AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Mommy, can I have some cookies ? |Laura|

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 120
↳ Points : 303
↳ Date d'inscription : 31/08/2016
↳ Age : 20
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 250 en réalité & 27 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : MidnightBlue



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Dim 4 Sep - 0:23


Mommy, can I have some cookies ?
We all live in unforgiving precarious ways. If it bleeds it leads is all we seem to hear today ••• Le trafic de médicaments avait nettement ralenti ces dernières semaines. Ou derniers mois, Solveig ayant toujours eu du mal à s’accrocher à la notion de temps. En fait, depuis qu’elle s’était plus ou moins liée avec cet infirmier et qu’il avait découvert qu’elle volait les médicaments dans la pharmacie de l’hôpital dans son dos, elle n’y était pas retournée. A son frère, elle n’en avait pas parlé, se contentant de quelques excuses du type : « Les doutes commençaient à peser sur moi ». Et, évidemment, Isak n’avait pas forcément chercher plus loin. Son besoin de protection à son égard était aussi bien étouffant que pratique dans certaines situations. Et puis la jeune femme le lui rendait bien. A souvent le chercher. A rester à ses côtés quoi qu’il arrive. A se murer dans des illusions. Si bien que finalement, elle ne savait plus très bien dégager la vérité des mensonges. De ceux qu’elle proférait, de ceux que lui servait son frère pour la maintenir dans son cercle. Tout cela en était à un point où penser devenait compliqué. Bien qu’elle parvienne encore à ressentir quelques sentiments et quelques sensations de vie en elle. En frôlant la mort la plupart du temps. Tout cela finira mal.

Enfin, Solveig était installée dans son appartement, non loin des quartiers généraux de sa Mafia. Et de son frère bien sûr. Ainsi, il pouvait garder un coup d’œil sur ses fréquentations. D’ailleurs, il venait de passer la voir. Pour discuter un peu. Du Gouvernement, de ce que les politiques faisaient subir aux personnes dans leur genre, aux citoyens, mais aussi à leur business. La jeune fille l’avait longuement observé, silencieuse, se contentant d’acquiescer aux moments-clés. Finalement, c’était presque devenu une routine. Une façon de modifier sa perception du monde. Alors qu’au fond, elle n’en avait toujours rien à faire de ceux qui les dirigeaient. Elle était bien trop occupée à gérer sa vie et ses relations, déjà chaotiques, pour s’attarder sur les dérives d’un régime extérieur. Isak s’en chargeait pour elle. Et, à la fin de la conversation, il lui avait transmis quelques sacs de drogue. Pour les écouler. Pas forcément dans la nuit. De toute façon, il n’avait pas trop de doutes sur sa capacité à écouler les herbes qu’il lui fournissait. Et la suédoise savait qu’elle était l’une de ses meilleures dealeuses pour le moment. Peut-être à cause de son visage, de sa fragilité, de sa supposée douceur, il lui était bien plus facile de vendre que d’autres.

Elle jeta un coup d’œil à la marchandise. Rien de bien compliqué à écouler, elle n’aurait qu’à aller voir les gamins désorientés. C’était l’une des drogues la moins chère et la plus douce de l’arsenal dont ils disposaient. Et elle correspondait bien à une première utilisation. Quelque chose de pas trop intensif, pour tester. Pour aller à l’encontre des règles établies par leurs parents ou par le Gouvernement. Comme s’ils ne se rendaient pas compte que leur famille était la chose la plus précieuse au monde. Solveig soupira doucement. Elle, elle n’avait jamais touché à ce qu’elle vendait.  Etrangement, divaguer et avoir le cerveau en vrac à cause des substances illicites n’étaient pas quelque chose qu’elle appréciait. Oui, elle, celle qui se mutilait dans l’unique but de se sentir en vie. Enfin, pas seulement pour ça. C’était… Tellement complexe en elle. Elle voulait seulement… Faire en sorte que tout aille mieux. C’était un but comme un autre. Et si elle y parvenait un jour. Non, plutôt, quand il y parviendrait un jour. Mieux ainsi. Elle n’avait besoin que de la survie de son frère.

La jeune femme glissa les différents sachets dans un sac à main avant de sortir de son appartement. De celui que lui avait proposé son frère. Elle parvint à faire abstraction du bruit du lieu détenu de son frère. Elle esquiva un ou deux hommes très pressés de se payer ses charmes avant d’enfin atteindre la fraicheur de la nuit. Il était temps. L’atmosphère saturée de fumée lui avait donné envie de régurgiter son dîner. Solveig secoua ses cheveux avant de continuer son chemin. Direction des quartiers un peu plus propices à son business.

Et elle n’eut pas besoin d’aller si loin que cela. La jeune femme resta dans les quartiers nord de la ville. Devant un magasin dont l’enseigne brillait encore par instant. Une plaque tournante à l’intérieur. Même si ses clients potentiels rôdaient seulement à l’extérieur. Solveig jeta un regard autour d’elle. Avant de se glisser dans une ruelle. Pour tomber sur des enfants. Ou plutôt des adolescents et des jeunes adultes. Un numéro de charme s’enchaîna. Et, rapidement, les billets verts remplacèrent les sachets de drogue. Sans que personne ne l’arrête. Puisque tout le monde s’en moquait d’une bande de gamins perdus…


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 144
↳ Points : 374
↳ Date d'inscription : 21/05/2016
↳ Age : 24
↳ Avatar : Kate Winslet
↳ Age du Personnage : 44 ans
↳ Métier : Bénévole auprès des populations démunies
↳ Opinion Politique : Inexistante pour le moment
↳ Niveau de Compétences : Niveau général : 2 Niveau 3 en maîtrise de sa faim Niveau 4 en feels
↳ Playlist : Love Peace Peace - Eurovision 2016
Oltremare - Ludovico Einaudi
When We Were Young - Adèle
↳ Citation : "Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière."
↳ Multicomptes : Maisy A. Weaver
↳ Couleur RP : #eccef5



Feuille de perso
↳ Copyright: rusty nail
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Mar 6 Sep - 0:51

Les deux pieds profondément plantés dans le béton, elle fixe avec perplexité le bâtiment qui lui fait face. L’immeuble est ancien, pas suffisamment pour avoir ce charme d’antan qui habite certains des bâtiments de la ville, seulement assez pour avoir l’air décrépi et légèrement déprimant. La façade, que la pollution a lentement recouverte d’une couche de crasse grise, s’effrite par endroits. Le pied de l’escalier qui donne sur le hall est recouvert d’une couche de mégot et de détritus en tous genres. Malgré tout cela, l’immeuble, lui fait ressentir un profond sentiment de nostalgie. Elle s’approche et touche la rampe, dans l’espoir que le contact du métal rouillé ravive une de ces vagues de souvenirs auxquelles elle ne s’habitue toujours pas malgré le temps qui passe. Malheureusement, ou heureusement la question restait encore en suspens à ses yeux, le contact froid du métal ne déclencha rien d’autre qu’une sensation désagréable dans sa paume. Elle soupira, passa la main dans ses cheveux avant de doucement lisser les plis de son haut léger. Elle s’éloigne à pas lent de l’immeuble en jetant un dernier regard vers les étages, le cœur serrée ses yeux s’égarent sur le quatrième étage avant qu’elle ne secoue la tête et ne reprenne sa marche d’un pas rapide.

C'est son jour de congé et apparemment traîner dans Bourbon Street n'était pas sa plus grande idée. Toute sa bonne humeur de la journée l'a abandonné et lui revient en mémoire son rêve de cette nuit. Elle joue distraitement avec une mèche de ses cheveux blonds, en laissant le souvenir l'envahir. Elle se promenait justement dans cette rue et tenait par la main une petite fille d'une petite dizaine d'années. Elle ne voyait que le dessus de la tête de la gamine et la minuscule main qui s'agrippait à la sienne, tandis qu'elle apostrophait, des sourires pleins la voix, deux gamins un peu plus haut dans la rue. Elle s'était réveillée sans larmes pour une fois, mais avec un profond sentiment de manque. La sensation, bien qu'elle se soit estompé au cours de la journée, ne l'avait pas quitté, mais son arrivée devant cet immeuble l'avait fait revenir en force. Elle voulait un enfant, juste un. Qui serait à elle et dont elle pourrait s'occuper tous les jours. Malheureusement pour elle, elle n'était pas mère. Et son âge ne jouait pas en sa faveur. La ménopause ne l'avait pas encore touché, mais à son âge, c'était déjà trop tard. Et puis, avec qui pourrait-elle faire un enfant ? Elle n'avait personne. Personne, sauf ces yeux qui la suivaient de souvenir en souvenir, de rêve en rêve, la baignant d'un amour et d'une tendresse qu'elle ne connaissait plus.

Elle réalisa dans le même instant que sa « nature » devait probablement l'en empêcher de toute façon. Et la nostalgie qui l'habitait fut rapidement engloutie par la vague de tristesse qui s'abattit sur elle sans prévenir. Elle leva les yeux au ciel pour chasser les larmes qui menaçaient de couler sur ses joues et poussa un soupir tremblant. Elle n'aurait jamais d'enfants. Le constat était rude, mais il était réaliste. Elle n'aurait jamais de famille. Ne rentrerait jamais à la maison pour trouver l'homme aux yeux brillant de rire et d'amour qui enchante ses rêves. Ne trouverait jamais, d'enfants pour courir se blottirent au creux de ses bras. Elle s'enveloppa de ses bras pour chasser sa mélancolie et avança à pas lent dans la Nouvelle-Orléans. Seule. Comme toujours.

Elle finit sans trop savoir comment par atterrir dans le Nord de la ville. Ses pieds sont douloureux d’avoir passé la journée ont marché. Elle rentre à pas lent dans son appartement, ou l’attend sa solitude et l’odeur de peinture fraîche qui émane de l’immeuble sur lequel donne la fenêtre de sa chambre. Elle se traie sans but jusqu’à la salle de bains ou rien ne se passe quand elle tente d’allumer la lumière. Elle fronde les sourcils et recule lentement pour atteindre l’interrupteur du couloir qui ne réagit pas plus que celui de la salle de bains.  Elle pousse un grognement et regarde la porte d’entrée de son appartement. Jour de congé, mon cul. Elle compte bien faire un tour dans le quartier et voire si elle peut au moins trouver quelqu’un a qui elle pourra filer un coup de main. Elle sort de son appartement avec un sac plein de sandwich et de petites bouteilles d’eau sur le dos. Elle n’a pas fait vingt mètres quand elle aperçoit deux jeunes gens seuls dans la rue. Ceux-là, elle les connaît, elle s’approche avec un sourire et leur tend de sandwich et deux bouteilles.

Après une courte discussion, elle s'éloigne d'eux avant de capter du coin de l'oïl une gamine qu'elle n'a jamais vue dans le coin. Elle semble propre et ne doit donc pas trainer depuis trop longtemps dans la rue. Elle se glisse dans une ruelle à la suite de la gamine et elle comprend rapidement pourquoi cette dernière n'a pas l'air des gosses qu'elle croise d'habitude. L'échange est bref, mais elle a l'occasion de voir la jeunette donner les sachets de cachet aux ados avant d'empocher la monnaie. Laura recule précipitamment, la regardant sortir de la ruelle. Elle lui laisse un peu d'avance, mais la rattrape rapidement. Elle toussote pour la prévenir de sa présence. La môme se retourne. Elle a ce regard acéré et à la fois vide qu'ont les gamins qui en ont trop vu. Ceux qui ont trop vécu. Son visage est d'une beauté sauvage et d'une fragilité délicate. Sa vision tord le ventre de Laura, de ce besoin impérieux de protection qu'elle ressent régulièrement. « Bonjour...ou plutôt bonne nuit ! » Elle laisse échapper un petit rire. « Je m'appelle. Laura, je ne t'ai jamais vu dans le quartier ! » Elle fouille dans son sac pour en sortir un sandwich et une bouteille qu'elle tend vers la gamine. « Tu as faim ? Soif ? Besoin de quelques choses ? Un abri ? Une couverture ? » Elle sait qu'elle parle trop, mais elle veut vraiment réussir à l'aider. Son petit trafic n'a aucune importance aux yeux de Laura, tout ce qui compte, c'était qu'elle réussisse à aider cette gosse. « Et toi ? C'est quoi ton nom ? »

_________________

Everybody loves the things you do From the way you talk to the way you move. Everybody here is watching you, cause you feel like home. You're like a dream come true. But if by chance you're here alone, Can I have a moment before I go? Cause I've been by myself all night long hoping you're someone I used to know ×
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 120
↳ Points : 303
↳ Date d'inscription : 31/08/2016
↳ Age : 20
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 250 en réalité & 27 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : MidnightBlue



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Mar 6 Sep - 21:11


Mommy, can I have some cookies ?
We all live in unforgiving precarious ways. If it bleeds it leads is all we seem to hear today ••• Solveig n'avait pas eu de mal à vendre les premières doses. Personne n'était apparue pour l'arrêter soudainement, les peacekeepers s'aventuraient assez peu par ici de toute façon. Donc, elle se savait à l'abri d'eux. Et, dans tous les cas, elle pourrait se faire passer pour blesser, jouer avec les cœurs. Tant que ce n'était pas un shadowhunter en face... Tout serait tellement simple. Car étrangement, son frère était parvenu à s'occuper des policiers, seule la Milice du Gouvernement résistait. Ce qui n'étonnait pas franchement la jeune fille. La plupart étaient arrivés à une telle position grâce à une loyauté sans faille. Alors, les acheter était plus complexe que le reste. C'était l'une des raisons pour laquelle elle les esquivait le plus possible. Elle ne voulait pas chuter, entraîner son frère à sa suite. Le voir faire une connerie sans nom pour essayer de la récupérer dans les cachots de l'Etat. Déjà qu'il s'attaquait à Niklas malgré tout ce que la suédoise pouvait dire ou faire alors... Elle s'imaginait bien le voir faire exploser quelques bâtiments pour réclamer sa libération. Ou essayer de tuer quelqu'un, de faire chanter un politique, qu'importe. Dans tous les cas, rien que d'y penser, la jeune fille se sentait nauséeuse. Elle s'appuya alors contre un mur, inspira profondément et s'obligea à reprendre sa ronde.

