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 I'll be right behind you [PV Cordelia]

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MessageSujet: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Mar 14 Juin - 22:50

I'll be right behind you


○ Welcome to your life. There's no turning back. Even while we sleep, we will find you. Acting on your best behavior, turn your back on Mother Nature. Everybody wants to rule the world. It's my own design, it's my own remorse. Help me to decide, help me make the most of freedom and of pleasure. Nothing ever lasts forever. There's a room where the light won't find you. Holding hands while the walls come tumbling down.


La douleur irradie entre les côtes. Agonie fluctuant au grès des pensées enchevêtrées. Les repères s’abstiennent encore de fournir une sécurité relative à l’âme en perdition. La rassurante familiarité des lieux ne se divulgue pas même dans cette lumière faiblarde dispensée par l’aube naissante. L’angle des meubles en devient menaçant, l’air se change en papier de verre pour la gorge. Le regard s’égare dans chaque recoin de la pièce tandis que les paupières semblent s’alourdir sans jamais toutefois recouvrir entièrement les prunelles asséchées. Le cœur tremble dans la poitrine, trahit une fatigue incontestable. La lassitude se fait sentir, celle d’entretenir un organisme voué à la dégénérescence, destiné à perdurer en dérobant ce qui ne lui appartient pas. Ce mode de vie a raison de cette survie. Trois années depuis que l’animal lui a été repris, remplacé par cette monstruosité à laquelle il n’aurait jamais souhaité totalement s’adonner. Un ricanement interrompt le mutisme abruptement, fracasse les ombres. Qui croit-il dupé en affirmant s’être drapé d’opale avant cette transformation ? Les paumes cueillies par les yeux déroutés, la mémoire ramenant les crimes au creux de ses mains relevées. Du sang, il en a versé, des litres au nom de la milice. Au nom de la présumée justice. La violence enfouie, révélée en pleine clarté. Tout a débuté là. Ou peut-être pas. Ce mal a pris racine dans la solitude, après que la neige ait enfoui le cadavre de Kyran. La décadence s'est esquissée dans ces contrées verglacées. Elle s’est juste dissipée quand Kitty l’a sauvé. Pour mieux lui revenir ensuite. Quand il pouvait encore contrebalancer l’agressivité avec la créature ailée, il pouvait espérer résister à la gravité. Désormais, il a élu domicile en enfer. Dans cet abîme sans fin dans lequel on l’a propulsé volontairement. L’obsession retrouvée. Il faut un bouc émissaire à ce déclin. Quelqu’un pour qui l’aversion soit aisée. Sa seule échappatoire à l’apathie, à la dangerosité de sa morosité.

Ça a débuté avec quelques rêves dénichés accidentellement. Déjà bien trop focalisé sur ce point particulier de l’histoire, sur sa chute dans cette horde de macchabées et cet enchainement irrévocable. La morsure, la fièvre et le visage de l’ennemi. Tendre la main pour mieux se faire frapper. Sa propre naïveté le désarçonne. Revêtir l’armure dans le but de faire régner la paix, de protéger des habitants déjà gangrénés par le vice. A l’image du monde fragmenté, cette population erre à défaut d'exister. Le quotidien devient tangiblement déplaisant, difficile. Mais le monde continue à perpétrer cette espèce condamnée. Une absurdité pour l’infirmier, une aberration qui n’a pas sa place à l’heure où l’apocalypse dirige la masse. De l’égoïsme pur. Une tare que partage très certainement sa Némésis avec le reste de la civilisation. Pendant des mois, elle avait été replacée dans l'abysse, contenue dans l'oubli. Un détail sur une route pavée d’erreurs et de ratés. Dans la névrose permanente, elle s’est néanmoins imposée. Il l’a traquée quand le sommeil l'a gagné. Au début, involontairement. Ensuite, avec un peu d’acharnement. Le phénomène non maitrisé, révulsant l’auteur cependant. Des souvenirs dans lesquels il s’est immiscé, des cauchemars grappillés pour compléter un portrait bien trop incomplet. Toujours aucun nom mais assurément, une panoplie de démons. Des faiblesses à récolter dans ces songes ensanglantés. A force de s’y immerger, le détachement s’est progressivement fait absent. Totalement obnubilé par cette traitresse, par son passé, par ses desseins. Un mystère à pourchasser autant qu’un adversaire à évincer. C'est un tourment qui en déloge un autre. La seule voie à emprunter. Plus simple de respirer en s’imaginant courir après un spectre vaniteux et détesté.

Morphée l’a pourtant privé de ces escapades nocturnes. Pour la nuit dernière seulement. Au début, il se complaisait de l’énergie qu’il lui dérobait à chaque incursion. Maintenant, il s’en sent presque coupable. L’idée de l’achever à distance ne lui plait guère. De ne pas réussir à réaliser proprement sa vengeance. De la tuer par inadvertance. La mort semble trop douce à délivrer. Il a besoin qu’elle souffre de toutes les plaies qu’il pourra lui trouver. Ezra ne sous-estimera plus jamais l’importance du mental sur la chair. Futile de périr. Bien plus terrifiant de survivre en se noyant dans des réminiscences assassines. L’objectif donc. Des semaines vouées à la recherche. Au moins de son identité. Du vide contre lequel il n'a eu de cesse de se heurter. Les mains froissent les draps qu’il quitte. Très vite, il est habillé et déambule dans ces rues froides, insipides. L’aurore ne lui tend que des pièges dans lesquels il se jetterait volontiers. Quelques cris, quelques passants éméchés à cette heure matinale, des provocations mal venues. Et puis, une patrouille à qui il lui suffirait de montrer la noirceur de son hémoglobine pour la voir être dispersé sur l'asphalte. Si au moins, ça pouvait lui donner l’assurance d’un fin rapide. Le norvégien ne veut pas retourner dans l’arène, il ne désire pas expérimenter une seconde fois, les vicieux périls, le jugement intraitable devant témoins. La honte couvrant la peau, la faucheuse collée aux talons. La dette contractée par son frère alourdit déjà bien trop le poids sur ses épaules qui plus est. Jusqu’où est-ce que le mafieux irait encore pour le faire sortir de là ? Il n’ose imaginer. Il ne préfère pas le savoir et repousse un peu plus les cheminements macabres déliés par son esprit éreinté, son âme usée.

Le temps s’effiloche dans la course observée. Il ne rallie aucun point précis, ne s’éloigne de son logis que pour occuper sa nervosité. La faim le tenaille. L’envie d’attaquer le premier venu se fait sentir. Tellement affamé qu’il croit voracement au mirage tandis que l’ironie place devant lui, la silhouette de l’opposante. Elle se découpe à l’angle d’une rue sordide et sans vraiment savoir s’il hallucine ou non, il se met à la poursuivre, râpant la brique de son coude à plus d’une reprise, laissant une distance tout à fait respectable entre sa carcasse et la sienne. En filant cette inconnue, ses soupçons deviennent très vite réalité. Imprudent à cause de son état physique et mental, désorienté par ce hasard, enivré par cette possibilité de l’observer à son insu pour mieux frapper ensuite, il en oublie les règles mêmes de la filature, réduit à néant l’expérience acquise sur le terrain à une époque révolue. Il espace ses enjambées pour ne pas éveiller les soupçons due à sa maladresse et la perd ainsi de vue entre deux allées bondées. Il emprunte les petites rues adjacentes, compte sur la chance. Le rythme cardiaque s’accélère un peu plus. La frustration déchire la poitrine et amène sur ses trais crispés, davantage de dureté. Le pas se presse mais il est déjà trop tard. Elle ne hante déjà plus l’horizon. Seulement ses pensées. Peut-être qu'il l'a rêvée finalement.

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MessageSujet: Re: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Dim 26 Juin - 6:46



and i'll be right behind you
ezra s. reilly x cordelia n. hopkins
Un cauchemar. Le même. Ça l’est toujours.
Ses songes ont toujours été le sujet de ses plus grands mépris. Ce n’est pas particulièrement difficile de comprendre pourquoi, d’ailleurs. Plongée, plus ou moins à contre-gré, dans une dimension dans laquelle elle ne peut exercer aucun contrôle, elle qui de coutume prospère sans cesse sous l’étourdissante mélodie de la domination, sous les échos du pouvoir et les répercussions d’une éternelle supériorité affirmée et réaffirmée. Dans ses songes, elle n’est plus celle derrière le volant, elle n’est pas celle derrière le révolver, elle n’est pas celle qui a le fouet à la main, elle n’est plus le bourreau. C’est tout l’opposé, à vrai dire. Dans une lamentable ironie, elle est la victime. Et alors elle, qui s’était toujours juré de ne pas sombrer aussi bas, se révèle à présent contrainte et prisonnière à l’éternelle étreinte de ses cauchemars - peut-être son ennemi qu'elle redoutait le plus, si ce n’avait pas été pour la mort.

