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 didn't think we'd come this far ∴ Nolietta

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MessageSujet: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Ven 2 Sep - 14:00


Le temps s’écoule et se ressemble à chaque seconde qui passe. Lentement, je semble m’enfoncer dans une spirale d’incompréhensions et de sentiments qui me dépassent et me questionnent. Mes accès de colère semblent plus réguliers, mon cœur se serrent chaque seconde. Mes yeux souvent se posent sur des lieux qui me rappellent l’innommable. Tout a brûlé, tout a été réparé à neuf, pourtant les lieux restent les mêmes, les erreurs aussi. Impossible d’oublier mon acte désastreux, pas plus que l’amertume de la situation actuelle. Tout comme il m’est impossible de laisser passer le choix que lui a fait, ensuite. Tirer sur Liam. Sa stupidité me dépasse, m’agace, plus qu’elle ne m’attendrit. C’est inhérent à sa personnalité semble t’il, de toujours faire les mauvais choix, de toujours prendre le mauvais côté de la route. Je ne suis pas exempte d’erreurs moi non plus, mais j’essaye d’apprendre néanmoins. Pas lui. Pas quand ça concerne son connard de frère. Pas quand ça me concerne non plus apparemment. Ses neurones se taisent à chaque fois qu’ils doivent pourtant être à leur maximum. En y repensant, encore une fois, je m’échappe dans une fureur incontrôlable et incompréhensible. Dans ma main, un objet, qui se retrouve rapidement sur le sol brisé, comme mon âme qui s’enfonce un peu plus dans l’imprévisibilité de mes réactions. Je ne me comprends plus, mets cela sur le compte de cette relation bafouée qui me détruit lentement de l’intérieur, quand à l’intérieur de mon être, un esprit maléfique me pousse aux vilenies les plus affreuses. Ma colère s’estompe légèrement, quand des coups se font entendre à la porte. Légèrement, je reprends contenance pour me diriger vers mon entrée.

La porte s’ouvre lorsque j’actionne la poignée et mon corps se fige. Pas un de mes muscles ne s’active, pas un souffle ne m’échappe, alors que dans ma cage thoracique, le palpitant s’emballe d’un coup. Battements sourds qui me font douter une seconde de l’identité de la personne en face de moi. C’est Liam. Ca ne peut être que Liam. Avec cette attelle. Nolan est en prison de toute façon. Cet idiot s’est réfugié dans son entêtement et se retrouve dans ce lieu que j’abhorre. Ca ne peut être que Liam. Seul l’infâme peut se présenter devant moi aujourd’hui. Et pourtant mon cœur le salue comme s’il s’agissait du bon jumeau. De nouveau je me fourvoie, me trompe alors que tout mon être voudrait se tendre vers lui. Fichu instinct destructeur, qui me pousse vers lui. Ca t’arrangerait, en vrai, qu’il se pointe, tu récupérerais le seul Wiggins qui vaille quelque chose.

Et si c’était vrai… Et si c’était ce Wiggins là qui m’intéressait ? La simple idée me fait hoqueter et dérange mon estomac en une vilaine nausée incontrôlable. Je ne peux me mentir pourtant. Alors que cet homme se présente devant ma porte, je suis contente de le voir. Difficilement je réprime un sourire. Plus encore, je tente de ne pas répandre mes tripes sur le sol, alors que la constatation se fait horriblement désagréable. « Tu n’as rien à faire ici ! L’italien m’échappe, quand dans ma confusion je m’enfonce. Il me faut plusieurs secondes pour retrouver mon anglais et reprendre, la voix toujours plus tremblante à mesure des secondes. « Tu n’as rien à faire ici Wiggins ! » Ta place est en enfer Mais cela, je ne le dis pas à voix haute. Trop respectueuse néanmoins de l’amour de Nolan pour ce démon fait homme, je conserve une diplomatie douloureuse, quand tout mon être voudrait se perdre dans les insultes et la violence. Difficilement, je me redresse et conserve un visage neutre. Stoïque, j’observe le jumeau, sans descendre le regard vers la main. Ce n’est de toute façon plus une façon de le reconnaître. Dans sa façon d’être, plus rien ne m’étonne et il ne serait du coup pas idiot de penser qu’il ait pu se faire la même cicatrice, dans l’optique de lui ressembler encore un peu plus. Avec un courage que je ne me reconnais pas, je reprends la parole, sans oublier de lâcher un profond soupir juste avant. « Je ne t’invite pas à entrer… » Acéré, mon regard s’adoucit juste une seconde lorsque je continue. « Mais tu peux dire ce que tu as à dire. »

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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Mer 7 Sep - 23:31

didn't think we'd come this far
Giulietta & Nolan



Je ne supporte pas cette cravate. Je ne supporte pas ce costume. Je ne supporte pas cette maison. Je ne supporte pas les sollicitations à longueur de journée à alors que je ne comprends pas le quart de ce qu’on me raconte. Natalya fait écran pour que ma couverture ne soit pas brisée, moi je fais potiche. Et je déteste, mais genre vraiment, je déteste faire potiche, je conspue les plantes vertes et tout ce dont j’ai envie, là, maintenant, tout de suite, c’est de me retrouver face à mon ordinateur, de mettre un casque sur mes oreilles et de passer en boucle une chanson, la plus stupide et la plus répétitive possible, pour m’immerger dans un code aussi complexe qu’inutile et oublier la réalité. Oublier la réalité. La nuit, déjà que je dors de moins en moins, mais en plus je me réveille de plus en plus souvent en sursaut en entendant un coup de feu et en sentant dans mes doigts du sang poisseux. Sauf que parfois c’est Liam que je viens d’abattre, parfois c’est Elias.

Et d’autres fois, les pires, c’est Giulietta qui s’écroule, une balle à quelques centimètres du cœur. Et dans ces moments là, plus que pendant tous les autres scénarios possibles, je me sens mourir de détresse. Parce qu’elle me manque. Ses mimiques me manquent. Sa présence me manque. Son omniprésence, lorsque je la suis du regard, lorsque j’aperçois l’une de ses mèches blondes, lorsque je lui arrache un soupir, tout ça me manque. Je suis enfermé dans une prison dorée parce que j’ai fait l’idiotie de m’en prendre à mon frère et que lui a fait l’idiotie d’inverser nos places au pire moment qu’il soit. J’étouffe, dans ce rôle de ministre qui ne me va pas. J’étouffe, je m’asphyxie devant ceux que je haïs, devant ceux à qui je suis obligé de faire des ronds-de-jambe juste parce que c’est ce que Liam fait. Et le pire, dans tout ça, c’est certainement de me rendre compte chaque jour un peu plus que je comprends Liam sans le comprendre. Que même si j’ai pris régulièrement sa place ces derniers mois, j’étais à des lieux de me rendre compte de quelle était exactement son existence. Une existence qui lui ressemble tout en ne lui ressemble pas. Une existence millimétrée, tirée à quatre épingle, friquée au possible, soignée, satinée, lisse et insipide, écœurante de morgue et de pouvoir.  

J’étouffe. C’est pour ça que je me retrouve dehors, sur le petit balcon qui s’avance sur la ville. Pour respirer. Mes poumons hurlent leur désaccord devant cette bouffée de cigarette qui non seulement est très fortement déconseillée dans mon état mais qui, en plus, encrasse la seule chose qui fonctionne à peu près bien dans mon organisme. Et pourtant… je souffle la fumée de cigarette dans un soupir, main dans la poche, veste à moitié sortie, dans une pose millimétrée. J’ai l’impression d’être un acteur. Et c’est… fatigant. Pire. Epuisant. Dénaturant. Ma nausée, mes haut-le-cœur lorsque je me regarde dans la glace, je peux les imputer autant que je veux à mes, mon rein, ce n’est qu’une illusion. C’est moi qui m’écoeure. Et mon frère qui me manque. Et Giulietta… qui doit me déteste, me mépriser, m’oublier, faire ce qu’elle veut de sa vie, de son cœur, de mon absence. Je soupire, écrase le mégot sur le premier support que je vois et me traîne à l’intérieur de l’appartement, non sans un regard vers le balcon qui me sépare de l’extérieur. Attentat contre le ministre, lente rémission, bras en écharpe, clavicule touchée, tous les prétextes sont bons pour limiter mes apparitions en public et surtout justifier le fait que je sois confiné à l’intérieur. A croire que Liam a tout, strictement, absolument tout prévu. A croire qu’il me connait mieux que je ne le connais moi. A croire qu’il savait que j’allais tenter de contrecarrer ses plans, à croire qu’il savait que j’allais finir par accepter de me plier à ses règles stupides, à croire que…

Depuis quand, exactement, j’obéis à mon frère ? Je m’immobilise en plein milieu du salon. Depuis quand exactement j’obéis à Liam, je me plie sans trop ronchonner à ses interdictions qu’il ne m’a même pas dites à haute voix ? Je suis un sorcier, je peux faire ce que je veux. Je suis Nolan, le non n’a qu’une signification dans ma tête, et elle n’est pas la même que celle du commun des mortels. D’un regard, je considère la porte d’entrée. Une illusion, c’est le plus simple. Mais l’illusion de quoi ? Pendant des mois, j’ai entretenu l’illusion d’être Liam. Depuis des jours, même, je la consolide, je m’enveloppe de la personnalité de Liam, de ce que je crois être la personnalité de Liam, pour que personne ne se doute de rien, pour que… pour le protéger. Tout simplement.

