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 If you die... [Armstrong²]

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↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 4 - Max en mauvais choix de femmes
↳ Playlist : Amber run / Aquilo / Halsey / william wild - pines / mt. wolf - red /oh wonder - all we do / Ludovico Einaudi - Walk / the cinématic orchestra / INdie Chill mix - quiet nights /
↳ Citation : Jouer aux échecs en faisant avancer et reculer une pièce, n'est qu'un jeu pour contrôler les sentiments des êtres humains.
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MessageSujet: If you die... [Armstrong²]   Jeu 1 Sep - 23:13


« Même la haine n'y échappe pas. L'amour s’immisce, s'installe et hante »



Armstrong²
featuring

« Réaffecter des bâtiments ? Je ne vois pas en quoi il est primordial de faire une chose pareille. Personne ne se plaint de l’état de ces immeubles. Nous avons bien mieux à faire que d’affecter de l’argent la dedans. Ne pensez-vous pas, messieurs. » Un regard vers les deux femmes de la pièce et l’homme rajoute « … Mesdames ? » Ces dernières sourient par politesse et approuvent, par conviction. Windsor, lui, observe et écoute ses adjoints, ses conseillers, ses sbires. Autrefois il n’y avait qu’un bras droit, aujourd’hui il en a 7. Ses yeux parcourent nonchalamment chacune des personnes dans la pièce pendant que le débat fait rage. Argument contre argument. Windsor ne les écoute déjà plus et évite soigneusement de regarder par la fenêtre afin de s’assurer que son auditoire continue de s’exprimer. Son choix est déjà fait mais ce qu’il attend c'est de déterminer qui va bien pouvoir son seul vrai poste de bras droit. Le seul de libre. Le seul qui vaut la peine. Cela fait assez longtemps qu’il les a recrutés pour pouvoir, enfin, en éliminer plusieurs du tableau. Bal lui a appris qu’avoir des subalternes en nombre offrait crainte et force dans le débat. Win, lui, a plutôt compris qu’il fallait avant tout offrir le leurre de la masse mais de conserver que le minimum autour de soi. Moins de risque. Liam reste le collègue le plus ibrillant mais celui-ci a à gérer son propre budget, ses propres affaires, ses propres sbires, son propre frère. Liam c’est une roue, une belle roue, toute propre, jamais utilisé, bien calibrée. Prêt à l’usage. Le ministre en est persuadé, sa relation avec son collègue lui sera bénéfique, tôt ou tard. La patience est de rigueur pour ses plans. Les échecs ne se jouent pas dans la rapidité, noyer le poisson est un art, manipuler une activité divine. Alors il les observe, pose son pouce contre son annuaire et sent presque le métal froid de sa bague pourtant, celle-ci n’est plus ici. Rien ne semble pouvoir lui ôter cette étrange habitude, celle qui le pousse à faire tourner sa bague lorsqu’il est concentré, lorsqu’il analyse. Marie s’amusait de ce toc, il le répugne aujourd’hui comme ce sourire qu’il voit se dessiner au milieu de la pièce. Elle est là, comme un voile blanc que personne ne semble capter. Elle flotte. Elle le hante chaque nuit au milieu de l’enfer rougeâtre de Darkness falls. Elle le hante chaque nuit au milieu de ces draps qui représentaient leur maison, leur jardin, leur amour. Cette dualité s’extirpe à des moments bien impromptus mais aujourd’hui, il retourne ces réminiscences contre ce qui l’entoure, pour ce que, lui, souhaite. Devenir arme. « Pourquoi ne tachons nous pas de limiter la prolifération de ces nouvelles….espèces ? Il semblerait qu’elles se rependent comme des cafards. » « Monsieur ARTLEY, avez-vous déjà écrasé des cafards ? » Restée silencieuse depuis le début de la séance, Miss ADAMA, laisse échapper sa voix fine. Le regard azur du Ministre se pose sur elle avec intérêt, stoppant son habitude pour définir sa personnalité. Cette femme participait à nombre de réunions mais ne s’exprimait que ponctuellement. D’une redoutable efficacité dans les missions qui lui incombaient, elle semblait ne jamais se satisfaire du contenu de ces réunions. Windsor hésitait entre absence totale d’ambition, d’intérêt ou ennuie mortel. L’un dans l’autre cela ne l’empêchait pas de masquer un sourire à ses interventions. Elles étaient courtes, soulevaient souvent des questions mais n’obtenaient que rarement des réponses. Comme si elle appréciait laisser son auditoire dans le méandre de ses interprétations. Et cette fois encore, un silence lourd d’interrogation s’immisce dans la pièce.

Windsor passe une main sur son visage, se redresse et attrape son stylo en observant les feuilles devant lui puis l’ensemble de ses sbires. « Arthley, que diriez-vous de gouverner un état ? Repondez, il n’y a pas de piège… Bien. Que diriez-vous, à présent, de gouverner un état sans habitants ? …. A quoi cela sert d’avoir un état s’il n’existe personne à gouverner ? C’est le propre du pouvoir, se trouver au dessus de quelqu’un. Dominer. » Le bout de son stylo touche le table, il le maintient en équilibre avec son index et le regarde. « Connaissant l’histoire mondiale, de l’être humain, ne pensez-vous pas qu’en éliminant ceux que vous considérez « inopportuns » soit, une majeur partie de la population encore vivante, vous risquiez de créer un vide qui devrait être comblé ? Ne pensez-vous pas que ceux qui se sentent au dessus de vous, finissent par vous voir non pas comme des semblables mais comme des inopportuns ? Et précisément, lorsque vous vous sentirez exaltés dans un monde que vous verrez à votre image … vous comprendrez que votre image… n’est pas satisfaisante. » Le stylo chute sur la table et le ministre relève son regard vers son « collègue ». L’effet escompté s’étire dans l’espace. Silence se fait lorsque l’attablé comprend le désaccord existant avec leur patron. Celui-ci finit par sourire et reprendre son stylo en posant ses yeux sur le visage d’Amada. Son sourire a elle n’a été qu’imperceptible mais il l’a bien vu et cela l’intrigue. Juste un peu. Juste ce qu’il faut. « Nous apprécions votre visage Monsieur Artley, il serait bien dommage de vous voir disparaitre pour une façon étroite de considérer la vie, la politique et le pouvoir. On ne peut que s’améliorer après tout. C’est d’ailleurs pour cela que nous utiliserons un tiers du budget pour réaffecter des bâtiments viables pour les écoles. » Nous avons déjà alloué 12% aux hôpitaux n’est-ce pas en faire trop ? Le peuple risquerait d’en demander davantage. « Offrir des équipements adaptés à la population du nouveau monde et des écoles sécurisées vous semblent trop généreux ? Nous ne parlons pas ici de revoir le système de santé, de l’offrir gratuitement ou de permettre une meilleure éducation. Nous parlons de donner de meilleures conditions de vie et l’illusion d’un intérêt pour la population qui fait que nous sommes aujourd’hui ici et pas avec eux. Offrir un peu n’aura d’effet que d'améliorer, si ce n’est créer, une relation de confiance. Il se lève, va chercher la carafe d'eau au milieu de la longue table et retourne à sa place pour se servir. Notre travail ici est d’éviter un nouveau soulèvement qui ne pourra pas se calmer cette fois-ci en ralliant des… ».




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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Ven 2 Sep - 22:43


Le sommeil est agité, je tourne et retourne dans les draps froissés par les tourments nocturnes qui me secouent depuis quelques minutes maintenant. Des flashs se succèdent, incompréhensibles, mais la peur est bien présente, inhérente aux cauchemars étranges qui m’ont pris cette nuit. L’éclaircissement se fait soudain, lorsque le visage de mon époux se dessine devant moi. Le héros de mes rêves prend soudain visage, au moment même où la lame perce son cœur. L’expression de douleur, de peur et de panique, sur son visage, serre mon âme et me fait crier soudain. Spectatrice impuissante de l’acte horrible, je tente d’approcher, je veux le toucher, le sauver, mais plus je m’avance et plus il s’éloigne. Les murs se font visibles, représentent son bureau en une parfaite imitation. Ma main tendue ne rencontre que le vide, le désespoir et de nouveau je hurle, mais cette fois, ce n’est plus dans mon demi-sommeil. Les murs me renvoient mon cri en un écho, alors qu’enfin j’ouvre les yeux. La scène n’est plus la même, seul le décor de ma chambre danse sous mon regard. Luke n’est pas ici. Pourquoi le serait-il ? Il n’est probablement même pas en danger, mais mon cœur bat la chamade alors qu’un pressentiment détestable s’en est emparé. Sans demander mon reste, je quitte la douceur de mon lit, pour me diriger aussitôt vers mon bureau et en ouvrir le coffre secret. Les deux bagues trônent, brillent dans la pénombre de la pièce. D’un geste vif, je m’empare des deux, les serrent dans ma paume, comme pour retrouver un calme qui s’évade à chaque seconde de plus. Sur des charbons ardents, j’entame les cent pas dans la pièce, incapable d’être rationnelle une seconde.

Ce n’était pourtant qu’un rêve. Tellement réel que j’en perds la raison. L’inquiétude que j’éprouve encore pour cet homme me donne la nausée. Il n’est plus rien pour. Rien qu’un nom que je conserve. Juste un fantôme que je me dois d’effacer pour toujours de mon esprit. Et pourtant alors que cette résolution voudrait se faire forte, je me retrouve déjà à attraper une veste, pour m’élancer dans la moiteur de la Nouvelle Orléans. Je ne suis plus qu’absurdité, alors que mes pas me mènent jusqu’au bâtiment gouvernemental. D’affreuses réminiscences se rappellent à moi, alors que je me remémore mes dernières intrusions dans le coin. Mon cœur se serre encore davantage alors que ma raison me hurle de repartir, de retourner dans mon hôtel, sans même me retourner. L’instinct pourtant, continue de guider mes pas et sans perdre la moindre contenance, je franchis les barrages, pour me retrouver devant cette porte, que j’ouvre d’un coup sec, sans me préoccuper de la situation actuelle.

