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 Leave all that's burned behind [PV Nymeria]

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MessageSujet: Leave all that's burned behind [PV Nymeria]   Sam 23 Juil - 0:22

Leave all that's burned behind
○ Fifteen years by her side. Broke the same bread. Wore the same clothes and we said we're sisters with nothing between. If one of us fall, the other will soon be following. Both of you fell the same day. You don't know why, one of you never woke up. And you laid your body down on the floor, you're desperate to hear her footsteps again. But this house is on fire, we need to go.


Du temps. Elle en avait eu. Pour réfléchir, pour prendre du recul. Pour fuir principalement. S’éloigner de cette vérité, étouffer honteusement le souvenir de Susanna qu’elle avait pourtant chéri jusque-là. Un déni conscient et volontaire, une protection contre l’absurde sentiment d’impuissance, de terreur. Elle a mis des jours, des semaines à comprendre ce qui l’empêchait d’embrasser cette réalité. La déduction a été aisée au fond. Si engouffrée dans son deuil, elle a été effrayée par l’idée que tout ça ne soit qu’un mensonge, qu’elle se mette à y croire. Qu’elle espère. Qu’elle se raccroche à cette lueur pour mieux sombrer ensuite. Plus souvent sur la brèche qu’elle ne le laisse paraitre. Ou du moins, le craint-elle. Joan a appris à ne pas se faire confiance, à ne pas prendre pour acquis sa force de caractère. Elle doit lutter chaque jour pour l’asseoir davantage. C’est un combat contre sa propre personne avant tout. Aucune défaite admise. C’est aussi pour ça qu’elle se tient dans l’ombre d’un bâtiment imposant. Aussi fortes qu’aient été ses appréhensions, l’échéance ne peut être repoussée. Elle ne peut pas perdre à nouveau contre elle-même. Depuis que Stain lui a avoué avoir été mis derrière les barreaux par Nymeria, ses doutes ont fini par s’estomper. Et sa conviction s’est renforcée avec le temps. Après tout, si Chiara a survécu. Pourquoi pas sa jumelle ? Le rythme cardiaque se détraque toujours plus dès qu’elle y pense. Le surnaturel la dépasse. L’attrait éprouvé autrefois pour l’inexplicable, s’est mué en un dégoût parfois exacerbé et pour cause. Le corps difforme de Jill hante encore ses nuits aussi vivement que le tourment d’Ezekiel depuis qu’elle l’a métamorphosé. S’ajoutent à cette liste, les mots de Declan confirmant l’ensemble. Un frisson brime son échine. Comment discerner la beauté derrière le miracle alors que l’humanité dans toute sa normalité semble, de bien des façons, bien plus importante. Valorisante. Un soupir s’égare dans la pénombre. Penser de la sorte lui démontre bien sa faiblesse. Et elle se déteste pour ça.

Sa haine s’étend d’autant plus quand elle repense à sa réaction disproportionnée. Le remord pèse sur sa poitrine depuis des mois maintenant. L’italienne déplore cet excès. Elle a rêvé d’une seconde chance. Et elle a gâché la troisième. La sorcière roule des épaules, la détermination brandie. Non, elle ne sabotera plus rien désormais. Au fond, elle sait aussi pourquoi elle a refusé d’y croire. Parmi toutes ces diverses raisons s’imbriquant, en plus d’être la sœur de son amant, la chirurgienne risque de ramener à la surface une personnalité effacée par les épreuves. La milicienne craint le changement, appréhende de désirer se conformer aux attentes, de rendre justice aux souvenirs de leur passé commun. Stupide et irrationnelle. Comme toujours. La brune habille ses démons d’obscurité, se décide à les délaisser dans un coin en toute impunité dès l’instant où une silhouette bouscule son horizon. L’instinct la guide, l’impatience tout autant. Désormais résignée, il lui est difficile de ne pas la rattraper immédiatement. Elle se laisse le temps pour dénicher le bon coin afin de mener à bien cette discussion et pour rassembler ses idées tout autant. La culpabilité s’immisce bien vite dans ses pensées tandis qu’elle suit à une distance raisonnable la trentenaire. Encore un secret à conserver. Mais il ne s’agit pas de Joan et Nymeria. Il s’agit de Chiara et Susanna. Ça ne concerne pas le métamorphe. Elle se le répète jusqu’à s’en convaincre. Pourquoi fallait-il que tout soit aussi compliqué ? Et à ce point relié.

Comme si son existence ne pouvait cesser de graviter autour de cette famille. Comme si rien n’arrivait par hasard au fond. Elle ne croit pas en la notion du Destin cependant. Assez ironique quand on sait que son âme n’est pas de ce siècle. Tiraillée par ses émotions, la traqueuse se surprend à détailler toujours plus sa cible, à essayer de comprendre quelle genre de femme elle est devenue. Les interrogations se multiplient maintenant qu’elle embrasse réellement sa certitude. Sa propre réincarnation a été obscure. Des sensations, des images mêlées aux siennes, confuses. Des souvenirs dissous, dégradés. Oubliés. La mémoire revenue petit à petit, par bribes incertaines. Comme une vieille mélodie que le temps a engloutie mais qui se rejoue désormais pratiquement dans toute sa globalité. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours été Joan Valentine. Tout autant que Chiara Di Mercurio. Avec le recul, elle peut noter entre les réminiscences et sa personnalité antérieure, des similitudes troublantes. Toutes les qualités de la jeune italienne, elle les a longtemps partagées. Elles n'ont toujours formé qu'une seule et même personne. Il n’y a pas eu de réel cassure entre ses deux vies au fond. Mais pour sa jumelle, il en est donc autrement. Comment a-t-elle pu se glisser dans cette enveloppe ? Elle ignore tout du processus. Elle méconnait également les conséquences. Se souvient-elle de la vie du corps emprunté ? Les paroles du changeur la harcèlent dès qu’elle se permet cette question. L’anxiété la ronge, elle repousse une fois de plus Declan de sa tête. Avec difficulté néanmoins. Il lui faut régler ces détails. Et elle s’y attèle dès qu’elle n’a plus la moindre ombre pour s’abriter, évoluer en silence.

Quelques enjambées empressées, la gorge sèche, le cœur au bord des lèvres. Le pont cueille sa course tandis qu’elle rattrape sans plus de discrétion son interlocutrice. Elle ignore par quel prénom l’interpeller alors elle se contente d’un « Hey ! » bien grossier avant de s’immobiliser abruptement, tétanisée par la réalité. Devant elle se tient la sœur de son amant. Devant elle, se tient surtout Susanna. Elle aurait donné n’importe quoi pour la revoir au moins une fois. Un rêve à portée de main. Elle voudrait s’excuser, lui dire tout ce qu’elle a anticipé durant ces dernières minutes. Mais tout ce qui lui échappe semble dérisoire. « Faut qu’on parle. » Il faut qu’elle lui raconte tout maintenant qu’elle est prête à l’écouter. Et à tout lui pardonner pourvu qu'elle lui pardonne aussi d'une façon ou d'une autre. L’amour inconditionnel de Chiara pour sa jumelle n’est pas si difficile à ressentir. Plus maintenant.

