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 « Turn me into Something I'm not » ft. Moïra

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MessageSujet: « Turn me into Something I'm not » ft. Moïra   Sam 17 Sep - 17:27


« Drag Me Down »


   
   
Loukas & Moïra
featuring

Tout s’effrite un jour. Rien n’est éternel. Rien n’est invincible. Avec le temps, même les montagnes les plus majestueuses craquent et s’effondrent. L’érosion ronge tout, aucun n’y résiste. Or, on pourrait croire que certaines choses peuvent durer, que certaines personnes ne peuvent changer. Parfois, c’est tout à fait vrai. Certains comportements se figent complètement dans le béton et sont encouragés, se font conditionner et perdurent. Parfois, c’est complètement l’inverse. Loukas avait pensé que son mental de fer ne pourrait être brisé. Constamment surveillé d’une morale si forte, Kylian était trop empathique et droit  pour comprendre l’attrait de la cruauté. La violence était dénudée de charisme. La douleur était vide de beauté. L’égoïsme n’avait pas sa place chez un leader. La manipulation ne représentait pas l’intelligence. Le sang qui coule n’avait aucune fibre artistique. Le monde était une balance qui retrouvait toujours son équilibre. La justice, le karma, appelez ça comme vous voulez, il y avait longtemps cru. La perte de sa mère fut dure, mais il garda la tête haute. Tomber dans les filets de Cordelia le démolit, mais il trouva le courage d’aimer à nouveau. Devenir un daybreaker donnait un sacré coup sur la balance. Mais Loukas ne céda pas. Sa nouvelle nature fut un véritable cauchemar pour lui. Il était devenu un monstre incontrôlable qui dévorait les autres pour survivre. Malgré le pouvoir immense qu’il gagnait, Loukas ne trouva aucun plaisir à aspirer l’âme d’autrui et fit tout pour éviter de commettre l’irréparable. Si le coup de lame se jouait entre lui et un autre, Kylian le prenait à tout coup. Le gérant retrouva son équilibre malgré qu’il était son pire démon, son pire ennemi, il gardait le cap. Récemment, tout avait basculé pour le jeune homme. Le gouvernement avait épuisé sa tolérance, alors il se remit en question. Loukas comprit que la balance était brisée et qu’il devait prendre action. Timidement, mais surement, il se radicalisa, choisissant de quitter la Résistance pour entrer dans la mafia. C’était déjà, plutôt pas mal.

Encore plus récemment, le gouvernement avait poussé ses limites en remettant les jeux en place. Les mêmes jeux qui lui avaient volé sa mère. Et puis Ange. Ange lui avait glissé des doigts. Et ça lui semblait terriblement définitif cette fois. Loukas avait perdu son pilier, il devait faire une croix sur un amour qui l’attachait à ses émotions. Son humanité commençait à s’effriter. Et le daybreaker avait choisi d’en arriver à ce point tournant où la douleur était trop difficile à supporter et  il ne voulait plus la ressentir. Sa sensibilité, pourtant si pure et belle, ne lui était que nuisible dans cette lutte qu’il menait. Elle était un poids sur sa poitrine et il voulait s’en débarrasser. Bien évidemment, ce n’est pas le genre de chose qui s’efface en un claquement de doigt, mais le jeune homme prenait doucement la direction vers cette voie. En était-il conscient? Savait-il qu’il se laissait devenir le genre d’homme qu’il rebutait? Surement pas. Mais présentement, ça ne lui importait plus. La ligne entre le bien et le mal devenait tellement floue. Loukas n’y voyait plus que sa souffrance et sa rage. Sa haine contre le gouvernement motivait et justifiait tous ses gestes et il tenait à rester actif. Il tenait à fuir sa blessure. Et il se laissait devenir de plus en plus froid.

