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 See you at the bitter end [Solveig]

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↳ Date d'inscription : 28/11/2013
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↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
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↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

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MessageSujet: See you at the bitter end [Solveig]   Dim 9 Oct - 2:10

See you at the bitter end


○ Every step we take that's synchronised. Every broken bone reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day.


Dans le regard adverse, la nuit s’étend. Un nom s’effrite sur des lèvres trop sèches, un appel qui ne peut déjà plus être porté par la gorge. Des souvenirs incertains, compacts, incomplets fusent dans l’esprit paniqué du prédateur. La silhouette glisse entre ses doigts tremblants, il la rattrape en plein vol en cessant le contact destructeur. Dans l’urgence, ses yeux collectent la lividité, s’attardent sur l’immobilité de la poitrine, les paupières repliées. L’affolement accélère les pulsations, lui dérobe le souffle et le sang-froid. Les paumes tremblent contre la carcasse, remontent jusque la nuque pour chercher ce qu’il a peut-être déjà anéanti. Contre son épiderme, le pouls lui semble faible mais il résiste à l’assaut mené. Pour combien de temps ? Les secondes défilent. Alerte, il se penche sur l’organe agonisant de cette parfaite inconnue. Elle n’était qu’une ombre filante, une tentation de trop. Une agression soudaine qui laisse son instigateur hagard. La faim précipitant des mouvements préalablement pensés par son esprit fragmenté. Il n’a pas réussi à s’arrêter, pas pu s’empêcher d’allonger le bras pour la toucher, lui dérober cette précieuse énergie qui constitue son seul repas. Alors qu'à seulement deux rues de là, les gens se pressent dans les allées, rigolent et continuent de poursuivre leur quotidien bien huilé. C’est un Univers qu’il ne comprend pas et n’intègre plus. Fait d’autant plus avéré depuis que le cœur a été sectionné salement et sans anesthésiant. La coupable n’a idée du chaos qu’elle a relâché. Le hasard ne s’invite d’ailleurs pas dans la scène qu’il vient de jouer. Si c’est une brune qui git à ses pieds, c’en est une autre qui habite ses pensées. Les prunelles s’écrasent froidement sur la victime qu’il vient de reposer contre le bitume. Des idées se bousculent à l'arrière de son crâne. Alerter les passants afin qu’on lui porte assistance, atténuer la culpabilité. Elle n’a pas vu son visage. Et pourtant, les soupçons seraient aisés s’il se met à interpeller des insouciants. Alors, il décide de laisser au sort le loisir de trancher. Survie ou trépas. Et lâche comme il est, il ne reste pas pour en admirer la finalité.

Le pas plus lourd et l’âme plus déchirée, Ezra évolue dans le dédale s’offrant à lui. La colère talonne sournoisement le désespoir. Une combinaison bien périlleuse. Son mépris déforme ses traits crispés jusqu’alors sur son instabilité. Souillé jusque dans son essence, il ne supporte plus ni la vie, ni le néant. Il se déteste dans toutes ses composantes. A commencer par cette nature imposante, oppressante, celle qui lui dicte sa conduite et l’oblige ainsi à se parer d’une noirceur de moins en moins nuancée. Maintenant que les derniers bonheurs s’en sont allés, la cendre s’est définitivement installée. Dans le regard, sur la peau, dans les poumons, dans la boite crânienne. Certains matins, elle l’empêche de respirer. D’autres fois, elle le pousserait presque à s’écorcher vif, les ongles enfoncés dans la chair viciée. Démantelé par des sensations meurtrières, le norvégien en vient trop souvent à se demander ce qu’il a pu rater pour en revenir sans arrêt au point où rien ne compte mais où tout blesse. L'euphorie des autres le heurte, comme un coup de poing dans la mâchoire, elle le torture. Il les envie. Ces hommes qui n’ont pas dû souffrir d’absences, de remords. D’abandons. Rien ne peut changer si le départ est raté après tout. Le col remonté jusqu’au menton, les prunelles désormais rivées sur les rigoles démunies pour l’heure de leur utilité, il ne réfléchit pas vraiment. C’est à peine s’il a conscience de sa progression. A peine s’il réalise les frémissements animant sans ciller son corps frigorifié.  Il sait qu’il doit remédier à cette souffrance inutile. Et régler une partie du problème pour pouvoir envisager la prochaine journée. La solution est déjà toute trouvée. Le dernier espoir, le plus fou.

Il s’oriente maladroitement dans ces quartiers infréquentables, l’accablement pour seul moteur. A l’ombre des immeubles, il sait qu’ils veillent. Des visages anonymes aux secrets enfouis au fond des poches. De quoi vous guérir de la réalité, de quoi endormir ou réveiller vos démons. Aucune enseigne pour une belle publicité cependant. Plus facile d’attraper les rumeurs en plein vol quand elles sont à portée de mains. Le scandinave reproduit le trajet effectué lors de son dernier passage. Même schéma pour la même marchandise. Le liquide claque encore dans son flacon, il n’en reste que la moitié. Une dose pas suffisante pour tuer ce qu’il est. Ou pour tuer ce qu'il pourrait être. C’est un dernier pari, oui. Le plus déraisonnable. Le plus misérable. La honte ne survient pas pourtant quand il aborde les premières silhouettes. On lui conseille de remonter la ruelle, de dénicher une femme aux cheveux auburn.

Alors, il fait claquer ses semelles sur l’asphalte désignée, prêt à l’interpeller. Il espère qu’elle pourra répondre à ces promesses. La détermination bien ficelée et la requête sur le bord des lèvres, il s’approche. Sa voix rocailleuse massacre très vite le silence relatif, intonations brièvement ébréchées par une lassitude avérée. « Je cherche à me procurer un vaccin. On m’a dit que c’était à vous que je devais m’adresser. » Aucune présentation, aucun préambule. Juste le respect nécessaire à la transaction. L’ancien milicien n’éprouve aucune compassion pour ces criminels. L’infirmier réprouve encore plus ce commerce qui saccage ce qu’il s’est tant appliqué à sauver dans cet hôpital désormais déserté. Le damné, quant à lui, n’a pas plus de considérations pour les autres êtes vivants que pour sa seule personne. Tandis que ses iris se fixent sur le visage son interlocutrice, la surprise chasse toute autre émotion de ses traits. Solveig. Son reflet parfait, un miroitement angoissant qui lui a rappelé ce que son éloignement avec Kyran lui avait apporté. Ce qu’il lui avait à part égale coûté. Une des rares patientes pour qui l’indifférence ne s’est pas appliquée. Une des seules personnes qu’il peut encore comprendre sans même devoir amorcer le moindre effort d’empathie. Le choc lui ôte la parole pour une poignée de secondes. Les billets déjà froissés dans sa main repliée, manquent de se déchirer. L’anonymat éventré. Des deux côtés. Comme un contrat tacite totalement brisé.

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    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Mer 12 Oct - 15:32


See you at the bitter end
Every step we take that's synchronised. Every broken bone reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. ••• Sa rencontre avec Marie l'avait rendue étrangement tendue. En fait, elle l'était suffisamment que le seul moyen de gérer le trop-plein d'émotions fut d'enfoncer sa main dans le miroir de sa salle de bain. Les morceaux s'éparpillèrent autour d'elle, éclats d'une vie qu'elle aurait voulu rembobiner un nombre incalculable de fois. Des milliers de chemin qu'elle n'avait jamais exploré, d'autres milliers dont elle n'avait même pas idée pour son futur. Et qui ne lui viendraient jamais à l'esprit. La douleur de sa main remonta doucement le long de son bras tandis que les larmes lui brouillaient la vue. Bon Dieu, pourquoi ? Elle voulait juste rester dans son coin. Elle ne voulait pas se poser quatre milliards de questions quant à sa vie ou ses sentiments. Pourquoi donc les gens venaient retourner tout ça ? Pourquoi ils remuaient sans cesse le couteau dans la plaie ? Pourquoi allait-elle finir par se bouffer les doigts à cause de ce stress ? Puis ses yeux se baissèrent. Le verre était étalé autour d'elle, froid. Solveig respirait difficilement. Elle devait avoir une de ces têtes... Heureusement qu'elle ne pouvait plus la voir. Sa main retomba dans le lavabo blanchâtre. Tâché du liquide écarlate. Par habitude, elle ouvrit le robinet et glissa ses phalanges meurtries sous le jet glacial. Sans s'en rendre compte, elle enleva les quelques morceaux coincés dans sa peau. Putain, elle ne s'était pas loupée...