Son manège dura encore une dizaine de minutes. Avant que l'un de ceux à qui elle cherchait à vendre sa drogue ne se « rebelle ». Ne se confonde en insultes. Décidément, il était déjà bien atteint. Prendre une dose de plus pourrait le plonger dans un quelconque coma, au risque de mourir par la suite. Pourtant, Solveig ne s'embarrassait pas de telles pensées. La plupart ici étaient majeurs, ou étaient suffisamment âgés pour savoir ce qu'ils faisaient, quels étaient les risques. Et la jeune fille avait oublié ce que « moral » signifiait depuis un bout de temps. Quoi qu'il en soit, elle observait le jeune homme s'énerver sans réagir. Son regard vide s'était ancré dans le sien. Et ceci eut pour don de l'agacer un peu plus. Contrairement à ce qu'attendait Solveig. Et un poing heurta son visage. Le contact eut pour effet de l'enflammer de l'intérieur. Ses yeux se refroidirent soudain. Et son bras bougea seul. Pour enfoncer le poing dans le ventre du jeune homme. Deux autres... Junkies arrivèrent et les séparèrent et Solveig disparut bien vite. Pourvu qu'aucune blessure ne soit déplorée.

Pourtant, elle ne rentra pas au bercail. Il n'était pas encore l'heure et elle avait envie de rapporter plus à Isak. Pour la reprise. La jeune fille revint sur ses pas et passa dans la ruelle d'à côté. Croisa une personne plus âgée qu'elle. Se demanda ce qu'elle faisait ici. Avant de hausser les épaules et de continuer son chemin. Les échanges reprirent comme si de rien n'était. Les billets verts se retrouvèrent glissés dans son soutien-gorge. Et les sachets de drogue furent donnés à leurs heureux propriétaires. Le dernier fut transmis et Solveig poussa un léger soupir. Il était temps de retourner chez elle et prier pour arriver à dormir. La prochaine chose à refaire dans son appartement serait l'isolation. Deux légers toussotements la firent sursauter et se tendre. Elle se tourna, s'attendant à tomber sur un quelconque représentant de l'ordre. Mais non. La femme de tout à l'heure. Solveig l'écouta parler, sans savoir quoi lui répondre. Laura... C'était un joli prénom. Après, elle n'avait besoin de rien, à part rentrer chez elle. Puis elle l'interrogea sur son identité. La jeune fille pencha sa tête sur le côté. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle l'air de s'inquiéter pour elle ?

« Je... Je m'appelle Solveig. Je ne pense pas que vous devriez vous préoccuper de moi, il y a d'autres personnes bien plus nécessiteuses... »

La jeune fille recula de quelques pas, quelque peu tendue. Faire confiance était quelque chose qui ne lui était pas naturel. Encore plus depuis qu'elle avait retrouvé son frère. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait repoussé Niklas à ce moment-là. Elle ne pouvait pas accepter de savoir qu'un jour il risquait de partir. Il finirait par la trahir, par la laisser. Comme la première fois quand son frère s'était suicidé. Plus jamais elle ne voulait avoir à ressentir cela. Même si cela signifiait éviter à tout prix les liens sociaux. Même si cela signifiait se renfermer quitte à ne plus être en vie. Solveig tira sur ses manches, se mordilla la lèvre. La bouteille d'eau en sa direction lui rappela cependant qu'elle marchait depuis de nombreuses heures. Elle la prit silencieusement et but quelques gorgées avant de reprendre la parole :

« J'ai tout ce dont j'ai besoin. J'ai déjà un appartement et de quoi manger. Je... Je ne suis pas perdue. Vous avez dû voir vous-même ce que je faisais ici... »

La jeune femme déglutit. Elle n'était clairement pas à l'aise, son regard fuyant celui de la femme en face d'elle. Elle croisa les bras sur sa poitrine, écrasant la bouteille, et regarda brièvement autour d'elle.

« Je n'habite pas très loin, je sors juste assez peu dans mon quartier... Je suis trop facilement reconnaissable par les habitués... »

Décidément, mieux valait que Laura ne s'attarde pas trop.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Dernière édition par Solveig Eriksson le Ven 9 Sep - 21:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 144
↳ Points : 374
↳ Date d'inscription : 21/05/2016
↳ Age : 24
↳ Avatar : Kate Winslet
↳ Age du Personnage : 44 ans
↳ Métier : Bénévole auprès des populations démunies
↳ Opinion Politique : Inexistante pour le moment
↳ Niveau de Compétences : Niveau général : 2 Niveau 3 en maîtrise de sa faim Niveau 4 en feels
↳ Playlist : Love Peace Peace - Eurovision 2016
Oltremare - Ludovico Einaudi
When We Were Young - Adèle
↳ Citation : "Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière."
↳ Multicomptes : Maisy A. Weaver
↳ Couleur RP : #eccef5



Feuille de perso
↳ Copyright: rusty nail
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Mer 7 Sep - 20:20

La gosse semblait au bord de l'arrêt cardiaque quand elle se retourna, et Laura s'en voulut immédiatement. C'était effectivement un risque. La môme devait avoir 20 ans à tout casser, elle vendait de la drogue à des ados tous plus perdus les uns que les autres. Laura avait beau passer son temps à essayer de sauver ses enfants perdus, elle avait une conscience douloureuse du fait qu'il était déjà trop tard pour certains d'entre eux. Qu'ils avaient été bouffés par la rue. Qu'elle avait eu raison des dernières gouttes d'innocences qui pouvaient parfois percer dans leurs yeux.  Elle plongea son triste regard bleu dans celui de l'enfant face à elle. Malgré la tristesse, la dureté et la peur, qu'elle lisait dans les yeux de la gamine, elle arrivait encore à la voir, cette étincelle qui brillait encore dans les yeux de ceux qui s'étaient égarés sans pour autant se perdre. La gamine l'observa, comme un animal sauvage que l'on tente d'apprivoiser, bras croisé et tête penchée sur le côté, l'air aussi perplexe qu'apeuré. Elle donna finalement son nom à Laura : Solveig. Un prénom qu'elle n'avait jamais entendu, mais qui correspondait tant à la douceur de sa voix qu'à la force qui marquait ses traits.

Elle recula et Laura dut se retenir, avec plus de force que jamais, pour ne pas tendre le bras et la retenir. Elle resta à sa place, les pieds comme collé au bitume, dans l’espoir, peut-être vain que si elle ne bougeait pas, la jeune fille se laisserait approcher, au moins un peu. Elle savait son comportement étrange et probablement un peu effrayant, mais c’était plus fort qu’elle. Ce besoin impérieux de protéger, de veiller sur quelqu’un, lui tordait les boyaux. Laura retint de justesse le soupir de soulagement qui manqua de lui échapper quand Solveig Tandis la main pour attraper la bouteille d’eau. Au moins, elle ne mourrait pas déshydratée. Elle se décida enfin à reprendre la parole. « Oh, tu sais, j’en ai encore plein là-dedans, tu peux y aller, je te promets. » Elle tapota son sac avec un sourire encourageant et s’autorisa un petit pas vers la gamine. La moiteur de l’air, rendait les odeurs d’urine, de fumée et de crasse ambiante à la limite du supportable. Elle attrapa l’élastique qu’elle gardait à son poignet et se fit un chignon rapide avant que la gamine se remette à parler. Ah… Le trafic, bien sûr qu’elle l’avait vu faire, mais ce n’était pas la première gamine qu’elle rencontrait qui choisissait de vendre de la drogue plutôt que d’avoir à brader son corps. « Oui, j’ai effectivement vu ce que tu faisais… » Sa voix était douce et sans jugement, elle avait vu bien pire que du trafic de médicament. Malgré tout, la jeune fille s’évertuait à esquiver le regard de Laura, ses yeux sautant à gauche à droite sans prendre le temps de se fixer sur quoique ce soit. Un vrai animal sauvage, petite créature aux abois, qui semblait sur le point de détaler au moindre bruit ou mouvement suspect. « Cela ne m’empêche pas de m’inquiéter pour toi. » Elle avait conscience d’être probablement trop insistante, mais qu’importe, cette gosse avait besoin qu’on lui apprenne que tout le monde n’était pas un danger. Que les êtres humains pouvaient être autre chose qu’une menace. Elle avança encore d’un pas.

« Regarde-moi, Solveig, j’habite dans ce quartier moi aussi, et je n’ai absolument pas peur de ceux qui y traînent. » Elle engloba le quartier d’un coup d’œil, elle n’habitait pas dans le coin depuis très longtemps, mais les gens savaient qui elle était. Elle leur donnait à manger après tout et on ne mord pas la main qui vous nourrit. « J’aimerais t’accompagner un bout de che… » Elle s’arrêta au milieu de sa phrase et tendit la main pour pousser les cheveux de Solveig. Elle avait une vilaine balafre sur l’arcade, caché par une mèche de cheveux jusqu’à présent, Laura n’avait pas eu l’occasion de la voir. Elle sentit son sang bouillir et un grondement presque animal s’échappa de sa gorge. Elle sursauta surprise du son qu’elle venait de produire, encore peu habitué à ce que sa nouvelle nature pouvait la pousser à faire. Elle glissa doucement ses doigts sur le côté du visage de Solveig. « Qui t’a fait cela ? Qu’est-ce qu’il s'est passé ? »  Elle avala sa salive à plusieurs reprises, tentant de calmer la rage qu’elle ne maîtrisait que partiellement qui l’habitait. Sa réaction était complètement disproportionnée et très certainement incompréhensible aux yeux de la gamine. Mais son instinct maternel détraqué ne semblait pas vouloir entendre raison. Elle recula de quelques pas, pour laisser à la jeune fille un minimum d’espace vital, avant de lui demander. « J’habite l’appartement là-bas. » Elle tendit le doigt vers son immeuble. « J’ai de quoi te soigner, là-bas... J’aimerais beaucoup que tu m’accompagnes pour que je puisse au moins te désinfecter. » Elle se reprit, ayant conscience qu’une telle demande pouvait prêter à confusion. « Si tu ne veux pas monter dans mon appartement, je pourrais descendre le nécessaire, ne t’inquiète pas. Je ne suis pas une psychopathe même si j’en ai un peu l’air parfois. » Elle adressa un sourire contrit à la gamine espérant vraiment qu’elle accepterait de l’accompagner.

_________________

Everybody loves the things you do From the way you talk to the way you move. Everybody here is watching you, cause you feel like home. You're like a dream come true. But if by chance you're here alone, Can I have a moment before I go? Cause I've been by myself all night long hoping you're someone I used to know ×
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 120
↳ Points : 303
↳ Date d'inscription : 31/08/2016
↳ Age : 20
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 250 en réalité & 27 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : MidnightBlue



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Ven 9 Sep - 21:01


Mommy, can I have some cookies ?
We all live in unforgiving precarious ways. If it bleeds it leads is all we seem to hear today ••• Les yeux de la jeune femme n’avaient pas quitté Laura. Même si elle ne l’avouait pas à vive voix, elle était effrayée par son comportement. Peut-être qu’elle avait trop vécu sous la coupe de son frère mais à présent, elle avait du mal à faire confiance, et surtout à accepter qu’une personne puisse vouloir réellement l’aider, sans pour autant la tirer d’un autre côté. Et, au fond, elle avait toujours peur qu’on l’abandonne à nouveau. Certes, un siècle passé sous forme animale, ce n’était pas grand-chose puisque son cerveau ne fonctionnait quasiment pas à ce moment. Cependant, malgré tout, elle gardait cette frayeur dans ses entrailles. Et quoi qu’elle fasse, celle-ci ne voulait pas dégager. La bouteille d’eau fut rapidement terminée. Solveig ne pensait pas avoir si soif que ça. Peut-être était-ce parce que sa dernière boisson remontait au repas du midi. Et qu’elle avait – volontairement ou non – évité celui du soir. Peut-être qu’il serait plus juste de dire qu’elle n’y avait pas pensé. Si Isak savait cela… Elle se ferait certainement empifrée. S’il n’était pas trop drogué à ce moment-là. La femme lui indiqua qu’elle avait d’autres bouteilles. La suédoise pencha un peu plus la tête sur le côté. Pourquoi pas après tout…

La suite décontenança un peu plus la jeune femme. La voix utilisée était beaucoup trop douce. Et une part de son instinct lui hurlait de dégager. L’autre était intriguée, souhaitait en savoir plus. Sur cette tendresse. Cela ressemblait presque à… Une mère. Chose que Solveig n’avait ressentie. Et n’avait jamais eue. Alors… Elle se mordilla la lèvre inférieure, tout en détournant le regard. Non, ce n’était pas le moment de se poser de telles questions. La femme pouvait très bien être une peacekeeper déguisée, cherchant à gagner sa confiance. Elle devait rester sur ses gardes. Quoi qu’il en coûte. Même si elle habitait dans le quartier, comme elle venait de le préciser. Pourtant, la trafiquante était quasiment sûre de ne l’avoir vue nulle part. Et encore moins dans le quartier. Enfin, elle ne sortait que peu finalement, et la plupart du temps de nuit. Il était peut-être normal qu’elle ne l’ait jamais aperçue. Laura devait travailler la journée, et dormir le soir, comme toute personne normalement constituée. A l’inverse de Solveig, qui préférait vivre la nuit parmi les ombres. Ainsi, ne pas être vue était beaucoup plus facile. La capturer de même.