Moïra. Elle tenait une poigne solide sur la responsabilité de ce qui lui arrivait. Pourtant, c’était Loukas qui s’était lui-même mis entre ses mains, qui s’était placé sous son aile, qui avait accepté sa tutelle, qui tolérait sa tyrannie, mais elle poussait parfois des limites qu’il trouvait difficile à franchir. D’un autre côté, il lui était reconnaissant, il admirait sa force, il respectait son autorité. Loukas semblait être devenu tellement obsédé par l’atteinte de ses objectifs de vengeance qu’il acceptait presque n’importe lequel moyen pour y arriver. Presque. Était-il toujours réticent? Serait-il désormais capable de violence gratuite? Qui sait. Il n’était pas encore brisé complètement, mais un membre à la fois, elle y arrivait. Une fois réduit en morceaux, il sera facile de le remodeler exactement comme elle le voulait et Loukas deviendrait une arme bien précieuse. Les daybreakers de haut niveau, ça ne courait pas les rues.

23h, le Bones, c’était ce qu’elle avait dit. 23h, le Bones, c’était là qu’il était. Le club illégal sous la librairie était devenu son repère. C’était à croire qu’il y passait désormais plus de temps que dans son propre établissement, le Old Absinthe House. « Prêt pour ce soir, le bourgeon? » L’homme à la porte reconnu le daybreaker et semblait en connaître davantage sur situation que lui-même. Confus, Loukas s’interrompit pour le dévisager. « Pardon? » Oh oui. Elle avait osé. Moïra l’avait inscrit pour les combats de ce soir. Loukas allait servir d’amuse-gueules. Il allait être la bête de cirque qu’on regarderait souffrir sur la scène pour le divertissement de tous. Loukas aimait bien la Hellraiser, mais ces combats qu’elle organisait étaient un de leurs principaux sujets de désaccords. Ça lui faisait penser aux Hunter’s Season, ça lui faisait penser au gouvernement, à ses dirigeants qui traitaient les autres comme du bétail. Souffrir pour divertir, ça ne lui plaisait pas et il ne manquait pas de lui rappeler. Alors vous devriez imaginer sa tête lorsqu’il apprit qu’on allait le jeter dans la cage. Kylian voulait hurler. Sans perdre une seconde, il retrouva Moïra dans sa loge. Quoique les hommes autour d’elle connaissait Loukas, vu l’agressivité avec laquelle il fonçait vers la propriétaire de l’établissement, ils retinrent le daybreaker, l’empêchant de passer. Le jeune homme insista. Il fit pression sur les hommes sans pour autant forcer son passage, il s’imposa juste assez pour avoir un contact visuel sur sa tutrice. « Tu m’a foutu dans ton cirque?! Tu vas me dire que c’est une blague ou je vais bouffer tout ton personnel! »
   


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MessageSujet: Re: « Turn me into Something I'm not » ft. Moïra   Mar 20 Sep - 19:10



"In exorcism we trust."

