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 You were young, i was not old ; our story was never told

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MessageSujet: You were young, i was not old ; our story was never told   Dim 7 Aoû - 21:11

(Du Mumford and Sons pour toi, qui aimais bien si je ne me trompe pas! https://www.youtube.com/watch?v=-8P6U_80r7Y )

Presque sombre, presque nuit. Rhys allait rentrer, peut-être pas immédiatement, sans doute pas immédiatement. La discussion qu'ils avaient eu les jours précédents n'allait pas changer ses habitudes, et si elle les changeait, elle tendrait à repousser l'heure à laquelle il passerait le seuil de la porte. Louiza, elle, rentrée depuis quelques heures, n'arrivait plus à supporter ça. Ça, cette maison vide, ça, Allie enfermée en bas, ça, cette même routine qu'elle se traînait, routine qui était pourtant hors du commun. Elle ne savait pas où elle allait, elle avait l'impression de vivre dans une brume épaisse qui l'empêchait de voir au-delà des cinq minutes à venir. Et c'était étouffant. Et là, elle le ressentait comme jamais.
Elle n'avait pas envie de faire face à Rhys, pas ce soir encore. Alors elle se mit au volant de sa voiture, pour aller conduire seule, la fenêtre ouverte laissant souffler un agréable vent, dans lequel dansait ce parfum de la nuit, ces odeurs caractéristiques une fois le soleil couché, ce moment où le goudron n'était plus tapé par 40°C et se relâchait, où l'herbe frétillait de plaisir de retrouver une once de fraîcheur. Ce moment où tout semblait devenir plus calme dehors, et s'agiter à l'intérieur, les lumières dorées qui diffusaient des maisons, les fenêtres qui accueillaient ses ombres chinoises occupées. Et les routes se vidaient progressivement, laissant de longues rues vides dans lesquelles Louiza prenait plaisir à conduire sans but.
Elle finit par se diriger chez Elias, après avoir tergiversé pendant les vingt dernières minutes. C'était différent, maintenant qu'il était au courant. C'était terrifiant, car même si elle avait assuré à Rhys que leur secret ne risquait rien avec son frère, une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de douter et d'imaginer le pire. Mais en même temps, c'était un véritable soulagement. Elle n'avait plus à lui mentir et voir à quel point il la détestait pour toutes les décisions qu'elle prétendait avoir pris, et être obligée d'acquiescer silencieusement. Elle pouvait enfin arrêter de mentir.
Étonnement, une petite partie d'elle avait également envie d'en parler. Elle ne pouvait pas le faire avec Rhys, car ils avaient perdu la capacité de parler il y a quelques temps déjà. Ils n'étaient pas capable de parler, ils ne faisaient que s'engueuler la plupart du temps, et les rares fois où les décibels redescendaient un peu, il s'agissait des petites piques cyniques et blessantes qui puisaient leur force du calme avec lequel elles étaient dites.
Pourtant, Louiza n'était pas de ces personnes qui décidaient que discuter du problème était déjà une moitié de solution au problème. Elle pensait fermement que le problème ne se résolvait qu'avec une action, une vraie solution, et qu'un peu de bavardage n'en était pas une. Le cadre dans lequel elle avait grandi n'avait pas aidé : c'était ce cadre là qui posait problème, et en discuter avec des amis à elle était inenvisageable, car ils ne seraient pas aptes à comprendre, et surtout, cela impliquait d'expliquer le nombre de Nora qu'il y avait eu dans cette famille et la raison pour laquelle leur famille s'était étendue à trois enfants. Elias, d'autre part, n'était pas non plus une bonne oreille à qui elle souhaitait s'adresser à cette époque, parce que c'était Elias et sa grande-gueule, et sa désinvolture, devant lesquelles Louiza, Nora, ne souhaitait pas chouiner.

Mais Elias avait changé, et elle aussi. Assez changé pour se rendre chez lui lorsqu'elle voulait éviter de rentrer trop tôt chez elle, pour aller le voir en quête d'un semblant de réconfort.
Elle frappa à sa porte, un peu maladroite. Elle n'avait pas garé sa voiture devant chez lui depuis beaucoup trop longtemps, et n'avait pas appuyé sur cette sonnette depuis bien trop longtemps aussi. Elle avait presque coupé les ponts, pour éviter d'avoir à lui balancer de nouveaux mensonges excusant son absence/pourquoi elle ne l'avait pas mis au courant de l'enterrement d'Allie/pourquoi elle avait refusé toute aide de sa part/pourquoi.../pourquoi....
« Salut. Hum... Je passais dans le coin, et j'avais pas vraiment envie de rentrer chez moi tout de suite donc... Je me suis dit que je pourrais passer te voir. Est-ce que je te dérange ? » elle se sentait maladroite, comme une fille de seize ans qui essaie de se dégoter un rendez-vous au centre commercial du coin pour aller boire un smoothie pomme framboise avec le garçon mignon sur lequel elle avait flashé. Alors qu'il s'agissait de son frère, avec qui elle avait grandi, avec qui elle avait vécu pendant des années, et à qui elle parlait autrefois sans avoir besoin de se faire un brouillon des phrases à débiter auparavant. Mais elle était là, à trente-deux ans devant sa porte, comme un chaton qui se réfugie sous le porche sec d'une maison inconnue en espérant qu'on lui donnera croquettes et tendresse.
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MessageSujet: Re: You were young, i was not old ; our story was never told   Jeu 18 Aoû - 1:28