La femme s’approcha soudainement. Et la jeune femme n’avait aucune marge de manœuvre. Son dos était déjà collé contre un mur et à moins de se fondre à l’intérieur, elle n’avait pas la possibilité d’éviter le contact qui allait se produire. Alors, elle attendait l’instant fatidique, tout en retenant sa respiration. Sa mèche de cheveux fut relevée. Et un grognement sourd sortit de la gorge de Laura. Solveig écarquilla les yeux, plus effrayée que jamais, et n’eut qu’une seule envie : fuir. Courir. Partir. Que plus personne ne la touche. La question posée lui fit comprendre qu’elle avait été blessée. Et pourtant, elle fut incapable d’y répondre. Elle aurait aimé pourtant. Comme elle aurait voulu repousser cette femme pour retrouver son espace vital. Ce n’était pas habituel qu’on s’inquiète pour elle juste… Pour s’inquiéter pour elle finalement. Sans penser à rien d’autre. Puis, comme pour exaucer son souhait silencieux, la femme s’écarta et Solveig put reprendre une profonde inspiration. Ses doigts tremblaient comme contrecoup, et elle déglutit difficilement. Putain… Et Laura lui proposa d’aller chez elle pour la soigner. Un silence de plomb tomba dans le cerveau de la suédoise. Pourquoi faisait-elle tout ça ? Pour une personne qu’elle venait seulement de rencontrer et qui est plus était une trafiquante ? C’était à n’en rien comprendre.

« Ce… Ce n’est pas grand-chose j’ai juste… Eu une altercation avec un client. Je ne pensais pas qu’il y aurait une cicatrice quelconque… Vous n’avez pas à vous inquiéter, je suis certaine que la blessure se refermera vite… »

Cependant, vu la réaction de la femme, Solveig se doutait qu’elle ne serait pas laissée tranquille tant qu’elle n’aurait pas reçu quelques soins. Ce fut ce qui la poussa à se montrer encore plus prudente, vu le nombre de blessures qui parsemaient son corps. Elle ne voulait pas retourner à l’hôpital, pas pour le moment. Pas maintenant qu’Ezra avait découvert qu’elle y volait des médicaments. Pas maintenant que sa trahison avait été révélée et qu’elle avait perdu une personne qui était devenue étrangement proche. Cependant, si elle fuyait maintenant… La femme pourrait la poursuivre. Et là le paradoxe se montra. Solveig aurait dû refuser, partir, retrouver son cocon de routine. Sauf qu’une part au fond de son cœur voulait rester. Profiter un peu de la douceur. Une larme coula le long de sa joue. Avant qu’elle ne reprenne la parole.

« Ca ne me dérange pas de venir jusque devant l’immeuble mais… Je n’ai pas droit le droit de rentrer chez des inconnus. Vous n’êtes pas une psychopathe, même s’il est vrai que votre comportement détonne des autres… Mais je dois rester sur mes gardes, ce n’est pas contre vous… »


Déjà, qu’elle accepte de l’accompagner un peu était incongru. Alors… Mieux valait ne pas trop jouer avec le feu. La blessure au niveau de l’arcade sourcilière se mit à la démanger. Bordel. Pourquoi maintenant ? Jusqu’à ce que Laura le fasse remarquer, elle n’avait pas ressenti de douleur. Et maintenant… Elle ne pouvait pas se le sortir de l’esprit.

« En revanche, c’est quelque peu… Dangereux. Il pourrait y avoir des peacekeepers qui traînent dans le coin… »

Quelques mots prononcés avec une voix tendue, et un léger regard sur la droite et sur la gauche. Comme pour veiller sur ses arrières. Encore une fois.



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 144
↳ Points : 374
↳ Date d'inscription : 21/05/2016
↳ Age : 24
↳ Avatar : Kate Winslet
↳ Age du Personnage : 44 ans
↳ Métier : Bénévole auprès des populations démunies
↳ Opinion Politique : Inexistante pour le moment
↳ Niveau de Compétences : Niveau général : 2 Niveau 3 en maîtrise de sa faim Niveau 4 en feels
↳ Playlist : Love Peace Peace - Eurovision 2016
Oltremare - Ludovico Einaudi
When We Were Young - Adèle
↳ Citation : "Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière."
↳ Multicomptes : Maisy A. Weaver
↳ Couleur RP : #eccef5



Feuille de perso
↳ Copyright: rusty nail
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Jeu 15 Sep - 0:10

La gamine réveillait quelque chose dans les tripes de Laura. Quelque chose qu’elle n’avait pas envie d’étudier pour l’instant, mais elle n’avait pas vraiment le choix. Une sensation à la fois familière et parfaitement étrangère. Elle la ressentait souvent face aux gosses qu’elle protégeait dans son travail. Elle la ressentait à chaque fois qu’elle pensait a cet enfant dont lui avait parler Janus. Son instinct maternel sans doute. Ou du moins, quelque chose qui s’en approchait. Elle se força à détourner le regard, bien consciente qu’avoir un regard inconnu scannant son visage ne devait pas rentrer dans son top dix des sensations agréables. Elle ressemblait tellement à un petit animal sauvage et craintif. Tout dans ces mouvements montrait qu’elle n’était pas à l’aise, qu’elle aurait préféré être partout plus que face à cette inconnue. Laura n’avait pas la force d’abandonner, de laisser la gamine continuer à vaquer à ses occupations. Rentrer dans cet appartement hypothétique dont elle parlait, toute seule.
Hors de question de laisser la petite disparaître, elle n’était pas prête à revivre l’histoire de Madison. Quelques semaines plutôt, elle avait réussi à se lier avec une jeune trafiquante, mais n’avait pas été capable de la convaincre de dormir chez elle ou encore de passer la nuit dans un foyer et elle avait été retrouvée le lendemain. Laura revoyait le petit corps déchiré. Elle avait été battue presque à mort puis violée avant que l’ordure qui s’en était pris à elle ne déchiquette ses cuisses avec des lames de rasoir. Laura contint avec peine la nausée qui menaçait son estomac en prenant doucement la main de Solveig. « Écoute, je comprends que tu veuilles te méfier, c’est tout sauf étonnant vu ton… Activité. » Elle lui sourit pour lui rappeler une fois de plus qu’elle n’émettait aucune jugement envers ce que la jeune femme faisait pour vivre. « Mais, c’est vraiment important de soigner cette blessure. J’voudrais pas la voir s’infecter. » Elle observa une fois l’air apeuré de la gosse tandis qu’elle étudiait les environs l’air sur ses gardes. « Je sais que les Peacekeepers trainent dans le coin, mais avec moi, tu ne risque rien, j’te le promet. » Elle entraîna la môme à sa suite, tenant toujours la petite main fraiche dans la sienne quand un peacekeeper vint donner tort à Laura. L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années s’arrêta devant elles, l’air menaçant. Il fixait Solveig d’un œil mauvais, ignorant Laura pourtant placer juste devant lui.

Il tendit la main vers Solveig, sans leur avoir adressé un mot. Laura s’interposa, en se raclant la gorge. « Puis-je savoir ce que vous voulez à ma fille ? » Le mensonge avait coulé, sans aucun effort, elle se surprit elle-même de la facilité avec laquelle elle venait de se mettre en danger pour une jeune fille rencontré un quart d’heure plus tôt. « C’est monsieur, et cette gamine me semble bien louche, Madame. » Tentant vaguement de lui expliquer le gardien de l’ordre tout en tentant à nouveau de s’approcher de Solveig. Le sang de Laura ne fit qu’un tour dans ses veines et elle se dressa de toute sa hauteur. « Je vous prie de m’excuser, Monsieur, mais je n’apprécie pas réellement que vous vous en preniez a une mineure. D’autant plus quand il s’agit de mon enfant et qu’elle sort d’une altercation avec un inconnu qui l’a blessé. » Pour appuyer son propos, elle leva sa main qui ne tenait pas celle de Solveig et repoussa les cheveux de la jeune femme sur le côté. « C’est pourquoi j’aimerais la ramener dans notre domicile pour pouvoir m’occuper d’elle correctement. » Elle poussa un soupir quand il accepta enfin de reculer de quelques mètres, instaurant enfin une distance respectueuse entre lui et les deux femmes. « Je pense que vous avez des choses bien plus intéressantes a gérer qu’une pauvre adolescente. » Elle se tourna vers Solveig. « Et toi, tu es bien sur privé de sortie jusqu’à nouvel ordre. Qu’est-ce qui t’as pris de venir traîner dans ce quartier ! » Elle attrapa plus fermement la main de la jeune fille et l’entraina a sa suite en saluant le peacekeeper d’un signe sec de la tête.

Elle arriva rapidement devant son immeuble et poussa doucement Solveig dans le hall d’entrée avant de refermer la porte derrière elle. « Excuse-moi d’avoir parlé de toi comme de mon enfant, mais c’était la solution la plus simple pour nous débarrasser de lui. » Elle sentait bien que la gamine était secouée, mais il fallait qu’elle s’occuper de cette plaie le plus rapidement possible. « Ne bouge pas d’ici, s’il te plaît, j’en ai pour cinq minutes ! » Elle indiqua d’un mouvement de la tête les escaliers qu’elle s’empressa d’emprunter. Elle rentra en trombe dans son appartement et récupéra la trousse de premier soin qu’elle gardait dans sa salle de bains, réalisant au passage que le courant avait été rétabli. Elle redescendit les escaliers aussi secs pour retrouver Solveig assise sur la première marche. Elle s’accroupit près d’elle et attacha ses cheveux en un chignon avant de tirer ceux de Solveig en arrière en une queue-de-cheval sommaire, elle en profita pour caresser doucement le cuir chevelu de la jeune femme pour essayer de la détendre. « Ça risque de piquer un peu, je te préviens. » Elle ne put s’empêcher d’esquisser une grimâce qui accompagna celle de Solveig quand le désinfectant rentra en contact avec la plaie. Heureusement, elle était plutôt superficielle et Laura pu poser une série de petits straps. « Et voilà ! Comme neuve ! » Elle sourit doucement à Solveig, rangeant son matériel quand elle entendit un bruit caractéristique. Elle ne put retenir le léger eclat de rire qui lui échappa quand elle se tourna vers la gosse. « T’as faim a ce que j’entends ! » Elle hésita quelques secondes avant de lui proposer. « Tu veux monter ? J’ai de quoi faire des mac&cheese là-haut… Ce ne sera pas de la grande gastronomie, mais au moins ça remplira ton estomac avant de rentrer chez toi. »

_________________

Everybody loves the things you do From the way you talk to the way you move. Everybody here is watching you, cause you feel like home. You're like a dream come true. But if by chance you're here alone, Can I have a moment before I go? Cause I've been by myself all night long hoping you're someone I used to know ×
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 120
↳ Points : 303
↳ Date d'inscription : 31/08/2016
↳ Age : 20
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 250 en réalité & 27 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : MidnightBlue



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Sam 17 Sep - 2:07


Mommy, can I have some cookies ?
We all live in unforgiving precarious ways. If it bleeds it leads is all we seem to hear today ••• Ses doigts se glissaient dans ses cheveux, comme pour se donner une contenance qu’elle était loin d’avoir face à la douceur de cette femme. Oh, Solveig n’avait jamais été maltraitée. Mais il était évidemment que dire qu’elle avait été aimée était un peu gros. Quoi que, son frère l’aimait à sa manière. Même s’il la protégeait un peu trop. Même si elle avait l’impression d’étouffer par moment. Comme un surplus. Comme si elle finirait par disparaitre sous chacun de ses gestes. Pourtant, elle se doutait que jamais elle ne parlerait de Laura. Déclencher une nouvelle catastrophe n’était pas dans ses projets. Et aussi… La jeune femme ne voulait pas que son interlocutrice y risque sa vie. C’était étrange de penser ainsi. Elle qui avait laissé son monde tourner autour de son frère ces dernières années. Et aujourd’hui… Elle se décidait inconsciemment à changer. Légèrement. Tout en sachant qu’elle chercherait à couper les points dès qu’elle serait rentrée au Little Darlings. Qu’elle ne la recontacterait pas. Même si Laura l’attirait étrangement. Et qu’elle allait devoir se battre avec cela à nouveau. Comme si elle en avait besoin. Comme si son existence ne tenait déjà pas à un fil dans une mer en pleine tempête.

Cependant, la femme en face d’elle ne lui laissa pas trop le choix et l’embarqua à sa suite. Intérieurement, Solveig priait réellement pour qu’aucun peacekeeper ne soit dans les parages. Elle ne voulait pas qu’ils voient son visage. Elle ne voulait pas qu’ils essaient de l’emmener elle ne savait trop où pour l’interroger. Elle ne voulait pas être torturée. Elle ne voulait pas être envoyée dans l’arène. Elle ne voulait pas voir son frère s’inquiéter et venir à son secours. Elle ne voulait pas le voir tuer. Elle ne voulait pas mourir.

