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  Tell me what you want me to say [PV Declan]

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MessageSujet: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Mer 15 Juin - 1:06

Tell me what you want me to say


○ You are the hole in my head. You are the space in my bed. You are the silence in between. What I thought and what I said. You are the night time fear. You are the morning when it's clear. When it's over you're the start, you're my head, you're my heart. No light, no light in your bright blue eyes. I never knew daylight could be so violent. A revelation in the light of day. You can't choose what stays and what fades away. And I'd do anything to make you stay. No light, no light. Would you leave me, if I told you what I've done ? And would you need me if I told you what I've become ?


La sensation la poursuit sur plusieurs mètres d’abord. Sur plusieurs jours ensuite. Une boule dans la gorge, un poids sur l’estomac. Un parasite la rongeant de l’intérieur, une voix entêtante heurtant ses tempes quand le manque d’action ou de bruits avoisinants l’oblige à se recentrer sur ses pensées emmêlées. Des images qui la traquent une fois la nuit tombée. Il lui suffit de fermer les yeux pour le revoir, là, allongé. Un lit bien trop grand pour un corps aussi frêle. Cet enfant si menu et bien trop jeune pour souffrir aussi intensément. L’injustice réveille des instincts enfouis par la dureté à adopter. Elle s’agite alors, redouble d’efforts pour occuper son esprit tourmenté. Mais la lutte devient très vite périlleuse. En proie au doute, captive de ses remords et liée, malgré elle, à cette tragédie, il lui est de plus en plus compliqué de se détacher des événements passés. Elle endosse une partie des responsabilités qu’elle le veuille ou non et cette vérité la préserve de toute indifférence suggérée. A l’ombre du temps qui s’écoule, qui arrache un peu plus de souffle au bambin blessé, l’horreur se construit. Les angoisses se multiplient, l’anticipation macabre débute avec la vision chaotique d’un cercueil à taille réduite. Des préoccupations tenaillant la conscience douloureusement rappelée au front. Des solutions qui s’amenuisent pour un problème que personne ne lui a vraiment posé. Elle sait qu’elle pourrait ne pas s’impliquer, qu’elle aurait pu ignorer les conséquences directes en évitant cette chambre d’hôpital. Et pourtant, elle sait aussi pourquoi elle s’y est introduite. Pourquoi elle n’a pas interpellé son coéquipier afin de dénoncer l’évadé. Pourquoi elle dort aussi mal depuis. Et aussi, pourquoi elle doit agir. Les doigts coulissent contre la paume adversaire tandis que la pénombre remplit les rues désertées. Des heures dédiées à la réflexion, consacrées entièrement à l’élaboration d’un dénouement heureux à cette histoire morbide. Inutile de préciser que la sorcière n’excelle pas dans ce domaine. Tous ses cheminements l’ont toujours ramenée au même point d’ailleurs. Et bien qu’elle continue de se débattre avec sa terreur, la seule et unique option s’impose un peu plus.

Il lui a fallu plus de deux semaines pour se décider. Pour oser assumer ce qu’elle ressentait. Ce refus de l’impuissance, ce rejet de toute passivité. Peut-être que si la panique et la peur ne l’avaient pas clouée sur place au moment des faits, il ne se serait jamais retrouvé piégé dans cette clinique aseptisée. Comment reconnaître librement ce qu’elle a toujours cherché si voracement à cacher ? Ce qu’elle a si longtemps dénigré, repoussé ? Ces dons qui sommeillent en elle, qui ont ravagé bien des choses dans son existence. Le corps désarticulé de sa fille lui a valu plus d’un cauchemar, plus d’un regret. A cette époque, ses talents de guérisseuse laissaient encore à désirer. Le seul de ses pouvoirs qu’elle se résigne encore à utiliser. Exclusivement sur son frère quand sa cicatrisation surnaturelle ne semble être en mesure de réparer ses blessures efficacement. Elle ne possédera aucune justification réellement sensée pour expliquer le miracle. Elle compte sur le hasard, sur sa fuite pour ne pas devoir gérer cet aspect. Un secret qu’elle devra conserver. Qui ne concernera qu’elle de toute façon. L'essentiel de la manœuvre étant le résultat de toute manière. Declan n’a dès lors pas besoin de savoir ce qu’elle s’apprête à faire. Il n’aura pas ainsi à émettre de jugement. Simplifier ce qui pourrait être compliqué, c'est sa démarche. Le plus important, c'est de sauver ce gosse de leur maladresse, lui offrir un avenir aussi décent que possible et réduire enfin à néant le spectre de cette nuit chaotique. D’ambitieux objectifs qui la portent jusqu’à l’établissement hospitalier alors que minuit résonne encore.

La trentenaire se faufile à l’intérieur par un accès malencontreusement mal surveillé, qu’elle a repéré la veille. Une sortie uniquement réservée aux employés. A cette heure tardive, personne ne vient à sa rencontre dans cette partie du complexe. L’équipe de nuit assure déjà son service. Entrer est une chose, évoluer dans les allées sans se faire remarquer, en est une autre. A plusieurs reprises, elle se planque dans des chambres tantôt vides, tantôt occupées. Elle réussit à demeurer invisible, grâce au sommeil des patients principalement.  Elle manifeste néanmoins d'une prudence qui ne lui ressemble pas. Sa progression décousue se jalonne de détours et d'imprévus qui lui font regrettablement perdre un temps considérable. Mais elle ne possède aucun alibi satisfaisant pour justifier sa présence ici, pas même la plaque qu’elle a emporté pour prouver son appartenance à la milice. Elle manque d’ingéniosité, de créativité et d’audace. En revanche, elle déborde d’énergie et de détermination. D’une assurance qui puise sa force dans la rage mobilisée. Quand elle atteint la porte, le soulagement s’allie ultimement à cette confiance impérieuse. Elle se sent indestructible durant une fraction de seconde. Mais le sentiment s'efface dès qu’elle tourne la poignée pour à nouveau contempler le petit corps calciné. Son aplomb s’effrite et la laisse interdite sur le seuil. Son regard échoue sur quelques détails difficiles à supporter tandis qu’elle pénètre à l’intérieur de la pièce, s’y enferme à contre cœur. L’urgence la presse de maintenir le mouvement, alors elle se jette sur la chaise la plus proche. D’un geste sec, elle se défait de son blouson, de son holster et du flingue l’accompagnant, décidant de ne pas s’encombrer futilement durant les opérations curatives. Nerveusement, elle remonte les manches de son t-shirt jusqu’aux coudes et s’approche du garçon. Plus fébrile que jamais, elle se penche sur ce dernier, les paumes tremblantes, le cœur au bord des lèvres et se met à ôter les quelques bandages accessibles avant de débuter les soins.

L’émotion l’étrangle, ramène sur ses traits, une douceur ancestrale. Sa lèvre inférieure rejoint ses quenottes tandis que le trouble accélère ses pulsations. Elle soutient à peine la chair malmenée du regard, se rappelle du processus long et pénible de l’incinération de Jill, note les étapes, se souvient des odeurs. La nausée la désarçonne, elle recule d’un pas et se force à aspirer l’air à de nombreuses reprises, plus profondément à chaque fois. Plus ou moins calmée, elle reprend sa place au chevet du grand brûlé et place ses mains au-dessus des plaies afin de concentrer la magie. Pour que ça réussisse au mieux et le plus efficacement possible, elle s’efforce de maintenir le vide dans son esprit. Lentement, la peau se reforme alors et enveloppe l’ensorceleuse d’un apaisement précoce. La chaleur se diffuse dans ses membres pendant que les effets du sort se font doucement sentir. Elle perçoit son énergie lui échapper très légèrement, conscientise ce que cet acte lui coûtera au bout du compte. Mais peu importe, elle sait qu’elle viendra à bout de toutes ces plaies et qui lui restera au moins assez de forces pour rentrer. Concentrée comme jamais, convaincue d’être isolée, d’être à l’abri, elle en oublie le monde extérieur. Les conséquences. La peur même d’user de ses dons. Tout ce qu’elle observe, c’est l’épiderme du gamin se recomposer en profondeur. Tout ce qu’elle voit, c’est qu’elle pourra au moins protéger quelqu’un cette fois.

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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Mer 15 Juin - 20:45

Une nouvelle après-midi au chevet de l'enfant à la chair calcinée avant de s'adonner au sang de la nuit. A le regarder, là, immobile, bandé sur tout son corps. A devoir se laisser convaincre puis accepter que l'espoir était mort et les forces en chute libre. Que seule la mort attendait ce petit bout d'homme qui ne connaissait encore rien de l'existence au bout d'un chemin qui ne fut que trop court. Qu'il ne restait que peu de temps à la vie qui l'habitait de plus en plus faiblement avant de s'éteindre, vaincue par un état de souffrances trop insupportable pour une âme si jeune et si fragile. Il l'avait tué et cette constatation le hantait. L'avait condamné à une douleur terrible, à un combat impitoyable qu'il n'avait pas la moindre chance de remporter. A endurer l'agonie avant de se voir offrir enfin la paix qu'il méritait. Le coupable, la larme à l'oeil, saisit la main de l'enfant entre les siennes et lui souffla l'unique consolation qu'il pouvait lui apporter. « Je suis tellement désolé Keane... ». Se plongea de nouveau dans la contemplation de son échec jusqu'à ce que sonne la fin de l'heure des visites et le commencement de celle de ses tueries.