Sauf qu’à trop le protéger, j’en oublie les autres personnes que j’ai dû blesser dans cette affaire. Sans prendre la peine de réfléchir davantage, je m’éclipse. Comme ça. Tout simplement. Il me suffit d’un peu de concentration, de me remémorer ce que ma mère a si longtemps essayé de me faire rentrer dans le crâne, je suis en bas de la résidence, je suis dans la rue, je suis devant la maison de Giu en m’évertuant à maintenir l’illusion que je ne suis pas là. La plus amusante à faire, puisqu’elle me permettait d’éviter la concierge lorsque j’oubliais de payer mon loyer, il y a une éternité. Avant mon deuxième passage en prison, avant que Liam ne détruise la confiance qu’il y avait entre nous, avant que tout ne termine de déraper. Je fronce les sourcils avant de frapper à la porte, concentré pour ne surtout, surtout pas faire demi-tour. Ne pas faire demi-tour.

Nolan, Liam, je ne sais pas qui choisir. J’ai envie de me carapater. Nolan, Liam, je ne sais pas qui elle attend. Qui elle veut voir. Qui elle va voir. Et dès qu’elle ouvre la porte, mon expression béate, ridicule, étonnée choisit pour moi. Face à Giu, je suis Nolan, pleinement Nolan. Déjà dans l’ascenseur du Government Building, ma carapace de Liam s’était totalement étiolée devant elle, en un rien de temps. Et là… après ces derniers mois, après cette nuit, c’est pire encore. Je ne sais pas quoi dire, je reste con, pour changer. Je n’arrive même plus à cligner des yeux. « Tu n’as rien à faire ici ! Je fronce les sourcils. « Pardon ? » J’ai du louper quelque chose. C’est de… l’italien, là, non ? Et même si ça ressemble au français… « Tu n’as rien à faire ici Wiggins ! » J’ouvre la bouche pour rétorquer quelque chose, je la referme en restant silencieux. Miracle. Son soupir me vole mes mots, son regard appuie ses propos, elle me rejette.

« Je ne t’invite pas à entrer… » Elle me rejette. J’ai les épaules qui s’abaissent, j’ai le Nolan qui ressort, le Liam qui se carapate, j’ai les yeux qui hurlent leur désespoir. « Mais tu peux dire ce que tu as à dire. » Mais… mais… j’ouvre une nouvelle fois la bouche, comme un poisson hors de l’eau, à la recherche d’oxygène et d’un quelconque neurone. « J’ai rien à te dire. » Je cligne des yeux. Dans ma tête, ça sonnait… moins agressif. « Je veux dire… je suis pas venu pour te dire quelque chose de particulier, juste parce que… » Qu’est ce que je fais là, exactement ? « C’est moi, Giu. C’est… » Oh. Ma main, celle qui n’est pas bloquée dans une attelle inutile, grimpe dans mes cheveux pour les gratter, signe évident de malaise chez moi. « Tu me prends pour lui. C’est normal. J’aurais dû y penser. » Je m’arrête, conscient de la bêtise de mes mots. « Enfin, j’y ai pensé, bien sûr, mais j’ai oublié d’y penser plus longtemps et de trouver une solution. Du coup, on a un problème. Je crois. » Peut être. Très certainement. « Si je te dis que je suis Nolan, tu vas pas savoir si c’est Liam qui fait à nouveau le con ou si c’est Nolan qui n’a rien à faire là. Et si je te dis que je suis Liam, déjà je mens, mais en plus, je crois que tu vas vouloir me frapper ce qui sera totalement contre productif. » Il faut que j’arrête de parler. De suite. Le moment où j’étais bouche bée de stupeur à son apparition me manque déjà. Je crois. « Je peux rentrer ? Et je t’explique. Promis je me tiens bien. »


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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Mar 13 Sep - 17:46


Le souffle manque rapidement à ma cage thoracique tant je le retiens. Chaque respiration semble presque douloureuse tant je tente de réguler les battements sauvages de mon cœur, qui s’emballe pour la mauvaise personne. Je me déteste tant à cet instant que je voudrais refermer la porte d’un coup sec et ne plus me laisser emballer par la présence détestée du jumeau honni. Pourtant je reste forte et me dresse face à lui, comme un roc face à la tempête. Hors de question de le laisser entrer. Ni dans ma demeure, ni dans mes pensées, ni nulle part en vérité. Tout simplement parce qu’il va de nouveau tout ravager sur son chemin et je n’y suis pas préparée. Trop en colère contre Nolan, contre sa stupidité, je ne peux me laisser aller à approuver la présence de Liam devant ma porte. Ma froideur se veut de glace, mais fond presque aussitôt alors qu’il ouvre les lèvres pour déverser un flot de paroles qui m’abasourdi. Mes yeux s’écarquillent face à une si belle comédie. Trop estomaquée pour lui demander de se taire, je laisse mes yeux s’humidifier lentement, à mesure que j’espère. Espoir idiot. Cet homme ne peut être Nolan. C’est impossible. Il se joue de moi de nouveau, mais mon être entier n’est pas prêt pour cette farce. Alors à sa question, je prends la seule décision logique, la seule qui pourra m’épargner juste un peu plus. Des deux mains, je le pousse hors du champ de la porte, que je referme aussi sec. « Non ! » Les larmes, auparavant coincées, s’écoulent lentement, mais je les arrache de mes joues dans un mouvement rageur. Dos à l’huis, je serre les mâchoires, m’empêche de hurler, de lui donner la satisfaction d’avoir été suffisamment retors pour me toucher intensément. La logique l’emporte cette fois, me pousse à franchir le couloir pour m’éloigner le plus possible. Pourtant elle s’en est allée, alors que les mots dansent dans mon esprit, jusqu’à me faire mal à la tête. Et la raison envolée, ne reste alors que l’impulsion. Celle qui me fait actionner la poignée de nouveau, pour lui faire face.

« Tu sais quoi ? Peu importe ! Peu importe qui tu es. De toute façon, l’un comme l’autre, vous me pourrissez la vie ! Vous me rendez folle. Et je ne veux plus vous voir. Ni l’un, ni l’autre. Je ne veux plus entendre le nom de Wiggins ! Je… » mens comme une arracheuse de dents. Mon histoire avec les Wiggins ne sont pas finies. Mon histoire avec Nolan n’est pas finie. C’est la seule qui compte, la seule qui m‘importe et la seule que je ne peux régler. Et malgré le mensonge éhonté, je me sens mieux une seconde. Juste une, avant que dans son regard je ne me perde. Incapable de comprendre pourquoi je me sens si apaisée d’un coup, en le regardant, je finis par croiser les bras et détourner mes yeux, pour ne plus m’y perdre. « Si tu es Nolan, comme tu sembles vouloir le prétendre, qu’est ce que tu fais ici ? Il me semble que la dernière fois que nous nous sommes parlés, tu as été plutôt clair en m’intimant d’aller me faire foutre. Si tu es Liam… Je répète que je n’ai rien à te dire… et rien à écouter venant de toi. » Mes paupières m’isolent, m’empêchent de commettre l’erreur de retourner me perdre dans ses pupilles si attirantes. « L’un comme l’autre, vous n’êtes pas les bienvenus ! » Je suis perdue. De nouveau incapable de déceler le vrai du faux. De nouveau incapable de croire mes yeux ou mon cœur. De nouveau incapable de différencier les deux jumeaux.

