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 parfois les miracles vont par deux (noliam -22)

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MessageSujet: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Lun 8 Aoû - 1:45

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



« LIAM, LIAM ! ATTRAPE ! » Je lui balance le ballon de l’autre côté du jardin pour attirer son attention mais peine perdu, il est trop intéressé par sa conversation avec Maman pour esquiver la balle. J’éclate de rire devant sa tête ahuri lorsqu’il se la prend dans la tête, avant de courir dans sa direction pour lui sauter dessus et lui faire un câlin dans un « BASTOOOON ! » énergique. Liam, c’est mon frère, c’est même mon frère jumeau et on se ressemble tellement que nos parents nous confondraient la plupart du temps si je n’étais pas le plus dynamique des deux, le plus désobéissant, le plus survolté et surtout le plus fragile. Et fragile, d’ailleurs… j’essaye de plaquer Liam à terre lorsqu’un vertige me prend, la nausée arrive et s’interpose entre moi et le jeu de la manière la plus vicieuse possible. Je me recroqueville sur place et déjà Maman est sur moi pour me tenir par les épaules. « Nolan !? Nolan, mon chaton, ça va ? » Non, ça ne va pas, ça ne va pas du tout parce qu’elle sait comme moi ce qu’il se passe et que ce n’est pas drôle, pas drôle du tout, parce que je jouais avec Liam et que c’est trop, bien trop injuste que ça m’arrive comme ça, maintenant, alors que ça faisait des mois que ça allait mieux et que… je secoue la tête de dénégation, des larmes plein les yeux. « Liam, va chercher ton père, tout de suite ! » Je m’effondre dans les bras de ma mère, tout tremblant, nausée, des vertiges faisant flageoler mes jambes.

Dans la vie, il y a des trucs chouettes, des trucs mégas chouettes, des trucs craignos et des trucs ultras craignos. Par exemple, fêter son anniversaire, c’est méga chouette. Se battre dans la boue avec son frère et se faire gronder par ses parents, c’est méga chouette, même si la punition qui en suit, comme par exemple laver tout le salon parce que la boue est un peu partout, c’est craignos. Avoir une bonne note à l’école, c’est chouette, et faire un câlin à Magalie, son amie de CM2, c’est chouette aussi, et aller au restaurant avec son papa pour fêter ses dix ans, c’est chouette encore. Mais se réveiller à l’hôpital après s’être évanoui la veille, ça… ça ça rentre vraiment dans les trucs ultras craignos de la vie et pourtant, j’y suis habitué. Presque.

Je déteste ce genre de réveil. Ca commence par la bouche pâteuse, la lumière trop forte. Puis il y a la gêne, ces perfusions dans mon corps, le ronronnement de la machine à côté de moi qui filtre mon sang, l’essoufflement. Et un peu de douleur, beaucoup de fatigue. Je déteste ce genre de réveil, mais je déteste encore plus le lendemain. Quand je me réveille une nouvelle fois dans mon lit d’hôpital mais que mes parents ne sont pas là, parce qu’ils sont inévitablement en train de discuter avec les médecins pour faire un point sur l’avancée de ma maladie. Et le pire, en plus, c’est que je ne peux pas m’installer comme je veux, parce qu’il y a tous ces tuyaux, parce que je me sens perdu dans ce grand lit, parce que je n’arrive pas à me redresser comme je veux. Et que je suis fatigué. Si fatigué que c’est vraiment, mais vraiment trop injuste. Mais… mais parfois, mon réveil a quand même quelques trucs assez chouettes. Comme là, lorsque je me retourne comme je peux dans mon lit, et que j’aperçois un Liam qui est en train de lire un gros livre, parce que Liam il lit beaucoup. Beaucoup plus que moi. Et qu’en plus, je sens sous mon oreiller mon pingouin en peluche. J’imagine que comme d’habitude, c’est Liam qui a pensé à le prendre dans ma chambre, parce que moi j’y pense jamais et que mes parents ils y pensent jamais non plus mais que je veux avoir Bidou avec moi. Même si j’ai dix ans et que je suis supposé être un grand garçon, Bidou a quand même quelque chose de sacrément rassurant. Mon poignet me gratte, là où est fait le raccordement avec la grosse machine. Ca a quelque chose d’effrayant de voir tout mon avant-bras enveloppé de bandage, avec des tuyaux rouge sang, et la légère douleur qui est constante. J’aime pas. « Liam ? Tu dors ? » Bien sûr que non, qu’il ne dort pas. Mais je veux juste qu’il sache que je suis réveillé. « Je dors depuis combien de temps ? Tu vas bien ? T’as eu peur ? Je peux avoir à boire ? » J’imagine que lui, il va bien. Mais… « Ils ont commencé la dialyse y’a longtemps ? Papa et Maman sont où ? » Mes questions rituelles, j’imagine. Pour savoir où j’en suis dans les quatre, cinq heures d’opération, pour savoir si ça s’est aggravé, pour savoir ce qu’il se passe, en général.