Échoué lamentablement au fond du canapé élimé, le stylo dans une main et la bouteille dans l’autre. Son regard dérive de la ligne qu’il est en train d’écrire à ce qui repose juste à côté des pages encore vierges. Le dos courbé et la détermination de plus en plus absente, le journaliste éprouve une difficulté monstrueuse à résoudre son dilemme pourtant si simple. Ses yeux passent d’un vice à l’autre. Il repose le récipient alors, se focalise sur sa tâche avec difficulté. Endormir sa conscience, tuer son esprit devient une nécessité à mesure que les mois s’empilent, que l’absence entasse les silences. Une survie par l’anesthésie. L’alcool et les médicaments ne résolvent rien, leur association met en péril ses projets, sa reconstruction. Ils anéantissent sa volonté, le propulsent toujours plus dans un chaos qui l’isole, le détruit davantage. Il ne sait déjà plus comment affronter l’heure suivante sans ses cachets et se maudit de noyer cette problématique dans la liqueur qui l’a conduit à cet état apathique. Le premier anniversaire qu’il passera seul, à remuer le passé entre ces murs. Techniquement le second depuis qu’il a perdu sa famille dans son entièreté. Mais l’an dernier, l’oubli a été aisé. De toute façon, comment célébrer une naissance qui n'a réjoui personne ? Le plus bel échec des Kaligaris, la plus belle erreur. Il n’a jamais su comment fêter sa venue au monde. Il laissait aux autres le soin d’en décider, n’attachait jamais vraiment d’importance à ces festivités. Et pourtant, à cet instant précis, il donnera tout ce qu’il possède pour revoir ses enfants passer le seuil du salon, leurs cadeaux dans les mains, des dessins maladroits, des constructions bancales. Des créations uniques cependant lui étant tout spécialement destinées. Ce sentiment de compter, d’être quelqu'un d'important pour ces gamins. Ils étaient tout ce qu’il avait. Mais il ne l’avait jamais réalisé ou ne prenait plus le temps de l’observer du moins.

Elias se laisse choir dans les coussins, abandonne la rédaction de son texte pour s’assoupir. Une autre façon d’annihiler ses pensées, le sommeil. Le moyen le moins nocif d’un point de vue organique, le seul valable donc. Morphée ne tarde pas à l’emporter - les nuits ont été trop courtes ces derniers jours. Les cauchemars s’étant additionnés pour rendre le damné craintif, pour lui faire détester le moment où il lui faut basculer, dénicher un semblant repos. Le réalisme des derniers rêves lui ont offert de quoi se tourmenter une fois la nuit passée. Toujours ces cris, toujours ce bruit de ferraille. Toujours cette douleur dans la poitrine. Ce ne sont pas les phares qui le réveillent cette fois-ci, pas les appels terrifiants de Bran ou les menaces de Carley mais le tintement de la sonnette. Il sursaute, se relève brutalement d’un bond et se cogne à la table basse dans la manœuvre. Sa mauvaise jambe heurte le mobilier, l’oblige à étouffer un gémissement. En clopinant, il rejoint la porte d’entrée, l’esprit encore engourdi, la fatigue pesant un peu plus sur ses épaules maintenant qu’il a débuté son ascension au royaume des songes. Aucune anticipation sur l’identité de son visiteur. Machinalement, les doigts s’orientent vers la poignée. Déconnecté de cette réalité, hagard, il délivre son antre sans plus d'émoi à l'inconnu. La compréhension survient tardivement, il fixe sa silhouette avec incrédulité. Sa paume se relève pour défroisser ses traits chiffonnés. En vain. « Nora ? » Une question qu’il adresse aux ombres, totalement rhétorique. Elle ne sert qu'un seul but, celui de connaître son état. Assoupi ou bien présent. De toute évidence, il ne s’agit pas d’un mirage. « Louiza. » se reprend-il le plus vite possible en réalisant son erreur.

Ses pulsations ralenties par la somnolence s’emballent immédiatement. Ses yeux traquent le vide l’entourant, la détaille plus voracement. Livide, il s’imagine plusieurs scénarios catastrophes. La plupart implique Rhys ou Allison. « Il s’est passé quelque chose de grave ? » L’interrogation lui échappe. Pas encore totalement tiré de sa torpeur, toujours peu conscient de son environnement proche. L’embarras talonne son anxiété, les paroles de sa sœur l’atteignent à retardement. Elles n’apaisent pas totalement la peur mais lui permettent au moins de ne pas sauter directement sur les conclusions. « Enfin je veux dire… Non, tu ne me déranges pas. Entre, entre. » Il s’efface pour lui laisser la liberté de pénétrer dans sa demeure sans cesser de l’observer pour déterminer la cause à son arrivée. Le rédacteur ne parvient même pas à se souvenir de la dernière fois où elle s’est tenue dans son hall comme ça. Perplexe et confus, il reste immobile, les bras ballant avant de retrouver un semblant de contenance. Sa jambe défectueuse lui fait un mal de chien et il sait pertinemment pourquoi. Le cœur remonte la gorge quand il se rappelle de l’état de son salon. Dans un spasme, il s’oriente vers la pièce qu’il a déserté quelques instants plus tôt, ramasse quelques cadavres de verre, quelques plaquettes de médicaments vides, tout ce qui témoignerait de ses addictions, il balance le tout dans la cuisine avant de revenir pour rassembler la paperasse concernant son journal devant lui. « Je suis désolé, je n’ai pas vraiment évolué depuis l’adolescence. J’entretiens toujours mon bordel. Une tare qui ne saurait s’évanouir avec l’âge, je le crains… Tu peux t’asseoir où tu veux. » se justifie-t-il avec empressement tout en indiquant les fauteuils restants. Après avoir planqué deux autres boites d'antidouleurs dans un tiroir, il se retourne vers elle, s’appuyant sur le buffet pour assurer une position stable malgré les lancements insupportables dans son membre imparfait, résultat de son accident de voiture. D’une voix troublée et sans savoir comment s’y prendre, le grec jette sa première question dans l’air sans réellement réfléchir au préalable. « Ca… Va ? » Il se mord l’intérieur de la joue en attendant sa réponse. Elle ne serait pas là si ça allait. Jamais Louiza n’avait eu envie de passer le voir. Ça ne lui était sans doute même jamais passé par la tête. Alors pourquoi maintenant ? La terreur le cloue à sa parcelle de plancher. Il ne peut s’agir que d’une urgence. Forcément.