Mon cœur, mon âme, me disent qu’il s’agit de Nolan. Je ne peux imaginer une seconde réagir ainsi en présence de Liam. Pourtant, l’évidence est là. Quand le premier n’a fait naître qu’indifférence, le second a su réveiller un feu toujours endormi. Je n’oublie pourtant pas le baiser. Celui qui m’a fait espérer découvrir le nirvana entre ses bras. Tout comme je n’oublie pas mon cœur, qui s’est maintes fois emballés pour son être, même s’il est idiot. L’évidence au contraire, m’impose de croire que l’homme est Liam, que je me fourvoie une fois de plus et que finalement, je ne suis pas amoureuse de Nolan, mais bel et bien de l’enfoiré qui est son frère. La simple idée me donne la nausée, j’ai envie de vomir alors je l’abandonne, laisse la porte ouverte pour me précipiter vers les premières toilettes que je croise et y déverser, mon déjeuner si difficilement ingurgité… « Putain de merde… » Comme à mon habitude je jure en italien et finis par m’adosser le dos contre le mur, alors que les larmes reviennent, cruelles, s’égarer sur mes joues.

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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Sam 24 Sep - 11:40

didn't think we'd come this far
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En même temps, tèh, à quoi est ce que je m’attendais exactement ? Je suis stupide d’être venu, je suis stupide d’avoir frappé, je suis stupide d’avoir oublié qu’elle plus que quiconque a toutes les raisons du monde de détester Liam et de me détester moi, de détester l’ensemble des Wiggins. Et toutes ses raisons ont, en plus, le mérite d’être parfaitement justifiées. A quoi est ce que je m’attendais ? A ce qu’elle me reconnaisse immédiatement, malgré le soin accordé à ma couverture ? A ce qu’elle me tombe dans les bras, à ce qu’elle m’embrasse et me dise qu’elle me pardonne mes conneries et que je lui ai manqué ? Même dans un scénario de film à l’eau de rose, ça aurait sonné faux, alors dans la vraie vie… Je me débats comme je peux dans un monologue perdu. Je ne réfléchis même pas à ce que je dis, je pense juste tout haut, j’espère juste tout bas, je cherche juste, à mi-chemin, une solution pour la convaincre que je suis moi, pleinement moi, et que si je ne suis actuellement pas en prison, c’est parce que mon stupide frère, mon imbécile de frère, mon frère jumeau ne m’en a pas laissé le choix. Hum… ce n’est encore une fois peut être pas quelque chose à formuler comme ça. Mon soupir est éloquent, mes yeux lancent sans y penser ce qui pourrait s’apparenter à un appel au secours. Est-ce que je peux rentrer malgré tout ? « Non ! »

Si je fais un pas en arrière, ce n’est pas parce qu’elle a hérité par des gènes surréalistes de la force de superman, c’est juste parce que son rejet évident, prévisible et tout à fait cohérent me repousse avec violence. « Mais… » J’ai envie de m’enterrer. Mes deux mains se plaquent sur la porte fermée, comme si j’avais le pouvoir de la traverser. Mais non, ce serait trop simple. « Giu… » Je fais un nouveau pas en arrière, pour me passer une main dans les cheveux. C’était une erreur de venir, je le sais pas bien, c’en est encore plus une de rester, je le sais encore plus, mais… j’ai les épaules basses lorsque j’arrive à me convaincre de faire volteface, au moment même où la porte s’ouvre. « Tu sais quoi ? Peu importe ! Peu importe qui tu es. De toute façon, l’un comme l’autre, vous me pourrissez la vie ! Vous me rendez folle. Et je ne veux plus vous voir. Ni l’un, ni l’autre. Je ne veux plus entendre le nom de Wiggins ! Je… » J’ai mes yeux rivés sur les siens, légèrement écarquillés, comme dans l’attente de la suite. « Tu ? » ne veux plus entendre parler des Wiggins, autant de Nolan que de Liam, et c’est si compréhensible que je meure de ne pas pouvoir hurler à l’injustice. « Si tu es Nolan, comme tu sembles vouloir le prétendre, qu’est ce que tu fais ici ? Il me semble que la dernière fois que nous nous sommes parlés, tu as été plutôt clair en m’intimant d’aller me faire foutre. Si tu es Liam… Je répète que je n’ai rien à te dire… et rien à écouter venant de toi. » Je me mords la lèvre. « Giu’, écoute, je… » Je quoi au juste ? Arrête de parler, Nolan, pour une fois, réfléchis à ce que tu veux dire, à ce que tu vas dire et, plus que tout, à ce que tu dois dire. Et j’imagine qu’il faut que je fasse un mix des trois maintenant. « L’un comme l’autre, vous n’êtes pas les bienvenus ! » Je me mords à nouveau la lèvre en regardant mes pieds. « Ca, j’ai cru comprendre… » Mais si c’est vraiment le cas et si c’est définitif, qu’est ce que je vais faire ? Rien, ou tout, ou je ne sais pas vraiment quoi. Je ne sais pas ce que je dois dire, ce que je peux dire au final, alors que je me tais. A défaut d’avoir quelque chose de pertinent en tête, Nolan choisit le mutisme : voilà la plus grosse évolution du siècle à n’en pas douter.

Sauf que j’imagine que mon silence est angoissant, ou déroutant, ou lui aussi un mauvais choix parce qu’un mouvement me fait relever la tête, pour voir de justesse une Giulietta qui se précipite dans la bâtisse pour… s’éloigner de moi ? Fini le Nolan qui pense – il n’aura pas vécu bien longtemps – parce que je me précipite aussitôt à sa suite. Pour la retrouver au dessus des toilettes. Je fais un tour sur moi-même pour voir ce qu’il y a autour de moi, avant de faire un rapide aller-retour dans la salle de bain la plus proche, la première dont je me souvienne, et revenir avec une serviette que je lui tends en m’accroupissant face à elle. Je dois avoir l’air vraiment inquiet, parce que je suis incapable de camoufler le souci qui me ravage l’esprit. « Tu es malade ? Qu’est ce qu’il se passe ? » Je m’assois en face d’elle, ramène mes genoux contre ma poitrine, sans faire une seule seconde attention à l’intégrité du costume bien trop onéreux que j’ai piqué à Liam. Mon bras enfermé dans une attelle visant à immobiliser l’épaule me fatigue. Il faut que je dise quelque chose. Mais je ne sais pas comment lui expliquer tout ça. Mais il faut que je parle maintenant parce que sinon elle va m’éjecter de chez elle et il sera trop tard. Tic tac, tic tac, le temps passe. « Pour tout le monde, Nolan est en prison pour avoir tenté de tuer le ministre Liam Wiggins. » J’ai comme l’impression que je m’y prends mal. « En réalité, c’est Liam qui est en prison, et Nolan qui se fait passer pour Liam à l’extérieur. J’ai rien voulu de tout ça. Je voulais juste l’éjecter de ma vie, qu’il me laisse tranquille, qu’il te laisse tranquille. » Je cherche son regard. « Je voulais surtout qu’il te laisse tranquille. Mais en fait, si je comprends bien, il faut aussi que moi, je te laisse tranquille. » Je me lève. « Est-ce que tu veux que je t’explique plus, ou que je me casse ? Si je me casse, je te promets que moi, Nolan, je ne reviendrai plus jamais te voir. Comme ça, le prochain Wiggins que tu verras, tu sauras que c’est Liam. S’il… s’il survit à l’arène. » Je n’ai pas envie de partir. C’était une erreur de venir. « Tu veux un verre d’eau ? »


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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Dim 25 Sep - 19:04


