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 And breathe again [PV Rachael]

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MessageSujet: And breathe again [PV Rachael]   Mar 19 Juil - 3:04

And breathe again
○Go your way, I'll take the long way 'round, I'll find my own way down as I should. And hold your gaze. There's coke in the Midas touch. A joke in the way that we rust and breathe again. And you'll find loss. And you'll fear what you found when weather comes, tearing down. There'll be oats in the water. There'll be birds on the ground. There'll be things you never asked her. How they tear at you now.


Le manteau se cale maladroitement contre les épaules alors que les doigts s’acharnent à rejoindre la cigarette qu’il vient d’allumer sur le seuil de la porte. Il rejette la fumée avec lenteur tandis que le décor se dessine devant ses yeux fatigués. Cet endroit ne fait qu’assujettir son énergie, l’oblige à collecter ses souvenirs dispersés à chaque recoin du quartier. A ne plus être qu’un spectre parmi les fantômes. S’effaçant de plus en plus au profit des traces mémorielles. Tout juste un écho qui abime le paysage. La farouche solitude écorche la peau du damné alors que les regrets s’agglutinent contre le cou, le serrent juste assez pour que l’air y circule avec difficulté. La fatigue le surprend à chaque fois qu’il cherche à dépasser l’embrasure, à s’offrir en pâture au monde extérieur. Délaisser ses démons est attrayant, sans nul doute. Mais apposer un masque d’insouciance à ses traits lassés demeure compliqué. De plus en plus ardu alors que les jours se superposent, que le châtiment s’alourdit. Sortir pour oublier ne lui est même pas permis aujourd’hui. La lettre à déposer en mains propres à qui de droit. Le témoignage collecté, assez précieux pour qu’il doive porter dans la journée. Tout ce qui touche de près ou de loin à ce procès l’abat et lui donne à part égale, cette force désespérée. Il ne peut pas tout perdre mais ne sait déjà plus s’il aura assez de bravoure pour l’emporter. Du culot, voilà ce qu’il doit mobiliser pour aller au bout de ces négociations. A la place de Carley, sans doute qu’il ne ferait pas trop de concessions. Il reste et perdurera coupable de cette tragédie. Le seul vrai responsable de ce qui s'est produit. Celui qui a propulsé le véhicule dans le décor avec le gamin mal accroché à l’arrière. Celui qui était absent avant ça. Le cœur se crispe, les pas débutent et dans la quiétude relative de cette matinée, il ne déniche que son chagrin. Le deuil retardé par le déni mais grignotant pourtant déjà la cervelle, la poitrine. La raison.

Les allées s’emboîtent comme un mauvais dédale le ramenant dans ces lieux exécrés. Cette grandiloquence comme figure emblématique de sa chute. Là où l’or agrippe la rétine et exacerbe la misère. Sous l’œil d’une justice putride, viciée par la corruption et l’appât du gain, il se voit être jugé par des hommes qui se pensent rattachés au divin et non plus à l’espèce qu’ils condamnent. Obéir à l’autorité a toujours été une épreuve pour le journaliste. Son besoin criard de liberté a dominé durant de longues années. Il en a fait les frais au lycée. Indiscipliné, dissipé et incroyablement entêté, il a collectionné les retenues, les exclusions avant de passer à la vitesse supérieure pour ses quelques délits d'adolescent. Un jeune délinquant qui tentait tout aussi voracement de s’opposer à toute forme de pouvoir qu’à attirer l’attention parentale. Bien qu’avec le temps, il se soit suffisamment calmé pour mener une vie relativement stable, le rédacteur ne peut nier ce trait insoluble de sa personnalité. Son orientation professionnelle est d'ailleurs liée à sa vocation première de protester. Il se complait de semer le doute dans la tête d’autrui, à bousculer l'ordre établi. A pousser les autres à le suivre pour mieux réarranger ce monde fait de contraintes et de règles trop souvent absurdes. D’habitants si enclins à fléchir le genou devant ces chefs d’état.

Se tenir là, l’enveloppe froissée entre les doigts devant ces bâtiments austères ne lui concède qu'une sensation hautement désagréable. Comme si quelque part, il les avait déjà laissé gagner. Ils possèdent clairement l’ascendant. Il est à leur merci. Le grec soupire en s’aventurant dans le hall convoité, cherchant la bonne aile, le bon département pour déposer le document à son avocate. Un rendez-vous de dernière minute qui l’oblige à se plier aux mesures drastiques de l’entrée. Quelques miliciens le fouillant, vérifiant ses papiers d’identité. Il se sent écœuré par ces quelques contrôles intrusifs. Cette dictature lui file la nausée, réveille en lui cette révolte qui le maintient debout aux heures les plus noires.

Comme une réponse à ses protestations muettes, quelques instants plus tard, tandis qu’il a grimpé quelques escaliers, a parcouru quelques mètres dans des couloirs gigantesques, une détonation survient. Un vrombissement. D'autres bruits résonnent, les murs tremblent. Le sol bouge. Les cris percent et la panique saisit les tripes. Il ne subit les effets qu'à retardement, il a le temps de pousser une injure avant que les débris ne s’amoncellent près de lui. Mais les bombes ont fait bien des ravages. Elias est propulsé par le souffle de l’explosion la plus proche, la dernière semblerait-il et atterrit au sol. Sonné, désarçonné par cette attaque sans doute de nature terroriste, il s'écoute songer à l'éventualité d'une mort imminente. Les hurlements se poursuivent, la poussière entretient le mystère, l’affolement, aiguise la terreur. Avec difficulté, il se redresse lentement, une main sur le thorax malmené, l’autre s’attardant sur la guibole défectueuse. Il a assisté à plus d’une scène semblable ces dernières années, a même participé à plus d’une de ces attaques mais on ne s’habitue jamais vraiment à ça. Il ne veut surtout pas s'y habituer.

L'adrénaline pulse et l’urgence le somme de quitter la bâtisse en ruines, des craquements inquiétants alertent déjà sa vigilance. Peut-être que ça ne fait que commencer. Désorienté par le choc et habité par la crainte du pire, le père s’oriente hasardeusement vers ce qu’il croit être la sortie la plus proche. Il connaît mal les lieux et plusieurs passages lui sont barrés. Les ravages grossissent, des enfants blessés. Des hommes piégés, évanouis. Du sang, des larmes. Un champ de bataille contre lequel le miraculé butte durant sa progression. Son cœur se fractionne devant la détresse générale. Complètement dérouté, il tente de venir en aide à quelques personnes croisant sa route avant que l’ensemble de la construction fragilisée ne cède. Combien de drames devront se réaliser pour que les habitants comprennent l’enjeu de cette survie ? Pour qu’ils réagissent et renversent ceux qui les oppriment ? Pas comme ça. On ne peut pas faire passer un message aux innocents en les abattant. Le discours de Regan se rejoue dans sa caboche. Et il n'a jamais été aussi peu d'accord avec lui. Alors que le trentenaire s’enfonce dans un déluge de pierres décomposées, ses yeux sont attirés par un visage familier. Un prénom déjà sur les lèvres et l’affolement le consumant entièrement. « Rachael !  » Déjà plus qu'un son enroué. Un cri apeuré.

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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Jeu 21 Juil - 21:04



and breathe again

Elias & Rachael
featuring

A service donné, service rendu. Pour un coup de main que Rachael lui a donné quelques mois auparavant, la sauvant ainsi d'une mauvaise passe, Letizia a très bien fait son boulot. Un nom, une enquête discrète, pas de question concernant la raison de cette demande, et c'est ainsi que la milicienne se retrouve devant le grand bâtiment austère, véritable fourmilière à échelle humaine d'où les gens ne cessent d'entrer et de sortir. L'attente la voit se réfugier dans un coin d'ombre dans la tentative d'échapper à la chaleur étouffante. Elle ne s'éloigne cependant pas de l'entrée, et scrute chacune des personnes qui en passent les portes jusqu'à tomber sur la silhouette qu'elle identifie comme étant celle d'Elias. Et lui emboîte le pas, à distance.
Ce qu'elle fait ici, à vrai dire elle-même ne saurait trop se l'avouer clairement. Pour faire taire quelques pensées encombrantes qui la minent et que leur précédente rencontre, pur fruit du hasard, a semé en elle ? Elle se souvient de sa conclusion comme si cela était arrivé hier, et pourtant les jours se comptent en semaine. La culpabilité si soigneusement enterrée, ressurgie et ravivée par les remarques amères. Elle en est venue à la réalisation qu'elle avait besoin d'une véritable conversation avec lui afin de ne pas s'arrêter sur un ersatz de dialogue pourri par la surprise, le ressentiment et la colère. Que si elle a pu digérer certaines choses depuis leur vis-à-vis et se sentir capable d'une rencontre plus mature, alors peut-être que ce sera le cas d'Elias également.
Pour finir, elle a surtout agi sur un coup de tête, comme à son habitude, et l'appréhension devant l'anticipation de ces retrouvailles commandées se manifeste à travers un soupçon d'hésitation au moment de franchir le seuil.

