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 mouth full of white lies (nolaliya)

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MessageSujet: mouth full of white lies (nolaliya)   Dim 9 Oct - 0:20

mouth full of white lies
Nataliya & Nolan



Je n’ai même pas besoin d’ouvrir les yeux pour comprendre que quelque chose ne va pas. Que quelque chose ne va pas du tout. Parce qu’aux dernières nouvelles, sans s’apparenter au goulag des heures sombres, la prison n’est pas un hôtel cinq étoiles, ne nous fournit pas des paillasses deux places avec matelas et draps en soie, ne nous réveille pas au son des oiseaux et d’un raie de lumière qui me chatouille la joue, ne nous laisse pas dans le calme et le silence le plus complet pour qu’on puisse finir notre nuit sans être dérangé. Quelque chose ne va pas et la solution la plus simple pour expliquer tout ça, c’est soit que je suis en train de faire un rêve sacrément réaliste, soit que je ne suis plus dans la cellule. Et autant le dire toute de suite: dans un cas comme dans l’autre, ça pue pas mal. Si c’est un rêve, dans quelques secondes on va me balancer à la gueule l’odeur rance de l’urine et les grognements et cris qu’émettent autant les coupables que les bourreaux, dans une amabilité fleurie d’insultes et de malédictions à la discrétion comparable à celle déployée par un pachyderme venu rendre visite à sa grand mère et…

Je suis probablement complètement bourré. Déjà pour avoir de telles pensées, ensuite pour avoir l’impression que je ne suis pas en train de rêver. Ca me trouble tellement, cette affaire, que je n’ose pas ouvrir les yeux. Que je reste immobile, que je me recroqueville en chien de fusil, comme toujours lorsque je dors. J’ai le dos rond, les genoux qui vont se lover contre ma poitrine, mes orteils qui se replient sur eux même. Un peu plus et je têterais mon pouce, comme j’en ai eu la mauvaise habitude pendant plus d’années que ne le permet en général la crédibilité. Je n’ai pas envie d’ouvrir les yeux, parce que tout me revient petit à petit. La prison, ça, c’était déjà acquis. Mais la visite de Liam… son bras en écharpe. Ses sous-entendus, comme quoi je ne vais pas y rester. Comme quoi je ne mérite pas d’y être. Comme quoi… « Oh le con ! Oh putain le con ! » Je me redresse brusquement: une nausée aussi familière qu’inhabituelle s’empresse de s’accrocher aussitôt à mon visage. Non. Pas inhabituelle. J’en ai juste perdu l’habitude. Elle me fait remonter le temps au moins vingt ans en arrière, dans un goût aigre-goût d’inconscience artificielle. Je papillonne des yeux, pour mieux fixer la chambre qui m'environne. Je sais comment faire en sorte de dissiper cette nausée: boire, un peu, éviter les mouvements brusques: surtout.

C’est pour ça que je sens mon cœur battre la chamade dans ma poitrine, c’est pour ça qu’il vient se poser au bord de mes lèvres, dans un vertige prononcé, dans un haut-le-cœur insistant, qui me force à tituber dans la pièce à la recherche d’une échappatoire. Je ne sais pas où je suis, même si j’en ai une vague idée, je ne sais pas où je suis mais je sais où je ne suis pas et, pire encore, où je suis supposé être. Lorsque j’ouvre la première porte que je trouve, c’est pour me retrouver dans un couloir. Là, je commence à vraiment sentir la panique se lover dans mes intestins et dans mon estomac, pour mieux faire remonter plus haut encore ce qu’il me reste du gruau dégueulasse qui a constitué mon dernier repas en date. J’atteins une nouvelle porte, qui débouche sur une autre chambre. Puis un salon. Et une cuisine. Et… la lumière est la goutte qui fait déborder le vase, ou plutôt quelque chose de bien moins pipou qu’un vase, je me plie en deux pour rendre mon repas juste à mes pieds. Ce n’est qu’en relevant la tête que je me rends compte que le salon est loin d’être désert. Merde. C’est le comble de la classe, comme entrée, ce que je viens de faire. Le comble de la classe, le comble de la grâce et… je me plie à nouveau en deux pour cracher de la bile, cette fois, une bile amère, empoisonnée par mes reins, écœurante d’acidité.