Son visage est le premier que je vois, le seul qui m’intéresse alors que dans un souffle, je tente de calmer ma respiration sifflante. La colère remplace rapidement l’inquiétude sur mon visage, alors que je me rends enfin compte de ma stupidité. Il va bien. Bien sûr qu’il va bien. Ce n’était qu’un rêve. Un foutu rêve si réaliste, que je me suis perdue dans la panique. Ma rationalité s’est retrouvée au placard et je me donne désormais en spectacle devant les collaborateurs de celui qui ne représente plus rien pour moi. Mensonge que je me répète de plus en plus et que je viens de réduire en poussière, par mon arrivée tonitruante dans ces locaux. Mon regard lentement s’échappe, parcoure chaque visage, jusqu’à ce que celui-ci ne me touche plus que les autres. Mon poing se serre étrangement, à l’idée de le savoir travailler avec elle, mais je ne fais aucune remarque, me contentant de regarder de nouveau mon époux. Depuis mon arrivée, quelques secondes plus tôt, je n’ai pas dit un mot. Pas un seul. Ma verve s’est tue, incapable de lancer une phrase spirituelle alors que je m’humilie clairement, à chaque seconde de plus. Comment lui expliquer que je l’ai cru mort. Comment lui dire que je me suis inquiétée pour lui, sans passer pour ce que je ne suis pas. A savoir une femme qui aime encore son époux… « Il faut qu’on parle ! » Voilà les mots qui s’échappent finalement, d’une neutralité à toute épreuve, même si mon esprit bouillonne de sentiments et réactions contradictoires…

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Lun 5 Sep - 23:17

Le visage s’estompe, comme sa voix à lui. Il se perd dans son élan, attiré par une présence qui n’a pas encore passé la porte. L’ombre est là. Derrière la porte. Il le sait avant même qu’elle l’ouvre. Son cœur se serre, son esprit vacille comme ce sourire flottant au milieu de la pièce depuis quelques minutes. Il semble difficile d’ôter ce qui prend tant au corps, c’est viscéral, ça s’infiltre pour mieux se graver sous la peau. Cette sensation. Si intense. Si rude. Il doit l’avouer, jamais il n’aurait cru que sa présence le brûlerait autant que son absence. Et ce n’est pas l’expression qu’elle lui offre qui éradique ce trouble bien trop présent pour sa propre âme. Le  ministre se complaisait dans le jeu qu’il avait lui-même lancé. Il se complaisait dans la réussite de ses plans. Il se complaisait de son contrôle, simplement. Mais tout est bien plus simple lorsque le regard est détourné, obstrué par l’espace. Là, face à elle. Face à ce regard qui disparait bien vite mais qu’il a su capter dans son ensemble, son cœur se serre, encore. L’habitude veut que rien ne s’expose auprès de ses sbires mais son regard, lui, parle. Parle trop. Il parle trop parce que son jumeau est en face, celui qui le connait si bien, celui qu’il a si souvent apprécié observé, rire, aimé. Les deux regards se heurtent, s’aguichent, dansent, hurlent des vérités qui sont presque instantanément étouffés dans le creux de leurs prunelles. Les secrets fleurissent dans leur abysse personnel, plus rien ne peut s’échanger entre ces époux. Plus rien. Et pourtant. Là encore, le corps en dit long. La colère qu’elle finit par dégager, la satisfaction que cela lui procure. Elle vient de lancer une bataille avec un sérieux handicap et si cela fait grand bien au stratège qu’il est, une part de lui se pose la question de l’inquiétude : comment va-t-elle ? Stupide qu’il est à revivre ces réflexes qui devraient pourtant être morts au milieu du sang qui a coloré leur tapis beige. Et si cela n’avait pas suffit, Darkness Falls aurait largement dû éradiquer la moindre fibre en lien avec sa femme. Pourtant. Pourtant, il en est loin. Il le sent encore, se maudit, la maudit. Cette chaine semble lier leur cœur, peut-être bien leur âme mais pour une raison que le ministre est loin de vouloir connaitre. Qui sait ? Qui sait cela impliquerait ? Dans un sens comme dans l’autre, de l’ombre ou de la lumière qu’une telle vérité pourrait amener, il ne saurait s’il serait capable de tuer ou d’aimer de nouveau. Pourtant il possède cette rage en lui qui gronde. Pourtant il ressent ce soulèvement à chaque écart de penser en son nom. Il faut qu’on parle ! Marie. Marie. Mon amour… ? Il hausse un sourcil, se tourne d’un quart et lui sourit. Le silence s’est fait autour de la table mais le ministre sent que ce silence n’est pas tout à fait de la même teneur en sentiment, là c’est celui de l’étonnement, de la curiosité, de l’amusement. Ce n’est pas le silence qu’intime Windsor, non. S’il peut être charmant, charismatique et fin blagueur, il laisse rarement l’opportunité à autrui de se jouer de lui. Les règles, les sensations, les scènes c’est lui qui les imposent ou les autorisent. Il est le chef d’orchestre. Ses prunelles se posent dans la salle avec un sourire qu’il maitrise à la perfection. Mesdames.. Line Keller lui sourit, Adama ne lui offre qu’un regard soutenu. Messieurs, je vous présente Mme Armstrong, Marie. Il semblerait que ma mal-habileté ait été découverte. Ma gaucherie risquera de finir définitivement dans le siphon de la salle de bain...   Il lève sa main pour toute preuve et hausse les sourcils. Son assemblée sourit, voila qui est accordé. Nous reprenons d’ici une quinzaine de minutes. Je vous laisse prendre la mesure des choix qui s’impose. Adama, n’hésitez pas à confisquer l’insecticide des mains d’Arthley.. Il se lève en repositionnant son stylo devant son carnet puis récupère le tout qu’il place sous son bras.  

Ses prunelles s’acquièrent une place dans le regard assombri de son épouse ce a quoi il répond d’un mince sourire dans le regard. Avec tendresse, geste emprunté à un passé douloureusement réminiscent, il pose sa main contre ses reins et l’invite à retourner dans son bureau. Loin d’être étonné qu’elle sache où est-ce qu’il se situait, le ministre ferme la porte en vitre derrière lui, s’approche, l’effleure volontairement et pose ses affaires sur le bureau. Les secondes s’écoulent durant lesquels il prend le plaisir de se poser contre son bureau sans la quitter des yeux. Au fil de ces secondes, sa satisfaction grandit. Ceci ne dure pas bien longtemps mais il sait qu’elle s’en veut déjà. Quelque soit ses raisons. Quelque soit l’objet de sa venue, de cette inquiétude puis de cette colère. Elle venait déjà de reculer. Quant à sauter, ce n’était qu’une question de temps pour le savoir. Le bureau étant en vitre, Win avait pris l’habitude de baisser des voiles opaques entre les murs de son bureau et du reste de l’étage composé d’un autre bureau de ministre puis d’autres de leurs sbires respectifs. Le seul espace non obstrué restée la porte mais, en cet instant, cela ne le perturbe pas outre mesure. Il sait que personne n’irait observer par ici. Personne d’assez fou, certainement. Sauf elle, Adama qui passe et lui jette un coup d’œil. Le ministre laisse ses yeux quitter sa femme pour l’autre métisse puis reviennent à elle. Deux minutes s’étaient seulement écoulées depuis leur entrée dans la pièce. Seulement deux minutes mais la tension était palpable. Entre eux, tout se jouait à chaque millième de seconde. Tout. « Les termes de notre contrat de mariage sont exactement les mêmes que précédemment… » Ce contrat. Il savait ce que cela avait fait naitre en elle mais cela n’avait pas suffit à la faire quitter sa maison close. Il s’en était douté avant même de lancer cette attaque. Une attaque qui l’avait brûlé tout autant si ce n’est plus en imposant sa signature. L’engagement. Celui-ci avait été le plus important de sa vie et le plus conséquemment douloureux. Pourtant, en gratifiant ce simple tas de papier, l’époux avait parfaitement ressentir la claque d’une réalité inavouée : même avec la possibilité de changer son passé, il résignerait encore. Encore. Encore. Il sourit pour dissocier ses pensées et croise les bras autour de son torse. « A moins que ta présence n’ait rien à voir avec cela, n’est-ce pas ? »

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Mer 7 Sep - 19:50


Ma présence entre ces murs est une erreur. Je le sais mais ne m’en rends compte qu’au fil des secondes. La porte franchie, je me retrouve vulnérable, à la merci de cet homme qui n’attend que ça, mes erreurs. Mon regard dans le sien, je peux lire aussitôt l’ascendant qu’il espère prendre sur moi. Tourner les talons, perdre la dernière once de fierté que cette situation me confère et m’enfuir, sans réclamer mon reste. Ceci serait la meilleure solution, la plus sage. Contre toute attente, ce n’est pas celle que je prends. Lentement je redresse les épaules, vient croiser les bras contre ma poitrine, et relève le menton, en une attitude visible de défi. Les mots résonnent dans mon crâne, cruels et menteurs. Mon amour… Le surnom m’arrache une grimace et je détourne de nouveau le regard vers ses associés. Leur silence me pèse et m’impose le même, que je n’arrive pas à rompre finalement. Chaque parole à laquelle je pense, me semble minable et hors de propos. Je préfère donc le laisser mener la danse pour l’instant… plus pour laisser mon cerveau reprendre contenance que par faiblesse réelle. Mes lèvres se crispent une seconde, lorsque mon regard intercepte celui qu’ils partagent soudain. Cette femme. Si semblable et si différente de moi. Cruelle réminiscence de ce qui m’a tant fait souffrir dans notre relation passée. Probablement la prend-il sur son bureau tous les jours… ou ceux qui lui conviennent.

Il me faut un peu de temps pour assimiler ce qu’il est en train de dire et mes sourcils se froncent lorsque l’incompréhension se fait trop intense. L’époux s’évertue à trouver des excuses à mon comportement, à mon intrusion et je ne finis par le comprendre, que lorsqu’il lève sa main vers son auditoire. Foutu orateur, qui par ses simples mots, impose une vérité à laquelle tous croient sans hésiter. Leurs sourires me donnent la nausée et je ne retiens pas mes yeux, qui roulent allègrement dans leurs orbites. Tous sont concentrés sur lui malheureusement, ils ne peuvent voir mon dédain évident. Lui le peut, ça lui est destiné de toute façon. Malgré une envie et un besoin de rester stoïque, je ne peux empêcher un sursaut lorsqu’il passe la main dans mon dos. Je réponds à l’invitation aussitôt, m’écarte de lui pour m’avancer et le devancer jusqu’à son office, que j’ai pu repérer dans le passé. Nouveau contact. Provocation évidente. Feu qu’il attise savamment, au même titre que ma colère. Son silence me met plus mal à l’aise que ses mensonges. Son regard me quitte, s’aventure vers la porte qui attire le mien. Je n’ai le temps que de voir le bas de sa jambe, mais je sais qui c’est. Elle. Cette femme que je déteste d’emblée, alors que je ne devrais pourtant n’éprouver qu’indifférence à son égard. Après tout, peu m’importe qui couche avec cet homme, qui n’est plus rien d’autre qu’un étranger maintenant. Comme incapable de me dissocier de ce passé douloureux, je serre néanmoins les poings et ramène mon regard vers mon cher époux

« Tu n’es qu’une enflure de petite catégorie Windsor. Luke au moins, avait de la classe ! » Je lâche ces quelques mots du bout des lèvres, trop perturbée pour totalement être maitresse de mes propos. Ce papier. Je n’ose expliquer l’état de mon bureau, après l’avoir reçu. Cet homme, que j’ai tant repoussé, que j’ai enfoui aux limites de mon âme et au loin géographiquement. Lui que j’ai sciemment mis de côté, dans l’optique de ne plus jamais le revoir. Lui qui est revenu de son plein gré dans mon champ de vision, armé de ses pire intentions, dans l’optique visible de me faire du mal. Cet homme là, ose remettre notre union sur le tapis, alors que nous ne sommes plus rien l’un pour l’autre. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare ! La mort ! Tu connais bien non ? Ce papier ne signifie rien d’autre qu’un mensonge de plus ! » J’occulte sa question. Je nie la raison de ma présence ici. Si je le lui avoue, je ne ferais que creuser ma tombe. Autant lui offrir de suite une lame pour la planter dans mon cœur. Il n’a pas besoin de cette arme aiguisée pour me faire du mal. Lui faire savoir que je me suis inquiétée pour lui… Ne serait qu’un aller simple vers ma déchéance. « Bien sûr que je suis là pour ça ! Annule ce… truc ! Maintenant ! » Je cherche à l’écraser de ma prestance, pour dissimuler l’affreux mensonge que je lance entre nous. L’effet se meurt alors que mes yeux se perdent et que je me remémore la douleur dans mon cœur, moins d’une heure plus tôt, lorsque je les ai vu se blanchir dans la mort.

