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 Cause it's hell when you're around [Noah]

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MessageSujet: Cause it's hell when you're around [Noah]   Jeu 1 Sep - 22:10


« And it hurts so bad inside »



Noah & Enya
featuring


So fuck you, and all we've been through
I say Leave it, if it's nothing to you
And do you hate me? Then hate me so good
That you can let me out, let me out,
let me out cause it's hell when you're around.


« Enya ? »
Je relève la tête de mon patient à l’appel de mon nom. Kaylee a passé la tête par la porte, elle semble gênée, mal à l’aise. Ce n’est pourtant pas vraiment dans son habitude. Fronçant les sourcils, je m’approche d’elle.
« Il y a un souci ? »
«Noah Meadow t’attend en salle de repos. Il a dit que c’était important. »
Mon cœur se serre et le monde s’arrête pendant une seconde. Il est venu jusqu’ici. Noah est venu jusqu’à l’hôpital pour me voir. Il n’est plus question de l’éviter désormais, il faut l’affronter. Et l’idée en elle-même me terrorise. Je hoche la tête fébrilement.
« OK, j’y vais. Merci, Kaylee. »
Kaylee s’efface avec un sourire et me revoilà seule avec mon patient. Je finis son pansement du mieux que je peux, mais je sais que mon état doit être pitoyable. Je tremble comme une feuille, j’ai l’impression que mon cœur va me remonter dans la gorge. Je pourrais fuir l’hôpital. Mais à quoi bon ? Il faudra bien que je parle à Noah un jour. Ma garde se termine dans cinq minutes. Cinq longues minutes que je passe à finir le pansement de mon patient, silencieuse, paniquée. Je retire ma blouse et me dirige presque à reculons vers la salle de repos. J’inspire un grand coup avant d’entrer. Je peux le faire. Mais je vais lui dire quoi au juste ? Par quoi commencer ?

Par ce cauchemar que j’ai fait ? Celui où Maisy Weaver m’avouait qu’ils couchaient ensemble. Confirmant mes peurs profondes, elle m’avait dit, non sans malaise, qu’ils partageaient des moments intimes de façon régulière. Et puis Noah était mort, je l’avais vu mort. Cette vision me hantais encore parfois quand j’allais dormir. Mais ce n’était qu’un cauchemar. Aussi réel qu’il paraisse, ce n’était qu’un cauchemar. Je m’étais réveillée dans mon lit au matin, pleine de sueur, le cœur battant la chamade, la tête emplie de visions d’horreurs. Mais je n’étais pas dans ce manoir sur cette île. Noah n’était pas mort. Alors il ne couchait probablement pas avec Maisy Weaver non plus. Et pourtant cette impression me poursuivait.

Je pouvais aussi lui parler de Timothée. De cette nuit sur le toit. De ce que j’avais ressenti avec ce quasi-inconnu. Nos baisers. La façon qu’il a de créer une bulle autour de nous. De m’écouter réellement. De m’apprécier pour qui je suis. De me faire sentir géniale pour moi-même.

Je pouvais lui parler de Morienval. De la goutte d’eau qui avait tout fait déborder. Morienval était un homme cruel, sans pitié, manipulateur, effrayant. Mais ce qu’il m’avait dit sur Noah m’avait bouleversée. J’en avais pleuré pendant des jours, était entrée dans une crise violente qui avait duré deux jours. J’avais eu des idées toutes plus sombres les unes que les autres, seule dans mon appartement, à vider mes placards d’alcool. J’étais remontée Dieu sait comment. Comment on remonte, quand on apprend que l’homme qu’on aime, qui partage notre cœur et notre vie depuis des mois, nous ment depuis le début ? Noah n’était pas un psychiatre de 32 ans. Etait-il seulement réellement psychiatre, d’ailleurs. Il avait plus de huit siècles d’après Morienval. Et il avait assassiné des gens. Aida était morte depuis des siècles aussi, pour ce que j’en savais. Le fantôme qui l’empêchait de m’aimer était mort depuis des siècles.

Pour tout ça, je l’avais évité depuis des semaines. J’avais prétexté être malade la première fois qu’il était venu. Puis j’avais prétexté avoir des trucs urgents à faire. Puis je n’avais rien prétexté du tout, j’avais juste refusé d’ouvrir. Je ne pouvais pas le voir. Je ne pouvais pas me retrouver face à lui, pas avec tout ce que je savais désormais. Je ne savais pas comment parler de tout ça. J’avais peur de la façon dont il réagirait. Il pourrait me mentir encore, ce qui serait horrible. Ou pire, il pourrait confirmer et mon monde s’écroulerait pour de bon. Il pourrait aussi se mettre en colère, comme il le faisait, et il finirait par me faire culpabiliser pour ses propres erreurs. J’avais toutes les peines du monde à m’opposer à lui. Chaque fois qu’il était face à moi, il avait cette aura magnétique qui me faisait dire oui à tout. Je ne savais juste pas lui résister. Je pourrais mourir pour lui. Je le pourrais encore aujourd’hui, je crois, malgré ses mensonges. Pitoyable, pas vrai ? J’étais une pauvre droguée, accro à sa dose de Noah, prête à tout pour en avoir encore un peu. Je repassais les derniers mois dans mon esprit et je me demandais comment j’avais pu ne pas savoir, ne pas voir. Ne pas poser de questions.

Mais il était temps pour les questions. Temps de dire non. Temps d’être moi et de laisser les fantômes derrière.

J’ouvre la porte et alors que je lève les yeux, il est là. Mon cœur tombe de trente étages. Il est toujours aussi beau. Il faudra qu’il m’explique comment il a gardé une telle beauté en huit siècles.
« Salut. J’ai terminé ma garde, alors, j’ai tout mon temps. »
La plus neutre possible, mais je garde une distance entre nous. Je sais que si je m’approche trop, si je fais l’erreur de m’approcher, de sentir son odeur, de goûter à ses lèvres, je risque de rechuter et de ne jamais résister.




