AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Who runs the world? Pandas! (and Wolves)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Masculin
↳ Nombre de messages : 114
↳ Points : 146
↳ Date d'inscription : 26/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Joseph Gordon Levitt (c. Purple Haze)
↳ Age du Personnage : 671 & 35
↳ Métier : Garde du corps de Rafael Morienval
↳ Opinion Politique : Pour une prise de pouvoir des SK et une disparition inexpliquée et définitive des mages
↳ Niveau de Compétences : niveau 2 général + 3 en sens surdéveloppés + 0 en crédibilité
↳ Playlist : AaRON - 2:22
R.E.M - Losing My Religion
Chantal Goya - Pandi Panda
↳ Citation : All those moments will be lost in time like tears in rain
↳ Multicomptes : Enya cutie Rivers & Shae Thackery
↳ Couleur RP : #9999ff



Feuille de perso
↳ Copyright: Datura
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Mar 19 Juil - 23:37

Il est tard dans le Government Building, le genre d’heure à laquelle tous les employés sont rentrés chez eux. Tous, non ! Un petit bureau résiste encore et toujours à la nuit. Le mien, en l’occurrence. Quoique, la dernière fois que je pensais être seul, Maisy Weaver m’a trouvé nu comme un ver après une transformation impromptue en panda roux. Mais ce soir, ce ne devrait être que moi, et Rafael. Assez étrange que ces réunions entre le numéro 1 des renseignements du gouvernement et son chef de la sécurité. Certains jasent dans le personnel, je le sais. Beaucoup ne comprennent pas notre relation. Mais celle-ci va au-delà du respect. Et elle dure depuis un moment, motivée par des liens qui dépassent le boulot. Des liens qui remontent à un passé perdu.
Le whisky a une belle teinte alors que je le sers dans deux verres sortis de sous mon bureau. Non pas que je sois alcoolique, d’ailleurs je ne bois jamais en service, l’impeccabilité incarnée. Mais puisque les bars n’ont théoriquement plus le droit de servir d’alcool, je suis obligée de me débrouiller seul. Et je ne vais tout de même pas boire du soda pendant mes soirées avec Rafael.
J’avance le verre sur la table basse en direction de Rafael, histoire qu’il n’ait pas à le chercher des plombes avant de le trouver. Ce n’est pas toujours évident de gérer quelqu’un qui est soudain devenu aveugle. Des fois je lui tend le téléphone, et je reste avec comme un crétin dans la main, jusqu’à percuter. Vivement qu’il retrouve la vue, ça le rendra peut-être un peu moins irascible, accessoirement. Mais même avec un caractère de chien, Rafael reste mon meilleur ami. Le seul en qui je peux avoir une confiance absolue. Et ce soir, il va bien, tout du moins il semble aller bien, alors j’en ai profité pour nous servir à boire dans mon bureau. Que l’on puisse discuter, un peu. Refaire le monde. Déterminer comment on va le dominer, aussi.
« Santé. On n’a pas trop eu le temps de se retrouver seul à seul ces derniers temps, pas vrai ? Quel bordel, cette ville. Avec la Peste, et maintenant les médicaments. Ca fait beaucoup à gérer. J’ai des gars qui deviennent paranos. »
Je soupire. Déjà que gérer la population avec l’histoire de Peste n’était pas évident. En plus, Rafael devait faire son boulot : chercher, accumuler les renseignements, trouver les noms. Ou faire semblant, je ne sais pas bien jusqu’où il était au courant des membres de la Secte. Mais en plus, les gens sont devenus apeurés, et la peur fait faire des choses folles. Je n’ai jamais eu à gérer autant de menaces de meurtre contre Rafael. Toutes déjouées, preuve que je suis utile en fin de compte. Et maintenant, l’entrée des drogues sur le marché créait une effervescence que je n’avais jamais vue. Ce que la population pouvait être naïve et inconsciente. C’en était presque risible. De mon temps, on réfléchissait mieux. Enfin, je crois.

« Désolé, on avait dit qu’on ne parlerait pas de boulot. Faut croire que je ne pas m’y tenir. Mais bon, je pensais que c’était important de t’en parler. Le moral des troupes est assez mauvais. Par contre…. »
J’esquisse un sourire. On va pouvoir aborder des choses un peu joyeuses.
« Ca sert plutôt bien nos affaires. Les gens ont compris que tout ça, c’était destiné à supprimer les individus gênants, mais les informations vont dans le sens d’une suppression des individus « différents », les Nightkeepers, Daybreakers, et les Skinchangers. Ca va dans notre sens, les gens commencent à voir que nous ne sommes pas les plus dangereux ici. Que les humains sont tout aussi prompts à tuer. J’ai entendu des échos assez positifs. Ce pourrait être le moment d’amorcer une petite opération en douceur. Rallier des humains à la cause. »
Ce serait génial. Montrer aux humains faibles que nous, Skinchangers, sommes victimes tout comme eux. Montrer que ceux qui tirent les ficelles ne sont pas comme eux, mais pas comme nous non plus. Qu’ils sont mages et non pas métamorphes. Que nous partageons notre condition d’esclave. Ce serait la première étape. Ensuite, on forme une coalition suffisamment grande. Au final, on dézingue les mages et on établit une vraie communauté démocratique. Le monde parfait. Je suis un idéaliste, en fait.
« C’est une occasion formidable qui se présente. Après, le calme va revenir, et avec lui la torpeur. Je n’aime pas la torpeur. Les gens redeviennent des moutons. Il faudrait agir. J’ai encore croisé un mage, ministre, je ne sais plus son nom. Un truc en « Son », comme la moitié de cette foutue ville. Il m’a regardé de haut en bas, condescendant comme tout. Il faudrait qu’ils prennent une bonne leçon. »
J’avais tendance à m’emporter quand on parlait des mages. Je n’aimais pas me sentir esclave. Mon bourreau à moi avait disparu depuis longtemps. Mais les bourreaux des autres de mon espèce – les Skinchangers, pas les pandas roux, le sort de ces derniers ne m’intéressant absolument pas- se baladent en liberté et se croient tout puissants. Je n’aime pas ça. Ca me sort de mes gonds, comme dirait l’autre. Rafael peut comprendre ça.

_________________
© OMEGA
There's a Light that never goes out
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1020
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Dim 31 Juil - 9:22

Ces verres sur mes yeux m’oppressent, je ne les accepte désormais plus, je ne peux plus que les supporter, je ne m’y contraints que par nécessité. Ma vue revient. Lentement. Si lentement que mes nerfs optiques qui se reconstituent sont la cause de migraines aussi harassantes que régulières et d’une douleur constante, allant de la simple gêne à la brûlure bien plus vicieuse, aiguë et surtout omniprésente. Le moindre changement de luminosité est désormais un calvaire, les verres de ces lunettes auxquelles je me plie avec exaspération se sont opacifiés, densifiés pour mieux protéger mes pupilles à la sensibilité exacerbée. Je ferme les yeux lorsque dans un soupir, j’ôte momentanément le tout pour me passer une main sur le visage et accepter, le temps d’une soirée, de laisser de côté mon arrogance et l’attitude du ministre autant que faire se peut. Sans qu’aucune couche de vêtement ne quitte mes épaules, je me déshabille, je dépose à mon côté manteau d’orgueil, armure de mépris, invulnérabilité. L’homme qui s’installe face à Duncan, finalement, n’est plus qu’un homme en chemise de soie immaculée, l’homme qui s’installe face à Duncan n’est plus un Seigneur, plus un bourreau, plus un Ministre, plus un tyran, plus un meurtrier. Juste un homme. Vulnérable. Désespérément vulnérable, fragile, malingre et chétif.

Dans ces moments, plus rien ne m’entoure, plus rien ne masque ce corps sec et nerveux pour le rendre imposant, pour lui donner de quoi s’imposer dans un milieu d’armoires à glace. Et je ne peux qu’en avoir conscience. Sans pour autant que cela ne me perturbe outre mesure. La confiance entre Duncan et moi a quelque chose de surnaturel et d’inespéré, quelque chose de miraculeux lorsqu’on prend en considération non seulement notre lien hiérarchique mais aussi nos caractères. Et pourtant cette confiance devient inévitable une fois mis en lumière nos passés à tous deux. Rejoints par la douleur de nos pertes, soudés par cette haine virulente, qui nous putréfie jusque dans notre moelle, qui nous consume et nous construit, comme un serpent de pharaon transforme cendre et poussière en animal menaçant. De nos pores s’exsude une colère. De cette colère se condense une complicité. De cette complicité un respect et une confiance. De ce respect et de cette confiance, une amitié que je chérie autant que je ne veux la reconnaître, trop conscient de sa fragilité et des lambeaux des autres amitiés que je traîne derrière moi comme des cadavres, comme les trophées de ces ténèbres qui m’étranglent et que je crache chaque jour, envahissant mes poumons pour mieux les noyer et engluer bronches et bronchioles. Un soupir, mes sens s’enfument de volutes de Whisky. L’homme d’honneur que j’ai un jour pu être me souffle que cela nous est désormais interdit, le loup se jette dessus pour le dépecer et le mettre en morceaux lorsque ma main part dans une recherche timide du contenant. Que je trouve presque immédiatement.

Le silence. Je le savoue, tout comme je savoure la présence de Duncan, tout comme je savoure l’absence, la semi-absence de migraine, tout comme je savoure cette soirée toute simple en contraste complet avec mes journées, avec mes soirées, avec cette solitude dans ma villa et cette abondance de contacts en journée. Un équilibre, c’est dont j’ai besoin. Et un équilibre, c’est ce que Duncan m’offre certainement sans le savoir. « Santé. On n’a pas trop eu le temps de se retrouver seul à seul ces derniers temps, pas vrai ? Quel bordel, cette ville. Avec la Peste, et maintenant les médicaments. Ca fait beaucoup à gérer. J’ai des gars qui deviennent paranos. » Un sourire. Bien moins bavard que mon vis-à-vis, l’entendre faire des phrases à ma place ne me dérange étrangement pas. Il est une exception. Qui m’arrache de faibles sourires et devant lequel je m’autorise à n’être que Rafael. Devant lequel j’y parviens, aussi. « Désolé, on avait dit qu’on ne parlerait pas de boulot. Faut croire que je ne pas m’y tenir. Mais bon, je pensais que c’était important de t’en parler. Le moral des troupes est assez mauvais. Par contre…. » Je fronce les sourcils, mon principal moyen de communication dans ce genre de situation. Parler ou ne pas parler de nos journées, de nos responsabilités, voilà une broutille sur laquelle il est inutile de s’angoisser, vraiment. Mais que les hommes, nos hommes, mes hommes, ma meute soient perturbés par tout ce qui nous entoure… « En revanche… ? » je rajoute d’une voix douce, curieuse, si distante de ce ton sec que j’arbore usuellement qu’elle en devient troublante, pour l’inviter à poursuivre. « Ca sert plutôt bien nos affaires. Les gens ont compris que tout ça, c’était destiné à supprimer les individus gênants, mais les informations vont dans le sens d’une suppression des individus « différents », les Nightkeepers, Daybreakers, et les Skinchangers. Ca va dans notre sens, les gens commencent à voir que nous ne sommes pas les plus dangereux ici. Que les humains sont tout aussi prompts à tuer. J’ai entendu des échos assez positifs. Ce pourrait être le moment d’amorcer une petite opération en douceur. Rallier des humains à la cause. » Mes traits se creusent de réflexion pendant qu’il parle, mes lèvres continuent à se tremper dans l’alcool sans pour autant que je n’en extirpe plus que quelques gorgées. « C’est une occasion formidable qui se présente. Après, le calme va revenir, et avec lui la torpeur. Je n’aime pas la torpeur. Les gens redeviennent des moutons. Il faudrait agir. J’ai encore croisé un mage, ministre, je ne sais plus son nom. Un truc en « Son », comme la moitié de cette foutue ville. Il m’a regardé de haut en bas, condescendant comme tout. Il faudrait qu’ils prennent une bonne leçon. » Aussitôt mes pensées se dirigent vers Meadow. Un sorcier. Un… le vestige d’un ami, les ruines d’un ami. Le silence est de retour. Je pourrais le laisser gagner mais je sais, quelque part, que Duncan attend une réponse, et n’en attend pas une pour la prochaine pleine lune. Mes doigts reposent lentement le verre.