Ô comme elle était tombée si bas pour en appréhender ses mauvais rêves avec la même crainte qu’elle prodigue quotidiennement à l’étreinte d’Atropos. Et pourtant, c’est le cas. Car depuis quelques jours maintenant, à chaque fois qu’elle cède, défaite, à la puissante emprise de Morphée, à chaque fois qu’elle ferme les paupières, elle révise ces douloureuses fresques d’un passé lointain qu’elle pensait ultimement délaissé. Mais décidément le souvenir de sa fille que l’on lui a arrachée ne la déserte pas et prévaut probablement toujours malgré les vaines tentatives de la sorcière pour le chasser. Peut-être est-ce la pénitence pour cette démone, créature des Abysses, elle qui a toujours semé chaos et terreur là où ses talons ont daigné cingler le sol. Dieu sait que nombreux affirmeraient qu’elle n’a que ce qu’elle mérite – et peut-être auraient-ils raison d’en dire autant. Mais ça n’empêche pas la succube de rester, pendant ce temps, clouée et vulnérable, captive de ses propres songes.

Une seule pensée, mais de centaines d’images, toutes plus douloureuses les unes que les autres, se destinent aussi à sa famille – décimée en son nom, dans le puéril but de se venger d’elle, pour la punir elle. Mérite-elle toujours ce supplice? Les images se défilent sous ses yeux, les détails lui paraissent encore plus morbides que jamais, ses malheurs encore plus longs. Le sang est la teinte de ses rêves, le désespoir est l’ambiance.
Aussitôt, ses paupières lâchent prise sur ses iris caféinés qui retrouvent ainsi l’éclat de l’aurore. L’aube au rendez-vous, la lumière éclaire paisiblement – presque trop pour la sorcière à peine délivrée d’un champ de bataille – les draps qui recouvrent son corps, mais aussi celui de l’homme à ses côtés qui se dévoile à elle doucement. Démuni de sa détresse qu’il ne partage décidément pas avec elle, il semble toujours au pris avec Morphée, un entretien que la succube ne perturbe pas, même si son regard s’échoue de longues secondes sur le visage du Texan, qu’elle imprègne dans sa mémoire pratiquement sinistrement, comme si elle craignait que le sort qu’on avait réservé à sa famille lui soit également destiné.

Elle se dispose de ces réflexions, qu’elle abandonne dans ces draps de soie qu’elle délaisse également pour rejoindre la douche. La rumeur veut qu’une douche possède la prouesse de permettre de s’expier de ses péchés, de se purger de ses démons. Mais pour une démone comme Cordelia, ces derniers resteront à jamais plaqués à sa peau, un lourd fardeau qu’elle porte malgré tout avec toute la nonchalance du monde.
La brunette se sert donc de la douche, non dans le but de se laver de ses vices, mais comme le meilleur moyen pour se réveiller, quitter cet état si proche des songes qu’elle tente si vaillamment de fuir. Rapidement, après s’être affairée à ses coutumes matinales, l’harpie abandonne son antre.

Les rues l’accueillent avec une aménité attendue et malgré cette singularité qu’elle revendique sans cesse, la brunette se fond particulièrement bien dans la masse, sa silhouette filant entre la foule qui encombre déjà la ville à ces heures matinales. Et pourtant, une œillade déraille – ironiquement par inadvertance – sur l’un des abrutis qui gorge cette dite roule. Son regard ne lui échappe pas, sa sale gueule non plus. Il est loin, mais elle le reconnait immédiatement. Ce n’est pas chose difficile lorsque ce dernier occupe ses plus mauvais cauchemars, au désarroi de la sorcière. En temps normal, elle n’aurait pas le moindre écho à concéder à une pauvre âme comme la sienne. Et pourtant, elle n’a pas le choix. Comme ses visions les plus cauchemardesques, il est là, présent. Indésirable, il s’invite malgré tout. Mais si dans ce monde onirique, elle était en effet vulnérable et à la portée de ses plus grands démons, dans le monde dans lequel ils se trouvent tous les deux maintenant, elle n’est que plus dangereuse à présent que représailles occupent ses pensées. Il avait goûté à son amertume et son désespoir, elle lui ferait à présent goûter la fin, sa fin.

Elle emprunte les chemins qui se livrent à elle, fustige le sol de ses coups de talons qui tournent à la guise de la sorcière, elle qui perd son filateur. La foule semble être de son côté à elle – la démone le prend presque comme un signe. Sa fierté habituelle se tisse sur son minois, féline de son errance jusqu’à son expression. Plus rapidement qu’elle ne l’aurait imaginé, c’est elle qui est derrière lui à présent. Elle l’observe alors tempérer à la frustration et se désarmer de bouffées d’air, une carence pour le Peacekeeper qui succombe enfin à la défaite – qui baisse les bras, baisse les gardes. Et elle ne se révèle à lui que lorsqu’il emprunte une rue adjacente, dépourvue de l’affluence et du flux des précédentes. À peine sa main effleure-t-elle les cheveux du Daybreaker que la succube enfonce déjà la tête qui vient avec contre le mur de brique devant eux. « Tu sais, petit conseil entre toi et moi, tu devrais vraiment adresser cette obsession malsaine que t’as pour moi auprès de quelqu’un qui veuille bien t’écouter couiner comme une merde. » Un gloussement s’extirpe de sa gueule de vipère, le venin ne giclant que depuis quelques secondes à présent. La rancune se lit encore sur son visage, sur son âme. Une rancune qu’il lui voue depuis qu’elle a privilégié sa vie à la sienne.
Naturellement elle met une certaine distance entre elle et lui le temps qu’il récupère de l’assaut précédent. Elle revête présomption et assurance comme coutume le veut, mais ces artifices dissimulent une précaution qui reconnait réellement le potentiel du daybreaker. « Tu pourrais même profiter de l’occasion pour lui demander de t’expliquer le principe, pourtant fort simple, d’une filature. » Un sourire tendrement surfait hante son masque, qui suinte d’ailleurs davantage de cruauté que de tendresse. Rapidement, le rictus s’effiloche et se défait, ses lèvres préfèrent plutôt se pincer entre elles lors des quelques maigres secondes qu’elle s’accorde notamment pour rattraper un vieux débris, à priori fait de bois. Ses iris déversent vers ce fragment de chêne, s’étendent sur ce dernier, mais ses oreilles restent à l’affut du moindre bruit malgré tout. « Je dois admettre malgré tout que... jamais je n’aurais cru que tu survivrais aussi longtemps, alors tu peux imaginer ma surprise quand j’ai appris que tu respirais vraisemblablement toujours. » Ses pupilles retrouvent celles de l’infirmier, son regard à elle plus froid que jamais. « Quoique ça peut toujours changer, j’imagine... »

   

© ACIDBRAIN

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narcissa ⊹ she will try to run to the ends of the world; let her go. it will take her years of feeling the earth beneath her feet, dark water lashing her face, blood under her fingernails, to realise that nothing is chasing her and that you have not followed. she will return and kiss you, triumphant, exultant, restless and her lips will feel like a thousand little knives pressing into your skin: the knowledge that she will not stay, she cannot stay, not even for you.


Dernière édition par Cordelia N. Hopkins le Dim 17 Juil - 8:25, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Lun 11 Juil - 2:24

Le vide maintient l’allure de la chute. A l’abri des regards, préservé de toute forme d’humanité, il semble toujours plus facile de sombrer. D’entendre ses plaies fredonner les douleurs passées. Le norvégien chasse péniblement de son esprit le désastre envisagé, le spectre de sa perte. Un mauvais jeu puéril orchestré par sa démence exacerbée. Cache-cache improvisé avec les ombres. Autant d’amis imaginaires que d’écorchures sur la peau. La lassitude laisse son mépris trainer sur les traits crispés du damné. Immobilisé par sa déception, rattrapé par sa fatalité, il se surprend à envisager trop froidement la possibilité d’attenter à l’énergie d’un passant. Un plan écœurant avorté très rapidement cependant. Des doigts coulissent contre sa crinière, il les perçoit à peine car déjà la tête bascule abruptement, rafle le mur. Les déductions se forment, se multiplient. Le seul prénom à heurter sa conscience vacillante n’émet pas la consonance suggérée. Kitty. Peut-être qu’il l’appelle inconsciemment depuis des semaines. Peut-être qu’il veut subir son châtiment. Un juste retour des choses. La vie ôtée par celle qui lui a accordé ce second souffle. Un cycle juste, une boucle parfaite. Le crâne contre la brique, l’excitation bouscule le désir macabre de finir à terre sans plus la moindre inspiration à prendre. Sans plus craindre la prochaine seconde. Arrêter de subsister par habitude, d’infecter les environnements qu’il hante de sa carcasse inutile, maudite. Depuis qu’il participe allégrement à gangréner les rues de cette ville déchue, la nausée existentielle se décuple jusqu'à devenir oppressante, constante. Comme un jumeau empressé de pourchasser ses pas, de le traquer dans chaque recoin de la Nouvelle-Orléans. Une présence dont on ne peut se défaire, dont on ne veut pas vraiment se défaire. Sans ça, que resterait-il de lui ? Ce dégoût lui permet de se lever. Lui remémore ce qu’il ne devrait jamais oublier. Son infamie.