Au dessus de mes toilettes se mêlent larmes et sueurs sur mon visage fatigué par le combat interne que je mène depuis quelques secondes à peine. Nolan… Liam… Les deux prénoms se mêlent dans ma tête pour ne faire plus qu’un malaise diffus qui se répand dans chaque fibre de mon être. Les sentiments que j’éprouve sont pour Nolan. Ils ne peuvent être que pour lui. L’adorable et incroyable Nolan. Qui parle avant de réfléchir, qui a cette petite moue adorable sur le visage lorsqu’il répare ses bestioles de malheur, qui me fait rire sans en avoir l’air, qui fait palpiter mon cœur quand je n’y prends pas garde et qui me manque terriblement depuis quelques temps. Une séparation totale qui me semble durer depuis une éternité. Mes pensées ont dérivés, mais je ne parviens pas à revenir au présent tant l’incertitude m’envahit. Ce n’est que sa voix qui me permet de reprendre pied avec la réalité aussitôt. Mes yeux se lèvent vers lui, s’échappent jusqu’aux siens, dans lesquels ils se perdent une seconde. Son regard me submerge et j’attrape la serviette pour y dissimuler mon visage bien trop expressif à la seconde. C’est Nolan. Ca ne peut être que lui. L’autre ne serait pas aussi attentionné, aussi parfaitement Nolanesque. Devant moi il s’assoit, dans cette position si enfantine qu’elle en devient adorable. Je ne relève la tête que lorsque mes larmes se sont tues et que mon visage a retrouvé presque toute son impassibilité. « Je ne suis pas malade. » Je ne me perds pas en détails. Le moment n’est pas aux explications. Comment pourrais-je, de toute façon, avouer à cet homme que c’est sa présence qui me rend malade. D’une certaine façon… Mes lèvres esquissent une grimace, très rapide, avant qu’il ne commence à parler. Et soudain c’est un flux ininterrompu qui se glisse entre nous et vient agresser mes oreilles d’une complainte que je peine à comprendre réellement.

Mes yeux sont posés sur lui mais ne le voient pas réellement. Mes oreilles sont concentrées sur ses propos mais ne les écoutent pas réellement. Probablement parce que je ne sais pas quoi croire. Perdue, totalement, je finis par concentrer mon regard sur ses billes noires et m’évade juste une seconde dans la douceur de ses prunelles. Juste une, avant qu’il ne se relève et me force à les quitter. Mon menton vient se poser sur mes genoux et je finis par les entourer de mes bras, dans un mimétisme parfait de sa position précédente. Il continue à parler, je lui donne probablement une image indifférente, quand mon esprit et mon cœur bouillonnent tous les deux d’idées complètement contradictoires. Je ne retrouve pas mon chemin dans cet entrelacs de pensées mais c’est l’instinct qui vient finalement prendre possession des lieux lorsque dans un mouvement fluide, je viens attraper le tissu de son pantalon. Doucement je tire dessus, pour l’empêcher de s’éloigner et fini par murmurer, d’une voix trop faible pour être entendue. « Ne pars pas… » Même à mes propres oreilles, le son semble flou alors je prends une longue respiration avant de finalement reprendre, d’un ton un peu plus fort. « Si tu pars maintenant, tu ne sauras jamais pourquoi je suis en colère contre Nolan. Et si t’es vraiment lui, je suppose que tu veux une piste sur laquelle plancher non ? » Les mots sont sortis plus facilement que prévu. Moins pathétique que ma plainte murmurée, je me sens un peu plus hardie maintenant que ma langue a repris du service.

Désespérés, mes doigts s’agrippent un peu plus fermement au pantalon du brun et tire même encore une fois pour le faire revenir faire moi. « Tu fais toujours ça hein ? Tu viens ramper devant ceux qui te font du mal en espérant être pardonné de leurs propres pêchés. Sauf cette fois là. T’es parti provoquer ton putain d’frère pour quelle raison en fait ? Défendre mon honneur ? C’est stupide. C’est pas comme s’il y avait quelque chose à défendre. » Ma voix se brise légèrement et je ne me rends compte que trop tard de ce que j’ai dit. Inconsciemment, j’en viens à croire ce qu’il prétend et parle comme s’il s’agissait là de Nolan. Tous les indices indiquent toujours le contraire alors je finis par le lâcher, incapable que je suis de trouver une bonne façon de le reconnaître. Une réaction ou une chose que seul Nolan pourrait faire. « Mais ça tu l’sais déjà Liam hein ? Que j’ai pas d’honneur. T’as été plutôt clair la dernière fois. » Je m’embrouille et parle aux deux en même temps, sans décider qui est réellement devant moi. C’est perturbant et douloureux, mais je n’arrive pas à restreindre mes paroles, pas alors que j’ignore où me mène réellement ma réflexion. « Oublie moi tu veux ? Je suis incapable de savoir qui tu es merda » Et enfin je finis par le lâcher et retrouve ma position prostrée, les yeux soudain dans le vague.

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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Dim 9 Oct - 0:08

didn't think we'd come this far
Giulietta & Nolan



Ça me fait penser à ce que je lisais dans les yeux de mon père, lorsque la dialyse était en cours et qu’il était assis à côté de moi pour me lire une histoire. Je n’écoutais pas le petit chaperon rouge se faire bouffer pour la quinzième fois par le loup, je n’écoutais pas non plus Aladdin et le Génie faire connaissance, je fronçais les sourcils, je plissais les yeux pour lire ce qu’il refusait de me dire. Et tout ce que je lisais, dans ses yeux camouflés derrière des verres légers supposés corriger sa presbytie naissante, c’était qu’il avait l’impression que ce qu’on était en train de faire, à nettoyer mon sang, à le sortir de mon corps et l’un remettre, à me planter des tubes et des tuyaux dans mon petit corps d’enfant de huit ans, ça ne servait à rien. Que dans tous les cas, mes reins étaient défaillants, foutus, que tout ça n’étaient des efforts déployés qu’en vain. Que, quelque part, il m’avait déjà perdu.

Ma situation, là, m’y fait penser. Vraiment. Parce que tout est foutu, tous mes efforts sont inutiles, parce que la confiance est brisée, explosée, dispersée, éparpillée façon puzzle dans toute la Nouvelle-Orléans et que rien, ni personne, surtout pas moi, ne pourra la réparer un jour. Giulietta est claire, si claire que je me demande pourquoi est ce que je m’obstine à rester planté là, comme un imbécile. Je n’ai aucun moyen de lui prouver que je ne suis pas Liam. Et je doute en avoir un jour un. Tout est foutu, pour la simple raison que Liam et moi sommes indissociables l’un de l’autre, que je suis supposé prendre sa place, que je… elle est parti en courant, je l’ai suivie, tout naturellement. Parce que je ne réfléchis pas. Parce que je ne réfléchis jamais lorsque je suis supposé le faire. En un rien de temps, me voilà à côté d’elle pour lui tendre une serviette, trouvée dans une pièce adjacente. Mon inquiétude dégouline sur mon visage, je suis incapable de la cacher. Vraiment. Ce n’est pas le genre de chose que je saurai un jour masquer de toute manière. « Je ne suis pas malade. » Assis en face d’elle, je me recroqueville dans une position aussi immature et enfantine que moi. Elle n’est pas malade, mais moi si. Elle n’est pas malade, mais alors qu’est ce qu’il se passe ? Elle n’est pas malade, mais moi je le suis de ne pas savoir comment la reconquérir, si on peut parler d’une reconquête. Quand est-ce que tout a dérapé déjà ? Quand j’ai commencé à y croire, quand je, quand elle, quand on s’est invité à bouffer et à se voir hors du travail. Il y a une éternité, à n’en pas douter. Une éternité que je n’ai pas mis longtemps à faire exploser, que Liam a réduit à néant. Si elle veut, je me casse. Je ne veux pas m’imposer plus que ça.

Je suis déjà debout, à lui proposer une solution. Pas la meilleure, mais une solution tout de même. Comme lorsque mon père a commencé sincèrement à songer à la greffe, lorsqu’il a compris qu’il n’y avait plus rien à sauver dans mes reins et qu’il fallait les enlever, les remplacer. Si elle veut, je me casse. Même si je n’ai clairement pas envie de partir. Je me mords la lèvre, pour faire un pas en arrière. Sa main frôle le tissu, je m’immobilise de peur de lui faire mal. Elle a l’air tellement fragile, tellement vulnérable que je n’ai qu’une envie : la protéger. Arrêter de lui faire du mal, remuer ciel et terre pour massacrer ceux qui ont pu lui faire du mal. Je ne veux pas croire qu’elle puisse avoir tué le meilleur ami de Liam, je ne peux pas croire qu’elle puisse avoir fait ce dont il l’a accusée lorsque je la vois ainsi.