Certaines personnes toussotent pour se faire remarquer. D’autres marchent d’un pas bien lourd, s’exclament à renfort de grands gestes et de grosses voix. Moi, je vomis. Chacun son style, Liam a récupéré la classe, moi j’ai eu droit à ça. Et ça cette nausée qui refuse de partir, quand bien même je n’ai plus rien à rendre, quand bien même j’ai les jambes flageolantes, quand bien même… « J’espère que vous avez rien contre les grumeaux, j’ai commencé à repeindre le couloir. C’est chez vous ici ? C’est plutôt cosy. Mais je ne sais pas ce que je fous là. Vous savez où est Liam ? Putain je vais vomir. Et m’évanouir. » Parler est un moyen comme un autre de faire passer le malaise, chez moi. Vu mon entrée fracassante, je sens que je vais devoir lui réciter le dictionnaire, la Bible et le Coran en au moins quatre ou cinq langues pour que mon malaise diminue un chouias. D’un pas hésitant, je parviens à rejoindre un meuble, l’air toujours autant perdu. Je ne reconnais pas les lieux. Je ne reconnais même pas cette femme. Je ne sais pas où je suis, je ne sais pas ce que je fais là, je sais juste que je ne suis pas à ma place, que j’ai la nausée, une migraine insistante, que j’ai dormi, que je n’ai pas de haut, juste un pantalon lâche, que Liam m’a promis de me faire sortir de prison et qu’il a réussi sans me laisser le droit à la parole. Merde. Le con. Je plisse les yeux, à la recherche de je ne sais quoi. Un indice, peut être. « Vous auriez pas un truc à boire ? Et de fort si possible ? »

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MessageSujet: Re: mouth full of white lies (nolaliya)   Mar 25 Oct - 11:59




Les talons claquent instantanément sur le plancher quand elle franchit le seuil de la demeure de son patron, claque la porte derrière elle et referme à double tour. Consciente de ce qui l’attend une fois entrée, elle ne prend pas le risque de voir n’importe qui pénétrer dans la maison sans s’annoncer. Et quand bien même une telle chose serait peu probable, elle préfère ne pas tenter le diable. Elle mène déjà bien trop d'affaires avec lui pour se risquer à un nouveau problème. Un soupir lâché sans vraiment s’en rendre compte et elle continue son chemin, les bras chargés de dossiers. De listes préparées, comme autant de sujets à aborder avec celui qu’elle s’apprête à rencontrer. Autant dire que ça ne la réjouit pas. Au contraire. En plus d’être une perte de temps considérable, elle n’a jamais approuvé cette initiative pleine de danger. Un plan risqué auquel elle s’est retrouvée mêlée, d’abord contre son gré. Ensuite, volontairement, pour le bien de son patron. Quand elle y pense, elle se demande bien ce qui a pu la pousser à accepter. Elle aurait mieux fait de prendre ses jambes à son cou et de quitter son poste. Elle n’aurait alors pas eu à s’occuper de tout ça, de lui. Elle n’aurait pas eu à être là. Elle n’aurait pas eu à supporter ça. Avant de se rendre compte qu’elle n’aurait jamais pu accepter que quelqu’un d’autre s’en charge. Qu’elle n’aurait jamais pu considérer qu’une autre qu’elle soit en charge de cette affaire. Parce que Liam en est le cœur et que malgré tout ce qu’elle se vend à elle-même, la blonde ne pourra jamais l’abandonner. Surtout pas à ce moment précis de leurs existences. Alors, elle remet ses plans personnels à plus tard, se concentre sur la mission qu’il lui a confiée. Du moins, c’est ce qu’elle pense faire. C’est ce qu’elle s’est convaincue de faire. Sans pour autant s’en sentir réellement capable.