Son dos heurta le mur et elle se laissa glisser contre celui-ci. Ses jambes se recroquevillèrent et elle les serra contre elle, tremblante. Les cristaux transparents coulaient le long de ses joues, s'écrasant en mille morceaux sur le sol abîmé. Son front s'appuya contre ses genoux alors que ses doigts s'entrelaçaient avec ses cheveux auburns. Elle s'enfonça presque ses ongles dans son cuir chevelu. La jeune femme voulait juste hurler. Elle voulait laisser sortir toute cette douleur qui déchirait ses entrailles, son cœur, ses poumons, chacun de ses organes. Elle voulait que la brûlure dans sa tête s'arrête pour une fois. Elle voulait... Retrouver son frère. Elle voulait le revoir une dernière fois telle qu'il avait été. C'était son espoir le plus fou. Celui qui avait fait qu'elle s'était accrochée à cette enveloppe charnelle lui ressemblait. Celui qui avait fait qu'elle accepte de se faire emprisonner. Celui qui avait fait qu'elle avait coupé ses relations, dont celle avec Niklas. Puis, son envie devint réalité. Un cri de désespoir passa le mur de ses lèvres. Le bruit du bar devait le couvrir sans problème. Néanmoins, cela lui fit un bien fou. Faire sortir ce cri viscéral. Et ce n'était pas comme si son frère était réveillé. La drogue qu'il avait ingéré devrait le mettre KO jusqu'en milieu d'après-midi.

Un grattement non loin d'elle attira son attention. Elle reprenait sa respiration, remplissait ses poumons d'un air vicié et désagréable. Les fumées du Little Darlings s'infiltraient jusqu'à elle parfois, rendant son sommeil complètement aléatoire. Un miaulement la sortit complètement de son état léthargique. Le chat. Le cadeau de Niklas. Elle l'avait surnommé Kali. Puisque c'était une femelle. Solveig se releva difficilement, en prenant appui sur le mur derrière elle. Elle entrouvrit la porte pour laisser passer la petite bête. Jusqu'à ce qu'elle rende compte que le sol était tapissé de bouts de verre tranchants. Retrouvant soudainement ses esprits et sa vivacité, elle attrapa le chat avant qu'il ne pose la patte dans la salle de bain. Et elle le serra avec douceur dans ses bras. Sa main droite était encore douloureuse à bouger, toute endolorie. Pourtant, elle parvint à caresser son pelage. Kali avait repris du poil de la bête en quelques jours. Niklas avait bien fait de la lui amener. Elle était dans un bon foyer. Et puis, jusqu'ici, elle était parvenue à faire croire à Isak qu'elle l'avait trouvé elle-même lors d'une de ses tournées. Pour ne pas attiser de haine ou ne pas risquer de le perdre à nouveau.

Le chat lécha ses phalanges meurtries et un doux sourire se dessina sur ses lèvres, malgré ses traits épuisés. La jeune femme sortit de la petite salle et se dirigea vers sa cuisine ouverte. Elle remplit un petit bol d'eau et un autre de croquettes. Elle posa le chat à côté et l'observa se nourrir et boire. Ses yeux détaillèrent la fourrure grise et noire de la petite bête. Il lui manquait toujours un peu de poids mais elle avait bien meilleure allure comme ça. Cette pensée illumina son regard pendant quelques secondes, avant que la fatigue ne reprenne ses droits. Solveig finit par se diriger vers son canapé, se posa en travers, et ferma les paupières. Elle sentit juste une petite boule de poils se blottir contre son ventre avant de rejoindre les bras de Morphée.

On tambourina à sa porte. Elle se réveilla en sursaut à l'instant où l'entrée fut forcée. Le chat tremblait contre elle et elle lui adressa quelques caresses pour le calmer. Le visage, puis le corps de son frère apparut dans son champ de vision. La jeune femme lui adressa une petite moue tandis qu'il traversait la pièce pour venir s'installer à côté d'elle. Il jeta un regard haineux et méprisant à la bestiole qu'elle tenait dans ses bras. Kali se recroquevilla un peu plus contre Solveig par la même occasion. Dis donc... En tout cas, Isak s'était remis de son frôlage de mort. Même s'il n'avait même pas l'air d'en avoir conscience. Elle l'observa avec douceur tandis qu'il parlait du business de la nuit. Ah oui, c'est vrai, elle devait retourner vaguer dans les quartiers nord. Sauf que, cette fois-ci, ce serait pour des produits un peu différents. Bien que cela ne la dérange pas. Elle jeta un regard à l'horloge. Vingt-deux heures passés. Hé bien, elle avait dormi longtemps cette fois-ci... Elle se contenta donc de se lever, d'accepter ce que lui confiait son frère et d'enfiler un manteau après avoir déposé le chat par terre.


Ses pieds la faisaient bouger à intervalles réguliers. Ses yeux ne cessaient de se mouvoir, observant les alentours, guettant l'arrivée possible des peacekeepers. Elle était là depuis de nombreuses heures, et la nuit noire recouvrait à présent la Nouvelle-Orléans. Les doses étaient parties comme des petits pains et elle espérait rentrer dans peu de temps. Pour l'instant, elle attendait le prochain client, tout en restant sur ses gardes. Un petit couteau était glissé contre son dos, au cas où. Et maintenant, elle faisait les cents pas...

Une voix l'interpella, elle tourna la tête dans sa direction, à la fois intriguée et étonnée. Parce que ce timbre lui rappelait étrangement quelqu'un. Ses yeux se posèrent sur l'homme et elle resta de marbre quelques secondes. Le temps que son cerveau prenne en compte le tout. Elle le connaissait. Définitivement. Ezra. L'infirmier qui l'avait aidé il y a quelque temps de ça. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'elle vole des médicaments dans son dos. Elle déglutit difficilement, ses doigts se serrèrent dans les poches de son manteau. Pourquoi le rencontrer de nouveau dans de telles situations ? Pourquoi avait-il besoin du vaccin ? Solveig resta silencieuse, incapable de d'articuler le moindre mot. Elle détailla seulement l'homme face à elle. Il lui semblait sensiblement différent. Elle aurait seulement dû lui donner la dose, prendre l'argent, et partir. Et, en même temps, elle n'y parvenait pas. Pour une fois, elle se sentait mal  l'idée de profiter du désespoir de quelqu'un. Parce qu'elle le connaissait. Parce que, malgré tout, elle l'appréciait réellement. Un murmure quitta ses lèvres, timide :

« Ezra, que... Je... Je suis désolée pour... Pour ce que j'ai fait. Pour ce qui s'est passé. »

Elle n'avait jamais pu le faire auparavant. Parce qu'elle avait fui comme une lâche. Et qu'elle n'avait eu l'occasion de le revoir par la suite. Ou plutôt, elle n'avait pas eu envie de retourner à l'hôpital. Elle avait honte de son geste, même si elle l'avait fait pour son frère. La jeune femme aurait aimé s'expliquer mais elle avait eu peur. Elle avait eu la trouille. Parce que c'était la première relation sociale qu'elle avait eu depuis le retour de son frère. Et que la trahir ainsi... Une boule lui bloqua la gorge. Bordel. Pourquoi tout s'enchaînait si soudainement ? Elle était supposée passer une nuit habituelle, tranquille, pas tomber sur Ezra. Encore moins tomber sur lui. Une larme coula le long de sa joue. Elle espérait seulement que les ténèbres cacheraient ce sentiment.