Loukas & Moïra




Les Jeux avaient été remis en place. Ils avaient enfin ouvert les yeux.
A cette annonce, un frisson avait réchauffé le cœur de Moïra. Ca y était, enfin le Gouvernement s'était rendu compte que ce qui restait du monde ne pouvait pas tourner rond sans la concentration de la violence dans les arènes. La jolie rousse ne voyait pas ça comme un moyen de contrôle par la crainte mais par la capacité d'expier librement la colère que cultivaient chaque homme au fond de son être. Tout le monde avait un jour ressenti la haine, l'injustice, l'indignation. Les humains étaient faits ainsi. Pas des Anges, pas des Démons, juste un peu des deux... Tout en restant surement plus proches des Démons pour la plupart...
Pourtant, ce n'était pas pour autant une raison de fermer le Bones. Le Gouvernement était trop bancale, la Hellraiser le savait. Un jour c'était oui, le suivant non et la Résistance grouillante dans les tréfonds de la ville ferait tôt ou tard à nouveau surface pour s'insurger et réclamer la fin des Jeux. Il fallait aux gens une certaine stabilité, un repère, et ce jeu du chat et de la souris n'en était clairement pas un. Alors que le Club lui, restait, tenait encore et encore donnant aux âmes perdues et noircies par le temps un endroit où se retrouver pour quelques heures au moins...
Et puis il y avait dans le Bones un caractère de volontariat qu'on ne trouvait pas dans les Jeux qui choisissaient leurs participants au hasard et les obligeaient à venir se battre. Alors qu'ici, ici tout ceux qui étaient venu avaient choisi d'être là. Clients comme employés avaient choisi d'adhérer à ce système, librement. Et pourtant, l'Homme étant un être torturé par nature, il restait toujours des âmes fragiles qui n'avaient pas totalement choisies leur camp, des personnes trébuchantes qui avaient eu la chance ou la malchance d'être au mauvais moment au mauvais endroit. Des âmes influençables de par une fragilité passagère qui s'étaient dans un moment de doute laissé tenté par le Diable. Moïra en était certainement une charmante représentation, du Diable, bien entendu. Et ce soir, l'esprit perdu qui avait besoin de retrouver son chemin n'était autre que Loukas. Quelle magnifique créature que le contrebandier du Bones, vraiment pas désagréable à regarder et fort prometteur. Moïra avait immédiatement senti le potentiel caché du jeune homme. Il avait souffert, il avait aimé, il avait ressenti la déception. Tout le monde passait par là, seulement pas dans les mêmes proportions. Et après plus de cinquante années passées en Enfer, la jolie rousse savait différencier une vraie détresse d'une détresse passagère... Et à celle de ses employés, il fallait remédier rapidement... Non sans dire que la jolie rousse y prenait également un certain plaisir. Mais ça, c'était une autre histoire... Evidemment, Moïra ne connaissait pas toute la vie de Loukas, mais elle n'en avait pas besoin. Elle savait quoi faire, comment le faire. Elle savait, c'était tout.

Comme toujours, le Bones s'était rapidement animé et comme toujours, la propriétaire du Club se plaisait à arpenter les lieux. Ce soir cependant elle était plus attirée encore que d'habitude par la fosse à combats. Penchée à la rambarde au premier rang, la jolie rousse attendait 23 heures, l'heure du crime.

L'atmosphère était saturé d'une chaleur agressive. Les corps se bousculaient aussi bien dans la fosse qu'autour et quand un serveur passa près de la Hellraiser avec un plateau plein de boissons fraiches, la jeune femme saisi un verre à la volée avant de se pencher à nouveau vers le combat qui venait de s'achever. Moïra porta la boisson à ses lèvres avant de coller le matériaux glacé par les cubes d'eau congelés contre son cou puis un peu plus vers sa nuque. Un nouveau zombi avait été placé dans l'arène, la jolie rousse lui lança un coup d'oeil, par habitude. Non, ce n'était pas lui. Encore une fois ce n'était pas lui. La pensée même que ça aurait pu l'être la fit frissonner un instant, puis elle chassa cette idée loin de son esprit. Loukas aurait déjà du être là. La jeune femme se redressa, parcourant des yeux la salle un instant. Elle savait où il irait quand il apprendrait. Il savait peut-être déjà. Alors Moïra se fraya un chemin dans la foule et rejoint son bureau. C'était un espace meublé avec simplicité mais avec goût. Les deux hommes qui en gardaient la porte la laissèrent passer avec un hochement de tête qu'elle leur rendit vaguement. Son employé n'était pas encore là. Pourtant la proprétaire du Bones était sûr, il arriverait bientôt. Elle alla donc s'installer sur un de ses fauteuils, saisit le talkie walkie accroché à sa ceinture, pressa un des boutons et demanda qu'on envoie le combat suivant, les clients n'attendent pas. Ce n'était que partie remise de quelques minutes seulement pour Loukas.
D'ailleurs, à peine la Hellraiser avait-elle cessé la transmission que la porte s'ouvrit à la volée sur le joli brun furieux, rapidement précédé des hommes de garde qui le saisirent avec force. Le Daybreaker avait l'air hors de lui.