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Mer 7 Sep - 22:48

N’est-ce pas ? Leurs yeux s’interceptent, se contrôlent, cherchent le faux pour découvrir le vrai ou l’inverse. Ils en sont encore là, à savoir se lire sans mots, à savoir s’apprivoiser sans geste. Ils en sont encore là, être apé par l’autre dans cette réalité qu’ils tentent pourtant de fuir. S’en détacher. Oublier. Passer à autre chose. Commencer un nouveau chapitre. Mais non. Rien y fait. Rien ne peut l’être puisqu’ils sont les deux faces d’une même pièce, façonnées ensemble. Qu’importe les mondes d’où ils viennent. Qu’importe leur histoire respective. Qu’importe leurs échecs et réussites. Qu’importe leur voie. Ils s’attirent, s’attisent, se détruisent et se reconstruisent. Aujourd’hui encore, dans la haine qu’il lui éprouve, cette pièce brille. Brille au milieu de ses stratagèmes. Brille et tournoie lorsqu’un choix doit être pris. Elle est là, cette pièce. Marie, face à lui, face à sa haine et à son amour. Il voit le masque qu’elle affiche et la réalité qu’il a constatée. Tout comme elle peut sans doute le faire à chaque instant. C’est une faiblesse. La principale. L’unique. Ils sont les armes de l’autre et ça, Windsor a beau s’en rendre compte, il est bien incapable de sortir le drapeau blanc. Comment pourrait-il alors que c’est cette haine qui lui permet de vivre loin d’elle ? « Tu n’es qu’une enflure de petite catégorie Windsor. Luke au moins, avait de la classe ! » Son sourcil s’élève, sa main s’égare contre la peau de son menton et son sourire s’élargit. Elle se mure derrière cette pauvre agression et le ministre apprécie à sa juste valeur cette consécration. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare ! La mort ! Tu connais bien non ? Ce papier ne signifie rien d’autre qu’un mensonge de plus ! » Le sourire s’étiole, se nappe au fond d’un regard azur ombragé par la tempête. La mort, oui. Il la connait, plutôt bien mais elle n’est que de courte durée et c’est surement le problème, pour lui, pour elle. Quelque soit la façon dont il observe la danse qu’il a exécuté avec elle, cette mort, il ne peut en déterminer le début et la fin. Comme si son existence tournait autour d’elle au lieu de la vie. Un paradoxe qui s’immisce en lui à chaque réveil douloureux, à chaque réminiscence de ce qu’il est devenu, ce qu’il a vécu, ce qu’il a dû être. Et puis, comme le réconfort de l’étreinte de son épouse, le ministre se souvient. Il se souvient du visage qui l’a poussé à découvrir davantage sur ce que la mort signifiait.

« Bien sûr que je suis là pour ça ! Annule ce… truc ! Maintenant ! » Marie. Marie. Elle expose sa colère, se tient droite, tente d’imposer sa volonté dans un espace qui n’est clairement pas le sien. Pourtant, par bien des aspects cette pièce se rapproche du bureau qu’ils partageaient, les livres dans la bibliothèque, le fauteuil dans l’angle… Windsor aurait dû vouloir recommencer sa vie sans les affres du passé mais dans son esprit rien ne serait plus difficile que de supprimer entièrement ce qu’il a perdu. Il clame la mort de Luke tout en cherchant à le retrouver. Acquérir une part de l’homme qu’il était, revenir dans son monde avec son royaume, sa femme, ses affaires, son contrôle. Toujours. Toujours celui-ci. Et sa main tressaute alors, il la glisse dans sa poche et tique légèrement en tournant la tête. Il n’est pas temps de conscientiser les raisons qui l’animent dans ce méandre de pensées, de colères, d’échecs, d’espoirs, de désirs et de pertes. Il n’est pas temps, pour lui, d’observer sa femme avec les yeux de l’époux inquiet, doux, amoureux. Il n’est pas temps de reconsidérer la disparition de Luke et l’avènement de Windsor. Il n’est pas temps de décider qui de l’amour ou de la haine saura l’affaiblir le plus. Il sait, il sait qu’elle, par sa simple présence, est capable de mélanger le tout pour en faire un poison dont elle n’a aucune connaissance de l’efficacité. Elle le tuera. Encore et encore. Mais lui, lui est bien incapable de lui rendre l’appareil. « Je vois que tu as accepté, serais tu à la troisième étape du deuil ? » Son sourcil se lève accompagné d’un sourire narquois. Il s’approche, se place bien trop proche de son épouse. Bien trop. Son épiderme s’électrise déjà et s’insurge de l’absence de contact. Le corps appelle le corps. Toujours cette pièce. Toujours ces deux faces qui ne peuvent quitter la surface sur laquelle elles ont été poli. Il déteste cette sensation. Il aime ces lèvres. Le frisson parcourt son échine, il le refoule d’une poigne bien fermé dans sa poche. « Ce qu’il y a d’intéressant dans la mort, c’est qu’elle n’est pas réelle alors que le monde dans lequel tu m’as envoyé et ma présence ici le sont belles et biens. Fais-toi une raison, nous serons toujours liés intrinsèquement l’un à l’autre. Ce truc n’est rien d’autre que ton engagement. » Ses yeux sont greffés à son vis-à-vis. Il sent son corps, retient celui-ci, retient ses sens, ses envies, cette étrange sensation. Encore elle. Celle qui l’a déjà poussé à offrir un match nul au lieu d’une perte totale. Cette faiblesse. Ce lien irréversible. « Non loin de te laisser imaginer que débattre sur ce sujet ne me procure pas une joie immense, j’aimerai que tu t’exprimes librement. Après tout, entre époux il est coutume de n’avoir aucun secret.» Il sourit. « Comme par le passé… » C’est là que ses doigts effleurent sa peau, électrise son être, mue sa haine en un désir enivrant. Il murmure alors. « J’ai toujours su lire en toi mon Amour… Rien n’y changera. »

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Lun 12 Sep - 18:27


L’air s’emplit d’une électricité facilement détectable à n’importe quel extérieur. La tension s’amplifie à chaque seconde passée entre ces murs trop étroits. L’espace n’est pas assez vaste pour contenir nos deux présences et leurs rancœurs, qui s’attisent toujours un peu plus. Face à lui, droite comme un i, gênée dans mes mouvements par la pression qui s’ajoute à la colère, je me fige et me force au discours, lorsque le silence serait une bien plus sage décision. Le début l’amuse, me fait grimacer une seconde mais je ne flanche pas. La provocation reste mon moteur, je ne peux l’affronter sans en user et abuser. La première tombe à l’eau et il n’en faudrait pas plus pour me refrogner. Seulement la suite fait mouche. Son sourire se fane, son regard s’assombrit et se perd dans le mien, qui s’amuse une seconde du retournement de la situation. Fait immuable entre nous. Lui prend l’avantage et le perd par excès de confiance en lui. Je le prends ensuite, jusqu’au moment où il ouvrira la bouche de nouveau. Cruelle situation qui n’évolue pas. Qui ne peut évoluer par trop de connaissances de l’un et de l’autre. Nous ne sommes qu’un. Nous avons été un pendant si longtemps que nous nous connaissons parfaitement. Et nous sommes pourtant devenus deux étrangers, qui ne partagent que la haine pour l’autre. De moins prétendons-nous, dans toute notre arrogance. La vérité est toute autre et l’a toujours été. Le lien qui nous unit est un tout que nous ne savons pas briser, malgré la force de nos essais. Mon regard refuse de retenir le sien plus longtemps et s’égare dans ce bureau qui ressemble tant à celui du passé. Mes yeux se voilent une seconde alors que je me perds dans les souvenirs. Douloureux, parce que je ne me souviens plus que des bons moments. Les mauvais s’en sont allés dans les méandres des décennies passées sous ma forme animale. Ne reste que le meilleur. Cruelle illusion de ce que notre vie a été, quand bien des points plus négatifs et mauvais sont passés sous silence.

Je reprends doucement pied avec la réalité lorsqu’il s’exprime. Sa voix résonne dans mon esprit et il me faut plusieurs secondes pour assimiler réellement ses dires. Mes sourcils se froncent alors qu’il met des mots sur ce qui m’effraie le plus dernièrement. Entrer dans son jeu. Il semblerait que doucement, je me sois introduite dans ses délires pervers et je refuse ce fait immédiatement. « Tu me connais Luke. Je ferais tout pour te faire plaisir. Même prétendre que tu n’existes plus ! » Mensonge. Encore un. Je sais au fond de moi que l’homme que j’ai aimé n’existe plus que dans mes fantasmes et mes souvenirs. « L’erreur de ma vie. Lorsque je t’ai si ardemment demandé de me transformer. Si j’avais su que ce pouvoir impliquerait de te suivre dans la mort, jamais je n’aurais souhaité cela. Sans cela… Tu n’aurais retrouvé avec ta renaissance que les regrets et l’impossibilité de te soigner par la haine… » J’appose des mots sur ses faux semblants et ses faux mystères. Et je ne remarque que maintenant la proximité qu’il m’impose. Mon corps s’embrase une seconde, s’embarrasse d’un long frisson de désir que je me retrouve incapable de réfréner. Cette réaction épidermique, je la maudis aussitôt mais ne peut rien faire pour la contrer. Pas même reculer d’un pas. Encore une fois, la logique voudrait mettre une distance raisonnable entre lui et moi. Encore une fois, ce n’est pas le cerveau mais l’instinct qui prend le dessus et au lieu d’un pas en arrière, c’est vers l’avant que je m’élance. Ses doigts pourtant, sur ma peau, stoppe mon élan dans leur toucher qui me fait grimacer au lieu de sourire. A moins que ça ne soit ses mots qui, une fois encore, ravivent une colère qui semble monnaie courante dernièrement.

