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 Time ║ Horus

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MessageSujet: Time ║ Horus   Ven 29 Juil - 23:33



Time

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Je marche dans l'ombre, me perds dans mes pensées. Je pense à la vie, celle d'avant, celle de maintenant. Je vois ton visage ancré dans mes maux, et je me demande comment tout cela pourra changer. Je vois ta vie qui s'est éteinte trop tôt, et le semblant qu'il me reste depuis. J'ai peur, j'ai trop peur d'avancer sans toi. Trop peur de cette vie où tu n'es plus là. J'ai peur de tout ça. Peur de l'avenir, peur du passé. J'ai peur de tout ce que j'ai laissé.

Je suis fatigué de ces maux qui me rongent, je suis fatigué des aiguilles qui me plombent. J'ai encore les images de ma sortie avec Vaas, les corps, tout ce qu'on a pu trouver et ne pas trouver. La triste réalité de notre monde, et la vie sans couleur que l'on mène. Je marche dans cette ruelle, vide de sens, vide de tout. La cigarette entre mes doigts comme seule chaleur, qui se consume beaucoup plus vite que toutes les horreurs du quotidien. J'ai un article à rendre aujourd'hui, une illusion pour le peuple, une illusion pour le bien. J'ai peur de faire partie de cette machination, d'être encore un pion, un mauvais pion.

Cette partie d'échec géante qui finira par m'éjecter en même temps que le reste, m'éclater et me briser plus que je ne le suis. Je cumule, j'accumule. Je garde en moi tout ce dont j'ai peur, tout ce que je crois. J'ai mal de tout ça, et parfois je me souviens de son visage. Le seul qui a jamais su, qui a jamais vu. La seule personne qui a compris ce qui se passait à l'intérieur, qui a vu ce qui me composait, toute cette noirceur. Logan. Logan me manque, ces aveux me manquent. Je vis dans ce mensonge constant, où il n'y a plus de place pour la vérité. Je me suis fait une place dans cette réalité et j'en meurs un peu chaque jour.

Mais je me suis fait une raison, il fallait bien se faire une raison. Logan, il est parti comme toi. Il t'a rejoint je -ne-sais-où, et je ne le verrais plus. Les deux seules personnes qui ont vu toutes les facettes de moi ont disparu, et je reste comme un con à attendre mon tour. Mais je survis, bêtement, sans savoir pour quoi, dans l'espoir d'un monde meilleur ? Un monde sans toi. J'y crois plus, j'y crois pas.

Je ne sais même pas ce que je fous là, à marcher sans but, les bleus à peine attenués sur la figure, les côtes encore douloureuses, les images encore vives. J'observe autour de moi la vie, l'inconscience et j'en reste témoin, incapable d'y participer. Simplement parce que j'en ai pas envie, parce que j'en ai plus la force. Parce que j'abandonne, je baisse les bras. Il n'y a plus de raison, plus rien de tout ça. Je soupire, passe une main sur mon front alors que les cendres tombent à mes pieds. Je jette d'un coup de doigts le mégot, et repère un mur libre, proche de la vie, mais loin de tout. Ma place.

Ma place dans ce monde. Celle de spectateur, rien de plus que ça. Je m'y dirige, les yeux perdus dans les rires et les gestes des gens. J'esquive ceux qui me passent devant, invisible que je suis sur leur passage. J'esquive la vie, au cas où elle me frappe d'un peu trop près. Je ne m'arrête pas sur les visages, je ne m'arrête pas sur les rires, les voix. Je ne m'arrête sur rien, parce que je ne trouverai plus rien. Mais mon regard se fixe sans que je m'en aperçoive. Mon cœur loupe un battement et ma mâchoire s'entre-ouvre alors que la cigarette glisse jusqu'au sol, me brûlant le doigt au passage.

C'est pas vrai. C'est pas possible. Je rêve. Non. Il est mort. Tu es mort. Ça ne peut pas être toi. Ça ne peut pas être ça. Je ferme les yeux une seconde, le monde qui vit alors que le mien s'arrête. Et je les ouvre à nouveau sur cette image qui n'a pas bougée d'un pouce. J'inspire longuement, et sans m'en rendre compte mes pieds avancent seuls, ils se dirigent vers toi, sur toi. Ma main se lève, oubliée la cigarette qu'elle tenait quelques minutes avant. Oubliée le manque de nicotine dans mes poumons. Non. Il n'y a que toi. Vivant. Face à moi. Mon bras se pose sur ton épaule, la serre légèrement pour attirer ton attention. Et l'instant le plus long de ma vie se déroule face à moi, en face de toi. J'observe les traits de ton visage, j'observe ton œil sans y prêter plus d'attention. Je ne réalise pas.

Parce que c'est bel et bien toi. C'est vraiment toi. Pas tout à fait le même, mais toujours toi. Tes traits, ton visage, tu n'as pas changé. Mais pourtant tu étais mort. Je t'ai cherché. Je t'ai tellement cherché. La seconde d'acceptation sans doute plus longue que je ne l'imagine passe finalement, et ma main attrape machinalement une nouvelle cigarette, oubliée celle qui a subi le choc. Je l'allume entre mes lèvres, et me décide finalement à parler, d'une voix qui ne me ressemble pas.

Pleine de doutes, d'incompréhension. Et surtout de joie. Le cœur battant jusque dans les bleus restant, les côtes tapant tellement il se décide à vivre. Parce que tu es en vie, parce qu'on est envie. « Logan ? Logan mais... », des pauses, des coupures, mon cerveau qui cherche à assimiler alors que je ne sais même pas où en venir, ni comment, ni pourquoi. « T'es en vie ? T'es vraiment en vie putain. » Ma voix se brise, comme un énième coup, dans cette triste réalité.

Je détourne les yeux, observe le monde qui vit et ai soudainement l'impression d'en faire partie. Mais mon regard se pose sur ton œil et la question vient automatiquement, comme si on s'était hier, comme si je n'avais pas passé des mois, des années, peu importe le temps, à croire que tu n'étais plus là. « Ton œil... » Non. C'est pas la première chose à demander. « Tu vas bien ? Logan putain, j't'ai tellement cherché. »

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MessageSujet: Re: Time ║ Horus   Sam 30 Juil - 4:02


« Many years and one pirate later  »

Garret & Horus
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La douleur. Même après tout ce temps. Elle me vrille les tempes. Elle serre mon coeur. Elle rend les pas difficiles. Elle me détruit. Pourtant, c'est idiot. Moi je suis là et pas elle. Pourquoi? Pourquoi est-ce que ça doit être ainsi? Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à remettre ma personne sur le droit chemin. C'est complètement idiot. Après tout ce temps, j'aurai dû pouvoir le faire et pourtant je me retrouve encore à fixer ce stupide anneau à mon doigt, que je porte toujours malgré tout. Jusqu'à ce que la mort vous sépare. La mort nous avait pourtant séparé. Et j'étais toujours là. Toujours là, mais une loque. Une loque qui n'aurait pas eu lieu d'être. Je n'arrivais pas à passer par-dessus. Bon sang. Un peu de courage Wayland. Un peu de courage sinon tu ne seras plus jamais rien. Est-ce que je voulais que ce soit ainsi? Non nullement. Juste que je n’arrivais pas à trouver l’ancre que j’avais trouvé avec ma femme pour être bien. Pour être heureux, pour être un homme qui avait retrouvé son sourire. Là maintenant, je ne faisais que vivre pour mes patients, je ne faisais que vivre pour sauver des vies alors que je n’arrivais pas à sauver la mienne. Alors je devenais ce fantôme. Ce fantôme qui rentrait tard le soir et qui se regardait dans le miroir. Ce fantôme qui faisait pousser sa barbe pour la raccourcir d’un coup sec un soir en se rappelant que sa femme n’aimait pas ça. Pour ensuite se rappeler que sa femme n’est plus. Déception après déception. Illusion pour ensuite désillusion. Le tout pour faire du mal et pour s’assurer que je souffre. Mais pourtant, c’était là le problème. Ma souffrance était déjà là. Elle se languissait dans mon corps, elle retournait encore et encore le fer chauffé à blanc qu’elle était pour m’arracher des gémissements d’agonie. Je me mourrais à petit feu parce que je ‘avais personne. Parce que personne n’était là pour me ramener sur le droit chemin. Ma femme avait été trop pour moi et j’étais perdu. Même après trop d’années.