D'un pas lourd, il s'acheminait vers la sortie de l'hôpital lorsqu'une infirmière qu'il avait l'habitude de croiser l'interpella. « Monsieur Grimes attendez un petit instant s'il vous plaît ! ». Il arrêta sa marche et attendit qu'elle comble la distance, se demandant ce qu'on pouvait lui dire de plus après lui avoir appris sans trop de gants qu'il n'y avait plus qu'un miracle pour sauver le neveu blessé. Rien de pire, très certainement. « Vous n’avez mentionné aucune famille sur les papiers que vous nous avez remplis lors de l’admission de Keane. Il serait bien de nous spécifier les personnes de votre entourage qui lui rendent visite sur les documents, simple question administrative mais qui a tout de même son importance ». L'irlandais jeta une oeillade suspicieuse à la blouse blanche, ne comprenant pas du tout où elle désirait en venir. Ereinté, affligé par la fatalité annoncée la veille, il rétorqua donc d’un ton bien agressif. « Il n’y a personne d’autre que moi, sinon j’l’aurais rempli votre p’tite case famille. J’ai peut-être l’air con mais c’est qu’un air ». Professionnelle, l'employée ne s'offusqua pas et encaissa simplement l'attitude sans broncher; puis ajouta, sûre d'elle et très sereine.« Pardonnez moi de vous contredire mais votre neveu a eu d’autres visites que les vôtres dernièrement ». Le regard de Declan devint soudainement sombre, créant la gêne chez l’infirmière qui pâlissait presque à l’idée que leurs services aient commis quelque faute qui pourrait les mettre dans une situation un tantinet compliquée. « C’est un moulin votre hosto ou quoi ? Rentre qui veut dans la piaule de mon p’tit et ça dérange personne ? Bande d’incapables... Et ils avaient l’air de quoi ces visiteurs ? ». La description fut brève, parce que l’imbécile n’était pas très physionomiste. Un homme brun, dans la fleur de la jeunesse, plutôt menu, au visage un peu barbu. Une femme très élancée à la chevelure de couleur identique, pas tellement plus âgée. Le métamorphe curieux n’en sut pas d’avantage mais commençait à spéculer sur l’identité de ces fameux personnages qui n’avaient absolument rien à faire dans cette chambre d’hôpital. Sa fratrie peut-être, et cette hypothèse le perturbait énormément. Un frère en fuite, qui avait préféré devenir un pleutre fugitif plutôt que d’assumer ses conneries, qui serait bien hypocrite de se préoccuper du sort de son fils maintenant que ce dernier était au seuil du paradis... Et une soeur qui semblait avoir tiré un trait grossier sur l'amour de ses proches. Qui se fichait aujourd'hui de tous, excepté d'elle-même peut-être et encore... Si jamais il avait le malheur de les surprendre dans cette pièce blanche, ultime demeure du descendant... Cette nuit, la liste noire serait en attente et l'homme aux aguets, l'oeil éveillé sur la porte qui menait au condamné. Paré à prendre en flagrant délit de se faufiler dans son dos ceux qui pensaient soudain pouvoir endosser un rôle qu'ils avaient tant d'années délaissé. Ceux qui étaient parfaitement conscients que l'aîné n'avait aucun désir de les découvrir au chevet du brûlé et qui, lâchement, profitaient de son absence pour s'éviter d'avoir à assumer son courroux.

Il n'était pas difficile de se fondre dans les ombres de cette immense bâtisse médicale, et c'était dans l'une d'elles que Declan patientait fébrilement avec l'espoir mais aussi la crainte de surprendre ces visiteurs indésirés. Jusqu'à ce que le sommeil ne finisse par le gagner et que ses yeux se ferment sur un monde de cauchemars. Un cercueil, puis un deuil. Tant d'images funèbres qui traversaient son esprit brisé et qui le firent se réveiller dans un sursaut sur son siège au dossier de pierres. Le temps avait filé sans qu'il ne puisse s'en rendre compte et déjà la moitié de la nuit s'était écoulée. A pas de velours, il s'approcha de la porte toujours close de son neveu et l'ouvrit sans un bruit sur une silhouette familière. La surprise se lisait sur son visage, suivie de près par une confusion qui le laissa sans plus aucune contenance. Ce n'était pas Nymeria mais Joan. Son amante affairée à une tâche qui le noya dans l'océan de la méconnaissance, penchée sur l'héritier. Sans dire mot, ses grands yeux bleus inquisiteurs dirigés vers le petit corps inerte, il s'approcha lentement, troublé au plus haut point par le spectacle qu'il observait. Il attrapa la petite main endormie, surplombée par un bras sans plus aucune brûlure qui avait été débarrassé de ses bandages, caressa cette peau de nouveau lisse avant de poser délicatement sa paume sur la joue du mourant qui ne semblait plus l'être. « Une infirmière m'a prévenu qu'on visitait le p'tit en douce. Jamais j'aurai pensé à toi... ». Il détailla toutes les parcelles de l'enfant mises à nues, constata que les stigmates de l'incendie qu'ils avaient provoqué n'étaient plus que des souvenirs douloureux à sa mémoire. « Que lui as-tu fait Joan ? ». Son regard dériva jusqu'à son aimée, intrigué mais aussi effrayé. « Qu'est-ce que tu es ? ». Enième coup de masse qu'il se prenait dans la figure quand il se rendit compte que la personne dont il était dernièrement devenu le plus proche, le plus intime, lui dissimulait de bien sombres secrets alors qu'il s'était totalement livré à elle. Que la confiance n'était qu'une utopie. Que les monstres étaient partout... Qu'il n'avait finalement même pas le droit de la blâmer d'être inhumaine, parce qu'il était lui-même devenu une infamie. Ne restait plus qu'à espérer qu'elle ne soit pas l'esclave du mal, comme toutes ces créatures qu'il avait croisées et qui avaient tenté de le dompter ou de l'écraser. Il y avait déjà suffisamment de mal en lui... Il ne le supporterait pas. Ne savait pas comment il réagirait face à cette vérité si elle se révélait, si tout ce qu'il savait de celle qui avait fendu son armure bien rodée n'était finalement qu'une énorme et cruelle tromperie. Il avait été suffisamment abusé et désabusé. N'accepterait pas de l'être encore une fois.

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A revolution has begun today for me inside, The ultimate defense is to pretend, Revolve around yourself just like an ordinary man, The only other option is to forget, Does it feel like we've never been alive? Does it seem like it's only just begun? To find yourself just look inside the wreckage of your past, To lose it, all you have to do is lie, The policy is set, and we are never turning back, It's time for execution; time to execute
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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Ven 17 Juin - 10:28

Les minutes se dispersent, s’oublient. Le décompte temporel n’intéresse déjà plus la sorcière. Concentrée sur sa tâche, uniquement focalisée sur la mission, elle parvient même à se soustraire aux souvenirs et en vient carrément à ne plus se préoccuper du monde extérieur. La prunelle se heurte sans cesse à la chair malmenée, vision chaotique qui lui permet pourtant d’accéder à cette sérénité souhaitée, nécessaire à l’application des soins dispensés. Dès qu’une parcelle semble réparée, elle passe à la suivante. Ses forces s’amenuisent lentement mais sûrement, elle peut sentir le flux énergétique courir dans ses bras, atteindre ses paumes. Elle peut en maîtriser le flot, l’adapter aux besoins du blessé, l’amplifier pour les zones plus endommagées. Jamais elle n’a dû s’acharner auparavant sur un corps entier mais heureusement pour elle, l’enfant n’est pas bien grand. L’esprit déconnecté, la respiration mesurée, elle demeure immobile et ne remue que pour passer à un nouveau périmètre. Son œuvre touche doucement à sa fin quand une paume s’insère dans le décor. Joan sursaute, retient à peine le cri qui accompagne cette découverte, s’écarte abruptement du lit et dans un réflexe incontrôlé, bondit déjà en direction de l’arme délaissée. Ses yeux rencontrent le visage de l’intrus, elle cesse alors toute progression vers la chaise. Le cœur s’arrête un instant, repart avec plus de véhémence encore. Elle voudrait le réprimander pour lui avoir joué une telle entrée mais ne parvient même pas articuler le moindre mot. Le choc efface durant plusieurs instants les conséquences alors qu’il se livre à un examen du chérubin. Hagarde, la trentenaire se contente de le fixer sans savoir quoi dire ou faire. Ses bras ballottant contre ses flancs, la confusion chiffonnant ses traits légèrement crispés par la fatigue initiée. Le ténor rocailleux de son amant bouscule ses méninges anesthésiées par la surprise. Tout s’entrechoque alors dans sa poitrine, dans sa tête. Ses bras se croisent, ses paumes se rassemblent contre ses coudes. L’américaine revête une honte et un malaise qu’il entretient un peu plus de ses intonations chargées d’émotions. Prise sur le fait, comme une débutante.

