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 Silver moonlight | (Rhys)

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MessageSujet: Silver moonlight | (Rhys)   Dim 10 Juil - 22:09



❝ silver moonlight
The lights go out and I can't be saved. Tides that I tried to swim against. Have brought me down upon my knees. Come out of the things unsaid. Shoot an apple off my head and a trouble that can't be named. Confusion that never stops. The closing walls and the ticking clocks gonna come back and take you home. I could not stop, that you now know.


Les ombres du crépuscule étendent peu à peu leurs bras d’or et d’écarlate au-dessus des toits de la ville. La soirée qui chasse doucement l’éclat radieux d’un astre à présent défaillant. Le moite de la Nouvelle-Orléans se fait bousculer par les murmures d’une brise fraîche. Elle fait courir des frissons sur la peau, délasse les tensions de ceux qui se pressent dans les rues encore agitées. C’est une ville qui se prépare à vivre les heures sombres, un quartier résidentiel qui s’éveille au rythme de ses fenêtres qui s’illuminent. De ci de là, leur éclat fait écho à celui de réverbères qui sortent à leur tour de l’obscurité. Ce n’est que la nuit qu’elle commence vraiment à vivre. La pénombre lui offre une assurance qui se fane légèrement sous le soleil brûlant. Le martèlement régulier des talons résonne finement sur les pavés au rythme de sa démarche chaloupée. Les courbes délicatement soulignées par le bleu vaporeux de sa robe, le décolleté épousant le galbe de sa poitrine. La beauté d’un corps de femme qui estompe sans le moindre doute la sécheresse des lignes masculines. Lyn, dans ses plus beaux atours, Regan en souvenir disparu jusque dans le bout de ses ongles. Elle est elle, rien de plus. Une femme comme toutes les autres. Comme celle qui s’avance sur le trottoir aux bras de son amant. Le couple passe à côté de la rousse sans lui accorder le moindre regard, le sourire aux lèvres que seuls les cœurs amoureux peuvent connaître. Elle en esquisse un demi-sourire, la tendresse sur les lippes, l’envie dans le cœur. Dans un élan de pudeur, Lyn baisse la tête, resserre ses doigts contre le cuir de son sac et continue sa route. Du bout des cils, les contours sombres de sa maison se devinent. La façade noire lui laisse entrevoir la solitude dont elle a besoin afin de rendre ce corps à son véritable propriétaire. Les lèvres s’affaissent dans une expression de profonde douleur. Parce qu’elle s’efforce d’oublier qu’elle n’est qu’une illusion, que le sexe savamment emprisonné entre les cuisses n’est pas celui qui devrait être le sien. Elle expulse son malaise dans une expiration, chasse les douloureuses pensées pour les minutes qui lui restent.

La brise se fait plus agressive lorsqu’elle passe devant l’orée du parc trônant au milieu du quartier résidentiel. Elle agrippe alors le foulard jaune enroulé autour de sa gorge, et sursaute lorsqu’un sifflement brise le silence. « - Hey ! Attends ! » L’alpague serre son cœur. Laboure son ventre et sème les graines d’un inconfort qui la pousse à accélérer légèrement l’allure. En lumière guidant le navire au milieu de la tempête, Lyn s’accroche à la vision de sa demeure qui se rapproche un peu plus à chaque pas. « - Bonsoir. » Sortit du néant suivant ses pas, un petit bonhomme se dresse devant elle, l’oblige à ralentir sa course pour finalement l’arrêter lorsqu’il pose sa main contre son bras. « - Mon ami est timide, mais il a un faible pour les jolies rousses. Tu vois. Et il se demandait s’tu voulais pas faire quelques pas avec lui… Pas vrai Brody ? » Il joue du nez en direction de l’autre venu se poster derrière elle. Si proche qu’elle peut sentir son souffle chaud lui effleurer la nuque. Le cœur martèle contre les côtes, affolé par la proximité et ce qu’elle lui renvoi. Lyn baisse les yeux, s’excuse dans un murmure, s’accroche à son sac et tente alors de se remettre en route. Contourne le bonhomme tout en prenant soin de ne pas le toucher. La main revient s’accrocher à son bras, lacère la peau laiteuse. « - T’as pas compris j’crois. On aimerait bien que tu viennes avec nous. Pas longtemps hein, enfin tu sais. Les filles dans ton genre, elles disent jamais non à ce genre de proposition. Parce que bon, on le sait tous les trois, t’es la pute du quartier. » Ils gloussent tous les deux, se lancent des clins d’œil entendus. Le sang rugissant dans les veines ne fait qu’un tour, l’insurgé reprend les rênes de son corps le temps d’une réplique. Le poing se serre et va frapper l’insolent, la force du heurt le surprend, fait chanceler ses jambes incertaines. « - Salope, tu vas voir ! » Il le crache tout en lançant un regard en direction de son acolyte qui en profite pour emprisonner les épaules de Lyn entre ses énormes mains. Offrant à l’autre tout le loisir de cogner. L’égo malmené se déverse contre sa joue. La peau se fend et le sang roule contre la ligne de sa pommette. Le foulard glisse de sa gorge sur le pavé, bientôt rejoint par le sac lorsqu’ils l’entrainent entre deux maisons. A l’abri des voyeurs, au-dessous de la vie qui poursuit son cours. La peur et la folie du désespoir la pousse à lutter. Arracher la peau du bout de ses ongles, ne pas se laisser briser quand chaque tentative d’évasion se solde par un nouveau coup. Le sang sur la langue et les lames d’une douleur sourde dans le corps.

« - Fait pas ta princesse. Tient toi tranquille et ce sera plus agréable pour nous trois. » A la merci de la violence, prisonnière d’une poigne qui lui lacère les bras, Lyn abandonne. Parce qu’elle sait qu’il est inutile de lutter face à ce qui l’attend. Le petit français l’a appris à ses dépens. Ecrouée par le poids de ses larmes, la gorge se serre, les sanglots mourant contre sa langue, la détresse dans les yeux. Elle suffoque, tremble de rage et d’effroi lorsque le tissu de sa robe se déchire, révèle le galbe de ses cuisses, la main du rustre venant se plaquer entre ses jambes. Pour se retirer aussitôt. « - C’pas une vraie rousse. C’est une putain de tantouze. » Elle perçoit le dégout dans la voix. La haine qui se crache comme une injure. C’est un signal qui autorise le châtiment. Le déferlement de la malveillance qui se presse contre sa peau. Lâchée par la prise de la brute, Lyn s’effondre piteusement sur la pelouse. Elle n’a pas la force de chercher à se protéger des coups qui s’écrasent contre ses flancs, le sang qui glisse du coin de ses lèvres et des plaies ouvertes de son visage. Le souffle mort dans sa poitrine et le cœur qui s’affole. L’envolée hargneuse s’épuise, lui offre la possibilité de remplir ses poumons flétris d’un air devenu trop rare. Une ébauche de salut qui se brise lorsque la douleur explose dans son bas ventre. Elle s’élance d’entre ses cuisses, fracassée par le pied de l’agresseur venu se briser contre son bassin avec toute sa puissance. Elle ouvre la bouche mais aucun son ne s’en échappe. Seulement les larmes qui perlent au coin de ses yeux, la souffrance qui la fait dangereusement vaciller au-dessus du vide. Lyn s’accroche aux méandres de son monde de brume. Au milieu du néant, les pupilles s’agrippent à l’éclat de ses clés, rutilantes sur le trottoir dans le halo du réverbère. A côté du sac et du foulard qui menace de s’envoler à chaque nouvelle brise.

« - Pique-lui son fric. Et récupère ses papiers, on sait jamais. » Il n’y a rien à récupérer. Pas d’argent, seulement un tube de rouge à lèvres, et les choses que l’on peut trouver dans un sac de femme. Un portefeuille vide de tout papier, l’alliance glissée sous le plastique d’un porte-carte. Lyn n’existe pas. Elle n’a une identité que dans le cœur de Regan et dans l’esprit de ceux qu’elle côtoie. Un murmure qui s’efface dans un soupir. Elle n’est rien de plus que cette autre qui s’abrite dans la chaleur d’un corps qu’elle partage. La lumière vacille quand ses agresseurs s’attèlent à fouiller dans ses affaires. Le dernier méfait avant de la laisser là. Le vulgaire réceptacle de la bêtise humaine, qui se recroqueville lamentablement sur lui-même, à quelques mètres de sa maison. Elle croit entendre les aboiements de Flop, en écho au-dessus des bourdonnements qui lui démantèlent les tympans.


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On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Ven 15 Juil - 21:22

L’animal sauvage racle les chairs, gratte ses viscères furieusement. Il peut la sentir qui se débat, qui joue des pattes pour que l’homme lui cède enfin la place qui lui revient de droit. Mais la simple idée de se transformer le rend horriblement malade. Partager son enveloppe avec un fauve le débecte toujours autant. Lui donne la détestable sensation de n’être qu’une vilénie, une bête de foire. Privé de son créateur, il n’a jamais appris à accepter cette nouvelle part de lui. Qu’elle soit le dernier fragment qui lui reste de Calyxte aurait pu l’attacher davantage au léopard, mais le deuil n’en est que plus douloureux. Il la subit comme un poids mort, qui lui rappelle sans relâche celui qu’il a perdu. Il héberge une créature douloureusement orpheline, vide de sens. Un monstre affamé qu’il regrette de ne pas pouvoir abattre. C’est presque cruel de laisser la panthère survivre sans son sorcier, avec ses fils de pantin emmêlés aux griffes. Elle ne peut que trébucher et s’écrouler dans ces conditions. Et ce n’est pas Rhys qui l’aide. Il l’assomme, l’abrutit avec des litres d’argent. Il s’empoisonne les veines avec les seringues qu’il achète illégalement au marché noir, juste pour s’assurer qu’elle reste constamment tapie dans ses entrailles. Il se dit qu’il finira par la tuer, il n’attend que ça. Mais dès que les effets s’estompent, dès que les immondes nausées et les terribles maux de ventre s’apaisent, elle revient feuler de plus belle. A court de drogues mortifères, le soldat sait qu’il ne pourra pas échapper à la pleine lune. Le crépuscule pointe à peine le bout de son nez qu’il lui apporte déjà son lot d’angoisses et de désagréments. Il n’a pas de refuge, il ne peut que s’enfoncer le plus loin possible dans les profondeurs du bayou en priant pour ne pas dévier.

Les morsures sont de plus en plus vivaces à mesure que l’heure tourne et lui glisse entre les doigts. Retenu par une réception s’éternisant bien plus longtemps que prévu, son comportement s’en ressent, de plus en plus nerveux. Il pourrait presque briser le verre qu’il tient entre les doigts, incroyablement tendu. Le contenu se fait avaler d’un trait, et il en attrape une nouvelle au passage d’un des serveurs. Les boissons imitent le goût du champagne mais ressemblent en bouche à un vulgaire pipi de chat. Le manège est le même depuis le début. Il y ajoute en cachette quelques gouttes de sa propre mixture, l’alcool fort contenu dans l’une des poches de sa veste. Selon lui le seul moyen pour supporter ce genre d’évènement soporifique, plus encore depuis que la Prohibition est la norme. Presque une question de survie. Il fut un temps où il affectionnait pourtant ce genre de divertissement. La tête brûlée se plaisait à provoquer, à frôler sensuellement son supérieur. A lui lancer des œillades brûlantes qui ne pouvaient tromper personne. Berner allègrement les soldats ignorants, et s’amuser de leur réaction s’ils apprenaient l’outrage. Que deux d’entre eux se connaissaient si intimement, partageaient des étreintes fiévreuses. Narguer ouvertement son demi-frère au passage, et le rendre ivre de colère avec délice. Il aimait particulièrement se donner en spectacle, au risque d’entrainer son amant dans sa chute. Il avait fini par le payer cher, quand un gradé arriéré l’avait muté de force. Ou lorsque deux brutes homophobes l’avaient éventré avec un tesson de verre. Le jeu n’a de toute manière plus aucune raison d’être sans Lui. Son compagnon d’infortune n’est plus là, et tout lui semble bien morne, bien terne. Son ancien complice lui manque plus que jamais. Il ne songe désormais qu’à s’échapper de ce carcan étriqué de convenances. L’hypocrisie latente asphyxie l’air qu’il respire.

La morne assemblée ne brasse que du vent. Le cœur au bord des lèvres, il retient difficilement une grimace lorsqu’une voix désagréable résonne contre ses oreilles, articulant son nom. Les jointures de ses phalanges se resserrent davantage contre le cristal, blanchissent dangereusement. Un peacekeeper comme lui, ayant repris le poste laissé vacant par le Major Breckenridge. Le malheur des uns qui fait toujours le bonheur des autres. Le couteau acéré se retourne dans la plaie infectée. Les lèvres esquissent un simulacre de sourire mais les prunelles claires luisent de mépris. Il ne se refera pas, il a toujours eu un sérieux problème avec l’autorité. Et devoir obéir à ce vieux prétentieux n’arrange pas la chose. Les sphères d’acier se posent sur son escorte et il manque de recracher le contenu de sa flute sans la moindre élégance. La beauté de la rousse flamboyante se détache nettement, mais c’est l’être derrière les artifices qu’il voit. La transformation le bluffe autant que la dernière fois. Tous les mâles présents ne peuvent que la dévorer du regard, jaloux de ne pas être à son bras. Lui, misérable imbécile, préfère se leurrer. Se répéter qu’il n’en fait pas partie. « - Je ne vous ai pas présenté la charmante demoiselle qui m’accompagne je crois. Lyn m’a fait l’honneur de se libérer pour moi. » Un léger rictus se dessine sur la bouche de l’islandais en se demandant si le militaire sait à qui il a affaire. S’il a connaissance des attributs masculins habilement dissimulés entre les cuisses de la demoiselle, sous la dentelle affriolante de sa robe bleue. « - Quelle chance vous avez. Enchanté, Lyn. » Susurre t’il en s’emparant de sa main, lui imposant autant par politesse que par effronterie un contact physique. Du miel sur la langue fielleuse en prononçant le prénom inventé. Il ricane intérieurement en imaginant la scène grotesque des ébats avortés, l’orgueil piétiné du dominant. Avant de sentir un étrange malaise l’envahir. Il n’ose pas imaginer les tourments qui pourraient lui être infligés en représailles. Que le résistant travesti parade à ce genre de rassemblement lui retourne les entrailles. Il court tous les risques en s’exposant ainsi en public. L’illusion est parfaite néanmoins. Regan ne ressemble pas à une putain, mais à une véritable femme, plus désirable que toutes les autres présentes. Bien qu’étonné qu’il mange de ce pain-là, Rhys préfère se dire que le milicien est pleinement informé. La perspective qu’il soit plus ouvert d’esprit que prévu le rend d’ailleurs immédiatement plus intéressant à ses yeux. Plusieurs banalités sont échangées, avant que la prostituée et son client ne l’abandonnent à la morosité ambiante.