Est-ce que je tentai de me ressaisir? Est-ce que je tentai de mettre fin à tout ça? Qui le sait réellement. Tout ce que je savais maintenant, c’était que lorsque j’étais rentré, je n’avais même pas pris la peine de manger. J’étais resté là, devant mon  miroir à me regarder, sans cette barbe parce que j’avais encore cru que ma femme était là. Et puis là, j’avais eu la révélation de bouger un peu. Légèrement. J’avais pris mon manteau et j’étais sorti. Pour aller où? Nul ne le sait. Je ne faisais que marcher encore et encore. Pour oublier. Pour faire en sorte que j’aille mieux. Un exutoire. Mais bon sang que c’était ridicule. Ridicule que je n’arrivais pas à me prendre en main.

Le regard dérivant dans le paysage que je connaissais bien maintenant, les mains dans les poches, je me demandais comment est-ce que j’en étais arrivé à connaître tellement bien l’Endroit alors que je passai tout mon temps à l’hôpital à tenter de me noyer, à tenter de ne plus  être là mais d’être celui qui réussirait à sauver ce qu’il ne pouvait pas faire sur lui-même. L’ironie. Alors oui, je pensais que ça me ferait du bien de changer d’air, que ça me ferait du bien de marcher, mais à dire vrai, j’avais usé de cette tactique trop souvent. Maintenant, elle n’était que trop vieille.

Fermant le seul œil qui me restait, du moins avec ce cache-œil, je m’arrêtais et posai mon front contre la brique froide. Prenant de grandes respirations pour tenter de me convaincre de revenir à un état normal. Est-ce que c’était quelque chose que je devais cesser d’espérer? Nul ne le sait. J’entendais des pas, mais il y a un moment où est-ce que l’on s’en fout complètement. Et là, je m’en foutais. Mes lèvres se pincèrent un court instant avant que je ne me redresse et que je poursuive mon chemin. Du moins, l’intention était là. Parce que je n’allais pas le faire tout de suite. Parfois, le destin se fout réellement de notre gueule. Et parfois, il te fait grâce d’une de ses bombes puantes en pleine figure. Et cette bombe était le toucher que j’allais ressentir dans les prochaines secondes.

Me raidissant à cause de cette main inconnue qui parcourait mes muscles endolories, une grande inspiration de plus se fit et puis finalement l’œil se pose sur la main. Et sur le bras et sur la personne qui le complète. Et un sourcil s’hausse doucement d’une manière polie parce que c’est la seule réaction que j’étais capable de faire à ce moment-là. Affichant une mine contrite, j’hochais doucement la tête lorsque j’entendis mon prénom d’emprunt, sans aucun sourire sur le visage. Le look pirate devait bien faire effet à ce moment-là.  Un énorme soupire s’échappe de l’antre de mes lèvres alors que je secoue doucement la tête, comme pour dire non à quelque chose. Mais non à quoi? Telle est la question. « Il semblerait Garret, que mon cœur fonctionne toujours et que je sois, encore aujourd’hui doté de fonction cérébrales, donc oui, je dirais que je suis en vie. Tout comme toi d’ailleurs.» Je lui adresse un petit sourire, comme pour réconforter, mais en réalité, il n’est qu’une image fugace et n’atteindra jamais les yeux. Jamais parce que le bonheur, je l’ai perdu voilà très longtemps. Et  puis vient finalement le moment qui vient tout le temps quand on me regarde. Le peu d’effort que je faisais pour montrer de la joie envers Garret s’estompe et mon visage devient dur, fermé et rigide comme de l’acier. Le ton qui sort ensuite est sec, expéditif. Le ton que j’utilise lorsque je ne veux pas que l’on me fasse chier. « C’est rien.» Et ça restera rien parce que sincèrement, je ne veux pas que l’on pense que je sois un handicapé. Il s’agit d’un accident idiot qui me cause des maux de tête terrible, mais ce n’est qu’un incident.  Grimaçant, tendu, je le laissai terminer avant d’hausser les épaules. Comment je vais? Aucune idée. Qu’est-ce que je pourrais bien répondre? Mentir, dire la vérité? Qu’est-ce qui serait le mieux? Puis quelqu’un me fit une pression sur l’épaule et je me retournai. Un porte-feuille ouvert, mes cartes. Mon prénom que je déteste. Horus.  Soupirant longuement, je m’appuyai contre un mur et jetai un regard en coin à Garret. « Je suis vivant. C’est ce que je pourrais dire sur le comment je vais. Maintenant. Toi. Je pensais aussi que tu étais mort. C’est étrange hein…. La mort est une salope sélective.» Lorgnant sur la clope, je me laissai aller vers l’arrière et fermai les yeux. « Alors la vie, elle fait sa connasse de service avec toi aussi ou bien c’est juste que c’est moi? Pardonne mes manières Garret, je suis las. Las de tout.» Ma voix s’estompe lentement avant que je ne laissai mes lèvres s’étirer légèrement en un fantôme de sourire. « Qu’est-ce que toi, tu fais ici? Tu n’as rien? Je pourrais t’ausculter vite fait.» Relations humaines 2.0 ou comment se faire chier avec un mec portant le nom d’un dieu piaf.


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MessageSujet: Re: Time ║ Horus   Sam 30 Juil - 4:43



Time

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La remarque de Logan m'arrache un sourire. Toujours aussi douloureux, les sourires. Même s'ils sont vrais sur l'instant, ils sont tellement rares qu'ils font mal. Ils font tellement mal. Je passe au dessus, loin de mes pensées, près de la réalité. Prêt à retrouver une des seules personnes que j'ai jamais cherchées. Prêt à retrouver un semblant d'ami, ce qui s'en rapproche le plus. Et pourtant, avec nous deux, c'était loin d'être gagné. La cigarette au bout des doigts, je la fume alors qu'il parle. Qu'il esquive.

Réflexe stupide d'avoir parlé de son œil alors que je connaissais suffisamment l'animal pour savoir que ce n'était pas le genre de choses qu'il voudrait dire. Encore moins après tout ce temps. Il n'y a que quelques années qui nous séparaient et pourtant, c'était toute une vie qu'on avait derrière nous. Un lourd bagage que l'on se traîne chaque jour en se demandant s'il finira par s'alléger. Je n'ai jamais été très optimiste, et plus le temps passe, plus je doute que ce jour arrivera. Si trouver Logan dans une ruelle au hasard pouvait paraître un bon signe du destin, son état montrait juste que la vie était une pute.

Une sale pute qui nous foutait à terre encore et encore. Je détourne les yeux, comme désespéré de cette situation, du monde, de la rue remplie et de la solitude qui pourtant nous lie. Je déglutis en me retournant et aperçois un sombre inconnu qui lui rend son porte-feuille. Une courte pensée me traverse l'esprit, il existe encore des gens honnête. J'y souris, avant de me frotter le nez du bout du pouce et d'observer les réponses de celui que je pensais mort encore quelques instants auparavant. Un rire fin s'échappe de mes lèvres à sa réponse alors que je le rejoins contre le mur qui le tient. Il est vivant. C'est une réponse suffisante. Je ne peux qu'acquiescer. Je le regarde, sa remarque sur la mort me serre un peu le cœur. Il a raison, un peu trop même.

Comme directement plongé dans une réalité, une dure réalité que je m'évertue à oublier chaque jour et que sa présence, bien vivante, me ramène en pleine figure. Ce n'est en aucun cas sa faute, non. Il est juste la concrétisation de tout ce que je cherche à oublier. Je ferme les yeux une seconde, observe le monde qui vit autour de nous. Dans cette foutue réalité, comme si de rien n'était. Et je ne réponds pas à Logan, pas sur l'instant. Non. J'attends. Je ne sais pas quoi, je ne sais même pas pourquoi. Mais j'attends quand même. Et il continue, pose la réciproque. La vie est-elle la même connasse avec tout le monde ou joue-t-elle à plouf-plouf. Je pose mes yeux sur lui, l'observe s'excuser avant qu'il ne finisse par faire une remarque bien plus terre à terre, bien plus concrète.

Un sourire se dessine finalement sur mes lèvres. Comme si quelque chose était revenu, une sorte de glace brisée et un ami retrouvé. Comme si cette remarque, pourtant banale, avait quelque chose que les autres mots n'ont pas. Ce manque de fatalité, cette normalité. La clope au bout des lèvres, c'est à mon tour de soupirer pour le regarder, changé, mais toujours le même.