Il est encore tôt, mais quelques rayons de lumière baignent déjà l’endroit. Elle traverse la salon sans s’y attarder. Se contente de saluer d’un sourire la femme de ménage qui s’affaire encore dans la grande pièce. La secrétaire continue son chemin, pénètre dans la cuisine et dépose la pile de dossiers sur le plan de travail. Très vite, elle se débarrasse de son trousseau de clé qui vient tinter contre le marbre, découvre ses épaules et laisse apparaître son tailleur sombre en déposant son manteau sur le dossier d’une chaise haute à sa portée. Les doigts fins de la blonde glissent dans ses cheveux le temps d’une seconde alors qu’elle se dirige vers le frigo. La fraîcheur instantanée lui arrache un frisson alors plutôt que de l’eau, elle se décide pour un café. La porte métallique se referme sans un bruit alors qu’elle presse quelques boutons et fait couler le liquide ambré. Quelques secondes suffisent, elle se retrouve avec une tasse chaude entre les doigts et savoure la sensation réconfortante. Bien consciente que ce calme ambiant ne durera pas. Au même titre que cette sérénité apparente ne va pas s’éterniser. Elle ne croit pas si bien dire. Alors qu’elle s’installe au milieu de la cuisine pour travailler, des bruits sourds se font entendre, en provenance d’une des chambres. L’ukrainienne ne tarde pas à deviner l’origine de ce vacarme et c’est le front plissé qu’elle abandonne sa paperasse pour rejoindre le salon.

« - J’hallucine. C’est une blague. Une blague ratée » Elle détourne le regard quand l’intrus se plie en deux. Lève les bras vers le ciel en signe de mécontentement en s’éloignant vers la cuisine. Cette fois, c’est bien une bouteille d’eau qu’elle tire du frigo alors que la femme de ménage est déjà en train de nettoyer l’horreur laissée sur le plancher. « - Liam va être ravi d’apprendre que son jumeau a refait la décoration », murmure-t-elle pour elle-même alors qu’elle inspire profondément en retournant vers le salon, saisissant une bassine dans un placard au passage. Il a suffit d’une minute mais les dégâts son réparés. Pour son plus grand bonheur. Elle contourne l’homme nauséeux du mieux qu’elle peut pour aller ouvrir une fenêtre. L’air frais leur fera certainement du bien. À elle comme à lui. Et de toutes façons, elle ne lui laisse pas le choix. « - Épargnez-nous les détails, merci », répond-t-elle sèchement en lui jetant un regard noir. Non seulement fait-il une entrée fracassante dans la vie de son frère, mais en plus de ça il faut qu’il fasse preuve d’une lourdeur non dissimulée. Elle va devoir faire beaucoup d’efforts pour le supporter. « - Asseyez-vous » Ce n’est pas une proposition. Ce n’est pas une demande. C’est presque un ordre qu’elle insuffle avec conviction. Elle désigne le canapé du regard et dépose la bassine par terre, à portée de main. De sa main. Hors de question qu’il recommence son petit spectacle. Elle le mettra dehors à coup sûr si c’est le cas. Ou c’est elle qui partira. Mais elle ne partagera plus la même pièce que lui, c’est certain.

Pour seule réponse à la dernière question du jumeau, elle dépose la bouteille d’eau sur la table basse, en forçant sur le trait pour lui faire comprendre qu’il n’aura rien d’autre. Pas pour l’instant. Elle croise finalement les bras en lui adressant un regard insistant. « - Vous pouvez y aller, Sophie. Merci beaucoup », articule-t-elle à l’intention de la femme de ménage, sur un ton beaucoup plus doux, contrastant avec son humeur apparente. Quand la porte d’entrée claque, qu’elle est certaine d’être laissée seule avec Nolan, la secrétaire prend place sur un fauteuil non loin de son futur allié. Pas trop proche non plus, puisque l’odeur qu’il semble porter sur lui est loin d’être agréable. « - Pour vous répondre, vous êtes chez votre frère. Et non il n’est pas là » Elle le déplore. La blonde aurait de loin préféré parler avec Liam qu’avec son jumeau, mais puisque cette situation a été décidée ainsi, elle va devoir s’y accorder. « - Vous devez avoir des dizaines de questions et je suis là pour y répondre. Je m’appelle Nataliya Clarke. Je suis l’assistante de Liam et c’est moi qui vais vous former » Elle se redresse sur le bord de son fauteuil. Observe les réactions de Nolan alors qu’il a l’air complètement perdu. Ne pas trop en dire pour ne pas l’assomer d’informations trop vite. Mais la blonde se retrouve confrontée à un problème bien plus grand. Incontrôlable. Le temps qui leur manque considérablement. Qu’elle doit faire en sorte d’économiser tout en évitant la moindre erreur.