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MessageSujet: Re: You were young, i was not old ; our story was never told   Ven 26 Aoû - 14:24


C'était encore ce prénom qui lui échappait, encore une fois. Elias semblait avoir du mal à s'y faire, ou alors refusait de faire l'effort de s'en souvenir. Ou simplement, n'avait-il jamais eu l'occasion de s'y faire puisque leurs rapports avaient été presque inexistants ces derniers temps.
Mais lorsque le nom de Nora se faufila en dehors de sa bouche, Louiza eut l'impression d'entendre le nom d'une autre personne – elle entendait le nom de sa défunte sœur, elle entendait le nom de cette jeune fille qui aurait pu être une femme fantastique selon les dires de ses chers parents. Elle n'entendait pas le sien, elle n'entendait plus le sien.
Ce qui suivit reflétait parfaitement l'état de leur relation. Ces premières paroles étaient comparables à des expressions spontanées, celles qui nous viennent sans réfléchir, avant de pouvoir prendre le contrôle sur nos traits. Nora + un potentiel événement grave ? Voilà à quoi se résumait leur relation fraternelle.
« Non, non, rien de grave, je voulais juste passer. » bredouilla-t-elle, un peu maladroite. Elle voyait bien qu'Elias n'était pas frais comme une jeune tulipe caressée par la rosée, et elle ignorait si elle pouvait se permettre de rentrer comme si de rien n'était ou s'il valait mieux s'excuser et s'en aller. Elle se sentait réellement mal à l'aise, et c'était triste à constater. Elle espérait mieux avec Elias, avec son frère.
Louiza finit par rentrer, toujours un peu gênée de sa venue spontanée. Cela faisait tellement lontemps, et pénétrer chez Elias lui donna l'impression de violer une part de son intimité – ou simplement de découvrir une part d'Elias. Sans doute pas la plus gaie ni la plus rangée, définitivement pas. Mais voir ce salon sombre s'éclairer d'un coup d'une lumière presque aveuglante pour leurs yeux qui s'étaient accoutumés à la noirceur, venait mettre en lumière quelques aspects du quotidien d'Elias. Elle ne savait pas quelle profondeur Elias avait atteint, elle ignorait l'avancée de son divorce tumultueux, et comment se portait son neuveu. Elle ignorait, non pas parce qu'elle s'en foutait éperdument, mais elle avait arrêté de vivre pour autre chose que son Allison. Et en tenant Elias hors du secret, elle était venue à négliger les épreuves qu'il avait à surmonter.

Elle enleva ses chaussures à l'entrée, et s'assit en taille comme une fille bien sage dans l'un des fauteuils restants. Machinalement, elle répondit « Oui, oui. » à sa question. Elle s'était presque empressée de répondre positivement, avant d'afficher une moue insatisfaite.
Non, ça n'allait pas. Ça avait arrêté d'aller il y avait bien longtemps. Mais elle s'était habituée à répondre, souriante, convaincante, afficher le masque de la personne que l'autre espérait voir. S'adapter comme un caméléon. Cependant, ce n'était pas cette multitude de masque qu'elle voulait montrer à Elias. Aussi étonnant que celui puisse être, elle voulait être sincère, elle avait désespérément besoin d'être sincère. « En fait, non. Enfin... Disons, ça ne va pas moins bien que d'habitude, mais... ça fait longtemps que ça ne va pas vraiment. »
Elle ne savait comment articuler ses phrases. Elle se demandait au fur et à mesure qu'elle prononçait des syllabes si le terme était bien choisi, si elle en disait assez, ou si elle en disait déjà beaucoup trop. Elle avait désespérément besoin de réconfort, et elle ignorait comment le demander. « C'est assez particulier et inattendu comme situation, et je t'avoue que je ne me sens pas vraiment à l'aise mais... A part Rhys et moi, t'es la seule personne à être au courant et... Je peux pas parler à Rhys, je peux pas, on n'arrive plus à parler, et... » Elle haussa des épaules et grimaça, avant de reprendre : « Je sais pas vraiment ce que j'espère, en fait. Je sais pas. »
C'était le discours décousu de celle qui n'avait jamais demandé de l'aide à son frère – rien de plus sérieux que d'attraper les cookies situés un peu trop haut pour sa petite taille de gamine de six ans.

Elle jeta encore une fois un coup d’œil autour d'elle, le salon était en piteux état, et même si Elias avait toujours été plus capable de joncher le sol et n'importe quelles surfaces qu'importe la hauteur à laquelle celles-ci se situaient, elle voyait bien que cela dépassait les chaussettes sales traînantes. « Et toi, comment tu vas ? »
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MessageSujet: Re: You were young, i was not old ; our story was never told   Jeu 1 Sep - 2:27

