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 Black is the colour of our life | (Myles)

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↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
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MessageSujet: Black is the colour of our life | (Myles)   Dim 24 Juil - 19:55



❝ Black is the colour of our life
how you've waited for someone to take you back home. How you've waited for someone who brings back the the colours of your life. It follows you, days and nights. Makes you lose your mind. It brings tears into your eyes. All of your life you've waited for someone to take you back home

Son échec résonne encore. Entre ses côtes au rythme fourbe de son cœur. Le reproche d’une mission avortée avant son terme. La honte sur ses traits, insufflée par sa propre conscience. Renforcée par celle de ces autres auxquels il a à présent voué sa vie. Dans son deuil qui s’éternise, la lumière de sa vie détruire. La Résistance en unique espoir, son chant greffé à ses veines. Cette même symphonie qui a forgé les fils de sa vie, le sang du français né pour lutter. Il a la Révolution dans le cœur, jusque dans les tréfonds de son âme, et la sanglante ce couple alors avec les échos de la Résistance. La déception ne doit plus faire partie de son vocabulaire, dans une langue comme dans l’autre, il a fait le vœu de chasser ce mot de son existence. Pas pour lui, mais pour eux. Ceux qu’il sert. Pour elle, cette cause de droiture qui l’aveugle et l’enferme dans son monde de violence et de haine. Elles s’exacerbent, à chaque fois que s’élève la voix des puissants. A la manière d’un ver se tordant dans ses entrailles, chaque apparition télévisée, chaque mot, tout n’est que supplice pour lui. Regan courbe pourtant l’échine, se plie à ses moments de mondanité dans lesquels on l’invite. La Purge pour chasser le vice quand on lui ouvre ses plus belles portes. Cette prostitution qu’ils abhorrent tous, mais dont ils usent et abusent. Cet ordre précaire sur lequel ils s’appuient pour mieux les écraser, ces pauvres âmes qu’ils contrôlent. Ses mains tremblent, violemment. S’agitent au rythme de sa fureur et les phalanges s’ouvrent sous une nouvelle contraction nerveuse. Elles lâchent les fils, les connexions fragiles et se plaquent sur la table qui tressaille sous la force du heurt. Dans une inspiration, Regan ferme les paupières, serre les mâchoires et fronce les sourcils. Si fort qu’il a l’impression que son crâne va se retrouver comprimer et se morceler. D’une main toujours hésitante, à l’aveugle, il cherche sa flasque, s’y agrippe pour alors la porter à ses lèvres. Du feu au milieu de la glace, l’âpre de l’alcool se rue dans sa trachée. Inonde le cœur et apaise les tourments agitant ses membres.

Retranché dans les souillures du quartier le plus détestable de la ville. Un taudis en guise de repère. La Prohibition a poussé les patrouilles à se faire plus importantes, obligeant la résistance à sans cesse changer de repère. La bâtisse craque et grince à la moindre caresse du vent. Morne symphonie d’un endroit qui l’est tout autant. La vieille senteur de bois pourri, rongé jusque dans ses fibres les plus fragiles par la vermine. L’humidité suspendue dans l’air, cet assemblage de disgrâce lui rappelle son ancienne vie. Ces masures abîmées qui devenaient le royaume de leur rêve et espoir, à lui et son frère. Le français se détache de son œuvre, oubli qu’il s’est retranché ici pour fournir à la Résistance un nouvel attirail afin d’offrir au Gouvernement l’ébauche d’un feu d’artifice. De la poudre et du sang, l’odeur de la mort contre sa peau. La bâtisse grince, et dans un battement de cils, la ville humide et brûlante cède sa place à la fraîcheur nauséeuse de Paris. Enlisé dans la douceur amère de ses souvenirs, Regan sursaute lorsque la porte claque. Ramené dans sa triste réalité, il cille et chasse d’un revers de main le sel venu se coller à ses cils. « - Ah, t’es encore là. » Passée par l’embrasure de la porte, le visage pataud d’un autre résistant le fixe. « - On en a choppé un. Au Colosseum, il devrait avoir plein de trucs à dire. On va lui faire sa fête, tu viens ? » La face se peint d’un énorme sourire, l’avidité dans les yeux. La promesse d’un supplice en guise de récompense, faisant tourner le sang sous la peau. « - Partage un peu. » La main se tend pour se servir alors que la porte continue de s’ouvrir. Le français n’a pas le temps de répliquer, le précieux nectar de sa décadence glissant déjà sur la langue de l’autre.

Dans un soupir, Regan abandonne sa tâche. Il se lève et à la suite de l’autre, pénètre dans la pièce adjacente. Une douleur lui broie le cœur lorsque son regard se pose sur le prisonnier. L’éclat d’un gris brûlant qu’il connait par cœur. Ce visage dont la moindre ligne est ancré dans sa mémoire. Dans les fibres de son cœur. Son sang, sa vie. Ce frère dont l’absence le déchire. Regan se défait dans un souffle, recule d’un pas malhabile pour prendre appui contre le mur au crépi craquelé. Le funeste sous les yeux, la chute arrêtée avant qu’il ne heurte vraiment le sol. Du mieux qu’il peut, le français chasse le trouble de ses traits, s’oblige à rester de marbre quand la tourmente fait rage sous la peau. Il aurait donné sa vie pour son petit frère. Troqué son monde pour prendre sa place dans les entrailles de la prison assassine. Son plus amer regret, de ne pas avoir été capable de le protéger. C’est une mise à l’épreuve qui se dresse devant lui, un choix affreusement douloureux qu’il va devoir faire. Sa famille ou ses convictions. Le cœur a déjà choisi, prêt à cesser de battre pour s’assurer que son reflet survit. La raison elle s’enroule dans sa folie, refuse de perde la confiance, et la place qui est la sienne au sein de cette résistance. « - Allez carotte, crache le morceau. Les issues de secours, elles sont où ? » Le surnom honteusement balancé à la figure de Myles fait grincer l’aîné des dents. Ses doigts vacillent, brûlent d’impatience et du besoin de faire ravaler à l’impudent sa mesquinerie. Prenant un peu plus appui contre le mur, les mains se glissent dans les poches du jean et le regard du français se fait fuyant. Les pupilles s’abîment dans la contemplation du plancher miteux. Parce qu’il a conscience que ce qui va suivre n’arrangera en rien ce qu’il a si honteusement détruit, qu’il ne supportera pas la vue de cet interrogatoire ridicule. Le cœur aux bords des lèvres, l’insensible souffre.

« - Je vais te donner un seul conseil, cause, où tu reverras jamais ton arène. » Rangé du mauvais côté de cette ligne invisible, c’est pour un choix hasardeux qu’il va payer. Celui d’avoir choisi la tyrannie et la facilité. Regan fronce les sourcils, happé par un vent d’indignation face au choix de son cadet. L’écartèlement se fait plus fort, l’équilibriste au bord du vide perd de son assurance, oscille entre l’envie de retourner au plus vite en sécurité et le besoin de continuer d’avancer au-dessus du gouffre. Les mots se sont asséchés contre sa langue, l’éloquence morte à ses pieds. Il n’est que le spectateur d’une mascarade qui le détruit de l’intérieur.


