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 Those who wanted to lose themselves • Eamon & Perséphone

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MessageSujet: Those who wanted to lose themselves • Eamon & Perséphone   Lun 3 Oct - 23:40


Eamon&Perséphone
 




L'argent. La folie. La soif de sang...
Je ne savais pas exactement ce qui m'avait conduite à faire ça. Moi qui aimait ma sécurité plus que tout, j'avais quitté le seul confort de mon laboratoire gouvernemental pour rejoindre une Mafia. Peut-être aussi que c'était la peur de me perdre. Cette peur dévorante qui avait prit le dessus plus d'une fois en voyant mon ancienne moi revenir au contrôle, envahir chacune des parcelles de mon esprit avec de la pitié, de la compassion ou de la gentillesse. Je ne pouvais pas la laisser revenir. C'était pour ça aussi que depuis que j'avais revu Andrew pour la première fois depuis Darkness Fall, j'avais évité son contact direct comme la peste. Bien sûr il me fallait le voir de temps à autres pour parler du divorce, mais ces moments, même rares, étaient déjà trop difficiles pour moi. J'avais le sentiment en sa présence de redevenir la gentille et douce Perséphone que j'avais été bien des années plus tôt et si nos discussions n'étaient pas essentiellement concentrées sur ma sœur et leur mariage, permettant ainsi un tant soit peu de raviver ma haine, qui pouvait savoir dans quel état de fragilité je serais maintenant...
Il avait donc fallut réagir. Mes plans contre Seraphina étaient pour la plupart en place et d'autres se développaient encore et encore dans mon esprit tordu par le temps et l'horreur. Mais il fallait aussi me distraire. Il fallait que je fasse autre chose de mes journées que penser à ma sœur et à ma vengeance pour ne pas perdre la tête plus encore... Ce qui honnêtement, n'était pas gagné. Surtout quand on avait l'idée pour garder la tête sur les épaules de se lancer dans un trafic d'organes et dans un métier de tueuse à gage...
Merde.
Une douleur vive me saisit à la jambe. Descendant le faisceau de ma lampe de poche vers l'épicentre de ma douleur, je repérai un nid de ronces dans lequel je venais de me coincer. Et je n'avais pas fait semblant ! Tirant mon pied vers le haut, j'eus l'impression de m’emmêler plus encore dans les épines. Poussant un juron, je posai la lampe sur le sol pour plonger mes mains dans les ronces et les enlever une à une de ma chaire et mes vêtements. En réalité, cela ressemblait plus à un flot ininterrompu d'insultes jusqu'à ce que j'arrive enfin à me sortir de là. Je n'étais pourtant pas du genre maladroite habituellement... Cela promettait donc une drôle de soirée, c'était certain. Reprenant ma marche à travers les bois, je fis davantage attention à ne faire glisser le faisceau qu'au plus près de mes pas et à me concentrer plus également. Le but n'étant bien sûr pas de se faire repérer. Bon, ce n'était pas non comme si se faire remarquer était le premier des dangers quand on venait tuer un homme qui habitait seul avec pour unique voisins des colonies d'arbres en tout genres. Sérieusement, je n'avais jamais compris comment les gens pouvaient se sentir plus en sécurité dans la nature plutôt que dans un milieu urbain. Ca devaient être les mêmes personnes qui croyaient en l'existence de Tic et Tac pour venir à leur secours en cas de pépin...
Soudain le nombre d'arbres qui me barraient la vue diminua radicalement, me permettant bientôt de distinguer dans la lumière de la pleine lune les contours d'un chalet imposant. J'éteignis ma lampe pour ne plus me laisser guider que par la lumière naturelle tout en appuyant prudemment mes mains gantées contre les troncs alentours. Juste avant de sortir de me cachette végétale, j'allumai discrètement l'écran de ma montre. Il était peu avant vingt-deux heures trente. Selon les indications que j'avais reçues, il n'allait pas tarder à rentrer... Ce que me confirma d'ailleurs bientôt le bruit d'un moteur ronronnant d'une voiture. Rapidement, je me glissai hors de la forêt pour aller me coincer derrière le chalet avant que la lumière de la voiture de l'homme ne puisse me révéler à sa vue. J'avais beau avoir une magnifique combinaison noire gentiment fournie par la Falciferae (et qui me donnait d'ailleurs quelque peu l'impression d'avoir enfilé le costume de Catwoman – ce qui forcément, n'allait pas pour me déplaire), elle ne me rendait pour autant invisible que parmi les ombres. Une fois arrivée à l'arrière de l'habitation, j'attendis d'entendre le moteur du véhicule s'éteindre et la porte claquer avant de commencer mon petit manège.
Sortant de derrière la cabane avec la discrétion d'un félin en chasse, je longeai le côté de la maison jusqu'à ce que j'aperçoive l'homme se dirigeant vers la porte d'entrée, à quelques mètres plus loin sur la droite.
Il me fallait une distraction. Or, quoi de mieux que de faire apparaître une illusion avec les pouvoirs que j'avais entrainé toutes ces années durant, aidé par une imagination débordante nourri par des années dans l'enfer de Darkness Fall ?
Dans la seconde qui suivit et dans la direction opposée à ma position, apparu donc une licorne. Un magnifique petit poney à corne dont la robe nacrée reflétait les rayons de la lune dans une vision de douceur rappelant celle d'un paquet de chips à l'heure de l'apéritif. L'homme, attiré par la vision magique que lui offrait la créature fantastique se retourna vers la bête dans un instant d'hébétude me laissant ainsi tout le loisir de me glisser dans son dos et de l'assommer avec la glacière que j'avais emportée et qui aurait une toute autre utilité plus tard... Tuer en laissant pour dernière image une licorne, c'était un sacré geste d'altruisme que j'avais fait là ! Encore quelque chose que j'allais devoir corriger...
Vidant les poches de l'homme étalé, inerte sur le sol, je récupérai ses clefs (ainsi que son porte-monnaie, comme il ne m'avait pas semblé avoir entendu qu'il était interdit d'accepter les pourboires), et le temps que j'ouvre le chalet et que je porte le corps jusqu'à l'intérieur, la vision magique avait depuis longtemps disparue...

