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 Black Sun [PV Moïra]

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MessageSujet: Black Sun [PV Moïra]   Mar 26 Juil - 16:11



« Corpses in motion, cruelty in kindness »

Black Sun
Moïra & Grayson







Je ne l’ai pas entendue arriver. Je suis sûr pourtant que ses souliers ont claqué sur le béton, et si j’avais été attentif, j’aurais pu déceler, la précédant, l’effluve capiteux de son parfum. Mais j’étais trop focalisé sur mon ombre. Un petit exercice donné par Kyran… Il sait pertinemment que je ne m’intéresse qu’à la thanatologie, mais insiste lourdement pour que je ne néglige aucun aspect de son entraînement spartiate. C’est très pénible et je ne manque jamais de le lui faire remarquer… Mais nous savons tous les deux qu’en dépit de mes protestations d’usage, je m’astreindrai à cette discipline. Autant que ça m’arrache la gueule de l’admettre, Kyran n’est pas un mauvais mentor.

Et pour couronner le tout, après des heures d’intense concentration pour réussir à déplacer mon ombre et l’inciter à soulever un cendrier posé au sol, je commence enfin à capter les avantages de maîtriser cette capacité. Si je parvenais à contrôler totalement cette flaque de ténèbres, je n’aurais plus à m’emmerder avec des collets et autres lassos… Pour transférer mes rôdeurs de leur cellule aux cages de combat, il me suffirait d’enrouler la poigne de ce spectre obscur autour de leur gorge, et les guider ainsi sans contact et sans crainte de les voir m’échapper.

Pour l’instant, ma pratique est encore bredouillante : je suis capable de décoller l’ombre de la prise de mes pieds, arrive plutôt aisément à lui imposer des déplacements dans un périmètre restreint, mais dès lors qu’il s’agit de la faire influer sur la matière, comme soulever ce foutu cendrier, l’entreprise s’avère beaucoup plus hasardeuse. Ça fait près de deux heures que je m’acharne à faire bouger l’objet de métal et le transporter jusqu’à l’étagère à outils, à trois mètres de là… L’expérience n’a fonctionné qu’à trois reprises. Le reste du temps, j’étais incapable de maintenir assez longtemps le degré de concentration nécessaire et, à mi-parcours, le bibelot chutait au sol dans un fracas métallique.

La tête commence à me tourner et je sens la faiblesse caractéristique de l’appétit ramper dans mes entrailles, mais je choisis d’ignorer ces symptômes pathétiques, poursuivant mes exercices jusqu’à ce que la voix de Moïra se love autour de mes tympans, assourdie par la porte qui nous sépare encore. Une fois de plus, le cendrier explose sur le ciment dans un bruit de casserole. Un juron m’échappe, mais je suis déjà sur mes pieds. Sans que j’y prenne garde, une sorte d’empressement enfantin s’est logé sous ma peau. J’ai tôt fait de le réprimer, retrouvant la démarche paresseuse du pseudo mâle alpha.

Mon corps se coule entre les cages, silencieux, avec la fluidité d’un vieux chasseur. Je veux la surprendre, voler le tableau de son apparition, avant qu’elle ne puisse à son tour poser les yeux sur moi et modifier son port en conséquence. Les femmes portent constamment sur leur silhouette le regard du monde. Dès leur plus jeune âge, elles sont contraintes à le subir tout en feignant de l’ignorer, et développent ainsi un réflexe, une tension particulière, le bouclier impeccable d’une apparence sans cesse décortiquée. Les femmes comme Moïra, joyaux d’une génétique aveugle, endurent doublement cette malédiction, car elles sont admirées.

Il y a donc un plaisir coupable et voyeuriste à saisir ces précieux instants, lorsqu’elle ne se sait pas observée, que sa posture se détend et cette zone de son esprit s’éteint momentanément. Les mouvements qu’elle esquisse alors sont l’expression naturelle de son essence, sans fard ni conscience de soi. Mes sens aiguisés traquent le froissement du tissu, une respiration, la friction d’une semelle sur le sol. Je l’aperçois bientôt, au détour d’une cloison grillagée. Ses cheveux sont détachés et ruissellent en ondulations cuivrées sur ses épaules. Elle se tient droite, un tressaillement d’impatience dans la cheville. Je ne distingue que son profil, l’expression sévère et perplexe naturellement adoucie par les courbes de son visage, puis réaffirmée par sa tenue de bourgeoise irréprochable.

J’aime bien quand elle descend sur mon territoire. Certes, c’est légalement le sien. L’espace du Bones réservé au public – le casino, le bar, la fosse de combat – porte sa griffe dans les moindres détails, le vernis d’élégance soigneusement appliqué sur ce tripot sauvage… Mais je suis seul à avoir investi l’arrière salle, dédiée au stockage des zombies, des cadavres, et à mes expérimentations douteuses. Celle-ci est donc toute imprégnée de ma grosse patte, et la présence de Moïra dans ce foutoir mortuaire semble toujours subversivement incongrue. Comme une fleur éclose sur un tas de fumier… Une farce cruelle qui ne fait que souligner nos différences, le gouffre entre nous.

L’instant volé est déjà écoulé. Reculant furtivement vers la porte qu’elle vient de franchir, je la fais grincer à mon tour sur ses gonds, annonçant ainsi ma présence dans une mise en scène mensongère. J’apparais à l’orée de sa vision, négligemment incliné sur mon avant bras, appuyé contre une cage vide. L’ombre d’un sourire roublard aux lèvres. Je m’annonce avec ma concision habituelle, prononçant son prénom comme on goûte une friandise.

— Moïra.

Dans un éclair de lucidité, je remarque que sa position lui donne une vue dégagée sur les cages, dont celle de Norah. Comme pour rappeler sa présence, celle-ci exhale un râle douloureux. Je me glisse devant ma patronne avec une vivacité nonchalante, coupant son champ de vision avant qu’elle ait l’idée de trop examiner les lieux. Il est temps de faire diversion.

— Qu’est-ce qui t’amène ? Fait un moment que je t’ai plus vue dans mon antre… Un problème avec le business ? C'est encore Lenaïk ?

Serait-ce l’ombre d’un reproche que je sens échapper dans ma voix, et noie rapidement sous un flot de questions qui ne m'est pas coutumier ? Peut-être bien. Le Bones nous tient tous deux bien occupés, mais ces derniers temps, on se croise à peine. J’en suis probablement aussi responsable qu’elle : il m’arrive régulièrement de pioncer sur mon lit de camp au sous-sol au lieu de monter à l’étage. Et désormais, au vu de mes circonstances, on ne se retrouve plus le matin dans la cuisine autour d’un café. Mais je ne suis assurément pas le seul fautif.

Il me semble que Moïra s’est transformée en courant d’air. Ça me contrarie. Peut-être parce qu’elle est trop occupée à semer des indices imaginaires sur la piste de ce foutu Peacekeeper. Peut-être parce qu’une distance inavouée s’est installée entre nous, sans que je sache en déterminer la raison.

Peut-être parce que j’ai rien fait, moi non plus, pour la réduire.
 

 
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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Mer 27 Juil - 13:02



"Good stories are just unfinished stories"

Grayson & Moïra




S'entourer d'hommes avait toujours été comme une habitude chez Moïra et rares étaient les femmes qui pouvaient se vanter d'avoir un jour été plus qu'une connaissance pour la jolie rousse. Certes il y avait eu cette période il y avait bien longtemps de ça où la politesse démesurée et l'active soumission de Moïra à la société de l'époque l'avaient obligées à côtoyer d'autres femmes pour les grâces de la bienséance... Mais après son passage à Darkness Fall et dès qu'elle avait retrouvé son frère, la jeune femme avait pu totalement s'immerger dans ce monde d'hommes, que ce soit au Gouvernement ou maintenant au Bones, sans pour autant perdre de sa féminité. Un réflexe comportemental normal peut-être, pour une petite fille ayant secrètement souffert de l'absence d'un père. Quoi qu'il en soit elle avait construit sa vie loin des problèmes de ménages (au sens propre comme au sens littéraire)... Et pourtant, peu importe ce qu'on pouvait dire, il semblait que s'entourer d'hommes n'était pas beaucoup plus paisibles que s'entourer de femmes. Et il paraissait que ce soir, la Hellraiser allait une fois encore en faire les frais...

Cette nuit là se passait plutôt bien au Bones. Les batailles allaient bon train bien qu'un débutant avait manqué de se faire mordre par un zombie dans un excès d'assurance qui n'avait du coup qu'été de très courte durée... Mais ce qui plaisait le plus à la propriétaire du Club, c'était qu'il n'y avait aucun signe d'Isak ou de ses sbires à l'horizon. Alors bien que sa prudence n'était jamais relâchée, elle s'autorisa tout de même un petit soupire de satisfaction face à l'absence jusqu'à là de tout soucis, aussi mineur soit-il. Et de surcroit, un client venait de lui commander un verre de Bourbon. Tâche que Moïra aurait très bien pu déléguer, mais lorsqu'il s'agissait de clients importants qui dépensaient des centaines de dollars pour un seul verre d'alcool, la jolie rousse trouvait normal de s'en occuper elle-même. Dans ce monde, l'alcool étant devenu relativement rare et totalement illégal, la moindre goutte pouvait coûter une fortune. Aussi, il était logique que la propriétaire du Bones ait décidé de cacher ses meilleures bouteilles au sous-sol... Tout du moins c'était comme ça qu'on appelait cet endroit pourtant situé au même étage que le Bones, mais étrangement plus humide encore et bien moins éclairé. C'était là bas qu'on enfermait les zombies avant de les envoyer au combat. Et autant dire que les grognements lugubres de créatures affamées qui résonnaient parfois même à travers la porte fermée en auraient dissuader plus d'un. Mais la jolie rousse avait prit l'habitude des plaintes des morts-vivants et en était presque venue à les ignorer.
Lorsqu'elle avait quasiment atteint la moitié du chemin jusqu'à la porte dont elle était une des seuls à avoir la clef, une voix fluette l'interpella derrière elle.

‹‹ Moïra ? ››

La Hellraiser fit volte-face. C'était une des serveuses qui se tenait un peu en retrait comme si, si elle s'était d'avantage avancé elle aurait pu faire s'échapper les zombies, excités par l'odeur de sa chaire fraiche. La jeune fille avait des airs d'agneau innocent, mais ça plaisait beaucoup à Moïra d'embaucher des créatures ayant l'air aussi pures que des anges, personne ne pouvait suspecter une aussi charmante et fragile créature de travailler entourée de zombies et d'hommes assoiffés de violence...

‹‹ Il y a un homme qui vous demande, il attend au bar. Il dit vouloir s'inscrire aux combats... ››

- Dites lui que j'arrive dans un instant.

