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  Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia

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MessageSujet: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Ven 16 Sep - 12:51


« Save what you can, try to live with the rest »


  
  
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Au moins Duncan avait été assez déboussolé par le coup pour ne plus s’occuper des peacekeepers et du prêtre. Je pensais vraiment qu’il allait insister et j’avais peur pour lui que les choses ne dégénèrent pour nous. Oui, je n’étais pas si altruiste que ça, je pensais aussi à ma propre sécurité en occultant la possibilité que je sois la source de cette situation. Je captais son attention malgré moi en laissant échapper mon juron et tant mieux, car cela le focalisa sur notre blessé plutôt que sur les peackeepers. Je relevais les yeux vers lui au moment où il s’installa à côté de moi. Je ne savais pas vraiment quoi lui répondre, alors je ne le fis pas et cela ne le préoccupa pas franchement. On pouvait encore le sauver, je pouvais le dire, mais il y avait peu de chances, son état devenait vraiment critique. Je laissais Duncan s’occuper du massage cardiaque lorsqu’il fut nécessaire, au moins cela accaparait son attention. Pari gagné…

Je détournais mon attention du patient pour suivre les évènements autour de nous. Quelques-unes des personnes présentes étaient parties maintenant que les peacekeepers avaient leur « coupable ». Vraiment, quelle bande de benêts, à l’image du gouvernement qu’ils représentaient. Mon regard se durcit alors que je suivais le groupe dans leur évolution jusqu’à la porte principale. Voir le prêtre trainé sans considération me fit grincer des dents. Il me fallut mobiliser toute la maîtrise de moi-même pour ne rien dire ou faire de plus, abandonnant le pauvre homme à son sort. Une fois l’attroupement hors de ma vue, je pris le relai de Duncan pour le soulager jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. Une fois l’équipe sur place, je ne leur laissais pas le choix et m’imposais comme médecin en charge. Hors de question que je lâche l’affaire maintenant, j’avais besoin de me tenir l’esprit occupé. J’eus à peine la présence d’esprit de dire à Duncan de venir, se faire examiner à l’hôpital pour le coup qu’il avait reçu, que nous étions déjà en route. Il ne nous fallut que peu de temps pour arriver et ce n’est qu’une fois aux urgences que je laissais mes collègues urgentistes prendre la relève, bien plus habitués à ces cas critiques que moi.

Je me retrouvais alors dans un couloir, à la porte de la salle dans laquelle un homme se battait pour survivre. Mais survivre pour quoi ? Vivre dans ce monde merdique, à quoi bon ? Surtout que s’il était croyant, il pensait accéder à un endroit bien meilleur que celui-ci. Si je n’étais pas aussi pragmatique, j’aurais adoré croire ces contes de fées. La seule réalité à mes yeux correspondait à un néant abyssal. Mourir, c’est cesser d’exister et personne pour se souvenir de nous, juste des numéros de passage dans un écosystème impitoyable. Je mis une bonne minute avant de me reprendre en main. Je mis en pratique immédiatement et par automatisme les procédures de désinfection, me libérant du sang qui maculait mes mains et mes avant-bras. Mon haut était également éclaboussé, alors je le mis à la poubelle d’un geste rageur avant d’attraper un bleu de travail propre, tant pis pour le style vestimentaire. Une fois présentable, je revins à l’accueil des urgences pour me renseigner sur l’arrivée de Duncan. Ma colère remonta lorsque j’appris qu’on le faisait attendre, c’était un patient, couvert de sang qui plus était et on le laissait pourrir dans la salle d’attente ?

Je pris le chemin de la salle d’un pas furibond tout en rattachant mes cheveux en pagaille. Le monde m’irritait sans cesse, les gens qui le constituaient également. À peine arrivée dans la salle, je vis d’un coup d’œil qu’il n’était pas présent et je ne fus pas surprise. À vrai dire, je savais exactement où le trouver. Duncan connaissait l’hôpital presque aussi bien que le personnel soignant et connaissant sa détermination, j’allais le trouver dans le couloir, devant la porte de la salle où était traité le blessé. J’arrivais au pas de course sur place pour le découvrir tel que je l’avais imaginé, un soupir de soulagement m’échappa avant que je ne m’approche et regarde moi aussi à l’intérieur de la pièce. Le blessé n’était toujours pas stable mais pas encore mort et l’équipe ne comptait pas ses efforts pour le sauver, quitte à pratiquer une opération hors du bloc.

Duncan, venez, nous sommes inutiles ici et je pense qu’il est nécessaire de vous faire passer un scanner.

Je l’appâtais clairement avec un examen médical qui prendrait du temps, mais qu’il affectionnait pour son caractère très complet. C’était un peu sa météo du cerveau personnelle et je pense que nous avions tout deux besoin de temporiser en nous réfugiant dans une activité banale où nous nous sentions à l’aise.

  



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Dernière édition par Lucrezia Mantegna le Mer 28 Sep - 11:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Mar 27 Sep - 22:57

« Duncan, venez, nous sommes inutiles ici et je pense qu’il est nécessaire de vous faire passer un scanner. »
Je levai la tête à l’appel de mon nom. C’était le Doc Mantegna. Ma seule alliée dans ce merdier. J’ignore depuis combien de temps j’attendais là, assis devant la salle dans laquelle des médecins essayaient de sauver la vie d’un innocent. Toute cette histoire avait été un tel merdier. La cathédrale, l’arrivée des Peacekeepers, ce pauvre homme sur lequel on avait tiré, le prêtre. Ils l’avaient sorti du bâtiment sans ménagement et l’avaient emmené Dieu sait où. Et l’innocent se battait maintenant pour sa vie à l’hôpital. J’avais les mains pleines de sang, ma tête me faisait mal comme si les putain de 7 nains s’amusaient à chercher des diamants dedans. Et je ne pouvais penser qu’à ce qui s’était passé, ruminer dans mon coin. J’étais à deux doigts d’imploser, et la seule chose qui me retenait était que j’étais dans un hôpital et que, de la même manière qu’une cathédrale, c’était un lieu sacré, en quelque sorte. Mais une fois que je serais sorti d’ici, j’irai voir Rafael, et les choses seraient bien différentes pour ces Peacekeepers. Ils m’avaient fait mal en plus, ces enfoirés.

