prendre le temps de se donner plus de contenance avant de s'en retourner vers ceux qui trépignaient à l'idée de son retour. Puis de fermer les yeux vers un lendemain qu'il espérait meilleur, ou moins pire...

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MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Mar 21 Juin - 19:19


Le cadavre encore chaud est sanglant, marqué de sévices au couteau que mon âme tourmentée m’a imposé. Jamais je n’aurais cru en arriver jusque là, mais les scarifications personnelles ne suffisent plus. Mes blessures se referment, mon sang expose ma corruption de sa noirceur diabolique, aggrave l’impureté de mon âme. Alors je passe au niveau au dessus, offre des sacrifices malsains pour me laver de mes pêchés. Je ne mesure pas l’horreur qui se dégage de mes actes, ni même l’impact que ça peut avoir sur ma personne, ni l’inutilité de la chose. Trop empêtré dans mes questionnements inutiles sur le bien et le mal, je me perds et en vient à tout confondre, sans pour autant m’en formaliser. La folie me gagne chaque jour un peu plus, le dérangeant ne me dérange plus et l’air absent, je contemple mon œuvre macabre. Un long frisson parcoure mon échine pourtant, mais ne me déleste pas de mon observation presque obsessionnelle. Seule la sonnerie stridente de mon téléphone me sort de ma léthargie viscieuse. L’ordre est donné, je n’ai plus qu’à le suivre pour remporter un beau pactole. Plus que je n’aurais pu gagner par le gouvernement. Un peu plus à mettre dans ma réserve, pour le moment où je pourrais les assumer de nouveau, les deux petits. Encore une horreur à déguiser, mais je me moque désormais de la justice. J’ai fait les frais de ce simulacre et désormais, seule la monnaie, sonnante et trébuchante, m’importe. Le lieu de rendez vous est fixé en ville, j’en suis bien loin, tant enfoncé dans le bayou, mais je ne me dépêche pas pour autant. Nouvelle arrogance dans mon cœur, enhardi par les mois trop longs en prison. Ca ne me ressemble pas une seconde, c’est un genre que je me donne, pour ne pas me faire bouffer de nouveau dans ce nouveau milieu. L’horreur de la prison m’a servi de leçon et je me dois d’impressionner mes nouveaux compagnons sans tarder. Je ne trouve rien de mieux pour cela, que d’arriver en retard sur les lieux.

Un sourire de sale gosse déguise mon visage par ailleurs tendu, lorsqu’enfin je débarque derrière le lieu de débauche bien connu des habitués. L’obscurité règne en maître dans cette ruelle mal éclairée, mais je me sens immédiatement mal à l’aise en avisant la silhouette posée négligemment contre le mur. Ce n’est probablement que mon imagination, mais cet homme me rappelle étrangement mon frère. Celui qui me déteste probablement maintenant suffisamment pour ne plus jamais croiser mon chemin. L’homme qui n’est mon frère qu’à demi. La désillusion a été si intense lorsque je l’ai appris que ma réaction a probablement été surdimensionnée. Après recul cependant, je dois avouer que jamais je n’aurais pu réagir autrement. Nymeria, Declan. Aucun d’eux ne fait réellement parti de ma famille maintenant. Je n’ai plus d’autre famille que les deux bouts de chou que je peine à récupérer. Perdu dans mes pensées, avançant lentement vers le tueur, je me stoppe néanmoins quand la voix à l’accent si particulier se fait entendre. Le ton, le vocabulaire, l’accent, les tournures de phrase… J’entrevois un peu plus la folie, alors que je crois vraiment entendre mon fraternel en face de moi. C’est impossible qu’il soit là, qu’il soit le tueur que je dois couvrir de mes talents limités. Et pourtant…

Désormais suffisamment près, les traits de son visage me sautent au cou, m’agressent presque et j’hésite à faire demi tour. De toute les personnes du monde encore existant, il a fallu que mon contact soit cet homme, que j’aime de toute mon âme, mais que je m’efforce de repousser aussi loin que possible. Le karma continu son travail sur ma personne et dans un réflexe, je repars un pas en arrière. Juste un, avant que le besoin d’avancer ne se fasse ressentir. Le voir là, est trop chaleureux à mon cœur, pour laisser passer le sentiment. Alors prudemment je m’avance, laisse mon visage s’éclairer sous la faible lueur de la ruelle et termine ma course non loin du cadavre, que je fixe d’un œil indifférent une seconde, avant de ramener mon regard sur Declan. C’est bien lui. En chair et en os, devant moi, alors que les réminiscences de notre dernière conversation envahissent lentement mon esprit. « Tu l’as pas loupé l’pauvre type ! » Je ne peux pas faire autrement. Je ne peux que parler d’un ton vide de sentiments ou de chaleur, en débitant une banalité à faire peur. Tant de choses à dire, mais mon incapacité chronique à faire un tri efficace m’empêche d’en dire davantage. De toute façon, je ne suis pas en position d’ouvrir ma bouche. Pas après la façon dont nous nous sommes quittés. « J’m’attendais pas à ce que ça soit toi. » De nouveau, l’inutilité, l’indifférence. Je préfère prétendre qu’il ne s’est rien passé, je préfère ne rien dire de plus. Trop effrayé à l’idée de mettre un mot devant l’autre.

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    MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Mar 21 Juin - 21:30

    Dans la pénombre, le malaise gagna l'assassin et toute son assurance s'écroula sous le choc de cette découverte surprenante. Le regard interloqué concentré sur les traits familiers qui se dessinaient face à lui et dont les lippes ne sortaient que des banalités de collègue à collègue, l'irlandais se tétanisa. Le destin était si cruel qu'il avait décidé de mettre de nouveau sur sa route ce frère qui l'avait déchu de son rang et qui jouissait d'une liberté retrouvée sans mérite. Son petit frère dans l'ombre de ses pas qui allaient pourtant de travers, là où jamais ils n'auraient dû le mener et que seules les ténèbres devraient pouvoir suivre. Et les ténèbres, dans le coeur du cadet, il n'y en avait pas une once. Il suivait la voie de l'aîné mais cette voie finirait de le détruire. Doucement, la noirceur l'engouffrerait, jusqu'à le faire totalement disparaître. Eamon n'était pas suffisamment fort pour affronter cette descente aux Enfers et les pions lucifériens qui s'y dressaient. Declan ne comprenait pas ce qui avait poussé cet être à l'esprit si fragile à se fondre dans cette obscurité malsaine, si ce n'était peut-être le désespoir. Il tombait toujours plus bas. Aussi, après la stupeur, ce fut l'inquiétude qui gagna l'âme du criminel. L'angoisse d'être le spectateur de cette chute de laquelle le plus jeune ne se relèverait pas et que lui ne supporterait pas. A ce tracas vint s'ajouter le poids de la culpabilité et des regrets qui décidément ne cessait de le malmener chaque fois que ses prunelles fraternelles se heurtaient aux siennes. Jamais le benjamin ne cesserait de le tourmenter.

    Ses émotions balayées et sa stabilité retrouvée, la faucheuse s'avança vers sa victime pour se dresser dans le dos du contemplateur. Tout proche du nettoyeur, perplexe, le meurtrier ravala toute sa fougue coutumière pour se parer d'une impassibilité trompeuse. Se déchaîner sur le cadet n'avait jamais donné le moindre résultat positif jusqu'à présent mais l'impulsif, pourtant conscient des faits, n'avait pas su pour autant se contenir. Peut-être était-il grand temps d'étouffer les flammes qui le cernaient et d'user d'une tactique plus placide pour atteindre enfin son frère et caresser le bel espoir de sa métamorphose tant désirée. Peut-être n'était-il pas trop tard pour le sauver de lui-même... Pour l'aider à s'élever, enfin. A devenir un homme meilleur et responsable pour l'amour et le respect de ces deux petits êtres à qui il devait transmettre un plus digne héritage que celui qu'il leur léguait présentement. Ravalant sa fierté, toute la souffrance que cette présence lui causait après les souvenirs de leurs derniers échanges, il délaissa péniblement son silence confortable. « C'est tout c'que tu trouves à m'dire ? ». Il posa les yeux sur le corps sans vie, sans émotion aucune pour cette existence qu'il avait dérobée mais peiné d'avoir été contraint d'en arriver à cette bassesse pour survivre. Plus chagriné encore que son cadet ait suivi ses traces, bien que d'une manière moins brutale. Qu'il ramasse la merde sanguinolente qu'il avait laissée derrière lui, qu'il assiste à sa perversion, découvre de cette façon le plus sombre de ses non-dits. « Qui aurait pu s'attendre à ça... Mais j'suis encore plus surpris de t'voir ici. Emmy, c'est une blague ? C'est comme ça qu'tu profites d'la deuxième chance qui t'a été donnée ? A peine sorti d'ta merde voilà ce qu't'en fait d'ta liberté ? Si tu dérapes, c'est pas la taule qui t'attend c'coup ci, mais ton cercueil. Et encore, s'il reste quelque chose à enterrer... ».