Rachael ne lui court pas après, ne l'alpague pas davantage et se contente de suivre à l'estimation sa trace à travers le dédale des couloirs et des escaliers, pas plus inquiète que ça sur le fait qu'elle le retrouvera assez aisément et qu'il n'est pas nécessaire de lui sauter dessus sans lui laisser faire avant ce pour quoi il est venu ici. Le temps ne la presse pas pour agir.
Il lui manquera pourtant.
Le souffle de l'explosion la projette contre un mur tandis que le bruit de plusieurs détonations emplit ses oreilles jusqu'à saturation, jusqu'à l'assourdir temporairement et qu'elle ne perçoive plus qu'en sourdine le chaos ambiant et soudain. Sonnée, le monde tourne autour d'elle et elle se retrouve sur les genoux puis s'effondre, prenant conscience d'être tombée au moment où sa joue heurte le sol, autour d'elle de la poussière et des cris indistincts, quelque chose s'est effondré, ou plusieurs, elle se croit revenue au beau milieu d'un champ de guerre. Confusion extrême.
Quelques secondes ou quelques minutes, le temps lui semble extrêmement long tandis que la réalité crue et dure se fraye un chemin à travers le brouillard de ses pensées chamboulées. Entre deux quintes de toux qui lui arrachent la gorge, elle redresse péniblement la tête et accroche du regard un corps inerte à moitié enseveli juste à côté d'elle. La piqûre d'adrénaline dont elle avait besoin, car elle se rend alors compte de sa propre situation, de l'étau qui a refermé ses mâchoires sur elle. Elle réalise également, tandis qu'elle parcourt du regard le désastre qui l'entoure, de l'insécurité grandissante à rester dans cette zone fragilisée et déjà partiellement effondrée. Pas le temps d'attendre des secours, pas le temps, il faut sortir de là et vite.
Alors la milicienne emploie toutes ses forces, ou le peu qu'il lui reste, à se dégager. Un peu de chance dans son malheur car à l'inverse de son infortuné voisin, Rachael ne semble pas avoir hérité des blocs les plus gros et rien ne la retient dont elle ne puisse s'en dégager par ses seuls efforts. Non sans peine, évidemment, mais au moins dispose-t-elle de tous ses membres en état apparent de fonctionnement. Quel luxe. Elle repousse ses cheveux en arrière, poisseux de sang et de saleté, tâte la blessure sans s'en inquiéter davantage et amorce alors une tentative pour se relever, laborieuse entreprise s'il en est. Elle a pris un coup à la tête, elle en est consciente, mais du moment qu'elle parvient à se tenir debout et avancer sans tomber, inutile de se focaliser sur le sujet. Un peu plus préoccupant, la plaie à son avant-bras, les lambeaux de peau arrachés à un moment sans doute où elle aura tiré trop fort pour se dégager. Elle ôte sa veste déchirée et la transforme en cache-misère qui devra bien faire office de bandage de fortune puisqu'elle n'a pas mieux sous la main.
Pas par pas, elle enjambe les débris comme elle peu, chancèle, s'appuie contre tout ce qui est susceptible d'empêcher une chute et progresse difficilement. Trébuche pour la énième fois et se retrouve assise bon gré mal gré, décide de prendre une pause, une toute petite pause. Ferme les yeux.


Le cri la ramène brutalement à la conscience qui menaçait sournoisement de la laisser en plan. « Elias... » Soufflé dans un rictus qui pourrait presque passer pour un simulacre de sourire amusé par l'ironie du destin. C'est lui qui l'aura trouvée alors qu'elle était venue ici pour le chercher... L'homme se tient devant elle, une expression sur le visage qu'elle ne lui reconnait pas et l'air d'avoir visiblement été bien plus épargné qu'elle. Sa présence seule lui rappelle qu'il ne vaut mieux pas s'attarder et elle se remet sur ses pieds, goûtant sans l'avouer ouvertement au soulagement de le voir en un seul morceau et bien vivant. « Tu n'as rien ? » La question semble dérisoire au beau milieu de cet enfer. Pas en état de simuler la surprise de le croiser une nouvelle fois "comme par hasard", il en tirera bien les conclusions qu'il voudra. « Je ne sais pas par où on peut sortir mais par là c'est complètement bouché » Elle désigne d'un geste bancal la direction d'où elle vient. « Tu sais où on est ? Ce qui s'est passé ? » Parler lui permet de se focaliser sur l'instant présent, de lutter contre la faiblesse qui l'engourdit et qu'elle déteste, comme elle déteste sentir son corps lui répondre aussi mal.

 


Dernière édition par Rachael Miller le Jeu 11 Aoû - 22:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Jeu 11 Aoû - 0:19

Le choc s’estompe difficilement dans les plaies à découvrir. Du vermeil pour habiller la chair et de l’amertume courant sur les lèvres. La panique devient brise contre la peau du miraculé. Elle claque avec froideur sur ses membres engourdis. Ses yeux glissent contre la silhouette dénichée. Aucune question pour déranger un esprit en proie au chaos. La curiosité pourtant si vorace du journaliste s’émiette dans la gravité du moment. Il ne s’agit déjà plus d’aligner les pourquoi mais de s’attarder sur le comment. Des manières de s’échapper, de la secourir, il doit en exister plus d’un millier. Des probabilités infinies mais c’est le vide qui s’offre à lui durant plusieurs minutes. Cette présence inopinée exacerbe sa conscience et réveille de nouvelles angoisses qu’il chasse habilement pour se concentrer sur le plus urgent. Aucune occasion de se pencher sur ses frasques passées, sur leur dernière entrevue. L’air vicié râpe sa gorge, la poudre et la poussière s’aplatissent désagréablement contre sa langue. Un fin film pour ôter ses sens, accorder davantage de relief à l’atmosphère macabre. Il peut pleinement goûter au désastre, l’aspirer et le laisser pourrir dans ses entrailles. Au milieu du ballet de cendres et de cris, Elias succombe à la terreur alors qu’il discerne la blessure la plus sévère de sa comparse. Ses prunelles bifurquent abruptement vers les iris voisins cependant et les mots meurent sur ses lippes asséchées. Le décor tournoie quelques instants, le corps s'ankylose. Dans ce champ de bataille impromptu, l’impuissance pourchasse adroitement la conscience. Elle se dédouble dès l’instant où tous ces visages anonymes sont remplacés par des traits alliés. Un égoïsme affreusement rationnel, trahi par sa propre humanité. Ce qu’il encaisse avec beaucoup de difficulté. Les paroles de la blessée le percutent par échos, elles semblent affreusement lointaines, congédiées dans une autre réalité. Le grec ne saisit pas l’ampleur de cette déstabilisation. Ne la comprend pas. Après tout ce qu'il a traversé, il sait que ses réactions ne se parent pas de normalité. Peut-être, sans doute, qu’il est trop épuisé mentalement désormais pour parvenir à banaliser l’horreur.

Sa tétanie s’estompe par chance quand ses pupilles agrippent les lésions de la milicienne. Camouflée en grande partie par un bandage d’infortune, la plus inquiétante de ses meurtrissures laisse transparaitre de la peau déchiquetée. L’estomac du damné se contracte douloureusement alors qu’il s’avance, livide vers la quadragénaire. « Etrange que cette question émane de la personne qui est de toute évidence en détresse apparente. » Les premiers mots à s’extirper de son larynx. Des sons chétifs à peine supportés par son ténor rocailleux. Son propre trouble ne cesse de le dérouter. Inconsciemment, cette femme qu’il n’a plus revue pendant des décennies, qu’il n’a même pas reconnue, alimente ses souvenirs et trouve toujours sa place dans son histoire. Comme une cousine que le temps et les circonstances ont éloigné. Sa propre sensiblerie le ferait ricaner au vu du départ de cette dernière mais le lieu l’en dissuade autant que l’état de la blonde. Prudemment, ses doigts coulissent jusqu’au tissu imbibé, il en écarte un pan pour mieux analyser les dégâts. « Bon sang Racha. » Un bras devant la bouche quand la nausée s’intensifie. Cette vision le poursuit même quand il détourne son attention. Il aspire l’air précipitamment, pose sa main contre le bras valide de la victime et admire silencieusement la force dont elle fait preuve pour endurer la douleur.

Le temps de retrouver assez de contenance pour amorcer un plan, il balaie l’horizon dévasté et répond à retardement aux remarques de son interlocutrice. « Aucune foutue idée d’où on est. » Un grommellement maussade, mâché par une irritation aisée. « Je t’avouerai que je ne suis pas spécialement en bons termes avec la justice. Ni avec le gouvernement de façon générale… Je ne connais absolument pas les lieux. » Une constatation qu’il expulse avec autant de hargne que de lassitude. Ses émotions sont brouillonnes, trop variables. Il se déteste dans cette instabilité croissante. Un soupir et la main qui ne retient rien, basculant dans sa tignasse emmêlée. Un peu de lucidité au milieu de cette folie et la seule partie qu'il croit comprendre, il la délie avec plus de facilité qu’il n'en gère l’ensemble des conséquences. « Je pense que ce n’est pas compliqué de comprendre la cause. Ou du moins d’émettre l’hypothèse la plus probable. Il s’agit sans doute d’un acte terroriste. Quoi de plus symbolique ? » Ebranlé, il laisse ses épaules s’affaisser un instant alors qu’il jette un œil à l’hémoglobine dégringolant la tempe de son acolyte. L’ironie veut que l’ex-époux d'une doctoresse confirmée soit atrocement démuni face aux soins à fournir. Du moins, ne parvient-il pas à émettre le degré de gravité de ce qu’il perçoit. « T’es tombée sur la tête ? Tu n’aurais pas dû te relever. Si t’as une commotion ou un truc du genre… T’as des vertiges ? Nausée ? » Son empressement l’oblige à reprendre son souffle un instant.

Il plante son regard dans celui de son vis-à-vis. Sa prise se fait plus oppressante autour du membre adverse, capturé par sa paume. « Il faut que tu vois d’urgence un médecin et même si ça m’étonnerait fortement que les auteurs de cet attentat recommencent dans les minutes à venir, je doute que la construction tienne le coup. » Dès que la ponctuation s’abat, un craquement se fait entendre au-dessus d’eux. Il la tire juste assez pour s’écarter d’une parcelle particulièrement inquiétante. « On doit se tirer d'ici.  Tu penses pouvoir marcher dans cet état ? Appuie-toi sur moi. » Tout en lui ordonnant de se raccrocher à lui, ses idées cheminent. Sans doute qu’elle faisait son boulot avant d’être piégée. Les secours, où sont-ils ? « Où sont tes collègues ? T’étais seule ici ? Vous ne vous doutiez pas, je suppose, de l’attaque. Ce n’est pas comme si les grandes pompes se pensaient intouchables après tout. »   Le sarcasme se noie dans un nouveau fracas assourdissant. Des fondations qui s’écroulent bien plus loin et de nouvelles vagues de pleurs étouffées par les débris. Le cœur plus serré que jamais, le rédacteur interroge visuellement leur environnement proche mais la réponse se fait attendre.

