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 we walk in the beautiful country of the denial # Laura

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rirat bien qui rirat le dernier

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MessageSujet: we walk in the beautiful country of the denial # Laura   Dim 21 Aoû - 17:19

We walk in the beautiful country of the denial

Laura & Andreï

Pour une fois que j’ai un boulot normal… ça me déstabilise, très franchement. Travailler pour le Gouvernement, lorsqu’on y pense deux secondes, c’est un peu un comble pour un assassin doublé d’une foutue crapule. Ca prend tout son sens lorsqu’on précise que le travail en question consiste à porter des caisses toutes plus lourdes les unes que les autres et ce pendant des heures sans s’arrêter. Mes bras commence à me tirer, mon tee-shirt est trempé, tout comme mes cheveux, je croise les doigts pour ne pas croiser Seraphina dans cet état. Merde. Si je commence à soigner mon apparence pour elle, je ne sais pas trop ce que ça peut vouloir dire mais j’ai comme l’impression que ça pue assez. « Ievseï ! Tu bouges ? » Hein, quoi ? Je secoue la tête avant de me passer une main dans les cheveux et d’attraper une bouteille d’eau, mes doigts exigeant deux secondes à celui qui vient de m’appeler pour que je l’aide à aller décharger une autre caisse de fournitures. Qu’est ce qu’ils se font livrer, les balais dans l’cul du Gouv pour que ce soit aussi lourd ? Des enclumes pour faire office de presse papier ? En quelques gorgées inutiles et écœurantes, je termine la bouteille d’eau, plus par principe et pour l’impact psychologique que ça va avoir sur moi que pour la réelle efficacité de la manœuvre. Seul un vol d’énergie pourrait me procurer la sensation rafraîchissante de l’eau glacée, là maintenant, mais même un crétin comme moi sait que ce n’est pas une merveilleuse idée que de se servir par ici alors bon… J’écrase la bouteille entre mes doigts, la referme et la dégage dans la première poubelle venue avant de rejoindre l’autre ouvrier. « Il en reste beaucoup ? » Une demi-douzaine et on en aura fini pour la matinée. Tant mieux. Ca me laissera… six ou sept heures avant de commencer mon travail de nuit, celui un peu moins légal et donc six ou sept heures pour traîner, dormir et dégoter un boulot pour demain, et des contrats pour cette nuit, sauf ordre contraire de la part de Mikkel.

Lorsque je jette ma veste sur le canapé, qui est techniquement toujours mon lit même s’il est plus que rare que je passe la nuit ici, l’après-midi est tout juste entamé et j’ouvre le frigo pour grappiller de quoi faussement bouffer. De quoi m’occuper les mains et la mâchoire, en somme. Sauf qu’il n’y a rien, comme toujours. Il n’y a jamais rien à bouffer dans cet appartement, c’est à se demander si Roman ne passe pas ses journées à se tourner les pouces. Je soupire, débarque sans me gêner dans la chambre de mon fils pour fouiller en quelques mouvements précis les endroits clés et arracher une poignée de billets dans un de ses rares bouquins d’anatomie. Sûrement des vestiges de ses études. Je les connais par cœur maintenant, à force de venir lui substituer du fric lorsque j’en ai besoin, alors même que j’ai mes propres réserves dans le canapé. Je ne fouille pas plus que ça, maintenant que j’ai trouvé ce que je cherchais, ne m’attarde pas davantage sur les quelques photos, m’applique juste à tout remettre en place comme ça l’était au départ avant d’aller me doucher rapidement pour sortir récupérer ma veste et chercher de quoi bouffer. Tiens, et si je ramenais des conneries pour les mômes ? Du genre truc bien cher que Roman n’achète jamais sous prétexte qu’il ne peut pas se le permettre ? Mes pas dégringolent les escaliers, je plisse les yeux sous le soleil, ralentissant le pas le temps de me décider vers où me diriger. Lizzie doit être avec son père. Tout comme Colin. Mikky, lui, doit être à l’hôpital. Donc on va dire que je vais éviter cette zone là pour le moment.

A errer comme une âme en peine, mes pas me portent naturellement vers le quartier de la ville où je suis le plus à mon aise. Plus j’avance, plus l’atmosphère semble s’obscurcir, autant de crasse que d’un caractère relativement malsain. Nauséabond. Apaisant. Les descentes des Peacekeeper et des Shadowhunters ont beau faire du mal au commerce, il n’en reste pas moins que c’est le coin le plus adéquat pour des hommes de ma trempe et que j’y suis comme un poisson dans l’eau. Ou un poison dans l’eau. Ou un zombie dans une forêt. Ou… je m’immobilise au milieu de la rue. Cette silhouette. Je secoue la tête. Non. J’ai vu sa photo, j’ai vu une de ses photos, juste avant son départ dans les arènes. Et elle était vieille. Et morte. Et… je n’ai pas réfléchi, je l’ai déjà rattrapée pour poser une main sur son épaule et la faire se retourner. « Lara ? » Ce n’est pas elle.