Une réponse sans appel avant de se retourner à nouveau vers la porte qui la séparait encore du sous-sol.
En réalité, les combats auraient très bien pu tourner sans la supervision constante de Moïra. Mais la jeune femme aimait avoir un contrôle sur tout ce qui pouvait être contrôlé. L'idée de perdre la maitrise du Bones et de ce qui s'y passait ne lui était en aucun cas tolérable.
La main sur la poignée de la porte, un bruit arrêta soudain la jolie rousse. On aurait dit qu'un objet en verre venait de heurter le sol dans la pièce. Agitée d'une étrange appréhension et plus prudemment encore que d'habitude, la jeune femme ouvrit la porte, constatant ainsi rapidement et avec un certain soulagement que toutes les cages étaient bien fermées et qu'aucun des monstres ne s'était échappé. Cependant, elle ne tarda pas à apercevoir le cendrier, étrangement posé sur le sol en plein milieu de la pièce, quand bien même un tas d'autres bibelots envahissaient cet endroit telle une caverne remplie de trésors qu'une seule personne à sa connaissance pouvait apprécier. Et Moïra ne connaissait pas beaucoup de personnes qui descendaient ici. En fait c'était simple : il n'y avait qu'elle... Et Grayson. Alors à moins qu'il n'ait prit la porte cachée qui menait à l'extérieur, lui permettant ainsi d'acheminer les zombies sans passer par le Club, ou qu'il soit étroitement planqué dans la réserve d'alcool, il ne devait pas être loin.
Bizarrement, à cette pensée, la jeune femme du réprimer un frisson dont elle ne comprenait pas l'origine. Ou pour ainsi dire, dont elle ne voulait pas comprendre l'origine. Quelque chose en elle espérait croiser le Daybreaker ici et maintenant... Et en même temps, ça faisait des semaines qu'elle l'évitait. Clairement, la jolie rousse n'arrivait pas à se décider. C'était comme si elle voulait le voir, mais qu'à chaque fois, être à proximité de lui, lui était devenu insupportable. La jeune femme n'était pas habituée à ce genre de sentiments d'incertitude alors le fuir avait été la solution la plus facile, d'autant plus qu'il ne semblait pas se plaindre de la situation et s'il avait noté les changements dans le comportement de sa patronne, il n'avait apparemment pas essayé d'y remédier.
Pourtant, ne le voyant nulle part, la Hellraiser se conforta dans l'idée qu'en l'entendant arriver il avait prit la poudre d'escampette. Il avait du remarquer l'étrange ambiance qui avait peu a peu prit place entre eux deux, elle ne pouvait pas être la seule à l'avoir ressenti... Quoi qu'il en soit, Moïra profita de son passage pour jeter un coup d'oeil à ses marchandises plus ou moins vivantes. Pas un trop long coup d'oeil, elle ne voulait pas s'attarder au cas où Grayson décidait de revenir, mais la curiosité la poussait, elle y était obligée. Scruter chaque visage livide et décharné pour voir si elle ne reconnaissait pas son frère, c'était quasiment devenu un réflexe, au même titre que respirer pour vivre.
Soudain, un mouvement furtif suivi du grincement de la porte fit faire volte-face à la jolie rousse.

‹‹ Moïra. ››

Grayson était là, se tenant à la porte comme s'il venait d'entrer dans la pièce alors que Moïra était maintenant plus persuadée encore qu'il était déjà là avant. Mais elle n'y faisait déjà plus attention, car le malaise n'était pas loin et comme si ça ne suffisait pas, un mal de crâne menaçait.

- Grayson.

Elle répondit, comme si c'était la seule chose qu'elle était capable de prononcer sur un ton quasiment exempte d'agressivité et de froideur.
La jeune femme ne savait trop quoi dire à son employé. Aucun mot ne semblait vouloir sortir et elle allait profiter des clients dont elle avait à s'occuper comme excuse pour fuir au plus vite cette présence qui la déstabilisait, quand soudain l'homme s'approcha d'elle. Très près. Trop près. Bien trop près, même. Cette proximité soudaine lui coupa un court instant le souffle, mais Moïra avait trop de fierté pour reculer. Et pour cacher son trouble, elle préférait l'affront.

‹‹ Qu’est-ce qui t’amène ? Fait un moment que je t’ai plus vue dans mon antre… Un problème avec le business ? C'est encore Lenaïk ? ››

Il n'y avait que peu de ses employées qui tutoyaient Moïra. Mais depuis l'incident qui avait faillit coûter la vie à Grayson, il n'était plus seulement un employé.

- Je ne suis pas venue ici pour te voir.

Des mots durs, qu'elle n'aurait pas voulu prononcer, mais qu'elle lança tout de même sur un ton neutre, à la limite du dédaigneux, comme si c'était lui qui l'avait cherchée en premier. Elle allait rajouter quelque chose, pourtant encore une fois, au moment où la jolie rousse s'apprêtait à mentionner ses clients, quelque chose l'en empêcha. Quelque chose dans le comportement de l'homme en face d'elle qui même depuis leur récente... complication, n'avait jamais agit de la sorte. Il parlait beaucoup et était presque trop entreprenant. Quelque chose n'allait pas.

- Tout va bien ?

Enfin une phrase prononcée avec une pointe d'inquiétude sincère. Mais si peu... En réalité, la suspicion dominait largement l'inquiétude au vu de son comportement. Il avait tout l'air d'un enfant qui tentait désespérément de cacher une honteuse bêtise et Moïra s'en serait certainement aperçu plus tôt si elle avait cessé de se laisser aussi facilement désemparer par cet homme.

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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Mar 2 Aoû - 19:36

[quote="Grayson Hawk"]

« Corpses in motion, cruelty in kindness »

Black Sun
Moïra & Grayson

La liqueur suave de mon prénom sur ses lèvres tourne à l’aigre dès les premiers mots qu’elle m’adresse. Froids comme des serpents. Acérés comme des lames. Des mots faits pour trancher dans le vif de mes espoirs. Distancier. Provoquer ? Cette dernière hypothèse me serait la plus douce : dans la défiance, il y a du lien. Mais je connais assez Moïra pour savoir qu’elle ne verse pas dans ces petits jeux. Elle m’en veut, pour une raison que j’ignore. Non, c’est pire que ça, et je m’en rends compte dans la glace qui craquelle ses iris. Une forme de… crainte ? De dégoût ? Je suis tellement habitué à inspirer ces sentiments chez tous ceux que je croise que je n’y prête même plus attention. Mais pas chez Moïra.

Même au premier jour, lorsqu’elle m’a trouvé errant parmi les morts, presque aussi putride qu’eux, toute civilisation enterrée sous une couche de crasse et de haine. Elle n’avait pas même plissé le nez. Je sais aujourd’hui qu’elle devait en crever d’envie. Mais elle avait gardé ses réprimandes pour plus tard, devinant que l’atout que je pouvais représenter lui échapperait sitôt qu’elle tenterait de le contrôler. Elle n’était pas douce pour autant. Intransigeante, presque impitoyable par moments, elle ne laissait rien passer et attendait tout autant de moi que je lui prouve l’intérêt de me garder. Plus d’une fois, j’avais été tenté de retourner à mes anciennes vies. Celle des gangs, celle du trafic, celle du vagabondage fétide... Mais je sentais déjà confusément qu’elle me rendait meilleur.

Pour une fois dans ma vie, je comprenais que j’avais besoin d’un cadre pour ne pas sombrer, et celui qu’elle me proposait n’était pas pire qu’un autre. Mieux, en réalité. Il m’offrait de cultiver les intérêts morbides que la découverte de Norah avait éveillés en moi. Sous bien des aspects, Moïra avait été mon Orphée. La première fois, je l’avais suivie vers la lumière, vers le monde des vivants. J’avais essayé. Mais on sait comment cette histoire se termine. Ce n’était pas de sa faute… J’avais déjà les deux pieds dans le Styx. La morsure de la Mort m’avait laissé grelottant. Moïra m’a ramené une seconde fois, j’en reste persuadé. Si elle n’avait pas été là, je ne crois pas que j’aurais lutté. J’aurais laissé la noirceur m’engloutir. Mais j’ai toujours gardé un pied dans l’abysse. Il était trop tard pour moi, depuis longtemps.

Toutefois, là encore, elle ne m’avait jamais traité différemment. Elle savait pourtant ce que j’étais devenu… Au contraire, l’épreuve qu’elle m’avait aidé à surmonter nous avait rapprochés. Du moins, c’est l’impression que j’avais eue pendant un moment. Nous étions plus complices, il s’était installé une sorte de familiarité chaleureuse à laquelle on n’aurait jamais songé à s'abandonner auparavant. Ça avait tenu un certain temps : des sourires fugaces le matin en se croisant dans l’appartement, quelques mots presque aimables échangés au boulot, même nos disputes semblaient plus inoffensives.

Et puis ça c’était dégradé. Je ne sais pas exactement à quel moment. J’ignore également si c’est moi qui ai provoqué ce revirement. Ou elle. Peut-être suis-je allé trop loin, l’espace d’un frôlement. Car la loyauté et l’amitié que j’éprouve pour elle m’ont souvent inspiré des élans plus charnels. Je n’aurais osé le moindre geste, bien entendu. Elle demeure avant tout ma patronne et ne m’autoriserait jamais le moindre sentiment déplacé, j’en ai la certitude absolue. Ce qui est sûrement encore plus évident, c’est qu’elle ne me regardera jamais comme je peux le faire. Si elle voit plus en moi qu’un simple employé, elle ne saurait me considérer comme un amant potentiel. C’est l’apanage d’hommes plus présentables, comme ce sale fouille-merde de Jenkins.

J’avoue aisément ne rien faire pour changer les choses. Par esprit de contradiction peut-être, par défi, mais surtout parce que tous les efforts que je pourrais fournir ne me mèneraient nulle part. Nous sommes trop différents, trop éloignés. Elle dans sa tour d’ivoire, moi dans mes cachots… Une vraie caricature. Elle a beau régner d’une main de fer sur cette entreprise macabre, il serait dangereux de s’y tromper : elle ne fait pas exactement partie de ce monde souterrain. Elle est issue de celui d’en haut, a longtemps frayé avec les puissants, et cela nous place d’office dans deux systèmes solaires différents.

C’est ce que je me répète lorsque ses mots incisent mon âme. Bras croisés sur le torse, je m’étire de toute ma stature. Elle n’est pas venue pour me voir ? Grand bien lui fasse, mais je suis chez moi ici, presque autant qu’elle.

— Fais comme si j’étais pas là, alors.

Une colère que je ne voudrais pas entendre sourd dans ma voix, dans ma posture revêche. Elle me blesse plus que je ne voudrais l’admettre. Je m’oblige toutefois à ne pas bouger d’un millimètre. Pour asseoir mon territoire, et parce que ma large silhouette dissimule encore la cage de Norah à son regard. Elle sent pourtant que quelque chose cloche, je m’en rends compte rapidement et masque difficilement une attitude coupable. Rien n’échappe jamais à son regard d’acier.

Elle me pose une question en apparence anodine devant laquelle je me raidis imperceptiblement. Je suis très mauvais menteur. Mais avec elle… J’en deviens totalement incapable. Elle me connaît sur le bout des doigts, et je la respecte trop. Seulement, je n’ai pas envie de lui dire la vérité, de m’ouvrir à elle après la vilaine pique qu’elle vient de me balancer. Fabuler n’étant pas une option, il me reste encore celle de la distraction. Ou plus précisément, de l’offensive. Je ne peux nier que ça me procurerait un certain plaisir : même nos disputes me manquent, c’est dire à quel point on s’est distanciés. Un sale rictus balafre ma figure, mon ton est juste assez insolent pour l’agacer.