Le comportement bien trop posé et respectueux de sa benjamine le perturbe. A chaque fois qu’ils sont confrontés à l’espace personnel de l’autre, les évidences se déploient pour mieux meurtrir. Ce n’est pas qu’il apprécierait pour autant une relation fusionnelle. Ni même une complicité hors norme. Il aimerait que les choses soient simplement naturelles entre eux, comme dans les familles normales. Une norme à définir sans nul doute, des standards à copier de ces vieilles séries télévisées devant lesquelles il restait scotché quand il était encore môme. Aux modèles grappillés chez les autres, chez ces petits camarades qu’il enviait secrètement. Il a toujours appris à ne pas compter sur les liens du sang. Et ironiquement, il a choisi Rhys pour remplacer ce que la génétique n’a pu créer. A bien des égards, l’islandais revêtait à lui seul la conception manquante, manquée par ce foyer dysfonctionnel. Il a comblé pendant une multitude d’années, la carence affective. Elias l’a toujours considéré comme son frère bien plus qu’il ne s’avouait le lien fraternel partagé avec Nora. En épousant sa sœur, son ami d’enfance a mis un pied dans le portrait de famille que le damné cherchait tant à fuir. En voulant s’insérer dans le cadre, il a semblé vouloir unir deux mondes que le journaliste veillait si voracement à scinder. Autant que possible. C’était égoïste, leur éloignement. Favorisé par ce sentiment de trahison, les secrets que son meilleur ami avaient trop longtemps conservé. Pourquoi fallait-il toujours qu’on favorise Louiza ? Qu’elle ait absolument toute l’attention ? Il l’avait perdu à son profit. Une jalousie mal placée, un enchainement stupide qu’il avait regretté plusieurs fois mais qu’il ne se voyait jamais défaire. Trop de fierté. Et trop de rancœur s’étant accumulée ensuite. Trop de ratés, des mentalités qui grandissaient aux antipodes. Plus que des débris actuellement avec pour conséquence direct, un peu plus de distance entre lui et la brune venue pourtant aujourd’hui, ici. Avec rien d’autre qu’un besoin de dénicher une oreille. Trouver un frère. L’avait-il été une seule fois pour elle ? Sans doute pas. Une chance qu’il s’empresse donc de saisir sans savoir comment s’y prendre. Mais il apprendrait.  

Le salon se vide de tout bruissement, ne demeure que la voix un peu instable de son interlocutrice. Le regard du rédacteur se fait perçant tandis qu’il la détaille, qu’il reçoit son message avec une difficulté grandissante. L’écho de son malaise, de sa posture à sa façon d’aligner les mots au contenu réel de ses paroles. Il lui en coûte de faire preuve d’une telle franchise et il tente de ne pas rendre son effort vain. Patiemment, il attend le moment où la parole lui est permise, masquant comme il le peut, le trouble qu’elle a suscité. D’un revers de main, il balaie son interrogation. « Ca n’a pas d’importance pour le moment. » Il en a oublié jusqu’à ses problèmes, jusqu’à sa jambe qui tiraille. L’entendre délier la précarité de son mental a réarrangé chaque priorité. Il est toujours douloureux de constater que c’est lorsque les choses vous échappent que vous prenez la mesure de leur importance. Et le bien-être de Louiza lui semble soudainement vital. Bien entendu, il l’a toujours été. Précautionneusement, il prend place dans un fauteuil à proximité du sien, glisse ses paumes l’une contre l’autre pour chasser sa nervosité. « C’est à propos d’Allie donc ? » demande-t-il d’une voix qui se veut apaisante avant de réaliser son manque subtilité. « Pardon, je ne voulais pas être aussi brutal. Je suis juste un peu surpris par ta visite. C’est vrai que c’est particulier… Inédit même mais tu as bien fait de venir. Je sais qu’entre nous, les choses ne sont pas… Enfin tu sais bien… » Les épaules se relèvent, retombent. « Mais ça ne veut pas dire que tu es seule. » Ses prunelles se figent dans celles de son vis-à-vis quelques instants avant de se détourner. Il est risible de le voir emprunt de cette maladresse. Il aimerait pouvoir allonger le bras et saisir sa main. Il aimerait qu’ils soient ce genre de famille. Pour une fois.

Le trentenaire ignore comment initier la conversation. Comment faire en sorte qu’elle développe son mal être alors il improvise. Ses yeux se fixent sur Gustave, son labrador assoupi dans un coin de la pièce. Ça lui permet de mieux articuler ses pensées. « J’ai pas arrêté d’y repenser depuis l’autre jour. Je ne sais toujours pas comment tu arrives à vivre comme ça. Pour réussir à vivre avec ce secret. » Elle est forte, se répète-t-il. Il voudrait réussir à y croire. Et qu’elle en soit autant convaincue. « Rien que pour ta capacité à supporter la présence de Rhys, je suis épaté ceci dit. » Un léger sourire pour souligner cette absurdité. Il ne sait déjà pas comment la mettre à l’aise, comment la pousser dans la bonne direction. Comment jouer le rôle du confident. « Si tu as besoin de t’éloigner quelques temps de chez toi… Enfin, tu sais… Il y a trop de chambres inoccupées ici de toute façon. Et je... Je n’ai pas envie que ça te détruise totalement ce qu'il se passe en ce moment, pour toi. Avec … » La créature ? Les restes de ta fille ? « Elle. Et Rhys. Alors si tu as besoin d’un peu de recul à un moment ou l’autre... Ça serait normal après tout. »  Il repose son attention sur elle, l’encourage d’un rictus un peu triste à poursuivre la conversation. Tout plutôt que le silence. Tout plutôt que son départ.

