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 Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}

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MessageSujet: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mar 26 Juil - 19:49


« Don't play if you're not ready to lose or if you cannot handle it. »


   
   
Kezia
Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet


Si nous vivions dans un monde ordinaire, je serais l’une de ces spécialistes qui ne quittent leur bureau que pour intervenir sur des cas spécifiques. Au lieu de ça, j’avais plus l’impression d’être devenue un médecin de guerre. Ce qu’il restait de notre monde était devenu un champ de bataille apportant un flot de blessés et de morts constant. Je ne comptais plus le nombre de fois où j’avais été appelée aux urgences pour traiter des blessures bien loin de ma spécialité. Mais je restais un médecin et j’essayais quotidiennement de me rappeler de mon serment, même s’il me semblait bien futile désormais.

À quoi bon protéger quelque chose sur laquelle je n’avais, de toute façon, plus de réel impact ? La plupart des vies sauvées, à peine remises debout, s’éteindraient dans la rue pendant une nouvelle bataille rangée. À quoi bon sauver des hommes et des femmes qui travaillaient pour un gouvernement que je méprisais ? À quoi bon me plier aux lois d’honneur et de probité de mon métier quand le monde ne semblait plus tourner rond.

J’avais baissé les bras, et en avoir conscience ne m’avait pas vraiment aidé à changer les choses. Au contraire, cela m’avait poussé à prendre encore plus de distance avec celle que je pensais être ma fidèle amie. La science, celle qui m’avait aidé à me construire en des temps où aucun repère ne me semblait être le bon, ou ne serait-ce que fiable. Des décennies consacrées à celle qui m’avait sauvé d’une famille ravagée, pour quoi au bout du compte ? Voir tout ce sur quoi j’avais bâti mes convictions, s’effriter et ne plus suffire pour protéger ce que j’avais de plus cher. Une partie de moi était morte avec mon fils, cet être que j’avais aimé plus que quiconque, un amour inconditionnel que je n’avais jamais expérimenté et auquel je m’étais raccrochée comme une bouée de sauvetage. Mais le problème lorsque l’on s’autorise à faire de quelqu’un le centre de son univers, c’est que le jour où on la perd, plus rien n’a de sens ou d’intérêt. Alors on ne vit plus, on se contente de survivre et d’attendre que tout s’arrête.

Mais si nous avions vécu dans un monde ordinaire, je ne serais pas non plus celle que je suis aujourd’hui. Un bien ou un mal, je ne sais pas bien. J’aurais sans doute fait partie de ceux qu’on ne remarque pas, qui vive une vie bien rangée, monotone, et j’aurais aimé cette vie. J’aurais aimé ne devoir me préoccuper que des petits tracas de mon fils et de savoir si mon mari avait une maîtresse. Mais les évènements m’avaient façonné d’une toute autre manière, me révélant des aspects de moi-même que j’avais ignoré jusque-là. Si on m’avait dit qu’un jour, j’aurais le cran de devenir la gérante d’un marché noir, j’aurais changé de trottoir. Si on m’avait dit que je serais capable de commanditer des assassinats alors que j’avais juré de préserver la santé de tous sans discrimination… Comme quoi la bienveillance s’entretient, dans le cas contraire, elle fane et l’on perd un peu de sa propre humanité.

Malgré ma présence bien moins forte à l’hôpital, il était encore fréquent que je sois appelée aux urgences pour soutenir les équipes en place. En bonne soignante, j’accourais bien gentiment tout en maudissant l’univers et la cupidité des hommes. Dans ces cas-là, les urgences ressemblaient plus à un capharnaüm qu’à un hôpital. Beaucoup de bruits, d’éclats de voix et de personnes en train de s’agiter. Pourtant, j’étais très loin de ressentir toutes urgences et je pris le dossier que l’on me tendait par automatisme, parcourant le peu d’informations disponibles tout en me dirigeant vers le bon endroit. Mon cas n’avait rien de bien urgent et je suspectais les infirmières de le faire exprès, connaissant ma faveur en berne. Mais je n’atteins jamais mon patient, car je tombais sur une scène qui m’exaspéra en une fraction de seconde. Une interne en train de se faire malmener et qui n’arrivait pas à en caser une. J’avais encore assez d’empathie pour la sauver en lui fourrant mon dossier entre les mains et en lui ordonnant d’aller faire mon boulot. Si je pouvais me débarrasser de longues heures de couture, cela valait la peine de devoir supporter un échange de civilités avec une personnalité que je cherchais pourtant activement à éviter.

C’est pourquoi, je n’avais pas accordé un regard à l’homme depuis que j’avais renvoyé l’interne et me concentrais alors sur le corps étendu sur la civière. Étiquette rouge autour du poignet, donc pas encore mort à son arrivée, mais jugé comme un cas perdu d’avance lors du triage. Pour m’occuper et gagner un peu de temps, je pris son pouls et cherchais une respiration. Le premier était faible tandis que la seconde était quasi imperceptible. En vérité, j’étais désolé de voir la résistance perdre l’un de ses membres, si ce n’était pas un simple civil placé au mauvais endroit au mauvais moment. Mais pour tenir mon image, je gardais une distance émotionnelle avec les évènements et m’attachais à ne pas laisser d’émotions traîtresses transparaitre sur mon visage. Forte de ma maîtrise de moi-même, je me décidais alors à lever un regard critique sur le shadowhunter.

Il sera mort dans cinq minutes, et je ne pense pas que vous soyez capable de faire parler un mourant.

Lui faire face et rester impassible me demandaient un effort, je ne le nierais pas. Mais il était capital que je me tienne à ma décision de ne lui offrir qu’indifférence et mépris, ma sécurité en dépendait. Pourtant, j’entendais très nettement mon inconscient s’extasier sur son charme à l’épreuve des blessures et du sang qui le maculait. Traîtresse.

Est-ce que le super-héros que vous êtes a une fonction de régénérescence accélérée ou faudra-t-il recoudre cette arcade ?

Pas certaine que le chien lâche son os, mais si elle pouvait offrir une mort paisible au résistant, peut-être dormirait-elle mieux ce soir. Bien sûr en contrepartie, elle avait ouvert une partie de poker qu’elle n’avait pas intérêt à perdre contre le brun.
   



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Dernière édition par Lucrezia Mantegna le Mer 2 Nov - 16:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mer 27 Juil - 21:35


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Kezia
Tomorrow is a new day with no mistakes in it... yet.


Mon partenaire y était allé peut-être un peu fort et ce fut le coup de trop. Ne vous méprenez pas, il avait eu raison, nous n'étions pas là pour plaisanter. Si nous avions été appelés, c'était parce qu'il fallait régler la situation de façon radicale. L'homme en train d'agoniser sur la civière avait en sa possession des réponses et des informations qu'il nous fallait. Et bordel de merde, il n'allait pas pouvoir parler s'il mourrait. Lorsque je l'avais vu perdre connaissance, j'avais immédiatement vérifié son pouls pour constater qu'il était en train de rendre l'âme alors que son sang s'écoulait hors de son corps à une vitesse un peu trop ahurissante pour que je puisse contrôler l'hémorragie avec mes faibles compétences dans le domaine médical. Je n'avais pas touché au poignard enfoncé dans son flanc, car malgré tout je savais que cela majorerait son hémorragie, la lame ayant probablement transpercé sa rate dans le processus par inadvertance. Dommage, ça n'avait pas été voulu. J'avais appelé une ambulance immédiatement, sentant que je perdais ma cible dans une mare de liquide visqueux puant le fer. Mais plus les minutes défilaient, plus je réalisais qu'il ne se réveillerait pas de ce petit incident. J'avais bien essayé de le secouer, de l'obliger à ouvrir les yeux. En vain. Au fond je savais qu'il n'y avait plus rien à faire pour lui, mais de là à abandonner ? Non.

J'avais renvoyé mon partenaire. La mission s'arrêtait là pour lui. J'avais senti sa profonde déception, et surtout de la culpabilité pour la perte des informations précieuses avec la vie de cet homme. Peu importait, il avait mieux fallu que ce soit lui qui ressente toutes ces émotions plutôt que moi. Au moins, il avait été radical avec le résistant, et là était la chance de ce dernier. Probablement qu'avec moi, cela aurait été une bien pire agonie qu'il aurait subi, bien plus terrible, qui nous aurait peut-être mené au même résultat. Il n'y avait pas de regret à avoir, c'était ainsi. Je montais dans l'ambulance avec le « presque-mort », il était difficile de dire non à un Shadowhunter. Le trajet me parut interminable alors que les paramédics tentaient de le maintenir en vie jusqu'à notre arrivée aux urgences. Et ce fut à ce moment là que tout se compliqua. Une interne prit en charge le résistant, l'auscultant et observant l'étendue des dégâts avant de lui offrir un joli bracelet rouge.

Qu'est-ce que c'est ?

L'interne leva les yeux sur moi avant de prendre un air grave.

Je suis désolée mais il ne va pas s'en sortir.

Comment ça ? Vous n'avez rien fait encore.

C'était tout ? Elle l'auscultait et décidait qu'il ne s'en sortirait pas, l'abandonnait à l'entrée des urgences vitales et allait voir un autre patient ? C'était quoi cette histoire, elle faisait ses courses ou quoi ?

Il n'y a plus rien à faire. J'estime son hémoglobine à environ trois grammes par décilitre et sa tension inférieure à cinq. Il sera mort avant que nous ayons le temps de commencer la réanimation. La seule raison pour laquelle il respire encore, c'est parce qu'il était jeune et en bonne santé. Je pense qu'il fau...

Wo. Wo wo ralentis trésor, l'interrompis-je immédiatement en tendant la main dans sa direction pour la faire taire avant de réduire la distance entre nous. Je ne comprends pas ton jargon et à vrai dire je m'en fous. Cet homme a des informations importantes et il me les faut, tu comprends ça ? Alors ton équipe et toi, faites votre truc là, massez, injectez des produits et sauvez-le.

Je n'...

Ce n'est pas une question, ni une requête. C'est un ordre.

Nous fumes interrompus par une autre blouse blanche et une main tendant un dossier qui nous sépara immédiatement. Je reculais à peine, plus par obligation que par choix. Et lorsque je levais les yeux pour identifier la personne qui avait osé s'interposer, la tension dans mes épaules s'amoindrit naturellement. Je fermais les yeux un bref instant, soupirant contre ce destin et/ou ce hasard qui me jouait encore un mauvais tour. Il avait fallu qu'elle soit là ce soir, elle. Je ne savais pas qui Lucrezia avait cherché à protéger, l'interne ou moi, mais un petit quelque chose me disait qu'elle n'était pas intervenue pour mes beaux yeux. Je croisais les bras avant de porter une main à mon front et de le frotter du bout des doigts. Bien évidemment que je n'allais pas adopter le même comportement face à elle, et Lucrezia en avait bien conscience. Elle ne m'avait pas accordé la moindre attention, comme d'habitude. Et bien, au moins, elle restait cohérente avec elle-même. A vrai dire, cela me rendait fou, à l'intérieur bien sûr. Elle me servait encore ce mépris qu'elle prenait plaisir à me foutre au nez à chacune de nos rencontres. Même si une partie de moi commençait à croire qu'elle était sincère sur ce qu'elle ressentait pour moi, l'autre me rappelait ce que nous avions vécu cette nuit là ; oui je m'en souvenais parfaitement, j'avais été présent, et ça, elle n'avait pas pu le simuler aussi bien. Lucrezia ausculta le résistant plus vite que l'interne encore avant de donner son verdict : aucun espoir de survie. Sa remarque sur mes capacités m'amusa un bref instant. Quoi, vraiment, elle me vouvoyait maintenant ? Elle voulait paraître comme professionnelle sur son lieu de travail ou bien elle voulait prétendre que nous ne nous connaissions pas ?

Je ne suis pas capable de faire parler un mourant, mais vous n'avez pas l'air capable de sauver une vie non plus.

J'avais été un peu rude, mais peu importait, celle-ci elle l'avait méritée, j'en étais persuadé. J'étais arrivé ici avec un bon espoir de faire parler ma cible et tout venait de s'effondrer définitivement. Je devais accepter la situation, même si ce n'était pas chose aisée pour moi de baisser les bras. Nous avions perdu du temps à discuter de son cas alors qu'ils auraient peut-être eu le temps de lui prodiguer des soins à la place et augmenter ses chances de survie... Ce n'était malheureusement pas comme dans les films, triste vie. Mes yeux détaillaient le résistant en train de rendre ses derniers souffles alors que je le laissais partir sans lutter, lui et toutes les informations capitales qu'il possédait. Au son de la voix de Lucrezia, je relevais les yeux sur elle. Mon arcade ? Je portais deux doigts au bon sourcil spontanément et une vive douleur m'électrocuta dans une grimace. Effectivement. J'avais été tellement préoccupé par la vie du résistant que j'en avais oublié mes propres blessures. La confrontation avait été musclée avant que nous ne prenions l'avantage mon partenaire et moi. A vrai dire, oui, je possédais une capacité de guérison accélérée mais ça, elle n'avait pas besoin de le savoir. Et maintenant que ma mission venait de s'achever, sur un semi-échec, je pouvais me centrer sur autre chose : Lucrezia. J'essuyais le sang de mes doigts sur ma veste noire puis changeais immédiatement de comportement, comme si un bouton venait d'être poussé. Je réduisais la distance entre nous, abandonnant le mourant derrière moi comme si tout ceci n'avait plus la moindre importance – ce qui n'était pas totalement faux.