La seule qui avait été exemplaire tout du long, c’était Mantegna. Elle avait gardé son sang-froid, s’était occupée du blessé, m’avait protégé en quelque sorte en m’évitant de me faire tirer dessus moi aussi. Elle avait été le calme qui me manquait pour sortir de là vivant. Et on était sortis de là tous les deux vivants. En colère, blessés dans notre âme, mais vivants. Je lui adressai un sourire.
« C’est vous le doc. Je vous suis. »
Et sur ces mots je me levai pour emboîter le pas au docteur. Les premiers mètres furent silencieux. Je ne savais pas quoi lui dire. Y’avait-il réellement quelque chose à dire ? Mais au bout de ces quelques mètres, je n’y tins plus. L’injure sortit en français.
« Couards de boursemolles… »
Je soupirai et repassai en anglais.
« Pardon. Il fallait que ça sorte. Tout ça, ce qui s’est passé, c’est un vrai bordel. Bullshit, comme vous dites par ici. J’aurais dû faire plus. Ils ont emmené le prêtre, et ce pauvre homme, et j’aurais dû faire plus. J’ai un poste important, ça devrait au moins servir à ça, non ? Je déteste me sentir inutile. »
Oh oui je détestais ça. Je suppose que c’était une caractéristique de l’être humain. Il se battait toujours contre les éléments, le destin et le hasard. Tout ce qui gênait le libre arbitre absolu et le choix, l’humain le rejetait. Il voulait être maitre de tout. Et l’Histoire ne lui avait toujours pas servi de leçon. Mais ce n’était pas seulement le hasard ou les éléments. Pour moi, c’était l’injustice. Nous étions au vingt et unième siècle. Je n’aurais jamais pensé pouvoir le vivre. Et maintenant que j’y étais, je me rendais compte qu’il était aussi merdique que le quinzième, l’espérance de vie en plus. Et encore.

« Heureusement que vous étiez là, Doc. Vous pensez qu’il va s’en sortir ? Ils sont bons, vos collègues qui s’occupent de lui ? Pourquoi ce n’est pas vous qui vous en chargez d’ailleurs ? J’aurais plus confiance si c’était vous. »
C’était assez drôle que je dise ça. Une femme médecin, il y a trois ans, quand on m’avait dit que ça existait, j’avais ri aux éclats. C’était une absurdité. Depuis quand les femmes étaient-elles sorties de la maison ? Eh bien, depuis un bail, selon les livres d’Histoire. Au début de ma nouvelle vie, je ne faisais confiance à aucune femme qui exerçait un métier que je considérais être un métier d’homme. Et puis j’avais appris. Appris que c’était une belle connerie de penser comme je pensais. J’avais appris que les femmes pouvaient être très douées dans ces métiers. Comme Lucrezia Mantegna. C’était un bon médecin. Et j’avais appris à avoir confiance en la gente féminine, au niveau professionnel, s’entend.
« Vous savez, à mon époque, on n’entrait pas armé dans une cathédrale. On en avait une très belle, en Provence. Et c’était un lieu sacré. Même les gardes n’avaient pas le droit d’y entrer armés. C’était le curé qui faisait la loi. On ne connaissait pas les mêmes soucis qu’aujourd’hui. La rébellion, tout ça. Enfin….je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça. La colère me rend aigri et nostalgique, je suppose. Tout ça pour dire, une cathédrale, ça devrait être sacré. C’est une honte que les gens aujourd’hui aient oublié le sacré. Ca avait le mérite de rassembler les gens. »
Aujourd’hui, les gens étaient divisés. Il n’y avait plus d’unité. Rien qui rattachait les gens entre eux, en une seule communauté unie. Tout était question de pouvoir, de factions. De mages, de métamorphes, d’entre-deux. D’allégeance. J’étais moi-même embarqué dans ces guerres idéologiques, porté par ma nature. Et le docteur Mantegna, avait-elle une allégeance ? Etait-elle divisée comme nous tous ?

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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Mer 28 Sep - 11:11


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Le sourire de Duncan se voulut rassurant et cela me détendit légèrement. Mais il restait couvert de sang, comme un rappel inévitable de tout ce qu’ils venaient de subir. Notre première étape serait donc les vestiaires du personnel soignant. Je ne devrais pas y introduire un patient, mais je ne pouvais pas le laisser dans cet état. Je l’entraînais donc dans les couloirs sans un mot de plus, enfin jusqu’à ce qu’il parle en français et que je rate un épisode. Je tournais la tête vers lui en haussant un sourcil. Je n’avais beau de par comprendre, le ton et l’expression du brun ne laissaient pas beaucoup de place à l’interprétation. Un sourire entendu fleurit sur mon visage lorsqu’il s’excusa platement. Je ne pouvais qu’être d’accord avec lui, un vrai cirque, un monde bordélique sans aucun sens. Je pouvais compatir sans pour autant comprendre ce sentiment d’inutilité. J’imaginais bien qu’il n’avait pas apprécié la situation, avec son poste, il devait être habitué à agir, à se faire entendre, à se faire écouter. Le pire sans doute était qu’il avait été touché dans sa foi. Même si je n’étais pas croyante, j’avais saisi au cours du temps l’importance des religions dans les personnalités de mes patients et en bonne scientifique, je prenais toujours soin d’en comprendre les tenants et aboutissants.

Io non ti biasimo *

J’avais employé l’italien pour la boutade, histoire d’égaliser les scores, mais surtout pour marquer le fait que je n’étais qu’à moitié américaine. Je ne sais pas pourquoi, je m’étais toujours sentie plus proche de l’Italie, que je n’avais pourtant jamais vue de ma vie, que de l’Amérique. Sans doute, le fait de détester ma mère et ses lubies, et d’avoir idéalisé un père absent depuis l’enfance. Mais même en étant bilingue, je parlais très rarement italien, parce qu’il n’y avait plus personne avec qui le parler dans mon entourage.

