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 « through the looking glass » ㄨ cordeliaxliam

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↳ Métier : + fauche les hommes de la classe moyenne qui foulent le même sol qu'elle, sans honte.
↳ Opinion Politique : + le gouvernement, comme la Résistance, sont une bande d'écervellés mal baisés, rien de plus, rien de moins.
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↳ Playlist : ELLE KING, ex's & oh's + GIN WIGMORE, kill of the night + MUSE, undiclosed desires + ELLIE GOULDING, don't need nobody + BAND OF SKULLS, i know what i am + FLORENCE, seven devils + HONOR SOCIETY, here comes trouble + THE PRETTY RECKLESS, kill me + LYKKE LI, get some + GHINZU, high voltage queen + THE SATURDAYS, turn myself in + DAVID GRAY, the other side + ARIANA GRANDE, thinking about you.
↳ Citation : + « don't let her smile fool you, don't let her eyes confuse you ... red lips always lie. »
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MessageSujet: « through the looking glass » ㄨ cordeliaxliam   Dim 7 Aoû - 7:32




Les songes lui ont révélé la vérité, comme ils l’ont déjà fait dans le passé. Si dernièrement ils ont été le fruit de ses peurs et souvenirs les plus pénibles, ils lui ont également parmi de révéler à la lumière du jour certains secrets enfouis, des vérités et des réalités qui sourdaient probablement en ce moment présent. Les révélations sont nébuleuses, éternellement énigmatiques, sournoisement ésotérique, parfois ignoré car souvent insondable, trompeuses et dangereuses lorsque l’expérience défaille. Elles le sont toujours quand il est question de rêves prémonitoires, à vrai dire. Mais ce que lui ont révélé ces derniers la satisfait, sollicite presque de l’enthousiasme – elle qui s’extase bien souvent sur le délice qu’est le malheur des autres, ou du moins, de ses ennemis. Les onirismes lui ont donc illustré deux silhouettes. Deux bruns. Les deux bruns qui occupent son quotidien depuis quelques jours à présent. Nolan, d’un côté. Liam, de l’autre. La réplique de l’autre. Un simulacre. Une image double. L’écho de l’autre. Puis le reflet se brise, se fend. Les fragments baignent un océan écarlate. Parmi les bribes se trouvent une balle – tiré de l’arme du coupable. Coupable qu’elle n’arrive pas à distinguer – car le reflet est identique. Mais ça n’a pas de réelle importance. Car entre Nolan et Liam, il n’y a aucune différence. Outre même leur physique qui se dérobe à l’un et à l’autre, ils sont les mêmes aux yeux de la sorcière. Profondément puérils, cruellement pathétiques, férocement sans utilité, affreusement primitifs, et en toute honnêteté, même pas fichus de se mettre fin à la vie et rendre un service au monde entier.  

Naturellement donc, elle ne sait qui, dans cette altercation que les déités lui révèlent, a réellement chuté. Si entre Nolan ou Liam, elle n’a pas réellement de préférence quant à celui qu’elle souhaite voir trépasser en premier, la brunette n’est pas stupide. Elle sait pertinemment que ses plans changeraient selon la réponse à cette question. La sorcière se renseigne donc – comme elle le peut. Elle joint ses contacts, profite d’eux, exploite la peur qu’elle suscite en eux et qui semblent lui permettre d’abuser d’eux et de leurs services. La succube n’obtient pas réellement réponse à ses interrogations – mais on lui expose l’endroit où elle saura trouver tout ce dont elle a besoin de savoir. Là où les énigmes trouveront réponses. Là où les arcanes se démystifieront. Là où les illusions tomberont et là où réalité et vérité s’enflammeront et illumineront les âmes inquisitrices. L’hôpital. L’endroit lui dérobe une grimace, un peu dédaigneuse, un peu blasée. En soit, ce n’était pas surprenant – qu’on ait emmené le jumeau, peu importe lequel, dans un tel endroit vu les circonstances. La démone n’a pas de nom, mais elle a un numéro de chambre. Ça serait suffisant. Du moins, la visite qu’elle compte rendre au concerné le serait certainement.

Elle chausse donc ses talons, se faufile entre les passants, longe les murs de cet établissement macabre dans lequel s’invite si bien la déesse vengeresse qu’était la mort. Alors, une déesse vengeresse de plus ou de moins, les gens n’y verraient que du feu. Elle revête sa subtilité, épouse la discrétion, exploite les dons qu’on lui a concédé afin d’abuser les plus gros obstacles. Les chimères se dressent donc et lui ouvrent la voie, trace celle-ci jusqu’à la destination. Des hommes, baraqués, en costumes, se dressent eux-aussi devant la porte de la chambre qui suscite l’intérêt de la sorcière. L’observation pourrait presque répondre à son interrogation ; ce n’est certainement pas Nolan qui pourrait bénéficier de ce genre de protection, mais Cordelia veut en avoir le cœur net. D’autres illusions fleurissent, maintiennent l’attention des gardes – suffisamment longtemps pour que la féline s’introduise discrètement dans la chambre du patient. Le beau brun sommeille, du moins c’est l’impression qu’il lui donne. La sorcière s’approche, furtive comme jamais, et étrangement, en le voyant là dans le lit – elle a l’impression de le reconnaître immédiatement. Liam – sans aucun doute. Elle pourrait y mettre sa main au feu.