[…]

Il n’est revenu chez lui que pour changer de vêtements. Retirer son smoking hors de prix pour éviter qu’il ne se déchire en morceaux en changeant de peau. La portière est claquée sans ménagement, et il s’apprête à s’engouffrer chez lui, lorsque la vision d’une poupée désarticulée sur la pelouse d’en face s’impose à ses rétines. Il reconnait les contours, et brise la distance avec empressement en apercevant les deux raclures fouiller dans son sac comme deux abjectes fouines. Trop obnubilés par leur basse besogne pour entendre le félin arriver, avec la discrétion du prédateur qui fond sur sa proie. « - Je peux vous aider bande d’enfoirés ? » Crache-t-il hargneusement, en tirant brutalement en arrière le premier acolyte à portée. L’autre lâche n’attend pas, il fuit en courant. Une lutte violente s’engage. Le métamorphe s’acharne, rend tous les coups qu’il reçoit, mais l’ordure parvient se défaire de son emprise et à s’échapper à son tour. Il hésite à le suivre mais l’état inquiétant de son voisin le dissuade de poursuivre leurs ombres.

Salement amochée, la silhouette fait peine à voir, recroquevillée en position fœtale. Il inspecte les blessures, écarte doucement une mèche de feu pour inspecter son visage. Les ecchymoses ravagent les taches de rousseur, les lèvres fines se sont fendues à plusieurs endroits. « - C’est fini, ils sont partis. » Il le murmure sur un ton qui se veut doux, mais il tremble encore de rage. « - Tu peux te relever et marcher ? » Il n’attend pas la réponse, il ramasse les clefs échouées dans l’herbe et passe un bras derrière son buste pour l’aider à se relever. La démarche est laborieuse, ils tanguent comme deux ivrognes, comme si le sol se dérobait sous leurs pieds. Revoir l’assassin de sa femme passer le pas de sa porte est certainement la dernière chose que le rouquin souhaite, mais il n’a pas vraiment le choix. Le chien mal dressé du rebelle lui montre les crocs à peine entré, toujours aussi hostile avec lui. « - Dégage de mon chemin le petit roquet, j’ai pas le temps. » Grogne t’il, trainant la pauvre carcasse jusqu’au sofa le plus proche. « - Putain ils t’ont pas raté… » Ce n’est qu’un souffle, horrifié. Révulsé par cette sauvagerie tristement ordinaire. Affreusement familière. Comme un écho qui lui vrille le crâne.

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I hear my poisons in the multitude. Why was I damned a human deemed too rude? Somewhere between the madness and my mind. I live with lesions called the human kind. I wander aimlessly amongst the herd. Infesting shadows, I am undeterred. My head explodes, my soul berates.
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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Dim 17 Juil - 21:13


Les belles attentions n’ont pas manqués. Des oisillons voletant autour des épaules de la rousse, sifflotant leur demande tout près de ses oreilles avec l’espoir vaillant d’être entendu. Dès l’instant où Lyn a décidé de tirer sa révérence, les prétextes ont tous été les meilleurs pour la raccompagner. S’abîmer les pupilles dans la contemplation de la splendeur de la ville, s’embourber les poumons de la moiteur du dédale agité des rues. Assister à l’aube du crépuscule, l’éclat du soleil couchant en reflet dans les boucles rousses. Elle a décliné toutes les propositions, avec cette délicatesse qui est la sienne. Ce sourire au coin des lèvres et la pudeur dans les yeux. Repousser les avances et se parer de mystère, tout en sachant pertinemment ce qu’une quelconque escorte signifie. La caresse des regards sur sa peau, les souffles qui s’envolent sur son passage comme pour attirer son attention. Elle a été la victime de ces regards durant toute la réception, gênée malgré elle par cet attrait qu’elle suscite chez les hommes. Une invitation implicite à la douceur d’étreintes qu’elle ne désire pourtant pas. Sa malédiction, l’outrage qui s’est posé sur ses épaules dès sa venue au monde. Qu’importe l’endroit où elle décide d’apparaître, il y a toujours quelqu’un qui sait ce qu’elle est. Ce qui se cache derrière les parures et les robes soignées. L’opprobre suintant de ses pores, accroché sur sa chair comme toutes ces taches de rousseur qui en souillent la blancheur laiteuse. Pour fuir ce reflet qui s’appose dans toutes les pupilles, Lyn a préféré se réfugier dans la solitude. Profiter de ses derniers instants de féminité avant de disparaître, n’être rien de plus qu’une habitante comme les autres. Le Major l’avait pourtant payé pour achever en beauté la réception à laquelle il l’avait convié. L’homme parfaitement conscient que la femme attirant tous les regards n’en est pas véritablement une. Il s’en moque, l’envie qu’elle suscite et la beauté de ses traits singuliers lui suffisent. Maintenant qu’elle gît piteusement sur la pelouse humide, Lyn n’a de cesse de se dire qu’elle aurait dû accepter les propositions, se protéger en compagnie d’un vice qui la rend nauséeuse. Accomplir ce pour quoi elle est payée sans sourciller.

La conscience fragile, le corps à la merci de la douleur, elle sursaute au contact des phalanges brûlantes contre son front. L’instinct la pousse à chercher le repli, s’éloigner de la menace même si la voix lui est familière. Elle n’a pas la force de lutter, poupée de chiffon déchirée et abîmée. Une infime plainte s’échappe de ses lippes en guise de réponse, et sous l’impulsion du soldat, elle se relève. Le geste, trop brusque pour elle, la fait vaciller. Eveille à la manière d’un coup de feu la douleur dans son bas ventre qui l’oblige à se courber, une de ses mains se crispant contre l’épaule de Rhys, l’autre agrippant son ventre et le tissu déchiré avec pudeur. Malhabile sur des talons qui semblent soudain trop haut, Lyn meurt un peu plus à chaque pas, se presse contre le corps du soldat pour ne pas s’effondrer. La respiration fébrile, elle soupire sur le pas de la porte, hésite un instant. Faire entrer le meurtrier, le laisser pénétrer dans son monde brisé. Si une part d’elle s’en sent incapable, hurle d’indignation, une autre s’y résigne. Elle a besoin de lui. Besoin de lui pour lutter contre cette gravité qui brûle de la mener à sa chute. Derrière la porte, Flop aboie de plus belle, gratte le bois pour mieux venir se jeter contre les jambes de son maître. L’accueil fou d’un animal inquiet qui détourne bien rapidement son attention vers le nouvel arrivant. Le fauve miniature grogne et dans une charge, vient cogner du crâne contre les tibias du soldat. « - Flop, arrête. Laisse-le… » Lâché dans un soupir fragile, le français s’extirpe de ses lèvres abîmées. Le roquet grogne, montre les crocs à l’adresse de l’intrus, le menace dans une vaine tentative pour protéger son maître. Fragile, Lyn se laisse faire et accueille dans un soupir le contact du sofa contre son corps douloureux. Les éclats du mal suintent sous sa peau, la font trembler avec plus de force au rythme des spasmes contractant ses pauvres muscles.  Flop ne se fait pas prier pour sauter à ses côtés, le museau battant avec insistance la main de la rousse dans l’espoir d’obtenir une caresse. Affection peu commune dispensée tout en lorgnant d’un œil sombre les gestes de Rhys. Fébrile, Lyn baisse la tête et les paupières, cache son mal-être derrière la barrière fragile de ses longs cils. L’écho du mal dans les méandres de son être, elle chasse les langues de la souffrance. S’efforce de se rendre la plus hermétique possible à ce tourment qui la dévore lorsque le moindre geste lui déchire le ventre et pousse son visage à se crisper.

« - C’est la triste banalité qui accompagne tout ce qui ne fait pas partie de la norme. » Sa voix se brise sur les dernières notes, l’affliction suinte dans ses mots. Elle ne peut pas leur en tenir rigueur, les blâmer pour leur bêtise. C’est là le propre du genre humain. Rose le savait, et pour protéger son mari de lui-même, elle lui avait fait promettre. D’oublier cette autre. L’ignorer pour ne pas tomber. « - Tu vois, même hors de l’arène, il y a toujours moyen de payer ses travers. » Souffle-t-elle en haussant légèrement une épaule, l’ébauche d’un sourire sur les lèvres. Lyn lève les yeux vers le soldat, l’écho du masculin venu se glisser dans son timbre cristallin. Les notes féminines peinent à garder le dessus quand d’ordinaire elles s’extirpent de sa trachée sans la moindre difficulté. « - Merci. » Doucement, Lyn se penche malgré la lame qui lui lacère le ventre à chaque mouvement et laisse sa main se poser avec délicatesse contre celle du soldat. Le temps d’un souffle et déjà elle se recule, revient couler son dos malmené au fond du sofa, les pupilles évitant de croiser celles de son voisin, l’ébauche d’un infime sourire énigmatique sur les lèvres. « - Je ne pensais pas te croiser dans ce genre de réception. Trop… morne pour toi. Bien que tu avais de quoi la rendre plus agréable. » Une pointe d’amusement perle dans sa voix. Elle l’a vu faire, mélanger le poison véritable à son ersatz pour le rendre plus supportable. Du coin de l’œil, quand elle ne pouvait s’empêcher de laisser son regard glisser le long de la silhouette du soldat. Comme une ombre, le jeu de l’éphémère. Se dire que ce n’est que le temps d’un battement de cils et se retrouver le regard accroché le long de la ligne de son dos, la courbe des épaules. S’octroyer le droit de caresser le tissu du costume sans pour autant le toucher. Même en haut de son empire de haine, elle se laisse charmer par des promesses qui la déroutent. La pourriture entre ses reins qui se fait virulente à chaque fois qu’elle se retrouve en présence de l’islandais. Lyn se redresse avec peine, lâche les pans déchirés de sa robe qui glissent et dénudent sa cuisse alors qu’elle extirpe de son décolleté cinq billets de cent dollars. Le premier payement offert pour ses services d’accompagnatrice. L’autre partie, promise une fois le corps exhibé et perverti. De l’argent sale qu’elle pose avec détachement sur la table basse. Ses mains reviennent se poser sur ses cuisses, tirent à nouveau le tissu et elle s’absorbe dans la contemplation des feuillets de papier.

« - C’est de ma faute. Je n’aurais pas dû partir si tôt. Rester et achever la journée, exactement comme on m’avait payé pour le faire. Mais tous ces regards et ces sourires, c’en devenait insupportable. Votre nouveau Major est agréable, mais il n’a en rien le charme et la prestance de son prédécesseur… Je suis sincèrement désolée Rhys. » Elle le pense mais sait pertinemment que mentionner l’amant disparu n’est pas la meilleure chose à faire. Détruire le fragile, apposer du sel sur une souffrance encore intacte, le résistant en joue. De la même manière que la seule présence de l’islandais lui rappelle ce qu’il a perdu. Il n’y a pourtant aucune mesquinerie dans les paroles de la rouquine. Seulement une honteuse honnêteté qui se lit dans le vert de ses pupilles alors qu’elle les laisse courir contre celles du soldat. Ce gris clair magnétique dont elle ne connaîtra jamais la véritable nuance. Flop, devant l’absence de véritable intérêt de la part de Lyn, saute à bas du sofa, ses griffes cliquetant sur le parquet pour mieux se rapprocher du milicien. Il renifle et grogne, ouvre la gueule et la referme sur le tissu sombre pour mieux le tirer vers la sortie. « - Flop, bon sang, mais laisse-le ! Va-t’en, file. » L’irritation perle. Lyn se penche brusquement et tente de repousser l’animal d’un geste de la main qui se meurt contre son ventre en feu. Trop intense pour être ignorée, la douleur la fait gémir et fait glisser le goût du sang contre sa langue.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Mar 26 Juil - 20:59

L’animal grogne, se rue contre ses jambes. La hargne du petit ratier lui donne envie de lui décocher un coup de pied bien senti. Le cabot excite les sens du félin, il la sent griffer avec davantage d’ardeur à chaque aboiement revêche. La panthère ne ferait qu’une bouchée de la petite vermine. Le goût du sang inonde sa gorge, ronge son palais. Celui qui perle du corps amoché du français n’arrange rien, attise ses instincts les plus primaires. Il sait qu’il ne pourra bientôt plus contenir le fauve qui gratte furieusement ses viscères, que rester n’a rien de prudent. Mais il est trop inquiet pour s’éclipser. L’état de la rouquine l’obnubile, l’empêche de se montrer aussi détaché qu’il le souhaiterait.  Il déteste la voir se contorsionner de douleur, regrette de ne pas vouloir lui voler un peu de son mal. Parce qu’il lui doit bien ça n’est-ce pas ? Il endurerait volontiers n’importe quel supplice à sa place pour se racheter. Même si c’est vain, que rien ne pourra jamais compenser la perte qu’il lui a infligée. « - Ça ne devrait pas être le cas, je suis désolé d’être arrivé trop tard. » Le murmure hésitant se fraie un chemin hors de ses lippes, illustre une fatalité qu’il exècre. Il a été victime de la bêtise humaine pour moins que ça. Pour s’être montré publiquement avec un homme, pour avoir laissé ses lèvres incendier les siennes sans une once de pudeur. Trop effronté et provocateur pour s’imposer des limites. Il aurait pu se cacher à cause de l’alliance juchée sur son annulaire, mais certainement pas pour dissimuler ce que les ignares identifiaient à une abjecte déviance. Les cicatrices qui lui barrent le ventre et la gorge le brûlent encore.  Elles lui rappellent que pour survivre, on a fait de lui un monstre. Une bête soumise aux affres de la pleine lune, impossible à contrôler, à rassasier.

Les doigts délicats effleurent les siens, affreusement égratignés, tandis qu’il prend place sur un siège à proximité. La peau rougie, arrachée d’avoir trop cogné. Les sphères métalliques se glissent contre leurs jumelles, dévorées par l’incompréhension. Le remerciement le laisse au dépourvu, tant il semble sincère, dénué de colère et de sarcasme. Le changement de comportement le laisse interdit. Dans son état, il ne s’attendait peut être pas à ce qu’elle lui crache à la figure, mais le contraste avec leur précédente rencontre n’en reste pas moins déroutant. Il a l’impression de faire face à une toute autre personne. Ou d’en retrouver une. De renouer avec la complicité sauvagement assassinée, celle qui lui manque terriblement depuis que leur amitié a été réduite en charpie. « - Moi qui pensais avoir été discret, je vais devoir revoir mon système la prochaine fois. » Communicatif, l’amusement frôle les lèvres, le pousse à se pencher davantage vers la carcasse amochée de la prostituée. Comme une confidence qu’il lui réserve. « - Honnêtement, on ne m’a pas laissé vraiment le choix, on m’y a trainé. Mais l’agrémenter un peu était indispensable, je ne sais pas comment on peut supporter ce genre de réunion barbante sans ça. » Une lueur de malice embrase ses rétines, camoufle d’espièglerie une réalité bien moins reluisante. Le vice qui est devenu indispensable à son existence. L’alcool pour survivre au désastre cuisant de son existence. Par automatisme, les billes d’acier suivent le galbe de la cuisse, l’épiderme offert aux pupilles avec une sensualité à se damner. La peau laiteuse à la blancheur fascinante, salement entaillée par les ongles bourrus de ses tortionnaires. Il comprend pourquoi la silhouette androgyne exacerbe si facilement les passions, les pulsions scabreuses. Il met néanmoins sa propre impudence sur le compte de la privation, l’abstinence qui s’étend démesurément depuis que sa femme ne feint plus le désir en sa présence. Il n’a plus droit qu’à son dégoût purulent, qu’à des œillades réprobatrices chaque fois qu’il ose approcher d’un peu trop près. Alors forcément, il est malgré lui sensible aux charmes qui lui seront à jamais interdits. Le regard indécent se détourne avec un semblant de gêne, avise la poignée de billets verts. Mécaniquement, il compte. Curieux de savoir combien elle vend sa dignité. Quel est le prix à payer pour un moment de plaisir faussement partagé.