Je passais sans traduire et retint de justesse une grimace à la remarque suivante. Heureusement que j’avais été là ? Et si tout était de ma faute depuis le début ? J’avais du sang sur les mains depuis quelque temps déjà, mais je continuais à me détester pour ça et aujourd’hui, j’aurais peut-être deux morts de plus sur la conscience. Si j’avais su un jour que je serais si compétente pour tuer des gens indirectement.

Très sincèrement, les pronostics sont contre lui. En dehors de la gravité de sa blessure, il a perdu beaucoup de sang et c’est une denrée qui se fait de plus en plus rare ici.

Je secouais la tête de dépit. En ces temps chaotiques, le don du sang n’était pas une priorité, seuls les plus altruiste des altruistes pensaient à venir, pour les autres leur propre survie passait avant. Le pire, c’est que je ne blâmais personne pour ça, j’avais pris une distance avec mon travail qui me permettait de ne plus mal dormir la nuit à cause de ces choses-là, d’autres s’en chargeaient très bien à la place.

J’apprécie la confiance que vous avez en moi, mais je suis neurologue, mes confrères urgentistes sont formés pour gérer ces cas-là mieux que moi. Il est dans les meilleures mains de la ville, ne vous en faites pas.

Je lui souris, reconnaissance, malgré la demi-vérité que contenaient mes propos.  Il m’était arrivé plusieurs fois d’assurer le rôle d’urgentiste pendant mes gardes  et je devais avouer que cela avait été très formateur. Mais si je pouvais éviter de trop m’impliquer, je n’allais pas laisser passer ma chance ou ternir mon excuse.

La suite du discours de Duncan me laissa perplexe. De quelle époque parlait-il ? Il était plus jeune que moi. Je fronçais les sourcils, me demandant si le choc le rendait confus. Des gardes en France, il y a moins de trente ans ? Un curé qui faisait la loi ? Mais dans quel monde avait-il vécu ?  Je commençais à envisager un réel problème et accélérais le mouvement pour l’introduire dans les vestiaires.

Vous ne devriez pas être ici, mais nous allons faire vite. Utilisez le lavabo là-bas pour enlever le maximum de sang. Vous voulez un tee-shirt de rechange ?

Je n’avais que les bleus de travail sous la main, mais au moins nous serions assortis. Je m’adossais contre le mur près de la porte, guettant l’arrivée de quiconque, prête à intercepter si besoin. Mon regard faisait des allers-retours rapides entre la petite lucarne de la porte et Duncan.  

Encore une fois, je ne vous jetterais pas la pierre, je suis la première à regretter notre monde d’avant. Enfin… comme tout le monde j’imagine.

Qui pouvait honnêtement aimer vivre dans notre société aujourd’hui ? Même les opportunistes du gouvernement n’avaient plus accès au meilleur de ce que nous avions perdu. Un sourire ironique s’étira lentement sur mes lèvres. Oui, la religion avait rassemblé énormément de gens autour de valeurs communes, mais combien de ses groupes s’étaient déchirés pour avoir le dernier mot. Mon esprit pragmatique reprit le dessus, m’imposant le fait que les religions avaient été le foyer de nombreuses intolérances et de la haine injustifiée de bien des gens.

Et ça avait le mérite de les monter les uns contre les autres aussi malheureusement. Mais je reconnais que le respect en général se meurt impitoyablement dans notre monde.

Je n’avais pas envie de lancer un débat, mais le sujet semblait être le plus à même de faire parler Duncan, et j’avais besoin de le faire parler pour surveiller son état. Si les incohérences de ses propos persistaient, j’allais finir par le faire passer comme une urgence.



* Je ne vous blâme pas.

  



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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Mer 5 Oct - 21:51

« Io non ti biasimo »
Je haussai un sourcil. J’avais quelques bases d’italien ; tant qu’à faire, quand j’avais appris l’anglais, j’avais appris les autres langues principales en même temps. J’adressai au doc un sourire plein de gratitude. J’avais l’impression qu’elle comprenait un peu ce que j’essayais de dire. Et j’appréciais son honnêteté. Même si ses mots quant à l’état du patient n’étaient pas très réjouissants et m’arrachèrent une grimace. C’est vrai qu’elle était neurologue et pas chirurgienne, mais les autres chirurgiens, je ne les connaissais pas –ou pas encore, Dieu merci, bien que j’y passerais un jour- et je voulais que cet homme vive. Pour le principe. Pour me faire me sentir un peu mieux vis-à-vis de l’humanité.

Lucrezia m’arrêta près d’une salle qui affichait une pancarte « réservé au personnel, défense d’entrer ». Et pourtant elle m’y fit entrer, ce qui me tira un air surpris. Elle avait quoi en tête, exactement ? Non mais, parce que j’avais entendu des rumeurs sur les médecins, et leurs appétits, et ce n’était pas que je ne trouvais pas Lucrezia charmante, mais enfin…
« Vous ne devriez pas être ici, mais nous allons faire vite. Utilisez le lavabo là-bas pour enlever le maximum de sang. Vous voulez un tee-shirt de rechange ? »
Oh, oui. J’avais eu les idées assez mal placées. Avec un hochement de tête, je m’approchai du lavabo et enlevai mon t-shirt, effectivement tâché de sang. Tout en frottant les taches de sang sur mes mains et mes bras, je répondis à Lucrezia.
« Si vous avez, je veux bien. Je ne voudrais pas bouleverser ces dames en exhibant mon corps », ajoutai-je avec un petit rire. On m’avait dit quelques fois que j’étais un bel homme. Je faisais rarement attention à ces remarques, même si elles faisaient plaisir, parce qu’en règle générale les demoiselles qui les lancaient souhaitaient me voir finir dans leur lit, ou elles dans le mien. Et elles finissaient terriblement déçue. Mais c’était mon petit côté arrogant et prétentieux qui ressortait parfois, sous forme d’humour heureusement. J’étais assez mature maintenant pour me moquer de moi-même, de mon ancien moi. Et certains arguaient que les hommes n’évoluaient pas…