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↳ Opinion Politique : A voile et à vapeur, là où l'intérêt le porte, soit essentiellement le Gouvernement puisqu'il pourrait lui permettre une petite ascension sociale qui ne serait pas de refus.
↳ Niveau de Compétences : 4 avec une préférence pour la magie noire et les fessiers joufflus
↳ Playlist : ♫ haunted - radical face ♫ obstacles - syd matters ♫ otherside - what about bill? ♫ leis ganz leis - oomph! ♫ million miles - dizraeli and the small gods ♫ the first circus - the real tuesday weld ♫ idgaf - watsky ♫
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MessageSujet: Re: Cause it's hell when you're around [Noah]   Mar 13 Sep - 13:55



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Attendre. Attendre encore, attendre toujours, écouter le claquement obnubilant de cette maudite horloge sur son bureau, égrénant inlassablement les minutes, les secondes, avec une constance qui lui mettait les nerfs en pelote. Attendre toujours, ce coup de fil, ce signal, cette preuve qu'il y avait une autre constante dans ce maudit monde que le temps. Deux jours étaient suffisants, une semaine passable, mais le temps s'était étiré, étiolé, au point d'attendre le point de rupture. Au point que l'horloge avait fini, jetée avec force, à l'autre bout de la pièce alors que Noah s'était levé de son fauteuil sous un de ses énièmes coups de sang.

Ils étaient trop nombreux, ces derniers jours. La preuve d'une frustration qui n'en cessait de croître, dangereuse, l'envahissant avec toujours plus de ferveur. Le temps avait toujours été son allié le plus inestimable, mais plus maintenant. Pas alors que cela faisait des semaines entières qu'Enya trouvait tous les prétextes du monde pour qu'ils ne se voient pas, pas alors que son corps tout entier tremblait de ne pas retrouver son contact. Même envie viscérale qu'auparavant. Mêmes tremblements au bout de ses extrémités, tressautements d'angoisse mêlée de colère, bouillonnement d'émotions. Le manque aurait suffit, si ce n'était pas cette sensation désagréable qui creusait de plus en plus son estomac. La sensation qu'Enya avait une raison de l'éviter.
Ca ne s'était pas fait du jour au lendemain, non. La réaction de rejet avait été progressive, grimpant en crescendo, mettant un point d'arrêt à leurs entrevues sans que Noah n'en connaisse la raison, sinon ce mauvais pressentiment. Pas de cris. Pas de larmes. Pas de hurlements. Juste ses lèvres, si douces, qui s'ouvraient continuellement sur des excuses toutes plus creuses les unes que les autres, alors qu'elle lui intimait très clairement de dégager.
Inadmissible.

Inadmissible, surtout, cette sensation dévorante qui l'empêchait à présent de dormir. Les questions avaient commencé à progressivement dévorer le cours naturel de ses pensées, alors que pour la énième fois elle avait refusé de répondre à ses nombreux appels. Incapable de lui apporter des réponses satisfaisantes, le silence s'était fait blessant, haïssable. Et si le psychiatre avait eu son lot de distractions, si les évènements s'étaient précipités tout autour de lui, ils n'arrivaient pas à le détacher de cette idée fixe : Enya se doutait de quelque chose. Il ne pouvait pas y avoir d'autre explications. La jeune femme était un livre ouvert depuis les prémisses de leur relation, son naturel sincère et spontané trahissant chacune de ses pensées les plus profondes même quand elle s'échinait à les cacher. Le fait qu'elle se soit refermée aussi vite, lui refusant tout accès à sa psyché ou seulement à ses lèvres, était suspect. Et Noah avait beau chercher, décortiquer les rares mots qu'elle lui avait adressés ces derniers jours, il n'arrivait pas à comprendre l'origine de ses troubles.
Pas plus qu'il ne parvenait à comprendre pourquoi elle lui refusait la dose d'ivresse que provoquaient ses lèvres, ses regards, la sensation fugace de ses doigts sur sa peau, avec autant de ferveur.

La colère s'était accumulée, elle aussi, dans les tréfonds de son esprit. Vagabonde, elle avait erré quelques temps avant de finalement s'implanter sous ses boucles brunes, histoire de mieux s'y propager. En y réfléchissant bien, elle était la raison de cette sortie impromptue avec Niklas. Elle était bien la raison pour laquelle le sang avait coulé cette nuit-là, alors qu'il s'était fait la promesse de ne plus souiller que les mains d'autres personnes pour assassiner, si nécessaire. Exaltante, cette nuit. Une énième occasion de se sentir vivant quand le reste de son existence foutait le camp. Quand les traits d'Aida, son Aida, disparaissaient progressivement de sa mémoire, faute d'une constante, d'un rappel auquel se raccrocher. Faute d'Enya, Son vaisseau imparfait, indigne, et pourtant vital.
Oui, vitale. Oui, essentielle. Oui, imparfaite. Oui, haïssable.

La solution s'était imposée d'elle-même. Tenter de la voir chez elle n'avait rien apporté de bon, sa porte ne s'étant jamais ouverte suffisamment pour le laisser passer. Tenter de l'appeler n'apportait plus ses fruits depuis belle lurette. Alors il n'avait plus réellement le choix. S'il souhaitait revoir son amante, il serait obligé de prendre les devants. Il serait obligé de la voir directement au seul endroit où elle ne pourrait pas l'éconduire, de peur de se ridiculiser en public. Le vieux réveil d'avant-guerre traînant encore piteusement au sol, il ne prit pas la peine de le ramasser et fila directement vers la porte de son appartement. Ses rendez-vous de l'après-midi attendraient devant une porte close, grand bien leur en fasse. Il y avait des affaires plus pressantes. Il y avait des réponses qu'il se devait de recevoir, au risque de s'y brûler. La frustration était un de ces fléaux contre lesquels il était incapable de lutter. Il était donc temps que ça cesse.

Il aurait pu charmer Kaylee, lui faire croire que tout allait bien. Du moins si elle s'appelait effectivement Kaylee, Noah ayant tout juste lorgné sur le badge de cette infirmière absolument inintéressante. Le masque de l'homme affable et courtois qu'il endossait habituellement était resté chez lui, en arrière, alors que les mots avaient claqué envers la jeune femme pour qu'elle aille quérir Enya. Il l'avait observée filer à travers le dédale de couloirs, avant de faire les cent pas dans la salle de repos. Douce ironie que ce nom, vu la colère qui dévalait le long de ses veines.  
Ses doigts traînaient distraitement sur le dossier d'un fauteuil confortable en faux cuir tandis que la porte s'ouvrait à nouveau derrière lui. Tandis que le parfum subtil qui s'engouffrait dans la pièce, un parfum qui lui avait manqué à lui en faire physiquement mal, le poussait à se retourner.
Enya.