Oui, le chaos qui se répand en ville peut servir à nos intérêts. Rallier des humains ? Aussitôt l’odeur et la voix de Violet s’emparent de moi et coupent ma respiration. Je m’empresse de les rejeter en préférant me focaliser sur la haine palpable vouée par mon ami aux sorciers. Des échos positifs. Une traque des hommes différents. Supprimer les individus gênants. Si cela s’avère exact, je vais être une cible prioritaire en tant que Skinchanger connu et reconnu. Mais aveugle. Donc vulnérable. Rallier des humains à notre cause. « C’est vrai. » Il faut que je développe. Mais je prends mon temps, comme toujours, dans une respiration posée. J’ai beau délaisser le Seigneur, il me colle à la peau, s’empare du moindre de mes gestes pour le ralentir et l’imprégner de menace et de présence. « Lorsque tu dis que les hommes deviennent paranos, crains-tu davantage pour leur sécurité, pour leur allégeance ou pour leur capacité à réagir avec efficacité si un incident se présente ? Je me suis concentré dernièrement sur toutes les affaires internes autour de cette Secte » et sur des recherches plus… personnelles… « Mais j’imagine que tu as déployé les gardes du corps autour des personnes à risque, n’est-ce pas ? » Dans mon esprit, des engrenages filent à toute vitesse, entraînant des pensées, testant des hypothèses. Je réfléchis à haute voix, désormais, mon index glissant sur le rebord du verre pour en suivre son tracé circulaire. « Tu as raison, tout cela peut nous servir, mais… nous avons toujours le problème de… confiance. Les hommes ont peur de ce qui les dépasse, et cette peur exacerbée par une menace plus omniprésente… Cela nous dessert, aussi, dans un sens. La stratégie adéquate dans ce genre de situation serait certainement de… distordre la réalité et de pointer les projecteurs sur des coupables, des coupables motivés par leur corruption et leur gangrène écœurante. Un suspect Skinchanger, un coupable sorcier, voilà qui pourrait nous servir. Mais cela impliquerait de sacrifier l’un des nôtres et voilà qui me répugne. » Mais je n’hésiterai pas une seule seconde si cela s’avère l’unique solution ou la solution la plus adéquate, que Duncan ne se fasse pas la moindre illusion. « Peut être devrions nous… comment s’appelait ce sorcier ? S’il a eu le malheur d’attirer son attention, ne laissons pas tomber son nom dans l’oubli, je suis certain que l’on pourrait s’en resservir et qu’il y a quelques cadavres à déterrer dans son jardin. Cependant… » Cependant quelque chose me chiffonne. « Nous ne valons guère mieux qu’eux, Duncan. » Je me lève, attrapant mon verre au passage, pour aller m’adosser à la paroi la plus proche. « Quelque part, nous ne faisons que suivre une petite vendetta. Je me demande si… » J’ignore ce que je me demande, je n’arrive seulement pas à avoir les idées claires à propos de tout cela. « As-tu des nouvelles d’Ayalone ? L’as-tu retrouvée ? »


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv En ligne

Masculin
↳ Nombre de messages : 114
↳ Points : 146
↳ Date d'inscription : 26/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Joseph Gordon Levitt (c. Purple Haze)
↳ Age du Personnage : 671 & 35
↳ Métier : Garde du corps de Rafael Morienval
↳ Opinion Politique : Pour une prise de pouvoir des SK et une disparition inexpliquée et définitive des mages
↳ Niveau de Compétences : niveau 2 général + 3 en sens surdéveloppés + 0 en crédibilité
↳ Playlist : AaRON - 2:22
R.E.M - Losing My Religion
Chantal Goya - Pandi Panda
↳ Citation : All those moments will be lost in time like tears in rain
↳ Multicomptes : Enya cutie Rivers & Shae Thackery
↳ Couleur RP : #9999ff



Feuille de perso
↳ Copyright: Datura
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Dim 7 Aoû - 23:42

« C’est vrai. »
Je hausse les sourcils. Oui, Rafael, mais encore, pourrais-tu développer et expliciter ta pensée ? Je sais qu’il le fera. Il le fait toujours. Et il prend toujours son temps avant de le faire. A la différence de moi, qui parle en même temps que je réfléchis, voire avant parfois, Rafael est un homme posé et calme, et il pèse ses mots avant de les faire franchir ses lèvres. C’est probablement en partie pour cela qu’il est à son poste et que je suis au mien. C’est assez drôle de voir les nombreuses différences entre Rafael et moi, et de s’apercevoir qu’elles n’entachent pas notre amitié. On dit parfois que « qui se ressemble s’assemble ». Vous me direz, on dit aussi « les opposés s’attirent ». Les gars qui ont fait les proverbes auraient pu se voir avant, histoire d’avoir un minimum de cohérence. En tous les cas, Rafael et moi faisions partie plutôt de la seconde catégorie.

« Lorsque tu dis que les hommes deviennent paranos, crains-tu davantage pour leur sécurité, pour leur allégeance ou pour leur capacité à réagir avec efficacité si un incident se présente ? »
Je souris. « Les trois, un peu. ». Une réponse qui semble satisfaire Rafael puisqu’il passe au point suivant : la Secte. Bien évidemment, j’ai mis les forces de protection nécessaire autour des personnes à risque, comme il dit. Bien que je sois assigné exclusivement à la protection de Rafael depuis l’accident qui lui a coûté la vue, je reste responsable des gardes du corps. Et j’ai renforcé la sécurité des personnes que la Secte pourrait viser. Ce qui fait un sacré paquet de personnes, avouons-le. Dans l’absolu, tout le monde peut être visé. Même moi, et pourtant je ne me suis pas foutu trois gardes du corps. Je ne les aurais probablement pas supportés de toute façon. Mais Cette histoire de Secte était effectivement un casse-tête logistique en plus d’être un obstacle à l’optimum de moral que j’attendais de mes hommes. Mais c’est mon problème, pas celui de Rafael, alors autant ne pas lui en faire part. Il a déjà assez à gérer de son côté. Il reprend.
« Tu as raison, tout cela peut nous servir, mais… nous avons toujours le problème de… confiance. »
J’acquiesce d’un signe de tête. Je me suis peut-être précipité, certes. C’est pour cela que j’aime partager mes pensées et mes plans avec Rafael. Il a un regard beaucoup plus stratège que moi. Je n’ai jamais appris la stratégie. J’ai appris la gestion sur le long terme, mais on parlait de culture. Pas de politique. C’est complètement différent et nettement plus complexe. Un champ, c’est assez prévisible, il y a les saisons, ça germe, ça fleurit, enfin ce genre de conneries quoi. Les hommes ne le sont pas, ils font n’importe quoi et c’est à d’autres hommes de rattraper le coup après. C’est fatiguant la politique et je n’ai aucune envie de m’y frotter, alors que Rafael semble prendre ça pour un jeu. Masochiste. Rafael me remet cependant souvent sur la voie de la raison et contient mon impatience. Je l’écoutais donc attentivement chaque fois.

« Un suspect Skinchanger, un coupable sorcier, voilà qui pourrait nous servir. Mais cela impliquerait de sacrifier l’un des nôtres et voilà qui me répugne. »
Je grimace. Quelque part je sais que lui envisage la chose. Moi pas. Nous sommes déjà une espèce reléguée au rang d’esclaves, liés contre notre gré à un mage. Je ne tiens pas à sacrifier l’un des nôtres sur l’autel de la politique. On mérite mieux. Et puis, nous aurons besoin de toutes les forces possibles. Un Skinchanger de plus pourrait faire la différence. Enfin, je crois. Aucune idée en fait. Mais je n’aime pas l’idée de sacrifier un Skinchanger.
« Cependant… Nous ne valons guère mieux qu’eux, Duncan. »
Là, je hausse carrément les sourcils. J’ai bien entendu ? Bien sûr que si, nous valons mieux qu’eux ! Ce n’est pas juste une petite vendetta, comme le dit Rafael ensuite. C’est la libération d’un peuple qui est en jeu. Enfin, même s’il fait partie de ce Gouvernement, il ne peut pas être aveugle à ce point. Ouais, mauvaise expression, pardon. Il ne peut pas être sourd aux sirènes de la rue. Le coup d’Etat a été une occasion manquée pour la Résistance, mais certains sont dans l’ombre, attendant le bon moment pour renverser le gouvernement pour de bon. On parle de tyrans, de cruauté. On parle de rétablir une vraie démocratie. Comme dans cet ancien monde que je n’ai pas connu. La démocratie, c’est un peu un concept qui me laisse perplexe. Mais il semble être populaire chez les gens, donc soit. Ils le réclament. Un jour, un coup d’Etat fonctionnera vraiment. Et ce jour-là, il faut que nous soyons du côté du peuple. Il faut que nous menions la révolte même, dans l’idéal. Pour que les Skinchangers soient considérés comme l’égal des hommes, que nous soyons libérés du joug des mages, et que nous puissions reconstruire une société basée sur la liberté et la communauté entre deux populations asservies depuis beaucoup trop longtemps. J’allais protester, mais Rafael enchaine sur un sujet que je n’avais pas du tout prévu d’aborder.