L’aveu empli de compassion lui fait l’effet d’une claque. Un revers brutal qui a le mérite de lui remettre les idées en place. La confession s’est faite habilement, avec délicatesse, mais il fait aussitôt le rapprochement. La vision perverse des corps enchevêtrés s’impose à sa cervelle détraquée, se juxtapose au reste. Il ne visualise plus que ça. L’américain situé à la même place, qui ne se prive pas pour s’approprier les courbes pour lesquelles il a payé. Les reins qui s’unissent et qui claquent, une fois les morceaux superflus de tissus retirés. La débauche épanchée entre les cuisses grassement rétribuées. Les paupières se referment sur le spectacle obscène de la débâcle, les chassent en épousant furtivement les ténèbres. Des éclats d’affliction s’entrechoquent dans les gemmes glacées lorsque l’obscurité salvatrice est abandonnée. Le fauve tapi au creux de ses viscères grogne, n’a plus le cœur à ronronner. « - Le charme et la prestance de son prédécesseur hein ? C’était un de tes clients lui aussi ? Et tu me lance ça comme ça ? On peut dire que tu ne t’emmerdes pas au moins. » Se renfrogne t’il, le timbre aussi tranchant qu’une lame de rasoir. Il sait qu’il n’a pas le droit de lui en vouloir, qu’il a seulement fait son travail. Et que le milicien n’avait pas besoin de sa permission pour se perdre dans la luxure de la sorte. Il était libre, il n’appartenait à personne et surtout pas à lui. Pas après avoir imposé l’ombre à son amant durant tant d’années, pas après avoir rompu tout lien. Mais la fusion lascive hérisse pourtant le moindre de ses pores. Il ignore la gentillesse apparente du rebelle pour n’y discerner qu’une sombre vengeance. Le récit d’une entrevue licencieuse qu’il a soigneusement gardé pour lui, pour mieux la lui ressortir au moment opportun.

Un ricanement amer secoue le thorax, tandis que le cabot infernal du résistant revient à la charge de plus belle. Les ordres lâchés sa langue natale ne suffisent pas à dompter la créature, et l’agacement devient fureur. « - Ce n’est pas ce que tu voulais ? Que tous mes proches disparaissent un à un, que je puisse goûter enfin à la même solitude que la tienne ? Me fais pas croire que ça te fait pas jubiler. » Grogne t’il, évitant de contempler l’abdomen rompu par la souffrance, celui qu’elle plie dans l’espoir illusoire d’apaiser ses maux. Les genoux tremblent, s’entrechoquent vivement. Il se relève subitement, dans un élan presque théâtral. « - Je ne te reconnais pas, t’es subitement tout sucre tout miel alors que tu m’as tabassé autant que t’as pu la dernière fois. A quoi tu joues ? Qu’est ce qui a changé ? Que je t’ai ramassé sur la pelouse ? Ou alors t’avais juste oublié de prendre tes cachets ? » Le venin est jeté au visage sans réfléchir. Les intonations polaires trébuchent sur la fin, se brisent comme du papier de verre. Les morceaux se fichent dans son palpitant, remuent si fort que respirer est une épreuve. La faute au prédateur qui le mord de l’intérieur, qui plante ses crocs acérés dans ses entrailles pour le faire basculer. La faute aux plaies béantes qu’il n’est pas parvenu à refermer, qui sont devenues des gouffres depuis que son créateur l’a quitté. Sa dépouille git quelque part dans le cimetière, et ça le détruit. L’inachevé contre le palais, l’écorchure carmin qui ne cesse de saigner. Il mentionne les coups de poing mais il se garde d’évoquer le baiser volé. L’agression intime qu’il ne s’explique toujours pas. Lyn grimace, en proie à une douleur souveraine, et le soldat se radoucit aussitôt. Il s'humecte les lèvres nerveusement. « - Excuse-moi. Tu devrais rester tranquille. Ne pas trop bouger. Je vais te laisser te reposer. Tu veux que je t’apporte quelque chose avant de partir ? » Les phalanges abimées caressent doucement les boucles de feu, sans trouver quoi faire d’autre. Il la touche à peine, agrippe l’épaule dans un geste qui se veut rassurant mais qu’il retire aussitôt. Le plus infime contact lui parait horriblement déplacé.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Sam 30 Juil - 21:20


L’excuse est accueillie avec l’ébauche d’un sourire timide. Lyn qui dans un battement de cils lui fait comprendre qu’il n’est en rien responsable de ce qui lui est arrivé. Il a précipité la fin du supplice, c’est au fond le plus important pour elle. Du bout des doigts, elle vient effacer le sang qui glisse contre sa pommette, ces perles sèches s’écaillant pour céder leur place à un nouvel fil écarlate. Elle a du fer sur la langue, ce goût nauséeux et le contact poisseux sur ses doigts. La splendeur du liquide carmin qu’elle affectionne uniquement lorsqu’elle repeint le monde avec celui de ses ennemis et non le sien. Ce gris sombre qui s’accroche aux rétines pour mieux faire vaciller sa vision. Des frissons viennent se couler contre son échine, la pousse à se replier un peu plus sur elle-même comme pour se protéger. L’ébauche d’un nouveau sourire s’appose sur ses lippes en entendant la réplique. Elle se gardera bien de lui avouer qu’elle n’est pas parvenue à tenir son regard éloigné de l’islandais bien longtemps. Comme accroc que l’on contemple pendant des heures sans parvenir à savoir ce qu’il advient d’en faire. Les autres n’auront rien vu, trop absorbés dans leurs frivolités et ces discussions dénuées d’intérêts. « - Je doute qu'on puisse s'y rendre par choix. A moins d'y jouer un rôle important. On s'y habitue sûrement avec le temps. » Prétendre est certainement la meilleure chose à faire. Attendre que passe l’ombre, oublier l’espoir d’un jour parvenir à apprécier les instants en compagnie désuète. Lyn les fréquente depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’il est ardu de s’habituer à ces réceptions quand elles n’ont pas fait partie du quotidien depuis le début.  Ses paroles se voulaient dénuées du moindre sous-entendu. La confession d’un fou qui glisse malgré sa volonté sur le sol, s’étend à ses pieds pour mieux venir se coller contre ceux de l’ancien amant. Pendant une infime seconde, la rousse perçoit la lame de la gêne lui chatouiller le cœur. Il bute et se heurte, avant de repartir, piqué au vif par l’aiguille d’un sentiment tout autre.

« - Ce n'était pas mon intention... Une connaissance, avant de le devenir il y a quelques mois. Une seule fois... » Elle récite son texte dans un souffle, baissant doucement les yeux vers ses mains qu’elle vient de joindre contre ses cuisses. Il n’était qu’une âme croisée au cours d’une réception comme celle à laquelle ils ont tous les deux assistés. Des discussions lancées au gré d’un verre que l’on boit avec insouciance. Lyn ne s’attendait pas à ce qu’il l’appelle, à devoir se rendre à son domicile. Et encore moins à se retrouver face à un homme brisé. Elle l’a vu dans les yeux gris, ce gouffre de peine qui broie le cœur et que l’on veut noyer sous le vice. Alors elle a fait ce pour quoi il la payait : prétendre. Offrir la chaleur d’une affection factice, de la tendresse pour panser les blessures que l’on tente pourtant de masquer. La prostituée s’est perdue dans les limbes de son rôle de composition, parvenant presque à se prendre d’affection pour le soldat. Sans parvenir à vraiment effacer cette chaleur étrange dans le creux de sa poitrine. Là où sommeille du vide, Lyn a été incapable de ne pas se sentir triomphante. Empêtrée dans les draps de la luxure, souillant l’attachement de l’islandais à mesure que ses reins se brisaient contre ceux du Major. Elle mentirait si elle avouait ne rien éprouver à ce moment-là. Malgré la reconnaissance, le coin de ses lèvres tressaille et esquisse l’ébauche d’un énigmatique sourire. Le venin de sa haine alimenté par le tressaillement dans la voix de son voisin. A la manière d’un éclair annonçant le tonnerre, le ricanement résonne dans la pièce et presse le cœur de la rouquine. Le geste trop brusque la fait frémir, oblige la rousse à lever les yeux. Elle la sent sous la peau, cette colère sourde qu’il s’efforce de contrôler au mieux. Les phalanges se crispent contre le tissu bleu, et les sourcils se froncent. Devant les questions qui se crachent contre ses tympans, les traits de la rouquine se font de fer. Elle s’enferme dans le silence, le vert de ses pupilles ancré au froid de celles de l’islandais.

« - Pas suffisamment malheureusement. Tu m'avais offert les meilleures raisons pour le faire. Tu voudrais quoi, que je te jette dehors en te hurlant dessus ? Que je te frappe à nouveau ? Ta seule présence ici est une insulte à la mémoire de celle que tu as... » Il y a de la glace dans les paroles, l’évidence d’une tension grattant les profondeurs, mais le timbre est resté le plus neutre possible. Le féminin chassé par le masculin se meurt sur les dernières notes, la phrase s’achevant sur du néant. C’est tout son corps qui rejette le mot, la simple évocation du drame dont la plaie est toujours béante. L’hémorragie qui se fait sous la peau, à chaque souvenir, à chaque instant qui se heurte au vide de son absence. Brusque, Lyn baisse la tête, crispe les mâchoires pour ravaler sa peine et les griffes de la colère qui lui agrippent la gorge. « - Néamoins, je ne suis pas stupide non plus, et pour ce que tu viens de faire, je ne peux que t'être redevable. » Soufflé dans une expiration, comme un aveu qui peine à déchirer le silence. Elle s’en veut, de devoir lui être redevable. De se sentir ainsi lié à celui qui a tout détruit. Sa vie, et cette amitié si durement gagné. La confiance piétinée pour ne laisser qu’un vide sous cette armure rouillée. Flop aboie, comme pour rajouter une nouvelle voix au milieu de celles s’élevant déjà, gratte le parquet de ses griffes pour se poster entre Lyn et Rhys quand ce dernier se rapproche. Grognement teigneux insuffisant pour faire mourir le contact. Elle se sent sale, joue doucement de l’épaule pour se défaire de cette étreinte incongrue, le regard ancré à la table devant elle. « - Je n'ai besoin de rien. » La réponse s’extirpe avec peine d’entre ses dents serrées, un mouvement de tête accompagnant la réplique. Achevée sous le venin, la discussion se meurt à leur pied. Le silence seulement brisé par la mauvaise humeur de Flop, Lyn se mure dans son mutisme. Epuisée, brisée, l’effort pour se maintenir à flot lui vole les restants de bonne volonté qui pouvaient s’accrocher à son cœur. Le milicien s’écarte, d’un pas puis d’un autre. Prêt à quitter la pièce, suivit par le roquet, déterminé à le guider vers la sortie. Seule dans la tourmente, Lyn pousse alors un soupir tout en fermant lentement les paupières.

« - Reste, Rhys. Dans ton état, tu n'auras le temps de rien. La cave est toujours utilisable, je n'ai pas eu le courage de ranger depuis New York. Tu seras mieux ici. » L’obscure devant les yeux, la demande entrave ses côtes qui se resserrent contre l’organe qu’elles protègent. Lentement, Lyn entreprend de remettre son alliance pour l’effleurer une fois à sa place. Comme pour s’assurer que ce qu’elle vient de proposer n’est pas une erreur. Demander l’autorisation au fantôme qui s’accroche à ses souvenirs. Lyn se redresse, expulse sa douleur avant de se lever. Le geste est malhabile malgré tous ses efforts pour rester la plus digne possible. La main planquée contre son bas ventre, la rouquine quitte la pièce pour se rendre dans la cuisine. Extraire d’un placard une fiole remplie d’un liquide verdâtre. Les derniers restants de cette magie disparue. L’ancien sorcier qui tente de conserver une attache avec son ancien monde, noyant ses connaissances, usant de talents morts dans l’art de confectionner des potions. Celles permettant d’apaiser au mieux la douleur des transformations. Elle pose l’objet avec délicatesse sur le comptoir contre lequel elle s’accoude péniblement, le regard rivé sur Rhys. L’espoir au fond du cœur qu’il refusera l’offre. La raison comprenant qu’il est bien plus sage pour le soldat de rester ici. Renouer pour quelques heures avec le rituel de leur vie passée.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Sam 6 Aoû - 20:26

Le ton se veut neutre mais les lèvres écarlates s’étirent en un rictus mesquin. Le sourire vicieux de celui qui a assouvi une perfide vengeance et qui ne peut s’empêcher d’en retirer une satisfaction malsaine. Il le discerne bien, derrière le ton doucereux et les œillades gênées. L’islandais regrette de s’être confié par le passé, de lui avoir avoué les tourments qui lui dévoraient le cœur dans un instant de faiblesse. L’adultère gênant et honteux, en filigrane derrière les sourires ébréchés. La preuve indéniable qu’il était allé beaucoup trop loin, dépassant les limites de sa mission pour réellement s’attacher au jeune couple. Au mari passionné en particulier. Il aurait dû laisser une distance de sécurité entre eux, ne rien lui révéler qui soit susceptible de se transformer en une arme par la suite. Il aurait dû mentir, s’inventer des morceaux de vie, brouiller les pistes. Ne pas trouver du réconfort auprès de l’ennemi, en sachant qu’il pourrait utiliser ces instants de faiblesse contre lui. Les révélations maladroites le blessent car il ne s’y attendait pas. Il voyait le Major au-dessus de ça, trop droit pour céder de la sorte aux affres de la luxure avec une prostituée. Trop supérieur pour faire comme tous les autres et payer pour des faveurs sexuelles. Il l’imaginait mépriser ceux qui se vautraient dans la débauche impunément, même s’il n’avait rien d’un saint. Le murmure aux airs d’excuse de la dépravée crispe son visage de contrariété et sa main vient balayer l’air avec dédain pour la chasser. « - Ce n’est pas la peine de te justifier, je n’ai pas besoin de connaitre les détails. Epargne-moi au moins ton hypocrisie. » Il ne veut pas le savoir, préfère rester ignorant quant à la fréquence et à l’intensité de leurs rapports sexuels. L’entendre à voix haute ne fait que rendre leurs ébats plus réels, même s’ils ne se sont étendus que sur une seule nuit. La pointe de jalousie qui lui transperce le cœur lui laisse une impression étrange, comme si visualiser Calyxte avec un autre n’était pas le nœud du problème. Juste un leurre pour dissimuler le trouble qui lui dévore les reins en présence du rouquin. Depuis le premier instant. L’absurdité de sa propre réflexion empire son courroux, rend les griffures de l’animal plus féroces. Plus profondes. Les lames acérées creusent l’abdomen, raclent la chair de l’intérieur. Empoisonnent le sang qui se fige dans ses veines pour mieux le brûler la seconde d’après.