« Luke… » Le murmure m’échappe, je lui offre l’illusion qu’il gagne, une seconde, deux secondes, trois secondes puis je ferme les yeux. Avant de lâcher un sourire moqueur et de m’échapper de son emprise, dans un regard que je lui offre de nouveau en laissant mes paupières s’ouvrir. « Tu as su lire en moi, c’est indéniable. Seulement… » Je laisse planer une seconde le doute alors que toute inquiétude a fini par quitter mon être. Désormais plus claire dans mes sentiments et surtout mon âme, je parviens de retrouver le dessus et mon discours se fait bien moins impulsif. Je suis entrée dans son jeu soudainement et je lui offre donc mon plus beau sourire, de toutes mes dents. « … je suis devenue bien meilleure à ce jeu là. Que crois-tu savoir mon amour ? Que je te mens ? C’est une évidence. Je ne suis pas ici pour te priver de ton jouet misérable. S’il t’amuse de prétendre que nous sommes mariés encore et toujours, je ne serais pas cruelle au point de te contredire. » Mon cœur s’affole au fur et à mesure de mes mots, de mes paroles dont je ne pense rien. J’essaye néanmoins de maîtriser la situation, de ne pas me laisser déborder par mon envie cruelle de lui sauter dessus, de l’enrouler de mes jambes et parsemer sa peau de baisers. Je voudrais le sentir contre moi, en moi, mais je tais ce désir impétueux, pour me concentrer sur mes dires, qui sortent plus facilement qu’escompté. « Je refuse de m’enfoncer de nouveau dans ce débat stérile. Tu es persuadé d’être blanc comme neige. Tu es tellement imbu de ta personne que tu ne sauras jamais admettre que tu as eu tort. Je t’abandonne donc ce point Luke. Je ne suis qu’une meurtrière sans cœur qui t’a brisé jusqu’à te transformer… en ça » Et si mes mots sont clairs, mon regard moqueur l’est tout autant. Je ne crois pas un mot que je prononce et ne cherche qu’à le faire flancher un peu plus… Toujours un peu plus.

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Mer 14 Sep - 23:25

Rien. Rien ne peut égaler ce lien intrinsèquement gravé dans leur chaire, dans leur âme.  Si ce n’est ses mots qui prennent sens face à lui c’est tout son corps qui s’exprime. Il déroule une partition qu’il est toujours le seul à pouvoir déchiffrer en si peu de temps. La mort ne peut rien à cela. Elle n’a pas pu effacer ses souvenirs en enfer, pourquoi le ferait-elle aujourd’hui ? Aujourd’hui où la mort à moins de place que la vie autour de lui alors même qu’elle le poursuit dans chacun de ses rêves. Elle le rappelle à lui, inlassablement, comme s’il avait une dette envers elle. Pourtant, ne lui a-t-il pas offert assez d’âme pour conserver la sienne ? Il semble que la négation s’est instaurée en lui. Quelque chose s’est brisée laissant place à une inconscience qui aimerait plus de place, plus de paroles, plus d’écoute. Le Ministre se refuse à l’écouter, ne veut que l’éradiquer par tous les moyens. Contrôle. Il veut une conscience qui lui est propre et qui ne s’échappe pas dès une bataille perdue au pays des rêves et réminiscences. Dès une bataille perdue face à la mort. Dès une bataille engagée avec elle, cette femme qui fut tout pour lui. Une erreur, assurément, mais il est impossible pour lui d’imaginer un cheminement différent. Comme si alterner ses choix ne le mèneraient, inéluctablement qu’à sa rencontre, dans un monde comme dans un autre. La partition qui émane d’elle fonctionne si bien avec celle que produit Windsor et qu’importe qui de Luke, Marie ou Windsor prend la place de chef d’orchestre le résultat en reste surprenant de justesse. Qu’importe la mélodie. Qu’importe de la colère, de la haine, de l’amour et de la peur s’exprime lorsque leurs yeux se parcourent, l’ensemble sonne comme un chef d’œuvre. Et ce bout de papier, « ce truc », cet engagement n’est rien d’autre que la plus pure des vérités qui n’a jamais sommeillé en eux. Un engagement qui brûle du déchirement. Est-ce pour cela que Windsor s’est employé à le lui remettre sous le né ? Rien n’est moins sûr puisque tant de raisons peuvent s’affronter et gagner la première place pour la perdre ensuite. C’est un combat de titans dans un esprit qui aime et hait en une microseconde d’intervalle. L’intensité des connexions qui se font en lui n’a de cesse que de changer la donne. Une inconstance qui se loge dans cette impétueuse constance : l’amour qui les lie. Aussi enivrant que destructeur, l’ensemble tournoie autour du gouffre sans qu’aucun ne sache s’il préfère pousser l’autre ou le lancer sur la terre ferme. Lui, en tout cas, se plait à croire qu’il n’hésiterait pas, hors… ce doute est plus insistant à force de la voir. Il veut accentuer sa haine et joue pourtant avec l’extincteur.

Exister. Une notion bien étrange pour un homme qui fut et dans sa mort continua d’être pour revenir. Luke. Le ministre se plait à sa mort en cherchant à l’appâter, lui, cet homme disparut sans accepter totalement ses réminiscences. Comme s’il voulait sélectionner ce qui lui semble bon à garder. Et en ce sens, il éradiquerait Marie de l’équation et garderait son contrôle. Il le reprendrait, l’arracherait si nécessaire comme il tente de le faire aujourd’hui. Il masque ses tourments dans sa poche, broie l’inconvenance de ses colères au fond de ses prunelles et relâche d’un sourire la rage qui pullule dans ses tripes. Sa femme dit-elle seulement la vérité ? Touche la t-elle des doigts ? Aurait-elle mieux fait de vivre humaine et disparaitre comme tel ? Il n’y a pas de réponse. Pas de satisfaisante, pas d’immédiate alors que cela devrait être le cas. Pourquoi oscille-t-il entre la volonté de la faire disparaitre de son passé sans parvenir à concéder imaginer sa vie sans elle ? Non seulement Marie fait partie intégrante de son passé, de sa vie mais elle a une place de choix dans son être. Toujours ces faces. Toujours cette pièce. Et si ses mots le heurtent plus que de raisons, il brûle d’envie de lui prouver une fois encore que le mensonge parcourt ses mots. Son corps, lui, ne ment pas. N’a jamais menti. Ce n’est alors que de justesse qu’il comprend avant que cela ne l’atteint. Elle joue. Elle joue comme lui. Dieu qu’elle est douée. Et c’est en cela qu’elle le brûle plus encore. L’atteint d’une autre manière, pas dans son stratagème mais par son talent. Ce talent qu’il a tant aimé. Tant savouré. Elle le connait. Elle aussi peut lire en lui. Elle est l’arme. C’est une certitude et lui, qu’est-il ? « … je suis devenue bien meilleure à ce jeu là. Que crois-tu savoir mon amour ? Que je te mens ? C’est une évidence. Je ne suis pas ici pour te priver de ton jouet misérable. S’il t’amuse de prétendre que nous sommes mariés encore et toujours, je ne serais pas cruelle au point de te contredire. » Cruelle. La cruauté est une chose qui les dépassait et ça il s’en est rendu compte que bien plus tard. La cruauté de leur royaume n’était rien. Et ce dont elle parle n’est pas comparable à toutes les conséquences d’un véritable acte de cruauté. Ceci dit, le doute s’installe. Une seconde. Puis une seconde. Encore. Et à mesure que l’installation se fait, la colère grimpe. A moins que ce soit l’inverse. Oui, c’est plutôt cela. Les mots l’attaquent. Tentent de le briser et de lui faire genou à terre. Il le sent, il le sait. Il le lit sur sa peau, dans ses yeux, dans ce frémissement à la commissure de ses yeux. Pourtant, la colère gronde. Les mots touchent. Les mots saccagent. Les mots brulent. « Je refuse de m’enfoncer de nouveau dans ce débat stérile. Tu es persuadé d’être blanc comme neige. Tu es tellement imbu de ta personne que tu ne sauras jamais admettre que tu as eu tort. Je t’abandonne donc ce point Luke. Je ne suis qu’une meurtrière sans cœur qui t’a brisé jusqu’à te transformer… en ça » L’éclaire le pulvérise et s’il ne bronche pas, sa main s’est extirpée de sa poche et s’arrête avant d’attaquer ce qu’il n’a jamais attaqué encore. Ni le lieu. Ni le moment. Ni … la personne. Pourtant le ministre bouillonne. Si l’épouse émet une vérité sur la stérilité de leurs mots, elle en oublie tous les discours qui s’échangent sans la parole. Le jeu s’attise et se meurt de même éléments, c’est un combat de l’esprit, du cœur et de l’âme. Trois choses qui se sont morcelées chez le Ministre par sa faute. Et ça, est-il seulement près à le lui montrer ? A l’exprimer devant qui que ce soit ? Lui qui se drogue pour contrôle… sa perte de contrôle. Lui, ce reflet tordu par la peur de ses nuits et la colère de ses journées. Lui, qui a tout perdu et veut tout reconquérir. Lui qui ne pourra probablement plus jamais la retrouver, elle. Marie.

Le Ministre se nappe dans le silence. Ce n’est pas la meilleure stratégie mais c’est nécessaire pour la colère s’amenuise. Pour que son timbre ne le trahisse pas. Pour qu’elle puisse penser que c’est la douleur et non la rage qui le bloque. Une illusion pour la femme la moins capable d’être berné par cela. Déjà proche, il reste à sa place, laisse glisser ses yeux sur le corps de son épouse. D’ici il lui semble la caresse. Il lui semble enlever ce qu’elle porte avec délicatesse. Il lui semble l’embrasser. La colère reste et se mut en une violente envie de l’enlacer, la couvrir de baiser, la posséder, l’aimer. Lui rappeler les joies de cette fausse erreur. Lui rappeler l’électricité de cette dite erreur. Lui rappeler ce qu’il ne parvient pas à éloigner de son esprit. Lui rappeler ce qui l’empêche, lui de la tuer présentement. Cet étrange amour qui se mue par la haine. Elle avait raison, sa mort n’aurait pas facilité la survie de Windsor puisque sans elle vivre ou mourir ressemblerait au même parcours. Elle est son arme et son souffle que ce soit la haine ou l’amour son principal moteur. Elle s’est encrée et ça, il ne le supporte pas. Ne le supporte plus. Qu’elle est raison est une chose, qu’elle puisse s’en jouer en est une autre. « Mon amour. Tu n’as pas encore compris ? » Ses prunelles chatouillent leurs jumelles. « Tes yeux te mentent à bien des égards. Tu ne sembles pas voir une évidence qui a parcouru les siècles… Tu es l’arme et tu es le remède. A chaque fois. » Sans elle il serait mort. Sans elle il serait vivant. Pensons le passé différent, l’équation ne changera pas. A un instant la mort apparait et la vie réapparait. La seule notion changeant étant ce que la vie aurait apporté de différent. Et ça, c’est une autre affaire. Il prend la main de sa femme, la pose sur la blessure l’ayant réellement tué. « Recommence et rien ne changera. » Le touché le brûle mais plus de désir, de douleur. Plus de rage, de peine. Comme ce soir là, où ses yeux ont cherché une réponse qu’ils n’ont jamais trouvé. « et n’est-ce pas ton cœur qui nous a conduit ici ? Ne dénigre pas cet organe que j’ai tant aimé. Il serait bien dommage de le malmener pour l’illusion que tu agites comme une enfant, incapable d’assumer ses choix. Le blanc ne m’a jamais allé comme pour toi. Meurtrière est ton métier. Nous sommes mariés. Tu m’as aimé, tu m’as choisi. La vérité se trouve ici. » Sa propre main se referme sur celle de sa femme. « Ce ne sera jamais fini. »