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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Lun 8 Aoû - 1:52



Parfois, les miracles vont par deux

 
S.T.A.Y.


Des rires. Des rires fins et lents. Des rires d'enfants, tout simplement. On joue, on oublie. Il n'y a que nous et le monde n'a plus d'importance. De toutes façons, rien n'a plus d'importance que nous. Je ne suis pas près de toi, mais je te ressens, je sais que tu veux jouer. Je sais que tu veux qu'on continue à s'amuser. Mais maman me parle, maman m'explique que je dois arrêter de faire comme si de rien n'était. « Tu comprends, Liam, Nolan est malade. » Qu'elle me dit et me répète. Et moi je rétorque que je m'en fiche, que c'est pas ce qui te définit. Que t'es pas une pauvre maladie et que t'es plus fort que ça. Que j'arrêterai pas nos vies pour ça. Mais maman baisse les yeux, elle en a marre  que j'écoute pas. Et le coup derrière m'arrive brusquement, parce que je me suis déconnecté de toi. Inconsciemment, je ne veux pas que tu ressentes la colère qui monte en moi. Je ne veux pas que tu subisses ça. Réflexe incontrôlé, je me retourne et te fixe avec la main sur l'impact et un regard vengeur. J'ai oublié la conversation. Parce que t'es là. T'es en vie et t'es toi.

Je ne te retiens pas alors que tu m'arrives en plein dessus. Je ris à nouveau, je laisse le reste. Je m'en fous. Il faut qu'on rit. On est des enfants, on a pas à penser à tout ça. On a pas à voir tout ça. T'as pas à être malade comme ça. Je m'apprête à recevoir ton coup, te laisser gagner, le sourire en coin et prêt à manger l'herbe, mais ton regard change. Je le vois Nolan, ton regard, et tu t'arrêtes. Je me fige et t'observe, je ressens ta douleur sans même la comprendre, ma gorge se noue alors que maman intervient à nouveau entre nous. T'allais mieux. T'allais mieux Nolan, j'y croyais. J'ai juré à maman quelques minutes avant que c'était fini tout ça, et pourtant, t'es bien là, recroquevillé en face de moi. Je me perds devant toi, je brûle intérieurement. J'ai mal, tellement mal de ne pas pouvoir jouer avec toi. Maman m'interpelle alors que nos larmes sont elles aussi jumelles. J'acquiesce et m'éloigne de toi, le cœur brisé de tes pleurs. Le cœur brisé de tes peurs.

Le temps passe lentement, horriblement lentement. Tu n'es plus là. Nous ne sommes plus deux, il n'y a que moi. « Attends maman, il faut prendre Bidou. Nolan voudra Bidou. » Je renifle, j'ai les yeux rouges et des livres sous le bras. Maman me sourit, de ce sourire que je déteste, celui qui montre que tu vas pas bien. Ils ont tenté de me ramener à la maison, de me mettre hors de ta chambre. Personne n'a réussi, il est hors de question que je sois loin de toi. Si j'avais pu, j'aurais eu les mêmes trous que toi, juste pour pas que t'aies mal tout seul. Juste pour qu'on soit encore ensemble. Une couverture sur les genoux, je lis depuis des heures, les livres s'empilent à côté de moi et toi tu dors. Je te regarde parfois, et je me demande si tu rêves. Je me demande de quoi tu rêves. Peut-être de Magalie, même si tu prétends qu'elle n'est que ton amie. Parfois je referme le livre, et je regarde dehors. Le temps s'est arrêté parce que tu n'es plus avec moi. Le temps s'arrête toujours quand t'es plus là. Et puis je me replonge dans mon livre, et je m'enferme dans ce monde dans lequel tu n'es qu'endormi, dans lequel rien de tout ça n'est grave. Dans lequel j'ai raison, et maman a tort. Dans lequel ils ont tous tort.

Notre monde à nous.