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MessageSujet: Re: Leave all that's burned behind [PV Nymeria]   Dim 31 Juil - 0:53

L’étoffe sombre glisse de son cou, est réajustée à la hâte alors qu’elle se glisse dans l’habitacle de sa voiture. Le tissu soyeux pour dissimuler les marques brutes de strangulation. Les ecchymoses qui ravagent toujours la peau fine de sa gorge. Les stigmates de la folie furieuse de son métamorphe peinent à disparaitre, daignent tout juste changer de couleur d’un jour à l’autre. Elles continuent de lui faire mal, de l’oppresser chaque fois qu’elle se regarde dans un miroir ou qu’un regard extérieur s’y attarde de trop près. Elles lui font terriblement honte, lui rappellent les dernières paroles de son amant déchu. Celles qui l’emplissent de culpabilité, qui rivalisent avec la conviction de n’avoir fait que lui rendre la monnaie de sa pièce. Elle sait qu’elle est allée beaucoup trop loin. Mais elle a aussi l’atroce impression d’avoir trahi à nouveau son ainée en l’ayant sauvé si près du but. Même morte, elle continue de l’influencer. Elle reste tiraillée entre eux. Plongée dans ses pensées mortifères, elle ne remarque pas les phares qui la suivent de près dans l’obscurité. Elle n’entend pas non plus l’autre moteur se couper alors qu’elle se fond dans la pénombre, prête à traverser le pont pour rejoindre le lieu de rendez-vous clandestin. L’homme chargé de l’informer sur les cibles des prochains trafics d’organes. Le commerce macabre qui la répugne, mais qu’elle ne peut pas quitter maintenant qu’elle se retrouve coincée dans l’engrenage.

Son palpitant fait un bond dans sa poitrine lorsqu’elle se fait tirer en arrière, elle frôle la syncope et étouffe un cri de stupeur. Les sphères d’acier se heurtent à la vision de la milicienne. Les souvenirs du dernier interrogatoire déclenchent une vague de frissons contre sa misérable carcasse. Elle se dégage avec empressement de la poigne ferme de l’intruse, la repousse avec plus de violence que nécessaire. Le rebord de la main vient taper contre le bras et elle recule de plusieurs pas, les prunelles écarquillées. Il lui faut un moment pour cesser des claquer des dents et retrouver ses esprits. Pour calmer les battements erratiques qui lui fracassent la cage thoracique. « - Parler ? » Un rire nerveux s’échappe de sa poitrine, la secoue douloureusement. « - Mais de quoi ? J’ai déjà gaspillé trop de salive la dernière fois. J’ai plus rien à vous dire ni à vous prouver. » Tranche t’elle, polaire et autoritaire. Elle ne comprend pas ce qu’elle fait là, après la façon dont elle l’a traitée et remise à sa place la dernière fois. Le bruit du coup de feu continue de résonner dans les moindres recoins de son crâne. Elle se demande un instant si Stain a quelque chose à voir avec sa venue, chasse l’idée d’un mouvement de tête. A moins que la peacekeeper ne soit présente pour démanteler la Falciferae ? « - Vous m’avez suivie ?! Vous allez essayer de me tuer ou de m’effrayer encore une fois ? Vous avez votre arme de service sur vous, le flingue est chargé ? Ou bien le plan c’est plutôt de me jeter du pont ? » L’ironie comme moyen de défense. Ne pas montrer combien la revoir l’affecte. Provocatrice, elle s’approche cependant, réduit d’une enjambée la distance de sécurité qu’elle venait de lui imposer. « - Ce serait une fin épique ça de finir noyée à mon tour, n’est-ce pas Chiara ? » Le prénom est soufflé avec insistance, tranche avec le sous-entendu venimeux. Elle le regrette aussitôt lâché dans l’air putride, entend l’énormité qu’elle vient de cracher sans pouvoir la raturer. Subitement penaude, les azurs gorgés de remords balaient le bitume. Les dents mordent sa lèvre inférieure jusqu’au sang en représailles. Le souvenir ignoble du cadavre trempé s’imprime à ses rétines, lui impose éveillée l’horreur qui hante ses nuits agitées.

Pardon. « - Il vaudrait mieux t’en aller. » Le retour du tutoiement familier, comme une façon de se racheter. Une manière de s’adoucir, même si des paillettes de glace s’accrochent encore à son timbre. Elle a peur au fond. Affreusement. Si Joan semble prête à l’affronter, elle ne l’est pas. Ou elle ne l’est plus. Elle ne veut pas se rendre compte qu’elles n’ont plus rien en commun. Que la fusion s’est disloquée, que leur complicité s’est brisée à jamais. Ce serait comme de perdre sa jumelle une deuxième fois et c’est plus dur, c’est plus terrifiant que de ne pas la retrouver pleinement. Elle aime se dire que sa jumelle existe encore quelque part. C’est assez, c’est suffisant. Après des siècles à souffrir de son absence, elle peut bien se contenter de ça. S’abreuver de la certitude qu’elle respire avec elle. C’est déjà bien plus que ce qu’elle pense mériter. Et pourtant, une part d’elle crève d’envie d’aller plus loin. De poser toutes les questions qui lui brûlent les lèvres, de savoir quel genre de femme elle est devenue. Elle a pu s’en faire une petite idée, mais toutes ses connaissances sur elle restent superficielles. Elle aimerait qu’elle ait réussi dans tout ce en quoi elle a lamentablement échoué. Qu’elle soit heureuse, même sans elle. Surtout sans elle. Egoïstement, elle voudrait lui demander si elle lui a manqué. Si elle a continué d’occuper une petite place dans ses pensées. Elle voudrait la noyer d’affection mais l’appréhension et le ressentiment la tétanisent. Elle reste toujours cette gamine dévorée par l’orgueil, qui enchainait les caprices pour grappiller un peu d’attention. Celle qui ne se tempérait qu’au contact de sa moitié d’âme.