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Lun 19 Sep - 19:47


Son silence accueille mes propos, me fait douter une seconde de la situation actuelle. Je me dresse ainsi, devant lui, dans mon indignation et ma colère, lorsque l’inquiétude m’a mené entre ces murs dangereux. Chaque seconde passée en sa présence est une de trop. Loin des yeux, loin du cœur, loin des ennuis. Notre situation perdure et se fait acceptable, parce que nous ne nous voyons pas. Là, devant lui, je m’exprime avec une maîtrise qu’il m’a appris et manie les mots dans l’optique évidente de l’atteindre, de lui faire du mal. Seulement, habituellement, je ne gagne pas. Habituellement, ses moqueries suivent chacune de mes tentatives. Pas cette fois. Pas maintenant alors que nos yeux dansent les uns avec les autres, que nos corps se rapprochent imperceptiblement, que nos âmes tendent l’une vers l’autre. La tension monte d’un cran encore lorsque mes mots se meurent contre les parois de notre prison. Nous nous sommes nous même enfermés, exacerbant tous nos sentiments plus encore. La pièce est grande, mais ne l’est pas assez pour contenir nos deux égos sans qu’ils ne se heurtent. Mon regard s’affine, se faire d’autant plus agressif, juste une seconde de plus… Juste une avant que l’éclat du danger ne me fige. Sa main s’est extirpée de son enveloppe de tissu, a jailli en ma direction dans un geste que je ne connais que trop bien. Mon regard pourtant s’écarquille suffisamment pour exprimer une vive surprise. Un sentiment âcre caresse soudain ma trachée et je m’efforce de ne pas bouger, même si je voudrais esquisser un pas en arrière. Cette attitude ne lui ressemble pas, il n’a jamais agi ainsi, ni en ma présence, ni avec personne d’autre. Mes lèvres s’entrouvrent légèrement, expriment encore un peu plus mon étonnement, mais je ne bouge pas. Pieds bien ancrés dans le sol, je conserve ma position, ma raideur et tente ainsi de rester aussi digne que lorsque mon discours s’est terminé.

La prouesse est plus difficile que prévu, alors que mes mains se mettent à trembler soudain. Ce n’est pas de froid, ni même de désir. Un sentiment somme toute étranger à ma personne, à la sienne, mais qui s’insinue dans mes veines subitement. La peur, d’être en sa présence, me perturbe plus que de raison, mais je ne parviens pourtant pas à faire ce pas qui me donnerait suffisamment de recul pour ne pas être touchée, de quelque façon que ce soit. Son regard, ne me rassure pas une seconde. Comme une proie observée par son chasseur, je reste roide et attends le coup, incapable d’être entièrement moi-même à cette seconde. De nouveau attaquée par cette sensation horrible d’impuissance et de crainte mélangés, je parviens toutefois à lui lancer un œil de défi, comme pour le pousser à abattre sa main, à l’attaquer. Probablement pour se donner une idée réelle de ce qu’il est devenu… ou simplement pour se laisser punir de son acte passé. L’incertitude broie mes intestins mais je ne quitte pas ma position, je ne peux lui donner cette satisfaction. Heureusement, son silence prend fin, sa voix retentit entre nous et me calme, malgré la teneur de ses propos. D’abord jouissif, il est vite devenu trop lourd de non-dits dérangeants. Ses mots au moins, placent la menace, me donnent autre chose à penser que cette main qui a plané entre nous, si menaçante. Comme une énigme, sa phrase m’interroge, je ne suis pas certaine de la comprendre, mais il semble vouloir illustrer ses propos par les gestes et ses doigts se referment sur les miens pour les amener jusqu’à lui. Cet endroit, je le connais, je m’en souviens. C’est ici que ma lame a transpercé les chairs, s’est enfoncée dans son corps, cruelle. Je le suis tout autant alors que lentement, je parcours ce que je sais être le tracé. La marque de sa cicatrice, s’il en a une. Rien ne m’étonne désormais. Le tissu bruisse sous mes légers mouvements et je ne le quitte pas des yeux pendant mon expédition.

Soudain l’évidence se fait visible, alors que ses yeux expriment ce que je n’ai jamais vu auparavant. Il ne sait pas. Il ne sait pas pourquoi ma lame s’est abattue. Tout comme il ignore pourquoi je l’ai tué. Je voudrais enlever ma main, mais la sienne se referme, l’emprisonne et déclenche un nouveau frisson, qui n’a rien à voir avec la peur cette fois. Ce contact, peau contre peau, prolongé, m’électrise encore une fois. « Tu n’as jamais rien compris… » Ce n’est qu’un murmure qui s’échappe de mes lèvres. Un simple murmure mais notre proximité le rend probablement clair pour mon époux. Si proche… Ma gorge se serre, se nappe d’une bile âcre et brûlante, qui m’empêche de continuer. C’est mon regard qui se voile d’une douleur à peine contenue. Du haut de son arrogance il ignore tout le mal qu’il m’a fait, il ne comprend pas le mal qui s’est insinué dans mes veines, à chacune de ses infidélités. Son cœur était à moi, quand son corps était partagé par tant. Il m’a toujours été impossible de le partager. Pas lui, pas alors qu’il était tout pour moi. Dans ma naïveté, je l’ai toujours cru tout à moi, entièrement à moi. Alors je me suis offerte à lui, sans condition, sans partage… Sa réponse n’a jamais été satisfaisante. Mon poing libre se serre, il tremble sous la montée de colère qui m’envahit de nouveau. Et il se libère, s’abat sur sa joue dans une violence non contenue. Le second se défait de l’emprise, s’attaque à son torse qu’il martèle à son tour de coups, alors que la rage s’évacue par les mots.

« Tu n’es qu’un imbécile ! Tu n’as toujours été qu’un imbécile ! Tu n’as jamais eu le droit de me traiter comme tu l’as fait. Pas en sachant que ça me faisait si mal. Et tu m’as menti ! Tu m’as menti quand tu as osé prétendre que j’étais la seule femme de ta vie, que j’étais la seule ! La seule ! Juste moi ! Jamais ! Tu n’es rien d’autre qu’un imbécile ! » Le contrôle m’échappe totalement. Je ne suis plus qu’imprévisibilité et il ne m’a jamais connue comme ça. Ma réaction est disproportionnée, résultat d’une accumulation malvenue de ressentiments, de non-dits. Je m’essouffle et me stoppe finalement. Mes mains délaissent son torse et je finis par me détourner, trop furieuse contre lui pour l’être contre moi-même. « Mon cœur nous a mené ici oui ! Parce qu’il s’est attaché à la mauvaise personne. Je n’aurais jamais du partir avec toi. Je n’aurais jamais du te laisser me séduire de tes mensonges. Je n’aurais jamais du te le donner ! Pour ce que tu en as fait… » Marie Armstrong n’est plus. La dame distinguée et sans bavure s’en est allée, pour laisser place à la jeune fille naïve que j’ai pu être auparavant. Avant lui… « Tu ne sais pas à quel point je regrette chaque jour d’avoir été assez stupide pour ça… » Les mots s’enchaînent et je ne suis pas certaine de les penser tous, mais la ligne directrice est suivie… Sans jamais s’en rendre compte, le ministre m’a brisé le cœur… et s’est brisé du même coup.

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Lun 19 Sep - 22:32

Jamais. Jamais. Jamais. L’équation fonctionne sous toutes les hypothèses, il s’en rend bien plus compte qu’elle. Elle qui a parcouru la vie sous une autre forme durant tant d’années. Elle qui a oublié ce qu’était leur vie. Elle qui n’a pas eu à ressasser leurs derniers jours, leurs dernières étreintes, leurs derniers baisers… leur ultime regard. Ils sont la solution à un cheminement orné de brisures, de cassures, de nœuds, d’échanges, de passions, d’amour. Un cheminement bisse cornue, tordu et pourtant parfaitement claire. Pour lui en tout cas. Et chaque rencontre le frappe de l’évidence, le brise encore, extirpe le peu de contrôle qu’il possède et le fait exploser en plein jour, loin. Hors de lui. Hors de toute influence. L’équation danse devant lui sans que les flammes qu’il lui voue ne l’atteigne. Elle le nargue et se voile à la vue de sa femme. Ce n’en est que plus frustrant, être le seul à savoir ce que les siècles n’ont su briser totalement, n’ont su attiser ardemment. Chaque partie de l’équation s’est muée dans un sens contraire prônant la haine puis la peur, la colère puis le doute, le désir puis l’amour. L’étrange nécessite de survivre pour la toucher une dernière fois puis pour la briser, lui marcher dessus de toute sa nouvelle hauteur. Le besoin de haïr sans cesser d’aimer. Comment est-ce possible d’attiser ces deux éléments si incompatibles d’accoutume ? Il suffoque un bref instant. Aimerait connaitre la solution pour effacer cette vérité ultime, gravée en lui. Mais celle-ci s’étend lorsqu’il pose ses yeux sur elle, puis rétrécie lorsqu’elle jure son innocence. Jure sa haine. Jure son dédain. Lorsqu’elle parvient à imposer une demi-vérité dont il voit bien le caractère mensonger sans pour autant s’en assurer avec précision. Ce ne sera jamais fini. La même pièce. Le même aimant. Le Ministre le lie dans ses yeux, sur son épiderme, à la commissure de ses lèvres. Elle le sent peut être mais est loin d’imaginer la colère qui gronde au sein de son époux. Le contrôle qu’il n’a plus ni sur son corps ni sur son âme. L’un s’est perdu dans l’enfer que sa femme lui a offert et l’autre est détenu par cette dernière. Trop de pouvoirs se nappent dans ses paumes. Le comprend-t-elle seulement ? Le sent-elle ? Et l’époux attise encore ce qu’il nocif. Il joue avec ce feu ardent qu’elle aimerait voir disparaitre. Il agite la flamme, se brûle avec un sourire inconnu pour la jeune femme mais pourtant familier de la mort qui l’a poursuivi durant ces décennies.

« Tu n’as jamais rien compris… » Le murmure effleure son ouïe, parcourut les conduit qui mène à ces quelques neurones qui s’agitent dans tous les sens. L’un gronde, l’autre se peine tant dis qu’un autre s’immobilise. Les décharges s’exécutent sans queue ni tête et personne pour imposer une volonté commune, une obéissance. Les prunelles de Windsor se nappent d’un voile neutre alors que la guerre fait rage. L’image se fige et son observation s’arrête à cette photographie faite par l’esprit. Ce regard. Ce désespoir face à la compréhension qu’elle pense avoir attrapé dans un juste vol. Celui-ci n’est que dérouté. Il comprend mais ne veut pas l’assumer. Il sait mais ne l’accepte pas. N’accepte pas d’assumer les raisons de son entrée en enfer. Il est plus simple d’affubler ses erreurs à autrui qui plus est quand Judas est si évident : sa femme, son assassin. Lorsque le coup l’agrippe, ses doigts se posent sur sa joue sans répliquer, sans faire attention à l’attaque suivante. A vrai dire, il observe de nouveau cette femme. Sa femme. En cet instant, le Ministre ne reconnait pas sa réaction. Non, il ne comprend pas. C’est vrai. Il ne comprend pas. « Tu n’es qu’un imbécile ! Tu n’as toujours été qu’un imbécile ! Tu n’as jamais eu le droit de me traiter comme tu l’as fait. Pas en sachant que ça me faisait si mal. Et tu m’as menti ! Tu m’as menti quand tu as osé prétendre que j’étais la seule femme de ta vie, que j’étais la seule ! La seule ! Juste moi ! Jamais ! Tu n’es rien d’autre qu’un imbécile ! » Et le masque tombe. En un instant de l’effritement au ralenti, il s’étale, s’explose au sol et frappe. Frappe fort. La douleur physique n’a de douleur que de constater le paradoxe irraisonné du souvenir de ce fameux soir. Le frisson parcourt son corps, le poing se serre. Le souvenir se glisse entre ses prunelles et le spectacle présent puis explose en une multitude d’évènements qu’il s’est ressassé si souvent. Ses erreurs qu’il consevait pour justifier sa femme. Ses évènements qui n’auraient dû appartenir qu’à eux jusqu’à leur tombe, ces bons moments…. L’absolue majorité de leur vie passée. Envolée. Eradiquée. Par jalousie. Par égoïsme. Par noirceur d’âme, d’esprit, de corps. Par colère subite. Par manque de contrôle. Comme aujourd’hui, le masque s’est explosé au sol. Le jeu n’en vaut même plus la peine en cet instant. Il le sent en lui, il n’a plus envie de la pousser à bout, c’est déjà trop tard. Windsor a gagné. Son roi se place confortablement sur l’échiquier.