Le plus dur n'avait pas été de le transporter à l'intérieur, ce que j'avais pu faire en toute tranquillité dans la mesure où ce type avait vraiment prit le chalet le plus paumé de toute la Nouvelle-Orléans et que même si ses voisins étaient venu lui rendre visite, j'aurais vu la lumière de leur lampe bien avant de les voir eux... A moins qu'ils ne se promènent dans le noir... Ce que personne de bien intentionné ne faisait, n'est-ce pas ? Non, le plus dur avait été de le soulever pour le porter jusqu'à la table. J'avais tellement l'habitude des tables ajustables du laboratoire et de leur confort que j'avais oublié les difficultés qu'on pouvait rencontrer face à un corps alourdi par l'inconscience. Soit. Le tapis du salon ferait l'affaire... Après avoir déplacé la table basse débordante de vieux magazines en tout genre, je laissai mollement choir le corps du futur mort sur la fausse peau de mouton. Mes gants enfilés, le capuchon de mon haut rejeté en arrière pour avoir le meilleur champ de vision possible et après avoir vérifié que j'avais bien fermé tous les volets de la pièce, je sortis un de mes couteaux de torture d'une de mes bottes.
En tailleur sur le tapis, mes genoux touchant le corps immobile et l'arme blanche collée à quelques centimètres du cou sur lequel glissait une carotide encore toute gonflée de vie, je m'arrêtai quelques instants, comme en proie à un duel avec moi même. Et à vrai dire, c'était un peu le cas. Il s'agissait là de me prouver que je n'étais plus celle que j'avais été avant. De m'enfoncer plus encore dans les ténèbres, d'atteindre un nouveau point de non retour après lequel toute rédemption quelle qu'elle soit, soit impossible. Chacune de mes actions était comme une armure de plus au démon que j'avais forgé pour me séparer du fragile être qui avait pu exister en moi. Et cela devait fonctionner, il ne pouvait pas en être autrement.
La lame du couteau s'enfonça tendrement dans la chaire, coupant au passage tous les canaux vitaux qui apportaient au cerveau le sang et donc l'oxygène nécessaire à sa survie. J'avais aiguisé les lames la veille histoire d'avoir à charcuter le pauvre homme comme une vache trop stressée, ce genre de résistance ne faisant pas vraiment partie de celles qui m'excitaient...