« Tu m’a foutu dans ton cirque?! Tu vas me dire que c’est une blague ou je vais bouffer tout ton personnel! »

Moïra laissa s'échapper un petit soupire. Bouffer son personnel, ça elle en doutait. La jeune femme se redressa de son siège et fit un signe de main aux gardes.

- Vous pouvez nous laisser, ça ira.

Les deux hommes eurent l'air d'hésiter, puis, sous le regard insistant de la Hellraiser, ils relâchèrent Loukas et sortirent de la pièce. Heureusement que Grayson n'était pas dans les parages...
Encore un petit soupire avant que Moïra n'avance de quelques pas pour réduire l'écart entre elle et le jeune homme. Elle aurait pu se rasseoir, elle aurait pu se servir une autre boisson glacée parce qu'honnêtement, ça n'aurait pas pu lui faire de mal. Mais elle ne voulait pas que son employé se sente là comme un simple invité, ni qu'il ressente une quelconque infériorité ou menace. Il fallait que Moïra soit son égale, proche, protectrice, une personne de confiance parce qu'après tout il n'avait rien à craindre d'elle dans la situation actuelle.

- Oui je t'ai inscrit au combat.

L'honnêteté, elle ne pouvait rien lui offrir de mieux. Et après tout la propriétaire du Bones n'avait rien à lui cacher, tout avait été réfléchis et allait aussi bien dans son intérêt à elle que dans le sien à lui.

- Je pense que tu es prêt pour l'arène.

Peut-être était-il déjà prêt depuis plus longtemps encore mais quelque chose dans son attitude les derniers temps avait fini par convaincre Moïra que le temps était venu de passer à la vitesse supérieur dans la conversion du jeune homme à sa manière de voir les choses. Dire que la jolie rousse fonctionnait à l'intuition aurait pu paraître trop peu cartésien pour elle, sauf si on considérait que l'intuition n'était que la somme de petits indices que l'on percevait inconsciemment...
Mais la Hellraiser savait que convaincre le Daybreaker ne serait pas chose facile car malgré sa dévotion envers elle, l'aversion du jeune homme pour les combats que la propriétaire du Bones organisait ne lui était pas inconnue.

- Loukas, moi qui pensais que tu étais un homme mur. On ne t'a jamais appris qu'on ne doit pas critiquer ce qu'on n'a jamais essayé ?

Un léger sourire sur le visage, la jolie rousse s'avança encore un peu sans pour autant envahir son espace personnel.

- Je veux juste que tu comprenne. Que tu ressentes ce que j'ai fais ici et pourquoi je le fais. Essaie au moins. Ce n'est l'affaire que d'une fois et je te promet qu'il ne t'arrivera rien.

Et Moïra y tenait vraiment, il devait essayer, il devait se laisser tenter. Pouvait-on parler de manipulation quand on convainquait un proche malade d'aller se faire soigner ? Peut-être le mot manipuler avait-il trop un côté péjoratif et que c'était pour ça que convaincre existait...

- C'est cette colère en toi...

La jolie rousse était maintenant juste à bonne distance et en profita pour illustrer ses paroles avec des gestes en posant sa main sur la poitrine du jeune homme, juste au dessus de son cœur. Si elle s'était concentré, elle aurait presque pu sentir ses battements...

- Tu ressens toute cette haine nourrie jour après jour par les frustrations, les déceptions...

Moïra laissa retomber sa main doucement le long de sa hanche.

- Il faut que ça sorte. Tu ne peux pas garder tout ça ou ça te bouffera de l'intérieur.

