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 Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}

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↳ Opinion Politique : Je travaille pour le gouvernement tant que ça m'apporte un semblant d'intérêt.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 Général / Lvl 9999 pour me foutre dans la merde.
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↳ Citation : "A man unwilling to fight for what he wants deserves what he gets."
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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Jeu 8 Sep - 15:55


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Kezia
Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet



A l'instant même où Lucrezia posa ses mains sur moi, une vague de soulagement m'envahit. Je dus même en soupirer discrètement. Elle ne me repoussait pas encore, mais si tout était réellement revenu à sa place, ça n'allait pas tarder. J'allais juste profiter du bref moment qu'elle m'offrait, sans broncher. Je me laissais alors totalement faire, écoutant avec attention ses mots. Une grimace s'afficha sur mon visage alors que je répliquais immédiatement à peine lorsqu'elle eut fermé la bouche :

Je ne vais pas détruire ta vie.

Je n'étais pas là pour ça, ou en tout cas ce n'était pas ma conception d'une relation, même pour moi. Je la voulais, point final. Pourquoi fallait-il qu'elle rende tout ça plus compliqué que ça ne l'était déjà ? Je réalisais que Lucrezia était accablée de questions et de doutes et que ce n'était peut-être pas moi le problème finalement. Peut-être que n'importe qui aurait pu être à ma place et subir le même traitement. Cela eut le don de me donner un peu plus d'espoir. Peut-être que je confondais sa méprisance avec autre chose, je ne savais pas, je n'étais pas sûr. Ses prochaines paroles me firent reculer la tête, me redressant un peu dans le processus. Touché. Je restais silencieux, la détaillant, les lèvres serrées. Elle avait raison. Parfaitement raison. Sauf sur une seule chose :

Ma protection n'est pas versatile.

Sauf lorsque j'étais très en colère, qu'on me mentait ou qu'on me trahissait. Bon d'accord. Elle pouvait être versatile finalement, mais ce n'était pas chose courante. Non, la majorité du temps, lorsque j'offrais ma protection, c'était jusqu'au bout... Ou jusqu'à la fin d'un deal pour ceux qui m'étaient le plus indifférent. Et je réalisais que j'en avais passé un avec Lucrezia, mais seul, sans lui avoir demandé son avis. Je la protégeais et j'estimais que cela me donnait un certain droit sur elle, comme savoir de quoi la protéger, et cela incluait ses secrets. C'était pourquoi j'avais été aussi agressif hier et c'était pourquoi nous en étions arrivé là. J'avais été impliqué de trop près et j'avais voulu savoir dans quoi je baignais lorsque je lui avais offert ma protection. Mais j'avais aussi voulu lui donner une vraie leçon, ça je devais bien l'avouer. Tout ce mélange d'émotions et ce mic-mac de sentiments avaient provoqué mon comportement d'hier : j'avais été cruel, tout bonnement. Au final, je n'aurais jamais su la vérité, je le réalisais maintenant, et mon petit doigt me disait que je ne le saurais jamais. Pourtant, il me semblait avoir également rendu les armes hier précisément. Je respectais ses secrets car je ne pouvais pas l'obliger à me les confier. Et je ne voulais pas non plus la manipuler pour les obtenir comme j'aurais pu le faire – et tenté de le faire d'ailleurs, même si je m'étais arrêté à temps. J'étais un homme d'honneur, du moins j'essayais au mieux, et je m'y tenais. Lucrezia réduisit la distance entre nos visages pour m'offrir un baiser passionné et exigeant auquel je répondis avec une parfaite symétrie. Même si je ne m'y attendais pas sur le moment, j'étais toujours prêt pour ça. Ces quelques baisers suffirent à allumer un feu au creux de mon abdomen et en oublier de quoi nous parlions. Je soupirais de plaisir à ses lèvres alors que ma prise autour d'elle s'était spontanément acérée. J'aurais aimé prolonger cet échange mais Lucrezia détourna le visage pour se rapprocher de mon oreille. Je gardais les yeux fermés, me concentrant à nouveau sur ses paroles. Étions-nous vraiment obligés de parler ? Mes yeux se rouvrirent lentement lorsqu'elle prononça le mot pouvoir. Alors, c'était ça son inquiétude ? Je déposais un simple baiser dans son cou avant de me redresser et lui faire suivre le mouvement pour que nous puissions nous regarder à nouveau. Ne réalisait-elle pas que c'était elle qui avait tous pouvoirs et non l'inverse ? Ce n'était peut-être pas plus mal qu'elle ne s'en rende pas compte. Cela me sécurisait, en quelque sorte, car lorsqu'elle en prendrait conscience, je serais réellement à sa merci et nous rentrerions dans une nouvelle dynamique que je n'étais pas spécialement pressé de connaître.

Les utiliser pour mieux te protéger, me contentais-je de répondre, avant d'ajouter : Je ne veux pas te compromettre. Ca ne changera rien. Je veux te faire comprendre que tu pourrais me confier absolument n'importe quoi, je te voudrais toujours de la même façon.

Je pensais sincèrement chacun de mes mots mais alors pourquoi étais-je incapable de me confier à elle moi-même ? Ne la croyais-je pas capable de faire preuve d'autant d'abnégation ? Je protégeais tellement bien mes secrets que cela paraissait parfois comme si je n'en avais aucun. J'étais doué pour me cacher et pour ruser, j'étais un renard finalement et même si la vie était une véritable salope, il fallait au moins avouer que dans mon malheur j'avais eu la chance de ne pas avoir été lié à un escargot ou une sangsue, ou pire... Une huître... Est-ce qu'il y avait de tels Skinchangers ? J'en doutais... Du moins je l'espérais. Ou alors ils ne devaient pas survivre longtemps. Le fil de mes pensées fut interrompu par la pression du corps de Lucrezia qui me repoussait en arrière avec force et je me laissais faire. Ce que je ne pensais être qu'un laisse-moi respirer me fit chuter sur le lit et Lucrezia s'installa bien vite au dessus de moi. Je me détendis immédiatement, soupirant discrètement. Un nouveau réconfort parce qu'elle ne me repoussait pas à distance. Son visage trop proche du mien et sa douceur m'encouragèrent à lui voler un bref baiser, du bout des lèvres, avant que ses mots ne me fasse à nouveau poser la tête sur le matelas, l'observant avec toute l'attention que je pouvais porter à une personne. Que répondre ? Que j'en ferais bon usage car elle était désormais la personne que j'aimais le plus et qui respirait encore sur cette Terre ? Que je n'étais pas prêt à la perdre elle aussi ? Que je prendrais soin d'elle quitte à devoir y laisser quelques touffes de poils dans le processus ? Aucun mot ne sortit de ma bouche et à la place, un doux sourire de compassion se dessina sur mon visage alors que ma main se posa sur son menu visage. Comment pourrais-je lui faire un quelconque véritable mal même avec tout le pouvoir du monde ?