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MessageSujet: Re: mouth full of white lies (nolaliya)   Dim 13 Nov - 13:12

mouth full of white lies
Nataliya & Nolan



J’oscille entre la panique la plus complète et la nausée la plus… nauséeuse. Perdu dans un couloir que je ne connais pas, perdu dans un appartement que je ne connais pas, perdu dans une situation que je ne connais pas, tout tangue autour de moi, je titube comme je peux, je cherche de l’aide, je cherche à comprendre, j’ai peur de comprendre, même, ce qui est en train de se passer. Ce qui s’est déjà passé. Ce qui… Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine, je débouche sur un salon, et une cuisine, et dans un haut-le-cœur de trop, je me plie en deux pour rendre ce qu’il me reste dans l’estomac. Le comble de la classe, Nolan, vraiment. Tu atteins des sommets, on va te surnommer l’alpiniste dans quelques temps, à ce rythme. La bile m’irrite la gorge, me tord l’estomac, je sens presque mon sang vicié par mes reins dysfonctionnels qui veut venir se mêler à l’équation. Et alors que je me demande si la situation peut encore s’aggraver, je m’aperçois qu’il ne me reste plus qu’à attraper une pelle et à m’enterrer dans un trou parce que je ne suis pas seul. Et que j’avais une spectatrice. « - J’hallucine. C’est une blague. Une blague ratée » Je m’appuie comme je peux au mur le plus proche, pour inspirer au maximum. « Je voulais faire l’école du rire, mais mes parents ne voulaient pas. » Je réponds d’une voix pâteuse, rejoins un meuble d’un pas hésitant. J’ai l’impression d’être dans un jeu du genre de doodle jump, sauf que je ne suis pas un petit machin vert qui saute de plateforme en plateforme, je suis une loque qui rampe de meuble en meuble. Chacun son univers, le mien a l’avantage de tendre vers le réalisme de fin de soirée, ou de lendemain de soirée. Je délaisse le couloir, sursaute au mouvement d’une personne venue nettoyer derrière moi. Dans d’autres circonstances, j’essayerai de l’aider, parce que ça me dérange de la laisser faire ça, mais là… je ne perçois pas l’intégralité du murmure de la blonde, seuls le prénom de mon frère et le terme de jumeau parviennent à mes oreilles. Ce qui est déjà trop. « Quoi, Liam ? » Je la suis du regard, accroché à mon meuble, une table, comme une moule à son rocher. Elle ouvre la fenêtre, je loue la bonne intention tout en rentrant la tête sous les épaules en prévision d’un courant d’air malvenu. « - Asseyez-vous » Je fronce les sourcils en me redressant. « Vous êtes qui ? » Ma question n’est guère plus qu’un amas de syllabes, agrémenté d’une méfiance digne d’un enfant de huit ans à qui on veut reprendre le kinder bueno qu’il tient dans ses mains gourmandes. Je considère le canapé, et surtout la bassine qu’elle y a déposée. Et la nausée qui refuse de me quitter, vestige à n’en pas douter de cette putain de drogue qu’il m’a injectée.