« Encore une fois, je ne vous jetterais pas la pierre, je suis la première à regretter notre monde d’avant. Enfin… comme tout le monde j’imagine. »
Je me contentais de hocher la tête, pensif. Regretter n’était pas le mot. Elle regrettait peut-être son ancien monde à elle, le monde des années 2000. Il parait que c’était un beau monde, si tant est que l’on était né au bon endroit. Des technologies dont nous ne rêvions même pas à mon époque. Une espérance de vie inouïe. Les enfants ne mouraient plus d’un rhume. Les gens épousaient qui ils voulaient. Même une personne du même sexe, tiens, chose étrange dans ma conception du monde, mais après tout, c’était l’avènement de la liberté. Mais mon ancien monde à moi n’était pas aussi idyllique. Pas aussi confortable.

« Et ça avait le mérite de les monter les uns contre les autres aussi malheureusement. Mais je reconnais que le respect en général se meurt impitoyablement dans notre monde. »
J’émis un petit rire. Oui, j’avais entendu parler de cela aussi. Des guerres de religion. Des gens qui tuaient au nom d’un Dieu, le leur, le mien, peu importait. C’était peut-être bien le même, au final. Des gens qui n’avaient rien compris, au final. Et comme le disait le doc, le respect se mourait dans notre monde.
« Toute chose plus grande que nous a le pouvoir de rassembler les gens comme de les monter les uns contre les autres. Regardez, la fin du monde. Enfin, je l’ai vécue un peu de loin, je dois avouer. Je n’étais pas encore tout à fait moi-même à ce moment-là, je suis arrivée après, une fois que le monde était une ruine. J’ai découvert le monde dans lequel nous vivons. »
Je haussai les épaules et m’éloignai du lavabo, le sang grossièrement enlevé, et me tournai de nouveau vers Lucrezia.
« Mais je ne regrette pas mon monde d’avant. La vie était en un sens plus simple. Mais bon, le travail jusqu’à la mort, les seigneurs crétins et vénals qui nous dirigeaient. Sans compter la Peste Noire. Une sacrée saleté, ça. J’ai perdu beaucoup d’êtres chers, très jeune. Alors bon, le gouvernement, les histoires de mages, la prohibition, on s’en accommode. »
J’accompagnai cette dernière phrase d’un sourire. Oui, on s’en accommodait. Bon, de toute évidence, surtout moi, étant donné que j’étais employé par ce même gouvernement. La prohibition, dans les faits, elle n’existait pas beaucoup pour moi. C’était une inconvenance ponctuelle. Peut-être, probablement, que le doc la subissait plus franchement que moi. Peut-être qu’elle n’appréciait pas le gouvernement, non plus. En l’état, je ne l’appréciais pas non plus, mais pas pour ce qu’il était, ni ce qu’il faisait, ces choses là me laissaient de marbre. Mais à cause des gens qui le composaient. Des mages imbus de pouvoir. Le pouvoir, plus que tout, avait la capacité de monter les gens les uns contre les autres. C’était en partie pour ça que je protégeais Rafael en quasi-temps plein. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme dit le dicton.
« J’imagine qu’à chaque monde ses défauts. Putain, je me met à parler comme un vieux. »
Je soupirai et passai une main sur ma nuque. Ca craint, à mon âge, de parler comme un grand père, non ?

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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Lun 24 Oct - 16:11


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Je captais une expression de surprise et de culpabilité sur le visage de Duncan et l’espace d’un instant, je me demandais ce qui lui était passé par la tête. La première chose qui me vint à l’esprit était si déplacée que j’aurais pu en rougir. Je baissais les yeux, quelques instants le temps de passer à autre chose, mais également gênée de voir Duncan enlever son haut. Pourtant, j’en avais vu des gens nus dans le cadre de mon travail et j’avais acquis cette distance requise par tous les médecins, mais l’idée en fraîche du possible quiproquo avait laissé quelques traces. Je relevais les yeux vers la lucarne alors que l’eau commençait à couler, m’assurant que le couloir était bel et bien vide. J’eus un sourire amusé à la réplique de Duncan avant d’aller fureter dans les étagères de linge propre afin de dégoter un t-shirt qui devrait être à sa taille. Je revins vers lui avec une serviette et le t-shirt que je lui tendis avec un sourire.

Et tant qu’à faire, nous souhaitons rester discrets, alors dissimulons tout ceci.

Autant continuer à détendre l’atmosphère, je n’avais pas envie de le brusquer, ou de le braquer contre moi avec les répliques acides habituelles que j’offrais souvent aux arrogants, même sur le ton de l’humour. Merci Kenneth pour m’avoir donné de tels réflexes. Mais mon sourire disparut au fur et à mesure du discours de Duncan. Je m’inquiétais de plus en plus sur son état général. Il recommençait à tenir des propos incohérents. Ou alors je ne savais pas tout de l’histoire de mon patient. Où était-il au moment de l’apocalypse ? Pas tout à fait lui-même ? Avait-il un passif psychologique dont il ne m’avait pas parlé ? S’il avait été hospitalisé ou interné, l’apocalypse avait sans doute causé sa libération. Bon, j’allais un peu loin avec mes théories, mais je voyais désormais Duncan d’un œil différent, un peu plus attentif et résolument plus inquisiteur, même si je faisais mon possible pour que cela ne se voit pas, professionnalisme oblige. Celui-ci fut tout de même mis à rude épreuve lorsque Duncan repartit de plus belle sur les seigneurs et la peste noire. J’étais assez choquée que le problème ne se pointe que maintenant. J’avais passé des heures avec cet homme. Alors soit, il avait su très bien cacher son jeu jusqu’à présent et le choc qu’il avait reçu lui avait fait baisser sa garde. Soit, le choc qu’il avait reçu n’avait rien de bénin et l’urgence se confirmait de plus en plus.