Tu n'es pas obligée de me le donner. Tu peux le garder pour toi si tu préfères. Ca ne change rien finalement.

Je n'étais même pas sûr d'en avoir besoin de toute façon. Cela ne changerait rien, à part apporter un peu de transparence à nos échanges. Mais j'étais prêt à rester dans le brouillard si c'était plus confortable pour elle, tant qu'elle était là près de moi. Après tout, je me permettais de garder mes secrets pour moi, j'aurais été bien hypocrite de lui demander l'inverse. Il fallait que je sois prudent, parfois je me contredisais. Je réalisais que mes pensées avaient tendance à s'embrouiller. Je réclamais de temps à autre un droit que je n'avais pas, tout simplement parce que je lui imposais ma protection en quelque sorte. Peut-être n'en avait-elle pas besoin. Peut-être étais-je une véritable plaie à ses yeux ?

Est-ce que je prends trop de place ? Demandais-je maladroitement dans un murmure.

Ma question n'avait pas le mérite d'être claire alors je la reformulais presque immédiatement :

Je veux dire, est-ce que tu préférais que je reste à distance ?

Ce n'était toujours pas très clair mais je ne savais pas comment exprimer mon doute. Je n'étais pas aveugle, Lucrezia n'était pas toujours très heureuse de me voir, bien au contraire. Lorsqu'elle pouvait m'éviter, elle le faisait, et comme la peste. Je m'étais toujours acharné, mais si elle me demandait de la laisser définitivement et qu'elle n'avait jamais voulu de moi, là, maintenant, peut-être que je pourrais reconsidérer sa requête. Je lui avais déjà donné l'occasion de le faire hier ; une chance qu'elle n'avait pas saisie. Je ne pouvais pas l'obliger à me donner ce qu'elle n'avait pas envie même si j'avais eu tendance à me comporter de cette façon en m'imposant jusqu'à maintenant. Je pense que j'avais toujours pris ses refus pour un jeu, mais peut-être que je m'étais trompé depuis le début. Mais alors pourquoi en étions-nous à être allongés dans le même lit ? Je ne pouvais pas renoncer à elle, je ne pouvais juste pas. Elle était la seule personne qui apportait encore un sens à ma vie. Mis à part Stain, mais lui, c'était une toute autre histoire. Je voulais que Lucrezia soit celle qui resterait lorsque j'aurais ôté la vie de Stain, c'était égoïste et au fond je réalisais que j'avais bien plus besoin d'elle qu'elle n'avait besoin de moi. Peut-être que je ne voulais pas partager mon plus grand secret avec elle car nous parlions d'un meurtre de sang très froid avec préméditation, d'une lente torture, d'une véritable cruauté et d'un vrai sadisme, et j'avais peur que son regard ne change et que je ne l'écoeure encore plus que je ne le faisais déjà ? Ou encore que je perde le peu de respect que j'avais réussi à gagner auprès d'elle ? De la faire fuir loin ? Je me trouvais juste des excuses pour me rendre utile à ses yeux et rester dans ses grâces. Elle pouvait se débarrasser de moi du jour au lendemain, j'essayais juste de forcer mon chemin pour que ce jour soit le plus tard possible. Pourquoi elle, je n'étais pas sûr d'avoir la réponse. J'aurais pu choisir une femme plus facile à vivre, mais je n'avais pas choisi. Ca s'était imposé à moi depuis le premier jour où je l'avais vue, celui où j'ai pris sa défense dans une altercation. C'était ainsi et c'était tout. Je détaillais les traits de son visage, sa chevelure brune, les sillons de ses lèvres et mon cœur était si chaud en sa présence que cela me brûlait la poitrine. Ca ne pouvait être qu'elle. Je hochais la tête négativement, fermant à peine les yeux dans mon geste.

Oublie. Je ne suis pas prêt à te laisser partir.

A ces mots, mon bras qui était sagement resté allongé dans le lit s'installa autour d'elle pour la maintenir contre moi alors que ma main sur sa joue glissa dans une caresse sur sa nuque. Ce n'était pas en se comportant ainsi de toute façon qu'elle me ferait croire qu'elle n'avait pas le choix. Je réduis le peu de distance entre nos visages pour l'embrasser avec ferveur, caressant sa langue avec la mienne, laissant mes doigts dans sa nuque remonter dans la naissance de ses cheveux. Je figeais doucement sa tête avec ma main, incapable de briser notre baiser que je prolongeais encore et encore. Dans une impulsion, mon corps repoussa le sien pour échanger nos places. Mes lèvres volèrent un dernier baiser aux siennes avant que je ne redresse la tête pour les séparer.

Tu ne veux pas de l'homme que je suis, tu ne veux pas non plus de ma protection, tu n'as pas besoin d'un ami ou d'un confident, tu n'as pas envie d'être bousculée et encore moins de coucher avec moi. Alors qu'est-ce que tu veux Lucrezia ? Qu'est-ce que tu attends de moi ? Murmurais-je tout contre elle.

Pourquoi faisait-elle durer tout ça ? En y réfléchissant, ça n'avait aucun sens. C'était peut-être la première question que j'aurais dû lui poser. C'était celle qui avait le plus de raison d'être actuellement. Tous nos échanges me l'avaient fait comprendre. Elle entretenait de manière très astucieuse notre relation. Elle ne se dévoilait pas tout en me donnant suffisamment au quotidien pour maintenir mon intérêt pour elle. Ou peut-être allais-je chercher moi-même ce dont j'avais besoin sans m'en rendre compte ? Elle était bien trop intelligente pour mon propre bien. Elle savait parfaitement ce qu'elle faisait et elle avait l'art d'entretenir notre relation sans se mouiller. Je lui courais après et j'étais prêt à courir toutes les distances qu'elle m'imposerait. Comment avais-je pu en arriver là ? Ce n'était tellement pas raccord avec tout ce que je pouvais être. Mes collègues ou mes partenaires de deal auraient probablement étaient choqués d'apprendre ce que je tolérais pour Lucrezia, avant de me rire au nez en me pointant du doigt sans aucun doute. Oh et bien, ils n'avaient pas besoin de savoir. Elle faisait partie de mon jardin secret désormais et je préférais ne pas partager son existence avec quiconque d'encore en vie sur cette Terre, car, en toute honnêteté, elle était peut-être ma seule faiblesse.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Dim 11 Sep - 21:37