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MessageSujet: Re: You were young, i was not old ; our story was never told   Dim 4 Sep - 16:17

C'était toujours à propos d'Allie.
On disait que le fait de devenir parent changeait une personne, et ce n'était pas faux. Allison était arrivée, véritable rayon de soleil dans la vie de Louiza. Tout semblait s'apaiser avec elle, tout semblait prendre sens. En tout cas, tout semblait avoir du sens désormais. Et c'est un discours affreusement cliché et dégoulinant, presque beaucoup trop beau. Peut-être était-ce une déformation, celle que chacun subit à la perte d'un proche. Cette tendance à exagérer les petits moments de bonheur et passer l'éponge sur les petites tensions.
Louiza n'avait jamais imaginé pouvoir aimé un enfant à ce point, aimer son enfant à ce point. Elle ne l'avait jamais connu, jamais connu ce qu'elle assimilait à de l'amour parental, ce qu'elle idéalisait en étant gamine. Elle jalousait ces séries télévisées pleines de douceur, d'acte généreux et de sacrifices dans l'unique but de rendre son enfant heureux. Elle jalousait ses amis qui semblaient avoir des petites familles saines et joyeuses. Elle espérait jour après jour avoir droit à une escapade qui ressemblerait à ce qu'elle s'imaginait ; et si elle attirait toute l'attention de ses parents, ce n'était pas ce type d'attention qu'elle voulait.
La naissance d'Allie avait bouleversé sa vision de la famille – elle savait que quelque chose clochait dans la sienne, et pouvait très clairement faire une liste de tous les vices qui avaient rongé le nom Kaligaris. Elle n'était pas dupe. Mais jusque là elle n'avait jamais goûté à la vie de famille dont elle avait toujours rêvé ; et pour être honnête, elle redoutait commettre les mêmes erreurs que ses parents.
Ironique... Lorsqu'elle souhaitait faire et être tout l'opposé du couple Kaligaris, elle se retrouvait à maintenir en vie le souvenir de sa vie, s'acharner à l'impossible et ne pas admettre la défaite.

Elle haussa les épaules une fois, et resta silencieuse quelques secondes. Elle aurait pu continuer à hausser des épaules éternellement, car c'était finalement la réponse à toutes les questions qu'on pouvait lui poser, la réponse à toutes les remarques qu'on pouvait lui faire. Elle ne connaissait pas la réponse, elle ne savait pas comment elle tenait, car elle ne tenait pas vraiment, elle ne savait pas pourquoi elle continuait car il semblerait qu'il soit trop tard de toute façon, elle ne savait pas ce qu'elle espérait car il n'y avait plus rien à espérer.

Gustave ouvrit les yeux dans son coin, remua les pattes et se releva lentement, sans doute réveillé en plein milieu d'un de ses doux rêves. Il se rapprocha d'Elias et Louiza, frotta son flanc contre les jambes de Louiza, s'aventura vers Elias avec des pas feutrés, faisant crisser le parquet sur quelques lattes sensibles. Louiza ne pouvait s'empêcher d'esquisser un sourire imbibé de tristesse. Elias avait cette petite vie rangée que certains décrivait avec dégoût. Une jolie épouse, de joyeux enfants. Une grande maison, une voiture familiale élégante, de la verdure avec un petit potager où cultiver ses propres betteraves, un beau labrador toujours prêt à jouer et remuant constamment la queue. Il avait ce décor parfait et voilà où il en était.

Elle esquissa de nouveau un léger sourire à la mention de Rhys. Elle voyait bien qu'il essayait de détendre un peu d'atmosphère. Pas nécessairement la meilleure des techniques, il fallait le reconnaître, mai elle voyait bien qu'il n'était pas plus à l'aise qu'elle.
« Merci... Mais ça ne sera pas nécessaire. Je préfère rester chez moi, c'est plus sûr. Et tu sais, Rhys, on s'y fait, disons qu'on arrive à s'ignorer entre les disputes et c'est presque reposant. » Elle avait dit ça sur le même ton d'Elias, un peu jovial, maladroitement léger. « Tu m'as toujours dit que c'était une connerie, Rhys et moi. Depuis le début, t'avais jamais approuvé l'idée. T'avais raison, j'aurais sans doute dû t'écouter... Ça nous aurait évité tout ce merdier là. Mais j'y croyais tellement, je pensais réellement qu'on était fait pour être ensemble. Je me sens bien conne à prononcer ces mots maintenant... Je pensais que l'énergie que tu mettais à me convaincre que je commettais une erreur était davantage de la mauvaise foi. Que tu m'en voulais, que tu n'avais jamais cessé de m'en vouloir pour être celle qui attirait toujours l'attention et d'être en plus désormais celle qui te... volait Rhys, en quelque sorte. Mais j'étais vraiment jalouse de toi, lorsqu'on était plus petits. Tu faisais ce que tu voulais, t'étais toujours fourré avec Rhys à faire les quatre cents coups pendant que j'étais obligée de faire mon piano, de faire mes devoirs, de lire mes livres supplémentaires... Et moi aussi je voulais avoir mon Rhys. » Elle baissa la tête. C'était la première fois depuis longtemps, la première fois depuis toujours à vrai dire.
« J'étais égoïste et naïve, j'aurais dû t'écouter depuis le début... Mais en même temps, je me déteste d'y penser, de l'admettre. Parce qu'on n'aurait pas eu Allison, et... On a vraiment été heureux à ce moment-là. » Quelques petites années dans un grand océan de décennies entachées par l'exigence, la déception et la trahison.
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MessageSujet: Re: You were young, i was not old ; our story was never told   Sam 17 Sep - 16:29