A cette constatation, elle sentit presque les larmes lui monter aux yeux. Ce qui serait arrivé si un homme ne les avait bloquées. La jeune femme déglutit en reconnaissant l’uniforme. Le peacekeeper fit un pas de trop dans sa direction. Et elle recula pour garder son espace vital. Elle s’attendait à ce que Laura parte. Comme si, dans son esprit, une telle situation ne pouvait que s’apparenter à une trahison. Après tout, elle ne la connaissait pas. C’était bizarre de se comporter avec une inconnue de la façon dont Laura se comportait avec elle, non ? Cependant, Solveig ne pouvait pas se dégager de l’emprise de la femme. Elle n’avait plus qu’à attendre. Une fois de plus.

Et pourtant, surprise, la femme la défendit. Avec violence même. A la considérant comme sa fille. Ce qui fallut des yeux ronds de la part de l’intéressée. Mais qui, assez intelligemment, baissa le regard le sol pour ne rien laisser paraître. Elle se déconnecta même des mots prononcés. Fuir n’aurait fait qu’aggraver son cas, alors, autant rester tranquille. Puis ses cheveux disparurent de son champ de vision, l’obligeant à revenir dans la réalité. Laura montrait sa blessure. Bordel, qu’elle détestait cela. Quand des peacekeepers vous obligeaient à vous justifier de cette manière. Comme si montrer qu’on avait été blessé permettait d’être laissé tranquille. Elle en avait la nausée. Tout simplement, elle avait envie de vomir ses tripes au pied de ce connard. Cependant, ce serait mauvais pour sa réputation. Alors, elle serra les dents, et se laissa emmener par Laura, non sans un regard haineux envers l’homme, qui ne pouvait définitivement rien faire. Puisqu’il n’avait aucune preuve. A part l’argent qu’elle avait sur elle, et encore. Bref, quoi qu’il en soit, elle se laissa entraîner à la suite de cette femme si singulière.

Elles ne ralentirent que lorsqu’elles furent dans le hall de l’immeuble de Laura. Du moins, c’est ce que la jeune femme en déduisait. Dans tous les cas, elle n’avait plus ses repères. Et n’en trouvait aucun. Ce qui lui donna des frissons d’horreur, tandis que son regard se promenait sur les pierres et le béton inconnus qui recouvraient l’endroit. Bordel. Puis Laura disparut. Solveig tendit la main pour la retenir avant de se raisonner. Depuis quand agissait-elle de cette façon ? Elle soupira longuement avant de poser ses fesses sur la première marche. Ses mains se glissèrent sa nuque, tandis qu’elle posait son front sur ses genoux. Et qu’elle essayait de faire le point. Pourquoi la nuit ne s’était-elle pas passée comme d’habitude ? Pourquoi il avait fallu que quelqu’un voie ses activités et se décide à venir lui parler ? Pourquoi était-elle incapable de… Fuir. De partir. Juste… Pourquoi ?

Le retour de Laura coupa court à ses réflexions. Solveig se laissa faire. Une grimace se glissa sur son visage quand l’alcool entra en contact avec sa peau, plus par réaction que par réelle douleur. Pour quelqu’un qui se scarifiait et vivait entourée par la violence, ce n’était pas de petits picotements comme ceux-ci qui allaient la tuer de douleur. Néanmoins, cela eut pour effet de réveiller son estomac. Qui se manifesta plutôt bruyamment quelques secondes plus tard, une fois que Laura eut fini de la soigner. La jeune femme détourna vivement le regard, les joues brûlantes. Et fut étonnée que cela ne fasse résonner qu’un rire franc de la part de son interlocutrice. Et une proposition à venir manger. A deux ou trois heures du matin. Comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Eh bien… La suédoise releva les yeux et observa le doux visage avec étonnement. Elle ne savait pas trop quoi répondre. Avec d’un côté la peur de tisser des liens et de l’autre celle de sortir et de retomber sur le peacekeeper qui les avait arrêtées tout à l’heure. Tout en étant au bord de l’évanouissement à cause de son manque de nourriture et de la torture qu’elle s’infligeait.

« Je… Je ne serai pas contre un peu de nourriture en effet. Et ce sera toujours meilleur que ce que je mange en temps normal. »

Elle essaya de laisser un petit sourire se dessiner sur ses lèvres. Un sourire sincère. Pas ceux qu’elle utilisait pour cacher ce qu’il se passait. Pour faire plaisir aux autres. Puis elle suivit Laura dans le dédale des couloirs pour aller jusqu’à son appartement. Sans la quitter du regard à un seul instant. Comme par peur qu’elle ne disparaisse comme un éphémère souvenir. Par peur qu’elle ne soit simplement que dans un rêve. Et comme tous les rêves, qu’elle se réveille en se rendant que rien n’était réel et en ne souhaitant qu’une seule chose : se rendormir.

Elle entra dans l’appartement à la suite de Laura et laissa ses yeux vagabonder sur le décor. Froid. Sans vie. Comme une maison-témoin. Comme si la femme en face d’elle n’avait rien à y mettre. Pas un souvenir. Pas une pensée. Solveig resta quelques secondes sur le pas de la porte, avant de prendre son courage à deux mains et de se diriger vers le salon. Tout aussi vide d’émotions. C’était… Etonnant vu la douceur qui émanait de sa sauveuse du soir. De nombreuses questions émergeaient dans son esprit. Mais se heurtèrent à ses lèvres fermées. Pas le moment de poser ce type d’interrogations. Et la jeune femme n’était pas à l’aise avec les sentiments de façon générale. Et elle ne voulait pas s’attacher encore plus. Donc, si elle se mettait au courant de son histoire… Cela deviendrait inévitable qu’elle s’accrochait à la femme. Chose impensable. Même si c’était déjà en train de se passer.

« Je ne sais pas comment vous faites… Vous me laissez entrer chez vous. Vous n’avez pas peur que je puisse être une tueuse, une cambrioleuse, ou simplement pour endormir votre vigilance tandis qu’un gang se prépare à vous détruire ? »

Bon, c’était peut-être un peu dur envers Laura. Néanmoins, la jeune femme avait réellement besoin de comprendre comment on pouvait faire à ce point confiance à quelqu’un. Bon, elle aussi elle lui faisait confiance en quelque sorte. Parce qu’elle savait que son frère la vengerait si quelque chose se passait. Et qu’elle savait se défendre aussi. Enfin, ce n’était pas le moment de penser à toutes les incohérences qu’elle pouvait dire…

« Et aussi… Je ne suis pas vraiment une enfant. Enfin, pas dans le sens… Mineure. Mais merci quand même d’avoir pris ma défense face au… Milicien. Vous risquez beaucoup en faisant ça. »

Ce n’était que quelques mots. Néanmoins, il ne fallait pas négliger la politesse et la gentillesse, même si Solveig avait énormément de mal avec cela. Elle soupira doucement avant de s’asseoir sur le rebord du canapé. Ses yeux étaient fixés sur le sol et elle se triturait les doigts, rendant ainsi son état de stress plus qu’évident. Puis une larme se détacha du coin de son œil. Coula le long de sa joue. S’écrasa sur le sol. Et la trafiquante reprit la parole, la voix enrouée :

« Vous savez, je me sens un peu… Comme un papillon de nuit attiré par une lumière éclatante. Sauf que j’ai peur qu’à force de m’approcher je finisse par être emprisonnée… »


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 144
↳ Points : 374
↳ Date d'inscription : 21/05/2016
↳ Age : 24
↳ Avatar : Kate Winslet
↳ Age du Personnage : 44 ans
↳ Métier : Bénévole auprès des populations démunies
↳ Opinion Politique : Inexistante pour le moment
↳ Niveau de Compétences : Niveau général : 2 Niveau 3 en maîtrise de sa faim Niveau 4 en feels
↳ Playlist : Love Peace Peace - Eurovision 2016
Oltremare - Ludovico Einaudi
When We Were Young - Adèle
↳ Citation : "Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière."
↳ Multicomptes : Maisy A. Weaver
↳ Couleur RP : #eccef5



Feuille de perso
↳ Copyright: rusty nail
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Sam 17 Sep - 23:55

Laura fixait du coin de l’œil la gamine. Toujours assise sur la première marche de l’escalier, les cheveux tirés en arrière et son teint pâle et maladif réchauffé par la rougeur qui s’était étendue sur ses joues, elle perdait quelques années et semblait encore plus jeune et fragile. Bien qu’elle soit probablement bien plus forte que la plupart des jeunes de son âge. Elle semblait plongée dans ses pensées, probablement en pleine réflexion pour savoir si oui ou non, accepter la nourriture d’une étrangère en plein milieu de la nuit était une bonne idée. Son visage fier, presque altier s’adoucissait quand elle n’avait pas conscience qu’on la fixait et Laura sentit qu’elle allait s’attacher à cette gamine bien plus qu’il n’était sain et nécessaire. Solveig leva finalement les yeux vers l’adulte, son air étonné ajoutant encore à l’image de gamine perdue qu’elle dégageait. Laura sentit son cœur fondre quand la gamine accepta sa proposition avec un sourire timide. Elle se fit la promesse d’essayer de la faire sourire plus souvent, tant le mouvement semblait peu naturel sur son visage.

Laura ne put réprimer une petite grimace quand elle nota la réaction de Solveig en entrant dans l’appartement. Elle jeta un regard vide sur son logement. Vide de tout, vide d’elle, puisqu’elle ne savait pas qui elle était. Elle suivit des yeux la gamine qui se dirigeait vers le salon et s’assit sur le canapé. Elle passa quelques secondes dans la cuisine, lança sa bouilloire et posa une casserole pleine d’eau sur le gaz. Laissant à la jeune fille quelques minute pour respirer, elle remplit deux tasses d’eau brûlante avant d’y ajouter deux sachets d’un thé russe, noir et parfumé à la bergamote. Elle sursauta quand la voix de Solveig lui parvins du salon. Elle laissa un sourire étiré ses lèvres en réfléchissant à ce qu’elle venait de dire. « Tu n’as pas tort, Solveig. Mais, je ne pense pas que tu puisses être un danger pour moi, et encore moins pour le peu que contient mon domicile. » Elle remua doucement les sachets dans les tasses. « Qui plus est, je suis tout à fait apte à me défendre moi-même, ne t’en fais pas. » Elle retira les sachets, les jeta dans la petite poubelle avant de poser les tasses sur un petit plateau avec du sucre. Elle rejoint la jeune fille au salon.

« Hum, je me doutais bien que tu n’étais pas mineure. Mais c’était plus simple de dire à ce crétin, ils ont tendance à reculer devant les mineurs. Parce que même si ce monde part a vaux l’eau. Il y aura toujours des parents prêts à défendre leurs enfants, qu’importe ce qu’ils aient fait. » La phrase résonna étrangement dans l’esprit de Laura, comme si elle avait déjà eu à la dire, ou comme si elle avait déjà eu à le faire tout simplement. Son esprit s’évada quelques secondes vers ce fils dont lui avait parler Lazlo, cet enfant qu’elle ne connaissait plus, mais qu’elle souhaitait retrouver malgré tout. « Oh, et ne t’en fais pas pour moi, je ne suis personne aux yeux de la justice. Ils n’ont probablement pas peur de la quadra qui s’occupe des gosses un peu paumés du quartier. » Elle fit un petit clin d’œil à la jeune fille avant de poser le plateau sur la table basse. « Thé à la bergamote ? C’est très bon pour le moral après une expérience un peu traumatisante ! Je t’abandonne cinq minutes ma belle, il faut que j’aille mettre les pates dans l’eau, installe-toi confortablement. »

Laura mis à nouveau les pieds dans la cuisine, laissant les macaronis plongés dans l’eau et régla le petit minuteur sur son frigo pour qu’il sonne dans dix minutes. Elle sortait de la pièce quand la voix de Solveig résonna dans l’appartement. Laura regarda la gamine posée au bord de son canapé comme on se tiendrait au bord du falaise. Elle semblait constamment sur la défensive, tordant ses doigts dans un geste d’anxiété que Laura avait l’habitude de croisé. Elle s’appuya au chambranle de la porte, les bras croisés dans une position où elle essayait de s’empêcher de s’approcher de la jeune femme. Et elle ne put empêcher ses yeux de s’humidifier quand elle comprit que la gosse parlait d’elle. « Oh, ma puce… Tout va bien, tu sais. Tu as le droit de te sentir en sécurité ici. Je ne suis là que pour te filer un coup de main. Je te jure que je ne t’emprisonnerai jamais. » Elle s’approcha d’elle et s’assit à son tour sur le canapé. Elle attrapa l’une des mains de Solveig et glissa deux doigts sous le menton de la jeune femme pour la forcer à regarder son visage souriant. « Regarde-moi, c’est important que tu prennes conscience de ça. Je ne te connais pas et je ne sais certainement pas ce qui t’amène à faire ce que tu fais. Ce qui t’amène à avoir si peu de t’approcher des gens. Mais, tu peux être sûre que je ne te jugerais jamais et que je serais toujours là, si tu as besoin de parler. » Elle lâcha la main de Solveig pour glisser ses deux pouces sous les yeux de la jeune fille pour essuyer ses larmes. « Et je suis loin d’être une lumière éclatante, tu sais, j’ai moi aussi des problèmes et des choses qui me font peur et me blessent. » Le minuteur sonna et Laura se leva, en caressant la tête de la jeune fille. Elle attrapa un paquet de mouchoirs en chemin et le jeta vers la jeune fille. « Si jamais tu as besoin de te moucher. » Elle lui fit un sourire attendri. « Je reviens dans 5 minutes, juste le temps de faire chauffer la sauce et de ramener de quoi remplir cet estomac mécontent ! »