Je n'accepterais que tes bons soins, précisais-je.

Un sourire se dessina sur mes lèvres. Dieu que je devais avoir l'air d'un souillon et mon odeur devait être insupportable, mais tant pis, il fallait aussi s'assumer dans les pires situations. Je la désignais discrètement du doigt alors que j'étais tout proche d'elle maintenant, ignorant que nous n'étions pas seuls.

On va s'enfermer dans une salle que tous les deux alors ?

Mon sourire s'agrandit à cette pensée. Oh je savais très bien ce qu'elle allait m'offrir comme simple réponse : encore plus de mépris que précédemment. Le fait était qu'elle devait me soigner, à moins qu'elle refile mon cas à l'un de ses collègues. Je pourrais toujours m'enfuir si besoin. A vrai dire, nous bénéficions d'une aile médicale privée en tant que militaires et je n'avais rien à faire là pour une simple arcade sourcilière, mais quoi, je n'allais pas manquer une occasion de passer un peu de temps avec Lucrezia. En plus, cela devait vraiment la faire chier, je n'allais pas la laisser s'en sortir aussi facilement.

Est-ce que je vais devoir me déshabiller intégralement ? Qui sait, j'ai peut-être d'autres parties du corps qui nécessitent des soins de toute urgence.

Je retirais ma veste noire par pure provocation – et aussi parce qu'il faisait chaud ici. Mon sourire omniprésent ne s'était pas effacé une seule seconde et je ne l'avais pas lâchée des yeux.

Je te suis de près, comme d'habitude, lançais-je en attendant qu'elle m'indique le chemin et la salle où nous allions nous installer.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Jeu 28 Juil - 9:03


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Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet

Un soupir, vraiment ? Moi aussi, j’étais ravie de le voir. Oui, j’étais une femme, je repoussais un homme tout en me sentant insultée lorsque celui-ci ne m’accordait pas assez d’importance. Les réminiscences d’une fierté mal placée probablement. Mais l’avantage, c’est qu’il avait abandonné momentanément son attitude d’ours mal léché et que l’interne avait pu mettre les voiles. J’étais bien plus à même qu’elle d’encaisser et de gérer un shadowhunter grognon. Malgré tout, j’avais naïvement espéré une seconde que cette rencontre soit brève et calme. J’aurais très bien pu faire mon boulot et le renvoyer tout aussi vite, en évitant d’échanger trop de mots et l’affaire aurait été jouée. Mais j’avais oublié de prendre en compte un paramètre : la propension de cet homme à frapper juste. Avait-il seulement conscience de l’impact de ses mots sur moi ? Je le suspectais d’y prendre un malin plaisir tout en ignorant à quel point il pouvait toucher une corde sensible. Il aurait pu tout aussi bien m’accuser d’avoir tué mon propre fils et dans un sens, ma culpabilité l’interpréta de cette manière. Incapable, j’avais été incapable de le sauver lui, alors les autres… Mais la culpabilité était ma meilleure amie depuis des années et j’avais appris à la dissimuler en public. Une autre règle pour survivre dans notre monde désormais, ne jamais laisser l’ennemi voir vos faiblesses. Malgré ce qui avait pu se passer, l’homme en face de moi appartenait au camp opposé, c’était là une raison assez vitale pour que je me tienne à ne pas le voir autrement.

Si je ne pouvais pas exprimer ma peine, c’est un autre sentiment qui prit le relais. La révolte profonde et la colère envers tout ce que le gouvernement pouvait représenter. Je ne serais pas hypocrite en méprisant la mission des shadowhunters, mais je pouvais encore mépriser leurs méthodes barbares. Moi au moins, si j’avais quelqu’un à tuer, je ne faisais pas durer le plaisir, enfin Ambre ne le faisait pas pour moi en tout cas. Je pensais très fermement que cette bande de tarés prenait leur pied dans leur traque à l’homme, comme si le groupuscule avait attiré à lui, tout ce qu’il pouvait rester de psychopathe en manque de sang. Mon expression se durcit malgré moi et je répondis avec la même rudesse.

A qui la faute ? Il ne me semble pas l’avoir poignardé avant de prendre mon café.

Au temps pour moi, je n’avais peut-être pas réprimé tout mon mépris pour les shadowhunters. Mais je devais me calmer avant d’ouvrir définitivement les hostilités. La dernière chose dont j’avais envie, c’était d’une confrontation avec Kenneth pour la simple raison que je ne savais pas où cela pourrait nous amener. Mon regard suivit d’ailleurs le sien pour se poser sur le résistant. J’étais tout de même surprise que celui-ci soit encore vivant, l’idée d’un mauvais diagnostic commençait à se former dans un coin de ma tête. Mais la meilleure option n’était-elle pas de le laisser mourir avec tous ses secrets ? La résistance pouvait-elle se permettre de sauver une vie pour mieux la livrer au gouvernement ? Je savais pertinemment que si je tentais de le sauver, Kenneth ne le lâcherait plus jusqu’à ce que je le sauve ou l’achève.

C’est en reportant mon attention sur le shadowhunter que je le vis se rapprocher un peu trop de moi. Je me raidis à son approche tout en faisant un pas en arrière par instinct. Ne me jugez pas, je n’étais pas de nature téméraire ou courageuse et lorsque qu’une menace s’approchait, je la fuyais, voilà tout. Oui, je venais de briser la règle sur les faiblesses à ne pas montrer à l’ennemi, mais j’ai toujours été plus douée pour donner des conseils que les suivre. Pour me rattraper, je me fis violence pour lui offrir un masque d’indifférence, mais je me sentis tout de même sourciller. Cet homme avait une capacité à rentrer dans le tas comme un bulldozer dans un bâtiment. Ça, et une volatilité impressionnante. Lorsqu’il ouvrit à nouveau la bouche, ma surprise s’effaça pour laisser place au sérieux.

Ça aussi, c’est un ordre ?

Le ton de ma voix avait changé, son volume également. J’avais soufflé la question comme une forme de provocation que je n’étais pas sûre de pouvoir assumer. Mais Kenneth avait le don de réveiller la femme en moi. Il était comme une décharge électrique répétitive avec l’intention de me réveiller de ma léthargie latente. Je ne devais pas le laisser réussir, je le savais, mais toucher du doigt la sensation de vivre à nouveau avait quelque chose de définitivement grisant. Vu le sourire de ce cher Kenneth, il prenait au certain plaisir à cette situation également et le pire, c’est qu’il ne cherchait même pas à s’en cacher. Me provoquer était-il si distrayant ? Apparemment oui…

Je serrais les dents face à sa proposition, me retenant de lui répondre quoi que ce soit. Mais ce n’était pas la bonne stratégie puisque mon silence ne faisait que l’inciter à aller plus loin. Qu’attendait-il de moi ? Que je craque et lui saute dessus dans une salle de repos ? Je devais admettre que l’idée m’avait traversé l’esprit au moment où mes yeux avaient parcouru son torse, ses bras, pour finir par ses mains. Des mains que je pouvais très bien imaginer occupées à autre chose. Mais je chassais bien vite les images trop nettes dans mon esprit pour me reconcentrer, secouant légèrement la tête de droite à gauche. Mais je me rapprochais tout de même, comblant de moi-même le peu d’espace qui nous séparait encore, pour lui souffler doucement ma réponse avec un ton qui se voulait autoritaire, mais qui n’aurait aucun impact sur lui malheureusement.

Couloir de droite, troisième porte à gauche, tu m’attends sagement, je dois aller vérifier que tu n’as pas traumatisé cette interne.

J’avais dévié mon regard sur le dit couloir pour ne pas qu’il se trompe tout en parlant, abandonnant le vouvoiement puisque nous étions de toute façon passés sur un terrain plus personnel. Ce n’était qu’un demi-mensonge à vrai dire. J’allais effectivement voir l’interne, mais pas pour m’enquérir de son état, loin de là. J’effectuais un pas de côté pour me dégager, mais je me ravisais pour ajouter une dernière chose avec un léger sourire en coin.

Profite, pour une fois, ce sera moi qui te suivrais de près. Mais je te préviens, c’est une salle d’examen vitrée. Quoi que, ça ne devrait pas te poser de problèmes n’est-ce pas ?


Parce que je ne m’étais pas enlevée de l’idée, que ce mec s’était retrouvé nu en pleine rue, et même si la raison m’échappait, je trouvais ça relativement amusant. Mon sourire en coin perdura jusqu’à ce que je rejoigne l’interne dans le box où m’attendait mon patient, que j’ignorais totalement pour la prendre à l’écart et lui faire part de mes observations à voix basse.

Il n’est pas encore mort, emmène le en réa 2 et voyez ce que vous pouvez faire.

Le manque de réaction de la jeune femme me laissa perplexe. Elle n’avait pas oublié de qui je parlais tout de même ? L’exaspération me gagna alors que je remontais d’un ton.

Maintenant !

Je la regardais déguerpir avant de signaler à mon patient que je viendrai m’occuper de lui prochainement. Pour l’instant, j’avais un shadowhunter à distraire avant qu’il ne se rende compte que j’essayais encore une fois de l’entuber. Je retournais alors rapidement vers la salle d’examen que je lui avais indiqué, priant très fort pour qu’il n’ait pas eu l’idée de me prendre au mot. J’appréhendais tellement que j’ouvris et fermais la porte derrière moi sans regarder la pièce. Adossée à celle-ci, ne me manquait plus qu’un peu de courage pour relever la tête que je recherchais activement au fond de moi.

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Jeu 28 Juil - 17:05


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Et je l'avais méritée celle-là. Lucrezia tapait juste. J'irai boire mon café et je le savourerai, que cet homme soit mort ou non. Et après ça, j'irai même peut-être faire une petite sieste. J'accordais désormais peu de valeur à une vie humaine pour ce qu'elle était. Si je voulais ce résistant vivant, c'était pour obtenir les informations que je désirais, pas pour lui sauver la vie en tant que tel. J'aurais fini par le tuer de toute manière. J'aimais espérer croire que je faisais ce que j'avais à faire et que je le faisais bien. C'était pourquoi j'avais été recruté en tant que Shadowhunter en premier lieu. Tout chez nous était façonné avec attention pour dissuader les citoyens de faire les cons ou de jouer au plus malin avec le gouvernement. Nos vêtements, nos armes, notre attitude, nos méthodes. En général, lorsque vous croisiez un Shadowhunter, mieux valait quitter la zone dans laquelle vous vous trouviez. Je ne préférais pas répondre aux provocations de Lucrezia pour le moment, parce que j'étais actuellement calme et que je ne voulais pas que ça change. Je me trouvais dans un hôpital et je savais me montrer respectueux, de temps en temps... Rarement... J'avais alors abandonné l'attitude avec laquelle j'avais franchi le sas des urgences pour laisser place à un autre comportement que je maîtrisais tout aussi bien. Je n'étais qu'une succession de comportements sans grands liens entre les uns et les autres, mais au final j'étais plutôt cohérent, je m'adaptais juste à la personne qui se trouvait face à moi, et cela faisait clairement partie de mes qualités. J'arquais un sourcil lorsque j'entendis sa question dans un souffle. Ouh... Je lui souris un peu plus encore, si cela était possible, et je me fis la réflexion que ça n'aurait pas été une mauvaise idée au fond, puisque je savais de toute façon que Lucrezia ne suivrait jamais mes ordres. L'espoir faisait vivre, soi-disant.

Ne sois pas jalouse, je peux t'en donner tout plein des ordres si c'est ton truc.

Je pouvais sentir la réticence de Lucrezia et pourtant, en contradiction totale, je sentais également cette connexion électrique entre nous qui ne faisait qu'entretenir ce feu bouillonnant en moi. Elle devait prendre un malin plaisir à me renvoyer dans mes vingt-deux et j'acceptais son jeu, aussi frustrant soit-il. Lorsqu'elle combla le peu d'espace entre nous, je ne bougeai pas d'un millimètre, l’accueillant avec joie dans ma proximité. Elle souffla ses instructions alors que je la dévisageais, détaillant la beauté de ses traits sans louper une miette du peu qu'elle m'offrait à cet instant. Je ne pris même pas la peine de suivre son regard qui m'indiquait le bon couloir. L'attendre sagement ? Bien sûr, j'étais capable de ça. Et demandé aussi... gentiment, comment refuser ? Lucrezia s'échappa avant d'ajouter une dernière remarque faisant écho à la mienne. Je manquais de rire. Une salle d'examen vitrée... Elle ne prenait aucun risque, et si elle ne prenait aucun risque, elle dévoilait sa faiblesse d'elle-même. Avait-elle peur de ce qui pourrait se passer si elle se retrouvait dans une salle totalement close avec moi ? J'avais bien remarqué son petit sourire en coin et décidais de la laisser savourer ce moment. Je lui fis un simple signe de main pour toute réponse alors qu'elle allait s'enquérir de l'état de l'interne que j'avais secouée un peu plus tôt. Si peu. Si elle se laissait bouleverser pour ça, cette femme allait avoir des problèmes pour gérer son travail au quotidien. Elle en verrait d'autres et des biens pires. Au final, j'avais été plutôt poli et courtois en y pensant... Non ? J'observais Lucrezia partir en direction d'une aile de salles d'examens avant de rejoindre celle qu'elle m'avait indiquée, bien sagement, comme elle me l'avait demandé. Elle ne pourrait pas nier ma compliance aux soins sur ce coup-là. Troisième porte à gauche. Effectivement, une salle totalement vitrée. J'observais autour de moi. Etre sage. J'en étais capable. Pour cette fois. J'entrais et refermais la porte derrière moi, puis jetais ma veste militaire sur le divan d'examen. Je fis le tour de la pièce, fouillant presque l'espace, explorant le moindre recoin comme si j'allais y découvrir un grand secret. A vrai dire, rester à attendre sans rien faire n'était pas dans mes habitudes, et si elle voulait m'ordonner de rester cloîtré dans cet espace en l'attendant, je pouvais au moins nuancer mon comportement. Face au lavabo de la salle d'examen, j'entrepris de me laver les mains, deux fois, me débarrassant comme je le pus du sang du résistant et du mien par la même occasion. Je m'essuyais les mains en observant une nouvelle fois autour de moi. Des stores aux vitres. Tiens, Lucrezia n'avait pas précisé ce détail. La petite maline. Il me semblait bien étrange qu'une salle d'examen ne puisse pas avoir un minimum d'intimité à disposition. Tel le connard que j'étais, j'allais fermer les stores, l'un après l'autre avec un sourire grandissant sur mon visage. J'étais un patient pudique, j'avais bien le droit d'être satisfait de mon passage aux urgences, non ? Un peu de provocation ne nous ferait pas de mal, au point où on en était, c'était parfaitement gentillet. Je m'assis finalement à côté de ma veste et attendis patiemment, jouant avec les ongles de mes doigts. Quand la porte s'ouvrit finalement, je levais les yeux. Lucrezia referma la porte sans m'accorder la moindre importance, comme perdue dans ses pensées, et je me demandais si elle avait eu un problème sur le trajet ou avec l'interne qu'elle avait été voir.