— Ça roule. Le Bones t’attend, perds pas de temps ici. Tu cherchais quoi ? Un aperçu des champions de ce soir ?

Je suis certain que ça aurait pu marcher. Elle aurait réagi à ma provocation par la froideur, aurait fui l’arrière-salle aussi vite que possible. Mais Norah ne semble pas apprécier que je l’ignore ainsi au profit d’une vivante. Ses bras décharnés se tendent entre les barreaux, cherchant à m’agripper les chevilles, tandis qu’elle pousse une longue exhalaison d’agonie. Je ne peux m’empêcher de baisser les yeux vers elle, de lui accorder un regard apaisant. Cela dure moins d’une seconde, avant que je me tourne à nouveau vers ma dévastatrice patronne.

Je ne sais pas si elle a capté mon manège, mais je ne lui ferai pas le plaisir d’une justification. J’ai les bras toujours étroitement croisés et la fixe d’un air serein, quoique teinté d’une pointe d’impudence. Vas-y, questionne mes pratiques, remets en question la pertinence de mon boulot, si tu l’oses. Nous savons tous deux qu’aucun autre fou n’irait faire ce que j’accomplis chaque semaine.

— Problème ?
 

 


Dernière édition par Grayson Hawk le Mar 16 Aoû - 0:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Dim 7 Aoû - 10:43



"Good stories are just unfinished stories"

Grayson & Moïra




Il semblait que cette proximité physique toute nouvelle exerçait une étrange pression sur Moïra. Et comme pour la souligner encore davantage, son mal de crâne s'intensifia. Quand cela arrivait, il était plus difficile encore pour la jolie rousse de se contrôler, malgré le fait qu'elle était devenue une grande habituée des maux de tête, ce n'était pas forcément plus facile pour elle de les gérer au vue de leur intensité... Et dans ces cas là, il était plus tentant encore pour la propriétaire du Bones de céder à l'agressivité... Mais est-ce que cela suffisait à justifier leurs altercations répétées ? En effet, il était facile pour eux deux de se disputer. C'était comme s'ils étaient fait pour s'affronter, comme si la violence était le seul moyen dont ils disposaient pour s'exprimer et que toute émotion trop éloignée de la colère était officiellement exclu de leurs discussions. Ca n'avait pas toujours été comme ça et la jolie rousse s'efforçait parfois de croire que ça ne le serait pas toujours... Pourtant, depuis quelques temps, elle n'arrivait pas à se comporter autrement. C'était sa manière de se défendre de ce qui la dépassait, la défense par l'attaque. C'était ridicule pour une femme de son intelligence de réagir de façon aussi primaire, mais elle n'arrivait pas à se contrôler davantage et créer un fossé entre Grayson et elle était la seule chose que la Hellraiser avait trouvé à faire, comme réaction instinctive pour se protéger... Elle ne savait juste pas de quoi.

‹‹ Fais comme si j’étais pas là, alors. ››

Moïra acquiesça comme si c'était simple de l'ignorer alors qu'il n'était qu'à quelques centimètres d'elle et qu'il prenait ainsi la quasi totalité de son champ de vision. Pourtant, loin d'afficher ce trouble qui lui dévorait les entrailles, la jolie rousse n'exprimait que du désintérêt. En observant son visage, on aurait pu croire qu'elle était seule dans cette pièce et que ses pensées étaient perdues à mille lieues de Grayson alors même qu'elle ne lâchait pas son regard et que toutes ses pensées lui étaient dédiées.

‹‹ Ça roule. Le Bones t’attend, perds pas de temps ici. Tu cherchais quoi ? Un aperçu des champions de ce soir ? ››

Son employé n'était pas comme à son habitude, Moïra aurait peut-être déjà pu le voir à travers la porte fermée tellement c'était évident ! Son comportement ne lui correspondait pas et aussi proche de lui soit-elle, la propriétaire du Bones ne décelait chez son interlocuteur aucune odeur d'alcool pouvant justifier tout cela. Il y avait donc quelque chose qui clochait. Quelque chose de suffisamment grave pour que Grayson qui protégeait normalement son espace personnel avec autant de soin qu'il organisait ses cages de zombies et qui se gardait bien d'envahir celui des autres brise toutes les règles de proximité à ce point, mais pourtant pas assez pour qu'il l'en informe directement. Bien, la jolie rousse en concluait donc que ce problème pouvait attendre. Peut-être avait-il trouvé un chien errant et décidé de l'enfermer dans une des cages qu'elle n'avait pas encore vérifiée parce qu'il avait l'intention de l'adopter... Ou que pire encore : il avait récupérer ce satané chat noir qui n'avait de cesse de tourner devant la librairie et que Moïra hésitait à faire pendre ou à laisser entrer car elle le soupçonnait de pouvoir être un Skinchanger mal intentionné. Dans tous les cas, elle avait plus urgent à faire car dans la salle, les clients devaient commencer à s'impatienter et elle ne pouvait ni laisser s'échapper l'argent d'un verre d'alcool, ni celui d'un nouveau combattant.
Cependant, avant de retourner à ses affaires, par juste retour de provocation, la jolie rousse ne pouvait pas s'en aller sans une énième réplique cinglante débordante de venin.

- Tu as raison, peut-être que je ferais mieux de déplacer ma réserver à un autre endroit, ça éviterait ce genre de perte de temps.

Sa réserve, il savait de quoi elle parlait, car il n'y avait aucune autre affaire de Moïra dans cet endroit à part ses bouteilles d'alcools et quant à insinuer que le fait que lui et elle se croisent consistait en un problème, une partie d'elle espérait avoir été assez explicite là dessus, quant à l'autre partie, eh bien elle n'avait actuellement pas voix au chapitre...
Soudain, le mal de crâne frappa plus fort, obligeant la jolie rousse qui porta une main à son visage, à fermer les yeux un instant. Il lui fallait du paracétamol aussi douloureusement qu'il aurait fallut de la drogue à un camé en manque et honnêtement, quelque part, il y avait de ça. Cette douleur lancinante qui distrayait désagréablement son esprit venait et partait comme des vagues au goût amer dont l'intensité changeait au gré des courants. Or ici, il semblait que cela variait en fonction du degré d'agressivité de la conversation et Moïra conclu définitivement que plus vite elle sortirait de cette pièce, mieux ça irait pour elle. Quoi qu'il en soit, la momentanée absence de la jolie rousse l'avait empêchée de voir le spectacle qui venait d'avoir lieu et dont elle n'avait encore aucune idée. La Hellraiser ayant à peine réouvert les yeux, cru donc que la question de Grayson était toute destinée à son mal de tête, bien que sa voix était toujours tintée d'insolence avec comme un fond de reproches.

‹‹ Problème ? ››

S'il s'inquiétait pour elle, Moïra n'en avait que faire et préférait continuer la conversation sur le même ton. Partir dans une discussion sur ses maux de tête répétés risquait bien de les porter à aborder Isak et honnêtement, la propriétaire du Bones n'en avait ni l'envie ni le temps. Mieux valait donc amener le sujet à une corde plus sensible qui détournerait pour sûr l'attention de Grayson loin de son inquiétude.

- L'odeur est toujours aussi insupportable ici. Installer une douche n'entre toujours pas dans tes priorités, j'imagine ?

L'hygiène était un des sujets préférés de Moïra lorsqu'elle voulait faire sortir son employé de ses gonds. Une de leurs plus grandes mésententes et objet de perpétuelles disputes. Et bien sûr, Moïra ne sous-entendait pas que ce soit les zombies qui passent sous la douche, bien que l'idée était envisageable à la réflexion.
Sans même attendre de réponse, Moïra contourna Grayson pour se diriger vers sa réserve. Leur conversation était terminée, elle avait déjà passé trop de temps dans cette pièce.
Au moment où la jolie rousse passa à côté de son employé, une soudaine envie lui prit de frôler sa peau du dos de sa main. Juste un effleurement, une caresse, moins d'une seconde un contact doux entre eux, l'air de rien, comme si ce n'était qu'un incident... Pourtant au dernier moment elle se retint. Mettant ça sur le compte du mal de crâne, la Hellraiser oublia rapidement ce qu'il avait manqué de se passer. Il fallait se concentrer sur ses clients et sortir d'ici le plus rapidement possible.
Mais il y avait juste cette idée qui avait germé dans la tête de la propriétaire du Bones. Une pensée un peu étrange, juste pour enfoncer le clou, comme pour s'assurer d'avoir le dernier mot. A mi-chemin avec la porte de sa réserve, son projet la fit se retourner, la bouche ouverte, prête une fois encore à cracher un peu de son venin. Et là, elle l'aperçu, cette chose sur le sol. Ce corps emprisonné dont les bras décharnés semblaient tenter de griffer le sol tout près des pieds de Grayson et dont le visage transparaissait au bas des barreaux. Les zombies ne rampaient pas au sol, tout du moins pas quand ils étaient ici parce que quand ils étaient dans les cages du Bones, c'était pour combattre, et ça, ça n'allait pas combattre. La jolie rousse avança, comme irrésistiblement attirée par la créature qui gisait au sol. Il fallait qu'elle la voit de plus près. Elle le devait. Moïra c'était arrêté à deux pas seulement de la cage, mais c'était bien assez pour avoir une large vue sur tout le contenu de la cellule. C'était une femme, elle devait sûrement avoir été belle, mais à présent, il lui manquait ses jambes, ainsi que des lambeaux de peau entiers et toute humanité avait quitté son regard.

- Grayson...

Si leurs petites disputes avaient pu ressembler ne serait-ce que de loin à un jeu, toute trace d'une pièce de théâtre avait maintenant complètement disparue pour ne laisser place qu'à un mélange sentiments bruts. La colère surtout, qui transparaissait clairement dans la voix tranchante de Moïra. Pourtant la jeune femme avait du mal à quitter du regard le zombie qui tordait à présent ses doigts osseux vers la Hellraiser. Pourquoi cette chose était-elle là ? Et pourquoi Moïra avait-elle cette drôle d'impression qui lui tordait plus douloureusement encore le ventre que son mal de crâne ne lui torturait son esprit ? Elle était comme tiraillée entre le besoin de savoir et l'envie d'oublier, redoutant ce qu'elle pourrait bien apprendre de cette découverte. Mais il était trop tard maintenant, elle ne pouvait pas faire machine arrière et la curiosité ne pouvait que l'emporter.
Tournant enfin un regard enflammé vers son employé, un indexe pointé en direction du zombie duquel de longs râles s'échappaient inlassablement, elle lâcha :

- C'est quoi ça ?

Trop d'hypothèses se bousculaient dans la tête de la jolie rousse et pour une fois, elle maudissait son mal de crâne de pas être assez puissant pour l'empêcher de faire un nombre excessif de suppositions à toutes vitesse. Voilà donc une partie de la réponse concernant l'étrange comportement de son employé envers elle. Ni un chien, ni un chat, mais une femme. Autant dire que Moïra aurait de loin préféré un animal à quatre patte plutôt que cette créature qui n'en avait aucune.

- Et ne songe même pas à te jouer de moi, je pense que tu l'as déjà assez fait ce soir.