Il la laissa parler, ses doigts effleurant toujours la surface lisse du skaï noir, feignant un calme purement extérieur. Puis il releva les yeux, une vague de dégoût étreignant son coeur alors qu'il retrouvait ces traits trompeurs, décevants, pour la première fois depuis des semaines. Ah, elle avait tout son temps. Il ne put retenir un ricanement amer devant une telle grandeur d'âme.

-A la bonne heure, alors, si tu as tout ton temps. Il aurait bien été dommage de te faire perdre la moindre seconde par ma présence, surtout considérant à quel point elle semble t'incommoder ces derniers temps.

Pourquoi s'embarrasser d'une once de mièvrerie alors qu'ils étaient clairement déjà hostiles ? Noah porta un regard accusateur sur la jeune femme, la toisant quelques secondes, évaluant son attitude. Pas un mouvement, pas une tentative pour se rapprocher. Une froideur inconnue, brutale et soudaine, qui assourdit sa propre colère. Il pourrait, s'il le voulait. Il pourrait traverser la pièce pour prendre possession de ses sens et l'embrasser directement. Mais il n'en avait pas envie. Il pourrait tout aussi bien enrouler ses doigts autour de sa gorge délicate pour l'étrangler, mettant un point définitif à leur relation. Très définitif. Mais il ne le ferait pas. Seul Niklas connaissait cet aspect de sa personnalité, et il était préférable qu'il soit le seul dans cette situation.
Ce qui n'empêcha pas la colère de s'exprimer à nouveau, sa voix se modulant dans une tonalité profonde, irritée.

-Fais-moi penser à prendre rendez-vous la prochaine fois que je voudrai te voir. Quitte à être gracié de ta présence, autant que ce ne soit pas seulement par ma propre volonté, mais d'un commun accord.

Il se savait exécrable, pourtant ne l'avait-elle pas mérité ? Incapable de s'arrêter, il continua, son ton sourdant toujours de cette colère sous-jacente qui n'attendait que de pouvoir éclater.

-Puis-je savoir précisément les raisons pour lesquelles tu sembles aussi inaccessible, Enya ? Et non, prétendre avoir beaucoup de travail n'est pas acceptable, quand bien même ce serait une bonne raison. Car j'ai la très nette sensation que ce n'est pas de cela qu'il s'agit.

Sa langue claqua, ponctuant ses paroles alors qu'il la jaugeait à nouveau. Il savait qu'elle avait et le droit, et la possibilité de partir aussi sec et lui claquer la porte au nez, cette dernière se trouvant littéralement à deux pas de l'endroit où elle se trouvait actuellement. Le sorcier avait toutefois d'autres alternatives dont il n'aurait aucun scrupule à se servir. Prétendre qu'une porte est verrouillée est un jeu d'enfant. Il pourrait aussi céder à cette pulsion maladive qui, bien qu'étouffée par sa fureur, l'incitait à la prendre dans ses bras et retrouver le doux mirage de la présence d'Aida. Mais il n'en ferait rien.
Ce n'était pas à l'ordre du jour.


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MessageSujet: Re: Cause it's hell when you're around [Noah]   Mar 13 Sep - 21:57

« A la bonne heure, alors, si tu as tout ton temps. »
Il est en colère, de toute évidence. Je m’y attendais, après tout, cela faisait des semaines que je le repoussais. Et Noah n’aimait pas être repoussé. On en arrive donc au moment où il passait ses nerfs, sur moi. Et ce regard méprisant que je connais trop bien se pose sur moi avec toute la froideur dont il est capable. Je m’étais préparée à ça, à ce regard, à ce ton. A ce qu’il emploie des mots blessants. Je m’y étais préparée et pourtant, cela fait mal quand même à entendre. Au fond je suis bien incapable d’être neutre et de laisser couler les mots sur moi sans que cela m’atteigne. Cela m’atteignait toujours, et ça m’atteint aussi maintenant.
« Il aurait bien été dommage de te faire perdre la moindre seconde par ma présence, surtout considérant à quel point elle semble t'incommoder ces derniers temps.»
Il avait de bonnes intuitions, au moins. Bien sûr, il n’était pas idiot. Menteur, mais pas idiot. La première excuse avait peut-être fonctionné, la seconde était peut-être passée, mais à la troisième il avait dû comprendre. Il me connait, il me connait trop bien pour ne pas me comprendre. Ce qui m’étonne le plus, en réalité, c’est qu’il ne soit ici que maintenant. Je pensais qu’il débarquerait en trombe à l’Adventist bien avant aujourd’hui. J’ai eu un peu de répit. Je n’en ai plus. Il est en colère, et il débite encore, toujours plus de reproche.
« Puis-je savoir précisément les raisons pour lesquelles tu sembles aussi inaccessible, Enya ? Et non, prétendre avoir beaucoup de travail n'est pas acceptable, quand bien même ce serait une bonne raison. Car j'ai la très nette sensation que ce n'est pas de cela qu'il s'agit. »
Il y a encore quelques semaines, tous ces mots m’auraient brisé le cœur. J’aurais baissé la tête, versé une larme peut-être, aurait imploré pardon, l’aurait embrassé et aurait espéré très fort que la brèche était refermée. Mais pas aujourd’hui. Je lutte contre moi-même, contre ma propre nature, et je reste la tête levée, le regard vers lui. Je ne cède pas aujourd’hui. Et bon sang, c’est douloureux, de ne pas céder. De rester à distance. Parce que malgré tout, tout ce que j’ai entendu et vu, tout ce que je sais, je l’aime. J’aime Noah, je l’ai dans la peau, je l’ai dans l’âme. Mais j’ignore si l’homme que j’aime est réel, au fond. L’homme que j’aime est probablement un mensonge, une illusion créée juste pour moi, pour le fantôme d’une femme disparue il y a des siècles. Je ne sais même pas ce qui est réel dans notre relation. Au point où j’en suis, je remets tout en cause. Et ça me fait mal, et ça me met en colère, et ça me rend triste, et déçue, et j’ai tellement d’émotions négatives en moi que je pourrais imploser. Alors je garde la tête haute et j’attends qu’il ait fini de parler. Le silence s’installe, une seconde, deux. A la troisième, j’ouvre la bouche.