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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Ven 12 Aoû - 1:51



and breathe again

Elias & Rachael
featuring

Déphasée, Rachael a la très désagréable sensation de percevoir le monde à travers un voile. Elle sait qu'elle ne va pas bien parce qu'elle peut constater visuellement les dégâts, parce qu'elle se rend bien compte que son corps ne fonctionne pas tout à fait de la manière dont il devrait le faire. Elle a beau avoir l'habitude au quotidien, l'absence de signaux est ici d'autant plus déconcertante qu'elle ne se sent pas spécialement mal alors que le comportement d'Elias lorsqu'il dévoile la blessure de son bras lui indique de manière assez claire qu'elle ne devrait réellement pas rester aussi stoïque. Même la vision des chairs ravagés ne l'écœure pas spécialement tandis qu'elle remet en place le morceau de tissu qu'il a déplacé. Il faut dire aussi qu'elle a vu tellement pire durant ses années de service…

« T'as raison Elias, j'aurais dû rester vautrée par terre dans ce merdier à attendre tranquillement qu'on vienne me sauver. C'est pas comme si c'était dangereux de rester dans le coin. » Piquée au vif par l'attention totalement incongrue qu'il a à son égard, elle rétorque avec humeur, comme s'ils avaient le temps de se prendre le bec avec ce genre de futilités… Elle acquiesce néanmoins lorsque le sujet du médecin est abordé mais ravale tout de même une autre réplique acide qu'il ne mérite pas d'entendre alors qu'il aurait très bien pu se tirer de là sans lui filer un coup de main. Oui, elle n'est pas stupide, elle sait parfaitement qu'elle a tout intérêt à passer par la case hôpital avant de rentrer chez elle. Elle a beau avoir quelques notions quand il s'agit de suturer les plaies, ses compétences ne valent que pour un dépannage de moindre envergure. Rien en comparaison de ce dont elle a été gratifiée ici. « C'est bon j'suis pas infirme non plus j'peux très bien marcher toute seule. » Vestiges de sa fierté mal placé, elle refuse d'accepter son infériorité et se dégage brusquement de la prise son compagnon.
La suite est absolument prévisible : le geste trop rapide perturbe ses sens déjà salement amochés et tout se met à tourner. Forcément, elle perd une nouvelle fois l'équilibre, heurte le mur le plus proche de plein fouet avec son bras blessé et se raccroche tant bien que mal aux aspérités créées par l'effondrement pour ne pas se retrouver par terre. Au temps pour les vertiges. Et sa supposée indépendance peut aller se rhabiller illico.
Quelque part dans le bâtiment, d'autres structures cèdent encore et intensifient le sentiment déjà bien présent d'être pris au piège au cœur d'une bombe à retardement. Rachael garde les yeux baissés le temps que sa vision cesse de jouer au yoyo, à moins que ce ne soit pour éviter de croiser le regard d'Elias face au déni de son état ? « Tu crois vraiment que je serai ici si on se doutait de l'imminence d'une attaque ? Et toi ? Le bâtiment aurait été évacué, le périmètre bouclé. On prendrait jamais le risque de mettre autant de vies en jeu. » La milicienne se dissocie du mur, contre lequel elle s'est appuyée sans réellement avoir d'autre choix, et jure en apercevant le sang qui a transpercé le simulacre de bandage sous le choc. Il ne lui vient pas à l'esprit une seule seconde que son comportement doit paraître anormal, qu'elle devrait être au bord du malaise pour le simple fait d'avoir reçu un coup sur une blessure à vif déjà bien sérieuse. Alors elle se retourne vers lui, lâche un soupir qui exprime parfaitement toute la frustration à venir dans ce qu'elle s'apprête à faire… et rend les armes : elle lui attrape le bras et accepte de prendre appui contre lui, mais non sans lui avoir lancé au préalable un petit regard assassin, comme si elle lui en voulait d'avoir besoin de son aide.

« Les Shadowhunters ont bien d'autres choses à foutre que de garder un bâtiment. » Elle lâche ça alors qu'ils se remettent doucement en marche et que oui, elle se trouve obligée de l'admettre, le support d'Elias lui est indispensable si elle veut progresser sans avoir à s'arrêter tous les deux pas. « T'en trouveras pas un seul dans le coin, juste des gars de la sécu classique. A supposer qu'ils soient pas enterrés sous les gravats. » Mais elle ne préfère pas trop y songer dans l'immédiat, ni au nombre de victimes civiles, car de celles-là il y en a toujours trop. « Moi je suis là parce que j'avais… des trucs à faire. » L'hésitation dans ses paroles la vend à son interlocuteur : certes, il y a anguille sous roche. Rachael n'a jamais été spécialement douée pour masquer la vérité. Par contre, détourner la conversation n'est pas un problème, ce pourquoi elle évite bien soigneusement de laisser l'opportunité à Elias d'en caler une et reprend aussitôt, attaquant la résistance sans le moindre état d'âme : « Faut vraiment être d'une stupidité sans borne pour s'en prendre à un bâtiment aussi actif. Y a beaucoup trop de citoyens, pour seulement quelques cols bleus bien planqués dans leurs bureaux. A part leur connerie accablante j'vois pas ce qu'un tel attentat peut dénoncer. » La colère face à l'incompréhension. La milicienne a beau avoir mis un terme à un nombre beaucoup trop conséquent de vies, elle aime à penser que toutes les morts étaient justifiées.
Car c'est toujours plus aisé d'appeler monstre celui qui vous affronte, que de rendre le regard à l'autre qui vous contemple dans votre miroir.

 
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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Mar 23 Aoû - 1:38

La confusion du grec se heurte au pragmatisme de la blonde. Assez violemment pour lui arracher une moitié de rictus, une moitié de grimace. Indécis sur le comportement à adopter, bien trop troublé pour parvenir à effectuer la gymnastique cognitive nécessaire au maintien des expressions toutes trouvées. Déchu émotionnellement, le trentenaire ne peut solliciter sa capacité de détachement si impérieuse en temps normal. Il faut croire qu’elle s’absente obligatoirement quand il croise la route de cette femme. L’ébriété d’abord et le choc désormais. Elias se sent investi d’une bien encombrante maladresse, d’un manque de moyens pour habiller l’orgueil et préserver les derniers pans de dignité. De bien des façons, son interlocutrice pourtant sonnée et blessée de surcroît, parvient à remporter la partie à ce jeu des égos. La défaite se fera âpre sans nul doute quand le danger sera écarté et la milicienne en sûreté, soignée. En attendant, le journaliste l’observe endosser cette assurance inébranlable jurant atrocement avec l’entièreté de son apparence. « Je trouve que la terre sied tout à fait, à ton teint. Au temps pour moi. » Aucun amusement pour égayer sa sottise. « Il parait que la milice est efficace, ne t’aura-t-elle pas retrouvée voyons ? Secourue, parce qu’elle est belle et puissante. Qu’elle n’existe que pour sauver la veuve et l’orphelin. » ironise-t-il sans jamais se départir de sa lividité pourtant. Il éprouve un grand réconfort à parler avec normalité dans ce cadre apocalyptique. Un moyen de garder les pieds fermement fixés au sol jonché de débris. De la voir répliquer avec cette verve étrangement familière, apaise tout autant ses préoccupations grandissantes. Naturellement bavard et si peu enclin à endurer le silence, il lui est aisé de poursuivre sur cette voie. De noyer sa nervosité dans une joute verbale stimulante. Réveillant sa bravoure bien trop enfouie.

Les dents grincent devant la résistance observée. Pas le moment de se disputer à ce propos. Pas l’endroit pour débattre de son obstination. « Ce n’est pas le moment de faire dans la fierté déplacée. On m’a un jour dit que tu étais humaine. Ce fait n’a pas changé, j’ose espérer ? Tu as vu ce que tu as au bras ? Bordel, ça te doit te faire un mal de chien. Je ne sais pas comment tu fais pour être encore consciente. » Et le souligner à voix haute ne fait qu’accélérer ses pulsations anarchiques. Il faut la sortir de là. A tout prix. Une urgence entretenue, exacerbée par l’esquisse d'une chute avortée. Il a déjà bondi vers l’avant, les bras tendus. Un grognement lui échappe alors. « Putain, Racha. Laisse-moi t’aider. » Il est déjà à ses côtés mais n’ose pas franchir les barrières que la bienséance impose. Il la détaille seulement tandis qu’elle lutte contre la gravité, prêt à la rattraper au besoin. L’impatience le gagne, érafle ses nerfs déjà mis à mal tandis qu’elle continue d’invoquer la révolte vrombissant toujours plus entre les côtes du damné. « Ne me fais pas rire, je t’en prie. Depuis quand le gouvernement ou la milice a pour rôle de veiller sur ses habitants ? Sur sa sécurité et son bonheur ? J’en ai vu plus d’un en action. Le but ce n’est pas de sauver, le but c’est de maintenir l’ordre, de réprimer la liberté dans le but d’asseoir l’autorité. Je ne sais pas comment tu avises le peuple mais je sais que pour la plupart de la milice, ce n’est qu’un troupeau qui doit rester sagement dans son enclos. Sans beugler, sans avoir d’opinion de préférence. Tu as déjà été dans les quartiers pauvres de la ville ? Je n’en ai pas l’impression. On laisserait joyeusement crever les nécessiteux pour fournir ce maudit luxe à l’élite. Et ce n’est qu’une infime partie du problème. » Son ténor résonne avec plus de force qu’auparavant, chassant les derniers fracas provoqués par un bâtiment ébranlé jusque dans ses fondations. « Alors s’il te plait, excuse-moi mais je suis assez réaliste pour savoir que la milice serait prête à laisser crever plusieurs de ses habitants pour prouver sa soi-disant utilité. Ils sont prêts à tout pour endoctriner la masse. » Le souffle repris mais les idées plus brouillonnes encore.