Mon esprit le sait. Mes yeux le savent. Le fantôme du rat me le couine. Mais Lara me manque. Bien trop. Et Seraphina… est trop compliquée à suivre. Et… « Lara, c’est bien toi ? » Je veux le croire. Je veux l’espérer. Je veux me l’imaginer. « Qu’est ce que tu… vas bien ? »

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MessageSujet: Re: we walk in the beautiful country of the denial # Laura   Ven 2 Sep - 20:53

La pièce est sombre, la lumière du matin mouchette la pièce d'éclats dorés et au milieu du lit envelopper dans les draps malgré la température presque insupportable, Laura bouge doucement dans son sommeil. Elle court, court comme si sa vie en dépendait. Elle ne sait pas vers qui, ni pourquoi mais elle sait que c’est important. Elle aperçoit les peaussiers qui forment un cercle autour d’une silhouette élancée et vêtue de noir. Elle s’arrête net, arrêtée dans son élan par une paire de bras puissant entouré autour de sa taille. Elle sait qu’elle doit continuer coûte que coûte. Que celui qui se fait tabasser sous ses yeux doit être sauvé à tout prix. Quand la tête couronnée de cheveux d’un noir de geais se tourne vers elle et que deux grands yeux bleus croisent son regard, le noir se fait et elle se redresse en sursaut. Les draps sont collés à sa peau blanche à cause de la transpiration. Elle se débat pour sortir un bras des couvertures et repousser les cheveux qui tombent sur son visage trempé de larme et de sueur. Un gémissement lui échappe, plainte presque animale qui racle sa gorge parcheminée. Celui-là est dur. Elle ne le fait que rarement mais chaque fois, le réveil est plus difficile que la fois précédente. Elle ne sait pas vraiment s’il s’agit d’un souvenir ou d’un simple cauchemar, mais il l’a torturé presque plus que celui où elle Le voit. Elle ne sait pas non plus qui est le jeune homme qu’elle y voit, ne se souvenant que d’yeux très bleus et de cheveux noirs.


Elle essuie rageusement ses joues inondées de larmes et avale d’un coup sec le verre d’eau posé sur sa table de nuit. Elle démêle ses jambes des draps et pose doucement ses pieds sur le sol carrelé, la fraîcheur est tellement agréable qu’elle doit se retenir de s’allonger à plat ventre par terre. Elle avance à pas lent jusqu’à la salle de bains, dans laquelle elle prend une douche rapide mais appliquée. Elle n’a pas pu se laver correctement pendant si longtemps qu’une vraie douche est un plaisir qu’elle ne se refusera jamais plus. Elle brosse ensuite ses cheveux blonds qui se sont éclaircis ces derniers temps et prend quelques minutes pour observer son visage. Elle effleure doucement les pattes d’oie qui commence à marquer les coins de ses yeux. Le temps fait son œuvre et ne joue pas en sa faveur. Elle soupire avant de s’habiller et sortir de son appartement. Elle verrouille bien la porte derrière elle et enfouit les clefs dans sa poche.


Après une demi-journée plutôt calme où elle a dû s’occuper d’un jeune homme de 15 ans, blessé à l’arme blanche dans une rixe de bande, elle est autorisée à rentrer chez elle. Ce qu’elle ne fait bien entendu pas. Elle aime son travail, et soyons honnête, elle n’a rien à faire de plus intéressant sur son temps libre. Alors, elle traine dans les quartiers mal famés, dans l’espoir de croiser des jeunes perdus, qu’elle pourrait aider un peu. Apaisant son besoin constant de s’occuper de quelqu’un. Elle détache ses cheveux, les ébouriffe un peu et s’avance près d’un bordel, elle essaie du mieux qu’elle peut de se fondre dans le décor, mais son absence de maquillage, son jean et ses baskets ne jouent pas en sa faveur. Il y a bien un mois qu’elle a repéré la gamine qu’elle essaie de sortir d’ici. Une gosse, 16 ans maximum, maquillée comme un camion volé et maigre comme un coucou. Elle l’observe de loin, une fois de plus étonnée par la beauté étrange de la môme. Elle pourrait faire du mannequinat, si elle n’était pas maquillée pour attirer n’importe quel beauf s’entend. Elle croise le regard triste de l’enfant, un regard vide, voilé par un usage abusif de la drogue. Mais rapidement les sourcils se froncent à mesure que Laura se rapproche. Soudain la gamine se met à courir. Elle détale comme un lapin et Laura se lance à ses trousses. Mais elle la perd de vue et se retrouve au milieu de la rue, le souffle court et la gorge sèche.


