AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Jeu 21 Juil - 23:16


« Where is my prescription ? »



Ezrell is back bitches
featuring

Son souffle saccadé se perd dans la brume nocturne. Il va, vient, dans cet ordre et le prochain. Sans parvenir à rétablir l'harmonie. Ses poumons se fracassent contre sa poitrine pour tenter de maintenir la pompe sanguine. Elle part à la dérive, s'invente un nouveau rythme à suivre, se perd dans le précédent. Son coeur ne sait plus comment battre. A croire qu'il est capable d'oublier. Un instant qui s'éternise. Tic tac. Il est temps de remettre les compteurs à zéro. La secousse fait trembler tout son corps sous le tourment qui l'accable. Puis ses muscles se tendent à nouveau. La mécanique est de retour. La mécanique de survie. Parce qu'il faut choisir. Vivre ou mourir. Tuer ou être tué. La décision est prise. Elle ne s'en souvient pas, plongée dans une amnésie partielle. Sa conscience la protège, la possède, la paralyse.

La jeune femme perd pied. Chaque jour un peu plus. Chaque seconde un peu moins. Son esprit est piégé malgré lui, ne trouvant la clef pour s'évader de sa prison d'acier. Les barreaux se resserrent tout autour. La cellule rétrécit dès qu'elle ouvre ses yeux. Bientôt, son monde ne sera plus qu'un grain de poussière. Si infime que le moindre coup de vent l'emportera. Il ne restera rien. Seul le néant pour l’accueillir. La descente aux enfers est droit devant, elle plonge sans même s'en rendre compte. Incapable de voir ce qui se passe dans l'ombre. Là où son contrôle n'est plus qu'une illusion. Là où les ténèbres ont pris possession des derniers faisceaux de lumière. Empêchant les rayons du soleil de traverser l'obscurité. Il fait tout le temps nuit. C'en est insupportable. C'en est invivable. Pourtant c'est dans la noirceur qu'elle doit apprendre à s'élever. S'échapper.

Elle court la jolie poupée. Elle court dans les rues malfamées. Du sang sur ses vêtements. De la terre sur ses mains. Et la peur incrustée au fond de ses yeux. Telle une vérité tapis sur les parois de son coeur. Qui se transforme peu à peu en un mensonge monté de toutes pièces. Le décor est installé depuis que le mal croupit sous sa peau. Depuis qu'il s'est réveillé de son sommeil profond. Pas assez pour le maintenir en léthargie. A son plus grand désarroi. Ellie peut sentir le fléau courir dans ses veines. Sans pour autant, être en mesure de le nommer, le reconnaître, le désigner. C'est comme un pressentiment. Une intuition. Un orage qui se prépare. Les nuages s'entassent dans les cieux, la chaleur devient oppressante et la pluie se fait absente. Jusqu'à la première goutte qui tombe. Alors c'est le déluge.

Affolée, la jeune femme ne parvient même plus à réfléchir. Ses jambes continuent d'avancer sans connaître la direction à prendre. Elles se contentent de répéter machinalement les mêmes gestes. Son cerveau déconnecté, il ne gère aucun de ses fonctions. Comme si son organisme fonctionnait de lui-même. Comme si c'était possible. En tout cas, il semble fuir. Le plus loin possible. Un démon qui le pourchasse. Un crime qui le hante. Un souvenir qui le dérange. Enfermé à double tour au fond de sa mémoire. Pour limiter son accès voire l'interdire. Parce qu'il ne peut pas être visionné lorsque sa conscience est là. Prête à donner l'assaut afin de le pulvériser. Tentant par tous les moyens de protéger ce qu'il reste de son âme. Des morceaux en lambeaux, dispersés ici et là.

Dans l'affolement, la jeune femme percute de plein fouet un individu sur sa route. Le choc est rude, brutal, violent. Elle recule de quelques pas. L'éveil est délicat, confus, creux. Son coeur s'emballe dès que ses yeux se posent sur la silhouette qui lui fait face. « Ezra ? » Il lui semble se réveiller d'un mauvais rêve. Une impression à la fois étrange et déconcertante. Difficile à saisir, avaler, digérer. « Qu'est-ce que tu fais ici ? » A vrai dire, la question est plutôt ironique. Ellie ne connait même pas la raison de sa propre présence dans le quartier. Peut-être l'habitude d'y traîner. Peut-être l'envie d'y revenir. Espérant trouver de l'aide. Pour quoi faire ? Oublier davantage ? Repousser l'inévitable ? Mettre un terme à cette mascarade ? La confusion se lit dans son regard complètement déboussolé. Il s'accroche à celui de son amant, son tendre amant. Tel un appel au secours. Un cri de désespoir. Un hurlement au milieu de la nuit silencieuse.



_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5819
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Mer 27 Juil - 2:44

Des rues teintées par sa perte, des visages froissés par un même désespoir. L'épiderme abîmé par des frissons à peine réprimés. Le froid pour engourdir la carcasse et le néant pour ensevelir l'esprit. Le doute a envahi l'espace inoccupé entre le cœur et les tripes. Appendice indépendant qui s'élargit dans les entrailles, écartèle la chair et déploie les hémorragies. Ne plus avancer, ne plus nourrir d'attentes garrottées. Traquer des ombres pour récolter cette promesse chuchotée. Un écho entêtant rencontré à chaque coin de rue. Une annonce ébruitée par des lèvres à demi-serrées. Une poignée de lueurs dispersée par la brise assassine, émiettées sur les pavés souillés. Des étoiles tombées à leurs pieds que seuls les fous s'empresseraient de croquer. Démence commune, anodine en temps de famine affective et de dérèglement organique. Désorienté et affaibli, un peuple marqué par le sang et l'absence, courant après un semblant d'humanité. Quoi de réellement dérangeant ? Ezra s'agrippe aux cordes dénouées, se brûlerait volontiers les paumes en les remontant pour échapper au marécage bloquant les chevilles, engloutissant déjà les jambes. Vasque sombre qui sectionne l'horizon et abolit le ciel. Marée obscure emportant un corps à la dérive. Le scandinave se voit rêver des astres, bloqué dans son bourbier. Un souhait projeté dans la voûte stellaire, un vœu répété à chaque descente éphémère de météores précipités. L'aliénation tient en quelques inspirations contenues. Quelques lueurs grappillées au firmament évincé par les ténèbres incrustés. Il court déjà après le remède au mal incurable. Un sot qui craignait jusqu'alors la vie à son opposé. Un idiot qui pense ne pouvoir nier l'inéluctable désir d'en finir avec ce qui se terre dans la poitrine. Alors, oui, il court après un espoir inventé.