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MessageSujet: Re: Leave all that's burned behind [PV Nymeria]   Mer 17 Aoû - 23:51

Les prunelles s’entrechoquent et le souffle se perd. La distance entre leurs deux enveloppes corporelles semble plus fracassante que jamais. Une proximité certaine pour un millier de ravins à outrepasser cependant. La brune peut apercevoir en contrebas un empilement de ratés, d’erreurs. Une mauvaise course contre et après le temps, les souvenirs éparpillés. Le bout de la chaussure heurte sa consœur et le vertige la surprend. Nymeria s’échappe à sa prise, glisse entre ses doigts comme le sable écoulé, celui qu’elle a peiné à collecter. La réaction de la chirurgienne n’a rien d’imprévisible mais elle emprisonne Joan dans une culpabilité de plus en plus exacerbée. Son manque de confiance, de foi l’a conduite à cette situation. Pire sa terreur a été l’instigatrice de sa violence. Elle doit donc en payer le prix. Ses yeux cherchent ceux de son vis-à-vis à de multiples reprises. Un drôle de sentiment l’engourdit dès qu’elle s’autorise à embrasser dans sa totalité la vérité, qu’elle la laisse la dévorer toute entière. L’âme de Susanna habite toujours ce monde sans sens, à l’abri du funeste. Un cœur bat pour la préserver. Un morcellement d’un tout qu’elle a pu autrefois composer. La solitude se dilue face à cette évidence, juste assez pour recouvrir quelques cicatrices mal dissimulées. Une certitude qui naît et se développe au creux de ses entrailles. Des survivantes à l’esprit trop ancré sur une terre désolée. Des essences que rien, ni personne n’a pu annihiler. La sorcière s’interroge sur ce seul fait et s’en nourrit allégrement tout autant. Une force insoupçonnée à puiser dans ces conclusions à tirer. Pas vraiment une immortalité cependant mais néanmoins, une indéniable férocité pour réussir à perdurer. Ensemble, elles lui apparaissent soudainement indestructibles, indivisibles. Une unité parfaite qu’elle a cru ne plus jamais pouvoir reconstituer. Malgré la pénombre, malgré le rejet évident de sa jumelle, la milicienne ne perd pas cet espoir. Elle s’y accroche avec toute l’énergie dont elle dispose. Maintenant qu’elle veut bien y croire, elle ne le fera pas à moitié.

La méfiance écartée ne suffit pas à réparer les dommages causés antérieurement. Les mots l’acculent dans l’ombre, peignent sur ses traits une détermination plus vorace encore. L’expression durcie pour encaisser la colère de l’irlandaise. Réaction justifiée mais difficilement reçue pourtant. Les allégations qu’elle lui porte à la suite, plantent une grimace sur ses lèvres sèches. La trentenaire l’écoute sans broncher quand bien même le sarcasme cogne contre ses lippes closes. Quand bien même elle a envie de rire pour évacuer la nervosité et pointer le grotesque de ce discours décousu. Chiara la retient tout au fond, laisse à l’offensée le droit de s’exprimer. Dès que son interlocutrice s’approche cependant, sa stabilité s’effondre. Le prénom claque, résonne comme une insulte. C’est une vieille douleur qui s’éveille. Une couleuvre s’enroulant autour du cœur pour le comprimer. Elle en éprouve des difficultés à respirer. Le visage perd ses couleurs, le corps, sa vitalité. Elle se décompose sans la moindre retenue devant l’instigatrice de cette souffrance. Entendre sa sœur délier la tragédie sans plus d’émoi à ces fins perfides la piège dans cet écho mémoriel encombrant. Dans ses nombreuses appréhensions, sa multitude de cauchemars. A cette question qu’elle n’a jamais cessé de se poser. Comment est-ce qu’elle a pu survivre à sa mort, elle ? Et comment peut-elle lui en reparler de la sorte ? La divorcée ne remue pas quand elle lui conseille de le faire. Elle reste là, le regard rivé sur la silhouette voisine, la poitrine en lambeaux. La bouche s’entrouvre à quelques reprises et tremble dès que les sons tentent de s'en extirper.

L’américaine referme son champ visuel, contrôle sa respiration pour mieux retrouver un semblant de contrôle. Toujours mal assurée, sa voix se craquelle aux premières intonations avant de redevenir aussi sauvage et inflexible qu’à l’accoutumée. « Ok, ok, ça va, c’est bon. J’ai pigé je t’ai foutu la haine. Ou la trouille peut-être, ce qui est pire si t’as une putain de fierté. Et quelque chose me dit que l’égo a eu le temps de se développer ces derniers siècles. Je sais pas qui d’Ezio ou toi remporteraient cette foutue palme du mélodrame et de la parano. Vous vous êtes entrainés ensemble ou comment ça se passe ? » Un caillou jeté dans la fosse ricochant sur ce qu’il peut atteindre. Presque un appel de détresse balancé pour reprendre la consistance envolée. Les épaules redeviennent droites, l’honnêteté habillant la carcasse. « Je t’aurais pas butté. J’ai jamais voulu te buter. Je voulais juste… Merde à la fin, une gonzesse se pointe quand je m’y attends pas et me dit coucou je suis ta frangine en fait. Si tu te foutais de ma gueule, comment j’aurais fait pour reprendre le deuil là où il était hein ? Tu peux te la jouer provocatrice, me dire que je suis qu’une pauvre conne mais… Me dire ça en pleine gueule. Tu crois que c’est le fun de crever de cette façon ? Que je te le souhaite ? C’est pas Disneyland, tu peux te calmer et je t’interdis de la ramener à ce sujet. Si tu te crois marrante, tu te fourres le doigt dans l’œil.  » Les bras s’agitent, la patience se perd. Elle expulse la suite avec plus de vigueur, monte d'un ton. « J’ai jamais voulu ta mort, putain. » Aussi brutalement, elle s’avance, la main effleurant le bras prudemment. Un murmure pour remplacer sa hargne habituelle, une douceur empruntée à celle qu'elle a été.

Le surnom coule facilement entre elles et offre sans la moindre retenue, la tendresse contenue. « Suzie... J’osais juste pas y croire. Et je ne partirai pas avant qu’on ait parlé. Avant que tu m’aies expliqué ce qu’il s’est passé pour toi, pour Ezio. » Ses iris traquent les siennes. « S’il te plait » La supplique brise sa voix. Elle a quinze ans à nouveau et pendant cette poignée de secondes, le chagrin se multiplie par un chiffre terrifiant. Avant de sombrer dans ses anciens travers, de succomber à ses tares d’autrefois, elle recule. « J’ai merdé, ouais mais c’est bon là, je suis prête à t’écouter. Et à t’expliquer moi aussi. Avoue que c’est une putain d’histoire de fou. Combien de chances pour que ça se produise ? » Elle la laisse faire le calcul, reste dans l’expectative. Elle a décidé de tout miser sur cette entrevue. Elle a décidé d’aller au bout des silences et de dévoiler ce qui se terre derrière le voile que l’absence et les siècles ont brodé. Un tissu précieux, râpant la peau. Un linceul pour ce qui a été. Ce qui ne sera jamais plus. Mais il reste encore à découvrir ce qui sera. Ce qu’il y a encore à retrouver et à protéger. Et de ça, Joan n'arrive pas à douter.