Je forçais un sourire compatissant sur mes lèvres alors que Duncan se reprochait de parler comme un vieux. Il n’avait pas idée… Il avait enfilé le t-shirt, le rendant présentable, je l’invitais donc à me suivre dans le couloir afin de rejoindre l’ascenseur. J’appuyais sur le bouton d’appel avant de me retourner vers mon patient, me rappelant en boucle que je devais prendre des pincettes et ne pas le bousculer.

Juste pour être sûre d’avoir bien compris. De quelle époque parlez-vous ?


La première règle étant de ne pas se moquer ou mépriser ce que le patient pensait être sa vérité. Alors j’allais continuer à le faire parler, priant pour qu’on arrive rapidement à ce putain de scanner.

La fin du monde… Oui, elle a révélé le vrai visage de bien des gens… Mais ce n’est pas comme si nous avions vraiment le choix, n’est-ce pas ?

J’étais amère, je le savais, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. L’apocalypse m’avait pris tout ce qui avait la moindre importance, ma raison de vivre. Tout ça à cause d’opportunistes, égoïstes et cruels. Mais mon amertume était redoublée à cause de ma propre évolution. Ce nouveau monde m’avait transformé en quelque chose que je détestais, mais en quelque chose qui me gardait en vie. La sonnerie de l’ascenseur me rappela à la réalité et je me forçais à sourire de nouveau en m’engageant dedans. J’appuyais sur le bouton du 3ème étage et m’adossais à l’une des parois, essayant de me détendre.
  



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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Lun 31 Oct - 17:39

Ils étaient de nouveau dans le couloir, croisant des soignants et des malades, des visiteurs. L’hôpital grouillait de vie. Il grouillait toujours de vie, malheureusement. Les gens auraient toujours besoin d’être soignés.
« Juste pour être sûre d’avoir bien compris. De quelle époque parlez-vous ? »
Je la regardai, un peu surpris.
« Eh bien, les années 1300. Mon époque. »
Elle ne pouvait l’ignorer. C’était dans mon dossier officiel. Tout le monde le savait. Mes collègues, le Gouvernement, ils connaissaient l’histoire de Duncan Idaho. Ils connaissaient mon nom d’avant, ma famille, ma naissance, mon panda roux. Lucrezia ne pouvait pas ne pas avoir ce dossier. Mais elle devait vérifier que je n’avais pas chopé un traumatisme crânien, à cause de l’autre idiot, alors je me contentai de lui adresser un sourire qui voulait dire « tout va bien dans ma tête », et elle reprit la parole.

« La fin du monde… Oui, elle a révélé le vrai visage de bien des gens… Mais ce n’est pas comme si nous avions vraiment le choix, n’est-ce pas ? »
La porte de l’ascenseur s’ouvrit et je m’engageai dans la cabine à la suite de Mantegna, m’adossant à la paroi du fond. Je n’aimais pas spécialement les ascenseurs. En fait, je ne comprenais pas pourquoi les gens préféraient s’enfermer dans une boîte en métal qui montait et descendait toute seule, plutôt que de monter et descendre les escaliers. C’était nettement mieux pour la santé physique, et on pouvait monter au rythme qu’on voulait. Mais je ne bronchai pas auprès du docteur ; c’était un truc de ce monde, je devais m’accommoder.
« Non, nous n’avons pas le choix. La seule chose que l’on puisse choisir, c’est la façon dont on vit la fin du monde. Vous avez choisi une profession admirable, en ce sens. Continuer à prendre soin des autres. C’est une belle façon de vivre la fin du monde. »

C’est à ce moment que l’ascenseur stoppa net, et je faillis finir le nez sur le sol. Lançant un nouveau juron en français – décidément, cette sale habitude ne me quittait pas – je me redressai
« Vous n’avez rien, Doc ? Saletés de boîtes en métal. Je hais tous ces trucs technologiques qui tombent en panne à la moindre occasion. Vous vous encombrez avec toutes ces choses. C’est censé être plus rapide, et vous restez coincés des heures à les réparer. Ca n’a aucun sens. »
Je soupirai et passai une main sur ma nuque. On était visiblement bien coincés. Encore une chance que, parmi toutes les névroses, la claustrophobie n’en soit pas une qui me touchait. Une des seules dont j’étais épargné, je crois. Il allait falloir prendre notre mal en patience, je suppose.
« Bien, il faudra attendre un peu pour le scanner. Mais j’ai peut-être assez parlé de ma vie et des années si lointaines que tout le monde s’en fiche. Pourquoi vous avez choisi de devenir docteur, doc ? »
Je voulais simplement changer un peu de sujet. Parler toujours de moi, c’était sacrément chiant au final. J’aurais voulu connaitre un peu plus Lucrezia. Je connaissais déjà le médecin attentionné et franchement patient, vu comment je la harcelais. J’avais eu un aperçu de la femme courageuse. J’étais curieux des gens, c’était comme ça. J’osais à peine imaginer la difficulté à être médecin dans le monde actuel. Et puis, elle aussi avait des origines étrangères, comme moi. Elle avait dû trouver sa place dans une société qui pratiquait une autre langue, une autre culture. Je connaissais ça. Choisir la médecine, dans un autre pays que le sien, ce n’était pas à mon sens un choix anodin. Il fallait du courage. Ou de l’idéalisme, peut-être. Mais Mantegna ne me semblait pas du type idéaliste. Je lui adressai un sourire amical, signe que j’étais innocemment curieux et pas en train de pêcher des informations pour un but quelconque.