Je parviens à me traîner jusque là, pour m’y laisser tomber sans la moindre grâce ou douceur, dans un soupir de détresse. C’est peut être idiot de ma part d’accorder une confiance toute relative à cette femme, mais je n’ai pas masse de choix, et elle a eu le mérite de me confirmer ce dont j’étais déjà convaincu : je suis chez mon frère. Et elle le sait. Donc elle sait qui je suis. Je me prends la tête entre les mains et lorsque je relève les yeux, c’est pour voir une bouteille d’eau. « Sérieusement ? » Je la cherche du regard, tombe en premier lieu sur ses bras croisés. Elle ne va pas me faire croire que mon frère n’a rien de plus fort qu’un verre d’eau, bon sang. On a eu les mêmes parents, on est à moitié français, il doit bien avoir une bouteille de Nuits-Saint-George quelque part, non ? Je lâche un nouveau soupir, en me contentant de ce que j’ai pour me rincer la bouche. La porte claque quand je recrache tout dans la bassine, une fois, deux fois, avant de pouvoir enfin avaler une gorgée d’eau dans une grimace plus qu’éloquente. Déjà que mon estomac se retourne de plus en plus souvent à la perspective de manger, mais là… « - Pour vous répondre, vous êtes chez votre frère. Et non il n’est pas là » Je ferme les yeux. « Et il est où ? «  Ma voix n’est qu’un filet d’air sans véritable consistance. La nausée reflue petit à petit, je pousse la bassin du bout du pied pour me prendre la tête entre les mains. « - Vous devez avoir des dizaines de questions et je suis là pour y répondre. Je m’appelle Nataliya Clarke. Je suis l’assistante de Liam et c’est moi qui vais vous former »

Nataliya Clarke. Incapable de me lever, j’ai malgré tout un mouvement de recul qui m’accule contre le dossier du canapé. Je reconnais ce nom de famille, je cherche un air de famille, je vois l’air de famille. D’un visage qui m’a hanté pendant des semaines. De l’homme que j’ai tué. De l’homme que j’ai affirmé avoir tué. Ma respiration s’est brutalement accélérée, je me sens pris au piège. « Vous… je… » Si elle sait que je ne suis pas Liam, elle sait que je suis Nolan. Donc elle sait que je suis un meurtrier, et qu’elle… « Qu’est ce que tu vas faire de moi ? » Assistante de Liam. C’est moi qui vais vous former Ca n’a pas de sens. Rien n’a de sens. « Me former, mais à quoi ? C’est quoi cette histoire ? Je veux voir Liam. » Je veux voir mon frère jumeau. Je veux m’en aller. Je veux retourner à ma vie tranquille, avec mon chien, avec mes ordinateurs, avec mon meilleur ami. Je répète avec un peu plus de force, en tentant de contrôle cette panique qui revient se superposer au reste. « Je veux voir mon frère. » Je me lève en prenant mon inspiration.  Pour répéter une troisième fois, en tentant de garder mon calme. Garder mon calme. « J’exige de voir mon frère. Qu’est ce que tu as fait de lui ? »

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MessageSujet: Re: mouth full of white lies (nolaliya)   Sam 26 Nov - 11:48




La mine défaite de son vis-à-vis lui arrache une grimace de dégoût. Le regard qu’elle lui réserve ne laisse rien transparaître d’autre que le dédain qu’elle peut ressentir en cet instant. Les piques faussement mauvaises et autres remarques désobligeantes qu’il lui lance ne la font que très peu réagir. La peu de considération dont il fait preuve à son égard la laisse parfaitement indifférente, lui force un rictus jaunâtre alors qu’elle prend place dans la fauteuil. Il limite, répondant à son invitation mais l’ukrainienne voit bien qu’il n’est pas encore tout à fait prêt à coopérer. À raison. Si elle avait eu le choix, nul doute qu’elle aurait envoyé paître Liam sans discussion. Mais le fait est qu’elle s’est retrouvée au pied du mur, sans possibilité aucune de faire demi tour. Et Nolan se voit plongé dans le même piège désormais. C’est ce qu’elle doit tenter de lui faire comprendre. De lui faire assimiler. De lui faire accepter. Et s’il se montre réticent, elle devra trouver les arguments nécessaires pour le faire changer d’avis. Le forcer à faire ce qu’elle attend de lui sans qu’il ne s’en rende compte. La blonde va certainement devoir trouver des subterfuges assez convaincants pour parvenir à ses fins. Pour contenter Liam et venir à bout de la mission suicide qu’il lui a balancé dans les mains. Une bombe à retardement qu’elle ne sait pas comment désamorcer. Pas pour l’instant. Et lui qui se met à questionner le sérieux de cette entrevue, de la bouteille d’eau qu’elle lui tend comme seul recours. Elle n’a jamais été aussi sérieuse, à vrai dire. L’alcool, elle le garde pour un moment plus approprié. Un soupir lassé franchit la barrière de ses lèvres alors qu’elle entame des bribes d’explications, plonge son regard serein dans celui du jumeau alors qu’il l’interrompt une première. Elle ne réagit pas et continue sans se préoccuper de sa question. Mais une fois qu’elle en a terminé avec les présentations, il renchérit. Insiste. Encore et encore.