Elle réchauffa rapidement la sauce, le cœur serré par la vision de cette môme, abimée par la vie, sur son canapé et qui semblait voir en elle une sorte de super-héroïne des temps modernes. Elle n’avait pas conscience que sous ses apparences de quadragénaire sympathique se cachait un monstre. Monstre qui n’avait certes aucune envie de blesser Solveig, mais qui pouvait malgré tout s’avérer dangereux. Ses yeux se remplirent de larmes à la simple idée de blesser la jeune fille. Laura se fit la promesse intérieure de ne jamais se retrouver en présence de la jeune fille en ayant faim. Elle remplit une de ces assiettes, qu’elle n’avait jamais eu la chance d’utiliser, sortie une de ses fourchettes, toute aussi neuve, et s’essuya les yeux avant d’apporter le tout dans le salon. Elle tendit l’assiette avec un sourire à une Solveig qui semblait toujours aussi effrayé et s’assit à nouveau à ses côtés. Elle attrapa sa tasse de thé et la porta à ses lèvres après y avoir ajouté un sucre. « Je te propose un marché. » Elle sourit gentiment et s’enfonça dans le canapé. « Je te parle un peu de moi, et tu me racontes un peu de toi ? Ça te semble juste ? » Elle se passa la main sur le front et inspira profondément. « Tu n’es pas obligée de me parler ne t’inquiète pas. » Elle avait bien vu la jeune fille se raidir quand elle lui avait proposé de parler. « Mais j’ai envie que tu puisses me connaître un peu en espérant apprendre aussi à te connaître. »

Elle se redressa un peu et avala une gorgée de son thé pour prendre un peu de courage. « Alors, comme tu le sais, je m’appelle Laura. » Elle essayait en parlant d’éloigner la jeune fille de ses pensées désagréables. « Et pour tout te dire, je ne me souviens pas de grand-chose de plus. » Elle sourit devant l’expression surprise sur le visage de la jeune fille. « Si cet appartement a dû te sembler un peu vide et impersonnel, c’est parce que j’y vis depuis à peine quelques mois. J’ai perdu la mémoire, il y a quatre ans. Et tout ce que je sais aujourd’hui, c’est que j’ai a priori un fils et un mari qui m’attendent peut-être quelques parts. » Elle sourit tristement et passa une main légèrement tremblante sur son visage. « Ne t’en fais pas, c’est triste, mais c’est ma vie pour le moment et je finirais bien par les retrouver quand le moment sera le bon. » Elle posa sa tasse sur la table. « Maintenant que tu sais tout ce qu’il y a savoir sur moi, j’aimerais en savoir un peu plus sur toi, si ça ne te dérange pas. Et je te jure, que je ne suis pas une informatrice, ou peu importe ce que tu pourrais penser, je suis juste une femme d’une quarantaine d’années, qui aime s’occuper des jeunes gens un peu perdu… »

_________________

Everybody loves the things you do From the way you talk to the way you move. Everybody here is watching you, cause you feel like home. You're like a dream come true. But if by chance you're here alone, Can I have a moment before I go? Cause I've been by myself all night long hoping you're someone I used to know ×
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 120
↳ Points : 303
↳ Date d'inscription : 31/08/2016
↳ Age : 20
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 250 en réalité & 27 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : MidnightBlue



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Ven 23 Sep - 1:40


Mommy, can I have some cookies ?
We all live in unforgiving precarious ways. If it bleeds it leads is all we seem to hear today ••• Il était vrai que le domicile dans lequel elle se trouvait ne contenait pas beaucoup de vie. A vrai dire, il en contenait encore moins que l'appartement qu'elle-même occupait au-dessus du Little Darlings. Ce qui était quand même compliqué dans son esprit tant son frère cherchait à contrôler tous les aspects de sa vie. Cependant, Solveig devait l'avouer, il n'y avait rien d'autre ici que le strict nécessaire. Et pourtant, même ainsi, elle se sentait plus à l'aise qu'elle ne l'avait jamais été. Parce que... Parce qu'elle était loin de tous les problèmes et de toute l'hypocrisie de la société. Parce que c'était froid comme ce qu'il y avait au fond de son cœur. Enfin, la jeune femme ne doutait pas de la capacité de Laura à se défendre contre elle. Mais contre une bande de cambrioleurs armés jusqu'aux dents... La suédoise avait des doutes. Surtout qu'elle était elle-même en lien avec ces milieux quelque peu criminels. Elle avait eu l'occasion de voir certains crimes se perpétrer, sans chercher pour autant à les arrêter. Ou à voir le problème moral que cela renfermait. Les temps étaient propices à de tels embarqués. Et Solveig serait mal placée pour faire une quelconque remarque vu son trafic.

Plus simple. Des parents prêts à tout pour leur progéniture. Pour la protéger. Pour la défendre. Mais elle... Elle n'avait jamais eu de parents. Ils étaient morts à sa naissance ou peu après. Tout ce qui lui restait aujourd'hui était son frère aîné, qui avait pris une telle place dans sa vie qu'elle savait qu'elle ne pourrait plus jamais vivre sans. Et surtout, qu'au-delà de la relation fusionnelle frère-soeur, il y avait la malédiction qu'elle avait réclamé. Celle de son changement en animal pour ne plus mourir si facilement des maladies. Pour ne pas perdre encore plus sa famille. Et, finalement, c'était ce qui l'avait mené à une impasse pendant de nombreuses années. Laura avait pris la peine de faire du thé et de déposer le plateau sur la table basse. Pourtant, Solveig n'y avait pas touché, trop perdue dans ses pensées pour préparer sa petite phrase émouvante. Sauf que ce n'était pas exactement ce qu'elle avait prévu, elle qui ne parlait que très peu de ce qu'elle ressentait et de ses sentiments. Parce qu'elle avait peur. Elle avait bien trop peur des réactions que cela pourrait entraîner autour d'elle. Et son cœur était déjà suffisamment dans la tourmente pour le détruire un peu plus.

La femme s'était rapprochée d'elle suite à ses mots et Solveig s'était définitivement trouvée le meilleur intérêt du monde en le sol. Elle lui disait qu'elle ne serait jamais emprisonnée ici. Cependant, la skinchanger avait depuis longtemps perdu foi en l'humanité. Finalement, aujourd'hui, tant qu'elle parvenait à survivre, elle était heureuse. Et pourtant, ces derniers temps, elle se rendait compte que la vie s'amusait bien avec elle. Puis son interlocutrice l'obligea à la regarder dans les yeux. La jeune femme se tendit mais se laissa faire. Mettre une claque à Laura n'aurait pas été très sympathique, même si elle était d'un naturel assez agressif à la base. Il fallait croire que la douceur de cette inconnue l'apprivoisait rapidement. Le jugement. Ce n'était pas cela qui effrayait réellement la jeune femme. A vrai dire, depuis le temps, heureusement qu'elle ne prêtait plus attention à ce que les autres pouvaient raconter en la voyant ou en l'observant faire. Sinon, elle aurait eu le temps de désespérer et de vouloir tuer le monde entier. Et même si Laura ne se considérait pas comme une lumière, dans la vie tourmentée de Solveig, voilà à quoi elle ressemblait. A un lustre en cristal lumineux. A la lueur d'une bougie dans la pièce la plus sombre de la maison. Dans la seule pièce de la maison. Et vers laquelle elle voulait se diriger, tout en sachant à quel point c'était dangereux...

Un minuteur coupa l'instant « émotions » du soir et Solveig sursauta presque. Ses joues humides avaient été essuyées par Laura et elle faisait de son mieux pour ne pas se remettre à pleurer comme une enfant. Un paquet de mouchoirs lui atterrit dessus. Douce attention. Elle l'ouvrit, prit un mouchoir et vida son nez bouché après les pleurs. Décidément, le corps humain était très chiant sur ce point. Pourquoi n'était-il pas possible de pleurer sans avoir de la morve qui nous empêche de respirer ?! Déjà, ce n'était guère agréable et pratique et en plus, c'était moche de renifler ou d'avoir la goutte au nez. Enfin, elle allait pouvoir se remplir l'estomac. Il était vrai qu'elle ne se nourrissait pas tant que ça. En réalité, elle devait cruellement manquer de certaines vitamines ou certains aliments. Elle n'arrivait pas à se faire à manger sur des bases régulières, et son appétit allait et venait. Souvent, elle grignotait quand elle sentait que la faim lui détruisait l'estomac. Le reste du temps, elle oubliait tout simplement.

L'odeur du plat parvint jusqu'à ses narines et son ventre se remit à gargouiller. Pourtant, quand Laura s'approcha avec l'assiette, Solveig ne put s'empêcher d'avoir un léger mouvement de recul. De se comporter comme un chat encore en cours d'apprivoisement. C'est-à-dire qu'elle reconnaissait la femme mais qu'elle avait encore du mal à l'accepter dans son espace vital. Et c'était bien normal. Il faudrait plusieurs discussions pour qu'il y parvienne. Et même avec tout ça... Il y avait une grande chance pour que la suédoise fuit. Tout simplement. La jeune femme attrapa un bout de nourriture et le porta à ses lèvres. Elle se brûla un peu mais s'efforça à mâcher. Elle n'avait plus l'habitude des plats chauds. Malgré cela, ce n'était pas mauvais. Alors, elle continua de picorer dans l'assiette. Et avança, petit à petit, dans la disparition de la nourriture. En écoutant Laura parler. Jusqu'à ce qu'elle lui propose de parler. De leur vie. D'elles. Solveig la dévisagea, totalement effrayée, en oubliant même de terminer. Elle posa l'assiette et attrapa la tasse de thé encore chaude. Décidément, ce n'était pas ce qui la mettait la plus à l'aise...

Puis Laura se lança. Elle ne se souvenait de rien ? La peur avait laissé place à l'étonnement dans son regard. Elle avait entendu qu'il était possible de devenir amnésique. Néanmoins, là, il devait s'agir de quarante ans d'amnésie. C'était énorme. Et se reconstruire après tout cela ne devait pas être si facile... Solveig but une gorgée de thé et laissa le liquide lui réchauffer la gorge. Son interlocutrice avait raison. Voilà pourquoi l'appartement était si... Vide. Même si elle avait l'air de savoir qu'elle avait un fils et un mari quelque part. La suédoise pouvait presque sentir une pointe de jalousie se glisser dans sa poitrine. Qu'elle réprima sans problème. Puis Laura lui retourna la remarque, lui proposant à son tour de parler un peu d'elle. Sauf que la skinchanger avait besoin d'un peu de... Réflexion avant de savoir ce qu'elle allait dévoiler. Et ce qu'elle passerait sous silence. Même si certains sujets étaient plus faciles à choisir que d'autres...

« Pour moi, vous êtes quand même une lumière malgré tout. Vous... Vous arrivez à continuer à vous battre pour les autres malgré tous vos problèmes, qui sont parfois bien plus importants... Il faut être fort pour être capable de dédier son existence aux autres... »


Et c'était une chose qu'elle ne ferait jamais. En dehors de son frère. Parce qu'elle dédiait déjà sa vie à son frère. Puisque s'il mourrait, elle perdait la dernière personne de sa famille et elle finirait sa vie dans le corps d'un panda roux. Non pas qu'elle n'aimait pas cet animal, mais ce n'était pas la première chose à laquelle elle penserait si elle voulait vivre sa vie. Ses doigts se serrèrent autour de la tasse tandis qu'elle déglutissait difficilement. Sa salive avait décidé de se tuer elle aussi ?! Parce que c'était franchement désagréable...

« Ce que je trouve le plus triste... C'est que vous savez que quelque part, il y a votre mari et votre fils. Peut-être qu'ils attendent seulement votre retour. Peut-être, qu'au contraire, ils ont entièrement refait leur vie. Sans vous. Mais vous voulez quand même les revoir. Les retrouver. Cependant, dans le fond... Est-ce que vous ressentirez toujours la même chose pour eux ? Je veux dire, il y a toujours une chance que vous ne retrouviez jamais les mêmes sentiments qu'avant à leur égard... »

Bon, c'était une question un peu dure. Et Solveig aurait pu éviter de la poser. Néanmoins, elle n'aimait pas épargner les gens, sauf lorsqu'il s'agissait de son frère. Puis c'était Laura qui avait lancé l'idée de parler d'elles. Alors... Mieux valait montrer dès le début ce dont elle était capable. De quelle façon elle pouvait blesser avec des paroles. Parce qu'elle avait vécu. Parce qu'elle était une gamine brisée mais qui avait aussi un certain bagage. Bien qu'elle l'oubliait souvent. Elle but une nouvelle gorgée de thé avant de prendre une profonde inspiration et de se lancer sur... sa vie. Son existence. Ce qui était le plus logique et normal dirons-nous.

« Pour moi... Je m'appelle Solveig Eriksson. Je suis née dans un petit village suédois. Je n'ai jamais connu mon père et ma mère est morte peu de temps après m'avoir mise au monde. Aujourd'hui, il ne me reste que mon frère aîné. Avec qui je travaille d'ailleurs. »


Elle n'avait mentionné ni sa nature, ni son âge. Elle avait évité de parler de la drogue qui ravageait le sang et l'esprit de son frère, laissant par moment un être qu'elle avait du mal à reconnaître. Et pourtant, au lieu de s'éloigner de lui, cela ne faisait que la rapprocher. Parce qu'elle s'inquiétait. Parce qu'elle voulait le voir heureux à nouveau. Le voir sourire. Le voir goûter à la vie. Plutôt que de s'auto-détruire et de s'enfoncer encore plus. Même si elle le suivait dans son apocalypse. Sans se rendre compte que c'était elle qu'elle allait exploser à ce rythme-là.