Pourtant, il bouillonne dans son tourbillon. Douceur et frénésie s’enlacent, s’extirpent de ses songes et veulent s’étaler face à lui. Pour elle. Contre elle. Le roi vascille parce que Luke se redresse, ce même Luke que Windsor désire enterrer sans y parvenir totalement, laissant une petite trappe. Les lames pleuvent, perforent encore et encore. Comme s’il fallait de nouveau jouer cette scène. Comme s’il ne l’avait pas déjà joué dans son esprit. Il n’a pas besoin de ça, pas besoin d’entendre ses plaintes. Aucune ne convient pour justifier l’hystérie passée ni l’hystérie présente. « Tu ne sais pas à quel point je regrette chaque jour d’avoir été assez stupide pour ça… » Contrôle. Contrôle. Ses yeux se ferment, sa respiration tente de reprendre des couleurs posées. Il imagine très clairement le flacon dans son tiroir. Cette petite pilule capable, un bref instant de lui passer ses crises. Ses angoisses. Ses violences. Celle-ci étant trop loin, son cœur s’emballe. Trop. Trop vite. Il la déteste. Pose un regard haineux sur ce que fut sa femme et ce qu’elle lui fait subir aujourd’hui encore. Rien ne devrait suffire pour elle ? Doit-il réellement montrer ce qu’elle a fait de lui pour qu’elle en soit satisfaite ? Pour qu’elle cesse d’exprimer ces mensonges, ces attaques. C’est à lui de l’achever. De lui enlever son monde, son univers. C’est à lui de la briser. C’est à lui de choisir leur destin à eux deux. Plus à elle. Jamais. Plus jamais. Comment peut-elle regretter ce qu’il a fait d’elle ? Aujourd’hui elle serait morte. Aujourd’hui, elle serait morte dans l’oubli le plus total, esclave des hommes. Il l’a façonné. Il a découvert qui elle était. A fait de ce que le monde pensait être une pierre, un joyau. Lui seul avait vu la pierre briller. Lui seul l’avait aimé. Lui seul l’avait tant aimé. Lui seul lui avait offert un nom, une existence, une âme digne d’offrir son aura au monde. Lui seul. Encore aujourd’hui, il est le seul à voir ce que ses yeux cachent. Alors le cœur se calme. L’homme s’agrippe à l’échiquier. Les yeux se posent sur elle. L’homme se hisse, se tire, passe un pied sur le sol quadrillé. Ce monde en noir et blanc. Pas de gris. Surtout pas. Un sourire s’étire, simple. « Echec et mat’ » Le roi se dresse. Le roi reprend sa place. Le roi maitrise leur chemin. A eux deux. De nouveau. Il joue, il dicte, il impose. Il vit. Oui. Il vit de ça. Vit de sa souffrance. Vit de sa propre souffrance. Il cherche à reprendre son souffle sur un monde l’ayant abandonné sans s’avouer ses fautes. Sans dessiner ses erreurs qu’il connait pourtant. Oui, il respire. Oui il… la voit. Cette souffrance cachée derrière la colère, la haine, la rage. Cette souffrance. Et il la voit dans son regard ce soir là, si encré profondément qu’on pourrait la louper. Au fond de cette hystérie, de cette crise qui mêle habilement passé et présent, ce qu’elle pose c’est simplement sa vie. Sa vie à lui. Sa vie en elle, dans ses tripes, dans son âme comme l’emprunte qu’il a eu sur elle par le passé. Toujours présente. Vive. Elle n’est pas la seule à posséder les fils de son existence et de sa mort. L’inverse est vrai, plus encore que par le passé puisqu’aujourd’hui, ils savent. D’un pas. D’un geste. D’une caresse. Luke lui agrippe le bras puis l’entoure des siens. Ses mains glissent, trouvent naturellement une position confortable pour eux deux. Sa tête se pose contre ses cheveux. Ses lèvres hument son parfum, effleurent ce qu’elles ont tant aimé. Il ne s’excuse pas. Non, les mots non pas de sens. Pas toujours. Ils n’ont pas besoin dans savoir lorsque la partition se joue de nouveau, lorsque l’orchestre n’effectue de raté. Lorsque la mélodie est connue.

Lorsqu’elle est simple.


Ni la mort. Ni la vie. Ne peuvent réellement les séparer. Pour le meilleur et pour le pire et à tout jamais.

C’est pourtant là que ses yeux se lèvent de l’obscurité en sentant un regard. Inopportun. Instinctivement, il s’écarte de son épouse, l’éjecte derrière lui, la protège de son corps. Son esprit, lui, s’éloigne pour atteindre l’homme en face. Porte une illusion. Trop tard, lui qui avait cessé d’utiliser sa magie, n’était plus aussi aguerri. Sa main se pose sur son flanc pendant que ses pieds reculent, manquent de perdre l’équilibre. « Mon Amour… tu… pi les yeux la voient. Oui. Clairement, soudainement.


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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Sam 24 Sep - 18:52


Le silence de nouveau accueille mes propos et ma crise de nerfs passagère. L’inquiétude primaire, suivie par cette confrontation à laquelle je n’étais pas préparée m’ont poussé dans mes retranchements et je me retrouve là, face à lui, essoufflée et dans une situation d’échec. Parce que j’ai perdu. Dans notre jeu stupide, je me suis donnée probablement un peu trop, mais l’élève n’a pas dépassé le maître. Si mes mots ont pu faire mouche quelques minutes plus tôt, c’est cette fois une totale perte de contrôle qui s’exprime et me rend vulnérable. Les regrets s’installent déjà alors que mes mots n’ont pas encore fanés, agressent encore un peu plus mon cœur, qui bat de moins en moins régulièrement, au fur et à mesure de mon agitation. Les coups pleuvent sur son torse, mais ils manquent de force, de conviction. C’est plus une façon de décharger ma frustration qu’une attaque à son encontre. Ce sont ses silences, autant que ses mots, qui m’ont suffisamment perturbée pour me laisser aller à la violence, à la douleur des vérités jusque là dissimulées dans un coin de mon palpitant. Ce coin perdu et hermétiquement scellé, mais ébréché par juste quelques mots de trop. La vérité se trouve ici… Sa vérité peut être, mais pas la mienne, pas celle qui brutalise mon être depuis plus de deux cent ans. Sa victoire résulte de mon manque de recul, mais la mienne réside dans sa surprise face à ma réaction. Il n’aurait jamais pu s’attendre à quelque chose du genre, parce que je ne l’ai jamais fait. Ou juste une fois… Et la dernière crise du genre s’est terminée dans un couteau planté dans sa chair. Cette fois, le résultat sera bien différent néanmoins. L’acte passé ne peut être réitérer, je ne peux plus lever la main sur cet homme, parce que nous ne sommes plus un couple. Mensonge Parce que je n’ai plus d’intérêt pour lui. Mensonge Parce que je ne veux plus faire partie de sa vie. Mensonge Parce qu’il n’est plus que l’ombre de celui que j’ai aimé. Mensonge Parce que je l’aime toujours… Et au milieu de tout ce charlatanisme s’impose la justesse. Luke et Marie ne sont pas une histoire du passé et ce peu importe à quel point nous nous battons.

« Echec et mat’ » Les mots coulent entre nous, je ferme les yeux et les laisse s’imprégner dans mon âme. Oui il a gagné. Le jeu est fini… Pour l’instant du moins. Parce que sa victoire n’est pas totale. Il n’a pas détruit ma vie… juste mon cœur une fois de plus qui s’effrite entre ses doigts experts. Je m’attends déjà à l’entendre jubiler et se vanter. Je sais déjà qu’il va utiliser cette partie pour assoir sa domination. La surprise est donc totale lorsque ses doigts attrapent mon bras, que les siens se referment sur moi, que son odeur m’assaille et m’apaise aussitôt. Cette position, nous l’avons tellement effectués qu’elle semble naturelle. Nos deux corps semblent parfaitement adaptés l’un à l’autre et je ne peux m’empêcher de laisser mon cou se détendre, de même que mon corps entier. Dans cette étreinte je me perds une seconde, durant laquelle je ferme les yeux, pour les rouvrir aussitôt. Les larmes se sont invitées, mais elles ne coulent pas. Pas encore. Le moment est si intense que je ne peux m’empêcher de mettre ma main dans ma poche, pour en sortir l’alliance qu’il m’a laissée la dernière fois. Dans mon emportement, je l’ai rangé sur moi et maintenant semble le meilleur moment pour le lui rendre.