Tout va bien ? Demandais-je presque naïvement.

Mes pieds touchèrent une nouvelle fois le sol et je m'approchais de Lucrezia. Bien décidé à l'amuser un peu – ou bien à l'agacer ? - je lui désignais les stores d'un bref signe de doigt.

J'ai trouvé les stores.

Plus j'avançais dans sa direction et plus je la bloquais contre la porte contre laquelle elle semblait avoir trouvé un soutien certain. J'osais finalement poser ma main sur son flanc après avoir écarté sa blouse blanche pour être au plus près de sa peau. Dans une délicate glissade, je réduis davantage l'espace entre nous deux. Elle pourrait tout aussi bien m'en retourner une, et j'aurais été fort surpris qu'elle ne le fasse pas d'ailleurs, mais elle aurait été bien naïve de croire que j'étais vraiment là pour faire recoudre mon arcade sourcilière.

C'est quoi ta prochaine excuse ? Murmurais-je dans un sourire à mi-chemin entre provocation et amusement. Tu ne trouves pas le destin amusant ? Insistais-je avant de la caresser avec mon pouce à travers son haut.

J'étais bien trop entreprenant mais je savais qu'il me faudrait la pousser dans ses retranchements pour obtenir quoi que ce soit d'elle. C'était devenu obsessionnel et je réalisais bien que je n'avais pas un comportement très sain, mais au Diable les règles et les bonnes manières, car je savais qu'au fond, peut-être qu'une partie d'elle-même aimait ça. J'avais réussi à la faire craquer une première fois en la bousculant suffisamment pour qu'elle perde le contrôle, j'osais espérer que je réussirais une deuxième fois, et bien d'autres fois encore.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Ven 29 Juil - 8:47


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Il était étonnamment calme et cela m’avait fait tiquer malgré moi. Cet homme était une contradiction à lui tout seul. Provocateur un instant et contrôlé celui d’après. J’avais imaginé qu’il rebondirait sur ma provocation pour la retourner contre moi d’une manière ou d’une autre, mais non, rien. C’était bien trop beau pour être vrai et il me le prouva rapidement en redevenant celui qui pouvait m’exaspérer autant que me plaire. Pourtant, sa réplique m’arracha un pli de mécontentement qui du amplement suffire à l’informer de ce que j’en pensais. Je n’obéissais aux ordres que si cela était dans mon avantage, mais heureusement pour moi, il n’y avait plus beaucoup de personnes en position de le faire. J’étais ma propre patronne la moitié du temps, pour l’hôpital, je restais une neurologue d’expérience à qui on ne venait pas chercher les poux, quant à mon mariage j’étais seule au volant depuis si longtemps que la question ne se posait même pas.

Mais je ne sais pas ce qui me dérangea le plus. La proposition en tant que telle, la condescendance qu’elle contenait, ou le sourire de Kenneth qui s’était fait encore plus éclatant à l’idée de la mettre en pratique. Oh, je ne doutais pas une seconde qu’un de ses fantasmes soit de me mater, mais malheureusement pour lui, je n’étais pas prête à me laisser faire, même si je partais avec des handicaps évidents. La solution à cette situation était peut-être de poser mon mouchoir sur ma fierté et de le laisser avoir ce qu’il voulait. Je doutais qu’il s’acharne autant si je lui cédais tout, il s’en lasserait probablement très rapidement. Avec n’importe qui d’autre, j’aurais été prête à subir l’humiliation, mais pas avec lui. Il avait su me toucher d’un peu trop prêt, c’était devenu trop personnel et je me savais incapable de prendre assez de recul pour encaisser.

Encore une fois, il me surprit en m’écoutant et filant dans la salle d’examen sans même protester. Anguille sous roche ? Eléphant sous crustacé oui. J’avais jeté régulièrement des coups d’œil derrière moi, pour m’assurer qu’il ne me suive pas, et son obéissance momentanée avait été une source de soulagement temporaire. S’il apprenait ce que je venais de faire, j’allais vraiment déguster, en plus de me mettre dans une position suspecte. Putain, mais pourquoi je ne l’avais pas simplement laissé mourir dans son coin. Merde. Mais la voix de Kenneth me rappela sa présence et je pris une bonne respiration pour me reprendre. Ne manquerait plus que je me trahisse à peine mon méfait accompli, quelle résistante du tonnerre je faisais. Bon apparemment, c’était déjà foutu, à moi de rattraper ma boulette. Une excuse bidon, vite.

Oui, ça va, juste un vertige.

Mais pourquoi est-ce que j’avais cru une seconde que ça l’intéressait vraiment ? Je levais les yeux au ciel à sa remarque sur les stores. Il n’arrêtait donc jamais. Mais je jetais tout de même un regard d’ensemble pour voir… Il n’était pas sérieux… Il les avait vraiment tous fermés, et il se pensait malin en plus. Mon alarme se déclencha trop tard, mise en sourdine par mon exaspération, et je n’eus pas vraiment le temps de m’esquiver avant qu’il ne me bloque contre cette foutue porte. Génial, vraiment parfait. J’attrapais son poignet dans le but de retirer sa main de mon corps mais il n’était pas très coopératif, ou bien je n’y mettais pas assez d’énergie, je ne saurais dire. Je relevais mon regard dans celui du shadowhunter en haussant un sourcil de dépit.

Sérieusement Kenneth ?

Mais c’est qu’il comptait me faire passer pour celle qui ne pouvait pas lui résister en plus de ça. J’étais vraiment partagée entre jouer son jeu pour détourner son attention, et le planter là comme un gros con. J’avais pourtant scellé mon sort en envoyant le résistant en réa, ce n’était vraiment pas dans mon intérêt de laisser Kenneth seul dans l’hôpital désormais. J’étais donc partie pour jouer un jeu un peu trop dangereux pour moi. Je comblais la distance entre nous et rapprochais nos visages pour plonger mes yeux dans les siens et lui souffler ma réplique.

Le destin vraiment ? Tu n’as rien de mieux à proposer ? Je pensais que tu aurais autre chose qu’une vieille technique de drague périmée.

Sur ces mots et un sourire mesquin au bout des lèvres, je le poussais de tout mon poids pour me dégager et passer. Je voulais bien jouer, mais cela allait se faire selon mes règles, qu’il le veuille ou non. J’ouvris un placard pour attraper un kit de suture et le posais sur la table à côté du divan, mais lorsque mon regard se posa à nouveau sur Kenneth, celui-ci n’était toujours pas installé. Oh, il pensait vraiment échapper à quelques points de couture ? J’allais tellement prendre plaisir à le faire souffrir un peu. C’était de bonne guerre après tout. Avec un soupir, j’attrapais à nouveau son poignet pour le forcer à venir près du divan.

Aller, assis, que je répare cette belle gueule sans laquelle tu n’aurais plus aucun charme.

C’était gratuit et profondément vexant, j’en avais conscience. Mais je restais dans ma lancée, après avoir insulté ses techniques de flirt, je pouvais bien lui rappeler qu’il n’avait que son physique pour lui. C’était un rappel pour moi aussi au passage. Je le lâchais pour retourner me laver les mains et attraper une paire de gants. Mais alors que je me savonnais énergiquement les mains, je ne pus me retenir d’en remettre une couche. Tant pis pour lui, il avait voulu jouer la provocation, et bien que ce ne fût pas mon point fort, j’étais plutôt adaptable.

A moins que tu aies peur de ce que je pourrais te faire avec une aiguille ?

J’avoue, j’avais probablement un sourire légèrement sadique à cette pensée, mais fort heureusement, il ne pouvait pas en être témoin. Je me séchais les mains tout en me retenant de trop sourire. Je n’avais pas envie qu’il sache que je commençais à m’amuser malgré tout.

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Sam 30 Juil - 7:49


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Lucrezia était résistante, elle l'avait toujours été, mais il était toujours surprenant de la voir lutter contre moi avec autant de détermination. En vérité, je n'arrivais pas à lire en elle. Sa main sur mon poignet avait l'intention d'écarter la mienne et de me repousser, mais je refusais de bouger d'un millimètre. A vrai dire, elle n'insistait pas assez pour me faire reculer. Sa question, très simple, accompagnée de mon prénom, me fit sourire. Oui j'étais très sérieux. Elle pourrait m'aider à gérer ma frustration après tout. Je venais de perdre une véritable mine d'informations. Elle pouvait bien me consoler. Bientôt, Lucrezia réduit la distance entre nous et ses yeux me transpercèrent comme je l'aimais. Pas que j'appréciais être mis à nu, mais les siens avaient tendance à m'envoûter en quelque sorte. Difficile d'y résister. J'aurais pu l'embrasser, si elle n'avait pas décidé de souffler une réplique en vue de me renvoyer balader. Prévisible. Elle ne se laisserait pas attraper aussi facilement, n'est-ce pas ? J'avais pensé que notre intimité récente lui donnerait envie de recommencer ; peut-être que je me trompais. Peut-être que ce n'était l'affaire que d'une fois pour elle et qu'elle était déjà passée à autre chose. C'était fort possible, mais ce n'était pas mon cas. Et j'étais spécialisé dans l'acharnement, bien malheureusement. Pourtant, je n'utilisais pas une technique de drague. Je croyais réellement au destin. Je mettais tellement rarement les pieds à l'hôpital et la fois où je le faisais, elle était là. Bon d'accord, peut-être que j'en faisais juste un peu trop. Son sourire mesquin m'indiqua qu'elle jouait avec moi et qu'en plus elle aimait ça. Elle en savourait chaque seconde et bien étrangement, cela eut le don de me faire sourire aussi, même si je venais de me faire fermer le clapet. Elle me repoussa avec force et je la laissais quitter ma proximité sans l'obliger à rester. Je me retournais calmement, calant mes mains dans mes poches, l'observant vaquer à ses occupations. Je la détaillais, je crois même que mes yeux s'étaient permis de vagabonder de haut en bas puis de bas en haut, juste un bref instant. Nos regards finirent par se croiser et je ne la quittais pas des yeux. Dans un soupir, elle réduit à nouveau la distance entre nous pour attraper mon poignet, sortant de force ma main de son refuge. Bien vite, je fus près du divan d'examen avant d'être ordonné de m'asseoir. Vraiment ? Il faudrait qu'un jour cette nana arrête d'être aussi autoritaire ou bien elle finirait par avoir des problèmes. Elle insulta mon charme en passant et j'entrouvris les lèvres. Il valait mieux qu'elle se taise si elle ne voulait pas que je l'allonge sur le divan, vraiment. J'étais à deux doigts de le faire. Je me mordis l'intérieur de la joue, suffisamment pour me contenir et oublier cette très mauvaise idée. Lucrezia se lavait les mains. Elle tenait vraiment à me recoudre, ou bien elle allait s'amuser à me faire souffrir juste pour exercer encore une fois sa domination sur moi. Je n'étais pas sûr de comprendre pourquoi elle ressentait le besoin d'être aussi hargneuse et dédaigneuse envers moi et j'osais espérer que c'était parce qu'elle voulait éviter d'exprimer ses véritables émotions et pas parce que j'étais détestable. Ce qu'elle pourrait me faire avec une aiguille n'était pas ma principale préoccupation et si elle croyait que cela allait m’impressionner, c'était probablement parce qu'elle ne réalisait pas vraiment ce qu'était mon quotidien. Je m'asseyais sagement sur le divan, prêt à accueillir la médecin et son fil à coudre. J'allais me prêter au jeu, j'étais là pour ça après tout.

Si je suis sage et que je ne crie pas, est-ce que j'aurais le droit à une récompense ?