« Tu... Tu n'as pas l'air bien... »

C'était une affirmation. Qui se voulait en tant que questions. Oui, bon, elle était fatiguée, choquée, à côté de la plaque, il ne fallait pas lui en vouloir. Instinctivement, elle s'approcha d'un pas, prête à tendre la main pour le toucher. Puis se stoppa. Ce n'était pas une bonne idée. Ils n'étaient plus du tout proches. Elle n'avait pas à l'approcher. Elle n'avait pas à lui démontrer autant de sympathie. Elle n'avait pas non plus à ressentir autant d'inquiétude, de douceur à son sujet. C'était de sa propre faute si elle avait perdu un confident. Et si Ezra devait s'être senti trahi. Pour la jeune femme, la vie avait continué. Bon, il lui avait manqué, elle ne pouvait pas le nier. Néanmoins, il n'y avait eu que de la culpabilité en elle. Pas de trahison. Et Solveig le savait : il n'y avait pire sentiment que celui-ci.

« Pourquoi as-tu besoin de ce... Vaccin ? »

Elle réajusta le bandage autour de sa main blessée. La question était directe. Néanmoins, la dealeuse avait besoin de savoir. Puisqu'elle ne se sentait pas de le lui vendre...

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Dim 16 Oct - 12:46

Le calcul ne lui est pas aussi aisé qu'il l'aurait souhaité. Le temps s'allonge pourtant, lui délie ses possibilités. Il pourrait encore se soustraire au regard figé de son vis-à-vis, se glisser derrière une de ces façades à proximité, remonter la rue adjacente jusqu'à atteindre le prochain quartier. Et tout ça sans devoir l'écouter, sans même cueillir le son de sa voix. Une fuite parfaite qui ne justifierait jamais le moindre commentaire. N'en a-t-elle pas fait de même après tout ? Ils n'ont aucune raison de se revoir. Aucune raison de s'offrir quelques explications. Ils ne se doivent rien. Il n'aurait pas été de cet avis quelques mois plus tôt sans doute. Mais il ne reste pas grand chose de cet homme-là. Celui qui s'attendait encore à recevoir un semblant de gratitude, celui qui s'était remis à espérer quand quelques étincelles s'étaient dispersées. Une illusion qu'il n'a pu débusquer. Le ridicule de sa situation ne lui échappe plus désormais. Ainsi, ses attentes sont revues à la baisse. Ainsi, il réapprend à ne plus accorder le moindre crédit aux autres. Et sûrement pas aux menteuses. Le regard glacé qu'il adresse à Solveig ne lui est pas entièrement dédié. A dire vrai, elle ne fait que payer pour Ellie. Chaque visage féminin rencontré le renvoie à sa nouvelle plaie. Chaque détail dans un décor familier le ramène à Elle. Les souvenirs s'empilent dans chaque recoin de la ville mais le pire d'entre eux lui sert de foyer. Des spectres s'articulent à son insu, des échos mémoriels qui lui rappellent ce qu'il a perdu. Ce qu'il n'a même jamais trouvé au final. Une malédiction ancestrale et une peine qui pèsent mal sur ses épaules faiblardes. Le mensonge de la mafieuse a sectionné totalement ses tendons alors qu'il cherchait péniblement à se relever ces derniers mois, années. La main qu'elle lui a tendu et à laquelle il s'est raccroché, s'est transformé trop rapidement en poing. Battu à mort, il se réapproprie le sol et goûte une nouvelle fois à la poussière.

La surprise de son acolyte chasse la sienne, la fausse indifférence est sollicitée sur les traits du norvégien. La colère pulse contre ses tempes, la seule émotion qui le préserve d'une totale apathie. Les excuses de la trafiquante volent au-dessus de sa tête, insignifiantes. Des balbutiements inutiles. Maintenant que la vérité lui a été révélée à son sujet, la compassion semble sommairement envolée. Elle aussi, elle n'a fait que se servir de lui. Le faciès crispé et la langue si prête à recracher son acidité, il hésite, néanmoins, sur la marche à suivre. Certes, sa petite minute d'égarement mental lui a coûté l'option la plus facile mais il n'est pas trop tard pour prendre le large en l'ignorant sciemment. Quelque chose le retient pourtant. Quelque chose de primitif. Le besoin d'obtenir ce faux remède. L'envie de répliquer aussi, de chercher à se décharger de tout ce mal être qu'il entretient si bien. « Tu peux te les garder tes excuses, Solveig. Même si elles étaient sincères... » Ses prunelles inquisitrices la dévisagent longuement avec antipathie. « Ce dont je doute vu ta situation actuelle. A te voir gambader ainsi dans les rues pour vendre les récoltes de tes petits pillages, laisse-moi exprimer ma réserve sur ton prétendu remord... » Sa joue tressaute devant l'ironie. « Tes excuses ne m'intéressent plus alors ne gaspille pas ta salive. » Son timbre inflexible jure atrocement avec ses intonations d'autrefois. Quand la métamorphe apparaissait désarticulée sur le seuil de l'hôpital et qu'il s'empressait de lui porter assistance. Il assume pleinement ce revirement et tait l'anxiété qu'elle a pu susciter en lui échappant avec la marchandise. Naïvement, avant de la juger, il s'était mis à la plaindre. Aujourd'hui, il ne veut pas refaire les mêmes erreurs.

Bien forcé d'étouffer ses quelques relents d'affection pour la jeune femme, il poursuit sur sa lancée. Le ton emprunt d'égard de la scandinave ne l'aide pas à faire abstraction de leur étrange relation faite d'une compréhension mutuelle tacite. Plus méfiant que jamais devant la trahison, l'infirmier réplique à nouveau sans la moindre délicatesse. « Depuis quand ça t'intéresse, hein ? Ça ne te regarde pas à ce que je sache. » Sans se départir de cette intransigeance et de cette froideur, Ezra la toise avec sévérité. Ses doigts relâchent les quelques billets qu'il agite nerveusement au fond de sa poche pour pointer son index sur la silhouette voisine. « Ça non plus, ça ne te concerne pas. Tu n'es pas en droit de me réclamer une explication. Sûrement pas au vu de ta petite activité professionnelle et encore moins après que tu te sois royalement foutue de moi. » Un ricanement lui échappe. Amer et las, il finit par faire retomber mollement son bras contre son flanc, les pupilles s'orientant déjà sur un autre détail.

Le bandage qu'elle resserre occupe une place tout à coup, importante dans cette mauvaise scène. Un léger trouble dérange l'expression crispée du damné. Au fond de lui, il sait qu'elle agit sous l'influence néfaste de son frère. Il sait qu'elle court après l'ambition de son aîné. Et il sait qu'elle n'en récolte trop souvent que des blessures tantôt physiques, tantôt psychologiques. Son attendrissement choisit un bien mauvais moment pour se manifester. Durant une poignée de secondes, la voix instable et le regard tyrannique s’adoucissent. « Je vois que tu n'as encore rien appris sur l’auto préservation depuis notre dernière rencontre. » A quelle vitesse peut-elle ainsi s'empresser d’abîmer sa chair pour penser mériter la tendresse fraternelle ? Il se reconnaît dans cette attitude extrême, dans cet amour inconditionnel pour le dernier membre d'une famille décomposée. Porté par son passé, il exécute un pas dans sa direction avant de s'immobiliser brusquement. Non, il ne doit pas la rabibocher. Ce n'est pas Sven qu'il fixe. Et quand bien même, a-t-il déjà pu se sauver lui-même ? Un soupir brise toute dualité. Irrité, son souffle reprend ses accents courroucés. « Tu as la marchandise, oui ou non ? » L'impatience gronde tandis que les bras se croisent sur la poitrine. Barrière fictive pour contrer toute émotion humaine.