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Kezia
Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet



" Je ne vais pas détruire ta vie. "

Un sourire amer bien que bienveillant étira mes lèvres. C’était si simple à dire, et il en avait l’air tout à fait convaincu. Mais moi, je voyais bien les différentes façons dont il pourrait saccager ma vie. Si je lui avouais pour la Menrva, tiendrait-il le même discours ? Et si je lui avouais pour la résistance, non, je n’avais même pas à me poser la question, il m’enfermerait là d’où je ne sortirais que les pieds devant. J’eus au moins la satisfaction de le voir réagir à mon affirmation et si celle-ci l’ébranlait, c’est qu’il en reconnaissait l’aspect véridique. Mon sourire se tordit néanmoins à sa réponse. Bien évidemment que sa protection ne me serait pas assurée à vie, qu’il n’essaie même pas de me convaincre du contraire. Personne ne pouvait prévoir l’avenir, ou même ses actes. J’étais sur le point de le contredire à mon tour, mais l’expression sur son visage me stoppa net. J’avais la sensation de ne pas avoir le droit de briser ce qui était en train de se passer dans la tête du brun.

Mais en entrant dans le jeu de Kenneth, en cédant à mon envie, j’avais ouvert une boite de Pandore que je ne saurais refermer. Que m’étais-je imaginée ? Que Kenneth allait avoir plus de retenue que moi ? J’avais peut-être fait une erreur en cédant, peut-être que je n’aurais pas mes réponses aujourd’hui. Finalement, je n’en avais sans doute pas grand-chose à faire, que je les ai maintenant ou pas, je savais comment cela allait finir. Je m’étonnais moi-même de la rapidité avec laquelle j’avais abandonné, j’étais persuadée que Kenneth allait fuir les réponses en jouant la carte joker jusqu’au bout, du moins j’avais préféré m’imaginer les choses ainsi pour ne pas être déçue. Je n’étais donc absolument pas préparée à la déclaration qui suivit et qui me pétrifia. J’avais tellement envie d’y croire, j’avais un besoin grandissant de me reposer sur lui, de me sentir acceptée pour ce que j’étais, avec tous mes défauts, mes erreurs et mes actes odieux. Ma prise se resserra sur Kenneth, sans qu’un seul mot ne m’échappe. Qu’avais-je à répondre à cela de toute manière ? Étais-je une femme faible si j’y croyais ? Pouvais-je me le permettre ? Si je mettais en danger la Menrva en tombant dans un piège grossier, je ne pourrais jamais me le pardonner. Alors je réalisais que raconter la vérité à cet homme relevait de l’acte de foi. Pour la non-croyante que j’étais, c’était ironique à un point inimaginable.

Je ne savais pas quoi répondre, pourtant, j’avais posé la question, c’était à moi d’assumer désormais. Si j’avais une envie pesante de croire à tout ce qui pouvait se dessiner entre nous deux, la partie paranoïaque refusait toujours catégoriquement de laisser des mots, des regards et des baisers, altérer ma vision pragmatique. Ma résolution se craquela finement alors que le sourire le plus compatissant que je n’ai jamais vu s’installa sur les lèvres de Kenneth. Son regard de pure sincérité me heurta avec une telle violence que j’eus l’impression d’étouffer, en tout cas bien incapable de respirer correctement. L’homme venait de déposer les armes à mes pieds avec une telle dévotion, que j’étais incapable de rester indifférente. Une vague d’affection menaça de me submerger lorsqu’une voix malsaine me rappela qu’il pouvait s’agir encore une fois d’une simple stratégie afin de me faire parler. Je n’en pouvais plus d’être en conflit avec moi-même, de ne jamais être sûre de ce que je devais croire, de ce que je devais faire. Mais nerfs, que la brève nuit de repos aurait dû apaiser, se retrouvaient une nouvelle fois malmenés. La question de Kenneth me prit au dépourvu et le manque d’assurance qu’il me laissa apercevoir pour la première fois, eut raison de mes quelques barrières. Je fermais les yeux avant que de nouvelles larmes de m’échappe, incapable de lui répondre. Il m’aurait posé la question hier, ma réponse aurait été immédiatement oui. Le plus loin de moi, il serait, le plus en sécurité, je me sentirais. Mais désormais, je me savais dans l’erreur, du moins je commençais à l’admettre, même si pour découvrir la vérité, il me faudrait prendre un risque, sans assurance de m’en sortir.

" Oublie. Je ne suis pas prêt à te laisser partir. "

Un soupir de soulagement fusa entre mes lèvres et je ne regrettais même pas mon laisser-aller. Je m’écroulais à moitié sur Kenneth, mon visage allant se réfugier dans son cou alors qu’une larme traitresse glissait entre mes cils. Je n’en avais rien à faire de m’être ouverte dans cette réaction, parce qu’il venait de me soulager d’un point immense. La femme au fond de moi ne voulait pas qu’il me laisse partir, et cela, malgré la résistante dans mes veines. Je réagis à l’instant même où la main de Kenneth glissa dans ma nuque et me redressait suffisamment pour sceller cet engagement dans un baiser qui eut une nouvelle saveur sur le bout de ma langue. En y réfléchissant, c’était parce qu’il n’y avait pas cette note douce-amère habituelle de culpabilité. Un soupir de contentement m’échappa, je savourais sans remords ce qui m’avait manqué depuis si longtemps. Je ne l’avouerais jamais, mais j’étais plus que satisfaite de la tournure de la situation finalement, j’accueillis même le poids de Kenneth sur moi avec un gémissement d’envie. J’étais prête à assumer toutes mes envies désormais, sans honte, alors je glissais ma main dans la nuque du brun pour accompagner nos baisers, du moins jusqu’à ce qu’il s’arrache à moi et m’arrache au passage un grondement mécontent.