La brunette se tient alors au côté du lit, et laisse ses yeux errer sur les écrans et multiples machines qui bordent le lit du blessé. Elle assimile l’information, constate sans peine qu’il est à priori dans un état relativement stable et sauf, du moins autant que les circonstances le permettent. Elle constate également l'évident, soit qu’elle est réjouie de réaliser que c’est bel et bien le ministre qui a pris la balle. Ce n’est pas tant une question de le voir blesser – quoique ça a le mérite de la réjouir aussi – mais davantage de réaliser qu’elle peut retourner cette situation à son avantage de façon qui aurait été impossible si Nolan avait été celui qui s’était pris la balle. Sa main s’élance et caresse délicatement la tête du gouverneur, filent entre ses cheveux, descend lascivement contre son visage, cajolent cette joue balafrée, écorchée à priori par une violence qu’il s’était probablement fait en présence de Nolan. L’idée lui soutire le semblant d’un rictus ; Nolan, un homme, après tout! « C’est le temps de se réveiller, sucre d’orge. » Sa voix effleure l’air de ses timbres hypocritement sucrées et tendres, comme pour le laisser espérer une meilleure tournure pour ce qui s’apprêtait se révéler être un cauchemar pour le beau sorcier. Ses doigts dévalent et dégringolent jusqu’à son épaule, à priori beaucoup plus estropiée que sa joue, et jouent sournoisement avec le bandage et l’attèle qui drape la lésion, réfugie les dommages.  Ils finissent de jouer, et délaissent le boulot aux ongles qui s’enfoncent à travers les barrières, perforent ses dernières, distillent les sutures et ravivent donc de nouveau la douleur. Rapidement, la brunette pose l’un de ses index sur les lippes du jeune homme, l’empêche de donner écho à sa souffrance. « Shhhh, mon cœur. Tu ne veux pas attirer l’attention de tes gardes, crois-moi. Ça finira mal pour tout le monde... surtout toi. » Son index abandonne les lèvres de Liam puis retrouve refuge sur les siennes. Sa sournoiserie s’esquisse sur les traits et courbes de son visage, suintent de ses pores. Sa démence rayonne, brille de mille feux dans son regard, alors que la démone jubile presque de tout ce qu’elle pourra faire du ministre, mais surtout ce dont elle pourra lui déloger. « Je compte bien veiller personnellement à ton rétablissement. Oh, Liam... On va tellement s’amuser toi et moi, tu verras... »

(c) AMIANTE

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narcissa ⊹ she will try to run to the ends of the world; let her go. it will take her years of feeling the earth beneath her feet, dark water lashing her face, blood under her fingernails, to realise that nothing is chasing her and that you have not followed. she will return and kiss you, triumphant, exultant, restless and her lips will feel like a thousand little knives pressing into your skin: the knowledge that she will not stay, she cannot stay, not even for you.
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↳ Citation : "When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]" C. J
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MessageSujet: Re: « through the looking glass » ㄨ cordeliaxliam   Dim 7 Aoû - 22:35



Through the looking glass

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Tout est sombre. Tout est noir. Le choc, lourd. Au sol. Et mes yeux clos. Tout est fini. Enfin. Un soulagement, et plus rien. Plus rien, enfin. C'est fini, c'est la fin de cette querelle sans fin, de ce qui n'a pas d'issue. On a trouvé la seule, et on restera comme ça. Tout devient flou, ma respiration se saccade, et une larme s'échappe. J'ai mal au cœur, mais j'ai plus peur. Plus peur de rien, parce que mon frère va vivre en paix. Avoir la vie qu'il mérite. Sans moi, loin de moi.

C'était aussi simple que ça, et c'est enfin réglé. Ça a mis tellement d'années. Je me demande comment la mort va être. Je me demande si l'Enfer est toujours celui que les sorciers décrivent. Je me demande tout et n'importe quoi, et j'attends que le temps passe, j'attends d'y être. Presque paisible. Mais je suis tellement stupide, tellement naïf. Comment j'ai pu y croire ? Comment j'ai pu penser que ce serait si simple ? Je me réveille brusquement, dans une douleur insoutenable. Je tourne les yeux et observe des blouses autour de moi. Je déglutis, la bouche pâteuse. Je connais cette sensation. Instinctivement, je tourne mes yeux sur mon bras, observe les tubes qui en sortent. Je veux hurler, je veux crier. C'était sensé être la fin. Je m'agite, je veux parler, je veux qu'on m'écoute. Où est Nolan ? Qu'on-t-il fait de lui ? Je veux savoir. Je veux savoir ! Mais mes forces s'échappent, la douleur s'estompe et le monde redevient flou. Ces connards m'ont drogué. Ces connards ne me laissent pas le choix de vivre ou mourir.