Surtout qu’elle me retient dans un marmonnement que je ne comprends pas. Mais qui est pourtant si explicite. « Si tu pars maintenant, tu ne sauras jamais pourquoi je suis en colère contre Nolan. Et si t’es vraiment lui, je suppose que tu veux une piste sur laquelle plancher non ? » Si tu es vraiment lui. Elle n’a pas tort, si je suis vraiment moi, alors… elle tire sur le tissu, je me laisse aller à me rasseoir, à m’accroupir plutôt, incapable de lutter contre sa demande, incapable de lutter contre son regard, contre elle. « Tu fais toujours ça hein ? Tu viens ramper devant ceux qui te font du mal en espérant être pardonné de leurs propres pêchés. Sauf cette fois là. T’es parti provoquer ton putain d’frère pour quelle raison en fait ? Défendre mon honneur ? C’est stupide. C’est pas comme s’il y avait quelque chose à défendre. » Putain, je veux la prendre dans mes bras, je veux l’envelopper dans une papier bulle, je veux la démentir, doublement, lui dire que non, je ne rampe devant personne, que son honneur est, doit être défendu, qu’elle en a un, que je le vois, que je suis là, que je la protègerai toujours contre tout, contre tous, contre Liam. Sauf que forcément, je suis incapable de faire un geste, parce qu’elle parle à Nolan, là. Ce qui veut dire que… « Mais ça tu l’sais déjà Liam hein ? Que j’ai pas d’honneur. T’as été plutôt clair la dernière fois. » Je ferme les yeux en serrant les dents. « Giu… » Ca a quelque chose de frustrant, d’infiniment frustrant, de ne pas savoir comment la convaincre et surtout de se rendre compte que Liam et moi, on se colle l’un à l’autre, on embrouille et on s’embrouille, qu’à force de s’interchanger, on n’a plus d’existence propre, on n’est plus Liam, ni Nolan, on est un mélange difforme, un Noliam qui…. « Oublie moi tu veux ? Je suis incapable de savoir qui tu es merda » Elle me lâche pour mieux retrouver sa position prostrée et moi, je ne peux que contempler, vraiment contempler, le fragment d’une confiance éparpillée autour de nous.

Il n’y a plus de confiance. Il n’y a que des débris. Il n’y a plus rien à sauver. Juste à reconstruire. Sans savoir si ça vaut le coup, sans savoir si c’est le mieux, sans mode d’emploi. Juste reconstruire ce que j’ai détruit, ce que Liam a détruit, ce que Noliam a réduit à néant. « Je ne sais pas quoi dire, Giu. Tout n’est qu’une question de confiance, et c’est totalement abusé de ma part d’exiger ça de toi… Je… je te le dis, je voulais qu’il te laisse tranquille, juste ça. » J’ai une main timide, lorsque je la pose sur son épaule, non sans nervosité à l’idée qu’elle puisse m’envoyer paître. Ce qu’elle va faire. Tu as été plutôt clair la dernière fois. Je te hais, Liam, je te hais avec une telle force que je ne peux que m’en vouloir davantage d’être aussi faible lorsque je suis en face de toi. Je te hais pour ce que tu as pu lui faire, je te hais tellement… que j’en ai les larmes aux yeux. On ne va pas s’en sortir. Sauf si… « Oh et puis merde. » J’en ai marre. J’en ai marre de bien faire, de mal faire, de ne pas savoir quoi faire. D’autorité, je finis par faire disparaître les centimètres qui nous séparent, je relève son menton pour retrouver ses lèvres, glisser ma main dans sa nuque. C’est moi, Giu, c’est moi. On ne s’est vraiment embrassé que deux fois, mais c’est moi, c’est juste tellement moi, que je ne veux plus que tu doutes. « Je suis juste incapable de t’oublier, Giu. Ca fait trop longtemps, je peux pas, je peux plus, je te veux toi. Liam ne t’aime pas, il me l’a dit. Mais moi je t’aime, c’est tout. Je ne veux pas que quelqu’un d’autre te touche, je ne veux pas que quelqu’un d’autre t’embrasse, je veux être tout ce que tu veux, tout ce dont tu as besoin, je veux te défendre contre tout le monde, je veux… » Ah ça, pour être Nolan, je le suis un peu trop. Parce qu’une nouvelle fois j’ai arrêté de réfléchir. Je m’écarte si brutalement que j’en tombe sur les fesses. J’imagine que je dois arborer ces yeux de chien battu, comme dirait Liam, totalement pathétique, qui sont remplis de crainte, d’inquiétude, de désespoir à l’idée d’avoir fait une connerie, à l’idée d’avoir fait le mauvais choix.


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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Dim 23 Oct - 17:21


Il reste. Mes doigts fins se sont emparés du tissue de son pantalon et il a finalement decide de m’offrir un peu plus sa presence. Même si je suis perdue et incertaine quand à l’identité de mon interlocuteur, sa présence est trop importante pour le rejeter aussi facilement. Au fond de mon âme, je veux pouvoir croire que je suis avec l’homme qui fait battre mon cœur, qui me permet d’espérer de meilleurs jours. C’est pour cela que j’évacue la gêne et la pousse dans un recoin de mon esprit. Dans la seule optique de libérer un peu mes pensées négatives et me concentrer sur le positif. Lequel, je ne suis pas certaine de le savoir, mais une chose est certaine, je dois tenter ma chance et le pousser à rester entre ces murs, même si mon malaise ne s’estompe pas une seconde, pas plus que mes nausées qui se font parfois plus violentes quand mon esprit dérive vers ce qu’il s’est passé avec Liam. J’entends mon surnom entre ses lippes, sa voix désespérée me fait croire une seconde, me donne la joie de prétendre être face à lui et non pas son double maléfique. Et je laisse échapper un léger rire presque dément. Curieuse réminiscence de notre première dispute à propos de lui. Lui faire confiance. Il m’a demandé à l’époque, de lui faire confiance, qu’il n’était pas un membre du gouvernement et qu’il avait les mêmes idéaux que moi. Toujours cette question entre nous, même si le sujet a fini par changer et se diriger sur beaucoup plus complexe, si c’est même possible. Je dois faire confiance à Nolan, sans en faire de même pour Liam. Impossible pourtant, d’être certaine de la donner au bon jumeau et c’est cette situation intenable qui brûle mon âme jusqu’à dégager des comportements qui ne me ressemblent pas.

Le brun pense la même chose que moi. Comme en écho de mes propres pensées, il exprime à voix haute ce que je ressens dans la moindre parcelle de mon âme. Somme toute, ce n’est même pas ça finalement. Ses mots s’impriment contre mon cœur, alors que je réalise qu’il n’est pas en cause. Ce n’est pas lui. Le manque de confiance n’est pas envers sa personne. C’est envers moi et mon incapacité à savoir trouver un détail pour les différencier à coup sûr. Si je connais la personnalité de Nolan, je sais aussi à quel point Liam est doué pour l’imiter et sembler si identique. « Oh et puis merde ! » Je prends peur immédiatement alors que ces quatre mots s’impriment en lettres de feu contre mes rétines. Il laisse tomber. Il va partir, s’enfuir en me laissant choir avec mes incertitudes et mes questions. Il va m’abandonner sans se retourner, pour trouver une femme qui sait, qui le connaît suffisamment bien pour aveuglément déposer un nom sur son visage. Mes yeux expriment la panique une seconde, immédiatement avant la surprise, lorsqu’il s’approche autant et qu’il m’embrasse d’autorité. L’explosion est immédiate. Autant dans mon âme que dans mon cœur. Les deux s’affolent et se perdent dans l’étreinte que je n’ai pas vu venir. Mes bras se referment sur lui, mes lippes dansent contre les siennes, alors même que mon esprit analyse immédiatement la situation. C’est Nolan. Il m’a été difficile de m’en rendre compte lorsque Liam était dans cette même position, mais maintenant, je le sais. Ce que j’ai ressenti alors n’a rien à voir avec ce que je ressens maintenant. Parce que le désir d’alors, n’a rien à voir avec celui qui parcoure mes trippes maintenant. Ce baiser ressemble à celui de l’ascenseur. Celui sur mon palier. Ces deux baisers qui semblent dater d’une autre vie tant ils me semblent lointains. Ces baisers de Nolan…