C'était à peine si elle reconnaissait sa propre voix tellement la colère la déformait. C'était dit : Moïra détestait perdre le contrôle sur son Club et plus encore sur les membres de son club. Alors que dire pour Grayson ? Alors qu'il était un des membres les plus importants du Bones et que la Hellraiser était censée pouvoir avoir en lui en confiance aveugle ! Et cette chose démembrée qui gigotait au sol et qui était visiblement inapte au combat ne représentait pas seulement une perte de temps mais aussi un risque inutile qu'avait prit Grayson. D'ailleurs il avait surement dû avoir du mal à la ramener ici alors... Soudain une interrogation se forma dans la tête de Moïra, une question qui se cachait dans l'ombre depuis qu'elle avait aperçu le zombie au sol mais qu'elle avait refusé jusqu'à là de mettre en avant, redoutant secrètement la réponse. Pourtant là encore, elle devait savoir car la curiosité s'était imposée.
En s'échappant, la question même lui brûla les lèvres. C'était comme dans un souffle douloureux que s'envolèrent les mots, tandis que pour se donner plus de contenance, Moïra continuait à fixer Grayson d'un air provocateur.

- Qui est-elle ?


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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Mar 16 Aoû - 2:33



« Corpses in motion, cruelty in kindness »

Black Sun
Moïra & Grayson

Son indifférence était sûrement la plus mortelle de ses armes. À moins que ce ne soit la plus écrasante de mes faiblesses. Toute autre personne pourrait m’infliger ce même regard distant et glacé, je me contenterais de retourner vaquer à mes occupations sans arrière-pensée. Venant de Moïra, ce comportement fait soudain figure d’insoutenable affront. Je crispe involontairement le poing, luttant contre un accès de colère tout à fait disproportionné. C’est pourtant moi qui l’ai provoquée, l’incitant d’un commentaire à agir exactement ainsi. À m’ignorer. Mais ce n’était probablement pas la réaction que j’espérais. Je voulais l’agacer. Qu’elle me prouve, par son irritation, qu’elle n’est pas aussi nonchalante et détachée qu’elle l’affirme.

Ces tergiversations constantes commencent à devenir pénibles et me rappellent pourquoi je rentre moins souvent dormir à l’étage. C’est une oscillation permanente entre un besoin irrépressible de la provoquer, et l’embarras profond que je ressens ensuite pour m’être laissé aller à ces enfantillages. J’espérais vaguement que ça finisse par me passer en m’adonnant corps et âme à mes sinistres obsessions, mais je suis forcé de constater que sa présence suffit à raviver tous mes mauvais instincts. Je sais, sans vouloir trop y penser, que je cherche la merde pour la retenir, pour ne pas qu’elle quitte mes sous-sols aussitôt son devoir accompli. Et dans le même temps, je préfèrerais qu’elle tourne rapidement les talons sans risquer d’apercevoir Norah. À moins qu’une petite part de moi ne recherche cela, aussi ? Ma caboche est un vrai bordel dans lequel je n’ai pas vraiment envie de faire le tri.

La réaction que je n’attendais plus me gifle en réponse à ma seconde remarque. Sa réserve d’alcool. Bien sûr. Elle n’était venue que pour cela. Et j’aurais presque pu m’en contenter, une bonne excuse pour se croiser de temps en temps, comme par inadvertance, et entamer l’une de nos petites joutes… Mais non : je lui fais perdre son temps. Là encore, c’est moi-même qui avait suggéré cette idée. Était-ce trop lui demander que de me détromper ? Une nouvelle vague de ressentiment me plombe les tripes. J’ai conscience de me nourrir de ce sentiment comme d’un prétexte pour relancer les hostilités.

Elle me désarme d’un simple vacillement : cette main portée à son front, cette grimace à peine perceptible… Je connais parfaitement cette attitude. Elle souffre, de ces foutus maux de têtes qui ne semblent lui laisser aucun répit depuis quelque temps. Je suis tenté de poser une main sur son épaule, de m’enquérir de son état, de lui offrir mon soutien, n’importe quoi pour alléger son calvaire. Je l’aurais fait sans hésiter, avant. Sans même y penser, ou me préoccuper de n’offrir qu’un réconfort maladroit de grosse brute. Aujourd’hui, les mots restent coincés loin au fond de ma gorge. Je m’étouffe avec et les oublie aussitôt que Norah compromet mon mensonge par omission.

Heureusement – ou malheureusement, je ne suis toujours pas décidé – ma patronne ne semble pas avoir remarqué mon manège. Elle me renvoie aussitôt la balle, embrayant sans transition sur l’un de nos principaux sujets de discorde. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un rictus qui n’augure rien de bon : nous revoilà en terrain connu, et je me ferai un plaisir malsain de mordre à cet hameçon. Depuis qu’on se connaît, Moïra m’emmerde sur la question de l’hygiène, et depuis qu’on se connaît, je m’acharne à la faire tourner en bourrique. C’est plus fort que moi : une force inconnue me pousse à courir en sens inverse dès qu’elle formule la moindre exigence me concernant.

Enfin, c’est un peu plus insidieux que ça : au travail, je ne désobéis pas à ses ordres directs, je n’oublie jamais qu’elle est ma boss et que je lui dois le respect. Mais cette résistance passive au sujet des apparences et de la propreté, c’est presque devenu un jeu. Il me serait pourtant facile de faire un effort, et il fut un temps où je ressemblais à une personne décente. Mais c’est en quelque sorte devenu un acte de rébellion… et une forme de protection. La crasse repousse, la crasse fait fuir. Si je m’en débarrassais, si je me conformais aux revendications de la mafieuse, ce serait tout à la fois me compromettre et reconnaître une certaine envie de lui… Plaire. C’est donc dans ce détail que je tiens mon principal bastion. Et je ne suis pas près de capituler.

— Si t’as l’odorat aussi sensible, fallait peut-être pas t’encanailler dans un business avec des rôdeurs… Mais tu peux toujours retourner dans les couloirs bien désinfectés du gouvernement, t’y serais sûrement plus à ta place.

Violent et gratuit. On n’en a jamais parlé qu’à demi-mots, mais je sais très bien pourquoi elle a quitté son poste haut placé, et je sais également que c’est un sujet sensible. Alors pourquoi appuyer cruellement là où ça fait mal ? Par basse revanche pour ma fierté blessée. Pour souligner encore un peu plus l’idée de nos deux mondes irréconciliables. Je regrette presque immédiatement ces paroles précipitées, mais il est trop tard. Elle se détourne, me laissant croire pendant quelques secondes à une victoire dont je ne tire aucun plaisir. Je la regarde se diriger vers la porte, plus inaccessible que jamais, et j’éprouve encore une fois l’envie stupide de la retenir. Je n’en fais rien, bien entendu. Lorsqu’elle se retourne finalement, une secousse me vibre dans le bide, comme une poussée d’adrénaline. Je lis déjà dans ses yeux que la suite ne va pas me plaire.

Et puis brusquement, elle s’immobilise, comme statufiée. J’essaie de ne pas suivre la trajectoire de son regard, car je sais exactement où elle mène. L’instant de doute qui se lit sur son visage ne dure qu’une fraction de seconde avant qu’elle revienne à la charge. Une menace plane dans sa voix blanche. Un frisson se coule dans mes omoplates, et je ne saurais dire s’il s’agit d’appréhension ou de la satisfaction de la voir enfin perdre un peu de sa prestance. Sûrement un mélange des deux. Ses yeux me clouent sur place, démonstration de pouvoir à laquelle je réponds instinctivement en prenant plus d’espace, les pieds écartés et bien campés dans le sol. Mes bras sont toujours croisés, je soutiens son regard.

— Oh, elle

J’ai fait exprès. Je n’ai pas dit « Ça », et j’ai bien appuyé sur le pronom. Norah conserve ainsi son identité, son humanité, aussi décomposée soit-elle. Toutefois, c’est ici que s’achève ma tentative de rebuffade. Et maintenant ? Je ne sais plus quoi dire. Je pourrais tenter un rattrapage bancal, prétexter une de mes petites expériences morbides, mais l’éloquence n’a jamais été mon point fort et je suis mauvais menteur. Entendons-nous bien, je n’éprouve ni scrupule ni difficulté à servir des salades à un peacekeeper, ou tout autre individu que je n’estime pas. Mais pas à Moïra. Même si j’essayais, elle me connaît suffisamment pour déceler mes bobards à la seconde où ils franchiraient mes lèvres.

Non, ma meilleure stratégie est désormais de rester dans le flou, et compter sur l’excuse de ma nature réservée et lapidaire. Sur un raclement de gorge, je me rapproche lentement de ma patronne, invitation silencieuse à laisser tomber, à ne pas creuser plus loin. J’imprime dans mon regard toute la force de ma conviction. Je sais à quel point il est difficile d’infléchir l’acier de ses prunelles. Ou même, parfois, simplement de les soutenir. Mais je ne veux pas céder. Je grommelle, entre embarras et défiance.

— Mh, ramenée de ma dernière chasse. Une connaissance de… d’avant. Pas pu la laisser là-bas.

J’ai volontairement laissé planer le doute sur le type de relation qui nous unissait. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de lui en parler, mais quelque part, j’espère qu’elle le devine. Et peut-être… Que ça la contrarie. Quant à mes intentions, elles sont passées sous silence. En théorie, je sais bien que je ne peux pas la garder indéfiniment ici, qu’il faudra prendre une décision.

L’achever, dans un avenir proche. Lui accorder ce mythique et intangible repos éternel, celui qu’elle mérite et auquel je ne crois plus. Qu’est-ce qu’on en sait, qu’elle sera mieux de l’autre côté ? Et d’abord, de quel foutu au-delà parle-t-on ? Incapable de poursuivre cette réflexion et d’envisager la possibilité de cette séparation définitive, je préfère me concentrer sur la colère de Moïra, l’attiser un peu plus en répondant à sa dernière question d’un ton presque agressif.

— S’appelle Norah. Mais qu’est-ce que ça peut te foutre ? Elle dérange pas. Prend pas de place ou de ressources. Alors t’occupe. Pas ton problème.

Requête illusoire pour une control freak de sa trempe. Et je le sais pertinemment, les yeux resserrés sur la silhouette toute proche de ma supérieure. Mais au delà de la provocation gratuite et de ce vent de sédition, je crains réellement sa réaction. Si elle m’ordonnait de m’en débarrasser… Je ne sais pas ce que je choisirais, et cette incertitude me noue les entrailles.
 