Je rouvris les yeux pour observer Kenneth et écouter ce qu’il avait encore à me dire. Je n’aurais d’ailleurs pas cru qu’il en serait encore au stade de vouloir discuter, mais c’était de bonne guerre. En revanche, j’aurais dû être plus préparée à écouter sans réagir. Alors au lieu de rester impénétrable, mes yeux s’agrandirent de surprise. Il ne pouvait pas être plus dans le faux, enfin à quelques détails près. Bien au contraire, je mourais d’envie de lui tel qu’il était, d’en faire un ami, un confident et un amant. Mais je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même, j’avais cultivé cette impression depuis le début entre nous. Étais-je prête à envoyer valser ce que j’avais construit ? La réponse était oui, depuis l’instant où j’avais commencé à être honnête avec lui, depuis hier soir. Je ne pouvais pas faire machine arrière désormais, ça n’avait pas de sens. Alors je pris une bonne respiration, autant commencer par ce que je voulais, ou du moins aurais souhaité.

J’aimerais être complètement sûre, alors que je ne pourrais jamais l’être et j’aimerais surtout que ce soit bien moins compliqué.

Mes sourcils se froncèrent de frustration. J’avais encore l’impression de ne pas exprimer clairement ma pensée. Peut-être aurais-je du préciser que je voudrais être sûre de pouvoir lui faire confiance malgré son statut, malgré ses obligations, que je voulais croire chaque mot qu’il m’avait dit et qui m’avait touché. Mais ce que je voulais le plus, c’était ne plus être prise entre deux feux dans mon propre esprit, et cela, je ne pourrais jamais l’exprimer clairement à haute voix, c’était bien trop honteux et faible de ma part. Ma prise sur la nuque de Kenneth se resserra et je levais la tête pour coller nos fronts sans que mon regard ne dévie du sien.

Ce que je veux, c’est être sur un pied d’égalité. Si je m’expose pour toi, je veux que tu sois prêt à le faire aussi pour moi.

Que les choses soient claires, j’avais peut-être pris la résolution de lui dire la vérité, mais je tiendrais aussi longtemps que je le pourrais afin qu’il honore les conditions qui allaient avec. Et quand je parlais de s’exposer, je ne parlais pas de sa fichue protection, j’étais certaine qu’il le savait, mais je devais le dire à voix haute.

Je ne veux pas de ta protection pour une raison que je ne comprends pas.

La seule raison que je commençais à entrevoir me semblait si irréelle, si utopique, que je me refusais de l’envisager. Ce serait ouvrir la porte à mes propres sentiments, et je ne voulais pas en arriver à me laisser diriger par eux sans pouvoir reprendre le contrôle. Pourtant, j’étais prête à offrir tout ce que j’avais, tout ce que j’étais. J’avais toujours été comme ça en amour. Oui, parce qu’il était temps que j’affronte la vérité. Je n’aurais jamais laissé la situation dériver à ce point entre Kenneth et moi s’il n’était pas question de sentiments. Ma prise se défit et ma main se fit caressante, glissant de la nuque jusqu’au menton du brun afin de relever son visage et souffler contre ses lèvres.

J’ai beaucoup à donner, mais je ne supporterais pas que cela se retourne contre moi.


Ma voix n’avait pas été aussi assurée depuis que je m’étais réveillée. Comme si le fait d’accepter l’existence de mes sentiments m’avait rendu plus forte, paradoxalement plus en contrôle sur moi-même. Je scellais mes paroles avec un baiser bien plus doux et affectueux que les précédents, en phase avec moi-même.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Jeu 6 Oct - 16:09


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J'avais bien entendu le grondement plaintif de Lucrezia lorsque je rompis notre échange. Cela aurait pu me suffire à reposer mes lèvres contre les siennes et à conclure la discussion autrement, mais la question qui me trottait dans la tête était bien trop importante pour que je la passe au silence. Ses yeux s'écarquillèrent et je les observais tour à tour, l'un après l'autre. Est-ce que ma question était étrange ou bien pensait-elle que je n'oserais jamais la poser ? Sa réponse ne se fit pas attendre bien longtemps et je l'écoutais attentivement, ne pouvant détourner mes yeux des siens. Complètement sûre ? Complètement sûre de quoi ? Je me tus, ne voulant pas briser l'élan d'aveux qu'elle allait peut-être me faire. Pourtant, j'avais envie de lui dire à quel point elle pouvait se permettre d'être sûre et ô combien nous pouvions rendre cette relation bien moins compliquée si nous faisions tous les deux les efforts nécessaires – efforts que j'étais prêt à faire bien évidemment. Lucrezia semblait être confuse par ses propres mots ; était-ce si difficile de se confier à moi ? Je pouvais parfaitement comprendre ses doutes. Bientôt, sa prise sur ma nuque se resserra et son front toucha le mien. Je fermais à peine les yeux, résistant à l'envie de lui offrir un nouveau baiser dans le processus. J'eus raison de le faire puisque la belle brune reprit la parole, poursuivant ce que je considérais comme une confession mais aussi une requête. M'exposer ? Cela faisait bien longtemps que je ne le faisais plus, mais comment pouvais-je lui demander d'être claire comme de l'eau de roche quand moi-même j'étais aussi trouble que de l'eau calcaire ? Lucrezia n'était pas idiote, et toutes les défenses qu'elle avait bâties envers et contre moi étaient justifiées. Je paraissais toujours lui demander plus en donnant moins ; ce n'était pas ce que je voulais, et ce pied d'égalité qu'elle me réclamait désormais était de bonne guerre. Peut-être alors pourrait-elle être sûre comme elle avait besoin de l'être pour pouvoir envisager quoi que ce soit avec moi. J'avais rouvert les yeux, observant les siens, avant de hocher doucement la tête en signe d'affirmation, mais aussi pour lui signifier que j'avais bien compris ce qu'elle voulait dire. Nous en revenions à ma protection et je fronçais à peine les sourcils. Qu'est-ce qu'elle ne comprenait pas ? Que ne pouvait-elle pas lire dans mes yeux, dans mes gestes, dans le comportement que j'adoptais avec elle ? Qu'est-ce qui n'était pas clair ? Devais-je prononcer les mots pour qu'elle comprenne pourquoi je m'acharnais à rester près d'elle et à la protéger quoi qu'il arrive ? Elle ne pouvait pas me faire ça. Car, en toute honnêteté, je n'avais pas le courage d'exposer mon cœur avec aussi peu de réserve. Je détournais à peine le regard à cette pensée, mais bien vite la main de Lucrezia sur ma nuque glissa jusqu'à mon menton et je l'observais à nouveau, me laissant manipuler avec soin. Je laissais mes lèvres embrasser sa main à proximité dans une impulsion avant de reposer mes yeux sur elle. Il me semblait déjà lui avoir dit que je n'étais pas l'ennemi, mais tant que je ne pourrais pas le lui prouver, je pouvais à nouveau comprendre ses doutes. J'accueillis ses lèvres contre les miennes ; un baiser doux et simple mais bienveillant auquel je répondis avec une parfaite symétrie. Unique et classique, une toute nouvelle valeur particulière qui me touchait sans vraiment que je ne comprenne pourquoi. Peut-être parce qu'il était bien différent de tous les baisers que nous avions pu échanger jusqu'à maintenant. Cela m'arracha un fin sourire qui s'évanouit tout aussi vite qu'il était apparu. Lucrezia avait fait plusieurs pas vers moi depuis hier soir et si je voulais espérer que cela continue, il me faudrait en faire quelque uns dans sa direction également. Elle était bien plus courageuse que moi. Il me fallait être brave à mon tour. Cela me demandait de réaliser un tel effort que je n'étais même pas sûr de pouvoir y arriver. Je me redressais doucement, me libérant de sa proximité et brisant notre échange silencieux dans le processus. Par quoi commencer ? Qu'être en mesure d'avouer et que taire ? Il fallait que je sois prudent ; et pourtant c'était bien à cause de cette prudence que nous avions tant de barrières qui nous tenaient séparés. Je m'assis dans le lit, près d'elle, mais évitais soigneusement son regard.