Et ta voix, si fatiguée s'échappe de tes lèvres. Je sens mon cœur se serrer, parce que tu es de retour avec moi. Je tourne les yeux sur toi, vidé de toute tristesse ou peur, juste plein de bonheur. Parce qu'il n'y a pas de monstre, pas de maladie entre nous. Je n'ai pas peur pour toi devant toi. Je ne pleure pas pour toi devant toi. Parce que tu vas bien. Parce qu'on va bien. C'est tout. C'est comme ça. Je referme le livre et passe lentement mes doigts sur la reliure avant de me lever pour t'attraper un verre d'eau. Je n'appelle pas les médecins. C'est notre moment. Et puis je sais m'occuper de toi. C'est sans doute pour ça qu'on m'a laissé seul dans cette pièce avec toi. Je verse l'eau dans le verre, attrape une paille de ta couleur préférée, une de la mienne et m'avance à tes côtés.

Tu poses les mêmes questions qu'avant, sur le même ton. De la même voix. Je les connais. On les comprend. On devrait pas mais on sait tout ça. « Tiens, bois pas trop vite, ça pourrait te donner mal à la tête. » Tu le sais pertinemment, mais je le répète moi aussi. « Ils ont commencé il y a quatre heures, mais on est ici depuis longtemps. Enfin je sais pas trop en fait. » Je me gratte le front et m'assoie sur le bord de ton lit, les pieds croisés, miroir parfait, sans aucun bandage sur les bras, sans maladie à l'intérieur de moi.

« Papa et maman sont partis voir des trucs avec les docteurs. » Je marque une pause en buvant dans ma paille, du verre que je tiens pour nous deux, avancé vers toi en équilibre pour te faire faire le moins d'effort possible. « Ils t'ont fait des nouveaux tests, mais ils veulent pas me dire. De toutes façons, ils veulent jamais rien me dire. » Je détourne les yeux, je suis en colère. En colère que ce soit toi dans ce lit, et pas moi. Parce que tu mérites pas ça. Pas toi. « Mais tu vas aller bien, je le sais. » Je souris et m'installe en enfonçant un peu plus mon derrière dans le lit avant de te parler, comme si de rien n'était.

« T'as fait des jolis rêves ? Magalie te faisait des mamours ? », instinctivement, je pose mon bras sur les bandages, comme pour drainer la douleur. « Si tu veux que je change les bandages, tu me le dis. J'ai déjà tout piqué dans la nuit. » Je souris, j'aime savoir ce qu'ils t'ont fait, j'aime faire les bandages comme ils ne te font pas mal, ou le moins possible. « Tu veux qu'on fasse quoi ? »

Pas de médecin. Juste nous. Les options sont limitées, mon état de fatigue et ton état physique ne nous permettent pas grand chose, mais on a l'habitude, et on est pas malheureux. Parce qu'on est tous les deux. « J'ai des cartes, des jeux, et des tours de magie à t'apprendre si tu veux. » Je souris toujours, du fond du cœur. Du fond de l'âme. Parce que t'es en vie. Parce que t'es réveillé. Que cette paille que je tiens à nouveau entre mes dents, que ce lien, personne, jamais, l'enlèvera. Et que de toutes façons, t'iras bien.

_________________

SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Lun 12 Sep - 4:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Sam 20 Aoû - 15:30

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



Maman dit toujours que lorsque je regarde quelqu'un, je donne l'impression d'être totalement étonné et subjugué parce qu'il raconte, et tout ça juste parce qu'en général, j'ouvre grand les yeux et je fixe l'autre presque sans ciller. Et que même, parfois, j'ai la bouche ouverte, à gober des mouches. Mais moi je dis que c'est pas de ma faute si je suis attentif et si la personne elle dit des trucs intéressants. Et bien là, même si j'ai mal à la tête, un peu, même si j'ai du mal à ouvrir grand les yeux, même si j'ai un peu de mal à me relever et à m'asseoir, je regarde mon frère avec de grands yeux tout en le noyant sous mes questions habituelles et timides. Est ce qu'il a eu peur ? C'est la plus importante. Je ne veux pas lui faire peur, non, mais moi j'ai eu peur, et je veux savoir si lui, c'est pareil, et s'il m'en veut. Parce que je ne supporterais pas que Liam, il m'en veuille. Parce que c'est mon frère et que je veux le protéger et prendre soin de lui, parce que c'est important qu'il n'ait pas peur, parce que j'ai peur, moi, parfois, d'attirer tellement l'attention sur moi que mes parents, et bien ils ne voient plus Liam. Alors que Liam, c'est le meilleur, Liam, il est génial, Liam, il est presque mieux que moi. En plus, il est intelligent. Et il lit un livre. Même si ça, quand même, je sais faire moi aussi.