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Mer 19 Oct - 0:01


See you at the bitter end
Every step we take that's synchronised. Every broken bone reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. ••• Elle ne s'était pas attendue à des retrouvailles heureuses, souriantes. Finalement, elle ne s'était pas attendue à de quelconques retrouvailles. Elle n'était pas prête. Tout arrivait si soudainement. Néanmoins, revoir le visage d'Ezra la poussait de nouveau aux regrets. Des regrets qui la bouffaient de l'intérieur et contre lesquels elle ne pouvait rien. Elle aurait dû le revoir bien plus tôt, s'excuser bien plus tôt, plutôt que de tout laisser couler pendant des mois, sans oser faire quoi que ce soit. Parce qu'ils se retrouvaient dans une telle situation après. L'homme face à elle n'était plus celui qu'elle avait connu. Ses traits étaient plus tirés, ses yeux glacials, haineux, son ton acerbe et violent. Certes, il ne pouvait pas être considéré comme la personne la plus gentille du monde mais c'était tout de même le grand écart avec ce qu'elle avait connu. Comme si l'ancien Ezra était mort. Que s'était-il passé durant tout ce temps ? Il ne semblait pas détruit par la drogue comme pouvait l'être son frère. La jeune femme ne savait que penser tandis que son regard perdu le détaillait. Elle aurait tellement aimé pouvoir lui tendre la main. Elle aurait tellement aimé ne pas avoir à faire ce qu'elle avait à faire. Elle aurait tellement aimé garder son amitié. Elle aurait tellement aimé ne pas avoir le comportement de garce qu'elle avait eu. A détruire la confiance qu'il avait plus ou moins consciemment. C'était tellement une plongée dans l'inconnu qu'elle avait effectuée à ce moment-là. La seule personne à qui elle s'était réellement confié au sujet de sa relation avec son frère. Et le désastre de sa vie en général.

Les mots qu'Ezra lui balança eurent l'effet d'une claque sur la jeune femme. Violents. Froids. Pourtant, aucune réaction ne se dessina sur son visage. Elle adopta sa position « tortue ». Celle où elle peut tout se prendre mais dans laquelle elle parvient encore à contenir les émotions au fond d'elle-même. Et là... Elle avait juste envie de vomir ses tripes. Pourtant, elle savait à quel point l'homme avait raison. Evidemment. Elle vivait très bien de toutes ses ventes. Elle adorait son boulot. Elle faisait ça parce qu'elle trouvait que voler était la meilleure chose au monde. Qu'importait. La suédoise avait été en tort tout du long. Jamais elle n'aurait dû se lier avec l'infirmier. Jamais elle n'aurait dû croire que ça l'aiderait à s'en sortir. Jamais... Ca avait été tellement une erreur de sa part. Pourquoi chercher l'équilibre plutôt que le chaos ? Puisqu'à l'évidence, elle se complaisait et survivait très bien dans ce dernier. La jeune femme serra les dents, les poings. Ne pas réagir. Juste, ne pas montrer à quel point cela lui faisait du mal. Ne pas lui montrer à quel point elle tenait à lui mais qu'elle n'avait jamais su comment le lui dire réellement. Parce qu'elle avait laissé son frère la diriger. Et qu'il la dirigeait encore.

Elle avait demandé comment il allait, pourquoi il avait besoin du vaccin. C'était venu naturellement, tout comme l'inquiétude qu'elle ressentait à son encontre. Inquiétude qui était encore présente malgré chaque mot qu'il prononçait, malgré son visage figé dans le marbre. Elle cachait tout parce que c'était bien plus simple que d'essayer d'expliquer ce qu'elle ressentait. Parce qu'étrangement, elle savait que faire confiance à quelqu'un, vouloir un ami, c'était impossible dans le monde tel qu'il existait aujourd'hui. Elle n'était pas en droit de le faire en tant que dealeuse. Puisque son boulot était d'offrir un échappatoire destructeur et éphémère à des gens enchaînés. Son boulot, c'était de les tuer à petits feux parce qu'ils n'étaient plus capables de supporter leur vie. Son boulot, c'était tout simplement de cacher la mort derrière un plaisir relatif. Pourtant, elle ne pouvait se résoudre à ne pas penser à toutes les conséquences que cette vente précise aurait. Parce qu'elle s'inquiétait pour Ezra. Parce qu'au fond d'elle-même, elle l'appréciait réellement. Et qu'elle avait perdu un ami à cause de toutes ces conneries.

La douceur de la remarque suivante la fit sursauter. Et elle rangea dans la seconde suivante ses mains dans ses poches. Elle ne savait pas ce qui était le pire. Qu'il lui balance toute la haine qu'il portait en lui ou qu'il s'inquiète encore pour elle. Evidemment, elle aurait préféré que ce soit la seconde option. Qu'elle puisse enfin expliquer son geste. Qu'elle puisse tout dire. Néanmoins, finalement, c'était encore pire. Cela la tirait encore plus dans le gouffre. Elle s'enfonçait seconde après seconde. Ses joues avaient perdu le peu de couleurs qu'il leur restait. Heureusement que les ténèbres les entouraient que cela ne devait pas les remarquer des masses. Du moins, la jeune femme l'espérait. Car Ezra ne devrait pas avoir d'hésitations à utiliser tout ce qu'il voyait pour déverser ses propos acerbes. Enfin, il reprit rapidement son autre masque et lui demanda, agacé, si elle avait ce qu'il recherchait. Evidemment, il lui en restait quelques doses mais... Elle ne voulait pas les lui mettre entre les mains, ce serait beaucoup trop dangereux...

« Ca ne me regarde pas mais rien ne m'empêche de m'inquiéter pour toi. Et qu'importe que mes excuses ne t'intéressent pas, elles sont sincères alors elles seront prononcées et ce, autant de fois que nécessaire pour t'atteindre. Tu peux toujours essayer de me faire faire le contraire en me balançant ta haine dans la gueule, ça ne fonctionnera pas. »


Comment parvenait-elle à réagir ? Comment parvenait-elle à garder la tête à peu près haute alors que son cœur battait douloureusement, explosé en mille morceaux ? Comment pouvait-elle... Juste être encore debout ? Elle serrait les poings dans ses poches, au point que les ongles transpercèrent la chair, la blessant un peu plus. La douleur physique eut au moins pour effet de faire disparaître en partie sa fragilité émotionnelle. Bon, ça c'était ce qu'elle voulait faire croire, une fois de plus. Alors qu'elle était toujours à vif. Toujours avec cette envie de lui balancer tout ce qu'elle ressentait à la gueule. Il n'y avait aucun sentiment amoureux et pourtant, c'en était presque plus dur pour elle. Parce que contrairement à Niklas, elle avait rencontré Ezra quand tous ses contacts avec le monde extérieur avaient été coupés. Quand elle ne savait même plus comment se comporter en société, comment apprécier les gens, comment vivre.