Ses rêves froissés par la vérité, cette réalité qui ne tarde pas à écarteler les ambitions du suicidaire. Il ne s’agit déjà plus de la scandinave mais de sa proie retrouvée. Un sourire mauvais éclot sur les lèvres de l’aliéné tandis qu’il essuie d’un revers de manche, les quelques perles ébènes qui échouent en faible quantité sur sa tempe malmenée. Quelques plaies qui se refermeront rapidement. Qui n'ont pas la moindre importance. Extatique d’engendrer une confrontation avec la cible toute désignée, l’infirmier ne soumet pas le silence de sa voix grave et abimée. Il patiente, encaisse les provocations adverses et se nourrit voracement des menaces expulsées par son vis-à-vis. La prunelle voisine se fige dans la sienne et pendant plusieurs secondes, la quiétude assiste à ces retrouvailles impromptues. La honte d’avoir été ainsi lamentablement démasqué lacère la poitrine mais il ne se départit pas de son rictus fait d’insolence, de malfaisance. Redevenu brièvement le gamin qui accompagnait Kyran dans ces allées malfamées, l’arrogance trop souvent brandie pour contrer la misère. Parce qu’il se plaisait à l’imiter, son modèle. Les identités ont tendance à se confondre depuis que l’arène a résorbé le peu de crédibilité qu’il accordait à sa propre résurrection. Un poids à déloger, entravant sa lucidité. Complétement convaincu d’évoluer sans une seule raison valable, de n’être que pour crever. Acceptant ce fait, toujours si prêt de solliciter lui-même la faucheuse. Pourtant, encore rallié par la culpabilité. Son frère, Ellie. Des attaches qu’il ne peut pas toujours ignorer même quand la souffrance se fait égoïste.

Il rehausse son expression dédaigneuse d’un soupir à demi ricané. Aucun n’embarras malgré cette introduction. Fort de ses découvertes nocturnes, de ce qu’il possède contre elle. Juste assez d’informations pour la savoir investie d’une faiblesse commune à tout Homme foulant encore cette Terre. L’absence. L’injustice. Le remord. « La mauvaise herbe survit à toutes les tempêtes. La pire espèce s’en tire toujours. Tu devrais le savoir mieux que quiconque. Tu en es l’égérie, non ? Et c’est ta plus grande fierté. De brandir ta félonie au nez des malheureux qui croisent ta route. » Les lippes tressautent, l’amusement factice disparait tandis qu’il fait un pas dans sa direction.

Il se contente de la détailler d’abord, inquisiteur qui tente vainement d’asseoir une domination tout à fait fictive sur son interlocutrice. Ses sourcils soulignent la dureté de son regard en se fronçant avec sévérité. « Les meilleurs partent toujours en premier, ce n’est pas ça l’adage ? Moi qui croyais que tes rêves te le rappelleraient bien mieux que ça. » Un ton qui se veut autoritaire. Il se rapproche abruptement de la jeune femme, la tient par la gorge, inverse la situation initiée plus tôt en la plaquant rapidement contre l’une des façades à proximité. Il maintient sa poigne durant quelques secondes, en profite pour lui dérober un peu de son essence afin de tarir la famine, se préparant à poursuivre, multiplier ces accès de violence. L’ancien urgentiste ne souhaite pas l’exterminer. Il désire la voir brisée comme il peut l’être. Façonner son avenir selon les séquelles suscitées. L’inviter dans le chaos qu’elle a engendré quelques années plus tôt. La main qui ne serre pas la nuque de la brune, glisse impertinemment contre le front de la sorcière. « Fascinant de pénétrer dans tes songes et de voir ce qui se cache derrière toute cette sublime comédie. Tu gaspilles beaucoup d’oxygène pour arriver à ce résultat. Je n’aurais jamais juré que derrière cet air guindé et faussement niais, il y ait assez d’intelligence pour camoufler ce genre de vérité. » Les doigts glissent contre la mâchoire alors qu’il défait sa prise aussi subitement qu’il l’a dispensée. Il recule en ayant pleine conscience de sa propre folie. Il se fait peur, se laisse être dérouté par son comportement. Celui qu’il a certainement dû emprunter à un autre.

La rancœur revient pour l’étouffer plus vite que la culpabilité ne le course encore. Les motivations s’égarent, ne perdurent que les constatations, les conclusions tirées après des incursions répétées dans les cauchemars de l’ensorceleuse. Un peu de pitié dans son ténor déjà craquelé par cette dualité permanente. Entre la bête et l’homme. « Tu crois être la seule à haïr le monde ? A penser qu’il te doit quelque chose ? Tu t’es déjà penchée sur tes propres pêchés avant de chercher à le dominer ? Sans doute pas. Si tu t’arrêtais ne fusse qu’un instant de vouloir mépriser et écraser le monde entier, tu t’effondrerais. » Une compréhension qui pourrait adoucir ces rapports conflictuels. S’il possédait encore de quoi ravitailler l’empathie. Plus de cœur, plus d’âme, juste un condensé de démons, d’amertume. Vengeur impitoyable à la joute déjà lassée. Le ton se fait indifférent, trainant. « Tu vois, cette petite obsession malsaine, elle n’est pas futile. Et ce n’est pas moi qui couine quand je m’endors. » Les bras ballottant de chaque côté des flancs. Qu’elle attaque, qu’il succombe. Toujours cette envie irrécupérable qui prend aux tripes. Celle de terminer inconscient, cassé physiquement pour rendre hommage à la mort cérébrale. Une faveur qu’il se voit obtenir de sa Némésis. L’amour propre vacillant parfois, désertant trop souvent et revenant ensuite néanmoins. Défensif, offensif, passif. Imprévisible. Détruit pour le pire mais aussi pour le meilleur. Dans ces conditions, il peut attaquer sans jamais appréhender le retour. Plus rien à perdre. Pas même sa moralité. Pas avec celle qui l’a privé de ce qu’il avait de plus précieux. Son humanité.

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MessageSujet: Re: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Lun 18 Juil - 9:04



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« La mauvaise herbe survit à toutes les tempêtes. La pire espèce s’en tire toujours. Tu devrais le savoir mieux que quiconque. Tu en es l’égérie, non ? Et c’est ta plus grande fierté. De brandir ta félonie au nez des malheureux qui croisent ta route. » Les lèvres du Daybreaker se tractent et traînent le long de son visage, soutirent par la même occasion un rictus semblable à la sorcière. La courbe suinte de cette sournoiserie et malice qu’elle revête si bien. Son arrogance épouse ensuite le reste des traits de son visage ; elle s’invite dans son regard, dans la grimace nonchalante qu’elle laisse tisser sur son visage, elle s’invite également sur le haussement d’épaules qu’elle se permet et qui exhorte sa désinvolture comme rien d’autre. « Je suis persuadée que c’est, au contraire, la meilleure espèce qui s’en tire toujours. L’évolution des espèces, la sélection naturelle, et cetera… » Née il y a sept siècles, peut-être certes, mais ce n’est pas pour autant qu’elle a négligé un certain rattrapage une fois délivrée de l’Enfer. « En ce qui concerne les malheureux qui croisent ma route…Et bien, le monde est grand, ils ont qu’à emprunter un autre chemin. » ses lèvres tressautent et esquissent un sourire contrefait, avant qu’elle ne l’abroge et roule des yeux, déversant son amertume coutumière. Les mots n’ont pas de sens – et ils n’ont pas besoin d’en avoir. La sorcière ne répond au Daybreaker que pour lui réfuter le droit au dernier mot.