Ah... Je n'avais pas pu m'en empêcher. Si Lucrezia pensait que quelques insultes envers mon charme allaient me refroidir, qu'elle se détrompe. En fait, c'était probablement l'inverse. Je la laissais s'installer près de moi, prête à recoudre mon arcade. J'étais concentré sur elle, sur sa beauté, sur ce qu'elle me faisait ressentir. Mon cœur battait toujours un peu trop vite en sa présence et aujourd'hui ne faisait pas exception. J'aurais aimé dire que c'était parce que j'appréhendais de me faire percer avec une aiguille mais ce n'était absolument pas le cas. On frappa à la porte qui s'ouvrit dans la seconde même, sans attendre une quelconque validation de la médecin. L'interne n'osa pas entrer mais prit la parole immédiatement :

Docteur Mantegna, je pense pouvoir le stabiliser ! Monsieur, je suis désolée de ne pas vous avoir écouté.

Je plissais les yeux, détaillant l'interne, peu sûr de comprendre de quoi elle parlait.

Pardon ? Demandais-je simplement.

L'homme que vous avez emmené.

Mes yeux se posèrent naturellement sur Lucrezia, observant l'expression de son visage, cherchant à lire en elle et à trouver les informations qu'il me manquait pour comprendre. Est-ce que c'était bien ce que je croyais ? Avait-elle décidé de tenter quelque chose pour sauver le résistant que j'avais amené aux urgences ? Je me levais, poussant Lucrezia dans le processus, ignorant toute tentative qui aurait eu pour but de m'arrêter ou de faire taire l'interne. J'accordais d'ailleurs un bref regard à cette dernière qui semblait bien mal à l'aise désormais.

Répétez, clairement, une dernière fois.

Je...

L'interne n'osa rien ajouter et ne faisait que confirmer mes doutes. Alors Lucrezia s'était joué de moi ? J'étais en train de perdre mon temps dans cette salle alors que le résistant soit disant mort était en train de récupérer des forces, bien protégé à l'abri ?

Où est-il ? Demandais-je directement à Lucrezia puisque l'interne était hors circuit, sifflant ma question entre mes dents. Où ?! Criais-je, perdant patience.

Ca suffisait. Je n'étais pas un pion qu'on pouvait manipuler et si elle avait réellement agit ainsi pour le sauver de mon interrogatoire, nous avions un problème. Elle se mettait le doigt dans l'oeil. Elle apprendrait à son interne à être plus discrète. Quand je pensais que j'avais failli me faire avoir par ses beaux yeux. Avait-elle eu un quelconque intérêt pour mon arcade ou était-ce le seul moyen qu'elle ait trouvé pour m'éloigner du résistant ? Peut-être était-ce un malentendu... Mais cela avait réveillé le soldat en moi, trop tard, et ma mission s'imposa à moi une nouvelle fois. J'en oubliais le reste. Même s'il s'avérait que je pouvais avoir raison et que Lucrezia avait monté ce coup contre moi, le plus important était que je récupère les informations que je recherchais pendant que je le pouvais ; le reste attendrait. Spontanément, je remis ma veste noire en place. La pause était terminée et je reprenais mes fonctions de Shadowhunter à l'instant même où j'étais correctement rhabillé. Dans un élan de colère et sans mesurer ma force, j'attrapais la nuque de Lucrezia et la poussais sans délicatesse vers la porte d'entrée, dans les bras de son interne dévouée.

Emmenez-moi auprès de lui, tout de suite. Et n'essayez pas de m'arnaquer une seconde fois ou vous répondrez de vos actes, croyez-moi.

Lucrezia allait perdre cette partie, tout comme j'étais en train de perdre la mienne. Comment avions-nous pu en arriver là ? Mais il n'était plus l'heure de jouer. J'avais des affaires plus importantes sur le feu et le peu de sentiments que j'avais pu ressentir plus tôt avaient cédé la place à une détermination froide d'achever ma mission. Je m'approchais des filles et les bousculais à nouveau avec force d'un mouvement de main vif dans le dos de Lucrezia, nous permettant de sortir de la salle d'examen.

On a pas toute la journée.

Je savais très bien que le résistant était dans un état critique et que je devais me dépêcher, car même si elles réussissaient à le stabiliser, cela ne durerait pas. Il avait subi un gros dégât interne et ses heures étaient comptées. Elles avaient simplement allongé les heures en question, à ma plus grande satisfaction.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Sam 30 Juil - 18:45


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J’étais en train de me sécher consciencieusement les mains lorsqu’il répondit à ma provocation et je ne pus me retenir de sourire, sachant très bien quoi lui répondre. Je passais sur le détail des cris, ne sachant pas s’il était question d’une moquerie contre ma propre incapacité physique à élever la voix ou non. Je me retournais alors vers lui, tout en essuyant lentement mes doigts, puis lui désignais le petit bocal de l’autre côté du divan.

Bien sûr, il y a des bonbons pour les enfants courageux.

Je jetais négligemment le papier à la poubelle avec un sourire hautain et attrapais une paire de gants avant de le rejoindre. Je ne devrais pas faire traîner en longueur cette rencontre, mais elle devait être assez longue pour qu’il ne s’alarme pas de ne pas voir son résistant mort dans un couloir en repartant. Vu la cacophonie des urgences, je devais le retenir encore un moment pour que le coup de la morgue passe comme probable. En espérant qu’il ne demande pas à le voir, sinon, c’était foutu. Pour un service que je rendais à l’hôpital, je commençais à prendre beaucoup de risque. Ma bonté me perdrait, je devrais pourtant avoir appris ma leçon avec le temps. Mais non, et la suite des évènements allaient me le prouver. Avant même que je réponde aux coups contre la porte, Camille entra avec un air entre panique et excitation. Dieu, que les internes pouvaient me fatiguer. Mais dès qu’elle ouvrit la bouche, j’eus envie de l’incendier. Mais quelle idiote vraiment. J’allais la massacrer, l’obliger à fermer cette petite bouche désagréable, mais le ton de la voix de Kenneth me rappela que j’avais bien trop à perdre pour me permettre de montrer ma colère. J’avais une fraction de seconde pour me reprendre avant qu’il ne se tourne vers moi pour des réponses. Je les laissais donc échanger jusqu’à ce que Camille ne l’ouvre plus. Au moins, la peur que lui inspirait le shadowhunter désormais allait jouer à mon avantage. Je gardais le regard fixé sur l’interne, me forçant à avoir une expression d’étonnement et d’incompréhension à la fois, de façon à éviter le regard de Kenneth que je sentais posé sur moi à présent.

Je réfléchissais à toute allure pour essayer de me sortir de cette situation, j’étais dans la merde jusqu’au cou, et franchement, je n’étais pas une bonne nageuse. Mais la tempête s’abattit sur moi avant que j’aie un plan en tête… Je me raidis face à l’agressivité de l’homme qui me faisait face désormais, complètement déstabilisée par ce changement de comportement. Je n’avais jamais eu à faire au shadowhunter et j’en avais été très contente, parce qu’à cet instant, il me filait une peur bleue. Plus de jeu, plus de flirt, juste une colère froide d’avoir été dupé. Je ne savais pas gérer ce Kenneth-là, j’étais simplement dépassée et il le savait bien. Je glapis sous la prise qu’il exerça sur ma nuque, essayant de m’en soustraire en avançant plus rapidement. J’étais foutue, s’il en venait à utiliser la force contre moi, c’est que rien ne me protégerait, pas même mon charme. J’attrapais l’interne et la poussais également dans le couloir alors que Kenneth me forçait sans ménagement à sortir de la salle d’examen. La menace qui résonna à mes oreilles fut le déclencheur qu’il me fallait pour reprendre le contrôle de la situation, du moins un peu de courage pour m’enliser dans mes mensonges et espérer m’en sortir. Je n’avais plus rien à perdre, je ne pouvais plus faire demi-tour, je devais prendre encore plus de risques pour m’en sortir. Putain, je savais que manipuler le shadowhunter pourrait se retourner contre moi un jour, j’avais été trop loin et je m’en mordais les doigts. Mais je ne pouvais pas me permettre de baisser les bras, trop de choses dépendaient de ma couverture, des personnes aussi.

Je me dégageais alors vivement de la prise sur mon dos, utilisant la seule émotion qui pourrait m’aider à traverser cet enfer, la colère. Je lançais un regard noir à Kenneth avant de me tourner à nouveau vers Camille qui tremblait comme une feuille un peu plus loin. Si je ne pouvais pas hausser le ton, les gens qui me côtoyaient savaient très bien que lorsque ma voix devenait sourde, c’est qu’elle était chargée de fureur.

Qu’est-ce que tu fais encore là alors, retournes-y et fais ton boulot ! Ce n’est pas lorsqu’il sera mort que tu pourras essayer de le sauver. Et je t’en prie ne monopolise personne pour un mort ambulant, c’est ton cas prends en la responsabilité.

J’étais dure, je le savais. Mais au-delà du merdier dans lequel elle m’avait mise sans s’en douter, elle devait apprendre à être un médecin, il n’y aurait pas toujours quelqu’un derrière elle pour la rattraper en cas d’erreurs. Un cas perdu était du pain béni pour apprendre aux internes à prendre leurs propres décisions et en assumer les conséquences. Dans ce cas précis j'avoue mettre venger également. Je l’observais repartir en courant une fraction de seconde avant de me retourner vers Kenneth rageusement, bloquant le passage de mon corps.

Quant à toi, redescends immédiatement de tes grands chevaux, c’est un cas perdu d’avance, elle n’arrivera pas à le stabiliser. Mais je te rappelle qu’elle est sensée apprendre son boulot, alors un cas perdu, c’est du pain béni.

Je laissais la fureur s’insinuer dans mes veines et gagner en puissance, c’était elle seule qui me permettait d’avoir le courage de parler et d’agir. Et du courage, il m’en fallait pour menacer à mon tour un shadowhunter capable de me tuer en me brisant la nuque. Je me rapprochais de lui pour lui souffler ma haine à voix basse, plongeant mon regard chargé de rage dans le sien, colérique mais froid.

Si tu lèves encore une fois, la main sur moi, je me chargerais personnellement de te refaire le portrait au bistouri, et pour ça, ne t’inquiètes pas, je serai prête à répondre de mes actes.

Je devais me calmer, mais d’un autre côté, je devais lui apprendre à me respecter. Putain de membre du gouvernement qui se pensait au-dessus de tous. Bien sûr, il était illusoire d’imaginer que je puisse l’atteindre avec une quelconque arme, moi qui ne savais pas me battre. Mais j’étais prête à apprendre si jamais cela devenait nécessaire.

Et je t’arrête tout de suite, si tu la suis, elle aura tellement peur qu’elle n’arrivera à rien. Donc non seulement, il sera bel et bien mort, mais en plus, elle n’aura pas pu en profiter pour apprendre.

Maintenant, il fallait vraiment que ce putain de résistant meure et pour cela, j’allais aider, tant pis, ma vie valait plus que celle de cet homme. Je me reculais de quelques pas et reprit un semblant de professionnalisme.

Je vais y aller et m’assurer de ce que je te dis, tu peux venir, mais tu restes en dehors de la réa et tu observes discrètement par la porte que je laisserai entrouverte. J’esquissais un sourire amer avant d’ajouter. Et ne t’inquiètes pas, tu auras toute ta journée dans très peu de temps.

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Dim 31 Juil - 16:01


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Lucrezia se dégagea de mon emprise et je la laissais faire. Nous nous figions dans le couloir et je me sentis perdre patience à nouveau. J'étais enclin aux crises de nerfs, je l'avais toujours été. Pourquoi est-ce que nous nous arrêtions encore ? Je pensais accueillir la colère de Lucrezia, mais à la place, cette dernière s'en prenait à son interne. Incompréhensible. Quoi, était-elle en colère parce que son interne avait balancé son petit stratagème ? C'était Lucrezia qui avait mal joué sur ce coup. N'aurait-elle pas pu lui dire de se taire ? Son erreur m'avait servie et j'en étais fort heureux. Je n'étais pas d'accord avec ce que Lucrezia ordonnait à son interne. Au contraire, qu'elle mobilise des hommes et qu'elle se batte pour ce foutu résistant, qu'il puisse cracher ce qu'il avait au fond de la gorge. Je faillis intervenir pour donner un ordre contraire mais, alors que l'interne s'empressait de filer, Lucrezia se retourna dans ma direction puis me bloqua le passage habilement. J'étais à deux doigts de la faire dégager de mon chemin, mais elle attira mon attention en prenant la parole. Je pouvais ressentir sa rage, elle n'était pas difficile à deviner, néanmoins je n'appréciais pas la façon dont elle était en train de me parler. Bien vite, elle réduit la distance entre nous et je ne bougeais pas d'un millimètre. Si ses yeux avaient pu m'assassiner sur place, ils l'auraient fait. Sa colère fit écho à la mienne et donc nous étions tous les deux des boules de rage en ébullition ; encore quelque chose en commun. Des menaces, comme c'était intéressant. Malgré tout, je savais qu'elle avait raison, je n'avais pas à lever la main sur elle, et très précisément elle. J'avais perdu le contrôle l'espace d'un instant ; cela laissait une bonne idée de la personne instable que j'étais. Pourtant, il fallait faire ce qui devait être fait. En fait, elle était plutôt chanceuse d'être tombé sur moi aujourd'hui. Un collègue n'aurait pas été aussi patient et il n'aurait certainement pas apprécié du tout ce petit coup de pute dans le dos. Il aurait été, pour sûr, bien pire envers elle que je ne pourrais jamais l'être. Peut-être d'ailleurs qu'elle se permettait ce comportement parce que j'étais son interlocuteur. J'étais resté silencieux, buvant ses paroles mais sans m'en imprégner. Elle pouvait toujours cracher son venin, ça n'avait pas d'importance. Je faillis la contourner pour reprendre la marche et rattraper l'interne mais Lucrezia reprit la parole et m'arrêta dans mon élan. Je perdais maintenant de vue l'interne. Je reposais alors mes yeux sur la belle brune, une nouvelle fois. Nous n'en avions pas encore fini ? Bon sang, je n'allais pas descendre cette foutue interne, qu'elle fasse son boulot, c'était tout ce que je lui demandais. Je me dis finalement que confier le résistant à cette débutante n'était pas judicieux. Mieux valait que ce soit Lucrezia qui le gère et organise ses soins. Le résistant aurait plus de chance de survie. La belle brune recula et m'annonça ses conditions. Je redressais un sourcil. Rester en dehors de la réa et observer discrètement de loin. Était-ce une sorte de blague qui faisait écho à la première qui avait consisté à me cacher la prise en charge du résistant ? J'ignorais son sourire, loin d'être sincère, et j'ignorais également sa dernière remarque. Son outrecuidance pouvait être punie et elle savait très bien que je ne le ferais pas. Elle profitait de la bonté que je ressentais pour elle j'imagine. Je réduis une nouvelle fois la distance entre nous, celle qu'elle avait récupérée à l'instant.