« As-tu des nouvelles d’Ayalone ? L’as-tu retrouvée ? »
Ayalone. Une femme dont j’étais tombée éperdument amoureux, du temps où j’étais un homme. Une femme que j’avais mise enceinte, parce qu’à l’époque ça arrivait fréquemment quand on avait une activité sexuelle. Une femme qui s’était révélée être une mage, m’avait transformée en panda roux, enfermé pendant des années avec notre fils. Lorsqu’elle était venue le rechercher des années plus tard pour en faire une vulgaire monnaie d’échange, je l’avais tuée, et m’étais condamné à vivre en panda roux pendant des siècles. Une vie peu trépidante, faite de bambou, de « qu’il est mignon ! » et de siestes. Je hausse les épaules.
« Non. Pas depuis trois ans. Il faut dire que je ne l’ai pas trop cherchée non plus, en fait. Je ne suis pas pressé de me retrouver face à elle. Elle fait partie du passé, c’est parfait comme ça. »
J’hésite un instant, puis me jette à l’eau. Puisqu’il a lancé le sujet, autant l’aborder aussi. Après tout, je suis son ami, mais aussi son garde du corps et je dois m’assurer de sa sécurité.
« Parlant de passé. Il semblerait que tu aies vu plusieurs fois un homme du nom de Meadow. C’est une connaissance du passé lui aussi ? J’ai vu qu’il était mage. »

_________________
© OMEGA
There's a Light that never goes out
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1020
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Jeu 25 Aoû - 23:01

La différence qui se pose entre Duncan et moi n’est en rien gênante, n’est en rien dérangeante. Bien au contraire, elle exacerbe d’autant plus cette amitié qui nous lie et sur laquelle je n’aurais pas parié le moindre dollar si quelqu’un s’était hasardé à me la prédire. Et pourtant elle est là, entre nous deux, indiscutables et indéniables. Mes traits se délient, par ailleurs, lorsque je m’installe sans parvenir à me départir tout à fait de cette tension qui m’habite, de ce calcul dans le moindre de mes gestes, du caractère précieux de mes déplacements et de cette grâce attentive dont j’enveloppe ma respiration. Duncan parle, Duncan occupe l’espace de ses mots et de sa discussion, Duncan, aussi, fait la conversation à lui tout seul, sans que cela ne me dérange en rien. Et il est bien le seul à avoir cette chance. Je l’écoute, attentif, tandis que de mes épaules disparait un poids d’ordinaire constant, tandis que mon visage se libère du carcan sévère dans lequel il est habituellement figé, tandis que de mon attitude s’éloigne la morgue qui s’y colle en présence de tierces personnes, en présence de ces imbéciles notoires et insipides dont est peuplée cette humanité lamentable.

Je l’écoute attentivement, tandis que de mes lèvres, j’humecte ma gorge d’alcool pour m’éclaircir des pensées aussi éparses qu’anesthésiées par la fatigue qui ploie sur mes tempes. Et mes traits s’agitent d’inquiétude et d’agacement. Nos hommes, troublés, perturbés même, par la peste, par cette gangrène qui agite cette civilisation perdue, par la décadence qui se matérialise chaque jour un peu plus, par cette société qui sombre dans le chaos, maintenue par les câbles effilochés, usés, du totalitarisme qui nous entoure. Nos hommes, notre meute, qui souffrent inévitablement des séquelles de cette atmosphère morbide et putréfiée qui nous enveloppe pour mieux nous étrangler dans notre sommeil et nous voir, le lendemain, nous réveiller transformés et malades, porteurs de nouveaux germes de folie, de cette infection que l’on transmet par notre seule respiration et nos crachats, par nos regards et les pores de notre peau lorsqu’elle se met à exsuder avec fièvre et ferveur les vices et la perversité de notre propre décadence, de notre propension à devenir ce que la sorcellerie a fait de nous, un goût amer, âcre et acide qui emplit notre gorge pour mieux nous faire vomir tripes et intestins, pour mieux nous pousser à vider nos veines et notre estomac dans l’espoir de rejeter au loin le mucus noir et gluant qui obscurcit notre âme et notre vue, qui nous fait devenir pire que des ombres, pire que des salauds, pire que les rebuts d’humanité qui sont voués à peupler la Terre, conséquences et plaies infectées de ces sorciers qui n’ont survécu que par leurs malédictions. Rien d’étonnant, en conséquent, que nos hommes souffrent de tout cela et n’y soient pas indifférents. Une nouvelle gorgée d’alcool creuse ma trachée, mon regard à défaut d’être perçant, se heurte aux verres teintés pour observer l’ombre de Duncan qui poursuit, d’un ton si en contraste avec mes propres pensées que j’en viens à me demander, fait notable, comment il peut parvenir à supporter un homme tel que moi.

Cela peut servir nos intérêts. Certes. Occasion formidable, le panda roux ne mâche en rien ses mots, et sans que ce ne soit prémédité, je me surprends à sourire légèrement en me faisant la remarque que s’il ne mâche guère ses mots, il n’en ait pas de même lorsqu’il est question de bambou. Réflexion qu’il ne trouverait guère à son goût, d’ailleurs. Contrairement à ce même bambou, me chuchote le loup d’une voix malicieuse. Mes lippes s’étirent légèrement, davantage, avant d’être rabattues d’un clignement d’yeux pour se plier à nouveau à ce visage impassible que j’ai peine à quitter. Et à ce spectre de sourire succède un silence que je pourrais sans problème laisser poursuivre si je n’ignorais pas le besoin qu’a Duncan de se voir offrir une réponse, et qui plus est, une réponse audible et verbale de ma part. Mon inspiration se fait profonde, je pèse mes mots, prends le temps de reposer doucement le verre sur la table et de le repousser du bout des doigts, avec précaution, pour l’en éloigner du bord. C’est vrai. Trois petits mots. Trois petits mots qui me suffisent pour dire dans son intégralité la conclusion de ma réflexion.

Trois petits mots lourds du sens qu’ils n’osent pas avouer entre leurs syllabes. Lourds, aussi, de ce qu’ils disent. Lourds, de ce qu’ils cachent. C’est vrai, mais ce n’est pas exact. C’est vrai, mais je ne partage pas tout à fait cette position. C’est vrai, mais cela me laisse circonspect. C’est vrai, mais ce n’est pas pour autant que je conçois la chose de cette manière. C’est vrai, mais… je n’ai pas besoin de voir Duncan pour savoir que cela ne lui suffit pas, qu’il ne risque pas de se contenter de ces trois petits mots concédés. Une nouvelle fois, j’inspire, lentement, prenant le temps de poser mes pensées. Et une question. La plus logique, la plus évidente, celle motivée par ce souci que j’ai pour les hommes placés sous mon commandement, sous ma responsabilité, de ce même souci qui anime le berger quant à ses brebis. De ce même souci, aussi, qui anime le maître quant à ses esclaves, me chuchote l’ombre de cet un aïeul vieux de huit siècles qui s’obstine à avoir toujours une influence sur moi, malgré la haine mêlée de crainte que je lui porte. Un fantôme, un vestige, relégué au même titre qu’Azzura au rang de spectres nuisibles.

« Les trois, un peu. » Un froncement, très léger, signe de mon approbation, creuse un chemin sur mon front avant de se détendre et de me laisser poursuivre mon interrogatoire, plus par principe que par réelle nécessité. Elle est fragile, certes, mais belle et bien présente, cette confiance que je lui accorde, comme le reliquat suranné d’une antiquité jusque là laissée dans le noir et dans la poussière. Une confiance en laquelle je ne crois que par procuration, une confiance en morceaux, maintenue en vie par quelque chose d’indescriptible. Bien évidemment qu’il a pris les mesures qu’il s’impose pour entourer les membres les plus éminents du Gouvernement de toute la sécurité qu’il nous est possible de déployer. Il ne serait pas mon bras droit, il ne serait pas mon ami, il ne serait plus là depuis longtemps s’il était incapable d’assurer avec sérieux et efficacité ce que l’on attend de lui.

Dans tous les cas, cela ne me servirait à rien de m’attarder d’avantage là-dessus et lorsque je reprends la parole, c’est pour entrer dans le cœur du sujet et détailler cette fois de manière exhaustive mes trois petits mots lâchés un peu plus tôt. Un problème de confiance. Qu’il faut régler sans que je ne sache comme. Duncan possède une assurance qui, étonnamment, me fait cruellement défaut lorsque l’on parle de la malédiction que l’on porte tous les deux. Il la revendique, cette malédiction, il l’accepte quand bien même il refuse d’ouvrir les yeux et d’assumer l’animal qui partage son âme. Le contraire de moi, dans un sens, puisque j’exècre le loup autant que je le respecte, j’honnie ma nature autant que j’en suis dépendant à présent. Et cette différence prend tout son sens lorsque je parle sans l’ombre d’une hésitation de sacrifier l’un des nôtres, lorsque je dissèque entre mes dents que nous ne valons guère mieux que les sorciers et que nous ne devons pas l’oublier. Mes vêtements se froissent lorsque la station assise m’insupporte brusquement et que verre en main, je m’adosse à la première paroi que je trouve. Si le silence est prompt à s’étirer entre chacune de mes interventions, je ne lui laisse pas le temps de respirer avant d’enchaîner sur un tout autre sujet, comme pour moucher dans l’œuf toute protestation de l’autre animal.

Ma question dépasse ma pensée, fait aussi rare que déstabilisant, j’envisage un instant de la regretter avant d’effacer toute culpabilité d’une moue que l’on pourrait qualifier d’arrogante. « Non. Pas depuis trois ans. Il faut dire que je ne l’ai pas trop cherchée non plus, en fait. Je ne suis pas pressé de me retrouver face à elle. Elle fait partie du passé, c’est parfait comme ça. » C’est un point de vue. Elle fait partie du passé, c’est parfait comme ça.. J’ouvre la bouche, prêt à répondre, lorsqu’il me prend de court. « Parlant de passé. Il semblerait que tu aies vu plusieurs fois un homme du nom de Meadow. C’est une connaissance du passé lui aussi ? J’ai vu qu’il était mage. » Je cligne des yeux, mes doigts se crispent sur le verre, faisant crisser mes ongles et en fendillant le pourtour. « Meadow est un cadavre en décomposition, Duncan. Il est inutile de lui accorder trop d’importance, il ne mérite rien d’autre que du mépris. » Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, c’est vers Noah que je me suis tourné pour tenter d’embrayer la dérive de mon âme, pour tenter de retrouver un peu de stabilité, pour tenter de comprendre ce qui lui permet de se maintenir à flots malgré la mort et malgré les années. Et pourtant, c’est vers Noah et non vers Duncan que je me suis tourné. Un claquement de langue, je ne sais plus que faire de mon verre, juste mué par l’envie de le fracasser contre le sol ou contre le crâne d’un sorcier qui n’est pas là et partagé entre le besoin d’éventuellement en parler à Duncan et ce réflexe que j’ai de me terrer dans mes pensées sans parvenir à en concéder une once à quiconque d’autre que mon reflet. Inaccessible. Je décolle mes omoplates du mur, franchis sans y penser, l’obscurité qui me sépare de la table, me heurte dans une grimace à la chaise, oubliée, et redépose mon verre, vide, sur la surface plane. Avant de reprendre, sans signes avant-coureurs. « C’est un sorcier. Et mes sentiments à son égard sont… » La vérité m’écorche la gueule, peine à sortir, je la crache, presque, tant elle me répugne. « … sont partagés. C’est un nuisible, bien évidemment, comme tous les autres, mais nous avons tous deux un passif, en quelque sorte. » Je me passe une main sur le visage, comme pour éclaircir mes pensées qui s’embrument sous une certaine confusion déplacée. « Que sommes-nous, Duncan, au juste ? Que sont les sorciers ? En quoi ce lien qui caractérise l’atrocité du couple créateur et créature fait de nous leurs esclaves, que fait-il de nous ? La Terre doit être rendue aux hommes, et lorsque nous parviendront à purger ce qu’il en reste de toutes les monstruosités qui la parcourent, qu’adviendra-t-il de nous et de ceux à qui nous sommes liés ? » Je m’entends parler, comme désincarné. Libéré de ma morgue, libéré de mon rôle, libéré de mon maintien, de mon contrôle, c’est Rafaele qui s’exprime et non plus Rafael. Du bout du doigt, je touche dans mes questions l’homme que j’ai un jour pu être, celui qui avait foi en quelque chose. Triste constat, lorsqu’on voit que mon discours n’est que celui d’un homme qui n’a plus foi en rien. « En quoi Meadow t’intéresse-t-il ? Il n’est pas une menace. Ou s’il en est un, il n’en est qu’une que… pour moi. Je le contrôle. Je le surveille. Je le maîtrise. Ne t’en fais pas. » Pourquoi le protéger alors que je le hais ? Pourquoi mentir, sans prendre la peine de le cacher ? Je n’en ai aucune idée. « Duncan, me tueras-tu si un jour il s’avère que je ne vaux guère mieux que ces sorciers que nous honnissons tous deux ? »