J'attrape le verre avec précaution, de ma main libre, tout en regardant avec un grand sourire la paille jaune qui y est plantée. Ma couleur préférée. « Tiens, bois pas trop vite, ça pourrait te donner mal à la tête. » Je le sais bien, il me le dit à chaque fois, on me le dit à chaque fois, mais ce n'est pas pour autant que je n'acquiesce pas avec sérieux. Papa et Maman, ils disent tout le temps que Liam me rend plus sérieux. Je sais pas si c'est vrai, mais dans tous les cas… on s'en fiche de ce que les grands pensent. L'important, c'est ce que je pense moi, et ce qu'il pense lui, et qu'il soit là à mon réveil pour que je ne sois pas tout seul. « D'accord » je le rassure. J'avais une gorgée, les yeux plissés sous la concentration que me demande la déglutition. « Ils ont commencé il y a quatre heures, mais on est ici depuis longtemps. Enfin je sais pas trop en fait. » Je fronce les sourcils avant de me gratter le front, en miroir de mon frère qui s'installe juste devant moi. Quatre heures ? Mes lèvres s'arrondissent dans un oh étonné. « J'ai beaucoup dormi alors, cette fois. » Oui, vraiment beaucoup.
« Papa et maman sont partis voir des trucs avec les docteurs. Ils t'ont fait des nouveaux tests, mais ils veulent pas me dire. De toutes façons, ils veulent jamais rien me dire. » Cette fois, c'est dans une moue soucieuse que se tord ma bouche. « Ils sont trop nuls. » je rajoute, juste pour faire comprendre à Liam que je prends son parti, et que je le soutiens, et que s'ils ne veulent jamais rien lui dire, c'est parce qu'ils sont trop méchants avant lui. « Mais tu vas aller bien, je le sais. » Il sourit, alors je souris tout en grattouillant mes bandages même je sais que je n'ai pas le droit parce qu'il faut que je les laisse tranquille. « Bien sûr que je vais aller bien. » Là-dessus aussi, mes parents ils ont à dire. Parce qu'ils me disent que je dois être plus sérieux, faire plus attention, être plus prudent, et que ma maladie, elle est grave, et qu'il ne faut pas que je l'oublie. Mais c'est fatiguant de toujours faire attention. Alors moi je dis que ça va aller mieux, et je mets tout ça dans un coin de mon esprit. Comme maintenant. Je bois une gorgée d'eau, en regardant Liam dans les yeux pendant qu'il se réinstalle. J'aime bien ces moments, ces moments à nous, où mes parents et les médecins nous laissent ensemble.

« T'as fait des jolis rêves ? Magalie te faisait des mamours ? » Mais j'aime moins quand Liam, il aborde ce sujet. « Maiiiiiiiis ! C'est trop pas vrai, d'abord ! J'ai même pas rêvé de Magalie ! Et Magalie, c'est une fille, et les filles, c'est trop relou ! » Même si Magalie, c'est quand même une super copine, ça, c'est vrai. « Si tu veux que je change les bandages, tu me le dis. J'ai déjà tout piqué dans la nuit. Tu veux qu'on fasse quoi ? » Je rétracte mon bras dans un geste de protection. J'hésite un peu. Changer mon bandage, ça peut être marrant mais… « Les médecins, ils veulent pas que tu les changes quand ils sont pas là, Liam, tu risquerais de te faire gronder. Et puis, c'est pas si gênant. T'as apporté des trucs pour jouer ? » La dernière fois, j'avais réclamé un ballon mais je me suis fait crier dessus parce que je n'ai pas le droit de vraiment me lever tant que la dialyse est en cours. Déjà qu'être assis, je crois que ça va pas leur plaire… mais c'est tellement mieux que d'être allongé.

« J'ai des cartes, des jeux, et des tours de magie à t'apprendre si tu veux. » Aussitôt, j'ai les yeux qui s'illuminent, parce que j'aime trop les tours de magie. Et que Liam le sait. Parce que Liam sait tout. « Oh oui, oui, trop, je veux ! Tu peux me refaire celui du roi, qui apparaît dans ta main, là, et BAM, qui est derrière mon oreille, et tout, j'ai toujours pas compris ! » Je pourrais presque en sautiller sur place, ou en taper dans mes mains pour applaudir, si je n'étais pas ficelé comme ça. « Et sinon, on peut faire le jeu du à quoi tu penses ? » Bon, ce jeu, en général, il est drôle cinq minutes mais pas plus parce qu'on arrive toujours trop vite à savoir ce que l'autre à en tête, autant lui que moi. Par exemple, là, je sais qu'il sait que je pense déjà à un éléphant. Parce que j'adore les éléphants. Et quand je pense pas à un éléphant, je pense à un pingouin, parce que je cherche autour de moi de l'inspiration et que je tombe sur Bidou. « T'as dormi un peu, cette fois ? Et Papa et Maman, ils avaient l'air comment lorsqu'ils ont discuté avec le médecin ? Tu sais si Frank est là ? Et Pansy ? » Avec Liam, les trois fois précédentes, on a essayé d'apprendre les noms du personnel soignant, parce que c'est plus simple de dire Frank que de parler du gros qui pue avec des auréoles sous les bras mais qui est gentil parce qu'il donne des sucettes, ou encore Pansy à la place de celle avec les dents bizarres.