 


Dernière édition par Grayson Hawk le Mer 21 Sep - 3:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Mer 17 Aoû - 0:18



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Grayson & Moïra




Il y avait bon nombre de personnes avec qui Moïra savait être calme, diplomate, et avec lesquelles elle réglait les problèmes tout en sagesse et en tranquillité... Grayson ne faisait pas partie de ces personnes là. C'était juste impossible : la finesse n'était pas leur moyen de communication. Ou peut-être que c'était seulement ce que s'était dit la jolie rousse dès le début, comme une excuse pour justifier sa conduite alors qu'en réalité, tout aurait pu être bien différent entre eux...
Et c'était probablement ça qu'elle fuyait : cette autre chose qu'ils auraient pu partager au delà de leurs disputes incessantes. Car ils étaient comme deux aimants qui vacillaient, selon leur position, entre une irrépressible attraction et une incontrôlable répulsion. Mais, incapables d'accepter totalement cette situation, ils préféraient utiliser leurs ressemblances pour toujours plus se rebuter avec toute la véhémence dont ils étaient capable. Et ce soir ne faisait pas exception : une fois de plus ils s'affrontaient et leur situation ne semblait pas avoir évoluée que ce soit dans le bon sens ou dans le mauvais... Honnêtement, Moïra aurait voulu pouvoir affirmer qu'elle était fatiguée de tout ça, de lui, d'elle et de leurs éternelles chamailleries inutiles... Mais, à ce moment là, la seule lassitude qu'elle ressentait était consacrée à son mal de crâne, tandis que chacune des autres parcelles de son corps frémissait imperceptiblement d'émotions. Ce qui, pour quelqu'un qui pensait avoir vendu son âme au Diable, était beaucoup.
Alors inconsciemment, elle s'accrochait à ça, provoquant son employé plus encore, tenant l'explosif plus longtemps entre ses mains pour sentir l'adrénaline courir dans ses veines à la peur de le voir exploser. Car Grayson était une bombe à retardement, comme beaucoup de monde du point de vue de la jolie rousse, mais à la différence des autres, c'était là une bombe qu'elle aimait dangereusement taquiner parce qu'elle savait comment elle fonctionnait. Soit dit en passant, tout cela n'en restait pas moins aux risques et périls de la Hellraiser et les coups qui se perdaient au bon gré de leurs disputes n'étaient pas forcément tous indolores...

‹‹ Si t’as l’odorat aussi sensible, fallait peut-être pas t’encanailler dans un business avec des rôdeurs… Mais tu peux toujours retourner dans les couloirs bien désinfectés du gouvernement, t’y serais sûrement plus à ta place.  ››

Un des poings de la jeune femme se serra par automatisme et elle manqua de lui rétorquer que si elle appartenait au Gouvernement, sa place à lui se trouvait derrière le mur... Pourtant, ces mots là moururent sur ses lèvres avant d'avoir été prononcés. Moïra ne pouvait pas dire ça. Peut-être parce qu'elle ne voulait pas que ce soit vrai... Mais la raison qu'elle se donna était qu'elle avait décrété la conversation terminée et qu'une nouvelle ignorance de sa part serait autrement plus blessante que toute réponse. Alors elle fit volte-face, persuadée de son idée jusqu'à ce qu'une encore meilleure prenne sa place et qu'elle revienne sur sa décision pour se retourner à nouveau vers Grayson.
La surprise de Moïra quand elle découvrit le zombie aux pieds de son employé était plus vraisemblablement un cocktail qui contenait également de l'appréhension et de la déception... Or, chez elle et face à Grayson, ce mauvais mélange ne s'exprimait correctement que par la colère... Et dans ces cas là, la Hellraiser s'abandonnait si facilement à ce sentiment, se laissait tellement couler au plus profond de ses eaux sombres et lui permettait si bien de prendre contrôle de son esprit, qu'il était aisé de comprendre pourquoi la colère appartenait aux sept péchés capitaux... Plus avidement encore qu'avant, elle attendait les réponses du brun.

‹‹ Oh, elle… Mh, ramenée de ma dernière chasse. Une connaissance de… d’avant. Pas pu la laisser là-bas. ››

Trop de mots ne plaisaient pas à Moïra dans toute cette réplique, en commençant par ''elle''. Ca, ce n'était pas ''elle'', c'était une chose, rien qu'une chose ! L'image de son frère tenta l'espace d'un instant de se frayer un chemin dans son esprit mais elle la chassa en se concentrant sur l'émotion qu'avaient pu provoquer deux petits mots seulement : ''pas pu'', ce qu'elle se plut à appeler un frisson  de fureur la secoua un instant avant de revenir sur la dernière partie qui l'avait la plus agitée :

- Une connaissance ? Tu as ramené une connaissance ?

La Hellraiser aurait pu en rire, mais il n'y a aucune trace d'humour ne perçait dans sa voix. Les mots avaient jaillis comme de la braise, crachés avec une agressivité qui cachait une foule de pensées et de sentiments bien différents.

- Et tu vas me raconter que c'était une cousine éloignée peut-être aussi ?

Il fallait qu'elle l'entende, qu'elle l'entende de sa propre bouche que cette femme n'avait pas appartenu à sa famille. Elle le savait que Grayson ne l'aurait pas présentée comme une connaissance sinon... Et puis de ce qu'on pouvait encore deviner de son physique d'avant, elle ne lui ressemblait pas. Une demi-soeur peut-être, mais Moïra osait à peine y penser, son soucis d'être réaliste était trop important.
L'homme fit quelques pas vers elle, comme prudemment, comme pour gagner un peu de temps et tout ces agissements ne faisait qu'embraser plus encore la Hellraiser, parce qu'elle l'entendait dans sa voix, elle le sentait dans tous ces gestes : il lui cachait qui avait réellement été cette femme et surtout, il voulait protéger ce qu'il en restait et ça, pour une raison ou une autre, Moïra ne le supportait pas.

‹‹ S’appelle Norah. Mais qu’est-ce que ça peut te foutre ? Elle dérange pas. Prend pas de place ou de ressources. Alors t’occupe. Pas ton problème. ››

Alors que son employé finissait son laïus inutile, Moïra fit volte-face, sans même prendre la peine de s'expliquer. D'une main elle saisit le talkie-walkie qui pendait à sa taille et avec lequel elle avait équipé son personnel depuis quelques temps déjà. Une pression sur l'appareil et elle le porta à ses lèvres en appelant la jeune serveuse qui l'avait interpellé un peu plus tôt, tout en se dirigeant vers sa réserve. Quand la voix fluette grésilla en réponse, Moïra siffla ses paroles sur un ton qui n'appelait pas à négociations.

- Retrouvez-moi devant la porte du sous-sol. Immédiatement.

Sans attendre de réponse, la Hellraiser raccrocha l'objet à sa place initiale et ouvrit la porte pour attraper la bouteille d'alcool ainsi qu'un verre dont elle rempli le fond. Puis elle laissa claquer la porte de l'armoire et passa devant Grayson comme s'il n'existait pas pour aller rejoindre l'entrée de cette grotte. Fort heureusement pour elle, la jeune employée l'attendait déjà. Moïra s'était mise dans l'encadrement de la porte à peine ouverte et la fixait pour être certaine qu'elle ne regarde pas ailleurs. Soucieuse tout de même d'être ferme mais juste, la propriétaire du Bones se calma l'espace d'un instant pour tendre le verre à la serveuse et lui donner ses consignes.

- Veuillez servir le verre à M. Grant et trouvez M. Hogan pour qu'il s'occupe de l'inscription s'il vous plait. J'ai un problème à régler... Et si M. Hogan n'est pas content, dites lui que c'est la même chose.

La jolie rousse ponctua sa phrase d'un sourire, comme si ça pouvait être une plaisanterie, puis une fois certaine que la demoiselle avait bien tout compris, Moïra lui tourna le dos et ferma la porte du sous-sol derrière elle. Qu'il le veuille ou non, Grayson venait de passer du rang de soucis mineur à problème prioritaire.
Cette petite interlude avait tout de même permis à la propriétaire du Bones de reprendre quelque peu ses esprits et un semblant de calme tandis que le feu qui l'habitait avait été remplacé par un froid autrement plus mordant.

- Et après quoi ? Tu vas garder ça ici pour des diners aux chandelles toi d'un côté et elle de l'autre des barreaux jusqu'à ce qu'elle se putréfie au point de n'être plus que des cendres ?

La question avait été posée avec un ton de provocation cinglante volontairement mal dissimulée alors que la jolie rousse s'était replacée face à son employé et soutenait infailliblement son regard. Ca y était, elle avait sous-entendu qu'elle avait compris son manège, qu'elle avait compris qui cette femme avait été, quand bien même la jolie rousse était incapable de le prononcer car la supposition était étrangement douloureuse.

- Tu es conscient que ce n'est pas un musée des souvenirs ici, n'est ce pas ?

Les mots blessants se bousculaient dans l'esprit de Moïra à tel point qu'elle ne savait même plus lesquels choisir. Pourtant elle avait également le sentiment de devoir se justifier, de ne pas pouvoir juste le détruire lui et son idée d'animal de compagnie sans se trouver des excuses. Et après tout c'était vrai, il fallait apparemment qu'elle s'explique parce qu'il n'avait visiblement pas tout compris aux règles en vigueur.

- Ce lieu est à moi donc c'est mon problème et ce lieu est un entrepôt à marchandises. Il sert à stocker ce qui fait notre gagne pain tous les soirs. Un point c'est tout. Et ça, cette chose là, elle ne va pas combattre, alors elle n'a rien à faire ici, elle ne représente qu'une perte de temps, un risque inutile et une perte de place pour rien. C'est simple.

Une drôle d'impression encore, comme si Moïra avait quelque chose qu'elle voulait se prouver à elle même tandis que les mots tombaient comme des lames. Peut-être que le pire dans tout ça n'était pas ce que la Hellraiser disait, mais comment elle le disait, laissant glisser les mots alors même qu'elle savait pertinemment qu'elle courrait sur un terrain glissant avec une désinvolture à toute épreuve.  

- Je ne veux plus voir ça ici.

Et la sentence était tombée, déterminant dans sa chute tous les évènements à venir.


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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Jeu 22 Sep - 15:46



« Corpses in motion, cruelty in kindness »

Black Sun
Moïra & Grayson

— Non.

Clair et lapidaire. Comme si elle ne méritait pas plus d’explications. Non, ce n’est pas ma cousine éloignée. Non, je ne développerai pas. T’as qu’à deviner. T’as qu’à chercher. La laisser dans l’incertitude tout en laissant planer les sous-entendus, c’est la nouvelle démonstration de mes propres hésitations. Je veux qu’elle sache et je ne le veux pas tout à la fois. Je veux qu’elle me prouve qu’elle ne s’en fout pas. La rancœur acerbe que je perçois dans sa voix en est peut-être un indice, mais ça ne me suffit pas. Je veux plus. De véritables preuves. Des aveux ? Je pousse un peu plus loin, laisse échapper son nom dans un souffle qui pourrait ressembler à une caresse. Qu’est-ce que je cherche ? Sa jalousie ? Oui, je dois bien me rendre à l’évidence, c’est cette émotion précise que je tente confusément d’attiser chez elle.

Jetant un œil à la silhouette à mes pieds, je ne peux m’empêcher de les comparer. Le regard perçant et limpide de Moïra contre l’orbite creuse et l’expression absente de Norah. Et pourtant. Je les trouve belles. Toutes les deux. La seconde a certes perdu de son éclat, mais les souvenirs s’immiscent dans la chair rongée, comblent les vides que la mort et les intempéries ont emportés. La mémoire a ceci de merveilleux. Elle est capable de redonner forme à ces pommettes ciselées, d’insuffler dans cet œil vide la vie que je lui ai autrefois connue, de recomposer sa silhouette aux lignes rondes. Mais je ne suis pas seulement ébloui par ces illusions dérobées au passé. Non, je la trouve belle aussi maintenant, dans toute sa déliquescence. Je suis toujours seul à la distinguer. Cette esthétique funèbre de la décomposition… Une poésie de la ruine, à la fois exubérante et tragique.