« Je n'ai rien non, je vais me passer d'auscultation pour cette fois. » C'était un demi-mensonge, ou une demie-vérité. J'avais encore les côtes abîmées, le visage par endroit un peu coloré, mais ça n'avait pas d'importance, et ce n'était en aucun cas ce qui m'intéressait en l'instant. Logan n'avait jamais été, du moins depuis que je le connais, le type qui sautait partout à chercher des arc-en-ciel, mais là, c'était un autre niveau.

Un peu plus et on aurait dit qu'il avait rejoint mon sous sol plein de crasse, plein de haine et de lassitude comme il le dit si bien. Tirant à nouveau sur ma cigarette, je sors mon paquet de ma poche pour lui en proposer une. Le problème avec ces retrouvailles, avec Logan en vie, c'était qu'il était un rappel au palpitant fumant de tout ce que j'avais perdu. Un rappel douloureux de toutes mes angoisses, de toutes mes peines et de celles qu'il ne savait même pas.

Parce qu'il avait toujours été le seul à en savoir plus sur moi, à en comprendre plus. Et j'hésite, me pose un instant, je cherche à savoir si je dois perpétuer la tradition, ou alors faire un faux sourire. Raconter les plus grosses conneries de la terre et tenter de lui faire croire que j'arrive à voir le soleil dans cette foutue vie. Mais rien que la pensée m’écœure. Je ne peux pas lui faire ça. Je ne peux pas faire ça. Pas à Logan. Une nouvelle bouffée et me voilà en train de répondre à ses questions, plus honnête que je ne le voudrais.

« T'excuse pas, c'est pas toi qui a un problème mais le monde. On s'est quitté sur un monde bancal, on se retrouve dans un monde qui est un carnage. La vie m'a pas épargnée non, cette connasse a décidé de me montrer qu'elle était la plus forte, et que quoique je choisisse elle finirait toujours par gagner. Mais tu sais ce que c'est. »

Pas un mot de plus, une taffe tirée pour du courage et le regard dans le vide, sur ces gens qui semblent si loin, si faux et si éloignés. Je souris, comme blasé de voir ce que le monde est devenu et ce qu'on a pas vraiment changé. « La mort est une salope sélective, t'as bien raison. Mais la vie aussi, c'en est une. J'ai pas choisi de vivre comme ça, pas sans lui, pas après tout ça. J'ai pas voulu ça Logan. Et j'en veux toujours pas. »

Étranges retrouvailles quand on y pense. Pas de tu te souviens comme c'était mieux avant. Rien de tout ça, pas de rire en pensant au bon vieux temps. Non, parce qu'avec Logan, on a connu que les galères, on a vu le monde s'écrouler, et aujourd'hui on vit dans ce qu'il en reste. Les deux survivants les moins vivants de la terre. C'est tout de même un comble. Je soupire. Observe la cendre s'écraser au sol et disparaître à peine tombée avant de continuer d'un ton plus neutre, mais aussi plus concentré sur lui.

« J'sais bien que t'as aucun envie de parler de tout ça. Mais j'suis désolé. » Je regarde l'alliance à son doigt avant de reprendre. « J'sais même pas de quoi on peut avoir envie de parler aujourd'hui, j'sais même plus ce qu'il nous reste. On doit encore se battre tu crois ? Même quand on a une chance sur deux de finir... » ma voix s'étrangle, le souvenir encore vif de l'arène, de la sélection, de tout le bordel que je n'ai pas demandé et qui m'a stigmatisé à vie tout en ne m'autorisant pas à mourir. « … dans un état pire que nous. »

Ma dernière phrase m'arrache un rire et je me décolle du mur pour le regarder. Lui, encore bien trop abîmé par la vie, par la mort et tout ce qu'il y a entre les deux. Je jette le mégot du bout des doigts avant de lui dire dans un sourire complice, un sourire enfantin. De celui qui vient de foutre en l'air son bureau, sa vie, et se barre comme si plus rien n'avait d'importance.

Parce que plus rien n'en a. « Allez, tu me laisses te payer un verre ? On a quoi à perdre ? Du temps ? Tu parles. T'as aucune excuse, et t'as des années à me raconter. À défaut d'avoir un avenir, on peut s'autoriser le passé, pas vrai ? » Terrain glissant en vue, plein de promesses foutues, balayées. Et surtout, des tonnes de cicatrices que je tends la main pour ré-ouvrir. Mais c'était lui, c'était différent. Et dans notre tristesse, dans notre malheur, il est sans doute ce qui me reste de vie. « Pas dans un bar, j'ai pas envie qu'on se fasse arrêter – j'ai déjà donné. On va chez moi si tu veux? »

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MessageSujet: Re: Time ║ Horus   Sam 30 Juil - 6:05


« Many years and one pirate later  »

Garret & Horus
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Oublier. Je voulais oublier les moindres souvenirs que je pouvais avoir. Je voulais simplement oublier. Je ne voulais pas revoir cette première danse que nous avions eue ensemble, je ne voulais plus voir cette robe blanche qui m’avait fait perdre la capacité de penser et de parler. Je ne voulais plus rien voir qui concernait ma femme, l’amour de ma vie. Les souvenirs faisaient trop mal et c’Est là que je me rendais compte que cette bague, cet anneau, je n’arrivais pas à le porter réellement. Parce qu’il était trop lourd, il était bien trop lourd. Il fallait que je referme mon passé, mais il restait toujours ouvert parce que je ne pouvais pas simplement fermer le bouquin et le cadenassé comme il le devrait. Et puis finalement le soir où je pensais que je pourrais peut-être faire quelque chose de bien, il y avait un homme qui revenait dans le panneau, un homme que j’avais pensé que je ne reverrai plus jamais. La vie était vraiment une fouteuse de gueule. Bon, assez râlé Wayland, il faut faire quelque chose. Il était évident que Garret n’allait pas me servir des petits commentaires comme si de rien était, je savais qu’il allait venir un moment avec des questions. Des politesses, des curiosités, mais également de l’inquiétude parce qu’à un moment dans nos vies, nous avons été assez proche. Assez proche pour que l’on se confie des vérités. De la confiance. Mais après tout ce temps, est-ce que c’était toujours le cas? Est-ce que nos vies étaient toujours les mêmes? Est-ce que nous étions toujours les mêmes personnes? Les personnes qui s’accrochaient à la vie à ce moment-là? Je pouvais répondre non pour moi, mais pour lui? Je n’en avais sincèrement aucune idée.

La perte façonne le monde. La douleur façonne également le monde. Si seulement ce n’était pas par les sentiments et les émotions négatifs que nous vivions mais bien par ce qui était beau, parce qui était heureux. Est-ce que ça ne pourrait jamais arriver un jour? Est-ce que c’était possible de se regarder dans le miroir le matin et de se  dire que la vie fait vraiment de son mieux, qu’elle t’aime et qu’elle ne veut que ton bien? C’était trop demandé peut-être? Je n’en avais aucune idée là encore. Mais tout ce que je pouvais penser alors que je regardais Garret du coin de l’œil, il s’agissait d’une vérité qui était un peu plus qu’absolue. J’étais dans la merde.

Non mais réellement. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir lui dire à part mon humour pourri qui tentait de faire comme si tout allait bien. Tout n’allait pas bien. Je n’étais pas bien, je ne vivais pas bien. Alors pourquoi est-ce qu’il fallait que je joue le jeu? Simplement pour me donner bonne conscience ou bien parce que je devais jouer les cartes que la société nous avait toujours obligé à jouer devant les autres.  Ne jamais baisser sa garde, oui. Pourtant, je sentais mes mains trembler, comme un junkie en manque. Un junkie en manque d’émotions. Un junkie en manque d’amour. Un homme brisé qui ne pouvait pas se regarder dans le miroir. Un homme qui regarde l’autre et n’arrive même pas à se voir dans ses yeux. Parce que ce n’est plus un homme, mais bien un fantôme.

« Pour cette fois, je laisserais mon œil averti de côté. Et je ne dirais rien. Je pense que l’un et l’autre, nous n’avons pas besoin de ça, n’est-ce pas? » Plus doux cette fois, j’essaie de rester sur une base qui ne me ferait pas partir en couilles. Il est là, il a vu la personne. L’homme qui range son identité dans ses poches et qui garde la fausse pour continuer à discuter comme si de rien était. Est-ce que j’étais un menteur pour autant? Qui sait. Je n’en savais rien. Tout ce que je pouvais me dire, c’était que…. Tout était fini maintenant. Tout resterait fini même.