« Je réclame ce que je veux. Et c'est parce que tu m'as tellement soutenue que je ne peux pas te laisser cette drogue sans te poser la question. Sans me poser la moindre question. Et je ne me suis jamais foutue de toi ! Je... Je ne savais juste pas comment dire... Comment parler de tout ça... »

Elle passa sa langue sur ses lèvres sèches. Sa mâchoire tiqua légèrement, tendue à souhait. En fait, tout de suite maintenant, la jeune femme ne pouvait pas bouger d'un pas. Si elle le faisait, elle n'était pas certaine de tenir debout bien longtemps. Et s'effondrer devant Ezra était la dernière chose qu'elle voulait. Finalement, elle ne voulait pas voir sa semi-pitié. Et puis, si cette haine qui lui portait pouvait le maintenir debout... Ce serait une bonne chose avec le comportement de merde qu'elle a eu.

« Je te considérai comme un ami. Et je ne peux pas regarder un ami se perdre dans les méandres de la destruction en croisant les bras. »


Elle avait mis des mots sur ce qui l'avait habité depuis longtemps. Oui, il était un ami. Et, en même temps, elle n'avait jamais su comment lui avouer ce qu'elle faisait. Par peur de détruire la base fragile qu'elle était parvenue à construire après maints tremblements. Par peur de la réaction de son frère s'il apprenait qu'elle en avait parlé à quelqu'un, un homme de surcroît. Par peur juste. Parce qu'elle était effrayée de tout. D'absolument tout. Néanmoins, elle passa sous silence la partie concernant l'autopréservation. Elle avait besoin de se détruire pour se sentir vivante. Et puis... Cela n'importait à personne son état. Son regard se fit légèrement plus dur tandis qu'il s'enfonça dans celui d'Ezra. Et son accent ressortit un peu plus dans les mots suivants.

« Je ne te la vendrai pas. »

A ce moment-là, elle savait qu'elle jouait avec le feu. Même si dans son esprit, c'était plutôt lié au fait qu'elle ne demanderait pas d'argent en échange. Enfin, elle assumerait ses mots quelle que soit la réaction d'Ezra. Aussi violente soit-elle.

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Ven 21 Oct - 1:40

Les failles s’alignent, une constellation adroitement projetée sur un regard obscurci. Les ombres se déclinent sur les mains qu’elle enfouit très vite au fond de ses poches. Une honte grossièrement et hâtivement camouflée, sans autre forme d’exécution que l’impulsivité.  Avec pour seul rempart, un textile qui ne protège aucun secret. L’infirmier a déduit bien trop vite le schéma dans lequel Solveig s’est enfermée. L'ancien urgentiste préférerait justifier un tel comportement par les petits vols à perpétrer. Pourtant, ses actes d’autodestruction ne semblent pas être qu’un simple prétexte à son ambition. Personne ne peut s’adonner à autant de masochisme pour servir sa propre avidité. Tout son être réclame la douleur, le danger. La chute. De bien des manières, elle survit par la souffrance. Et de bien des façons, il peut se retrouver par écho dans cette vision chaotique. Même si lui ne fait pas preuve du même courage, même s’il ne va pas encore jusqu’à cette extrémité, la mutilation. Ses pensées s’orientent trop naturellement vers son frère. Lui aussi ne cesse d’emprunter ce faux chemin qui ne mène absolument à rien. Les traits dérangés par ces annotions mentales, le scandinave s’acclimate mal au silence précédant la réplique. Sa froide détermination se craquelle. L’envie de déserter cette parcelle de bitume s’étend, contamine chaque muscle. Il se tient prêt au repli alors que la langue de la changeuse se délie abruptement. Les mots sont réceptionnés avec aigreur. Un ricanement lui échappe à quelques reprises tandis qu’il la laisse poursuivre, troquant son mépris pour une indifférence totalement factice. Elle se décompose à mesure que les paroles heurtent le damné. Un spectacle qu’il supporte mal. Chaque manifestation émotionnelle, peu importe sa nature, l’atteint avec une dimension nouvelle. Tout lui fait mal depuis que l'américaine est partie. Chaque détail l’écorche, le renvoie à sa propre détresse. Déployer son insensibilité ne lui est plus permis quand bien même il la feint avec toute l’énergie dont il dispose.

Ainsi, les propos et l’attitude démantelée de son interlocutrice provoquent une succession de sentiments tous plus difficiles à encaisser les uns que les autres. Et le norvégien, bien incapable de se maitriser, n’a besoin que de la négation pour imploser. « Pardon ? » Il fait un pas vers elle, les prunelles ternies par le chagrin, habillées désormais par sa folie. « Tu refuses de me la vendre sous quel prétexte, Solveig ? Que tu t’inquiètes pour moi ? Ne me fais pas rire. Pitié, tu me crois aussi naïf que ça ? Tu penses que je vais réussir à gober tous tes mensonges avec docilité ? » La sauvagerie remplace la froideur quelques instants sur son visage à l’expression de plus en plus fragmentée, incertaine. La créature au fond de ses entrailles remue. Depuis des jours, elle cherche un exutoire. Ezra saisit les raisons pour lesquelles Kyran se livre à des combats morbides. Lui-même a toujours lutté, a toujours appris à contenir autant que possible cette violence naturelle enfouie, ne sait plus quoi en faire maintenant. Le monde entier le répugne, il déteste des sons qu’il perçoit aux odeurs qu’il cueille. Aux regards qu’il croise. Tout est dérangeant. A commencer par l’existence elle-même. Celles des autres principalement - surtout celles qui l’obligent à contempler un peu plus ardemment la sienne. La mafieuse en est l’incarnation. Il la maudit pour ça. Pour ce qu’elle réveille en lui sans même le vouloir ou le savoir.

Si les syllabes ne franchissent pas ses lèvres, il peut oublier de respirer. Il peut simplement se briser à ses pieds, lui révéler chaque degré de son infortune. A ce reflet parfait, il pourrait peut-être se confier. Il pourrait lui concéder assez de vulnérabilité pour rétablir un lien qu’elle a pourtant brisé en s’échappant. Peut-être qu’il aurait pu lui pardonner si la trahison de son ancienne amante ne hurlait pas à ce point en lui. Des cris déstabilisant le squelette, fendant les os. Alors il articule son acidité pour subsister dans un monde où il n’accordera plus cet ascendant à quiconque. D’un mouvement vif, brutal, il attrape le bras de la trafiquante, oblige sa paume mutilée à quitter son refuge fait de tissu pour l’exposer à son regard inquisiteur. « Regarde-toi, à serrer ta main blessée pitoyablement au fond de ta poche, à agir avec fragilité. Tu t’imposes cette vie toute seule, tu penses que je vais te plaindre encore une fois ? Tu as fait ces choix et tu les assumes à peine. Depuis quand les revendeurs de drogues se permettent le sentimentalisme ? T’as besoin de fric apparemment, sinon tu n’irais pas voler les hôpitaux. » Il la relâche avec la même brusquerie et un dédain bien trop marqué. Les noms se confondent dans son esprit, les situations aussi. Quand il la fixe, il ne voit déjà plus qu’Ellie. La douleur devient impérieuse, implacable. Elle dessine davantage de démence sur ses traits. « C’est vrai, je t’ai soutenue. Je ne t’ai même pas dénoncée alors que tu m’as pris pour un parfait crétin tout ce temps. Tu ne savais pas comment me parler de ça ? Tu ne voulais pas. Ça t’arrangeait juste mieux de couiner sur mon épaule pour mieux dérober, par derrière, les médicaments dont tu avais tant besoin. Garde tes faux bons sentiments pour toi. J’en ai rien à faire de ta prétendue amitié quand on voit comment elle s’est terminée. Puis s’il te plait, tu oses me parler de sauver quelqu’un de sa déchéance. Tu es la plus pathétique de nous deux. Qui  penses-tu pouvoir aider ? Tu ne sais même pas te protéger toi-même.  » L’envie de la bousculer le prend aux tripes. La secouer, la malmener. Une part de lui bien présente, d’ordinaire si bien contrôlée. Tout son sang-froid se rompt, toute sa retenue, toute son humanité. Il se retient néanmoins d’aller au bout de ces pulsions ravageuses. Parce qu’il ne pourrait pas se le pardonner. Parce qu'il s'agit de Solveig. Pas d'une inconnue.