La désolation a élu domicile dans cette demeure. Un décor décomposé par l’absence et il est le premier à en entretenir le chaos. Vivre sous ce toit ne lui permet d’aller de l’avant. Le fait que Bran soit encore fixé à une machine, que Carley le traine dans un procès interminable pour la garde de sa fille, ne lui pourrait lui permettre d’avancer, de reconstruire quelque chose. Il ne sait pas s’il le souhaite au fond. Garder tout intact a ses avantages, prolonger le déni. Et sur ce point, ils se rejoignent. Elle qui ne peut se résoudre à la mort de sa fille. Lui qui ne peut accepter l’échec familial, son crime. Piégés dans une malédiction qui semble s’entretenir génération après génération chez les Kaligaris. On ne sait plus très bien pourquoi, ni comment ils sont sensés former une famille. Tout a toujours été voué à se démanteler. C’est pratiquement inscrit dans leurs gênes. Plus ils ont cherché à l’éviter et plus ils s'y sont précipités. En cela, il se sent plus proche d’elle que jamais. Mais à quel prix ? Le temps se suspend entre chaque phrase prononcée. La discussion s’alimente de regrets, de tout ce qui leur a échappé. De leur ignorance en ce qui concerne l’autre. Le grec se sent habité d’une mélancolie qui s’étend jusqu’à l’anxiété en ce qui la concerne. Lui, si habile pourtant dans l’art de communiquer avec autrui, se retrouve toujours atrocement démuni face à sa seule sœur. La seule qu’il ait jamais connu. La culpabilité se fait plus oppressante que jamais à cette pensée. A croire qu’il ne savait définitivement que gâcher ses chances avec sa fratrie. Le poids sur ses épaules l’oblige à courber l’échine quelques instants. Dans l’attente d’une réponse adverse, il est forcé de contenir son flot d’appréhensions et de confusion.

Le léger rictus qui a pointé, n’ôte pas la pression que la nervosité exerce sur son être entier. Pas plus que la réponse fournie. Il l’a anticipée bien entendu. Le malaise évident courant entre eux, ne saurait convaincre la brune d’accepter cette proposition, ni même de l’envisager. L’expression du damné se fige légèrement quand elle s’essaie à la légèreté. Il ne l’interrompt pas cependant, l’écoute même attentivement. Ses paroles bousculent quantité d’émotions, ramènent de vieux souvenirs et la somme de remords qu’il enfouit toujours plus ardemment à l’égard du milicien. Tant concentré sur les idées qu'elle a déployées, il n'a même pas remarqué la présence de son chien à ses pieds. Il sursaute presque quand sa truffe humide heurte une de ses mains. Durant une poignée de secondes, le rédacteur observe la bête, se permet de rassembler ses pensées. Avec humilité, il décide de faire preuve d’honnêteté. Devant la sincérité de sa benjamine, il lui semble plus que normal de procéder avec franchise, de délaisser pour une fois, son orgueil au profit des vérités qu'il déteste regarder en face. « Tu sais, je ne sais pas si j’avais vraiment raison. J’avais même sans doute tort à l’époque en fait. Tout ce que tu as pensé, c’était exact. J’ai dit tout ça parce que j’étais blessé que vous m’ayez caché tout ça. Vexé que Rhys ne m’ait pas jugé digne de confiance pour la confidence. Je lui en voulais de m’avoir écarté comme… Nos parents m’ont toujours évincé, oui. Je le considérais comme mon frère alors j’ai eu la sensation d’être trahi. Avec ma propre soeur en plus. Puis le fait que t’aies été mineure au moment où ça a débuté enfin ça a pas aidé je suppose. Mais j'étais un crétin, tout de même. » Ses aveux lui arrachent l'ébauche d'un sourire triste. Il réajuste sa position, se tient juste un peu plus droit.

Ses yeux traquent ceux de son interlocutrice et avec le plus de douceur possible, sa voix s'extirpe à nouveau pour apaiser les maux invisibles. « Ça ne sert à rien de regretter. Tu as suivi ce que tu ressentais, il n’y a aucun mal à ça. » Lui-même se le dit parfois pour Carley quand la colère le ronge jusqu'à la moelle. « J’ai réagi puérilement. Votre histoire avait sans doute du sens à ses débuts. J’ai juste refusé de le voir. Je le regrette aujourd’hui. Ça nous a encore plus éloigné toi et moi. Et j'ai écarté Rhys de ma vie...» Cette dernière confession lui consume beaucoup d'énergie, lui demande un réel contrôle sur ses intonations graves. Après s'être acharné à le diaboliser afin de justifier sa hargne antérieure, il lui est d'autant plus difficile de conscientiser le gâchis. Il hausse des épaules à la suite. « Enfin c’est comme ça. » La bouche sèche, il tend la main vers un verre à proximité. Réalise son manque de manières. Il se relève avec l'intention d'apporter quelque chose à boire à son invitée. Il s'éclipse sans un mot, revient très vite avec deux verres d'eau et un air désolé pour chambouler ses traits. Il n'a rien de plus à lui offrir.

Le récipient se pose sur la table basse face à elle tandis qu'il reprend place dans son siège en continuant la conversation amorcée plus tôt. « C’est juste ironique au fond. Qu’on se soit mutuellement enviés. Tu avais droit à toute l’attention des parents et je n'en voyais que les bons côtés. Tu sais, moi, j’aurais pu m’ouvrir les veines sous leurs yeux que ça ne leur aurait fait ni chaud, ni froid. J’avais l’impression d’être invisible, de ne pas exister. Si j’avais pas eu Rhys à l’époque… » Il hoche de la tête sans compléter sa pensée. Il n'en a pas la force. « Enfin peu importe. Nous avons tous changé de toute façon. Pour le meilleur et pour le pire. Mais ça ne sert à rien de revenir sur le passé au fond. Il faut plutôt se concentrer sur ce qu’il se passe maintenant, sur ce qu'il reste à faire. » Et maintenant, de toute façon, Rhys est devenu un étranger qui assassine froidement des rebelles, obéit aveuglement à des ordres stupides, trompe et rend malheureuse sa sœur. C'est plus simple de ne pas y ajouter de nuances. Le trouble se maintient sur son faciès quelques instants avant de s'évanouir au profit d'une anxiété manifeste. Il redresse la nuque et l'observe. « Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? »  Par rapport à lui, par rapport à Allie. Par rapport à ce mal être qu'elle traîne d'une pièce à l'autre sans jamais faillir.