Refusant la cigarette d’un bref signe de tête, je laissai mes narines s’emplir de cette fumée. De cette odeur que je ne devrais pas respirer au risque qu’elle m’empoisonne, mais en réalité, en ce moment même, je n’en avais rien à faire. Je restai là, je fixai le vide, me laissant droguer comme si j’en étais à ce point.  Un bref rire s’échappa de moi alors que je voyais enfin plus que j’entendais que Garret ne manquait pas de mordant lui non plus. Puis je toussai un peu, n’étant plus réellement habitué à la fumée que pouvait amener la cigarette. Il y avait tellement longtemps que je n’avais pas été dans  ce genre d’environnement. « On se fait baiser constamment n’est-ce pas? Si seulement on pouvait décider de la manière que l’on le voulait, ça serait moins pire. » Je me passai une main sur la joue tentant de détecter le moindre poil, comme si je pouvais me trouver un réconfort dans ça. Comme si je pouvais me rappeler de manière consciente que j’avais encore penser à tort la veille. Beau con. « En résumé, tu viens de me dire que l’on se fait avoir par tout. Sérieux mec, on va aller où dans tout ça? Regarde-moi, j’ai trente-trois ans. J’ai passé voilà un moment le quart de siècle et je suis là, contre le mur, dans une ruelle tel un déchet. »

Je croise les bras, restant silencieux en le voyant faire. Le laissant me dire que je n’ai certainement pas envie de parler de tout ça et tout le toutim qui vient. Et c’est comme ça que l’on converse pour dire que l’on manque le passé. Je souris lentement, vraiment cette fois et me décollai du mur à mon tour avant de pouffer doucement, quelque chose qui m’arrivait très rarement maintenant. « Tu me connais toujours aussi bien. C’est rafraîchissant.» Pourtant, cet Horus-là retombe et je soupire avant de me morfondre à nouveau. Et de glisser une main dans mes cheveux avant d’hausser les épaules, comme si le poids de la vie est trop difficile à porter maintenant. Puis, je vois le regard sur l’anneau et malgré moi, mes yeux se baissent vers ma main à mon tour. Et les larmes remontent lentement. Mais il ne faut pas. Il ne faut pas du tout. Serrant les dents, je détournai le regard pendant quelques instants avant de reprendre. De me reprendre.  Je ne voulais pas ruiner son sourire, je ne voulais pas ruiner cette joie qui l’animait. Mais maintenant… je l’avais certainement fait. « Je n’ai juste qu’une promesse que je peux briser, mais hey, c’est pas grave. Il était temps que je le fasse. » Haussant les épaules, je replaçai mes vêtements et enfonçai mes mains dans mes poches. « Montre la voie, je doute que je sois un bon guide avec la vision à 50%. » Est-ce que je pourrais lui dire? Tout lui raconter? Et lui, est-ce qu’il pourrait reprendre une vie avec ce qui allait se dire? « Garret… Juste une chose. Je ne déconnais pas avec la mort étant une salope sélective tu sais. Pour éviter de dire autre chose.» Je pensais qu’à l’anneau en ce moment. Mais en réalité… Qu’est-ce qui allait se passer? Je ne faisais que lui emboîter le pas maintenant. Suivant le chemin déjà tracé pour les larmes et les cris. Pour la rage et la colère.



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MessageSujet: Re: Time ║ Horus   Sam 30 Juil - 6:49



Time

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Je souris à la remarque du médecin. D'un accord silencieux on passe sur les travers de l'autre, on insiste pas, on appuie pas là où ça fait mal. C'est pas totalement vrai au final, puisqu'on se fait mal, rien qu'en existant, en étant vivants parmi tous ses morts. Mais on pose nos limites, on les respecte, on choisit où prendre les coups et ne pas les prendre. On a pas besoin de ça, c'est certain. Pas besoin de remarques, de leçons. On a pas besoin de cette vie, de ce qu'il en reste. On a pas besoin de ce qu'il reste de nous. On a besoin d'oublier, d'avancer sans savoir quitter le passé. On a besoin de tellement de choses qu'on ne peut pas avoir. Et on a tellement de choses qu'on ne veut pas.

On a la vie. Le reste de vie. Il continue, il reste dans mes propos, et je souris tout en fumant. Le cancer que je choisis d'avoir dans cette vie qui nous baise constamment comme il dit. Je souris, poliment, range mon paquet et respecte son choix. Tous ses choix. Un léger rire s'échappe de mes lèvres. On ne parle même plus de mieux. On ne parle plus d'être heureux. On parle de moins pire, on limite la casse. On limite les dégâts. On essaie de maintenir les lambeaux qui restent encore une fois. Mais pourquoi, pourquoi on fait tout ça ?

Il ne le sait pas plus que moi. Personne, ne le sait plus que nous. Aller où ? C'est une bonne question. Nulle part. Au bout de la rue. Peut-être qu'on ira loin, dans un monde éteint. Peut-être qu'on restera là, dans ce monde qui n'est même plus là. J'ai plus la réponse à ce genre de questions. Les questions de Jayden, l'avenir, le futur. Tout ça s'est envolé. Petit à petit, pièce par pièce, tout est partie en fumée. Et il ne reste rien. Il ne reste que nous. Nous et ce rêve bizarre qui nous entoure. Ce mensonge flagrant et ces rires dérangeant.

Je garde mon sourire à sa remarque. Je le connais toujours aussi bien. « Il y a des choses qui ne s'oublient pas. Et t'en fais partie, mec. » C'est simple, un souffle. Doux. Parce que c'était la vérité. Il n'avait jamais été oublié. Relégué au passé, de ces gens dont on parle quand ils ne sont plus là, mais jamais oublié. Parce qu'il reste malgré tout le seul semblant de vérité de ma vie. Celui qui sait. Celui qui m'a vu. Celui qui me voit encore aujourd'hui, ça se lit dans ses yeux. Et il a raison. C'est rafraîchissant, quelque chose de vivant dans ce monde. Quelque chose de palpable, de réel. Comme si tout n'était pas foutu, comme si on pouvait encore avoir des choses à vivre.

Douce illusion dans laquelle j'aime me bercer. Mais il marque une pause suite à mon regard indiscret, foutue curiosité. Ses yeux se perdent sur cet anneau, et moi je me sens con. Je ne dis rien, baisse les yeux et perds lentement mon sourire. L'ascenseur émotionnel, la désillusion rapide et efficace. C'est un monde de merde et ça restera un monde de merde. Je lui souris plus timidement mais toujours aussi sincèrement à ses mots. Je le regarde de cet air curieux, un sourcil arqué avant qu'il ne continue, de cet humour que je ne connais qu'à lui. Cet humour qui m'a manqué, comme tu me manques au quotidien. Le rire s'échappe de mes lèvres avant même que je ne réalise, et finalement, je lui pose une main sur l'épaule avant d'attraper une nouvelle cigarette et l'allumer. Maîtriser sa mort à défaut de contrôler sa vie. Triste mais vrai.

Je m'éloigne de lui, pour lui éviter de tousser à nouveau, ne lui souffle pas dessus et d'un regard vers le monde je lui dis après sa dernière révélation, des plus sérieuses, et certainement des plus tristes aussi.

« Je sais, que tu déconnais pas. On déconne jamais avec ça. » J'inspire à nouveau la nicotine tout en lui montrant le chemin à suivre et me mettant à marcher à ses côtés. Et mes lèvres, d'ordinaire quasi muettes, se voient s'ouvrir comme un livre, et déballer comme si c'était enfin le moment. Enfin la bonne personne. La pièce manquante du puzzle. Celui qui méritait toute vérité, même après toute ces années. « Tu sais, depuis qu'on s'est perdu de vue, il s'est passé des tas de choses, pour nous, évidemment, mais pour le monde aussi. Et tout ça, ça me fait dire qu'une chose. On a été con. On a été tellement con. » Je soupire, laisse la clope se balader contre mon pouce avant de la poser à nouveau sur ma bouche et continuer dans ma lancée.

« Il me manque toujours autant tu sais, Jayden. J'veux dire, tout ce qui s'est passé, même l'arène, au final je m'en fous. Mais Jayden... je sais toujours pas si j'ai fait le bon choix. » Un aveu que je n'ai pas fait, jamais fait. Un poids sur mes poumons qui reste lourd mais vivable. Simplement parce que j'ai avoué. J'ai raconté. J'ai expliqué ma faute. Sans me la faire pardonner, sans chercher une quelconque rédemption. Juste que quelqu'un sache. Combien il me manque, pouvoir le dire à voix haute. Pouvoir l'assumer.