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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Mer 2 Nov - 17:25


« Save what you can, try to live with the rest »


  
  
Duncan & Lucrezia
featuring

Pardon ?! J’eus un temps d’arrêt à la réponse de mon patient. Il m’avait balancé la date comme si j’étais celle qui avait un souci avec les évidences. Je rompis mon immobilisme et offris un sourire mécanique alors que je m’installais dans l’ascenseur avec lui. 1300, évidemment que ça le changeait… Je me rappelais maintenant, le jour où j’avais reçu son dossier. Je l’avais renvoyé avec un juron, promettant maux et supplices à celui qui trouvait la blague drôle. Avec le temps, je n’avais même pas cherché à obtenir son vrai dossier. J’avais déjà assez à faire, pas assez de temps pour tout gérer, alors courir après un dossier, franchement. Mon professionnalisme était assez en berne pour que je le soigne sans avoir des antécédents plus anciens que ceux que j’avais moi-même noté. La coïncidence était assez grosse, mais c’est ce qu’elle restait à mes yeux, aucune autre explication cartésienne ne correspondant. J’avais donc un sérieux problème sur les bras, quitte à avoir une journée de merde jusqu’au bout. Je passais mentalement en revue tous les scénarios auxquels je pouvais penser. Tout ce qu’il pourrait arriver médicalement entre le moment présent et les résultats du scanner. Mais j’écoutais aussi Duncan d’une oreille, un sourire plus sincère étira mes lèvres au compliment. Si seulement il savait que la fin du monde avait fini par me prendre jusqu’à ma vocation, il ne serait pas si élogieux. Mais bonne comédienne, j’inclinais la tête en guise de remerciement, prête à formuler une phrase toute faite, mais je n’eus jamais l’occasion de la prononcer à voix haute. L’arrêt brutal de l’ascenseur nous propulsa vers le sol, je me rattrapais de justesse à la barre dans mon dos afin d’éviter de m’étaler de tout mon long. Je jetais immédiatement un coup d’œil à Duncan qui se rattrapa également de justesse, mais j’attrapais tout de même son bras par instinct. Bras que je relâchais presque immédiatement, Duncan allait bien vu les jurons et la tirade anti-technologie. Je lui envoyais un sourire contrit même si un peu amusé par sa réaction.

Non, tout va bien. Merci. Mais je dois reconnaître que vous marquez un point. Nous aurions pu prendre les escaliers, l’ascenseur est devenu un réflexe de fainéantise, je suppose.

Je haussais les épaules avant de me détourner de mon patient et me concentrer sur la démarche à tenir dans le cas d’une panne. Après un rapide coup d’œil sur le panneau de contrôle, j’appuyais franchement sur le bouton d’appel en cas d’urgence, parce que justement, il y avait urgence. Encore une chance que mon métier m’ait appris à garder mon sang-froid et à ne pas facilement paniquer. Mais vu le silence qui s’éternisait, j’avais peur que la fin du monde ait aussi entrainé, la fin des services d’entretien des ascenseurs. On pourrait mettre des heures avant de se rendre compte que nous étions coincés ici et les multiples scénarios que j’avais envisagés plus tôt, tournaient presque tous à la catastrophe. J’accueillis le changement de sujet avec un peu de raideur, je détestais parler de moi, je détestais devoir mentir aussi, mais les deux allaient de pair depuis longtemps. Je me forçais à sourire alors que je tournais la tête vers Duncan.

C’est un juste retour des choses vu tout ce que vous m’avez raconté, bien que je doute de l’éthique de cette conversation.

Mais qui se préoccupait encore de l’éthique après les évènements qu’ils venaient de vivre ? Je levais les yeux au ciel sous ma propre remarque et m’apprêtais à reprendre la parole lorsqu’une voix lointaine et hachée s’éleva du petit haut-parleur à côté du bouton d’appel. Si j’avais cru en Dieu, je l’aurais remercié à ce moment-là. Au moins, quelqu’un savait où nous étions. Je lâchais l’affaire sur la promesse que l’on nous sortirait de là le plus rapidement possible, faute de mieux. Je me laissais glisser contre la paroi et m’assit en tailleur au sol. Tant pis pour le professionnalisme, j’étais fatiguée et la journée était loin d’être finie, alors autant profiter de tout repos qui m’était offert.

En attendant l’aide providentielle, je veux bien vous parler de moi, mais j’ai peur qu’il n’y ait pas grand-chose à dire. Je pris une respiration avant de me lancer dans mon histoire où réalité et mensonge allaient se côtoyer de près comme d’habitude. Ma vocation, si on peut l’appeler ainsi, m’est apparue grâce à ma mère. La science est vite devenue une des rares choses certaines sur laquelle je pouvais me reposer. Puis la neurologie s’est imposée à moi naturellement. Je haussais les épaules, feignant l’embarras. Vous voyez, rien de bien palpitant ou même de vraiment admirable. J’ai choisi ce métier, car je l’aimais tout simplement.

  



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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Sam 12 Nov - 23:51

Heureusement pour moi, Lucrezia connaissait bien la marche à suivre lorsque les boîtes en fer censées monter et descendre cessaient soudainement de monter ou de descendre. Elle appuya sur un bouton, ce qui entraina…rien du tout. Bien. Donc soit le bouton était aussi foutu que l’ascenseur, soit il allait falloir être vraiment très patient.
« C’est un juste retour des choses vu tout ce que vous m’avez raconté, bien que je doute de l’éthique de cette conversation. »

Je haussai les épaules. L’éthique ? C’était une conversation, non ? Après la situation que nous avions vécue, je me fichais bien de l’éthique. Je n’avais jamais vraiment compris cette histoire d’éthique chez les médecins, de toute façon. C’étaient des êtres humains, constitués comme les autres, à ce que je sache. Pourquoi auraient-ils un truc en plus que les autres ? Une contrainte supplémentaire ? On leur demandait déjà de sauver des vies. On ne pouvait pas leur lâcher la grappe deux secondes ?

Enfin quelque chose sortit du petit bouton. On allait nous sortir de là, le plus rapidement possible. C’était très précis, comme genre d’indication, tiens. Le plus rapidement, genre dans l’heure, dans la journée, dans la semaine, ou simplement avant qu’on ne meure de faim et de soif ? Je grommelai et remuai un peu, m’asseyant, un pied ramené vers moi, l’autre jambe tendue. Autant se mettre à l’aise donc. Le doc s’assit en tailleur, elle avait le même sentiment que moi : ça allait être long.