Son regard atterrit sur la plaie protégée par le textile. Le vermeil grignote sa rétine, creuse de nouvelles cavités dans sa poitrine. Il se mord la lèvre en silence, réfléchit à une solution pour l’obliger à coopérer quand soudainement, son bras rejoint le sien. La surprise dérange ses traits un instant. Qu’elle abandonne aussi rapidement ses résolutions le trouble davantage que la vision de ses vertiges saisissants. Il y puise pourtant une toute nouvelle forme d’aplomb. A ses yeux assassins, il répond avec insolence par un sourire ironique. « Ah ça, j’en doute pas, courir après les très vilains rebelles, traquer ces horribles petits monstres. Programme chargé. » Sa seconde main se place contre le coude de la victime afin de stabiliser sa prise. Ce mouvement marquant le soutien ne l’empêche pas de répondre à chaque réplique adverse. « Morts en héros. Braves petits gars. » Un sarcasme qui lui échappe. Gosse impertinent qui ne peut s’empêcher de cracher sur toute forme d’autorité. Il se sent un peu ridicule à vrai dire mais la prise de Rachael sur son bras le met mal à l'aise. De par les circonstances, de par leur passif. Il ne rebondit pas sur sa justification nébuleuse. Son ignorance sur ses activités, les suites de leur éloignement ne l’alertent nullement sur la possibilité d’une présence liée à la sienne. Jamais, il ne pourrait se penser un semblant important ou digne d'intérêt. Pas aux yeux de la quadragénaire. Et surtout pas alors qu'elle ne comprend pas l'essentiel de ce qu'il vient de se dérouler. « Ce n’est pas de la stupidité que tu contemples là, c’est du désespoir. Dans son plus simple appareil. Pourquoi crois-tu que ces hommes se sacrifient ? Une justice corrompue, un état fondé sur la prohibition. Il y a plus de preuves d’humanité dans cet acte barbare que dans le système judiciaire actuel. Mettre des gens dans des arènes pour les juger. Sommes-nous des animaux ? Ces hommes, ils courent après un idéal. Une réforme. La démocratie. Certes, ce n’est pas la bonne façon d’émettre ses idées et je ne l'approuve nullement. Mais ils ont été aveuglés par leur détresse. Par l’impuissance. Un homme est capable du pire pour le meilleur. » Le rédacteur se concentre sur le rythme de la marche quelques instants.
Il se tait pour mieux visualiser le chemin emprunté, comprendre leur progression.

Quand ils atteignent un plus grand espace où plusieurs cadavres s’alignent sous la pierre, le fumeur reprend alors la parole pour se soustraire à cette vision macabre. « Qu’est-ce qui t’as pris de rejoindre l’armée ? Je ne vous comprends pas Rhys et toi. Etre entrainé à tuer. Servir aveuglément sans pouvoir développer son sens critique ou du moins émettre une opinion. Se mettre au service de la violence. Je ne comprends pas. » Incompréhension qui s’étend à ce qu’il voit. Les pièces s’enchainent, les détours sont multiples et il craint pour l'endurance de sa comparse. Face à un passage condamné, alors qu’il s’apprête à leur faire prendre une autre issue, un bruit attire son attention. Il stoppe net leur progression. « Tu as une arme sur toi ? » Des pas précipités, des voix dures, implacables et la respiration qui se perd. Ça n’est peut-être pas terminé.

(BON COURAGE POUR LE BOULOT TU VAS TOUT CARTONNER !)

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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Dim 28 Aoû - 2:04



and breathe again

Elias & Rachael
featuring

S’il y a un fond de vérité dans les propos que lui réplique Elias avec sa verve habituelle, Rachael préfère choisir de les ignorer et le laisse vomir son dégoût de la milice et du gouvernement sans répliquer. Elle n’a pas la force de s’engager dans ce combat, pas maintenant, pas avec lui, et surtout pas quand une toute petite voix au fond d’elle lui souffle qu’il n’a même pas complètement tort dans ce qu’il raconte. Or si elle ne se voile pas la face à ce sujet, si elle est parfaitement consciente que ceux qu’elle a choisi de servir ne valent parfois guère plus que des pourris, elle ne peut décemment pas accorder le point à son acolyte d’infortune. Car comment se justifier de son choix après un tel aveu ? Comment assumer face à celui qui aurait pu jadis être un frère qu’elle a besoin de faire ça pour nourrir et appaiser la soif de violence qui brûle en son sein ?
Plutôt faire l’autruche et se concentrer sur le présent bien trop réel de leur situation périlleuse.

Le mutisme dans lequel elle s’enferme face aux sarcasmes et aux dénonciations qui n’ont même pas la pudeur de se cacher sous quelques sous-entendus est un indice alarmant de sa condition. Elle qui lui aurait disputé le bout de lard quitte à se gueuler dessus pour une bataille perdue d’avance et alors même que le but initial de cette rencontre était d’enterrer la hache de guerre, la voilà qui se retrouve suffisamment affaiblie pour que les mots se faufilent entre les plaques de son armure. Dans l’immédiat, sa hargne n’est bonne qu’à lui faire poser un pied devant l’autre sans céder à l’appel du sol et parce qu’elle n’est dévouée qu’à ça, elle laisse à nu ce morceau de son être qui est incapable de se défendre et absorbe comme une éponge les paroles incisives. « Où vois-tu ta preuve d’humanité dans ce massacre à l’aveugle ? » Vaillante, elle finit tout de même par se manifester, refusant de se laisser écraser jusqu’à la dernière minute. « En quoi cela vaut-il mieux que les arènes ?  Si le désespoir doit mener à la cruauté gratuite, alors cet idéal dont tu parles n’est pas meilleur que ce que prône notre gouvernement actuel. Quand on est prêt à tirer dans le tas au mépris des vies innocentes, on défend pas une démocratie, on montre juste qu’on est pas mieux que ceux à qui on s’attaque. » Sans ciller devant le spectacle affreux qui s’impose alors à eux, son regard parcourt les corps inanimés qui s’amassent dans la poussière et les blocs de pierre délogés de leur emplacement initial. Un véritable désastre. Ce ne sont pourtant pas les morts le pire, mais bel et bien les râles de ceux qui oscillent à la frontière de la vie. Face à ce genre de spectacle, son ouïe est bien plus sensible que sa vue et elle regrette de ne pas pouvoir chasser ces gémissements de la même manière qu’elle pourrait simplement abaisser ses paupières pour ignorer les cadavres. La milicienne souffre de cette douleur qui ne lui appartient pas et qui retourne ses entrailles, souffre de son impuissance devant quelques âmes perdues qui réclament la fin de leur calvaire insoutenable.

Comme ils se sont temporairement arrêtés de progresser, elle s’appuie plus lourdement sur Elias pour ne pas céder au besoin de s’asseoir et de souffler, elle doit rester debout, elle doit rester forte, elle doit… « C’est vrai que pouvoir émettre librement tes opinions t’as amené bien plus loin que moi hein ? » Elle lève les yeux vers lui, luttant contre son corps qui la trahit à chaque instant un peu plus. « Qu’est-ce que tu comprends pas Elias, qu’il faut se battre pour survivre ? Dans quel monde crois-tu vivre ? » D’accord l’Apocalypse est une excuse, mais avant ? Plus jeune, elle croyait que toutes les guerres avaient une cause juste, maintenant elle sait bien que ce n’est pas le cas et qu’elle se voilait déjà la face à l’époque. Rachael a toujours été très forte pour fermer les yeux sur les évidences et ne voir que ce qui l’arrangeait.
Rachael surtout est complètement dépendante de cette drogue dure qui mène à l’extase lorsque les corps s’écrasent, que les phalanges se brisent, tellement dépendante qu’elle n’arrive même pas à culpabiliser d’aimer ça mais ça elle ne peut pas le lui dire, ni aujourd’hui ni jamais.
Quelle salvation alors que ces voix qui claquent et détonnent dans cette antre de destruction. Ils ne sont pas seuls debout, mais ils seront certainement seuls quand leur route croisera celle de ces inconnus qui ne semblent être en trop bon état pour n’être que des survivants de la catastrophe. A la question d’Elias, la milicienne lâche sa béquille humaine pour porter ses mains au holster qui enserre sa cuisse. Oui, elle a une arme. Les doigts tremblants, gauches, dénouent l’attache pour se saisir de l’instrument de mort. Le porte à ses yeux pour constater qu’il semble être encore fonctionnel, qu’il n’a a priori pas pâti de l’éboulement. Alors elle défait le cran de sécurité et le l’offre à son compagnon, crosse tendue vers l’avant. « Ironique, tu trouves pas ? D’abord tu récuses ce que je fais, et maintenant tu vas devoir te mettre à ma place et faire exactement la même chose. » Pour un instant, l’étincelle moqueuse est revenue dans son regard brûlant de défi. « A moins que tu espérais que je m’en charge ? Ce serait plus simple si c’était la méchante milicienne qui abattait de sang-froid ces pauvres petits résistants investis d’une cause juste, pas vrai ? Manque de bol, je peux pas. Tu n’as plus qu’à te mettre au service de la violence toi aussi. » On pourrait presque croire que Rachael savoure le retournement de la situation, d’ailleurs elle sait que ses propos sont faciles et simplement mesquins, qu’ils ne résultent que d’une fierté froissée tentant de se remettre comme elle peut. « Prends-le. » Elle sait et elle s’en fiche. Parce que dans l’immédiat, s’il refuse d’endosser la responsabilité pour la tâche ingrate qu’elle lui balance sans autre forme de procès, il y a de fortes chances qu’ils aient parcouru tout ce chemin pour rien.
A moins que ces personnes à qui appartiennent les éclats de voix se contentent de les escorter gentiment vers la sortie ? Malheureusement elle n’y croit pas vraiment, parce qu’il y en a un qui vient d’apparaître dans son champ de vision et vu la manière qu’il a de trainer un blessé derrière lui, cela ressemble plus à une prise d’otage des quelques survivants qu’à une intervention des gars de la sécurité. Elle se recule instinctivement, oubliant déjà son incapacité à se mouvoir correctement. Et cet homme qui ne regardait même pas dans leur direction, trop occupé à converser avec son collègue, aurait pu passer sa route en continuant de les ignorer s’il n’y avait eu cette chute de gravats provoquée par un pied mal assuré.