« Rafael Morienval est venu me parler, ici, il y a des semaines. »
Le simple fait de prononcer ce nom me donne un haut de cœur. Le souvenir que j’ai de notre rencontre est encore brûlant. Parce que Rafael Morienval m’a effrayée au-delà de ce que j’avais ressenti depuis longtemps. Parce que j’ai abandonné mes principes et dénoncé un collègue. Parce que c’est lui qui a tout déclenché. J’inspire un grand coup, faisant passer la nausée, avant de continuer.
« Pas pour me parler de toi, au départ. Mais ton nom est venu dans la conversation. Et il….»
Dire que je voulais protéger Noah. Je voulais juste protéger la personne que j’aime le plus au monde. Et j’ai récolté une vérité cruelle. Une vérité que j’aurais peut-être préféré ne jamais connaitre. Mon cœur bat si fort dans mon corps que j’ai l’impression que si je ne le calme pas, il déchirera ma cage thoracique pour s’enfuir loin. Mes tripes sont en boule, pas dans le bon ordre. Le moment que je redoute depuis déjà un moment arrive. Celui où mon monde s’écroule.
« En quelle année es-tu né, Noah ? S’il te plait, ne me fais pas l’affront de me dire que tu as 36 ans. »
Je ne veux plus de mensonges. Huit siècles, a dit Morienval. La Renaissance. Noah serait né en pleine Renaissance, celle que j’étudiais dans mes livres d’histoire quand j’avais 12 ans. L’idée est tellement inenvisageable. J’ai été si naïve. Je me suis laissée emporter dans cette relation déséquilibrée. Je m’accrochais à Noah, à son calme, comme s’il était un roc, qu’il pouvait gommer mes imperfections avec son sourire. Et pendant tout ce temps il m’a menée en bateau. Il m’a menti sur tout. Noah Meadow n’est peut-être même pas son vrai nom, d’ailleurs. Il n’est probablement pas psychiatre. Et si Morienval disait vrai sur toute la ligne, il a participé à des meurtres. Il y a aussi ce cauchemar avec Maisy Weaver. Je ne sais plus ce que je suis censée croire, tout me parait irréel. Je voudrais juste qu’il me dise que Morienval disait faux, qu’il me rassure, et qu’on puisse reprendre le cours de notre vie. Mais je ne suis plus assez idiote pour croire que c’est ce qui va se passer. Ce qui se passe, c’est que j’ai cru un menteur, et que maintenant je meurs à petit feu.

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MessageSujet: Re: Cause it's hell when you're around [Noah]   Lun 31 Oct - 15:51

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La colère comme seule maîtresse. Elle excitait ses sens, aiguisant sa vue, son odorat, son ouïe. Et s'il aurait eu envie de goûter les lèvres d'Enya, et s'il avait envie de la toucher, il savait que la Colère l'empêcherait de profiter de chacune de ses sensations. Barrière, elle l'était autant que ce silence qu'avait respecté scrupuleusement sa compagne. Ennemie, elle s'était insinuée dans chacun des recoins de l'esprit du sorcier, lui rendant impossible toute retenue. Prisonnière, elle fut contrainte de retenir ses hurlements outrés lorsque la petite brune reprit la parole, après ce maudit silence, qu'il aurait eu envie de combler de son propre fiel.

Puis vint la raison, avec la même délicatesse qu'un couperet qui s'abattrait sur la nuque d'un condamné à mort. Rafael Morienval est venu lui parler. N'était-ce pas sensiblement la même chose, après tout ? Parce que le coup que prit Noah, là, en plein torse, lui fit sensiblement le même effet que quand il avait assisté au massacre de ses Pères de la main même du susnommé. Un cercle perpétuel, une boucle faite pour ne jamais être brisée. On se moque, on rit, en prétendant que l'Histoire ne fait jamais que se répéter. Mais tel était effectivement le cas. Après une trêve temporaire, juste suffisante pour assoupir ses sens, IL était repassé à l'attaque. Il était revenu, dans le but de détruire une nouvelle fois tout ce que Noah avait construit. Pour anéantir à nouveau tout ce qu'il aimait.
Il eut beaucoup de mal à saisir l'ironie du geste, sur le moment. Pourtant ce n'était pas faute de manquer de cynisme. Mais là, quelque chose lui échappait prodigieusement. Le pourquoi de toute cette situation.
La raison pour laquelle le renégat l'avait approchée, si ce n'était pour le détruire une nouvelle fois.

A court de mots, il l'avait laissée s'exprimer. Ses nerfs étaient tellement à fleur de peau qu'il ne prit pas la peine de cacher sa stupéfaction à son amante, quitte à trahir une de ses faiblesse. Sa plus grande faiblesse. Celle d'une vie qu'elle n'était pas supposée connaître, et qu'il avait prévu de ne jamais lui divulguer. Pourquoi faire après tout ? Elle ne méritait pas un tel aveu, un tel fardeau. Son âge, son passé, tout était un secret qu'il gardait si jalousement sous clé que c'en était littéral. Que la clé de l'escalier menant à l'étage, dans son appartement, n'avait pas de double, et qu'elle pesait actuellement dans la poche intérieure de sa veste. Il pouvait la sentir contre sa chemise, frottant son torse à chacune de ses profondes inspirations. Alors que l'Homme qui incarnait tout ce qu'il lui restait d'un passé encore trop proche ait pris contact avec son Actuelle, c'était de trop. Que lui avait-il dit ? Qu'avait-elle cru ? Les questions se bousculaient dans sa tête, alors qu'une goutte de sueur glaciale courait le long de son échine. Alors qu'il sentait tout son monde s'effondrer brique par brique tout autour de lui, l'illusion d'Aida, l'illusion d'Enya, volant subitement par éclats. Poussières d'illusions. La magie, sa magie, qui revenait le gifler en pleine figure.