Tu me crois vraiment si stupide ? Dis à ton interne de ne plus toucher à cet homme. C'est toi qui vas le stabiliser. Et je serais à côté de toi. Puisque je ne t'impressionne pas et que tu n'as pas peur de moi, j'imagine que ça ne devrait pas te poser le moindre problème, n'est-ce pas ?

L'expression de mon visage était fermée. Je reconnaissais la femme face à moi, celle pour qui mon cœur battait toujours aussi fort, mais c'était comme si je ne la voyais pas. Je ne m'adressais pas à la Lucrezia à laquelle j'étais attaché. Je m'adressais à une étrangère.

Ce n'est pas toi qui es en charge à partir du moment où je suis missionné. Tu m'écouteras et tu...

Je m'interrompis spontanément, tout seul. Il était fort désagréable de parler ainsi à Lucrezia et ceci même si aucune chaleur n'émanait de mon cœur en ce moment même. Pourtant, quelque chose me dérangeait profondément. Je ne l'avais jamais perçue comme une ennemie, loin de là, et pourtant j'étais en train d'agir comme tel. Pourquoi devions-nous en arriver là ? Ma voix avait été glaciale, tout comme le regard que je posais sur elle actuellement. Il était inutile de perdre du temps à se disputer au beau milieu d'un couloir d'hôpital. J'attrapais son bras, sans violence, au risque de me faire refaire le portrait, et la retournais de force pour qu'elle se remette en route.

C'est la deuxième fois : emmène-moi auprès de lui. Il n'y aura pas de troisième fois.

Je l'obligeais à me guider jusqu'en réanimation, jusqu'au résistant. Je ne la laissais pas me distancer et ma main était toujours sur son bras, au cas où si elle tentait une fuite brusque. Je n'étais pas sûr que ce soit utile, et vraiment pourquoi Lucrezia s'enfuirait ? Mais je n'étais jamais assez prudent, je l'avais appris à mes dépends. Une fois devant la salle, je nous faisais entrer spontanément. L'interne s'agitait autour du résistant dont les paramètres vitaux étaient effectivement très mauvais. Je faillis libérer Lucrezia pour qu'elle fasse ce qu'elle avait à faire, mais la retenais au dernier moment en la tirant vers moi une dernière fois pour lui murmurer droit dans les yeux :

Cet homme est jeune, en bonne santé, il a probablement une famille, une femme, un ou deux mômes... Pourquoi est-ce que tu refuses de te battre pour le sauver hein ? Dis-moi, je veux l'entendre de ta bouche.

Plus j'y pensais et plus je trouvais ça étrange, mais je refusais de croire que cela pouvait avoir un quelconque lien avec moi. J'espérais également l'attendrir, à ma façon. Elle mettait au péril la vie d'un jeune homme sans que je n'en comprenne la raison, et il me semblait qu'en médecine on apprenait à s'acharner à sauver des vies, même lorsqu'il n'y avait plus grand espoir. Que cette interne ne soit pas au clair avec ceci ne m'étonnait guère, mais Lucrezia, vraiment ? Bon certes, le cas du résistant était vraiment très, très, très mauvais, il ne fallait pas être médecin pour le constater. Mais il devait avoir sa chance. Il le fallait.

Tu vas convoquer ton équipe et tu vas sauver cet homme, ou au moins tu vas essayer, avec application. Et sors-moi cette guignol d'ici ou alors c'est moi qui le fais, dis-je avec mépris en désignant l'interne d'un bref signe de main.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Dim 31 Juil - 17:21


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Je n’arrivais à rien et je sentais que la fin de la partie approchait. Kenneth n’était plus réceptif à rien venant de moi, il n’écoutait que son devoir à cet instant et peut-être son égo également. Qu’étais-je sensée répondre à ça ? Que si, en réalité, il me faisait vraiment peur ? Même si je m’abaissais à le lui dire, il ne me croirait pas. Je l’avais déjà trop manipulé pour qu’il ne me croie faible ou sensible. J’en déduisis que la meilleure option était encore de garder le silence et d’obéir à ses ordres dans la limite de ce qui pouvait m’arranger sans me mettre en danger. Je n’avais pas intérêt à provoquer plus le soldat qu’il était, j’avais déjà été trop loin. Je baissais donc les yeux en signe de rémission et m’apprêtais à rejoindre la réa, mais il n’en avait visiblement pas fini avec moi. J’écoutais alors religieusement, comptant les précieuses secondes qu’il me faisait gagner, priant pour que le résistant soit mort à mon arrivée. Jusqu’à ce qu’il s’interrompe de lui-même et m’attrape par le bras. Je relevais le geste moins brusque que les précédents, peut-être que ma menace avait fait son bout de chemin finalement… Mais je n’avais pas le courage de refaire un esclandre sur la question dans l’immédiat. Je le guidais alors jusqu’à la réa sans prononcer un mot, nous faisant débouler dans la pièce où s’affairait Camille. Pourquoi n’était-il pas encore mort, c’était tellement ma veine. J’étais sur le point d’attraper une paire de gants lorsque Kenneth me retint encore une fois, me mettant vraiment mal à l’aise de par notre proximité qui ne m’inspirait plus rien de sécurisé. Puis il posa LA question. Celle qui raviva la culpabilité latente dans mon estomac. Qu’est-ce que je pouvais répondre à ça lorsque j’avais l’impression qu’il allait me coller une balle entre les deux yeux à n’importe quelle réponse. J’étais une femme morte, en sursis avec beaucoup de chance. J’ouvris la bouche sans que rien n’en sorte et il me laissa l’opportunité de ne pas répondre en enchainant. Mobiliser une équipe ? Et puis quoi encore ? Il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Quitte à tomber j'allais emporter le résistant avec moi. Pour finir par insulter Camille en plus ? J’avais le droit d’être imbuvable avec les internes, c’était même mon rôle. Mais personne d’extérieur à l’hôpital ne s’en prenait à eux sans que je ne sorte les griffes. Je tentais de m’arracher à la poigne de Kenneth, sans y parvenir, dans une tentative de ne pas me laisser impressionner.

Mais tu es bouché ou quoi ?! C’est un homme mort !

Et comme pour appuyer mes dires, les dernières alarmes qui ne bipaient pas encore se déclenchèrent. Le cœur avait enfin fini par lâcher. C’était ma chance. Je lançais un regard d’avertissement à l’homme pour qu’il me lâche et me laisse faire mon « travail ». Il n’avait guère le choix s’il voulait que je lui obéisse malgré tout et dès lors que je fus libre de mes mouvements, je me précipitais vers les instruments pour attraper une seringue d’adrénaline dont j’arrachais le bouchon avec mes dents pendant que je cherchais l’endroit exact où je devais l’enfoncer. Droit dans le cœur, mais je déviais légèrement de mon but afin que le contenu de la seringue n’atteigne jamais sa cible. Mais jouant mon rôle jusqu’au bout, je balançais la seringue vide plus loin et ordonnais à Camille de commencer la réanimation. Je pris le luxe de le choquer pas moins de dix fois avant de laisser tomber rageusement les pales à terre. Abîmer du matériel était la dernière de mes préoccupations à l’instant. Les secondes s’écoulèrent lentement avant que je ne lève les yeux vers l’horloge pour déclarer l’heure de la mort dans un souffle. J’avais tué un homme, du moins je n’avais pas cherché à le sauver, oui donc je l’avais tué. C’était la première fois que je me salissais les mains et je n’étais pas sûre de pouvoir l’assumer. J’avais tué pour me protéger, j’avais assassiné un homme qui était probablement un père, un mari, un frère et forcément le fils de quelqu’un. Je me retournais vers le mur les larmes aux yeux, sur le point de craquer, je me dégoûtais. Comment la situation avait-elle pu m’échapper à ce point et faire de moi tout ce que j’avais toujours détesté ? Tout à cause de lui, de ce foutu gouvernement, de cette foutue guerre… Mes poings se crispèrent alors que j’étais sur le point d’extérioriser la haine que j’avais pour cette vie et la cible en était toute désignée.

Putain, mais va te faire foutre Kenneth, toi et ta putain de supériorité.

J’étais rarement vulgaire, voir jamais, mais j’étais acculée dans des retranchements que je ne pensais jamais voir. Pour l’instant, il était plus facile de diriger ma haine contre lui que contre moi-même. Même si ce n’était même pas contre Kenneth que je voulais cracher ma rage, mais contre le gouvernement. Seulement, j’avais encore assez de présence d’esprit pour ne pas m’enfoncer à ce point.

Je n’avais pas la force de faire face à Kenneth, pourtant, j’avais encore des réponses à lui fournir pour pouvoir espérer qu’il me laisse tranquille. Je tournais légèrement la tête de façon à ce qu’il m’entende bien, sans pour autant croiser son regard.

Ici, tu n’es pas le maître à bord. Il ne me semble pas que ton métier soit de sauver des vies, mais plutôt de les prendre. Alors quand je te dis que quelqu’un est condamné, c’est qu’il l’est. Tu viens de nous faire perdre notre temps et un bon cas d’étude.

Mes propres mots me donnaient envie de vomir. « Un bon cas d’étude », je n’avais même pas de respect pour l’homme que j’avais tué. Je me forçais à desserrer les poings afin de poser mes mains, désormais tremblantes, sur le meuble le plus proche. J’allais m’effondrer, je le savais, je n’étais pas faite pour une telle vie. Deux besoins urgents me submergeaient lentement, crier et pleurer, il fallait que ça sorte. Mais pas encore, non pas encore… Je repris une respiration laborieuse en espérant que mon ton ne me trahirait pas trop.

Maintenant qu’il n’y a plus rien d’intéressant pour toi ici, je pense que tu peux partir.

J’avais peut-être laissé glisser un peu d’amertume et de lassitude dans ma voix, mais rien qui ne me semblait choquant quant à la situation actuelle. Dans la discrétion de ma retraite, une larme m’échappa. Je l’essuyais bien vite avant de pencher la tête en arrière quelques secondes, les néons du plafond m’aveuglant bien heureusement. Je voulais vraiment que le shadowhunter s’en aille, mais je savais qu’il ne lâcherait pas facilement son os, peut-être même allait-il s’assurer que le résistant était bel et bien mort avant d’envisager de partir. Peut-être qu’il passerait ses nerfs sur moi pour avoir échoué également, peut-être même qu’il déciderait de m’arrêter et que ce serait enfin la fin de tout cela.

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Dim 31 Juil - 18:52


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Si Lucrezia essaya de se libérer de ma proximité, ce fut un échec. Puis un miaulement. Est-ce qu'elle tentait de crier là ? Lorsque les sonneries du scope annoncèrent l'arrêt cardiaque du résistant, je relâchais immédiatement Lucrezia qui me dévisageait, me demandant silencieusement sa liberté. J'entrais doucement dans la salle, à distance, observant tous mes espoirs s'envoler définitivement cette fois-ci de mes propres yeux. Ils avaient joué avec mes nerfs, Lucrezia, l'interne, le résistant. Le cœur de ce dernier ne battait plus et je me tenais à distance, laissant la brunette faire son métier. Aucun choc n'eut l'effet escompté et bien vite, trop vite, elle annonça l'heure du décès. En était-elle soulagée ? Bordel de merde. J'en fermais les yeux un instant, procédant au deuil des informations qui m'échappaient, une seconde et dernière fois, plutôt que de penser à la vie qui venait de s'éteindre. J'avais échoué et c'était tout ce qui m'importait. Je n'avais jamais prétendu être un type bien, bien au contraire. Un bon résistant était un résistant mort, voilà ce que je prétendais alors que je ne le pensais pas. Non, pas un traître mot. Stain avait assassiné ma soeur, et par extension le gouvernement lui-même. Malheureusement, je représentais cet exact même gouvernement et je devais me comporter ainsi et refléter leur doctrine. Les actes que je tolérais contre le gouvernement ne devaient jamais s'ébruiter ou c'était moi l'homme mort. Un véritable renégat qui allait là où était son avantage sans jamais sourciller. Tout n'était qu'une question de survie. Tout. Lorsque Lucrezia me demanda d'aller me faire foutre, je posais mes yeux sur elle. Je l'avais malmenée et j'en avais bien conscience. Je le méritais. Mais qu'elle ose me le cracher en plein visage me prouvait que j'avais bien fait mon travail, jusqu'au bout, j'avais essayé. A cet instant précis, j'aurais dû l'emmener, qu'elle réponde de ses actes et qu'elle paye son outrecuidance et sa rébellion envers moi et donc par extension envers le gouvernement. Je n'en fis rien. Je l'écoutais attentivement, sans l'interrompre et sans bouger d'un millimètre. Un bon cas d'étude ?