Elle discerne une part d’effroi dans son timbre, une réaction qui glace son propre sang. D’un revers de main, elle essuie la sueur perlant sur son front, témoin de l’action encore inachevée sur le garçon alité. Ses doigts tremblent quand elles les ramènent devant elle pour saisir l’un des barreaux entourant le lit. La terreur lui ordonne de prendre ses affaires et de quitter immédiatement cette pièce sans même se retourner, sans s'expliquer. Ne voulait-elle pas ne pas être débusquée ? N’avait-elle pas prévu de prendre les jambes à son cou si un tel cas survenait ? Ses prunelles fixent la silhouette échouée dans des draps trop blancs, incapable de soutenir le regard inquisiteur de son vis-à-vis. Incapable de se soumettre à son jugement. La dernière personne qui devait la voir ici, en train d’exécuter cette guérison. Les phalanges craquent quand elle resserre sa prise sur le morceau de plastique. Elle déglutit difficilement, la bouche bien trop pâteuse. Ses premiers mots sont des bredouillements incompréhensibles trahissant son trouble, son affolement. « Je... Je voulais... Je voulais juste le soigner. » Le silence talonne son aveu, met en exergue la fragilité de son timbre, appuie sur la vulnérabilité dans laquelle cette présence inopinée vient de la placer. Aspirant l’air avec plus de difficulté que jamais, elle se force à redresser la nuque et à accoster l’azur. La mâchoire se serre un instant avant qu’elle ne tente de rehausser son attitude d’un peu d’assurance. Totalement factice. « Je l’ai soigné, ça se voit pas ? Putain, ça te prend souvent de débouler comme ça pour foutre les jetons aux gens ? » Le regard se fait farouche un instant, aussi agressif que le ton avant que le tout s’effondre à nouveau. Elle arque les sourcils en reposant son attention sur le môme, ferme les paupières ensuite. La crainte éprouvée lui rappelle l’attachement. Elle ne supporte pas l’idée qu’il découvre sa nature de cette façon. D’une manière aussi brutale, sans qu’elle n’ait pu le décider au préalable. Dénichée de surcroît dans une situation fâcheuse, au chevet de son neveu, sans son autorisation. A sa place, elle serait en colère. Elle l’aurait déjà exprimé. Aussi violemment que possible.

La divorcée s’écarte de lui, de Keane, marche jusqu’à la vitre pour s’éloigner le plus possible de cette réalité afin de se ressaisir. Les bras croisés, la tête tournée vers un bout d’extérieur qu’elle peut contempler entre les interstices laissés par les stores, elle s’efforce de calmer la panique grossissant en son sein. « T’as déjà pigé ce que j’étais, Declan. J’ai pas besoin de te faire un dessin. J’ai pas choisi d’être ce que je suis. Mais c’est là et j’y peux rien. J’ai pas à me justifier pour ça.  » L’échine se courbe quelques secondes avant qu’elle ne se redresse, revienne au-devant de la scène et offre sa sincérité en pâture. Le visage se tord, mime un bref instant, la douleur. « Je pouvais pas rester là comme une conne alors qu’il allait peut-être crever, putain. Après que tu sois passé l’autre soir… Enfin, je pouvais plus faire ma foutue autruche. J’ai merdé autant que toi cette nuit-là. Fallait bien que je fasse un truc. Bordel, t'aurais fait quoi à ma place quoi ? Tu l'aurais pas laissé crever, je suis sûre. » La milicienne tente de donner une suite à sa logique, de lui fournir les bonnes explications. Elle fait un pas dans sa direction, se rétracte au dernier moment. Elle aurait aimé oser allonger la main, susciter un contact afin de se faire correctement entendre. Cette révélation, cette situation creuse inéluctablement un fossé entre eux. Elle le sait, le sent. L’imagine aisément entre leurs carcasses en ce moment même. Elle se contente de chercher ses yeux des siens à défaut de trouver le courage d’enjamber le gouffre. « J’ai rien fait d’autre que le soigner, tu dois me croire. » L’iris agrippe sa voisine avec ferveur, tente d’y traquer une lueur d’espoir avant de retomber sur la carcasse du blessé. Joan se mord la lèvre frénétiquement. « Tu vas me laisser terminer ou tu préfères que je me tire ? C’est con, il a presque plus rien.  Il risque rien. Je ferais rien qui le foute en danger. » Une nonchalance tout à fait fictive. Nerveusement, elle détaille son interlocuteur, attend que la tempête se lève ou que la compréhension la délivre de ce mal qui irradie dans chacun de ses membres. Dire qu’elle était là principalement pour lui. Dire qu’elle voulait autant sauver ce gosse que lui épargner ces souffrances. Dire qu’elle s’était jurée ne jamais plus se mêler de ses histoires. Dire qu'elle est là, pendue à ses lèvres désormais. 

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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Ven 17 Juin - 20:29

Perturbé, l'homme se sentait trahi. Ne savait plus où donner de la tête parmi cette foule de non-dits et de révélations crues, par où commencer pour démêler tous ces troubles qui le heurtaient et dont sa bien-aimé était l'unique responsable. Sans savoir quoi lui dire, il l'observait donc sans ciller, écoutant chacun de ses mots se dévoiler dans la pénombre de la chambre pesante. Le malaise demeurait au bord des lèvres de la sorcière mais Declan ne lui accorda pas la moindre importance. Il n'avait que faire de la gêne de l'amante qui avait décidé de son sort désagréable le jour où elle avait choisi de taire ce qu'elle était en connaissant pourtant l'identité du skinchanger; où elle avait préféré se fondre dans les ombres et s'exécuter en douce, à l'abri de son regard d'azur. Le métamorphe connaissait le poids de leurs natures, la peur au ventre qui pouvait tirailler les créatures qui voulaient éviter les courroux et les jugements, qui n'assumaient pas toujours ce qu'elles étaient devenues. Il savait à quel point il était difficile d'avouer ces facettes de leurs êtres qui n'avaient plus rien de naturel, il avait lui aussi été condamné à subir cette douloureuse épreuve. Mais refusait d'accepter l'attitude sans confiance de Joan alors qu'il s'était mis à nu, de trouver une excuse à cette lâche alternative pour laquelle elle avait opté et qui l'avait conduite à agir dans son dos. A se faufiler telle une voleuse à la culpabilité indéniable au chevet de ce que l'homme avait de plus précieux dans ce monde. Elle était presque devenue ce qu'elle chassait quotidiennement armée de son badge pour justifier ses actions. La peacekeeper prise en flagrant délit... La situation était un tantinet surréaliste.

L'irlandais n'avait pas bougé du chevet de l’endormi, n'avait pas lâché la silhouette de la guérisseuse qui n'attendait plus que son approbation pour terminer son oeuvre. Mais l'oncle trop méfiant et protecteur n'avait pas l'intention de la laisser si facilement profiter de sa confiance mise à mal. Tellement de doutes planaient dans son esprit blessé. Tellement de questions... Il fit donc le tour du lit d'un pas résolu accompagné de sa carrure bien droite et de son faciès fortement suspicieux. Presque un peu trop sombre finalement pour s'adresser à celle qui lui était devenue si chère, puis si étrangère. Tel un garde du corps, il se dressa entre la femme et l'enfant. S'assit sur le rebord du matelas épais recouvert d'un linge blanc sans tâche, puis déposa chacune de ses paumes sur ce dernier avant de croiser les jambes d'une attitude obstinée à demeurer bien ancrée dans cette position protectrice.  Il soupira longuement, agressé par une réflexion difficile et surtout blessante. « La dernière de ton genre qu'j’ai eu le malheur d’croiser, elle a fait d’moi le monstre que j’suis aujourd’hui puis m’a menacé dans le seul but qu’je devienne son p’tit clébard bien docile ». Son regard jetait des étincelles des Enfers pendant qu'il se replongeait dans tous ces affreux souvenirs. Il apaisa sa haine de sa seule volonté pour lancer, telle une pierre tranchante à la figure de l’ensorceleuse, le fond de sa pensée. « Comment j’peux être sûr que tu n’as fait qu’du bien au petit, en sachant qu’tu t’es introduite en douce à son chevet pour t’affairer à j’ne sais quel sort, à une heure où t’étais certaine de n’pas me croiser... Si tes intentions sont aussi bonnes que tu l’prétends, pourquoi ne pas m’en avoir parlé ? Putain, quand j’pense que j’te l’ai révélé moi, c’putain de secret qui m’bouffait la vie, que j’ai flippé durant des lustres du jugement qu’tu pouvais porter sur moi alors qu’toi aussi t’es une saleté d’monstre ! Qu’tu m’as laissé m'dévoiler en continuant d'fermer ta grande gueule pourtant bien ouverte d’habitude ». Reproches qu'il avait laissé cascader d'une voix placide dans cet univers de malades silencieux, pour ne pas attirer l'attention du personnel de nuit qui pouvait à tout instant les surprendre dans leur querelle interdite. Presque lassée finalement, tant l'homme se sentait fatigué de toute cette pagaille et de ces vérités tues qui le cernaient depuis trop d'années.

Declan se redressa un tantinet sur le lit du miraculé, décroisa ses membres inférieurs engourdis puis apposa ses coudes contre chacune de ses cuisses dans un souffle résigné. Joan n'avait pas tout tord et il avait suffisamment de respect pour elle pour le lui concéder. Cela dit, ça ne pardonnerait rien du mystère qu'elle avait fait de sa condition de sorcière et de son escapade nocturne dans l'ombre de son amant qui n'avait rien vu venir. « T'as raison, t'as pas à justifier l'fait d'avoir été privée d'ta nature originelle, parce que j'suis bien placé pour savoir qu'ça nous tombe sur la gueule sans nous d'mander notre avis. J'suis plus humain non plus et j'jouerai pas l'hypocrite ». Il offrit une oeillade à son neveu, brève et presque voilée. Ne se concentra promptement sur ce corps figé dans un sommeil artificiel que pour se soustraire un instant au regard de sa compagne. Lui fit de nouveau face avec dans les prunelles un éclat glacé. « Mais va falloir m’expliquer tout l’reste ma grande. J’aime pas qu’on traficote dans mon dos, en particulier quand il s’agit des gamins. T’as pensé aux conséquences ? Il se s’rait passé quoi si tu l’avais tué en plein milieu d’ton truc ? Comment t’aurais expliqué ça ? Est-ce que t’aurais eu les couilles de m’en parler au moins ? Je suis écoeuré Joan... J’avais confiance en toi et aujourd’hui tu m’files juste l’impression de t’être gravement foutue d’ma gueule. Tous les mêmes ». Tous ceux qu'il avait aimés et qu'il chérissait encore, tous ceux qui constituaient son monde. Tous autant qu'ils étaient ils le trahissaient, d'une manière ou d'une autre... « Même si c'que tu dis est vrai, si t'as fait qu'sauver l'petit et qu'je dois te remercier pour ça, j'me sens trahi... ». Il ne savait pas à quel point.