    L'irlandais inspira profondément avec l'optimisme que le calme et la patience ne s'évadent pas de cette prison chancelante qu'il avait si durement façonnée et qui menaçait de s'écrouler sous la contrariété et l'inquiétude. Il serra les dents quelques instants pour que rien ne puisse jaillir du volcan qui bouillonnait intérieurement avant de s'aventurer sur le sentier le plus sensible. Evoquer les enfants était toujours l'étape qui élevait leurs querelles jusqu'à leurs paroxysmes. Néanmoins, ni l'un ni l'autre ne saurait éviter le sujet ce soir, quand bien même le plus jeune des deux Grimes tentait de s'esquiver pitoyablement. « Pourquoi tu t'es fourré là dedans ? C'est pas comme ça qu'tu pourras enfin dev'nir le père de tes gosses ». Ces gosses qui avaient suffisamment trinqué de l'hostile chemin emprunté par leur oncle et qui ne méritaient pas que le géniteur se fonde dans sa continuité. Ces gosses dont il ne s'était jamais préoccupé... D'ailleurs, Declan doutait qu'il soit au courant de la guérison toute récente et mystérieuse du très jeune Keane, ainsi que de sa sortie de l'hôpital. Il n'accepterait pas qu'Eamon le menace d'un autre cauchemar, alors qu'il n'aurait déjà jamais dû se sortir vivant du premier. Qu'on puisse mettre volontairement la marmaille en péril, par tentation d'un argent trop facile. « Tu fais vraiment n'importe quoi... Putain... mais pourquoi tu t'obstines à tout faire d'travers au lieu d'te donner les moyens d'faire enfin les choses bien ? Saisis là cette deuxième chance bordel ! Parce que t'es pas d'ce monde Eamon, t'es pas taillé pour et tu vaux mieux qu'ça ». Le venin avait été contenu, presque miraculeusement. Declan poussa donc la chance jusqu'à déposer une main pleine de chaleur sur l'épaule de son frère. Se surprit à sentir de nouveau la bienveillance apaisante qui émanait de ce simple geste qu'il avait presque oublié durant toutes ces années de rancune et de colère. Après avoir touché le fond, subi le plus vil des comportements du cadet et dû encaisser ses paroles les plus amères, il se sentait fin prêt à tourner la page de la violence. A tenter de renouer un contact moins virulent avec celui qu'il avait condamné et rejeté pendant trop longtemps, qui n'avait fait que dépérir toujours plus après cet abandon. A prendre sur lui et à pardonner, avant que la cause ne devienne définitivement perdue.


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    MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Dim 7 Aoû - 21:01


    Figé dans une position de fausse confiance, je reste stoïque face à cet être qui m’impressionne autant que je le respecte. Dans chacun de ses gestes, je sens la surprise, la colère peut être et étonnamment la patience. A chaque seconde, je m’attends à une explosion de fureur, qui ne vient pourtant pas. Ce sont les reproches qui en premier, se font entendre. D’une oreille faussement distraite, je l’écoute, tout en feignant me concentrer sur le cadavre, futur objet de mon travail et donc de mon intérêt. Ce n’est qu’un jeu, que je ne suis pas certain de maîtriser, alors que les tremblements s’emparent lentement de mes mains. Je les serre, garde les poings bien clos pour ne pas laisser échapper cette faiblesse récurrente. Doucement, j’entrouvre les lèvres, dans l’optique évidente de lui répondre, mais les mots se perdent sur ma langue en même temps que mon courage, qui s’enfuit loin de mon être lorsqu’enfin je croise son azur. Ce regard qui maintes fois m’a atteint, de différentes façons. Cette fois, c’est l’inquiétude qui me perturbe et me pousse à garder le silence. Probablement pour le laisser continuer, mais aussi pour ne pas m’effondrer en larmes. L’image du dur, que j’essaye de prendre depuis quelques mois, s’effriterait aussitôt face à cette faiblesse, que je refuse de lui montrer. Je n’ai pas besoin de lui. Je n’ai plus besoin de lui. Et cette discussion doit le lui faire comprendre. Si pour cela, je dois briser un peu plus mon cœur, je le ferais. Alors lentement, je détourne mes yeux des siens et les dépose encore sur le cadavre, trop peu intéressant pour que je sois totalement crédible. Mon attention est sans cesse ramenée vers lui, vers toute sa personne qui m’attire tant. Je veux lui plaire, redevenir le petit frère chéri que j’ai pu être… Ce que je ne pourrais jamais faire finalement. Tout simplement parce que je ne le suis pas… plus…

    « Je sais que j’suis pas d’ce monde ! Je sais que j’aurais jamais du naître putain ! T’es pas obligé d’me l’rappeler ! » L’amertume glisse sur mes lèvres alors que mes larmes tentent difficilement de se contenir pour ne pas chuter à leur tour. Ses propos me blessent tant que je voudrais repartir en courant dans l’autre sens. Mes pieds pourtant, sont fixés dans le sol, tandis que tout mon corps se fige en une position de douleur visible. Nul besoin d’arme ou de coups pour que mon corps se tétanise sous une géhenne impossible à contenir. L’indifférence m’a quitté en même temps que ma verve s’est animée sous ce besoin viscéral de me faire pardonner de l’affront. Envers ce grand frère, qui a mille raisons de me détester, pour ma simple venue au monde. Pour tous les soucis que j’ai pu lui offrir, croyant anïvement les imposer à mon grand frère quand il est pourtant étranger à mon sang. Qu’à demi, et pourtant ma stupidité chronique me pousse à croire plus facilement Nymeria, qui dans sa clairvoyance, m’a depuis petite imposé son indifférence. Je ne suis pas de cette famille et devrait m’en éloigner quand il est encore temps. Mon corps pourtant, voudrait se jeter contre le mur du sien et se réfugier dans cette chaleur, cette odeur, que je connais si bien. Mon roc éternel, que je perds de vue à chaque seconde de plus à m’enfoncer dans la croyance idiote de n’être qu’un étranger à cette famille Grimes. Ce nom que je porte si injustement, alors qu’il n’est pas réellement le mien. Mes yeux je les ferme, pour prononcer finalement d’une voix atone. « J’ai besoin d’argent Declan. Je ne veux plus travailler pour le gouvernement. Je ne peux pas continuer à travailler pour eux. Et je sais faire que ça. Alors j’travaille pour la concurrence. »

    Jamais je n’aurais cru pouvoir prononcer ces mots sans trembler ni bégayer. Je m’emmure dans une illusion de contrôle, qui s’échappe en une seconde lorsqu’il pose sa main sur mon épaule. Son geste, je l’accueille d’un violent coup d’épaule, pour me débarrasser de cette main trop chaleureuse, trop fraternelle. « Arrête ça ! Soit pas gentil ! J’t’en pris arrête. Je… Fais pas ça merde ! Fais… pas… ça… » La sensation d’un malaise sous jacent accompagne ces quelques mots, ainsi qu’une nausée qui monte lentement le long de ma trachée. Sa bienveillance, sa fraternité, je n’en veux pas. Dans mon dernier discours envers lui, alors encore en prison, je me suis évertué à le repousser le plus loin possible, j’ai cherché à la dégoûter de ma personne, pour que plus jamais, il ne s’aventure dans ces contrées là. Je ne suis pas son frère, ne l’ai jamais été et je ne supporte plus son comportement de grand frère à mon égard. Pas quand je me sens si mal à l’idée d’être un Grimes… ou plutôt de ne pas en être un. « De un, j’vaux que dalle ! De deux, j’fais les choses comme je peux, et malheureusement, j’peux peu ! De trois, m’parle pas d’mes gosses, quand t’en a foutu un à l’hôpital toi-même ! Et de quatre… Va t’faire foutre Declan Grimes ! » Malgré ma volonté d’indifférence, de ne pas trahir mes tourments internes, j’insiste fortement sur notre nom, son nom, dans un dégoût presque évident. Parce qu’il est là le problème, le vrai fond du problème, mon problème.


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      MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Ven 23 Sep - 22:37

      La compassion s'envolait pendant que l'hostilité du cadet continuait de s'acharner sur cet aîné qui tentait tant bien que mal d'apaiser leur relation trop ébréchée. Il essayait vainement de recoller quelques morceaux, d'adoucir ses pensées et son comportement vis à vis de ce petit être perdu qui lui donnait l'impression de ne plus savoir ce qu'il faisait. Ne se confrontait qu'au comportement hermétique du plus jeune qui ne pouvait plus se retenir de le repousser chaque fois qu'il voulait faire un pas en sa direction. Eamon rendait les choses d'avantage compliquées, alors qu'elles avaient déjà atteint un degré de complexité que Declan n'avait jamais cru possible. Le demi-frère pleurait sur son sort sans pudeur, se victimisait à chaque tirade qu’il balançait au vent et qui laissait dans son sillage un écho plaintif que le changeur ne supportait plus d’entendre. Le sanguin qu’il était se contenait de toutes ses forces à cet instant, étouffait le feu qui le brûlait de l'intérieur et qu'il voulait laisser jaillir pour ne plus souffrir de ce douloureux incendie. Il luttait comme un acharné mais Emmy n'avait pas la moindre considération pour ses efforts qui menaçaient d'être réduits à néant. Toute la bonne résolution du plus grand était catapultée sur la voie de la destruction, il ne manquait plus qu'un autre souffle un peu trop agressif à son goût pour la faire s'écrouler. Il était totalement désemparé, ne savait plus comment réagir face à son frère qui n'acceptait ni la brutalité, ni la douceur. Ne trouvait plus de solution pour parvenir à communiquer et échanger, pour calmer cette ardeur fraternelle qui n'était pas coutumière mais qui était pourtant devenue l'unique riposte qu'on lui infligeait. Il recula donc de quelques pas pour se faufiler à une distance respectable, n'insista pas dans cette prise de contact violemment rejetée. Il souffla un bon coup pour aider la pression à redescendre mais ne parvint pas à retenir le venin qu’il avait en bouche. « Putain mais t’en as pas marre d’jouer les victimes éplorées ? C'est pas qu't'aurais pas dû naître mon grand, mais qu't'aurais dû v'nir au monde avec la paire de couilles qu'il te manque. Sérieux, t'es pire qu'une p'tite fille à qui on aurait chouré sa poupée préférée. Arrêtes de chialer et d’t’apitoyer Emmy. On est tellement habitué à t’voir chouiner comme une gonzesse que même dans les chaumières t’arrives plus à les faire pleurer. Puis merde on s’en tape du t’aurais dû ou pas dû, t’es là, point barre, alors fait c’qu’il faut pour assumer ton existence en tant qu’homme ou tire toi une balle ! On s'en fout qu'tu sois pas l'fils d'un Grimes, parce que le père Grimes c'était un vrai connard, un putain d'lâche qui m'donne juste la gerbe d'être son fils. Mais toi Emmy... Toi t'es pas d'son sang et pourtant t'es celui qui lui ressemble le plus aujourd'hui... ». Les mots étaient terribles à encaisser et le ton employé d'un calme toujours trop instable.