Elle s’apprête à rentrer chez elle quand une main se pose sur son épaule. Elle se retourne rapidement et son cœur s’arrête. Ces yeux. Elle porte les mains à ses lèvres pour étouffer un cri. Ces yeux… Ils hantent ses rêves depuis des années. Et maintenant ils sont là. Accompagner par un visage, une bouche, des cheveux et un corps tout entier.  « Lara, c’est bien toi ? Qu’est ce que tu… vas bien ? » Le prénom n’est pas vraiment le bon… Peut-être… Peut-être qu’elle n’est pas celle qu’il cherche après tout. La gorge nouée et les mains tremblantes, elle replonge dans les yeux. Ce sont bien les bons pourtant… Même formes, même couleur, même douceur dans le regard. Cela dit… Le sourire n’est pas vraiment comme elle s’en souvient. Elle se secoue intérieurement et respire un grand coup. « Je… Je vais bien oui… » Elle se gratte l’avant-bras comme toujours quand elle est angoissée regardant ses chaussures. « Mais… Je ne m’appelle pas Lara, mais Laura… » Elle redresse la tête pour plonger une nouvelle fois dans les yeux de l’homme qui lui fait face. « Par contre…» Elle inspire. Pourvu qu’elle ne le vexe pas. Pitié. Si c’est lui, faite qu’il ne se vexe pas. « Je ne … Je ne me souviens pas de vous… » Elle se reprend. « Enfin, je veux dire, vous… votre visage m’est familier… » Pas tout à fait vrai, mais comment dire à quelqu’un que vous vous souvenez de ses yeux et que vous en êtes folle amoureuse alors qu’il ne semble même pas connaître votre nom ? « Mais je ne me souviens plus de votre nom… » Foutu mémoire de merde.

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MessageSujet: Re: we walk in the beautiful country of the denial # Laura   Sam 17 Sep - 23:29

We walk in the beautiful country of the denial

Laura & Andreï

Avant de rencontrer sur Lara, j’étais en colère contre le monde, en colère contre l’humanité, en colère contre la vie. En colère tout simplement. Une bête sauvage, hargneuse, décidée à prendre sa revanche dans un monde qui s’en était pris à un bébé pour se venger d’un violeur. Un gosse qui avait grandi trop vite et dans un monde trop hostile, qui ne considérait son entourage que comme un ensemble éphémère de risques et de dangers, de méfiance et de trahison. Et si Lara n’a pas réussi à éteindre cette fureur et cette rage qui m’animaient à l’époque, elle a au moins réussi à me faire comprendre qu’il pouvait exister autre chose que la rancoeur et que la colère. Ce qui n’était pas gagné. Lara m’a donné une stabilité mentale et affective, elle m’a appris à faire confiance et à accepter certaines choses. Je l’ai trompée, un nombre incalculable de fois. On s’est disputé un nombre incalculable de fois. Mais lorsque j’y repense, je me fais la remarque que c’est fou de voir que malgré tout, elle ne m’a jamais lâché. Et qu’elle a toujours eu sur moi un pouvoir supérieur, et de loin, à celui de mon sorcier. Je suis un animal sauvage, je l’étais avant de devenir rat, je l’étais avant de devenir pire qu’un rat, un déchet qui se nourrit de ce qu’il lui manque: un peu de vie. Elle ne m'a pas lâché et je ne l'ai pas quittée. Je suis toujours revenu à elle. Sauf quand la mort de mon sorcier m'a pris mon humanité.

Lara. Morte. Et pourtant son écho est devant moi. Comme une promesse. Comme le reflet déformé de ma volonté. Comme une sacrée ironie si on considère qu'il y a une autre femme dans ma vie. Je sais que ce n'est pas Lara mais je veux que ce soit elle.

Ma voix me semble d'un pathétisme sans nom dans son hésitation, exacerbée par la surprise qu'elle déploie autour d'elle. Mes questions s'entrechoquent, c'est ridicule. Je cligne des yeux. J'ai un problème avec les blondes, je crois. Définitivement un gros problème. « Je… Je vais bien oui… » Ce n'est pas Lara. Si différente, trop différente. Et pourtant je m'obstine à le croire. Je veux plier la réalité selon mes envies. « Mais… Je ne m’appelle pas Lara, mais Laura… » Je fronce les sourcils. Pourquoi ressent-elle le besoin de formuler ce que je ne veux pas entendre ?  « Laura, Lara, c'est presque la même chose... » Je grogne pour m'en convaincre. Pour lui faire comprendre que je ne suis pas à un son près. « Par contre… Je ne… Je ne me souviens pas de vous… » Je cligne des yeux. Je veux y croire, et si je veux y croire, il faut que j’accepte de déformer suffisamment la réalité pour que mon imagination y rentre parfaitement.