 
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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Mar 6 Sep - 1:35

Le mutisme sied mal à son interlocutrice. Et à vrai dire, il irrite et inquiète Elias à part égale. Il ne laisse aucune place pour la réplique adversaire mais il s’attend à tout instant qu’elle s’approprie d’elle-même leur air, qu’elle sectionne une de ses phrases, l’arrête d’un geste ou d’un son. Son manque d’ardeur suggère au mieux une indifférence exacerbée, au pire, le niveau de gravité de son état de santé. Le grec fait semblant d’observer le décor chaotique mais du coin de l’œil, il l’avise, rongé par l’anxiété. Tous deux ont les nerfs à vif et leur passé s'ajoutant à ces divergences d’opinion n’aide en rien. La rancœur pulse alors que les incompréhensions mutuelles se multiplient. Quelques souvenirs pour les relier et donner raison à ce duo mal assorti. La milicienne et le rebelle. Il pourrait presque en rire si le lieu s’y prêtait. Mais un seul regard vers les cadavres amoncelés suffit à lui faire ravaler l’esquisse de son hilarité déplacée. Toujours aussi livide, il raffermit sa prise sur sa compagne d’infortune et reçoit avec soulagement sa nouvelle salve de réprimandes. Au moins, ne semble-t-elle pas au bord de l’inconscience. Un soupir pour ponctuer sa plaidoirie avant qu’il ne reprenne lui-même la parole. « Je n’ai jamais dit que c’était la bonne façon de faire. Mais je comprends qu’on puisse perdre la tête, être désespéré au point de sacrifier plus d’une vie au nom d’un idéal. Etre aveuglé par sa détresse, c’est humain malheureusement. Je n’approuve pas ce massacre. Mais je le comprends mieux que je ne comprendrai jamais les motivations du gouvernement. Observer des gens se massacrer dans une arène, c’est de la perversité malsaine, tu m’excuseras. C’est le gouvernement qui incite à la violence, qui la prône avec son régime dictatoriale, sa fausse justice et sa prohibition totalement absurde. Ironique, je trouve. C’est facile aussi de tuer des innocents sous couvert d'une bannière, pour la patrie. Pour l'ordre. » Il le crache plus qu'il ne l'articule. D’autres mots se  bousculent dans son esprit pour appuyer son sentiment. Il les laisse s’envoler sans jamais marquer leur environnement sonore de sa voix. La lassitude le rattrape malgré lui. Il se tait juste assez pour l’écouter à nouveau.

La bravoure de son interlocutrice ne faiblit pas quand bien même il perçoit tous les signes divulguant sa faiblesse apparente. Il joue l’ignorant, de peur de heurter la fierté trop accrue de son alliée. Le damné préfère ne pas risquer ce qu’il a réussi à obtenir d’elle. Sa confiance momentanée. Alors, il ravale les propos qui lui brûlent la langue et congédie ses interrogations pour le pire comme pour le meilleur. Reste à savoir combien de temps sa protégée pourra encore supporter cette course effrénée dans les entrailles de cette battisse en ruine. La conversation devient bien vite le point central de cette survie. Mobiliser l’attention ailleurs que sur les plaies à déplorer. « Tu crois donc que la violence résout tout ? Qu'elle est le seul moyen dont nous disposons pour survivre, pour nous battre ? Et puis, c’est facile, j’imagine, de ne pas chercher à éprouver la moindre empathie pour son prochain, de ne voir que des cibles, que des ennemis. Des gens qui n’ont ni sentiment forcément, ni réellement le droit de vivre de toute façon.  Sans doute que c’est plus simple d’appuyer sur une gâchette, faire crever des gens au nom d’une patrie. C’est plus facile de faire la guerre que la paix, je l’ai bien compris, crois-moi. Au lieu d’attaquer son peuple, la milice ferait mieux de le protéger et pas de l’opprimer, de mettre en place un système judiciaire qui ne rend justice qu’à la soif de sang et à cette violence que tu défends corps et âme. » Toujours la même complainte, toujours la même confusion mentale devant le spectacle à cueillir. « Ca ne m'a peut-être pas amené bien loin, j’ai même sans doute tout raté à vrai dire mais je fais fonctionner mon esprit critique. A défaut d’être innocent, je reste au moins humain. » Autant que possible s’entend-il penser. Il lui suffit pourtant de songer à son enfant alité, piégé dans son corps défaillant pour sentir le poids de la culpabilité peser. Peut-être pas si humain que ça.

L’idéaliste l’observe se détacher, lui présenter l’arme qu’il a réclamé spontanément, à court de solution viable. Ses prunelles glissent sur l’arme avant de revenir traquer celles de son vis-à-vis. Il refuse de poser ses doigts sur la crosse qu’elle lui tend. D’une voix calme et maitrisée, il s’entend répondre à ses accusations. « Je n’en ai pas fait mon métier, Rachael, là est toute la différence. De plus, l’arme elle-même peut être dissuasive. » A qui croit-il faire la morale ? Ses actes de rébellion antérieurs ne peuvent rendre justice à ses monologues de pacifiste convaincu. Peut-être qu’il a dû en passer par là pour en arriver à ce point précis. Ou peut-être juste qu'il aime avoir raison. En dépit de tout. « Je n’ai pas été formé pour ça, moi. » Bien qu’il ait appris à manier les armes à feu auprès de ses camarades renégats. Quand il était encore sur le terrain, sabotant autant que possible la dictature par des actes moins barbares cependant. D’un ton détaché, toujours aussi posé, il entreprend de lui exposer avec sarcasme ce qu’il pense de sa prétendue solution. « Tu aimes les balles perdues peut-être ? Tu veux sans doute que je t’achève par inadvertance pour prouver ton point ? Je ne prendrai pas ce risque. » Il décline définitivement son offre d’un geste de la main. Ensuite, tout s’enchaine. Elle recule, attire l’attention. Le journaliste s’accroupit instinctivement, l’entraine dans son mouvement en tirant sur son bras valide et la tient par le poignet pour l'amener au point convoité, pour qu’ils puissent s’abriter d’un monticule de pierres. Son index rejoint ses lèvres, ses yeux la supplient de se taire, de ne pas remuer mais le mal est fait.

Incertain et tout autant inquiet de la suite des événements, il se penche sur elle et dans la plus grande contradiction, attrape le flingue qu’il a refusé plus tôt. Sa main gauche n’a pas quitté le bras de la blonde, il se tient prêt pour la fuite bien qu’il soit totalement conscient de la précarité de la situation. La quadragénaire ne peut pas courir. Et il n’oublie pas ses propres faiblesses. Les séquelles de l’accident et sa maudite guibole qui ne lui obéit plus. Un grognement lui échappe quelques secondes seulement avant que le canon d’une arme ne s’aplatisse entre ses omoplates et qu’un ténor grave lui ordonne de se relever. Ses doigts relâchent progressivement leur prise autour de Rachael, il n’ose pas la dévisager, ne se concentre que sur leur opposant. Seul pour l’instant, semblerait-il. Très prudemment, le divorcé dépose le pistolet au sol comme demandé et se redresse non sans mal, les paumes levées en signe de réédition. Son adversaire bascule vers l’avant, esquisse un geste vers la blessée un peu trop brutalement. D'un spasme, par réflexe, Elias intervient, retient le bras qui s’oriente vers sa coéquipière. Dès que sa peau entre en contact avec la brute, la nécrose survient. Il ôte ses doigts immédiatement. Le phénomène est néanmoins suffisant pour distraire son assaillant et il en profite alors pour déployer toute son énergie, balancer son poing stratégiquement dans son visage, tenter de le désarmer. Des balles se perdent, l’homme tire sans jamais réussir à faire mouche, aux prises avec le reporter. Meilleur bagarreur que tireur, ce dernier parvient à empoigner son antagoniste après avoir permis à sa capacité surnaturelle de le déstabiliser à plusieurs reprises, gangrenant  son épiderme par simple toucher et le met hors circuit en le repoussant violemment contre la paroi la plus proche à deux reprises afin de l’assommer. A bout de souffle,  il se plie en deux, les mains sur les genoux. Conscient du danger qui guette toujours. Conscient du boucan qu’ils viennent de perpétrer. Conscient de l’urgence.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Mar 6 Sep - 21:03



and breathe again

Elias & Rachael
featuring

Elias est un idéaliste convaincu mais il a plus de chance de convaincre un mur avec ses propos que d'amener Rachael a voir la justesse qu'il y a en eux. Il cite paix et justice quand elle rêve de chaos, pourront-ils seulement trouver un terrain d'entente ? Quant au meurtre des innocents, elle en ricane, qui mérite encore ce titre en dehors des enfants qu'on a préservé de tout ? Evidemment tout n'est pas noir, évidemment certains ont payés pour rien et elle n'est ni stupide ni manichéenne et parfaitement au courant que la violence ne résout pas grand chose... sinon ses propres problèmes, ce qui suffit déjà bien assez à son égoïsme. Les beaux idéaux, la morale droite et la conscience claire sont tout autant de choses sur lesquelles elle a décidé de tirer un trait dessus depuis longtemps. Et si elle doit se réveiller la nuit avec un hurlement au seuil des lèvres, si elle doit se débattre avec ses cauchemars et revivre en boucles certains éléments traumatisants de son passé alors c'est un juste prix à payer pour que ses journées lui appartiennent sans qu'elle ait à s'embarrasser des valeurs dont Elias fait tant l'éloge.
Et il refuse l'arme, il refuse et continue de creuser de ses mots le gouffre qui les sépare. « Tu crois vraiment pouvoir dissuader avec un putain de flingue des gens qui viennent de faire péter un bâtiment et sans doutes certains de leurs collègues dans la manœuvre ? » Naïf ? Ou juste trop plein de l'espoir de n'avoir pas à verser du même bord qu'elle, elle ne peut pas lui en tenir rigueur, après tout elle aussi a eu des préceptes moraux un jour. Elle ne peut pas lui en vouloir mais elle peut se moquer et ça en revanche, elle ne s'en prive pas. « T'as des belles paroles Elias, mais parfois faut savoir se mouiller au lieu d'attendre que quelqu'un d'autre le fasse pour toi. Si t'es pas prêt à faire feu, ça t'avancera à rien de pointer ton arme sur quelqu'un et tu te feras descendre avant d'avoir dissuadé qui que ce soit. »