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv En ligne

Masculin
↳ Nombre de messages : 114
↳ Points : 146
↳ Date d'inscription : 26/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Joseph Gordon Levitt (c. Purple Haze)
↳ Age du Personnage : 671 & 35
↳ Métier : Garde du corps de Rafael Morienval
↳ Opinion Politique : Pour une prise de pouvoir des SK et une disparition inexpliquée et définitive des mages
↳ Niveau de Compétences : niveau 2 général + 3 en sens surdéveloppés + 0 en crédibilité
↳ Playlist : AaRON - 2:22
R.E.M - Losing My Religion
Chantal Goya - Pandi Panda
↳ Citation : All those moments will be lost in time like tears in rain
↳ Multicomptes : Enya cutie Rivers & Shae Thackery
↳ Couleur RP : #9999ff



Feuille de perso
↳ Copyright: Datura
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Mar 20 Sep - 20:00

Ma question semble avoir quelque peu froissé Rafael. Le pauvre verre qui se fendille sous la pression de ses doigts ne m’en remercie pas d’ailleurs. Je suis bien conscient que sous l’homme se cache un loup, un loup toujours en colère, toujours affamé. Un loup qu’il vaut mieux prendre avec des pincettes. Mais ce n’est pas mon rôle. Aux autres l’hypocrisie, les gants blancs et les courbettes. Mon rôle est d’être un ami, une épaule, un vrai soutien. Et le vrai soutien passe par l’honnêteté.
« Meadow est un cadavre en décomposition, Duncan. Il est inutile de lui accorder trop d’importance, il ne mérite rien d’autre que du mépris. »
Qu’est-ce que je disais ? L’honnêteté. Je note donc dans mon esprit : Meadow, pas un ami. Pourtant s’il ne mérite pas mon attention, il occupe le temps de Rafael. Mais ce n’est pas mon rôle de poser plus de questions non plus. Mon honnêteté sait quand s’arrêter. Rafael gère ses propres affaires, et certaines semblent remonter à loin. Du temps où j’étais un panda planqué dans les forêts de Provence et que Rafael parlait italien et portait des collants. Il parle peu de cette période, et j’ai vite compris qu’il ne dirait que ce qu’il voudrait bien dire. Cette époque semble être douloureuse pour lui. Je ne peux que le comprendre, après tout. Je pense que tous les gens vieux de plusieurs siècles de trop, comme nous, ont vécu des choses douloureuses. Mais si Rafael est au courant pour Ayalone, et mon fils, et ce que j’ai vécu, il n’est pas disposé à m’en dire autant. J’ai cru comprendre qu’il avait perdu une femme et un enfant. Qu’il avait été trahi. Que sa famille n’était pas composé que de joyeux lurons. Et que tout cela avait fait de Rafael l’homme que la population craignait aujourd’hui. C’est drôle, mon expérience de vie m’avait changé en homme meilleur, moins égoïste, moins arrogant. J’avais l’impression que celle de Rafael l’avait changé en homme plus torturé et plus froid.
« C’est un sorcier. Et mes sentiments à son égard sont… sont partagés. C’est un nuisible, bien évidemment, comme tous les autres, mais nous avons tous deux un passif, en quelque sorte. »
En quelque sorte. Ce Noah Meadow est donc probablement lié à l’Italie. Il se balladait probablement en collants lui aussi. C’est dingue qu’on ne les reconnaisse pas facilement, les Nightkeepers. Ils sont passés par Darkness Falls, sont plus vieux que leur apparence physique, et pourtant rien ne les distingue du commun des mortels. En voyant Meadow, je n’aurais pas pu deviner qu’il était originaire de la Renaissance. La difficulté à reconnaitre l’ennemi le rendait encore plus dangereux. Mais c’était bien la première fois que Rafael avouait qu’il avait des sentiments partagés. Il y avait bien cette petite soignante, Forester, mais nous n’abordions pas vraiment le sujet. Rafael semblait être un homme de blanc ou de noir. Pas de gris, jamais de gris. Et pourtant, je voyais le gris, il me laissait le voir. Parfois.

« Que sommes-nous, Duncan, au juste ? Que sont les sorciers ? En quoi ce lien qui caractérise l’atrocité du couple créateur et créature fait de nous leurs esclaves, que fait-il de nous ? La Terre doit être rendue aux hommes, et lorsque nous parviendront à purger ce qu’il en reste de toutes les monstruosités qui la parcourent, qu’adviendra-t-il de nous et de ceux à qui nous sommes liés ? »
Ouch. Il repartait dans des tirades bien trop philosophiques pour mon cerveau. Nous sommes des Skinchangers, ils sont des mages. Ils nous asservissent par leur magie, nous condamnent à la forme animale s’ils meurent. Que fait-on, nous, créatures, si notre créateur est un mec pas franchement doué et qu’il meure dans une situation idiote, du genre, s’électrocuter dans sa baignoire ? Il parait qu’un homme célèbre a fait ça un jour. Un français en plus. Dieu que nous sommes mal représentés dans l’Histoire. Bref. Rafael pose des questions bien compliquées. Le lien qui nous unit aux mages est simple, il s’appelle la privation de liberté. Ayalone m’a forcé à devenir un panda, à me transformer à chaque pleine lune et lorsque la colère l’emporte. Je n’ai pas eu mon mot à dire, et en la tuant j’ai sacrifié 600 ans de ma vie. Quant à ce qu’il adviendra de nous…je soupire.
« Je pense que les nôtres et les mages sont par essence opposés. Ils ont l’ascendant sur nous par nature, et je n’aime pas ça. Et les humains, ils sont comme nous. Esclaves du Gouvernement comme nous sommes esclaves des mages qui nous créent. Le Gouvernement étant dominé par des mages, eh bien, l’addition n’est pas bien complexe à mes yeux. Une fois les mages rayés de l’équation, nous nous allions aux humains pour que les asservis reprennent le monde qui leur appartient. Après, c’est une chose de le dire, certes. »
Oui, parce que en l’état actuel des choses, on ne pouvait pas rayer les mages au sens propre. Cela reviendrait à condamner des êtres humains à l’éternité sous leur forme animale. Cela ne pouvait s’envisager. Il faudrait trouver un moyen de les rayer au sens figuré, de leur enlever ce pouvoir qui leur donne leur force. De libérer les nôtres de l’emprise des mages une bonne fois pour toutes. J’ignorais si c’était possible. Je l’espérais. En attendant j’essayais d’agir à mon niveau.
« En quoi Meadow t’intéresse-t-il ? Il n’est pas une menace. Ou s’il en est un, il n’en est qu’une que… pour moi. Je le contrôle. Je le surveille. Je le maîtrise. Ne t’en fais pas. »
« C’est juste mon job d’assurer ta sécurité, Rafael. S’il t’arrives quelque chose, je suis au chômage, je te rappelle. Je ne compte pas m’immiscer. Simplement rester sur le côté, au cas où. »
Au cas où Rafael ne maitriserait pas tant que ça et que Meadow ferait un coup fourré. A ce moment-là, ce serait à moi de protéger mon ami et de s’assurer que le mage ne soit plus une menace. Il faudrait éventuellement que j’enquête plus avant sur le personnage, tiens. Ce serait une bonne idée. Savoir quels étaient ses atouts et quelles étaient ses faiblesses. Sans m’immiscer, évidemment.

« Duncan, me tueras-tu si un jour il s’avère que je ne vaux guère mieux que ces sorciers que nous honnissons tous deux ? »
Je relève la tête d’un coup, comme électrocuté. Bon Dieu, il se passait quoi, ce soir ? C’était la soirée des questions étranges. Rafael était sérieux, en plus. Adossé contre le mur, la question avait été calme et il attendait une vraie réponse. Réponse que je lui sers immédiatement.
« Enfin, non, jamais ! », m’écrié-je. « Merde, je ferais un sacré mauvais garde du corps tiens. Et un sacré mauvais ami. Déjà, tu vaux mieux. Ensuite, même si tu tombais au fond du trou, j’essaierais de t’en sortir au lieu de te condamner. »
Je me lève à mon tour, laissant le verre à sa place, et me met à faire les cent pas derrière le canapé. Cette question m’a perturbé. Je n’aime pas quand il pose ce genre de question. Ca n’augure rien de bon avec Rafael. Il a quelque chose en tête.
« J’ai tué une seule personne dans ma vie et c’était pour en protéger une autre à laquelle je tenais. Et vois où ça m’a mené, en plus. Les mages sont une chose. Tu en es une autre. Si je met à tuer les nôtres, on va où ? Non, sérieusement, Rafael, tu ne peux pas me demander une chose pareille. Tu me connais, tu sais que j’en serais incapable. C’est un peu stupide comme question. »
Je m’arrête, ferme les yeux, soupire un coup. Allez, c’est rien, ne va pas augmenter ton rythme cardiaque, tu pourrais faire une attaque.
« Et puis, franchement, mon panda contre ton loup….j’ai peu de chances. »

_________________
© OMEGA
There's a Light that never goes out
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1020
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Ven 30 Sep - 22:01

Je suis un homme orgueilleux. Jamais je ne le nierai. Je suis un homme violent, orgueilleux, arrogant et autoritaire. J’honnis plus que tout ceux qui tentent d’exploiter mes faiblesses, de pointer du doigt mes défauts, de s’attarder sur mes vulnérabilités pour mieux les exposer à la morsure de l’âpre réalité. Rares sont les fous qui osent creuser les failles de ma carapace, rares sont ceux qui y survivent. et plus rares encore sont ceux qui me posent sans trembler des questions qui ne me conviennent pas. Duncan en fait partie, et par un miracle que je n’explique toujours pas, le seul qui en subira des conséquences est ce verre que je tiens dans ma main, ce verre qui hurle et agonise entre mon poing serré, ce verre qui se fendille tout comme le contrôle que j’applique sur mes émotions et sur les traits de mon visage. Noah. Meadow. Le nom de mon vieil ami crisse entre mes dents comme un hurlement. Et comme l’écoulement lent, au goutte à goutte, lancinant, du mépris qui exsude de cette plaie ouverte, putréfiée et nécrosée par l’âge, dans laquelle Duncan vient sans la moindre hésitation de plonger la main, certainement sans le savoir. Un cadavre de longue date, un cadavre que j’ai épargné par compassion, par désespoir, un cadavre que j’aurais mieux fait d’étendre sur les dalles déjà tachées du sang de ses pairs. Mon ton ne laisse de place à aucune ombre: je refuse de m’attarder davantage sur le sujet.