Il me lâche, me laisse essoufflée alors qu’il s’enflamme dans un discours que j’écoute avec toute l’attention du monde. Il fini par tomber et se taire, quand quatre mots tournent sans discontinuer.Moi je t’aime Mes yeux s’écarquillent un peu plus alors que finalement, mon esprit focalisé fini par analyser tout ce qui a pu sortir de sa bouche. « Tu ne peux pas me défendre contre lui… » Ma voix est si faible que je ne suis pas certaine qu’il m’ait entendu. Mes yeux viennent embrasser le sol alors que je me trouve incapable de le regarder quand je dois continuer, dans une impulsion que je ne parviens pas à réfréner. « C’est trop tard Nolan. Tu peux pas débarquer aujourd’hui comme une fleur, en prétendant que tu m’aimes et en me disant que tu veux être ce dont j’ai besoin… C’était ce jour là que j’avais besoin de toi ! C’était avant que tu tires sur ton foutu frère que j’avais besoin de toi ! Maintenant j’ai plus besoin de toi. Je… ne veux pas de toi ! » C’est faux. Je mens. Pendant tant d’années, je me suis enfermée dans un jeu parfait, que je perpétue maintenant en me lançant dans ce demi-mensonge. Si tout le début de ma tirade est incroyablement criante de vérité, la toute fin n’est qu’une façon de lui faire payer son abandon précédent. Ainsi qu’une réaction paniquée à l’annonce de ses sentiments, à laquelle je finis par donner vie dans ce couperet. « Je suis avec quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui sait, comment s’occuper de moi… » Mon visage se ferme une seconde, avant que je ne trouve le courage de relever les yeux vers lui. Mon tourment, mes sentiments, ont été balayés par l’acte que je viens de jouer. Mon plus beau rôle, sans pour autant comprendre qu’il s’agit d’une tragédie. « Si ça peut te rassurer… T’es bien Nolan en tout cas… » Dans une grimace je finis par conclure, trop cruelle pour m’arrêter en si bon chemin…

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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Mar 1 Nov - 20:35

didn't think we'd come this far
Giulietta & Nolan



Je ne me souviens pas avoir été un jour indifférent à Giulietta. Alors que j’ai une mauvaise mémoire, j’ai des images de la première fois où elle est venue au Blackbird. Moi, j’étais déjà en train de démonter des ordinateurs pour récupérer les pièces pouvant être réutilisées ; moi, j’étais déjà en train de faire des blagues stupides pour détendre l’atmosphère, de refaire le monde avec Elias. Moi, j’étais déjà moi, à moitié moi, à me remettre péniblement de la trahison de mon frère à tout faire pour mieux oublier que mon propre jumeau, mon frère, ma moitié, la moitié de mon âme, venait de me condamner à mort et que l’apocalypse m’avait sauvé la vie. Je me souviens de ma première pensée en la voyant, ’tard, elle est super bien foutue, et de la deuxième : tain, mais qu’est ce qu’elle est chiante qui n’a pas tardé non plus. Tout ça, ça fait combien de temps, combien d’années ? Je ne sais pas vraiment… Je refuse même de chercher à le savoir parce que je ne veux pas le marquer sur l’épitaphe de notre relation. Amitié. Rien de plus, au final, qu’une amitié bancale et piétinée, brisée, éclatée, réduite à peau de chagrin, et à chagrin tout court. Je suis incapable de savoir qui tu es. L’histoire de ma vie, le résumé de ma survie, et moi qui ne peut que rester les bras ballants devant ça. Il n’y a plus de confiance, il n’y a plus d’amitié, il n’y a plus rien entre elle et moi, rien d’autre que le fantôme de mon frère, de ma perte de contrôle, rien d’autre que mes cris, que les siens, qu’elle avec mon frère, que moi tirant sur mon frère. Entre Giulietta et moi, il n’y a que Liam. Insurmontable. Immortel. Démiurge. Omniprésent, omnipotent, et surtout omni… omnidestructeur, même si le terme n’existe pas. Je ne sais pas quoi lui dire, parce qu’il n’y a rien à dire. Tout est une question de confiance, et la confiance n’a plus lieu d’être maintenant.

Plus rien n’a lieu d’être, tout est foutu et je tiens dans mes mains les vestiges de ce qui aurait pu être. Le seul problème étant que je n’ai aucune pouvoir psychique suffisant pour rassembler des fragments en me contentant de les repositionner les uns à côté des autres. Je te hais, Liam, et je te hais d’autant plus fort que je sais que je ne peux rien contre toi, pas alors que tu es en train de jouer ta vie juste pour… pour quoi ? Un peu de rédemption, un peu de pardon, un bout de paradis ? Et moi, qu’est ce que je mérite dans l’affaire ? On ne va pas s’en sortir, mais je ne veux pas partir. Je n’ai pas ma place ici, mais je n’arrive pas à me convaincre de me relever, je n’arrive pas à… oh et puis merde, j’arrête de réfléchir, parce que la réflexion, de toute manière, ne me réussit pas. Que je tente de bien faire ou de faire ce qu’il me semble devoir faire, rien ne fonctionne. Et ses lèvres m’avaient manqué, sa proximité m’avait manqué. On ne s’est vraiment embrassé que deux fois, mais j’ai l’impression de la retrouver à l’instant même où je sens ses bras se refermer sur moi pour me maintenir contre elle. Elle ne me rejette pas, et même si ça ne fait que prouver ma propre connerie, je ne peux pas m’empêcher de voir en simple fait une confirmation que l’histoire va bien finir. Incapable de l’oublier, incapable de ne pas l’aimer, mes mots filent hors de mes lèvres comme pour s’enfuir avant que je ne les oublie. Je l’aime, c’est aussi simple que ça. Je l’aime, c’est d’une simplicité évidente. Et j’ai la prétention de croire, la prétention d’espérer qu’il en est de même de son côté.

Grossière erreur. « Tu ne peux pas me défendre contre lui… » Elle me renvoie la réalité en plein visage, expulsant de mes poumons toute ma bonne volonté, toute ma naïveté. Toute cette candeur qui me pousse à croire en l’amoureux transit qui déclame sa flamme et en l’histoire à l’eau de rose qui s’achève sur un coucher de soleil. Je ne peux pas la défendre contre lui. En effet. Je me sens pâlir. Mais elle n’en a pas fini avec moi. « C’est trop tard Nolan. » J’écarquille les yeux dans un « Non… » soufflé. « Tu peux pas débarquer aujourd’hui comme une fleur, en prétendant que tu m’aimes et en me disant que tu veux être ce dont j’ai besoin… » Non. « Ne me dis pas ça. » « C’était ce jour là que j’avais besoin de toi ! C’était avant que tu tires sur ton foutu frère que j’avais besoin de toi ! Maintenant j’ai plus besoin de toi. Je… ne veux pas de toi ! » Si j’ai eu l’impression de me prendre un coup de poing lorsqu’elle a rappelé à mon bon souvenir mon impuissance face à mon frère, face à l’intelligence, l’omniprésence de mon frère, lorsqu’elle m’a rappelé que je suis incapable de la protéger, quand bien même je le voudrais de toute mon âme, là, c’est un coup de poignard qui me lacère le torse. « Tu… tu ne veux pas de moi ? » Je répète en écho, incapable de comprendre. Incapable d’accepter de comprendre. Je l’aime, c’est d’une simplicité évidente. Mais ce n’est pas réciproque, et c’est tout aussi simplement évident. « Je suis avec quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui sait, comment s’occuper de moi… » Je ne sais pas comment réagir.