Mantegna entreprit donc de m’expliquer pourquoi elle était devenue médecin. Et effectivement, c’était une histoire assez classique. Vocation familiale, attirance pour le domaine. Elle avait trouvé son métier comme la plupart des gens le trouvaient à son époque : ils appréciaient la chose et n’étaient pas trop mauvais dedans. Quand je pense que de mon temps, on prenait le métier de son père pour ne pas mourir de faim. On n’avait pas le choix d’aimer ou pas. Ils avaient de la chance, les gens d’aujourd’hui. Je souris. J’avais eu de la chance aussi. J’avais pu choisir mon second métier.
« C’est bien aussi, comme histoire. Je suis content d’avoir un bon médecin dans le coin, en tout cas. Enfin, un qui supporte ma tendance à voir la maladie mortelle partout », ajoutai-je avec un sourire. « Je crois que voir ma famille souffrir de la Peste m’a rendu un peu craintif moi-même. »
J’hésitai un moment, puis me décidai à poser la question.
« Je ne sais pas quelle partie de mon dossier ils vous ont filé, Doc. Si vous avez tout ou pas. Donc je ne sais pas de quoi vous êtes déjà au courant. Mais quand j’étais jeune, vers 1350, la Peste a frappé mon village. Mon père y est passé, certains de mes frères et sœurs aussi. J’ai hérité des terres familiales comme ça. Enfin bon, j’ai été parmi les rares chanceux à échapper à cette saloperie. Depuis j’ai peur au moindre rhume. Et puis bon, passer 700 ans sous forme animale, ça n’aide franchement pas à la stabilité psychologique, je crois », lâchai-je en riant. Oui, 700 ans de panda avaient dû taper sur mon système à un moment ou à un autre. Après tout, je ne m’étais pas réveillé le même homme. Par chance, j’avais changé en mieux.
« En tout cas, c’est sympa, de me supporter chaque fois que je viens vous voir pour une migraine. Si un jour vous avez besoin d’un coup de main, vous savez où me trouver. »
La proposition était sincère. J’avais vu le courage dont elle était capable, et mon respect envers le Doc n’avait fait qu’augmenter. Elle prenait soin des gens. Elle méritait qu’on lui file un coup de pouce, à l’occasion. Qu’on lui tende la main comme elle la tendait. Elle était bien l’une des seules femmes qui m’inspirait réellement le respect, tiens. Ca méritait déjà une médaille.  Comme quoi, j’étais encore capable de progrès dans mes relations humaines. Il y avait de l’espoir pour mon cas.

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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Jeu 17 Nov - 20:34


J’appréhendais la suite de cette conversation, j’avais peur d’avoir été trop superficielle dans mon explication, peur de mettre la puce à l’oreille avec une histoire trop lisse. Mes tendances à la paranoïa ne m’aidaient pas à ce moment, je voyais le mal partout, m’imaginais faire des erreurs à chaque mot prononcé. Je n’en appréciais que plus la certaine candeur avec laquelle Duncan accueillit mes propos. Une tension se relâcha alors qu’il me répondait avec un sourire. Étrangement, avec ce que nous venions de vivre, j’étais bien contente que ce soit lui qui soit à mes côtés plutôt que quelqu’un d’autres. Il se dégageait de l’homme une sérénité que je ne saurais expliquer. Si je pouvais faire un effort pour lever mes suspicions en chaîne avec quelqu’un, c’était probablement lui. Je lui rendis son sourire complice. Oui, je supportais ses caprices d’hypocondriaque depuis un certain temps maintenant, et peut-être était-ce ce passif entre nous qui me poussait à rester l’ombre de celle que j’avais été, compatissante et douce.

Je perdis mon sourire à la phrase suivante, toute détente oubliée. La Peste, encore ? Il insistait sur une version de l’histoire, mais s’y tenait, ce qui ne collait pas vraiment avec mon diagnostic. Il devrait être bien moins cohérent dans ces propos, incapables de réitérer exactement les mêmes. Le temps que je me pose ces questions, ce fut l’escalade. Retour au quatorzième siècle, histoire familiale détaillée, et si je me souvenais bien du dossier que j’avais pris pour un canular, cela se tenait plutôt bien. De deux choses l’une, soit cette blague était poussée bien trop loin pour être encore drôle et j’allais faire savoir ce que j’en pensais. Sois Duncan avait une maladie que je n’avais simplement pas détectée depuis le début. Convaincu d’avoir vécu plusieurs siècles auparavant, mais je continuais de ne pas comprendre comment son délire psychotique avait pu atterrir dans son dossier officiel.

Je dus perdre complètement mes couleurs lorsqu’il attaqua sur les 700 ans sous forme animale. Évidemment, je n’y croyais pas une seconde, mais ces paroles réveillaient en moi un souvenir qui me rendait malade d’inconfort. Je revoyais très bien la scène dans cette ruelle, même si je n’acceptais pas ce que mes yeux avaient pu y voir. J’eus du mal à simplement hocher la tête lorsque Duncan me proposa de l’aide un jour à venir. Sa sincérité me toucha, me secoua assez pour me sortir de mon état catatonique. Mes lèvres s’étirèrent dans un sourire tordu, pas tout à fait naturel mais assez proche d’y ressembler. Je n’avais pas envie de discuter de la partie animale, vraiment pas, ce n’était pas le moment de ressasser tout ce qui s’était passé avec Kenneth. Alors je jouais la carte du détournement sans une once de remords.

C’est très gentil à vous Duncan. Même si entre nous, je préférerais ne jamais avoir à le faire. Sinon, c’est que je me serais mise dans une situation difficile pour vous solliciter.

Un petit rire nerveux m’échappa. En vérité, j’aurais tellement de coups de main à lui demander. Mais dans le cadre de la Menrva, peu de chance que cela l’intéresse. Quel dommage la dirigeante d’organisation criminelle ne puisse pas bénéficier des bonnes relations de la neurologue. En parlant de médical, je devrais peut-être m’inquiéter de la santé de mon patient plutôt que de tergiverser sur ma double vie. L’horloge tournait inlassablement, égrainant les secondes comme des minutes. L’impatience allait doucement s’infiltrer dans mes veines jusqu’à me rendre claustrophobe, je le savais, mais j’espérais bien être dehors de cet ascenseur avant d’en arriver là.