Et pourtant, bien malgré moi, je ne peux que m’y attarder. Un sorcier, un sorcier avec lequel je partage un passé, voilà qui est Noah, voilà ce que je résume en quelques mots. Je me passe la main sur le visage pour mieux garder mon calme, alors que mes yeux s’ouvrent sur mes verres volontairement opacifiés. Les sorciers. Des hommes, des femmes: des monstres que j’ai chassé des années, que j’ai traînés au bûcher, que j’ai tués sans le moindre remord, par dizaine. J’ai grandi dans la haine la plus obscure à leur encontre, leurs trahisons ont été multiples, toutes plus amères et acides les unes que les autres, comme pour se déverser sur moi et me ronger avec le savoir faire d’un bourreau. Ma haine à l’encontre de Noah n’est qu’un condensé de tout ce que je peux contenir de violence, le suc mortel d’un poison que l’on aurait concentré en une seule goutte de liquide. Mais un poison que je me contente de diluer, sans réellement comprendre pourquoi.

Vulnérable face à Duncan, je me laisse aller à réfléchir à haute voix. A détailler mes pensées, à articuler mes réflexions, hypothèses comme conclusions, dans une recherche de réponses. Je ne veux pas le pourquoi, je veux le parce que. Je ne veux pas d’explication, je veux une solution. Que sommes-nous, au juste, vers quoi nous mène et nous mènera la vendetta qui nous exploite, que nous revendiquons, que nous servons, sans l’ombre d’une hésitation dans le cas de Duncan, avec une réticence timide et timorée dans le mien ? Le soupir de mon vis-à-vis me vrille les tempes, autant par ce que le loup considère comme de l’impertinence déplacée que par tout ce qu’il peut signifier: mes doutes sont les miens, mes doutes n’ont surtout pas lieu d’être et ne sont en rien partagés. Je retiens de justesse le soupir que j’ai envie de lui opposer en réponse. « Je pense que les nôtres et les mages sont par essence opposés. Ils ont l’ascendant sur nous par nature, et je n’aime pas ça. » Mon visage se plisse sous l’attention. Et le désaccord. Opposé. « Et les humains, ils sont comme nous. Esclaves du Gouvernement comme nous sommes esclaves des mages qui nous créent. Le Gouvernement étant dominé par des mages, eh bien, l’addition n’est pas bien complexe à mes yeux. Une fois les mages rayés de l’équation, nous nous allions aux humains pour que les asservis reprennent le monde qui leur appartient. Après, c’est une chose de le dire, certes. » Cette fois, c’est clairement la désapprobation qui creuse sur mon front une ride agacée. Le Gouvernement fait controverse, cela ne fait plus aucun doute, et depuis des années. Entendre dire que les humains en sont les esclaves, voilà des propos auxquels je suis désormais habitué. Mais les entendre de la bouche de Duncan… je ne peux que le mettre en garde, d’une voix calme, posée, mais non moins porteuse de tension. « Fais attention, mon ami. » Cette expression dont je n’use qu’avec la parcimonie résultante de bien de déception, appuie mes propos d’une main enveloppé dans un gantelet d’acier glacé. « Une telle comparaison pourrait faire passer pour de la sédition. » Mon pouce s’en vient effleurer mon avant-bras, qui héberge encore cette puce implantée dès mon réveil et qui me tient en laisse, quand toutes les autres, ou presque, se sont vues être désactivées dans un geste de magnanimité. « Le Gouvernement en place n’est en rien comparable aux parasites corrompus que sont les sorciers. » La douceur de ma voix est en tel contraste avec la violence que j’héberge qu’elle manque de déstabiliser. « Ce sont eux qui le pervertissent en s’infiltrant à tous les niveaux et en le retournant. Les hommes sont, finalement, des esclaves des sorciers au même titre que nous le sommes. » Que j’aimerais pouvoir fixer ses rétines, à cet instant, afin d’être assuré de la bonne réception de mes propos. « Le Gouvernement, en lui-même, est indispensable. J’espère que nous sommes d’accord sur ce point. Sans pouvoir fort, la société se disperse, s’entretue, se perd dans les travers ataviques de l’humanité, qu’elle soit sorcière, abomination ou miraculeusement exempte de toute monstruosité. » Un pouvoir fort, donné aux hommes ou donné aux Skinchanger ? Tel est le point, le noeud gordien, sur lequel je ne parviens pas à avoir de position tranchée; pas de solution claire, pas de regard limpide sur la situation. Lorsque je darde mes rétines sur l’avenir hypothétique d’une civilisation purgée de sa gangrène, saignée de toute monstruosité, drainée de toute putréfaction, tout ce que je vois n’est qu’une eau souillée de sang et de limon, agitée d’insuffisances et de décadence. Je suis fatigué, lorsque je me rends compte de la digression que je viens d’effectuer, depuis Noah jusqu’à la désapprobation de la remise en cause du régime totalitaire qui nous environne.

Noah, un sujet sur lequel je reviens sans véritable raison, ni justification. Comme la réalisation d’un besoin informulé voire inconscient. Il n’est pas une menace: ce mensonge se suspend à mes lèvres, souhait formulé dans l’espoir qu’une bonne fée vienne l’exaucer. Je le contrôle, je le surveille: qui suis-je en train de convaincre ? Certainement pas la bonne personne. « C’est juste mon job d’assurer ta sécurité, Rafael. S’il t’arrive quelque chose, je suis au chômage, je te rappelle. Je ne compte pas m’immiscer. Simplement rester sur le côté, au cas où. » Mes doigts s’agitent autour de mon verre, en frappe le côté au gré d’un rythme suranné qui s’est imprégné dans ma chair et mon esprit. « S’il m’arrivait quelque chose, Duncan, tu ne serais pas au chômage: tu me succèderais. » Cela ne fait aucun doute, ce n’est qu’une évidence selon moi. Une évidence que je prends malgré tout le temps d’expliquer. « J’ai, du moins, laissé des ordres allant dans ce sens, voire l’énonçant explicitement. » Je ne sais pas s’il avait conscience jusque là de l’estime que j’ai pour lui mais il ne peut à présent que le savoir. Sur le ton de la conversation, je laisse entendre qu’il est celui qui a toute ma confiance. Des actes valent mieux qu’un long discours: si je suis prompt à m’hasarder dans des réflexions aussi poussées que dénuées de tangibilités, je ne suis guère de ceux qui sont capable de s’élancer dans de longs et poignants discours dont l’émotion n’a d’égale qu’en leur ridicule. Je ne m’attarderai donc pas là-dessus.

Bien au contraire. Des actes valent mieux qu’un long discours, une question vaut mieux que des suppositions: si mon cheminement de pensées peut être obscur, l’implication de ce que je viens de lui demander ne l’est pas le moins du monde. Si un jour, il s’avère que je perds définitivement le contrôle, y-aura-t-il quelqu’un pour abattre le loup aux babines écumantes de rage ? Je ne vois rien, j’entends. « Enfin, non, jamais ! » Un claquement de langue marque ma surprise. « Merde, je ferais un sacré mauvais garde du corps tiens. Et un sacré mauvais ami. Déjà, tu vaux mieux. Ensuite, même si tu tombais au fond du trou, j’essaierais de t’en sortir au lieu de te condamner. » Un bruissement de tissu, je l’entends se déplacer, venir à ma rencontre. Tu vaux mieux que ça. Je n’en suis pas si sûr. « J’ai tué une seule personne dans ma vie et c’était pour en protéger une autre à laquelle je tenais. Et vois où ça m’a mené, en plus. Les mages sont une chose. Tu en es une autre. Si je mets à tuer les nôtres, on va où ? Non, sérieusement, Rafael, tu ne peux pas me demander une chose pareille. Tu me connais, tu sais que j’en serais incapable. C’est un peu stupide comme question. » Je me crispe. C’est un peu stupide. Toute autre personne serait déjà écrasée sous le poids du loup, des crocs à quelques centimètres de sa jugulaire. « Et puis, franchement, mon panda contre ton loup… j’ai peu de chances. » C’est à mon tour de me déplacer, de décoller mon dos du mur qui me sert de refuge. « Et l’homme contre l’homme ? L’homme contre le loup ? » Mes mains tremblent lorsqu’elles le cherchent, se raffermissent lorsqu’elles trouvent ses épaules. « Tu n’es pas qu’un animal Duncan, ne l’oublie pas. Tu as toutes tes chances contre une bête sauvage. Et ce n’était pas une question à laquelle tu étais supposé répondre par la négative, Duncan… » Mes doigts se referment autour de ses os comme les serres d’un rapace. « Et je ne vois pas en quoi c’était une question stupide. » Je tente d’adoucir ma voix mais je sens malgré tout suinter un peu d’acidité. Mon orgueil est là, qui affleure à ma peau comme un double omniprésent, qui s’irrite pour un rien et s’enflamme aussitôt. Je lâche Duncan pour mieux me passer une main sur le visage. « Tu n’as tué qu’une personne, parce que tu es un homme étonnamment bon, Duncan. Comme il y en a peu. Je préfère mourir de la main d’un ami que de celle d’un ennemi, crois-moi. Donc oui, je peux te demander cela. Mais soit, reportons cette discussion à une date ultérieure si tu le souhaites, nous avons certainement d’autres sujets de discussion… » Un pas hésitant dans la pièce, je penche la tête sur le côté, encombré par ce verre vide, à la recherche de la bouteille d’alcool. Je prends mon inspiration. D’autres sujets de discussion ? « Je fréquente quelqu’un. » Ces mots n’ont aucun sens pour moi, mais il me semble que c’est ainsi que l’on peut décrire cette attraction que Violet exerce sur moi, cette attraction réciproque, ces contacts plus que fréquentes, ces lèvres contre les miennes, son souffle contre ma peau et le mien contre la sienne. « Pourrais-tu enquêter à son propos ? » Une attraction, oui, mais la confiance ? Absente. Réticente. « Pardonne moi, nous avions convenu de ne plus parler travail. Peux-tu me resservir un verre ? Je… » Mon hésitation n’est que le reflet de mon orgueil, doublement malmené entre cette excuse et cette requête qui se juxtaposent. « J’ai perdu mes repères. »


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv En ligne

Masculin
↳ Nombre de messages : 114
↳ Points : 146
↳ Date d'inscription : 26/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Joseph Gordon Levitt (c. Purple Haze)
↳ Age du Personnage : 671 & 35
↳ Métier : Garde du corps de Rafael Morienval
↳ Opinion Politique : Pour une prise de pouvoir des SK et une disparition inexpliquée et définitive des mages
↳ Niveau de Compétences : niveau 2 général + 3 en sens surdéveloppés + 0 en crédibilité
↳ Playlist : AaRON - 2:22
R.E.M - Losing My Religion
Chantal Goya - Pandi Panda
↳ Citation : All those moments will be lost in time like tears in rain
↳ Multicomptes : Enya cutie Rivers & Shae Thackery
↳ Couleur RP : #9999ff