_________________
❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Lun 25 Juil - 22:53

Le soleil tapait fort aujourd'hui. La chaleur était pénible à l'intérieur du Colosseum. Sous la canicule, les procès insipides semblaient encore plus absurdes qu'en temps normal. Parfois, Myles se disait que ça n'était pas fait pour lui. Que sa place n'était pas ici. Lorsqu'il voyait des gamins lynchés au beau milieu de l'assemblée. Ça aurait pu être lui comme ça aurait pu être son frère, plus de deux cent ans plus tôt. Pourtant, il ne regrettait pas sa décision, celle de ne pas avoir repris cette lutte sans aucun sens. Mais lorsqu'il ne gâchait pas son énergie à s'énerver sur ces jeunes qui menaçaient l'équilibre précaire dont il se contentait, il lui arrivait d'avoir de la compassion pour eux. C'était souvent trois fois rien, ce qui les condamnait. Parfois un peu plus. Les récents actes de résistance le méritaient. Le reste... Les peines cherchaient à faire des exemples mais n'en restaient pas moins excessives. Évidemment, son opinion restait entre lui et lui-même. Il ne montrait jamais ses doutes à ses collègues. Sa place était bien trop précieuse pour la mettre en péril. Et puis ses petites crises de conscience finissaient toujours par passer. Lorsqu'il faisait moins chaud, par exemple. La journée s'acheva sur une nouvelle huée. Avant d'entamer le rangement et les quelques taches qu'il restait à faire, le rouquin sortit se dégourdir les jambes et prendre l'air.


Dehors, c'était presque aussi écrasant qu'à l'intérieur de l'arène mais au moins il pouvait marcher un p… hein ? A peine eût-il le temps de sursauter qu'un sac venait lui obstruer la vue. On ne lui laissa pas le temps de se débattre, encore moins de comprendre ce qu'il lui arrivait. La panique l'envahit et il tenta de donner des coups dans le vide en sentant des bras l'attraper derrière lui. « Putain ! Lâche-moi ! Lâ... » Il tenta de donner un coup de coude alors qu'un autre lui était assené sur l'épaule et qu'on le traînait en arrière. Son pied se ramassa violemment sur le sol, espérant écraser celui de l'autre en vain. Aoutch. Il se prit un autre coup dans la mâchoire et ses mains se retrouvèrent liées dans son dos. Saloperie. Ses marges de manœuvre se réduisaient comme peau de chagrin. Et comme si ça n'était pas assez, ses jambes décidèrent que sous la pression, elles ne joueraient plus leur rôle qu'à moitié. Il se sentit faiblir et tomba dans les bras qui le traînaient en arrière. Il avait horreur d'abandonner, de baisser les bras. Mais là, ils étaient attachés derrière lui et  les options restantes devenaient… inexistantes. Il ne restait plus qu'à espérer une intervention miracle. Un collègue passant par là qui viendrait à sa rescousse. Le sac lui masquait la vue mais ne l'empêchait pas de crier. Alors il hurla, jusqu'à ce qu'un coup et qu'une voix l'interrompent. « Ta gueule ! Ta gueule, obéis et il ne t'arrivera rien. ». Il ferma ses yeux qui ne voyaient qu'une faible lueur à travers le tissu et soupira. Qu'il en soit ainsi.

La chaleur et les émotions eurent raison de sa pleine conscience. Lorsqu'il s'éveilla à nouveau, le décor n'était plus le même. La panique en revanche ne tarda pas à le gagner à nouveau alors qu'il observait les murs décrépis, le plancher à moitié arraché laissant voir la terre sous ses pieds. Ses mains étaient toujours attachées. Ses poignets lui faisaient mal, il avait dû tirer dessus comme un forcené. Ses pieds aussi étaient attachés. Il ne put s'empêcher de sourire en le constatant. Évidemment, ses kidnappeurs ne verraient pas l'ironie de la situation. Il était seul à trouver amusant qu'on doive lui attacher les pieds pour qu'il ne puisse plus fuir. C'était peut-être la seule consolation du moment. Son regard croisa celui d'un homme à peine plus âgé que lui d'apparence. Il frissonna. « Il a repris conscience. Va prévenir les autres ! ». Les autres. Ca ne présumait rien de bon. Le premier se pencha au dessus de lui, visiblement fier de sa prise. S'il avait eu un peu plus de hargne, Myles n'aurait pas hésité à lui cracher au visage. Mais il avait soif, terriblement soif, sa gorge était trop sèche pour avoir de la salive à gaspiller. Il haussa les épaules. Non, il ne savait pas comment atteindre le juge. Non, il ne donnerait pas le moindre nom à ces putains de résistants. Non, il ne leur dirait pas tout ce qu'il savait. Ni où donnait l'entrée dérobée. Ni celle qui passait par les canalisations. Sa tête partit en arrière.

« De l'eau, de l'eau putain ! »

Articula-t-il, entre gémissement et grognement. Il releva le visage en voyant de nouvelles silhouettes débarquer. Il allait se lancer dans une tirade qui leur expliquerait qu'ils devraient avoir honte de leur comportement, de s'en prendre à tellement contre un pauvre petit infirme. « Vous n'av... » Le reste resta coincé dans sa gorge. Ce n'était pas la faute à la soif cette fois-ci. Une apparition. Il perdait la tête ? Est-ce qu'il perdait la tête ? Il grimaça, ferma les yeux et les rouvrit dans la foulée pour tomber sur le même visage, celui qu'il connaissait par cœur. Et ce regard… inhabituellement froid qui lui glaça le sang malgré la chaleur étouffante. Regan. Était-ce lui qui avait ordonné ça ? Comment avait-il pu ? Il haussa les épaules à nouveau, son regard figé, ne parvenant pas à quitter des yeux son frère.

« J'ai rien à dire. Vous avez du faire erreur sur la personne. »

Il insista sur les derniers mots, regardant son frère qui semblait fasciné par les lames de plancher. Qu'est-ce qu'il s'imaginait ? Qu'il allait tout lâcher en voyant sa gueule de déterré, ses cernes flagrantes, qu'il allait vendre sa vie pour… pour quoi d'ailleurs ? Même pas un mot, rien ? Juste des insultes proférées par ses coéquipiers ? Vraiment ? Il s'empêcha de gueuler lorsqu'on lui balança de l'eau à la tronche avec un sourire moqueur. « Tes désirs sont des ordres. Comme à l'hôtel, tu vois... Mais ici, c'est mieux qu'à l'hôtel carotte, tu peux causer et tout le monde t'écoute. » La voix était aussi mielleuse que puante et fausse.

Myles le dévisagea, haineux, tenta de faire glisser ses liens en vain.