      L'irlandais porta sa main droite à sa tignasse que ses doigts agrippèrent d’un geste perplexe. Il laissa le silence s'installer et la réflexion le gagner. Les yeux d'azur au sol, le corps figé, il prenait conscience qu'il était totalement perdu à son tour et que le seul à pouvoir démêler cette situation, c'était Emmy. Ils n'étaient pas sortis de l'auberge... Il délaissa sa chevelure en bataille pour le confort de ses poches, peut-être de peur d'en arriver une nouvelle fois à abattre son poing sur la face du tourmenté. « J'sais plus quoi faire... Tu veux quoi à la fin ? J'te tourne le dos j'm'en prends plein la gueule. Je te tends la main j'me la prends en pleine face. Quoi qu'je fasse y a rien qui t'va ! Qu'est-ce que j'dois faire Emmy ? Sortir totalement de ta vie et faire comme si tu n'avais jamais fait partie d'la mienne ?». Si le cadet s'obstinait à fuir l'aîné, c'était l'extrémité qu'ils finiraient par épouser. Parce qu'arriverait forcément le jour où à force de poursuivre l'impossible, Declan cesserait simplement de courir. Il n'avait pas envie d'enterrer le jeune "Grimes" dans le tombeau de l'oubli, mais ce dernier lui laisserait-il le choix ? Le skinchanger n'avait plus les cartes en mains. Il ne dépendait plus que de la bonne ou de la mauvaise volonté d'Eamon à continuer de le considérer comme le grand frère qu'il avait toujours été et qu’il désirait demeurer malgré toutes leurs querelles. Il l’avait abandonné une fois - une fois de trop - et ne comptait pas commettre de nouveau cette dramatique erreur. Pas de son plein gré du moins...

      « Et tes gosses dans tout ça ? C’est quoi l’plan étant donné qu’ils sont en danger avec moi et qu’j’ai failli en carboniser un ? Et j’insiste sur le failli parce que si t'étais un père impliqué qui s’préoccupait vraiment d’la santé d’ses gosses t'aurais trouvé l'moyen d'savoir que le p'tit est sorti d'affaire et qu'il attend plus qu'un toit d'nouveau décent pour pouvoir sortir d’l'hosto. Tu remercieras celle qui t'a aidé à faire entrer ton derrière de sale con pleurnichard en douce dans sa piaule pour c'ptit miracle ». Il marqua un temps d’arrêt, très court, simplement pour laisser l’occasion au père de famille de bien assimiler cette nouvelle inattendue et miraculeuse. « Comme quoi tout n'est pas toujours si noir dans c'monde de merde, à bon entendeur mon frère... ». Il fallait qu’Eamon réagisse et se sorte de ce guêpier dans lequel il était en train de se fourrer avant qu’il ne soit trop tard pour lui. Trop tard pour eux... Avant qu’une autre guêpe ne lui plante son dard mortel dans le dos et n’achève une existence dont il n’aura jamais pu profiter pleinement. Ou que ce monde de haute criminalité ne le transforme en une personne qu’il n’osera plus zieuter dans le miroir...  

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      MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Sam 24 Sep - 19:01


      Dans un entêtement très caractéristique de ma personne, je ne parviens pas à me détacher de cette impression, cette cruelle et horrible impression de n’être qu’un étranger dans leur famille Grimes. Ca ne devrait pas être mon nom. Cette certitude s’est ancrée dans mon âme dès que ma sœur m’a avoué l’infidélité de notre mère et elle ne parvient pas à s’effacer. Pourtant, l’homme qui se dresse devant moi continue à prétendre le contraire. Il parle et me blesse, mais pas comme un étranger pourrait le faire. Seul un grand frère peut entraîner autant de douleurs dans un seul monologue. Chaque pique s’enfonce sous ma peau et dégonfle un peu plus le personnage que j’ai désespérément tenté de construire depuis quelques minutes, depuis notre dernière rencontre même. Cet homme cruel et indifférent que je ne suis pas, s’efface à chaque seconde de plus, à chaque mot de plus, pour ne laisser place qu’à l’Eamon faible et incapable de se séparer de son frère tant aimé.

      « T’as pas l’impression de t’planter d’timing Deko ? Sans déconner. Tu te barres quand j’ai besoin de toi. Et tu t’pointes quand j’veux plus t’voir. C’facile de s’pointer maintenant en disant que j’suis qu’un connard lâche, une gonzesse, un sale con pleurnichard… Mais putain j’suis pas toi ! J’ai jamais été toi. Ca t’fous la gerbe d’être son fils. Moi c’qui m’fout la gerbe c’est que tu continues à t’emmerder avec moi. Toi et moi, on est pas pareils. On a pas l’même sang, on a pas l’même caractère, on est pas pareils. Ca t’fous en rogne et moi ça m’fous l’cafard. Parce que peu importe à quel point j’vais essayer, je serais jamais rien d’plus que la merde sous tes chaussures. » Il va encore dire que je me plains. Je l’entends d’ici me traiter de pleurnicheuse. Seulement pour la première fois depuis le début de notre échange, je suis entièrement sincère. Seule la vérité s’écoule de mes lippes à cette seconde et tant pis si je continue à m’enfoncer dans mon pathétisme habituel, je ne parviens pas à m’empêcher de parler. « Je suis désolé de te pousser hors de ma vie comme ça. Seulement tu sais comment j’suis. Une putain de tête de lard ! On est deux comme ça. C’est probablement la seule chose qu’on a en commun toi et moi. Et y’a un truc qui est entré et qu’est pas près de sortir. J’suis pas ton frangin. Alors arrête de t’emmerder avec moi. Ouais j’veux plus qu’tu sois dans ma vie, parce que j’ai rien à y faire ! » J’arrête les faux semblants. Je n’en ai subitement plus la force. Je ne peux plus me dresser face à lui et l’enfoncer dans une mare de venin qui ne me ressemble en rien. L’habit du cruel homme s’évade pour ne laisser place qu’au petit garçon que je suis toujours. Celui qui n’a toujours pas grandi malgré les années.

      De nouveau les larmes menacent, mais elles ne coulent pas et restent bien au chaud dans le creux de mes yeux. Ceux qui sont accrochés aux siens comme si ma vie en dépendait. Je ne parviens plus à me détacher de ses azurs alors que la sincérité accroche chacun de mes mots. « J’ai déjà essayé de m’tuer, tu l’sais très bien. J’vais pas bien Deko et c’était bien avant la prison que ça a commencé. J’ai jamais été bien. Pas depuis qu’il faut plus qu’un point blanc au loin pour détourner mon attention de tout ce qui m’tombe sur la gueule. J’avoue que j’provoque moi-même certains trucs. D’autre c’pas que d’ma faute. Et puis j’suis pathétique j’le sais. J’ai jamais été l’frère que t’aurais voulu. Et ouais j’suis là… mais t’sais quoi ? A quoi bon ? T’as ptête la gerbe d’être son fiston, mais une chose est sûre. Si j’avais pas été là, tu aurais eu un père. Ca c’est une évidence. Et au final, tu lui ressembles aussi… parce que toi aussi tu t’es barré. J’sais que j’ai fait une connerie… mais tu t’es barré. » Je ramène ce sujet sur le tapis. Tout simplement parce que je me lâche, que je dis enfin tout ce que j’ai sur le cœur depuis des années. Mes sentiments s’impriment dans chacun de mes mots et je me fiche bien de sembler geignard. De toute façon avec toutes les insultes qu’il vient de lâcher, je ne suis plus à ça près. « Tu mérites mieux qu’moi, mieux qu’mes déchets dans la gueule, mieux qu’un égoïste dans mon genre. Concentre-toi sur la nana que j’ai rencontré. J’sais pas qui c’est pour toi, mais elle est vraiment attachée à toi. Suffisamment pour risquer sa liberté pour m’laisser voir mon gamin. En plus d’après c’que tu viens d’dire… Elle a sauvé Keane. Elle, elle mérite qu’on s’occupe d’elle. Pas moi ! » Je m’embrouille et me mélange, lui répond sans lui répondre totalement et finis par perdre le fil de ce que je voulais dire réellement. Tout ce qui semble ressortir est cette longue plainte ininterrompue, qui me ferait presque vomir tant elle semble pathétique. Et pourtant c’est mon cœur qui s’exprimer à cet instant et rien d’autre. Aucun filtre ne déguise mes propos et aucun faux semblants ne détourne mon discours… pas cette fois.

      « J’savais déjà que Keane va bien. Je savais pas comment ou pourquoi, mais j’savais qu’il allait bien. Et m’dis pas que tout n’est pas noir, parce que c’est pas vrai. Je suis tout noir. A l’intérieur, à l’extérieur, tout. J’ai déjà un caractère pourri, mais maintenant, je suis aussi pourri tout court. Puisqu’on est dans les confidences totales, j’suis un putain d’monstre Dec’. Tu l’sais déjà, mais tu sais pas à quel point j’suis juste un bordel. Y’a que dalle de positif chez moi. La seule chose bien que j’ai fait, ils sont avec toi. Et ils devraient le rester. Pas parce que j’veux pas d’eux… mais parce que tu es bien mieux pour eux. Tu pourras dire c’que tu veux… t’es l’meilleur exemple pour eux. C’pas parce que t’as foiré avec moi que tu peux pas être bien pour eux. Moi j’suis juste de la mauvaise herbe. Et j’m’apitoie pas sur mon sort, avant qu’tu l’prétendes…. J’suis juste réaliste une seconde. » Mes armes sont baissées, je me suis dégonflé entièrement et toute ma prétendue colère s’en est allée, pour ne plus laisser que le désespoir, que je tente vainement de cacher depuis quelques mois. Lentement, je m’avance vers lui, laisse mes pieds et mon corps faire ce qu’il désire. Dans l’ombre je le rejoins et je finis par poser mon front sur son épaule. « Tu me manques Declan… mais j’peux pas m’imposer encore sur tes épaules… » Je ne fais que murmurer mais de toute façon, nous sommes assez proches pour qu’il m’entende… Je le sais…

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        MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Sam 24 Sep - 21:45