Il s’approche. Il se veut prédateur, mais elle se refuse de lui donner le plaisir d’être une proie à ses yeux. Ses iris caféinés rôdent du bois qui loge entre ses doigts jusqu’à la silhouette du jeune homme, l’épient comme il la guette elle. Le regard de l’infirmier immortalise sa sévérité, refoule sa colère – le sien exile sa nonchalance habituelle. La brunette conserve son masque de glace, sa froideur refuse de se révolter contre elle, mais elle sait très bien s’épurer contre le Norvégien. « Les meilleurs partent toujours en premier, ce n’est pas ça l’adage ? Moi qui croyais que tes rêves te le rappelleraient bien mieux que ça. » Si la succube conteste le droit à sa flegme de s’estomper et fléchir, Cordelia peine à faire subsister ce calme et cette désinvolture lorsque sa fille est référencée. Un souvenir, une fresque d’une vie lointaine, enterré dans un passé qui lui collait pourtant toujours à la peau. La démone l’a toujours pensé ; elle n’a quitté un Enfer que pour un autre ; et les souvenirs de cet enfant que l’on lui a dérobée se révèlent n’être que les nouvelles flammes qui la dévorent cette fois-ci. « Enfoi –  » La sorcière n’a ni le temps, ni le souffle, pour finir son invective, que la main de son ennemi épouse son cou. Sa peau s’érode sur ce toucher impropre, sa tête s’heurte contre une façade derrière elle – mais sa façade à elle ne s’effrite pas malgré l’affliction. C’est avant qu’il ne profite de cette opportunité, de cette nouvelle ascendance sur elle, pour lui faucher son essence. Sa main frêle se frotte contre celle du Norvégien, tente de se défaire de cette poigne funèbre. La vie s’exile et abandonne sa carcasse – elle perd par la même occasion la vigueur pour se défendre. Une autre main basse s’invite contre son front, renvoi à ses songes, à ses cauchemars qu’elle tente d’oublier – une faveur qu’il ne lui permet pas. « Fascinant de pénétrer dans tes songes et de voir ce qui se cache derrière toute cette sublime comédie. Tu gaspilles beaucoup d’oxygène pour arriver à ce résultat. Je n’aurais jamais juré que derrière cet air guindé et faussement niais, il y ait assez d’intelligence pour camoufler ce genre de vérité. » Les doigts longent jusqu’à sa mâchoire – et elle le déteste encore plus maintenant que jamais.

« J’ai au moins le mérite d’être suffisamment intelligente pour camoufler ce genre de vérité. Regarde-toi ; tu n’as même pas le mérite de savoir comment entretenir une façade. » C’est à son tour de rehausser son expression dédaigneuse d’un ricanement qui se perd et s’éreinte dans un long soupir. « Tu es pathétique. » Son dédain suinte de chacun des traits de son visage, courbe le long de sa grimace méprisante, scintille dans les ténèbres de son regard. Elle voit à travers lui, comme elle voit à travers tout le monde. Elle n’est pas dupe, et cette mascarade qu’il entretient ne cache que la même faiblesse qui l’accapare elle. « Tu crois être la seule à haïr le monde ? A penser qu’il te doit quelque chose ? Tu t’es déjà penchée sur tes propres pêchés avant de chercher à le dominer ? Sans doute pas. Si tu t’arrêtais ne fusse qu’un instant de vouloir mépriser et écraser le monde entier, tu t’effondrerais. » La succube méprise ce ton. Ce ton qui se veut un tant soit peu empathique. Ce ton qui prétend connaître sa vérité, sous prétexte qu’il a eu un aperçu de son gouffre personnel. Elle fouette l’air d’un autre ricanement, sa raillerie révise le silence. « S’il te plait. Ne projette pas tes sentiments sur moi. » Cette vérité qu’il pense être celle de la succube, elle est surtout la sienne. Il déteste le monde autant qu’elle le méprise. Ses pêchés ne sont pas différents des siens. « Si tu ne t’arrêtes qu’une seule seconde de vouloir écraser le monde, c’est lui qui finira par t’écraser. » Cordelia ne sait même pas pourquoi elle lui dit ça. Elle ne lui doit rien ; pas la moindre explication, pas la moindre salive, pas le moindre oxygène. « Et ne penses même pas une seule seconde à nous comparer, toi et moi. » Pourraient-ils être semblables, lui et elle? Une chose est sure, elle ne veut pas accepter une telle réalité.

« Tu vois, cette petite obsession malsaine, elle n’est pas futile. Et ce n’est pas moi qui couine quand je m’endors. » Elle le déteste. Tellement. En ce moment, elle peine à penser à quelqu’un qui arrive à la faire crisper autant que lui. La sorcière n’arrive pas à croire que sa fille – une faiblesse qu’elle pensait qu’on ne pourrait jamais réellement utiliser contre elle à nouveau, pas après sept siècles, du moins. « C’est ce que tu dis. Je suis sure que si je pouvais m’immiscer dans tes rêves, je pourrais en apprendre des choses sur toi. Tu sais, découvrir tes plus sombres cauchemars, contempler tes plus grandes peurs… » Ses lippes rosées bondissent sur son visage sournois, puis permettent à un gloussement de s’échapper et de trépasser entre elle et lui. « Quoique je n’ai pas vraiment besoin de m’immiscer dans tes songes pour saisir ton petit jeu, pour voir à travers ta petite mascarade. T’es un livre ouvert, vraiment. » La démone s’approche de lui, sa main se pose contre son torse. C’est de la séduction, mais ça n’a comme motif que de le dégoûter. Car elle le dégoûte autant qu’il la dégoûte elle. Sa main monte jusqu’à son visage – n’importe quoi pour rehausser le dédain du Norvégien pour elle. « Tu es brisé, regarde-toi. C’est pitoyable. » Elle lui tourne le dos quelques secondes – les secondes qu’il faut en réalité pour se retourner pour assaillir son interlocuteur, de mettre tout son poids derrière le revers qu'elle éxécute, pour que ce piquet de bois qu'elle tient entre ses doigts corrige la sale gueule du Daybreaker. La vérité, c’est qu’elle est tout autant brisée que lui, si ce n'est plus. Rien que de la marchandise abîmée. La seule différence c'est qu'elle avait eu des siècles pour apprendre à berner les autres. « Tu crois que c’est parce que tu as eu un petit aperçu de mon passé que tu penses m’avoir cernée? » La jolie brunette hausse les épaules, tente de demeurer le plus nonchalante possible, mais des fissures se torsadent sur son masque, essentiellement sous forme de ricanement profondément nerveux. « On m’a fauchée d’un bébé, et alors? Tu penses réellement que j’en ai quelque chose à foutre? Si c'est le cas, tu te trompes grossièrement. » Elle ment. Mais heureusement pour elle, c’est une excellente manipulatrice, et une menteuse convaincante.

   

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MessageSujet: Re: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Mer 27 Juil - 0:49

Un reflet déformé pour toiser des décennies d'errance. Le miroitement démentiel qu'il craint dès que l'ambre effleure ses traits. Un millier d'illusions renvoyées pour une unique vérité. Un autre mirage, celui de la peur matérialisée. Une expression exécrée, la satisfaction léchée sur un visage mauvais. Elle se complaît de sa félonie, s'y prélasse paresseusement. Après quel genre de salut court-elle ? Celui des autres, peut-être. Mais pas le sien, assurément. Comme un fléau lancé sans réflexion préalable, la sorcière fait de la masse, son seul ennemi, sans aucune distinction. Aucune appréhension personnelle, aucune à laquelle elle puisse s'identifier et qui donnerait un sens concret à ses machinations en tout genre. De la brune, néanmoins, il ne possède que quelques souffrances cueillies aux creux d'une poignée de rêves. L'arrogance sublime les failles mais Ezra n'a jamais été de ces personnes qui comprennent les autres. Quand bien même il l'eut été, il refuse de s'adonner à cette observation de nature émotionnelle. Son analyse ne sert que le but de la nuire et se perdre en considérations ne l'intéresse pas. A cette peste qui sacrifie autrui sans éprouver le moindre scrupule, il ne veut pas dédier le moindre élan de compassion. L'égoïsme pave sa route et il la devine allié suprême de la solitude. Un choix dont il croit qu'elle ne souffre pas. Seule l'absence d'un enfant arraché parvient à émietter son simulacre d'existence. Le rejet brisant toute attache. Le passé alimente le présent et chacun d'entre eux est hanté. Les fantômes arborent différents noms, empilent de nombreux visages et se déclinent à l'infini. L'inconnue, dès lors quelconque, est aussi habitée par des démons discernables et pourtant, elle abrite toujours quelques mystères. Fascinante par sa détermination à placer son orgueil au-dessus de toute réalité. Sa capacité insolite à manier les apparences et le mensonge entraîne brièvement l'admiration du damné écorché. Le norvégien s'émerveille presque de la voir combattre aussi farouchement au nom de la survie. Cette ambition le dépasse, l'effraie aussi sans doute.