Par réflexe, il avait enroulé ses doigts sur l'extrémité d'un dossier de chaise. La matière en plastique le ramena à l'ordre alors que la pulpe de ses doigts devenait douloureuse, tant il serrait fort. Tant l'angoisse d'avoir été entièrement dévoilé happait tout son système. Le regard rivé sur Enya, noir, il l'écouta buter sur les mots. Il l'écouta, attentivement, cherchant la faille. Cherchant le doute. Scrutant ce moment critique où sa voix flancherait, trahissant le manque d'informations. Jusqu'où savait-elle, et, surtout, le croyait-elle ? La colère s'était estompée, laissant place à cette terrifiante froideur dont il se savait capable. Ce détachement qu'il abhorrait.
Puis vint la question. Une question si pure, si innocente. Si naïve, aussi. Si plaintive. Si... Méprisable. Abjecte. Un rictus ourla ses lèvres naturellement courbes, alors que le départ d'un ricanement ébranlait tout son corps. Pitoyable.

-Bien sûr. Il est venu non pas pour te parler de moi, mais "le sujet est venu naturellement". Le hasard fait si bien les choses.

Il n'en croyait pas un mot. Bien sûr qu'il n'en croyait pas un mot. Il connaissait bien trop son Frère pour savoir qu'il n'était pas venu voir Enya dans le seul but de parler chiffons et poires de lavement avec elle. Rafaele n'avait jamais eu qu'un seul but dans sa vie, et c'était de lui nuire. Purement et simplement.
L'hilarité, contagieuse, presque libératrice, finit par s'échapper dans ce ricanement qu'il avait tenté de retenir. Lui rire à la figure. Ricaner à la face du monde. Parce que si elle l'avait rejeté parce qu'elle avait croisé Morienval, elle ne valait pas mieux que lui.

-Mon âge ? Ainsi outre parler non pas de moi, mais quand même de moi, il t'a aussi mis en tête que je n'avais pas 36 ans ? Il t'a dit quoi au juste ? Que j'avais 800 ans ? Et quelle a été sa prochaine trouvaille ? Morienval a toujours eu l'art de manier l'humour le plus douteux que je connaisse, mais là, on tient sa meilleure farce !

Sur le fond, il n'avait fait que lui dire la vérité. Mais qu'elle se mette à lui poser la question alors qu'il n'y avait aucune raison qu'elle croit le premier inconnu venu, ça, ça n'avait aucun sens. Et ça prouvait à quel point ses propres doutes étaient fondés, vis à vis d'Enya. Non. Elle ne serait jamais comme Aida. Jamais. Parce qu'Aida ne se serait pas laissée convaincre aussi facilement par de telles foutaises. Parce qu'elle l'aurait défendu bec et ongle, parce qu'elle l'aurait confronté si nécessaire.
Parce qu'elle n'était pas aussi dupe que cette misérable Enya.

-Tu sais ce qui est le plus blessant, dans toute cette affaire, ma Douce ? Que tu aies cru les allégations d'un homme aussi naturellement tordu que Morienval. Que tu aies cru au fin fond de ta pitoyable personne qu'il puisse dire la vérité. Et surtout que tu aies remis toute mon intégrité en cause parce qu'il a su planter cette minuscule graine de doute qui a fini par germer dans ton esprit. Mais est-ce que je t'ai caché mon âge ? Non. A toi de définir qui d'un sinistre inconnu ou de moi tu dois croire.

Si, quelques minutes plus tôt, il avait eu envie d'attraper la chaise sur laquelle il s'appuyait par le dossier pour la jeter contre le sol, tel n'était plus le cas. Parce que la froideur était retombée sur ton son corps, enveloppant d'un mépris et d'une haine chaque parcelle de son être. Après tout, à quoi bon ? Elle était haïssable, pour avoir réagi comme ça.
Abjecte.

-Quel dommage, que les affabulations d'un inconnu priment sur mes propres paroles. Surtout après un an de relation, de partage, et d'un amour sincère. Parce que oui, je t'ai aimée, Enya Rivers. Mais quand je vois que tu n'es même pas capable de faire confiance à l'homme qui partage ta vie sur quelque chose d'aussi petit que son âge, je crains que notre relation ne tienne finalement qu'à bien peu de choses.

Sans le vouloir, sa voix s'était rompue sur sa dernière phrase. Sans le vouloir, la déception avait repris ses lettres de noblesse, combattant la froideur analytique, terrassant la haine, le mépris, et emmenant dans son giron cette infime dose de tristesse qui venait d'étreindre sa gorge. Quel dommage, oui. Quel dommage d'avoir été aussi bien, aussi dépendant, viscéralement dépendant, d'une femme qui n'avait d'attrait que le charme qui s'en dégageait. Qui n'avait de surréel que le fantôme d'Aida, dans certains de ses gestes, dans certains de ses traits. Et pourtant malgré tout, oui, il regrettait. Oui, il était blessé. Oui, ses yeux s'étaient embrumés, rougis, contre sa propre volonté.
Car n'est pas Homme qui ne peut ressentir. Et Noah, malgré tout son mépris, malgré les guerres et les siècles, demeurait être un homme, au fond.