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MessageSujet: Re: Leave all that's burned behind [PV Nymeria]   Lun 12 Sep - 13:52

Blesser grièvement son adversaire avant qu’il ne s’en charge. Lui asséner des railleries aiguisées comme des lames de rasoir, pour la piètre satisfaction de l’avoir vidé de son sang avant qu’il n’ait pu en faire de même. C’est un automatisme profondément ancré, presque inscrit dans son patrimoine génétique. Une habitude exécrable qu’elle a perfidement entretenue avec son cousin, et même avec son ainée. C’est probablement de l’orgueil mal placé. Mais c’est surtout un moyen de se rassurer. Constater qu’on parvient encore à mutiler l’autre, que la souffrance et la haine sont toujours aussi profondes, viscérales. L’italien et elle ne savent s’aimer que de cette façon-là, ignoble et absurde. Ils s’écorchent pour se prouver qu’il reste des braises à enflammer, un simulacre de dévotion à sauver. Pour s’assurer que la froide indifférence dont ils se parent n’est qu’un vulgaire leurre. Un jeu malsain qui ne connait plus aucune règle. Des siècles que le besoin de se meurtrir a remplacé la tendresse sincère. Qu’ils se détruisent pour se prouver qu’ils sont encore en vie.

Sans le vouloir, elle vient d’user du même mécanisme de défense avec Joan. Elle ne se rend compte de l’horreur contenue dans sa réplique qu’en voyant son visage se décomposer sous ses yeux, emprunter toutes les nuances de douleur existantes. Elle voit se refléter dans ses rétines sombres le terrible drame qui a sonné le glas de leur relation fusionnelle. Les bras qui se débattent vainement à la surface, le corps frêle qui coule comme une pierre dans les profondeurs du torrent meurtrier. L’image terrible la prend à la gorge, manque de la faire suffoquer. Elle n’a jamais pu l’oublier, ni réellement s’en remettre. Quelque chose est mort en elle, avec Elle. Quelque chose qu’elle ne pourra certainement jamais retrouver. Elle pourrait quémander à genoux son pardon, piétiner allègrement sa fierté. Mais elle sait qu’elle recommencera, que c’est plus fort qu’elle. Qu’elle déchirera son cœur à nouveau, qu’elle prononcera les paroles de trop. Les éclats de chagrin dans les rétines de la brunette lui infligent un remord insupportable. Elle l’enjoint à partir tant qu’elles restent deux étrangères. Mais la milicienne est coriace, davantage que dans sa mémoire morcelée.

La mention d’Ezio lui fait serrer les dents, elles crissent désagréablement. Elle peut sentir l’affection contenue dans ce prénom devenu obsolète. Même après son terrible crime, l’attachement perdure du côté de sa jumelle. Elle pourrait en dire tout autant, mais le simple fait de l’admettre lui donne la sensation atroce de trahir sa sœur à nouveau. Elle n’a plus l’excuse de la torture cette fois. Des inquisiteurs qui infligeaient mille sévices à son enveloppe, jusqu’à ce que le corps craque et cède. Il n’y a plus qu’elle et sa conscience. Elle et cet amour aussi monstrueux que démesuré qu’elle continue de vouer à un traitre. « - Et quel intérêt j’aurais eu à raconter une histoire pareille hein ? A part me faire interner dans l’asile le plus proche comme Gemma, pour qu’un sale petit con puisse venir empoisonner ma perfusion, je ne vois pas. Tu crois que ça peut s’inventer d’ailleurs, un mensonge si tordu ? Tu crois que c’était facile, de lâcher ce genre de bombe ? » Crache t’elle, inapte à faire preuve de retenue. Les nerfs à vif, tailladés chaque fois que le souvenir du meurtrier s’impose dans son esprit détraqué. « - T’essayais pas de me tuer ? Tu voulais quoi alors, me faire flipper ? Dans quel but ? Ah c’est sûr que j’étais une belle menace, assise sans arme avec un flingue pointé sur moi. T’étais gravement en danger, des fois que j’aurais lâché mon husky contre toi hein, on sait jamais. » Elle n’a pas digéré la tentative d’intimidation. La détonation qui a déchiré ses tympans et fracassé ses vertèbres alors qu’elle se livrait entièrement à elle. Sans masque, sans filtre. Elle a déposé son palpitant entre ses mains, et sa jumelle perdue l’a littéralement broyé. Elle peut comprendre qu’elle ne l’ait pas crue immédiatement, qu’elle se soit braquée. Mais l’agressivité immédiate dont elle a pu faire preuve l’a brisée. N’a rien de commun avec celle qui savait autrefois l’apaiser comme personne, l’empêcher de sombrer dans les pires travers de sa personnalité. Les traits s’adoucissent néanmoins d’eux-mêmes, puisent dans la culpabilité qui la ronge jusqu’à la moelle. « - Mais je ne voulais pas… Tu as raison, j’aurais pas dû te balancer ça. Je ne sais juste… pas ce que tu as attends de moi. De nous, de ça… » Avoue-t-elle dans un murmure, sans en mener large. Son myocarde bat si fort dans sa  cage thoracique qu’elle jurerait l’entendre battre au creux de sa paume.

Un frisson lui lacère la peau lorsque la soldate s’avance, rompt la maigre distance de sécurité pour frôler son bras. Elle se retient de reculer cette fois, de battre en retraite comme un animal à apprivoiser. Le contact est aussi réconfortant que polaire, il la fait osciller entre des émotions contradictoires. L’équilibriste tangue au-dessus du vide, ne parvient pas à déterminer si elle peut s’accrocher à Elle ou si elle doit au contraire la fuir à tout prix.  Mais elle prononce encore le mot de trop, celui qui fait bouillonner les veines de rage, qui l’écoeure.  « - Pour moi, pour Ezio ?! T’as plus que ce nom-là à la bouche ? Je t’ai déjà dit tout ce que tu avais à savoir sur lui. Si ça t’intéresse tant de copiner avec l’assassin de notre propre sœur, tu peux aller lui rendre une petite visite de courtoisie. Il sera surement ravi d’essayer de te buter ou bien de te sauter, selon son humeur du moment. » Elle déteste que son nom soit accolé ainsi à celui du loup, sentir qu’elle peut difficilement être dissociée de Lui. Que c’est littéralement impossible, qu’importe ce qu’elle en pense. Les inséparables depuis l’enfance, amputés de la meilleure part d’eux-mêmes à la mort de Chiara. Elle avait cru bêtement que le lien reliant un sorcier à sa créature resterait à sens unique. Qu’elle le condamnerait à une existence misérable, sans ressentir le poids des chaines qu’elle enroulait autour de Lui. Elle s’était trompée, lamentablement. La malédiction n’avait fait que renforcer celle qui les entravait déjà depuis le premier jour.