Ce cas d'étude comme tu l'appelles était un être humain et un résistant. Il se battait pour ses principes tout comme je me bats pour les miens.

Encore un mensonge. Est-ce que j'avais au moins des principes, à part celui de mener ma barque jusqu'à la vengeance ? Je ne me battais que pour moi-même, personne d'autre. Je n'avais ni haussé le ton ni craché ma haine. Cet homme et moi, nous avions été dans le camp inverse à l'instant où nous nous sommes rencontrés, c'était ainsi et il avait perdu. Devais-je pleurer le fait que j'étais en vie et pas lui ? Surement pas. Que Lucrezia soit en colère contre moi, d'accord, peut-être que cela la soulagerait. C'était la seule chose que je pouvais lui offrir à cet instant.

Au moins, le meurtrier que je suis a essayé de le sauver, que cela soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons.

Personne ne pouvait me retirer ça et je ne cachais pas ce que j'étais. Les Shadowhunters étaient des meurtriers mandatés et pardonnés par le gouvernement, rien d'autre. En attendant, ma place m'assurait ma sécurité, et parfois la sécurité des personnes auxquelles je tenais, et c'était tout ce qui m'importait. Encore maintenant, ma place allait assurer la sécurité de Lucrezia, même si elle ne le réaliserait probablement pas et qu'elle me bannirait de sa vie pour toujours après cette altercation difficile. Je l'observais se tenir à un meuble, tremblante. Elle me congédiait, calmement, le plus calmement que son état le permettait en tout cas. Je redressais le menton, la détaillant. C'était le meilleur service que je pouvais nous rendre, sans aucun doute. Malgré tout, il y avait un point que je me devais d'éclaircir avec elle avant de m'en aller. Je posais mes yeux sur l'interne que j'interpellais :

Est-ce que tu peux nous laisser un instant. S'il te plaît, ajoutais-je rapidement pour me montrer un peu plus poli que l'être affable que j'avais été avec cette femme jusqu'à maintenant.

L'interne ne se fit pas prier pour s'enfuir de la salle et je m'éloignais de la porte pour la laisser sortir sans la mettre plus mal à l'aise qu'elle ne l'était déjà. Je pris soin de vérifier que la porte fut bien fermée après son départ avant de m'approcher vivement de Lucrezia, tout en m'arrêtant à bonne distance pour ne pas la brusquer davantage. Je calais mes mains dans mes poches. Je n'étais pas sûr qu'elles soient un jour les bienvenues sur elle à nouveau, pas après ce qu'elles lui avaient fait endurer. J'avais bien remarqué les larmes dans ses yeux mais les ignorais volontairement. Je parlais d'une voix basse mais sans chuchoter pour autant.

Ecoute-moi bien et ce sera la dernière fois que tu entendras parler de cette histoire. Tu vas avoir un rapport à remplir. L'interne n'a jamais existé, tu as tenté de sauver cet homme mais il est décédé malgré une prise en charge immédiate et une réanimation adaptée et optimale. Point final. Est-ce que c'est bien compris ?

Il fallait que nos deux rapports soient cohérents et c'était la seule façon de la protéger. Si j'écrivais exactement ce qui s'était passé, même si je ne l'arrêtais pas tout de suite, elle serait convoquée et interrogée par la suite, puis arrêtée, et je ne préférais vraiment pas que ça arrive. Mais si elle refusait de m'écouter, elle serait la seule à être blâmée. Dans tous les cas, j'avais fait ce que je devais faire. Elle avait sauvé ce résistant de quelque chose d'autre que la mort et je n'avais vraiment pas envie de savoir de quoi exactement, même si tout ceci semblait plutôt évident malgré toutes les excuses qu'elle me balançait depuis mon arrivée aux urgences. J'aurais voulu m'excuser, mais les mots refusaient de sortir. Nous en avions donc fini.

Au revoir, murmurais-je cette fois, sans être intimement convaincu qu'elle ait pu l'entendre.

Oublier cette femme serait sans aucun doute plus facile après ce qui s'était passé aujourd'hui. Une chance donc pour moi d'arrêter de lui courir après avec un tel acharnement. C'était sans aucun doute la meilleure chose à faire et la meilleure faveur que je me pouvais me rendre à moi-même. J'attendis quelques secondes, avant de baisser les yeux. Je connaissais le chemin de la sortie.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Dim 31 Juil - 21:48


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J’attendais la sentence du shadowhunter avec une impatience qui commençait à ronger mes nerfs. Qu’on en finisse une bonne fois pour toute et advienne que pourra. Mais les mots qui parvinrent à mes oreilles étaient loin de me libérer de quelque façon que ce soit. Au contraire, je dus me retenir de me retourner pour lui hurler que j’en avais bien conscience et que ça me ferait une chose de plus à regretter pour le reste de ma vie. Ce que je pouvais haïr la faiblesse de mes cordes vocales, impossible de hausser le ton, impossible d’évacuer la peine ou la rage. Le pire dans tout cela, restait le calme olympien de Kenneth qui ne faisait qu’user un peu plus mes nerfs déjà à vif. Comment faisait-il pour rester aussi insensible ? Il ne semblait même pas mépriser le résistant pour être son ennemi, s’en était perturbant. Tout autant que sa capacité à accepter sa nature de tueur aussi facilement. J’aurais bien voulu lui demander comment il arrivait à dormir la nuit. Sa réflexion sur ses intentions m’arracha une grimace de dégoût et de mépris. Il ne pouvait pas sérieusement avoir dit cela en pensant se justifier. Est-ce que je devais le lui faire remarquer ? Au risque que cette conversion ne s’éternise… Non, je préférais garder le silence et attendre qu’il ne s’en aille de lui-même. Je pense que nous avions vécu la situation qui nous pousserait à ne plus jamais nous côtoyer et pour de bon cette fois.

Lorsqu’il congédia Camille, je me raidis malgré moi, ne sachant pas à quoi m’attendre, mais j’avais peu d’espoir d’aimer ce qui allait suivre. Je tiquais légèrement sur la formule de politesse, chose plus qu’inattendue de sa part, de plus envers l’interne. Mais je me concentrais pour ne plus pleurer et lui faire face alors qu’il revenait vers moi. Je lui adressais un regard d’avertissement, il n’avait pas intérêt à me toucher à nouveau, pas dans une pièce où j’avais accès à des lames extrêmement coupantes. Je fis de mon mieux pour lui offrir un regard dur, même si encore humide, il perdait largement de sa crédibilité. J’observais ses mains se glisser dans ses poches et je me détendis imperceptiblement. Au moins, le message était passé et son attitude respectueuse pour une fois, me rassurait d’une certaine manière. Mais rien ne me prépara à la suite. Je n’arrivais même pas à réaliser que ces mots-là étaient sortis de la bouche de cet homme-ci. J’étais complètement perdue, qu’était-il en train de se passer exactement ? Est-ce qu’il était en train de lui dire qu’il allait me couvrir malgré le fait qu’il avait très bien compris mon stratagème ? Enfin même s’il n’avait pas compris, il proposait tout de même de me mettre hors de danger. Je fronçais les sourcils d’incompréhension, oubliant temporairement ma colère et ma peine. Mais ce qui m’acheva fut de le voir baisser les yeux, lui. Je n’avais plus aucune idée de qui était l’homme qui se tenait devant moi. Je le pensais insensible et me détestait d’être attirée par un tel monstre, pourtant ce n’était pas du tout ce que j’apercevais à cet instant. Et cet homme-là, même si c’était un mirage créé par mon imagination, je voulais le connaître. C’est sûrement la raison qui me poussa à attraper sa manche avant qu’il ne fasse demi-tour pour quitter la pièce et, fort probablement, ma vie.

Et si tu l’avais sauvé alors quoi ? Tu lui aurais extorqué ce que tu voulais et tu l’aurais achevé, n’est-ce pas ?

Il n’y avait aucune trace de jugement dans ma voix, pour une fois. Juste la déception d’une réponse connue d’avance. Pourtant, j’aurais voulu qu’il démentît mon affirmation, j’aurais voulu vivre dans un monde plus simple. J’espérais que mon regard ne trahissait pas cet espoir enfantin, je ne voulais pas devenir la source d’une pitié méprisante. Je ne lui laissais donc pas le temps de me répondre et enchaînais sur le sujet qui méritait une véritable réponse. Une que je ne connaissais pas encore, mais que je brûlais de découvrir. Parce que je commençais seulement à assembler les pièces d’un immense puzzle auquel je n’avais jamais apporté une grande importance. Depuis le jour de notre rencontre, je n’avais fait que me servir de Kenneth, d’innombrables façons différentes, jusqu’à ce que je tombe dans mon propre piège. Je m’étais attaché à cet homme qui me voyait d’une manière unique, qui me faisait me sentir unique, mais surtout sur lequel je pouvais me reposer si besoin.

C’était tordu et malsain. Ce n'était pas pour rien que je l’avais fui, mais bien parce que je devenais un danger pour moi-même, pour nous, pour tout ce que j’avais construit. Pourtant, j’avais tellement envie de croire en cette possibilité chimérique, il m’attirait comme un papillon vers une lumière particulièrement brillante dans le noir constant qu’était ma vie. Je comblais à nouveau l’espace qui nous séparait pour plonger mon regard dans le sien, à la recherche d’une vérité qui pourrait tout détruire.

Je ne te comprends pas Kenneth. N’importe qui d’autre m’aurait fait payer mon comportement depuis longtemps. Mais toi, tu l’endures, et quoi ? Vraiment qu’est-ce que c’est ça ? Si je n’avais pas autant de mal à te cerner, je dirais que tu me protèges. Mais même si j’envisage cette éventualité, je ne comprends pas tes raisons. Je ne t’ai rien donné qui mérite ça.

J’étais pathétique à vouloir entendre des propos incohérents, à vouloir quelque chose qu’il ne pourrait jamais m’offrir. Pourquoi, à l’instant où Kenneth abandonnait enfin, s’était à moi de m’obstiner. Pourquoi voulais-je tellement trouver autre chose chez lui. Peut-être parce qu’il était le seul à avoir pu faire naître de telles prémisses de sentiments chez moi depuis des années. Je fermais les yeux et secouais la tête pour oublier toute cette folie. Mais je m’autorisais à poser mon front contre son torse pour lui souffler finalement la question fatidique.

Comment arrives-tu à trouver le sommeil ?

Comment arrives-tu à oublier tous les actes horribles que tu as pu commettre ? Comment arrives-tu à te convaincre que tu n’es pas mort de l’intérieur ? Que tu n’es pas un monstre qui ne mérite pas le bonheur ?

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mar 2 Aoû - 1:07


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La prise de Lucrezia sur ma manche m'arrêta immédiatement et m'empêcha de faire demi-tour pour quitter la salle de réanimation. Je reposais mes yeux sur elle, me figeant face à la brunette qui reprenait déjà la parole. Était-ce des questions rhétoriques ? Si j'avais pu extorquer les informations que je recherchais hors de la gorge de ce résistant, je l'aurais livré au gouvernement. Donc oui, en quelque sorte, il serait mort, mais pas de mes mains, sauf s'il avait résisté. Je ne comptais pas lui mentir et je m'apprêtais à formuler ma réponse, mais Lucrezia m'interrompit et je restais silencieux. Est-ce qu'elle ne préférait pas entendre la réponse à ses propres questions ? Répondre à celles-ci aurait été bien plus facile pour moi que de répondre quoi que ce soit à ses prochaines paroles. Je l'écoutais attentivement, tentant de ne pas laisser apparaître une émotion trop parlante sur mon visage. La vérité était que je n'avais pas envie de répondre et que je ne comptais pas le faire. Mes poings se resserrèrent discrètement dans mes poches et encore une fois, je restais parfaitement silencieux. Bien évidemment que je la protégeais. Je ne prévoyais pas de nous faire mentir pour simplement me distraire. Il était vrai que je ne protégeais jamais quiconque gratuitement. J'avais toujours appris à vendre mes bons soins en quelque sorte. Mais que pourrais-je demander en échange à Lucrezia si je devais le faire ? Son corps, son cœur, son âme, les trois simultanément ? Je restais figé là, tel un idiot, la fixant droit dans les yeux mais incapable d'ouvrir la bouche. Je ne sus pas si ce fut mon silence ou bien la réalisation de ses mots qui lui fit secouer la tête, mais je pris ce mouvement comme un abandon. Bientôt, son front se posa contre mon torse et je dus me raidir un bref instant. On se touchait à nouveau maintenant ? Est-ce que c'était une autorisation détournée ? Pouvais-je sortir mes mains de mes poches ? Sa dernière question me détendit totalement et j'osais finalement bouger pour passer mes bras autour d'elle, espérant ne pas la faire sursauter ou fuir dans ma prise d'initiative. Je me souvenais l'avoir un peu trop bousculée il n'y a pas si longtemps ; peut-être repousserait-elle les bras qui l'avaient maltraitée ? Puisque je ne pouvais pas lire dans ses pensées, la seule façon de le savoir était de la toucher à nouveau. L'une de mes mains frotta son dos, doucement, avant de resserrer prudemment son étreinte sur elle pour nous rapprocher davantage. Sa question était pertinente, et c'était peut-être la seule à laquelle j'accepterais de répondre aujourd'hui. Une bonne nuit de sommeil n'était pas un luxe que je m'offrais régulièrement, je devais bien l'avouer. Et comment dormir quand de toute façon ma sœur jumelle hantait mes nuits, en permanence. Dormir était une torture et le strict minimum était suffisant. Mais je n'avais pas envie de parler de ça à Lucrezia. Comment pourrais-je aborder ce sujet sans passer pour un fou ? Déjà que je me... transformais en renard à la pleine lune... C'était bien suffisant. Je calais mon visage dans son cou et y déposais un bref et léger baiser.