Je... n'ai pas totalement été honnête avec toi hier soir.

J'allais commencer par le commencement, par la raison pour laquelle j'étais l'homme que j'étais aujourd'hui. Effrayant comment exposer cette partie de moi-même me paraissait insurmontable, et pourtant ô combien libérateur de pouvoir partager ce secret avec quelqu'un ; davantage encore lorsqu'on tenait sincèrement à cette personne. Un... Je comptais intérieurement. Deux... Et à trois, je serais prêt à lui avouer le fait le plus marquant et le plus important de ma vie. Trois.

Le gouvernement a assassiné ma sœur jumelle. Elle était la seule. La seule qui comptait réellement pour moi. Je n'avais qu'elle.

C'était sorti d'une traite, comme ça, sans réfléchir davantage aux mots à employer. Je me rendis compte que je mentais encore malgré tout, à demi-mots néanmoins car, puisque je ne pouvais rien faire contre une entité aussi puissante que le gouvernement, je pouvais néanmoins jeter le blâme sur une seule personne : Stain. Mais avouer que je courais après cet homme dans le but de l'assassiner de sang froid n'était pas quelque chose que je pouvais me permettre pour le moment avec une femme comme Lucrezia. La vengeance n'était jamais un sujet très glamour, très abordable. Il pouvait vous mettre à nu. La justice était plus facile. Mais pour moi, ma vengeance serait ma justice. Rien de plus, rien de moins. Et même si elle me semblait parfaitement justifiée à mes yeux, je pouvais également imaginer qu'elle ne pouvait être perçue que comme violence et cruauté. Je ne voulais pas que Lucrezia me voit ainsi. Je ne voulais pas qu'elle me voit courir après le sang et la mort. Je voulais qu'elle voit mon positif sans voir mon négatif. C'était malhonnête, mais je voulais la préserver de cette partie de moi-même qui pouvait saccager et mettre à feu et à sang une autre personne pour son propre bien. Pourtant, j'étais un Shadowhunter. Je n'étais pas réputé pour cueillir des fleurs et en faire des colliers sur mon temps de travail. Néanmoins, ma vendetta était bien plus privée, bien plus personnelle.

Je t'ai menti hier soir, je sais parfaitement ce que ça fait, de perdre une partie de soi-même et de savoir que jamais plus on ne la retrouvera. Cette séparation est définitive, irrémédiable, et on doit vivre avec cette absence jusqu'à la fin de ses jours. Je repris discrètement mon souffle avant de poser mes yeux sur Lucrezia, à peine une seconde. Je suis également mort il y a quatre ans. Amusant le hasard non ? J'eus un rire nerveux pour conclure la dernière syllabe de ma phrase.

Non, rien de drôle dans mes propos. C'était une véritable tragédie. Nous avions tous les deux été piétinés par la vie ; cette même vie qui nous avait réunis et poussés jusque là, jusqu'à maintenant. A chaque fois que je parlais de ma sœur, c'était comme rouvrir la plaie et laisser le sang s'écouler. Douloureux, mais pourtant la pression s'amenuisait à mesure que je la faisais vivre à travers mes souvenirs. Je reposais mon regard sur Lucrezia, un sourire sincère sur mon visage :

Je suis sûr que tu l'aurais beaucoup aimée, c'était une femme formidable.

Mais nous ne nous serions sûrement jamais rencontrés si ma sœur était encore en vie. Jamais je n'aurais rejoint les Shadowhunters, pour rien au monde, et alors je ne l'aurais jamais protégée durant l'altercation grâce à laquelle je l'avais rencontrée. Ou alors le destin aurait été plus malin. Peu importait, avec des si, j'aurais pu refaire le monde, et bien plus encore. A la place, je subissais au quotidien la perte d'une partie de moi-même qui ne pourrait jamais être remplacée, quoi que je fasse.

Alors je comprends Lucrezia, je comprends comment et pourquoi la perte de Luca a pu bâtir des murs infranchissables ; parce que j'ai exactement les mêmes.

Je tendis le bras dans sa direction et laissais ma main caresser doucement l'une de ses joues. Je me penchais davantage au dessus d'elle pour réduire la distance que j'avais instaurée entre nous deux un peu plus tôt.

Tu ne pourras jamais être sûre, comme je ne pourrais jamais l'être non plus. Mais je peux t'assurer ceci : je tiens à toi. J'ai déjà perdu la personne la plus importante pour moi, ce n'est pas pour te perdre également. A vrai dire, je ne suis même pas sûr que je pourrais y survivre cette fois. Ca me donne une bonne raison de vouloir te protéger.