À elle seule, elle inspire un malaise doux-amer, une fétide mélancolie. Mais à deux… Elles forment un tableau captivant, dont j’ai le plus grand mal à me détacher. Moïra et sa silhouette précise tout juste adoucie par le flot souple de ses cheveux. Velours lacté sur cuivre poli. Elles ne pourraient être plus différentes, plus opposées. La splendeur de Moïra semble rehaussée par la décrépitude des lieux et de ses résidents, tandis que la pauvre carcasse de Norah n’en devient que plus cauchemardesque. Entre les deux… Je me sens juste con. Un pied dans chaque monde et pas foutu de choisir mon camp. Une forme de culpabilité domine. Celle d’utiliser Norah dans un but peu avouable. Elle n’a rien demandé, elle. Elle n’a même plus conscience de son existence, de ce qu’elle était, pour moi… avant.

C’est dégueulasse de me servir aujourd’hui de ce qu’il reste d’elle pour attirer l’attention d’une autre. Elle mérite mieux. Elle mérite… La Mort. La vraie, celle qui la délivrerait enfin de ce reliquat de vie moins qu’animale, de cette lente agonie. Je sais, au fond de moi, que ce serait la chose à faire, la chose juste. Et je ne parviens pas à m’y résoudre. Pas pour elle… Pour moi. Faut croire que j’ai pas totalement fait mon deuil, j’arrive pas à la laisser partir. Ces réflexions me plongent dans un mal-être presque physique, encore une fois renforcé par la présence de la propriétaire des lieux, chaude et vive, qui semble emplir toute la pièce et illuminer mes sous-sols de son aura ardente.

Elle se retourne soudain, et je m’attends à la voir claquer la porte. Sa voix autoritaire crépite dans son talkie. Je crois toujours à son départ imminent, l’estomac fait de plomb, lorsqu’elle continue de m’ignorer pour servir le verre qu’elle était venue chercher. Elle se dirige vers la porte d’où elle est venue, elle va partir sans se retourner, me laissant seul à mon amertume. À la place, je l’entends finalement déléguer ses obligations. Un sentiment de satisfaction m’étreint férocement : je suis devenu son problème numéro un, celui pour lequel elle vient de lâcher toutes ses autres responsabilités. Pour se consacrer à moi, seulement moi. Même si c’est pour m’engueuler, même si je sais d’avance que je n’accepterai aucune de ses critiques.

Je note avec un plaisir vicieux la façon dont elle traite Hogan lorsqu’elle le mentionne à sa serveuse, comme un subordonné qui n’aurait pas vraiment voix au chapitre. J’aime quand elle agit ainsi, seule maîtresse à bord. Pourtant, je sais bien que je ne perds moi-même rien pour attendre. Mais d’une certaine manière, je suis presque impatient. De cette confrontation, lorsqu’elle n’aura enfin d’yeux que pour moi, que je pourrais à ma guise la faire tourner en bourrique, me délecter de son irritation croissante. Elle pivote, retrouve mon regard. Dans le sien luisent les braises de son courroux. J’en ai le souffle coupé. Puis ses mots déchirent l’air, fulgurants dans leur cruauté. Dans leur vérité.

Non, je n’ai aucun avenir avec la rôdeuse mutilée qu’est devenue Norah. Ce que j’aimais chez elle autrefois, c’était sa vie, son rire, les minuscules rides qui se plissaient au coin de ses yeux, la chaleur ambrée de sa peau, les fossettes sur ses joues pleines. Aujourd’hui, je ne suis plus fasciné que par l’horreur douceâtre qu’elle m’inspire. Mon regard se fait plus dur en soutenant celui de ma patronne. Que connaît-elle de tout cela ? Comment se permet-elle de juger, de moquer mes actions, elle qui ne se donne qu’à son travail et se barricade dans son rôle de businesswoman pour ne jamais se laisser approcher ? Ce musée des souvenirs, comme elle l’appelle, c’est peut-être tout ce qu’il me reste.

Je serre les dents tandis qu’elle poursuit sa diatribe implacable. Une perte de temps, un risque inutile et une perte de place pour rien. Ça a le mérite d’être clair et direct. Mais tout le monde ne peut pas se targuer d’être la reine des glaces. Comme une montée de fureur, je suis soudain pris par l’envie impérieuse de résister.

— Et si je refuse ?

J’ai à nouveau croisé les bras sur mon torse, la mâchoire contractée. Je l’affronte rarement de cette manière, aussi directe. Mais je suis bien tenté de voir jusqu’où elle est prête à aller… Et moi aussi, par la même occasion. Juste parce que je n’aime pas quand elle prend ce ton avec moi. Celui qu’elle emploie avec tous ses autres salariés, celui qu’elle a craché dans son talkie et à la porte. Je ne suis peut-être pas incliné à me considérer comme n’importe quel employé, et ne me comporte pas comme tel, pour bien marquer la différence.

Je sais qu’elle pourrait me virer en un claquement de doigt, mais… Soyons honnêtes, les mecs suffisamment atteints pour aller crapahuter de l’autre côté des murs et ramener sans encombre plusieurs rôdeurs ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval. Personne n’est irremplaçable, clament de concert la logique corporatiste et l’impitoyable mafieuse, mais il n’empêche que certaines qualifications sont plus rares que d’autres. Dans un sens, il est rassurant de me dire que je suis indispensable au Bones, à défaut de l’être pour Moïra. Et d’en jouer… J’ai toutefois conscience de risquer d’aller trop loin.

Elle est têtue. Juste pour me faire chier et me prouver que j’ai tort, elle serait réellement capable de me foutre à la porte. Et c’est le dernier truc que je souhaiterais… Je me suis habitué à mon nouveau petit monde, je ne veux pas redevenir le sauvage que j’étais avant qu’elle me trouve. Sans elle, je suis persuadé de retourner à cette existence plus morte que vive. Sans elle, je serai perdu. Dans un soupir, je décide à contre cœur d’en appeler à sa sensibilité, si tant est qu’elle sache l’écouter, plutôt que de continuer à tirer sur ses cordes. Et de passer aux aveux.

— Ok, ok, vais le dire. C’est… C’était ma copine. À cause d’elle que j’ai commencé à traîner de l’autre côté, je l’avais retrouvée. Ce que j’faisais quand on s’est rencontrés. J’ai arrêté ensuite, mais récemment je… J’suis retombé sur elle. L’ai ramenée, plus fort que moi.

J’aligne rarement autant de phrases, et ça me laisse l’impression de me vider de toute énergie, ne rendant celle de la seule personne encore vivante dans ces sous-sols que plus désirable. Je ne dois pas penser à la faim. Ni à ses lèvres joliment plissées dans cette moue contrariée. Sur un raclement de gorge maladroit, je reprends d’un ton plus ferme.

— Laisse-moi quelques jours. Sais pas encore… C’que j’vais faire d’elle.

Ma voix a un peu trop baissé sur les derniers mots, mais mon regard reste fixe, solidement harponné à celui de Moïra. J’ignore comment elle va réagir à cette confession. Se foutre de mon sentimentalisme, peut-être, ou le balayer totalement pour mieux réaffirmer son autorité. Ça lui ressemblerait bien. Et ce serait probablement la certitude que tout dégénère ensuite. On a tous notre fierté.
 

 
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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Jeu 22 Sep - 17:48



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Grayson & Moïra




La colère, cette bête noire qui avait été un des piliers à la création du Bones, cette colère qui prenait l'emprise d'un corps, qui ne vivait que pour l'instant de satisfaction que procurait sa libération puis qui mourait dans un océan de regrets. Moïra ne la connaissait que trop bien et à ce niveau là, elle n'avait jamais ne serait-ce que tenté de faire croire qu'elle valait mieux que tous ceux pour qui elle avait ouvert le Bones. Ce Club était son échappatoire à elle aussi et c'était peut-être pour ça qu'il fonctionnait si bien... Pourtant ce soir, regarder son petit monde tourner autour d'elle ne suffisait pas à la jolie rousse, il fallait qu'elle aussi combatte. Ceci-dit, un affrontement avec un des zombies aurait surement eu bien moins de retombées que cette bataille là...
Malgré tout, le fait de se mettre en colère n'exprimait pas tout, bien au contraire, et la jeune femme avait souvent vu l'expression de la rage comme la carapace cachant une foule d'autres sentiments. La peur, l'injustice, l'incompréhension... Tout ça changé en des cris, du bruit, de grands gestes pour détourner l'attention. Un théâtre agité pour masquer les dégâts causés en coulisses... Aujourd'hui, Moïra aussi portait cette armure et ce masque de guerre pour ne pas révéler des choses qui lui étaient moins supportables que de prendre et de rendre des coups. Elle jouait à un rôle qui était devenu le sien, celui d'une monstrueuse poupée au cœur de glace.

‹‹  Et si je refuse ? ››

Refuser. Qu'avait bien pu être cette chose de son vivant pour que Grayson refuse maintenant de la libérer de son triste sort ? Ou bien prenait-il un si grand plaisir que cela à tenir tête à la Hellraiser ? Ce n'était pas comme s'il s'était farouchement opposé à l'idée de se débarrasser d'elle, il n'avait pas non plus cédé à la rage ou à la panique, il avait posé une question. Moïra proposait de tuer définitivement cette chose à laquelle il semblait tant tenir et lui, il émettait simplement l'hypothèse de refuser. Ca ce n'était pas de la colère pure, c'était de la provocation et la jolie rousse avait beau le savoir, elle se laissait faire, jouant au jeu comme si elle n'avait pas conscience qu'au fond s'en était un.

- Alors je m'en occuperais moi-même.

Un coup rendu pour un donné. Les règles avaient été établies depuis bien longtemps et la Hellraiser ne s'en détournait pas. D'autant plus que maintenant, les mots ayant été prononcés, une douloureuse envie était née dans le cœur de Moïra : celle de réellement mettre fin à la non-vie du zombie. C'était un désir égoïste, tentant, qui s'était allumé et qui, elle le savait, ne pourrait s'éteindre que quand la chose aurait cessé d'exister. Mais ce qui était à la fois le plus effrayant et le plus excitant pour la jeune femme, c'était que malgré le fait se savoir à quel point cet acte pourrait être douloureux pour Gray, elle savait pertinemment qu'elle n'aurait aucun mal à le faire.