Je n’ai pourtant pas le temps de finir mon acte, qu’il me repousse brutalement derrière lui. Une micro seconde, je reste hébétée avant que la colère ne revienne prendre ses droits. Une fois encore. Je veux parler, lui exprimer mon indignation, mais une détonation soudain m’empêche le moindre son. Décalée par rapport à la protection de son corps, je vois la balle arriver sur lui, s’incruster dans sa chair et la quitter. La course à peine ralentie, c’est au niveau de mon plexus qu’elle vient finalement se loger, dans un hoquet. Par réflexe, mes mains viennent sur la plaie, s’imbibent de mon sang. La bague elle, s’est calée d’elle-même sur l’un de mes doigts. Mon doigt. L’annulaire bien sûr, dans un symbole teinté de cruauté. Ses yeux viennent sur moi, il se retourne mais mes yeux se voilent une seconde alors que la douleur éclate soudain. De la blessure elle s’évade pour s’incruster dans tous mes pores. Dans une lucidité pourtant étonnante, je lève la main et la dépose sur sa joue dans une tendresse que je ne me croyais plus capable d’éprouver. « Luke… » C’est à ce moment que mes jambes se trouvent incapable de me porter plus longtemps. Elles lâchent et m’entraînent dans un chute incontrôlée. Je m’effondre au sol dans un bruissement et un cri de douleur alors qu’elle se répand toujours un peu plus. C’est de l’argent qui constitue cette balle et logée comme elle l’est je ne parviens pas me concentrer pour me changer. Je la laisse donc prendre possession entièrement de mon être, sans pour autant m’empêcher de murmurer. « Je suis désolée… » De quoi ? Je ne le sais pas moi-même, mais seule l’impulsion du moment m’a pris…

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Dim 2 Oct - 15:20

Ses prunelles changent de taille, s’élargissent pour faire échos à leurs jumelles. L’éclair le transperce et au milieu de l’étonnement une douceur surprenante l’envahie. Cette douceur d’un lointain passé, comme si les barrières s’étaient brisées en silence pour disparaitre derrière un épais brouillard dont seul sort l’intensité d’un regard partagé. Le temps est suspendu autour d’eux. La seconde s’égraine d’une lenteur accablante mais dont ils ont tous deux besoins. La douleur physique n’a d’égale que la crainte qui expose son cœur et son âme à une détresse qu’il aurait juré avoir enterré lors du premier coup de couteau. Comment aurait-il pu s’inquiéter de sa vie à elle alors qu’elle venait de lui priver de la sienne ? Comment peut-il, aujourd’hui, craindre plus pour sa vie à elle que la sienne ? Comment peut-il laisser cette rage éradiquée toute forme de contrôle pour venger cette attaque ? Les temps se confondent. Passé, présent, futur. Tout semble danser de manière chaotique sans qu’il n’y puisse rien. Il ressent cet amour incandescent le pulvériser et brûler son être. Ne plus être capable de respirer. Sentir son corps ne plus lui appartenir. Se sentir piéger et libérer dans le même temps. Il bouillonne. Sa femme porte ses doigts délicats et souillés sur son épiderme, susurre un prénom qu’il voudrait encore la force de jurer mort mais se laisse agripper et attirer vers elle. Cette femme qu’il aime par cette faiblesse de l’âme, du cœur et de l’âme. Windsor n’a pas connu d’égale à ce sentiment enivrant, puissant et destructeur. La rage elle-même n’a pu s’en soustraire, agrippé et consumé par plus intense que sa noirceur. A croire que l’amour aurait des vertus bien plus sombres que le néant qui abrite si gracieusement la rage. Le ministre la voit chuter, la main disparait dans une caresse de son épiderme et, oubliant sa propre blessure, il l’attrape au vol, la dépose avec plus de délicatesse que sa chute non programmée. Un vif regard derrière lui, le pousse à se superposer à sa femme. Une nouvelle salve, cette fois-ci moins chanceuse que la précédente. Le Ministre grogne, se redresse, passe derrière sa femme et la tire à l’abri du bureau. Toutefois, celui-ci laisse visible l’extérieur. Juste un peu. C’est mieux que rien. Ses mains se posent à leur tour autour du visage de Marie. Ce n’est pas de son habitude de se laisser abattre par une simple blessure pourtant, son regard se voile un bref instant. L’homme enrage sans subtilité, ne laisse aucun doute sur son visage quant à ce qu’il va devoir faire. Avec plaisir. Pourtant, seule inquiétude se pose dans les prunelles de sa compagne. « Je suis désolée… » Les mots flottent un bref instant entre eux avant de l’attaquer, transpercer son corps et son âme comme les lames qu’elle a déjà utilisé contre lui. Désolée de quoi ? Veut-elle cesser d’être pitoyable une minute ? Pour qu’il se concentre. Oui, il doit se concentrer et faire souffrir cet excrément des bas fonds. D’autres tirs fusent, ses poings se serrent, sa tempe explose sur son visage et d’un geste rapide, il ôte sa chemise brisant les boutons. Avec une délicatesse coupée par des gestes brusques, il enroule la chemise autour du corps de sa femme et serre pour faire pression sur la plaie. « Cesse de me donner les armes pour t’anéantir une fois que tu seras rétablis, le jeu n’en vaudra bientôt plus la peine et l’ennuie nous écorchera tous deux. » Un sourire lui est offert, ultime effort pour celle qu’il a toujours aimé avant de fermer les yeux.

Son esprit s’étend autour de lui, capte ceux des personnes encore éveillés autour de lui. Ayant un jour, juré à Marie de ne jamais utiliser les dons sur elle, il ne l’enferme pas dans son illusion. Le Ministre se concentre, nappe de noir les vitres des autres bureaux, offre l’illusion pour les autres d’avoir la vue obstruée. En ce qui concerne l’excrément mouvant, le sorcier lui réserve un tout autre spectacle. Bien plus réel. Bien plus douloureux. La rage nait dans ses prunelles lorsqu’il se redresse, cinq lames dans sa main. La première se logera dans son épaule. La seconde, explosera la première caméra. La troisième transpercera sa jambe gauche. La quatrième mettra fin à la seconde caméra de la pièce et la dernière, il la réserve. L’enchainement se fait avec dextérité n’ayant rien perdu de sa pratique à l’arme blanche. Utilisant simplement une statue de hibou qu’il a toujours trouvé immonde pour exploser une vitre à l’opposé de sa position. Distraction faite, il sort et lance le premier couteau et le second puis se cache derrière le bureau de sa secrétaire absente. Le ministre sourit en entendant le râle de l’homme, tirant de nouveau dans le vide. Enfin, le sorcier l’espérait. Un regard vers son épouse, il croise ses yeux et s’en détourne. Quelque part en lui, il déteste l’idée qu’elle puisse découvrir qui il est aujourd’hui. Pourtant, ne rompant pas sa promesse, sa main droite ne fait que se resserrer sur les trois autres lames. La gauche s’étale sur le haut de son flanc, il perd du sang et donc de la vigueur et de la concentration. Un tir le fait sortir de sa cachette, perdant l’équilibre, il se maintient avec une hésitation enfonce son regard dans celui de la merde vivante. L’arme est face à lui. Le ministre se laisse tomber en sol, refrène un grognement et lance son couteau dans l’autre épaule du type puis… fonce sur lui, le propulse au sol sans tenir compte de la dernière caméra. La rage explose tel un feu d’artifice dans son corps. L’admiration de ses cellules noie le peu de contrôle qu’il s’était gardé, toutes galvanisées par l’irrépressible besoin de faire souffrir cette chaire humaine. Personne. Personne ne peut blesser Marie. Ni lui. Ni personne. Marie c’est l’ombre et la lumière de sa vie et de sa mort. Nul ne peut briser ce qu’il a façonné sans risquer d’y perdre plus qu’une vie. L’amour et la haine font un cocktail étonnant, le sorcier sent le breuvage en lui, se laisse dompter par la frénésie du sang qui coule déjà contre ses phalanges. Son sourire s’étend, on pourrait jurer voir de l’ocre dans ses prunelles. L’homme se débat, frappe le flanc du Ministre qui laisse échapper un grognement et s’applique, pour toute réplique, à récupérer l’un des couteaux plongé dans le corps du déchet et le tourne, doucement, douloureusement. L’excrément gigote, hurle à son tour, ordonne qu’on le lâche. Ce n’est pas fini non. Plusieurs autres coups pleuvent, un tir sonne, bouscule le ministre qui se redresse à peine. Gonfle ses joues, ferme et rouvre ses yeux à plusieurs reprises. La douleur vrille ses nerfs et dans un ultime mouvement attrape une lame pour l’enfoncer dans la jambe de son vis-à-vis. Il esquisse un sourire lorsque d’un coup sec, il fait rompre l’artère.  Voila une belle mort.

« Marie… » Il susurre, se retourne et parcourt les mètres qui le séparent de sa femme, lâchant progressivement l’illusion appliquée autour de lui. Arrivé non loin d’elle, il se laisse tomber sur le sol, lui offre un sourire voilé. La rage s’écoule hors de lui comme le sang de ses deux blessures, celle du flanc et celle de sa jambe. Pour une raison éloignée de son esprit, il cherche la main de sa femme, la secoue. « Maintenant…qu’on a le temps… le mensonge peut-il disparaitre de tes traits…Et… m’avouer… la raison de…ta présence… » Sa tête se penche en arrière, capte son regard. Son pouce sent le métal froid de l’alliance. Cette fausse alliance qu’elle croit vraie. Est-elle vraiment sur son doigt ?

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Sam 8 Oct - 23:46



La chute est plus longue que prévue, la faute à ses bras, qui m’entourent et me réchauffe à la même seconde. Mon cœur s’emballe une seconde, fait affluer le sang jusqu’à ma blessure, qui s’imbibe un peu plus. Mon regard se perd dans le sien une seconde. Si bleu. Si beau… Je ne peux que fermer les paupières, alors que l’argent semble répandre un peu plus son venin dans mon être. Dans un grognement, je laisse toute dignité s’échapper de mon corps. Il m’est impossible de maintenir l’illusion, alors que je me sens clairement faible. C’est la première fois, depuis très longtemps, que je me sens aussi impuissante et le fait que Windsor puisse y être mêlé ne m’étonne pas une seconde. J’esquisse un léger rire en réponse à mon cheminement de pensées et tousse finalement, alors que le premier réveille un peu plus les douleurs. Je retiens de peine un juron et opte pour des excuses, qu’il accueille avec la pire réponse du monde. Ses gestes trahissent pourtant sa nervosité, ses yeux clament sa peine et son visage crie vengeance. Je n’écoute donc pas ses mots et me contente de le regarder pour le comprendre. Seulement pour la première fois, je ne suis pas certaine de le pouvoir. Dans ses yeux brûlent une violence que je n’ai jamais connu chez lui et cet effet m’effraierait presque. Je le laisse se déshabiller, m’enrouler de sa chemise comme un pansement de fortune, mais ça n’aidera pas. Mon bras se lève pour attraper le sien, mais déjà il n’est plus là. Douloureusement, je me redresse, pour ne rien louper de la scène qui va se dérouler. Probablement aurais-je du rester cachée derrière ce bureau et m’éviter cette vision.

A chaque seconde de plus, mes yeux s’écarquillent, ma main se serre sur le bureau qu’elle a agrippé pour me maintenir suffisamment droite. Les couteaux volent, mais je ne vois qu’une chose. Lui. Il ne ressemble plus à mon époux. Physiquement, il est toujours le même. Toujours ces épaules qui me rendent folle, cette nuque que j’adore caresser, ces yeux qui m’effleurent de leur azur… Mais aujourd’hui, ils semblent habités, de cet inconnu que je ne reconnais pas. Pour la première fois, j’entrevois ce qu’il a tenté de me dire à chaque fois depuis nos retrouvailles. Cet homme n’est pas celui que j’ai connu. Mon Luke n’aurait jamais pu planter des couteaux aussi aisément dans la chair de quelqu’un. Mon Luke n’aurait jamais pu faire, physiquement, du mal à quelqu’un. Alors quand l’acier de son regard croise la douceur de mes noisettes, je ne peux que détourner les yeux. Lui le fait aussi. Alors ma curiosité morbide revient aussi sec et je ne perds pas une miette du spectacle parfait qu’il exécute. Celui que je suis censée faire à sa place. Je suis son arme. Lui ne peut tuer quelqu’un. Ce n’est pas mon Luke. Mes prunelles sont fixées sur la scène, mais s’emplissent tant de larmes que je finis par lâcher prise et me sens retomber violemment en arrière. Un cri de douleur m’échappe alors que je rencontre le sol douloureusement, mais ce n’est plus le trou dans ma poitrine qui me fait mal. C’est mon âme qui crie, mon cœur qui saigne et mes yeux qui pleurent. Là est ma véritable douleur, alors que je me rends compte silencieusement de ce qu’il est devenu. Ce n’est pas mon Luke.