        Les mots filaient, placides et douloureux. Il les écoutaient le coeur en souffrance, n'en perdait pas une miette. Plantait son regard attristé sur la silhouette pathétique de son petit frère qui se livrait à lui avec toute la sincérité possible. Une sincérité tranchante qui était parfois proche de la réalité, qui en était parfois très éloignée. Eamon touchait des points sensibles que Declan ne pouvait nier, mais il avait aussi une perception totalement erronée de beaucoup d’autres. Le timing n’avait pas été le bon, certes, c’était indéniable. L’irlandais s’était planté. Il avait lâché la main du cadet lorsqu’il ne l’aurait pas dû et n’avait plus que ses regrets pour unique souvenir de ce jour tragique. Il s’en mordait encore les doigts. Cela dit il n’était pas d’accord sur le fait que c’était à cette époque que l’homme en perdition avait le plus besoin d’aide. Cette époque, c’était présentement. Parce qu’Eamon n’avait jamais été autant dans la merde qu’il l’était actuellement et ne faisait plus que toucher le fond. Chose à peine croyable, il était parvenu à le creuser pour s’engouffrer plus profondément encore. Mais Declan refusait de croire qu'il était trop tard. Qu'il n'y avait plus le seul espoir pour cet homme au caractère sensible qui n'avait rien de vraiment très noir. Emmy n'était pas un mauvais gars avec un mauvais fond, c'était juste un homme qui à défaut de guide et de repères avait malencontreusement emprunté la mauvaise voie. L'aîné refusait pour l'instant d'abandonner l'idée qu'il était encore possible de le ramener sur un chemin plus glorieux. Il avait déjà perdu Nym, ou avait l'impression que c'était le cas, - et il ne savait pas encore à quel point - il ne verrait pas non plus Eamon s'envoler sans un regard en arrière pour lui. Il ne laisserait pas cette foutue chienne de vie lui infliger d'avantage de peine et lui arracher toute sa fratrie, ni sa saleté de caractère trop fier le contraindre à faire encore plus de conneries. Il se battrait pour son frère, jusqu'à ce qu'il le mette à terre et le laisse sans plus aucune force s'il le fallait. Il avait beau lui souffler qu'il voulait le voir sortir de sa vie, le changeur n'en croyait pas un mot. Son protégé avait besoin de lui, c'était une évidence. Une conviction qui offrait à l'irlandais tout le pouvoir de la résolution. Il ne lâcherait plus cette main. Le cadet n'avait qu'à s'en arracher s'il en était réellement capable. Pour Deko, l'ère des remords touchait à sa fin. Et lorsque la tête de son frère vint au contact de son épaule, ce fut avec une affection fraternelle très intense qu'il l'enlaça dans la foulée de ses bras vigoureux, en y mettant toute la force de son amour avant de lui répondre d’une voix douce. « Si, tu peux, parce que j'suis ton grand frère Emmy et que j'refuse de t'lâcher une seconde fois. Si j’ai envie d’m’emmerder avec toi, c’est mon droit, mon choix et mon problème. Pour rien au monde j’t’échangerai contre un autre, peu importe ce qu’t’es, sors toi cette connerie d’la tête ». Il resta ainsi quelques instants, puis lui redonna sa liberté sans oser pour autant mettre entre eux trop de distance.

        Declan sorti de sa poche son briquet et ses précieuses cigarettes, s’en grilla une sans tarder puis tendit la seconde au nettoyeur et lui fila de quoi l’allumer. Eamon n’était plus à ça près. Il s’assit ensuite en tailleur là où il se trouvait, jemenfoutiste à souhait de s’affaler au beau milieu d’une ruelle aux côtés d’un macchabée, et attrapa le poignet du dépressif avant de l'attirer vers lui « J't'ai laissé vider ton sac, maintenant tu vas m'écouter ». Il lui laissa le temps de s’installer en profitant de son tabac, décida de laisser un court silence de réflexion planer avant de se lancer à son tour dans une bien longue tirade. « J'me suis planté à l'époque, j'le reconnais. J’ai fait une putain d’erreur de jugement, j’le sais, et t’as payé l’prix d’ma connerie. Mais aujourd’hui c’est toi qui t’goures sur toute la ligne. T’es mon frère et j’te laisserai plus m’dire le contraire. Toi et moi on a l’même sang dans les veines, j’te rappelle qu’on a la même mère. T’appelles ça comment toi trois gamins sortis du même vagin ? Tu peux, au pire, jouer sur les mots en m’disant que demi-frères, mais dans cette saleté de subtilité, t’as quand même bien le mot frère de présent bordel. » Il prit une petite taffe de nicotine pour marquer une légère pause et laisser l'autre assimiler tout ce petit discours, puis reprit d’un ton toujours serein. « Et tu t'plantes aussi sur un autre point très important... C'est pas toi qui a fait fuir mon salaud d'père. Il s’est pas tiré parce que t’as vu l’jour, il s’est tiré parce qu’il a pas supporté l’infidélité d’sa femme. J’ai pas grandi sans père à cause de toi Emmy, mais à cause d’une putain qui n’avait pas l’moindre respect pour son mari, d’une débauchée qui se faisait enfourcher par les alcoolos du coin... Toi, t’es juste une pauvre victime de plus dans tout ça. Nous l’sommes tous les trois, avec Nym. Mon père aussi au final, il s’est transformé en coupable l’jour où il a décidé injustement qu’nous aussi on devait payer pour les conneries d’notre mère... ». Il n’y avait rien de plus à ajouter sur le sujet. Tout était dit. Tout était clair. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’Eamon ouvre enfin sur les yeux sur la situation et se rende compte de la véracité des propos de son aîné.

        « Tu sais Emmy, j't'ai jamais demandé d'être comme moi, d'faire comme moi ou même mieux que moi. On est pas en concurrence tous les deux, c'est quoi cette idée à la con ? J't'ai demandé de prendre tes responsabilités et de grandir enfin, pas de t'la jouer à la Declan. C'est pas comme si j'valais mieux qu'toi en plus... J'ai pas assuré avec la frangine, j'ai pas assuré avec toi, j'ai pas non plus assuré avec tes gosses. J'me suis endetté jusqu'au cou avec un jeu d'cartes à la con et pour payer mes dettes me v'la contraint à... ». Il lança un rapide coup d’oeil à la carcasse. « Ca. C’est ça ma vie aujourd’hui... J’tue pour vivre Emmy et ça m’fout tellement la honte et la haine d’en être arrivé là que j’ai jamais osé vous en parler à Nym et toi... Je souhaite à personne d’ressembler à ça, surtout pas à toi. Alors ton p’tit délire de sous merde qui m’arrive pas à la cheville, tu t’le carres bien profond là où je pense ». Un autre silence, puis une question bien sombre... « Dis moi p’tit frère ? T’as déjà tué d’sang froid ? Et j'parle pas d'auto-défense... mais de tuer, simplement pour tuer ? Si c’est pas l’cas alors t’es pas si noir que tu l’crois... T’es en ruines bonhomme, totalement paumé dans ta p’tite vie qu’tu juges sans valeur. T’es beaucoup d’choses, mais t’es pas un pourri. Puis même si c’était l’cas, même les pourris ont l’droit à un peu d’amour. Preuve en est avec cette fille d’l’hosto, qui au passage n’a rien à voir avec tout ça. Je suis autant là pour elle que pour toi, si tu acceptes de m’en laisser l’occasion... Faut qu’on arrête les frais Emmy... Et qu’on cesse de s’tirer dans la gueule, ça rime à rien tout ça. J’en ai marre de toutes ces conneries, on est dans la même merde au final, on est juste trop cons pour s’en rendre compte ». Il porta une nouvelle fois sa cigarette jusqu'à ses lèvres, s'intoxiqua les poumons de son poison et finit par lâcher avec une simplicité sincère « Je t'aime p'tit frère, même dans les pires moments, doute jamais d'ça »

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        MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Lun 26 Sep - 0:43


        Dans l’ombre se cachent tous les vices et toutes les erreurs. Tous m’accablent et m’enferment dans une géhenne que je ne parviens pas à contrôler. Cruellement, doucement, elle s’empare de tous mes pores, pour ne laisser qu’une carcasse vide d’intérêt. Quand je m’y avance pourtant, quand je viens chercher le contact rassurant de mon grand frère, ils semblent s’altérer et se cacher, jusqu’à ne plus être qu’un point noir au fond de mon cœur. Juste un petit point, que l’étreinte qu’il me donne fait vaciller fortement. Je ne m’étais pas attendu à cela et lorsque ses bras puissants se referment autour de moi, je ne peux que répliquer et agripper sa veste dans un mouvement d’affection désespéré. Sa voix résonne autant dans mon cœur que dans mes oreilles même si j’ai du mal à assimiler exactement ce qu’il veut dire. Trop perturbé par sa présence si proche, je parviens difficilement à me concentrer sur ses propos, mais lorsqu’enfin ils tracent leur chemin dans mon esprit, leur force me rend tremblant.

        Lorsqu’il me lâche finalement, il me faut plusieurs secondes pour reprendre pied avec la réalité et comprendre ce qu’il vient de ce passer. Les dernières années semblent soudain effacées par la force de ce câlin inattendu. Les yeux dans le vague, je mets un peu de temps à comprendre qu’il me tend une cigarette et son briquet, mais lorsque je les vois dans mon champ de vision, je ne peux que les attraper par réflexe et l’allume, comme un habitué, même si je n’ai pas fumé depuis des années. Les yeux fixés sur la flamme, je perds pied encore une fois, pour m’enfermer dans ce tourbillon de souvenirs qui n’appartiennent qu’à nous. C’est, tiré vers le bas, que je finis par rencontrer le sol. Par réflexe, je parviens à m’assoir normalement, face à lui et mon attention toute attribuée, je m’installe en tailleurs, dans une position clairement enfantine. Comme un enfant qui écoute une histoire, je me pose et m’imprègne de tous les détails de son discours. Pas une seconde je n’envisage de lui couper la parole tant je bois chacun de ses mots. Pourtant, lorsqu’il évoque notre mère, en des termes si crus, je ne peux m’empêcher de m’offusquer, juste un instant. « Mais Deko… » Mon hardiesse meurt dans l’œuf, parce que je n’ai finalement aucun argument à lui opposer. Probablement a-t-il raison et notre mère n’a jamais été qu’une trainée incapable de garder les jambes serrées. Cela ne ressemble pourtant pas du tout à l’image que je garde en tête tant la religion l’a changé après ma naissance. Pour m’empêcher de parler de nouveau, je plante la cigarette dans mon bec et tire une longue taff, en attendant la suite, qui ne tarde pas à venir.