Habillé par la nuit s'ouvrant sur ses pas hâtés, le norvégien espère ne pas être surpris dans ces quartiers qu'il n'explore pratiquement jamais. Sauf parfois pour retrouver le frère à jamais manqué. Où faut-il débuter pour se procurer de la marchandise non légalisée ? Une tâche que le milicien aurait pu mener. Un but que l'infirmier ne se voit plus correctement poursuivre, déshabitué de ces milieux risqués bien que depuis récemment, intégré. Son ignorance le pousse à songer à la plus repoussante alternative. La détresse le somme d'agir dans l'urgence et de ne traiter qu'avec des étrangers. Sa voix imperturbable accoste quelques silhouettes se prêtant à ce jeu de malfaisance, sa requête froisse le silence nocturne plus d'une fois mais ses mains tremblantes n'accueillent à aucun moment le produit convoité. Une mauvaise pioche due à un comportement inadapté, à une observation ratée ou à un stock déjà écoulé. La panique s'insinue, la déception s'accentue alors que les appréhensions se réarrangent. La fin d'un cauchemar au bout d'une aiguille, qui ne tenterait pas cette absurdité ? Au moins pour s'en assurer. Cobaye volontaire et affreusement inconsolé, le damné continue sa route, la mort dans l'âme et le caprice bien logé sous la peau. Il marchera jusqu'à l'aube s'il le faut. La détermination se faisant féroce, il redouble son allure et n'oriente sa concentration qu'en des points stratégiques. Acheteur décidé qui ne trouve aucun commerçant pour être satisfait.

Au détour d'une énième désillusion, une collision lui ravit son attention. Un grognement lui échappe alors qu'il se permet d'ignorer l'auteur de l'acte. Il s'apprête à repartir quand une douce intonation le tire de son coma sensoriel. Ses yeux la cherchent immédiatement, sa présence chasse sa morosité brièvement. Durant ce court instant où elle lui apparaît, ses traits s’adoucissent, la tendresse lissant la dureté. Juste quelques secondes de perfection où le cœur se tord et s'agite sous les émois suscités. Sa belle contradiction et sa plus plaisante préoccupation. Les sentiments s'exaltent à l'abri des vérités avant de déchirer le thorax de l'amant déconcerté. Les prunelles effleurent le vermeil réparti de façon incohérente sur la tenue de sa bien-aimée. Des interrogations secouant la carcasse en proie à la déroute. L'affolement est immédiat et la surprise se fait aussi brutale que le ton employé. « Ce que je fais ici ? Ce que moi, je fais ici ? » Des mystères qu'il ne parvient pas à éventrer. Des questions qui se superposent, semaine après semaine. Des détails qui échappent à la menteuse et créent des meurtrissures pour l'ignorant. Relation incomplète à la confiance mesurée, relative. Bientôt brisée. Un danger qu'il perçoit mais qu'il ne peut clairement redessiner. Des luttes à mener alors qu'il est déjà trop fatigué. Un intérêt pourtant entier, une terreur qui l'avale tout entier, le consume et l'asservit à une seule cause. Celle de la savoir épanouie. La personne qu'il détaille lui semble de plus en plus étrangère dans ces allées infréquentables et infréquentées. La douleur perce dans son timbre voilé par l'anxiété. « Dis-moi que ce n'est pas ton sang. » Livide, il la fixe sans comprendre réellement le spectacle offert à ses iris éplorées.

Des heures à brasser des hypothèses insolites pour toujours plus de conclusions suggérant son impuissance. Comment peut-il lui faire des reproches quand lui-même ne songe qu'à s'éliminer depuis son arrestation. La honte le rattrape avant de mieux s'effacer. Il ne supporte plus ses secrets qu'il trouvait autrefois si exaltants. « Même si je te pose une question, je n'aurais droit à aucune réponse, c'est ça le deal en ce moment, hein ? » L'irritation se perd dans l'effroi multiplié. Il se rapproche instinctivement, maudissant cette distance que les silences de la brune grossissent. Ses doigts remontent déjà le bras de l'égarée, en quête de lésions potentielles. Le premier constat semble pourtant avoir été le bon. Elle ne présente aucune blessure apparente. Une autre altercation, un autre ennemi ? Il craint pour sa vie. « Que se passe-t-il à la fin, Ellie ? » Déjà plus un ordre, seulement une supplique. Le dernier fil rattachant le cœur à un monde balafré de monstruosité, dernière attache qu'il a longtemps cru stabilisée. Naufrage dans lequel il se retrouve piégé. Et pour elle, il faut l'avouer, il se noierait volontiers.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Ven 5 Aoû - 16:25


« Where is my prescription ? »



Ezrell
featuring

Elle se souvient de la terre froide entre ses mains, s’agglutinant sous ses ongles. De la brise de vent dans ses cheveux. De la noirceur tout autour d’eux. Elle se souvient de sa silhouette. Du timbre de sa voix au milieu de la nuit. De la plume qui effleure le bout de ses doigts. Elle se souvient du bruit des os qui craquent. Du corps inerte sur le sol. Du sang sur ses vêtements. C’est toujours comme ça. Des flashbacks. Ils apparaissent au beau milieu d’un rêve. Et le cauchemar commence... modifiant sa perception de la réalité. Jusqu’à sa prochaine consommation. Jusqu’à sa prochaine libération. Ellie sait pertinemment que son état empire mais le déni endort sa conscience. Il est facile de vivre avec lui. Aucun regret. Aucune culpabilité. Aucune responsabilité. Evidemment, il est éphémère. Pire encore, imaginaire. Néanmoins, elle se contente de ça. Faute d’avoir trouvé une meilleure solution. Complètement dépassée par la situation. La jeune femme perd le contrôle. Chaque jour un peu plus.