Entre une chute de gravas et cette discussion houleuse qui les animait depuis quelques minutes, même à voix basse, n'importe qui disposant d'un minimum d'attention pouvait s'être rendu compte de leur présence. Alors forcément, ce qui devait arriver était arrivé : quelqu'un les avait trouvé. Rachael, assise par terre depuis que son compagnon l'avait entraîné à l'abri derrière quelques gros blocs en travers du couloir, n'avait pas eu la force de réagir, tout juste celle de constater la silhouette qui s'était dressée derrière Elias. La suite s'était enchaînée bien trop vite pour que son attention défaillante en saisisse les méandres et quand les mouvements avaient cessés de paraître trop flous à ses yeux qui tentaient tant bien que mal de suivre le rythme, l'agresseur était face contre sol et bien inconscient. « Humain, hein ? » Elle n'avait pas tout saisi, mais ça, ça ne lui avait pas échappé. Pas la première fois, pas celle qui avait sonné le début du combat. Et si Rachael n'avait pour l'heure plus la force de s'étonner face à ce phénomène, elle ne se rappelait que trop bien cette femme qui en avait fait usage dans les égouts. Et Niklas.
La réalité viendra probablement lui balancer son poing dans la face lorsqu'elle sera plus à même de réaliser ce qui s'était passé. Pour l'heure, la lassitude de son corps et de son esprit est tout juste bonne à faire preuve de pragmatisme : encore un.

Adossée contre le mur, la milicienne a replié ses jambes contre son corps après qu'une balle soit venue s'écraser à quelques centimètres de son pied. A la lumière des paroles qu'il lui a dites quelques instants plus tôt, la situation est pleine d'un humour noir. Cependant, Rachael n'y goûte que très peu : son état n'a de cesse d'empirer au fur et à mesure que le sang continue de s'échapper de la blessure. Son visage est luisant d'une sueur qu'elle n'en finit plus d'essuyer de sa manche. Elle tente de se relever mais ses jambes refusent de la porter tandis que face à elle, Elias semble vidé par son combat. « Ils seront là d'un instant à l'autre et on est pas en état de fuir. » La lucidité est toujours présente au moins. « Prétend que t'es dans leur camp. Que t'approuve ce qu'ils ont fait. Ou autre chose, tu trouveras bien une connerie à leur balancer vu comme t'es doué quand il s'agit d'assommer les gens avec ton baratin. Dis-leur... dis-leur que c'est moi qui l'ait foutu KO, que t'es arrivé après et que tu m'as fichu un sale coup sur la tête, ça expliquera mon état. L'uniforme devrait les convaincre, je ferai un bon otage. » Secouée par une quinte de toux, elle reprend après une pause : « Du moins jusqu'à ce qu'il revienne à lui. Et récupère mon flingue. Planque-le. On sait jamais. » Persuadée qu'ils les fouilleront s'ils attrapent le duo, elle espère tout de même. Dans la précipitation, un oubli est vite arrivé, de toute façon c'est ça ou rien. « Si t'as une meilleure idée à proposer, je t'écoute. Mais si on doit se tirer d'ici avant que les copains de celui-là se ramènent, va falloir faire un miracle, je ne crois pas être capable d'aller encore loin à ce rythme et eux ont l'air d'être en pleine forme. » Le moment semble être approprié pour mettre leurs différends de côté et cesser de se chercher les poux à n'importe quel sujet, ils n'ont probablement pas cinq minutes devant eux pour s'organiser. S'ils s'en tirent vivant, rien ne les empêchera de se jeter dans une nouvelle prise de bec une fois mis hors de danger.
Enfin ça c'est en partant du principe qu'Elias compte rester avec elle. Et en est-elle si sûre de ça, au fond ? « Maintenant tu peux aussi te barrer tout seul, si tu te dépêches tu pourras peut-être t'en sortir. Y a rien qui te retient ici, et surtout pas moi. » Elle sait qu'elle a très peu de chances de s'en tirer s'il l'abandonne maintenant et pourtant sa tirade n'a pas pour but de l'apitoyer. Dans ses yeux clairs habités par la fièvre, il n'y a que la franchise qui domine tandis qu'elle soutient le regard de son vis-à-vis après avoir exprimé sans la moindre hésitation cette dernière solution.

 
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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Dim 2 Oct - 3:06

La peur le rattrape un instant comme une ombre cheminant sur un mur vierge dans une bâtisse désertée, un son grimpant dans une forêt obscure. L'adjectif retombe, l'interrogation pour l'habiller d'une ironie qu'il saisit bien en effet. Ce qui l'habite depuis quelques temps ne le préoccupe pas vraiment. Parce que très souvent, il parvient à l'oublier. Le journaliste ne craint pas spécialement l'apparition de ces nouvelles habilités étranges. Ce monde révèle des mystères de plus en plus insolubles après tout depuis plusieurs années. De plus, ce qu'il ne connaît pas, attise sa curiosité plutôt que d'éveiller sa peur. En revanche, le jugement l'inquiète. D'autant plus quand il s'agit de le conjuguer avec ses proches. Ainsi, il n'a mis personne au courant. Et ne compte pas le faire avant de comprendre ce qui lui arrive. Pour ne pas provoquer d'émois inutiles, de craintes exacerbées. Par peur du rejet et de l'abandon tout aussi sûrement. Rachael demeure à ce jour, la seule témoin de ce phénomène inexplicable. Et il se trouve que par hasard, elle fasse également partie de la milice et que sa mission première devrait être la traque des monstres dans ce genre. Le grec reprend toujours difficilement son souffle, cherche les mots mais finit par céder à la fatalité. Rien ne pourra justifier ce qu'elle vient de voir. Rien de ce qu'il pourra dire, ne pourra acheter son silence.

Un sourire crispé encadre son irritation. Le découragement le guette mais est chassé par d'autres préoccupations très vite alors qu'il avise la silhouette de son acolyte. Si les mots s'échappent toujours de sa gorge, son état ne va pas en s'améliorant. Son teint se décline en nuances opalines, son attitude toute entière suggère le mal qui la ronge. Les considérations pour sa nature démoniaque sont déjà remis à plus tard. Ce qu'elle amorce par son aspect général et par le fond de ses paroles le bousculent toujours plus vers une issue à dénicher. Et le ramènent à l'essentiel. A elle, à eux. A leur survie.

La quadragénaire ignore que son plan touche sensiblement à une réalité quelque peu amère. Sans doute qu'il connaît plus d'un protagoniste, il faisait parti de ce mouvement autrefois, a gardé quelques connections. Regan traverse une fois de plus son esprit. Il ne sait pas s'il pourra jouer la comédie dans ces circonstances. Et sûrement pas en mettant en jeu la vie de sa seule alliée comme elle semble le vouloir. Alors que le trentenaire déploie son énergie pour bâtir une stratégie bien plus accommodante, sa comparse déchire ce silence bien étrange une ultime fois, le privant de toute réflexion sensée durant une poignée de secondes. Affecté par sa suggestion, Elias se voit tourner le visage dans sa direction, le regard habité par une lueur de défi, par une colère à peine dissimulée dans une franche déception. « Pardon ? T'es en train de suggérer quoi là exactement ? Que je prenne joyeusement mes jambes à mon cou en sifflotant à la gloire des miliciens exécutés ? Il est hors de question que je te plante là, Racha. Tu me prends pour qui ? Je ne suis peut-être plus tout à fait humain, je te le concède mais je ne crois pas être soudainement devenu insensible, égocentrique ou amnésique. Tu as peut-être oublié le passé. Mais moi pas. Et quand bien même, ce n'est pas vraiment dans mon caractère, j'ose l'espérer, de bannir ma conscience et ma morale au profit d'une fuite lâche et égoïste. » Vexé qu'elle ait été jusqu'à lui proposer ce qui ne ressemblait même pas à l'esquisse d'une vérité, il se détourne d'elle un instant. Les doigts glissent dans la barbe, il avise leurs chances. « Je n'ai pas envie qu'ils t'éliminent directement si cette mascarade tient la route. Je ne veux pas prendre ce risque. Et je ne peux affirmer que mon baratin, pour reprendre justement tes propos, soit efficace quand je suis sous pression. Tu m'excuseras de ne posséder le sang-froid et le tact d'un militaire de ta trempe. Si tu es si disposée à la négociation et à la comédie, je t'en prie, ils sont à toi. » ironise-t-il ultimement, toujours acerbe en raison de sa remarque antérieure.

En soupirant plus lourdement que jamais, le rédacteur s'accroupit, se met à la hauteur de son interlocutrice, détaillant ses traits malades, s'inquiétant des quintes qui la secouent. « Tu dois être vraiment amochée pour avouer ton état de faiblesse... » Un léger rictus triste point sur ses lèvres sèches. Une main contre l'épaule de la blessée et les prunelles coulissant sur toutes les plaies à déplorer. « Il faut qu'on te sorte de là à tout prix. » Un murmure qui lui échappe tandis que ses yeux s'orientent naturellement vers le flingue mentionné plus tôt, il obéit à une partie du plan qu'elle a tracé plus tôt en le planquant derrière des gravats. De toute manière, elle a sans doute raison. Il ne se voit pas appuyer sur la gâchette froidement alors cette arme ne lui sert à rien. Le pacifiste a à peine le temps de se relever, de s'écarter de cette cachette improvisée que deux nouvelles personnes interrompent la scène. La femme le dévisage alors que l'homme s'approche dangereusement de la blonde. D'un geste innocent, il relève les paumes en signe de paix. Le cœur s'accélère dans la poitrine alors que toute son énergie est mobilisée pour entretenir l'illusion d'un calme qu'il ne possède pas. « Monsieur, madame. Je peux vous expliquer la situation. Elle est très simple à vrai dire... » Il fait un pas en avant mais est arrêté par le canon d'un pistolet. « Qui de vous deux est responsable de ça ? » Le rebelle pointe le corps inanimé de son coéquipier. Le damné fait face à ses options abruptement. Les méninges ankylosées par la terreur ne parviennent pas à articuler le moindre cheminement sensé. Alors il s'appuie sur son plus vieux défaut en attendant. Son insolence. « En toute sincérité, quelles sont les chances que vous parveniez à me croire si je vous dis que la chute de gravats est l'élément clef de l'action qui a causé le résultat que vous observez ? » Il gagne du temps, du moins tente-t-il de s'en convaincre. Alors que l'un des deux compères observe d'un peu trop près l'américaine, le divorcé s'avance davantage dans leur direction l'obligeant à cesser son examen. « C'est moi, bien, je l'avoue. Comprenez que je ne peux pas décemment me faire agresser sans riposter. Tout ce que je désire c'est partir d'ici.Votre ... ami respire toujours vous pourrez noter. Je n'ai pas chercher à lui nuire de manière définitive. » Sa nervosité perce à quelques légères reprises.