Quelques instants plus tard, peut-être quelques heures plus tard d'ailleurs, j'avais terminé de mettre tous les organes viables pendant un certain temps dans une glacière et j'avais également récolté autant de sang que je le pouvais. Ce serait déjà ça de moins à nettoyer. Mais ça bien sûr, ce n'était pas mon affaire...

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Dernière édition par Persephone D. Wilson le Jeu 20 Oct - 22:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Those who wanted to lose themselves • Eamon & Perséphone   Dim 9 Oct - 17:05


Les contrats se succèdent, probablement au grand dam de mon frère. Malgré ses dires, ses impositions, je ne veux pas me dépouiller de mon nouveau job, de mes nouvelles fréquentations. Probablement parce que je me sens vivant, à chaque fois que je prends des risques en agissant ainsi. C’est stupide. Moi l’effrayé, celui qui s’impressionne d’une petite araignée ou du vide, je me régale pourtant de chaque risque pris en côtoyant les mauvaises personnes. Ce soir, après un appel, je me retrouve sur la route en direction des Elvenpath. Inutile de dire que ce coin me fout les jetons. Une forêt, avec des cabanes toutes plus éloignées les unes que les autres. Oui, l’ensemble est semblable à un début de film d’horreur. Alors je grogne, j’allume une cigarette et m’avance, les mains tremblantes sur mon sac, vers les arbres. Tout nouveau vice, que j’ai pris à mon frère, le bâton de la mort m’apaise légèrement et me permet de retrouver un semblant de courage, alors que les ombres s’allongent autour de moi. On les croirait presque vivantes. Les histoires de vaudous me reviennent en tête, puis ma propre ombre, qui se décide parfois à faire ce qu’elle veut. Je ne peux donc pas m’imaginer autre chose que le danger grandissant, à chacun de mes pas. Décidément, je n’aime pas cet endroit et il me semble désormais évident que je n’y remettrais pas les pieds, sauf obligation. Ma lampe torche envoie une lumière tremblotante et je voudrais frapper dessus pour rétablir un faisceau clair, mais il ne me faut qu’une seconde pour me rendre compte que ce n’est pas la lumière qui vacille mais encore et toujours moi. Je cherche à me redresser, pour sembler plus impressionnant et évacuer la peur qui s’instille un peu plus jusque mon cœur. Echec et effort vain, mais peu importe. Même s’il m’est difficile d’avancer sans éprouver un malaise constant, je finis néanmoins par arriver à la cabane qui m’intéresse. Les volets sont fermés, mais une très faible lumière se distille entre leurs lattes. Quelqu’un est là. Probablement mon client de la soirée. D’après les informations, je ne connais pas cette personne, mais après tout peu m’importe.