Le regard d’Ezra est un supplice pour le coeur. Il ne la reconnaît pas. Il ne la reconnaît plus. Cherchant au fond de ses yeux une lueur à laquelle se raccrocher. Hélas, les ténèbres ont investi ce lieu. Prenant tout sur leur passage jusqu’à sa propre raison. Petit à petit, elle glisse sur la pente de la folie. Agneau égaré au milieu de la meute de loups. Les morceaux de son âme s’égarent. Comme les souvenirs au fond de sa mémoire. Certains ne sont plus que des trous noirs. Profonds, interminables, terrifiants. Qui la rendent plus vulnérables que jamais. « Je… je »  Lui dire ? Lui mentir ? Elle s’apprête à confesser la vérité, toute la vérité, rien que la vérité lorsque sa langue dérape sur son palais. Il est temps de prendre une décision. Avouer et prendre le risque de le perdre à nouveu ? Mentir et creuser un peu plus le fossé entre eux ? Le choix est terrifiant. Dans les deux cas, il y aura des conséquences à subir. Des obstacles à franchir. « C’est ça le problème… j’aimerais te le dire mais…»

Ellie cherche ses mots, confuse. Ayant décidé d'opter pour l'honnêteté, épuisée de se morfondre dans les secrets. « Je ne m’en souviens pas clairement… » Sur ces mots, elle maintient le bras pour lui témoigner toute sa sincérité. Et surtout, chercher un peu de réconfort au milieu de ce chaos. « Je crois que... » Ses yeux deviennent humides sous le poids de l'émotion. Elle est tellement effrayée que ses lèvres ont bien du mal à se délier. Si seulement tout était différent. Si seulement tout était simple. « Je crois que j'ai... » tué des gens. Les mots restent coincés dans sa trachée. Abasourdie, la jeune femme observe la chair d’Ezra noircir sous la paume de sa main. Instinctivement, elle la retire pour rompre le contact physique. « Oh mon dieu. » Le choc l’empêche de réagir les premières secondes, cherchant à comprendre ce qui se passe. Est-ce la responsable de cette nécrose ? La réponse tombe sous le sens. Pourtant, la logique défie sa raison.

« Je… j’ai… je t’ai fait ça ? » Elle recule de quelques pas, terrorisée par son geste. Peu importe sa nature. La sueur commence à perler sur son front. Cédant à l’angoisse qui la saisit d’effroi. Les battements de son cœur s’accélèrent. De plus en plus. Ellie n'arrive plus à penser clairement, profondément chamboulée. Tout se bouscule dans sa tête. Ses pensées se déchirent les unes contre les autres. Son corps se met à s'agiter, d'avant en arrière. Ses doigts s'enfoncent dans son cuir chevelu. Le contrôle lui échappe. L'explication lui échappe. La parole lui échappe. « Qu’est-ce qui m’arrive Ezra ? » Comme s’il pouvait voir qu’elle est malade, droguée, possédée. Pourtant, il semble être le seul à pouvoir l'aider. A traverser l'obscurité. A dépasser la peur. A voir au-delà de la fatalité. Quand son monde entier s'effondre, il ne reste que son visage, son regard, son sourire. Les sentiments qu'il fait naître dans son coeur. Les sentiments qui la font tenir malgré le mal qui ronge son âme.



_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5819
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Dim 21 Aoû - 0:13



(Paroles en italique = norvégien)

La nuit s'empare de leurs corps, elle enfle dans leurs prunelles. Rien ne lui échappe, ni le coeur, ni les poumons. Elle s'accroche aux tripes. Elle les oblige à se décomposer, les rejette contre les étoiles. Contre chaque pointe, ils s'empalent à l'unisson. C'est un millier de frissons pour déchirer la chair, de l'encre déversée contre le palais qui gagne déjà la gorge, glisse entre les os. La noirceur pourrait presque le faire reculer mais il s'en est épris à ses dépends. Des ténèbres pour commencer et d'elle surtout pour terminer. Si le début se construit dans la neige, la fin naît au creux de ses bras. Emporté par le courant de ces eaux troubles, Ezra sombre un peu plus. Il y a des rivages qui méritent la noyade. Mais elle tient plus du voyage que de la destination. Dès lors, la finalité n'importe pas. Qu'ils soient en lambeaux, l'hémoglobine divulguée sur le pavés et les organes éparpillés. Lui qui ne veut pourtant pas l’abîmer, qui craint de blasphémer en empoisonnant leur air de quelques chuchotements. Elle ne lui inspirait jusqu'alors qu'une pureté qu'il souillait en osant concéder à sa maudite existence de quoi l'animer. Son souffle s'éparpille entre eux, ses pulsations s'agitent, tirent le palpitant hors de la cage thoracique. Pour la rejoindre, pour l'aider à supporter la seconde suivante. De ces nouveaux désastres qu'elle dessine du bout des cils, il en construit un énième chaos. Elle mériterait de tomber sur une personne qui capturerait cette nuée d'oiseaux noirs et les emprisonnerait à jamais. Il n'est même pas capable d'attirer leur attention pour l'en alléger. Entre la chute de mots et la déroute, le norvégien ne soutient pas sa détresse avec la force qu'elle doit lui prêter. Il n'a rien d'un sauveur.