« Enfin, je veux dire, vous… votre visage m’est familier… Mais je ne me souviens plus de votre nom… » Je cligne des yeux, une nouvelle fois. Tout en elle est différent de Lara. Différent de ce dont je me souviens. C’est un écho, mais un écho déformé, un écho modifié, un écho pâli par les réverbérations. Mais un écho me suffit. « Andreï. » J’articule sans y penser, les yeux fixés sur elle. « Mon prénom, c’est Andreï. » Et le sien… Laura ? « Vous ressemblez à ma femme. » A ma femme, telle qu’elle était il y a quarante ans. « Vous croyez à la réincarnation ? » Je n’arrive pas à détacher mes yeux des siens. Je n’y crois pas. Mais j’ai été bien trop d’années l’esclave d’un sorcier alors le surnaturel… alors le surnaturel fait partie de ma réalité. Et l’impossible n’est qu’une anomalie. Un espoir donné aux désespérés. Et je suis désespéré.

Je fais un pas en arrière, pour me retenir. Immanquablement, alors que je sais que ce n’est pas Lara, je cherche en elle des traces de ma femme, pour la seule et unique raison qu’elles ont un petit quelque chose de commun. Et que je m’accroche, je m’agrippe à ce petit quelque chose. Je cherche une trace d’attirance, je cherche une trace de désir, n’importe quoi à brûler pour ressentir quelque chose et saisir à bras le corps la coïncidence qui vient de me tomber dessus. Seraphina est trop compliquée, Seraphina est trop présente, Seraphina me fait bien trop tourner la tête: même si je sais que cette femme n’est pas Lara, je veux qu’elle soit Lara pour me simplifier la vie. Pour qu’elle me tire à nouveau hors de la vase, qu’elle me dégage à nouveau les bronches, pour qu’elle dompte la bête sauvage que je suis redevenu. Je veux qu’elle soit Lara parce que j’ai besoin d’une Lara. Désespérément. « Vous avez perdu la mémoire, c’est ça ? »

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MessageSujet: Re: we walk in the beautiful country of the denial # Laura   Ven 7 Oct - 22:18


Elle laisse ses yeux dérivés sur la silhouette de l’homme qui lui fait face. Ils se posent sur les cheveux ébouriffés, s’arrêtent quelques secondes sur les quelques rides sur le front, effleurent les sourcils, glissent sur le nez et les pommettes avant de s’échouer sur la bouche. Tout concorde ou presque, ce visage, mon dieu, ce visage… Il pourrait être le bon. Elle relève un peu les yeux et les laisse se planter dans le regard qui lui fait face. Les yeux sont définitivement les bons. Elle se rappelle de toutes les fois où elle les a vus dans son sommeil, de toutes les fois où elle a cru les avoir croisés dans la rue et sa tête tourne. Elle pensait être amoureuse d’un regard et elle se rend compte que ce regard est accompagné d’un corps. Ses yeux glissent à nouveau sur le visage, l’englobant d’un regard plus complet. Si les yeux sont bel et bien les bons, le sourire ne semble pas être le bon. IL, quel que soit son nom, possède un sourire particulier. Pas uniquement parce que quand elle le retrouve dans ses rêves, Laura a l’impression d’être complète. Si le sourire de celui qu’elle aime est aussi marquant, c’est surtout parce que l’une de ses incisives, manquante, est en métal. Et l’homme face à elle possède toutes ses dents. Certes, un rapide rendez-vous chez le dentiste aurait pu arranger ce détail en quatre ans, mais le détail manquant la chagrine plus qu’elle ne veut bien se l’avouer. Quand il lui donne son nom, elle le répète doucement, le laisse rouler sur sa langue une fois, puis une deuxième. « C’est un joli prénom. Je l’aime bien. » Elle lui offre en sourire d’excuse prenant conscience que ce n’est pas le genre de chose qu’on dit normalement.

Elle remonte doucement la manche de son gilet qui s’évertue à glisser le long de son avant-bras. Elle continue à fixer ce visage si familier en tentant vainement de calmer les battements précipités de son cœur dans sa poitrine. Elle a l’impression qu’un petit oiseau essaie de se frayer un passage à travers ses côtes. « Vous ressemblez à ma femme. » Son petit oiseau de cœur rate un de ses battements et la phrase résonne dans sa tête. Elle avale sa salive et tord ses doigts en lui jetant un regard à la fois effrayé et plein d’espoir. « Vous ressemblez à quelqu’un qui m’est très cher... » La phrase est sortie dans un souffle. Elle refuse de dire « m’était ». Elle ne veut pas espérer, quelles sont les chances qu’elle tombe par hasard sur l’homme qui hante ses souvenirs depuis quatre ans ? Son mari, de ce que lui en a dit Lazlo. Comment peut-on avoir oublié son mari. Sa question la prend par surprise. « Euh… C’est une question à laquelle je n’ai pas vraiment pris le temps de réfléchir… Je suppose que… Oui ? Après tout, tout semble possible dans le monde dans lequel on vit. » Elle englobe la rue, la ville, l’univers dans un geste ample de la main avant de la passer dans ses cheveux. Elle se sent à la fois bien et mal à l’aise avec l’homme qui lui fait face, la familiarité de ses traits y est pour quelque chose, c’est sûr, mais il y autre chose, quelque chose sur quoi elle n’arrive pas à mettre le doigt. Il est pareil mais différent. Est-ce que quatre ans peuvent être suffisants pour changer complètement l’image que vous avez de quelqu’un ? Sa mémoire serait-elle plus endommagée qu’elle le pensait ?