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MessageSujet: Re: Cause it's hell when you're around [Noah]   Mar 1 Nov - 19:41

Noah brisa enfin le silence. J’attendais une réponse, sincère, honnête. Mais j’eus un nouveau laïus, froid, d’une colère sourde. Noah et ce Rafael Morienval avaient définitivement un passif, dont j’ignorais tout, mais qui n’était pas beau. Noah semblait vraiment être en colère. Je pouvais le comprendre ; je l’acculais après des semaines de silence. Sa colère faisait écho à ma propre colère, que je cachais un peu mieux que lui.
« Il t'a dit quoi au juste ? Que j'avais 800 ans ? Et quelle a été sa prochaine trouvaille ? »
Je me figeai. Oui, c’était ça. Il m’avait dit que Noah était vieux de plusieurs siècles. Qu’il le balance de cette façon était troublant. Ce n’était ni une confirmation ni une infirmation, juste une question teintée à la fois de mépris et d’ironie.
"Tu sais ce qui est le plus blessant, dans toute cette affaire, ma Douce ? Que tu aies cru les allégations d'un homme aussi naturellement tordu que Morienval. »
Mon cœur se serrait un peu plus à chaque mot. J’avais cru Morienval. Je n’avais pas vraiment eu besoin de réfléchir. Quand il avait dit ces choses sur Noah, je les avais crues. Je n’avais rien vérifié, comment aurais-je pu de toute manière ? Alors j’avais pris ce que Morienval avait dit pour acquis. Noah me soutenait qu’il n’avait pas menti sur son âge. Que je devais choisir de le croire, lui, au lieu d’un inconnu. Le choix aurait dû être simple. C’aurait dû être Noah, instantanément, sans condition. L’homme que j’aimais contre un inconnu qui me fichait la chair de poule. C’aurait dû être simple. Mais ça ne l’était pas. Noah avait beau m’assurer qu’il ne m’avait pas menti et que Rafael Morienval était un manipulateur, j’avais ce doute qui persistait, qui s’était insinué dans mes tripes.
« Quel dommage, que les affabulations d'un inconnu priment sur mes propres paroles. Surtout après un an de relation, de partage, et d'un amour sincère. Parce que oui, je t'ai aimée, Enya Rivers. Mais quand je vois que tu n'es même pas capable de faire confiance à l'homme qui partage ta vie sur quelque chose d'aussi petit que son âge, je crains que notre relation ne tienne finalement qu'à bien peu de choses. »
Le coup fatal. Je pris conscience de ce qui était en train de se passer. Noah avait raison. J’avais remis en question, depuis des semaines, un an de relation. J’avais remis toute la sincérité de Noah en cause, parce qu’un homme que je ne connaissais pas et qui m’avait menacé m’avait affirmé qu’il mentait. J’avais juste tout remis en cause. Il ne m’avait pas fallu grand-chose. Juste quelques paroles d’un homme. Quelques minutes contre un an. J’avais décidé de tout envoyer en l’air. Ma confiance en Noah ne tenait qu’à ça. Non. Elle ne tenait plus qu’à ça. Il y a encore peu de temps, je vouais une confiance sans faille à Noah. Je ne voyais qu’à travers lui. Je l’aimais contre moi-même, contre le monde entier, sans hésitation. Je ne cherchais pas à comprendre, je ne doutais pas. Mais ça avait changé. Tout avait changé. Et la relation que Noah et moi avions avait changé aussi, s’était délitée, n’était plus que l’ombre de ce qu’elle était. La vérité, c’est que les affirmations de Morienval avaient été le prétexte que je cherchais inconsciemment pour fuir Noah.

Et là, devant lui, incapable de justifier quoi que ce soit, cela me frappa en plein cœur. Toutes ces choses que j’acceptais au début, que j’avais fini par ne plus savoir accepter petit à petit. Quand Noah me disait qu’il m’avait aimé, au passé. Quand il m’avait avoué, tremblant, qu’il était incapable de m’aimer. Quand il s’énervait de cette colère sourde qu’il arborait maintenant, me balançant des mots tous plus blessants les uns que les autres. La facilité avec laquelle il pouvait me dire que j’étais une pitoyable personne. Ses absences à lui, pendant des jours, après lesquelles il revenait comme si de rien n’était. Je l’accueillais à bras ouverts chaque fois. Jusqu’au moment où j’avais été fatiguée de le laisser partir et revenir, que ce que je ressentais pendant ces moments ne compte pas. Comme j’étais plus moi-même avec un inconnu comme Timothée qu’avec Noah. Parce que je n’étais pas Enya. J’étais le fantôme d’Aida, d’une femme qui devait être si belle, si parfaite. C’était elle le véritable amour de Noah. Je n’étais pas assez bien pour être elle. Je n’étais pas assez bien pour être avec lui. Elle avait été chanceuse, Aida. Parce que quand Noah était aimant, il était magnifique, il me rendait tellement heureuse. Mais quand je n’étais plus assez, il me rendait malheureuse, tellement malheureuse.

Notre relation ne tenait pas à grand-chose. Une illusion que j’entretenais de mon mieux et auquel Noah voulait bien croire la plupart du temps. Une addiction partagée, qui s’était installée depuis notre rencontre, qui m’avait donné envie de mourir chaque fois qu’il n’était pas là. Mais même ça, était en train de s’effacer. J’avais commencé à vivre autrement que par Noah. J’avais compris qu’il n’avait pas besoin de moi pour vivre. J’avais compris que l’amour que j’avais pour lui ne lui suffisait pas. Et il avait commencé à ne plus me suffire non plus. Les larmes me montèrent aux yeux, plus fortes que moi. Elles étaient toujours plus fortes que moi.
« Peut-être bien », murmurai-je. « Peut-être que ça ne tenait pas à grand-chose. Peut-être que ça ne tient plus du tout. »
Mon cœur saignait, parler faisait un mal de chien. Je savais où cela allait mener, je le sentais. Et j’avais envie de mourir. Je ne pensais pas qu’on en arriverait là un jour. Je m’imaginais que Noah et moi, on serait solides jusqu’à la mort. Et aujourd’hui, je voyais le bout de l’histoire. Je ne voyais que la fuite.
« Je suis fatiguée, Noah. Fatiguée de lutter. Je ne sais pas quand j’ai arrêté d’y croire, malgré moi, mais j’ai…j’ai arrêté. J’ai arrêté de vouloir ressembler à une autre, de t’attendre pendant des jours sans savoir si tu es seulement en vie. J’ai arrêté d’accepter tes secrets. J’ai commencé à avoir les miens, j’ai commencé à t’en vouloir. Et je ne veux pas ressentir ça, je ne veux pas être cette personne. Je ne veux pas qu’on soit ces gens aigris et en colère. »
On méritait mieux. Je n’étais plus en colère contre Noah. Je ne savais pas si Morienval m’avait raconté des conneries. Ce que je savais, ce que je ressentais au fond de moi, c’est que Noah ne me dirait pas la vérité de toute façon. Et cette certitude était le cœur du problème. Je ne le croyais plus.
« On se rend malheureux. Depuis un moment déjà. Et je crois que je préfère être malheureuse sans toi que malheureuse avec toi. »

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MessageSujet: Re: Cause it's hell when you're around [Noah]   Lun 21 Nov - 2:32


Un rêve. Toute cette discussion se déroulait comme s'il s'agissait d'un de ces maudits cauchemars qu'il faisait si fréquemment. Un cauchemar dont il ne semblait pas être capable de se réveiller pour autant, peu importait les sensations, la douleur qu'il pouvait ressentir. Réveille-moi. Réveille-moi. Pitié, réveille-moi et dis-moi que rien de tout ça n'est vrai. Prends-moi dans tes bras et berce-moi d'illusions. Pitié. Réveille-moi.