Une guerre qu'elle mène silencieusement, une bataille qu'elle ne cesse de gagner en maniant ses masques comme ses mots. Elle devine beaucoup, appuie toujours à l'endroit où la suffocation prend racine. Main experte qui perçoit la douleur et la met en forme. A moins qu'il ne soit juste bien trop aisé de décrypter les maux de l'infirmier. Au moins parvient-il succinctement à effacer dans les prunelles de son vis-à-vis, l'indifférence si soigneusement travaillée. Ces quelques secondes se révèlent précieuses et attisent l'incandescence nécessaire pour poursuivre ce jeu destructeur. Face à  ses premiers propos, il se contente de rire d'une façon macabre, sans chaleur, sans un iota d'amusement. « Une façade à quoi bon ? Regarde toi, tu es là à entretenir des apparences pour des gens que tu n'estimes sans doute pas. Tu ne dois pas être affectée par l'opinion d'autrui. Alors se planquer derrière des petits airs guindés et naïfs, en quoi c'est plus noble ? Tu n'assumes juste pas ce que tu es, ce que tu ressens, ce qu'il s'est passé et je ne vois pas en quoi ce fait n'est pas plus pathétique encore.  » Aucune honte pour son propre état. Il a dépassé ce stade, atteint le point où rien n'a d'importance. Pas même un regard étranger porté sur son aliénation dévoilée. Les attaques verbales et physiques de la brune ne trouvent leur place que dignement dans le chaos alimenté du scandinave. Tout n'est déjà plus qu'une spirale sans fin d'épreuves et de délai avant la fatalité.

Immobilité totale tandis qu'elle se rapproche, qu'elle l'accule de ses mots, qu'elle tente un assaut et abîme sa chair. Il ne sourcille pas, refoule le dégoût qu'elle lui inspire dans les contacts qu'elle engendre. Il attend patiemment que sa comédie prenne fin pour applaudir alors, un rictus de plus en plus tordu sur sa bouche sèche. Ne vient-elle pas seulement de valider ce qu'il a interprété de ses cauchemars décousus ? « Tu dois finir par te croire à force de te répéter ça. C'est ta berceuse pour parvenir à fermer l’œil la nuit ? Et tu me trouves pitoyable ? » Un ricanement porté par un ténor pleinement recouvré, sans plus aucune instabilité. Fort de sa folie embrassé, de sa complaisance dans les ténèbres invoquées. D'un revers de main, il chasse les dégâts sur son faciès et se hâte d'annihiler la distance entre eux. « Je ne me berce pas de douces illusions pour oser sortir le nez de ma tanière. Tu as raison, il n'y a aucune comparaison qui tienne entre nous. Je sais qui je suis et c'est là, toute la différence. J'ai accepté ça mais toi, tu as peur. » Ses yeux s'assombrissent alors que sa main se pose délicatement sur la gorge de l'effrontée, que son pouce coulisse contre sa trachée avant de faire remonter sa paume jusqu'à sa cascade de cheveux de glisser ses doigts dans les boucles rapidement.

Son ton se fait sans pitié, froid et sec. Cruel. «  Tu es une lâche. Tu fuis comme une gamine incapable d'affronter sa réalité. Fuir lâchement et prétendre, c'est plus facile que d'accepter le fait que tu as été impuissante. Et quoi que tu fasses, quoi que tu dises, peu importe qui tu pulvérises pour assouvir ton désir de vengeance sur l'humanité, ce vide là ne s'estompera pas. Et ça te fait enrager. Parce que tu peux tout contrôler sauf ton passé. Et il est là, à te poursuivre. Tu ne supportes pas ça. D'être incompétente, inutile. » Le poignet observe un mouvement précis. La crinière s'enroule autour du poing formé avant que le bourreau ne tire violemment sur la chevelure pour faire basculer la tête de son interlocutrice vers l'arrière. Il se penche sur elle, à quelques centimètres de son visage seulement. La haine viscérale prenant aux tripes. « Ta petite mascarade démontre de ta fragilité. Et si le bébé avait survécu ? Et si tu avais la chance de le revoir ? » Le tout pour le tout, un pari un peu fou. Jouer avec l'imagination, faire planer le doute, la déstabiliser. La voir craquer. Qu'elle soit à terre elle aussi. L'ancien urgentiste rapproche sa victime abruptement en maintenant toujours sa prise sur ses boucles chocolats, jusqu'à ce que son corps heurte le sien. Qu'il soit collé à sa victime en une étreinte forcée, détestable. Ses lèvres se placent contre l'oreille adverse, susurrent doucereusement quelques paroles menaçantes.  « Et si on te le reprenait à nouveau, ton enfant ? Ça ne te ferait vraiment rien de le voir crever sous tes yeux, dévorer par ces zombies que tu affectionnes tant. Sacrifié impunément à cause d'une mère cruelle, insensible. Inhumaine. Impuissante, faible. Lui qui a déjà dû se sentir abandonné. » Un regard féroce pour soutenir la riposte. Rien ne peut l'abattre car il est déjà en train de rafler le sol. Piétiné par ses propres démons, il ne craint rien des châtiments suivants. Les douleurs se confondent. Plus d'identités, plus de valeurs propres. Elles sont juste là. Une part de lui. La seule qui s'exprime, qui fait pulser le sang vicié dans ses veines asséchées.

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MessageSujet: Re: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Ven 2 Sep - 1:07



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Le rire se veut macabre, les échos – tranchants. Il grince dans les oreilles de la sorcière, et elle-même grince les dents, tolère, subit. Le ressentiment – qui est pourtant partagé entre les deux démons, ne fait pas le poids face à la haine du Norvégien qui brûle de miles feux. Ce brasier fielleux dévore et consume l’ardeur de la succube, retourne ses armes contre elle. Cordelia est ainsi contrainte à ravaler tant sa salive que sa fierté, alors que ses dents violentent la chair de ses joues. « Une façade à quoi bon ? Regarde toi, tu es là à entretenir des apparences pour des gens que tu n'estimes sans doute pas. Tu ne dois pas être affectée par l'opinion d'autrui. Alors se planquer derrière des petits airs guindés et naïfs, en quoi c'est plus noble ? Tu n'assumes juste pas ce que tu es, ce que tu ressens, ce qu'il s'est passé et je ne vois pas en quoi ce fait n'est pas plus pathétique encore.  » Les mots taisent le silence, la tait elle aussi, un peu plus. Ce n’est pourtant pas l’envie de le contredire qui lui manque, bien au contraire. Mais les bribes de son désaccord refusent de se faire entendre, au plus grand désarroi de la brunette. Elle n’a jamais prétendu être noble – mais elle a toujours assumé ce qu’elle était, ce qu’elle a fait pour arrivée là où elle est, et elle avouait en temps normal sans mal son manque de moral et de vertus. Elle refuse, en revanche, de se montrer faible – d’afficher ses faiblesses, encore moins pour que ses ennemis les revendiquent et s’en servent contre elle. Ne la méprenez pas, elle n’en est pas pour autant désarmée. La succube a à son arc plus d’une flèche, notamment celle de la séduction – dont elle se sert un peu désespérément. Le but n’est pas celui de séduire, non, c’est celui de reconquérir le contrôle, subjuguer le pouvoir, dérober l’ascendant, rafler les mérites. Le revers suit aussi tôt, rafle et érafle lui aussi. Le bois écorche et laboure le faciès du monstre, mais n’en détourne aucunement l’aplomb, à son plus grand désarroi. « Tu dois finir par te croire à force de te répéter ça. C'est ta berceuse pour parvenir à fermer l’œil la nuit ? Et tu me trouves pitoyable ? » Sa voix fait crisper sa peau, ses nerfs, le semblant d’âme qu’il lui reste, tout. Il l’agace, car il arrive à mieux ficeler son jeu qu’elle-même – elle qui pourtant prêche être la meilleure à ce jeu. La sorcière s’arme alors de la deuxième arme qu’il lui reste ; sa nonchalance. Une désinvolture froide, parfois espiègle. Mais en présence de l’infirmier, elle ne pouvait être que glaciale. Ses épaules tressautent, exposent sa nonchalance avec fierté, revendique l’arrogance de la sorcière, réaffirme son indifférence – ou du moins, celle qu’elle prétend posséder. Une grimace s’accentue sur les courbes de son masque de détachement, illustre une factice hésitation à une question qu’elle ne se pose pas de toute façon.