La chaleur déconcertante qui éclairait les traits du français se dissipe, cède sa place à la froideur coutumière. La dureté méprisante devenue la norme depuis l’affreuse fusillade. Le dernier mot se meurt sur la langue, happé par le gouffre de chagrin qu’il discerne dans ses prunelles. Il s’en veut de ramener sa terrible traitrise à la surface de nouveau. Un cadavre qu’ils ne parviennent pas à enterrer, dont la terre est sans cesse remuée. Il ne comprend pas comment Regan le supporte, plus encore en habitant dans la maison en face de la sienne. Il lui semble que si quelqu’un lui avait infligé les mêmes maux, il n’aurait pas supporté d’attendre. Il l’aurait condamné à la loi du Talion. Même si le laisser en vie pouvait être perçu comme une pénitence, mieux valait retirer vivement le couteau. L’arracher pour qu’il cesse enfin de se retourner encore et encore dans la plaie. Dans un monde où la justice ne valait plus rien, vide de tout sens, se la faire à soi-même demeurait la seule option. Mais sans pour autant lui pardonner, le rebelle n’en fait rien. Il se contente de le frapper à l’occasion, de faire preuve d’une courtoisie déroutante le reste du temps. Il ignore ce qui le retient. Ce ne serait pas de la stupidité de le trainer dehors, juste un rééquilibrage. « - Ce serait déjà plus cohérent, oui. Tu ne me dois strictement rien. On sait tous les deux que c’est moi qui ait une dette envers toi après ce que j’ai fait, et qu’elle est inépuisable. » Une dette pour le laisser vivre en sursis. Il peut bien prendre des risques ou se battre pour lui en échange. Lui éviter de terminer dans l’arène et démolir ceux qui osent s’en prendre à lui. C’est terriblement ironique au fond, et probablement condescendant. Il se sent le devoir de le protéger alors qu’il a détruit sa vie. Réduit à néant tout ce qui comptait pour lui. La nécessité de se racheter à tout prix. C’est sans doute ce qui le rend encore un peu humain, derrière tous les actes monstrueux commis au nom de la milice. Ce qui éclipse encore partiellement l’ombre.

Le rejet s’appose sur les lippes alors qu’il tente de se racheter et de se montrer serviable, et le métamorphe n’insiste pas. Raccompagné manu militari vers la sortie par le ratier furieux, il se dirige vers la porte lorsque la voix aux notes féminines perce le bruit des aboiements. L’hésitation cloue les membres au sol l’espace d’un instant, fourmille le long des guiboles. Surpris, il fait volte-face pour jauger la sincérité de la rousse sulfureuse. L’invitation ressemble à un piège. Rien ne lui assure que le résistant n’en profitera pas pour le laisser croupir dans sa cage. Le laisser crever de faim, de froid. L’abandonner aux ténèbres jusqu’à ce qu’il ne reste plus de lui qu’un vulgaire corps en décomposition. Lui offrir une agonie lente et horrible. La méfiance perdure, lui intime de prendre la poudre d’escampette avant qu’il ne soit trop tard. De ne pas accorder sa confiance à celui qui a toutes les raisons de lui nuire. Mais l’autre option lui déplait tout autant, si ce n’est plus. S’il ne parvient pas à atteindre le bayou à temps, la panthère sera livrée à elle-même dans les rues. Trop longtemps bafouée pour qu’il puisse la contrôler, l’empêcher de se livrer à un véritable carnage. Un frisson d’angoisse lacère son échine en greffant des visages connus aux potentielles victimes. Sa femme en tête de liste. Louiza qui ignore ce qu’il est vraiment, même après tout ce temps. Il est toujours parvenu à inventer une bonne excuse pour l’empêcher de découvrir la vérité. Ses crises de somnambulisme. Son penchant pour les virées nocturnes, le vice. Ses missions pour l’armée. N’importe quoi plutôt que d’apprendre que ses os se brisent à chaque pleine lune, mutent en une bête féroce et affamée.

En un soupir contrit, la décision est finalement prise. « - Je crois que je n’ai pas le choix… » Il lui donne raison, partir ne serait pas raisonnable. Néanmoins, la méfiance s’accroche à ses tripes, refuse de s’en déloger. Il suit avec attention le manège de l’hôtesse pour décliner poliment son offre après une longue minute d’hésitation. « - C’est gentil mais je crois que je vais m’en passer. Même si c’est supposé aider, je m’empoisonne assez avec les injections d’argent depuis des semaines. » Souffle t’il avant d’emprunter le chemin de la cave. D’un pas décidé pour ne pas flancher. Il retrouve rapidement les vieilles habitudes, retire un à un ses vêtements sans regarder le propriétaire. Ses gestes sont maladroits, fébriles. Il tremble de plus en plus, sous l’emprise du félin caractériel et exigeant. Il tente de fermer son esprit pour ne pas songer à ce qu’il est en train de faire. Se mettre à nu devant son pire ennemi avant de se réfugier entre des barreaux métalliques. La folie de la chose aggrave l’état de ses nerfs, l’écorche vif. Le soldat se sent ridicule et misérable de devoir en arriver là. Les rétines claires esquivent les émeraudes enivrants, ravagées par l’humiliation cuisante qu’il a l’impression de subir.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Ven 12 Aoû - 20:33


C’est une décision qui se prend à contrecœur, elle le sent. Le temps qui presse et qui pousse à accepter le dernier recours que l’on vient de lui offrir. La rouquine grimace devant les explications du changeur. Les injections d’argent sont une aberration à ses yeux, une honte visant à détruire l’œuvre d’un autre. Il n’a jamais été question de malédiction aux yeux du mage, mais d’une bénédiction. La promesse d’une seconde vie, une victoire face à la mort. Il a été là pour Rose, à ses côtés durant les douleurs des premières lunes, face à l’animal qu’il a fallu apprendre à connaître pour ne plus se retrouver menacé. Pour finalement passer des nuits entières assis sur le plancher fatigué, le fennec roulé en boule sur ses genoux. Le français a tout fait pour que Rose ne souffre pas de cette seconde nature, minimiser au mieux les souffrances et l’emprise de l’astre sur sa compagne. Il en aurait fait de même avec Rhys. Lyn n’en dira rien, mais elle souffre. S’avancer jusqu’à la porte de la cave à la suite du soldat lui fait affreusement mal. Mal à l’aise, elle triture avec insistance son alliance, enlève doucement ses talons dans une tentative pour gagner du temps. Dans une inspiration fébrile, elle se décide enfin à suivre le changeur. Les pupilles rivées sur le sol, elle dérive comme si elle cherchait à éviter une ligne invisible. Celle qui la sépare de la tâche sombre étalée à quelques pas de l’escalier. Le sang séché de son ancienne colocataire, la réminiscence d’un abominable meurtre que le résistant a découvert avec horreur. Il évitait déjà de se rendre au sous-sol, y faisait de rapide aller-retour seulement lorsqu’il était question de sortir une bouteille de sa réserve poussiéreuse. Collection personnelle ayant affreusement diminuée avec le temps, les rayons vides supplantant ceux encore occupés.

A mesure de la progression du milicien, les vêtements sur le sol apposent une certaine gêne dans l’attitude de la rousse. Déjà alimentée par l’endroit lui-même, elle s’efforce de garder les yeux rivés sur le sol. Refuse de laisser parler cette envie douteuse qui s’intensifie lorsqu’elle pénètre à son tour dans la cage. Le rituel lui laisse un arrière-goût amer sur la langue. Le visage reste de fer, ne laisse rien transparaître, et dans ses gestes, elle s’efforce de rester neutre, de ne pas flancher lorsque la chaîne s’enroule autour de la gorge du changeur, alors que l’idée de la serrer jusqu’à l’asphyxie lui broie le cœur. Elle en meurt d’envie, de le voir suffoquer à ses pieds. D’assister à sa chute avec un plaisir malsain. Venger Rose, dans les entrailles même de sa maison, laver l’affront et jeter le cadavre sur la chaussée, prétendre à une agression comme celle qu’elle vient de subir. Dans un sursaut de raison, Lyn se ressaisit et quitte la cellule, refermant soigneusement la porte derrière elle, la clé se cachant dans son décolleté. Comme une ombre, ses pieds nus n’émettant aucun bruit sur le sol, la rousse quitte les lieux, laissant dans son sillage les effluves de son parfum capiteux. Et Flop, qui vient grogner face aux barreaux, nargue le prisonnier quelques instants avant de trottiner à la suite de sa maîtresse. La porte se referme dans un soupir, la main repose sur le panneau de bois le temps de plusieurs battements de cœur avant qu’elle ne se retranche dans le silence de sa chambre. La robe glisse contre les lignes sèches, révèlent les bleus dévorant la peau laiteuse. La douleur en nuances de gris devant ses yeux aveugles. Dans un soupir las, Regan reprend possession de son corps, abandonne la rousse dans un recoin de la pièce pour se perdre seul dans les heures sombres de la nuit à présent tombée.

[…]

La détonation crève le silence, trouve un écho dans le cri qui lui déchire la gorge. Dans un sursaut, le cœur cherchant à s’extirper de la chair, Regan quitte brutalement le sommeil comateux dans lequel il avait fini par sombrer. Il ignore si le cri était réel ou le simple fruit de sa mémoire tournant à plein régime. La lumière trop vive du matin bien avancé brûle ses rétines fragiles et l’oblige à plisser les yeux. Il a de la sueur sur la peau, froide, elle perle sur son torse et contre ses bras. L’horreur le fait trembler, claquer des dents et dans un souffle, il tente de laisser s’échapper son malaise. Hanté par ses cauchemars, l’unique, le seul qui le dévore jusque dans la fibre la plus infime de son être. L’odieux relent de mort qui revient sans cesse s’accrocher à son esprit détruit. Le français se tourne dans le lit, pose sa main sur le vide à côté de lui, espérant malgré tout y trouver la chaleur du corps de son épouse. Le néant qu’il effleure fait s’affaisser le coin de ses lèvres, dans une profonde inspiration il ferme lentement les yeux et ôte sa main. Laisse les secondes filer pour offrir à son cœur le temps de se reprendre, calmer sa course folle et s’ancrer à nouveau dans le présent. Sa triste réalité, plus ignoble que le songe qui l’a pourtant pris aux tripes. Criant d’un réalisme plus vorace que d’ordinaire, il en vient à se demander si la présence du meurtrier n’y est pas pour quelque chose. L’espace d’un instant de perdition, Regan s’imagine le laissant là. Enchaîné dans sa cage, la geôle dans laquelle il finira ses tristes jours avec pour unique lumière, le faible rayon de jour filtrant par la minuscule fenêtre. Privé de nourriture et d’eau, l’agonie lente et douloureuse. Un frisson de plaisir malsain lacère l’échine du résistant, attise sa haine le temps d’un soupir avant qu’il n’ouvre à nouveau les paupières, et ne chasse ses obscures pensées. A la manière d’un fantôme, le corps s’extirpe de sous la couverture négligemment jetée, enfile un t-shirt par-dessus un pantalon de jogging avant de descendre.

La douleur du réveil brutal encore ancrée au cœur, et malgré l’heure bien avancée de la matinée, Regan prend le temps de se brûler la trachée avec une tasse de ce café affreusement fort. La première de sa longue journée. D’un œil distrait, le compte rendu des appels manqués s’affiche sur l’écran de son téléphone. Autant de rendez-vous qu’il ne sera pas en mesure d’honorer. Pas tant que les plaies resteront visibles sur son visage. Un spasme de frustration agite les traits tirés et la tasse se pose avec force contre le plan de travail. Sa main rechigne à tourner la poignée, elle tremble, prisonnière de l’angoisse qui broie le cœur du français. Cette panique qui le prend à la gorge à la seule pensée de retourner se perdre dans les entrailles de sa propre maison. Faire face à la disparation d’Aslinn. Au néant d’un alcoolisme prenant plus d’ampleur au fil du temps. Se tenir là, face à l’ennemi, à côté des quelques cartons estampillés au nom de Rose. Les rares qu’il a eu le courage de faire après sa mort. Dans un reniflement, Regan se décide enfin à franchir le seuil de ses angoisses et pousse la porte. Sans un regard pour le décor environnant, il vient tirer une chaise qu’il place devant la cage pour s’y installer. Le temps de plusieurs battements de cœur, les pupilles du résistant écrasent le changeur. Indécentes, elles effleurent la peau qui s’offre à leur vision, dérivent le long des lignes pour caresser les contours de la cicatrice barrant l’abdomen. Il a du feu dans les yeux, des flammes dans le ventre et contre le cœur. La haine qui se couple à la honte d’un désir qui le laisse perplexe à chaque fois qu’il le sent gratter sous sa peau. Toujours en présence de Rhys. Lui et seulement lui.