        Cette façon, qu’il a de se mettre à niveau, de détruire tous les à priori que je possède encore sur lui, m’attriste grandement. C’est comme un héros, que l’on découvre sous un autre jour, bien plus sombre, bien plus triste, bien plus horrible… Bien plus humain aussi. Alors, sans cesser de l’écouter, je quitte ma position, pour venir juste à côté de lui et dans sa nuque, je dépose ma main, comme pour le rassurer une seconde. Peu importe ce qu’il a fait, ce qu’il fait encore. Il reste mon superman. Et finalement, il conclut son discours, de ces quelques mots, que j’accueille avec des larmes qui coulent lentement sur mes joues. Je t’aime p’tit frère Ils résonnent et s’évadent, pour s’incruster dans chaque partie de mon âme. Ils grattent tous mes pores pour s’y faire une place. Mon visage se penche, s’intéresse de près au sol, pour ne pas le laisser voir à quel point je suis touché par sa déclaration. Fini la faiblesse et le con pleurnichard… Seulement, ma résolution a beau être là, ça n’empêche pas mes canaux lacrymaux d’exprimer allégrement ce qu’ils ont sur le cœur. Plusieurs secondes, qui s’étirent en minutes, je conserve le silence, incapable de reprendre la parole sans avoir la voix tremblante. Quand je reprends finalement contenance, ma main est toujours sur sa nuque, mes lèvres enserrent toujours la cigarette qui s’est consumée toute seule à moitié et je sens mon cœur allégé de plusieurs kilos de souffrance. Ma main libre vient s’emparer du bâton de la mort, l’autre quitte son contact et je relève enfin le visage vers lui, larmes taries. « J’ai jamais tué personne Deko. Je voulais pas dire que j’étais un pourri. Je suis pourri. Littéralement. Si j’me blesse, mon sang est noir. J’mange les rêves et l’énergie des autres pour survivre. J’me sens sale à l’intérieur à cause ce truc que j’suis devenu. Je… me supporte pas. Mais c’pas qu’ça. Je suis effrayé. Tous les jours, tout l’temps. Effrayé à l’idée de prendre la vie d’quelqu’un en me nourrissant trop. T’sais, comme un vampire, le vampire des histoires qui font peur. J’ai peur de moi, encore plus que de tout l’reste. » Dans ma lancée de confidence je continue, m’aventure sur des sujets que j’ai conservé secrets jusque là. Declan est la seule personne en qui je peux avoir confiance pour parler de ce sujet, même si je sais qu’il ne pourra rien faire pour moi.

        « T’es pas un pourri Deko. J’veux pas que tu crois ça. T’as pas l’droit d’croire ça. » C’est avec véhémence que j’annonce cette vérité, presque comme une évidence pour moi. Je reprends du poil de la bête, alors que les mots s’écoulent plus facilement hors de mes lèvres insatiables. « J’en ai marre aussi. Marre d’être en colère pour rien et de t’rejeter parce que j’ai trop peur que tu l’fasses encore. Je sais que c’est stupide mais t’sais… J’ai plus rien d’autre que toi. Et Nym mais… Depuis qu’elle m’a sorti d’prison, j’lui ai pas parlé. » Je hausse les épaules, comme prononçant une phrase comme ça, en passant. « J’veux bien qu’tu m’aides, mais pas qu’tu moralises. » Et cette fois je baisse les yeux de nouveau, incapable d’affronter son regard de glace. Ces derniers se posent sur le cadavre non loin et je me mets à rire soudain, d’un rire presque dément, alors que tout le ridicule de la situation s’impose soudain. « J’arrive pas à croire qu’on s’réconcilie au dessus d’un cadavre plutôt qu’autour d’un putain d’verre de whisky. Du Grimes tout craché ! »

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          MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Lun 26 Sep - 20:57

          Le contact se renouait enfin, après avoir failli sombrer définitivement dans le monde des souvenirs. Declan profitait de chaque instant passé auprès de son frère avec un soulagement qui lui permit de finir de se rendre compte à quel point lui tourner le dos avait été déraisonnable. A quel point il avait fait fausse route jusque là. Il sentait la chaleur qui s’éprenait de sa nuque et lui réchauffait le coeur et le corps. Cette main fébrile qui tentait au mieux d’apaiser les démons de son aîné en mettant un instant ses propres tourments de côté. Le métamorphe avait cru un temps ne pas avoir besoin de la présence des cadets dans sa vie pour la vivre pleinement, altéré par la colère et la douleur du rejet, mais cette pensée n’avait jamais été très vérace. Il prenait conscience de l’absurdité de sa trop grande fierté - celle là même qui l’avait conduit à voir les siens s’éloigner de lui - et de son besoin de ressentir chaque jour cet apaisement et ce bien-être que lui procurait cette présence fraternelle à ses cotés. Certes, les jeunes Grimes n’étaient pas parfaits et commettaient des erreurs au goût parfois très amer, à l’allure impardonnable, mais lui non plus n’était pas blanc comme neige. Lui non plus n’était pas irréprochable. Finalement, il était peut-être même le pire des trois. L’hôpital s’était moqué depuis trop longtemps de la charité, il était temps de cesser de s’entre-déchirer et de s’en vouloir. Temps de se pardonner et de s’entre-aider, comme des frères. De faire sécher ces pleurs qui s’écoulaient tel un fleuve intarissable sur les joues du plus faible. Des larmes qui perlaient depuis trop longtemps et que le changeur ne désirait plus voir.

          Les confidences les menèrent sur un chemin sensible mais commun. Eamon n’était plus très humain, le grand blond s’en était douté sans jamais oser se pencher véritablement sur le sujet. Il avait noté ces petits détails probants sans leur accorder d’importance, tel un homme qui voyait sans regarder, entendait sans écouter. Au bar, puis à la prison, le daybreaker avait laissé entrevoir sa condition dans l’ombre. Cette nuit, il la révélait au grand jour. La surprise ne fut donc pas la compagne du skinchanger qui demeurait presque impassible face à l’aveu. Savourant sa cigarette, il buvait sans réagir les paroles de son cadet et s’y retrouvait. Lui aussi avait vécu cette peur et cet enfer avant de se résoudre à s’accepter tel qu’il était. Ou du moins à ne plus le combattre, parce que la bataille était perdue d’avance. Qu’il s’adonnait certainement moins au mal sous sa forme animale que sous sa forme humaine. Que le chien pouvait compter ses tueries sur les doigts d’une seule patte alors que l’homme aurait eu besoin de dizaines de mains. Que l’état qu’on lui avait infligé n’était pas si terrible que ça et de toutes manières incurable. Les confidences à Joan sur ce sujet avaient été l’électrochoc qui lui avait offert cette conclusion apaisante et l'harmonie avec la bête. Toutefois conscient que tous ne pouvaient pas cheminer jusqu’à un tel stade d’acceptation, il posa sur Emmy un regard compréhensif sans l’interrompre. Il n’avait aucune solution à apporter à cette problématique. Ce combat contre lui-même, le petit Grimes devrait le livrer seul.

          L’irlandais perdit un court instant le fil lorsque le nettoyeur en vint à évoquer leur soeur. Lui non plus n’avait plus adressé le moindre mot à sa prunelle depuis un bail. Les traits de son visage semblaient même disparaître peu à peu au fil de son absence. A ses yeux, presque une éternité. Entre leur dernière entrevue et ce qu'il s’en était ensuivi, les informations apprises de la bouche des tiers et les événements récents, il avait préféré ne plus tenter de traverser le canyon qui les séparait. Et il conseillerait grandement à Eamon d’en faire autant, ils avaient suffisamment souffert de son attitude et la bombe qu’elle avait lâchée à la prison n’avait pas fini de meurtrir les coeurs et d’alimenter sa haine. Ils n’avaient plus rien que les uns les autres et pourtant. Ils se pourrissaient les existences réciproquement, le pire étant que c’était pour la grande majorité du temps involontaire. Ils avaient la crainte de l’abandon, de la non acceptation et du jugement, se dissimulaient de leur fratrie pour ne pas affronter les angoisses qui les rongeaient et se fourvoyaient donc totalement. A tous vouloir se protéger d'une claque monumentale qu'ils n'auraient peut-être jamais subi, ils s’étaient tous éloignés jusqu’à un point qu’ils avaient pensé de non retour. Pour les deux frères, les limites n’avaient pas été franchies. Mais pour Nym... La question était encore en suspend.

          Les rires un peu déments le sortirent de sa réflexion et ses yeux de glace accostèrent le cadavre à son tour. Il se laissa aller à la contemplation tout en dégustant le peu de nicotine qu’il restait à son rouleau. Du Grimes tout craché qu’il lâcha le petit. Declan trouvait cette finalité bien triste. Leurs sorts s’étaient avérés bien noirs et pathétiques. Voilà où ils en étaient tous les deux rendus : à converser dramatiquement de leurs problèmes personnels à deux pas d’un homme que l’un avait tué sans compassion, simplement parce qu’on le lui avait demandé, et que l’autre allait faire disparaître de sang froid, sans ne jamais rien révéler de son funeste destin. Nymeria aussi avait ôté la vie d’un homme, ce douloureux épisode lui revint très vite en mémoire. C’était ça être un Grimes... « Ouais... Ca craint » se contenta t-il simplement de souffler d’un ton sans couleur pour ne pas enfoncer le clou d’avantage. Il se détourna du spectacle sanglant et s’empressa de changer de sujet. « J't'ai pas laissé m'en foutre autant dans la gueule pour simplement relâcher l'morceau Emmy. Tu m’as parlé comme jamais personne ne l’avait fait, pas sans conséquences en tout cas. Tu m’as foutu dans un sale état toi aussi tu sais - les images de cette soirée déplorable où l’alcool avait été son lot de consolation le prenaient d’assaut - et pourtant j’suis encore là ». Eamon l’avait mis à terre lors de leurs derniers échanges et pourtant, Declan s’était accroché. Il continuait encore de le faire. Il n’avait pas traversé toute cette souffrance pour tout abandonner une seconde fois. Le mal que son cadet lui avait causé ne serait pas vain. « Maintenant qu’tu sais qui j’suis vraiment, j’crois que j’ai plus vraiment l’droit de t’faire la morale... J’suis là pour toi ok ? J’peux pas t’laisser seul dans cette merde, même si je l’voulais ». Parce qu’il y resterait. A coup sûr, ça ne serait qu’entre quatre planches qu’il le reverrait s’il décidait du contraire. « Mais laisse Nym là où elle est s’te plaît, elle a fait assez d’mal comme ça et j’crois bien qu’elle a déjà suffisamment à faire avec ses propres affaires sans s’préoccuper des nôtres. Elle a juste foutu un gros bordel... ». Chaque chose en son temps.