La chirurgienne se reprend cependant, chasse la colère qui la parasite. Le surnom affectueux aide, l’empêche d’en vouloir bien longtemps à celle qui détiendra toujours la moitié de son âme. Les ongles écarlates s’emparent des phalanges baladeuses, les écartent de son épiderme tout en les retenant dans son poing, contre sa poitrine. Elle serre fort,  comme si elle voulait l’empêcher de s’échapper de son emprise. « - Tu veux savoir ce qui nous est arrivé ? Toi. Tu es morte et tout s’est effondré comme un misérable château de cartes. Il ne restait plus que du vent et de la rancœur sans toi, et elle n’a fait que grandir jusqu’à étouffer complètement le peu d’humanité qu’on avait. » L’affliction perce la trachée alors que ses prunelles se fondent dans les siennes, en dévorent la moindre nuance. « - T’es prête à écouter quoi ou qui au juste ? Elle n’est plus là Suzie. Elle a disparu un peu plus à chaque atrocité que j’ai pu commettre, et crois-moi, la nuit ne suffirait pas à toutes les lister. Si tu as encore un peu de Chiara en toi, tu devrais le sentir. » Elle ne devrait pas exprimer ses craintes à haute voix, elle en a bien conscience. Elle ne fait que les rendre réelles, s’infliger un mal supplémentaire. « - On ne devrait plus être là. Parfois j’ai l’impression que ça ne s’arrêtera jamais. On passe d’un enfer à un autre… » Soupire-t-elle dans un souffle. Elle regrette sa volonté de fer, cet instinct de survie qui surpasse tout. Celui qui l’a poussée à posséder la vie de Nymeria, à mentir à tous ses proches en se faisant passer pour elle, au lieu de s’abandonner pleinement aux limbes.

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MessageSujet: Re: Leave all that's burned behind [PV Nymeria]   Dim 2 Oct - 15:18

Les cicatrices s'effleurent. Des plaies infectées entourées de bandages précaires cédant sous la pression d'un coeur empressé. La souffrance de Nymeria palpite entre elles autant que sa rancœur. La détresse habille chaque mot recraché. Joan peut l'entendre, la percevoir et l'admettre. Des écorchures provoquées par des épreuves parfois nommées, parfois tues. Des épreuves que sa jumelle a dû traverser sans l'avoir à ses côtés. Un fait qu'elle ne cesse de déplorer, une culpabilité qui s'amplifie à chaque instant. Si au moins, la défunte avait pu demeurer intacte dans son essence. Il serait facile de blâmer à nouveau Isaac pour cette cassure. Mais la faute ne se limite pas aux sévices reçus. Elle se prolonge même dans toutes les faiblesses que l'italienne n'a jamais réussi corriger. La milicienne accueille les nouveaux rugissements de la chirurgienne avec le même immobilisme, toujours retenue par la compréhension et l'empathie de Chiara. Elle sent qu'elle doit en passer par là pour tenter d'obtenir un résultat. Pour pouvoir dépasser les erreurs cumulées dans ce maudit chalet. Sa réaction démesurée ne possède même pas de réelle justification. Si ce n'est celle d'un tempérament bien trop emporté. Comme pour faire écho à ce seul fait, les poings se serrent par moment pour contenir les émotions qu'elle suscite. La débâcle se poursuit inlassablement, semble durer une éternité. Pour la brune à l'impatience rendue légendaire, ces quelques minutes de silence deviennent un supplice entretenu par la verve adverse. La mention du meurtre de Gemma lui arrache une grimace. Elle était sur place, elle l'a vu, n'a rien pu faire. Ne savait même pas qui elle était alors qu'Ezio venait de la tuer. Les nerfs à vif et l'instabilité sans cesse renouvelée, elle contient les cris qui martèlent ses tempes. Les quenottes emprisonnent sa lèvre inférieure à plusieurs reprises, elle mâche les paroles qu'elle retient péniblement.

Dès que la hargne faiblit, la trentenaire profite de la tendance pour s'exprimer. La sincérité s’aplatit contre sa pupille, une lueur féroce pour soutenir la détermination. « Putain, je sais que j'ai merdé. J'ai réagi comme une connasse, ok. J'avais la trouille, j'ai pas réfléchi. Tu me foutais les jetons à me causer de tout ça. Et pas parce que je pensais que tu voulais me crever en utilisant le foutu clébard. Je pige déjà rien à ce qui m'arrive. Toute cette connerie de réincarnation, ça me dépasse meuf. Tu crois qu'on s'habitue à ce genre de merde facilement ? Je suis paumée, putain. J'ai fait n'importe quoi, j'ai pas calculé ce que ça impliquait. J'ai joué à la foutue autruche. C'était pas rationnel, ouais, ok. Tu veux mes excuses ? Ok, je suis désolée, bordel de merde. Je voulais pas que tu te pisses dessus et que tu me prennes pour une siphonnée. » Le souffle s'égare entre chaque point projeté. Son discours relâché à toute vitesse lui a dérobé toute respiration mesurée et intonation posée. Le regard vacille entre les prunelles de son vis-à-vis et le décor lugubre qui les encadre.

Baissant à son tour son ton d'un cran, laissant à sa douceur le droit de s'étendre dans sa poitrine morcelée, la divorcée tente de recoller les quelques morceaux brisés en arrêtant de se mutiler les paumes dans l'exercice. Mais ça lui semble impossible d'éviter la douleur. Elle se fait impérieuse dès qu'elle détaille son interlocutrice. « Je veux juste comprendre ce qui t'es arrivée. Je veux... Piger pourquoi on est toujours là. Je veux pas te reperdre une troisième fois maintenant que je me souviens de pratiquement tout. » D'autres mots se pressent contre ses lèvres, des confessions qui ne parviennent pas à outrepasser pour l'instant les barrières que Susanna déploie perpétuellement entre elles. Elle voudrait lui parler de la force que son souvenir a provoqué. Elle veut lui faire comprendre que sans elle, elle se serait offerte à une horde de zombies alors qu'elle venait de tout perdre. Trop tôt. Elle craint que sa soeur ne veuille tendre l'oreille pour accueillir cette révélation. Et la sorcière se voit mal vendre un de ses plus lourds secrets sans obtenir l'attention nécessaire.

La trêve factice s'ébrèche une nouvelle fois à la mention du loup, l'américaine regrette immédiatement son implication dans la discussion. Cependant, elle ne parvient pas à les dissocier malgré tout. Peut-être parce qu'il lui manque une partie du récit. Peut-être parce qu'elle les voit comme un tout indéfectible, comme l'entité d'une famille à jamais égarée. Face à la rage de la mafieuse, elle répond avec le plus de nonchalance possible. Décidée à ne pas entretenir ce feu insensé. « C'est bon, je sais que c'est qu'un con, j'ai pas besoin de toi pour savoir ça. Mais moi, j'ai loupé des épisodes dans votre histoire de gros malades là. Je sais qu'il mérite ce que tu lui as fait subir, pour Gemma et tu peux pas savoir comment je lui crache à la gueule à chaque fois que je vois sa sale tronche. Je sais aussi qu'il a le nez dans sa merde et qu'il a envie de crever. Tu peux pas me reprocher de pas parvenir à le détester totalement. J'ai pas connu la transition et je pige que dalle à votre relation. En tout cas, il osera jamais me culbuter. Sauf s'il veut se faire castrer. » Un haussement d'épaules pour marquer cette réalité. Tout la dépasse, entretient sa perplexité. Et c'est bien cela qu'elle cherche à dépasser.