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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Ven 2 Sep - 3:16



Parfois, les miracles vont par deux

 


Nolan, il pense toujours trop à moi. Il pense toujours des choses qui ne me viennent pas à l'esprit. Souvent, les gens disent que j'ai l'air plus intelligent que lui. Tout ça parce que je me balade avec des livres dans les mains ou parce que j'écoute tout ce que tout le monde me dit. Mais moi je pense que c'est pas vrai. Nolan il voit le monde comme moi je le vois pas. Il m'apprend des choses que personne ne voit. Il est bien plus intelligent que tout le monde le croit. Mais je le dis pas trop, je le garde pour moi, pour nous. Parce que Nolan il aime pas qu'on l'embête et tout le monde lui prend déjà la tête avec sa maladie. Alors c'est un peu notre secret, parmi les milles autres aussi.

Et lorsque tu me dis que je me ferai gronder, je hausse les épaules et je ne réponds pas tout de suite. On change de sujet, on parle d'autre chose, de te divertir. Comme d'habitude, tu veux jouer. Je repose le verre d'eau sur la table de nuit avec précaution et je me lève pour attraper mon sac à dos qui est juste à côté. Doucement, je m'assoie à nouveau sur le lit, restant le parfait miroir de mon jumeau et veillant à ne surtout pas te faire mal. J'ouvre les fermetures du sac et je regarde à l'intérieur. Quand on est partis de la maison, j'ai mis tout dedans sans trop réfléchir, alors c'est un peu le bazar. Et j'aime pas trop ça, je préfère quand tout est à sa place et organisé. Alors je me concentre et commence à sortir les choses en les plaçant avec précaution devant nous. Mes petites pupilles brunes se posent sur chaque objet que j'aligne et je me mordille la lèvre alors que je passe trop de temps à me focaliser sur des bêtises. Finalement, alors que j'ai presque fini, je relève les yeux vers mon frère et je te dis avec un sourire tendre.

« On peut pas faire le jeu du à quoi tu penses, parce qu'on sait toujours à quoi on pense. », je marque une pause le temps de laisser le sac retomber aux pieds du lit, tirant la langue en me penchant dans un équilibre maîtrisé pour que ça ne fasse pas trop de bruit avant de reprendre. « Là, tu penses à un éléphant. » Je souris, repose mes yeux sur toi. On ne peut pas jouer à ce jeu, parce qu'on se connaît trop, il n'empêche que sortir ça comme ça, une fois de temps en temps, ça reste marrant. Je me recule pour m'appuyer sur le bords du lit et resserre mes jambes contre moi, les divers jeux posés entre nous. Pour écouter ce que tu as dit plus tôt, j'attrape les cartes et les mets en place dans mes mains pour te faire le tour à nouveau. Puis je réalise que je n'ai pas répondu à ta question.

Je mets toujours du temps à répondre à tes questions quand elles sont sérieuses. C'est pas que je veux chercher mes mots, parce que je suis toujours honnête avec toi, c'est juste qu'être ici, ça me fait mal à moi aussi. Et c'est un peu dur parfois. Mais ça, je ne le dis pas à haute voix. Parce qu'on a pas besoin de ça, ni toi ni moi. Alors, les cartes qui se baladent entre mes doigts je finis par te dire d'une petite voix en haussant les épaules. « J'ai pas trop dormi non, mais c'est pas grave. J'ai lu, c'était bien aussi. Et puis, j'pouvais veiller sur toi. » Je suis incapable de dormir tant que je ne suis pas sûr que tu vas bien. Pas par les mots des médecins, mais par mon propre ressenti, par ce qui se trame tout au fond de moi. Et ça, je veux pas que ça change, même si mes yeux me piquent un peu.

Déposant les cartes devant nous, préparant le tour tout en continuant à parler, j'ajoute un peu plus sûr, gigotant légèrement malgré tout. « Ils avaient l'air inquiets, parce qu'ils disent que t'étais sensé aller mieux tu sais. » Je déteste dire des choses comme ça, mais je déteste encore plus te mentir. Alors je le dis quand même, même si ma bouche forme une moue un peu triste. Mais je me reprends rapidement, et je réfléchis un instant avant de reprendre avec le sourire.