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MessageSujet: Re: You were young, i was not old ; our story was never told   Dim 25 Sep - 18:58

Il avait raison : c'est comme ça. Il n'y avait pas de moyen de rembobiner la cassette, effacer les quelques morceaux ratés, les raccorder tant bien que mal. Il n'y avait pas moyen de remonter quelques décennies en arrière et prendre une route plus saine, remonter quelques 15 ou 10 ans pour revenir sur ses décisions, et choisir une meilleure voie, une meilleure issue. Il n'y avait pas cette possibilité d'effacer comme un vulgaire trait de crayon, gommer et souffler dessus pour dégager les quelques chiures restantes.
Il avait raison : ils étaient tous les deux devenus des personnes différentes, et ce n'était malheureusement pas suffisant, ni même un joyeux constat. La question de ce était à venir restait toujours dans les parages. C'était devenu un véritable jingle dans la tête de Louiza. Une de ces horribles musiques détestables mais affreusement entraînantes, qui vous colle pour des semaines entières et qui une fois que vous pensez en être débarrassé, revient à la charge. Ces publicités avaient toujours la même intonation, le même type de voix, qui venait répéter à Louiza : Alors, on fait quoi maintenant ? On fait quoi, quoi quoi ?
Et elle n'en savait rien. Il n'y avait pas de bonnes décisions, alors elle se contenta de hausser des épaules. Elle n'était pas agacée qu'Elias lui ait posé la question, elle n'avait pas la force d'être agacée ce soir-là. Elle aurait aimé lui donner une réponse, un semblant d'idée, qu'importe. Des pistes qu'elle aurait pu trouver ici et là, des rumeurs qu'elle aurait pu entendre, mais elle n'avait rien de tel. « Je sais pas. Je sais pas ce que je vais faire, je... C'est pas comme si je pouvais choisir, Elias. » Elle haussa de nouveau les épaules. « Je vais juste continuer à... » Les mots lui manquaient. Elle ne savait pas comment décrire cette situation, comment poser des mots et faire des phrases pouvant rendre compte de leur situation. Elle avait l'impression que le langage ne pouvait exprimer avec justesse ce qu'elle ressentait, ce qu'ils vivaient, ce bon merdier dans lequel ils s'étaient enfoncés.

« Je sais même pas si c'est une bonne chose, si ça a un sens, si... Parfois je me demande si je le fais pour elle ou si je le fais pour moi. »
Elle finissait souvent par conclure qu'elle le faisait pour Allison, elle essayait de se convaincre qu'elle le faisait pour sauver la vie de sa fille – et niait en bloc cette petite voix qui lui intimait qu'elle n'était qu'une sale égoïste. Garder Allison en vie et la maintenir prisonnière dans sa propre maison, c'était aller à l'encontre de toutes les valeurs et toutes ses espérances de jeunesse. Elle avait balayé les principes d'éthique et de dignité au moment même où elle avait décidé de garder Allie en vie. Elle avait échoué en tant que médecin et en tant que mère, car l'acharnement dont elle faisait preuve n'avait rien à voir, ni avec la médecine ni avec l'amour maternel.
« Dans tous les cas, ça ne change rien, on va continuer. Mais, je crois que Rhys n'y croit plus trop. Il m'a dit que c'était trop tard, que même si par miracle on trouvait une solution, ça ne servirait à rien parce que c'était foutu pour Allie. Parce que ça fait trop longtemps, et qu'elle a très certainement des séquelles irréversibles. » Une part d'elle refusait d'y croire, car ce que sa fille était devenue n'était comparable à rien qu'elle ait jamais connu. Le monde perdait pied avec le sens des réalités qu'on lui avait inculqué. Ce qui relevait de la fantaisie et de la science-fiction était malheureusement des épreuves quotidiennes désormais, et si la lecture de ces histoires folles faisait voyager certains, il fallait reconnaître que vivre dans un monde pareil n'était pas une partie de plaisir.
L'autre part ne pouvait que comprendre le discours de Rhys.

Elle lui adressa un sourire forcé, car elle se sentait encore obligée d'être polie, d'être présentable, d'être respectable. D'être tout ce qu'elle n'était en réalité plus. Une fois que le silence revenait peser dans le salon, elle avait l'impression qu'Elias et elle étaient comme deux ombres éloignées, deux inconnus un peu gênés, deux inconnus qui n'en étaient pas vraiment. Dès qu'elle s'arrêtait de parler un peu, elle relevait ses boucliers, ou plutôt sa cape d'invisibilité. « Et toi, alors ? J'ai pas encore pris le temps de faire la lettre que tu m'avais demandée, mais je le fais dès que possible. Est-ce que tu as eu des nouvelles de ton avocat, est-ce que... Comment ça se passe ? » Chaque question était un supplice. A entendre, à poser. Ils étaient loin des retrouvailles classiques et décontractées, où on balançait au premier venu un ''quoi de neuf ?'', sans vraiment poser la question, sans vraiment écouter la réponse. Ici, Louiza avait l'impression que tous les mots devenaient tranchants dans cette obscurité. Elle ne savait pas comment poser ses questions, car évoquer le nom de Carley semblait sensible, car évoquer ses enfants était sensible, car tout l'était.
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MessageSujet: Re: You were young, i was not old ; our story was never told   Jeu 6 Oct - 2:10