Ses paumes s'élancent déjà pour rattraper chaque syllabe débutée. Mais la vérité se déloge. D'ici à là-bas. Un lieu où il n'appartient pas. Dans un recoin de sa mémoire qu'ils n'ont pas partagé. Des ratés observés et une scène insensée pour coller à la rétine, pour s'agglutiner à la poitrine. Muet, il la regarde s'égarer sans même quitter sa parcelle de terre. Ses doigts remuent contre sa peau, il ne rêve déjà plus que de lui ôter ces chaînes mais il traîne déjà les siennes. Chaque cliquetis entre en confrontation et le boucan, il le supporte à peine. « Comment ça ? Tu es en état de choc ? Tu devrais peut-être t'asseoir. » Sa prise resserre sur la poigne qu'elle accentue. Ses yeux brillent, deux météores qui se meurent en s'écrasant. La douleur pour seul ciment, maintenant la cohésion du squelette en proie à la souffrance. Le scandinave sent sa gorge se resserrer devant les émois qu'elle ne traduit pas correctement, qu'elle esquisse de sa voix tremblante et des larmes contenues. Une vérité déjà amochée par un phénomène inexpliqué. Le regard tombe sur l'épiderme malmenée, la tétanie endort la douleur éprouvée, dissout les conclusions à tirer. Aphasique, l'infirmier l'observe reculer en un geste atrocement familier. Il se voit dans ses prunelles agitées, dans cette horreur personnifiée sur ses traits. Un miroitement dérangeant pour expédier l'oxygène toujours plus erratiquement. Ellie vient de l'attaquer. Trop lentement pour être naturel, l'ancien métamorphe ramène sa paume contre la peau nécrosée, se réparant déjà habilement. « Non. » s'entend-il lui répondre avec fébrilité. Un déni entretenu par son désespoir. « Non, ça ne peut pas être toi. » Ses bras retombent contre ses flancs, il l'admire. Sa sublime erreur. Son terrible faux pas.

Son interlocutrice s'enfonce dans des abysses qu'il ne connaît que trop bien. Elle tombe sous ses yeux, avec une facilité déconcertante, dans la terreur. « Ça fait un moment que je me le demande, Ellie. » Une réplique dénuée d'émotions alors qu'il se tient droit tout à coup pour faire face à l'inconnu. Une façade qu'il parvient à maintenir dans les quelques battements suivants. Une survie par l'apparence.  « Tu as été attaquée par quelqu'un ou par quelque chose ? » Une froideur endossée pour gérer cette nouvelle épreuve. Mais c'est trop amer pour être digéré, c'est trop à endurer. Il raclait déjà la terre quelques minutes auparavant. Il l'avale désormais jusqu'à la suffocation. On lui a brisé les ailes, on lui coupe même les jambes maintenant. Tout s'effondre, des dominos si savamment placés. Les uns buttent sur les autres. Aleksi et ses secrets, Kyran et son corps mutilé. Et avant ça, Kitty dont les paupières basculent alors qu'elle est logée dans ses bras. Kitty métamorphosée dans la folie. Sanjana et son dernier geste qui devait le préserver, l'annonce de sa mort. Plus important, Ellie et le sang, l'amnésie, les démons. La détermination du soldat se fissure. « Je suis une malédiction. Je suis le cancer guettant sous la peau, je n'attire que le malheur et je le disperse. Tu allais bien avant de me connaître. Tu allais très bien toi aussi. » Tout se brise, le masque, le ténor et l'attitude.

Ses mains soutiennent son front alors que l'échine se courbe. Une autre forme de mutation ? Le même mal pour la ronger ? Aurait-il pu la contaminer ? Non. Impossible. La rationalité l'implore de cesser la course du martyr. « Qu'est-ce que je t'ai fait ? » Une supplique autant qu'une réelle interrogation. Un rôle à jouer dans cette déchéance, il tient un script sans en comprendre la police. L'ancien milicien se redresse abruptement et se rapproche sans oser la toucher. Son ton devient rude, presque menaçant. « Je veux savoir maintenant. Ca suffit tes petits jeux, qu'est-ce qu'il s'est passé pendant mon absence ? Tu ne peux pas être amnésique. A moins d'être tombée sur la tête. Es-tu tombée sur la tête, Ellie. Ou Hope, je ne sais même plus qui tu es. Et je m'en fous royalement à vrai dire. Peu importe ce que tu es, qui tu es. Tu me dois une explication, n'importe laquelle. Qu'as-tu fait ? Qu'est-ce que tu fais ? » La nature peut attendre. Un élément à ajourner. Pour sa propre survie. Pour ce qu'il reste du mental fracturé et de l'aorte déchiquetée. S'il faut la préserver de tout, jusqu'à en crever, alors il lui faut au moins le motif. Pour pouvoir fermer les yeux avec une conviction. La dernière, la seule. Celle qui fera toute la différence entre le gâchis et l'utilité.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Sam 27 Aoû - 13:23


« Where is my prescription ? »



Ezrell
featuring
Elle écoute sans entendre. Son esprit n’est pas ici. Il divague ailleurs. Incapable de rester sur place. Bien trop effrayé par ce qui vient de se passer. L’incompréhension l’empêche de réagir. Les minutes défilent sans que la jeune femme ne fasse le moindre mouvement. C’est beaucoup trop dément. Beaucoup trop fou. A moins que ce ne soit son nouveau crédo. Parce que de toute évidence, la stabilité ne fait plus partie de sa vie. Bien au contraire, chaque jour est un nouveau problème qu’il lui faut surmonter. Par l’évitement. La drogue est sans aucun doute la meilleure fuite qu’il existe. La plus douce, la plus sensuelle, la plus attrayante. Un fantasme à la hauteur de toutes espérances. Une idylle parfaite entre substances. Un caprice bercé par la dépendance. Jusqu’à la rupture totale avec la réalité. Ce stade, elle l’a déjà atteint. Sans même s’en rendre compte. Les premiers symptômes sont apparus rapidement. Vicieux, sournois, rusés, ils ont échappé à sa vigilance. Bousillée au bout de quelques semaines. Il n’en reste même pas les cendres.

Profondément bouleversée, Ellie parvient avec peine à revenir. Peut-être parce qu’elle n’y tient pas. Peut-être que ses absences lui plaisent dans le fond. Cette fausse liberté. Dilapidée par les paroles d’Ezra qui provoquent un véritable électrochoc dans sa tête. « Qu’est-ce que… » Sa langue se coince entre ses dents avant de parvenir à la fin de sa phrase. Comme si les mots restaient prisonniers. Séquestrés, détenus, captifs. Sa mâchoire commence à se resserrer de plus en plus. Jusqu’à lui faire mal. Terriblement mal. Sous l’assaut fulgurant, elle finit par abdiquer.  « Qu’est-ce que tu m’as fait ? Toi ? » Et là, au milieu des ténèbres, la noirceur qui emprisonne son âme se dévoile. Un rictus se plante sur ses lèvres. Son visage s’étire, son front se déplie, son regard s’ouvre. L’orchestre nocturne fait grincer ses instruments. Un murmure, à peine audible, brise le silence en amont. Soudainement, Ellie se met à rire comme jamais auparavant. Un de ces rires effroyables qui résonnent en écho. Un de ces rires abominables qui transpercent la peau. Jusqu’à se répandre dans le sang. Jusqu’à percer les tympans.