Je m’avance vers la porte et, imprudemment, l’ouvre sans même prévenir de ma présence. Incapable de prévoir les risques que je prends, je pénètre dans la pièce et la referme, avant même de m’inquiéter d’une présence ou d’un piège. Ce n’est que lorsque l’huis est totalement clos, que je prends conscience du danger. Alors lentement, les mains levées en signe de reddition, je tourne sur moi-même, pour poser mes yeux dans les magnifiques azurs d’une femme encore plus magnifique. Lentement, ma mâchoire se décroche alors que je me perds dans l’observation de la jeune blonde devant moi. Peu importe son couteau à la main, peu importe le cadavre devant elle, peu importe le sang répandu un peu partout. A la seconde, seule mon observation intensive de sa beauté trouve un sens. Bouche bée, regard rond, j’observe cette personne avec un peu trop d’attention, avant de finalement refermer mes lèvres et me redresser, comme pour retrouver contenance, mais ma gorge asséchée continue de prouver le trouble de sa présence. « Euh… » Il me faut encore quelques secondes, avant de pouvoir me redresser complètement pour lui faire face presque bravement. « Femme de chambre ! Vous semblez avoir quelques soucis avec le ménage ! » Et ma réplique sonne incroyablement pathétique. Tentative d’humour complètement foirée, je retrousse le nez une seconde, incapable de ne pas me sentir idiot. Probablement parce qu’il s’agit de la plus belle femme que j’ai jamais vu. Et aussi parce que, la seule chose que je veux faire dans cette cabane, ne concerne en rien mon travail, mais uniquement sa personne.

Ce n’est décidemment pas professionnel du tout, alors je finis par prendre un air plus sérieux, simplement pour sembler un peu plus crédible dans mon rôle de nettoyeur sans cœur, ni foi, ni loi. Je dois ressembler à un dur, si je ne veux pas me faire manger dans ce milieu. Et malheureusement, ma première impression sur cette femme est probablement très négative… Foutu naturel. « Bon allez finis d’rire ! J’ai du boulot poupée ! » Et après le comique de bas étage, je tente le macho de base, sans plus de succès. A croire que je ne peux pas être autre chose que moi-même…

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    MessageSujet: Re: Those who wanted to lose themselves • Eamon & Perséphone   Dim 23 Oct - 17:56


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    Le moment de distraction était passé trop rapidement. Juste le temps de sentir l'adrénaline me traverser des pieds à la tête et puis ce sentiment d’absorption total, de concentration intense et d'évasion s'était évanouit. Je me sentais à nouveau vide et égarée, animée seulement par le besoin irrépressible de faire quelque chose, peu importe quoi pour combler ce faux silence gênant qui régnait entre moi et l'autre. Elle allait parler, elle allait dire quelque chose, me convaincre, me demander de lui laisser sa place. Tout le monde se sent obligé de parler quand le silence devient trop pesant, il fallait donc que j'occupe toute la place, que je remplisse le vide ou à défaut de la faire taire il fallait que j'occupe mes oreilles à autre chose.

    La porte s'ouvrit soudain. A ma connaissance, je n'attendais pas de visite. Pas déjà tout du moins. Enfin... Combien de temps avais-je passé ici au juste ? Peu importait, la prudence seule comptait. Me redressant vivement, la lame en main, j'étais prête à lancer le couteau sur toute personne passant sa tête dans l’entrebâillement de la porte. Ce fut un homme qui franchis le seuil, refermant derrière lui sans même me voir, avec ce qui me semblait être l'empressement des enfants qui retournent dans leur chambre après avoir bravé les dangers cachés dans les recoins sombres d'une maison en pleine nuit.
    Lorsqu'il se retourna, l'espace d'un instant je cru que la surprise qu'on pouvait clairement lire sur son visage venait tout naturellement de la scène qu'il avait sous les yeux. Mais à mieux y regarder, une certaine curiosité fascinée se laissait deviner et il n'y avait là aucune trace de la peur dont je me serais volontiers nourrie avant de lui planter mon arme blanche dans le cœur. Il ne faisait que me fixer. C'était peut-être le costume. Il allait certainement me demander un autographe en même temps qu'une petite trace de griffes sur le torse.

    « Euh… »


    Pas assez assuré, mais pas assez effrayé. Je desserrais quelque peu mon emprise sur le manche du couteau. L'homme ne ressemblait pas à une menace. Je penchais maintenant quelque peu la tête sur le côté, à présent plus intriguée que sur la défensive.