Je fume à nouveau et ajoute dans un regard en coin. « Mais je sais très bien que je ne suis pas le seul à qui quelqu'un manque. Faudrait être con pour pas s'en rendre compte, ou peut-être pas te connaître je sais pas. Mais t'as raison, la mort est sélective. Elle choisit tous ceux qui méritent pas de partir, et elle nous les arrachent pour nous faire vivre à en crever. » Je marque une pause, montre une rue dans laquelle on doit tourner et comme pour alléger la conversation, sans vraiment chercher à le faire, je dis simplement dans une respiration plus importante.

« On va avoir besoin de plus d'un verre pour tout ça. Je t'éviterai de prendre les murs, t'en fais pas. » Un sourire en coin, comme si c'était normal, comme si il était toujours le même, et je me vois finalement dire sans même le réaliser.

« Tu sais pourquoi je fume ? Parce que c'est la seule chose qui me reste sous contrôle. Ça finira par me tuer, j'en doute pas. Mais c'est mon choix. C'est pas une maladie à la con sortie de nulle part, c'est pas un accident, c'est pas un con qui choisi pour moi. C'est moi qui allume, moi qui fume. C'est moi qui choisi. Et ça me fait étrangement me sentir en vie. C'est con, pas vrai ? »

Je ris, lentement, et me tourne vers lui, observe sa démarche, notre vie fatiguée et ce bagage qu'il transporte à deux mains et que seul lui peut tenir. Je baisse les yeux pour finalement demander, curieux de savoir ce qui peut bien le faire se lever. Mon ami aujourd'hui tant effacé. « Et toi, c'est quoi qui te maintient en vie ? Me dis pas que c'était l'espoir de me retrouver, ça me toucherait mais je me verrais dans l'obligation de t'assommer pour que tu restes en vie et que tu oublies qu'on se soit finalement trouvés. »

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MessageSujet: Re: Time ║ Horus   Lun 8 Aoû - 4:11


« Many years and one pirate later  »

Garret & Horus
featuring

Nous sommes des fantômes du passé. Nous sommes des présents tordus qui ne peuvent se regarder en face sans réellement se dire que l’on apprécie de rattraper le temps perdu, que l’on apprécie de se revoir et de revoir ses blessures que l’on tente de pallier alors que l’absence de l’autre n’est plus qu’un bref souvenir. Alors que l’on avait dû faire un deuil qui n’est maintenant plus. Garret, il s’agissait là en réalité de mon pire cauchemar et de mon plus beau rêve de le revoir. Des brûlures qui parcouraient mon cœur comme si on l’arrachait de ma poitrine pour le faire rôtir comme s’il s’agissait d’un steak et que l’on le remettait ensuite comme si de rien était. Des douleurs à la poitrine comme s’il s’agissait d’un arrêt cardiaque, les mains qui se mettent à trembler parce que l’émotion devient trop forte, que je ne peux plus la contrôler. Mais pourtant, il faut que je reste détaché. Il faut que je fasse face à Garret parce qu’après tout ce temps, il reste quand même mon ami, un confident qui était un des rares. J’avais besoin de lui plus que tout maintenant, avec tout ce qui s’était produit, mais est-ce que je voulais vraiment que ce soit le cas? Je ne savais plus où j’en étais et là, l’univers me forçait à prendre une décision. Comme  s’il s’agissait d’un message comme quoi que je ne pouvais plus être le fantôme que je voulais être. Fantôme pour oublier que la vie est là, au-dehors, qu’elle est merdique et que je dois lui faire face. Mais là, pour le moment, je ne voulais pas de ça. Je ne voulais que d’une chose. M’effacer, ne plus exister. Oublier les peines pour mieux se noyer dans les limbes.

L’entendre rire me fait souvenir de moments plus heureux. Autant que lui et moi. Est-ce qu’un jour, on pourrait espérer retourner à une vie tranquille? Une petite vie de banlieue où le seul souci est de voir pousser le foutu gazon devant chez soi? Je n’en ai aucune idée. Et je ne veux pas le savoir. Je ne veux même pas espérer rêver parce que je sais que je serai déçu. Que l’avenir, que ce que je suis et ce que je veux être n’est qu’un songe, un songe que je n’atteindrai jamais. Alors, vaut mieux se concentrer sur le passé et le moment présent. Les deux seules choses que l’on peut contrôler réellement.

Il y avait des choses que j’avais réussi à oublier avec le temps. Comme le son de sa voix, ses petites expressions qu’il peut avoir. D’ordinaire très observateur, je ne voyais plus que ce que je ne me souvenais plus. De ce qui avait été retiré de ma mémoire, ce que je chérissais autrefois de savoir pour le faire remarquer. L’ombre d’un sourire, l’ombre de ce qu’était ce mouvement passa rapidement sur mon visage avant que l’air morne et triste ne reprenne le contrôle, comme cela contrôlait ma vie en ce moment. Et pour une longue éternité à dire vrai.

« Est-ce que je dois m’inquiéter que tu ais l’œil sur moi ou que tu l’avais à l’époque? Comme tu peux le voir, j’ai perdu un peu du charme naturel pour aller vers le look pirate.»  Je pouvais encore tenter dans l’humour. Tant que les sourires n’étaient pas des reliques du passé, mais bien des reliques de l’instant de quelques soupirs, je pouvais me le permettre.  Je savais que ce n’était pas le cas. Il s’agissait là d’une des fameuses questions que l’on pose alors que l’on connait déjà la réponse. Je savais qu’autant pour lui que pour moi, nous nous étions marqués de façon éternelle presque. Que rien ne pourrait faire oublier à notre mémoire, les souvenirs du passé, les secrets échangés.

Bien sûr, les choses se font en douceur, les retrouvailles ne se font pas en sautillant comme des collégiennes qui pensent que c’est la meilleure nouvelle du monde, bien que d’une certaine façon, ce l’est.  Il y a l’anneau. Il y a la curiosité et il y a la douleur qui m’habite. Est-ce que je dois lui dire maintenant? Est-ce que je dois attendre? Les questions fusent dans ma tête sans jamais s’arrêter, mais là ce n’est pas le moment. La cigarette m’importune, me dérange. Mes poumons ne sont pas très partisans de cette pratique et pourtant, Garret comprend. L’espace qu’il me laissa me permis de respirer et de mieux être du moins pour les quelques prochaines secondes. Parce que mon esprit vagabonde à nouveau sur l’Anneau. Sur sa raison d’être. Sur ce qu’il avait été auparavant. Les promesses qu’il amenait et les déceptions qu’il a ramenées.

Ce bref contact qui s’est produit, sa main sur mon épaule, je ne savais pas quoi en penser. Même un petit contact du genre, je ne l’ai pas relevé. Je n’ai rien dit parce que même si l’on tente de m’atteindre de cette façon, je suis toujours aussi vide. Aussi froid. Jetant un regard en coin à sa prochaine victime pleine de nicotine, je glissai mes mains dans mes poches, cachant ainsi l’anneau. Me voilant les yeux pour mieux réagir par la suite. Et savoir que le monde n’est pas que le passé et les mémoires.  « J’aimerais déconner tu sais. J’aimerais devenir insouciant à nouveau, mais hélas, c’est si impossible. Si impossible que ça fait mal.» Mon regard vagabonde avant que je n’acquiesce lentement à ses paroles, comme si j’étais en accord. Bien que je le sois au final. « On a été con, on a vieilli et nous le sommes toujours autant. C’est un cercle vicieux qui se répète.»

Serrant les dents, je baissai les yeux et grognai pour simple réponse lorsque le sujet de la mort revenait encore sur le tapis. Une fois de plus et je craquerais pour de bon. Je n’avais plus les mots, ils s’étaient enfuis tels des papillons voletant vers la lumière. Étant noir à l’intérieur, il était normal que je n’aie plus une once de lumière pour éclairer ma personne.  Je ne voulais plus y repenser. Je voulais claquer cette porte pour ne plus jamais y revenir. Mais l’être humain est ce qu’il est et je ne peux fermer complètement la porte à ma douleur, à mon passé, à l’étape de ma vie où j’étais heureux. Les larmes commençaient à perler sur le coin de mes yeux et je soupirai doucement. Putain qu’est-ce qu’elle me manquait. Et il fallait que nous soyons brisés tous les deux? Quoi demander de mieux sérieusement? « Je suis désolé pour Jayden. Vraiment. Je sais que les mots ne changent pas les choses, mais c’est tout ce que je peux dire là pour le moment. Navré Garret, mais j’y arrive plus. À compatir. On m’a retiré une partie de moi il y a bien longtemps.»