Le petit moment potin de l'hôpital. L'avantage d'être petit, c'est qu'on pouvait se faufiler dans les couloirs et écouter un peu aux portes. Ce que je ne me gênais pas de faire lorsque Nolan dormait profondément. « Aloooors... Frank il était là hier, d'ailleurs il m'a donné des sucettes pour nous deux. Mais il m'a dit qu'on avait pas le droit de les manger avant qu'il revienne. Il revient dans heu... » je compte dans ma tête après avoir regardé l'horloge derrière moi. « Trois heures. Et puis Pansy, elle est pas là, elle a changé de service ! » C'était pire qu'un téléfilm, les hôpitaux. « Elle a voulu aller s'occuper des bébés. T'imagines, elle va leur faire peur avec ses dents... » J'ai un peu honte mais je ris doucement et me rappelant d'un détail très important, je pose mon regard sur les yeux de mon frère avant de dire d'une voix plus proche du murmure.

« Mais y a une nouvelle infirmière. J'ai pas compris son nom, parce qu'elle est venue j'étais moitié endormi. Mais tu vas l'adorer. À côté, toutes les filles de la Terre elles sont moches. » D'un coup d’œil rapide, je vérifie que personne ne rentre dans la chambre avant de dire, un peu choqué. « Même papa, t'aurais vu comment il l'a regardée ! » Non mais franchement, moi j'ai toujours cru que quand on était amoureux on regardait que la personne qu'on aime. Puis, visiblement, vu le regard de maman, elle aussi. Mais c'était pas bien méchant, et on savait pertinemment qu'ils s'aimaient. Alors je préfère en rire. Sans dire un mot de plus, je fais le tour une première fois, te tirant la carte de derrière l'oreille avec un large sourire et ton regard de celui qui a pas compris.

Reposant les cartes devant moi, je fixe à nouveau tes bandages, ils te gênent. Je le sais. De toutes façons, ils ont été mal faits. Et je m'en fiche de me faire gronder. Sans dire un mot de plus, je me lève et vais fermer la porte à clef. Je reviens vers toi et lève le doigt de manière autoritaire vers toi avant que tu ne me contredises. « Tes bandages ils sont mal faits, et j'aime pas que t'aies mal. Alors le temps que tu trouves comment on fait le tour de magie, tu me laisses les refaire. Parce que tu ferais la même chose pour moi et tu le sais très bien. »

Je fronce un peu des yeux par principe et attrape tout le matériel médical que j'avais caché. Avec une délicatesse et une précision toute particulière pour ne surtout pas te faire de mal, je commence à me désinfecter et ajoute. « Parle pendant que je le fais, sinon tu vas regarder. Bon, alors, t'as compris le tour de magie ou pas ? » Il faut te concentrer sur autre chose, comme ça, tu n'as pas mal, parce que tu ne fais pas attention. Et moi je me concentre, me mordillant l'intérieur de la lèvre prêt à me lancer dès que tu auras commencé à parler. Faire ça bien, pour que mon frère à moi, ne souffre pas. Pour que t'ailles bien.

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SOUND OF SILENCE
Hello darkness, my old friend. I've come to talk with you again because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping and the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence. In restless dreams I walked alone narrow streets of cobblestone 'neath the halo of a street lamp I turned my collar to the cold and damp when my eyes were stabbed by the flash of a neon light that split the night and touched the sound of silence.


Dernière édition par Liam P. Wiggins le Lun 12 Sep - 4:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: parfois les miracles vont par deux (noliam -22)   Sam 10 Sep - 9:32

Parfois, les miracles vont par deux
Liam & Nolan



Parfois, quand on arrive en cours, avec Liam, les maîtres et les maîtresses, ils nous regardent sans trop comprendre ce qu’il se passe. C’est qu’on se ressemble énormément, peut être même trop qu’ils disent. Même regard, même taille, mêmes cheveux, mêmes vêtement, alors que promis, on ne se concerte pas, même petit sourire lorsqu’on pense à la même chose. On se ressemble, comme le reflet l’un de l’autre. Ce qu’on est là, assis sur ce lit, en tailleur tous les deux. A la différence près que je sais que je suis tout pâle, et que lui il a des cernes et dans ses yeux, dans ses traits, je sens le souci que je lui cause. J’aime pas ça, j’aime pas du tout ça. En général, de toute manière, j’aime pas lorsque je croise quelqu’un qui ne va pas bien, ça me rend tout triste, ça me rend tout flagada, tout patraque, ça me donne envie de lui faire des câlins et de tout arrange pour que la personne aille mieux, même lorsque je ne la connais pas. Alors quand c’est mon frère…