« Je ne pense pas avoir beaucoup de choses à rajouter... »

Elle ne pouvait pas parler des blessures qu'elle s'infligeait pour aller voler des médicaments, de Grayson qui lui pompait son énergie vitale pour la faire se sentir vivante, de Niklas et leur relation tourmentée et régie par la présence et la volonté d'Isak. Tout cela resterait à jamais enfermé dans son cœur. A double tour.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 144
↳ Points : 374
↳ Date d'inscription : 21/05/2016
↳ Age : 24
↳ Avatar : Kate Winslet
↳ Age du Personnage : 44 ans
↳ Métier : Bénévole auprès des populations démunies
↳ Opinion Politique : Inexistante pour le moment
↳ Niveau de Compétences : Niveau général : 2 Niveau 3 en maîtrise de sa faim Niveau 4 en feels
↳ Playlist : Love Peace Peace - Eurovision 2016
Oltremare - Ludovico Einaudi
When We Were Young - Adèle
↳ Citation : "Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière."
↳ Multicomptes : Maisy A. Weaver
↳ Couleur RP : #eccef5



Feuille de perso
↳ Copyright: rusty nail
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Dim 2 Oct - 19:45


Laura fixait le visage de la jeune fille tandis qu’elle mangeait. Bien qu’elle ne puisse plus se nourrir, elle trouvait toujours la vision de ses jeunes protégés se nourrissant rassurantes. Elle sourit en voyant l’expression surprise de Solveig quand elle goûta les pâtes au fromage. La gamine ne semblait jamais avoir mangé ce plat pourtant typique des Etats-Unis, ce qui la conforta dans son idée qu’elle était d’origine étrangère. Elle avait un accent, léger mais perceptible, qui faisait rouler les mots sur sa langue quand elle parlait. Et ses traits avaient quelque chose de vaguement nordique. Elle picorait dans son assiette comme un oiseau effrayé. Elle la vit poser l’assiette avec précipitation et attraper sa tasse de thé, les mains tremblantes, quand Laura évoqua la possibilité qu’elle parle de sa vie. Qu’avait donc vécu cette pauvre enfant pour être aussi stressée à cette simple évocation ? Immédiatement, des images des trop nombreux cas de maltraitance qu’elle avait vue depuis son arrivé lui remontèrent en mémoire. Les coups, les blessures, le harcèlement moral, l’inceste et les viols. Elle pria pour que rien de tout ça ne soit arrivé à la jeune femme. Mordillant sa lèvre inférieure, elle regarda la gamine avaler son thé tout en plongeant quelques secondes dans les quelques souvenirs qu’elle avait réussi à récupérer de son mari et de ses enfants. Elle visualisa la chevelure blonde de Lizzie tandis qu’elle riait de la tresse visiblement ratée qu’elle exhibait fièrement à sa mère. Elle visualisa le sourire édenté de Colin qui brandissait devant lui une incisive fraichement perdu. Une fois de plus elle entendit la voix de Roman, lui murmurant à quel point elle était belle dans cette robe, le jour de leur mariage. Elle sentit presque son souffle dans son oreille et le parfum frais de son after-shave flottant autour d’elle. Elle revint à la réalité en secouant la tête, observant d’un œil vide son appartement sans âme. Elle voulait retourner chez elle, dans cet appartement qu’elle avait vaguement visualisé dans un de ses rêves. Elle voulait se sentir chez elle quelque part et arrêter d’avoir l’impression de vivre dans une chambre d’hôtel.

Solveig la tira de ses pensées moroses en se décidant à parler. « Oui… Peut-être… Peut-être que j’ai des choses que j’ai l’impression d’avoir à me faire pardonner… Peut-être aussi que je cherche à expier mes péchés… Je ne considère pas ce que je fais comme un cadeau pour les autres… Et même si j’adore mon travail, je l’ai davantage choisi, égoïstement, pour me sentir utile et utiliser à bon escient ce besoin de materner les gens que j’éprouve trop souvent… » Elle se redressa un peu dans le canapé quand la jeune femme reprit la parole. Ce qu’elle disait était à la fois extrêmement désagréable à entendre et plein de vérité. Elle prit quelques minutes pour digérer ce qu’elle venait d’entendre. C’était vrai… Qu’est-ce qui lui disait que malgré ce que Rachael lui avait dit, Roman et ses enfants n’avaient pas refait leur vie ? En quatre ans tout était possible. Roman pouvait facilement avoir trouvé une nouvelle compagne. La simple idée de cet époux, dont elle ne se souvenait quasiment pas, serrant dans ses bras une autre femme, lui découpa le cœur en deux. Si Roman avait refait sa vie… Comment allait-elle vivre ? Et même, s’il n’avait pas refait sa vie, comment réagirait-il ? Et si elle ne lui plaisait plus ? Son corps avait changé en dehors des murs, elle avait perdu du poids devenant musclé et osseuse là où elle avait été ronde et souple. Comment réagirait-il aux nombreuses cicatrices barrant son corps ?

Elle retient, à grand-peine les larmes qui lui montaient aux yeux, déglutissant avec difficulté à plusieurs reprises. Et si ses enfants, abandonnés par leur mère depuis quatre longues années ne voulaient plus rien avoir à faire avec elle ? Elle n’arrivait même pas à se souvenir de leur visage, n’arrivait pas à se souvenir de leurs âges, de leurs anniversaires ! Quel type mère était-elle pour avoir pu ne serait-ce qu’oublier l’existence de ses enfants ? Comment pouvait-on oublier le fait d’avoir vécu deux grossesses ? D’avoir donné la vie à deux êtres ? Elle se secoua, se sortant difficilement de la transe dans laquelle l’angoisse l’avait plongé. Elle ne voulait pas inquiéter Solveig. Elle se racla la gorge et détacha ses cheveux, passant la main dans ses boucles blondes plusieurs fois. « C’est une bonne question en effet… Il est… Très possible que Roman et mes enfants aient refait leurs vies, qu’ils n’aient plus besoin de moi, ou ne veuillent plus de moi. Il est aussi possible que même sans avoir forcément retrouver quelqu’un, les changements qui ont opéré en moi soit trop grand pour que je retrouve la vie que j’avais avant. Mais quand bien même, comment est-ce que je pourrais vivre si je ne me laisse pas la chance de savoir ? Roman pourrait s’être remarié oui… » Elle avala sa salive avec difficulté. « Mais… Il est aussi possible qu’il n’est jamais abandonné et continu encore à me chercher aujourd’hui… Et encore qu’est-ce qui me dit qu’il voudra toujours de moi comme épouse ? Que je n’ai pas changé au point où il n’aurait pas l’impression de retrouver sa femme, mais une étrangère ? C’est aussi une possibilité. Mais chacune de ses possibilités, bien que douloureuse, n’efface pas celle ou Roman n’a jamais abandonné et ou j’arrive à reprendre une vie normale auprès de mon mari et de mes enfants. » Elle réfléchit rapidement à la seconde partie de la phrase de Solveig. « Et… Je ne pense pas que les sentiments que j’ai envers mes enfants puissent disparaître… Ce sont mes enfants après tout, la chair de ma chair. Peu importe s’ils ont changé, ils resteront toujours mes enfants. » Cette certitude de l’amour qu’elle leur portait sans même se souvenir d’eux suffit à la ragaillardir quelque peu. Ses enfants, même s’ils ne voulaient plus d’elle, resterait ses enfants.

La jeune femme se mit finalement à parler d’elle, éloignant Laura de ses pensées. La Suède ? Elle avait donc eu raison en pensant que la gamine n’était pas du bon pays de l’oncle Sam. Elle posa sa main avec douceur sur le bras de Solveig quand elle lui apprit qu’elle avait perdu ses deux parents. « Je suis désolée pour tes deux parents… Aucun enfant ne devrait vivre ce genre de perte. » Elle essaya de visualiser le frère de Solveig, probablement un beau jeune homme si on se fiait à la beauté froide de sa sœur. « Tu ne vis qu’avec ton frère du coup ? Quel âge a-t-il ? Vous êtes arrivés il y a longtemps aux États-Unis ? » Elle s’inquiétait un peu du fait que le grand frère de la jeune fille ne la force a dealer pour lui, mais surtout, elle s’intéressait à la jeune femme. « Tu as des souvenirs de la Suède ? Si oui, j’aimerais que tu m’en parles… J’ai toujours rêvé de voyager en Europe ! » Elle se redressa pour aller remplir leurs deux tasses de thé. « Est-ce que tu veux finir ton assiette ? Si tu veux, il m’en reste encore, ne t’en fais pas. » Elle fit rapidement le plein de thé et revint dans le salon, Solveig toujours assise sur le canapé, elle se rassit a sa place et jeta un œil à son appartement. « Peut-être qu’un jour tu pourrais m’aider à décorer un peu l’appartement. »



_________________

Everybody loves the things you do From the way you talk to the way you move. Everybody here is watching you, cause you feel like home. You're like a dream come true. But if by chance you're here alone, Can I have a moment before I go? Cause I've been by myself all night long hoping you're someone I used to know ×
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 120
↳ Points : 303
↳ Date d'inscription : 31/08/2016
↳ Age : 20
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 250 en réalité & 27 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : MidnightBlue



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Lun 10 Oct - 0:45


Mommy, can I have some cookies ?
We all live in unforgiving precarious ways. If it bleeds it leads is all we seem to hear today ••• Se sentir utile. C’était une émotion typiquement humaine, d’autant plus aujourd’hui. Depuis son retour à sa forme première, Solveig avait eu le temps d’observer les différences sociétales. Après, il fallait l’avouer, ce n’était pas ce qui l’attirait le plus. Néanmoins, passer d’un village au fin fond de la Suède à une grande agglomération telle que New-York ou encore la Nouvelle-Orléans fait comprendre pas mal de choses. Notamment qu’ici, tout le monde cherche à se trouver des excuses, à vouloir montrer qu’ils sont sympathiques à aider les autres. Que Laura le dise montrer au contraire qu’elle avait réellement un cœur. Peut-être que, dans un premier lieu, il y avait eu cette pensée égoïste, mais la jeune femme était persuadée que ce n’était plus le cas à présent. Maintenant qu’elle en parlait, elle avait dû passer ce cap. Personne n’était lucide sur sa propre immoralité ou ses propres défauts. A part ceux n’ayant aucune confiance en eux. Dans ce cas-là, il ne fallait pas les écouter. Cependant, et contrairement à son interlocutrice, Solveig était égoïste. Ou plutôt, elle n’en avait rien à faire des autres, voilà pourquoi elle s’était permise des remarques désobligeantes, quoi que très réalistes, à l’encontre du passé de Laura. Parce que, dans son esprit, personne n’irait attendre quelqu’un qui avait disparu aussi longtemps. Peut-être que sa famille penserait qu’elle avait refait sa vie et était passée à autre chose.

Elle sentait son accompagnatrice perturber par ses dires, et s’en serait presque voulue, si elle savait ce que c’était. Solveig parlait souvent sans réfléchir, elle qui avait vécu deux cents ans sous forme animale. Et puis, il ne fallait pas trop lui en demander. Elle se retenait souvent par rapport à son frère, ne souhaitant pas le voir piquer des colères froides. Il était un peu sa raison de vivre, le dernier survivant de sa famille. Et elle le voulait à ses côtés. Même si pour cela, elle devait se couper de toute autre relation sociale. Même si elle devait abandonner Niklas. Comme elle l’avait fait. Couper court à des sentiments qui devenaient de plus en plus forts. Cela avait été une bonne idée certainement. Elle était trop fragile pour cette histoire. Bien trop fragile. Ses doigts s’étaient serrés un peu plus autour de la tasse suite à cette pensée. Comme pour obtenir un peu de chaleur et de réconfort. Juste un petit peu. Pour se sortir de cette vie destructrice. Même si elle ne s’en rendait pas compte. Même si elle ignorait à quel point elle s’enfonçait petit à petit dans les sables mouvants… Et qu’elle allait finir par en être étouffée.

Laura était presque sur le point de pleurer lorsqu’elle reprit la parole, laissant une Solveig désemparée et silencieuse fixer le mur froid face à elle. L’espoir… Voilà une bien belle chose qui la laissait de marbre. Enfin. Son espoir, c’était qu’Isak s’en sorte. Qu’ils puissent retrouver une vie normale, une relation frère-sœur saine. Et, tout au fond d’elle-même, elle savait qu’elle ne parviendrait pas à le faire changer de chemin. Darkness Falls, bien qu’il ne lui en parle que très peu, l’avait détruit. Cette escapade l’avait brisé, bien au-delà de tout ce qu’il avait pu montrer. La jeune femme s’en était rendue compte mais elle n’en savait pas plus. Pouvait-elle seulement l’aider, elle qui n’avait pas vécu l’horreur ? Elle qui avait seulement passé deux cents à manger du bambou, sous la forme de son panda ? Un animal mignon, brandi comme une égérie par les associations de défense des animaux. Avant la Catastrophe. Avant que tout ne se résume à la Nouvelle Orléans. Alors, quand Laura lui dit qu’elle caressait l’espoir de retrouver son mari, Solveig resta silencieuse.