Sur cette dernière phrase, sa voix s'était faite plus basse, comme plus sombre. Moïra parlait d'expérience, elle savait ce que la haine contenue pouvait faire à un être humain, elle avait vécu dans un monde de haine, plus jamais elle ne voudrait y retourner... Pendant l'espace d'un instant les yeux de la jeune femme se perdirent dans le vide avant qu'elle ne secoue légèrement la tête en relevant son regard bleu-vert sur son employé.

- Fais moi confiance d'accord ? Essaie.



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MessageSujet: Re: « Turn me into Something I'm not » ft. Moïra   Mer 9 Nov - 1:45


« Drag Me Down »


   
   
Loukas & Moïra
featuring

« Vous pouvez nous laisser, ça ira. » Loukas avança, presque à la course, jusqu’à son bureau, paumes sur celui-ci. Comment osait-elle être si calme ? Comment pouvait-elle être si sereine ? Il ne représentait pas une menace pour elle, pas une seule seconde ? Ne craignait-elle pas la colère de son élève ? Elle était si sûre d’elle qu’elle ne doutait même pas que son chien pouvait réellement se retourner contre elle. Et la hellraiser avait tout à fait raison de le faire. Sa prise sur Loukas était absolue. Malgré tout le respect et l’admiration qu’il avait pour elle, celui-ci se tâchait parfois de haine. Or, cette haine était nettement insuffisante pour qu’il trouve la force de briser leur lien. Moïra était devenue indispensable à sa routine, nécessaire à son quotidien, une dépendance à sa force morale. Le daybreaker s’écroulerait sans elle et il le savait. Cette prise de conscience poussait le rebelle à la révolte, pourtant plus enclin de se soumettre et à surpasser ses attentes pour gagner du pouvoir avant de retrouver sa liberté.

L’impitoyable se lève, choisissant de le mettre physiquement sur un même pied d’égalité qu’elle. Loukas se redresse, respirant lourdement, profondément, tentant de maîtriser son impulsivité. Il attendait les premiers mots de sa tutrice avec impatience. « Oui je t'ai inscrit au combat. Je pense que tu es prêt pour l'arène. » Affirma-t-elle alors, froidement, doucement, catégoriquement. La réponse de Moïra ne sut le satisfaire. Son honnêteté désarmante semblait l’insulter plus que de le soulager.

Poings serrés, il cogna ses mains sur le bureau de la rousse d’une force imposante, mais contrôlée. On entendit le meuble craquer en harmonie avec l’impact bruyant sans pour autant qu’il ne cède. « Prêt?! Tu m’entraînes comme un animal, maintenant ? » Hurla-t-il sans la regarder, les poings toujours collés sur le meuble. Loukas tremblait de colère. Il vivait un tourbillon d’émotions dont il n’arrivait pas totalement à comprendre la racine. Moïra avait raison de ne pas craindre Loukas, car douleur qu’il exprimait agressivement n’était pas dirigée contre elle. S’il vivait si difficilement l’idée de monter dans l’arène, c’était à cause de sa mère, ce deuil qu’il n’avait toujours pas surmonté. Le daybreaker souffrait encore lourdement de cette blessure dont la cicatrice était si fragile. La haine qu’il ressentait était contre le gouvernement, contre son père, contre Cordelia, contre Dariya, contre lui-même, mais certainement pas contre la hellraiser, la première personne à «prendre soin de lui», depuis que sa mère n’était plus.    

« Loukas, moi qui pensais que tu étais un homme mur. On ne t'a jamais appris qu'on ne doit pas critiquer ce qu'on n'a jamais essayé ? » Moïra comprenait, sans savoir, la complexité de ce qu’il vivait intérieurement. Loukas lâcha un bref rire, nerveux, sarcastique. Elle lui parlait comme s’il était un enfant dont la maturité était en cause. Et pourtant, ça le dérangeait. Loukas n’avait pas suffisamment confiance en lui-même pour que ses qualités les plus encrées s’affirment, il doutait de lui sur tout. Or, son opposition restait présente. Il refusait de faire face à ses démons. Il voulait fuir l'arène à tout prix. « On n’a pas besoin d’essayer les chaînes pour savoir préférer la liberté.  » Dit-il, plus calmement, dans une maîtrise encore imparfaite de ses moyens. Sa respiration restait difficile. « Je veux juste que tu comprennes. Que tu ressentes ce que j'ai fais ici et pourquoi je le fais. Essaie au moins. Ce n'est l'affaire que d'une fois et je te promets qu'il ne t'arrivera rien. C'est cette colère en toi... »