    « Femme de chambre ! Vous semblez avoir quelques soucis avec le ménage ! »


    Un sourire apparu sur mes lèvres. C'était donc lui le nettoyeur de scènes des crime. Il semblait sympathique. Il était plutôt beau gosse. J'avais soudain une envie de rester un peu plus longtemps.
    Que les forces suprêmes spirituelles pardonnent ma faiblesses face aux choses qui caressent le regard de par leur beauté.

    - Ravie que ce soit vous, j'aurais été navrée de devoir vous tuer.

    Donc j'étais réellement restée bien plus longtemps que prévu... Quoi qu'il en soit, je ne le regrettais absolument pas ! Quelque chose me disait que je n'allais pas regretter d'avoir attendu l'équipe de nettoyage. Au fond de ma tête, l'autre Persephone pestait de toutes ses forces. Elle savait ce que je faisais, forcément, puisqu'on partageait les mêmes pensées... Mais apparemment pas les mêmes points de vue. Je choisis de l'ignorer, comme toujours.
    L'homme était vraiment agréable à regarder et avec son air presque gêné et ses grands yeux bruns qui n'avaient de cesse de me fixer de cette manière, j'avais de fortes envie de le déshabiller, là, maintenant, tout de suite.
    N'importe quoi. Ca ne me ressemblait pas. J'aimais Andrew, il était le seul, il l'avait toujours été... Comment pouvais-je seulement faire semblant que mon cœur ne lui appartenait pas dans sa totalité ?
    Oh, la ferme !
    Au fur et à mesure que l'homme changeait d'expressions, le sourire sur mon visage se faisait plus amusé encore.

    ‹‹ Bon allez finis d’rire ! J’ai du boulot poupée ! ››


    Poupée... Tiens donc. Je me penchais lentement pour glisser à nouveau le couteau dans ma botte avant de me redresser dans un regard condescendant qui dévêtait sans aucune discrétion le beau brun.

    - Ca vous dérange si je reste un peu ?

    Déjà je me hissais sur l'îlot central de la cuisine, sans même attendre sa réponse, observant les moindres faits et gestes du jeune homme, devinant les muscles sous les vêtements, pariant sur la douceur et le goût de sa peau en continuant à sourire innocemment. L'autre moi hurlait pour essayer de me distraire.
    Lançant un regard au cadavre éventré et à la marre de sang dont le tapis été saturé je poussais un petit soupire à la sincérité à peine feinte.

    - En plus on ne sait jamais, avec tout ce sang, vous pourriez avoir besoin d'un coup de main...


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    MessageSujet: Re: Those who wanted to lose themselves • Eamon & Perséphone   Dim 6 Nov - 22:28


    Je ne remarque qu’avec beaucoup de retard sa lame, qui semble briller dans l’obscurité de la pièce. Un long frisson apeuré s’empare de moi, mais je m’efforce de ne pas y penser. La dame n’a aucune raison de déchaîner son savoir faire sur moi après tout. Ma présence ne peut que lui être bénéfique, puisque je suis là pour nettoyer les saletés qui s’étendent partout dans la pièce. Je tente de cacher ce léger malaise derrière une attitude bravade, qui ne me ressemble pas une seconde. Peu importe. Face à elle, je veux prétendre tout et n’importe quoi, pour simplement m’approcher de sa ligue. Désormais redressé, je lui fais face, le regard hésitant quand tout mon corps tente de lancer le signal de la confiance. « Ouais, moi aussi j’aurais été navré. J’suis pas super fan des gens qui veulent m’trouer la peau. » Loin d’avoir un sens de l’humour développé, je tente néanmoins quelques remarques qui se veulent drôles, même si elles sonnent extrêmement fausses à mon oreille peu habituée. Je me rends compte désormais, que chaque tentative de drague que je lance me paraît toujours inconsistante, face à la beauté qui semble émaner du monde qui m’entoure. Petit vermisseau parmi les pontes de l’horreur et de la décadence, je n’arrive pas à m’estimer au niveau de tout cela. Je ne sais même pas si je désire l’être habituellement. Parce que ce soir, cette nuit, je sais que je le veux. Pour simplement m’approcher de cette femme et nourrir le fantasme que ma première vision d’elle m’insuffle à chaque seconde un peu plus. Elle est la beauté, quand je suis l’inexistence. Pourtant je ne compte pas m’avouer vaincu aussi tôt. Alors j’esquisse un sourire qui se veut charmeur, même si tout mon intérieur me crie de ne pas me frotter au danger qu’elle représente. Cette femme est une tueuse, une trafiquante d’organe d’après la première observation que je peux poser sur la scène du crime. Décidemment pas l’enfant de cœur qui devrait traverser ma vie. Je me vois toutefois faire le coq, pour l’impressionner et rester, juste un instant dans son entité. Juste un.