« C’est ça que tu as envie d’entendre ? Parmi tout ce que je pourrai te dire ? C’est ça que tu veux ? » L’état de choc passé, elle entre en territoire inconnu. Dans une phase qui lui est étrangère. Avec des émotions décuplées. Des sentiments refoulés. Des sensations biaisées. « Endosser la responsabilité de ce qui m’arrive ? Je ne te ferai pas ce plaisir.  » C’est un jeu sans fin. Une partie sans issue. Un dilemme sans option.  Ezra joue son rôle à la perfection. Celui du coupable, du fautif, du bourreau. Eternel inquisiteur qui se complait dans sa posture. La jeune femme ne peut supporter cela d’avantage. Sachant pertinemment que son état va empirer. Parce que le mal qui la ronge grandit jour après jour. Elle ne peut l’arrêter. Il ne peut l’admettre. La situation est condamnée d’avance. Ellie va l’entraîner dans sa chute quoi qu’il arrive. Jusqu’à le dépouiller de son âme. Cette simple idée lui donne envie de s’arracher les yeux. Pour ne plus voir la souffrance qu’il endure par sa faute. Il est temps de mettre un terme à cette mascarade. Il est temps de commencer à poser les remparts. C’est un allé sans retour. Une fin prématurée. Un choix décisif.

Pour l’épargner, elle doit d’abord le briser. La colère qui lui ronge les entrailles susurre à son oreille. Comme le diable le fait. Détournant l’ange de sa destinée. Afin de le faire sombrer au sein des damnés. « Tu ne veux plus jouer ? Très bien… mais ça sera douloureux. Tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenu… » A cet instant, il n’y a plus de retour en arrière possible. A cet instant, il n’y a pas de nous envisageable. « La vérité c’est que je ne te dois rien Ezra. C’est ça la différence primordiale entre toi et moi. » Son ton est atrocement froid. Presque détaché. A croire qu’elle ne ressent absolument rien en déversant son venin. Le regard planté dans le sien, ses paroles sont de plus en plus meurtrières à chaque battement de cils. « Moi je ne tomberai pas pour toi. Moi je n’irai pas dans les arènes pour toi. Et surtout, moi… » Elle suspend quelques secondes le son de sa voix. Quelques secondes durant lesquelles tout est possible. Abandonner la lutte ? Sceller leur sort ? Ses lippes prononcent le verdict. Le jugement dernier. Le mensonge le plus odieux de l’humanité. « Je ne mourrai pas pour toi. » C’est dit. C’est fini. Il n’y a plus rien à cacher. Parce qu’il y a plus rien à déceler. L’espoir s’est dilapidé au fond de ses yeux. Dès que son cœur s’est brisé en deux. D’un regard, elle le défie une dernière fois. Avec une audace qui ne lui appartient pas. « Je suis tellement loin de ce que tu imagines. Demande à ton frère. Demande à Kyran. » Il finira par la haïr. Si ce n’est pas déjà fait. Ainsi commencera, le récit des amants maudits.



_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5819
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Jeu 1 Sep - 23:08

Un linceul pour l’âme et des clous pour perforer chaque articulation. Cérémonie mortuaire imprévue. Le cortège débute dès que son rire claironne. Les sons grimpent pour mieux redescendre, s’abattre sur le seul témoin de la situation, un tintement dénué de chaleur. Le prélude au massacre, la fermeture du cercueil. Le sang du captif se glace. Le froid engourdit ses membres, le paralyse abruptement. Cette hilarité fait fleurir une démence insoupçonnée sur le visage allié. Dématérialisée, la silhouette aimée se confond aux démons qu'il peint. Aussi étrangère que les visages anonymes traversant les artères de la ville, aussi lointaine que les continents dévastés que jamais plus, il ne pourra revoir. Ellie se transforme sous ses yeux, un concept évanoui dans les limbes d’une mémoire fracturée. La vérité et le mensonge s’associent dans un brouillon d’émotions. La peur lui tord les tripes. La marche funéraire se poursuit et dès le premier mot, il sait qu’elle s’achèvera sous terre. A chaque nouvelle parole, il sent son existence palpiter avec plus de voracité. Elle bat la mesure dans sa nuque, elle se débat dans sa poitrine, elle hurle contre ses poignets. Elle se rappelle à son bon souvenir avant qu’il ne cherche à s’en débarrasser. Parce qu’il n’en aura plus besoin dans quelques instants. Quand la brune aura achevé sa mélodie, quand il ne lui restera plus que l’abysse sous les pieds et le néant à la place du cœur. Ses membres se disloquent. Cette bouche qu’il a redessinée du bout des lèvres une centaine de fois, l’assassine. Démuni, il se voit replier ses bras contre ses oreilles, arrêter le massacre. Mais il est déjà trop tard pour ça. Elle empile les désastres, déclenche l’étincelle au pied du bûcher. L’obscurité devient camisole et le silence, un long cri d’agonie. Les douleurs se multiplient jusqu’à laisser supposer l’absence d’enveloppe. Spectre parmi les ombres, le norvégien succombe aux dernières plaies sans savoir comment il fera dans les prochaines secondes, pour subsister dans ces hauteurs.