L’interrogation naturelle, la réponse ardue. Une énigme sans doute que sa sœur ne saurait résoudre dans les quelques minutes à venir. Lui-même ne pourrait répondre à cette question. Il s’évertuerait à l'esquiver, à balancer des sons pour combler le vide sans apporter la moindre substance pourtant. Tous deux sont en équilibre, les pieds au bord des limites et attendent que quelqu’un, quelque chose les bouscule sans doute. Les yeux fermés, les mains tendues, une partie de colin-maillard où le vertige ne passe jamais tout à fait. Une situation qu’ils prolongent sciemment depuis plus d’un an maintenant. Les yeux fixés sur la brune, les mains empressées de se joindre nerveusement autour du récipient pour occuper l’espace vacant, il brode de nouveaux regrets à son regard empreint d’une prudence qui lui ressemble peu. Il ne peut s’empêcher de se sentir fautif, de se voir comme le premier responsable de cette distance, de la difficulté qu’ils éprouvent à formuler des sentiments simples à une personne sensée être proche par le sang, par la mémoire. Alors qu’elle lui délie sa vérité avec sincérité, il se noie dans plus d’appréhensions. Un rôle qu’il n’a jamais assumé, qui lui colle très mal à la peau finalement. Celui du grand frère qui se doit de guider sa benjamine. Comment pourrait-il éclairer son chemin alors qu’il est un échec sur toute la ligne ? Son estime meurtrie le poursuit durant l’écoute attentive qu’il prête à son interlocutrice. Négligemment, sa main se perd dans le pelage du labrador assit à ses pieds. L’envie de lui donner son avis franc et sans filtre se fait oppressante à mesure qu’elle aligne ses idées. Mais il se fait violence, attend à la première pause acceptable pour s’approprier l’air, se laissant le temps également de peser ses mots avec le plus tact possible.

La phrase inachevée de la doctoresse révèle toute l’ampleur de son impuissance. Il ne la commente pas, comprend très bien qu’elle continuera de foncer dans les murs tant qu’elle pense pouvoir briser la brique. Du ton le plus posé qu’il puisse dénicher, le journaliste abolit son mutisme. « Je pense qu’on est prêt à beaucoup de sacrifices quand on est confronté au désespoir. Je pense qu’on se convainc de prendre les bonnes décisions. Je pense aussi qu’il n’y a aucune. Que tu le fasses pour elle ou pour toi. Au final, ça n’est pas ça qui est essentiel. » Sa voix faiblit, ses épaules s’affaissent légèrement alors qu’il se penche un peu dans sa direction. Les scènes d’horreur n’ont eu de cesse de se répéter dans son esprit depuis qu’il sait ce que Rhys et Nora planquent dans leur garage. « Je sais qu’à tes yeux, elle reste ta fille mais dans cet état, elle est réellement dangereuse, voir... Contagieuse. Tu… Tu feras attention ? Je veux dire. Je sais ce que ça… Enfin que ces créa… Enfin peu importe. Fais gaffe. » Sa maladresse le désarçonne. Son aisance habituelle pour les conversations en tout genre semble toujours remise en cause à proximité de Louiza. Il se sent incroyablement stupide dans les longues secondes qui escortent leur silence respectif. Le grec ne relève pas non plus ce qu’elle lui confie sur le père de l’enfant, sur ses doutes. Il les partage entièrement mais n’est pas en position d’annoter cette tragédie d’un énième jugement ou de lui donner son propre ressenti sur la question. Alors il se tait. Boit une nouvelle gorgée de son breuvage pour faire bonne mesure avant de simplement lui demander « Tu sais si d'autres études sur le sujet ont déjà été menées ? » tout en soupesant les chances qu'une autre personne se soit lancée dans de telles recherches.

Dès qu'il s'agit d'affronter à son tour un interrogatoire, la pression s'accentue à tout niveau. Un léger sourire accueille les questions de son vis-à-vis. « Ce n’est pas grave pour la lettre. » Il doute qu’elle sauve les meubles. Au fond, le damné commence à ne plus entrevoir de réelle issue possible à ce procès interminable. « Il n’y a pas grand-chose à dire. La procédure suit son cours. » Sa réaction se calque sur celle de la jeune femme. Nonchalamment, il hausse des épaules. Ce qui ne signifie rien mais comble les espaces laissés entre chaque point. « Mon avocate ne cesse de me rappeler que c’est perdu d’avance. Ce qui est sans doute vrai mais ça ne m’empêchera pas de continuer. » Ses traits jusqu’alors relativement neutres, se durcissent abruptement. « Les médecins sont pessimistes pour Bran. Enfin, on sait que… Qu’il ne se réveillera jamais mais... » Cet aveu concrétise ce qu’il s’empresse toujours de fuir à toute vitesse alors il ne parvient même pas à achever sa pensée. A son tour. Des phrases en suspens. Des existences incomplètes. Un soupir lui échappe, sa main glisse contre sa barbe. L’embarras s’empare à nouveau de son être, lui qui est si peu habitué à divulguer ses faiblesses à celle qui lui fait face. « On se raccroche à ce qu’on peut, hein. » affirme-t-il en laissant une grimace déformer ses lèvres légèrement crispées. « C’est ça au final qui compte… » Trouver un moteur, une cause, quelque chose qui permette de continuer. Elias est convaincu que sa sœur l’a trouvé en sa fille, un sauvetage sans doute inutile mais essentiel pour sa survie à l’instant. Il espère juste qu’elle trouvera davantage de raisons de vivre que celle-là. « Et le boulot ? Tu... Enfin tu continues de bosser à l'hôpital ? » Sujet plus léger, thème qui lui permettra peut-être de taire son anxiété. Si elle pouvait être passionnée par son métier, ce serait une maigre consolation. Un faible espoir pour la suite.

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