Foutu job de merde. On me laisserait crever dans la rue si j'étais pas ministre. Et là, on me drogue pour quoi ? Parce que j'ai une belle gueule du gouvernement ? Je mérite pas ces putains de médicaments. Je mérite pas cette putain de vie. Je m'épuise, je m'effondre. Et les songes prennent place. Il y a des rires, il y a Nolan. Il y a un monde joyeux, des souvenirs d'enfance. Il y a tout ce qui allait bien, tout ce qui me rendait heureux. Et je rêve, des heures durant, des jours mêmes, peut-être des années. Je ne veux pas en sortir. J'aime ce rêve. Je préfère ce rêve. Je veux qu'il soit vrai, la seule vérité.

Et puis tu arrives, lentement. Ta voix, tendre et douce atteint mes oreilles. Ta voix si lumineuse et ton visage qui est là sans l'être. Ta peau contre la mienne, les sensations qui reviennent peu à peu. Ta douceur me fait du bien, ton visage me donne envie de me réveiller. Nataliya, c'est bien toi ? Je soupire doucement, sans savoir si c'est réel ou non. Sans savoir dans quel monde je suis. Un entre deux sûrement. Le moment dure lui aussi, mon corps se réchauffe lentement, et je ne m'en lasse pas, intimement pressé de voir ton visage sans cette lueur, d'être de retour avec toi, enlacer ta main avec mes doigts.

Mais la sensation, plus vive, plus forte, bien moins agréable aussi, me ramène dans la réalité et me fait ouvrir les yeux. Sur un visage bien différent de celui dont je rêve. Mon esprit alterne, blonde ou brune. Douleur ou plaisir. Et finalement, mon épaule m'arrache une douleur si forte que mes mâchoires s'ouvrent, l'envie d'attraper la main de la personne qui me touche et de la retirer sans pouvoir bouger, et ses doigts sur mes lèvres. Tes doigts, Sorcière. Le doute est dissipé, et si mon esprit se joue encore de moi sur les apparences, la vérité me semble claire. Incapable d'émettre le moindre son alors que ta voix ensorceleuse prend à nouveau place dans la pièce je referme lentement les lèvres. La nausée bien présente, la douleur qui cogne tout ce qu'elle peut et mon regard qui se fixe enfin sur la brune. Les traits de celle qui m'apporte tout ce qui peut se rapprocher d'une source de lumière effacés. Engourdi, fatigué, je ne cherche pourtant pas à désobéir. Les mots ont beau résonner un peu sourdement, je sais que la brune ne rigole pas, et je n'ai aucune envie d'avoir un carnage sous les yeux.

D'autant que si quelqu'un peut bien me dire la vérité, c'est sans doute elle. Sonné, la plaie ouverte à nouveau et le liquide rouge s'écoulant avec cette touche de poison, signature des ongles de celle qui s'est fait un plaisir d'aggraver la chose me font grincer des dents. Je fixe son regard avant de tenter de me redresser légèrement, sans réellement y parvenir. Réflexe sans doute un peu idiot, de ne pas vouloir paraître faible face à un être pareil.

Et pourtant, je le suis plus que jamais. Et elle le sait. Sa dernière phrase m'arrache un frisson alors que je ris dans une voix cassée, usée, comme si je n'avais pas parlé depuis de nombreuses années. « Moi qui me demandais à quoi ressemblait l'Enfer, je crois que j'en connais définitivement le visage. » J'esquisse un rictus douloureux, moitié sonné, et fixe la demoiselle. Au moins, je n'ai pas oublié qui je suis – à déterminer si c'était une bonne chose ou non, mais vu mon réveil, rien n'était moins sûr.

Je tourne doucement les yeux, observe les ongles ensanglantés de la succube avant de remonter jusqu'à mon épaule et réaliser que la pointe de douleur vient de là. Ce con m'a raté. Il a pas su viser correctement. Et je sais, je sais pertinemment que Nolan est capable de tirer sur quelqu'un en plein cœur. Je baisse à nouveau mes pupilles, si la démone peut clairement lire mes émotions, c'est loin d'être une raison pour observer son sourire malsain face à ma souffrance.