« Je crois que je préférais les menaces, en fait... »

Ne put-il s'empêcher de répondre. Il fixait toujours Regan dans les yeux en espérant que ce dernier croise son regard. Peut-être que ça lui permettrait de comprendre. De faire ce qu'il ne parvenait pas à faire, tirer une croix sur son passé, définitivement.
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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Jeu 28 Juil - 20:04


A la manière d’une mauvaise symphonie qui se répète. Lancinante, elle vacille contre les tympans, noie le cœur sous ses notes stridentes. La seule présence de cet autre lui donne l’impression de mourir à nouveau. C’est un bon de lui qui se tient entravé sur cette chaise miteuse. Le dernier morceau de sa vie passée. L’ombre d’une vie future qui reste dans la brume. Des frissons contre la chair, éraflant l’albâtre à la moindre note s’échappant des lippes du prisonnier. Il nie et se borne, par expérience, Regan sait que cette attitude n’augure rien de bon. Comme un souffle dans une nuit morte, la charogne autour de laquelle on tourne pour mieux la dévorer une fois l’attente distancée. Alors qu’il s’abîme dans la contemplation du décor, spectateur aveugle refusant d’apposer les pupilles sur la scène qui se joue devant lui, le français s’écartèle le cerveau et le cœur. Cherche dans les méandres de sa déraison les issues de cette sordide entrevue. La mort de ses deux acolytes, malheureux imbéciles ayant l’idée délectable de s’en prendre à la seule personne qui compte encore pour lui. S’attaquer à Myles revient à le blesser lui. Dans les fibres les plus intimes de sa chair. C’est flairer la flamme singulière d’un passé qui s’accroche à ses semelles. Combler le vide de la perte d’une épouse avec l’absence d’un frère. Quoi qu’il fasse, la douleur fait partie de lui. Qu’il se borne à vouloir l’éradiquer de son existence, ne plus la ressentir du mieux qu’il peut, elle reste là. Latente. La lutte qu’il ne gagnera jamais, lui qui a connu le feu de la Révolution. La flamme de la Résistance lorsque le soleil est partit et qu’il ne reste plus rien hormis les ombres de la tyrannie. « - Y a pas d’erreur. On t’a vu, tu bosses pour les tyrans. » Le second benêt s’extirpe de son mutisme. L’erreur est interdite dans leur rang, les assassins tous ancrés à leur rétine pour ne pas disparaître. Le démenti n’a pas sa place, il n’y a pas d’erreur seulement du mensonge. Regan en premier défenseur de la fourberie des ennemis, devient pourtant un de ces indécis incapables de choisir. Ce camp qui est pourtant le sien prend soudain des airs de mascarade.

« - Dis-nous juste s’il y a moyen d’entrer là-dedans sans se faire repérer. Et on te laisse te tirer sans trop t’abîmer. » La promesse est aussi factice qui se peint sur la trogne du leader supposé de la troupe. Le verre jeté en prémices à cette aversion grouillant dans leurs veines. Et la distance entre les corps qui s’affaiblit, l’assaillant s’approchant de l’entravé jusqu’à se pencher pour se retrouver à son niveau. « - Sérieusement, nous oblige pas à éplucher ta jolie gueule. » La main se lève, dévoile l’éclat d’une lame jusqu’à lors dissimulée sous la veste. C’est une menace qui lui retourne le ventre. Dans une inspiration, Regan délaisse son appui. Entre alors sur la scène, s’élance vers le résistant pour lui agripper fermement la nuque, et le contraindre à reculer malgré la résistance. Un grognement s’élève dans le silence, le second esquissant l’ébauche d’un pas fébrile pour venir en aide à son chef pour s’immobiliser derrière le détenu. « - L’abîmer n’est certainement pas la meilleure chose à faire. Et je te déconseille de seulement lever ne serait-ce que le petit doigt sur lui. » Rauque, le soupir râpe contre la trachée, s’en extirpe avec difficulté. Les pupilles se font noires, assassines alors qu’elles caressent les contours de cette nuque qu’il malmène. Il suffirait d’un geste trop brusque, trop rapide. Un mauvais mouvement qui entraînerait la chute. Perdre aussi facilement. En éliminer un et voir l’autre détaler. Se retrouver alors seul avec cet autre morceau de son âme. Le temps d’un battement de cœur fatigué, le regard se perd dans le vide et les phalanges libèrent leur proie. S’accroche aux relents de ce trouble qu’il s’efforce de masquer derrière de l’indifférence, du froid injecté dans les traits comme pour mieux se distancer. Le refus du technicien reste là, en déchirure contre son cœur. L’hémorragie que rien ne pourra arrêter car elle représente une nouvelle césure entre eux. La solitude n’est pas bonne pour Regan, il le sait. Elle le fait vaciller, mourir un peu plus à chaque inspiration. De la cendre dans les poumons pour compenser ce besoin vital d’avoir quelqu’un à qui s’accrocher. Un but, un sens, une vie à protéger quand la sienne n’a jamais vraiment compté.

« - Tu te fous de ma gueule ? Depuis quand tu les protèges ? C’est quoi, tu t’es entiché d’un de tes clients et ça te fait de la peine qu’on le bute ? C’est ça carotte, tu l’as sauté ? » L’injure crève le silence. La moquerie cynique s’engouffre dans la brèche béante, l’autre se redressant tout en massant sa pauvre nuque. Les dents claquent sous la force de la honte, le sang sous les taches de rousseur, le français écroue une nouvelle fois la gorge. Pour envoyer la face moqueuse se heurter contre le mur moisi. Fracas assassin d’un nez qui se brise, le grognement de douleur crevant au-dessus du silence, et le corps qui glisse à terre comme une poupée de chiffon. Il a le souffle court, l’air mort dans sa poitrine et le cœur en déroute. « - M’oblige pas à t’aplatir ta jolie gueule. » Le soupir se calque sur le même modèle que la réplique. Le résistant recule alors de quelques pas, la main tremblante. Et enfin son regard prend le risque de venir s’accrocher à celui de Myles. Happé par ces nuances qu’il connait par cœur, c’est le sol qui menace de se dérober sous ses pieds. « - Fais-leur plaisir Myles, donne-leur quelque information. » Le prénom d’emprunt peine à s’extirper de ses lèvres quand Etienne se presse sur sa langue. Il sait pourtant qu’il n’est plus ce gamin. Comme lui n’est plus cet Emile qui a appartenu à un autre temps. Deux inconnus qui prétendent encore avoir quelques gouttes d’un même sang dans les veines. Le résistant collé derrière la chaise ne bouge pas, fait vaciller son regard vide de Regan à l’autre toujours par terre. Incapable de savoir ce qu’il doit faire, redoutant l’erreur. Ignorant du mal qui dévore le corps du technicien. Pour la première fois de sa renaissance, le français se détache de la résistance. Scinde ce ‘nous’ pour s’écarter de l’erreur qui vient d’être commise.

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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Mar 2 Aoû - 21:58

Des questions sans queue ni tête se bousculaient dans son esprit. Où était-il exactement ? Où l'avait-on emmené ? S'il devait mourir ici, est-ce qu'on le retrouverait ? Est-ce que Regan laisserait faire ça ? Est-ce qu'il avait tout planifié ? Depuis combien de temps ? Pour quelle foutue raison ? Avait-il une vengeance à assouvir sans qu'il la soupçonne ? Pouvait-on d'avantage lui déchirer le cœur ? Pourquoi après toutes ces années et toutes ces déceptions, les peines faisaient encore aussi mal ? Plus mal encore que les coups qui avaient plu sur lui pour des broutilles, pour trois fois rien, des informations qu'il refusait de balancer comme ça. Il ne souhaitait pas perdre la vie, c'est vrai. Mais il ne souhaitait surtout pas perdre la vie qu'il avait, son petit train train qu'il peinait à installer, sa tranquillité si cher payée, il s'était donné trop de mal pour y parvenir. Ses yeux se fermèrent à nouveau, s'interdisant de continuer à fixer en vain celui qui était en train de le détruire de l'intérieur par son immobilisme.