Un détail revint soudainement à sa mémoire. Un détail qui avait une importance qui lui avait échappée jusqu'à alors qu'elle était considérable. Il avait presque failli omettre cet homme dont l'infirmière lui avait parlé et qui accompagnait l'intruse qu'il avait découvert être sa dulcinée. Il enchaîna donc sur ce souvenir sans liaison. S'enquit de cette information sans détour sur un ton mordant, accusateur. « Avant qu'j'oublie c'détail... C'est pas la première fois qu'tu visites l'petit dans mon dos Joan... Et la dernière fois t'étais pas seule... C'était qui ce mec ? ». Maintenant qu'il connaissait l'identité féminine qui rencontrait Keane sans s'annoncer, il était à mille lieux d'imaginer l'identité masculine qui se cachait sous les traits de ce jeune homme à barbe qu'on lui avait brièvement décrit. Mais comment pouvait-il imaginer que celle qu'il aimait planterait si loin le couteau dans la plaie ? Pousserait le vice jusqu'à laisser volontairement s'introduire la dernière personne que Declan souhaitait voir au chevet de son neveu ? Impensable et impossible. Pas après les derniers événements survenus et l'état dans lequel elle avait repêché l'épave par la faute de ce personnage mystère.

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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Dim 19 Juin - 12:57

En quelques minutes seulement, le monde bascule. La quiétude jusqu'alors apaisante des lieux se pare d'une tension qui colle mal à la peau de la trentenaire. Le malaise la fige, l'oblige à demeurer immobile et à observer son acolyte se mouvoir, se placer entre le gosse et elle. Joan se sent comme l'intruse qu'elle a toujours été. Durant ce silence qui s'allonge jusqu'à l'absurde, s'étend déjà trop à son goût, elle a le loisir de regretter son geste qu'elle voulait pourtant uniquement protecteur. L'impatience la fait serrer toujours plus la mâchoire, l'oblige à se crisper assez fort pour qu'elle en ait des courbatures. La nervosité flirte dangereusement avec la dépendance éprouvée. Dans quel état se plonge-t-elle seulement pour cet homme qui se tait pour mieux juger ? Elle croit qu'il va hurler. Quelque part, elle aurait préféré. Son ton impassible offre à ses mots, une perspective bien plus cruelle, douloureuse à encaisser. Elle lui laisse avoir tout le pouvoir, elle se laisse être irrémédiablement impactée par ses paroles assassines. Quand il en vient à la gratifier du terme tant redouté, elle perd littéralement les pédales. Pire qu'une gifle, elle a l'impression d'avoir été projetée brutalement contre la vitre, de plonger la tête la première dans le vide et de n'avoir que le sol comme dernier refuge. L'offense la fait reculer abruptement, trace sur ses traits, un tourment manifeste. Non content de l'avoir insultée, il poursuit, la condamne par défaut sans chercher à comprendre. L'affliction contient d'abord la hargne. L'écouter de sa voix rocailleuse démanteler ce qu'ils commençaient seulement à apprivoiser la terrorise, de cette même voix qui lui assurait qu'il n'allait pas disparaître. Comment peut-il la rejeter aussi aisément après tout ça ? Comment peut-il la blâmer pour ce qu'elle est à cause d'une expérience passée ? La contrariété se dédouble, elle ne supporte déjà plus ce regard glacial, sa façon de la traiter en traître, en parasite. En monstre.

La violence contenue par défaut, à cause du lieu, du manque d'objets à fracasser. Elle pourrait si facilement perdre le contrôle, frapper la première chose à sa portée ou la lui balancer en pleine figure. Dans un spasme, elle se jette sur ses affaires délaissées, remet son holster en place avant de finir par rompre cette étrange absence de réactions verbales, ce mutisme qui ne rime à rien. Un rire coule entre eux soudainement, sarcastique, hystérique. Un rire douloureux qui lui râpe autant la gorge que les tympans. Les nerfs lâchent, la peine pulse et la colère survient alors pour la préserver des ravages émotionnels. Revenue au point où un homme la bafoue, la fait se sentir affreusement misérable. Minable, méprisée. « Que j'ai été conne. Putain que j'ai été conne, j'en reviens pas. » Son blouson glisse contre ses épaules, ses cheveux rejetés par-dessus le col sèchement. « Y a de quoi se marrer, putain. » Elle veut partir, en finir avec cette scène de ménage digne d'un mauvais soap. Pourtant, quelque chose la retient farouchement. Ses prunelles se plantent dans celles du métamorphe, s'y incrustent littéralement. A son souffle de givre, elle insuffle un feu ardent. L'animosité vive s'expulse aussi simplement, sans la moindre considération pour l'endroit, pour le calme à manifester. Les bras se croisent sur la poitrine, protègent vainement l'organe qui bat la mesure dans ses tempes, déréglé, agité. Perdu. « T'es là à la ramener, à me faire passer pour la dernière des garces. Alors que qu'est-ce que j'ai fait jusqu'à présent, Declan ? J'ai rappliqué quand j'ai su que ta putain de vie était menacée, j'étais même prête à héberger tes mômes, je me suis battue à tes côtés. Je t'ai même filé la caisse qui m'appartenait pas, j'ai endossé une foutue mission qui était pas prévue. Je suis obligée pour réparer ces conneries de me foutre en danger de façon permanente, chaque putain de jour parce que j'ai voulu te sauver les fesses, parce que je t'ai fait passer sans hésiter avant ma putain de carrière. Je t'ai ouvert ma maudite porte quand t'étais ivre, je t'ai laissé saccager mon appart', me foutre les jetons. Et pas une seule fois. Pas une seule fois, je t'ai laissé tomber. J'ai toujours été de ton putain de côté alors que je sais ce que tu fais. Je t'ai jamais abandonné, je t'ai même pas demandé d'explications. T'as l'impression que je me suis foutu de ta gueule ? A quel moment ? A quel moment hein ? Tu crois que je suis là pourquoi ? Pour qui ? Pour te la mettre profond ? Pour t'emmerder ? En sauvant ton gosse ? T'as pas l'impression qu'y a un souci avec ce raisonnement, Einstein ? Le seul qui se fout de la gueule de l'autre, c'est toi. T'es pas fichu d'accepter ce que je suis alors que j'ai pas hésité à t'accepter. T'es comme tous les autres. Des putains de belles promesses, c'est tout ce que vous savez offrir. » Elle reprend péniblement son souffle après sa longue tirade, sait qu'elle doit vite enchaîner avant de perdre sa volonté. Déjà trop épuisée par les soins prodigués, déjà lassée de devoir ainsi se justifier alors que dans les faits, c'est toujours elle qui lui a démontré sa loyauté. Même en étant là, en prenant le risque de se faire découvrir, pour sauver son neveu.

Les pensées n'ont pas le temps de s'articuler dans son crâne qu'elle les délie déjà, sans s'imposer le moindre filtre, sans même analyser ce qu'elle lui divulgue, ce qu'elle lui balance. Aveuglée par son ressentiment, déchirée par ses accusations. Définitivement vexée, blessée par son opinion acariâtre. Cette confiance si facilement ébranlée. « Pourquoi j'ai pas ouvert ma grande gueule ? Tu viens de répondre à ta question. T'as vu comment tu me causes ? Comment tu me juges ? Tu comprends même pas ce que je suis, tu te bases sur une seule pauvre connasse qui t'a pourri pour tirer tes conclusions de pauvre con arriéré. Pourquoi je devrais payer pour elle putain ! Je suis pas une putain de manipulatrice ! Tu sais rien de ma vie, tu sais rien de la sorcellerie. C'est de la magie blanche, pauvre crétin, il va pas lui pousser une deuxième tête ! Et il peut pas en crever. C'est impossible. Tu me prends pour qui ? Tu crois que j'allais le refoutre en danger ? Tu crois que j'aurais pris ce putain de risque sans t'en parler ? Tu crois que ça y est, j'ai la peau verte et que je fonds quand on me jette de l'eau dessus ? Que mon trip, c'est de lire l'avenir dans des os de poulet, puis de maudire les crevards que je peux pas blairer ? T'as des ancêtres enterrés à Salem peut-être ? L'envie de butter de la sorcière ?» De rage, ses poings se serrent. Mais elle n'a rien à cogner. Rien du tout. Un grognement lui échappe. « Puis va te faire foutre, à quel moment je devais te balancer que j'étais une sorcière ? Quand t'étais trop bourré pour savoir ce que tu disais ? C'est facile de jouer le mec qui a des couilles, t'avais bu quand tu t'es livré ! Tu t'es ramené à poil, t'avais pas le choix limite !  Et puis, merde, j'avais peur, putain. Tu peux pas le comprendre ça ? J'en voulais pas moi de ces dons, je les utilise jamais. Putain, ça a pas d'importance. Je croyais que ça en aurait pas. J'ai pas prémédité de débouler ici. Je... J'ai fait ça sur un coup de tête. Et c'était pas pour des remerciements. Je voulais juste aider, bordel. » La divorcée s'arrête là un instant, coule un regard vers la victime et soupire ensuite.