La voix vient très vite combler ce manque d’action, il espère presque qu’elle y réagira avec l’agressivité qu’il ne peut lui-même manifester. A défaut d’être le tortionnaire, il aimerait être la victime. N’importe quel coup qui puisse le détourner de la peine psychologique. « J’étais là pour toi, c’est vrai. Et je pense qu’il est bien trop tard pour oser me sortir le principe de réciprocité. Tu as perdu cette crédibilité. Et je ne suis pas ton jouet, Ellie. » Le prénom coule trop vite entre ses lippes. Il ne supporte plus sa sonorité, son évocation. Sa seule présence, sa signification. Fracturé par cette réalité, il comprend tout aussi vite son erreur et tente de la réparer, en vain. « Solveig. » se corrige-t-il d’un souffle hachuré par sa panique. Livide, il recule de plusieurs pas, une main glissant sur son faciès corrompu par l’affliction.  « Je ne veux pas me justifier. Je veux juste ce maudit vaccin. Et je te paierai le double si ça peut te faire plaisir. » Une abdication dans le timbre instable et sur le fond. Il est prêt à tout lui donner pour qu’elle le laisse repartir avec ce qu’il souhaite. Le plus rapidement possible. Avant qu’il ne fasse d’autres dégâts.

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Sam 22 Oct - 3:36


See you at the bitter end
Every step we take that's synchronised. Every broken bone reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. ••• Certains mots n'auraient pas dû être prononcés. Et, une fois de plus, Solveig regretta de ne pas s'être enfuie. Elle était capable de supporter les insultes, les coups, la douleur. Mais les ricanements... Evidemment que cela la blessait plus qu'autre chose. Cependant, elle n'osait pas y répliquer. Elle n'osait pas dire tout ce qu'il y avait au fin fond d'elle-même. Lorsqu'elle avait dit qu'elle ne savait pas comment en parler, c'était la vérité. Il était arrivé dans sa vie tel un cheveu sur la soupe. Il s'était inquiété pour elle. Il l'avait mis suffisamment en confiance pour qu'elle livre une partie de son histoire. Mais, bien sûr, il aurait fallu qu'elle dise tout. Il aurait fallu qu'elle donne tous les détails de ces deux cents cinquante dernières années. La jeune femme savait qu'elle était en tort sur de nombreux points. Elle savait qu'elle aurait dû tout lui dire. Ce qu'elle faisait. Avant qu'il ne la prenne dans la main dans le sac. Et elle n'avait pas besoin de ses ricanements pathétiques pour le savoir. Enfin, il ne pourrait jamais se mettre à sa place, comme elle ne pourrait jamais se mettre à la sienne. Ils étaient chacun dans leur bulle, souffrant de la présence de l'autre comme de son absence. C'était con, leur relation était purement amicale, ils n'avaient pas besoin d'être si... Appréciés. Et pourtant Solveig se sentait réellement mal depuis sa fuite. Parce qu'elle avait perdu son ami et confident.

Même s'il lui fit gentiment comprendre d'aller se faire foutre. Il se rapprocha, elle eut un mouvement arrière. Léger, imperceptible. Comme pour se protéger de la haine qu'elle lisait dans les prunelles noircies d'Ezra. Encore une fois, les mots se glissèrent dans ses oreilles, entrèrent en contact avec son cerveau, broyèrent son cœur un peu plus, si c'était encore possible. Et elle resta droite sur ses jambes, sans vaciller, sans tituber. Comme un phare au milieu d'un océan déchaîné. Sauf qu'elle ne brillait plus depuis bien longtemps. Abandonnée sur son petit promontoire de terre. Avec pour seule compagnie le fracas et la solitude. Elle aurait dû se taire. Pourtant, sur le coup, elle s'était presque sentie bien d'être parvenue à poser des mots sur les sentiments. Et il venait de faire s'écrouler le château de carte déjà branlant. Putain... Ses poings se serrèrent un peu plus au fond de ses poches. Elle voulait hurler. Elle voulait hurler comme elle ne l'avait jamais fait avant. Juste pour faire taire ce que son esprit lui disait. Juste pour faire taire cette peur dans ses entrailles. Juste pour faire taire le monde autour d'elle.

Son bras blessé quitta brutalement son antre de tissu pour retrouver l'air libre. Un petit couinement de douleur passa la barrière de ses lèvres. Pourquoi était-il aussi violent ? Il n'avait pas besoin de lui arracher à moitié son avant-bras juste pour révéler sa blessure au grand jour. Elle serra les dents. Pour ignorer la souffrance. Mais aussi passer outre les mots. Oui, elle était pitoyable, elle le savait bien. Néanmoins, pourrait-il la comprendre un jour ? Elle s'imposait cette vie. Et alors, qu'est-ce que ça pouvait bien lui foutre ? Il venait clairement de dire qu'il s'en battait les couilles d'elle, pourquoi ressortir son auto-destruction au grand jour ? Parce qu'il voulait se rassurer sur le fait que lui n'était pas encore là ? Après, la jeune femme n'avait pas envie d'aller plus loin dans ses explications. Puisqu'elles étaient liées à son frère. Il ne pouvait pas savoir ce que c'était que d'avoir tout perdu, d'avoir fini en animal pendant des siècles, d'avoir vécu le meurtre d'un membre de sa famille et le suicide d'un autre. Il se concentrait seulement sur ce qui l'avait blessé. Sa trahison. Sans jamais penser qu'elle-même pouvait l'avoir vécu aussi mal que lui. Tout en sachant que c'était de sa faute. Ce devait être là la principale différence. Elle était coupable de ce qu'il s'était passé, donc elle ne pouvait rien dire. Elle ne pouvait pas se plaindre parce que c'était elle qui était en tort.

Elle encaissa chaque mot. Tout en s'interrogeant sur ce qui avait pu arriver à Ezra. Elle était ainsi. Prête à tout supporter, tant qu'elle pouvait être certaine que la personne face à elle irait mieux. Et ce n'était pas le cas du jeune homme. Quelque chose s'était passé et il fallait qu'elle mette le doigt dessus. Néanmoins, Solveig se doutait bien qu'il ne dirait rien. Non, ils étaient en train de se détruire mutuellement en ce moment-même. Pourquoi faire des confessions ? Se protéger... Une chimère qu'on lui balançait sans cesse à la gueule. Elle devait être plus égoïste. Elle devait penser à elle avant tous les autres. Elle ne devait pas se laisser manipuler et embarquer. Elle devait être heureuse. Puisque personne ne l'aiderait elle alors, pourquoi autant s'attarder sur les autres ? Pourquoi vouloir les aider à s'en sortir alors qu'elle n'était pas capable d'arrêter sa propre déchéance ? Une partie de la réponse serait qu'il y a suffisamment de connards sur cette terre, suffisamment d'égoïstes pour ne pas qu'elle s'y rajoute. Alors oui, elle continuerait certainement d'être stupide. Parce que les aider lui donnait l'impression de ne pas s'attarder sur ses propres problèmes. Problèmes qu'elle n'avait pas la force de régler.