Alors Liam prend les devants. Je suis lui depuis bien trop de semaines, le plus simple n’est plus de pleurer et de geindre, le plus simple n’est plus de me recroqueviller ou de gémir, non. Le plus simple, à l’instant, c’est de fermer la bouche. De déglutir. De respirer. Et de répéter, en me contraignant au calme. « Tu as rencontré quelqu’un. D’accord. » D’accord. J’ai envie de frapper quelqu’un, j’ai envie de tirer sur quelqu’un, j’ai envie de m’enterrer dans un coin et de regarder en boucle dirty dancing. Ou pretty woman. Ou Coup de foudre à Notting Hill. « Si ça peut te rassurer… T’es bien Nolan en tout cas… » Me rassurer ? Je me relève brusquement. « Tu te fous de ma gueule ? Me rassurer ? » Je serre le poing en sortant brutalement de la pièce pour mieux aller plaquer mes mains contre le mur et y coller mon front. Respirer. Respirer. Comment est-ce que je peux respirer dans ce genre de circonstance ? Je ne veux pas de toi. Je me tourne, pour plaquer mon dos contre le mur et regarder droit devant moi. J’imagine qu’elle ne peut que m’entendre lorsque je commence à parler d’une voix claire. Pas de murmure : il n’y a que nous. Et il n’y a pas lieu d’y avoir de secrets non plus. « Merci pour ta sincérité. C’est gentil. Tu n’as plus besoin de moi, j’ai compris. C’est normal, dans un sens. J’aurais dû m’y attendre. » J’oscille entre cette colère pure qui m’a envahi la dernière fois, lorsque j’en suis venu à fracasser des ordinateurs et à avoir l’idée stupide d’aller assassiner mon propre frère jumeau. « Je t’engueule, mon frère abuse de notre ressemblance pour profiter de toi, je deviens un meurtrier fratricide, ou peu s’en faut. Qu’est ce que je croyais ? Bien sûr que tu ne veux pas de moi, qui voudrait de moi, avec un Liam dans mon dos, avec une arme dans ma main, avec toutes ces conneries que je me traîne. » Il faut que je reste calme, lucide, quelque chose dans le genre. « Tu as quelque chose à boire ? » La question tombe, comme pour créer l’illusion que tout ce n’est, finalement, qu’anecdotique. « Et l’autre, au moins, il baise bien je suppose ? » J’ai l’impression d’entendre Liam parler. Chose extrêmement dérangeante.


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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Dim 20 Nov - 17:01


L’ascenseur émotionnel qui me parcoure à cet instant est douloureux et vertigineux. Notre baiser a réveillé les vestiges de ce que notre histoire aurait pu être. Avant ce mot de travers. Avant cette dispute sans queue ni tête qui nous a déchiré. Avant cette usurpation d’identité qui a encore plus gâché. Avant ces fausses réconciliations que j’avais tant appréciées, pour leur teneur pleine d’espoir. Avant ces révélations qui ont failli le mener en prison de nouveau, pour de bon cette fois. Avant aujourd’hui. Ce baiser si parfait, qui aurait pu être un simple bonjour le matin, un simple bonsoir après une longue journée de travail à nous retenir de nous aimer, un simple baiser de routine dans notre vie d’amoureux. Un simple baiser… Qui sonne étrangement comme un au revoir à mes oreilles déjà meurtries par tant de paroles que je ne veux entendre. Cruelle et implacable, je finis par revenir au présent, cesse de me perdre dans des conjonctures de toutes façons toutes inutiles, pour rester plus lucide, plus réelle. Et la réalité est bien simple. Je ne peux continuer à lui faire du mal. Je ne peux continuer à le laisser croire que je suis quelqu’un de bien et qu’il doit m’aimer. Parce qu’il ne le peut. Pas avec la malédiction qui plane sur moi, celle qui me pousse tous les jours à le blesser toujours un peu plus. « S’il te plaît Nolan, ne rends pas les choses plus compliquées qu’elle ne le sont. Tu sais très bien qu’on aurait jamais pu être ensemble de toute façon. J’ai couché avec ton frère bon sang. Ton frère… Me fais pas croire que tu peux passer après lui. C’est stupide. » Ces mots, je les lâche avec lassitude, mais en réalité, c’est probablement la seule chose de vraie qui s’est écoulée de mes lippes depuis le début de notre discussion. Notre relation ne peut être qu’un échec maintenant, mais je sais qu’il ne le comprendra pas. Le brun va continuer à espérer et croire que je peux lui apporter ce dont il a besoin. C’est faux… Et si pour le lui faire comprendre, je dois lui faire encore plus de mal… Ainsi soit-il.

« C’est tout ce qui t’intéresse n’est ce pas hein ? C’est toujours ce qui t’intéresse ? Est-ce qu’il baise mieux que moi ? C’est quoi ton problème en vrai ? T’as jamais été capable de faire jouir une nana c’est ça hein ? Et t’as développé un complexe autour de ton … merda comment on dit déjà ? Peu importe. » Je m’emballe et me perds dans un ressentiment qui ne date pas d’hier. Notre première fois, si injustement terminée en une dispute qui risque étrangement de ressembler à celle là, si je continue à m’enfoncer là dedans. C’est plus fort que moi néanmoins. Toujours poussée par cet instinct qui se veut destructeur, par ce besoin de lui faire du mal, pour qu’il souffre autant que mon palpitant m’est douloureux. Alors je continue et reprends la parole, pour ne pas le laisser parler de nouveau, de ces mots si durs à entendre. Nolan n’est pas pour moi. Il mérite beaucoup mieux que mon instabilité et ma tendance cruelle à le blesser, que ce soit délibéré, ou non. « Tu sais ce que je crois Nolan ? Ce n’est pas moi que tu aimes. Ce sont mes fesses. C’est pour ça que t’as aussi mal réagi quand j’ai laissé entendre que ça n’avait pas été parfait entre nous. C’est pour ça que t’as voulu tuer ton frère. C’est pour ça que tu me demandes si ce type baise bien. T’es tellement frustré de pas avoir réussi à m’avoir entièrement hein ? De pas avoir réussi à m’ajouter à ton tableau de chasse comme tu l’aurais voulu ? Ca doit être la première fois qu’une nana ose dire que t’es pas un bon coup ! » Je me déglingue de plus en plus, à chaque seconde où je continue de parler. Mes questions s’enchaînent dans un raisonnement que je ne comprends pas moi-même, insulte l’homme en face de moi sans la moindre once de compassion ou de logique. Je finis par m’emporter dans un déluge de sous entendus qui ne sont même pas vrais. C’est simplement un mécanisme de défense, alors que je finis de me rendre compte que c’est terminé. J’en suis entièrement responsable. Incapable de l’accepter tel qu’il est. Avec ses défauts et sa tendance à parler quand il ne le faut pas. Avec sa moitié maléfique, qui fera à jamais parti de sa vie. Avec son sourire qui me fait fondre. Avec cette ombre qui ne fait que planer au dessus de notre relation.

Mes sentiments pour lui sont réels, je sais que je l’aime, que je veux être avec lui à chaque seconde de ma vie. Le temps que nous avons passés séparés dernièrement n’est que la preuve de cela. Je sais aussi que cet homme est une crème, incapable de voir le mal autour de lui, alors qu’il est de son sang, qu’il couche avec lui. Cet homme est simplement trop bon pour moi, trop bon pour son abruti de frère, trop bon pour ce monde de fou. Cet homme mérite une personne digne de lui. Je ne suis pas cette personne. C’est une évidence qui a fini par s’imposer au fil du temps. Et ce n’est qu’à cet instant, alors que je l’observe, contre le mur, que j’en prends pleinement conscience. « Nolan… Je ne veux plus te voir. Tu n’es pas le bienvenu ici. » Mon cœur se brise alors que les mots me quittent mais je relève pourtant le menton, pour ne pas le laisser voir ma faiblesse. Je veux m’enfuir de son regard pour me dissimuler sous mes draps et me cacher à jamais. Je veux crier dans mon oreiller, pour laisser échapper la douleur que je ne veux laisser voir maintenant. Mais pire que tout… je veux cesser de ressentir… Parce que les sentiments qui me parcourent maintenant sont bien plus que douloureux, ils sont insoutenables. « C’était juste un pauvre rencart pourri. Un dîner presque bon et une baise de merde. Toi et moi… on a jamais rien été de plus que des collègues. C’est tout. » Ma voix perd de sa chaleur, devient amorphe, presque indifférente. Loin de mon tumulte intérieur, qui fait rugir mon âme et tourner ma tête. Il ne doit plus jamais revenir me voir… Parce que s’il le fait, je vais être incapable de le repousser une fois encore… Et il mérite mieux, bien mieux, tellement mieux que moi. Nolan Wiggins… Tu mérites mieux.