« - Calmez-vous Nolan », se contente-t-elle d’abord de répondre alors qu’il ne s’arrête plus de parler. Se lève même, pour aller on ne sait où, puisqu’il est bloqué ici. Son timbre est doux et elle fait tous les efforts du monde pour ne pas laisser transparaître dans sa voix son état d’énervement permanent. Devoir faire ça, jouer les formatrices de ministre inexpérimenté, elle s’en serait volontiers passé. « - Vous ne pouvez pas voir Liam, pas maintenant. Et certainement pas dans cet état pitoyable » Il fait peur à voir avec son teint verdâtre et soutenir son regard lui devient de plus en plus insupportable. Les prunelles aveline de l’assistante se détachent finalement de Nolan alors qu’elle prend une grande inspiration, croise les jambes dans un mouvement félin et reprend. « - Si on m’avait demandé mon avis, vous ne seriez pas là. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Votre frère à le don d’imposer sa volonté sans se préoccuper de ce je pense et voilà où ça nous mène » Elle lève les yeux au ciel tellement ça la désole. Tellement ça la rend folle d’en être arrivée là sans le vouloir. Une fois de plus, elle commence à regretter de s’être approchée si près de celui qu’elle cherchait à atteindre. Elle s’en mord les doigts aujourd’hui. Parce qu’elle aurait du venir à bout de ce problème depuis longtemps déjà. Elle en a eu l’occasion à de nombreuses reprises, mais sa volonté s’est à chaque fois retrouvée confrontée à sa raison. Effritée par des sentiments particuliers qu’elle n’a pas envie de ressentir mais qu’elle ne peut s’empêcher de se prendre en pleine figure à chaque fois qu’elle le voit. À chaque fois qu’elle essaie d’obtenir sa revanche.

« - Nolan, votre frère a décidé de prendre votre place en prison. Ce qui veut dire que vous allez devoir agir en conséquence et prendre sa place en tant que ministre. Par pitié, ne me demandez pas pourquoi » Elle n’a toujours pas la réponse à cette question. Liam s’est délibérément mis en danger et désormais, c’est à elle que revient la tâche de gérer le retour de la vague. Le contrecoup de ce choix qu’elle n’a jamais approuvé. Dès la première minute, la première seconde, elle lui a dit que c’était une mauvaise idée. Mais encore une fois, il ne l’a pas écoutée. Il a choisi de n’en faire qu’à sa tête, lui mettant des bâtons dans les roues. Nolan n’a pas l’étoffe d’un ministre et pourtant, il va devoir le devenir. Et prendre ses fonctions en un temps record. « - Vous vous doutez bien que ce n’est pas une faveur que je vous demande. La survie de Mr. Wiggins dépend de vous et moi à partir de maintenant et vous allez devoir m’écouter attentivement, sous peine que cette opération ne prenne fin de manière brutale et tragique » Mettre des mots sur ce qu’elle redoute lui fait plus mal qu’elle ne l’aurait imaginé. Que ce qu’elle aurait pensé. « - Et ce n’est pas ce que nous voulons, n’est-ce pas ? » Elle l’interroge du regard en s’adossant droitement au fauteuil. Un sourcil arqué, le bout de ses doigts tape nerveusement contre l’accoudoir. Elle n’a pas d’autre choix que d’essayer désormais. C’est la seule alternative qu’il lui reste, parce qu’elle n’autorisera personne d’autre qu’elle à venir à bout de Liam. Parce que c’est son droit le plus légitime depuis qu’il a tué son frère et s’en est sorti indemne. Depuis qu’il la brisée sans même s’en rendre compte. Avant de toute faire changer. Avant de la troubler au point qu’elle se mette à questionner ses propres intentions.

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