Je ne le trouve pas, avouais-je néanmoins. La plupart du temps je m'effondre de fatigue. J'essaye juste de veiller à ce que ce soit au moment opportun.

Je sais que je faisais des choses terribles au quotidien, mais j'avais fait mon choix : ma vie plutôt que celles des autres. Et la vengeance de ma sœur. C'était tout ce qui m'importait. Une fois que j'aurais atteint ma mission, je ne serais plus un Shadowhunter, je m'enfuirais de cette folie et du gouvernement. Et en acceptant ce job, j'ai accepté tous les deals qui allaient avec, jusqu'à servir le Ministre directement lui-même pour laver son linge sale et écoeurant. Alors, oui, j'étais un monstre, aucun doute là-dessus, mais je l'avais accepté depuis longtemps. Personne ne m'aiderait à atteindre mon but à part moi-même, c'était comme ça que la société fonctionnait aujourd'hui : chacun pour soi. Néanmoins, je pouvais toujours faire quelques petites actions positives dans toutes les atrocités que je menais. Lucrezia était, aujourd'hui, un exemple concret. Je me redressais, laissant tout le temps à la brunette de se ressaisir, ou bien de rester contre moi si elle le souhaitait. Un dommage collatéral, voilà ce qu'elle avait été aujourd'hui, et ce n'était pas la position la plus facile ou celle que j'enviais le plus. Mes bras retombèrent le long de mon corps naturellement. Le comportement de Lucrezia était plus que douteux, mais comment pouvais-je lui en vouloir d'avoir voulu protéger cet homme de mes mains ? Dans une certaine mesure, elle avait eu raison, de l'autre, prendre de tels risques pour quelque chose qui ne la concernait pas et qui impliquait le gouvernement relevait de l'inconscience pure et dure. Elle avait été si sûre d'elle, si sûre de sa décision.

Pourquoi l'avoir protégé de moi ? Murmurais-je avec prudence, mettant des mots sur mes pensées.

Je ne m'attendais pas à une réponse forcément sincère ; au final ce n'était qu'un test pour savoir jusqu'où elle pouvait aller, dans une certaine mesure. Était-ce uniquement pour éviter au résistant plus de souffrances provoquées par mes mains ou bien il y avait-il bien plus derrière ? Plus la situation s'apaisait, plus la vie du résistant et tout ce qui s'était passé se détachèrent de moi et de mes préoccupations. Et maintenant, comme un peu plus tôt, je lâchais prise, laissant partir ce que je devais laisser partir. Et Lucrezia prit bientôt toute la place une nouvelle fois.

Je suis désolé, dis-je simplement.

Que pouvais-je bien dire d'autre ? M'excuser n'était pas dans mes habitudes, mais néanmoins, malgré que je n'étais pas le spécialiste de la dentelle, cela me semblait être la meilleure chose à faire sur l'instant présent. Les excuses n'effaçaient pas les actes et cette altercation houleuse resterait dans nos mémoires. Peut-être qu'elle ne me verrait plus jamais comme avant. Je n'étais pas fier de mon travail mais c'était le mien, et même si elle avait, de toute façon, un métier plus respectable que le mien, nous avions tous notre utilité dans cette société en ruine. Je tuais, elle soignait. Un parfait équilibre, en quelque sorte.

D'avoir levé la main sur toi, précisais-je alors.

Je n'étais pas désolé d'avoir fait mon travail. J'étais seulement désolé de m'être emporté et d'avoir laissé le Shadowhunter reprendre le dessus aussi violemment. J'aurais pu très certainement faire bien pire, certes, mais j'avais tout de même employé la violence et ce n'était pas banal. Si nous avions été dans une relation plus intime, j'aurais probablement réagi de façon bien pire, ce qui s'avérait donc dangereux pour Lucrezia. J'avais été dupé par la femme que je désirais, et cela aurait brisé le cœur de n'importe quel homme, si bien évidemment le mien si j'avais eu un cœur. C'était peut-être ce qui la sauvait et la maltraitait à la fois. J'avais perdu une bonne partie de mon humanité et je ne savais plus gérer ce qui me restait. Ce n'était absolument pas le lieu pour débattre de tout ça et les murs avaient des oreilles, j'en étais bien conscient, mais j'avais la sensation que si je m'en allais, je ne serais plus très sûr de la revoir. Une partie de moi en était satisfaite : il fallait que j'arrête de courir après cette femme, surtout maintenant que je l'avais vue me tromper directement et que je savais clairement de quoi elle était capable. D'un autre côté, elle restait la même Lucrezia, même si j'avais cru ne pas la reconnaître un peu plus tôt. Alors je restais là, figé, les bras le long du corps. Je la laissais décider pour nous. Je savais qu'elle avait un service à assurer et qu'elle me demanderait probablement de partir pour la laisser travailler, mais je voulais juste l'entendre de sa bouche.

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mar 2 Aoû - 15:26


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Je n’arrivais à définir mes propres attentes, je n’arrivais pas plus à déterminer ce que je voulais réellement et d’un coup, j’abandonnais ma bataille. Juste quelques secondes, le temps de profiter de cet instant improbable de calme et de douceur. C’était un plaisir coupable que j’aurais dû me refuser, mais je n’y parvins pas. Je me laissais alors couler dans l’étreinte sans résistance. Je l’avais initié d’une certaine manière, il aurait été hypocrite de le repousser maintenant, n’est-ce pas ? J’abandonnais la prise que j’avais sur sa veste, pour mieux remonter lentement mes mains dans son dos. Je ne nierais pas, c’était très agréable, trop peut-être. Un frisson me parcourut à un simple effleurement sur la peau nue de mon cou, rappel traître que je ne maîtrisais pas totalement mon corps en présence de Kenneth, pire depuis que nous avions cédé une fois à nos appétits respectifs.

Je fronçais les sourcils, toujours à l’abri des regards, à la réponse qu’il me donna. Je ne m’attendais pas à tant de franchise. Pour être honnête, je m’attendais à ce qu’il me donne encore des excuses pro-gouvernement pour se dédouaner. Il me prenait un peu de court, si bien que je ne relevais pas qu’il avait esquivé le reste de mes questions, tout en évitant de répondre à celles dont je ne voulais pas vraiment entendre parler. Est-ce que j’avais raison de croire que derrière le shadowhunter, se cachait un homme pas si insensible que ça ? Mais même si c’était le cas, qu’allais-je bien pouvoir faire. Je ne pouvais pas me permettre de le laisser me toucher à ce point, c’était trop dangereux. Même s’il me couvrait pour cette fois, il y avait un écart entre achever un résistant par « humanité » et en être une soi-même. Est-ce qu’il m’abattrait lui-même s’il l’apprenait ? Est-ce qu’il m’épargnerait les tortures en m’achevant vite ? Quitte à mourir, j’imagine que je préférerais que cela soit de sa main.

Je retirais les miennes alors qu’il mettait fin à l’étreinte, les laissais en suspens quelques instants, hésitant à les poser à nouveau sur lui, avant de me rétracter et de croiser les bras sur ma poitrine. Peut-être pourrais-je mieux résister à la tentation ainsi. La question, encore une fois et j'allais devoir choisir une ligne de conduite, s’obstiner ou céder et lui donner un bout de vérité. Peut-être que ce fut la prudence avec laquelle il me le demanda, couplé à ces précédentes paroles, qui me donnèrent envie d’être honnête tout en ne lâchant pas ma version de l’histoire.

C’était un homme condamné, m’obstinais-je. Et même s’il ne l’était pas, aucun homme ne mérite d’être sauvé de la mort pour être précipité vers la torture et une mort assurée au bout du processus. Il y a des limites à ce que je peux permettre dans mon métier.

Je m’étais forcée à ne pas baisser les yeux en début de phrase, pour ne pas trahir mes doutes sur la question. Honnêtement, je ne savais pas s’il aurait pu être sauvé ou non. Peut-être que j’aurais réussi à le stabiliser quelques heures pour le voir partir le lendemain, ou peut-être qu’il se serait remis. Je ne le saurais jamais et ma conscience préférait s’accrocher à l’affirmation du cas perdu. J’étais prête à défendre ma version des faits s’il insistait, je ne lâcherais rien de ce côté-là. J’avais repris un peu confiance en moi et repris mes moyens au passage, mais encore une fois, il me prit par surprise.

Des excuses… Je les prenais pour ce qu’elles valaient, à savoir, de l’or. Restait à savoir pourquoi il était désolé. C’était assez inhabituel pour que j’aie des soupçons. Mais Kenneth éclaircit les choses avant même que je n’aie ouvert la bouche pour lui en demander. J’aurais dû me douter qu’il ne s’excuserait pas d’être un shadowhunter, il avait choisi cette voix en connaissance de cause et je doutais sincèrement que jamais un shadowhunter n’est voulu quitter les rangs, ils s’y plaisaient toujours à merveille. Pourtant, il commençait à ne plus rentrer parfaitement dans l’idée que je me faisais de cette caste. Un soupir m’échappa, me délestant des dernières tensions qui régissaient mon corps et mon esprit. J’en arrivais même à lui offrir un léger sourire sincère parce qu’il avait vraiment fait un effort monumental en s’excusant et que je l’appréciais à sa juste valeur.

Étrangement, je te crois.

De là à pardonner… Dans l’immédiat, c’était impossible, je lui en voulais, bien plus que je n’en aurais voulu à un parfait étranger. Mais voilà le problème, Kenneth n’était plus un étranger depuis un moment et l’incident avait pris une tout autre dimension. Tout était devenu plus violent avec lui, les enjeux n’étaient vraisemblablement plus les mêmes. En était-il ainsi de son côté également ? Je n’avais pas la prétention d’avoir une place particulière dans sa vie, ne sachant pas si notre relation relevait du jeu, du défi ou d’autre chose à ses yeux.

Mais je ne te pardonne pas pour autant, comme tu ne me pardonneras pas ce que j’ai fait aujourd’hui avant un moment, si jamais tu y arrives.

Un homme trompé, avec un ego de shadowhunter par-dessus le marché, il y avait de grande chance pour qu’il se méfie de moi à vie désormais et je l’aurais amplement mérité. J’aurais pu tenter de l’amadouer une nouvelle fois avec mon corps, mais je savais que ce serait vain à présent, il me verrait venir à dix kilomètres de là. Tant pis, nous marcherions sur des œufs, enfin plus que ce que nous avions déjà fait. Oh oui, je crois que je venais d’oublier ma résolution de l’éviter comme la peste jusqu’à la fin de mes jours. Pour ma décharge, il était assez difficile de gérer une conscience aigüe quand des besoins et des émotions me tiraient dans l’autre sens. Parce qu’à l’instant, j’avais bien une suggestion à lui faire pour se faire pardonner, mais je ne pouvais pas m’autoriser à la lui proposer. Je me mordis la lèvre en laissant mon regard courir sur ce visage trop parfait malgré la blessure de son arcade et le sang qui le maculait. Malheureusement, mon corps s’anima contre ma volonté, je repasserais pour le contrôle de moi-même. Mes doigts vinrent doucement effleurer l’arcade fendue, assez pour rappeler sa présence sans pour autant faire mal.

Je suppose que tu ne veux plus que je m’en occupe.

J’avais besoin que l’atmosphère se détende, j’avais besoin que l’on finisse cette rencontre sur une note plus légère, j’avais besoin de me décharger d’un poids avant de retourner dans l’arène qu’étaient nos vies. J’espérais que Kenneth avait la même intention, même si je ne comprenais pas l’importance que cela revêtait à mes propres yeux.