La suite risque de faire plus de dégâts encore, elle ne veut pas affronter ça mais c'est déjà trop tard pour le craindre ou envisager l'esquive. Et elle ne veut pas lui donner raison sur l'image qu'il se fait d'elle en lui mentant. Elle n'a jamais souhaité ça. Ne se reconnaît pas dans l'infidélité qu'il lui porte alors qu'elle s'est toujours pensée loyale. « Ton frère. » Le plus rapidement possible, elle embraie, parle à toute vitesse, mâche la plupart de ses mots. « Il s'est jeté sur moi, il m'a supplié. Y avait la milice partout. C'était moi ou l'arène pour lui. T'aurais préféré qu'il crève ? » La détresse mobilisée chassée par la détermination, elle exécute quelques pas dans sa direction, s'arrête à mi-chemin pour pointer l'index vers lui. « Vas-y gueule si tu veux, balance-moi toute ta merde, traite-moi de salope. Mais c'est ton frère putain. C'est pour toi que je l'ai protégé. C'est ta famille, merde. J'allais pas le laisser se faire choper. Je sais pas ce qui se passe dans votre foutue famille de toute façon. Mais s'il est capable de te foutre dans cet état, c'est qu'il a de l'importance. Il allait débouler ici avec ou sans moi de toute manière. Au moins, j'étais là pour le surveiller. Et je sais même pas pourquoi je me justifie encore, bordel de merde. T'as déjà choisi ce que j'étais maintenant. Qu'une saleté de monstre. » Des frissons lui déchirent l'échine. Le chagrin prend possession des iris qu'elle repose dans celles de son amant, férocement noué à cette amertume immuable. « J'ai jamais cherché à te trahir, putain. Tu sais pour qui je me dévoue autant hein ? Pour qui je me serais tapée tout ce chemin en pleine nuit afin de sauver son gosse ? Pour personne d'autre que toi, enfoiré ! Alors vas-y, insulte-moi, juge-moi, crache-moi dessus si ça peut te soulager.  Moi, je t'ai jamais jugé. Ni traité comme la dernière des merdes. Je suis la seule connasse à s'être pointée quand t'en avais besoin. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour toi. T'as peut-être décidé de pas me croire parce que c'est plus facile de vouloir m'en coller une, de te penser martyr éternel de ta foutue histoire, que de m'écouter mais c'est la vérité, putain ! » Ses intonations se brisent, offrent en pâture son instabilité. La brune recule rapidement, jusqu'à avoir la porte dans le dos, prête à décamper si la conversation dégénère davantage. Fuir lâchement. Un comportement qui ne lui ressemble pas. Ou plus. Mais elle sait qu'elle ne peut pas encaisser ce qu'il se passe, elle sait qu'ils peuvent se mettre en pièces. Tous deux intraitables et revêches. Revanchards. Elle ne veut pas revivre ça. Elle se l'était jurée. Elle n'arrive plus à mobiliser son mur d'insensibilité, sa protection affûtée par ces dernières années. Affectée par la déception adverse, acculée par la culpabilité et entretenue par la rage de le voir refuser en masse ce qu'elle tente péniblement de lui faire comprendre.

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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Mar 21 Juin - 15:45

Le contrôle avait fui la scène comme un lâche face à tant de haine et de vices, d'accusations et de condamnations. Les deux amants s'affrontaient dans une incompréhension qui ne les liait plus que par une rancoeur réciproque, par la déception et la désillusion qu'ils ressentaient l'un envers l'autre. Chacun dévorant son vis-à-vis du regard dans une attitude obstinée qui leur promettait respectivement que rien ne serait lâché et concédé. Figés dans une hargne spontanée, ne réfléchissant plus à leurs mots qui s'évadaient de leurs lippes enflammées, ils s'infligeaient une douleur sans retenue. Se poignardaient de leurs langues acérées beaucoup trop pendues, peut-être à tort finalement. Pour Declan, la brune au caractère de feu s'était précipitée dans les bras de cette colère sans maîtrise avec beaucoup trop d'ardeur, s'était accaparée un jugement à son encontre qui n'était pas véritable mais largement incompris et donc erroné. Ne voyait en lui plus qu'une homme vil qui rejetait sa nature et sa sorcellerie de tout son être alors que sa vérité n'avouait finalement que la douleur fracassante du mensonge. La blessure des non-dits et des cachotteries, des actions entreprises dans son dos sans aucune considération pour toutes ces mauvaises pensées qui pourraient naître dans son esprit se sentant trahi. Sans respect pour la confiance qu'il pensait avoir accordée à cette tigresse aux pouvoirs révélés qui portait le voile du secret alors qu'il était allé jusqu'à avouer ses côtés les plus obscurs. Jusqu'à se mettre en danger. Parce que la peacekeeper avait la mémoire courte.

Il se leva d'un bond et s'approcha d'elle, lui lança durant ce geste un regard emplit d'amertume, sombre comme la nuit qui contemplait leurs misères et leur colère. Il osa même lui offrir un léger rire railleur. La provoqua en se fichant royalement qu’elle sorte les griffes d’avantage pour le lacérer plus encore. « T’as la mémoire sélective toi. Ouais j’me suis pointé à poil sur ton palier, totalement bourré, c’qui m’a peut-être pas laissé l’choix que d’t’avouer que j’étais un putain de skin’ mais rien n’m’a obligé à t’révéler l’reste ! A m’foutre en danger comme jamais en avouant à une peacekeeper suspicieuse que j’t’étais coupable de ce pourquoi elle me suspectait. Que j’étais bien qu’un foutu meurtrier ! Mais merde Joan ! J’tai mise au courant du pire, j’tai fait confiance, justement grâce à tout c'que t'as fait pour moi et aujourd’hui j’me prends tout ça en pleine gueule... Tu captes vraiment rien ! J'm'en bats les couilles de c'que tu es, je suis pas l'hosto qui se fout de la charité bordel ! Mais l'apprendre de cette façon... Te choper en douce, en plein milieu d’la nuit... Comment veux-tu qu’j’me pose pas d’questions ? Que j'te demande aucune explication ? T'avais l'occasion d'tout me dire mais t'as préféré m'la faire à l'envers, te glisser dans les mensonges et les secrets en croisant les doigts pour qu'j'en sache rien... et faudrait maintenant qu'j'te crois sur parole, simplement parce que t'as joué les bonnes samaritaines ? Comme tu l'as dit, j'sais rien d'toi... Mis à part que tu m'prends pour un arriéré et un espèce de gros connard incapable de tolérance... en plus d'être indigne de confiance... Finalement, j'me demande bien qui a réellement accepté l'autre... ». Parce que lui l'avait accepté pleinement dans sa vie, en toute connaissance de cause. Il avait pris tous les risques pour ne plus rien lui cacher et vivre leur relation sans angoisse. Elle, elle ne s'était contentée que de le laisser faire un unique pas en sa direction, trop méfiante pour en accueillir un deuxième. Des deux, d'un sens plus complexe et plus profond, il avait plutôt l'impression que c'était elle qui l'avait rejeté.

Les nerfs tantôt contenus par le métamorphe cédèrent lorsque la prochaine révélation éclata dans l'obscurité de cette petite pièce. Abasourdi, il la laissa déverser le contenu de son monologue justificatif sans sourciller, le regard grand ouvert sur sa silhouette déchaînée. Lui rappeler une nouvelle fois tout ce qu'elle avait fait pour lui, le convaincre de sa dévotion et de son amour, du bien fondé de ses actes pourtant félons. Evidemment, la sauce ne prit pas. Oubliée la belle donzelle qui s'était échinée à sauver les fesses de son amant. Envolées les belles paroles et les preuves qu'il avait crues irréfutables jusqu'à ce qu'elle commette l'impair de trop, l'interdit à ne pas braver. « Ferme la... » souffla t-il entre ses dents serrées. Puis, d'une démarche un peu trop calme, les lippes pincées, il s'avança jusqu'à la porte de la chambre. Conscient qu'elle était l'unique échappatoire de Joan et que la pleutre paraissait prête à en franchir le seuil au moindre dérapage trop brutal, il appuya sa paume contre cette dernière. Le regard de glace dans le vague, il donna plus de poids à sa supplique en lui faisant écho, d'une manière encore plus chuchotée. « Vraiment Joan... ferme la... ». Il lui balança une oeillade cruelle, presque dévastatrice, avant de s'adosser de tout son poids contre la porte, frôlant la traîtresse au passage. Un long soupir s'ensuivit. Le courroucé tentait de s'apaiser. D'assujettir le feu qui brûlait en lui et menaçait de jaillir dans cette atmosphère trop placide. Les bras le long de son corps tétanisé, le visage d'une sévérité hostile, il déposa l'arrière de son crâne sur le contreplaqué en fermant les yeux un bref instant. Les ouvrit de nouveau sur les ténèbres sans oser contempler l'objet de son supplice, de peur de se voir déposséder de tout contrôle. Il ne voulait pas en arriver là. Il ne le fallait pas...