Trop tard... Il l'était certainement. Comme le nom qu'il prononça. Ellie. Alors il y avait une femme dans cette histoire. Alors, elle était en train de se faire considérer comme une sous-merde parce que Monsieur avait des soucis d'ordre sentimental. Parce qu'elle était là au mauvais moment. Parce qu'il avait voulu venir chercher sa drogue dans un état aussi déplorable que celui-là. Et à cet instant, Solveig se retrouva entre deux eaux. D'un côté, elle voulait le comprendre. De l'autre, elle aurait pu faire la même chose au vu de sa propre vie. Non, elle ne pouvait plus le comprendre. Il lui faisait la morale et, finalement, il était autant dans la merde qu'elle. C'était tout le paradoxe de leur discussion. La jeune femme voulait le secouer un bon coup. Lui rappeler, qu'étrangement, elle était aussi humaine donc oui, elle avait fait des erreurs, oui, elle les assumait mais non, elle ne souhaitait pas se faire descendre à cause d'une autre.

Il recula, repartit sur un autre sujet de conversation. Mais la suédoise n'arrivait pas à se raccrocher. Elle était en chute libre, avait des haut-le-coeur de plus en plus rapprochés. Bordel, si seulement elle avait pu vomir, ça lui aurait fait du bien. Sauf que ce n'était pas possible. Elle fixait Ezra sans le voir. Ses doigts tremblants essuyèrent ses joues. Les larmes avaient fini par couler. Sans qu'elle ne le sente. Les quelques pas qu'il avait fait pour se séparer furent engloutis par les jambes de Solveig. Sans prendre le temps de réfléchir, elle lui asséna une droite magistrale. Qui lui fit certainement plus mal à elle qu'à lui. La douleur remonta le long de son avant-bras, les gouttes de sang perlèrent de sa blessure qui n'était pas encore complètement cicatrisée et elle s'écarta en titubant. Les nausées l'avaient repris et elle ne tenait plus debout. Son épaule heurta le mur en pierres d'un bâtiment et elle s'adossa à celui-ci, s'autorisant enfin à parler.

« Tout ça à cause d'une femme... Et c'est moi la plus pathétique dans cette histoire ? Regarde-toi dans un miroir bordel. Tu finis par ne même plus avoir toute ta tête. »


Les mots sortaient hachés, accordés à son visage ravagé par les émotions. Les larmes continuaient de couler sur ses joues déjà humides alors que ses prunelles n'étaient remplies que de vide. Tout ça pour ça. Tout ça pour n'être finalement comparer qu'à sa chère et tendre certainement, qui s'était barrée sûrement. Elle grimaça, glissa ses doigts ensanglantés dans ses cheveux. Elle n'était plus à ça près de toute façon. Son souffle brisé, elle aurait voulu être partout sauf ici. Parce qu'elle venait certainement de signer son arrêt de mort avec son acte. Comme si cela lui importait dans tous les cas.

« Tu crois quoi, qu'un dealeur se doit d'être sans cœur et de juste faire du fric ? Hé bien tu as raison. Sauf que moi je suis suffisamment conne pour faire passer mes sentiments avant quand ils sont là. Parce que si tu  veux crever, le moyen le plus rapide c'est de te pendre, de te taillader les veines, de t'ouvrir la gorge, de te tirer une balle dans la tête, de te jeter à l'eau avec des poids autour des jambes. Et ça, je ne pourrai pas t'empêcher de le faire. En revanche, je peux faire en sorte que tu ne t'empoisonnes pas avec de la drogue. Alors je le ferai. »

Bordel, elle n'était même pas certaine que ses mots soient compréhensibles avec les sanglots et les nausées qui montaient à intervalles réguliers. En fait, la jeune femme était presque étonnée de ne pas encore s'être évanouie. Elle ne pensait pas être capable de supporter autant de pression, de douleur, d'insultes. Aujourd'hui, elle avait la preuve du contraire. Même si elle aurait préféré ne jamais le savoir. Jamais.

« Je ne t'ai pas pris pour un crétin. Et il n'y a jamais rien eu de faux. J'assume ce que j'ai fait. Et c'était complètement stupide que de penser avoir trouvé quelqu'un avec qui discuter. Ca n'aurait jamais dû arriver. Les vols auraient dû continuer, sans personne d'impliquer. Mais tu t'es foutu là. Et j'ai été me détruire sur la lumière que tu dégageais. Après, évidemment, moi, je n'en ai pas souffert de mon comportement. »

Elle avait envie de se recroqueviller, de se rouler en boule et qu'il lui foute la paix. Puisque, finalement, aujourd'hui, ils ne devaient plus être capables de s'entendre ou de se comprendre. Il la blâmait pour tout, sans avoir tort, mais sans penser à ce qu'elle avait pu ressentir. Comme elle l'avait trahi, tout ça n'aurait dû être qu'un jeu pour elle. Comme si la vie était si simple. Comme si la vie était simplement binaire. Comme si...

« Tu n'auras pas le vaccin. A moins que tu ne me tues et que tu le prennes sur mon corps. Ca arrangerait tout le monde que tu le fasses, toi le premier, non ? »

Elle finit par se laisser glisser contre le mur, posa son cul par terre et essaya seulement de contrôler ses émotions. Contrôler son cœur brisé, qui fonctionnait malgré tout. Contrôler les larmes. Contrôler la douleur et la brûlure qui remontaient dans ses avant-bras. Qui lui rappelaient qu'il n'y avait pas que cette blessure à la main. Mais aussi toutes celles qu'elle s'infligeait en continu. Malgré la morale que lui avait fait Ezra à l'époque. Une époque bien lointaine maintenant...

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Mer 26 Oct - 23:41

Il est toujours là entre eux, sous sa peau, encastré dans sa rétine. Un autre cœur pour palpiter entre deux carcasses. Un organe invisible qui se nourrit allégrement de son propre pouls pour survivre à la seconde suivante. Un spectre qu’il traine, un filtre pour son regard éploré. Il n’a pas besoin de tendre la main pour effleurer le fantôme, pour percevoir cette présence quasi absolue. Un prénom s’écorchant contre ses lèvres, à l’endroit exact où les siennes se posaient autrefois. Un temps qui s’allonge, des éternités pour les séparer. Des promesses démantelées à récolter sans cesse dans les échos qui perturbent à chaque instant sa démarche. Déconstruit par l’oubli qui tarde à reposer l'esprit fragmenté. Ellie subsiste malgré sa prise de conscience soudaine, elle persiste dans ce décor qui n’offre aucun réconfort. Elle est toujours là pour le faire crever de trop de mémoire, engendrant une fatigue toujours plus brutale. Il est épuisé de courir après son souvenir sans jamais réussir à le recueillir tout à fait. Des images qui se superposent, un ensemble de diapositives pour une finalité trouble. Egaré une fois de plus après l’interrogation balancée sans délicatesse, absent pour le pire d’une scène qu’il a pourtant initiée. Son intérêt décline dans la faiblesse qu’il vient d’avouer. Quand le résultat tombe, la surprise le désarçonne quelques instants. Le poing se fiche dans la joue, le corps recule mécaniquement, la tête emportée par l’assaut. Une main glisse presque immédiatement contre la pommette malmenée. Le choc laisse d’abord place à une froide indifférente, un mécanisme qu’il s’est forcé à adopter pour se préserver d’une violence torturant l’enfant qu’il a été et sera toujours. Le vide pour seul compagnon alors que son ancienne protégée se décompose sous ses yeux glacés. Prendre des coups, c’est presque une seconde nature pour lui. Pour eux. Quelque part au milieu des limbes, Kyran parvient à le ramener à cette réalité qu’il voudrait fuir, abandonner. Penser à lui ramène l’homme, il délaisse la bête.