Boire, suivre. Je ne fais que faire le pantin. Je sais que c’est le plan de la soirée, mais en même temps, et si je ne voulais pas oublier? Et si, et si. Encore des doutes plein la tête. Encore de la douleur. Encore des choses dont je me passerais bien. J’en ai marre de tout ça. Mais je ne le montrerai pas parce que Garret n’en a pas besoin. Il est là, je suis là et c’est l’important en quelque sorte. Et nous allons rattraper le temps que nous avons perdu, du moins un peu. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est ce que l’on peut offrir. « J’espère que ton alcool est bon au moins, ça fait un moment que je n’en ai pas bu.»

Je voudrais arrêter la conversation là. Ne pas aller sur des terrains glissants, mais en même temps, je ne veux pas. Je veux continuer. Je veux connaître les secrets du passé, de son passé. Alors la douleur se tasse, elle s’entasse et je continue, comme si de rien était. Comme si je pouvais continuer à parler de la pluie et du beau temps comme. Comme s’il s’agissait d’un jour de tous les jours. « C’est pas le fait de te retrouver qui me tient en vie. C’est…. C’est juste, je l’ignore. Je suis qu’une loque, c’est assez évident je dirais. Pour le moment, je travaille. Sans arrêt. C’est toujours la même chose. Encore et encore. Des patients à aider. Je me noie dans le travail. Parce que bon, inutile de te le dire, la cigarette, c’est mauvaise pour la santé.» Il avait sûrement vu le sourcil que j’avais haussé à son intention lorsqu’il m’avait fait sa déclaration d’amour et de contrôle envers la nicotine. Médecin oblige. Je soupirai longuement et relevai la tête pour regarder autour de moi. « C’est encore loin? » Je n’avais aucune idée où il pouvait vivre. Qui sait, le hasard pouvait bien l’avoir fait vivre près de chez moi. Puis, je butai sur une idée folle. Une idée qui ne me ferait pas du bien, mais si avec la promesse de l’alcool…. Peut-être que ça passerait mieux. J’attrapai Garret par le bras pour l’arrêter et inspirai lentement. Pour être certain de ce que je faisais. « Ma femme… Elle est morte. Je suis veuf Garret. Non pas orphelin de frère comme toi, mais veuf. » Je pinçai les lèvres un court instant avant de poursuivre. « Maintenant, je vais avoir besoin de ta bouteille. Réellement. J’ignore si tu l’avais rencontré, je ne me souviens plus, tout est tellement flou. Et c’est ridicule, mais je l’oublie elle aussi. Je l’oublie encore et encore. Et j’en ai peur. » Les larmes remontaient lentement et cette fois, une échappa à mon contrôle. Et elle roula tristement sur ma joue. Faiblesse, faiblesse. Encore et toujours. Le cœur est une salope qui se joue de nous, la tête est une connasse qui pense trop et les émotions ne sont que des montagnes russes.






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MessageSujet: Re: Time ║ Horus   Jeu 1 Sep - 2:56



Time

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L'humour de Logan n'a pas changé. Toujours cette petite façon de parler qui nous fait douter. Quelqu'un d'extérieur changerait directement d'expression, il n'oserait pas rire. Il aurait peur du fond de sa pensée. Mais, moi, tout ce que je vois, c'est qu'il n'a pas vraiment changé. Alors je souris simplement, sans chercher à répondre. Il n'a pas à s'inquiéter, il n'a jamais eu à s'inquiéter, et son charme naturel me semble inchangé. Ce serait mentir de dire que je n'avais pas remarqué. Ce serait mentir de dire qu'il ne lui manquait pas une partie de son visage, mais de là à dire qu'il est différent, je suis bien loin de le penser. Je n'y ai même pas pensé une seule seconde pour être honnête. Pirate, jambe de bois, perroquet ou œil de verre, Logan reste Logan. Et il en impose toujours autant, comme il en a toujours imposé.

Il a ce truc qui vous fait l'écouter, ce qui lui colle parfaitement à la peau en tant que médecin. Mais les vérités derrière tout ça, derrière son œil ou mes cicatrices un peu visible est bien plus triste. On en impose pas, on a subi. On subit encore. Et on sourit en étant brisés. On sourit pour ce qu'il reste, ce qui fait de nous le présent. On sourit peut-être pour une illusion, un quelque chose qu'on atteindra jamais mais qu'on espère retrouver sans trop savoir pourquoi. Peut-être survivre, tout simplement. Ou peut-être parce qu'on arrive pas à se vouer à la mort, à se dire qu'il n'y a plus rien à croire ou voir. J'en sais rien, et je ne veux même pas le savoir. Le fil sur lequel on marche, les retrouvailles qui sont à la fois si bonnes et si dures, tout cela c'est trop pour l'analyser. Alors je laisse, je chasse la pensée d'une bouffée de cigarette. La remarque qu'il ajoute, l'insouciance qu'il regrette me fait baisser les yeux. Il a raison, il a souvent raison Logan. Ça a toujours été ce mec là.

Celui qu'on écoute et de qui on apprend. Mais aujourd'hui, je ne suis pas sûr de vouloir apprendre, réaliser ou comprendre. L'illusion pourrie dans laquelle je vis ne l'est peut-être pas tant que ça comparée à la réalité qui nous entoure. Mais j'écoute, parce que c'est lui, que je ne peux pas faire autrement. Parce que c'est aussi le seul qui sait. Parce qu'il est différent, il l'a toujours été. Il est sage, reprend mes mots comme moi je ne le pourrais jamais. Un peu comme tu le faisais.

Mais on est con, ça c'est vrai. On le sera sans doute jusqu'à la dernière seconde d'ailleurs, mais faut faire avec, pas vrai ? Et il enchaîne, il répond. Brisé, il n'esquive pas le sujet. Il a cette force fragile, Logan. Celle qui parle pour les autres alors qu'il voudrait nous stopper. Il est de ceux qui nous soulagent en se faisant mal. Il est de ceux qui sont leur propre ombre pour être la lumière des autres. Je soupire. Mes yeux remontent lentement sur lui pour l'observer dans sa vérité. Cette horrible vérité. On nous enlève des parties de nous, on ne les retrouvera jamais. Ce monde est dégueulasse, il nous force à vivre en nous démembrant. Et j'y arrive plus moi non plus. Mais je ne dis rien. Baisse à nouveau les yeux et laisse le silence pour toute réponse sur l'instant. Parce que je suis comme lui, sur des points différents. Mais loin d'être entier. Et c'est dur d'en parler, dur à accepter, à assimiler.

Mon corps commence à lâcher, la fatigue, l'usure à prendre le dessus. De ces belles retrouvailles ce sont des plaies ouvertes qui ressortent pour nous deux. Était-ce vraiment une bonne chose ? Sur l'instant j'étais incapable de le dire. Incapable de le savoir, et encore une fois trop lâche pour vraiment y arriver. J'ai l'impression de me ratatiner, m'enfoncer dans la terre, que le peu de goudron qui compose la cigarette que je fume alourdi mes poumons. J'ai l'impression de foutre un pied sous terre, d'être moitié mort sans comprendre pourquoi. Et Logan parle à nouveau. Mon regard le croise, je le fixe perplexe une seconde. J'ai envie de lui demander de répéter. Parce qu'il vient de me foutre une énorme claque de vie dans la figure. Il vient d'estomper les doutes et les sentiments. Par une simple phrase qui devient rapidement un sourire sans même que je m'en rende compte. Dans un rire à peine dissimulé je regarde devant moi, et un rictus joueur prend place sur mes lèvres.

« Du très bon alcool même. Tu vois, à force de se faire casser la gueule sans raison particulière, j'ai décidé de leur donner une bonne raison. Si jamais ils me choppent en train de boire, ce sera pas de la vieille pisse dégueulasse. » C'était vrai, un peu stupide sans doute. Mais vrai. Une façon de dire merde discrètement. Un alcool dissimulé derrière une planche de bois, ou peu importe. Un petit bras d'honneur que tout le monde ou presque se permettait. Mais j'en étais pas peu fier, parce que je le mérite, ce bras d'honneur. Je le mérite, ce verre qui me tient à cœur. Ces retrouvailles avec mon ami sans finir six pieds sous terre. Je mérite un peu de bonheur et lui aussi. Et c'est pas cette vie de merde qui va nous priver de cet instant.