Le silence se brisa contre le rocher de sa déception. Profitant de cette accalmie qui ne lui était pas connue mais qu'il était parvenu à dompter, il daigna enfin répliquer. Livrer à Joan les tourments qu'elle venait de semer et qu'il lui faudrait récolter. « T'avais pas l'droit d'faire ça». Trop froid. Trop noir. L'impulsif n'avait plus le moindre éclat dans son attitude. « J'm'en branle de tes excuses et d'tes beaux discours dévoués. Tout c'que t'as pu faire pour moi, ça t'donnait pas l'droit d'faire ça. Tu sais rien d'nous, alors juge pas de l'importance qu'il peut avoir ou non à mes yeux. C'est pas à toi de décider d'ce genre de choses ». Il soupira une nouvelle fois avant de planter son regard accusateur sur la peacekeeper. « J'ai même plus la force de péter mon câble Joan... J'vais pas te blâmer d'avoir dû surveiller son cul à ce p'tit con qui passe son temps à faire n'importe quoi... Mais j'peux pas accepter ton silence... Tu pouvais pas m'cacher un truc pareil. Des mensonges, des secrets, des non-dits... J'en ai marre d'être pris pour un con, que tout s'passe dans mon dos puis qu'on ose me regarder en face comme si de rien n'était. J'te pensais franche et bien trempée, mais apparemment y a eu erreur sur la personne... Te cacher, mentir par omission, tu n'sais faire que ça ? Si m'aider ça rime seulement à ça et à tout traficoter par derrière, alors ne fais plus rien. J'en veux pas d'tout ça... T'as peut-être voulu bien faire, j'sais plus trop, mais t'as bien merdé dans l'affaire ». Il arracha ses prunelles exténuées au spectacle que lui offrait son amante pour les poser sur l'enfant. Retourna s'asseoir sur le lit pour l'observer de plus près de ses iris bienveillantes. Sa main déposée sur celle du miraculé, il abdiqua. « Finis simplement c'que t'as commencé si tu l'veux toujours, je t'en empêcherai pas. Après ça, s'il te plaît, va t-en ». L'irlandais avait besoin de digérer. De réfléchir. De retrouver la solitude et la quiétude.

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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Mer 22 Juin - 23:41

La colère interpelle sans grand effort, sa jumelle dans les prunelles voisines. Tous deux taillés par l’impulsivité, enhardis par la blessure engendrée. Si facile de s’écorcher, tellement simple de se heurter. Bien plus difficile de se comprendre, de contenir cette rage qui ronge la chair adverse à chaque réplique encaissée. Aucune patience, aucune maitrise de soi. Aucune possibilité de recul, la brune fonce pour ne pas ployer sous les mots qu’il balance, n’a déjà retenu que le pire de son discours, reçu que les émotions brutes, les mêlant aux siennes avec une ardeur proche de la démence. La déception de l’irlandais prend toute la place dans cette pièce déjà trop étroite, elle l’étouffe, l’oblige à garder la tête hors de l’eau autant qu’elle peut. Et elle ne connait qu’un seul moyen pour éviter la noyade, s’agiter désespérément. Parler, crier. Prouver une existence qu’elle ne veut plus s’entendre penser futile. Alors qu’il l’écrase de sa voix, la garrotte de ses expectatives démantelées, elle s’échine à vouloir affronter cette tempête en se murant dans son propre mécontentement, ne supportant principalement pas le choix d’un terme mal avisé. Délié avec une spontanéité qu’elle n’a pu concevoir. Ne pouvant endurer le jugement d’une des rares personnes à qui elle a conféré le pouvoir de l’abattre. Comment peut-il douter d’elle jusqu’à cette extension ? Elle ne veut même plus se poser cette question, ne tente pas le moins du monde de revêtir l’habit du plombier pour tolérer les torts adressés. Rejeter tout en masse tout comme elle se sent effroyablement rejetée. Susceptible par essence, manquant de confiance avant tout en sa propre personne avant de la projeter sur celui qui lui prête ces stigmates. Sans doute, juge-t-elle ne pas être assez digne d’intérêt. En gardant ses secrets, elle s’assurait de demeurer à ses yeux celle qu’elle aurait toujours dû être, celle qu'elle veut être sans même réaliser qu’avec lui, elle redevenait un peu celle qu’elle avait toujours été. L’ironie s’étend alors que la confrontation se poursuit.

Dès qu’il se relève, la tétanie l'emporte, encore si peu habituée à le voir emprunt à une telle irritation. Leurs petits accros passés demeuraient superficiels, ne camouflant qu’une attraction mal assumée, un jeu rendu dangereux par leurs positions respectives. Aucun vrai conflit et quand bien même leurs débuts houleux faits de suspicion ait été d’un acabit similaire dans la rancœur exprimée, jamais l’attachement ne s’y est mêlé. Jamais elle n’avait peur alors. Parce qu’elle se savait apte à la riposte, capable de dégainer pour tirer sans le moindre scrupule. Il ne l’effrayait pas par le détachement possible à cette époque révolue. Désormais, il est sa faiblesse. Et elle sait qu’elle n’oserait dès lors plus agir aussi rapidement, aussi efficacement si les choses venaient à dégénérer. Il lui serait physiquement impossible de lui nuire d'une quelconque façon, douloureux ne fusse que de l'envisager. Prétendant ne pas craindre l’ombre s’allongeant contre le sol, elle enchaîne, s’accrochant à la seule idée d’injustice pour continuer à stabiliser ce ténor craquelé. « Incapable de tolérance ? Tu m’as traitée de saleté monstre ! Putain, à quel moment, ça donne l’impression que t’en as rien à battre ça ? Tu peux la ramener à jouer la pauvre victime, je t’ai jamais traité autrement que comme un foutu être humain. Et quoi tu voulais que je confesse tous mes crimes comme tu l’as fait ? Je t’ai forcé à tout me sortir comme ça d’ailleurs ? Je t’ai foutu le couteau sous la gorge ? Tu crois que c’était le moment pour que je te déballe toutes les merdes que je traine ? Mec, t’allais déjà assez mal comme ça. Putain, tu peux pas me laisser le temps aussi ! Tu crois que je vais te sortir absolument tout en deux secondes chrono, que c’est facile de faire ça ? Ah ouais, t’allais super bien le prendre. Je suis sûre, c’était le moment. T’étais déjà assez paumé comme ça, bordel. Je voulais pas non plus que tu l’apprennes comme ça, putain ! Arrête un peu de dire de la merde, je voulais pas être rejetée, c’est tout, merde ! » La respiration se coupe, reprend péniblement. Avant de mieux s’absenter à nouveau tandis que la révélation coule entre eux et achève la moindre négociation.

Plus il s’avance, plus elle se ratatine, ne parvenant plus à mobiliser une bravoure bafouée par le spectre du passé et les sentiments du présent. Figée dans la douleur invoquée sans même qu’il n’ait besoin de parler. Elle le laisse approcher sans même réagir, allant même jusqu’à relâcher la poignée, l’observant, impuissante résister à une violence à peine endiguée. Les seules paroles qui échappent à ses lèvres serrées, glacent un peu plus le sang de la divorcée. La terreur pousse plus d’un frisson contre sa peau, son exaspération chassée avec beaucoup d’empressement par l’appréhension vorace de le voir céder à une toute autre forme d’agressivité. Après avoir capté le regard féroce dispensé par le changeur, milicienne s’écarte, rejoint un autre pan de la chambre d’une démarche mal assurée, évoluant à reculons pour veiller à ne jamais perdre de vue la bête réveillée. Comme une proie habituée à craindre le prédateur, elle n’ose pas détourner les yeux de sa silhouette sans chercher pour autant à accoster ses prunelles, ne pouvant plus subir les émotions fracassant le métamorphe. Pendant de longues minutes, seule la frayeur rythme ses pulsations, ses expressions, son attitude. Le mutisme remplace l’ardeur même quand il rompt le silence, l’accule toujours plus avec des désillusions qu’elle ne parvient toujours pas à assumer. L’apeurée baisse les yeux face à sa seule requête, ne répond rien et se contente d’approcher avec toujours aussi peu d’aplomb le lit du brûlé. Battue pour l’instant, par sa conduite, par le sang-froid définitivement brisé et l’amertume plus tangible encore dans le calme vaguement retrouvé. Lui obéissant plus par nécessité que par réelle envie, elle place ses paumes tremblantes au-dessus des dernières brûlures, ferme les paupières et cherche son souffle égaré en vain.