Mais rien de tout ce qui se passait, rien de ce qui se disait, n'était onirique. Rien n'était fictif. C'était bel et bien cette scène qu'il avait toujours redoutée qui se jouait devait lui. Cette séquence à fleur de peau, à bout de nerfs, qui se déroulait là, en cet instant présent. Celui où, les yeux rougis par ses larmes, Enya admettait sa défaite. Un aveu qui avait fait partir son coeur dans les tréfonds de son estomac alors que Noah relâchait ce masque de suffisance qu'il avait endossé, encaissant plus douloureusement l'échec qu'il ne l'aurait voulu. Un terrible coup à l'âme s'il en était, envoyant une nouvelle fois vaciller tout ce qu'il avait cru. Tout ce en quoi il était persuadé d'avoir cru. D'un mouvement de sa main fine, sa compagne avait foutu en l'air un an de relation. Un an réduit à néant parce que Rafael Morienval était venu, un beau jour, secouer les fondations même de ce qui faisait eux. Un an fichus en l'air car cette misérable était incapable de faire autrement que croire celui qui lui avait déjà tout pris.
Par un réflexe idiot, probablement, Noah avait porté une main à son coeur. Comme si le geste allait le protéger. Comme si son geste allait le soutenir, l'empêcher de s'effriter, comme si sa main allait être capable de retenir les lambeaux qui commençaient déjà à chuter. Captivé par ses paroles pour la première fois depuis bien trop longtemps, le sorcier avait murmuré pour lui-même, estomaqué.

-Comment peux-tu dire une chose pareille... ?

Comment ? Pourquoi ? Parce que Rafael était venu lui dire des choses que lui-même avait été incapable de lui dire ? Mais avait-elle pensé une seule seconde que tout ça, tout ce qui faisait de lui qui il était, ce qu'il était, était justement trop pour elle ? Jamais une seule fois il ne lui en avait parlé pour éviter les questions. Pour éviter la souffrance. Pour éviter, aussi, qu'elle ne se penche beaucoup trop sur des siècles et des siècles de torture qu'il n'avait pas nécessairement envie de revivre. Comment lui dire qu'il n'avait jamais été qu'un monstre aux yeux de tous, pendant plus de 700 ans ? Comment lui dire que la seule personne qui lui ait réellement tendu la main, dans cette existence misérable, n'était autre qu'une femme à laquelle elle avait eu le malheur de ressembler ? Elle ne l'aurait jamais cru. Elle l'aurait repoussé. Et Noah était terrifié à l'idée que la seule personne qui ait encore une once de ressemblance, une once de similitudes avec la seule joie qu'il ait jamais eue soit capable de faire cela.
Et cette même personne qui rouvrait la bouche. Qui insistait. Qui attrapait les dernières bribes d'affection, de colère, de doute, et qui les résumait en de vaines paroles. Comment pouvait-elle être aussi froide ? Aussi cruelle ? Rien de tout cela n'avait de sens, de sa réaction jusqu'à son ultime tentative d'explication.

Comment peut-on cesser d'aimer quelqu'un pour la seule raison qu'on n'a pas osé le questionner sur qui il est ?

Le sorcier déglutit difficilement, tentant de rassembler ses pensées tout en l'écoutant. La voir lui était douloureux, aussi détourna-t-il les yeux. Aussi les posa-t-il sur ses mains, affreusement blanches d'avoir trop serré le dossier de la chaise devant lui. Il pouvait sentir son coeur recommencer à battre, d'un rythme erratique, incontrôlé. Sa respiration s'était raccourcie. Sa vision était brouillée de ces larmes qui menaçaient à tout moment de déborder. De trahir ses faiblesses. De montrer son abattement. Mais là, alors qu'elle accomplissait l'inexplicable, sa fierté lui dictait de ne pas se laisser emporter par le faste des sentiments.
Il pleurerait plus tard, s'il en éprouvait l'envie. Si encore ça servait à quelque chose. Mais loin. Loin de cette méprisable créature, loin de cette honteuse démente, loin de cette cruelle manipulatrice.
Loin de la source de son tourment. Loin de celle qui ne serait jamais Aida.

-Tu ne veux pas que nous soyons des gens aigris et en colère. Quelle grandeur d'âme, quand on considère le fait que tu m'accuses, encore et encore, de faits que tu ignores. De faits qui pourraient tout aussi bien ne pas exister. Te rends-tu compte de ce que tu fais, te rends-tu compte de l'injustice à laquelle tu me soumets ?

Sa voix était éraillée. Eteinte. L'accent Italien avait repris sa place sur le bout de sa langue, enveloppant sa douleur dans un cocon chaleureux. Bien trop chaleureux compte tenu du froid qui étreignait chacun de ses muscles. Chacun de ses os. Douloureusement, il porta de nouveau son regard sur Enya. Laissa vagabonder ses yeux de son menton à ses lèvres rondes, de ses joues à son front, avant de retrouver son regard rougi de larmes. Elle avait du charme, Enya. Mais elle n'était pas son âme soeur. Sur ça, elle avait raison. Elle n'était pas Aida. Et il avait été bien sot de croire à cette chimère. Un soupir las s'échappa de ses lèvres alors qu'il reprenait la parole.

-Et quand bien même je serais un sorcier pluri-centenaire, quelle différence mon aveu aurait-il fait ? Tu as déjà fait ton choix, avant même de me laisser l'opportunité de répondre. Tu as décidé de me porter aux nues, de me condamner avant même d'apprendre si oui ou si non, une telle possibilité était envisageable. Une condamnation, simple et nette. Une exécution. Encore.