Je ne pouvais pas être plus clair ; tout du moins, je ne me permettrais pas plus. J'avais tenté, du mieux que je le pouvais, de lui expliquer les raisons qui me poussaient à être l'homme que j'étais, que cela soit avec elle ou bien avec les autres. Bien sûr, je ne lui parlerai pas de Stain. Pas encore. Peut-être un jour, lorsqu'il serait mort, lorsque je l'aurais tué de mes propres mains. J'étais aussi conscient que cet aveux me pousserait à en faire d'autres, comme la raison pour laquelle j'étais un Shadowhunter alors que j'étais censé haïr le gouvernement. Tout n'aurait pas vraiment de sens si j'omettais quelques informations, mais je trouverai bien quelque chose, comme d'habitude. En attendant, je laissais Lucrezia assimiler les informations que je lui avais avouées, n'osant plus la toucher pour le moment. Je savais que je n'étais qu'à moitié sincère, mais je savais également que je ne pouvais pas me permettre plus ; pas pour le moment, pas au risque de perdre ma vendetta en route. Non, je ne pouvais pas me le permettre. Que Lucrezia me pardonne, cela ne remettait pas en cause mes sentiments et ma bienveillance pour elle.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mar 18 Oct - 19:19


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Cette parenthèse de douceur fut agréable, bien qu’éphémère. Kenneth la brisa en perdant le sourire et en s’éloignant de moi. Je ne comprenais pas ce qu’il pouvait se passer dans sa tête à cet instant, qui puisse le faire changer d’humeur à ce point en un instant. Le pire fut sans doute son regard fuyant. Je n’allais pas aimer ce qui allait suivre, j’étais prête à le parier. Pessimiste de nature, je fus assez surprise de la révélation, loin d’être catastrophique. S’il pensait m’apprendre quelque chose… Évidemment, je me doutais que Kenneth n’était pas toujours honnête, sinon je n’aurais pas autant de réserves à propos de lui et de nous, si nous il y avait. J’étais sur le point de lâcher une réplique ironique, mais il me prit de vitesse et me cloua le bec en une phrase. Si seulement il s’était arrêté là, mais non, il avait continué, il avait déballé son sac et moi ? J’accusais le choc, simplement et il me fallut quelques instants pour digérer la bombe qu’il venait de me lancer. De deux choses l’une, soit nous avions vraiment fait un immense pas en avant sur la franchise, soit j’étais en train de me faire manipuler à un tout autre niveau. Sa sœur tuée par le gouvernement, il y a quatre ans et la seule personne à avoir une importance dans sa vie ? Trop de similitudes, trop de coïncidences, c’était trop gros. Comment pouvais-je ne pas m’imaginer qu’il était en mission auprès de moi pour démanteler la Menrva ? Si c’était là une nouvelle stratégie pour m’atteindre et m’amadouer, elle était particulièrement cruelle. Mais à quoi s’attendre d’autre avec ce gouvernement de psychopathes.

Le rire et la remarque, ne me sortir par vraiment de mon mutisme, au contraire, je portais un regard indécis sur l’homme face à moi. Jusqu’à ce qu’il ose à nouveau croiser mon regard et m’offre une nouvelle part de lui-même. J’espérais qu’on ne pouvait pas jouer une telle peine, une telle sincérité. Une femme formidable hein ? Il disait ça comme s’il me pensait être dans la même catégorie, comme si des personnes formidables ne pouvaient que s’entendre entre elles. Une moue m’échappa, s’il seulement, il savait, s’il savait que j’étais très loin d’être formidable. Donc oui peut-être l’aurais-je apprécié, mais de là à assurer la réciproque…

En assumant que Kenneth dise la vérité, cela expliquerait bien des choses entre nous et encore, je m’étonnais que nous n’ayons pas dû gérer des catastrophes bien pires que celle d’hier. Mais à nous voir aujourd’hui, il était clair qu’un bon nombre de ces murs avaient commencé à s’effriter. Peut-être, est-ce cela qui m’empêcha de me soustraire à la caresse alors que j’étais à nouveau assaillie par les doutes. La seule chose qui me retenait de tomber dans la paranoïa pure, c’est que Kenneth n’avait pas tenté de se justifier sur son appartenance à un gouvernement qu’il sous-entendait haïr. Un menteur n’aurait pas manqué sa chance d’endormir mes doutes. Alors je me raccrochais à ce petit bout d’espoir, j’étais prête à parier dessus, sous certaines conditions.

Avant de me décider à reprendre la parole, je pris le temps de vraiment réfléchir à l’assurance que le brun me donnait. Avec le recul et sans mauvaise foi, il m’avait déjà prouvé à de nombreuses reprises tenir à moi, il m’avait sauvé la mise tellement de fois. Je n’y étais pas insensible, loin de là, mais je me devais de tenir mon cap. Alors si le ton de la conversation était redevenu d’un calme sérieux, ma voix trahissait tout de même mon trop-plein d’émotions.

Tu vois, ce besoin de vengeance envers le gouvernement, nous l’avons tous les deux, mais ça, tu le savais déjà n’est-ce pas ?

J’avais haussé un sourcil, le mettant au défi de nier l’évidence. C’était un shadowhunter, il savait forcément quelque chose, que cela soit pour sa mission ou parce qu’il était sincère et souhaitait me protéger de moi-même. Après tout, il connaissait bien l’adresse de la maison où je vivais avant. C’était peut-être anodin, mais je commençais à le connaitre assez pour savoir que s’il avait creusé pour cette information, il ne s’était pas arrêté là. Je pris une respiration, me donnant un peu de courage pour dévoiler un peu plus mes pensées, mais détournais à mon tour le regard.

Voilà comment je vois les choses. En tant que Shadowhunter tu pourrais très bien avoir été envoyé pour savoir exactement où j’en suis de ma vengeance. Tu es un très bon menteur Kenneth, je ne peux pas en faire abstraction, malgré le fait que j’ai envie de te croire.

Je m’exposais encore trop, lui offrant un levier sur lequel jouer, j’en avais conscience, mais je ne pouvais pas simplement l’accuser sans le ménager un peu. Ne manquait plus qu’il ne me pense à nouveau sans cœur et intéressée. Je repris mon courage à deux mains et verrouillais à nouveau son regard sans bouger pour autant, à nouveau incertaine de la tournure de cette conversation.

Alors maintenant, sois encore honnête et dis-moi exactement ce que tu sais de moi. Parce que tu sais quelque chose. Et je ne parle pas du nombre de chaussures que j’ai dans mon placard.


Bien sûr, je jouais encore un jeu dangereux que j’avais tenté d’alléger avec une boutade. Un shadowhunter en mission tenterait de minimiser la chose, du moins c’est ce que je m’imaginais. Mais s’il tentait un coup de poker en m’avouant tout… Au final, je n’aurais pas plus d’assurance qu’à présent. Mais au moins, si par chance Kenneth était sincère, alors je saurais à quoi m’en tenir. Peut-être que j’allais tout lui avouer, s’il ne savait pas déjà pour la Menrva, mais aussi pour le blanchiment d’argent. Mais, je resterais muette sur les noms, hors de question de les mettre en danger, eux et Kenneth.