Mais la seule façon que j’ai de tout arranger, c’est de guérir. Et de l’empêcher de se faire gronder, aussi. Et de nous changer les idées. Jouer, bien sûr que je veux jouer, ce mot a un effet magique sur moi parce qu’instantanément il me fait sourire. Je regarde avec les yeux qui pétillent mon frère qui étale devant nous tous les trésors qu’il a mis dans son sac. En clignant des yeux, j’essaye de l’imaginer, hier, qui attrape ce qu’il peut pour faire vite mais en même temps ne rien oublier. Ca a dû l’agacer, de tout mettre comme ça dans ses affaires sans ranger, sans trier, sans classer. Moi, ça ne me dérange pas, mais je sais que Liam… sa chambre, elle est toujours bien rangée. Ses livres, ils sont tous classés. Moi, j’ai des piles, j’ai mon train qui fait le tour de ma chambre, j’ai mes peluches qui sont par terre et même que je crois que je n’ai pas rangé mes cartes pokemon. Son sac est un trésor, chaque objet est une pierre précieuse. Et moi, je réclame un tour de magie, je réclame le à quoi tu penses, qui est drôle mais pas trop longtemps tout de même. « On peut pas faire le jeu du à quoi tu penses, parce qu'on sait toujours à quoi on pense. » Je me marre, en voulant cacher mon éclat de rire entre mes mains. Le problème, c’est que je ne peux cacher mon rire qu’avec ma main droite, et ça… c’est pas pratique. « Là, tu penses à un éléphant. » J’ai les yeux qui pétillent, j’éclate de rire, comme d’habitude, comme à chaque fois qu’il devine. « T’es trop fort, Liam, t’es trop le meilleur. » Pour sûr qu’il est le meilleur.

Je suis fasciné par ses mouvements lorsqu’il étale maintenant ses cartes devant moi. Je suis si fasciné, même si je le connais par cœur, ce tour, que je ne me rends pas immédiatement compte qu’il s’est arrêté. Enfin… qu’il n’a pas arrêté de bouger, mais juste… « J'ai pas trop dormi non, mais c'est pas grave. J'ai lu, c'était bien aussi. Et puis, j'pouvais veiller sur toi. » Je fronce les sourcils, en me désintéressant des cartes. « Mais… il faut que tu dormes, Liam. Si tu dors pas,… je veux pas que tu sois tout malade. » J’ai la bouche toute sèche, mais cette fois, ce n’est pas à cause de mon sommeil ou de ma rechute. C’est à cause de tout ce souci que je me fais. Pour lui. Forcément. « Ils avaient l'air inquiets, parce qu'ils disent que t'étais sensé aller mieux tu sais. » Je secoue la tête, lentement, en effleurant du bout des doigts, les cartes qu’il tient dans ses mains, presque pour les lui faire lâcher, juste pour effleurer ses doigts à lui, et lui dire que je suis là. « Je vais mieux. C’est juste passager. J’en suis juste trop trop sûr. » Maman elle me dit que je suis trop optimiste, mais je ne vois pas comment on peut être trop optimiste. Vraiment.

C’est bien d’être optimiste, non ? « Aloooors... Frank il était là hier, d'ailleurs il m'a donné des sucettes pour nous deux. Mais il m'a dit qu'on avait pas le droit de les manger avant qu'il revienne. Il revient dans heu... Trois heures. » Je n’arrive pas à retenir une petite moue. « C’est long trois heures. D’habitude, je reste pas longtemps après la fin de la dialyse… » Ce n’est pas que j’aime pas l’hôpital, mais… l’hôpital, c’est l’endroit où je vais mal. Pas l’endroit où je vais mieux. Rester à l’hôpital, rester dans cette chambre, rester là alors que mon frère risque de partir, rester là alors que Papa et Maman rentrent à la maison… ce n’est pas arrivé souvent, mais c’est déjà arrivé. Et je déteste ça. Tu étais censé aller mieux. « Et puis Pansy, elle est pas là, elle a changé de service ! Elle a voulu aller s'occuper des bébés. T'imagines, elle va leur faire peur avec ses dents... » Si j’ai failli perdre mon optimisme, Liam me le redonne enveloppé dans du papier cadeau, et avec un sourire nettement moins flippant que celui de Pansy. « Elle a changé de service ? » Je fais le stupéfait. J’adore quand mon frère, il commence à me mettre à jour sur tous les potins. Après, si jamais je reste toute la journée, voire la journée de demain, ce sera à moi de le tenir à jour. « Genre elle nous abandonne pour s’occuper des bébés baveux ? » J’hésite ouvertement entre rire et faire le boudeur, mais une fois encore, Liam me distrait en continuant la liste des choses qui ont changé depuis la dernière fois. « Mais y a une nouvelle infirmière. J'ai pas compris son nom, parce qu'elle est venue j'étais moitié endormi. Mais tu vas l'adorer. À côté, toutes les filles de la Terre elles sont moches. » Je fronce les sourcils pour rectifier dans un grommellement un « Magalie, elle est pas moche » en entortillant les draps autour de mes doigts. « Même papa, t'aurais vu comment il l'a regardée ! » Ma bouche s’arrondit dans un « o » outré, j’essaye de me pencher pour apercevoir papa à l’extérieur de la chambre, sans grand succès. Déjà parce que la porte est juste entrouverte, ensuite parce que Papa et Maman, ils ne sont pas à côté. Distrait, j’aperçois du coin de l’œil Liam qui reprend correctement les cartes, qui les manipule avec toute mon attention et que…