Oui, il avait une possibilité que tout redevienne comme avant. Que sa famille soit aussi soudée. Néanmoins, c’était d’un optimisme fou dans son esprit. Bien trop. Et elle ne pouvait concevoir cela. Même si elle voudrait pour Laura que ce soit vrai, il y avait plus de chances pour qu’elle soit déçue que le contraire. Puis la tirade sur les enfants. Que pouvait-elle dire ? Elle n’en avait pas. Elle n’en aurait jamais. Elle ne pouvait pas savoir ce que c’était que de les perdre de vue, de les oublier, de les avoir dans la chair. La jeune femme se frotta doucement la joue en buvant une nouvelle gorgée de thé. Pourquoi pensait-elle à ça maintenant ? L'instinct maternel, c'était quand même une bien belle connerie. Oui, ils resteront ses enfants. Mais en étant amnésique, est-ce que les sentiments restaient malgré tout ? C'était une question qu'elle ne s'était jamais posée puisqu'étrangement, elle ne l'avait jamais vécu. Certes, il y avait deux cents ans de vie animale, et donc des souvenirs flous. Cependant, la jeune femme ne pouvait pas lier ça à de l'amnésie. Donc oui, elle jugeait sans savoir. Encore une fois.

Le contact de la main de Laura sur son bras suite à ses réponses la perturba réellement. Il y avait une douceur qu'elle avait oublié avec le temps. En fait, elle aurait pu la comparer à celle d'une mère. Sauf que la sienne, elle ne l'avait jamais connue. Il n'y avait ni odeur, ni sensation, aucun stimuli pour faire remonter un quelconque souvenir à la surface. Puisque Solveig était sa meurtrière. Sa naissance avait causé sa mort. Comme pour rééquilibrer la population sur terre. Une vie pour une autre. Ses mains autour de la tasse se mirent à trembloter. C'était effrayant de reprendre conscience de tout ça. De se dire que ses frères avaient pu la haïr à cause de ça. Qu'elle était aussi le portrait craché de cette femme selon son grand-père. Cette femme qui, tout comme son père, était une inconnue au bataillon de sa mémoire... Elle avait fini par terminer son thé. Et pourtant, elle garda la tasse dans les mains. Pour se contrôler. Pour avoir quelque chose de solide auquel se raccrochait. Parce que les questions que Laura lui posait devenaient plus personnelles. Et que Solveig ne voulait franchement pas y répondre. C'était gênant pour elle, car le passé dont on parlait était révolu depuis longtemps. Même si elle faisait semblant que non.

Son interlocutrice finit par se lever, lui annonça qu'il y avait encore de quoi manger. Sauf que l'estomac de Solveig menaçait à présenter de rendre ce qu'elle avait avalé. Elle avait cette boule au travers de la gorge, qui l'empêchait de parler ou d'avaler quoi que ce soit. La tasse providentielle quitta ses doigts et Laura retourna dans la cuisine quelques instants. La suédoise, quant à elle, resta prostrée là, incapable de proposer son aide. Et puis, elle ne voulait pas casser les objets. Déjà qu'elle avait dû mettre la blonde mal à l'aise. Et qu'elle allait continuer, aussi peu douée qu'elle l'était avec la compassion. La proposition de Laura la laissa sur le cul. Elles venaient de se rencontrer, et Solveig risquait de disparaître dès que le jour serait levé. Une fois de plus, elle ne chercherait pas à la revoir. C'était trop dangereux vis-à-vis de son frère, qui lui cherchait à la protéger de tout. Et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Le monde d'aujourd'hui était ultraviolent, et la petite chose fragile qu'elle était aurait du mal à y vivre. De plus, avec le commerce qu'il avait créé, elle avait un toit, une certaine aisance, même si tout était relatif. Elle ne vivait plus dans la peur. Elle ne vivait plus aux dépens de vols commis à droite ou à gauche. En tout cas, les larmes n'avaient pas encore coulé. C'était bon signe. Ou pas.

« Je... Vous êtes tellement optimiste. J'aimerais bien être comme vous parfois. Mais je n'y arrive pas.  Je parviens juste à me dire que vous risquez d'être tellement déçue, que vous ne méritez pas ça. Car, même si au début vous vouliez aider les gens pour vous sentir mieux, je pense vraiment que maintenant vous le faites pour eux aussi. Que l'égoïsme a disparu. Et pour tout ce que vous avez fait pour moi, j'espère réellement que vous retrouverez votre famille... »

Elle aussi, elle aimerait bien la retrouver. Retrouver une famille complète. Retrouver les rires. Redevenir une enfant et pouvoir vivre une enfance normale. Pas une enfance au milieu de la pauvreté et des privations. Même s'il y avait eu ses frères et son grand-père. Et heureusement. Sans eux, elle ne serait que l'ombre d'elle-même. Sans eux, elle aurait fini vendu à elle ne savait pas trop qui. Une esclave sexuelle. Ou bien pire. Elle n'osait plus y penser. En fait, il était déjà trop tard. Les larmes s'étaient frayées un chemin et salissaient sa joue d'une traînée noirâtre. Ah, la joie du maquillage... Solveig essaya le plus discrètement possible le liquide transparent. En vain. Les traces devinrent encore plus importantes. Comme pour lui rappeler que, quoi qu'elle ferait, il y aurait toujours cette douleur susceptible de la prendre à n'importe quel moment.

« Ce... Ce n'est pas si grave. Je ne les ai vraiment pas connus et c'était il y a pas mal de temps... Je ne me souviens absolument pas de leur visage, de leur odeur ou même du son de leur voix. Il n'y a rien. Absolument rien d'autre que du vide lorsque j'essaie de penser à eux... »


Elle n'osait pas poser les yeux autre part que sur le sol. Parce que Laura voulait retrouver sa famille coûte que coûte. Et que elle, si ses parents se pointaient devant elle... Elle s'en foutrait. Elle ne ressentirait rien. A part peut-être un peu de haine. Notamment envers ce père qui les avait laissés, ses frères et elle, seuls. Alors que l'aîné n'avait que deux ans. Oui, Solveig voudrait juste qu'ils disparaissent à nouveau. Ils les avaient laissés en plan. Pourquoi venir réclamer leur amour après tout ça ? Pourtant, c'était un peu ce que faisait Laura. Même si elle, ça n'avait pas l'air d'avoir été voulu. Du moins, elle n'espérait pas...

« Je vis avec mon frère dans le quartier oui... Il a vingt-neuf ans je crois... Je n'ai jamais eu beaucoup de mémoire pour les anniversaires. Et j'ai dû arriver en Amérique il y a... Presque quatre ans. C'était assez... Perturbant comme décalage. J'ai toujours un peu de mal avec les lieux, même après autant de temps... »


Elle avait commencé par New-York. Sans son frère. Et sa situation n'était guère meilleure. Elle avait été serveuse dans des bars miteux. Finalement, Niklas avait été la première personne à l'aider. A voir en elle autre chose qu'une gamine qu'on insulte, qu'on frappe. Avec laquelle on joue. Qu'on baise juste pour le fun. Même si leur relation s'était beaucoup basée sur un jeu. De la drague. Longuement. Jusqu'à ce qu'elle accepte les sentiments qui se développaient en elle. Et Isak était réapparu. Elle avait de nouveau tout abandonné pour rester à ses côtés. Pour le voir vivre. Pour le soutenir. Pour espérer que leurs deux autres frères reviennent. Et qu'aucun ne soit mort ou transformé en une immonde créature...

« C'est... Flou dans ma tête. Et je n'aime pas vraiment en parler. C'était il y a longtemps, avant la catastrophe. Tout a été détruit de toute façon... »

Une nouvelle larme coula le long de sa joue. Elle ne les arrêtait plus. Elle ne cherchait même plus à passer sa main par-dessus. La peau était humide, les yeux étaient gonflés. Un peu plus, et elle pourrait être un clown, avec son nez rouge, ses yeux défoncés et sa peau blanche. Un putain de clown triste. Qui ferait la joie des enfants, tout en étant vide de l'intérieur. Comme beaucoup de personnes dans ce métier. La jeune femme baissa un peu plus le regard, tout en s'enfonçant les ongles dans la peau des mains. Et des poignets.

« Je... Je suis vraiment désolée... Je n'arrive... Pas à en parler. Je ne veux pas m'imaginer ce qui a bien pu se passer là-bas... »

Sa voix avait fini par se transformer en un murmure. Léger. Empli de frayeur. Même si elle ne connaissait plus personne dans ce pays. Deux cents ans, c'était suffisant pour qu'ils soient morts. Et pourtant, Solveig ne réalisait pas tout. En quatre ans, elle avait eu du mal. Et maintenant qu'Isak était revenu... Ses repères étaient brouillés. Complètement. Il y avait des jours où elle était incapable de savoir où elle était. En quelle année elle était. Ce qu'elle faisait de sa vie. Il y avait des jours où tout ce qu'il y avait en elle, c'était du vide.

« Peut-être qu'il serait mieux que vous demandiez à votre famille ou vos amis... Cela pourrait vous permettre de resserrer les liens avec eux. De les recréer. Vous savez, moi, je risque de disparaître aussi rapidement que je suis apparue. Comme le feu d'une bougie qu'on prive d'air... »


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 144
↳ Points : 374
↳ Date d'inscription : 21/05/2016
↳ Age : 24
↳ Avatar : Kate Winslet
↳ Age du Personnage : 44 ans
↳ Métier : Bénévole auprès des populations démunies
↳ Opinion Politique : Inexistante pour le moment
↳ Niveau de Compétences : Niveau général : 2 Niveau 3 en maîtrise de sa faim Niveau 4 en feels
↳ Playlist : Love Peace Peace - Eurovision 2016
Oltremare - Ludovico Einaudi
When We Were Young - Adèle
↳ Citation : "Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière."
↳ Multicomptes : Maisy A. Weaver
↳ Couleur RP : #eccef5



Feuille de perso
↳ Copyright: rusty nail
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Mar 1 Nov - 14:50


Elle revient de la cuisine et dépose la tasse sur la table basse, près des mains glacées de la jeune fille et de l’assiette à moitié vide. Elle recule, préférant laisser à la gamine un peu d’espace et elle s’adosse au montant de la porte, ses longs doigts enrouler autour de sa tasse brûlante. Elle plonge ses yeux clairs dans le liquide ambré qui tourbillonne encore un peu dans le récipient. A force d’en boire, elle s’est presque persuadée que le thé avait bon goût. Elle devait vraiment aimer ça avant sa perte de mémoire. C’est toujours la première boisson vers laquelle elle se dirige quand elle se sent mal-à-l’aise ou tendue. Elle caresse du bout du doigt le bord de la tasse avant de la porter à ses lèvres et d’en avaler une petite gorgée. La chaleur du liquide semble la réchauffée de l’intérieur et elle pousse un petit soupir de contentement. Elle relève les yeux et les pose à nouveau sur Solveig, la jeune femme est presque recroquevillée sur elle-même, la tête basse et les bras autour de ses genoux dans une position de protection. « Optimiste ? » Elle prend le temps de réfléchir quelques secondes. « Oui… On peut probablement dire ça… » Elle pense à Lazlo, à son optimisme à toute épreuve, à la force que demande un tel état d’esprit dans un monde comme le leur. Elle serait heureuse d’être associée à l’optimisme débordant de son ami. Elle sourit tendrement à la jeune femme. « Oh… C’est adorable… Je… J’espère que tes espoirs auront lieu et que je pourrais effectivement retrouver les miens un jour… Mais, vraiment, ce n’est rien, je n’ai fait que t’offrir quelques soins et une assiette de pâte au fromage, il n’y a pas de quoi te sentir redevable. » Elle laisse échapper un petit rire délicat avant de boire une nouvelle gorgée de thé. Elle ne se rend pas immédiatement compte de ce qu’il se passe, toujours un peu perdue dans ses pensées à propos de Lazlo. Ce n’est que quand la voix de Solveig s’élève, brisée et tremblante, qu’elle repose son regard sur elle et commence à mordre sa lèvre inférieure. Elle pose sa main sur le mur près d’elle, se retenant inconsciemment d’aller serrer la jeune femme dans ses bras. Elle l’écoute attentivement, le corps tendu.

L’absence de ses souvenirs ne l’empêchait pas d’imaginer ce que ses propres enfants avaient dû vivre lorsqu’elle avait disparu et elle ne pourrait jamais se débarrasser de la culpabilité qui étreignait son cœur quand elle osait y penser. Bien que Solveig ne semble pas souffrir de la disparition de ses parents, les larmes affluaient sur son visage et la lumière faisait briller doucement les joues de la jeune femme. « Même si tu ne les as pas connus… Et que tu ne ressens rien quand tu penses à eux… Perdre ses parents, ou dans ton cas, ne pas en avoir vraiment, c’est toujours… Quelque chose de complexe à vivre. » Elle parla de son frère et Laura prit une fois de plus le temps de bien écouter, elle semblait très attachée au jeune homme et savoir qu’elle n’était pas seule réchauffait le cœur de Laura. Même si la possibilité qu’il soit celui qui pousse la jeune femme à vendre de la drogue constituait une ombre dans ce tableau que Laura était incapable d’effacer. La voix de la jeune femme se brisa quand elle tenta de parler de la Suède et les larmes coulèrent de plus belles sur les joues de Solveig. Laura abandonna son poste près de la porte et se rapprocha à petit pas de la jeune femme. Elle avait tellement envie de la serrer dans ses bras, de lui dire que tout irait bien. Elle sentit ses propres yeux s’humidifier et posa sa tasse sur la table avant d’essuyer ses paupières. Elle s’assit doucement sur le canapé sans dire un mot. Gardant les yeux fixés sur le visage de Solveig. La jeune femme fixait obstinément le sol et Laura ne pouvait voir qu’une partie de son profil, sa joue humide, son nez rougit par les larmes et ses cils, brillants et collés entre eux par les larmes. Elle soupira et sans y réfléchir, repoussa les cheveux de Solveig par-dessus son épaule. « Tu n’es pas obligé d’en parler. Je suis désolée, je n’aurais pas dû te demander ce genre de chose. » Elle laissa sa main reposer sur le dos de Solveig, le caressant doucement dans un mouvement circulaire et apaisant.