Je comprends pourquoi vous avez peur de tomber malade.

Pas du tout en fait, mais les réflexes de médecin, me poussaient à rassurer mon patient, à le mettre en confiance sans que je n’y pense vraiment. Les mots avaient filé sur ma langue avant que je ne puisse les retenir, une mauvaise habitude prise avec les années et les répétitions. Si les patients étaient tous uniques en leur genre, il n’en restait pas moins que la plupart de leurs attentes étaient les mêmes. J’avais donc acquis les réflexes pour m’assurer la plus grande tranquillité possible, comme tout le personnel soignant.

Si une grande partie de votre famille a succombé à l’épidémie, mais pas vous, c’est que vous aviez sans doute déjà développé une immunité. Etes-vous tombé malade ou pas du tout ?

J’essayais de mettre en lumière les aspects positifs de cette histoire, s’il pouvait avoir des points positifs à perdre sa famille dans une épidémie de peste. Puis, soudain une idée me traversa l’esprit.

Quel âge aviez-vous lorsque vous avez dû reprendre la place de votre père ?


Je commençais à voir un possible schéma se dessiner. Je n’étais pas psychologue, mais j’avais quelques restes de mes études. Alors je commençais à envisager que l’histoire de Duncan était une métaphore géante, lui permettant de raconter sa propre histoire tout en prenant une certaine distance avec celle-ci. Ici, cette distance se matérialisait avec cette déroute temporelle.


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MessageSujet: Re: Paranoia in bloom {Part II} Duncan || Lucrezia   Sam 26 Nov - 19:51

« C’est très gentil à vous Duncan. Même si entre nous, je préférerais ne jamais avoir à le faire. Sinon, c’est que je me serais mise dans une situation difficile pour vous solliciter. »
Je haussai les épaules avec un sourire. Tout le monde pouvait se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Et tout le monde pouvait avoir besoin d’un coup de main. J’espérais aussi que le doc n’aurait jamais à venir demander mon aide. Mais je préférais proposer. Ce serait dommage qu’elle ne saisisse pas une main tendue. Même si on se connaissait très peu, au final, Lucrezia Mantegna était peut-être l’unique femme qui avait réellement mon respect. Ca valait beaucoup, me connaissant. Alors, si je pouvais faire quelque chose pour elle, ce serait sans hésitation. Je me doutais bien qu’elle était plus que la petite médecin neurologue consciencieuse. Les gens étaient toujours plus que ce qu’ils paraissaient, dans ce monde un peu bancal.

« Si une grande partie de votre famille a succombé à l’épidémie, mais pas vous, c’est que vous aviez sans doute déjà développé une immunité. Etes-vous tombé malade ou pas du tout ? »
Je fronçai les sourcils, pensif. C’était assez difficile de me souvenir de cette période. J’avais à peine douze ans. Je me souviens d’avoir vu mon père et une partie de ma fratrie allongée, fiévreux. Je me rappelle de ma mère, morte d’inquiétude, et en même temps très digne. Elle nous avait interdit d’approcher les malades, mais elle était restée à leur chevet tout le temps. Je me demande maintenant comment elle avait pu ne pas tomber malade à son tour. Je me rappelle que partout autour de nous, les familles tombaient malades et mouraient. Je me rappelle avoir emmené mes frères et sœurs en bonne santé dans les champs, du lever du jour à la tombée de la nuit, pour les éloigner de la maison. Et puis, je me rappelle qu’ils sont tous morts, les uns après les autres, tous les malades. Mon père a tenu un peu plus longtemps que les quatre de mes frères et sœurs qui souffraient. Mais il a fini par mourir lui aussi, et je suis devenu le plus âgé des garçons. L’homme de la maison. Le poids des responsabilités transféré sur mes petites épaules. Mais je ne me souviens pas être tombé malade.
« Je….n’en sais rien, en fait. C’est une bonne question. Je crois que je n’ai juste pas attrapé cette saleté. Donc oui, j’étais peut-être immunisé. Allez savoir pourquoi. Je ne vais pas me plaindre. », ajoutai-je avec un sourire.
« Quel âge aviez-vous lorsque vous avez dû reprendre la place de votre père ? »
Je levai les sourcils, surpris. Elle s’intéressait pas mal à cette histoire. Qu’est-ce qui lui prenait ? On oubliait les histoires d’éthique médecin/patient ? D’un autre côté, il fallait bien tuer le temps en attendant que quelqu’un répare ce foutu truc dans lequel nous étions coincés. Alors je répondis de bon gré.
« Douze ans. J’ai repris la responsabilité de la maison, ai appris à gérer les terres. J’aime à penser que je ne m’en suis pas trop mal sorti, pour un gamin. Ca m’a aussi rendu très con, ceci dit. Mais c’est du passé, tout ça. Pas que je veuille l’effacer, mais bon, ce n’était clairement pas la partie de ma vie la plus intéressante. »
Un nouveau sourire adressé au docteur et je croisai les mains sur mon genou remonté contre moi. Puis fronçai les sourcils à nouveau.
« Mais je pensais que ce serait dans mon dossier. L’âge que j’avais, la Peste, tout ça. Alors je commence à me dire qu’on ne vous a pas filé mon dossier entier. Il y a quoi dans mon dossier, doc ? Parce que si ça se trouve, je vous raconte des trucs qui ne font aucun sens pour vous depuis tout à l’heure. »
L’idée venait de me frapper. Elle posait des questions et avait des réactions étranges. Je lui racontais peut-être ma vie en partant du principe qu’elle la connaissait, alors que pas du tout. Et là, forcément, entendre un gars dire qu’il a 700 ans, ça peut surprendre. Autant dissiper le malentendu de suite. Parce que je n’avais pas tellement envie de passer pour un dingue complet.

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