Il avise toujours son alliée à ses côtés, prie pour un miracle. Et quand il se présente, il n'ose pas y croire. Une autre silhouette féminine se joint à l'ensemble. Une ancienne amie de Carley. Quelqu'un qu'il a lui-même côtoyé à l'époque dans la rébellion. « Elias ? » Sa voix se charge d'une émotion certaine. Et il sait qu'ils ont gagné un atout. « Baissez vos armes, il est de notre côté. » beugle-t-elle alors avant d'accrocher de ses yeux la carcasse échouée de la milicienne. « Jusqu'à preuve du contraire. » Son visage s'assombrit. Il ouvre la bouche, la referme à deux reprises avant d'aviser du coin de l’œil Rachael. Un frisson le parcourt. Les négociations débutent. C'est un très mauvais moment pour devenir aphone. Et pourtant, le regard rempli de mépris, de dégoût adressé par sa connaissance d'antan suffit à lui glacer le sang, à le priver de sa verve habituelle. C'est un terrain glissant, au moindre faux pas, il peut tout perdre. A commencer par celle qu'il veut définitivement protéger. Oui, il n'a pas oublié le passé. Il n'a pas réussi à effacer l'affection démesurée du gamin qui s'est attaché bien plus à sa gardienne qu'à sa propre sœur. Alors en souvenir de ça, au moins, il ne compte pas tout gâcher.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Mer 2 Nov - 23:42



and breathe again

Elias & Rachael
featuring

A moitié présente avec lui, Rachael observe à travers un écran de fumée Elias exploser face à sa suggestion d'abandon. Même dans son état, il lui est difficile de ne pas capter la déception qui émane de son comportement, son regard, sa voix et elle réalise, peut-être, qu'elle est allée un peu trop loin, qu'elle aurait mieux fait de garder cette ultime proposition pour elle-même. Sauf que le mal est fait et qu'elle n'a ni la force, ni l'envie de s'excuser face à quelque chose qu'elle ne regrette même pas avoir échappé à voix haute. Elias ne veut pas la laisser mourir, c'est tout à fait louable de sa part, ou bien peut-être veut-il seulement se garder la conscience claire et dégagée de la tâche indélébile que sa mort laisserait ? La question affleure ses lèvres, le cynisme comme dernier recours pour se maintenir à un niveau de conscience à peu près correct, mais il ne lui en laisse guère l'occasion : il parle, et il parle, et il parle encore et elle ne comprend même plus la moitié de ce qu'il lui déblatère et quand il s'arrête finalement, c'est quelqu'un d'autre qui prend la relève.
Quelqu'un d'autre ?
Rachael plisse les yeux à travers la sueur et le sang qui lui embrouille les cils, elle se donne une gifle mentale et s'oblige à ne pas perdre pied. Ressaisis-toi, bon sang, depuis quand t'abandonne aussi facilement la partie ?  Devant eux, quelques nouveaux visages qu'elle ne connait évidemment pas et qui sont probablement les instigateurs de cette catastrophe.
Elias, cependant, ne semble pas affligé de cette même ignorance.
La surprise ne pesant pas assez fort dans la balance des émotions, elle ne transparaît pas sur le visage fatigué de la milicienne, laquelle enregistre l'info machinalement en attendant de trouver le moment adéquat afin de l'analyser proprement. Tout à l'heure, elle n'a pas trouvé la force de s'étonner face aux manifestations surnaturelles dont a fait preuve son compagnon, alors pourquoi le ferait-elle à l'entente de ce simple "il est de notre côté" ?
Parce que tu t'en doutais déjà, lui souffle sa voix intérieure, et elle n'est pas d'attaque à la contredire.

Elias a cessé de parler et Rachael a la désagréable impression que tous les regards sont braqués sur elle. Si les gueules béantes des pistolets ont temporairement cessé de les braquer, la milicienne ne se sent pas franchement plus en sécurité pour autant : l'hostilité qui émane des nouveaux arrivants est pratiquement palpable et elle se la prend de plein fouet malgré son état qui aurait incité à la pitié des âmes plus charitables.
Face au silence qui s'installe, la shadowhunter comprend assez vite que son sauveur n'a pas la moindre intention de coller au plan boiteux qu'elle a proposé lorsqu'ils n'étaient encore que tous les deux. Elle n'ignore pas que sa vie est sur la balance et que laisser cette absence de communication s'éterniser n'est pas une bonne chose, parce que dans ce genre de situation il y a toujours une personne qui a les nerfs trop à vifs et la gâchette trop facile. Un bruit soudain, quelques gravats qui tombent et c'est une balle qui tranche une vie sous un prétexte fumeux commençant par un joli mais piteux "j'ai cru que...".
Elle sait aussi que le pistolet qu'Elias a planqué dans les décombres est à portée de main. Evidemment, elle n'est pas gauchère, encore moins ambidextre mais à causes désespérées...

« Est-ce qu'on va se regarder en chien de faïence encore longtemps ? » Les mots franchissent finalement la barrière des lèvres exsangues pour voler directement vers la dernière arrivante, un filet de voix tout juste assez fort pour être audible dans cet endroit trop calme. Rachael focalise toute son attention sur celle-ci puisque, de ce qu'elle a cru comprendre, c'est d'elle qu'émanent les ordres. C'est aussi celle qui semble être une connaissance de son camarade. « Si on doit bavasser de la pluie et du beau temps, autant ne pas le faire à un endroit où le plafond risque littéralement de nous tomber sur le coin de la figure. » Elle ne cherche pas à paraître aimable, pas plus qu'elle ne veut s'attirer les bonnes grâces de l'adversaire, après tout elle ne sait ni mentir ni jouer la comédie, elle n'est bonne qu'à lâcher ses propos avec sa franchise habituelle. « Puisqu'aucun d'entre vous ne m'a encore collé une balle entre les yeux, j'imagine que ma vie a potentiellement une utilité pour vous. Après tout, moi, je ne suis pas de votre côté. » Volontairement, la milicienne s'est dissociée d'Elias afin de lui laisser une chance de laver sa personne des soupçons des résistants. S'il peut endormir leur méfiance, il sera plus aisé d'agir par la suite, quoique Rachael ne sache plus trop à quels saints se vouer à l'heure actuelle : peut-elle réellement lui faire confiance ou bien risque-t-il, lui aussi, de retourner sa veste ? Elle veut choisir de lui faire confiance, mais un reste d'insolence la pousse à poursuivre, à pousser la femme à prendre une décision. « On va rester prendre le thé ici ? », persifle-t-elle avec dans le regard une vague lueur de défi. L'autre contracte ses mâchoires sur une réplique cinglante mais semble ne pas vouloir s'abaisser à enfoncer davantage la milicienne qui est déjà dans un état suffisamment critique. D'un signe de tête, elle envoie l'un de ses gars relever la blessée et laisse Elias libre de ses mouvements.
Le résistant s'accroupit à ses côtés et Rachael sait que sa fenêtre d'opportunité va s'ouvrir dans les quelques instants à suivre. Elle place le peu de force qu'il lui reste dans un coup de pied qui déséquilibre l'homme et dans le flou de l'action, sa main s'enroule autour de la crosse de l'arme dont elle vient écraser la gueule sous le menton de son otage improvisé. Gauchère ou pas, à bout portant le projectile traversera le crâne de part en part si son index presse la gâchette.  

 
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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Mar 8 Nov - 1:33

La tension s’accumule. Les muscles contractés par la nervosité, le regard incertain échouant d’une silhouette à l’autre, une attitude qui révèle le trouble grandissant. La stratégie totalement déconstruite par l’urgence, la surprise et le manque d’alternatives. Tout autant que par la morale du grec qui l’oblige à faire preuve de tact et de décence face à un ennemi si prêt à fusiller autrui. Cet extrémisme engendre toujours plus de perplexité.  Mais l’heure n’est déjà plus au constat. Son seul atout lui échappe alors qu’il reste là, effroyablement muet. Conscient que le moindre mot mal prononcé pourrait avoir un effet dévastateur, provoquer des esprits déjà bien échaudés. Le silence sied pourtant très mal au journaliste. A vrai dire, il sublime sa confusion, plaque sur ses traits, un peu trop de dureté. Aucune idée brillante ne vient étayer l’optimisme qu’il manifeste habituellement. Ses propos se font attendre. Dès lors, il n’est pas surprenant que quelqu’un veille à briser cette quiétude totalement factice. Sauf qu’il ne s’attend pas à cueillir cette voix-là. L’impertinence de la blonde fait écho à la sienne alors qu’elle se trouve en bien plus mauvaise position. Sans doute que si la menace de mort n’avait pas été aussi évidente, il aurait été le premier à rire de son effronterie. Pour l’heure, cet accès de folie ne lui arrache qu’un long frisson d’effroi. La milicienne s’assure de jouir de l’attention. Dans quel but ? Elias ne le définit pas encore très bien, ne pouvant s’appuyer que sur trop peu d’éléments pour cerner une femme qu’il n’a plus revue depuis maintenant des décennies. Ses quenottes mordillent l’intérieur de sa joue frénétiquement tandis qu’il se pare d’un masque d’indifférence éphémère. Le temps de savoir comment répondre et réagir aux provocations de l’américaine. Et plus les intonations de cette dernière s’élancent, plus il se crispe. Il n’aime pas du tout ce qu’elle tente de faire. Pas du tout.