Elle s’approche alors et surpris, il se redresse. Loukas la regarde curieusement alors qu’elle pose sa main près de son cœur. Une pulsion érotique imprévue lui passa par la tête alors qu’il sentit son contact sur son torse. Loukas chassa rapidement de ses esprits cette pensée incongrue pour se concentrer sur ce point d’encrage. Le jeune homme ferma les yeux pour retrouver son calme, pour se concentrer sur sa respiration, sur les battements de son cœur. «Tu ressens toute cette haine nourrie jour après jour par les frustrations, les déceptions... » Sa main glisse, ses paupières à lui se lève. «Il faut que ça sorte. Tu ne peux pas garder tout ça ou ça te bouffera de l'intérieur. » Son discours le charmait. Loukas s’avouait presque tenté par le scénario qu’elle lui présentait. Mais têtu, il ne changea pas de camp si facilement. « Et la violence, la sueur, la sang, la douleur sont bien évidemment les seuls moyens d’extérioriser ça. » Le sarcasme du gérant témoignait pourtant d’un assouplissement de sa part. Si Moïra n’avait pas gagné de terrain, sa colère n’aurait pas baissé d’un cran. Un silence s’imposa alors que la hellraiser fixa le vide. Loukas sombra dans une réflexion, complètement effrayé de s’imaginer dans l’arène. «Fais-moi confiance d'accord ? Essaie. »

Ses paroles lui serrèrent le cœur. N’avait-il pas été suffisamment dévoué jusqu’à présent ? N’était-il pas digne d’elle? N’en avait-il pas déjà assez fait pour qu’elle sache jusqu’où il irait pour elle? Pour qu'elle ne le remette point en cause? Kylian sentit le besoin de se justifier, de lui rappeler son allégeance. Le jeune homme s’avança à son tour, cherchant à capturer son regard du sien pour qu’elle entende et sente la sincérité des paroles qui allaient suivre. « Tu sais que je ferai toujours le nécessaire lorsque tu me le demandes, justement, parce que je te fais confiance. Mais ça… » Loukas tourna la tête en se mordant la lèvre. Il passa sa main sur sa nuque, agrippant ses cheveux, frottant le côté de son cou. Toutes ces signes témoignaient de son anxiété criante. Soupirant subitement, il reprit la parole en la regardant de nouveau. « … Je refuse de jouer les gladiateurs. Si je dois prendre les armes, ce sera contre la véritable menace, pas des êtres qui autrefois ressentaient et vivaient comme moi, tu comprends ? » Loukas était complètement transparent avec elle. Il lui faisait part de sa colère et de ses peurs, sans inquiétude d’être rejeté. Une relation rare permettant une intimité particulière entre l'apprenti et son tyran.