« Qu'est-ce que tu fous là au juste, Faith ? », je cherche à bouger, prendre le contrôle de mon corps sur-dosé de je-ne-sais-combien de médicaments sans réelle réussite. Parfois, le visage de Nataliya apparaît à nouveau, à la place de mon pire cauchemar, et je ferme les yeux, efface cette image, tente tant bien que mal de ne surtout pas associer les deux. Je lève mon bras valide dans un geste lent, sans doute un peu hors du temps, et d'un geste imprécis, j'indique la table à côté de moi avant de continuer de cette voix incertaine. « Si tu dois me torturer, laisse-moi boire un peu d'eau, tu veux ? », je rabaisse lourdement ma main, les tuyaux dans mes veines me brûlant vivement et alors que ma tête se met à tourner plus violemment, sans doute à cause de sa merveilleuse idée pour me réveiller je soupire en disant. « Et si tu tiens tant que ça à ce qu'on s'amuse, tu voudrais peut-être éviter que je tombe dans les pommes, non ? » Je plante mes yeux dans les siens, élan de haine, de colère. Pas entièrement contre elle, juste contre ça. Contre tout ça.

Je serre les dents comme je peux, retiens les nausées et autres preuves de faiblesses physiques avant de dire dans un ton qui se veut plus sûr. « Si t'es pas là pour me tuer, t'es là pour quoi, réellement ? »

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Lun 12 Sep - 4:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « through the looking glass » ㄨ cordeliaxliam   Ven 2 Sep - 3:31



Le ricanement se brise – impuissant, à l’image de celui qui s’en est détaché. Faibles, les échos se tordent sous le poids de la douleur – des afflictions dans lesquelles elle a sa part, mais la culpabilité ne la consume pas pour autant. L’a-t-elle déjà une fois consumée, après tout? « Moi qui me demandais à quoi ressemblait l'Enfer, je crois que j'en connais définitivement le visage. » Un rictus froisse ses propres traits démoniaques, courbe reproduite par Liam – dont, une fois de plus, l’anémie l’empêche de performer aussi bien qu’il ne le voudrait probablement. Il est pathétique – et le constat l’amuse, acquiert de la part de la sorcière toute la satisfaction du monde. « Et n’est-ce pas tout simplement le plus beau visage que tu ai jamais vu? » susurre-t-elle, ses airs les plus sybarites campés contre son effigie – qui se tord sous ses ébauches espiègles d’une séduction sans logique – sans sens, ni sans la moindre réelle intention, si ce n’est celle exalter les tourments du ministre, de perturber cette âme – pas innocente de crimes, mais qui ne mérite peut-être pas tant d’acharnement. Il ferme les yeux, qui sait pourquoi. Parce qu’elle est là, parce qu’elle le fait souffrir, parce qu’il sait ce qui l’attend, parce qu’il connait le genre de la sorcière et qu’il sait pertinemment que sa vie n’a aucune valeur aux yeux de la sorcière si ce n’est un moyen pour une fin qu’il ne connait pas – ne veut probablement pas connaître non plus. Qui sait? Mais Cordelia n’a pas besoin de s’immiscer dans les pensées du jeune homme – elle ne le peut pas déjà, de toute façon – pour y lire quoique ce soit, tout est pitoyablement exhibé sur chaque trait de son visage. Son regard est l’écho de ses mots. Cette flamme qu’elle a jadis vu brasiller dans les pupilles du gouverneur ne fulgure plus aussi bien qu’avant. Au contraire, la flammèche vacille, se meurt également. Et la démone en est bien entendu la meurtrière. Ironique, en quelque sorte, puisqu’elle compte bien lui faire présent du don de la vie, non celui de la mort.

« Qu'est-ce que tu fous là au juste, Faith ? » A-t-elle seulement une fois révélé la vérité et ses intentions à Liam? Pour tout dire, Cordelia est presque surprise de voir qu’il tente de nouveau le coup – ce n’est pas comme si ses précédentes tentatives de s’enquérir à son sujet aient particulièrement porté fruit. Elle admire l’effort, mais ne l’honore pas d’une réponse. À l’opposé, la brunette se moque davantage de lui, revêtit les facéties en empruntant une fois de plus des doux airs. « Je m’ennuyais de toi, Liam. » La candeur, feinte, illumine son visage, déguise celui-ci en un leurre. Un vulgaire artifice qui a au moins le mérite de la distraire elle. Sa main s’abandonne de nouveau dans la chevelure ébène du bel apollon, la traite avec diligence comme pour apaiser les maux du blessé. « N’est-ce pas là une raison convenable? » Mais la fourberie est de courte durée, alors qu’un gloussement trahit sa ruse, fracasse les illusions de cette délicatesse qu’elle possède peut-être, mais certainement pas pour Liam. De nouveau, sa malveillance regagne les règnes et une fois de plus, la sorcière est plus vicieuse que jamais. La mollesse s’éprend du beau brun qui peine ainsi à émettre le moindre geste, mais elle discerne l’objet des désirs du jeune homme. « Si tu dois me torturer, laisse-moi boire un peu d'eau, tu veux ? » Elle cède à la volonté d’un autre gloussement, et se plie à la celle de Liam qui requiert le verre d’eau qu’il pointe si péniblement de ses doigts encore faibles. « Et si tu tiens tant que ça à ce qu'on s'amuse, tu voudrais peut-être éviter que je tombe dans les pommes, non ? » Le regard qu’il plante dans ses iris caféinés ne la déstabilise pas, pas même la haine du ministre ne peut ébranler cette force de la nature qu’elle se révèle être.