« - Tu t’acharnes à lutter contre ce que tu es, c’est pour ça que tu souffres autant malgré tout ce temps. »
Lâche-t-il dans un soupir, détournant les yeux pour s’abandonner dans la contemplation du mur quelque part au-dessus de l’épaule du soldat. « - Tu peux te leurrer tout ce que tu veux, mais elle est bien là. Et toutes les injections d’argent du monde ne l’empêcheront pas de te dominer à chaque pleine lune. Ca ne fera que rendre la transformation encore plus insupportable. » Elle s’enraille dans sa trachée, les graves de sa voix vibrant sur des notes d’une incompréhension troublée par des relents de douleur. Il la cache du mieux qu’il le peut, sa gêne et le mal qu’elle dissipe dans son être. L’ombre du renard des sables plane dans la pièce, le bruit des griffes sur le sol, il l’entend comme si l’animal était encore présent. Dans un raclement de gorge malhabile, Regan joue des épaules, décroise ses jambes pour les recroiser dans l’instant.  « - Je ne comprendrais jamais les sorciers qui abandonnent leur création sans chercher à les aider. » Souffle-t-il alors, baissant les yeux vers ses mains. Les doigts qui jouent avec l’anneau d’or comme s’il contenait l’essence même de ce lien que le sorcier de Rhys a si allègrement bafoué. Lui qui donnerait tout pour que sa création lui revienne

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Lun 15 Aoû - 21:02

Le moindre de ses muscles le tiraille, le fait affreusement souffrir. Les os rongés par la douleur jusqu’à la moelle, il trouve à peine la force de remuer les jambes. Endolories par les heures à tourner en rond dans une geôle minuscule sous sa forme animale. Aussi raides que de vulgaires morceaux de bois. Il grimace en tentant de les bouger, l’effort le détruit. La saveur acre et métallique de son propre cruor ne cesse d’inonder son palais, de rendre la déglutition difficile. Les chaines autour de sa gorge lui font mal, trop serrées pour ne pas le gêner. Il a bien cru que son hôte allait lui comprimer la trachée jusqu’à l’asphyxie la veille, et il regrette presque qu’il y ait renoncé tant l’inconfort est grand désormais. Des heures que l’homme attend la délivrance, depuis les tous premiers rayons de l’aube. Il commence à croire qu’elle ne viendra pas. L’astre de feu est désormais haut dans le ciel, traverse les barreaux de la cage par l’unique source de lumière. Elle aveugle les pupilles translucides, mais n’est pas assez puissante pour réchauffer le corps frigorifié. D’abord faibles, les tremblements se sont accentués au fil des heures jusqu’à le faire claquer des dents. Le froid perce profondément la chair découverte, rend la peau plus livide que jamais. Le prisonnier regrette sa bêtise, de s’être laissé enfermer sans résister, en offrant même son consentement. Il lui semble néanmoins qu’il n’avait pas d’autre choix. Il aurait probablement dû détourner le regard, ne pas porter secours à son voisin maltraité. Rester concentré sur son objectif et s’éloigner le plus rapidement possible de la civilisation. Sa perte a été précipitée à l’instant même où il a tendu la main à son pire ennemi. L’ironie de la chose est certainement qu’il le mérite plus que quiconque pour ce qu’il lui a fait. Pour avoir trahi sa confiance, bafoué leur amitié. Pour avoir assassiné sa femme, alors qu’elle se trouvait sans défense et à genoux devant lui. La dernière œillade qu'elle a pu lui lancer avant d'appuyer sur la gâchette le hante.

L’épiderme égratigné par les frottements contre le béton rugueux, le soldat se recroqueville comme il le peut. Cherche vainement la position la moins inconfortable. Les paupières embrassent l’obscurité et des frissons intempestifs prennent le contrôle de son enveloppe lorsque la porte s’ouvre. Après autant d’heures de supplice, il n’ose plus espérer être libéré. Le bruit de la chaise qu’on tire ne l’enjoint pas davantage à y croire. L’irruption le force néanmoins à se redresser piteusement, pour tenter de faire face à son hôte. Incandescentes, les prunelles dévorent les lignes de ses muscles, s’y attardent sans une once de pudeur. Elles accentuent le malaise et la gêne qui le rongent. Il déteste se retrouver ainsi à découvert, à nu. L’immonde cicatrice sur son ventre pleinement exposée. Elle lui fait honte, lui rappelle l’agression qui a radicalement changé sa nature. Le premier contact avec une sorcellerie dont il ne soupçonnait même pas l’existence. Il n’a pas besoin de leçons sur la manière de gérer la bête tapie dans ses entrailles, il sait ce qu’il devrait faire. Il refuse simplement de capituler, d’accepter ces transformations qui le répugnent. « - Joli sens de la déduction, tu crois que je n’en étais pas arrivé à la même conclusion tout seul ? » Le timbre est polaire, dénué de la moindre trace de délicatesse. Il ne parvient pas à dissimuler sa contrariété. A se composer un masque d’amabilité pour amadouer son geôlier.  « - En quoi ça peut t’intéresser d’ailleurs ? » Il ne comprend pas pourquoi Regan lui fait la conversation, lui dispense des conseils alors qu’il est de notoriété publique qu’il le hait de tout son être. Il ne le cerne tout simplement pas, et ce simple constat le rend fou. Le français oscille sans cesse entre les extrêmes, complètement imprévisible.

Le milicien serre ses barrières de nacre à s’en éclater la mâchoire lorsque le résistant ose mentionner son créateur. Il n’a toujours pas digéré l’annonce de leurs ébats. Il risque de ne jamais y parvenir si le rouquin s’entête à aborder ce sujet épineux. « - T’en sais foutre rien de ce qu’il a fait pour m’aider ou pas, garde tes jugements de valeur pour toi. » Crache-t-il, agrippant l’une des tiges rouillées hargneusement. L’ordre ressemble à une menace, sauf qu’il est ridiculement impuissant. Il ne s’y prend pas de la bonne manière, sabote ses maigres chances de se faire délivrer. Le ressentiment est trop puissant pour lui permettre de plier l’échine sans se mordre l’intérieur des joues jusqu’au sang. « - Il ne m’a pas abandonné. C’est moi qui l’ai quitté. J’aurais préféré crever ce jour-là. Qu’il ne s’en mêle pas. Ou qu’il appelle les secours comme n’importe qui de sain d’esprit l’aurait fait. Ce n’était pas à lui de décider de mon sort. Il n’avait pas le droit d’agir comme si ma vie lui appartenait. » Je ne lui ai jamais pardonné. Devenir la chose ou la possession de quelqu’un le débecte. Le rituel ne repose d’après lui que sur ça. Asservir à sa volonté un semblable. Le briser pour mieux le contrôler. L’œuvre de pauvres déments. De tyrans en puissance. La rupture s’était initiée dès le réveil, même s’ils ne l’avaient pas réalisé immédiatement. La fêlure s’était agrandie démesurément au fil des semaines. Le venin s’était répandu jusque dans les plus infimes failles de son palpitant. Impossible à déloger. Impossible à éradiquer. « - Cette arrogance qu’ont tous les sorciers, de créer leurs propres abominations en agissant en prime comme si leurs créatures devaient leur en être redevables. Ou les considérer comme indispensables. J’ai pas besoin d’un foutu guide, juste d’un moyen de me débarrasser radicalement d’elle. » Le dédain roule sur la langue, résonne dans l’espace exigu. Son côté cartésien le pousse à croire que les choses reviendront à la normale. Que le surnaturel finira par disparaitre comme il est venu, réduit à néant par des avancées scientifiques. Les vaccins qui pullulent depuis récemment sur le marché lui donnent de l’espoir en ce sens. C’est pour cette raison qu’il préserve sa fille, qu’il distingue toujours la part d’humanité derrière le monstre qu’elle est devenue. Il se persuade qu’elle peut redevenir normale, que tout n’est pas perdu. Il n’est pas surtout pas prêt à la laisser partir. Sans son enfant, il n’est plus rien. Juste un tueur au sein de l’armée, un humanoïde qui mériterait de monter sur l’échafaud pour tous ses ignobles crimes. Tous ces meurtres commis sous le couvert d’une dictature sanguinaire.

La patience s’effrite comme des grains de sable entre ses doigts et il se permet finalement d’interroger son détracteur. Inapte à se montrer tempéré avec les nerfs à vif. Misérables filaments écorchés. « - T’as l’intention de me laisser moisir dans cette cellule ? Ce sera un rendez-vous habituel ? Toi qui viens t’asseoir sur cette putain de chaise en me servant toutes les banalités qui te passent par la tête, pendant que je dépéris ? » Les rétines grisent le défient, mais une lueur de crainte les déchire. Se voir infliger un châtiment aussi abominable le tétanise. Et pourtant. Il a conscience que ce ne serait que justice. Une peine à la mesure de sa terrible traitrise. « - J’espère que le spectacle est plaisant au moins, mais vu comme tu te rince l’œil, on dirait bien. » Ne peut-il s’empêcher de rajouter, provocateur à en crever. L’espièglerie en façade, quand une véritable tempête se déchaine au creux de sa cage thoracique. Le chaos qui prend racine dans la rancœur et la frustration.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Sam 20 Aoû - 20:56


Ecorché, à vif, c’est le spectacle d’un être à bout qui s’appose devant ses yeux. Alors qu’il prend possession de l’espace, laissant les pieds de la chaise racler le sol dans une symphonie grinçante et irritante. Ce n’était qu’inconscient, dans les premiers instants. Le temps qui s’est dérobé sous ses pieds, s’étirant devant lui pour le pousser à émerger de sa torpeur bien plus tard qu’il ne le voulait. Ce n’était pas prévu que la captivité s’étende jusqu’à une heure aussi tardive. Prêt à venir libérer le changeur dès les premières lueurs du jour pour lui épargner le calvaire de rester seul, enfermé dans l’inconfort et le froid. Ce qui n’était qu’un malheureux hasard est devenu l’exercice d’une volonté vouée à le faire souffrir. Cet autre, pour palier à une autre douleur. Voir le mal dans les pupilles claires pour oublier celui qui le ronge de l’intérieur. Consciemment, le français a laissé le temps s’étendre, filer entre ses doigts sans chercher à le retenir. Repoussant jusqu’à l’extrême l’instant où il reviendrait se tenir face au milicien. Et ce qu’il peut lire dans ces yeux, ce qui racle la voix abîmée, cet assemblage branlant de fureur et de frustration le fait frémir. De l’intérieur, d’un plaisir malsain. L’ébauche d’une perversité à fleur de peau, sa vengeance qu’il perpétue à chaque nouvelle rencontre. Le tuer serait trop aisé. Un plaisir d’une intensité folle qui retombera aussitôt le corps froid gisant à ses pieds. Mais ces petits instants de grâce, où la haine prend son essor et frappe de ses ailes sombres la silhouette du félon, ces pauvres instants lui rappellent ce que ça fait d’être vivant. De ressentir autre chose que du néant, cette satisfaction douloureuse qui le tire de son apathie seulement lorsqu’il voit chuter un nouveau morceau de pouvoir qu’il exècre.  Une nouvelle pierre qui compose l’édifice de la vie de Rhys. L’amant avec lequel on se perd, en échange d’une poignée de billets verts. L’épouse qui l’abandonne. La fille que l’on offre en pâture à la mort. Regan a jalonné son existence de petits triomphes. D’infimes satisfactions pour défaire la douleur et le venin qui le rendent amer. Et maintenant qu’il s’installe avec calme face au changeur, il savoure l’instant. Le sourire ancré sous la peau, quand son visage reste neutre. Du vide dans la finesse de ses traits, seulement un feu qu’il est incapable de contrôler dans les yeux.

La raison juge que les questions n’attendent pas de réponse, aussi garde-t-il le silence. Ce qui se crache lui écorche les tympans. Vibre contre ses oreilles et le fait tressaillir. Le flegme s’étiole face au dédain. Un battement de cils annonce la chute, détend la distance et ravage le vide. Le français fronce les sourcils, ravale sa haine et ses phalanges se crispent contre ses bras qu’il a croisés sur son torse. « - C'est vraiment ce que tu imagines ? Que c'est uniquement par besoin de contrôle et de puissance que l'on décide de se lier à quelqu'un d'autre ? » Souffle-t-il, de la perplexité dans la voix. « - La décision que ton Major a dû prendre a sûrement été la plus difficile de sa vie. Il n'est certainement pas question d'être redevable ou de vouloir asservir qui que ce soit. Tu ne t'es jamais dit qu'il était question d'attachement ? La peur de perdre l'autre qui pousse à lier son âme à la sienne pour le sauver ? » La voix vibre sous la force de ses convictions, mais s’oblige à rester la plus détachée possible. Il n’a pas hésité un seul instant, face à la mort qui tendait les bras à Rose, le rituel était son dernier espoir. Le secours inespéré qui leur promettait plus de temps ensemble. La victoire là où tout avait échoué. Même s’il ne l’avouera pas, il peut comprendre ce qui a poussé l’américain à agir comme il l’a fait. Ne pas réfléchir, et enclencher la sombre mécanique. Parce qu’il savait que les secours ne pourraient rien pour son amant. Rhys ne voit que sa partie de la malédiction et s’aveugle en blâmant les mages. Appelant malédiction ce qui, aux yeux du français, est une bénédiction. « - Tu ne pourras jamais te débarrasser de ce que tu es. Et je doute sincèrement que ce qui peut être en train d'émerger change quoi que ce soit. » Du dédain sur la langue, l’amertume en écho sur ses traits. Ces pis-aller visant à détruire les liens forgés et la magie insufflée dans l’âme l’écœurent. Ce ne sont que des mensonges, des promesses folles que l’on sert à ceux qui souffrent trop pour se montrer raisonnable. De la destruction, mais pas celle escomptée. Du rien, du vent que l’on offre pour mieux asservir.

Ce n’est pas le défi qui s’accroche à ses pupilles qui le dérange, mais les paroles qui l’accompagnent. Dans une ébauche de sourire amer, Regan détourne le regard, les tâches de rousseur disparaissant le temps d’une inspiration. Noyées sous le flot de sang venu se fracasser contre sa peau. Manifestation d’un trouble qu’il ne contrôle pas et qu’il s’efforce d’effacer au mieux dans un raclement de gorge gêné. « - Je ne faisais que contempler les dommages que tu t'imposes. Ce genre de vision me laisse totalement indifférent. » Une vérité qu’il croyait inébranlable. Quand il a appris à détester la vision du corps humain dans son plus simple appareil depuis l’aube de son adolescence. Le corps des autres. Le sien, cet assemblage de chair qui l’écœure pour ce qu’il renvoie, ce qu’il éveille chez ses semblables. Rose était l’exception, du moins il le croyait. L’islandais est une douloureuse nouveauté, un attrait déroutant qui le dégoûte autant qu’il peut l’intriguer. Pour mettre fin au supplice de cette vision qui s’accroche à ses rétines, Regan se lève. Brusquement, il agrippe la chaise et revient la placer contre le mur. « - Au fond, tu sais quoi ? Tu as raison, il aurait dû s'abstenir. Ne rien faire et te laisser en plan. Louiza serait certainement bien plus heureuse que maintenant, Allie n’aurait pas eu à souffrir, Rose n'aurait jamais eu à croiser ta route. Et ton sorcier serait très certainement encore là pour diriger les troupes. » Il crache toute sa rancœur, accable le changeur d’un regard brûlant de tous les tourments qui le dévore. Figé face à la prison de fer, le français laisse le temps filer au rythme des battements frénétiques de son cœur. Le silence troublé par les griffes de Flop grattant la porte. « - Tu vas rester là, et je vais laisser Flop se charger de l’état de tes nerfs. Il sera une bien meilleure compagnie que moi. » Lâche-t-il alors, l’ébauche d’un sourire cynique sur les lippes. Sa main se glisse dans la poche de son pantalon, effleure la clé alors qu’il fait volte-face. Revient sur ses pas malgré l’angoisse qui lui broie le cœur puis s’immobilise. Il n’est qu’un assemblage de contradiction. Possède dans le creux de sa main l’occasion de triompher mais il renonce. Une fois encore, Regan se ravise et revient sur ses pas, attrape au passage les vêtements éparpillés sur le sol pour enfin venir ouvrir la porte de la cellule pour mieux s’y engouffrer.