La voix de Solveig disparu dans un murmure et Laura en eu soudain assez de se retenir. Elle traversa les quelques centimètres qui la séparaient de la jeune femme et passa son bras autour de ses épaules. Elle lui fit relever la tête d’un léger doigt sous son menton et essuya les larmes sur ses joues à l’aide d’un mouchoir qu’elle récupéra rapidement. « Shh … Tout va bien, d’accord ? Tu n’auras plus à en parler, je suis désolée. » Elle attira la jeune femme dans une étreinte qu’elle espérait réconfortante, avant de poser sa tête sur le dessus du crâne de la jeune femme. « Hmm.. Peut-être oui… Mais, pour leur demander, il faudrait d’abord que je me souvienne de leur nom… De ce à quoi ils ressemblent… De comment les joindre… » Elle soupira, son souffle soulevant quelques mèches sur le dessus du crâne de la jeune femme. « Et puis… Je ne peux pas les voir pour le moment, ce ne serait pas sûr. » Elle trembla légèrement quand elle pensa au mal qu’elle pourrait infliger à ses propres enfants ou à son époux et sans pouvoir rien n’y faire un souvenir s’imposa à elle.

Elle recula légèrement, les bras toujours autour de Solveig et laissa les images l’envahir. Elle se trouvait sur un canapé, dans un appartement qu’elle n’arrivait pas à voir réellement, mais qui lui donnait ce sentiment d’être à la maison, qu’elle n’avait plus ressentit depuis si longtemps. Elle tenait entre ses bras une jeune fille blonde dont les épaules étaient secouées de sanglot et elle tentait de la rassurer du mieux qu’elle pouvait. Le souvenir s’estompa, la laissant légèrement étourdie et les larmes aux yeux. Elle resserra son étreinte autour de Solveig pour ne pas lui montrer qu’elle était perturbée et se contenta de la serrer dans ses bras silencieusement pendant quelques secondes. Elle était sûre que la jeune femme qu’elle avait tenue dans ses bras était sa fille. Il n’y avait pas d’autre solution. L’amour qu’elle ressentait pour cette jeune fille dépassait de loin ce qu’elle avait pu ressentir pour chacun des jeunes qu’elle avait sauvé avec l’association. Elle déglutit difficilement et recula doucement pour regarder Solveig dans les yeux. « C’est pour ça que je te l’ai demandé, parce que tu es la seule personne à avoir mis les pieds dans cet appartement et que tu as effectivement mis le doigt sur quelque chose. Cet appartement est aussi vide que ma vie… »

Elle soupira et passa la main dans ses cheveux pour les repousser de devant son visage. Elle jeta un œil distrait à son réveil et remarqua l’horaire tardif. Il était presque quatre heures du matin. Son réveil sonnait dans quatre heures. Elle grimaça, allé au travail allait être difficile demain matin, mais elle avait l’habitude de peu dormir de toute façon. Elle regarda Solveig, ses yeux dérivant sur les larges cernes qui assombrissaient son regard. Elle fronça les sourcils et laissa ses doigts glissés sur les joues de la jeune femme. Un bâillement échappa à la jeune femme et Laura ne put retenir le sourire qui étira ses lèvres. « Tu as sommeil. » Ce n’était pas une question, il était clair que la jeune femme tombait de fatigue. Laura la fit se lever sans plus d’explication et posa la table basse d’un pied léger avant de déplier le clic-clac et d’en sortir un oreiller et une couverture. « Tu vas dormir ici... ? » Elle transforma son ordre en question au dernier moment. « Il est tard et je sais qu’a cet horaire les gens sortent des bars et des bordels… Je… Je préférerais te savoir en sécurité dans mon appartement plutôt que toute seule dehors... » Elle poussa un soupir et s’assit doucement sur le canapé désormais déplié. « Je sais que tu me connais à peine et je vois bien que tu es une jeune femme forte tout à fait capable de se défendre seule… » Elle sourit doucement à Solveig. « Mais accepterais-tu de rassurer une vieille femme à l’instinct maternel un peu trop prononcé en dormant ici ? Je ne te réveillerais pas en partant, tu n’auras qu’à claquer la porte en te réveillant et je te laisserai à manger sur la table dans la cuisine. » Elle mordilla sa lèvre espérant vraiment que la jeune femme accepte. Elle n’arriverait probablement pas à dormir en sachant qu’elle était partie seule en pleine nuit. « S’il te plaît ? » Elle savait qu’elle ne reverrait probablement jamais la jeune femme, même si l’idée lui déplaisait, mais la savoir en sécurité au moins pour cette nuit lui suffisait.

_________________

Everybody loves the things you do From the way you talk to the way you move. Everybody here is watching you, cause you feel like home. You're like a dream come true. But if by chance you're here alone, Can I have a moment before I go? Cause I've been by myself all night long hoping you're someone I used to know ×
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Féminin
↳ Nombre de messages : 120
↳ Points : 303
↳ Date d'inscription : 31/08/2016
↳ Age : 20
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 250 en réalité & 27 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : MidnightBlue



Feuille de perso
↳ Copyright: Darkshines
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Mommy, can I have some cookies ? |Laura|   Mer 9 Nov - 1:33


Mommy, can I have some cookies ?
We all live in unforgiving precarious ways. If it bleeds it leads is all we seem to hear today ••• Elle voulait pleurer. Juste pleurer toutes les larmes de son corps. Elle ne savait plus où elle en était. Reparler de son passé, de son frère, c’était comme si son cœur ne supportait plus. Solveig trouvait Laura si… Puissante. Être capable d’être si optimiste, malgré les événements horribles qu’elle avait vécus, malgré ses souvenirs disparus… Ses yeux embués détaillaient la silhouette féminine. Oui, la jeune femme aurait aimé être comme elle. Être capable de tout supporter, même le pire. Et puis, Laura lui expliqua qu’elle n’avait pas à lui être redevable. Que ce n’était pas grand-chose. Mais ce pas grand-chose était plus qu’elle n’avait jamais eu. La douceur d’une mère. Se dire qu’en rentrant le soir elle trouverait quelqu’un à qui sourire, avec qui discuter. Juste avec qui vivre. Ou alors la suédoise n’était pas faite pour ça. Elle n’était pas faite pour être heureuse ou juste avoir une famille. Une nouvelle larme coula le long de sa joue tandis qu’elle réalisait. Il n’y aurait rien d’autre pour elle. Rien d’autre que du vide. Et elle se plaignait, encore et toujours. Parce qu’elle ne savait faire que ça. Juste se plaindre, tout en restant dans sa routine.

Oui, c’était toujours complexe de perdre ses parents. Surtout quand l’un d’entre eux les avait abandonnés et quand l’autre avait été tué. Parce que Solveig avait tué sa mère. C’était sa naissance qui avait causé sa mort. Qui avait conduit ses frères à vivre misérablement, à voler à droite et à gauche, à se battre juste pour survivre. Y repenser réduisait un peu plus son cœur en miettes. C’était aussi de sa faute si un de ses frères avait péri. Si elle n’avait pas poussé Isak à les transformer, s’il n’avait pas été grisé par sa réussite, tout cela ne serait pas arrivé, il ne se serait pas suicider, elle n’aurait pas passé deux siècles de sa vie sous forme de panda. Solveig fixait avec obstination le sol. Elle ne parvenait pas à reprendre contact avec Laura. Elle avait trop honte de ce que son existence avait poussé les êtres l’entourant à faire. Elle avait trop honte d’être celle par qui de nombreuses vies avaient été sacrifiées. Pourtant, en temps normal, elle parvenait à gérer tout ça. Elle y arrivait si bien. Pourquoi aujourd’hui était-il si différent ? Pourquoi la femme qui s’installa à ses côtés avait-elle une si grande influence sur son cœur ?

Une boule se glissa dans sa gorge, l’empêchant de parler, de respirer correctement. Laura s’excusa. Ce n’était pas de sa faute, elle n’y était pour rien. C’était ce stupide cœur qui ressentait encore quelque chose. C’était ce stupide cœur qui lui hurlait d’en finir. C’était ce stupide cœur qui battait si douloureusement dans sa poitrine alors qu’elle aurait voulu le faire disparaître. La jeune femme aurait tellement aimé pouvoir dire à Laura que ce n’était pas grave, que ça passerait. Mais chaque tentative de le dire se résultait par encore plus de larmes. Comme si elle ne savait pas faire autre chose. Stupides sentiments. Pourquoi étaient-ils là seulement pour la blesser ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas être sains ? Comme ces gens qu’elle croisait parfois, avec leurs doigts entrelacés et leur doux sourire gravé sur leur visage. Solveig aimerait être capable d’être à leur place. Cependant, elle avait choisi la douleur, le désespoir. Et pour rien au monde elle ne changerait. Car elle préférait cent fois plus être en prise avec la souffrance mais au côté de son frère qu’être loin de lui mais heureuse. Une définition bien particulière du sacrifice.

Le contact de Laura la calma un peu. La fit reprendre contact avec la réalité plutôt que de la laisser se faire submerger par ce trop-plein d’émotions. Tout allait bien. C’était une question de relativité finalement. Oui, tout cela était du passé, elle n’avait pas à ressasser les événements. Quant à ses excuses… Encore une fois, la jeune femme voulut lui dire que ce n’était pas la peine, que ce n’était pas de sa faute. Et seul un murmure désarticulé quitta ses lèvres. Impossible d’offrir le moindre mot à la femme à ses côtés. Pathétique. C’était tellement pathétique.

Chaque geste de Laura déchirait son cœur tout en apportant un réconfort bienvenu. Jamais elle n’avait eu de mère, et la femme comblait ce manque en quelques secondes. Alors, Solveig la laissa faire. Elle ferma les paupières quelques secondes, profitant de l’étreinte offerte par Laura. Se souvenir… Oui, ses problèmes n’étaient que petits par rapport à ceux des autres. Elle avait la joie d’avoir une mémoire et un cerveau en bon état. Même si, d’un autre côté, c’en était presque glauque. De se rappeler de tous les moments qu’elle préfèrerait oublier. L’étreinte se desserra, elle aperçut le regard vide de Laura mais, avant qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit, les bras se replacèrent autour d’elle. La suédoise ferma les paupières de nouveau, profitant de la chaleur maternelle qui lui manquait tant, la glissant quelque part au fin fond de son cœur pour la rappeler à elle quand elle souffrirait. Les mots de la femme s’ancrèrent dans son esprit et elle hocha doucement la tête. Si Isak l’apprenait, Laura risquait sa vie, Solveig devrait donc être très discrète pour continuer à passer du temps avec la femme.

Maintenant qu’elle se sentait en état de répondre, la suédoise ouvrit la bouche. Mais seul un bâillement en sortit. Super. Après, il était tard, même pour elle, et avec les événements qui avaient perturbé sa soirée…  Laura avait raison, elle tombait de sommeil là… La proposition de la femme la laissa sur le cul. Et elle la laissa s’affairer à déplier le canapé. Isak s’inquié… Ah non, il devait certainement comater dans un coin du Little Darlings, si elle ne rentrait que demain, personne ne le remarquerait… Et Laura avait raison, c’était la mauvaise heure pour se promener dans les rues lorsque l’on était une femme… Solveig glissa une main contre sa nuque avant de s’attarder à répondre.

« Vous… Vous n’avez pas à vous excuser vous savez. Je ne pensais pas que ça me ferait autant d’effet de me souvenir… Normalement j’arrive à gérer les émotions, je ne sais pas pourquoi aujourd’hui a été un jour si différent… »

Quelques mots, tandis qu’elle peinait à rester éveillée. Pourtant, il y avait encore autre chose à dire… Rien de bien compliqué, cependant, Solveig tenait à prononcer tout ça. Pour Laura qui avait beaucoup fait pour elle cette nuit, allant même jusqu’à lui offrir un lit, plus confortable que celui qu’elle avait en temps normal.

« Pour la décoration… D’accord, je reviendrai vous aider. Merci pour votre accueil et votre douceur. C’est un peu comme si… Comme si j’avais retrouvé une mère pendant quelques heures… »


Une larme solitaire coula à ces mots contre sa peau. Ce fut la seule cette fois-ci. Hésitante, Solveig se rapprocha de Laura et lui fit un câlin. Une étreinte qui dura peu mais qui était déjà un énorme pas pour elle.

« Et vous avez raison, il faut mieux que j’attende le matin pour repartir… Et ne vous inquiétez pas pour le bruit, vous êtes chez vous malgré tout. Et merci pour la nourriture. Merci pour tout. »

Un dernier sourire alors que ses paupières battaient. Elle eut à peine le temps de se rouler en boule que Morphée vint la cueillir dans ses bras. Pour quelques petites heures qui lui feront le plus grand bien…


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Mommy, can I have some cookies ? |Laura|

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Fly - Vive les cookies et brownies ^^ ?
» Bonjour le monde ! Moi c'est Laura...
» Personnaliser " Supprimer les cookies du forum "
» lien supprimer les cookies et voir les derniers messages
» Lien cookies du forum

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Northern New Orleans-