Il secoua la tête, tirant de plus belle sur les liens qui l'entravaient. La corde sciait ses mollets, laissant perler des gouttes de sang. Il releva le regard pour ne pas voir ses chairs devenir noires. Cette vision continuait à lui coller des frissons. La soif et la chaleur avaient raison de son peu de calme et il sentait la colère bouillir en lui. S'il en avait eu la possibilité, il aurait probablement frappé un truc ou peut-être quelqu'un, n'importe quoi pour y passer ses nerfs. Mais il n'en avait ni la liberté de mouvements ni l'énergie nécessaire. Ce qui ne l'empêchait pas de visualiser mentalement un coup de boule qui aurait pu être particulièrement efficace si l'autre s'était approché un peu plus. Il n'était visiblement pas dupe, son visage restait hors de portée. Myles eût un mouvement de recul lorsqu'un reflet scintilla sur le rebord d'une lame jusqu'alors dissimulée. Non pas qu'il ait douté de leur sérieux jusqu'alors mais cette fois, il se concrétisait un peu plus sous ses yeux. Il retint de justesse une envie de hurler de toutes ses forces sur Regan. Juste avant que ce dernier, sous son regard surpris, ne saute sur le résistant qui le menaçait. Son corps se crispa sur la chaise, regardant la scène se dérouler sous ses yeux, comme spectateur d'un mauvais film bien trop immersif. Cette fois, il ne suivait plus. Regan avait changé d'avis ? Un vieux relent de culpabilité qui se réveillait à la dernière minute ? Vraiment ? La mise en scène le dépassait. C'était trop spontané, trop franc pour être répété et joué. Et des mises en scène, il en avait vu un paquet. Ce qui se passait là, sous ses yeux… il ne savait plus bien. Il eût un mouvement en avant en voyant l'autre riposter, presque un réflexe, celui de vouloir s'interposer pour protéger son frère. En vain, les liens le retinrent une fois de plus dans son élan, nécrosant un peu plus ses poignets dans le mouvement. Ca piquait terriblement mais ça n'était rien vis à vis du… reste.

La nausée déjà bien présente le prit à la gorge en entendant son tortionnaire. Un de ses clients ? De ses… hein ? Minute ! Ca voulait dire que ça n'était pas Regan qui avait commandité ça ? Il resta de marbre, avec son envie de vomir et sa gorge aussi serrée qu’asséchée, ne trouvant plus vraiment la force de répondre à ces provocations nauséabondes. Préférant ignorer l'évidence, celle qui voulait lui signifier que s'il faisait l'exception, c'était que certains de ses égaux étaient déjà passés par là et n'avaient pas eu cette chance. Si on pouvait appeler ça une chance. Ces pensées furent chassées par la jubilation de voir le visage du provocateur s'écraser contre le mur. Il ricana malgré lui, se sentant étrangement pris d'une allégresse qui n'avait pas sa place. C'était nouveau, ce goût pour le fracas. A moins que ça soit la joie de voir son frère prendre sa défense, si c'était bien de cela qu'il s'agissait là.

L'autre n'avait pas bougé, toujours debout derrière lui. Sa fougue semblait s'être tarie, refroidie par la colère de Regan. Et cette fois, la gorge de Myles se serra vraiment. Il croisa le regard de Regan et détourna les yeux aussitôt. Il n'était pas prêt à ça. Vraiment pas. Encore moins à ce qui allait suivre. Il se sentit frissonner à nouveau et cligna les yeux, le regard rivé sur le sol. Leur faire plaisir ? C'était une blague ? Une plaisanterie mal venue ? Ou simplement une menace pour lui faire comprendre que ce qui venait de se dérouler sous ses yeux n'était qu'un avant goût de ce qui l'attendait, lui ? Il hésita un moment, ouvrit la bouche et ravala ses mots, retenant une flopée d'insultes qui n'auraient sûrement rien arrangé. Il soupira avant de se reprendre, essayant de garder son calme ou plutôt de le retrouver.

« Tous ceux que vous avez chopés avant moi et qu'on n'a jamais revus n'ont pas servi de leçon ? Y'a rien à dire, tu pourras frapper tant que tu voudras, Regan. »

Il insista sur le prénom de son frère, comme pour concrétiser le lien qui les unissait, signifier aux deux résistants, si les choses n'étaient pas encore suffisamment claires, qu'il n'était pas un inconnu pour lui. Derrière lui, il sentit l'homme bouger. S'impatienter peut-être. Ils ne devaient pas être habitués à faire dans la dentelle. C'était peut-être sa chance. Il gigota de plus belle, fit mine de défaire ses liens pour que l'autre cherche à les resserrer. Ses doigts se contorsionnèrent pour attraper ceux qui renouaient la corde. Il avait déjà vu ça à l’œuvre. Dans cet état, lorsque la colère et tout le reste étaient palpables, ses doigts semaient la mort. Et elle était douloureuse. Il sentit l'autre se retirer précipitamment et l'entendit jurer. Ses mains n'étaient pas libérées mais au moins, il s'était écarté.

« Je crois qu'on s'est pas bien compris carotte, personne n'a jamais dit qu'on te laissait le choix. »


Myles soupira et décolla un peu son dos de la chaise pour se tourner vers lui.

« Je croyais que c'était l'hôtel… le service laisse un peu à désir... »

Oh. Il s'interrompit dans sa mauvaise provocation en voyant l'autre se relever et se rapprocher de Regan avec la lame. Son cœur se mit à battre à toute allure. L'éventualité que l'homme se rapprochait de lui et non de son frère ne lui traversa même pas l'esprit.

« Regan ! Derrière toi ! »

Hurla-t-il dans la panique et le doute. Les liens qui les unissaient tous les trois et les manigances de Regan lui échappaient. Il avait oublié ses soupçons de mise en scène. Il ne savait plus ce qu'il se tramait. Mais c'était ses tripes et son cœur qui avaient parlé cette fois, pas sa raison. Il avait beau le haïr plus que tout en cet instant, il ne supporterait pas d'être là impuissant à regarder d'autres lui faire du mal.
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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Sam 6 Aoû - 20:20


De la déroute sur la langue, le cœur en perdition dans la poitrine. Les phalanges brûlant d’envies assassines. Faire taire les imbéciles, cesser cette mascarade qui lui déchire le corps à chaque nouvelle minute qui passe. C’est sa plus belle faiblesse qui s’expose devant des yeux trop curieux. Un second morceau de ce qui peut être capable de le faire ployer le genou dans l’instant. Il refuse de seulement laisser entrevoir ce point de contrôle aux deux autres, s’oblige à rester le plus impassible possible. Et pourtant, le français vient de commettre une erreur. En s’emportant aussi facilement, il vient de révéler un fragment du tourment qui sévit sous sa peau. Perte de patience malhabile qui pousse ses acolytes à poser sur lui des regards suspicieux. Les paroles du captif le font tressaillir. Apposent sur le visage aux traits de fer l’ébauche d’une gêne pesante. Regan se défait le temps d’un battement de cils, l’insistance apposée sur sa nouvelle identité creusant un peu plus ce fossé qui le sépare de son cadet. Entaille au couteau le tableau de leur éloignement, ce lien qui pend lamentablement entre eux et qui ne ressemble en rien à ce qu’ils ont eu. Cette chaleur tendre, le besoin constant de veiller sur l’autre. Le faire passer avant sa propre personne tant il pouvait être bien plus important. Une seule erreur engendre la faille qui creuse le gouffre. Les pupilles vacillent au bord du vide, effleurent le sol et dérivent jusqu’aux pieds de Myles. Un froncement de sourcil et le regard se fait plus pressant encore. Le souffle dans la poitrine se fait de plomb alors que le cerveau comprend. La vue du sang le rebute, attise sa haine et sa colère. Plus encore c’est la vision des chairs assombries qui fait vaciller le français. Cette essence qui fut sienne il y a quelques mois en arrière. Le morceau d’âme parasite violemment arrachée pour ne laisser que du vide. Une hémorragie que rien n’arrête, et qui le détruit de l’intérieur. Dans un sursaut de jalousie écrasante, Regan ancre son regard à celui de son frère. Se perd dans les nuances singulières. L’un gagne, l’autre perd. Le manège du résistant s’acharnant autour des liens ne lui parvient pas. A côté de la jalousie germe le frisson de la crainte. On le condamne pour le camp qu’il a choisi. Son travail auprès des puissants et de l’horreur. Qu’il ne soit pas humain sera comme une signature sur un ordre d’exécution.  L’invitation envoyée au bourreau pour qu’il vienne accomplir son œuvre sanglante.