Toujours en faisant preuve d’une grande maitrise de sa personne, le rédacteur glisse quelques mots entre deux beuglantes de la quadragénaire avec une nonchalance fictive visant simplement à ramener un semblant de calme aux devants d'une scène électrique. Ses épaules remontent, redescendent. « On ne peut pas la blâmer de faire preuve d'impatience quand la moitié d’un bâtiment menace de vous tomber sur le crâne... Ni de pouvoir s’exprimer correctement, elle a perdu beaucoup de sang. De plus, elle a pris un ou deux coups sur la tête si je ne m’abuse. » Ses prunelles se tournent brièvement vers la blessée d’un air circonspect. Jouer cette carte ne sert pas sa cause, plaider l’affaiblissement mental ne rime à rien. Ils savent qu’elle est lucide. Pourtant, il se sent obligé de combler les blancs comme il peut avant qu’elle ne mette définitivement le feu aux poudres. Tentative désespérée de ramener la conversation sur un tout autre terrain. Mais c’est sans compter sur le mépris de Rachael. Le trentenaire retient littéralement son souffle quand la chef du petit groupuscule demande à un de ses comparses de l’approcher. Il fait un pas dans sa direction, parle à voix basse très rapidement. « Ecoute… Elle est de ma famille. » A quelques détails près. Il n’a pas spécialement envie de lui expliquer la nature du lien qui l’unit à une représentante des forces de l’ordre. Il n’a pas le temps ou l’occasion de le faire de toute manière. Sa confidence n’arrête pas l’homme qui cherche à se saisir de la victime, ne ramène pas à la raison son vis-à-vis. Alors le damné poursuit, de son ténor de plus en plus paniqué. «  J’ai bien compris que toi et tes hommes ne voyiez que l’uniforme et pas l’être humain. Moi aussi, j’éprouve des difficultés certains jours à faire la part des choses, je conçois qu’ils sont souvent de la pire espèce mais regarde-la, elle est déjà assez amochée. Je crois qu’elle a saisi l’ampleur du message que vous cherchez à délivrer » Tout son discours lui semble vain. D’ailleurs, il n’a aucun effet.

Son désarroi s’amplifie quand la situation s’inverse. Quand son acolyte prend en otage le rebelle, les autres armes se pointent directement sur elle. Le brun ferme les paupières deux secondes. Putain, Racha. Il éprouve énormément de difficulté à ne pas interpeller l’instigatrice de ce nouveau chaos, pour ne pas lui demander ce qu'elle fout. Les négociations ayant totalement échouées, il doit compiler avec ce qu’il reste. Ses injures se perdent dans sa barbe. D’instinct, il se place entre les canons et la silhouette qu’il tente de protéger en levant les bras en signe de réédition. Celle qu’il pensait être son alliée se retourne alors contre lui, orientant l’extrémité de son fusil sur sa poitrine. Un ricanement échappe malencontreusement au grec.  « Sérieusement ? Tu oserais me tirer dessus ? » La narguer ne résoudra rien. Il se met à placer les mots les uns à la suite des autres avec une vitesse défiant les lois de la physique. C’est facile tout à coup de jouer sur la corde sensible parce que dès qu’il est menacé, il n’y a qu’une seule chose qui puisse encore percer sa torpeur. « Tu connais ma fille. Clementine, elle n’a que six ans. C’est un peu trop jeune pour être privée de père, tu crois pas ? » balance-t-il avec acidité. La sauce ne tarde pas à prendre. Il la voit hésiter, il voit la dualité s’opérer dans son regard. Et il sait pertinemment qu’il n’a plus d’autres choix. Son alliée d’infortune ne lui a laissé aucune autre issue envisageable.

Alors d’un mouvement vif, tandis qu’elle est aux prises avec sa conscience, qu’elle détourne même les yeux vers son autre camarade afin de décider de son sort, il parvient à allonger le bras, à tordre brusquement le poignet de son opposante pour lui reprendre son arme. Il la brandit à son encontre avant de reculer de plusieurs pas, évitant soigneusement de s’attarder sur la colère ainsi que la déception qu’il vient de susciter chez une ancienne amie. Tout ça n’a plus d’importance pour le moment.  Il s’assure de la garder en joue quand il s’approche de la milicienne. « On ne veut blesser personne, on veut juste partir. » articule-t-il ultimement avec l’espoir fou de réussir à obtenir ce qu’il souhaite sans effusion de sang. « Alors aucun mouvement brusque. Racha, accroche-toi à moi, sans le lâcher de préférence... » Il ne lui adresse pas le moindre regard, ne perd pas de vue les deux autres menaces bien présentes face à eux. Le doigt sur la gâchette, il reste concentré et déterminé. La moindre erreur leur coûterait la vie.

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MessageSujet: Re: And breathe again [PV Rachael]   Mar 15 Nov - 21:42



and breathe again

Elias & Rachael
featuring

Il n'y a pas une seule arrière pensée, par le moindre regret, pour venir étrangler la décision de la milicienne quand elle agit de manière à forcer son compagnon à la réaction. Elle n'avait pourtant pas la moindre idée du parti qu'il allait adopter, elle s'en rend compte à présent que les jeux sont faits, qu'il a tiré sa carte, et que la chef du petit groupe de résistants est tenue à l'obéissance par la gueule du canon. Dès lors, la situation actuelle lui semble un peu plus plaisante, mais le fond du problème reste toujours omniprésent : il faut sortir d'ici avant que le piège n'achève de se refermer autour de leurs vies fragiles. Or Rachael n'est pas spécialement disposée à parlementer, d'abord parce qu'elle n'a aucun talent pour la négoce mais surtout parce qu'elle ne pourrait pas tenir une conversation nécessitant trop de réflexion et de présence.
Heureusement, Elias semble vouloir aller dans ce sens lui-aussi. Lorsqu'il s'approche d'elle, elle lui lance une œillade appuyée qui retranscrit à merveille le sarcasme qui ne traverse pas ses lèvres : dans sa situation actuelle, s'accrocher à lui tout en tenant ET le flingue, ET l'otage, lui semble relever de l'impossible. Or de question de laisser la moindre opportunité à ce dernier de retourner la situation alors qu'elle est si faible, ce serait signer son arrêt de mort instantanément. Dès lors, elle choisit la seule solution que n'importe quelle personne de censée ne ferait pas, mais que son handicap lui autorise pourtant : la paume de sa main droite s'écrase à terre et elle prend appui, difficilement, sur le bras blessé afin de se mettre sur une paire de guibolles un peu trop vacillantes. Dans l'effort du mouvement, les chairs meurtries se pressent entre elles et le sang afflue de plus belle vers l'air libre. Sous le joug de l'arme s'enfonçant dans son menton, l'homme dont elle a pris le contrôle n'a eu d'autre choix que de suivre l'allure. Ce qui est pratique, c'est qu'il peut lui servir de béquille : quand bien même elle est deux fois plus vulnérable ainsi, elle joue sur l'influence de l'arme à feu pour le décourager à tenter le moindre acte stupide. Quoi qu'il fasse, rien ne serait plus rapide que le coup de feu qui partirait dans la foulée et il doit en être parfaitement conscient puisqu'il se tient à carreau, du moins pour le moment.
« Elle vient avec nous » décrète la milicienne sur le ton le plus intraitable qu'elle est encore capable de façonner. « Deux, ça les dissuadera sans doute de tenter quoi que ce soit. » Et si même ça ne suffit pas, eh bien rien n'y fera puisqu'il est de toute façon trop tard pour revenir en arrière et tenter de parvenir à un accord entre les deux groupes. De plus, elle les croit parfaitement capables de sacrifier une tête de plus au nom de leur pseudo résistance, mais leur chef ? Pas si sûr...

Elias et Rachael s'éloigne du groupe armé sans que la discussion ne s'interpose de nouveau entre eux. S'ils ne tirent pas, ils n'ont pas d'autre choix que de laisser faire, car que pourraient-ils dire susceptible de changer la donne de toute façon ? Son compagnon l'a bien précisé, tout ce qu'ils veulent, c'est s'arracher d'ici.
Et ils ne tirent pas.
Le reste du trajet se poursuit dans un brouillard dont elle ne sait pas s'il faut l'attribuer à la poussière flottante au milieu des décombres ou à sa vision, qui flanche de plus en plus sévèrement – de fait, le tort est sans doute partagé. Elle ne sait pas trop ce qu'ils font, ni par où ils passent, se contente simplement de suivre Elias en se concentrant sur l'effort requis pour marcher... et ne pas relâcher la pression sur le pistolet car cette seule menace est ce qui la retient en vie – ainsi que son partenaire, probablement –, en prévenant tout retournement imprévu ; elle n'a plus ouvert la bouche pour parler depuis qu'ils ne sont plus que tous les quatre.

Au rez-de-chaussée, l'entrée est complètement obstruée mais on discerne plutôt clairement le bruit des sirènes hurlantes de l'autre côté de l'effondrement. A partir d'ici, il n'y a plus grand chose qu'ils puissent faire, sinon espérer que le passage sera vite déblayé. D'autres personnes sont présentes, âmes hagardes ayant échappé à la main féroce des terroristes et quelque part, il y a un côté rassurant au fait de croiser des corps qui ne sont ni des cadavres, ni animés d'intentions hostiles à leur égard. Maintenant qu'ils sont de nouveau arrêtés, elle croise le regard de l'autre femme, qui lui renvoie sa haine et son mépris en pleine figure. Des questions à son sujet, elle en a une petite ribambelle qu'elle voudrait bien soumettre à Elias, mais aucune ne semble bien vouloir se laisser formuler. Quoi qu'il en soit, la représentante de l'ordre compte bien veiller à ce que la résistante ne s'en tire pas aussi facilement et réponde de ses actes devant qui de droit.
Mais est-elle seulement capable d'exiger quoi que ce soit ?

 
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And breathe again [PV Rachael]

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