« - C'est une idée affreusement alléchante, mais j'ai déjà eu la visite de tes camarades en noir récemment, je n'ai aucunement envie de me retrouver à nouveau confronté à eux lorsqu'on viendra à remarquer ta disparition. » Le regard évite de croiser celui du soldat, pour ne pas flancher plus qu’il ne peut être en train de le faire. Doucement, le français pose un genou à terre, ignore au mieux la douleur qui lui lacère le ventre. « - Si je dois finir dans l’arène, ce ne sera certainement pas à cause de toi. » Il le lâche dans un souffle, murmure fragile qu’ils seront les seuls à entendre. Fébriles, ses phalanges viennent s’accrocher à la chaîne enroulée autour de la gorge du soldat. Elles évitent soigneusement d’entrer en contact avec la peau brûlante malgré le froid. Dans un cliquetis sourd, les maillons se défont et chutent lourdement sur le sol. S’envole avec eux le trépas du monstre. Un nouveau sursit qu’il impose, le doute au cœur, amplifiant la lutte entre sa raison et sa déraison.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Jeu 22 Sep - 21:44

La froideur et le détachement apparents de son geôlier improvisé le rendent fou. Il ne supporte pas ses traits impassibles. La neutralité avec laquelle il répand perfidement son venin. Cette impression de se heurter à un mur inébranlable, qu’on peut tout juste effriter. Ce calme ferme, assassin. Le courroux qui ne fait qu’affleurer la surface, même lorsqu’il réduit les entrailles en charpie. D’une certaine manière, le rouquin hostile lui rappelle Calyxte. Le masque de glace dont il se parait, les œillades hautaines qui l’écrasaient de toute sa hauteur, comme s’il n’était rien de plus qu’un vulgaire insecte. Un parasite aussi irritant qu’une vive démangeaison, mais dont on finissait toujours par venir à bout en faisant preuve de patience. En l’ignorant superbement surtout. Les provocations futiles semblent néanmoins plus vaines avec le résistant que le soldat. La haine ne s’appuie pas sur les mêmes fondations. Celle que nourrit le rebelle à son encontre est profondément enracinée. Justifiée par un crime abominable, une trahison injuste. L’animosité que ressentait son supérieur était bien plus fragile, superficielle. Seulement entretenue par leurs préjugés mutuels. Il avait suffit d’entrelacer étroitement les corps pour évacuer la tension latente, pour que la colère s’étiole. Il n’essaie même pas de reproduire la méthode, qui a pourtant largement fait ses preuves, avec le rouquin. Le dédain qu’il perçoit est trop virulent, trop extrême pour ne serait-ce que l’envisager.

L’exaspération froisse ses traits en entendant le point de vue de l’ancien mage, la plus infime fibre de son être se révolte et enrage contre lui. Il déteste l’entendre défendre ainsi un homme dont il n’a fait qu’assouvir les besoins prosaïques le temps d’une nuit. Comme s’il le connaissait aussi bien voire mieux que lui. La jalousie continue de s’accrocher à ses viscères, de les mordre férocement en aggravant ses tourments. Il tombe juste, même si ça lui arracherait la langue de l’admettre, mais ce n’est pas son rôle. Il n’a pas à se mêler d’un conflit de toute manière enterré avec le milicien. « - Oh je t’en prie… La décision la plus difficile de toute sa vie, tu parles. Les inconvénients se résument presque au néant pour les sorciers, c’est quasiment un lien à sens unique. » Il ne sait pas pourquoi il se justifie. Pourquoi il argumente face à un ennemi qui lui donnera toujours tort. Les soirées à refaire le monde avec le français lui manquent sans doute, même si elles étaient dénuées de ce concentré de méfiance et d’agressivité. De cette dose de mépris dégueulasse, suintante par tous ses pores. « - Toutes les transformations ne se font pas pour éviter une mort certaine. La mienne oui c’est vrai, je ne prétends pas qu’il a fait ça pour me tyranniser. Mais il aurait dû accepter de me laisser partir, parce que je n’étais pas prêt au même sacrifice. » Il le crache amèrement. Il n’a pas supporté de voir sa liberté se faire tailler au couteau, s’ancrer jusque dans la chair d’un autre sans lui laisser la moindre échappatoire. Le mariage était un contrat qu’on pouvait défaire d’une simple signature, apposée sur un vulgaire bout de papier. Il l’avait toujours envisagé de cette manière-là pour amoindrir la symbolique de la corde au cou, susceptible de briser la nuque à l’usure. Le lien entre le créateur et son animal, en revanche, n’obéit à aucune convention. Il est impossible à détruire, il résiste à toute volonté de l’éradiquer. Il l’abhorre affreusement à présent que le responsable est enterré six pieds sous terre, au lieu de le chérir à sa juste valeur. Parce qu’il sait qu’il ne pourra jamais vraiment s’en remettre, qu’une part de lui a été anéantie avec le Major. Comme une enclume qui le tirera toujours vers le fond. « - Tu n’en sais rien. On ne connait pas encore la façon de le faire, c’est tout. » Lâche t’il abruptement, sur un ton cassant, pour achever le débat. Au fond de lui, il sait que Regan a raison. Il n’est simplement pas prêt à l’admettre. Il s’accroche à tout ce qu’il peut. Même s’il ne s’est pas encore décidé à utiliser ces nouvelles drogues, il caresse l’espoir qu’elles puissent fonctionner, ou permettre de découvrir à terme un remède efficace.

C’est presque une moue de dégoût qui vient griffer les taches de rousseur lorsqu’il évoque le manque de retenue de son gardien par pure bravade. Le regard impudent qui se détourne de la chair offerte, visiblement plus honteux qu’il ne le prétend, dément ses paroles. Un rictus graveleux ourle ses lippes, ses rétines claires cherchent les siennes. Désireuses d’en dévorer les nuances contradictoires pour lui faire perdre sa suffisance. Il doit se retenir d’évoquer le baiser volé, l’avidité avec laquelle il s’est subitement emparé de ses lippes, sans raison apparente. Il ne l’évoque pas parce qu’il n’est pas prêt à assumer les conséquences de son hardiesse. A entendre l’excuse que le rouquin lui jettera violemment à la figure pour ne pas admettre qu’il en avait envie, en dépit de toute la répugnance qu’il pouvait lui inspirer depuis son crime. Le souvenir est bien trop plaisant pour qu’il l’entache délibérément, même s’il n’en a pas profité sur le moment. Trop surpris pour esquisser le moindre geste. Pour savourer ce délicieux parfum d’interdit, évaporé dans l’air aussi rapidement qu’il s’était incrusté à son épiderme abimé. « - Totalement indifférent hein ? C’était drôlement bien imité alors. Certainement un des innombrables talents nécessaires pour exercer ton… métier, remarque. » Susurre t’il en s’humectant les lèvres, terriblement moqueur. Il joue avec le feu, prend le risque de contrarier son hôte jusqu’au point de non-retour, alors qu’il tient sa vie au creux de sa paume. Il peut le laisser moisir dans cette cellule, l’emmurer vivant. L’islandais se trouve en évidente position de faiblesse.

L’amusement malsain ne tarde cependant pas à s’effondrer en lambeaux lorsque le roux incendiaire s’extirpe de son immobilité. Une vague violente de rancœur s’abat contre sa carcasse, fait mécaniquement redoubler ses tremblements de froid. Il regrette subitement son audace, entrevoit la perspective de réellement terminer les os broyés contre le béton de sa cellule miteuse. Mais ce sont ses mots acides qui finissent par l’abattre, par porter le coup fatal. Son esprit détraqué se voile, s’enflamme, s’embrume. Comme si sa cervelle subissait un court-circuit. Son sang ne fait que tour, rugit et bouillonne dans ses veines. Les deux genoux à terre, il est pourtant saisi d’un horrible vertige. Il lui semble que la pièce entière tourne. Il disjoncte, littéralement, même si ses guiboles restent clouées au sol. La voix du rebelle devient lointaine, il entend la menace sans l’écouter. Les prunelles effleurent la silhouette élancée dans un silence absolu. L’incompréhension au fond du bleu.

L'animal ne bouge pas lorsque le prostitué se met à sa hauteur pour le libérer de ses chaines, il reste parfaitement inoffensif. Il ne prend pas la peine de se relever, les jambes coupées. Pour mieux lui sauter à la gorge dès que le cliquetis métallique résonne contre ses tempes. Les phalanges rêches s’agrippent à sa jugulaire avec une hargne démesurée, repoussent le corps objet de toutes les convoitises contre les tiges de métal. « - Qu’est-ce que tu viens de dire à l’instant ? Répète-le. A propos d’Allie qui n’aurait pas eu à souffrir… Qu’est-ce que tu sais de ça hein ? » Ce n’est probablement rien, juste de façon de parler. De le narguer. D’appuyer avec force sur son point faible pour faire déborder la plaie d’hémoglobine. Mais un sale pressentiment gratte sous la chair, le griffe avec une telle ardeur qu’il ne peut l’ignorer. Il se décide enfin à se remettre sur ses pieds, entraine maladroitement dans son ascension le débauché. Ignore les tiraillements virulents de ses muscles ankylosés. La peau nue se presse contre les hanches étroites, s’y plaque furieusement. Il s’appuie avec vigueur contre le ventre malmené, cherche à le faire grimacer de douleur. Il l’empêche ainsi de s’éloigner, en oublie sa pudeur. Suffisamment proche pour que son souffle caresse sa mâchoire. Les pupilles perçantes sondent les émeraudes, les poignardent douloureusement. « - T’oublies surement que si tu n’as pas encore fini dans l’arène, ça ne dépend que de ma bonne volonté. Il y a des années que j’aurais pu te balancer aux autorités, te faire condamner pour tes actes de résistance et maintenant la déchéance dans laquelle tu te vautres. » Reprend t’il, en accentuant dangereusement sa prise. Les résidus d’attachement et la culpabilité l’en empêchent pour l’instant. Mais plus il y réfléchit, moins il comprend ce qui le retient vraiment. Ce qui le pousse à laisser cette épée de Damoclès trôner en permanence au-dessus de sa tête.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Lun 26 Sep - 21:07


L’absence de réaction, cet immobilisme qui lui retourne le ventre. Donne pendant un instant la sensation d’être allé trop loin. Comme s’il s’était enlisé de lui-même dans un jeu stupide dont il ne maîtrise rien. Tiraillé à foison entre son besoin de destruction et les brides fielleuses de cet ancien attachement qui le liait à l’islandais. Il le déteste pour ça. Pour tout ce qu’il apporte avec lui, d’avoir si impunément réduit sa vie à un gouffre qui l’avale de l’intérieur. Alors que les genoux s’apprêtent à quitter le froid du sol, les doigts qui viennent s’agripper contre sa gorge coupent toute possibilité de retraite. Extirpé de ses lippes sans qu’il ne le veuille, un hoquet de surprise claque au-dessus d’eux. Pour mieux se faire réduire au silence lorsque son dos heurte sèchement les barreaux métalliques. Tout son corps hurle, la douleur qui pulse, explose sous la peau. Elle le noie sous ses flots virulents, brûle les rétines et oblige les paupières à battre frénétiquement pour endiguer les larmes de souffrance. Qu’est-ce qu’il sait ? Tout. La réponse tient en un seul mot. Ce qu’il pourrait murmurer pour faire flancher le traître. Dans le silence troublé seulement par l’impatience de Flop au-dessus, Regan reste de marbre. Accroche ses pupilles à celles du soldat, s’y casse le cœur et se détruit le cerveau. Le monstre meurt d’envie de tout cracher, laisser sa haine atteindre son apogée et révéler qu’il était là, qu’il a assisté à la destruction de sa famille. La mort qui tend les bras vers l’épouse et la fille, et lui qui en devient le spectateur le plus avide.  Soumission fourbe, le résistant lève doucement les mains, insuffle toute sa bonne volonté factice dans le geste. « - Tu m’as très bien entendu. Ce que je sais ? Rien. Seulement qu’un enfant ne devrait pas partir avant ses parents. Si ton sorcier avait accepté de te laisser partir, elle n’aurait jamais existé. Jamais eu à souffrir de tes erreurs. Veux-tu que je continue Rhys ? » Timbre assassin, dévoré par les éclats d’une étrange douleur qui perce l’armure sans qu’il ne s’y attende. C’est à sa propre fille qu’il pense, Camille, la petite morte avant même d’avoir vécu. La douleur de Rose face à cette horreur, celle qui est venue le ronger, pernicieuse, plus puissante qu’il ne l’aurait pensé. Persuadé qu’il avait apporté la stérilité dans son couple, maudit par les attouchements d’un beau-père libidineux, soumis aux humeurs d’un organisme en rébellion, la virilité dévorée par ces bouts de femme dormant dans son ventre. L’anomalie psychique qui se fait aussi organique. Il a souffert de la disparition d’un être qu’il n’a pas eu le temps de connaître, alors il imagine la douleur qui a dû terrasser Rhys lorsqu’Allie a succombé. Rejetée de l’autre monde sous les traits de ces créatures monstrueuses qui errent au-dehors.

Se mordre la langue pour ravaler le poison qui s’y coule. Se taire, parce que ce n’est pas le moment de lui cracher cette odieuse vérité à la figure. Le français garde le silence, se laisse tirer vers le haut malgré une absurde résistance qui s’inscrit dans ses gestes. Etre la merci de l’islandais l’insupporte au plus haut point, hérisse sa haine et fait courir les frissons d’un capharnaüm sans nom contre sa carcasse. La proximité en prison malsaine, les échos d’une peau dont la vision créer le trouble contre le tissu de ses vêtements. Son corps en lambeau souffre devant un contact aussi pressant. Ca se lit sur son visage, dans le tressaillement du coin de ses lippes alors qu’il s’efforce de rester le plus hermétique possible à ces lames qui lui ravagent le ventre. Souffle brûlant contre sa mâchoire, les pupilles claires accrochées aux siennes, le mélange douteux d’une provocation qui lui déchire les reins. Regan, luttant face à ces pulsions gênantes qui ont un détestable goût d’inédit. Configuration infecte qui lui rappelle avec amertume l’écart dont il a été l’instigateur lors de leur dernière rencontre, ce baisé volé sortit des entrailles de la frustration du rouquin, la sensation d’inachevé qui crève le cœur. Un sourire se dessine sur les lippes du résistant, amer lorsque la prise se fait plus forte contre sa gorge, écroue le corps dans une prison de chair qui le pousse dans un monde qui l’écœure. C’est un jeu qui lui colle à la peau, qui s’enclenche dès l’instant où ses phalanges viennent se poser contre la peau nue de l’islandais. Serpents caressants du bout des ongles la chair offerte de son bras pour mieux venir épouser la cambrure de ses reins. S’y arrimer afin de laisser ses hanches se mouvoir contre celles du soldat dans un geste lascif à se damner. « - On me paye pour faire croire monts et merveilles. L’indifférence qui se cache derrière ce désir dévastateur qui les brise tous. D’un seul contact… » L’illustration des mots, phalanges capricieuses s’aventurant sous la chute des reins et les pupilles qui se font de braise. La mort dans l’âme, le cœur flottant sur un océan de calme plat. Il suffit d’un geste, un frôlement. De simples paroles parfois, murmurées de son timbre ronronnant, les graves tombant dans des échos sensuels et enivrants. La particularité de Lyn, l’incendiaire qui fait exploser l’extase sans un seul contact. Juste du bout de ses mots. « - Que de ta bonne volonté ? Tu ne tiens pas toute la milice dans ta main, Rhys. On me condamnera pour la résistance, mais pour la débauche… » La voix se fait murmure, caressant la peau du soldat lorsque le débauché se penche légèrement en avant malgré le poids qui lui comprime la trachée. « - Je suis le jouet de tes supérieurs, armée ou politique. Ils prônent la destruction du vice mais s’y plongent sans pudeur. » Lâche-t-il dans un claquement de langue, reculant pour rétablir le contact visuel. C’est l’air qui se raréfie dans ses poumons, lui donne la sensation d’avoir la poitrine feu. Cette prise contre sa gorge qui refuse de s’apaiser, n’en devient que plus menaçante à mesure que les mots s’arrachent de sa langue.