Sa main attrape le verre et la sorcière s’emploie à étancher la soif du beau brun, apportant le verre à ses lèvres. Sa main se glisse doucement contre le revers de la tête de Liam, soulève cette dernière légèrement pour lui permettre de boire le verre en toute capacité. « Si t'es pas là pour me tuer, t'es là pour quoi, réellement ? » Les mots lui soutirent un rictus discret, qu’elle ne tente pas de dissimuler, car elle sait pertinemment que sa sournoiserie incitera en lui une anxiété qu’elle compte bien exhorter davantage. Une figure blonde apparait dans ses pensées ; le reflet de la réelle meurtrière, celle dont la main donnerait le coup final au ministre. Ce n’est pas faute d’avoir envie, mais plutôt qu’elle laissait le privilège à une autre qui le désirait beaucoup plus qu'elle. « Te tuer? » Elle interroge la chose, comme si elle est  absurde. Elle ne l’est pas, pas du tout, même. Mais la sorcière a d’autres plans en tête pour Liam, des plans qui l’avantageront elle très certainement. « Mais Liam, je n’oserais jamais faire une telle chose. Penses-tu réellement si peu de moi que tu m’imagines comme étant incapable de vouloir ce qu’il y a de mieux pour toi? » La démone s’accoutre de sa fausse innocence, la porte sur chacun de ses traits, laisse son visage se noyer dans toute cette ingénuité inauthentique. Sa main caresse de nouveau la joue du beau brun, puis l’abandonne pour errer dans les nombreuses installations qui semblent stabiliser l’état du sorcier. « Toute cette machinerie… et pour quoi exactement? » La succube détache un fil de sa prise et contemple les lumières fuir des monstres mécaniques, s’éteignant immédiatement. « Un homme? Un seul homme? » De nouveau elle glousse, amusée par ses propres facéties. « Tu n’as pas besoin de tout ça, n’est-ce pas? » La brunette plisse les yeux, plus satisfaite que jamais. Ses mains abandonnent les machines et trouvent refuge sur les poches de solutions intraveineuses. La démone les détache également, privant Liam de toute la médication qui lui avait été adjugé par ses médecins. « Depuis quand s’abaisse-t-on à recourir à l’aide et à la science de simples mortels, Liam? ... Entre sorciers, on peut s’entraider, tu ne penses pas? » La brunette l’interroge, persiste à prétendre qu’elle ne veut que son bien, qu’elle est innocente et ingénue, mais rien de tout cela est crédible. Et elle ne le veut pas que ça le soit. Elle veut que le beau brun comprenne parfaitement de quoi elle est capable et ce qu’elle s’apprête à lui faire, tout en lui laissant une lueur d’espoir qu’elle ne s’affairera peut-être pas au crime. Une lueur d’espoir qu’elle compte bien piétiner.


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MessageSujet: Re: « through the looking glass » ㄨ cordeliaxliam   Jeu 8 Sep - 23:53



Through the looking glass

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Le rictus de la brune me fait mal. J'ai beau être moitié mort, c'était rien jusqu'à son arrivée, rien jusqu'à ce qu'elle soit là. J'ai les mâchoires serrées, l'envie de vomir de plus en plus grandissante, l'eau ne passe pas. La situation ne passe pas. Elle, ne passe pas. Les médicaments, la fatigue, cette réalité qui s'altère bien trop facilement, et l'illusion de Nataliya. Si le fait d'entendre la voix de la Sorcière a calmé le jeu, parfois, juste le temps d'un clignement, c'est elle que je vois. Lorsqu'elle a passé sa main sous ma tête, lorsqu'elle agit avec délicatesse, c'est celle qui obsède mes pensées depuis janvier que je vois, que je ressens.

Et je ne supporte pas ça, je ne supporte pas que les deux se mélangent, je ne supporte pas de voir Faith quand je rêve de Nataliya. Je ne dis pourtant pas un mot de plus, j'attends qu'elle réponde à ma question. Puisque c'est celle qui compte, et qu'accessoirement, plus vite on en vient au but, plus vite elle se tire. C'est du moins ce que j'imagine. Naïf, drogué, trop con, trop faible aussi. La situation n'a rien de celles qu'on a vécues précédemment. J'étais loin d'être toujours en position de force, mais l'équilibre se maintenait malgré tout entre nous. Aujourd'hui, il n'y en a aucun. Parce qu'elle a le dessus, tout le pouvoir sur moi, sur Nolan aussi. Elle peut faire ce qu'elle veut. Et je déteste ça. La brune répète mes propos, je déglutis. J'ai beau croire que je ne tiens plus à la vie, la démone me rend anxieux, elle me serre le cœur. Elle m'explose encore plus que cette foutue douleur.