Des doigts de glace lui caressent l’échine alors qu’il joue avec acharnement avec son alliance. Sursaute lorsque la voix de Myles s’extirpe du néant pour l’enjoindre à la prudence. La latence avant l’action. Dans un sursaut de conscience, Regan s’interpose une nouvelle fois entre la proie et le chasseur. « - Putain mais il dira rien. On perd notre temps. Faut l’achever comme tous les autres et jeter le cadavre dans un coin pour plus en parler. Personne se rendra compte qu’il en manque un, ils sont tellement nombreux. » La main du rouquin s’agrippe fermement contre le poignet tenant la lame. Malgré l’insistance de l’autre pour se défaire de la prise qui devient de fer. Dans une inspiration le français se penche alors vers son acolyte. Rapproche les corps pour être certain qu’il sera le seul à entrer dans la confidence. « - Il était à New York, ce fameux soir... » Le murmure suspend le temps. Appose sur le visage jusqu’à lors figé dans une envie assassine, la marque d’une incompréhension stupide. Avant que tout s’éclaire dans un oh sonnant la résolution de l’énigme. « - C’est pour ça que tu l’connais… Et tu, tu veux qu’on te le laisse ? » Le murmure s’échappe alors qu’un regard torve se coule en direction de Myles, un sourire assassin sur les lippes du résistant. Regan acquiesce, lentement. Comme une évidence, dans sa soif de vengeance, le veuf entend détruire tous ceux présents lors de la mise à mort de son épouse. Racheter l’outrage, offrir à sa mémoire autre chose qu’une tombe vide à l’épitaphe aveugle. Il a insufflé une telle conviction dans son mensonge que l’autre s’incline, baisse son arme pour la ranger dans son étui contre sa hanche. Doucement, le rouquin le libère de sa prise, recule d’un pas pour laisser l’autre homme s’avancer’ en direction de la chaise et de celui qui l’occupe. « - T’as aucune idée de ce qui t’attend carotte. » Mesquin, il pose sa main sur l’épaule du prisonnier. Lâche l’ébauche d’un rire glacial avant de faire un signe de tête à l’adresse du second qui lui emboîte le pas. Les deux résistants quittent alors la pièce dans un grincement de porte, non sans avoir jeté un dernier regard entendu à Regan.

Le plan du désespoir, venu se précipiter dans les méandres de son cerveau fatigué au contact de l’or de son alliance contre la pulpe de son doigt. Si une part de lui se voit rassurer du départ des deux résistants, un morceau de son être saigne. Comme à chaque fois que le souvenir de Rose revient se heurter à sa mémoire. La lame se tourne un peu plus dans la plaie béante et purulente, écarte les chairs pour le faire suffoquer de douleur. Elle se lit sur son visage, fait briller les pupilles d’une flamme qu’il s’efforce d’étouffer dans un battement de paupières. Malhabile, l’aîné finit par venir s’agenouiller devant son cadet pour entendre de défaire les liens entravant les chevilles. « - Tu n’as rien ? » Sa question est gauche, fait trembler sa voix. Elle est inutile puisqu’il sait, il voit la morsure des liens contre la peau blafarde, la nécrose qui prend son envol pour mieux dévorer la chair. Le venin de la haine se rue dans ses veines et contre sa langue, fait trembler ses mains pour l’empêcher d’achever rapidement sa tâche. Un râle d’irritation racle sa gorge, s’échappe dans le silence. Les cordes se défont enfin, chutant au sol et le rouquin s’abandonne dans la contemplation des jambes du cadet. Du bout des doigts, il effleure le tissu du pantalon, pose sa main contre le genou. L’abîmé sous les doigts, ce qui a été difficilement réparé. Sa plus belle réussite, avec la transformation de Rose. « - Je suis sincèrement désolé pour ce qui s’est passé. Je n’en savais rien. Si on m’avait seulement dit… » Que l’idée de fomenter un kidnapping était au goût du jour, il y serait allé ? Lui qui ne savait même pas que son frère travaillait au Colosseum. Lui qui ne sait plus rien au fond. La prise de conscience blesse, l’oblige à ôter vivement sa main tant le geste lui semble soudain déplacé. Il se relève brusquement, entreprend de défaire les derniers liens entravant Myles en essayant de le toucher le moins possible. Il a perdu ce droit deux siècles plus tôt. Responsable de la mort du cadet, son sang sur les mains.

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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Sam 13 Aoû - 22:48

Les bruits qui couraient semblaient trouver ici un semblant de vérité. Plus d'une fois, Myles avait entendu parler du collègue d'une connaissance qui n'était jamais revenu. On soupçonnait des rebelles, la résistance. Tous savaient que le calme qui régnait n'était qu'une façade pas très solide. Derrière, les rumeurs grondaient. Le rouquin sentit une goutte de sueur couler dans son dos. Une de plus. A ce rythme, il allait se dessécher sur place. Et ça n'était pas l'eau jetée au visage qui y changerait quoi que ce soit. Mais nul ne disait que ça n'était pas pour l'impressionner. Est-ce que ces hommes étaient de ceux qui faisaient vraiment naître les rumeurs ? Ou était-ce juste un moyen sûr de le faire parler ? Il ne céderait pas. Sans Regan, la situation aurait peut-être été différente. Peut-être qu'il se serait montré moins droit. Il avait prêté allégeance au gouvernement mais plus encore, il tenait à sa vie. Sauf que là, ça n'était pas que de sa vie dont il s'agissait. Ou plutôt si, c'était de sa vie, mais dans son intégrité, dans ses débuts, dans tout ce qu'il avait enfoui. Il ne céderait pas alors que Regan était peut-être celui qui avait manigancé les choses, qui avait prévu son enlèvement. Il ne céderait sûrement pas avant d'y voir clair dans son jeu. Un peu plus clair.

Et plus son frère parlait, moins clair il y voyait, au contraire. Il fronça les sourcils, regardant l'un puis l'autre en croyant entendre quelques mots. Des choses qu'il ne parvint pas tout à fait à lire sur les lèvres. La réaction de l'autre, en revanche ne laissait aucun doute. Un sourire pervers et malsain auquel Myles répondit par une grimace. Il sursauta et grogna lorsque l'autre posa sa main sur son épaule. Se retint de l'insulter. Il n'était toujours pas en position de force. Et non, il n'avait aucune idée de ce qui l'attendait. Mais il lui semblait que les deux hommes étaient décidés à s'en aller et c'était une bonne nouvelle. Du moins il l'espérait. Dans l'immédiat, Myles n'était pas certain que le tête à tête avec son frère serait vraiment une bonne chose. Surtout en n'arrivant pas à décrypter ses intentions. En ne sachant pas très bien ce qu'il avait pu dire pour que les autres passent de monstres sanguinaires à … monstres avec des sourires pervers qui se barrent sans demander leur reste.