Les ongles dans sa chair la font craindre le contact qu'elle a entraîné et qui est entretenu par sa jumelle désormais. Déstabilisée par l'émotion qui étreint la réincarnée et les déclarations qu'elle divulgue à la suite, Joan n'ose même plus froisser l'air. Elle se contente de l'écouter, le visage décomposé par le chagrin invoqué. Avec tendresse, elle ramène son autre main sur celle qui retient ses doigts, la fait glisser en une caresse avant raffermir sa prise pour sceller son geste. « C'est sans doute vrai mais on s'en tape de ce qui devrait être et ce qui est pas. T'es encore là, bordel, je le vois. Arrête de te voiler la face. Et même si je gueule, je suis toujours là moi aussi. On a survécu, putain. » Un murmure dévoilé avec bienveillance malgré les injures. « Le changement, c'est le prix à payer pour cette merde. Et je suis pas là pour te juger, je suis pas devenue quelqu'un de bien moi non plus. Laisse-moi juste une chance de me racheter pour la merde que j'ai causé, je sais pas. Je veux savoir ce qui a provoqué tout ce putain de bazar. Ce qui fait que t'aies l'air de porter le putain de monde sur tes épaules. Moi aussi, j'aurais voulu être là pour te soutenir, bordel. J'aurais aussi voulu que tu sois là. Y a rien qui change pour moi, j'ai toujours besoin de toi. Ca fait des putains d'années que je te cherche, Suzie. Je savais plus à quoi tu ressemblais mais je savais que je te retrouverais. » Un léger sourire se hisse sur sa bouche, il s'évanouit très vite pourtant. Le regard plus flamboyant et la confiance plus marquée encore, elle délie ses derniers arguments avec force. « Si on est encore là, c'est qu'il y a une foutue raison à ça. Me rejette pas, putain. Je suis pas ce pourri d'Ezio. » Une autre supplique uniquement proférer par son regard qui s'accroche au sien, par sa paume qui serre affectueusement la sienne.

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MessageSujet: Re: Leave all that's burned behind [PV Nymeria]   Dim 23 Oct - 19:44

En insistant, sa jumelle appuie sans le vouloir sur la plaie mal cicatrisée autour de son cœur. Elle triture les sutures, écorche la peau. Cette blessure-là a continué de saigner par-delà la mort. Les larmes écarlates n’ont jamais cessé de s’échapper de son palpitant. La peur que l’hémorragie s’aggrave la tiraille alors que Joan la supplie presque de lui laisser une autre chance. Elle redoute par-dessus tout de céder pour mieux la perdre à nouveau. De retirer sa carapace pour se faire transpercer à bout portant. Elle ne se sent pas assez forte pour prendre un tel risque, mais elle ne parvient pas non plus à pleinement la rejeter. Elle perçoit sa moitié d’âme sans réellement le faire. Ses tripes lui hurlent que c’est Elle, ne lui laissent pas le moindre doute. Mais elle peine à entendre la voix douce de Chiara, à assimiler le changement de ton. Le langage de charretière la crispe malgré elle, se superpose difficilement à celle qu’elle connaissait par cœur. L’agressivité qui lui sied si bien empire le douloureux constat. Elle doit pincer les lèvres pour ne pas critiquer ses jurons mécaniques, se mordre l’intérieur de la joue par crainte de déclencher ses foudres. Elle doit composer avec la transformation drastique, accepter d’avoir manqué tout un pan de son existence alors qu’elle se débattait dans les limbes. Elle n’était pas à ses côtés dans les pires épreuves, elle n’a pas vu son caractère se forger et s’affirmer. Elle reste bloquée sur l’image de l’adolescente sage et mesurée. Celle qui savait agir comme un baume apaisant sur tous ses maux. Calmer son tempérament pugnace et caractériel. Elles se complétaient à la perfection mais désormais, elle redoute de constater que les pièces ne s’assemblent plus. Qu’elles ont été trop rognées et tordues par la cruauté de la vie pour retrouver leur forme d’antan.

« - Si après une trentaine d’années, tu ne sais toujours pas ce que tu fous là, comment veux-tu que j’en sache plus ? Je ne sais pas comment c’est possible, je ne me souviens que de la balle dans le crâne et du réveil dans le corps de cette saloperie. » L’injure s’extirpe naturellement de sa bouche, comme par automatisme après l’avoir tant détestée. Elle haït tout chez Nymeria. Son fanatisme religieux. Ses expériences ignobles. Son intolérance écœurante envers les créatures surnaturelles. Sa manière abjecte de traiter son petit frère. Son penchant obscène pour la perversion, pour les expériences charnelles dégradantes. L’aura polaire qui se dégage naturellement d’elle. Mais plus encore, elle abhorre le violent désir qu’elle a pu faire naitre chez le loup. D’être parvenue à le rendre fou au point qu’Il en oublie qu’elle l’avait torturé de toutes les manières possibles. Suffisamment obsédé par les courbes de la tortionnaire pour renier toutes les promesses qu’Il avait pu lui faire, pour salir sa mémoire dans son propre refuge. Elle l’exècre car elle incarne tout ce que l’italienne aurait voulu être. Une femme froide et hermétique à la peine. Capable de piétiner sans scrupules ceux qui s’aventuraient à fouler son territoire. Susanna aurait voulu elle aussi se payer le luxe de refuser l’amour d’un frère, quand elle avait passé son existence entière à courir après la considération de son ainée. Elle aurait voulu briser son cousin et le voir revenir en rampant vers elle, au lieu de trembler depuis des jours à l’idée qu’il ne lui pardonne jamais. Elle aurait voulu ne rien ressentir comme elle.

La stupidité de son propre raisonnement la fait frissonner, trembler de rage alors que la milicienne ose aborder le sujet épineux du métamorphe. L’écouter prendre à moitié sa défense l’irrite, lui donne envie de couper court aux retrouvailles pour aller s’enterrer quelque part au fond de la forêt. De rester seule avec la colère qui lui ronge les entrailles pour qu’elle n’explose pas à la figure de sa sœur comme une grenade dégoupillée. « - Tant mieux, c’était le but. Mais s’il avait vraiment envie de crever, il serait mort à l’heure qu’il est. » Tranche t’elle, horripilée par la tournure de la discussion. La réciproque de l’affirmation la débecte tout autant. Si elle avait vraiment voulu le tuer, elle y serait parvenue. Elle en était si proche qu’elle avait pu sentir le souffle de la faucheuse contre ses lippes, alors qu’il agonisait contre le carrelage froid de la prison. Elle aurait dû se reculer et le regarder se vider comme un vulgaire animal. Ignorer la force irrépressible qui l’avait poussée à réparer sans une once d’hésitation ses terribles méfaits. « - Et si tu crois que c’est ce genre de menace qui l’arrête, tu ne le connais pas encore assez. » Elle ne lui accorde plus la moindre confiance. Elle le verrait parfaitement chercher à la séduire, aveuglé par le cerveau entre ses cuisses. Par les pulsions scabreuses qui semblent lui titiller l’entrejambe en permanence. « - Ya absolument rien à comprendre. Qu’est-ce que tu veux que je te raconte ? Toutes les crasses qu’on s’est faites ? Il dégrade tout ce qu’il touche, te laisse pas embobiner par ses airs de sale gosse chieur mais attachant comme moi. » Siffle t’elle entre ses dents serrées à s’en éclater la mâchoire, en insufflant toute la persuasion possible à son discours. La savoir près de Lui l’indispose pour d’autres raisons que sa jalousie irrationnelle. C’est de l’angoisse pure qui se rue dans ses veines en songeant qu’Il pourrait la détruire dans un accès de rage. En imaginant qu’Elle pourrait subir le même sort qu’Azzura. Elle n’est pas certaine qu’elle y survivrait cette fois, même en ayant été séparée d’Elle durant tant de siècles. « - Il est devenu encore plus monstrueux que son père, et c’est sans doute ma faute, mais c’est surtout la sienne. Il est fier de l’avoir butée, Chiara. Dans son petit crâne de piaf, c’est même de l’ingratitude totale de ma part de ne pas le remercier pour ça. » Elle le crache hargneusement, convaincue de la véracité de ses propos. Elle visualise encore son amant fanfaronner auprès de Rafael, pour mieux retrouver leur lit comme si de rien n’était ensuite. Il lui suffit de se concentrer pour voir apparaitre un rictus arrogant et mesquin sur ses lèvres. Ce sourire malsain qu’elle rêverait de voir en personne pour mieux le taillader au couteau.