Le rire du Daybreaker percute et cingle l’air, frénétique de par sa nature démente, mais ne déstabilise pas la démone pour autant. Il couvre son visage de sa main, éclipse les dégâts qu’elle a bien pu causer.  « Je ne me berce pas de douces illusions pour oser sortir le nez de ma tanière. Tu as raison, il n'y a aucune comparaison qui tienne entre nous. Je sais qui je suis et c'est là, toute la différence. J'ai accepté ça mais toi, tu as peur. » Le prédateur s’approche, se veut menaçant, un peu comme son regard qui s’obscurcit dans les ténèbres de sa haine. Cordelia, elle, glousse – fait entendre son opinion sur ce qu’assume le brun, car elle n’a que ça à faire. Faire siffler sa voix, faire comprendre qu’elle n’abandonne pas – jamais. « S’il te plait. Je sais qui je suis, je sais ce que j’ai fais pour en arriver là où je suis – et surtout, je l’assume pleinement. » Et qu’est-ce qu’elle est exactement? «  Tu es une lâche. Tu fuis comme une gamine incapable d'affronter sa réalité. Fuir lâchement et prétendre, c'est plus facile que d'accepter le fait que tu as été impuissante. Et quoi que tu fasses, quoi que tu dises, peu importe qui tu pulvérises pour assouvir ton désir de vengeance sur l'humanité, ce vide là ne s'estompera pas. Et ça te fait enrager. Parce que tu peux tout contrôler sauf ton passé. Et il est là, à te poursuivre. Tu ne supportes pas ça. D'être incompétente, inutile. » Elle le déteste de plus en plus, car au beau milieu de cette brimade se trouve une vérité sans égale, parmi toutes ces sottises saugrenues se trouve une réalité qui ne lui a jamais paru aussi sensée que maintenant. Elle n’accepte pas le fait qu’elle ait pu être impuissante dans le passé, et elle pourrait pulvériser en miettes tous ces pleutres sur son passage autant qu’elle le voulait pour étancher sa soif qu’elle ne réussirait tout de même pas à combler ce vide – que le brun pointait si adroitement du doigt.

Les doigts du Daybreaker se sont torsadés depuis un moment dans ses cheveux, mais ils s’enroulent qu’à l’instant autour de son poignet, et le brun s’en sert pour exercer davantage de contrôle sur elle, reprend l’ascendant de nouveau alors qu’il la fait basculer vers l’arrière. Il rapproche son visage, et elle sent son souffle, exècre son haleine, maudit cette courbe corrompue sur ses lippes, mais par-dessus tout, abhorre plus que tout sa propre faiblesse en ce moment même. « Ta petite mascarade démontre de ta fragilité. Et si le bébé avait survécu ? Et si tu avais la chance de le revoir ? » C’est une question qui a écorché douloureusement son esprit plus d’une fois, et trop longtemps à l’époque s’est-elle submergée, puis noyée dans la mer de ce genre d’espoirs vains et frivoles. La revoir avait été une possibilité, il y a très longtemps – une clémence que l’on a refusé à la démone, peut-être pas exactement à tort. Elle est victime d’un père a l’autorité despotique, mais elle est également une mère qui ne s’est peut-être pas battue suffisamment pour sa fille. A-t-elle un blâme à porter dans cette histoire? Ce n’est pas faute d’avoir essayé de retrouver sa descendance par après – mais ce fût en vain. Peut-être aurait-elle du essayé davantage? Elle ne peut pas le cacher, après tout. Elle avait elle-même, de son propre gré, rétrocéder sa quête après que cette dernière ne se soit pas montrée aussi fructueuse qu’elle l’aurait espéré. N’a-t-elle pas chercher suffisamment longtemps? Suffisamment loin? Suffisamment bien? « Non, non… C’est impossible. » Elle se convainc elle-même, se persuade d’une vérité séduisante, qui est la sienne plus qu’autre chose, mais qu’elle espère plus que tout être la bonne.

Il s’invite dans le creux de son oreille, brave son intimité, défie son flegme et fredonne de cette mélodie diabolique. Un discours qui lui déchire les entrailles, embrase chaque pore de sa peau, lui donne le mal de cœur, un cœur – qu’elle ne pensait pas avoir – mais qui se bat pour déchirer sa poitrine et trépasser dans les mains de son tortionnaire. « Et si on te le reprenait à nouveau, ton enfant ? Ça ne te ferait vraiment rien de le voir crever sous tes yeux, dévorer par ces zombies que tu affectionnes tant. Sacrifié impunément à cause d'une mère cruelle, insensible. Inhumaine. Impuissante, faible. Lui qui a déjà dû se sentir abandonné. » Il joue le tout pour le tout, car il est dans l’illusion qu’il n’a rien à perdre. Cordelia sait bien que ce n’est que ça – une illusion. Elle sait qu’il a quelque chose à perdre, elle sait qu’il a une faiblesse, une faiblesse dont elle peut profiter – et pourtant, les mots ne sortent pas de sa bouche, refusent de passer la barrière de ses lèvres et de venir à la rescousse de son égo éclopé. Elle tente malgré tout, car elle n’a que ça à faire. « Elle est morte, crois-moi, je le sais. » Mais si elle n’était pas morte? Et si? Son éternelle ennemie qu’est cette question maudite. Elle ne peut se permettre de céder à celle-ci, de sombrer dans les méandres de l’incertitude. Au contraire, elle tente de se convaincre d’une vérité absolue – aussi authentique que la sorcière elle-même. Quelle douce ironie. « Ton discours te trahit, sucre d’orge. Je te l’ai dis ; tu es un livre ouvert. Et tu peux projeter sur moi autant que tu le souhaites ces émotions qui t’effraient et pèsent sur ta conscience, mais je connais la vérité. » Elle se défait de l’emprise du mafieux dans un dernier élan de fugue et de colère, sa frustration collée à sa peau. De fines mèches de cheveux l’abandonnent ; un mal pour un bien, le prix de la liberté, si l’on veut. La douleur est fine, mais vive le temps de quelques courtes secondes. Son souffle, lui, est plus saccadé qu’elle ne le veut, mais Ezra a vraiment le mérite de savoir comment la faire écumer. « Alors, dis-moi. Quel est ton petit cliché personnel, hein? Une mère absente? Hmmm, non, laisse-moi deviner. Un père alcoolique? Non, toujours pas? Un père violent, peut-être? » Elle épie chaque trait de son visage, observe les moindres détails, est vigilante au premier signe de faiblesse qui révélerait ce dont elle a besoin de savoir pour le faire chuter. « Je veux dire, je connais déjà l’histoire du frère. » Ça avait marché la première fois, ça marcherait cette fois aussi. « Bon sang, ça doit être particulièrement pénible de le détester, non? Je veux dire, sachant que tu vaux encore moins que lui. Kyran, maintenant voilà un homme qui s’assume. Toi? » Elle glousse. « Tu n’es même pas capable d’admettre que tu es comme lui, si ce n’est pire. Et pourtant, te voilà. Un monstre. Qui reproche à une autre d’avoir été exactement ce qu’elle est – un monstre. Tente de la faire culpabiliser. » Elle ricane salement, parce que vraiment, tout cela est ironique à ses yeux. « Et toi, dis-moi. Que dirait celle – ou celui, je ne juge pas – elle se permet une raillerie, car celle-ci accroit la nonchalance qu’elle revête si bien – qui partage ton cœur si elle te voyait comme tu es vraiment? Serais-tu capable d’agir de la même façon alors qu’elle a les yeux rivés sur toi? » C’est à son tour de s’approcher à nouveau de lui, de violer son intimité en caressant sa joue de la sienne, alors que ses lippes vermeilles effleurent son oreille. « Tous ces gens à qui tu tiens…Seraient-ils seulement capable de t’aimer en retour s'ils connaissaient réellement le monstre qui sommeille en toi? Plus important encore, serais-tu capable de t’accepter aussi bien que tu le dis si ce n’était pas le cas? » Elle glousse de nouveau, car la victoire est savoureuse.


   

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MessageSujet: Re: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Jeu 22 Sep - 1:36

Dans cette querelle qui n’a de début que sa fin, ils entretiennent à tour de rôle l’illusion que cette civilisation s’empresse de leur fournir. Le contrôle. L’Homme croit pouvoir dompter ses émotions, pense réussir à annihiler son passé en fixant l’horizon. Il se voit dominer la nature, assouvir ses désirs au détriment des besoins d’autrui. L’égocentrisme alignant les miroirs jusqu’à ce qu’il ne reste que le reflet de la pure imperfection. Qu’ont-ils d’humain si ce n’est cette fugace chimère qui gouverne ces échanges futiles ? Rien à retirer de ce jeu où tout est déjà perdu, où rien ne pourra être remporté. Ezra sait qu’il ne pourra faire marche arrière, que le sang vicié continuera de remonter ses veines. Que l’attaquer, la soumettre à sa revanche, ne résoudra absolument rien. Que ça n’apaisera même pas la douleur de se savoir changé à jamais. Réduit à l’état de bête. Mais la faute s’abat sur elle. Rien à récupérer. Juste la satisfaction d’obtenir justice. Dans l’esprit malade, drainé par la douce démence que la dépression lui confère, de l’infirmier, ce terme prend des perspectives inquiétantes. Une belle appellation pour un concept tranchant, plus souvent inhumain et insensible qu’on ne pourrait le penser. Dépassant les frontières que sa valeur première suggère. La vérité à n’importe quel prix, la punition à attribuer. L’égalité à obtenir, l’équilibre à rétablir. Une somme de conceptions dévastatrices si elles sont pourchassées jusqu'à leurs extrémités, si on ne leur accorde pas la moindre nuance. Les siècles ont abimé la perception et le jugement du norvégien. Le gris s’est estompé pour ne lui offrir qu’une vision binaire du monde. Noir comme l’hémoglobine putride qui fait tourner l’organisme déchu. Blanc comme la chair opaline de sa bienaimée. Deux constantes pour régir l’incohérence universelle. Un schéma simplifié, rendu grotesque par le mépris, par l’acidité, par la vision biaisée d’un homme depuis trop longtemps égaré.