Mais de toute façon, on ne lui avait pas demandé son avis. On lui demandait d'ailleurs trop peu son avis depuis quelques longues, très longues minutes. Les deux hommes sortirent, les laissant seuls. Myles leva à nouveau son regard froid vers son frère, sans un mot. Il y avait trop de choses qui s'entrechoquaient pour qu'il sache quoi penser de tout ça. Il ne put s'empêcher de laisser échapper un rire amer à la question de Regan.

« Ça soulagerait ta conscience ? »

Lâcha-t-il, nerveux. Il voulait lui dire de ne pas le toucher, qu'il ne contrôlait rien et qu'il risquait de lui faire du mal mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, comme si quelque chose l'en empêchait. Comme si quelque chose en lui se réjouissait de pouvoir rendre la pareille à son frère, voir ses chairs se nécroser. Il tressaillit en sentant son contact, se débattit sur sa chaise mais sa bouche resta muette. Ses poignets enfin libérés, il put contempler le désastre. C'était à la hauteur de ses attentes. Il grimaça et détourna le regard. Voir ses plaies, c'était plus acceptable que de voir celles des autres mais ça restait une épreuve pour lui qui ne supportait plus la vue du sang. Il frotta un peu ses poignets avec ses doigts, grimaçant sous la douleur.

« Me touche pas ! »

Laissa-t-il enfin échapper à peine plus tard, lorsque Regan posa sa main sur son genou. Il se recula sur sa chaise et manqua de la faire chuter en arrière. Un soupir s'échappa de ses lèvres en entendant ses excuses. Il avait envie de croire en sa sincérité et malgré tout, restait partagé. Est-ce que Regan n'y était vraiment pour rien ? Est-ce que ça changeait vraiment quelque chose ? Il n'était pas seul à travailler au Colosseum. Et il n'était pas naïf. Pas entièrement. Il savait ce qu'il se passait.

« C'est vrai ce qu'on raconte ? Leurs menaces, les rumeurs… combien ont déjà fini comme un fossé ?  »

Sa voix était si froide… Lui-même ne se reconnaissait pas vraiment. Le mélange de peur, de colère, de doute, d'attachement aussi foutait un beau bordel dans sa tête. Il aurait aimé d'autres retrouvailles. Vraiment. Même s'il n'avait jamais vraiment cherché à revoir Regan en face à face, conscient qu'à présent, tout les opposait. Il en prenait un peu plus la mesure à présent. Malgré tout, son frère avait l'air en force. Il se détestait presque de faire cette constatation en cet instant. De se dire qu'il était content de le savoir bien et … qu'il le haïssait pour tout le reste.

« Si on ne se connaissait pas, tu m'aurais fait subir le même sort ? J'aurais fini pareil ? Qu'est-ce qui te retient vraiment ? »

La provocation et l'agressivité, ça semblait être une bonne alternative quand on ne savait pas comment réagir. Quand on ne pouvait pas se permettre de tomber dans des banalités. Simplement dire qu'il était content de le voir. Qu'il lui manquait même si… même si. Il aurait aimé lui sourire et s'en voulait presque pour le regard agressif qu'il lui lançait à la place. Ses colères, il n'avait jamais vraiment appris à les contrôler. Ça n'était que pire depuis qu'il était devenu une atrocité.
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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Sam 20 Aoû - 20:12


Pernicieux, il s’infiltre sous la peau, ronge les sens et les fibres d’un cœur dévoré par le vide. Basculer au bord du gouffre quitte à s’y retrouver plongé sans la moindre envie de lutter. C’est sa main qui le brûle, comme si toucher ce morceau de son passé venait de lui détruire la peau. Le rejet d’un frère qui ne voit plus qu’un ennemi. C’est peut-être ce qu’il est. L’image qu’il a forgé quand il a tout donné pour élever son cadet au-dessus de la fang dans laquelle on l’avait condamné à rester. Dans un battement de cils, les pupilles aveuglées par le mal qui lui poignarde le cœur, Regan se relève. S’éloigne pour épargner à son cadet le souffle de sa présence. Il souffre, affreusement mais rien ne bouge sur son visage. Hermétique au tourment de l’âme, le calme parfait d’un être qui se refuse à ressentir le moindre heurt. La douleur se contrôle, s’efface mais elle ne pas. Jamais. Il la laisse entrer en lui sans résistance, posséder la moindre parcelle de son être déchiré pour mieux se sentir vibrer par ce mal qui le raccroche à la triste réalité qu’est devenue sa vie. Le français se perd un instant dans la contemplation du néant, de la cendre qu’il a sur les doigts là où sa peau est entrée en contact avec celle de Myles. Les stigmates de la malédiction rongeant les veines de son cadet. Les traits tressaillent lorsque les aiguilles de la jalousie viennent se planter dans l’amas de chair battant entre ses côtes. L’aîné flamboyant réduit à néant, lui qui a tout perdu jusqu’à sa pauvre dignité. Lui qui se raccroche à du vent, du vide.

Des frissons s’invitent dans l’équation, attisés par la froideur de cette voix affreusement familière. Ce modèle qu’il connait si bien pour manière le détachement et les lames de glace avec habileté. Le français n’est pas prêt pour être la victime de ce dont il use et abuse pour se protéger. Il n’a pas prévu ce genre d’obstacle, n’a pas pensé un seul instant à ériger des barricades plus imposantes autour de ses faiblesses pour ne pas se faire écraser lorsque le jeu se retourne contre lui. Il ne pensait pas le revoir, pas quand le deuil a été forgé sous la cendre de la Bastille en flammes. Dans les entrailles d’une damnation qui lui aura laissé le temps de s’habituer à sa solitude, à ce rien restant dans sa poitrine, là où s’étaient logées les présences de Rose et Etienne. Malgré le souffre dans la trachée, les questions font naître un indéfinissable sourire sur les lippes du français. L’ébauche de la ruine qu’il abrite sous sa peau, sa haine et le venin qui l’alimente. « - Ai-je vraiment besoin de te répondre, quand au fond tu te doutes de la réponse ? » Il hausse une épaule et vient s’appuyer contre le mur face à la chaise sur laquelle se tient Myles. « - Bien moins que tous ceux qui ont péri de la main de ton employeur, dans cette arène que tu entretiens. » Ce n’est qu’un jeu pour le gouvernement. Celui qui éliminera le plus d’innocents dans l’espoir de prendre totalement le contrôle. Régner sur une poignée d’âmes, quoi de plus facile ? L’idylle d’un monde déchargé de ses tares, conservant seulement les dociles, ceux qu’il sera aisé de remettre dans le droit chemin si par mégarde ils venaient à se perdre. A ses yeux, les tyrans ont détruit bien plus que la résistance pour laquelle il œuvre. Juste une âme, une seule qui englobe toutes les horreurs perpétrées au nom du pouvoir. Sans ce discours, ce meurtre, Regan n’en serait pas là. Arrimé aux rouages d’une anarchie sans borne. Le chaos en ligne de mire, la mort en finalité. La sienne et dans sa chute, entraîner tous ceux qui viendront tenter de l’arrêter, afin d’honorer la promesse faite à son épouse avant de quitter l’île. « - Si je n'étais pas intervenu tu ne serais plus en état de maintenir cette conversation. Pour le camp que tu as choisi, mais aussi pour ce que tu es devenu. » Sa voix se perd sur sa langue, s’accroche et racle la gorge. Les bras croisés sur sa poitrine, il agite un index en direction de son cadet. Désigne d’un geste bref toute sa silhouette, les blessures qui meurtrissent sa chair et la pourrissent.