Un combat s’apprêtait à prendre fin. Kylian entendit une voix percer à travers le walkie de Moïra, lui informant que Loukas devait descendre maintenant pour être le prochain à monter dans l’arène. Or, le daybreaker n’était certainement pas pressé de descendre. Il resterait là à se battre toute la nuit à protester s’il le fallait. Du moins, c’était ce dont il tentait de se convaincre, cognitivement. Et pourtant, Loukas savait que le choix ne lui appartenait pas. C’était pourtant sa propre vie, ses propres choix, mais aussi révolté pouvait-il être, Moïra allait obtenir ce qu’elle voulait. Par la manipulation, par la force, qui sait par quel moyen, la Hellraiser, la renarde, la maligne obtenait toujours sa fin. Cette fatalité faisait paniquer le plus jeune. Lui qui supportait mal de perdre le contrôle sur les autres, il avait l’impression de perdre le contrôle sur lui-même. Et au fond, c’était ce qu’il voulait. C’était pourquoi il avait approché Moïra. C’était ce qu’il lui avait demandé. Cela faisait partie de leur relation. Kylian devait obéir, même lorsqu’il n’était pas d’accord. Kylian avait voulu changer sa vie, s’endurcir, être pris sous sa tutelle, être son protégé, son élève. Pour profiter de tous ses avantages, il devait remplir sa partie du contrat. Kylian devait assumer d’être Loukas. La lèvre tremblante, les dents serrées, un rictus sur le visage, Loukas cracha ses mots,  pourtant teinté d’humour. Une part de lui se soumettait déjà, à contre-cœur. « Si tu me forces à monter là-dedans…T’es mieux d’avoir une putain de bonne bouteille de whisky à me partager après…  »

   


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MessageSujet: Re: « Turn me into Something I'm not » ft. Moïra   Dim 13 Nov - 16:34



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Loukas & Moïra




En attendant les réactions de son employé, Moïra se permettait sans gène de le détailler. Pas comme on juge, ni comme on évalue, plutôt comme on examine. Et à chaque autre regard, ses certitudes le concernant se renforçaient toujours plus. Il avait un grand potentiel et la jeune femme ne le laisserait pas s'en priver tout autant qu'elle ne s'en priverait certainement pas.
Bientôt, le poing du jeune homme vint s'écraser avec hargne sur le bureau en ébène de la Hellraiser. Elle étouffa un sourire avant même qu'il ne vienne naitre sur ses lèvres.

« Prêt?! Tu m’entraînes comme un animal, maintenant ? »

La jolie rousse secoua doucement la tête. Loukas était en colère mais il devait savoir au fond de lui que la propriétaire du Bones avait raison. Cette colère n'était qu'un vieux réflexe de résistance. C'était aussi pour ça que Moïra avait confiance en lui, parce qu'il ne se laissait pas faire facilement. Ce jeune homme représentait un réel challenge. Un réel et délicieux challenge.

- Je ne ferais jamais ça et tu le sais.

La voix ferme. Les yeux avec comme une lueur de colère du fait qu'il ait seulement pu penser ça d'elle. Elle traitait ses employés durement, mais les relations que la propriétaire du Bones entretenait avec eux n'était en rien comparable aux méthodes relationnelles du Gouvernement. Tous ceux dont elle s'était entourée étaient des gens à qui elle faisait confiance. Des gens qu'elle appréciait. Pour ceux qui étaient au plus près en tout cas... Car la jolie rousse était également du genre à garder proche d'elle ceux dont elle se méfiait le plus. Mais Loukas lui n'en faisait certainement pas partie.

« On n’a pas besoin d’essayer les chaînes pour savoir préférer la liberté.  »

La jolie rousse cherchait à croiser ses grands yeux assombris par l'absence de lumière directe dans la pièce. Il ne comprenait pas encore mais il ne tarderait certainement pas à le faire.

- Ces combats ne sont pas des chaines. Et le Bones n'a rien à voir avec une prison. Tu sais très bien que tu peux partir d'ici quand tu veux. Tu crois qu'on a forcé tous ces gens à venir ici la première fois et à revenir encore et encore toutes les autres ?

Illustrant une nouvelle fois ses paroles de gestes, la jolie rousse indiqua d'un mouvement la fenêtre qui donnait une large vue sur le club bondé. S'il ne la croyait pas, il pouvait très bien aller voir les visages rayonnants des ''prisonniers'' du Bones.