          L’irlandais allongea l’une de ses jambes puis replia l’autre avant de piéger sa cigarette entre ses lèvres. Il saisit sous son jean un petit couteau par son manche en bois, accroché précautionneusement à sa rangers. La lame avait été façonnée avec de l’argent. Il avait déniché cette trouvaille qu’il ne quittait plus depuis un face à face avec un autre skin’ qui avait quelque peu mal tourné. Il récupéra de cette même main son tube de tabac puis tendit son autre bras sur son genou. « J'suis un pourri p'tit frère, je s'rai d'mauvaise foi si j'disais l'contraire. Mais j'le vie bien... J'suis un pourri et j'suis aussi pourri comme tu l'dis. Regarde ». Il posa simplement le tranchant de l’arme sur sa peau nue, sur son avant bras. Celle-ci réagit immédiatement au contact du métal. « T'es pas tout seul Emmy, on partage décidément les mêmes merdes toi et moi ». Il rangea l’arme avant d’écraser son mégot entre ses jambes puis de l’envoyer au loin d’un geste nonchalant. « C’est pas vraiment dramatique tu sais, j’crois pas qu’il y ait beaucoup d’personnes qui soient restées humaines sur cette putain d’planète. La plupart de ceux qu’t’as peur de tuer se r’mettrons d’un claquement d’doigts d’bien pire que ça. La plupart ne mérite même pas de vivre... Faut être réaliste, les gentils ont déserté ou se sont fait buter par les méchants qui forment la grande majorité d’notre civilisation en ruines. Puis tant qu’t’auras la trouille, tu contrôleras rien. Faut pas combattre c’que t’es devenu, faut lui baiser les pieds, parce que c'est p't'être ça qui t'sauveras face à des mecs qui auraient dû être plus forts que toi ». Une bien affligeante vision du monde que voilà. A tort ou à raison, allez savoir.

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          Dernière édition par Declan Grimes le Mar 1 Nov - 22:32, édité 1 fois
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          MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Lun 3 Oct - 18:41


          Ses mots gravent une honte sans pareil dans mon cœur et dans mon âme, tant par la véracité que leurs forces. J’ai été horrible avec lui ce jour, où il est venu me voir à la prison, pour m’informer du sort de mon fils. Je ne méritais pourtant aucune information, mais lui est venu me l’annoncer, sans se soucier des conséquences sur sa propre personne. Dans mon entêtement, je me suis évertué à le repousser loin de moi, incapable de dénouer les fils emmêlés de mon existence. En me poussant à croire que je ne suis pas un Grimes, j’ai éloigné la personne la plus importante pour moi, en utilisant des mots et des attitudes qui ne me ressemblent pas, cruels et infondés. Maintenant qu’il m’informe l’effet qu’ils ont pu avoir sur lui, je me sens d’autant plus mal et chaque seconde ajoute un peu plus à ma géhenne, alors que je me souviens petit à petit de tout ce que j’ai pu lui balancer dans la figure. Le reste de ses propos se perdent dans la brume peinée de mon esprit, qui s’offusque encore une fois de ma cruauté envers mon aîné. Pourtant, même si je ne les écoute pas vraiment, ils réussissent à tracer un chemin jusqu’à ma conscience, qui les assimile un à un. Le cœur agité s’apaise une demi seconde lorsque je me rends compte que Declan ne va plus m’abandonner et qu’il va de nouveau s’occuper de moi. Cela n’aide pas mon émancipation et m’enfonce un peu plus dans l’infantilisation de ma personne, mais je m’en moque. A ce moment, je n’ai besoin que de lui pour rebondir et cesser de broyer du noir. Et de Nymeria. Alors qu’il l’évoque, mon cœur se serre juste assez pour revenir dans mon état précédent. Pas aussi prompte à la condamner que mon frère, je préfère ne pas répondre sur ce sujet, trop touché pour être entièrement lucide. Lentement, je tire sur la cigarette pour m’envahir d’un bien être probablement trop passager et je soupire, avant de reprendre la parole, d’une voix probablement trop basse pour être entièrement compréhensible. « Je suis désolé tu sais… De ce que j’ai dis. Tu méritais pas ma cruauté gratuite. Les mots s’écoulent plus facilement que prévu et ma voix se hausse au fur et à mesure, jusqu’à être parfaitement claire. « Y’a certains trucs que j’pensais, mais pas la plupart. J’cherchais juste à t’donner une excuse pour t’barrer encore une fois. A l’époque, j’pensais pas sortir d’prison en vie, j’pensais pas t’revoir et j’pensais pas avoir ma place dans ta famille. C’probablement stupide… »

          Ca l’est, bien sûr, mais je ne parviens pas à en être certain. Dans une tentative de me protéger de la suite, je ramène mes genoux contre moi et les entoure de mes bras, dans une position involontairement immature. « T’as dis qu’on était une famille Deko. Tu devrais essayer d’aller la voir. J’crois qu’elle est plus préoccupée par nous qu’tu l’crois. » Je ne dirais rien de plus à ce sujet. Leur lien, je l’ai toujours envié, j’ai toujours voulu être au milieu, mais maintenant, j’ai pris conscience que ce ne sont pas mes oignons. Ils doivent résoudre leurs problèmes tous les deux. Si je parviens à le faire, eux doivent pouvoir le faire aussi après tout. Je finis par lâcher la cigarette qui s’écrase sur le sol en synchronisation avec mon lent soupir désabusé. La discussion est trop intense pour mes nerfs, qui lâchent les uns après les autres. Je ne quitte le sol du regard, que lorsqu’il me demande de regarder. Regarder quoi ? Mes yeux se posent sur la lame en argent, qui se pose sur sa chair, en échos avec mon cri qui résonne soudain dans la ruelle. La réaction de sa peau n’a rien d’humain et si elle n’a rien à voir avec celle de la mienne quand elle est blessée, je ne peux que remarquer une similitude entre nous. Il expose ses pensées à propos de tout cela et je ne peux m’empêcher d’accueillir tout ça avec un grognement dépité.

          Dans une impulsion, je me penche vers lui et récupère l’arme qu’il a rangée. A mon tour, moins stoïque que lui, j’enfonce l’arme dans ma chair et laisse s’écouler mon sang noirâtre et dégoûtant. La blessure laisse échapper la noirceur dans une de mes grimaces et j’observe le liquide couler une seconde, avant de retrouver le regard de mon frère. « On est pas pareil. J’ai la trouille. J’ai toujours la trouille et je l’ai toujours eu. Tu sais très bien que j’ai peur de tout. C’est pour ça que j’me suis barré loin d’mes enfants alors que j’les aime à en crever. C’est pour ça qu’me suis drogué d’nouveau, quand l’mec que j’aimais s’est tué. C’est pour ça que j’veux pas rester ce monstre. C’est pour ça que j’peux pas avancer. Et j’sais pas quoi faire pour plus avoir peur. Parce que moi, Deko, quand j’dois bouffer, potentiellement j’peux tuer quelqu’un. Et quand j’dois bouffer, j’rentre dans la tête des gens et j’vois pourquoi ils ont mal, pourquoi ils sont tristes. Y’a que ça que j’vois dans la tête de tout l’monde, la tristesse, la douleur. Et t’sais quoi ? Ca m’tue ! Parce que j’suis même touché par les pires connards du monde. J’peux pas être c’que j’suis et j’peux pas non plus l’combattre. Et ça m’tue à ptit feu ! » Enfermé dans cette spirale de vérité, de sincérité, je continue sur ma lancée et lâche tout ce qui traîne sur mon cœur depuis des mois maintenant. Tout ce que je n’ai pas su dire aux divers psys de mon existence.

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            MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Jeu 13 Oct - 11:47

            Ils n’en étaient plus à soupeser les mots du passé, à juger s’ils avaient été mérités ou non, à se recroqueviller sous le poids d’excuses qui n’effaceraient rien des lourdes conséquences nées de leurs erreurs. Alors qu’il fallait tirer un trait sur tous ces souvenirs et puiser en soi le courage d’avancer d’un meilleur pas, regretter n’était plus qu’une futilité misérable qui ne faisait qu’encombrer des consciences déjà bien ébréchées. Il n’avait plus envie de s’excuser pour toutes ces fautes ignobles qu’il avait commises, ni d’en entendre d’avantage de la bouche de son cadet. Sa main vint saisir la nuque du nettoyeur qu'elle secoua légèrement d'un élan fraternel avant de se retirer une fois la tirade achevée. « On a tous les deux joué aux cons et dépassé nos pensées, paraît qu’ça arrive souvent avec le genre humain. Allez, c’est bon p’tit frère, lâchons l’affaire et fermons l’chapitre de nos excuses lamentables, on va y passer la nuit ». Il avait pardonné, depuis longtemps déjà, même s’il ne s’en était rendu compte que sur le tard. La haine n’avait été qu’éphémère, elle n’avait jamais été faite pour durer, par lorsqu’elle était dirigée vers son frère. Et celle qu’il éprouvait pour Nymeria était comparable à cette dernière, il le découvrirait le jour où leurs routes se croiseront de nouveau. La colère gronderait, comme pour Emmy, puis s’apaiserait doucement jusqu’à s’éteindre totalement, soufflée par l’amour d’un frère pour sa soeur. D’un protecteur pour sa prunelle. Mais ce n’était pas encore au goût du jour. Pour l’heure les ressentiments l’aveuglaient encore. Il demeurait fermé comme une huître chaque fois qu’on imposait sa cadette à son esprit amer. Eamon ne ferait pas exception à cette règle. « Je n’sais plus quoi croire au sujet de Nymeria ». La dernière fois que le destin les avait dressé face à face, elle lui avait menti ouvertement sur les raisons de son état et sur l’identité du fautif, l’envoyant briser le nez d’un homme qui n’était pas coupable du viol dont elle l’avait accusé et qui lui avait fait quelques révélations obscures. Aveux très brumeux qu’il n’avait toujours pas démêlés et qui l’avaient déconcerté, parce qu’il leur avait accordé une véracité qu’il n’avait pas désirée. Il avait cru un étranger sans presque aucune hésitation, alors qu’il avait peint un portrait bien sombre de cette femme que le changeur aurait pourtant dû défendre contre vents et marées, cette femme à qui il aurait dû naturellement accorder le bénéfice du doute et qu’il jugeait malgré tout si facilement déchue, simplement parce qu’un inconnu le lui avait soufflé à l’oreille au cours d’une altercation qui n’aurait jamais dû naître. Cette aisance l’avait terrifié. Il s'était promis qu'un jour il lèverait le voile sur tous ces mystères. Qu'il reverrait Stain à défaut d'avoir le courage d'affronter Nymeria. Mais cette promesse non plus il n'avait pas encore osé la tenir. « Elle sait où m’trouver, moi j’en ai marre d’courir après du vent ».