Alors quand il revient derrière le bureau, que le sang coule d’une nouvelle blessure, qu’il s’approche, moi je tente, dans un pathétique mouvement de recul, de m’éloigner de lui. Tout simplement parce que l’homme devant moi m’effraie. Il n’est pas celui que je connais. Tout en lui résonne de la même façon qu’avant. Il est le même connard, mon connard. Tout en ne l’étant plus. Mon esprit déjà embrouillé par la blessure, se perd dans plus de détours que nécessaire et alors que je voudrais me réfugier dans le semblant de tendresse qu’il m’offre, je me perds dans ces questions que je sais sans réponse. Il ne me répondra pas si je lui demande, alors je conserve le silence et ne tente plus de me soustraire à sa présence. Sa paume contre la mienne réchauffe un peu mon être et même si je ne suis plus aussi sereine à ses côtés, je ferme les yeux de nouveau. Ca ne dure qu’une seconde, avant que je ne plonge mes billes dans les siennes. Il a reprit la parole, tente grossièrement de me rendre furieuse avec ses mots qu’il sait incisifs. Pourtant son ton ne l’est pas et trahit son angoisse pour ma blessure. Normal. Il ne sait pas que c’est de l’argent. Il ne sait pas que je ne peux pas me transformer à cause de la position de la balle. Il ne sait pas que je suis actuellement en très mauvais état. Alors je souris et pose ma seconde main sur la sienne. « Je crois que je fais des… » Je m’interromps pour tousser une nouvelle fois. Le simple fait de parler me fait suffoquer et je me demande une seconde si je vais survivre à cette attaque là. « des rêves prémonitoires… » Je ne réponds pas par l’attaque. Je ne lance pas de répartie cinglante…

Rien que pour cela, il devrait continuer à s’inquiéter. Mes doigts se resserrent sur les siens et je lâche une larme de plus alors que je continue à me perdre dans mon esprit, voyant sans cesse la scène recommencer, encore et encore. Il n’est pas mon Luke. « Ramène moi chez moi Windsor… Ils… ils sauront s’occuper de moi. » Il n’est pas mon Luke… Mon Luke est mort…

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MessageSujet: Re: If you die... [Armstrong²]   Dim 9 Oct - 1:20

L’alliance. Cette réminiscence. Indécente. Douloureuse. Le Ministre pourrait en rire s’il ne craignait pas pour sa femme un aller simple vers un monde qu’il n’a que trop apprécier quitter. Il ne saura peut être jamais s’avouer les raisons qui le poussent à souffrir de l’éventuel de sa disparition alors qu’il a toutes les raisons de l’y pousser. Pourtant, il n’en sait rien et il vit la crainte de sa mort avec la même détresse qu’il a vécu sa propre descente en enfer. Marie ne fut pas qu’une simple rencontre, elle fut celle qui détermina sa vie, ses vies. S’il a façonné la pierre pour ce diamant, il n’en est pas moins l’inverse vrai. Elle a contribué à toutes ses mutations, toutes ses entreprises, tous ses desseins. Elle est ce que les poètes appellent, une muse. Elle est l’amour et la haine. La joie et le doute. L’indécision et l’absolue certitude. Elle est la tendresse et le piquant. La vie et la mort. Le désir et … Elle est l’artéfact d’une vie qu’il a rêvé chaque nuit en enfer. Elle représente ce qu’il considérait comme le bonheur, comme l’épanouissement dans une complicité qui n’avait pas d’égale dans ce monde. Un monde où elle aurait pu n’être qu’un monstre, qu’un déchet. Il devrait la détester pour le reste. Il devrait jubiler de la voir ainsi, si faible. Il devrait s’amuser de savoir que ce qui l’a poussé ici n’a fait que la pousser vers cette situation. Mais, rien y fait, ce qui traverse ses fibres n’a rien à voir avec le désir de mort, la rage et sa volonté de la faire chuter comme elle a contribué à sa perte. Cette vengeance qui l’a nourri et fait grandir dans un enfer dont elle aurait certainement pu ressortir plus force que lui. Cette vengeance qui l’a fait survivre. Cette vengeance qui…. Qui disparait dans ses prunelles, se noie sans difficulté dans un lac gelé par la torpeur de la voir disparaitre. Cette flamme dans son regard. Et son esprit vogue vers leur dernière rencontre et ces croisements dont seuls les regards ont pu attiser ce qu’ils sont l’un pour l’autre : cette pièce. Cette pièce frappée et polie par les évènements de la vie et le trouble de la mort, l’étrange cheminement que cette terre à fait de leur relation. Comment a-t-elle pu croire qu’ils auraient pu exister l’un sans l’autre ? Ce serait comme imaginer la lune sans la terre. Bien des mythes et légendes font mentions de ces relations perdurant dans les siècles et en cette journée, le ministre a cette drôle de sensation d’en être un mythe de plus. Douloureusement. La simple idée de disparaitre avec elle alors qu’ils n’ont pas eu le temps de se retrouver le rend nostalgique d’un passé qui l’a pourtant entrainé dans sa mort. L’indécence de ses pensées autant que la stupidité que ses sentiments le pousse à endurer le font enrager alors que sa peau, elle exprime une tendresse contre l’épiderme de sa femme.

Elle ne peut mourir. Jamais. Puisqu’elle est maitresse de son âme. Puisqu’elle est sa vie. Puisqu’elle est sa mort. Puisqu’elle est devenue l’arme autant que le remède, son pouvoir lui explose au visage sans qu’il n’y puisse rien. La vengeance s’est noyée, sa force aussi, terrassé par la crainte de ne pas savoir être sans Marie dans son équation. A croire que ses fibres sont intrinsèquement liées à elle. C’est pathétique. Ce n’est pas logique. Il n’existe aucune explication rationnelle à cette conviction mais l’aimant ne peut se détacher de cet opposé qui l’attire inéluctablement.  L’énonciation de ses pseudos dons prémonitoires le fait sourire, il laisse échapper un rire entrecoupé de toux. « est-ce l’aveu de ton meurtre prémédité ? » Il se tourne vers elle, roule sur lui-même pour l’observer. La réponse l’indiffère puisqu’il sait cette histoire sans fondement et qu’au fond, il a bien conscience des raisons de sa folie meurtrière bien qu’il ne puisse jamais la comprendre et encore moins l’accepter. Un choix qui brisa plus qu’une union mais un univers façonnait de leurs mains jointes. La larme s’échappe, il la voit glisser sur un visage qu’il a tant aimé parcourir. Son cœur s’échoue sur le rivage de ses prunelles, la souffrance, la peur et le vide qui s’y exprime ne laisse aucun doute à l’interprétation de ses nouvelles paroles. Le flux tranquille se transforme en orage et la tempête explose entre eux dans une quiétude inappropriée. « Windsor ».Le glaive tombe, elle a compris. Elle a vu. Et leur passé s’effrite dans son regard qui se clos. A cet instant, ce n’est plus leur combat stérile qui tente de mettre fin à une relation plus douloureuse qu’autre chose mais le dur constat d’une réalité causée par des actes exécutés il y a bien des siècles. La résurgence frappe avec plus de force que l’alliance. Ce n’est plus une douce blague, une attaque physique mais une éradication muette. Une prise de conscience qui brûle tout dans leur être puisque sans nul étonnement, lire la mort de Luke dans ses yeux entraine forcement sa disparition dans l’être de Windsor. Puisqu’elle était le vecteur de l’homme jadis, elle était également son souffle. Aujourd’hui, elle l’élimine en n’y croyant plus. Alors que reste-t-il si ce n’est la mort qu’elle a engendré ? et la violence qui en est ressorti ? La voila qui supprime le peu du Luke qui subsistait pour elle, pour eux. Encore une fois, elle est l’arme. L’arme qui balaye l’humain de ce qu’il est devenu dans les tréfonds de l’obscurité, de la noirceur de l’homme, du pire de l’humain… un pire qui sommeillait en lui et s’est exalté à se revendiquer en vie dans les barrières et loi du monde de Bal, ce darkness fall.

Le ministre enrage de cette souffrance. La même qu’au travers de ses coups de couteaux, si ce n’est plus encore puisque imperceptiblement, le réconfort de ses actes avait su apaiser la rage de Windsor pour animer l’amour de Luke. Et ce mélange explosive qui se repend en lui, se donne la force de le soulever, d’endiguer la douleur au fait de porter son corps. Pourquoi l’aide-t-il encore ? Encore, alors qu’elle vient de détruire ce qui fait de lui le seul être à savoir aimer malgré ce qu’elle lui a fait. Il n’en sait rien. Peut être est-ce vrai, d’une relation il y en a toujours un qui aime plus, vit plus, offre plus. Aujourd’hui c’est à son tour ? Une dernière fois. Une simple fois. Alors il se lève, le corps de sa femme dans ses bras, concentre de nouveau l’illusion pour se rendre invisible et marche vers l’ascenseur. Il s’y engouffre, comme son nez dans le cou de sa femme. Il l’aime. Et c’est ce constat qui le rend fou. Et c’est ce constat qui le rend âpre et vide. Il l’aime et ne sait comment réveiller la rage de cette vengeance. Son esprit se raccroche aux parois de ce que le ministre a programmé, sa destruction à elle et non la sienne. Pourtant le schéma se répète. Encore, inlassablement. A croire qu’il n’existe aucune route sans encombre. Il brûle du simple contact avec son épiderme mais s’enlise dans ce confort comme une caresse de son passé. Il aime. Arrivé au sous-sol, l’illusion se brise, comme son corps sous la douleur. « Marie… tu n’auras de cesse… que de me briser... »Briser et non tuer puisqu’il semble impossible de l’exterminer. Cela semble plus savoureux de gratter la peau avec ses ongles pour creuser et toucher enfin l’organe qui s’agite tant en sa présence. Une douloureuse activité qu’elle maitrise même dans ses songes. Elle est le démon de ses rêves, de ses cauchemars et indéniablement de sa vie.

Le chauffeur est là. La voiture aussi et sans poser de question que le premier conduit la seconde vers l’emplacement indiqué. Sans question, sans étonnement. La tête de Marie est sur sa cuisse. Les doigts du ministre sont posés sur elle pendant que ses yeux prunelles parcourent son visage puis se détournent pour observer une ville affaiblie. A moins que ce ne soit lui, lui Luke, qui se voit déposséder de la seule source de croyance de son existence. Et voila, elle sait. Elle sait ce qu’elle a fait de lui, un monstre. Elle a tué Luke, l’a fait remplacer par une copie hors contrôle et semble bien incapable de comprendre qui il est. Pourtant… pourtant qui pourrait y parvenir mis à part elle ? Celle qui parvient à le tuer, à la briser, à l’aimer, à le désirer, à l’écorcher, à l’obliger à….. celle qui est là. Qui a toujours été là. D’une manière ou d’une autre, à tort ou à raison. Immobile. Son moteur. Son arme. Son remède. Sa vie. Sa mort.

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