« - Ils nieront cependant, trop honteux de se payer les services d’une vulgaire pute, de tromper leurs épouses avec un homme qui se travestit… » Haussement d’épaule, infime et dérisoire qui accompagne les paroles. On remplace les créatures des bas-fonds de son engeance, un vendeur de charme qui tombe, et il sera remplacé dans l’instant. Il n’est rien de plus qu’un insecte dans la fange des vicissitudes de cette ville. Ses phalanges raclent contre la peau fragile des reins du soldat, s’y arrachent pour venir s’enrouler lentement autour de son poignet. Métal doré d’un mariage éclaté, rutilant sous la lumière de sa déchirure. Les pupilles vacillent, se cachent derrière la barrière de cils et le regard se pose sur l’enchevêtrement des peaux. La sienne, affreusement blanche, les taches de rousseur qui explosent et délimite son corps de celui du soldat. Une nouvelle nuance de gris dans son univers morne, la chair de l’autre qu’il redécouvre. « - Condamne-moi alors. Fini ta mission, elle dure depuis trop longtemps. » Provocation arrachée du fond de sa trachée écorchée, la respiration se fait plus hésitante. Elle se raccroche à un air qui se fait dangereusement absent. L’ironie de la chose appose l’ébauche d’un rictus défait sur les lèvres. Masque de fer se délitant sous la menace, le barrage de son monde menaçant de céder pour libérer les flots. « - Qu’est-ce qui t’en empêche ? » La question se teinte d’une certaine candeur, l’ébauche d’une curiosité sincère. Quand lui n’hésite pas à détruire la vie de l’autre, que l’islandais l’épargne quand il serait si facile de le réduire en cendres, il ne le comprend pas. Trop enlisé dans sa haine, dans son besoin étouffant de vengeance, Regan s’aveugle volontairement. S’enferme dans ce cocon de rancœur qui lui est devenu vital. Sans lui, il est certain qu’il ne survivra pas. Le français vit avec tout son ressentiment depuis trop longtemps pour réapprendre à vivre normalement. Sa solitude, ancrée à la charogne qu’il est devenu. Son allié et son trépas, l’ironie mortelle pour un être qui n’a jamais supporté d’être privé de ceux qu’il aime. Il provoque ouvertement le milicien, parce que son cerveau s’arrache, lui hurle qu’il n’a plus rien à perdre. Résistant, kamikaze, enveloppe vide. On ne le pleurera pas s’il venait à disparaître, cadavre déjà froid reposant dans les entrailles d’une maison vide. Son propre frère ne le regrettera pas. Cette seule pensée fait monter une bouffée d’angoisse dans le corps fatigué. Dans un spasme, les doigts s’accrochent avec plus de hargne contre le poignet de Rhys. Des perles de sel s’arrimant au coin de ses yeux, la faiblesse pure qu’il est impossible à contrôler. Celle qui l’écartèle entre sa morne indifférence et les relents de sa chaleur d’antan.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Mer 28 Sep - 21:08

Rien. L’aplomb du français le fait légèrement faiblir, sans pour autant le convaincre suffisamment pour qu’il le libère de son emprise de fer. Il ne le croit pas, pas vraiment. Il est convaincu qu’il ne lui dit pas tout, et qu’il trouverait une couche imposante de vermine s’il grattait un peu la surface lisse. Mais il ne peut rien prouver. Le militaire ne s’appuie que sur un pressentiment, du vent. Les critiques acérées le blessent, voilent ses rétines d’un chagrin qu’il peine à contenir. Les prunelles translucides dévorent les émeraudes envoûtants, en étudient la plus infime nuance pour déceler le mensonge au milieu de la vérité. Mais il n’en retire rien. Juste des doutes supplémentaires. La colère s’épuise aussi rapidement qu’elle a été attisée. L’hémorragie de rancœur le vide de ses forces. « - Ce n’est qu’une raison supplémentaire de détester et renier ce qu’il a fait de moi. » Crache-t-il, le dégoût au bord des lèvres. « - Tu peux te taire alors, je suis au courant de tout ça. Tu ne pourras pas me faire me haïr plus que je ne le fais déjà Regan. » Il le grogne entre ses dents, cherche le moyen de réduire son ennemi au silence. Il rejette son jugement, de ses piques abjectes. Il se sent suffisamment responsable et coupable du sort de son enfant sans qu’il soit nécessaire de jeter de l’huile sur le feu.

Le contact impudique contre sa chute de reins, presque obscène, le surprend. Il ne s’attend pas à ce qu’il entre si facilement dans son manège indécent, soude plus avant leurs enveloppes. La sensation, quasiment oubliée, lui arrache des tremblements incontrôlables. Il s’en mord rageusement l’intérieur de la joue, écœuré que sa misérable carcasse réagisse mécaniquement, le trahisse bêtement. Comme si l’indigne avait déjà compris qu’il ne servait à rien d’y résister. Il ne peut pas contredire son ancien allié, quand le froissement de l’étoffe contre sa chair nue l’électrise à ce point. Les pupilles enjôleuses le déstabilisent tout autant, creusent des sillons enflammés dans ses entrailles. « - T’as une bien haute estime de toi-même, pour une pute. » Lâche t’il, sa voix plus rauque et troublée qu’il ne le voudrait. Même s’il utilise un terme cru, il ne l’insulte pas vraiment. Il ne fait qu’user du terme le plus commun, ayant toujours détesté l’hypocrisie avec laquelle on enrobait certains qualificatifs. « - Toute la milice non, mais il suffit de quelques-uns. D’un seul juge en vérité. T’iras pas me faire croire que tous les miliciens et politiciens te passent dessus. » Les griffes continuent d’enserrer la trachée, éloignent le visage qui s’est penché vers lui en le repoussant durement contre les barreaux. « - Un seul chef d’accusation suffit à te condamner à perpétuité de toute manière. T’iras pas dans l’arène, les perturbateurs comme toi, ils leur laissent jamais une seule chance de s’en sortir. C’est des oiseaux trop rares à attraper pour courir ce risque. Ils les enferment dans des cages pour toujours, en espérant que leurs plumes se ternissent. Ou bien ils leur brisent le cou sèchement, pour ne plus s’en inquiéter. » L’étranglement s’aggrave, le prive quasiment d’air pour mimer le destin funeste. La mort au bout d’une corde. Il l’en soulage lorsqu’il sent le résistant proche de l’asphyxie, lui permet enfin de respirer sans entraves. La pointe d’affliction qu’il ressent l’attendrit, lui lacère l’âme. C’est par sa faute qu’il est devenu une épave, qu’il a perdu celle qui comptait le plus pour lui. Il garde la réponse à son interrogation curieuse pour plus tard, se jette sur la première provocation à portée pour en dévier.

« - Mais moi je ne t’ai jamais payé. Ni pour ça… » Les phalanges indociles se glissent brusquement contre sa hanche, la caressent lascivement avant de s’échouer contre le délicieux postérieur. La prise sensuelle se renforce, et il lève sournoisement la jambe du français pour mieux accentuer leur contiguïté dangereuse. Les doigts corrupteurs se font plus pressants contre le maigre postérieur et d’un geste vif, il attire à nouveau le bassin débauché contre le sien. Deux entités semblant faites pour s’emboiter. La main libre serpente contre son torse, cajole la poitrine inexistante pour mieux s’approprier ensuite sa nuque. Elle s’y agrippe, l’utilise pour approcher sa figure de la sienne. Son souffle suave se mélange à celui du rouquin, frôle la bouche sulfureuse sans s’y lier. « Ni pour ça non plus. » Murmure t’il lèvres contre lèvres, avant de mordre les assassines puis de s’en emparer. Le baiser est brûlant, passionné. Parce qu’il sait que l’écart restera unique, il y met toute sa fougue. Redouble d’ardeur en sentant glisser le dégoût habituel contre l’albâtre de sa peau. Il cherche à le vaincre sans y parvenir, à combattre la répulsion corrosive qui lui fait mal. Il ignore s’il y parvient, l’espère lorsque sa langue perfide se mêle à la sienne et qu’il empoigne plus violemment les mèches de feu. Le manque qui se creuse dans son bas-ventre depuis plus d’une année n’est pas étranger à ses pulsions impures non plus. L’abstinence à laquelle il est réduit se compte en mois. Le brasier qu’il pensait éteint par l’annonce de la mort de Calyxte, asséché par tous les rejets de Louiza, lui lèche avidement les reins. La fièvre devenue étrangère le rassérène. Lui apporte un réconfort dont il ne pensait plus avoir besoin. Il finit cependant par abandonner les lippes enivrantes, par se reculer légèrement pour rendre au captif sa liberté de mouvement. Les vils serpents s’attardent pourtant une dernière fois contre le galbe de sa cuisse, et il la délaisse avec une langueur en parfait contraste avec l’impétuosité dont il a pu faire preuve. Les doigts accrochés aux boucles écarlates s’exilent, attrapent les barreaux gelés à la place. Il reste un instant près du corps aguicheur, en épouse encore un peu la chaleur animale avant de se dérober.

Pour se redonner une contenance, le soldat s’écarte, se penche pour ramasser les vêtements tombés au sol. Il enfile le bas et la chemise à la hâte, puis fouille dans les poches de son pantalon pour en extirper son portefeuille. Il en sort un billet vert, effleure doucement le bras pâle avant de contraindre la paume à s’ouvrir. « - Tiens. » Il dépose l’argent au creux, puis oblige le poing à se refermer sur le futile morceau de papier. « - Pour l’illusion. » Prétend-t-il, un sourire un brin cruel vissé sur le visage taillé à la serpe. « - Je sais pas ce qui me retient. Des résidus d’amitié je suppose. » Souffle t’il finalement en haussant les épaules, pour diminuer l’importance de son aveu. Il tient toujours à lui, même si son attachement est purement masochiste et suicidaire. Son opposant ne vit que pour le faire sombrer. S’il ne le tue pas, c’est seulement parce qu’il estime qu’il n’a pas assez souffert, qu’il reste de quoi le briser. « - La même chose que toi non ? Ah non, j’oubliais… Toi c’est le désir de me détruire à petit feu qui te pousse à m’épargner. Me tripoter dès que t’en as l’occasion, ça fait partie de ton plan dis-moi ? C’est quoi le but, l’intérêt de tout ça ? Parce que j’ai du mal à tout saisir tu vois. La vengeance par la frustration peut être ? » Le ton est moqueur, mais l’interrogation est sincère. Il n’arrive pas à suivre le rebelle, ne saisit pas bien à quel jeu il joue. Si les provocations lubriques étaient un piège sadique, l’islandais est en tout cas tombé dedans à pieds joints. « - Je ne suis pas un… » Tueur. Il n’achève pas sa justification bancale, la retient au dernier moment en songeant à son manque de crédibilité. Il n’a pas le droit de se défendre avec cet argument devant l’époux de la femme qu’il a fusillée froidement. Même si c’est vrai, même s’il n’en a retiré aucun plaisir. La détonation n’a servi qu’à agrandir le gouffre au sein de sa poitrine. Il l’a regrettée immédiatement. Crève de honte dès que la scène ignoble repasse dans sa tête, ou qu’il croise le regard chargé de haine de son voisin. « - Je n’en retirerai aucune satisfaction. Et je ne suis pas assez endoctriné pour redouter le chaos que toi et tes petits copains aspirez à créer. Ce sera temporaire. Ce sera juste une dictature qui ne dira pas son nom. Vous allez tenter autre chose un temps et puis vous ferez comme vos prédécesseurs, en supposant que vous arriviez un jour à vous hisser si haut avec toutes vos batailles internes d’ego. Parce que vous valez pas mieux que les dirigeants actuels au fond. Vous partagez la même soif de sang et de domination. » Les intonations sont tranchantes, incisives. Il ne l’épargne pas, expose sans gêne son avis bien arrêté même s’il n’ignore pas que son adversaire s’en défendra farouchement. Il n’est pas certain qu’il soit très avisé de parler politique avec un extrémiste du camp adverse néanmoins.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Jeu 29 Sep - 22:00


Le trouble dans la voix appose un sourire narquois sur les lèvres. De la suffisance sur le visage du révolutionnaire qui se redresse malgré la poigne gênante contre sa gorge. Ecrase l’ennemi d’une poignée dérisoire de centimètres en plus. « - Tu n’imagines même pas le nombre d’imbéciles de ton Gouvernement qui se noient dans la fange de leurs vices. Tous plus ignobles les uns que les autres, c’est pitoyable… » Il hausse une épaule, une moue faussement désolée s’apposant sur ses lippes. Il souffre mais il ne peut s’empêcher de s’enliser dans la provocation. Dans les gestes ou dans les mots. « - Les cages ne suffisent pas pour endiguer une révolution. Je ne serais qu’un pion en moins, mais d’autres continueront. » Les paroles du soldat ont fait mouche, atteignant la cible mieux qu’elles ne pouvaient l’espérer. Il prétend le contraire, mais au fond, la mort lui peur. Disparaître et être oublié, une seconde fois, il s’en moque. Partir avant d’avoir pu achever ce qu’il a commencé, c’est là que réside sa peur. Echoué, une fois encore, quand le but s’accroche devant ses rétines. La prise contre sa gorge se défait, l’air en afflux soudain dans ses poumons, il s’infiltre et brûle les tissus, ravage sa trachée au point de le faire tousser, la maladresse dans ses doigts qui viennent s’enrouler autour de la peau malmenée. Au bord du vide, la respiration du français s’affole pour mieux amener l’oxygène dans son système. Les paroles du soldat le plonge dans une étrange perplexité, froncent les sourcils quand la stupeur vient se peindre sur ses traits de fer.