            Le métamorphe récupéra l’arme dans les doigts du daybreaker. A peine troublé par la couleur du sang qui la maculait, il essuya le liquide sombre sur son jean à la hauteur de son tibia, puis la rangea de nouveau avec précaution. Il laissa le regard effrayé et dépité de son petit frère accoster le sien sans tenter de s’y soustraire, bien que toute la souffrance dont il était chargé était difficile à supporter. Il accueillait chacune de ses révélations avec compassion et compréhension, mais n’avait aucune réplique à leur offrir. Que dire pour consoler ce coeur si noir... Declan n’avait aucune solution à apporter à cette problématique. Leurs états étaient irréversibles et pourtant, retrouver son intégrité d’homme et se déposséder de la créature qui l’habitait aurait été la seule option possible pour son cadet que le meurtre épouvantait. Situation complexe dans laquelle le nettoyeur acceptait de côtoyer la mort prématurée offerte par des tiers dépourvus de pitié tout en refusant opiniâtrement de la donner lui-même. Trop sensible. Trop humain finalement. Plus blanc que noir et beaucoup trop bon malgré tous ses faux pas, cet être à la fragilité évidente repoussait les ténèbres. Il les laissait le frôler sans jamais l’atteindre complètement. Il soufflait les braises de sa noirceur tout en prenant soin qu’elle ne se transforme pas en flammes, parce qu’il n’aurait certainement jamais pu contenir l’incendie. Eamon était trop faible pour combattre, alors en ressortir vainqueur... Son âme n’était pas taillée pour l’enfer. Et présentement, il jouait avec le feu. Prenait des risques trop grands pour lui. Le changeur épousait de force l’impuissance et il l’avait bien compris. Il ne pourrait rien faire pour le faire changer d’avis, pour lui éviter de sombrer dans l’obscurité de cet océan de requins dans lequel il avait décidé de plonger. Rien faire pour l’aider à s’accorder avec lui-même, à composer avec sa peur et sa douleur, à préserver sa part de lumière qu’il avait si peur de voir s’envoler. Eamon ne pouvait être totalement blanc, comme il ne pouvait être totalement noir. Mais qui pouvait se vanter d'en être capable ? La voie semblait sans issue. Apparence peut-être trompeuse que l’irlandais cherchait à désavouer. Il fallait la nuancer.

            Il se redressa dans un souffle et alla s’accroupir sans dire mot près du corps sans vie. De sa main droite, il fouilla le défunt et en ressortit son portefeuille qu’il ouvrit sans gêne, glissa l’argent qu’il possédait dans le fond de sa poche avant d’accorder son attention au contenu restant. « Y a rien à faire pour tous ces trucs qu’tu ressens quand tu bouffes les forces d’tes cibles, mis à part tenter d’les ignorer même si j’sais bien qu’t’es trop bon gamin pour faire comme si t’avais rien vu ni ressenti. Mais tu sais Emmy, c’est jamais tout blanc, comme c’est jamais tout noir... ». Il continuait de scruter sa trouvaille. Ne trouva à l’intérieur ni photo de famille, ni adresse, si ce n’était celles de lieux pas très recommandés et d’un hôtel. Un petit sachet d’herbes interdites était dissimulée derrière une carte de visite abîmée et illisible. Il s’agissait sûrement là d’un homme sans attache, qui composait avec un univers de mafiosos et de criminels en tous genres, d’alcool et de putains différentes chaque soir. Le lieu ou le tueur à gages l’avait déniché était d’ailleurs significatif. Ce mec, ce n’était pas un mec bien. Il avait fait suffisamment de saloperies pour se retrouver sur une liste noire en tout cas et avait certainement déjà tué - indéniablement, comme tous ceux qui finissaient par être piégés dans ce monde de bas étage. Des ses propres mains ou par le biais d’informations vendues à d’autres, il avait anéanti des existences. Declan n’avait pas le droit de juger s’il méritait ou non de vivre, mais il n’avait pas honte d’affirmer que sa disparition n’était pas une perte considérée tragique et que sans nul doute personne ne la pleurerait, au contraire. Oter la vie à un tel spécimen, c’était aussi en sauver d’autres, rendre service à une humanité en ruines. Assassiner un assassin, un arnaqueur ou un violeur, un homme à la violence gratuite et à l’âme malfaisante, était-ce un si grand mal ? Y avait-il réellement de quoi se sentir coupable et démoniaque ? C’était sujet à controverse, mais tout était question de points de vue. Et s’il ne pouvait pas convaincre Emmy de faire marche arrière et de préférer cracher sur cet argent facile plutôt que de l’accueillir à bras ouverts, peut-être ce dernier devrait-il tenter d’adopter la vision de son aîné pour soulager ses conflits intérieurs. Avec cette idée en tête, il vint se dresser devant son frère et lui lança le contenu de l'objet en cuir vieilli sous le nez. « Dis moi frangin, d’avoir tué c’type qui a sûrement causé la mort d’innocents avec ses p’tites magouilles, démoli des familles entières juste parce que ça lui rapportait d’quoi baiser chaque soir toutes les putains du Little Darlings après leur avoir offert la tournée générale, ça fait d’moi un monstre qui doit vivre avec la trouille constante de ce qu’il est ? J'suis le diable à tes yeux ? ». Il piocha ensuite dans sa poche arrière l’enveloppe pleine de billets adressée à l’intention du nettoyeur qu’il lui jeta au milieu du reste. « Tant qu’à faire le choix d’l’argent facile, autant qu’ça serve. Bosse avec moi Emmy, et tu pourras pas faire d’mal à ceux qui n’le mériteront pas ». Il n’aurait jamais cru lui proposer une telle folie un jour, mais les aléas imposaient l’adaptation et l’improvisation. Il pourrait, de plus, garder un oeil sur son cadet qui surfait sur une vague qu’il ne maîtrisait pas.

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            MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Dim 6 Nov - 19:02


            Bien que la situation actuelle ne soit pas des meilleures pour discuter, je me retrouve face à lui, dans une honnêteté qui me sidère. Toutes ces choses que je n’ai jamais su dire à personne, je les énonce si facilement à mon frère que ça m’effraie une seconde. Nous n’avons jamais eu de secrets l’un pour l’autre. Du moins dans le passé, quand nous étions encore jeunes. C’est moi qui me suis enfoncé dans la spirale infernale que sont les mensonges pour dissimuler ce qui est le plus horrible chez moi. Plus tôt dans ma vie, ça a été la drogue, que j’ai cachée en mon sein pour ne pas le voir me l’interdire. Ensuite, ça a été mes doutes envers mon mariage et mon premier né. Je ne lui ai rien dit à l’époque, pour ne pas l’inquiéter, pour ne pas le laisser me dire qu’il le savait, que je n’ai jamais été fait pour être père. Et dernièrement, ca a été ma vie entière, que je lui ai cachée, pour ne pas l’inquiéter, pour ne pas ajouter plus de poids sur ses épaules déjà chargées de mes enfants. Bien trop de mes emmerdes lui sont tombées dessus, pour que je continue à exprimer à voix haute mes doutes et problèmes. Pourtant, maintenant que le robinet est ouvert, je ne peux faire autrement que de continuer à parler, sans me préoccuper des conséquences, sans même me soucier de son avis sur moi. Peu m’importe maintenant. Je suis simplement perdu dans les méandres de mon âme tourmentée et j’exprime à voix haute tout ce qui me dérange. « Ca veut dire qu’tu m’pardonnes Deko ? » J’ai besoin de l’entendre à voix haute. Ce sont trois mots qui me tiennent à cœur, même si pour lui, ce n’est probablement qu’une perte de temps. Je finis par baisser les yeux, incapable de soutenir la puissance de son regard alors que j’attends, stupidement, ces mots qu’il n’a pas dit explicitement.

            Soustrais à son intensité, je me permets un soupir néanmoins soulagé, libéré d’un poids qui pèse lourdement sur mon âme depuis trop longtemps déjà. Ce n’est qu’une infime partie de ce qui m’alourdi mais déjà, je me sens respirer avec un peu plus de facilité. Le sujet a dérivé de nouveau sur notre sœur et je sens mon cœur et mon corps se tendre malgré moi. Ce n’est pas juste. Que je puisse le retrouver et qu’elle se retrouve seule, sans aucun de nous. Probablement devrais-je moi, aller vers elle, pour lui demander de m’excuser à son tour et la retrouver, même si elle n’est pas des plus chaleureuses à mon égard. Nous sommes une famille. Nous sommes les Grimes. Et même si actuellement, nous ne sommes que morceaux éparpillés, nous devons nous retrouver. Néanmoins je ne tente pas de convaincre mon grand frère pour l’instant. Aussi têtu que moi, ça ne donnera probablement rien de bon. Mieux vaut me concentrer sur moi, même si ça semble incroyablement égoïste.