Elle parle, se fout de ma gueule. Pour ne pas changer, elle exagère. J'aimerais rouler des yeux, lui offrir une pointe de sarcasme. J'aimerais être moi-même, pouvoir lui répondre. Non. Mieux que ça, j'aimerais lui coller mon poing dans la gueule. Mais je ne suis pas en état. Je suis en état de rien. Je tente tant bien que mal de garder contenance, un semblant, au moins. Une pauvre illusion qui ne me trompe ni moi, ni elle. Mais je suis incapable de faire autrement. Si quelque chose a changé, contrairement à nos échanges habituels je ne cache pas ma haine. Je laisse mes pupilles brunes sur elle, et un sourire vient teindre ma peau blanchâtre. Et même un rire, qui décolle mes poumons, m'arrache encore un peu de vie. « Te fous pas de ma gueule. » Il est loin, le ministre poli, qui lui sert du vin. Il est loin, le faux dragueur, celui qui enjolive les mots.

Mais j'ai plus rien à perdre. Pas maintenant que j'ai perdu Nolan. Alors j'ai perdu ma vie, et j'ai plus aucune raison d'être en vie finalement. Je perds un peu conscience, j'ai la bouche pâteuse, je me laisse emporter, sans doute parce que j'en peux plus de cet échange, parce que j'ai pas envie de croire que tout ce qui a été fait c'était pour en arriver là. Moi qui croyais sauver mon frère, moi qui croyais lui offrir une vie, je me retrouve face à la fille de Lucifer et mon frère, lui en Enfer. Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Comment on a pu en arriver là. La caresse de la brune me fait sursauter, et mes yeux se posent à nouveau dans les siens. C'est étrange, cette faculté qu'elle a à vous faire voir tout un monde. Elle pourrait envoûter n'importe quel homme, n'importe quelle femme. Elle a des yeux qui sont magiques, elle a ce touché qui vous laisse une marque alors que ses doigts vous ont quitté. Un démon à l'état pur. Celui qui vous fait vendre votre âme pour ses beaux yeux.

Je ne remarque pas tout de suite où dérive sa main, encore berné par son touché trop doux pour ce qu'elle est. Encore perdu dans cette double image de la blonde et la brune, ce besoin oppressant de m'évader. Mais sa voix de succube s'élève à nouveau. Toujours ce même ton, toujours cette mélodie qui vous bercerait presque. Dans les légendes, elle serait sans doute une sirène qui ferait échouer tous les marins. Sauf qu'on est bien loin des légendes, et que le rôle du marin, c'est moi qui le tien. Une chose ne change pas pourtant, la brune me tue à petit feu. Mes yeux se font plus suppliant que je ne veux l'admettre alors qu'elle défait un des fils qui me maintient en vie, conscient, et capable de lui faire face.

Un instant j'hésite, mon supplice n'est-il pas sur le point de se terminer au final ? Ne devrais-je pas ne pas réagir, la laisser faire et crever. Simplement mourir pour enfin la voir partir ? Mais j'y arrive pas, alors je serre un peu plus les dents, je tente de bouger vainement. Je n'arrive à rien, pas même à articuler correctement. Et elle continue, la démone, son rire m'éclate les tympans. C'est peut-être la seule chose chez elle qui révèle sa vraie nature. Ce rire qui vous transperce et vous explose de part en part. Ce gloussement faussement naïf qui s'incruste en vous avant de faire éclater chaque endroit dans lequel il passe. Un poison. C'est un poison.

« Arrê... » Je ne finis même pas ma phrase, mon mot. À quoi bon ? Elle en a rien à foutre. Ce n'est pas dans cet état que j'aurais un pouvoir sur elle, je n'en aurais même pas sur un chiot. Mais tout ce qu'elle fait commence à faire effet, et je retrouve cette douleur plus violente, celle qui était tendrement atténuée. Je serre les draps de ma main droite, commence peu à peu à me tordre de douleur alors que mes yeux ne la quitte pas. Mais putain, elle veut quoi ? T'entends, Sorcière, tu veux quoi ? Chaque dispositif de cette chambre n'étant plus lié à moi, je me retrouve réellement seul face à elle.

Seul, dans mon véritable état. Et je veux hurler. Je veux la tuer. Je veux réagir et lui hurler d'arrêter. Je veux me défendre, je veux retrouver un semblant de fierté. Mais tout ce que j'ai c'est de la colère, de la colère en masse qui me fait serrer encore un peu plus les draps et accélère ma respiration alors que les larmes me montent aux yeux. C'est un supplice, un véritable supplice. Et je suis incapable de l'arrêter. Incapable même de le diminuer. Les mots de Faith se perdent dans mes oreilles alors que mon cœur y bat. J'ai du mal à l'entendre, et je mets du temps à comprendre.