Il ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il entre dans son jeu, pas lorsqu’il est resté de marbre lors de la précédente incartade. Affolé, le dégoût se rue contre la peau d’albâtre, pousse les muscles à se crisper et appose dans les pupilles du français l’éclat d’une menace. Que l’assassin le touche de la sorte lui retourne le cœur, ce qu’il a accepté de faire, lui parce qu’il n’est rien de plus qu’un jouet qu’on sali, était normal à ses yeux. Dépassé par sa propre folie, Regan se brise. Il se morcèle à mesure que le contact l’enferme dans une prison de chair affreusement étouffante. Le lascif qui se coule contre son corps, ces doigts qui serpentent, s’approprient des morceaux de lui qu’il ne possède même plus. La nausée au bord des lèvres, du bout des doigts il cherche le réconfort des barreaux de fer pour ne pas sombrer dans l’abysse qui s’ouvre sous ses pieds. Frôlement des contraires, le rappel de la sensation de cette bouche contre la sienne signe sa perte. Comme l’aveu de sa faiblesse, le murmure de l’islandais lui fait fermer les paupières. L’aversion reste encore souveraine au milieu des taches de rousseur, le crispe jusqu’à la cassure lorsque l’avide s’empare de ses lèvres. Résistance d’un fou en pleine tempête, le français s’attache à sa haine du mieux qu’il peut, cherche vainement à repousser les assauts de la langue invasive. L’obscène dans les opposés qui se mêlent, les défenses s’envolant en mille morceaux. Il menait une lutte perdue d’avance. Celle qui le dévore de l’intérieur depuis le premier instant. Le brasier de cet inédit si vulgairement appelé désir, c’est tout son corps qui réagit avant sa raison, se coule avec langueur contre celui de l’ennemi. Le ventre en feu collé à la chaleur de l’autre et ses mains qui viennent s’agripper avec hargne contre la nuque du brun. Renforcer l’étau quand un lourd soupir de plaisir se meurt contre la langue de l’assassin. La répulsion reste là, quelque part dans les méandres de son cerveau en déroute mais l’instant qui s’offre à lui terrasse tous ses efforts pour le haïr. Cette violence fauve qui se déverse dans l’étreinte l’écartèle, entre les relents de répulsion gravés dans le corps de l’adolescent abusé, et le besoin irrépressible de se laisser écraser par cette volonté inédite. Du souffre sur la langue, les hanches sulfureuses caressant celles de son allié d’un instant, évocatrices du trouble et de l’envie prenant leur essor dans la carcasse vide du français.

Le refus s’opère lorsque le contact se brise. Il le sent reculer et dans un réflexe paniqué, ses phalanges s’accrochent à la peau brûlante pour l’en empêcher. Raclent les morceaux restants de ce moment d’égarement, avant de se résigner à le lâcher. Sans lui, c’est la chute, il le sent dans la faiblesse de ses jambes. Comme si toute son énergie venait d’être aspirée, Regan se sent mal. Plongé dans une apathie étrange, le cœur battant à tout rompre contre sa poitrine et ses tempes. La langue désespérément seule, de l’aride dans sa trachée comprimée, et des ailes de feu léchant son bas-ventre. Son corps qui hurle, la débâcle qui le terrasse encore. Paupières résolument closes pour ne pas affronter un présent qui l’effraie, l’appel de son comparse éphémère qui le pousse à chercher encore un peu de sa chaleur fauve avant que tout ne s’arrête. Il a du vide à côté de lui, le goût de l’autre sur la langue jusqu’à en perdre la raison. Ses paupières s’ouvrent, péniblement. Il bat des cils, chasse les mirages dansant devant ses rétines et reste pantois face au geste du soldat. Ses doigts qui se referment sur le contact familier d’un billet qui se froisse dans sa paume. Une lame chauffée à blanc lui traverse le cœur, le souffle de la honte dans les veines, celui qui se vend baisse la tête. Pardonne-moi. Supplique adressée à son épouse, celle qu’il n’a de cesse de salir. Celle qu’il a plongée dans un néant amer, la nuit où il lui a ouvert la porte de sa maison. A la manière d’un enfant perdu, le débauché ignore ce qu’il doit faire. L’attitude à adopter quand il ne reste que de la ruine sous sa peau. Lui qui se retrouve à genoux devant toutes ces décisions catastrophiques jalonnant son existence. L’ébauche d’un sourire déroutant de chaleur s’appose sur ses lippes, le temps d’une fraction de seconde à l’évocation de leur amitié fracassée. Sans le savoir, Rhys vient de le démolir. Enfoncer les barrières si soigneusement érigées autour de la charogne, pour mieux y répandre sa pourriture. Dans une inspiration maladroite, le rouquin tente au mieux de rassembler entre ses doigts tremblants les morceaux de son masque brisé. Il se raccroche péniblement à ce qu’il connait de mieux, revient en arrière pour effacer ce qui vient de les submerger tous les deux.

« - Une seule accusation, basée sur des mots. Dans votre justice aléatoire, vous fauchez ceux qui sont les plus apaisés. Elle était innocente, vous le saviez. Des deux, c’était moi le pire, le plus dangereux. Tu le savais, en devenant un élément à part entière de notre vie. Tu le savais… » Les pupilles vacillantes s’accrochent à celles de l’islandais, de la destruction dans le vert, ravagé par un trouble affolant. Il ne cherche même pas à le cacher, à quoi bon ? « - C’est ce que disaient ceux qui craignaient le changement à mon époque. Incapables de voir de différences entre les deux adversaires qui déchiraient Paris. Se borner à voir le mal dans les deux camps pour ne pas affronter le renouveau. Je ne démentirais pas, la chute nécessite du sang et une certaine domination. L’égo, ceux qui s’y accrocheront se retrouveront enchaînés aux perdants, c’est une évidence. » Lâche-t-il avec un aplomb vacillant. « - Mais si ce n’est pas le cas, je m’incline devant la puissance de ton don de clairvoyance. » Il lui adresse un sourire, l’ébauche d’un cynisme terne en comparaison de celui dont il se pare d’ordinaire. Ca le blesse, d’être ainsi à découvert face à son ancien ami. Le corps encore affolé se détache des barreaux glacés, s‘en éloigne pour esquisser quelques pas malhabiles dans la cage. S’écarter de la tentation. « - Le but... » Murmure à peine audible, les phalanges qui se pressent les unes aux autres dans une tentative dérisoire de chasser ses doute et ses craintes. Un nouveau soupir, et l’esprit cède.

« -Tu me déstabilises. Depuis le début. Je te hais, pour tout ce que tu m’as volé. Plus encore pour ce trouble que tu provoques. La ligne était toute tracée, dans le sang de Rose, tu devais mourir pour que je puisse à nouveau tenter d’exister. Mais plus les occasions se présentent, et plus elles me semblent vaines et dérisoires. » Arrachés du fond de son cœur, des aveux douteux pour justifier son incapacité à le détruire. Le fait qu’il ne cesse d’osciller entre des attitudes aux antipodes l’une de l’autre. S’il est une énigme pour Rhys, il en est une pour lui-même. « - Je ne sais plus ce que je veux, et ça me ronge. J’ai fait de sa vie un champ de ruines, et même maintenant, je souille sa mémoire, en étant incapable de la venger. » La colère fait vibrer le timbre fragilisé. Il se déteste avec toute la virulence abjecte d’un être noyé sous une imposante couche d’immondices. Sans magie, Rose n’aurait pas survécu à la peste, son cadet serait resté infirme jusqu’à la fin de sa vie, n’aurait pas connu la mort dans les entrailles d’une prison en feu. Sans magie, il ne serait pas là, n’aurait jamais été recraché de l’enfer pour reproduire toutes ces erreurs qui lui collent à la peau. « - Te laisser dépérir derrière ces barreaux était sans doute ma plus belle chance d’en finir. D’enterrer avec ta pauvre carcasse toutes ces choses, ces horreurs qui me poursuivent et me hantent à chaque fois que tu m'approches. » Finit-il par lâcher dans un souffle, l’esquisse dérisoire d’un rictus amer sur ses lèvres, tiraillé entre sa rancœur et la douleur engendrée par la déroute que l'islandais fait courir sous sa peau.

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MessageSujet: Re: Silver moonlight | (Rhys)   Sam 22 Oct - 20:02

La provocation cruelle s’envole, serpente le long du bras du français pour mieux s’accrocher perfidement à sa chair. Le serpent invisible mord la texture diaphane, se glisse profondément sous la peau. Prêt à distiller l’arsenic dans ses veines au prochain signal. C’est un semblant de victoire, et pourtant. Il se maudit à l’instant même où le débauché baisse le regard, la mine déconfite. Le gamin puéril qui ne respecte pas les limites, qui les outrepasse allègrement sans se soucier des conséquences. Ce n’est qu’un jeu pour lui. Une pulsion primitive, qui creuse son bas-ventre chaque fois qu’il effleure le corps gracile du rebelle. Il ne parvient pas à rester hermétique à sa détresse évidente. Il ne s’attendait pas à éveiller un tel trouble. Mais il ne peut pas nier qu’il l’espérait. Qu’il voulait réussir à lui insuffler autre chose que du dégoût, que de la haine. Le sentir s’abandonner à ses caresses, vibrer à l’unisson avec lui. Le retenir avant qu’il ne s’éloigne, le sentir griffer sa nuque pour l’empêcher de s’écarter. N’importe quoi plutôt que cette répulsion écrasante, que ce masque polaire qu’il affiche en permanence avec lui. Même si ça ne lui rendrait pas leur amitié, les discussions à n’en plus finir. Le réconfort d’être accepté et compris. Il était prêt à tout noyer dans leur attirance réciproque. A se laisser lui-même engloutir au-delà de ce qu’il imaginait, pour le retrouver, même autrement. Pour parvenir à combler le vide qui le dévore littéralement. Son terrible égoïsme le terrasse et les excuses se bousculent contre ses lippes. Ses barrières de nacre les retiennent, les mastiquent avant qu’elles n’aient pu être relâchées dans l’air vicié. Il mentirait. Il regrette les conséquences, mais pas son geste. Pas le goût enivrant de ses lèvres contre les siennes, ni la chaleur qui s’est emparée de lui. Pas la sensation furtive d’être un peu moins morcelé, un peu plus entier. Même s’il n’est pas Louiza. Même s’il ne remplace pas Calyxte non plus.

« - Personne n’est innocent. » La langue claque autoritairement contre le palais, sans doute un peu trop sèchement. « - Ma femme non plus ne méritait pas de se faire quasiment tabasser à mort, avant même que je ne vous donne une raison de le faire. » Crache t’il, encore empli de venin et de ressentiment. Il frémit rien qu'en repensant aux blessures ignobles qui ont fait souffrir la grecque de longues semaines. Aux cicatrices abjectes qui sont restées. Les évènements tragiques se seraient probablement déroulés différemment, si les rebelles ne s’en étaient pas pris inutilement et gratuitement à son épouse. Il aurait peut être pris le risque de changer de camp, de rejoindre pour de bon la cause du couple auquel il avait fini par s’attacher plus que de raison. Dont il admirait la fougue et l’ambition démesurées. « - Je savais que tu étais la seule vraie menace oui. Mais tu n’étais pas là. Je n’ai pas choisi. Tu ne faisais pas partie des résistants alignés face à moi. Il n’y avait qu’elle et l’ordre de mon supérieur. Si ça avait été toi, c’est toi qu’on m’aurait forcé à fusiller à sa place. Ou tu aurais péri avec elle. » Un haussement d’épaules malvenu accompagne la réplique. Le meurtre commis n’avait rien de personnel, même s’il aurait dû l’être. Même si ses liens avec elle, avec lui, auraient dû le pousser à se révolter. A tout risquer pour ne pas voir leur amitié sombrer. Il ignore le reste du discours, ne s’engage pas plus loin dans un débat qu’il est certain de perdre. Parce qu’il ne croit pas assez à la nécessité de maintenir le régime qu’il protège, qu’il ne pourra pas jamais ébranler les certitudes de l’homme extrême qui le défie de le contredire. Trop corrompu, d’un côté comme de l’autre, pour réellement appartenir à l’une ou à l’autre des entités qui se déchirent. Il n’est qu’un vulgaire assemblage de chair, de lambeaux maladroitement recollés. Mais il sait que l’homme qu’il aimait était prêt à mourir pour maintenir l’ordre en place, et l’ancienne tête brûlée ne peut que se ranger du même côté désormais. L’écouter et le suivre aveuglément après sa mort, à défaut de s’être toujours montré obéissant lorsqu’il respirait encore. Il lui doit bien ça. Il lui doit bien plus.

Les aveux brûlants lui arrachent des sueurs froides. Les lames de glace roulent contre l’échine, lacèrent la peau à vif. Sa franchise le prend au dépourvu. Il cille. Il se déteste, de lui infliger de tels tourments. De le torturer rien que par le fait de continuer à exister. D’en rajouter en soufflant sciemment des braises ardentes contre ses reins. Dans sa propre maison de surcroit, celle qu’il partageait avec la femme qu’il a tuée. Avec l’amour de sa vie. L’irrespect de la chose fait redoubler ses tremblements, attise ses terribles remords. « - Tu crois vraiment que me tuer pourrait te permettre de renaître ? Que ça va te rendre plus vivant ? Ce n’est pas ce qui va te la ramener. Je ne suis même pas certain que ça te soulagerait. » Souffle t’il doucement, après être resté interdit une longue minute. L’islandais ne croit plus à la vengeance. A cette manière puérile de chercher à rendre aux autres tout le mal qu’ils nous ont fait. La douleur reste toujours. Impérieuse, imperturbable, immuable. Elle continue de tordre les viscères, de contaminer tous les organes jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucun de fonctionnel. C’est pire que vain, c’est destructeur. Il ne lui restera plus qu’un gouffre béant entre ses entrailles le jour où il y parviendra. Qui est-il pour le priver d’une seconde éphémère de jouissance pourtant ? Qui est-il pour le narguer sur son propre territoire, en utilisant la faiblesse qu’il a pour lui à son avantage ? Un fourbe. Un traitre. Une ordure qui ne mérite pas qu’il l’épargne, qu’il le libère. Il mériterait que le rouquin lui fracasse la cervelle contre les murs putrides, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que de la bouillie. Tapisser la prison de fortune de son hémoglobine, comme il avait éclaboussé le bitume du sang de sa tendre Rose. « - Je te demande pardon. J'aurais pas dû faire ça. Je ne t’approcherai plus. Je ne t’importunerai plus. » Lâche t’il, la voix cassée, en frôlant une dernière fois la silhouette enjôleuse pour s’extirper de la cage d’acier. Les rétines abyssales plongent dans les émeraudes tiraillées, mais s’en détournent presque aussitôt, embarrassées par la honte et la peine. C’est une promesse qu’il n’est pas certain de pouvoir tenir, mais à laquelle il veut croire. Qu’il se répète jusqu’à s’en faire mal au crâne en gravissant les marches pour regagner la sortie. Fermement décidé à s’échapper avant que Regan ne change d’avis et accomplisse enfin son dessein meurtrier. A disparaitre de son champ de vision, et à ne plus lui imposer sa présence lancinante.


||TOPIC TERMINE

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I hear my poisons in the multitude. Why was I damned a human deemed too rude? Somewhere between the madness and my mind. I live with lesions called the human kind. I wander aimlessly amongst the herd. Infesting shadows, I am undeterred. My head explodes, my soul berates.
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