« - Vois ça comme tu le souhaites, mais tout ceci n'est qu'une copie de ce que nous avons déjà pu connaître. Dictature, monarchie, ça se ressemble en fin de compte. » Lâche-t-il dans un souffle amer, le regard se perdant un court instant sur le sol. Détaillant les fissures et la poussière avant que l’offense ne lui vrille les tympans. La question l’enterre, prive ses poumons d’air et oblige le français à relever brusquement la tête. Poignarder les yeux clairs de Myles de toute sa douleur. Elle se rue dans les veines, incendie les rétines, fait briller son éclat dans le vert de ses yeux. « - Bon sang Et… Myles, ne soit pas idiot. Tu sais parfaitement ce qui me retient. » Se faire violence pour ravaler le passé et user du présent. Il fait de son mieux pour maintenir cet anglais qui est devenu son quotidien quand sa langue natale n’a de cesse de buter contre sa langue. Malgré lui, son ton est devenu plus abrupt. Empli d’une colère sourde envers son cadet. La distance qui s‘étire entre eux et qui continuera de croître malgré tout ce qu’il pourra faire pour tenter d’arrêter l’hémorragie.

« - Ce n'est pas parce que tu les soutiens que tout s'efface. Tu restes mon frère, je t'ai déjà perdu une fois, je refuse de commettre à nouveau une telle erreur. » L’ébauche d’un soupir qui se meurt aux pieds de l’autre. Chargé de toute la sincérité dont il est encore capable. Le débauché au vice accroché à la peau. Il y a l’ébauche d’une excuse pour ce qu’il a fait endurer à son cadet. Cette mort qu’il a précipité en le poussant à rejoindre les rangs de la Révolution, deux siècles plus tôt. Le désespoir qui s’échappe de ses lèvres face à la situation dans laquelle ils se trouvent. Sa douleur quand il repense au refus qu’il a essuyé la première fois que leurs routes se sont à nouveau croisées. « - Peut-être ai-je aussi l’espoir que tu finiras par revenir. Que tu comprendras qu’ils finiront par tout détruire si on ne les arrête pas à temps. » Que tu me pardonneras. Pour tout, et pour rien. Ce qu’il a fait, ce qu’il fera. La déchirure qu’il a creusée dans leurs poitrines à tous les deux. Il espère au fond, que Myles comprendra. Que sa force, il la puise dans ceux qu’il aime. Que sans lui, il n’est qu’une ombre, un morceau de vide qui se remplit de tout ce qui passe à portée de main pour se sentir encore plus seule au commencement d’une nouvelle journée.

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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Sam 3 Sep - 0:04

Sa poitrine se souleva et retomba lentement alors qu'il soufflait. Oui, peut-être qu'il avait besoin d'entendre ce qu'il savait déjà. Quand il savait déjà que ça allait lui faire du mal. Peut-être qu'il avait besoin de ça pour réaliser. Pour réaliser un peu plus l'ampleur de la situation. L'horreur. Myles baissa les yeux. C'était injuste de lui mettre sur les épaules les sacrifices faits par son "employeur". Bien sûr qu'il n'approuvait pas tous les choix de l'état. Mais il fallait faire son choix. Se tourner vers le moins pire. C'était ce qu'il avait fait. La stabilité, bien que toute relative, avait un prix. Et il l'assumait. Il l'assumait à peu près, en tout cas. Il ferma les yeux. Evidemment, ce qu'il était devenu n'avait pas pu échapper à son frère. Les chairs noires qui boursouflaient ses poignets attiraient le regard. Il les haïssait. Il haïssait cette haine et ces sentiments divergents qui naissaient en lui. Comme si ça n'était pas déjà suffisamment le bordel en temps normal. Avant qu'il devienne... ça.

"Et à quoi bon ? Puisque tout se répète, à quoi bon s'esquinter ?"


Sa voix était presque éteinte. Leurs conclusions étaient pourtant les même. Mais le reste de leur raisonnement, leurs opinions, leurs actions, leur engagement, tout le reste les séparait et creusait un fossé infranchissable. Il releva le regard. Justement, il doutait de ce qui le retenait. A part un bon vieux relent de conscience. Et surtout, il avait besoin d'entendre autre chose. D'espérer. Que ça n'était justement pas que ça. Pas qu'un peu de remords, un peu de vieux souvenirs embellis avec les années. Son cœur se serra en entendant les paroles. Ce qu'il avait besoin d'entendre. Pile ce qu'il avait besoin d'entendre. Comme si Regan savait. Comme s'il le faisait exprès. Pour quelle raison ? Pour gagner sa confiance ? Pour l'amadouer ? Pour mieux le manipuler ? Pour.. ou peut-être juste par sincérité. Peut-être qu'il pouvait aussi ranger sa parano quelques instants. Baisser sa garde. Éteindre cet écran de colère qui l'empêchait d'être lui, qui l'oppressait, qui allait jusqu'à le faire trembler de tout son long. Malgré ses jambes flageolantes, Myles se releva, avec précaution. Ses mains cramponnées au dossier de la chaise pour ne pas s'étaler au sol. Il la lâcha une fois sûr de ses appuis et passa ses mains sur ses poignets en lambeaux, une grimace déformant son visage. C'était douloureux mais surtout insupportable. Il frissonna et releva le regard vers son frère, plus doux. Peut-être que ça valait le coup d'essayer. Même s'il ne pouvait pas totalement s'ôter de la tête l'idée qu'un piège pouvait se cacher derrière des belles paroles. Les années lui avaient appris à devenir méfiant. Surtout les années passées ici, dans cet enfer sur terre qui les avait séparés.

"J'ai chassé cet espoir il y a des années. Je sais que tu ne changeras pas. Il en va de même pour moi, c'est pas..." Il marqua un silence, le temps d'inspirer plusieurs fois. Son ton s'était considérablement radouci malgré un reste de colère. C'était la douleur physique qui ne s'apaisait pas. Mais il essayait. Vraiment. D'expliquer les choses. Si toutefois il y avait quelque chose à expliquer réellement.

"C'est faux. C'est pas tout noir ou tout blanc et tu le sais. Mais c'est le clivage qui finira par tout détruire. Lorsque des choses doivent être bâties... elles sont mises à mal. Pillées. Détruites. Incendiées. C'est facile de les accuser de tout détruire ensuite..."


Bien sûr, il y avait là dedans des convictions pas tout à fait personnelles, des choses pré-construites, pré-mâchées qu'on se répétait au sein du Colosseum ou ailleurs, pour apaiser les consciences. Bien sûr, Myles avait conscience que le gouvernement avait ses torts. Des tonnes de torts. Que ça se rapprochait de tout sauf d'une démocratie.