Je ne suis pas moi-même. Je suis loin de l'être. Je déglutis nerveusement, cherche à trouver un semblant d'équilibre, laisser le psychologique prendre le dessus sur la douleur physique. Je relève le menton comme pour me donner du courage, mais j'y arrive pas. Et elle, elle joue ses cartes avec une facilité déconcertante. Me force à devenir suppliant, me force à devenir dépendant. Je détourne les yeux alors que sa question a finalement atteint mon cerveau. « Plutôt crever. » Que je crache, douloureusement. Plutôt crever que de me retrouver à devoir avoir son aide. Plutôt crever que dépendre d'elle.

Je ne veux plus la voir, ni elle, ni personne. Je ferme les yeux, et la larme qui s'était glissée au bord de ma pupille se fond sur ma joue brûlante. Il n'en est pas question, pas elle, pas comme ça. Mais mes paupières closes, c'est mon frère que je vois, c'est Nataliya. C'est l'Enfer dans lequel il se trouve à cause de moi, c'est ma lâcheté de préférer mourir plutôt que le sauver. C'est abandonner parce que ma seule solution me met moi, en difficulté. N'avais-je pas dit à Nolan que je ne serais plus cet homme ? Ne m'étais-je pas promis de ne plus être égoïste, moi qui avais suffisamment gâché de vie ?

Si. J'ai promis. Et la succube ne peut pas gagner. Tant pis pour le reste de ma vie. Tant pis si je vends mon âme au Diable. Pour ce qu'il en reste, de toutes façons. Alors je me retourne, j'ouvre à nouveau les yeux. Je fixe la bouche de la brune, et ce rictus qui me détruit. Je lui laisse tout pouvoir sur moi à la minute où j'ouvre à nouveau la bouche. Et je le sais. Lentement, alors que ma respiration est de plus en plus saccadée, que mon palpitant résonne dans chaque partie de mon corps j'ouvre la bouche et crache difficilement. « T'as gagné. », une pause, je souffre autant physiquement que psychologiquement. « Soigne moi, et t'auras ce que tu voudras. » Mes yeux remontent dans les siens, tout espoir perdu – l'ironie de son prénom au rendez-vous plus que jamais. « Absolument tout. »

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.
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MessageSujet: Re: « through the looking glass » ㄨ cordeliaxliam   Dim 18 Sep - 6:42



« Plutôt crever. » Les yeux du beau brun refusent de rencontrer ceux de la succube, refusent également d’accepter la défaite, au même titre que le sorcier en question. « Oh, Liam…Tu n’as pas idée. » La remarque l’amuse, l’égaye presque. Cette bravade égocentrique ne l’impressionne pas, guère même – mais elle en savoure l’ironie, se délecte du divertissement que Liam lui procure. Cordelia savoure peut-être aussi cette réalité qu’elle se met tout juste à réaliser. Elle tient la vie du ministre entre ses griffes, à un tel point que le choix même de mourir ne lui appartient plus.
Il ferme les yeux, mais elle ne disparait pas. Ne le réalise-t-il pas? Elle ne disparaîtra jamais. Il pense peut-être d’elle qu’elle est un cauchemar, probablement le pire qu’il ait jamais eu – mais malheureusement pour lui, elle est bel et bien réelle. Et si les paupières du beau brun l’empêchent peut-être de contempler la démone qui demeure à son chevet, celle-ci s’assure malgré tout que sa présence le hante toujours. Son souffle cajole sa peau rêche d’homme, plus particulièrement celle de son cou – un cou sur lequel les lippes de la succube avaient longuement erré lors d’une nuit sybarite entre les deux ensorceleurs. Sa voix voluptueuse siffle toujours, fredonne son chant de sirène satanique, suffisamment pour en dégoûter le beau brun. Ses doigts déraillent et délirent toujours sur le corps du gouverneur, vicieusement, comme s’il ne lui appartenait plus à lui, mais à elle. Elle ne porte plus attention jusqu’où la pointe de ses doigts traîne, mais ça n’a pas d’importance après tout. Son toucher, aussi virulent se voulait-il, n’avait pas de réelles intentions – si ce n’est peut-être celle de lui rappeler éternellement son ascension sur lui, puis plus précisément, sa présence en ce moment même.