Sa prise sur la chevelure n’exerce pas la moitié du mal qui écartèle ses membres, qui l’oblige à craindre ses propres besoins. Le chaos qu’elle a semé sur son existence déjà morcelée. Les ascendants débusqués ne suffisent pas. La violence ne le satisfait plus non plus. La mort ne le libérera pas. Déjà plus que captif d’une guerre atroce, qui ne laissera dans son sillage que des orphelins sur le bas-côté d’une route sordide. Rien d’autre que des existences vides, gâchées. De nouveaux maux à collectionner. Les mots adverses sont autant d’entailles que de battements dans la poitrine. La destruction allant et venant d’un corps à l’autre. Comme un flux perpétuel, presque enivrant. Souffrir, c’est aussi vivre. Et malheureusement, il confond de plus en plus les deux notions avec une ardeur proche de l’aliénation définitive. Dès lors la réplique ne prétend à rien d’autre qu’au but initial. La dignité à recouvrer et pas la sentence à exécuter. Mais il n’a plus aussi peur de la vérité désormais. Face à la verve de son vis-à-vis, il se redresse, le regard plus féroce, le ténor plus grave tandis qu’elle échappe à sa poigne. Il rejette les quelques morceaux de sa crinière encore piégés dans sa paume avec un dégoût manifeste. Tout ce qui la compose l’insurge. « Et le tien ? Celui de la femme soumise au bon vouloir des hommes ? La dévergondée d’une famille pieuse peut-être ? La traînée qui a osé coucher avec le premier venu avant de se vêtir de blanc ? La rejetée, la pauvre enfant que plus personne ne voulait ? » Un sourire dévoile sa dentition. Son passé, ses déboires familiaux, il ne les craint pas. Il ne les cache pas spécialement non plus. Ils font partie intégrante de lui. Ils sont le revers d’une médaille. Et de l’autre côté, il y a Kyran, alors ça lui suffit.

Dans sa tentative de revirement, la sorcière vise tout ce qu’elle peut, désespérément. Mentionnant le mafieux, revenant sur les arguments déployés antérieurement. Ceux qui ont eu raison de lui lors de leur dernière rencontre. Ezra réalise à quel point le temps a filé. A quel point, il se voit plus clairement que jamais. Alors plus placidement encore, il lui impose ses réflexions. Le timbre inflexible, l’iris assassine. « Je suis peut-être un monstre. Mais au moins, ai-je la décence de ne pas mimer l’innocence totale pour duper autrui. N’est-ce pas là, l’arme du faible, du lâche ? Le charme, la corruption par le sourire ? Tu es pathétique. Tu crois pouvoir imposer ta volonté en gloussant comme une adolescente de quinze ans ? Tu penses pouvoir maintenir dans le creux de ta petit main, le monde entier ? Une belle et grande comédie, voilà ce que tu es. La vérité, c’est que tu n’as aucun charisme, aucune réelle force. Tu te bases sur quelques atouts physiques pour tromper. Tu es incapable de te défendre autrement que par le mensonge. Quel genre de personnes crois-tu être ? Pas quelqu’un d’invulnérable, ni d’invincible. Tu es plus démunie que jamais. Si tu perdais ton précieux visage, si on t’arrachait ces beaux traits, comment pourrais-tu survivre ? » La menace sous-jacente aussi limpide que possible. La joue tressaute face à cette opportunité, cette possibilité parmi un millier d’autres. La défigurer, mettre en pièces ce sale rictus qui lui donne envie de hurler. Son malheur serait un beau spectacle à contempler.

La démone s’approche à nouveau, croit pouvoir jouir de tous les droits sur lui. Elle flirte avec le danger une nouvelle fois et il ne réagit pas. Quand elle appose le point final, les doigts de l'ancien urgentiste coulissent nonchalamment en une caresse sur le bras de l’ennemie. « Ne serais-tu pas à court d’arguments ? Pour te jeter désespérément sur un sujet aussi inexistant que ma vie sentimentale ? » Un rire bref, froid. Il ment bien tant qu’il écarte Ellie de ses songes. Tant qu’il évite de se pencher sur les lancements produits par son cœur dévoré depuis qu’elle l’a évoquée. Le damné puise son contrôle dans ses dernières réserves d’énergie, dans le regard de son opposante et dans cette proximité détestable. Une rage qu'il transforme en patience. « Un monstre comme moi, ça ne se mêle pas aux autres. Oui, je suis pire que mon frère. Raison de plus pour ne pas l’approcher. Tu vois contrairement à toi, il m’arrive de me soucier d’autrui. Dire que tu as tellement peur de t’attacher, d’éprouver une once de sentiment que tu ne cherches même pas à savoir ce qu’il lui est arrivé à ta précieuse petite fille. Tu ne veux pas la revoir, c’est ça ? » Sa paume cueille la main de sa Némésis, la porte à ses lèvres alors qu’il murmure avec assurance la suite de sa riposte. « Qu’aurait-elle à dire à sa chère mère ? A cette femme crapuleuse ? A une personne si fausse qu’elle comble les blancs d’un rire guttural et d’une conversation sans intérêt ? A quelqu’un qui continue de vivre comme si rien ne s’était passé ? As-tu seulement déjà aimé quelqu’un d’autre que ta propre personne ? L’as-tu seulement aimé, elle ? Oh, si elle est encore de ce monde, je ne doute pas qu’elle puisse répondre à cette question elle-même… Finalement, je trouve ça triste. Tu ne sais même pas pourquoi ou pour qui tu survis. Sans doute par habitude. » Les sourcils se haussent, les épaules suivent le mouvement. « Tu devrais peut-être arrêter de lutter contre ton destin à ce point, de tricher pour pouvoir respirer. En fait, toi aussi, tu ferais mieux de te tuer. Tu te rendrais service. Tu déploies tellement d’énergie pour continuer d’exister alors que tu n’as personne avec qui partager tes pitoyables moments de gloire, alors que tu n’as aucun but, aucune autre ambition que celle d'échapper à la mort. Tu es là parce qu’il le faut. C’est du gâchis d’oxygène si tu veux mon avis. » Un sourire plein d’arrogance vient appuyer ses propos tandis qu’il broie les doigts de son interlocutrice en les serrant avec plus de force dans sa main. Il devient cet autre, ce reflet qu’il a déjà expérimenté. Cette forme de survie qui le dépasse et lui rappelle aussi sûrement son affiliation à son aîné. Ce qu’il reste de l’héritage. Ce qu’il demeure de plus mauvais chez Sven. Ce qu'il a fallu devenir quelques temps pour survivre. Pour lui survivre.

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MessageSujet: Re: I'll be right behind you [PV Cordelia]   Mer 23 Nov - 4:42