Elle gratte nerveusement son bras en le fixant encore et toujours avant de prendre conscience de l’impolitesse de son comportement quand il lui demande si elle a perdu la mémoire. Elle recule d’un pas et commence à fixer l’immeuble derrière eux. « Ah… Euh… Oui, en effet, j’ai perdu la mémoire il y a quelques années… » Elle laisse échapper un petit rire nerveux resserrant les bords de son gilet autour d’elle. « Je ne pensais pas que c’était si… Flagrant. » Elle hausse les épaules, pas franchement gênée par la question qui aurait pu ou dû la mettre mal à l’aise. Après tout, elle a effectivement perdu la mémoire, elle n’en fait pas vraiment un secret. Et puis… Pourquoi lui mentirait-il ? Peut-être qu’il est celui qu’elle cherche… Ses yeux glissent inconsciemment sur la main gauche de l’homme, cherchant une alliance ou encore une marque de bronzage. Malheureusement rien de tout ça. L’absence de bijou a son annulaire lance une pique dans le cœur de Laura. Elle espérait que son mari aurait continué à porter l’objet symbolisant son amour pour elle. Elle se met une claque mentale. Premièrement rien ne prouve qu’il s’agisse de lui, c’est peut-être juste un homme lui ressemblant. Deuxièmement, ces mièvreries ne sont plus de son âge.

Elle se balance d’avant en arrière ne sachant pas trop comment relancer la conversation avant de se décider. « Alors, Andreï… C’est bien ça ?» Une fois de plus, elle laisse le nom aux sonorités russe roulé sur sa langue. « Ça vous dirait de marcher un peu avec moi ? Vous pourrez me parler de votre femme et de vous ? » Elle lui adresse un sourire plein d’espoir. « J’ai comme l’impression que le destin veut que nous nous connaissions et il se trouve que je n’ai rien à faire de plus agréable que marché en compagnie d’un bel homme aujourd’hui. » Elle rougit violemment en prenant conscience d’avoir clairement fait des avances à un homme qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. « Donc Andreï, hein… C’est Russe comme prénom ? » Elle tente de se donner une contenance en entortillant la manche de son gilet autour de sa main.

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MessageSujet: Re: we walk in the beautiful country of the denial # Laura   Lun 31 Oct - 19:32

We walk in the beautiful country of the denial

Laura & Andreï

« C’est un joli prénom. Je l’aime bien. » Je rougis, détourne le regard, sans pouvoir m’en empêcher. « Merci. » Merci de quoi ? Merci pour quoi ? Je n’en sais rien. Pas vraiment. Merci de maintenir l’illusion, certainement, que…

Ca, c’est quelque chose que personne ne veut comprendre autour de moi. Ne veut ou ne peut. Je suis veuf. Je suis veuf, et je n’ai que trente et une petites années. Roman est incapable de le comprendre, Mikkel, Colin, Lizzie ne peuvent même pas se l’imaginer. J’ai l’impression que ce décalage temporel dont on est les victimes, tous autant les uns que les autres et moi encore davantage, n’est pas concevable. N’est pas compréhensible. N’est qu’un amas d’incohérences et d’improbabilités telles que… je ne peux pas leur en vouloir de ne pas comprendre, je n’ai pas le droit de leur en vouloir, je ne le sais que trop bien, mais malgré tout… je ne peux pas m’empêcher d’être en colère. Lorsqu’ils me narguent avec leur vie de famille, lorsque Roman me reproche de ne pas avoir été là pour lui, lorsque Lizzie me sourit, avec dans les yeux la même étincelle de vie que sa défunte grand-mère… J’ai désespérément d’une Lara, j’ai désespérément besoin de ma Lara, et je la recherche dans chaque femme que je croise, je la recherche dans chaque chevelure blonde, dans chaque silhouette excessivement attirante, dans chaque présence féminine, dans chaque sourire, dans chaque regard, dans tout ce que cumule cette Laura qui me fait face et laisse dériver sur moi son regard. Je sais que ce n’est pas elle. Tout mon instinct me le hurle. Celui du rat, fantôme, celui de l’homme, celui du trentenaire, celui du mari, celui de l’amant. Ce n’est pas Lara. Mais… mais ce prénom, mais ce regard, ce frisson qu’elle réveille en moi, ces hésitations, ces questions qu’elle soulève par sa seule existence. Je ne crois en aucun dieu, je ne crois en aucune réincarnation, vie après la mort, je ne crois en rien d’autre qu’à l’instant présent, je ne crois en aucun destin, en aucune destinée, mais là, j’en viens à me remettre en question face à cette coïncidence qui, je m’obstine à vouloir le croire, à me forcer à le croire, m’a mené à elle.