Les autres si elle veut. Mais pas celui là. Pas ce soir. Pas avec Logan. Pas comme ça. Nos pas qui se calquent automatiquement sur nos respirations et la rue qui avance lentement, comme le temps dans ces moments. Logan ouvre à nouveau la bouche, d'un ton bien plus sérieux, bien plus dur. De ces tons qui n'annoncent que des conversations graves et des nouvelles tristes. De ces tons que je connais bien trop, surtout venant de lui, surtout venant de nous. Mais c'était forcé, ça fait partie de la dynamique qui nous lie et nous a toujours liés. Mes yeux se tournent lentement vers lui, sans réellement le regarder. Plus focalisé sur les détails, sur ses micro expressions, savoir à quel point il a mal, à quel point il peut souffrir de ce qu'il dit et ne dit pas. Mon sourire s'efface. Ses mots se heurtent sur moi violemment. Comme une désillusion brusque. Et pourtant, sa dernière réplique m'arrache un sourire douloureux. Je hoche la tête tout en continuant de fumer. Je sais très bien ce qu'il en pense, mais il sait également que ça ne changera rien de mon côté.

Comme ça l'a toujours été. Comme ça le sera toujours sûrement. Le changement de sujet ne me surprend pas, les sujets lourds ont leur place entre nous, mais les légèretés aussi. Il faut bien qu'on souffle, il faut bien qu'on respire, sinon comment survivre ? « Non, c'est juste la rue perpendiculaire. » Dis-je simplement, en pointant du doigt le croisement à quelques mètres de nous. Je n'arrive pas à relancer la conversation. Pas tout de suite. Le temps que mon corps et mon crâne s'habituent. L’effervescence de la surprise passée, il y a tout le poids qui nous lie, les boulets que l'on traîne que j'entends taper à nos pas. Il me faut une seconde, ou peut-être deux. La cigarette au bord des lèvres, la main de Logan me surprend, m'arrête directement. Le regard d'abord posé sur mon bras puis sur son visage. Le sourcil arqué à me demander ce qu'il peut bien penser et les mots qui sortent sans même que je ne m'en rende compte. « Quoi ? », des mots pour rien, il va forcément parler. Mais c'est réflexe, comme le regard légèrement inquiet, de peur qu'il ait un problème soudain. Mais finalement, mes yeux dans les siens, c'est rien de ce que je pouvais imaginer qui sort de ses lèvres.

Je laisse tomber le bras qu'il ne tient pas contre mon corps sans le réaliser. J'écoute chacun de ses mots dans un silence pesant. Le cœur à nouveau brisé, bien trop brisé. L'idée m'avait traversé l'esprit, mais le savoir, là, comme ça, c'était différent. C'était toujours différent de mettre des mots sur les pensées. Je soupire lentement alors qu'il finit de parler et dans un geste doux, ma main vient finalement se poser sur la sienne pour la serrer légèrement. Une seconde à peine, mais une seconde réelle. Logan avait été là pour Jayden, il avait su tout ce que les autres ne savent pas. Et il avait compris ce que personne ne comprendra jamais. Détournant le regard de son visage, le sourire fin, un peu maladroit, sans doute un peu triste aussi reprenant lentement sa place sur mes traits, je reprends la marche en direction de l'appartement qui n'est plus qu'à quelques pas.

« Je suis désolé, tu le sais sans doute même sans que je le dise. Mais il y a des tas de choses qui se sont passées depuis qu'on ne s'est plus vus. J'ai appris des choses sur le deuil. J'ai appris des choses que tu ne peux pas encore soupçonner. » Je finis la cigarette, et d'un geste vif la jette dans le caniveau à nos côtés avant de bifurquer dans la rue et continuer du même ton plutôt doux. « On a toujours peur, je vais pas te mentir. Je t'ai jamais menti et ça va pas commencer ce soir. Mais y a des choses que tu peux savoir. » Je soupire, et quelques pas plus tard me retrouve à ouvrir la porte, la refermer derrière nous et lui proposer de s'installer dans cet appart qui n'en est pas vraiment un.

Les photos qui le tapissent du sol au plafond, les affaires posées ci et là, comme un squatteur alors que l'appartement m'appartient depuis longtemps déjà. C'est le simple reflet d'une vie que je ne veux pas réellement mener, et de cette sédentarité qui me va affreusement mal. Sans un mot de plus, je sors la bouteille d'eau de vie de prune et la pose sur la table basse avant de prendre place aux côté de mon ami et lui tendre son verre. Je vide le mien d'une traite. Et le regardant vide du liquide transparent, je reprends finalement. « Tu sais, on croit toujours qu'on oublie. On oublie les traits, les visages, les rires. Mais la vérité, c'est qu'on se souvient. Juste pas des choses qu'on pensait évidentes. Tu te souviens de choses qui ne sont qu'à toi, quand tu touches ton alliance, tu te rappelles de choses, de détails qui ne vous concernent que vous. Et c'est ça, les vrais souvenirs. Mais ils font peur, parce qu'ils se cachent, ils font peur, parce qu'ils ne sont plus l'évidence. »

Je me sers un second verre, et le serrant un peu entre mes doigts je dis plus doucement. « Je ne me souviens plus du visage de Jayden. », c'est horrible, c'est la pire chose au monde, l'aveu que je ne veux pas me faire à moi-même. Je passe des nuits entières à tenter de le revoir, fermer les yeux et essayer. Sans succès. Buvant une gorgée, j'ajoute de ce même ton, toujours aussi brisé, désolé. « Tu l'as perdue comment ? »

La nuit s'annonçait longue. Les retrouvailles douloureuses. Mais je n'avais pas envie qu'il parte, je n'avais pas envie qu'il en soit autrement. Parce que j'avais beau avoir mal à en crever, au moins, on parlait vraiment.

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    I sat alone in bed till the morning I'm crying "They're coming for me" And I tried to hold these secrets inside me My mind's like a deadly disease I'm bigger than my body I'm colder than this home I'm meaner than my demons I'm bigger than these bones And all the kids cried out "Please stop, you're scaring me" I can't help this awful energy God damn right you should be scared of me Who is in control?
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MessageSujet: Re: Time ║ Horus   Mer 14 Sep - 2:38


« Many years and one pirate later  »

Garret & Horus
featuring

J’aimerais revenir en arrière. J’aimerais voir ce que nous étions à l’époque et me dire que tout était bien qui finissait bien. Que notre happy ending n’était pas très loin et que le bonheur n’était pas qu’une légende, mais bien une réalité. Pourtant, je ne pouvais pas me noyer dans le passé comme je voudrais le faire. Il fallait que je sois présent. Il fallait que je sois là sur cette Terre parce que l’on avait besoin de moi. Moi et mes vices qui étaient tout sauf  des luxes, des pensées qui étaient des rêves, je ne pouvais pas les atteindre. Il fallait que je me ramène sur Terre. Le retour à la réalité, le retour au moment présent. Je ne voulais rien de cela, mais il s’agissait d’une triste vérité que je ne voyais que maintenant. Et là, et là je devais regarder en face ce que je disais, regarder en face ce qui était une partie intégrante de moi-même. Je cédai lentement, je sentais que le masque tombait pour laisser voir une fragilité qui me faisait peur, une partie de ma personnalité que je ne pensais pas que je ne pouvais avoir, mais qui en même temps est présente dans chaque être humain.  Fermant les yeux sur bien des choses, mais pas celle que je voudrais ne pas voir, je devais faire face à trop de vérités, trop de mensonges. Trop de non-dit, trop de paroles dites de travers. Je n’en pouvais plus, tout simplement. Je n’en pouvais tout simplement plus. J’en avais marre de tout ce cirque. Mais est-ce que la mort était une solution raisonnable? Nullement.  Il n’y avait pas de situations et de choix raisonnables sauf la vie dans ce cas. Et continuer à avancer encore et encore comme s’il s’agissait d’une longue montagne que l’on faisait que gravir encore et encore.

Je n’avais jamais réellement compris ce qu’avait vu Garret en moi pour que je devienne son confident. Je ne savais pas ce qu’avait vu ma femme en moi lorsqu’elle était tombée amoureuse de moi. Je ne savais pas ce que je pouvais avoir d’assez exceptionnel pour attirer le regard, attirer l’amitié des gens. Mais c’était présent et on ne pouvait pas le nier.  J’avais un charme, j’avais du charisme qui faisait en sorte que les gens m’appréciaient bien. Je savais me tenir en société. Il y avait un tas de chose que je savais faire et pourtant, je ne pensais pas que ça pourrait réellement m’aider. Et là, nous voici alors que je retrouvais un vieil ami et que je me laissais tranquillement aller vers les affres et le trou géant qu’est la confidence.