‹‹ Ok, ok, vais le dire. C’est… C’était ma copine. À cause d’elle que j’ai commencé à traîner de l’autre côté, je l’avais retrouvée. Ce que j’faisais quand on s’est rencontrés. J’ai arrêté ensuite, mais récemment je… J’suis retombé sur elle. L’ai ramenée, plus fort que moi. ››

Le cœur de Moïra manqua un battement et si son organe vitale était de glace, alors il venait de se fêler à un endroit. La propriétaire du Bones ne pouvait que comprendre. Si elle avait été à la place de Grayson et qu'elle avait retrouvé Matt là bas... Si elle l'avait retrouvé, même sous la forme d'un zombie, elle aurait tout fait pour le ramener, pour le mettre en lieu sûr et elle aurait attendu, aussi longtemps qu'il le fallait jusqu'à ce qu'un jour quelqu'un trouve un remède pour ramener les morts à la vie. Mais l'image était trop douloureuse et la jolie rousse ne pouvait se laisser aller à des sentiments qui ressemblaient, de près ou de loin à de la faiblesse. Alors son esprit mit en place un autre cheval d'attaque : c'était cette chose, là, par terre, qui avait manqué surement des dizaines de fois, sinon plus, de tuer Grayson. C'était à cause de ça que Moïra l'avait retrouvé errant, sans but, presque mort la toute première fois, c'était à cause d'elle qui avait prit, sûrement plus de risques encore en la sortant de là où elle était pour la ramener ici. De ses yeux brûlants de rage, la jeune femme avisa le corps sans jambes de la créature. Il avait du la porter. Combien de fois avait-il manqué de se faire déchirer un bout de chaire alors qu'il la tenait dans ses bras ?
Le regard de feu de la jolie rousse remonta le long de son employé jusqu'à atteindre ses yeux. Surement aurait elle voulu laisser sur son sillage de réelles traces de brûlures...

‹‹ Laisse-moi quelques jours. Sais pas encore… C’que j’vais faire d’elle. ››

Il se foutait d'elle, elle s'en était persuadée maintenant. Mais au fond, pourquoi s'emportait-elle tant ? Un faible voix soufflait encore à Moïra de reprendre son sang froid, d'accepter de lui laisser du temps et de retourner à ses affaires. Il avait le droit d'avoir quelques jours pour réfléchir et puis après tout, il faisait ce qu'il voulait de cette chose, c'était vrai, Grayson avait toujours parfaitement géré son travail, il n'y avait jamais eu d'accident majeur et les combats du Bones n'avaient jamais manqué de zombies. Pourquoi réagir ainsi ? Pourquoi vouloir à tout prix que ce qui restait de cette femme disparaisse ? Ce n'était pas logique, c'était de l'auto-sabotage. La Hellraiser n'avait aucun intérêt crédible à contrarier son plus fidèle employé. Et pourtant une force inconnue la poussait toujours davantage à continuer son manège, à s'enfoncer plus encore dans les ténèbres. Si les Hommes étaient des êtres torturés c'était parce que des plus beaux sentiments pouvaient naitre les plus horribles des monstres.

- Ce que tu vas en faire ?

Les mots étaient prononcés avec un tel dédain qu'ils suffisaient à comprendre que la suite n'allait pas être des plus agréables à entendre. Pourtant elle s'échappait des lèvres de la jolie rousse comme un flot de venin seulement destiné à répandre du poison sur son chemin.

- Grayson, elle est morte ! Cette chose n'est plus celle que tu as connu depuis bien longtemps.

Et au passage, le venin brûlait aussi la chaire de la jolie rousse, pour qu'ainsi, personne ne soit épargné.

- C'est une carapace vide, il n'y a plus là qu'un monstre inutile. Je te l'ai dit : soit tu met fin à ça, soit je le fais. Immédiatement.

Pourquoi tant de précipitation ? Pourquoi ses mains s'étaient-elles mises à trembler à l'idée de retirer ce qui restait d'agitation à ce demi-corps ? Et pourquoi cette crainte soudaine qui s'était réveillée au fond de ses entrailles ? Une crainte qui fit raisonner les martellements du crâne de Moïra au rythme galopant de son cœur.
Sans vraiment s'en rendre compte, tout en parlant, la Hellraiser avait traversé la distance qui la séparait encore de son employé et sa main était venu saisir son poignet. Intérieurement, elle était perdue, perdue entre ce qu'elle aurait du faire et ce cinéma qu'elle offrait à Grayson, perdue entre la douleur dans sa tête et celle dans son cœur. A l'extérieur, elle semblait seulement en colère, sombrement en colère et paradoxalement d'un calme dévastateur. Mais ce n'était pas le cas, elle était loin d'être calme et au contact même de sa peau avec celle de Gray, la nécrose commença. Une putréfaction rapide de la surface épidermique qu'elle touchait et dont elle ne se rendait même pas compte tellement ses yeux étaient perdus dans ceux de son vis-à-vis, comme si elle espérait s'y retrouver, comme si elle croyait pouvoir y trouver la force de tout arrêter et de ne pas succomber à la tentation d'asseoir, une fois encore, son pouvoir au dessus de tout.


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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Mer 5 Oct - 18:48



« Corpses in motion, cruelty in kindness »

Black Sun
Moïra & Grayson

L’éclat tranchant qui s’allume dans son regard lorsque je lâche ma grande question a quelque chose de glaçant. Sa pupille se dilate insensiblement, ses paupières se rétractent à peine, c’est un mouvement global et infime qui porte une charge de haine dont je ne l’aurais pas cru capable. J’ignore si elle est entièrement dirigée vers moi. Sa réponse claque bientôt, aussi simple qu’implacable. Elle s’en occuperait elle-même ? J’en reste un instant sans voix, me contentant de la fixer d’un air effaré. Évidemment, je ne la laisserais jamais approcher de Norah. Pas pour l’empêcher de la détruire, mais pour la protéger, elle. Norah a beau être diminuée, elle n’en reste pas moins dangereuse et il serait très regrettable de la sous-estimer. Je ne veux pas voir Moïra à moins de deux mètres d’elle.

Sa vindicte ne fait que m’encourager à passer aux aveux, quand bien même l’exercice m’est difficile. J’aurais dû me douter que ça ne suffirait pas à la calmer. Son regard s’évade, toujours embrasé de colère, pour se poser sur la rôdeuse mutilée. L’expression de Moïra en cet instant me fascine tout autant qu’elle m’inquiète. Elle n’a pas toujours été si prompte à ces humeurs délétères, et si elle conserve encore une façade impeccable, je la connais assez pour savoir lire entre les lignes. Qu’est-ce qui l’enrage autant ? Il ne peut pas s’agir uniquement de cette histoire de zombie rapporté.

Est-ce à moi qu’elle en veut ? Ai-je fait quelque chose qui lui a suffisamment déplu pour me le faire payer maintenant ? Et serait-ce la raison pour laquelle elle m’évitait ces derniers temps ? Ou peut-être s’est-il passé autre chose, dont elle ne m’a pas parlé, et elle a décidé d’évacuer sa frustration dans cette affaire. Mais pourquoi ne m’en aurait-elle pas parlé ? Si elle a des problèmes, elle sait bien que je serai la première personne à tenter de les résoudre avec elle… Peut-être qu’elle est allée trop loin avec ce foutu flic et qu’il a découvert des trucs. Peut-être qu’elle n’a pas osé m’en parler parce qu’elle a honte, et ce serait bien la moindre des choses, j’ai toujours dit que ce petit jeu était complètement con.

Toutes ces possibilités tournent et retournent dans ma tête, sans que je ne parvienne à déterminer laquelle est la plus vraisemblable. Une chose est sûre, le comportement de Moïra a changé. Lorsque son regard accroche de nouveau le mien, je vacille presque, et je me sens obligé de plaider ma cause. Quelques jours, juste quelques jours, qu’est-ce que ça lui coûte ? Les mots qu’elle me crache en réponse sont aussi toxiques que son regard. Une puissante envie de la faire taire commence à me prendre la gorge. Si je ne ferais pas de mal à ma patronne, j’ai aussi mes limites. Je ne lui ai jamais manqué de respect, mais j’ai toujours été très clair sur mon statut dans son entreprise : je suis son partenaire commercial, son employé si elle veut, pas son larbin. J’ai beau être prêt à beaucoup de sacrifices pour elle, elle ne peut pas me traiter comme un chien.

Son exclamation inutilement cruelle me fait serrer les poings. Je le sais, qu’elle est morte. C’est moi le spécialiste, tu te rappelles ? Je le sais, qu’elle n’es plus ma Norah, celle avec laquelle j’aurais pu prétendre à une vie simple et heureuse, celle pour laquelle j’avais cessé d’être ce délinquant colérique, celle que j’étais prêt à épouser, avant que l’Enfer ne décide de se déverser sur Terre. Je le sais parfaitement, mais ça n’en rend pas les choses plus aisées pour autant. Quel besoin de me gifler avec ces qualificatifs odieux ? Carapace vide, monstre inutile… La colère me monte au nez et je rétorque sèchement.

— T’oserais pas. Mais essaie un peu. Tu crois que tu fais le poids ?

En réalité, je ne suis pas si certain de mon avantage. Il est facile d’oublier que sous sa silhouette délicate s’enroulent les pouvoirs occultes d’une magicienne. Mais irait-elle jusqu’à les utiliser contre moi ? C’est ce que nous allons voir. Plus rapide que je ne l’aurais crue, elle se rue sur moi, tandis que je projette instinctivement mon corps en barrière devant la cage de Norah. C’était très clair tout à l’heure, mais en cet instant, je ne sais plus trop qui je cherche surtout à protéger. Moïra me saisit le poignet, initiant un contact physique qui lui est très inhabituel mais que je ne peux m’empêcher de savourer, malgré la colère et la douleur encore fraîche causée par ses propos.

Ses iris glacés sont comme des harpons qui m’attirent vers ses profondeurs plus sûrement que le chant des sirènes. Je me perds à essayer de la déchiffrer, de comprendre ce qui peut bien se passer dans sa tête et qu’elle ne me dit pas. Elle est si proche maintenant, et je lis — ou peut-être que je ne fais que l’imaginer — une déchirure dans son regard, un tourment profond qui me donne envie de m’incliner un peu plus pour capturer ses lèvres. Je me suis presque décidé, à envoyer ses règles et toutes les conventions au diable, juste pour un instant de folie…

Oui, je suis sur le point de me pencher vers son visage, lorsque qu’une douleur sourde, un malaise étrange irradiant dans mon bras, me fait finalement baisser les yeux. Ce que j’y découvre est une vision d’horreur : autour des doigts de Moïra, tout mon avant-bras a pris une teinte noire et une apparence spongieuse, comme si la peau était proche de se détacher par lambeaux. Je suis pris d’un haut le cœur et réagis par réflexe : de ma main libre, je repousse d'un geste brutal l’inconnue qui m’emprisonne et recule précipitamment pour instaurer une distance entre nous.

Je me heurte aux barreaux de la cage, sens les doigts décharnés de Norah s’agripper à mon jean. Me libérant d’un coup de pied, je bats en retraite vers mon bureau, les yeux écarquillés d’horreur. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Une malédiction ? Non, non, j’en connais assez sur les pratiques douteuses des Sorciers pour savoir que tout sort nécessite au minimum une incantation, et bien plus souvent un rituel complexe. Non, ce que je viens de voir là, cette… monstruosité, c’est autre chose. Autre chose de bien plus terrifiant, dont j’ai seulement entendu parler à demi-mot dans les bas-fonds de la ville.