Je guette chacun de ses gestes comme s’il allait pouvoir me révéler l’impossible, me confirmer l’improbable, m’exaucer l’inavouable. Elle se contente de respirer. Et de parler. Et de vivre. Et d’être. Amplement suffisant pour me désarmer, me rendre aussi vulnérable qu’un raton abandonné dans un fossé. Tremblotant. Perdu. Complètement égaré dans le temps, qui couine de frayeur et se blottit dans les bras de la première personne au sourire amical. « Vous ressemblez à quelqu’un qui m’est très cher... » Très cher. Une main s’empare de mon cœur pour le comprimer et n’en laisser que des morceaux. Pendant un instant, j’arrive à me convaincre que Lara se trouve face à moi. Et il faut que je me fasse violence pour ne pas tendre la main et l’effleure, pour ne pas la prendre dans mes bras. Et l’embrasser. Je cligne des yeux, pour mieux me retenir et l’écouter. « Euh… C’est une question à laquelle je n’ai pas vraiment pris le temps de réfléchir… Je suppose que… Oui ? Après tout, tout semble possible dans le monde dans lequel on vit. » Sans grande conviction, j’acquiesce, les yeux rivés sur elle pour ne pas la perdre de vue. Elle passe sa main dans ses cheveux, la silhouette se confond davantage encore avec celle de ma femme. Eclipse l’ombre de Seraphina, la voix de Seraphina, l’odeur de Seraphina, fait revivre une Lara qui commençait déjà à s’étioler dans mon esprit, comme si par sa seule présence, elle ravivait ma mémoire.

Sa mémoire. « Ah… Euh… Oui, en effet, j’ai perdu la mémoire il y a quelques années… Je ne pensais pas que c’était si… Flagrant. » J’hausse les épaules, avant de sourire en voyant qu’elle a fait de même au même moment. Flagrant ? « Je ne dirais pas flagrant, je dirais… évident lorsqu’on sait ce que l’on cherche. Enfin… » Ce que l’on cherche ? « … je veux dire que la seule façon pour ne pas être blessé lorsqu’on ne se souvient pas de vous, c’est d’accuser une mauvaise mémoire. » Est-ce que j’ai été blessé ? Non, bien sûr que non. Ce n’est pas Lara. Ce n’est pas Lara. Et pourtant…

Et pourtant, je ne sais pas quoi dire d’autre. Et je me tais tout autant qu’elle. Dans un silence inconfortable, et pour elle, et pour moi, vu mon agitation et la sienne, vu mon regard qui la fuit mais qui ne peut que revenir à elle, pour la détailler bien malgré moi, pour la contempler bien malgré moi, pour m’étouffer bien malgré moi de ces multiples détails que je cherche, et que je trouve, comme des petits cailloux lancés au petit Poucet pour qu’il revienne chez lui et que son errance vagabonde cesse enfin. Rentrer chez moi. « Alors, Andreï… C’est bien ça ? Ça vous dirait de marcher un peu avec moi ? Vous pourrez me parler de votre femme et de vous ? » J’ouvre la bouche, pour aussitôt la refermer. Et déglutir difficilement sous son sourire. Elle n’a rien de Lara. Mais je veux si fort qu’elle est tout d’elle que je m’empresse de l’oublier. « J’ai comme l’impression que le destin veut que nous nous connaissions et il se trouve que je n’ai rien à faire de plus agréable que marché en compagnie d’un bel homme aujourd’hui. Donc Andreï, hein… C’est russe comme prénom ? » J’ai le sourire d’un imbécile. Je ne crois en aucun dieu, mais je suis en train de tous les supplier pour qu’aucune de mes connaissances n’en viennent à passer dans le coin, à me reconnaître et à me voir ainsi. Et surtout pas Mikkel. Ou Roman. Surtout pas Roman. « Bien sûr que ça me dit. Et je peux vous dire tout ce que je… vous… tout ce que vous voulez sur elle, peut être que… » Je sais que ce n’est pas elle. Mais je persiste à vouloir plier la réalité selon mes vœux les plus idiots. « Peut être que ça réveillera votre mémoire. »