Feuille de perso
↳ Copyright: Datura
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Ven 7 Oct - 21:16

« Fais attention, mon ami. Une telle comparaison pourrait faire passer pour de la sédition. »
Bien. Il semblerait que j’aie fait une boulette. Et quand Rafael prononce les mots « mon ami », c’est qu’il est en mode très sérieux, encore plus sérieux que d’habitude, Dieu sait comment il fait ça d’ailleurs. Je prend note. Faire attention aux mots. Sauf que ça, je ne sais pas faire. Choisir mes mots consciencieusement, ce n’est pas mon truc. Rafael sait faire ça à merveille. Moi, des fois, les mots franchissent mes lèvres plus vite que mon cerveau ne peut procéder. D’où ce genre de bourde. Après la petite leçon de morale et de vocabulaire, j’adresse un sourire entendu à Rafael. Et exprime mieux ma pensée.
« Je voulais parler de ressenti. Ils se sentent esclaves. Ca ne veut pas dire qu’ils le sont. Mais dans ce ressenti ils nous ressemblent. Je me suis mal exprimé. »
Mon avis sur le Gouvernement en tant qu’entité est assez neutre. J’ai toujours connu des gens qui commandaient. Sans Gouvernement, c’est l’anarchie. J’étais persuadé de cela. Quant au gouvernement actuel et à ses méthodes et projets, après tout, ce n’était pas trop à moi d’en juger. Ils faisaient ce qu’ils pouvaient avec le monde qu’ils avaient, je suppose. Même si je pouvais comprendre la grogne des rues. Mais cela s’arrêtait là. Je n’allais pas m’y joindre.

« S’il m’arrivait quelque chose, Duncan, tu ne serais pas au chômage: tu me succèderais. »
Si je n’avais pas vraiment capté cette partie là, trop occupé à réfléchir, et ensuite à m’insurger contre la question de mon ami, elle me percuta de plein fouet une fois mon petit laïus terminé. Juste après avoir fait ma vanne – hilarante, au passage- sur le panda contre le loup, les mots de Rafael m’envahirent. J’avais un cerveau assez lent, parfois. Mais là, je me figeai. Je n’étais absolument pas au courant de cela. Il avait énoncé des directives dans ce sens ? Moi, à la tête du renseignement ? Il était très sérieux. Et le poids des responsabilités me tomba sur les épaules. Bien entendu, cela n’arriverait pas, parce que Rafael serait toujours sain et sauf. Grâce à moi. Mais tout de même. Je n’étais pas sûr de vouloir de ce poste. D’en être capable, en fait. J’avais géré ma petite affaire étant jeune, mais là, on parlait de quelque chose de totalement différent. Mais je n’eus pas le temps de procéder tout cela oralement. Parce que déjà Rafael repartait à la charge sur le fait de le tuer, ce genre de choses joyeuses.

« Et l’homme contre l’homme ? L’homme contre le loup ? Tu n’es pas qu’un animal Duncan, ne l’oublie pas. Tu as toutes tes chances contre une bête sauvage. Et ce n’était pas une question à laquelle tu étais supposé répondre par la négative, Duncan… »
Oui, sauf que j’y avais répondu par la négative. Seconde erreur, je suppose. Mais la réponse venait du cœur. Je me fichais bien de ce que ma tête disait à ce moment-là. Je n’allais pas tuer mon meilleur ami, le meilleur ami que je n’aie jamais eu, de cette vie ou de l’ancienne.
« Je préfère mourir de la main d’un ami que de celle d’un ennemi, crois-moi. Donc oui, je peux te demander cela. »
Je pouvais comprendre ça. Je pouvais le respecter. Pourrais-je agir en conséquence ? Tuer mon ami ? Maintenant que la réaction à chaud était passée, j’envisageais la chose. S’il me le demandait sincèrement, pourrais-je vraiment refuser ? Je ne serais plus vraiment un ami si je refusais. Etre un ami signifiait tuer, maintenant. Bordel, c’était vraiment trop philosophique pour moi, tout ça. Heureusement, Rafael m’offrit une porte de sortie en changeant de sujet. Oui, reportons cette discussion à une date ultérieure, qui se situerait entre le jour de ma mort et jamais. Par exemple. Je lui adresse un regard plein de gratitude, qu’il ne peut pas capter, bien entendu, mais tant pis, le geste est là.

« Je fréquente quelqu’un. »
Mazel tov ? Non, pas vraiment. Rafael fréquentant quelqu’un était une nouveauté. Je ne l’avais jamais vu intéressé par les femmes de quelque manière que ce soit. Son cœur semblait avoir perdu toute capacité d’amour. Et pourtant. Il fréquentait quelqu’un. Cela signifiait une belle avancée dans sa vie. C’était une belle histoire, surtout à un moment où il était vulnérable comme jamais. D’un autre côté, cela voulait dire afficher cette vulnérabilité à quelqu’un. Faire confiance. Prendre un risque. D’instinct, je pris note dans ma tête de mener ma petite enquête sur ce quelqu’un. Note que Rafael officialisa, signe qu’il n’était pas totalement rendu idiot par une femme. C’était une bonne chose. Il faudrait rester méfiant. Elle pourrait chercher son pouvoir ou ses informations.
« Pardonne moi, nous avions convenu de ne plus parler travail. Peux-tu me resservir un verre ? Je… J’ai perdu mes repères. »
Je m’approche de lui en deux pas et lui prend le bras doucement. Nous avions convenu qu’il était acceptable que je l’accompagne en lui prenant le bras. Uniquement en privé, pour une question d’honneur. Je l’amenai jusqu’au fauteuil qu’il avait quitté quelques temps auparavant et entreprit de lui remplir son verre. M’asseyant de nouveau en face de lui, je me raclai la gorge.
« Non, mais on va dire que ce n’est pas vraiment du travail. Alors, ce quelqu’un. Il a un nom ? Je mènerai une enquête discrète, évidemment. Tu veux des informations en particulier, ou juste savoir si elle ne représente pas un danger ? »

_________________
© OMEGA
There's a Light that never goes out
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1020
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Lun 31 Oct - 17:28

Les propos de Duncan frôlent l’insurrection. Esclaves du Gouvernement, cette expression est vraie, brûlante, angoissante une fois considérée à la lumière de cette puce dans mon avant-bras que rien, ni le temps, ni ma loyauté, ni ma position, n’a réussi à faire désactiver. Esclaves du Gouvernement, nous le sommes, tout autant que des mages. Mais la population, elle, n’est qu’un ensemble de moutons misérables, à la tête courbée, à la nuque brisée, à la servilité frôlant davantage les conséquences d’une bêtise pure et simple qu’un esclavagisme violent. Esclaves du Gouvernement, nous le sommes. Mais eux, ils ne sont esclaves que de leur propre nature aussi insipide qu’écœurante de sottise. Mon visage est sévère lorsque je reprends et mets en garde mon plus fidèle ami. Le seul, aussi, selon toute vraisemblance, qui soit encore en vie et fiable. « Je voulais parler de ressenti. Ils se sentent esclaves. Ca ne veut pas dire qu’ils le sont. Mais dans ce ressenti ils nous ressemblent. Je me suis mal exprimé. » Un froncement de sourcil marque ma réflexion, une moue peu convaincue traduit ma réponse dans un silence éloquent. Que je ne tarde toutefois pas à briser, conscient qu’en bien de circonstances, ces expressions maîtrisées que je laisse fleurir sur mes traits tendus et graves ne sont pas suffisantes. « Oui, en effet, tes propos portaient à confusion » Faire preuve d’indulgence, de sympathie ou de tact serait, dans ce genre de circonstances et discussions, faire preuve d’une malhonnêteté que je refuse d’offrir à une personne que j’estime à ce point. « Mais je comprends à présent ce que tu voulais dire. Et leur ressenti… j’oublie le plus souvent de le considérer à sa juste valeur, tant il me semble auxiliaire. C’est l’un de mes défauts » Nulle indulgence envers lui, nulle indulgence envers moi.

Juste ce qu’il faut dire, ce qu’il faut faire, lorsqu’il faut le dire, lorsqu’il faut le faire. Et nulle indulgence, non plus, envers ces sorciers que je hais de toute mon âme, sans poser une seule limite à cette haine aussi inconditionnelle qu’irrationnelle. Elle est ancrée dans ma chair au même titre que cette violence que mon grand-père a cultivée, que cette bestialité qu’un inconnu a réveillée. Aucune indulgence, aucune compassion, aucune exception n’est permise. Hormis pour Noah. Les questions de Duncan à son propos m’agacent par ailleurs, j’y mets fin dans un nouveau froncement de sourcils et une affirmation on ne peut plus mensongère. Je maîtrise Noah. Je le contrôle, je l’ai à l’œil. Il n’aura pas le dessus, il n’aura jamais le dessus.

Contrairement au loup. Animal instable, âme divisée, colère dédoublée. Duncan me tuera-t-il le jour où cette malédiction que nous portons tout deux échappera à mon contrôle ? La question s’impose, attisée par ce besoin de sang, ce besoin de mort, ce besoin de vengeance qui occulte chez moi toute moralité, qui transforme la justice en une main aveugle et sanguinaire. Et la réponse de Duncan, loin de me convenir, me pousse à renchérir. A expliciter mes dires. A pointer du doigt son erreur en l’obligeant à comprendre qu’en soi, je ne lui demandais pas son accord. Je camouflais un ordre dans une demande. Le panda ne sera jamais de taille contre le loup, mais j’ose espérer que l’homme, le garde du corps, lui, saura mâter la bête. Mourir de la main d’un ami, du seul que je puisse réellement, sans l’ombre d’un doute, nommer de cette manière, voilà ce que j’espère lorsque se multiplient autour de moi les menaces. Je ne pourrai pas toujours maintenir Ezio en prison, je ne pourrai pas toujours contrôler Noah et son influence bien trop néfaste sur mon être. Et, pire que tout…

Je ne pourrai survivre une nouvelle fois à la mort si l’animal en venait un jour à échapper à ma volonté pour réagir comme une bête acculée et planter ses crocs dans la gorge de Violet pour réduire à néant l’une de mes faiblesses, briser ce qu’il reste de l’homme et me faire sombrer définitivement dans une brutalité primaire d’un monstre hors de contrôle. Cet aveu, prenant une autre forme, tourne la page des sorciers et nous amène sur un terrain plus personnel, celui que Duncan est le seul, encore une fois, à avoir le droit de fouler dans ce qu’on pourrait qualifier de mon entourage. Un aveu qui me déstabilise suffisamment pour que je me rende compte que j’ai perdu mes repères, que je m’affiche vulnérable en réclamant à mon bras droit son soutien et ses yeux. Mes verres opacifiés me tiennent à distance de toute lumière, mes yeux maltraités gardent encore loin de moi toutes formes et silhouettes. Dans une confiance angoissante, je le laisse me guider, trouver les grains du fauteuil. L’alcool s’installe dans le verre autour duquel mes doigts persistent à se crisper, je m’assois dans un mélange de noblesse et d’incertitude qui met mes nerfs à vif. Bien malgré moi.