   



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Dernière édition par Lucrezia Mantegna le Lun 8 Aoû - 18:31, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mer 3 Aoû - 19:34


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L'étreinte était terminée. Lucrezia croisa les bras sur sa poitrine et je calais une nouvelle fois mes mains dans mes poches. Je n'étais pas sûr que nous soyons réconciliés. Avant de quitter cette salle, j'avais besoin de savoir certaines choses, par pure curiosité personnelle. J'avais besoin qu'on fasse un peu le point. Peut-être que je n'obtiendrais jamais toutes les réponses aux questions que je me posais mais j'écoutais alors attentivement ce qu'elle voulait bien me dire. Lucrezia me confessait droit dans les yeux, à demi-mots cependant, ne pas s'être battue pour ce résistant afin de lui éviter la torture et une mort plus terrible qu'elle ne l'avait été actuellement. C'était tellement bienveillant et honnête en quelque sorte que je n'avais rien à y redire. Humainement parlant, de son point de vue, elle avait raison. Malheureusement, le gouvernement ne laisserait pas la place à tant d'actes de bonté envers les traîtres. J'étais soudainement bien heureux d'avoir été assigné à cette mission et d'être celui présent devant elle actuellement. De cette façon, je lui épargnais bien des ennuis. Je ne poserais pas plus de questions. Il fallait laisser partir ce résistant et tout ce qui le concernait de loin ou de près. J'avais éprouvé le besoin de m'excuser pour avoir levé la main sur elle. Sauver ce qui restait à sauver. Probablement pas grand chose. Un soupir que je ne sus pas interpréter mais bientôt un très fin sourire qui m'encourageait à croire qu'il était possible qu'elle pardonne ma brusquerie. Jusqu'à ce que sa bouche dise l'inverse. Elle ne voulait pas me pardonner ? Je tentais du mieux que je le pouvais de ne pas montrer mes émotions. Alors, c'était tout ? Elle garderait sa rancoeur contre moi et nous en avions fini ? Et en plus elle pensait que je ne la pardonnerais jamais pour son comportement ? Le Shadowhunter en moi ne le tolérait pas, c'était vrai, mais l'être humain, si je pouvais encore me qualifier comme tel, lui, approuvait ce qu'elle avait fait pour ce résistant. Je restais silencieux, la détaillant. Lucrezia était bien plus que tout ce que j'avais pu imaginer. J'avais vu quelques facettes d'elle, mais j'en découvrais encore aujourd'hui. Un prisme. Quelque chose me disait qu'il me faudrait encore beaucoup de temps pour percer les secrets de Lucrezia. En avais-je envie ? Probablement. Mais il était inutile de penser à cela puisqu'elle ne me pardonnerait jamais. Pourtant, j'avais envie d'essayer. Elle leva les doigts pour les diriger vers l'arcade blessée de mon sourcil et je grimaçais à peine en reculant mon visage de sa proximité. A ses mots, je réalisais mon geste d'évitement envers elle. Un dernier instinct de préservation peut-être, contre lequel j'allais lutter. Pourquoi me compliquer la tâche quand j'aurais pu simplement quitter cette salle sans jamais me retourner ? Je ne savais pas, c'était inexplicable. J'attrapais sa main dans la mienne et l'éloignais de mon visage. Dans un élan que je ne contrôlais pas, je réduis le peu de distance restant entre nous deux pour lui voler un baiser, serrant un peu plus fort sa main dans la mienne pour ne pas qu'elle m'échappe sur l'instant. Juste un, qui me vaudrait peut-être une bonne gifle, mais étais-je à ça près ? Je reculais à peine mon visage avant de lui murmurer :

Tu es déjà pardonnée.

Lucrezia pensait peut-être que je mettais mes missions au dessus de tout, et ce n'était sûrement pas totalement faux. Mais il suffisait parfois que l'on m'explique pour que je comprenne. Ce qu'elle avait fait et les raisons de ses choix, je pouvais les entendre. Parce qu'elle était privilégiée de par ce que je pouvais ressentir pour elle. Ce que j'acceptais moins, c'était qu'elle avait dupé le Shadowhunter en dupant l'homme derrière l'uniforme, mais est-ce que c'était vraiment ce qu'elle avait cherché à faire ? J'imagine qu'elle aurait utilisé n'importe quelle arme en sa possession pour protéger ce résistant.

Est-ce que mon arcade t'a, à un seul moment, réellement préoccupée ?

J'avais employé le ton le plus neutre dont j'étais capable. Je ne voulais pas qu'elle se sente agressée, mais, malheureusement tout en moi était agressif. Je relâchais sa main prudemment avant de m'éloigner d'elle et d'aller m’asseoir sur une chaise disponible dans la salle de réanimation.

Si tu as un peu de temps à me consacrer, d'accord. Je n'aimerais pas que cette vilaine plaie dévisage mes traits parfaits, dis-je amusé.

Il valait mieux en rire pour détendre cette atmosphère un peu trop pesante. Mes yeux se posèrent sur le résistant mort sur son brancard un peu plus loin.

Tu ne devrais pas faire quelque chose pour lui avant ? Demandais-je en le désignant d'un mouvement de main.

Je n'étais pas sûr que mon arcade soit la priorité. Cet homme était mort et méritait de recevoir des soins mortuaires pour que sa famille puisse l'apprendre dans de bonnes conditions. Inutile qu'elle le voit en sang dans un état lamentable.

Il avait réellement une femme et un fils, dis-je d'une voix plus basse. Il nous l'a dit alors que... Je me tus.

Inutile de lui donner plus de détails. Lorsqu'un homme se sent pris au piège, de mon expérience, soit il résiste totalement, soit il essaye d’apitoyer son monde pour obtenir grâce. Ils mentaient rarement à cet instant là, à part aux questions réellement intéressantes. Lui n'avait pas menti. Il aurait préféré mourir que de nous donner la moindre information et il avait eu ce qu'il voulait, dans une certaine mesure.

Il me semble que faire venir sa famille et prendre soin de lui annoncer son décès serait la priorité...

Peut-être que Lucrezia avait cherché à éviter cela et que mon arcade était l'excuse, encore une fois, mais malheureusement, ce n'était pas encore terminé. J'aurais dû partir, quitter cet endroit, la laisser faire ce qu'elle avait à faire où je n'avais aucune contribution à apporter. Mais je restais, encore, et encore, comme si j'avais toujours une bonne raison. Oh il était hors de question que je croise sa famille s'effondrer sur le corps du résistant. J'aurais disparu avant.

Ne t'inquiète pas pour mon arcade, je bénéficierai des meilleurs soins, même si me faire soigner par tes mains aurait été loin d'être dérangeant.

Je lui souris une nouvelle fois. En fait, je ne savais pas si j'étais satisfait d'avoir été assigné à cette mission finalement. Je ne savais même pas si Lucrezia n'allait pas s'écrouler après ce qu'elle venait de vivre, même si j'étais persuadé qu'elle était un sacré bout de femme, je l'avais déjà constaté par moi-même. J'aurais simplement préféré qu'elle soit épargnée de tout ça.

Qu'est-ce que tu vas dire à sa famille ? La vérité ?

J'étais peut-être un peu trop curieux, mais j'avais besoin de savoir. Prendre le blâme de cette famille qui serait bientôt en deuil sur mon dos ne me dérangeait pas ; j'avais bien pire sur les épaules de toute façon ; mais je voulais juste savoir.

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Lun 8 Aoû - 20:07


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Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet



Je ne savais pas décrypter ce silence, encore moins ce manque de réaction chez lui. Confirmait-il mes soupçons à propos de la rancœur qu’il me garderait ? Il s’était plus accroché que n’importe qui, malgré tout ce que j’avais pu lui faire subir. Pourtant, il était encore là, à me protéger de mes propres faux pas, allant contre ses principes pour m’éviter des conséquences que je n’étais pas prête à assumer. Si je l’avais pris pour un pigeon pendant très longtemps, je n’arrivais pas à me convaincre qu’il le soit encore, pas avec mes erreurs, pas maintenant qu’il avait compris pas mal de choses. Ou alors il était le pigeon du siècle et moi la femme la plus chanceuse de ce qu’il restait du monde.

Ou pas finalement… J’acceptais le rejet avec fair-play, m’attendant presque à ce qu’il tourne les talons et s’en aille sans ajouter un mot. Finalement peut-être que son instinct de préservation avait fini par refaire surface et qu’il allait enfin décider de ne plus courir après un sac à problèmes. J’étais sur le point de récupérer ma main dans un élan de fierté pour laquelle j’avais cherché le masque de l’indifférence. Quelle dommage que je n’ai pas eu le temps de le porter. Pourquoi avait-il la manie de me prendre au dépourvu, constamment à réagir de manière opposée à ce que j’avais imaginé. Je me raidis quelque peu sous le baiser, sur mes gardes. Qu’est-ce que c’était que ça ? Un baiser d’adieu ou une diversion pour autre chose ? La furtivité du moment ne me laissa même pas le temps de laisser mes pensées de côté pour en profiter. Si bien que lorsqu’il s’arracha à mes lèvres, je suivis le mouvement en quête d’un nouveau baiser que j’avais l’intention de savourer cette fois. À ceci près que ces lèvres bougèrent pour former une phrase qui me paralysa. Je relevais brusquement les yeux vers les siens pour m’assurer de la véracité de ces paroles. Se moquait-il de moi ? Si c’était le cas, il le cachait vraiment bien, et ce n’était pas dans ses habitudes. J’étais parfaitement incrédule et cet homme avait définitivement un problème avec moi.

La réponse à sa question semblait évidente, j’allais lui répondre que oui, mais ce simple mot resta bloqué dans ma gorge. Parce qu’en réalité, je ne le savais même pas, j’avais agi par instinct. Il me restait encore à déterminer si mon instinct avait été guidé par l’envie d’éloigner le Shadowhunter du résistant ou par l’envie de prendre soin de lui. Je fermais la bouche, incapable de donner une réponse honnête quand je ne la connaissais pas moi-même. Et puis, après réflexion, j’étais presque certaine qu’il s’agissait d’une question rhétorique, il s’était déjà fait l’idée que j’avais utilisé son arcade comme excuse. N’est-ce pas l’une des premières choses qu’il m'avait dite en arrivant dans la salle d’examen ?

Je le suivis du regard alors qu’il s’installait sur une chaise, attendant sagement la suite. Sa boutade me détendit plus que je ne voudrais bien l’admettre et je me permis de lever les yeux au ciel. Kenneth et son égo, la plus belle histoire d’amour de ce siècle. Mais avant que je puisse lui répondre, son regard dévia sur le résistant, ainsi que le sujet de la conversation. Mon regard se posa à nouveau sur le corps désormais sans vie. Camille allait revenir s’en occuper, c’était souvent le boulot ingrat des internes, nous autres médecins n’avions aucun remords à les laisser gérer cette partie du job en solo. Mais la remarque qui suivit, à elle seule annihila le peu de détente que j’avais acquis. Je me crispais à nouveau. Pourquoi fallait-il que Kenneth retourne le couteau dans la plaie ? Je m’en voulais déjà assez pour ce que je venais de faire. Il l’avait torturé et je l’avais tué, quelle belle équipe nous formions, vraiment. Le dégoût de moi-même revenait vitesse grand V et il aurait vraiment dû s’abstenir de me faire la morale sur ce que je devrais faire ou non. J’allais être vénéneuse, je le savais, mais il l’avait cherché. Je me retournais alors vers lui en me contrôlant autant que je le pouvais, bien que la colère aie repris ses droits.

Mais bien sûr, Kenneth, je vais leur dire la vérité, à savoir que j’ai tué leur proche pour lui éviter de finir dans les mains du gouvernement parce que c’était un résistant. Je suis sûre que ça va leur être d'un grand réconfort !

Je m’étais approchée tout en crachant mon poison, ne le lâchant pas du regard. Il n’était plus question de porter un masque et si je devais craquer, j’avais bien l’intention de le faire tomber avec moi. J’avais besoin de déverser mon dégoût sur quelqu’un, j’avais besoin de briser quelque chose et là, à cet instant, c’était cette carapace de tranquillité et de maitrise de lui-même que je voulais faire voler en mille morceaux. Est-ce que je voulais déchaîner sa colère contre moi comme une punition ? Peut-être. Quel paradoxe, moi qui ne voulais pas le pardonner pour avoir été brusque, maintenant, j’en venais à le vouloir. Je n’étais pas masochiste, mais j’avais besoin d’être punie pour ce que je venais de faire et une partie de mon subconscient savait parfaitement que la punition de Kenneth serait toujours moins pire qu’autre chose. Être punie oui, mais pas trop quand même.

Arrivée devant lui, je m’avançais jusqu’à le dominer de ma hauteur, le forçant à lever la tête pour me regarder, mais je penchais légèrement la tête pour lui murmurer la suite.

Et toi ? Tu as pris le soin de les prévenir que tu allais l’arrêter et le torturer aussi ? Puisque que c’est si important apparemment.

C’était un coup bas, mais je cherchais à le pousser dans ses retranchements. S’il avait encore une part d’humanité, je pensais pouvoir y arriver. Sinon, j’attaquerais directement son égo. Ou bien, je pouvais juste partir et panser mes blessures dans mon coin. J’aurais même dû faire ça depuis un moment déjà. Pourtant, j’étais encore là, pire, je m’enfonçais, de moins en moins moi-même, de moins en moins maîtresse de mon image.

Si ça te préoccupe tellement, on peut aller les voir ensemble.

Je n’en avais pas fini avec lui et maintenant que j’étais lancée, les mots me venaient tous seuls. Un sourire hautain s’installa sur mes lèvres alors que je portais la main à son visage une nouvelle fois, effleurant ses traits distraitement.

Ou cours plutôt de faire soigner dans ta caverne pour y échapper.

Mon index vint brutalement appuyer sur la plaie, dans l’intention assumée de lui faire mal. C’était un exutoire inattendu, mais que j’allais regretter bien vite. Être sadique ne faisait pas partie de mes défauts et il ne me fallut que quelques secondes pour me sentir mal et perdre mon sourire. Je ne me reconnaissais plus.

   



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Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}

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