    Ses yeux posés sur moi, me rendent fier une seconde, avant de me sentir de nouveau mal à l’aise. L’observation dont je suis sujet me gêne et dans mon hypocrisie, je lui demanderais bien de cesser. Force est de constater, que je serais bien mauvais dans ce cas, l’ayant moi-même déshabillée du regard quelques instants plus tôt. Je la laisse donc à son observation et me détourne, pour déposer mon sac au sol, dans une indifférence feinte et une nervosité qui elle, ne l’est pas une seconde. Ma main tremble tant que je me trouve obligé de serrer le poing. Pourtant, quand je me tourne de nouveau vers elle, c’est avec un fin sourire sur les lèvres. Je me découvre à chaque instant un peu plus acteur et si je déteste toujours autant mentir, je me prête au jeu dans un amusement que je ne cache pas. « Vous pouvez bien faire c’que vous voulez. J’suis pas observé d’habitude et j’suis pas sûr d’aimer ça alors… ouais vous devriez m’aider. J’voudrais pas faire une connerie parce que votre regard est trop beau. »

    Compliment caché dans un reproche à peine déguisé, je finis par m’approcher d’elle et ne m’arrête, qu’à un mètre à peine de sa personne. « Mais vous avez pas des trucs à livrer ? Ils vont pas pourrir vos trucs si vous les amenez pas dans un truc froid ? M’enfin… Y’a un frigo derrière vous après tout… » Je transpire l’assurance, quand je ne la ressens pas une seconde. Mort de trouille à l’idée de la savoir m’observer mais tout autant effrayé à l’idée de la voir partir sans avoir eu l’occasion de goûter ses lèvres ou sa peau si claire. Yeux relevés vers elle, je finis par déglutir et finalement me détourner de nouveau, pour me diriger vers la salle de bain, qui ne contient malheureusement qu’une douche. Au tant pour la baignoire pleine d’acide qui aurait dissous ce corps avec une propreté parfaite. Je soupire face à la masse de boulot qui m’attend et finis par retourner dans le salon, un air dépité sur le visage. « Vous auriez pu choisir un putain d’chalet avec une baignoire. J’vais d’voir creuser un trou. Vous v’nez avec moi ? » Et malgré mon agacement face à ma nuit gâchée par tout ce travail, je lui offre un léger sourire, pour la convaincre de me suivre. Peu motivé à l’idée de sortir seul dans la nuit, je compte sur sa présence pour me rassurer. « J’vous demanderai pas d’creuser un trou promis ! »

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      MessageSujet: Re: Those who wanted to lose themselves • Eamon & Perséphone   Sam 12 Nov - 20:41


      Eamon&Perséphone





      « Ouais, moi aussi j’aurais été navré. J’suis pas super fan des gens qui veulent m’trouer la peau. »