La respiration se précipite, la gorge se resserre et l’évidence se déploie une nouvelle fois dans la détresse. Son affection pour elle prend toute la place, c’est pratiquement un organisme indépendant auquel il se raccroche de toutes ses forces. Un sentiment qui le rend plus humain, plus vulnérable. Meilleur de bien des façons. La souffrance comme seul fil pour broder de nouvelles cicatrices sur la chair à vif. Peut-être qu’il savait que les chemins tracés par sa monstruosité ne le mèneraient qu’à cette voie sans issue. Piégé sur le passage à niveau, les barrières refermées et le train en approche. Bientôt mort. Bientôt enterré pour de bon. Quelques murmures s’échappent ultimement, malgré la brûlure désagréable râpant le larynx. « Je n'ai jamais exigé ça de toi, Ellie. » Son ténor se brise tandis que les dernières syllabes s’extirpent d’entre ses lèvres serrées. Jamais, il n’a souhaité qu’elle se saigne pour lui. Jamais, il n’a cherché à la blesser. Mais il savait, il savait parfaitement qu’il était nocif. Il se fend en deux. L’impuissance décompose ses traits si assurés d’ordinaire, il l’implore d’un regard. Il pourrait presque se mettre à genoux et la supplier. La supplier d’arrêter. Elle détient tout le pouvoir pendant cette poignée de minutes mortelles. Avant que la conclusion ne le fauche en pleine chute. « Kyran ? » Un glapissement, un balbutiement spontané. Et une nouvelle onde ravageuse pour faire courir sous la peau, un autre mal. Un millier d’aiguilles pour réveiller des sensations annihilées. « Kyran Hogan ? » répète-t-il incrédule. « Mon frère ? » Et tout semble s'aligner dans son esprit malade. Comme une constellation bâtie avec de mauvaises étoiles. Le ciel se craquelle, le sol s’ouvre mais il se tient plus droit encore. Il ne vit plus dans la tempête. Il est la tempête.

Les associations se font d’elles-mêmes. Il envisage le pire pour en tirer le meilleur. Sanjana, un fantôme de tous les instants ramenant des rancœurs trop fraîches. Une autre tragédie avec d’autres composantes. Le prénom n’a rien d’innocent, sa mention, non plus. Son interlocutrice sait ce qu’elle fait. Manipulé. Il a été manipulé. « Il te paie pour me surveiller peut-être ? En nature, sans doute. Vous devez bien vous amuser tous les deux, j’en doute pas. » Il le crache sèchement. La fureur le force à ramener ses doigts au creux de ses paumes. La désillusion prend trop d’ampleur, elle le consume, le détruit d’une toute nouvelle manière. Son timbre se pare de froideur, il recule d’un pas. Plus d’éclat pour l’iris. Il devient la nuit, une nuit sans le moindre astre. Galaxie engloutie, trou noir. « Tu as raison. Je ne te connais pas. Je ne sais pas qui tu es. Et je t’ai cru. J’ai cru stupidement que tu ressentais la même chose. T’es fière de ton petit jeu ? Ça t’a amusée, j’espère. On dirait bien, oui. » Face à ses confessions qui le harcèlent en continu, qui le morcèlent toujours plus, il répond tardivement. « Je devrais peut-être m’excuser, c’est ça ? Pardon d’avoir pris ta place ? Pardon de me soucier ? Pardon de ne pas avoir crevé dans ces arènes. » Ce qu’il croit comprendre, ce qu’il pense avoir deviné, il ne le remet même pas en question. Ses cheminements partent en tout sens, sa propre folie le préserve d’un semblant de lucidité, d’un recul nécessaire. Il a mal. Il a tellement mal que s’il s’arrête juste un instant pour réfléchir, il va s’écrouler pour de bon à ses pieds.

D’un bond, il se place face à elle. La sincérité noue une émotion oppressante à ses intonations tandis que l’instabilité pousse une vague de tremblements contre sa pelure. « Ta survie m’importait plus que tout le reste. Le monde pouvait bien s’écrouler. Je voulais te préserver, tu étais la seule chose qui comptait. Tu ne me dois rien, tu as raison. Mais je veux savoir. A quel moment t’as décidé que ça serait plus drôle de me faire tomber dans tes filets ? A quel instant tu as compris que ça fonctionnerait ? Est-ce que ça a été prévu ? Ou tu as improvisé en chemin ? » L’incohérence bouscule les paroles, ses actes. Il ne sait pas ce qu’il raconte, encore moins ce qu’il fait. Ses pas le poussent toujours plus vers l’avant jusqu’à être à quelques centimètres seulement d’elle. « C’était quoi le plan Ellie ? M’embrouiller la tête avec des histoires d’amnésie, de meurtres ? Me tenir éloigné en me faisant comprendre que tu déraillais ? Tu ne me supportes plus ? Qu’est-ce qu’il reste à faire maintenant ? Si tu veux m’écarter pour de bon, m’anéantir au passage. Fais-le plus proprement que ça. » Et comme pour lui donner raison, pour qu’elle finisse le travail, il l’agrippe. Une main sur sa nuque, l’autre contre son bras. Sa bouche heurte la sienne brutalement. Sans se soucier des phénomènes étranges qui entourent son amante. Sans s’inquiéter des brûlures. Sans même craindre sa réaction, le retour de flammes. Il la force à partager ce baiser rude, chaotique, douloureux, la maintenant d’une poigne sévère, intransigeante. La dernière étreinte avant l’oubli.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Sam 1 Oct - 21:41


« Where is my prescription ? »



Ezrell
featuring
C’est tellement facile. C’est presque trop facile. Il suffit simplement de quelques mots pour lui donner vie. Juste des syllabes qui s’assemblent et l’intonation s’occupe du reste. Elle se charge de le rendre vrai, plus vrai encore que la réalité ne semble l’être. C’est tellement simple. C’est presque trop simple. Il suffit simplement de prétendre y croire pour lui donner du sens. Juste faire semblant et l’esprit s’occupe du reste. Il se charge de le rendre sincère, plus sincère encore que les sentiments qui font battre son cœur. Le mensonge ressemble à un jeu d’enfants. C'est une seconde nature à ses yeux. Un souffle qui respire au rythme de ses poumons. Un virus qui se multiplie dans ses veines. Il est là depuis si longtemps qu’elle ne sait plus comment prononcer la vérité. Cette dernière lui brûle les lèvres dès qu’elle les effleure. Ça la répugne au plus haut point. Cette faculté déconcertante à tromper le monde sans même sourciller. Sans ressentir une once d’hésitation. Peut-être que c’est ça, son vrai visage. Si laid qu’il ne supporte plus son propre reflet.