« Mais c’est pas possiiiiiiible ! » J’ai les yeux grands ouverts, un large sourire de celui qui est émerveillé sans trop comprendre ce qu’il se passe. J’adore ce tour. Parce que je ne le comprends vraiment, vraiment, vraiment pas. Ce n’est pas logique. C’est totalement magique. Je secoue la tête avec énergie. « Je comprends pas, je comprends pas, tu es trop trop fort, Liam. » Dès qu’il les pose, j’attrape les cartes avec mon bras libre, comme si elles allaient me chuchoter l’astuce. Je suis plongé dans l’observation intense de la dame de cœur quand Liam se lève brutalement. « Tu t’en vas ? » Il ferme la porte à clé sous mes yeux étonnés. « Tes bandages ils sont mal faits, et j'aime pas que t'aies mal. Alors le temps que tu trouves comment on fait le tour de magie, tu me laisses les refaire. Parce que tu ferais la même chose pour moi et tu le sais très bien. » Je fronce les sourcils avant de regarder mon bandage. Et Liam. Et mon bandage. Et la porte. Et ce qu’il sort d’une cachette. Et le bandage. Et Liam. « Mais tu vas te faire gronder… » J’ai pas envie qu’il se fasse gronder. Même si je suis d’accord avec lui, j’ai plus mal que d’habitude.

Ce qui est marrant, c’est que j’ai une confiance pleine et entière en Liam. Le problème, ce n’est pas que je doute de ses capacités à refaire le bandage en mieux, c’est juste que je doute de la capacité des adultes à croire en lui autant que moi, je crois en lui. « Parle pendant que je le fais, sinon tu vas regarder. Bon, alors, t'as compris le tour de magie ou pas ? » Je cligne des yeux. En fait, il ne me vient même pas à l’esprit de dire non à Liam, lorsqu’il impose les trucs comme ça. Juste… « Tu me laisses leur dire que c’est moi qui t’ai demandé, d’accord ? Moi, ils osent jamais me gronder quand je suis à l’hôpital alors que toi, ils t’embêtent tout le temps, les nuls. » J’espère qu’il va faire comme moi, et faire comme si je ne lui demandais pas son avis. Parce qu’en vrai… je sais très bien que je suis incapable d’imposer quoique ce soit à mon frère. D’une façon ou d’une autre. Je lui tends mon bras en me réintéressant aux cartes.

« Tu me promets que t’utilises pas deux jeux de carte, hein ? » Je me frotte l’oreille, comme si j’allais à mon tour en faire sortir une carte. « Et t’as rien dans tes manches… » Je me concentre pour regarder les cartes. « Liam… » J’ai une petite voix qui veut dire la question que je vais poser me titille depuis tout à l’heure et n’a aucune rapport avec le sujet de conversation. Une petite voix qui veut aussi dire tu vas pas aimer ma question et tu vas la trouver bête. « Est-ce que tu m’en veux d’être malade ? » Je cherche son regard. « Je veux dire… à chaque fois, Papa et Maman, ils sont stressés, moi on m’endort. Et toi… toi personne ne s’occupe de toi. Et toi, tu t’occupes de moi. Et quand je suis puni de jeux, toi aussi du coup. Et tu es fatigué. C’est pas ma faute, je te promets que je fais des efforts, je sais pas comment je dois faire pour… tu m’en veux d’être malade, Liam ? »


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He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
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parfois les miracles vont par deux (noliam -22)

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