D’un pas, j’initie le mouvement. Avant de me passer à mon tour une main dans les cheveux, pour mieux les décoiffer, pour mieux tenter de dissiper une nervosité croissante. Mais bienvenue. « C’est russe, oui. Je viens de Russie. C’est là-bas que nous nous sommes rencontrés. Lara était… » russe, elle aussi ? Non. Bien sûr que non : je n’ai pas le droit d’être franc à ce propos puisqu’il est évident que Laura n’a rien d’une russe. Si je veux maintenir l’illusion… Ma formation d’espion me souffle des hypothèses, s’appuyant sur son accent, sur sa manière de parler, sur ses traits, sa posture, tous ces indices qu’elle disperse, pour achever ma phrase... « américaine… mais ça ne nous a pas empêché de tomber amoureux l’un de l’autre. Je ne saurais toujours pas expliquer comment ça s’est fait. On a eu un petit garçon, ensemble, magnifique au possible. Un petit trésor. Mais… » Est-ce que c’est vraiment intelligent de ma part de lui dire que notre fils, ce petit trésor blond qui illuminait ma vie, s’est transformé en lavette et en crétin ? « Ca ne t’intéresse sûrement pas. » J’aimerais que ça l’intéresse. Qu’elle s’imagine un passé, qu’elle s’invente un futur, qu’elle… me berce d’illusion, se laisse bercer d’illusion, que l’on construise à deux un univers inventé. Et qu’on délaisse cette réalité merdique. Accessoirement. « C’est peut être indiscret, mais comment as-tu perdu la mémoire ? Tu ne te souviens de rien, d’absolument rien, ou juste de… tu ne te souviens absolument pas de moi ? »

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MessageSujet: Re: we walk in the beautiful country of the denial # Laura   Aujourd'hui à 15:25


Il y a quelque chose d’adorable quelque chose qui remue quelque chose quelque part dans le fond du ventre de Laura quand il sourit. Quelque chose d’un peu enfantin et de doux qui réveille un instinct de protection et de possession qu’elle ne pensait pas avoir en elle. Elle le dévore des yeux, s’empiffre de ses cheveux ébouriffés, de ses yeux clairs, de ses joues rosies par la gêne et de ce sourire. Elle enrage intérieurement, crie, se bat et tape contre les murs de sa mémoire. Si, sa rencontre avec Andreï l’a d’abord rempli d’espoir et de joie, l’absence de réaction de sa mémoire face à l’homme la frustre. Comment peut-elle retrouver qui elle est, ses souvenirs et ses proches, si son cerveau refuse de lui donner le moindre indice ? Comment peut-elle continuer à avancer si jamais rien ne semble avancer ? Les quelques brides de souvenirs qu’elle récupère çà et là, grâce à Lazlo et à la ville en générale ne lui suffisent plus. Elle n’en peut plus d’attendre, de rester passive la plupart du temps. Elle n’en peut plus de ne pas se souvenir et de se réveiller en larmes chaque nuit à cause du même cauchemar qui revient, revient sans cesse et semble la torturer. Elle veut savoir qui est ce jeune homme qu’elle voit se faire agresser avant que le noir ne tombe sur elle.

Un soupir défaitiste lui échappe, elle commence à être fatiguée de sans cesse se battre pour savoir qui elle est. Les yeux d’Andreï ne la lâchent pas, il suit d’un regard probablement aussi avide que le sien ses mouvements. Elle devrait se sentir gênée d’épier et d’être épiée comme ça, mais toujours, le regard d’Andreï ne la gêne absolument pas, elle ressent chacun de ses regards comme une caresse sourde, silencieuse et légère sur son corps et il y a si longtemps qu’on ne l’a pas regardé comme ça. Elle rougit néanmoins légèrement et détourne finalement le regard. Il parle, répond à ses questions et sa voix transperce la mémoire de Laura pour ne trouver que du vide. De nouveau, elle s’énerve contre elle-même, pourquoi sa mémoire est-elle incapable de lui donner la voix de celui qui semble avoir été la personne clef de sa vie ? Elle ne saurait pas la reconnaître et soudain la réalisation qu’elle l’a peut-être croisée dans la rue sans le reconnaitre transperce son cœur. Et si c’était le cas ? Elle mordille sa lèvre et se concentre sur ce qu’Andreï dit pour évacuer l’idée douloureuse. Elle ne tente même pas de retenir le petit rire qui lui échappe quand il lui donne son explication. « Effectivement ! Je n’avais pas envisagé les choses sous cet angle… »