Après une poignée de secondes à maintenir la position sans résultat, elle rassemble ses mains l’une contre l’autre et les porte à sa bouche, cherche à réchauffer l’âme morcelée. Au seuil de sa perte, piégée dans le centre de cette tempête, face à celui qu’elle a sans doute déjà perdu, elle ne parvient déjà plus à mobiliser ses dons redoutés. Elle croit pendant un instant que lui répondre, lui permettra d’évacuer le poids encombrant sa poitrine, l’empêche d’accéder à la concentration nécessaire pour les soins à prodiguer. Quand ses intonations s’alignent, elles sont si instables, si basses qu’elle n’a plus l’impression d’appartenir réellement à cette réalité. « Ok, j’ai merdé de débarquer ici sans venir te causer avant mais ton frangin, je t’en aurais parlé. J’ai pas eu le temps de passer, pas spécialement l’envie, ouais, ok, j’avoue. Mais je l’aurais fait. Puis, merde, j’aurais dû faire quoi, le laisser se faire crever ? Courir direct chez toi pour t’avertir ? J’ai pas demandé à tomber sur sa gueule. Je voulais juste voir le gosse. Je… » Mais les justifications ne servent déjà plus à rien. C’est trop tard. Les paupières basculent, les mains gagnent les bras, soutiennent le thorax brièvement. « T’inquiète, je lèverai plus le petit doigt. Je ne ferai plus rien du tout vu que de toute évidence, j’ai foiré sur toute la ligne. C’est bon, j’ai pigé. C’était pas mes putains d’oignons, je suis la dernière des connasses et tu veux plus voir ma gueule. Le message est passé, je me la ferme. » La défaite admise avec difficulté pourtant, elle se repositionne, entreprend d’achever son œuvre sans parvenir à focaliser son esprit sur la tâche. Prudemment, elle relève ses iris vers son vis-à-vis et tente vainement de recomposer son audace. « J’arriverai pas à me concentrer si t’es là. » La vérité suivie d’un soupir, elle fait retomber ses bras contre ses flancs, laisse la lassitude et l’épuisement affaisser ses épaules. Elle ne parvient même plus à se souvenir de ce qui l’a motivée à venir ici. A comprendre ce qu’il se passe et ce qu’il reste encore à faire. Égarée et abattue, elle s’entend juste délier le seul choix possible avec le peu de forces restantes. « Je peux revenir une autre fois mais je pense pas que t’aies envie que ma gueule réapparaisse dans le coin donc soit je laisse ça comme ça, soit tu sors de la pièce. Après je me casserai, t’as ma promesse. » Je t’avais dit que j’étais pas la meuf qu’il te fallait. Les mots s’entortillent autour de la langue, n’outrepassent pas ses lippes. Une provocation qui risquerait de nouveaux excès. Elle se sent déjà trop proche du gouffre pour oser s'y aventurer. A quoi pensait-elle de toute façon ? La sorcière sait qu’elle ne parviendra pas à guérir totalement des épreuves passées. Qu’elle ne retiendra pas non plus la leçon. Et qu’elle se tient en équilibre au-dessus du vide depuis qu’elle l’a laissé dérober son attention et entretenu la fascination. Reste à savoir si elle a encore le pied sur le fil ou si elle a déjà plongé dans l’abysse.

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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Mar 28 Juin - 16:39

Qui avait raison... Qui avait tort... Tout paraissait s'embrumer dans ces flots de paroles et ces panoplies d'excuses et de justifications qu'il n'arrivait plus à démêler. Impossible de réfléchir, d'analyser, de prendre du recul sur une situation explosive où tellement de nouvelles et de surprises pas réellement réjouissantes se mélangeaient. Il ne savait plus quoi dire, plus quoi faire. Lassé par toute cette vie compliquée qui n'avait jamais voulu se parer d'un tantinet de simplicité, l'homme s'enferma dans le silence. Les yeux d'acier rivés vers ce pauvre gamin à la guérison inachevée, le visage dissimulé dans la pénombre, il lâcha prise. Déposa les armes qu'il ne voulait plus brandir contre cette femme qui était excusable sur le fond, mais largement condamnable sur la forme. Cette damnée qu'il accusait autant qu'il comprenait, qu'il aimait un peu trop pour la rejeter complètement, pas encore assez pour se révéler suffisamment tolérant. Il concevait sa peur mais crachait tout de même sur son manque de courage, sur sa bouche un peu trop close alors que ses actes se déchaînaient dans l'ombre. Trop de nuances qui le perturbaient et l'empêchaient d'être lucide. Il préféra s'exiler du champs de bataille sans un mot pour sa compagne qu'il laissa seule sur sa propre demande dans cette chambre d'hôpital, avec ses craintes et ses doutes, ses plaintes sans riposte. Il se releva donc du lit d'un geste lent et se dirigea sans un regard pour Joan vers la porte, traîna un peu les pieds dans son entreprise puis saisit la poignée avant de s'immobiliser. Quelques longues secondes défilèrent durant lesquelles il prit la peine de réfléchir. Se retournant vers la sorcière, il lâcha d’un ton résigné, finalement plus conciliant qu’il ne l’aurait imaginé. Ou bien trop éreinté pour se glisser plus encore dans la mêlée, il ne savait plus vraiment discerner ses propres émotions dans ce carnage et n'avait plus l'envie d'y remédier. « J’t’ai dit tout c'que j'avais à t'dire, on va pas en débattre durant des piges... Tu n'as qu'à clore le chapitre et en t’nir compte pour la prochaine fois où l’envie d’faire des trucs en douce te prendrait... J’suis prêt à encaisser pas mal Joan, tant qu’on a le courage et la franchise de m'le dire en face plutôt que de s'cacher comme un lâche et d’faire ses trucs dans mon dos en priant l’diable pour qu’j’en sache jamais rien... ». Tout finissait toujours par se savoir, et valait mieux que les révélations proviennent du gardien des secrets plutôt que d'une tiers personne ou d'une mise en scène similaire à celle qui les avait confrontés. Parce que la peine était moins grande et le pardon plus facilement accordé. Parce que, finalement, c’était seulement le mensonge et la couardise que le métamorphe au caractère de feu rejetait de toute son âme, pas les pouvoirs détenus par la guérisseuse. Conscient qu'il n'avait peut-être pas offert à sa belle assez de preuves de cette vérité et de sa tolérance envers le genre qu'il était lui-même devenu - tolérance qu'il avait été contraint d'acquérir justement à cause de sa propre transformation en créature du surnaturel - l'irlandais ajouta « Fais moi confiance... Ou bien y aura plus rien à espérer... ». Ce n’était pas une menace, mais une triste réalité avouée. Sur cette ultime parole, le skinchanger quitta la pièce qu'il referma derrière lui, laissa le môme chéri sans sa protection qu'il ne considérait plus nécessaire. Il offrit par ce geste à sa compagne toute sa confiance en elle en espérant qu'elle sache discerner l'offrande. Et peut-être aussi ce pardon détourné qu'il lui adressait tout en même temps silencieusement. De l'eau dans son vin, voilà ce que l'homme d'ordinaire effarouché parvenait enfin à amener depuis cette fameuse nuit qui les avait rapprochés. Et il en était le premier surpris. Cela dit, il n'était pas certain que c'était de bon augure, ne sachant pas s'il se sentait grandi ou mis à terre.

Il déambula dans les couloirs d'une démarche nonchalante sans tenter de dissimuler sa présence interdite au personnel, la tête basse et les yeux balayant le sol. On aurait pu croire qu'il était plongé dans ses pensées les plus profondes, alors qu'il avait finalement l'esprit totalement vidé par toute cette pagaille sur laquelle il ne désirait plus se pencher. Ce fut un coup porté à l'épaule qui le délogea de son semblant de torpeur. Il venait de heurter involontairement une infirmière de nuit qui le fusilla rapidement de son regard étonné, presque craintif, avant de se détendre tout aussi promptement lorsqu'elle reconnu l'oncle préoccupé pour qui elle n'exprimait plus qu'une sincère compassion. Aussi, d'une voix tendre et désolée, elle lui fit part du règlement des lieux sans aucune détermination dans l'attitude. « Monsieur Grimes... Nous sommes tous conscients et bien peinés que ce petit n'ait plus beaucoup de temps devant lui, mais ça ne vous donne pas le droit de venir le visiter en dehors des heures permises. Bon, je ne dirais rien pour cette nuit mais que je ne vous y reprenne plus s'il vous plaît, vous pourriez vous attirer des problèmes vous savez ». Declan n'ouvrit pas les lippes, se para seulement d'un faciès un peu confus qui lui valut une main chaleureuse posée brièvement sur son épaule. « Allez, rentrez chez-vous vous reposer ». Sur quoi elle le laissa seul dans le couloir avec enfin le goût d'une agréable prise de conscience en bouche. Trop concentré sur les méfaits de Joan et sur sa colère, il n'avait pas réalisé que la vie du petit Keane venait d'être miraculeusement sauvée. Que sa bien-aimée venait de leur ôter le poids de la culpabilité qui les rongeait et de donner à l'enfant une nouvelle vie inespérée. Qu'il n'aurait plus à arpenter les couloirs en attendant que la fatalité le foudroie. Qu'elle venait de réaliser l'irréalisable et qu'elle aurait tu son miracle s'il ne l'avait pas découvert. Que lui n'avait fait que la blâmer pour tout ce qu'il avait noté de négatif sans une seule véritable pensée pour tout ce qu'il aurait dû noter de positif. Qu'elle avait déconné, évidemment fait les choses de travers, mais qu'il n'avait pas été mieux dans cette foulée et que lui non plus n'était pas irréprochable. Putain... elle l'a sauvé.... Une saleté de con, voilà tout ce qu'il était.

Adossé contre le mur jouxtant l'entrée de l'hôpital, une cigarette entre les lèvres pour ne rien changer aux mauvaises habitudes, il avait changé d'avis et n'était finalement pas rentré dans son taudis. Il avait décidé d'attendre la guérisseuse dans cette accalmie que leur offrait la nuit, profitant de cette quiétude pour redescendre entièrement la pression tantôt oppressante. Pour réfléchir correctement et posément à tout ce à quoi il avait assisté ce soir, aux mots de la peacekeeper et à leurs comportements respectifs. A ce qui s'avérait finalement le plus important et à ce qu'ils pourraient tous deux passer sous silence. Relativiser et pardonner, deux faits bien complexes qu'il avait eu du mal à accepter jusque là mais qu'il commençait à concevoir et même à adopter. Il n'était pas cloué à terre sans aucune ressource pour se relever. Non, il avait simplement mûri, il avait appris. Ses dernières expériences l’avaient énormément secoué et de celles-ci il avait su tirer les leçons nécessaires. Il voyait les choses sous un angle différent dorénavant. Keane, Joan, Eamon... Ils le menaient tous autant qu'ils étaient sur une voie moins fougueuse ou l'acceptation et l'indulgence avaient d'avantage de valeur. Ce fut avec cette sérénité en devenir qu'il accueillit sa belle à la sortie. Les traits sans plus aucune rancoeur, il lui tendit sa nicotine à peine consumée sans prononcer quoi que ce soit, attendant d'abord d'être mis au parfum de son humeur tantôt sauvage et plaintive qu'il avait provoquée dans son emportement irréfléchi et pas complètement justifiable; qu'il avait aggravée en refusant d'accorder l'attention méritée aux arguments qu'elle avait déballés.