Une possession. Un parasite qui s’est logé dans l’enveloppe charnelle de ma boss et gouverne son esprit. Est-elle seulement encore là, quelque part à l’intérieur ? Ou la chose a-t-elle déjà dévoré tout ce qu’elle était ? Cette pensée m’est trop insupportable, je sens mon cœur se contracter violemment en refus de l’hypothèse. J’ai ramené mon bras blessé contre mon torse et ose à peine y jeter un coup d’œil. La nécrose ne s’est pas propagée plus loin. Je relève aussitôt le regard vers Moïra, pris de la peur irrationnelle de la voir approcher. J’ai le souffle court et l’énergie basse, la faim dévorante. Ma voix n’est plus qu’un souffle rauque.

— Qui es-tu ?

Es-tu encore la femme que j’ai connue ? Es-tu encore présente ? N’es-tu pas devenue, toi-même, une carapace vide d’un autre genre, un monstre tout aussi inutile ? Prouve-moi que tu es encore là. Prouve-moi que tu es toi et que tout ceci n’est qu’un cauchemar. Réveille-moi, par pitié.
 

 
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MessageSujet: Re: Black Sun [PV Moïra]   Lun 10 Oct - 0:09



"Good stories are just unfinished stories"

Grayson & Moïra




Cette chose que Moïra cachait à l'intérieur, valait-elle cette colère sans nom ? Certainement pas. Mais la peur des choses qu'on ne comprenait pas faisait faire des folies. Et si une chose était certaine, c'était qu'avec la crainte que Moïra entretenait pour ce qu'elle ressentait, elle s'était jetée à corps perdu dans un déni total de toute autre émotion qui ne ressemblerait pas à une rage débridée.
Et à présent, son énervement était tel qu'elle se serait sentie prête à écraser le crane du zombie avec son talon aiguille.
Pourtant elle ne le ferait pas. Malgré toutes les menaces qu'elle avait proférées il faudrait qu'il la pousse plus encore pour qu'elle ne le fasse. Quand bien même l'envie ne lui manquait pas, quand bien même ça pouvait porter atteinte à son autorité, les gestes de la jolie rousse ne pouvait juste pas correspondre à ses mots. Parce que ses lèvres semblaient contrôlées par sa tête alors que chacune autre des parcelles de son corps suivait son cœur. Voilà pourquoi la Hellraiser était perdue, parce qu'elle était déchirée, parce qu'elle suivait une logique destructrice.

‹‹ T’oserais pas. Mais essaie un peu. Tu crois que tu fais le poids ?  ››

Le poids ? Si elle croyait faire le poids face à lui ? C'est ça qu'il lui demandait ? Honnêtement, oui. Dans sa tête, Moïra croyait pouvoir lui tenir tête et s'il disait un mot de plus elle passerait à côté de lui pour aller détruire son animal de compagnie ! Mais en réalité, tout au fond de son esprit, bien caché loin derrière sa fierté, la jolie rousse savait bien que d'une main Grayson pourrait la maitriser. Il était bien plus fort qu'elle, il était entrainé à se battre et il n'était pas seulement fort mais aussi rapide, Moïra le savait pertinemment. Et à vrai dire, même ce savoir s'il s'imposait plus encore dans son esprit ne ferait que la motiver plus encore et lui donner plus envie de se battre.
Pourtant, le choc fut moins brutal que ce à quoi la colère démesurée de Moïra aurait pu préparer.... Au début tout du moins. Elle n'avait fait qu'un pas, elle n'avait fait que s'accrocher à lui comme à une bouée en pleine mer. Elle le tenait pour ne pas perdre l'équilibre, ne pas flancher, trouvant dans cette proximité la force paradoxale de continuer à essayer de le faire vaciller lui. Et pourtant ce n'était pas ce que Moïra voulait vraiment. Elle aurait juste voulu qu'il lui obéisse, qu'il tue cette chose sans discussion, sans en éprouver le moindre regret, la moindre douleur. C'était simple, Moïra aurait voulu qu'il la choisisse elle. Et ça évidemment, elle ne pouvait pas l'avouer. Quand bien même ça sautait au visage, le mettre en mots aurait rendu cet égoïsme plus réel encore et risquait de faire remonter à la surface bien d'autres choses encore que la jolie rousse s'efforçait de recouvrir toujours davantage. Et tous ses efforts, ajouté à son mal de tête, peut-être aussi à une fatigue latente avait éveillé en elle ce pouvoir, cette nécrose que la jolie rousse n'avait découvert que quelques mois plus tôt et dont elle n'avait pas encore totalement prit l'habitude. Malheureusement, Moïra s'en rendit compte trop tard, au moment même où les yeux de Grayson descendirent vers son bras pour s’écarquiller dans une vision d'horreur. La jeune femme suivi son regard. Qu'avait-elle fait ? Elle allait retirer sa main mais l'homme fut plus rapide, l'envoyant de sa main libre reculer sur quelques pas. Moïra heurta une cage. La jolie rousse eu un moment de choc pendant lequel elle resta immobile avec l'impression que les barreaux froids étaient la seule chose qui lui permettaient de ne pas s'effondrer sur le sol, jusqu'à ce qu'un grognement résonne près de son oreille et qu'elle s'éloigne de la cage alors qu'un claquement de dents résonnait dans le vide.
Le mouvement de recul l'avait surprit avec autant de violence que s'il l'avait giflée. Maintenant encore elle en était sonnée, tenant d'une main son autre poignet, comme si elle avait besoin de ça pour s'empêcher de le toucher encore une fois.
Puis Grayson s'éloigna encore d'elle, mettant entre eux une distance qui semblait de plus en plus infranchissable à Moïra.
Cet homme qui traînait sans cesse parmi les zombies, quel genre de créature monstrueuse pouvait bien lui faire peur ? Qu'est-ce qu'elle avait bien pu devenir qui puisse effrayer un homme pareil ? Pendant tout ce temps, l'ancienne Nightkeeper ne s'en était jamais inquiété. Elle avait conscience qu'elle avait changé, elle avait conscience qu'avec tout ce qu'elle avait fait elle avait perdu une partie d'elle au passage. Peut-être son humanité, peut-être son cœur, peut-être son âme, qui s'en était soucié jusqu'à là ? Certainement pas la jeune femme en tout cas ! Elle avait perdu ses pouvoirs de sorcière au passage mais elle en avait gagné d'autres en échange, elle avait appris à manipuler les émotions, à savoir déceler le faux du vrai chez chacun mais à aucun moment elle n'avait eu l'impression d'être devenue meilleure ou pire qu'avant. Elle était toujours... Elle, Moïra, un monstre comme l'était chaque humain quelque part. Mais maintenant, sous le regard inquisiteur de celui qui lui importait tant, elle se sentait pour la première fois comme une abomination. Et pour la première fois dans sa vie, Moïra regrettait la crainte qu'elle inspirait.
Le corps encore tremblant, la jolie rousse ramassa ce qui lui restait de force pour avancer vers son employé qui s'était retiré près de son bureau.

- Grayson... je ne voulais pas...

Sa voix se brisa. Ses pas se stoppèrent. Son coeur ne supporterait pas qu'il recule encore une fois devant elle.
Alors la jolie rousse se tenait là, comme une enfant, démunie et blessée. Depuis combien de temps la propriétaire du Bones n'avait pas ressenti ça ? Depuis combien de dizaines d'années ne s'était elle pas sentie si impuissante ? Elle qui avait toujours tout sous contrôle, qui dirigeait son monde d'une main si ferme et sûre...

‹‹ Qui es-tu ? ››

La question la heurta comme un nouveau rocher ardent en plein cœur. Une fois encore Moïra eu envie de se rapprocher comme si la proximité avec Grayson aurait pu la sauver, comme si d'un simple geste il pouvait tout arranger. Pourtant la jeune femme restait immobile. Il ne devait pas s'enfuir. Pas encore une fois.
La Hellraiser ne lui avait jamais dit ce qu'elle était devenu. Ca ne lui avait pas paru important. Après tout elle ne savait pas exactement quand c'était arrivé et elle n'était même pas sûre qu'il l'ait encore connue en tant que sorcière. Alors pourquoi lui raconter quoi que ce soit ?
D'autant plus que ce n'était pas comme s'ils s'étaient immédiatement révélés tous leurs petits secrets, Norah en était une belle preuve. Jamais Moïra n'en avait entendu parler. Et puis par dessus tout ce n'était pas leur genre, de se dire tout, de se livrer, de s'abandonner. Ils étaient tout deux des êtres qui portaient une carapace faite de déception et de craintes, c'était juste que lui montrait cette armure alors qu'elle l'avait toujours caché derrière un tas d'artifices qui semblaient maintenant tombés les uns après les autres.

- Je suis toujours la même, c'est juste...

C'était juste qu'il ne l'avait jamais vu comme ça. Peut-être se l'était-il caché à lui même, sûrement l'y avait-elle aidé aussi dans ce cas. Moïra aimait que Grayson ait cette image impeccable d'elle et rien n'avait changé, elle était juste impeccablement monstrueuse.
La jeune femme restait à quelques pas de lui mais elle avait repris un peu de sa constance et de son calme aussi.

- Grayson, je suis un monstre. J'en ai toujours été un. Un drôle de monstre peut-être, mais un monstre quand même. Tu le savais. Aucun ange ne dirigerait un enfer pareil...

Un monde fait de haine et bâtit sur la crainte, un monde détruit dans lequel la Hellraiser avait débarqué après un demi siècle passé à Darkness Fall. Avait-on jamais vu quelqu'un ressortir purifié des Enfers ? Evidemment pas. Cette chose n'était qu'un terrible fourneau qui noircissait les âmes et plus longtemps on y restait, moins il subsistait de la personne qu'on avait été avant.

- Pourtant... Le jour où...

Le regard de la jeune femme vacilla un instant avant de revenir s'accrocher aux yeux sombres de son employé.

- Ce soir là... Quand tu as été mordu. J'étais déjà... J'étais déjà comme ça.

Pourquoi trembler ? Pourquoi avoir autant de mal à parler, elle qui avait l'habitude de manier les mots comme personne … La jolie rousse se sentait coincée, bloquée par les choix qu'elle avait fait, retenue par ce qui lui restait de raison pour ne pas courir vers lui et aller se serrer au creux de ses bras. Elle perdait la raison.

- Et maintenant tu veux faire quoi ? Tu veux partir ? Tu veux m'enfermer dans une des cages moi aussi ? Tu aimerais bien maintenant, pas vrai ?

Un faible sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme mais ses yeux étaient trop humides pour refléter quoi que ce soit de joyeux. Elle avait émis l'hypothèse qu'il s'en aille. Comme si c'était possible, comme si elle pouvait seulement le laisser faire. Grayson était ce qu'elle avait de plus cher  dans le Bones, il était son ami, il était la personne en qui elle avait le plus confiance. Et pourtant, s'il décidait de la quitter maintenant, elle ne saurait pas comment le retenir. C'était du moins ce qu'elle voulait croire... Une énième envie de se rapprocher la saisie, mais la peur la clouait toujours au sol, alors elle afficha son air insolent, quand bien même des rideaux de larmes lui emplissait les yeux, de la même manière qu'elle l'aurait provoqué directement à la jeter dans un de ses cagots à zombies.
Après tout ce temps, n'avait-il jamais deviné que le plus monstrueux des deux, c'était elle ?


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Black Sun [PV Moïra]

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