Le sourire qui s’étend sur le visage d’Andreï, à l’évocation de la petite promenade qu’elle lui propose, transperce le cœur de Laura à nouveau. « J’adorerai… » Elle baisse la tête pour cacher ses joues rougissantes. Elle se sent comme une adolescente. Serait-il possible que l’homme de ses souvenirs ait un frère ? Ou alors que ce soit vraiment lui qui se tienne devant elle et qu’il ne la reconnaisse tout simplement pas ? Après tout, les quatre années qu’elle a passées hors des murs ne lui ont rien pardonné et son visage marqué n’en est qu’une des stigmates. Et Andreï commence à marcher et à parler et le cœur de Laura bat la chamade, son pas s’accorde aux siens avec une facilité déconcertante et elle regarde sa main qui se balance près d’elle, avec l’envie complètement déraisonnable de l’attraper et d’en enlacer les doigts. Et Andreï commence à marcher et à parler et le cœur de Laura bat la chamade, son pas s’accorde aux siens avec une facilité déconcertante et elle regarde sa main qui se balance près d’elle, avec l’envie complètement déraisonnable de l’attraper et d’en enlacer les doigts. Elle se gifle mentalement pour se sortir de sa torpeur et fixe du coin de l’œil le visage de son compagnon. « Ah, je l’aurais parié ! J’adore les sonorités russes… Je suis incapable de savoir pourquoi, mais je leur trouve quelques choses de… » Elle réfléchit, essaie de mettre un mot sur la sensation que lui évoque la Russie. « Rassurant. » Elle lui offre un sourire bancal, pas vraiment sûr qu’il comprenne pourquoi. Et elle l’écoute évoquer sa femme et sa voix se pare d’une chaleur et d’une douceur, lorsqu’il dit son nom, qui fait trembler le cœur de Laura. Puis, il évoque leur rencontre, l’amour qu’ils partageaient et qui à donner naissance à un fils. Et de nouveau, son cœur s’emballe, bat la chamade dans sa poitrine et son souffle se bloque dans sa poitrine. Elle sursaute et secoue la tête en dénégation quand il assène que tout cela ne l’intéresse probablement pas. « Bien sûr, que si ça m’intéresse ! Comment s’appelle-t-il ? Ton fils, c’est quoi son prénom ? » Le tutoiement est venu naturellement entre eux, comme s’ils se connaissaient depuis bien plus longtemps que cinq minutes. Elle soupire, baigné dans une sorte de bonheur qu’elle sait être factice à l’idée d’avoir peut-être retrouvé celui qu’elle cherche. Son cœur semble plus léger et elle se berce dans cette illusion bien heureuse pour quelques minutes. Jusqu’à ce qu’il lui pose à nouveau une question sur sa mémoire et que la petite bulle dans laquelle elle s’était caché n’explose.

Elle inspire profondément et frotte sa joue de sa paume avant de pousser ses cheveux derrière son oreille. « Ahem… Je me souviens pas de ce qu’il s’est passé en détail… Mais, apparemment quelqu’un à qui je tenais, un garçon entre vingt et vingt-cinq ans, je dirais, très beau… » Elle se perd dans le souvenir, ses yeux plongeant dans la scène. « … Se faisait attaquer par des Peacekeeper et… Quelqu’un m’a assommé pour m’empêcher d’aller l’aider, je pense… » Elle redresse la tête et plonge son regard dans celui d’Andreï, si semblable à celui du jeune homme de son souvenir. « Je ne sais pas qui, ni pourquoi, mais je sais que c’était… Il y a environ trois ans. » Elle soupire et passe la main dans ses cheveux, consciente que le jeune homme de ses souvenirs doit être un homme aujourd’hui et qu’il est probablement loin de se soucier de Laura, si au moins il sait qui elle est. Et la question suivante brise un peu son cœur, parce que l’expression sur le visage d’Andreï est si différente de celle qui s’est affichée sur celui de Lazlo. Le jeune homme était juste naturellement et simplement heureux de retrouver la blonde quand Andreï semble plein d’un espoir qu’elle ne veut pas briser. « Je… J’ai quelques brides de souvenirs… Pas grand-chose, la plupart de ce que je sais, sur moi, je l’ai obtenu d’un ami que j’ai retrouvé un peu par miracle… Donc, non, je ne t’ai pas juste oublié toi… » Elle soupire à nouveau et se mordille la lèvre avant de raconter un peu de qui elle est. « Je sais qu’apparemment, je suis censée avoir une famille avec des enfants, mais j'suis incapable de me souvenir de quoi que ce soit à propos d'eux, ni nom, ni visage... » Elle laisse échapper un petit rire, un peu amer. «Voilà, c’est pas énorme, mais c’est tout ce que je sais de moi. » Elle s’arrête devant un parc et attrape la manche d’Andreï pour lui faire prendre la direction du coin de verdure. « C’est pas très intéressant. » Elle esquisse une petite grimace gênée et avançant à l’ombre des arbres, elle aperçoit une fontaine vers laquelle elle se dirige avant de s’asseoir sur le rebord et de laisser ses doigts glisser dans l’eau. « Continue à me parler de toi, c’est agréable… » Elle sourit à Andreï, se gorgeant une fois de plus de son visage qui semble sortir de ses souvenirs.

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Everybody loves the things you do From the way you talk to the way you move. Everybody here is watching you, cause you feel like home. You're like a dream come true. But if by chance you're here alone, Can I have a moment before I go? Cause I've been by myself all night long hoping you're someone I used to know ×
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