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MessageSujet: Re: didn't think we'd come this far ∴ Nolietta   Dim 4 Déc - 21:38

didn't think we'd come this far
Giulietta & Nolan



Maintenant, je n'ai plus besoin de toi. Je... ne veux pas de toi. La douleur est inimaginable, bien plus que tout ce que j'aurais pu m'imaginer même dans mes cauchemars les plus réalistes. Elle est logée dans mes veines, brûlantes, croissantes ; elle obstrue mes poumons pour m'empêcher de respirer, elle irrite mes rétines pour m'empêcher de pleurer, détruire mes glandes lacrymales ; elle heurte mon estomac avec violence pour en faire cracher toute sa bile et la mêler à mon sang. Ce n'est pas tant que Giulietta me rejette qui fait mal, parce que j'ai mérité ça, je l'ai mérité plus que jamais, Noliam l'a mérité, les Wiggins l'ont mérité et je l'ai perdue le jour ù j'ai commencé à rendre les choses trop compliquées mais... Elle n'a plus besoin de moi. Elle a rencontré quelqu'un, quelqu'un d'autre. Quelqu'un de mieux, à n'en pas douter, quelqu'un qui sait prendre soin d'elle, quelqu'un qui ne se joue pas d'elle, quelqu'un qu'elle peut reconnaître dans la rue sans se demander si c'est la bonne personne. Jamais, jamais ma gémellité m'avait aussi mal, jamais cette conviction que l'existence de mon frère, notre double existence d'ailleurs, n'est pas quelque chose de souhaitable et encore moins un avantage ne s'était à ce point imposée à moi, avant ces quelques mots. Je ne veux pas de toi. Je répète, sans comprendre, je répète ses mots comme pour mieux en accrocher une sémantique que mon cerveau ne peut se résoudre à assimiler. Je suis avec quelqu'un d'autre. Elle a rencontré quelqu'un. La douleur est vicieuse, parce qu'elle me tord les tripes avec force, les transforme en origami pour mieux les faire exploser dans un nuage de confettis. J'essaye de rester calme, j'essaye de trouver la meilleure façon de réagir, mais... si ça peut te rassurer. Je me relève, brusquement, piqué au vif. Me rassurer ? Me rassurer Est-ce qu'elle est sérieuse ? Est-ce qu'elle est véritablement sérieuse ? Je sors de la pièce sans attendre. Mes mains se plaquent contre le mur, j'aimerais m'y abîmer les phalanges, j'aimerais m'y égratigner les paumes, sentir ma peau s'enfoncer dans des aspérités, se creuser dans des reliefs inconvenants mais rien ne vient troubler la surface désespéramment parfaite contre laquelle je commence à me laisser glisser. « S’il te plaît Nolan, ne rends pas les choses plus compliquées qu’elle ne le sont. » La douleur augmente d'un cran encore, ma voix se fait cassée lorsqu'elle murmure un  « Parce que c'est moi qui complique les choses ? » que j'aimerais provocateur mais qui ne s'avère que suppliant. « Tu sais très bien qu’on aurait jamais pu être ensemble de toute façon. J’ai couché avec ton frère bon sang. Ton frère… Me fais pas croire que tu peux passer après lui. C’est stupide. » Je ferme les yeux, je serre le poing à nouveau.  « Stupide... » Le mot me reste en travers de la gorge, comme une insulte balancée à ma face pour que j'ouvre les yeux, pour que je me réveille. J'ai l'air d'être un enfant qui fait un caprice, et elle l'adulte raisonnable et lucide. Je me fais l'impression d'être un enfant capricieux. Un enfant capricieux qui fait malgré tout l'effort de rester calme, de ne pas se rouler par terre en tapant du pied pour que la situation change par miracle.

Parce que les choses ne fonctionnent pas comme ça. Je veux hurler de rage, je veux hurler de frustration, je veux fondre en larmes, je veux tout, absolument tout, sauf rendre les armes. Mais ce serait stupide, si stupide. Comme moi. Comme mes questions, comme mes réactions. Je ne sais pas bien réagir. Je sais juste... « C’est tout ce qui t’intéresse n’est ce pas hein ? C’est toujours ce qui t’intéresse ? Est-ce qu’il baise mieux que moi ? C’est quoi ton problème en vrai ? T’as jamais été capable de faire jouir une nana c’est ça hein ? Et t’as développé un complexe autour de ton … merda comment on dit déjà ? Peu importe. » Je serre les dents, en me retenant de contourner ce mur que j'ai installé entre elle et moi, ce mur qui me donne la détestable impression de parler à un fantôme, à un souvenir. Je n'aurais pas dû venir ici, je ne devrais pas être ici, je ne devrais même pas rester ici. C'est tout ce qui t'intéresse? « C'est ça l'image que tu as de moi ? » Ma tête vient s'appuyer au mur, je plie les genoux pour les coller contre ma poitrine et les enserrer. Comme un enfant. « Tu sais ce que je crois Nolan ? Ce n’est pas moi que tu aimes. Ce sont mes fesses. » Je me redresse si brutalement que je m'en fais craquer les vertèbres. Je n'écoute pas le reste, je ne veux pas écouter le reste. Ce n'est pas moi que tu aimes. « QUOI ? » Il y a de la stupéfaction dans ma voix, il y a de l'étonnement, il y a de la colère, et il a du désespoir. « De pas avoir réussi à m’ajouter à ton tableau de chasse comme tu l’aurais voulu ? Ca doit être la première fois qu’une nana ose dire que t’es pas un bon coup ! » Je suis abasourdi. Je ne pensais pas dégager une telle image de moi, je ne pensais même pas, même pas qu'on puisse un jour, qu'elle puisse un jour... « Je n'ai jamais... je... » Je me tais. Parce qu'il y a ces larmes qui coulent en cascade sur mes joues, ces sanglots qui me font honte et qui sont logés dans ma gorge ; parce qu'il y a ce sentiment douloureux d'être impuissant, incapable de se faire comprendre ; parce qu'elle n'a pas tort, dans un sens : elle n'a clairement pas besoin de moi.

« Nolan… Je ne veux plus te voir. Tu n’es pas le bienvenu ici. » Je cherche à croiser son regard, je veux croiser son regard. Il y a quelque chose qui se brise, dans ma poitrine. Une envie de vomir, une envie de mourir, une envie de me réfugier dans un coin, de me rouler en boule pour disparaître. Une envie de filer chez Elias, juste pour avoir une présence qui ne me rejettera pas, une envie de me plonger dans des carcasses d'ordinateur ou dans des lignes de code, d'aller courir avec Gavin, d'avoir à nouveau dix ans, d'être à nouveau allongé dans ce lit d'hôpital et de voir mon frère s'occuper de moi et tenir éloignés toutes les préoccupations d'adulte. « C’était juste un pauvre rencart pourri. Un dîner presque bon et une baise de merde. Toi et moi… on a jamais rien été de plus que des collègues. C’est tout. » Ce ne sont plus seulement ses mots, qui sont douloureux. Ce ne sont plus seulement ses propos qui sont des milliers d'aiguilles plantées dans ma poitrine. Je me lève avec difficulté. Ca ne sert à rien de rester, ça ne sert à rien de s'acharner. D'une main, j'essaye d'essuyer les larmes qui se craquellent sur mes joues. « Pour moi, tu as toujours été plus qu'une collègue, Giulietta. » Il me faut toute ma concentration pour prononcer son prénom au complet.  « Liam et toi, vous avez définitivement beaucoup de points communs. Je vous aime inconditionnellement tous les deux mais de toute évidence, autant l'un que l'autre, vous n'en avez rien à faire parce que vous n'avez pas besoin de moi. J'aurais pas dû venir, c'était une connerie de ma part. » J'ai du mal à respirer calmement, j'ai du mal à chasser cette boule dans ma gorge aussi facilement que mes larmes, j'essaye de me donner une apparence de ministre, sans y croire. « Pour moi, c'était pas un rencart pourri, c'était pas un dîner presque bon, c'était pas une baise de merde, c'étaient des petits fragments de bonheur auxquels je ne pensais pas avoir droit lorsque je me dirigeais vers une chaise électrique. Tu es quelque chose comme un miracle dans ma vie, Giu', et c'est désespéramment con, et niais, et pathétique dit comme ça, mais voilà. C'est pas tes fesses, que j'aime, c'est tout, c'est toi, c'est... bref, ma gueule. » Je secoue la tête. Et je me force à faire un pas, à détourner le regard et à me concentrer sur ces quelques pouvoirs que j'ai. Pour disparaître. Pour lui offrir l'illusion que je n'existe plus, que je ne suis déjà plus là, pour que dans un marmonnement, je m'enfuie de sa baraque en tentant de garder un peu de dignité, pour qu'elle ne me voie pas m'effondrer contre un mur et me demander ce que je vais pouvoir faire, maintenant.


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He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
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