« Non, mais on va dire que ce n’est pas vraiment du travail. Alors, ce quelqu’un. Il a un nom ? Je mènerai une enquête discrète, évidemment. Tu veux des informations en particulier, ou juste savoir si elle ne représente pas un danger ? » Mes doigts font glisser le verre sur la table pour me laisser me passer une main sur le visage. « Ton enquête n’a rien de discrète, Duncan… » Un petit sourire masque, tente de masquer, mon malaise face à ses questions. Mon instinct le plus primaire me hurle de le repousser, de le rabaisser, de le faire retomber à sa place, à mes pieds, comme un vulgaire subalterne. Mais ce besoin de tout homme à faire confiance, ce besoin de toute homme d’avoir des personnes à qui se confier… « Violet. Elle s’appelle Violet… c’est le médecin qui s’occupe de moi depuis mon… accident. » Duncan doit la connaître. Pourquoi me sens-je obligé de la présenter ainsi, alors ? « Elle… est d’une innocence rare. Je ne pense pas qu’elle soit un danger, non. Mais je crains que d’autres soient un danger pour elle. Y compris moi. D’où ma demande d’un peu plus tôt. Je veux ses contacts, ses proches, ses fréquentations, je veux tout. Pour la protéger. La connaître. Un peu plus. Je l’apprécie, Duncan. Plus que je ne le devrais. » Je fronce les sourcils, sans savoir exactement pourquoi je continue à parler, moi qui me montre d’ordinaire si économe en matière de parole. « La dernière femme à m’avoir approché suffisamment pour que j’en baisse ma garde, je l’ai tuée d’une balle dans la tête parce que c’était un monstre et qu’elle me repoussait. Je ne veux pas que ça se reproduise. »


_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv En ligne

Masculin
↳ Nombre de messages : 114
↳ Points : 146
↳ Date d'inscription : 26/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Joseph Gordon Levitt (c. Purple Haze)
↳ Age du Personnage : 671 & 35
↳ Métier : Garde du corps de Rafael Morienval
↳ Opinion Politique : Pour une prise de pouvoir des SK et une disparition inexpliquée et définitive des mages
↳ Niveau de Compétences : niveau 2 général + 3 en sens surdéveloppés + 0 en crédibilité
↳ Playlist : AaRON - 2:22
R.E.M - Losing My Religion
Chantal Goya - Pandi Panda
↳ Citation : All those moments will be lost in time like tears in rain
↳ Multicomptes : Enya cutie Rivers & Shae Thackery
↳ Couleur RP : #9999ff



Feuille de perso
↳ Copyright: Datura
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Lun 7 Nov - 16:20

« Ton enquête n’a rien de discrète, Duncan… »
Ah. Donc je n’étais pas en mode espion. J’étais plutôt en mode gros bourrin. Je ne sais pas si j’aimais trop ça. Je veux dire, la demoiselle, elle était peut-être fort sympathique, mais elle n’allait peut-être pas spécialement apprécier me voir débarquer avec mes gros sabots et mes questions indiscrètes.
« Violet. Elle s’appelle Violet… c’est le médecin qui s’occupe de moi depuis mon… accident. »
Je hausse les sourcils. Violet ? Violet Forester ? La petite ergothérapeute ? Ca, c’est surprenant. Je n’imaginais pas Rafael fréquenter une jeune femme comme Violet. Elle est trop….douce. Mais peut-être est-ce justement ça qu’il lui faut. De la douceur, pour contrebalancer cette colère sourde qui est en lui. Je n’ai jamais vraiment fait attention à Forester. Elle manque de caractère, à mon sens. Mais enfin, ce n’est pas mon avis qu’on demande sur la demoiselle. Si Rafael s’est entiché, eh bien, j’espère pour lui qu’elle saura le lui rendre. J’espère qu’elle connait la valeur de ce qu’elle s’est vu offrir. Rafael accordait rarement son respect. Sa confiance encore moins. Alors de l’affection…je pouvais me vanter d’être un de ses seuls amis. Tout se méritait avec Rafael. Tout se gagnait. Durement. Avec le temps. J’ignore ce qu’avait fait cette Violet pour gagner si vite le cœur de mon patron et ami, mais je devais bien reconnaitre qu’elle m’impressionnait.

Et effectivement, comme Rafael, le précisa, le danger ne viendrait probablement pas d’elle. Elle ne ferait pas de mal à une mouche. Je crois qu’elle ne pourrait même pas, si elle le souhaitait, d’ailleurs. C’était quand même dingue que le monde, enfin la fin du monde plus exactement, ait épargné des gens comme elle. Dingue et bienheureux. Mais sur la chaine alimentaire humaine, les gens comme Violet étaient manifestement en bas. Elle rejoignait la petite Solveig, qui me prenait pour son copain panda. Deux âmes innocentes que le monde pourri n’avait pas réussi à corrompre.

Le danger viendrait donc non pas d’elle, mais vers elle.
« Y compris moi. D’où ma demande d’un peu plus tôt. »
Oui, enfin, n’exagérons rien. En général, quand on aime quelqu’un, on ne la tue pas. Et cette initiative de vouloir protéger Violet témoigne de l’attachement de Rafael pour elle. Attachement qu’il confirma à voix haute, ce qui m’arracha une nouvelle réaction de surprise. Rafael qui s’exprimait si peu, surtout sur ses sentiments, les avouait à demi-mot désormais. Décidément impressionnante à sa manière, mademoiselle Forester. Alors soit, mener une enquête sur sa dulcinée, c’est une méthode que certains qualifieraient de douteuse. Mais l’intention est bonne. Et qui suis-je pour juger la méthode ? Je ferais probablement pareil si jamais, un jour, par malchance, je m’entichais d’une femme.

« La dernière femme à m’avoir approché suffisamment pour que j’en baisse ma garde, je l’ai tuée d’une balle dans la tête parce que c’était un monstre et qu’elle me repoussait. Je ne veux pas que ça se reproduise. »
Je faillis m’étouffer avec mon whisky. Ah d’accord. Dit comme ça, je comprends mieux qu’il se considère comme un danger pour Violet. J’en découvrais régulièrement avec Rafael. Des fois, il lâchait quelque chose qu’il m’avait caché jusqu’alors. Je n’ai aucun souvenir d’avoir entendu parler d’une femme, encore moins proche de Rafael, et décidément pas morte de sa main. Je faillis lui faire remarquer qu’il avait une drôle de façon de montrer son affection, mais je me retins, me disant qu’on ne prenait pas à la légère ce genre de souvenirs. Je me contentai donc de hocher la tête.
« Je comprends. Ecoute, je me mets personnellement sur l’affaire, évidemment. Je te dirais tout ce que je trouve. Félicitations en tous les cas. Tu m’avais caché tes talents de charmeur », ajoutai-je avec un sourire espiègle. Rafael n’était pas le genre de type sur lesquelles les filles craquaient. Déjà, son poste au sein du Gouvernement en rebutait plus d’une. Et si son poste ne le faisait pas, la froideur exceptionnelle de Raf s’en chargeait. L’homme ne disait rien, pouvait paraitre comme le dernier des connards, avouons-le, et ne faisait pas beaucoup d’efforts pour se faire apprécier de toute façon. J’avais appris à passer cette barrière et avait découvert un homme plein d’intelligence et d’esprit, loyal, beaucoup plus aimable qu’en apparence. Un homme digne d’intérêt. Mais les femmes, eh bien, c’était une autre paire de manches. Ou alors c’était le handicap, il parait que la cécité a son effet.
« Elle est au courant de ton…attachement pour elle ? Et du loup ? »

_________________
© OMEGA
There's a Light that never goes out
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
↳ Nombre de messages : 1020
↳ Points : 1930
↳ Date d'inscription : 29/11/2013
↳ Age : 24
↳ Avatar : Jared Leto
↳ Age du Personnage : 36 ans - 788 ans
↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
↳ Multicomptes : Andreï C. Ievseï, Nolan A. Wiggins
↳ Couleur RP : darkcyan



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) texas-flood.
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Lun 28 Nov - 22:33

Il me serait impossible de verbaliser cette amitié qui nous lie, Duncan et moi, sans me donner l'impression d'être ridicule. La confiance que je place en lui est à double tranchant : pleine et entière, selon mes propres habitudes et mes rares concessions en matière de faiblesse, elle s'avèrera mortelle pour lui s'il commet un jour la folie de me trahir d'une quelconque manière. En attendant, toutefois, lorsque le loup s'apaise, lorsque le loup s'endort, lorsque l'homme éclot et prend pleinement le dessus, lorsque mon passé se fait discret, mon présent invisible, et que je parviens avec timidité à m'épanouir en tant que Rafaele, sans réserve aucune, dans ces moments là, la présence de Duncan m'apaise comme nulle autre. Je n'ai pas à être sur mes gardes quand il est là, surtout lorsque j'ai la certitude qu'il saura quoi fait si un jour je dérape, si un jour je perds le contrôle. Je n'ai pas à être méfiant, je n'ai pas à être dans la retenue, je n'ai qu'à être. Qu'à me confier aussi, dans des aveux que je n'anticipais nullement et qui me surprenne certainement autant que lui. Mes doigts s'enroulent autour du verre, le font glisser sur la table devant moi tandis que dans un murmure et un léger sourire, je fais remarquer à mon bras droit qu'il n'est guère discret lorsqu'il s'agit d'avoir des informations complémentaires, surtout avec moi. Violet, cependant le prénom tombe, non sans une certaine affection de ma part dans ces quelques syllabes aux consonances devenues familières dans ma gueule. Violet, celle qui s'occupait de moi, celle qui s'est occupée de soigner non seulement mes yeux mais aussi mon ego meurtri, celle qui a réussi l'exploit, dans les pas de Duncan, de transpercer mes frontières de manière durable. Parmi les formes, je distingue à grand peine les traits de son visage, je ne peux que deviner une réaction que je ne sais comment interpréter. Elle suffit malgré tout à fait bondir le loup et je le sens grogner dans mes veines, comme blessé par un outrage tout particulièrement inexistant. Je me sens toutefois obligé de poursuivre mon explication, mal à l'aise dans mes propos et sur ce terrain que je n'ai plus foulé depuis bien trop longtemps.