and i'll be right behind you
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« Un monstre comme moi, ça ne se mêle pas aux autres. Oui, je suis pire que mon frère. Raison de plus pour ne pas l’approcher. Tu vois contrairement à toi, il m’arrive de me soucier d’autrui. Dire que tu as tellement peur de t’attacher, d’éprouver une once de sentiment que tu ne cherches même pas à savoir ce qu’il lui est arrivé à ta précieuse petite fille. Tu ne veux pas la revoir, c’est ça ? » Ne pas se mêler aux autres? Quelle ironie. Son haleine pue le mensonge, son ton, aussi convainquant se veut-il, trahit ses manigances. La brunette sait que ce n’est pas son cas. Elle ne doute pas une seule seconde que c’est peut-être ce dont il désire, soit épouser les ténèbres, se complaire dans l’obscurité, distant de la lumière, loin des autres… mais elle sait pertinemment qu’il n’y arrive pas, car elle-même n’y survient pas toujours. Une douce illusion qui l’assouvit elle aussi bien que lui, la sorcière en est certaine. Une chimère que les gens comme elle, comme lui, se ruine à préserver, seulement pour finir par être consumée par celle-ci au final. Peut-être sur ce point sont-ils plus similaire qu’elle ne veuille bien l’admettre.
Quant à la menace, ingénieusement insufflée dans cette joute qui n’a de début que sa fin, elle glisse sur la sorcière, son sur son indifférence, sur son apathie, sur sa témérité peut-être, mais il ne l’effraie tout simplement pas. La peur est adressée, puis sa fille aussi. Cordelia fournit les efforts pour entretenir son masque, préserver son mensonge, s’assure que la chimère subsiste aux assailles du daybreaker. Ce qu’Ezra ne savait pas, c’est que la succube a, jadis, bravé montagnes et terres, erré longuement comme un funeste fantôme à la quête de cette enfant qu’on lui a maraudée de ses propres bras. Si elle n’a pas réussi à mettre la main sur celle-ci jadis, la sorcière sait qu’elle n’y arriverait certainement pas aujourd’hui. « Regarde-toi. » Elle glousse, mais il est pénible pour elle de demeurer fière dans de telles circonstances. Sa lippe tressaute alors qu’elle tente une dernière invective, revête son insolence habituelle, raffine celle-ci d’un mépris sans équivoque. « Tu as dérobé le semblant d’un souvenir, une vulgaire bribe d’un passé reculé, teinté par l’ivresse et la brume d’un songe, et tu crois déjà connaître tout le récit de ce compte? Ne me fais pas rire, sombre imbécile. La différence entre nous deux ; c’est que je, à l’instar de mon passé, ne suis pas aussi trivial et ordinaire que toi. » Car elle n’a rien de mieux à dire. Car il a raison. Car elle est vulnérable, sans défense – sans arguments, aussi. Car elle a déjà perdu. Car même dans la perte, elle ne sait que garder la tête haute, que revêtir cette fausse assurance qui se veut si authentique. Qu’une énième chimère qui la berce de doux mensonges pour mieux l’aider à dormir la nuit. Ironique en quelque sorte, puisque l’on le lui a dérobé le droit d’en faire de même avec sa propre fille.  

La main de l’infirmier enlace le visage de la sorcière tandis que douceur et rudesse s’entremêle. Son geste la dégoute, naturellement. Sa main est l’extension de son poison, de cette bile qui lui pend aux lèvres, qui la souille et l’envenime elle. Ses mots sont, eux aussi, alevinés, porteurs d’un venin sans égal. La vipère elle-même ne sait pas si elle serait capable d’autant. Naturellement, elle peine à tolérer les mots du Scandinave – ils lacèrent chaque pore de sa peau, chaque parcelle de son être, fracasse son esprit, éteint la flammèche velléitaire au fond de son âme. « Qu’aurait-elle à dire à sa chère mère ? A cette femme crapuleuse ? A une personne si fausse qu’elle comble les blancs d’un rire guttural et d’une conversation sans intérêt ? A quelqu’un qui continue de vivre comme si rien ne s’était passé ? As-tu seulement déjà aimé quelqu’un d’autre que ta propre personne ? L’as-tu seulement aimé, elle ? Oh, si elle est encore de ce monde, je ne doute pas qu’elle puisse répondre à cette question elle-même… Finalement, je trouve ça triste. Tu ne sais même pas pourquoi ou pour qui tu survis. Sans doute par habitude. » N’était-ce pas ça, ultimement, son plus grand crime, au final? Avoir aimé quelqu’un d’autre qu’elle-même,  suffisamment pour tomber dans les filets et les pièges d’un premier amour puéril? N’était-ce pas là sa grande plus erreur? Ne pas avoir été suffisamment preste et rusée à l’époque?

Les sourcils se haussent, les épaules suivent immédiatement, baignant dans la même nonchalance. Mais ça, c’est lui. Lui qui, pratiquement depuis le début, se tient du haut de son piédestal, la regarde de haut, la dévisage, la rabaisse. Elle, elle subit, elle fléchit, elle cède du terrain, s’affaisse dans cette chute dans laquelle il est résolu à l’enterrer. Des perles salées lui montent aux yeux – elles cherchent désespérément à s’abandonner sur ses joues, pour  succomber et s’y éteindre – un peu à l’instar de sa résolution.  Mais Cordelia demeure Cordelia ; orgueilleuse, fière, hargneuse également. Elle refuse d’accorder une telle largesse que ce soit à Ezra ou à sa faiblesse. Elle refuse d’être si impuissante, même lorsqu’elle n’a plus d’armes en main, même lorsqu’elle est à terre.
Sa langue dérape subtilement contre ses lèvres, alors qu’elle ravale son mal, chasse ses larmes comme une malédiction qu’elle refuse qu’on lui mette sur le dos. « Tu devrais peut-être arrêter de lutter contre ton destin à ce point, de tricher pour pouvoir respirer. En fait, toi aussi, tu ferais mieux de te tuer. Tu te rendrais service. Tu déploies tellement d’énergie pour continuer d’exister alors que tu n’as personne avec qui partager tes pitoyables moments de gloire, alors que tu n’as aucun but, aucune autre ambition que celle d'échapper à la mort. Tu es là parce qu’il le faut. C’est du gâchis d’oxygène si tu veux mon avis. » Elle se mord la joue, se lacère presque la chaire en ce faisant lorsqu’il, d’une poignée de fer, lui broie pratiquement les doigts entre les siens. L'harpie ne peut que protester son mal, même si elle tente puérilement de taire son cri. Elle grogne fort probablement aussi - elle n'en sait rien. Elle n'entend plus rien, elle ne fait que voir rouge. Une couleur avec laquelle elle repeindrait bien la sale gueule de son tortionnaire. La brunette se débat ainsi, se force pour se défaire d’une fois de plus de ce contact qui la dégoûte autant qu’il ne la violente. Elle finit par y arriver et se délivre d'un soupir.

L’exacerbation serpente immédiatement, remonte à la surface, alors que c’est à elle de cracher son venin sur sa proie. Malgré la colère qui frémit en elle, elle est beaucoup moins sanglante qu'elle ne le voudrait bien. « Tu veux savoir pourquoi j’essaie si désespérément d’échapper à la mort? Parce que j’y suis déjà arrivé une fois dans le passé. Et je refuse de retourner là-bas. » Darkness Falls, l’Enfer, l’Après-Mort, appelez-ça comme vous voulez. Ses pêchés, elle les a payé. La mort, elle a connu. Il n’est pas question pour la démone d’y remettre le pied. « Regarde-toi, parler si librement et stupidement d’un concept que tu ne comprends pas, qui te dépasse complètement. Tu ne sais rien de moi, de ce que j’ai vécu. Tu penses qu’il n’y a rien après la mort? Qu’on meure paisiblement? Que ça en finit là? Tu penses peut-être que je ne suis pas fais ces mêmes réflexions dans le passé ? » Un gloussement s’extirpe de nouveau de ses lèvres – il est beaucoup plus agacé qu’il n’est présomptueux.  « Tu penses que, après qu’on m’ait dérobée ma propre fille, après qu’on m’ait déshéritée de tous mes biens, après que ma propre famille m’ait tourné le dos, après avoir été obligée de vivre par moi-même et pour moi-même, après que je me sois attirée les foudres d’un sombre psychopathe qui a décimé ma famille entière dans le seul but de se venger – tu penses, qu’à ce moment, je ne me suis pas dis que ça ne servait à rien de lutter contre son destin? » Elle rit jaune, pense presque perdre la tête tellement elle le croit imbécile sur le moment. Les images prolifèrent dans son esprit, se fracassent en des bribes d’un vieux récit distant, les souvenirs douloureux foisonnent, défilent sous ses yeux – elle a même l’impression de sentir contre sa peau le toron qu’elle s’est enroulée autour de la nuque le jour où elle a sauté le pas, littéralement. La sorcière déglutit – difficilement. Elle peine à croire ses propres oreilles, celles qui lui rappellent qu’elle vient tout juste d’étaler son passé à la personne qu’elle méprise le plus, à ce que l’on peut fort probablement appeler son Némésis. Une ironie bien trop saumâtre à son goût. Sa langue claque contre son palais, épelle son mécontentement comme rien d’autre, elle qui peine à dissimuler la moindre des choses, même la vérité. « Quelqu’un comme toi n’a absolument rien à dire sur le sujet. Regarde-toi, tu as encore la chance d’avoir un frère après toutes ces années, et tu n’es même pas fichu de partager tes moments de gloire avec lui. Et tu oses me donner des leçons alors qu’à moi on m’a tout pris, jusqu’à ma propre enfant? Je te savais odieux, mais je ne te croyais pas capable de si basses bassesses. » Elle le dévisage ; envisage de multiples violences également. Elle a envie de le blesser, de lui faire aussi mal qu'il ne lui fait mal à elle. Elle sait qu'elle pourrait lui en donner l'illusion, mais ce n'est pas suffisant à ses yeux. Elle veut qu'il souffre, réellement.

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