« Et la violence, la sueur, la sang, la douleur sont bien évidemment les seuls moyens d’extérioriser ça. »

Loukas continuait à être réticent. Encré à ces idées. Moïra se détourna un instant, s'éloigna de quelques pas pour se rapprocher de la glace, tournant ainsi le dos à son charmant employé. Elle posa un instant une main sur le verre froid. Surplombant son monde, son chez elle avec une fierté à laquelle elle laissait volontiers libre cours.
Toute cette agitation, tous ces rires, ces cris, la liberté de se perdre ou de se retrouver. Elle avait créer ce monde. Mais elle ne le tenait pas debout toute seule. Elle avait besoin d'aide.
Et soudain, dans la voix de Loukas, la jolie rousse perçu comme un son brisé, comme une drôle de tristesse. La Hellraiser était sensible aux émotions. Pas qu'elles puissent la blesser ou la déstabiliser, pas aujourd'hui en tout cas, pas avec lui, mais la jeune femme y était attentive. Et là en l'occurence, tout semblait indiquer que le beau brun ressentait comme une ombre de peine qui fit se retourner Moïra.
Elle s'approcha de lui. Lentement, avait de doucement laisser glisser sa main le long du bras de l'homme dans un geste protecteur dont elle se délectait plus qu'elle n'aurait sûrement du.

- Je sais que ce que je te demande est difficile à accepter. Mais je veux que tu le fasse. Au moins cette fois.

Et s'il ne lui laissait pas le choix, s'il le lui refusait encore, alors la Hellraiser le jetterait de force dans l'arène ou elle le torturerait jusqu'à ce qu'il la supplie de l'y emmener. Parce que de toute manière elle avait déjà tout essayer sur lui, la douceur aussi bien que la force et s'il ne la détestait pas après tout ce qu'elle lui avait fait subir, alors il ne la détesterait jamais. Et après tout, la seule chose qu'elle ait jamais fait était de l'avoir rendu plus fort.

Le talkie walkie résonna dans la pièce comme appuyant le fait que l'échéance ne pouvait plus être repoussée. Le dernier combat venait de se finir et selon les instructions de Moïra en personne, le suivant impliquait Loukas.
La jolie rousse leva les yeux vers le jeune homme, comme si le choix dépendait de lui, comme s'il avait ne serait-ce que le pouvoir de refuser. En réalité la Hellraiser aurait juste préféré qu'il y aille de lui-même, qu'il accepte comme si la décision lui appartenait. C'est ce qu'il fit.

« Si tu me forces à monter là-dedans…T’es mieux d’avoir une putain de bonne bouteille de whisky à me partager après…  »

Un large sourire illumina le visage de la jeune femme. A ce moment là, elle n'aurait pas pu être plus fière de son employé de lui avoir cédé.

- Le whisky sera là, je te le promet.

Et toujours le sourire aux lèvres, sans attendre une seconde de plus, elle ouvrit la porte pour laisser passer son poulain devant elle.

La salle était bondée, plus encore qu'avant que Moïra n'entre dans son bureau quelques minutes plus tôt. Les paris avaient étaient lancés et certains se bousculaient encore pour avoir une meilleure place autour de la fosse.
Le chemin vers l'arène fut rapidement avalé par leurs pas et ce ne fut qu'avant de le laisser passer l'entrée que la jolie rousse retint Loukas par le poignet pour le faire se retourner.

- Souviens toi, je ne laisserais rien t'arriver. Ne retiens plus cette colère qui brûle au fond de toi. Tu es tellement plus fort que tu ne veux le laisser paraitre... Montre moi à quel point j'ai raison de croire en toi.

Puis elle desserra son emprise autour de sa peau, le laissa entrer dans le sable et referma la porte derrière lui.

- Faites entrer le zombie.



Code by Sleepy

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You're gonna lose your soul, tonight.
I get up in the morning To the beat of the drum. I get up to this feeling Keeps me on the run. I get up in the morning Put my dreams away. ♠ BLUEBERRY
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