Il réalise enfin qu’elle est immuable, éternelle, increvable. Elle le colle à la peau, et la seconde où il cessera de se battre, la seconde où il cèdera enfin au poids qui pèse sur ses épaules, il ne pourra plus jamais se défaire d’elle. Elle le sait, mais elle veut qu’il le sache également. Cordelia le lit enfin dans ses yeux –  qui se dévoilent donc de nouveau, fixent le rictus qui, bien entendu, s’ébauche sur ses lèvres à elle, avant qu’ils ne plongent dans son regard ténébreux. Elle peut y déceler une teinte de haine, très certainement, mais c’est avant tout le regard de quelqu’un qui baisse les armes, baisse les bras. Un regard abandonné pour quelqu’un qui vient de faire exactement la même chose. « T'as gagné. » Elle le sait, pertinemment et depuis un moment même, et pourtant, elle ne peut s’empêcher de sourire de nouveau. Sa langue effleure ses dents blanches comme la porcelaine, comme pour s’empêcher de sourire trop manifestement. Il peine à bouger, à respirer, même à parler – et elle n’a pas la moindre once de pitié ou de compassion pour lui. Au contraire, la brunette savoure cette victoire sanglante, en contemple les suites et est presque éblouie par son art, par sa somptuosité. Liam n’a jamais été un adversaire de taille, dès le départ, mais Cordelia ne peut s’empêcher d’exulter sa nouvelle prise de pouvoir – elle qui prospère et s’épanouit seulement sous de telles circonstances. « Soigne moi, et t'auras ce que tu voudras…. Absolument tout. » Cordelia secoue la tête subtilement, comme pour remuer et chasser les bêtises qu’elle vient tout juste d’entendre, les déloger de son esprit retors, puis pour mieux le corriger. « J’obtiens toujours ce que je veux, chaton. Je croyais que tu l’avais déjà compris? » Susurre-t-elle, toujours accompagné de ce soupçon d’innocence controuvée, dont les sonorités étaient probablement plus machiavéliques qu’autre chose – ironiquement. Un gloussement s’extirpe du gosier du monstre qu’elle est, alors qu’elle se rapproche de lui, caresse de nouveau sa chevelure ébène d’une douceur discordante. « Ne t’en fais pas, tu saisiras le concept quand j’en aurais finis avec toi. Sois en sûr. » Ses dents lacèrent sa lèvre inférieure, avant que la succube ne glousse de nouveau, affichant tout le sadisme et la malsanité dont elle peut faire preuve.

Sa main abandonne temporairement le sorcier, puis se loge dans l’une des poches de la fine veste tailleur noire qu’elle revête. Elle en ressort un stylo, d’un luxe qu’elle ne conçoit pas réellement, elle qui n’accorde pas réellement d’importance à ce genre de choses malgré ce que l’on peut bien lui reprocher. Cordelia brandit momentanément le stylo, avant de rebaisser la main et laisser trainer la pointe de celui-ci le long du torse du jeune homme. « Je présume que tu le reconnais probablement. C’est le tien, en effet. Je l’ai piqué lors de ma dernière visite, à vrai dire. Ça – et une montre qui trainait sur ton bureau, d’ailleurs. » Elle grimace légèrement et hausse les épaules de façon nonchalante. « Enfin, j’ai revendu la montre au premier venu pour quelques billets, donc ça n’a que très peu d’importance maintenant. » Naturellement, elle emprunte une fois de plus des airs désinvoltes, peut-être un peu idiots aussi – mais ça aurait l’effet voulu. Celui d'exaspérer le ministre, de lui rappeler à quel point elle se foutait de sa gueule, à quel point le cauchemar ne faisait que débuter. « Ne me regarde pas comme ça ; une fille se doit de manger, tu sais. » Un rictus se courbe de nouveau sur son masque, subtil comme tout, mais toujours aussi éperdument perfide et machiavélien. « Tu vois, Liam. Tu prétends que tu es prêt à tout me donner, mais si je puis être honnête,  j’ai du mal à y croire totalement… Alors, dis-moi… qu’en est-il du peu de dignité qu’il te reste? » Elle la veut, comme tout le reste. Elle veut le dépouiller de tout ; son pouvoir, son contrôle, son bonheur, et maintenant, même de sa dignité. Elle veut tout, et elle veut qu’il n’ait rien quand elle en aura fini avec lui. La bête est affamée, et elle compte bien engloutir sa proie cette fois-ci. « Je veux t’entendre me supplier. » Le stylo qui joue toujours entre ses doigts manucurés s’enfonce aussitôt dans la plaie fraichement ouverte quelques minutes plus tôt – alors que la démone prend même le plaisir de remuer celui-ci d’une poignée de fer. Elle l’avait détruit – et à présent, elle s’assurait qu’on ne puisse pas le rebâtir.


_________________
     

narcissa ⊹ she will try to run to the ends of the world; let her go. it will take her years of feeling the earth beneath her feet, dark water lashing her face, blood under her fingernails, to realise that nothing is chasing her and that you have not followed. she will return and kiss you, triumphant, exultant, restless and her lips will feel like a thousand little knives pressing into your skin: the knowledge that she will not stay, she cannot stay, not even for you.
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