Azzura est un fantôme, Azzura est un vestige, un souvenir d'un temps ancien mais Azzura a surtout été pendant des années une évidence, une omniprésence, une absence complète d'hésitation. Il n'y a jamais eu le moindre doute dans mon esprit, aussi loin que je puisse m'en souvenir. Elle était une constance dans mon existence, elle était là, elle était elle et nous étions nous, aussi belles, irréelles et aussi dramatiques que les circonstances pouvaient être et nous envelopper. Violet n'est rien de tout ça, Violet est une présence imposée là où Azzura était choisie, naturelle. Violet est d'une douceur surréaliste, d'un contraste tel avec le monstre que je suis devenu, là où Azzura n'était qu'une complémentarité et une bouée dans un océan de tempête. Violet est un phare, là où Azzura était un roc. Violet est une respiration, là où Azzura était une expiration, un souffle chaud dans ma nuque. Violet est une nymphe, légère comme une brise, un contact éphémère quand Azzura était une dryade à la présence tangible et solide, enracinée dans mon être, aux racines enlaçant mon palpitant pour s'y planter et mieux l'étouffer lorsqu'elles se sont recroquevillées à sa mort. Violet est là, tandis qu'Azzura n'est plus. Violet est fragile, tandis qu'Azzura s'est brisée. Violet est vulnérable, tandis qu'Azzura a été transpercée de faiblesse. Je n'ai pu la sauver, je n'envisage pas une seule seconde qu'un loup puisse s'attaquer à Violet. Mes propos s'enchaînent, mes angoisses et mes peurs resurgissent sous la forme d'une demande, d'une précision, d'un détail que je souffle à Duncan. Je l'apprécie, puisque je ne suis plus guère capable de placer des mots plus forts sur ce terrain miné. Je l'apprécie et ce mot à lui seul sous-entend bien trop. Je l'apprécie, plus que je ne le devrais, je l'apprécie et je veux tout savoir d'elle pour la protéger. Je fronce les sourcils, sous ces aveux que je lui offre.

Sous cet aveu qui vient s'ajouter au reste. Cette fois, la réaction de Duncan ne m'échappe en rien. Il n'était pas au courant, bien évidemment, la mort de Lily remonte à bien des semaines avant que je ne commence réellement à m'en remettre à lui. Le carnage que j'ai laissé derrière moi ce jour-là a été attribué à la résistance, un carnage, un chaos sanguinaire, inhumain, un carnage d'un loup fou de rage de s'être fait tromper à ce point et tant de temps. La mort de Lily est un écueil, une cicatrice dans ma chair parmi tant d'autres, une tâche de sang supplémentaire sur un linceul. « Je comprends. Ecoute, je me mets personnellement sur l’affaire, évidemment. Je te dirais tout ce que je trouve. Félicitations en tous les cas. Tu m’avais caché tes talents de charmeur » Félicitation ? Un frisson me traverse, j'ai un rictus peu convaincu. Un murmure se faufile entre mes lèvres, je me passe une main sur le visage d'un mouvement las. « Je crains qu'il n'y ait aucun talent, Duncan, je crains qu'il n'y ait qu'une folie irresponsable. » Mais elle est là, cette folie, et cette folie désorganise ce qui doit être pour offrir un panel de possibilités qui n'auraient jamais dû voir le jour. « Elle est au courant de ton…attachement pour elle ? Et du loup ? » J'acquiesce lentement à ces dernières questions. Lentement, parce que mon pas incertain se pose et s'éloigne, dans une déambulation requise par l'animal. « Les choses sont... étranges entre nous. Je ne comprends pas ce qu'elle peut voir en moi qui la pousse à agir de la sorte, je ne suis pas... mon attachement pour elle est certain mais n'a pas lieu d'être. Son attachement pour moi est plus diffus, mais j'ose croire qu'il existe et qu'il est donc pleinement réciproque. Je... réagis mal lorsqu'on se joue de moi. Quant au loup... »

Je me fige, me rendant compte d'une chose qui me semblait jusque là comme tombant sous le sens, mais qui me surprend désormais par son irresponsabilité. Je blêmis dans un même temps en me tournant vers mon meilleur ami. « Elle sait tout, presque tout de moi sur ce plan là. Mon âge, mon animal, mes défauts et mes faiblesses, je ne lui ai rien caché, mon ami, parce que le mensonge n'est guère dans ma nature, et qu'il n'y a rien de pire chez un homme qu'une hypocrisie destructrice. Je n'aime guère les mensonges, je n'aime guère que l'on me cache des choses, je n'ai donc en retour rien cherché à cacher à Violet... » Je ferme les yeux, le temps d'une respiration. Le mensonge nous a détruit, Azzura et moi. Le mensonge a détruit notre amitié, à Noah et moi. Le mensonge, enfin, berce la vie d'Orfeo sans qu'il ne le sache. Le mensonge est omniprésent, mais le mensonge me fait horreur malgré tout. « Ai-je eu tort de faire preuve face à elle d'une telle franchise ? Violet est une personne douce, si douce et humaine,... peut être trop. Penses-tu qu'elle ne puisse être qu'un monstre caché derrière un sourire angélique pour mieux me planter un poignard dans le dos si je commets un jour la folie de m'en remettre à elle tout comme je m'en remets à toi... voire plus ? »

Spoiler:
 

_________________
big bad wolf
« Wolf father, at the door, You don't smile anymore
You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
hey ya hey ya »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1062-rafael-a-morienv En ligne

Masculin
↳ Nombre de messages : 114
↳ Points : 146
↳ Date d'inscription : 26/03/2016
↳ Age : 22
↳ Avatar : Joseph Gordon Levitt (c. Purple Haze)
↳ Age du Personnage : 671 & 35
↳ Métier : Garde du corps de Rafael Morienval
↳ Opinion Politique : Pour une prise de pouvoir des SK et une disparition inexpliquée et définitive des mages
↳ Niveau de Compétences : niveau 2 général + 3 en sens surdéveloppés + 0 en crédibilité
↳ Playlist : AaRON - 2:22
R.E.M - Losing My Religion
Chantal Goya - Pandi Panda
↳ Citation : All those moments will be lost in time like tears in rain
↳ Multicomptes : Enya cutie Rivers & Shae Thackery
↳ Couleur RP : #9999ff



Feuille de perso
↳ Copyright: Datura
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Who runs the world? Pandas! (and Wolves)   Hier à 22:03

« Je crains qu'il n'y ait aucun talent, Duncan, je crains qu'il n'y ait qu'une folie irresponsable. »
Je hausse les épaules. Pas moi qui vais le contredire. L’amour, c’est une connerie monumentale que tout le monde fait, allez savoir pourquoi. J’étais tombé amoureux une fois dans ma vie, regardez où ça m’a mené. Mais ce n’est pas de moi qu’on parle aujourd’hui. Ce n’est pas mon histoire, c’est celle de Rafael, et elle me semble bien compliquée. Lui-même semble ne pas savoir mettre des mots dessus. Rafael Morienval, l’homme qui pèse chacun des mots qui sortent de sa bouche, qui sait dire avec précision les choses, ne trouve que l’adjectif « étrange » pour qualifier sa relation avec cette Violet. Ah, les femmes….elles ont un pouvoir assez dingue sur nos petites personnes.
« Mon attachement pour elle est certain mais n'a pas lieu d'être. Son attachement pour moi est plus diffus, mais j'ose croire qu'il existe et qu'il est donc pleinement réciproque. »
J’écoute attentivement les explications que Rafael me donne. Il se trouve dans une situation délicate. Je comprends par ses paroles qu’il rejette les sentiments qu’il éprouve. Et il doute de la sincérité de la demoiselle. J’essaie de laisser mes propres ressentiments issus du passé de côté. J’aime à croire que toutes les femmes sur Terre ne sont pas comme Ayalone. Ma petite foi restante en l’humanité. Cette Forester a l’air très bien. Alors c’est sûr, le doute est toujours permis, mais ce sera mon job de le dissiper. En espérant, pour lui comme pour elle, qu’elle soit sincère. Parce que sinon, lui aura le cœur brisé et elle….eh bien, elle risque fort de disparaitre sans laisser de traces.
D’autant plus qu’il lui a tout dit. Il a une sacrée paire de couilles, Rafael. Il s’est complètement livré. Lui qui est un homme d’habitude bien secret, il a tout révélé. A une humaine en plus, une SoulCrusher. Une femme qui est incapable de comprendre ce que cela fait de se transformer chaque pleine lune, qu’on le veuille ou non. Qui est incapable de comprendre cette dualité que Rafael, moi, et les autres métamorphes, nous portons en nous, souvent bien malgré nous. Qui est incapable de comprendre ce que cela fait de passer des siècles entiers hors de sa forme humaine, puis de devoir se réhabituer à un monde qui est très, très loin de celui que nous avions connu. Cela a dû être une grande décision, de lui raconter tout ça. La demoiselle a du avoir une sacrée dose de courage pour encaisser l’information, aussi. Pas évident de savoir que le beau gosse qu’on aime beaucoup est un fait une antiquité de 700 ans très bien conservée. Il faut beaucoup de confiance mutuellement, pour construire une relation là-dessus. Et d’une certaine façon, j’admire mon ami d’avoir pris ce risque. Et j’admire cette Violet d’avoir su accepter. Elle me plait déjà, cette petite.

« Ai-je eu tort de faire preuve face à elle d'une telle franchise ? Violet est une personne douce, si douce et humaine,... peut être trop. Penses-tu qu'elle ne puisse être qu'un monstre caché derrière un sourire angélique pour mieux me planter un poignard dans le dos si je commets un jour la folie de m'en remettre à elle tout comme je m'en remets à toi... voire plus ? »
Je souris. Il vient me demander des conseils, à moi, sur le couple et la confiance ? Il doit savoir que je suis peut-être la personne la plus mal placée au monde pour cela. Je ne suis un expert ni en l’un, ni en l’autre. Et pourtant il est là, et il me demande, à moi. Je dois donc m’efforcer de lui répondre, avec la plus grande sincérité possible. Je m’avance légèrement et pose mes mains jointes sur mes genoux, avant d’inspirer longuement. Je cherche mes mots. Je voudrais avoir la capacité de Rafael à m’exprimer correctement. Mais chez moi, c’est toujours plus compliqué, ça nécessite de la concentration et un réel effort de diplomatie. Lui était dans une grande famille bourgeoise de la Renaissance italienne. Moi j’étais un gueux de la Provence. Je partais avec un sacré handicap.
« Je pense que tu a eu raison, Rafael. Quand tu ressens quelque chose pour quelqu’un, eh bien, je suppose qu’il faut foncer. Je n’ai pas la meilleure expérience avec les femmes, tu le sais. Ayalone aussi paraissait gentille, avant qu’elle m’enferme dans mon lopin de terre avec mon gamin. Mais j’ai vécu une exception. Cette Violet, elle s’occupe de toi depuis longtemps, elle a l’air réglo. Des fois, il faut suivre son cœur. Pas évident pour des hommes comme nous. »
Je soupire. Décidément, parler de sentiments, ce n’était pas mon fort. J’étais même très nul à ce jeu.
« Ce serait très étonnant que la douce petite ergothérapeute cache un monstre. Et si c’est le cas, Rafael, je te promet de le découvrir avant que tu ne t’en remettes à elle et que tu te brûles les ailes. Ceci dit, mon ami, j’espère tout de même que tu comptes t’en remettre à elle plus qu’à moi. », ajoutai-je avec un sourire dans le but de détendre l’atmosphère. Il le fallait bien après tous ces laïus guimauve.
« J’espère que tout se passera bien pour toi, en tout cas. Pour vous deux. C’est rare, de trouver chaussure à son pied, surtout dans ce monde de merde. »

_________________
© OMEGA
There's a Light that never goes out
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Who runs the world? Pandas! (and Wolves)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» World of Heroes [Serveur privé wow]
» Animal Map FR et l'action replay (animal crossing wild world)
» World of warcraft (Serveur : Shiva Online)
» World Extreme Wrestling
» Light Up The World - Glee RPG

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Western New Orleans :: Government Building-