Il suffit d’observer la réaction d’Ezra. Une référence à son frère et l’enfer s’est ouvert sous ses pieds. Il commence à cogiter, à combler les vides, à calculer les probabilités. Ses hypothèses deviennent des théories qui se confirment d’elles-mêmes. Quelques secondes. C’est tout ce qu’il lui faut pour mentir. C’est tout ce qu’il lui faut pour détruire. Quelques secondes, quelques mots, quelques doutes. Le combo parfait. Ellie se contente de constater les dégâts causés sans rien dire. A quoi bon ? C’est tout à fait inutile qu’elle ouvre à nouveau la bouche. Sa victime n’a pas besoin de son aide pour tirer ses propres conclusions. Bien au contraire, le silence l’assiste amplement. Il peut être bien pire que la parole lorsqu’il est délibérément choisi. La jeune femme le sait parfaitement, c’est pourquoi elle reste muette pendant que son amant tente de comprendre ce qui se passe. Il souhaite des réponses à des questions qu’il ose à peine poser. Comme s’il craignait d’entendre quelque chose qui pourrait le briser. Une confidence cruelle. Un aveu accidentel. Une révélation mortelle.

Ellie le regarde se décomposer sur place telles les perles d’un collier qui s’effondrent sur le sol, avant de se briser en centaines de morceaux éparpillés ici et là. Il ne s’en rend pas compte à cet instant mais elle fait cela pour lui. Pour qu’il puisse se libérer de son emprise, son attachement, son amour. Pour qu’il puisse la haïr de tout son être jusqu’à ne plus vouloir respirer le même air. La jeune femme commence même à se demander s’il ne désire pas cette rupture dans le fond. Il semble si disposé à remettre en cause leur relation, comme s’il attendait simplement un prétexte. Cette idée prend forme dans son esprit jusqu’à contaminer toutes ses pensées. Son talent pour le mensonge lui vient sans aucun doute de sa capacité à finir par le croire. Un don ou une malédiction ? L’un comme l’autre ne sont ni plus ni moins qu’une maladie développée depuis des années. C’est dans son ombre qu’elle a grandi, bercée par ses murmures doux et mielleux à la fois.

Elle s’attend à une accusation supplémentaire. Une de plus, une de moins ; cela ne change rien. Le mal est fait, il consume d’ores et déjà Ezra. La lueur dans son regard s’éteint petit à petit jusqu’à se dissoudre complètement. C’est alors qu’il n’écoute plus sa raison mais son cœur. Et celui-ci se raccroche à ses ultimes espoirs. Il les formules d’un baiser sincère qui s’éternise un instant. Un instant durant lequel les deux amants maudits se retrouvent seuls. Pour s’aimer sans crainte, dans la promesse d’un lendemain, ensemble. Hélas, ce rêve meurt à l’instant où il prend vie. Parce qu’il est condamné d’avance par le destin. Depuis la première page de leur histoire, il tente d’écrire la dernière. Usant et abusant de l’encre noire afin de fermer le livre. Définitivement. A son plus grand désarroi, les protagonistes trouvent toujours un moyen de rayer les fautes, de réécrire le dénouement, de commencer un nouveau chapitre. Et si cette fois, ils n’y parvenaient pas ?

L’étreinte d’Ezra sonne comme un adieu qu’elle lui accorde. Malgré la douleur qui érode son cœur. Malgré la souffrance qui détraque son organisme. Malgré le mal qui assassine son âme. Ellie détache ses lèvres des siennes avec une douceur étrange. Ses yeux redécouvrent ce visage qu’ils connaissent parfaitement, de la commissure de ses lippes au contour de ses paupières. La jeune femme pose une main sur sa joue avant de lui concéder une caresse délicate. Lorsque soudainement, elle agrippe sa nuque à son tour. D’un geste purement brutal, purement bestial. « Rappelle-toi que cette peine que tu ressens dans chaque cellule de ton corps, qui t'empêche de respirer et qui te consume jusque dans tes tripes... j’en suis la cause. » La jeune femme évoque son propre chagrin, dissimulé derrière toutes les émotions intenses qui parcourent son être. Elle ne peut plus revenir en arrière. Il est temps d'asphyxier la flamme entre eux. Ellie le regarde intensément, retenant son souffle pour ne plus être capable de penser lorsque les mots s'exilent. « Et je m’en porte très bien... » Ça ne lui coûte pas seulement son amour, son futur, son existence. Ça lui coûte son humanité toute entière. Le moment est venu de fraterniser avec l'enfer.



_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5819
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)   Jeu 13 Oct - 0:31

Tandis que la vie lui échappait, il l’avait serrée contre lui. Il lui avait imploré de ne pas céder à la fièvre. Il avait été égoïste. Et elle était partie comme elle lui était apparue. Kitty. Le froid lui avait semblé éternel. L’animal captif de ses ailes. La liberté ne lui avait jamais parue plus inutile sous cette forme. A tout jamais et sans elle. Une solitude à laquelle il ne pensait pouvoir remédier un jour. Une absence pour le transpercer à chaque rare instant de sérénité. La culpabilité le massacrant ensuite à chaque pulsation qui ne lui était pas dédié. Et puis, Elle était apparue. Ellie a réparé ce que chaque épreuve lui a ôté, son humanité. Doucement, sûrement, sans un mot, sans le moindre coup d’éclat, elle s’est immiscée entre ses côtes, a grimpé jusqu’à sa poitrine et a contaminé le reste de son organisme. Elle s’est appropriée son souffle, s’est logée au creux de ses pensées, est devenue le centre de sa gravité. Loin d’être une maladie, elle a été le remède contre le chaos. La couleur pour contrarier le monochrome sans arrêt décliné dans sa pupille asséchée. La présence absolue pour dissiper le vide qui le pourchassait. De la cause, elle devient déjà la conséquence. La confiance ébréchée par ces dernières semaines où le silence a remplacé sa tendresse et l’espoir mis en branle par des révélations fraiches et éhontées. Au bord d’un nouveau gouffre, le norvégien se voit pourtant tout lui pardonner. La faiblesse implantée dans sa mécanique aortique, l'unique court-circuit à son monstrueux métabolisme. L’affection qu’il lui porte envers et contre tout, nourrie par leur proximité, frémit encore dans son thorax mutilé. Le seul sentiment à devancer l’obscurité, à annihiler partiellement des démons récalcitrants. Si elle lui retire ce privilège, si elle lui reprend cette conviction, il ne restera sans doute plus rien. Plus rien à espérer.