   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mer 26 Oct - 16:12


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Lucrezia n'avait pas reculé, ni à mon toucher ni à mon annonce. Je ne savais pas si elle était trop surprise pour le faire ou bien si ça n'avait pas d'importance. Mais lorsqu'elle reprit la parole, j'aurais souhaité qu'elle ne le fasse jamais. J'écoutais attentivement ses mots jusqu'à ce que je retire brusquement ma main dans un mouvement de recul brusque. Mes sourcils exprimèrent la surprise avant d'afficher une colère que je n'étais peut-être pas prêt à contenir ce matin. Besoin de vengeance ? Je n'avais jamais dit ça. Nous l'avons tous les deux. Je me levais spontanément du lit pour m'éloigner de quelques pas sans jamais quitter Lucrezia des yeux. Je lisais le défi en elle, comme si elle me provoquait. Et à cet instant précis, tout notre échange prit une nouvelle tournure : suspicion et méfiance. Dans une respiration, elle détourna les yeux et reprit la parole. Elle ressentait le besoin de s'expliquer mais plus elle le faisait, plus je me dis qu'elle n'était pas celle qu'elle prétendait être. Oh toutes les suspicions étaient sur moi désormais ? J'étais le très bon menteur quand j'étais celui de nous deux qui se battait le plus pour maintenir une certaine honnêteté entre nous ? Maintenant j'apprenais qu'elle savait pour ma vengeance mais qu'en plus elle avait également prévu la sienne.

De nous deux, je me demande bien qui est le meilleur menteur, dis-je avec colère, serrant la mâchoire pour ne pas m'emporter et crier.

Etre honnête ? J'avais peut-être fait une erreur en l'étant et ceci depuis le début que j'avais croisé le chemin de cette femme. Ce que je savais d'elle ? A part son métier, son mari et ses adresses, pas grand chose, et ceci uniquement dans le but de la protéger. Je n'avais même pas su qu'elle avait été mère, je n'avais jamais été chercher aussi loin. Enquêter sur elle n'avait jamais été dans mes projets, je préférais la découvrir au fur et à mesure de nos rencontres et de nos discussions. C'était comme ça qu'on créait une relation et qu'en plus on l'entretenait. J'avais beau être un Shadowhunter et un Skinchanger, j'avais mis toutes mes meilleures volontés dans ma relation et mes échanges avec Lucrezia. J'avais donné le meilleur de moi-même, mais ça n'avait jamais été suffisant. Aujourd'hui j'essuyais ses suspicions sur mon job et sur le fait que je la manipulais peut-être pour lui passer les fers aux poignets ? J'avais toujours su que ma condition de Shadowhunter la dérangeait, mais je n'avais jamais mesuré à quel point. Elle ne m'avait jamais fait confiance et elle ne le ferait jamais, quoi que je fasse pour lui prouver mes bonnes intentions. Je pensais que peut-être le fait d'avoir une arme à ma ceinture et de savoir que je pouvais faire couler le sang l'écoeurait ; mais jamais je ne me serais douté que c'était parce que je pouvais être plutôt dérangeant si je découvrais ses secrets de vengeance qu'elle assumait que je connaissais. Alors quoi ? Elle m'avait utilisé pour rester informée de ce que le gouvernement savait d'elle ? Elle m'avait utilisé au point de vouloir m'aveugler en me séduisant pour me manipuler ? Comment avais-je pu être aussi stupide. Je passais spontanément mes mains dans mes cheveux pour les repousser en arrière. L'instinct de fuite fut plus puissant que l'instinct de défense et j'avais encore moins envie de lui hurler dessus pour me justifier ou encore pour comprendre ce qui était en train de se passer. Comment osait-elle me demander ce que je savais d'elle quand c'était elle qui avait joué avec moi depuis le début ? Comment pouvait-elle être aussi égoïste et intéressée à la fois ? Mes mains retombèrent le long de mon corps alors que j'aspirais un peu plus d'air dans mes poumons que nécessaire, la rage au ventre. Courage, fuyons ! criait le renard en moi et c'était exactement ce que j'allais faire. Il fallait que je sois loin d'elle pour faire le point, ne pas en arriver à des conclusions hâtives et surtout, surtout, rester calme. Etudier point par point toute cette situation, tous ces mois d'illusion, pour savoir comment elle avait pu avoir des infos sur moi et surtout ce que j'avais pu manquer dans mon aveuglement irrationnel. Devais-je l'emmener à la base pour la faire parler ? Et si elle avait prévu quelque chose contre le gouvernement ? Et si on m'en tenait rigueur en sachant la relation que j'entretenais avec elle ? Tout s'arrêterait pour moi également parce que cette petite garce m'aurait manipulé avec finesse. Pourtant, cet instinct de protection était toujours là, parce qu'on ne se débarrassait pas aussi facilement de ses sentiments, et les miens étaient encore bien présents au fond de mes entrailles ; et mon coeur menaçait de s'arrêter, dans tous les sens du terme, à tout moment. Il ne fallait juste mieux pas qu'elle soit à proximité si cela arrivait. Je ne voulais pas la compromettre, mais dans un sens, peut-être le méritait-elle. Peut-être aurais-je dû la dénoncer maintenant, pendant que j'avais encore un minimum de contrôle sur la situation, plutôt que de laisser passer avec peut-être une conséquence sur ma personne au bout du chemin. J'affichais ma confusion avant de prendre mon visage entre mes mains, comme pour me cacher. J'étais en train de perdre la raison. Je n'avais jamais été aussi perdu depuis bien longtemps. Tout ce que j'avais bâti auprès d'elle et tout ce que j'avais voulu bâtir était en train de s'effondrer. Je perdais un repère important même s'il n'avait jamais été réellement solide depuis le début. J'avais misé trop d'espoirs inutiles sur Lucrezia, sur cette relation, et désormais j'en payais sévèrement les conséquences. J'avais abaissé ma garde et voilà ce que je récoltais. Peut-être valait-il mieux que le renard en moi phagocyte tout ce qu'il me restait d'humain. Peut-être que ma vie serait plus facile. Pourquoi est-ce que je m'acharnais à lutter ? Mes pas me guidèrent en direction de ma veste que je remis très vite avant d'atteindre la porte de la chambre. Il fallait que je m'en aille maintenant avant de perdre totalement le contrôle de mes faits et gestes. Tu n'es qu'un sale petit con naïf et aveugle, dansait le renard en moi. Sans un mot je quittais la chambre avant de claquer la porte derrière moi. Pas de retour en arrière possible. Pourquoi avait-elle abattu ses cartes aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ? Parce que notre relation s'était améliorée et qu'elle ne pouvait pas tolérer de me laisser y croire davantage ? Je me figeais un bref instant avant de me frotter le front du bout des doigts. J'allais devoir affronter ça, très prochainement. Mais pas tout de suite. Pour le moment, je devais me calmer et reprendre le contrôle de moi-même pour pouvoir espérer reprendre le contrôle de la situation. Je ne me reconnaissais même pas. Peut-être que de discuter maintenant aurait pu mettre quelques petites choses au clair, pourtant je ne me sentais pas capable de ne pas perdre mon sang froid. Oui car je l'avais déjà perdu au moment même où elle avait utilisé le mot vengeance et qu'elle avait balancé tous ses soupçons sur moi. Elle avait retourné la situation à son avantage, comme n'importe quelle manipulatrice de haut niveau. A grandes enjambées, je quittais le couloir, descendais les escaliers, et rejoignais la sortie de l'hôtel, ignorant dans le processus le gérant de la veille qui m'observait avec attention. Un coup d'oeil à ma montre. J'avais le temps de passer chez moi pour me doucher et prendre un bon café qui me remettrait peut-être les idées en place avant de commencer mon shift. C'était nécessaire car j'étais embrouillé, complètement embrouillé. J'avais peut-être surréagi ou alors mon instinct de renard avait parfaitement raison. Je ne le saurais que quand tout serait clair et quelque chose me disait que plus je serais resté dans cette chambre avec Lucrezia, plus je me serais éloigné de la vérité. Je n'allais pas lâcher l'affaire. Et si Lucrezia m'avait toujours perçu comme un ennemi, peut-être avait-elle eu raison, peut-être étais-je l'ennemi finalement.
   