      Trop rustre, un peu trop gauche surement aussi. Ce n'était pas du tout mon genre d'être intéressée par ce type d'hommes. Il avait une espèce de faiblesse qui pouvait être touchante mais à laquelle je ne pouvais pas être sensible. L'ancienne Perséphone pourrait sûrement, mais moi non. Et pourtant, j'étais là, à le dévorer des yeux sans même me forcer. Il me plaisait et je n'arrivais même pas à dire pourquoi. Il était fort charmant malgré tout et l'idée même d'agacer ma prisonnière me mettait en joie. Je continuais donc à sourire, réellement amusée, autant par ce que je faisais que par le jeune homme.
      Ce fut un regard fuyant de sa part qui me permit de mettre un doigt sur ce qui m'avait plu à l'instant même où il m'avait détaillé en entrant. J'avais une forte envie de perversion. Le désir de voir cette candeur disparaître de son regard pour ne plus y voir que des flammes ardentes et transformer ses mouvements hésitants en des gestes sûrs et incandescents. Oui, ça ça m'occuperait. Ca ça ferait taire l'autre...

      « Vous pouvez bien faire c’que vous voulez. J’suis pas observé d’habitude et j’suis pas sûr d’aimer ça alors… ouais vous devriez m’aider. J’voudrais pas faire une connerie parce que votre regard est trop beau. »

      Sa dernière réplique était de trop, je partis dans un fou rire incontrôlable. Cette situation était trop improbable. Finalement, peut-être qu'il pouvait quand même être touchant. Finalement peut-être que je pouvais lui être plus sensible que ce que je pensais... Mon rire ne s'arrêta que quand le beau brun s'approcha de moi pour se placer à un pas seulement. J'avais une terrible envie de poser mes mains sur lui. Ou de le faire s'approcher encore plus de l'ilot central pour pouvoir accrocher mes jambes autour de ses hanches.

      « Mais vous avez pas des trucs à livrer ? Ils vont pas pourrir vos trucs si vous les amenez pas dans un truc froid ? M’enfin… Y’a un frigo derrière vous après tout… »

      Essayait-il de me faire partir ? La moitié de ses phrases me l'indiquaient, mais pas ses gestes.

      - Le frigo fera l'affaire.

      Me laissant glisser de l'ilot, je passai à côté de l'homme pour récupérer ma glacière. Je passai trop près de lui, effleurant doucement le dos de sa main avec la mienne. Oups. Pas fait exprès.
      Puis j'allais placer mes fournitures dans le frigidaire pendant que j’entendais ses pas s'éloigner vers une autre pièce. S'il cherchait la chambre je pouvais l'aider.

      « Vous auriez pu choisir un putain d’chalet avec une baignoire. J’vais d’voir creuser un trou. Vous v’nez avec moi ? J’vous demanderai pas d’creuser un trou promis ! »

      J'allais lui répondre que la prochaine fois je lui en trouverais un avec un jacuzzi si c'était un de ses fantasmes... Mais je me retins de justesse.
      J’acquiesçai simplement. Me contentant de lui rendre son faible sourire.



      La nuit me semblait plus glacée qu'avant.
      J'allais m'adosser contre la baraque en bois, attendant d'éventuelles instructions et sinon, patientant de voir les muscles du jeune homme se contracter sous le poids de l'effort.

      - Diane, au fait. Si ça vous intéresse de savoir le prénom de la femme avec qui vous allez passer la nuit.

      Choix de mots totalement innocent bien entendu !

      - Alors, de quoi avez-vous besoin ? Lumière ?

      Je sortis la lampe torche de son étui accroché à ma taille et l'agitai un peu entre mes doigts. Comme si elle allait emmètre le son d'une cloche, sait-on jamais.
      Bien que j'imaginais adorer le spectacle de l'homme en plein effort physique, je me réjouissais tout de même à l'idée de retourner à l'intérieur, bien au chaud où nous serions de nouveau trop à l'étroit pour ne pas être excusé de toute les fois où nous pourrions nous effleurer...
      En attendant, je sondais les alentours ténébreux avec attention, au cas où quelqu'un tenterait de me subtiliser ma chaude nuit à laquelle je tenais grandement.

      _________________

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