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MessageSujet: Re: Tell me what you want me to say [PV Declan]   Mer 6 Juil - 2:19

Les douleurs ne s’atténuent pas. Qu’elles soient abritées du silence ou du vide qu’il laisse en quittant la pièce. La surprise en amplifie presque la portée. Jamais elle n’aurait pensé qu’il s’écarterait sans chercher à provoquer de nouveaux fracas. Ce mutisme l’encombre bien vite plus que sa colère latente, dangereuse. L’absence de mots, de communication la terrorise plus qu’elle ne l’agace et au fond, elle sait pourquoi. Dans ce repli au premier abord silencieux, elle entrevoit plus voracement la perte. Comme si elle ne valait déjà plus la peine de s’égosiller, de se déchirer, de lui parler. La sorcière fixe ses yeux sur le petit corps face à elle, laisse traîner les conclusions qu’elle ne voulait pas totalement tirer lors de leur dernière rencontre. Elle ne supporte pas l’idée d’avoir tout foutu en l’air. Un tout qu’elle ne définit pas clairement mais qu’il a construit cependant et auquel elle a consenti. Le réaliser au milieu du chaos ne l’aide pas à bousculer leur fausse quiétude. Il n’y a déjà plus aucune bonne façon de le retenir. Ça ne ferait que plus de dégâts. De plus, mettre son égo de côté lui est toujours aussi ironiquement pénible. Egarée par cette situation bien trop inédite, envahie par ses doutes, Joan s’empresse de relever le regard alors qu’il brise enfin ses chimères d'une voix moins entravée par la dureté. La bouche de la milicienne s’entrouvre, se referme. La rage revient, repart. La prochaine fois ? Elle détourne à nouveau les prunelles ne sachant quoi penser. Il la laisse d’autant plus dubitative en la plantant sur une note assassine. Une promesse ou une menace ? L’air glisse péniblement entre ses lippes sèches. Au fond, elle sait qu’il détient une bonne part de vérité. Elle sait aussi pourquoi elle se montre aussi réticente à se dévoiler. Pourquoi elle est pourtant venue ici risquer bien des choses en sauvant ce garçon. Toujours en équilibre, cherchant à se préserver tout en courant après quelque chose qu’elle n’aurait jamais voulu souhaiter mais qu’elle désire toujours plus pourtant. Il lui faudra faire ce choix. Il a raison.

Son manque de bravoure fissure son mental d’ordinaire d’acier. Ses inspirations se précipitent, son esprit s’embrouille. Dans quoi s’est-elle encore jetée ? La confusion lui semble tout à coup et brutalement vaine. Elle a déjà choisi au fond. Elle doit juste l’assumer. Forte de cette conviction, la guérisseuse chasse ces considérations avec plus de facilité. Les mains se dressent alors au-dessus des dernières brûlures à endiguer. Les pensées se réarrangent avec quelques difficultés mais elle parvient à dissiper le ballet d’émotions que Declan vient de susciter. Juste assez pour réussir à se concentrer et réparer la chair malmenée du blessé. L’énergie lui échappe à mesure que les calcinations s’effacent. Les soins terminés, la fatigue pèse rudement sur ses épaules. L’œuvre la plus importante jamais accomplie. La honte d’ordinaire revêtue par la magicienne s’écarte au profit d’une fierté étrange qui se cale avec maladresse à sa carrure frémissante. Ses doigts glissent contre la joue de l’enfant toujours assoupi, une tendresse naturelle qu’elle ne cherche pas à réprimer dans l'allégresse du moment. Tandis que son regard balaie l’épiderme lisse et sans séquelles du bambin, des sentiments contradictoires se multiplient en son sein. Le soulagement, la satisfaction, la souffrance, la culpabilité. Si elle avait pu agir de la même façon la nuit où tout a basculé. Elle ne se tiendrait sans doute même pas là. Mais peut-être qu’elle serait encore avec Isaac, à se morfondre sur sa misérable existence. Parfois, elle est prête à payer ce prix. Si ça veut dire qu’on lui rende sa fille. Alarmée par ce seul songe, la divorcée recule, se ressaisit. Le décor tangue légèrement tandis qu’elle effectue les premières enjambées. L’épuisement rend sa démarche quelque peu hasardeuse sur les premiers mètres parcourus. Elle s’accorde alors quelques secondes de repos en s’installant brièvement sur un siège à proximité.

Avant que le sommeil ne l’emporte ou qu'on ne la déniche, l’américaine se force à se relever. Les couloirs s’enchainent tandis que la brume installe peu à peu son règne dans son esprit. L’harassement la préserve de ce qu’il reste à clarifier après cet affrontement. Malgré un parcours relativement décousu dans les entrailles de l’hôpital, elle parvient à atteindre l’entrée sans encombre. Déjà emportée par sa somnolence, la brune ne repère pas immédiatement la présence inattendue du métamorphe. Sa torpeur l'oblige à ne fixer que pour seul objectif le retour à son domicile. La brise caresse ses tempes, réveille juste assez ses sens pour qu’elle l’aperçoive enfin. Son cœur se crispe. Elle croyait qu’il était parti, se convainc des raisons de cette présence inopinée. Il n'est resté que pour vérifier qu’elle n’ait pas aggravé la condition du gamin. La confiance à jamais bafouée. La nervosité l’oblige à caler ses paumes dans son blouson alors que la cigarette glisse sous son nez. D’instinct, elle détourne le visage et grimace devant l'offrande redoutée. « Je fume pas. » répond-elle avec un peu trop d’empressement. Elle note aussi vite la portée du geste, y discerne un léger espoir. Elle réajuste alors ses propos. « Enfin, je peux pas fumer. Sauf si j’ai envie de dégueuler mes poumons. » Asthmatique depuis la naissance ou presque. De toutes ses forces, elle aspire l’air non vicié par la fumée avant de revenir planter prudemment ses prunelles dans celles de son interlocuteur. Pourquoi est-il encore là ? Elle n’osera jamais lui demander directement. Pas après tout ça. Tout en ignorant comment réellement combler les blancs, la trentenaire décide simplement d’aligner les faits auxquels il doit s'attendre. « J’ai terminé. Il aura pas de séquelles. Je pense que d’ici quelques jours, ils vont le relâcher. Une fois que le côté miraculeux pourra pas être expliqué par dix mille examens. » Un soupir lui échappe. A ça non plus, elle n’a pas vraiment réfléchi. Sa semelle racle le bitume à quelques reprises alors qu’elle laisse ses cheveux voiler son visage. « C’est aussi pour ça que je voulais pas montrer ma gueule en plein jour. Si je me faisais choper par quelqu’un, ils m’auraient collé une putain de puce parce que je bosse pour la milice et que je suis une saleté de bête de foire. » L’idée qu’on attente à sa liberté d’une quelconque façon la répugne au plus haut point. Pourtant, elle aurait dû savoir que le personnel se poserait des questions. Que ça placerait aussi les proches du gosse dans une situation délicate.

Les muscles engourdis par l’énergie engloutie, l’américaine s’efforce de remuer pour ne pas succomber à la léthargie latente. Habitée par un besoin de jouer le tout pour le tout à cet instant, elle s'écoute expulser tout ce qu'elle pense avec fébrilité. « J’ai pris l’habitude de fermer ma gueule quand ça m’arrangeait. C’était lâche, c’est vrai. Et je sais que t’as raison de pas kiffer ça. Mais j’ai pas fait ça pour te la mettre profond. J’ai pas réfléchi à ce que t’allais penser en fait. Ni à ce que j’allais te dire. Je suis une putain d’impulsive, c’est tout. Qui pense qu’à sa gueule. C’était plus facile de me tirer au milieu de la nuit que de devoir t’expliquer que j’étais de la même espèce merdique que la meuf qui t’a transformé en un truc qui te plait pas. » D’appréhender le jugement, de devoir expliquer plus en détails. De se livrer et de se faire jeter. Au bord de la panique et pourtant si prête à continuer sur sa lancée sans même reprendre son souffle, elle délaisse ses propres tabous et balance tout ce qu’elle a avec pour ultime objectif de rabibocher ce qu’il reste peut-être encore à retrouver. « Je l’ouvre grand et je gueule beaucoup mais je suis qu’une putain de peureuse pour tout ça. Je m’étais juré de me soucier que de ma tronche mais je fais que m’immiscer dans tes emmerdes sans même y réfléchir. J’ai pas assumé ça et j’ai pas fait ça correctement parce que je sais pas comment m’y prendre, putain mais je voulais vraiment t’aider. Et même si ça te donne l’impression que je me suis foutu de ta gueule, j’ai fait ce que j’ai fait parce que ce qui te préoccupe, me préoccupe. Parce que je veux pas qu'il t'arrive un truc merdique. » Les dents serrées, la honte en bannière et la lâcheté la rattrapant, elle s’oblige à faire quelques pas de côté, à accuser les conséquences de cet alignement improbable de mots. Un léger rire nerveux lui échappe. Son impulsivité la met trop souvent en danger. Elle rejette sa crinière en arrière. « Enfin je t’avais promis que je la bouclerais et que je me tirerais. Alors... Salut. » Un dernier regard, d'autres mots sur le bout des lèvres mais elle se détourne pourtant, le cœur plus lourd que jamais.

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