« - On a survécu oui, et alors ? On doit s’en vanter tu trouves ? » C’est presque un slogan que la soldate scande. Un pied de nez au destin. Mais elles n’incarnent que des abominations qui n’auraient pas dû survivre à leur mort, et sans doute même pas non plus à leur naissance. Les doigts fins se mêlent aux siens, scellent la promesse qu’elles s’étaient autrefois faites de rester unies. Le rapprochement inédit lui fait l’effet d’un soulagement indescriptible mais un goût amer inonde son palais. « - Te racheter de quoi ? D’être morte ? T’as pas entendu un traitre mot de ce que je t’ai dit ? Rien de tout ça ne serait arrivé si t’avais été là, et pourtant rien de tout ça n’est de ta faute. T’étais notre pilier et yavait plus personne pour dissuader la famille de s’entre-déchirer sans toi. Tu peux pas remonter à la source et empêcher toute cette accumulation d’horreurs de se produire. » Elle secoue doucement la tête, ses sphères d’acier plongées dans celles de son double au reflet brisé. La détermination qu’elle y lit et ses suppliques la touchent, mais elle ne parvient pas à se convaincre que l’amour inconditionnel qu’elle lui portait n’a pas sombré. Sa main libre vient s’emparer fermement de sa nuque, lui impose un contact physique plus important. Elle l’enlace fort, la serre comme si elle risquait de s’éparpiller en débris à ses pieds. « - Je vais pas t’écarter de ma vie. J’en ai pas la force et pas l’envie non plus. Mais je ne crois pas que j’aurai le courage de tout te confier comme quand j’étais gamine. Je suis persuadée que si je te prends au mot, si je te laisse reprendre la place qui n’a jamais cessé d’être la tienne, tu vas fuir. Peut-être pas ce soir, ni même demain. Mais ça arrivera forcément. Et je vais en crever de ne pas réussir à te retenir. » Chuchote t’elle dans le creux de son oreille, en profitant encore un peu de la chaleur réconfortante qui émane d’elle. Pour finalement se reculer, esquisser deux pas en arrière pour resserrer ses bras autour de son buste. Ses barrières de nacre claquent, comme perturbées par le froid. Mais celui qui la glace jusqu’à la moelle est en elle, n’a rien à voir avec les bourrasques de vent qui font pencher les arbres. « - Tu sais ce que j’allais faire là quand tu m’as alpaguée ? Du trafic d’organes. Comme si ça me suffisait pas de traumatiser de pauvres cobayes pour le Gouvernement toute la journée. Gemma doit se retourner dans sa tombe si elle me voit. » Lâche t’elle en esquissant une grimace, comme un test pour s’assurer de sa sincérité. Commencer dès maintenant à dévoiler ses zones d’ombre, pour voir quel degré d’atrocités Elle est exactement prête à tolérer.

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MessageSujet: Re: Leave all that's burned behind [PV Nymeria]   Jeu 27 Oct - 18:26

Les maux continuent de s’articuler à l’abri de tout regard, de tout bruit. Modelés avec précision par la voix revêche de la chirurgienne, ils s’amplifient dans la poitrine d’un corps si sournoisement emprunté aux circonstances. L’esprit oblige le cœur à se compresser, il fait nourrir en lui un feu ravageur nait de l’intrusion. Chiara ne s’est jamais aussi peu sentie à sa place dans cet organisme. Ses traits ne peuvent dresser le portrait de cette familiarité qui pourrait sans nul doute sécuriser les sentiments adverses. Du moins croit-elle que l’apparence joue un rôle prépondérant dans cette reprise de contact – tout autant que les paroles veillant à apaiser le conflit qu’elle a provoqué. Le visage corrompu par la résurrection et les mots si mal maniés désormais. Ses seules armes sont bien défectueuses face aux remparts que Nymeria érige. Tout espoir s’évanouit dans la riposte qui s’ensuit. L’amertume semble être le seul sentiment à prévaloir, à maintenir en place l’être tout en entier de cette femme au regard azuré. Joan comprend, elle a laissé la rage l’a forgée et régir son existence. Chacune a dû développer un mécanisme de défense. Chacune a dû dénicher l’énergie qui la ferait avancer. Elle ne peut à aucun moment éprouver de l’antipathie pour son vis-à-vis, ni s’emporter afin de résoudre les frustrations que l’irlandaise vient d’empiler. Une bataille qu’elle risque de perdre, une guerre qu’elle compte bien mener sur tous les fronts. Alors qu’elle pense devoir envisager un repli, son opposante lui témoigne son affection abruptement. Un geste qui déstabilise la milicienne. Elle a tout juste le temps de lui rendre son étreinte, défaire la prise sur sa main pour l’entourer d’un bras. Mouvement bien plus doux que celui auquel son interlocutrice l’a soumise. Collectant à la suite, l’ébauche d’une promesse, le début d’un tout autre commencement. Elle se croit tout du moins à l’aube d’un renouveau, une relation qu’il leur reste à définir et découvrir. Des sœurs égarées par le temps, réunies par une curieuse fatalité.  