"Je ne reviendrai pas. Je ne peux pas. Et même si je le voulais..." Il s'interrompit, laissant ses mots en suspens. Bien sûr, la question lui avait déjà torturé l'esprit. Quand on questionnait tout, comme lui, on passait forcément en revue ce genre d'interrogation. Même s'il s'acharnait à les chasser. Oui, même s'il l'avait voulu, il en aurait été incapable. Il ne supportait la violence qui régnait au sein du Colosseum que parce qu'il parvenait à s'en tenir éloigné et à l'ignorer. Et parce qu'il avait conscience de la protection qu'elle lui apportait en retour. Mais la violence de la résistance... Et c'était sans compter sur sa force physique toujours aux abonnées absentes...

"Mais je ne le veux pas." Grogna-t-il pour mettre court à cette hypothèse bancale. "Je tiens à la vie... cette fois-ci."

Ce ton incisif... presque malgré lui, il ne pouvait s'en empêcher. Des années de rancœur ne s'oubliaient pas comme ça.
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MessageSujet: Re: Black is the colour of our life | (Myles)   Dim 4 Sep - 20:20


Le néant dans la voix de l’un qui se répercute contre le cœur de l’autre. L’aîné contemple du vide, ce propre rien qu’il a forgé de ses mains. Ses erreurs qui lui crèvent les rétines à mesure qu’il s’abandonne dans la contemplation de la silhouette brisée. La sincérité s’arrache, caresse les lèvres dans l’espoir d’atténuer les doutes. La rancœur qui lui fait affreusement mal mais contre laquelle il ne peut rien faire. Il pourrait promettre, mais ce serait vain. Il l’a déjà fait, dans leur première vie. Il lui a offert tellement de belles paroles, de la poudre devant les yeux du petit infirme pour mieux le voir s’élever. Jusqu’à sa chute. Sa gorge se noue à mesure que les échos de ses erreurs viennent se heurter contre son crâne. Le résistant perd de son bel aplomb, ce flegme qui le rend si ardu à déchirer. Face à son frère, il est un vulgaire livre ouvert. Parce qu’il a déjà conscience des dommages que peuvent engendrer les secrets et le besoin de paraître intouchable. Il ne l’est pas, et c’est bien ça qui le dérange. De n’être plus rien, un pauvre petit humain si facile à éliminer. Quand cet autre face à lui possède ce qu’il a perdu. Il le jalouse, l’envie à tel point que son cœur se broie sous la pression de la main qui l’enserre. Il croit deviner de la haine sur les traits fatigués, cette même haine qu’il a éprouvé au-début, quand cette chose sous sa peau s’y est incrustée pour mieux lui voler ce qu’il était. Regan ouvre la bouche, prêt à laisser s’échapper son admiration face à qui ronge son cadet. Les chairs noires en guise de pouvoir, la force venue du néant. Il ravale ses mots, se mord la langue pour ne pas creuser plus encore leur tombe.

Quand Myles se relève, le geste est automatique. Inclus dans la moindre fibre de son être. Regan s’avance, tend une main qui se veut secourable vers le corps fragile mais se ravise. Ce geste qu’il a tant de fois exécuté face à son frère, pour le soutenir. Lui offrir l’appui dont il avait besoin, quand ses jambes refusaient de le porter ou quand il a pu enfin commencer à entrevoir autre chose qu’une vie assis, là où on daignait le poser. Le rouquin n’est plus en droit de lui venir en aide, l’amertume du constat l’oblige à détourner le regard. De cette manière étrange, ce réflexe vil qu’il adoptait étant gamin. Regarder ailleurs pour ne pas affronter la faiblesse de l’autre. De ce frère qu’il ne comprenait pas vraiment et que leur mère ne voulait pas qu’il comprenne. Ce ne sont pas des mots qui résonnent contre ses oreilles, c’est un procès qu’il ne veut pas entendre. Qu’il refuse d’accepter. Il hoche la tête, nie les paroles, les rejette. Le coin de ses lèvres s’affaisse, de la contrariété dans les yeux qui se couple à ce chagrin qui prend le pas sur le reste au fil de l’entrevue. Le français inspire, du mieux qu’il peut mais ses poumons sont de plomb. « - Tu parles mais on dirait que ce sont les mots d’un autre que tu récites. Regarde, ils ont déjà commencé à ronger ton cerveau. Je les accuse, pas parce que c’est facile, mais parce que j’ai vu, je sais ce qu’ils sont capables de faire. » Assassiner sans réfléchir. Exécuter pour maintenir de leur main de fer les pauvres têtes qu’ils ont déjà mis sous l’eau. Le résistant ravale son venin, se mord la lèvre et serre le poing. S’enliser dans son aveuglement n’est pas la meilleure solution pour le voir revenir, il le sait. Mais il ne parvient pas à se raisonner. Je ne reviendrais pas. Les pupilles vacillent, se cachent sous les paupières qui se ferment lentement dans une inspiration fébrile. Les espoirs qui s’envolent, libres entre ses doigts qui s’accrochent au rien d’un souvenir qui perd de son éclat. La complicité affolante, morte à ses pieds. Souillée par le sang qu’il a encore sur ses mains, celui du petit rouquin qui s’accroche à ses épaules dans les entrailles de la Bastille. Il a été la main qui a condamné. L’exécuteur des deux piliers de son existence. Poussé par l’aveuglement de ses convictions, entraînant dans sa propre chute l’innocence de ceux qui ont eu le malheur de le suivre. Emile ou Regan, peu importe, il n’y a qu’une seule route qui se trace devant lui. Cette solitude dévorante qu’il choisit. Consciemment ou non. Il tourne le dos à tout ce qui pourrait lui être salutaire. Abandonne l’amitié indispensable sur le bord du trottoir d’en face. Déroge à son besoin de contact, la compagnie pour oublier le gouffre qu’un beau-père salace aura laissé dans son ventre. Il est peut-être fait comme ça en fin de compte. L’aimant à malheur qui s’accroche à sa douleur pour continuer d’avancer. Les deuils le rendent aigri, creusent sur son visage des sillons de peine et de haine. Il a été le bourreau, indirectement et a vu sa vie se faire assassiner de la main de l’ennemi. Le Roi, le Président, ils sont le même à ses yeux. L’aveugle avide de pouvoir. De douleur, celui qui asservi pour son bonheur.  

« - Tu ne le veux pas parce que je suis le seul responsable de ce qui t’es arrivé… » Il le soupire, un demi-sourire triste sur les lèvres. « - Le clivage finira par tout détruire, c’est ce qui se passe dans ta tête quand je suis devant toi ? Tu es le blanc et je deviens le noir de ton existence ? Parce que j’ai été incapable de te protéger comme j’aurais dû le faire ? » Sa voix tremble, s’écorche contre les récifs de la douleur que cette discussion fait ressurgir. Ce mal qu’il pensait ne plus ressentir après Rose. Lui qui se croyait alors dépourvu d’attache, enfermé dans son silence. L’insensible qui retrouve la sensation que peut provoquer un cœur qui bat. Pour quelqu’un et plus uniquement pour un rien aussi fragile que la haine ou le besoin de renverser l’ordre. « -  Je deviens l’étranger parce que je t’ai… Sacrifié ? Quoi, tu penses que je voulais ce qui s’est passé, que ta mort faisait partie du plan ?! Pitié Etienne, ne me dis pas que tu me détestes à ce point… » Il avance d’un pas, le corps brusquement tiré de son apathie pour se rapprocher de celui vacillant du cadet. Son regard accroché à celui du rouquin, il ronge, sonde le gris de ce vert qu’il connait par cœur. Cherche la faille, le morceau de lumière auquel il pourra se raccrocher malgré la chute qui le menace.

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❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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Black is the colour of our life | (Myles)

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