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MessageSujet: Re: Tomorrow is a new day with no mistakes in it… yet || Kezia {Terminé}   Mer 2 Nov - 16:01


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L’incompréhension. Une seule petite chose qui me paralysa complètement, incapable de réagir, autant physiquement que verbalement. Je n’arrivais pas à comprendre la violente réaction de Kenneth mais celle-ci arrivait tout de même à m’effrayer. Je ne savais pas ce qui allait suivre, Kenneth semblait indécis lui aussi, même si la rage dominait son regard. Puis ses mots finirent par prendre un sens et je réalisais alors l’énorme erreur que je venais de commettre. Mes yeux s’écarquillèrent d’effroi devant ce qui se présentait comme une nouvelle descente aux enfers.

J’avais fait de mauvaises suppositions, basées sur mes propres suspicions et cela m’avait conduite à m’exposer comme jamais. J’avais moi-même creusé ma tombe, Kenneth n’avait qu’à m’y pousser désormais. Et il allait le faire, j’en étais persuadée, sa colère, sa rage envers moi, m’avait pétrifié. Il n’y avait plus de doutes à avoir, je l’avais perdu complètement, j’avais détruit quelque chose qui commençait à être beau, mais dont j’avais pourri les fondations depuis le début. Ce n’était qu’un juste retour des choses finalement. Je l’avais manipulé depuis le premier jour, je m’en étais servie jusqu’à l’user, jusqu’à ce qu’il réalise quelle femme j’étais. J’avais trop tiré sur la corde, j’avais été imprudente, négligeante, faible. Jamais je n’aurais dû le voir autrement qu’en outil utile, jamais je n’aurais dû avoir la prétention de voir plus loin, pas après ce que j’avais fait.

La porte claqua et me fit sursauter, je réalisais alors que j’étais désormais seule, les pas de Kenneth s’éloignant significativement. C’était un scénario dont la clémence me prenait de cours. Je pensais qu’il en finirait avec moi tout de suite, maintenant qu’il avait tout compris. Je ne comprenais pas ce nouveau sursis qu’il m’offrait, mais mon instinct me dicta de le prendre au vol. Je récupérais mes affaires et ouvrit délicatement la porte de la chambre pour vérifier le couloir. Certaine de pouvoir l’emprunter, je partis dans le sens opposé à la sortie, direction les escaliers de secours afin de filer du bâtiment discrètement par l’arrière. Ma réaction était celle d’une criminelle parce qu’à cet instant je reconnaissais l’être totalement. Mais je n’abandonnerais pas avant d’avoir fait le nécessaire.

J’aurais aimé qu’une version de moi, plus vieille, vienne me prévenir du merdier dans lequel je m’étais fourré, qu’elle me conseille de ne jamais baisser ma garde avec Kenneth, qu’elle me conseille de le sortir de ma vie une bonne fois pour toute, quoi qu’il m’en coûte personnellement, quelle que soit la tentation. Qu’elle me rappelle que je n’étais plus un être humain, je n’en avais plus le droit, je ne devais vivre que pour participer à la chute du gouvernement, rien d’autre. Mais cela ne faisait que rajouter un regret à ma liste déjà interminable. J’allais encore devoir trouver une solution à cette situation catastrophique. Et si Kenneth décidait de tout utiliser contre moi, et surtout, quand ? Je manquais de temps pour régler mes affaires, pour faire en sorte que personne d’autre ne soit touché par mon erreur. Le shadowhunter allait revenir pour en finir, c’était une certitude, il allait revenir dès qu’il se serait calmé et verrait l’étendue de mes actions, de mes aveux. J’étais finie et si l’angoisse d’emporter quelqu’un avec moi subsistait, pour le reste j’éprouvais un certain soulagement, tout allait bientôt être fini, enfin… Si j’arrivais à prendre le shadowhunter de vitesse, peut-être que je mettrais fin à tout ce fiasco de moi-même, emportant le reste de mes secrets avec moi. Une pensée me traversa alors. Avais-je tout saboté dans l’espoir inconscient de mettre un terme à une vie au goût de cendre ? En étais-je vraiment arrivée là ? J’étais alors doublement coupable, je n’avais pas fait que manipuler Kenneth pour protéger la Menrva, je l’avais aussi poussé à m’arrêter parce que je n’en avais pas le courage moi-même. Quelle sorte de monstre étais-je devenu pour imposer cela à une personne pour qui j’avais des sentiments désormais ? J’essuyais une larme rageuse, alors que je me frayais un chemin vers l’hôpital dans les rues les moins fréquentées possible. Les options qu’il me restait été assez rare et aucune n’avait le goût de justice.

   



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