J’aimerais être moins sage. J’aimerais être moins difficile. J’aimerais tant de chose, mais en réalité, je ne sais pas si je peux y faire face. Je suis tellement perdu et tellement porté par le gré du courant que je ne sais plus où je vais. Et  avec tout ça, ce n’est que justice que je pose mon regard sur Garret. Ce con qui avait réussi à trouver le moyen de survivre. Est-ce que j’avais réellement pris la peine de le regarder? De me rendre compte des changements qui s’étaient opérés depuis la dernière fois que j’avais posé mes yeux sur son visage? En même temps, je ne voulais pas voir. Je ne voulais pas me rendre compte que ma vie s’échappait d’enter mes doigts alors je préférais être aveugle. Parler d’un sujet qui se rapprochait lentement d’une chose que je n’aimais pas, mais sans trop y plonger. Voilà ce que je faisais. Et pourtant, ce n’était pas tellement une bonne idée. Il fallait que je me contrôle, mais en même temps, ce n’était pas comme une partie d’échec. On ne pouvait pas contrôler la vie. On ne pouvait pas contrôler le destin.

« Tu me rassures. En même temps, j’ai assez confiance en toi pour ne pas m’empoisonner. Ça me rassure de voir que je peux enfin faire confiance dans ce monde de taré. Garret, bordel, j’avais l’impression que je serais toujours seul contre le monde et bien que je sois fort et un ancien videur de bar, les bagarres, c’est moins mon truc que ce l’était dans ma jeunesse.» Un bref sourire s’étira sur mes lèvres, en souvenir d’une époque de ma vie qui était que trop simple. Se pointer, faire le gros et gras personnage qui bloque l’entrée et taper si besoin est. Si seulement c’était si simple. Si seulement ça pouvait continuer comme ça dans la vie.  Eh bien non. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer? Pourquoi faire heureux quand on peut faire chier? C’était toujours comme ça. Toujours encore et encore. Je lui jetai des regards en coin, pas trop certain d’où est-ce que l’on allait. J’avais dit lui faire confiance alors il fallait que je lui fasse confiance. C’était ça la règle. Il fallait que je ferme les yeux sur certaines choses, mais que je les ouvre sur d’autres. Et il fallait que je suive à la lettre si je voulais que tout aille bien. Et donc, Garret devait égaler confiance dans tout ça.


« Buvons donc mon cher ami. Parce que bien que je n’ai jamais bu de la pisse, je n’ai pas l’intention de commencer maintenant.» Je ne pouvais pas m’Empêcher de ramener de l’humour. De ramener ce que j’aimais le plus au monde. Bien que je fusse une personnalité qui avait tendance à se faire oublier, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que parfois, il fallait savoir aussi détendre l’atmosphère et c’était pourquoi j’adorais les blagues. Même si au fond j’étais tendu. Aussi tendu qu’une corde même. Comme quoi ce qui était laissé dans la vision des autres n’étaient pas toujours la bonne image que l’on pouvait avoir, n’est-ce pas?

J’hochais lentement la tête face à ses paroles, me demandant si c’était le bon moment de parler ou non. Le temps de la décision, le temps de se faire mal. Et puis après, qu’est-ce que ça pouvait faire? Je lui devais bien les vérités? Je lui devais bien de lui dire ça. Mais comment l’annoncer. Telle était la question. Et puis merde, il n’y avait pas de bon moyen de le dire hein. Ce n’est pas comme si on pouvait aller s’asseoir dans un resto en mode : Ouais au fond, ma femme, tu sais celle qui était le rayon de soleil de ma vie et qui était ma raison de vivre? Bah elle est morte voilà. Bonne soirée poto! Non mais sérieusement, je n’étais pas horrible, mais en même temps, je n’étais pas doué avec les mots.  Comment est-ce que j’avais persuadé l’autre tarée de m’épouser aussi? Je ne me souvenais même pas comment je lui avais amené ça. Comme quoi, le temps me prenait de plus en plus de temps dans mon propre esprit. Et je devenais fou, lentement fou.
Il était évident que je lui jetai une brique à la gueule. Il était évident que j’allais devoir répondre de mes mots, de mes actes. De ce que je pensais qui pourrait arriver. De ce que je pensais qui ne pourrait pas arriver. Le truc c’est que quand on pose un geste, il faut tout assumer. Les retombées bonnes comme mauvaises. Il faut tout assumer. Alors oui, je conservai le silence après l’annonce. Je n’avais pas envie de répéter, je n’avais pas envie de continuer. Je ne voulais même pas l’entendre me dire qu’il était désolé. Je n’en avais pas besoin. Mais alors pas du tout. Mais, lui, comme toute bonne gens ne pouvait pas savoir et appliquait les mesures de bienséance en société à ce moment-là. Ce n’était que par surprise qu’il disait ça. Et moi… Moi, je me sentais encore plus misérable que je ne l’étais. Comme si le deuil me frappa à grand coup de massue sur la gueule.

Le reste, il ne s’agissait que du pilote automatique. Je ne faisais que me fondre dans ses pas, me fondre dans ses paroles. « Je… oui… En effet…» Le choc total. Pourtant c’est vieux. Ce n’Est pas comme si ça vient de se produire. Pourtant, je le revis. Et ce sont les yeux dans le vague, l’air pâle et titubant que je rentre dans l’appartement de Garret. Je n’écoutais plus vraiment, je ne cherchais qu’un moment de m’échapper. De ne pas me faire trahir par mon propre corps.  Mes doigts se referment aussitôt sur le verre qu’il me tend et je le bois sans même regarder ce que c’est. Sentant le liquide couler le long de ma gorge, je ne fais que serrer le verre encore un peu plus. Je ne veux pas revenir sur terre, mais il le faut. Me forçant donc, je glisse un regard vers Garret et sourit à demi. Un sourire triste, un sourire torturé. Un sourire qui n’en est pas un. Mais un sourire quand même. « J’ai peu de souvenirs à dire vrai…. Tristement, c’est une malédiction pour moi parce que…. Bon sang…. Je n’arrive même pas à y croire, même là maintenant. J’essaie de revenir, mais encore et encore, je ne fais que dériver sur des chimères, sur des conneries qui drainent mon énergie. » Sans demander sa permission, j’attrapai la bouteille et m’en resservi un autre verre pour le caler de nouveau. Avant de soupirer et de retirer cette saleté de cache-œil, révélant les cicatrices, les blessures du passé qui me faisait tant souffrir. Des petites cicatrices qui parcourent la paupière, comme si une étoile s’ouvrait près de lui, des traits de griffure, de blessure, de suture, tout y était. Je me passai une main sur le visage et baissai les yeux avant de soupirer longuement, à nouveau. Est-ce que je voulais tout raconter? Tout déballer mon sac?

Ce fut Garret qui ne me laissa pas vraiment le choix. Je serrai les poings, serrai les dents et puis inspirai lentement. Maintenant, pourquoi encore tout caché? Ça ne servait à rien bordel de conserver des secrets. Je rangeai ma dignité dans mes poches et me raclai la gorge. « Un accident de voiture. J’étais au volant. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est arrivé. Je ne me souviens de rien de ce jour-là…. Et…» Ma voix se brisa un court instant avant que je ne reprenne le contrôle. « Et curieusement, les derniers instants de ma femme, ses derniers mots, ses dernières mimiques, son dernier je t’aime, je ne me souviens de rien. Rien du tout. Juste, un énorme trou noir. Et comme si ce n’était pas assez, ma mémoire a commencé à retirer les souvenirs qui la concernent, comme si c’était trop douloureux. » Ne pas céder. NE.PAS.CÉDER. J’inspirai lentement avant de grimacer un sourire de nouveau. « Je n’avais plus personne, mais je t’ai toi, du moins je l’Espère. Alors…. On va commencer simplement.» Je lui tendis la main, celle qui était libre et m’efforçai de croiser son regard. « Horus Grayson Wayland, ravi de faire ta connaissance. » Bien sûr, l’aspect que je voulais conserver, pour faire une blague s’échappa alors que je n’étais pas en état de faire de l’humour avant que je ne grommelle lentement. « Oui, j’ai le nom d’une saleté de dieu piaf et je déteste ça… Mais bordel que je n’en peux plus des mensonges.»  Et comme ça, juste comme ça, gratuitement, je balançai le verre sur le mur. Qui éclata en mille miettes comme avait éclaté mon bonheur.







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Time ║ Horus

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