Le baiser saccage ses dernières barrières. Et pendant quelques instants, même son amante semble s’y résoudre, s’en contenter. La peine ne faiblit pas un seul instant. Au contraire, cette étreinte conduit à davantage de démence. Plus rien à conserver, ni sa dignité, ni la vraisemblance d’une indifférence totalement inventée. Il s’offre à son jugement, se dévoile dans tout l’attachement qu’il lui porte inéluctablement. Il veut la retenir de toutes ses forces, les bras se resserrant autour de sa frêle silhouette et sa bouche ne cessant de revendiquer la sienne. Ses lèvres appellent sa clémence, nomment chaque succube, baptisent l’émotion. Elles se fracassent à plusieurs reprises sur les siennes tandis qu’il ne cesse de la rapprocher avant qu’elle ne s’éloigne. Son corps tout entier se mobilise pour lui rappeler ce qu’ils ont, ce qu'ils auraient pu être, ce qu'ils ne seront donc plus jamais. La mémoire se fragmente et dès qu’elle s’écarte, la bobine se désaxe. Plus aucune diapositive pour renvoyer les quelques sourires autrefois arrachés, les mains entrelacées, les regards dérobés. Leur histoire prend feu et Ezra observe le massacre sans plus jamais remuer. Ses prunelles le détaillent, c’est le prélude à la tragédie. L’ombre s’épaissit, la gorge se resserre. Quelques secondes de battement seulement avant qu’elle ne relève la main, attrape sa nuque en un geste bien trop brutal pour lui ressembler. L'étrangère qui s'adresse ainsi à lui ne lui laisse aucun répit. Il la déteste et il l'aime à part égale. C'en est éprouvant de subir ces deux sentiments en tout point opposés à de telles extrémités. Il croit que la haine va gagner, qu'elle va régir son être démantelé mais seul le chagrin intervient. A ses paroles froides et inhumaines, il veut insuffler plus de givre mais en est bien incapable. Pas quand il s’abandonne aux flammes, brûle vif sous ses yeux désormais glacés. La douleur crispe ses traits, la tétanie se prolonge.

Le scandinave redresse soudainement sa propre paume pour défaire la prise qu’elle exerce sur son cou en un mouvement sec. « J’ai compris le message. » Un timbre presque neutre, dématérialisé. « J’aimerais pouvoir souligner ta façon présomptueuse de t’attribuer une si grande importance dans mon existence, pouvoir te dire que cette accusation est erronée. Mais moi, je refuse de te mentir, Ellie. D’ailleurs je ne t’ai jamais menti. Et ça c’est une autre différence entre toi et moi. Moi, j’étais prêt à mourir pour toi, c’est vrai. Moi, je ne t’aurais jamais pris pour un objet que je pouvais utiliser et casser à loisir. Moi, je te faisais confiance et j'étais sincère depuis le début. J’ai été le plus humain de nous deux et c’est d’une ironie sans précédent. Je regrette sincèrement de n’avoir pu le deviner moi-même. » La mâchoire se serre alors que les doigts qu’il vient d’ôter de son épiderme sont toujours dans les siens, qu’il les écrase quand une main invisible tire son cœur vers les abysses. Il veut qu'elle souffre autant que lui. Il veut l'atteindre sans savoir comment. Après tout, il ne sait plus à qui il a à faire. La personne qu'il a aimé, ne partage absolument rien avec cette inconnue. Rien en dehors de son apparence rendue elle aussi méconnaissable.

Son ténor revient bien moins faiblard, bien plus imposant et inflexible. « Je regrette de t’avoir sauvé cette nuit-là. D’avoir cru à tes grands airs naïfs. A tes beaux discours, à tes promesses. Je regrette tellement d’avoir gardé le silence pour ta fausse identité, d’avoir cru que tu en valais la peine. » Les paupières basculent, il rejette définitivement sa main et installe une distance nécessaire entre eux. La colère gronde avant que le chagrin ne le plaque définitivement à terre. « Ne viens pas pleurer quand il n’y aura plus personne pour te sauver. » Ses prunelles deviennent assassines, chaque syllabe lui écorche le palais. « J’espère simplement ne jamais revoir ton maudit visage. » Sans plus de cérémonie, avant de tomber en lambeaux à ses pieds, le damné recule de plusieurs pas. En pleine contradiction avec son discours, il imprime davantage ses traits dans sa tête. « J’ai dû être un bel abruti pour toi. Puisses-tu ne jamais trouver la paix, Ellie Wilson. » C’est tout ce qu’il lui reste à répondre pour pouvoir se défiler, cesser de s’accrocher à ce qui lui échappe et le blesse. Même pas l’instinct de protection, la simple nécessité de fuir lâchement sans plus se retourner. De s’imposer une conclusion à ce qu’il a trop souvent confondu avec un conte miraculeux. Pas d’enchantement, pas de magie. Pas de fin heureuse. Jamais il n’y aura pu en avoir pour lui. Il se l’est répété pourtant. A défaut de croire en lui, au moins croyait-il en elle. Désormais, plus brisé que jamais, il emporte avec lui dans cette nuit de plus en plus noire, une désillusion de plus. La pire d’entre toutes. Les artères définitivement sectionnés, les sanglots prisonniers de sa poitrine. Chaque pulsation est une douleur de plus et chaque pas qui l’éloigne, un supplice. L’agonie atteint son point culminant quand il est hors de portée, quand il peut s’effondrer sans craindre d’être observer. La tête calé entre les mains, le cœur laissé là-bas en arrière, il subit le désespoir sous une forme plus aiguë. Une énième action qui le scelle à sa propre malédiction. Celui de l’enfant jamais désiré, celui du frère esseulé. Celui du pauvre orphelin sans cesse abandonné.

-Sujet terminé-

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho En ligne
 

Tell the psychiatrist something is wrong (ft Ezra)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Whoops, looks like something went wrong.
» [Résolu] Erreur IE7
» The art of being a jerk
» "You think I'm like the others ? You think you know me, stupid King ? You're wrong. I hate you." - Emerald Winter.
» Fight For All The Wrong Reasons {Stain/Cora}

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Northern New Orleans :: Storyville-