Appréciant l’étrangeté de cette accolade autant que sa chaleur, la trentenaire parait un peu plus déboussolée quand sa jumelle s’écarte, recule très, trop rapidement. Cette position de protection, bras repliés, lui rappelle douloureusement sa propre façon d’accueillir des moments particulièrement difficiles. Elle n’aime pas l’idée de produire sur elle, cet effet néfaste mais ne peut s’en prendre qu’à ses fautes passées. Les bras ballotant autour des flancs et la dégaine bien moins étudiée que sa comparse, la divorcée réalise sans mal le fossé qui s’est creusée entre elles. Toujours opposées d’une certaine façon, deux faces d’une même pièce, complémentaires. Le feu et la glace. Des évidences qui subliment des retrouvailles de plus en plus chaotiques. Les remarques brouillonnes de la mafieuse, elle ne peut que les balayer. Un léger rire s’extirpe soudainement de sa gorge d’ailleurs pour appuyer le ridicule des sous-entendus déployés par sa frangine. Elle répond dans un premier temps et à retardement aux répliques qu’elle a glissé au creux de son oreille. Quand elle était encore trop troublée pour pouvoir répliquer. « Je te demande pas qu’on se prenne les mains pour faire la ronde, non plus. Ni qu’on se mette à se chialer sur l’épaule en causant de toutes nos emmerdes. Je sais que j’ai pas été là. Je sais qu’on a changé. Faudra le temps pour réapprendre ce qu’on est. Pour le reste, je sais pas si ça te branche à ce point de créer un putain d’effet dramatique mais qu’est-ce que je m’en branle de ce que tu fous comme merdes, sérieusement. Je bosse pour les gros tarés de service, tu crois que je suis encore la sainte vierge ou quoi ? Rien de ce que tu pourras foutre, ne me choquera, calme-toi. J’ai plus quinze ans et on vit littéralement avec la merde jusqu’au cou. Si on respire encore, c’est qu’on a forcément fait des trucs bien pourris, tu crois pas ? Alors flippe pas comme ça. » Si elle ne craignait pas le rejet, elle se serait déjà avancé pour la gratifier d’une légère tape sur l’épaule. Ses inquiètudes la perturbent à tout niveau. Elle ne se souvient pas l’avoir déjà réellement jugée. Peut-être craint-elle sans cesse de froisser le spectre de la gamine qu’elle a été. Peut-être qu’elle ne réalise vraiment pas l’époque. Vraiment pas les différences notables entre le passé et le présent.

Calmement, l’américaine tente de désamorcer les insécurités de son acolyte, veille à se parer d’une sincérité qui n’a même pas besoin d’être travaillée. Comme toujours, les syllabes sont propulsées sans même être réellement pensées au préalable. Aussi brute que franche, la brune ne mâche pas son vocabulaire trop souvent douteux. Aucun filtre, elle se décide à être celle qu’elle est sans le moindre compromis. S’il faut qu’elles s’apprivoisent, autant que les choses débutent clairement et sans détour. Qu’elles se heurtent à l’autre immédiatement pour mieux se connaître à défaut de se reconnaître. « Que ton trip, ça soit de découper des pauvres cons ou de t’amuser à prélever des cervelles, j’en ai mais alors totalement rien à carrer. Tu pourrais encore te la jouer Docteur Frankenstein que je m’en branlerais totalement. Je gagne ma vie en buttant la plupart du temps des innocents, tu crois que je peux me la jouer miss moralité 2016 ? Je te l’ai dit Suzie, on a fait ce qu’on devait pour survivre. Je suis pas là pour te juger ou pour te brandir mon majeur à la gueule. C’est le traitement que je réserve aux sous-merdes comme Ezio ça. Mais pas à toi. Et Gemma, de ce que j’ai cru pigé, elle peut pas trop la ramener de toute manière. Elle avait pas l’air d’avoir la lumière à tous les étages à la fin, ‘xcuse hein, mais si y en a bien une qui pourrait se la fermer, c’est elle. » Un soupir pour parachever sa plaidoirie. Et le regard fuyant d’un côté à l’autre avant de revenir pour mieux l’aviser.  

Ses iris traquent les siens durant de longues secondes. « Puis si ça te fout vraiment la gerbe pourquoi tu continues à faire cette connerie ? Y a rien qui te retient, non ? » Un mouvement d’épaules pour souligner ce seul fait avant qu’une autre idée la rattrape. Sa joue tressaute malgré elle à cette pensée, quelque peu amusée. Eamon, le fugitif. Declan, l’assassin et Nymeria, la trafiquante. Un sacré portrait de famille. Mais les Valentine ne peuvent pas prétendre à quelque chose de plus glorieux. Les Di Mercurio et compagnie, non plus. « C’était ce qu’elle foutait la petite Grimes avant peut-être ? » Elle ne peut s’empêcher de l’affubler du qualificatif sans trop savoir pourquoi. Ou plutôt si, en sachant pertinemment pourquoi mais en ne se l’avouant pas. C’est sa seule façon tangible de la différencier de son aîné, de la dissocier de ce pan de sa vie qui ne devrait en rien être lié. Ce songe en amène une foule d’autres bien plus déroutants. « Y a qui qui sait ? Je veux dire pour le gros délire vis ma vie tout ça ? Il s’est passé quoi pour que tu la squattes, tu le sais toi ? » Son intérêt dépasse déjà sa seule personne. Une grimace tord ses lèvres alors qu’elle se met à agiter ses mains en tout sens. « Putain, je te jure que ça me dépasse. J’ai peut-être eu trente foutues années pour capter cette connerie, j’y pige toujours rien. Je me souvenais de que dalle jusqu’il y a peu faut dire. Enfin presque rien. Des bribes, tu vois ? Je revoyais les derniers trucs. La flotte, tout ça… » Stain hante les méandres de ses pensées sans mal. Étant la première personne qu’elle ait pu identifier. Mais le sujet lui semble mal venu pour l'instant. Les ravages qu'il a causé jusqu'alors, dès qu'il a été mentionné suffisent à ce qu'elle l'évite autant que possible. Malgré elle pourtant, le remord pèse sur sa conscience. A propos du trépas d’Azzura, de sa présence dans cette mauvaise scène. Elle pourrait presque lui dévoiler, elle l’a sur le bout de la langue mais ne parvient pas encore à l’expulser. Pas quand elles commencent enfin à réellement communiquer.

Alors que les paroles s'évanouissent dans son esprit morcelé, les circonstances les rattrapent, à seulement quelques pas de là. On interpelle sa jumelle. Le trafic macabre qui l'a menée à errer dans ce quartier. La brune distance ses appréhensions pour une courte durée, l'urgence la presse de clôturer cette entrevue précipitée. Une étreinte et l'ébauche d'une promesse, un résultat inespéré. Une nouvelle aube pour une relation meurtrie dans et par le temps, les changements. C'est cet espoir qui permet à la milicienne de lâcher prise juste pour cette fois tandis que les clients de la chirurgienne se font plus pressants encore. « On se reverra. Je vais pas te lâcher la grappe, Suzie. Que tu le veuilles ou non. » La main s'égare contre son épaule brièvement. « Y a encore des trucs que je dois te dire. Alors on va se démerder pour pas crever avant qu'on puisse à nouveau se causer, ok ? » Un sourire triste souligne ses propos. Là-bas, ces autres s'impatientent alors Joan articule plus rapidement encore. « Fais gaffe à tes miches. » Et elle s'éclipse, emportée par l'obscurité, la silhouette diluée dans un horizon prometteur. Après tout, elles se sont enfin retrouvées.

- Sujet Terminé -

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Leave all that's burned behind [PV Nymeria]

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