            Je n’ai pas terminé mon introspection et me lance donc dans une explication détaillée de ce qui me gêne chaque jour un peu plus. Ma nature, qu’elle quel soit, me pourri la vie et je suis incapable d’être rationnel à son propos. Je ne me souviens que de la douleur, des souvenirs incertains mais souvent diaboliquement désagréables qui me viennent à chaque repas un peu trop prolongé. J’explique et me perds en détails, pour toujours plus alléger mon essence, ainsi que ma culpabilité, qui me ronge de l’intérieur. Une fois mon discours terminé, je cherche dans son regard une réponse, une solution que je n’ai pas trouvée, je le veux de nouveau en héros. Malheureusement je ne croise que la résignation et la compassion. Deux sentiments que je ne souhaite pas le voir ressentir. Je veux le voir combattre pour moi, mais finalement la fatalité me rattrape. Il n’a aucune solution, parce qu’il n’en existe aucune pour mon état. Je ne peux me sortir de la noirceur dans laquelle je m’enfonce doucement avec ma nature démoniaque. L’aller simple pour l’enfer m’ouvre ses bras, mais je refuse de laisser tomber, de laisser les ténèbres me prendre pour me perdre sur un chemin que je ne désire pas emprunter. Indépendamment de ma volonté, ma tête dodeline, je continue de scruter son regard, en attente d’une réponse qui ne résonne pas dans mon sens. Il n’y a rien à faire… Mais si lui se contente de ce qu’il est et refuse de chercher plus, ce n’est pas mon cas. Mon grand frère a pourtant raison. Le monde n’est ni noir, ni blanc, ni même entièrement gris non plus. Je ne peux ni ne dois être autant absolu, pourtant je ne peux m’en empêcher, c’est plus fort que moi. « J’peux pas les ignorer non. Tout ça s’grave dans ma tête. J’peux pas y échapper. »

            Ma voix est désormais faible, beaucoup trop. Le son s’échappe à peine de mes lèvres. Vidé émotionnellement, par les confidences que j’ai lâché l’une après l’autre, je perds déjà contenance, à l’idée du travail qui m’attend toujours ensuite. Je dois couper court à la conversation, si je ne veux pas me rendre totalement inutile. L’occasion est loupée néanmoins et je me retrouve de nouveau à l’écouter attentivement, avant d’ouvrir la bouche sur la surprise de sa proposition. Moi ? Travailler avec lui ? L’idée me semble si saugrenue que je ne lui réponds pas aussitôt, me contentant de rebondir sur ses propos précédents. Les doigts serrés autour des objets qu’il a fait tomber sur moi, je remonte mon regard jusqu’au sien, pour finalement lâcher, du bout des lèvres. « Joue pas avec mes croyances Deko. T’es pas l’diable. Parce que le diable est l’mal incarné. T’es pas l’mal. T’as tué des types oui… Et alors ? Comme tu dis, c’lui là était un sale type. Toi tu prends soin d’deux p’tits anges. Alors même si t’es gris, tu peux pas être le diable. Seulement j’peux pas me satisfaire de ça pour moi. J’veux pas être gris. J’veux être blanc. » Finalement je baisse les yeux, avant de lui tendre le portefeuille, la main légèrement tremblante. « J’veux pas travailler avec toi Deko. Enfin j’veux dire… J’voudrais bosser avec toi et passer du temps avec toi. Mais j’veux pas faire ça avec toi. J’veux pas te voir tuer des gens. J’veux garder mon image de toi intacte. J’veux que tu restes le super héros de mon enfance. J’veux que tu restes mon Deko. Mais je te promets de faire attention frérot. J’compte toujours récupérer les mômes t’sais… »

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              MessageSujet: Re: Dans son ombre [Eamon]   Mar 8 Nov - 22:04

              Des croyances. Declan cracha sur ces dernières avec le mépris né de ses souvenirs. Il abhorrait la religion qui avait régi toute leur enfance, n'avait que du dédain pour tout ce qui s'y rapportait, de près ou de loin. Il ne fut néanmoins pas trop expansif, pour ne pas froisser son frère. Après tout, chacun était libre de ses opinions, bien qu'il n'en pensait pas moins. « Si tu l’dis... Je crois en rien, sauf en cette certitude : plus personne ne peut s’vanter d’être innocent à notre époque, à part les mioches et les benêts. Tu veux quelque chose qui n’existe plus, mais même si c’était l’cas, tu s’rais franchement mal barré. Tu crois qu’c’est en foutant les pieds chez les mafieux qu’tu la récolteras ta médaille du repenti ? T'es au fond du trou pourtant tu l'creuses encore, comme si tu t'complaisais dans ta merde. J't'avoue que j'capte pas... Ou bien t'as d'jà conscience que pour le blanc c’est fichu, et t’as baissé les bras... T’as toujours choisi l’chemin l’plus facile faut dire... Quand on veut quelque chose faut s’en donner les moyens Emmy, il s’rait peut-être temps qu’t’apprennes la leçon ». Son ton n’avait rien de moralisateur, ses paroles aucune condescendance. Il s’adressait tel un aîné à son cadet, avec la sagesse dans le regard - autant qu’il en possédait du moins - et la bienveillance dans son grain de voix. Il n'avait rien d'un exemple mais tentait tout de même d'apporter son expérience aux échanges, en croisant les doigts pour qu'elle soit suffisante et pertinente.


              Le tueur saisit le portefeuille qu'il lui tendit sans que ses yeux azurés ne se détachent de ceux du malheureux. Il avait le coeur bien lourd. Les paroles du plus jeune l’avaient profondément touché mais il ravala ses émotions, encore trop orgueilleux pour se laisser totalement aller devant ce frère qui n'avait de surcroît nul besoin d'alourdir ses épaules fragilisées de ses états d'âme. Il lui rappelait l'homme bien qu'il avait été, celui qu'il aurait pu être. Lui balançait en pleine gueule le sale type qu'il était devenu, en le condamnant de manière sous-jacente. Il n'acceptait pas le vil personnage qu'il était aujourd'hui, préférait nier ses méfaits en s'attachant à l'homme qu'il n'était plus depuis déjà bien longtemps. Depuis qu'il avait tâché ses mains du tout premier sang d'un autre. Declan avait l'impression d'être renié à son tour, mais c'était sûrement de bonne guerre. Il avait mérité son sort, seulement ça ne faisait pas moins mal de le savoir.  Il prit grand soin de dissimuler cette douleur qu'Eamon avait attisée sans même s'en rendre compte lorsqu'il rétorqua, avec plus de feu cette fois-ci, sans pour autant se révéler réellement désagréable. « Arrête ça putain ! Tu parles de moi comme si j’étais mort... C’était pourtant le cas, d’une certaine manière. Merde quoi ! T’es plus un gosse à qui on cache la plus mauvaise face du monde pour l’en préserver. Retire tes oeillères mec et accepte la réalité, même si elle te plaît pas ! C’est moche mais c’est comme ça, j’suis plus l’super héros auquel tu croyais, faut l’enterrer l’passé et arrêter d'toujours opter pour la solution d'facilité. J'reste ton frère Emmy, quoi qu’je puisse faire, mais le Deko dont tu m’parles c’est plus qu’un souvenir. Tourne la page, accepte le présent tel qu’il est et avance bordel, avant d’tomber d’encore plus haut. Cesse de fuir. Tout finit toujours par nous rattraper t’façons. Tu l’as dit toi même, en parlant d’ta condition, tu peux pas y échapper. Alors fais avec c’qu’on est tous les deux devenus. Comme on dit, marche ou crève ». Le nettoyeur semblait rejeter toute forme de noirceur et pourtant, lui aussi faisait partie des ombres. Il fallait qu'il s'y laisse glisser pour ensuite mieux les contrôler, ou elles finiraient par l'avaler. Le métamorphe le jugeait bien hypocrite, en plus d’être trop lâche pour se dresser face à la merde qu’était devenu leur présent. Il s’abstint toutefois d’utiliser à nouveau ces mots trop crus, ils n’avaient plus leur place dans cette conversation de la réconciliation. Le plus vieux ne soufflerait plus sur les braises de leurs désaccords, encore moins lorsqu’il s’agissait de discours déjà réchauffés. Il n’avait aucun intérêt à braquer le Grimes junior une énième fois, alors qu’il ne désirait plus que le remettre sur la bonne voie. Sur cette louable résolution, il rangea l’objet en cuir vieilli dans la poche arrière de son pantalon, il parviendrait sûrement à le refourguer quelque part en échange de quelques pièces.

              Il contempla le père d'un oeil sévère. Le ton se durcit un tantinet pendant qu'il abordait le sujet le plus fâcheux. La corde resterait longtemps sensible, certainement jusqu'à ce que le géniteur se donne enfin les moyens d'endosser le rôle qui lui incombait auprès de sa progéniture. Affirmer son désir de reprendre les rênes de sa famille était une merveilleuse intention, la mettre en oeuvre en était une autre. L'oncle avait la crainte que ces belles paroles ne demeurent que des mots qui s'évanouissent dans l'oubli. « Tu sais... C'est pas à moi de t'pardonner. La décision leur appartient. Mais t'as toujours pas répondu à ma question. Tu comptes les récupérer, mais comment ? Qu’est-ce t’as prévu pour eux, pour toi ? Le temps file à une vitesse Emmy... Plus l'absence sera longue, plus les r’trouvailles seront corsées. Si tu prends trop d'temps, il finira par être trop tard... Et j'pourrai plus prendre ta défense quand c'jour là arrivera ». Parce qu’il serait alors indéfendable. Parce que l’adage disait que les absents avaient toujours tort et que Declan ne le contrarierait pas. Le ressentiment prenait de plus en plus de formes dans les coeurs de ses gamins qui grandissaient à vue d’oeil et se confrontaient d’avantage à l’opinion.

              Un long soupir s’envola. Ses traits s’adoucirent. « Mais pour l’peu que ça puisse faire, j’te pardonne p’tit frère. Mais l’pardon n’servira à rien si tu perpétues sans arrêt les mêmes conneries... ». Pardonner était un acte éphémère qui déclinait au fur et à mesure de l’attente de changements qui ne survenaient jamais. Pour l’heure, Eamon était excusé. Pour l’heure... Mais il n’y aurait guère de seconde fois, pas pour les mêmes erreurs. Le changeur espérait grandement que le fautif en avait pleine conscience.


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              Dans son ombre [Eamon]

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