Ces mots ne lui étaient plus destinés, plus alors qu'il sentait une nouvelle fois la morsure glaciale de la lame qui s'était abattue sur sa nuque. Pas alors qu'il entendait à nouveau les hurlements réprobateurs d'une foule ignare tout autour de lui, tandis que l'exécuteur s'y reprenait une nouvelle fois pour lui trancher la tête. Il avait porté sa main sur sa nuque, la caressant distraitement, un réflexe malheureux qu'Enya ne comprendrait probablement pas. De toutes façons, elle n'aurait jamais compris.
Elle ne l'avait jamais réellement compris. Ses doutes, ses erreurs, ses errances, elle n'avait jamais réellement partagé rien de tout cela. Elle avait été présente, oui. A une distance confortable, lointaine, connaissant tout en ne sachant rien. Une manière de la protéger comme de se protéger lui-même. Il avait trop souffert à s'ouvrir, par le passé. Rafaele l'avait exécuté, Azzura l'avait condamné. Dieu lui-même l'avait puni, encore et encore, pour avoir osé daigner croire qu'il était potentiellement un être fréquentable. Une créature qui ne soit pas un monstre. Alors où était cette limite, cette frontière invisible, qu'il devait dépasser ou non pour ne pas être trahi une nouvelle fois ? Détruit, encore et encore, une nouvelle fois ? Où était cette fraction d'humanité à laquelle il se raccrochait désespérément quand il était avec elle, cette dernière lueur d'espoir qu'il apercevait à ses côtés ? Et surtout comment, comment pouvait-il espérer faire comprendre à qui que ce soit qu'il était capable d'être humain envers qui que ce soit si chacune de ses tentatives se soldait par un échec aussi misérablement cuisant ?
Il baissa une nouvelle fois les yeux, encaissant la défaite. Il se sentait si vieux. Si seul. Des siècles d'existence, de combats constants, de douleur à endurer. Et il était toujours aussi seul. Désespérément seul. Mais ça, Enya ne pouvait pas le comprendre. La preuve en était de ses actes. Une vague d'émotion étreignit tout son corps, raz-de-marée qu'il mit un instant à contenir. C'en était trop. C'était une cause vaine, pour laquelle il avait déjà épuisé trop de forces, trop de ressources. Il était temps de rendre les armes, et de se laisser exécuter une nouvelle fois.

-Tu sais, la mia lei... J'ai été heureux, avec toi. Comme je ne l'ai plus été depuis bien plus longtemps que tu ne peux le croire. C'est la vérité, puisque tu l'exiges sans la vouloir réellement. Une autre fraction de vérité, c'est que tu te trompes en ce qui me concerne. Mais il est inutile de tenter de te convaincre. Et il est inutile que nous poursuivions cette conversation, puisque tu en as déjà annoncé l'issue.
Sache juste... Sache juste que la vie m'a détruit. Une vie faite de bien plus de choses que tu en as jamais vécues. Une vie peuplée de tellement de trahisons, de tellement de blessures que tu ne les aurais probablement ni acceptées, ni supportées. Je ne peux te dire que cela. De toutes façons, quel bien cela ferait-il que je te raconte ? Aucun pour toi. Et encore moins pour moi.


Perturbé par la cruelle vérité, par la laideur de cette réalisation, il poussa un nouveau soupir contraint. Un énième soupir pour s'empêcher de pleurer. Un dernier soupir pour recouvrir, ne serait-ce qu'un peu, les voix de son passé qu'il n'entendait que trop clairement.
Il était temps de partir. On ne pouvait rattraper une défaite une fois qu'elle était annoncée. On ne pouvait pas combattre une dernière fois et partir fièrement sur un coup d'éclat. C'étaient des contes, c'était un mythe. D'un geste saccadé, il passa sa veste sur ses épaules. Sentant le poids de son regard, il releva le sien, pour le perdre une dernière fois dans ces lacs sombres. Ils le firent frissonner, lui rappelant qu'il n'avait pas sa place dans cette pièce. Dans cet hôpital. Dans ce monde, en général. Alors Noah traversa la pièce pour rejoindre la porte. Frôlant à peine Enya, il glissa pourtant une dernière parole à son oreille.

-Je suis désolé d'avoir tenté de te protéger contre moi-même. Adieu, Enya...

Avancer. Avancer alors qu'on n'est plus qu'une coquille vide. Avancer alors qu'on nous a arraché l'âme et le cœur. Alors qu'il n'y a plus d'humain en soi que ce vieux corps étriqué, couvert des marques d'une vie refaite qui n'a plus aucun sens. Avancer, alors que la deuxième chance qui nous a été accordée n'a pas plus de valeur que la première. Alors qu'il n'y a plus que le vide. Le néant.
Avancer, pour s'effondrer plus loin. Avancer pour se raccrocher aux dernières bribes d'une fierté désuète, d'un autre temps, qui permet pourtant de continuer.
Évoluant dans un rêve éveillé, les jambes en coton et le cœur en feu, Noah quitta l'hôpital sans un mot. Sans un sourire pour ses collègues, sans ces paroles charmantes qu'il distillait habituellement aux infirmières. Elles n'osèrent de toutes façons pas l'accoster. Trop de vaines paroles avaient été dépensées, ce jour, de toutes façons. Ce ne fut que loin du bâtiment, loin du reste du monde, loin d'Enya, que le rêve s'évanouit. Que les émotions devinrent trop fortes pour être contenues. Qu'il se laissa glisser le long d'un mur, dans une rue anonyme, vide et silencieuse, pour accuser le coup. Pour laisser couler les larmes, pour sangloter silencieusement, comme il l'avait toujours fait. Comme avant. Comme à chaque fois qu'on lui arrachait ces petits bouts d'humanité épars, les derniers vestiges d'une vie trop longue de déceptions.
Une vie beaucoup trop longue. Bien trop longue...


Mama, what's the cold in my veins ?
Is it dawn or dusk, I couldn't tell
Mama, wish I don't die today
'cause I'd go, go, go straight to Hell

Wake me up


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