Son masque se craquelle. La détresse palpable de son opposé lui est douloureuse parce qu’elle ne semble être à nouveau qu’un miroitement de ce qu’il est, de ce qu’il ressent. Il aimerait pouvoir l’imiter, s’effondrer, épancher cette peine qui se nourrit de sa faible lucidité, pourrit aux creux de ses entrailles, le traine au sol comme un misérable animal. Le fiel revient succinctement alors qu’elle articule ses mots. Il y répond avec animosité, les dents serrées, l’air sifflant désagréablement. « Ne parle pas de ce que tu n’es pas en mesure de comprendre. » Lacéré, son thorax tient mal en place. Il se surprend à relever un bras pour compresser brièvement les brèches. Les sanglots de la dealeuse lui sont insoutenables, il a l’impression de s’émietter à chaque son qu’elle produit. Et il est l’instigateur direct de ce chagrin, la cause à cette débâcle émotionnelle. La culpabilité remonte déjà le larynx. Toute cette horde de sentiments l’assassine plus rapidement que n’importe quel autre détail alors il se remet à attaquer, pour se donner une fausse impression de contrôle. Sur son propre désespoir, sur celui de son interlocutrice. Mais c’est une illusion. Il ne maîtrise plus rien du tout. Tout juste le ton sec de sa voix voilée. « Toujours d’une ironie sans précédent, Solveig, tu tues des anonymes sans scrupule mais l’idée qu’un visage familier reçoive ce même traitement t’es à ce point insoutenable ? C’est la preuve que tu es d’un égoïsme tout bonnement écœurant et d’une moralité bien douteuse. Mais merci pour les idées, c’est brillant, je vais de ce pas m’immoler par le feu, ça sera plus tragique, plus grandiose. » Un sarcasme qui claque avec froideur ponctué très vite par un soupir ricané. La balle dans le crâne, cette idée a longtemps été la plus attirante. Il a même été jusqu’à s’enfoncer le canon dans la bouche. Mais il est lâche. Bien trop lâche pour ça. Il préfère parier sur la chance, sur l’accident. Peut-être que ça allégerait la souffrance de son frère. De savoir qu’il a tenté d’annihiler ce qu’il est et qu’il en est fortuitement décédé.

Les paupières se replient, la respiration s’appesantit. « Je ne suis pas venu chercher un moyen de me tuer efficacement si ça peut rassurer ton élan soudain d’altruisme. Tu n’auras pas à culpabiliser si j’en crève, ne t’en fais pas pour ta maudite conscience. Tu pourras continuer à vendre tes poisons en toute impunité, sans jamais remettre en question ton éthique. Retourner à ta parfaite petite vie de délinquante. » Le regard revient plus féroce qu’auparavant. Les poings se serrent et se détendent à intervalle quasiment régulier durant une poignée de secondes. « Ha oui tu assumes, j’en doute pas. C’est pour ça que tu as pris tes jambes à ton cou quand je t’ai surprise. C’est l’attitude de quelqu’un qui assume, c’est vrai, pardon. Puis, c’est quoi ce discours ? La lumière que je dégage ? Mais tu es certaine qu’on se connait ? Je crois que tu as confondu. » L’hilarité pourrait s’inviter. La démence pour la sublimer comme trop souvent ces derniers temps, quand il perd le Nord, quand tout ce qui l’entoure ne suscite en lui que l’envie de rire au nez de cette existence méprisée. Au bord de l’hystérie, il se raccroche seulement aux aveux qui blessent un peu plus l’orphelin, met en exergue une solitude si mal assumée. « Moi aussi je pensais avoir trouver quelqu’un avec qui parler ne serait pas une corvée. Mais il a fallu que tu voles tout le stock sous mon nez. Qui est le plus stupide de nous deux ? Celui qui a dupé ou celui qui a été dupé à ton avis ? » Ses intonations s’évanouissent plus calmement, se dispersent en murmures. Les accusations et les reproches gisent à ses pieds, la force le déserte.

Plus de riposte quand il l’observe choir, au bout de sa propre route. L’ironie le rattrape une unique et dernière fois. Il rejette son ultime moquerie dans la nuit. « Bien entendu, j’adore ça, tuer tout le monde. Tu as sans doute été mise au courant. Les meurtres, c’est ma spécialité. » Le crime qu’il n’a pas commis, qui l’a envoyé dans l’arène. Tout ça pour sauver une âme déjà déchue. C’est ce qu’il tente d’intégrer mais pourtant, chaque fibre de son être proteste. Bien incapable de la diaboliser, si démuni devant l’ampleur de son affection pour Elle. Quelque chose s’est produit, quelque chose l’a détruite quand on l’a emporté pour subir ce jugement implacable. Sa plus belle preuve d’attachement, sa plus belle ivresse. Son plus merveilleux cauchemar. Il pense parfois que cette douleur affective est un privilège, dans ces rares moments où il se refuse à la vérité que la doctoresse lui a si sournoisement délivré. Comment aurait-elle pu mentir ? Comment aurait-elle pu le laisser s’approcher d’aussi près si ce n’était que pour entretenir un mirage ? Comme ça de toute évidence, aussi facilement. La place de son aîné dans ce drame ne l’effleure même plus. Même pas. Il n’arrive pas à l’encaisser. Tout comme la scandinave ne peut accuser le poids du crime qu’il lui fait porter. Ce n’est même pas le sien en grande partie.

Habité par une compassion fugace mais vive, Ezra s’approche plus prudemment d’elle et s’accroupit pour saisir sa main maladroitement bandée. Il écarte le tissu et analyse la plaie. « Tu devrais désinfecter ça. » conclut-il seulement en relâchant sa paume. A cette hauteur, plus proche du sol et du chagrin de la métamorphe, l’infirmier renoue plus aisément avec sa sincérité. Lassé de mener un combat perpétuel contre la terre entière, il décide de lui concéder un peu de sa vulnérabilité. Les perles ondulant encore sur les pommettes adverses jouent un rôle décisif dans cette prise de décision. Une part de lui partage cet état. Une part de lui veut aussi s'y abandonner. « Je ne suis pas venu ici pour régler nos comptes. Je n’en ai ni la force, ni l’envie. Tu as décidé de mener cette vie, soit. Laisse-moi mener la mienne. Donne-moi ce vaccin. J’en ai besoin, Solveig. C’est mon dernier espoir. Si je ne l’ai pas… Si je reste… Si je n’essaie pas… » Le souffle se coupe. Le timbre se brise juste un instant. Le temps d’aspirer à nouveau l’air en de grandes bouffées. Il invite leur lien passé dans cette conversation, offre à Sven l’occasion de se manifester. Ses iris se fixent dans celles de la trafiquante. Plus d’affront, plus de colère, simplement une tristesse sans fin, une honnêteté qui l’habille entièrement et contre laquelle il ne peut, ne veut plus lutter. « Je n’ai plus rien à perdre, tu comprends. Plus rien du tout. Alors si ça peut fonctionner… » Ses épaules remontent, retombent aussi vite. Une nonchalance si mal mimée. « Tu ne sais pas ce que je suis. Et tu n’auras peut-être jamais à le savoir si tu me donnes ce foutu vaccin. S’il te plait. » Déjà plus qu’un chuchotement qui se perd. Un aveu qu’il lui offre trop simplement. L’instabilité contribuant à ce revirement. Depuis qu’Elle a quitté son horizon, il ne sait plus vraiment qui il est, encore moins qui il sera. Alors il improvise grossièrement. Et mise tout sur les plus mauvais paris. De toute manière rien ne pourra être pire que ça.

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Dim 30 Oct - 23:15


See you at the bitter end
Every step we take that's synchronised. Every broken bone reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. ••• Combien de secondes, combien de minutes, combien d'heures avait-elle passé à se ressasser les événements ? Cette fuite. Cette course. Aussi, elle se mordait les doigts de l'avoir frappé. Elle lui avait certainement fait mal. Et ça la foutait tellement mal. Déjà qu'elle l'avait trahi. Si en plus elle s'en prenait à lui physiquement... Ses cheveux devenaient poisseux de sang à force qu'elle glissa sa main blessée dedans. En fait, elle s'en moquait mais elle avait besoin de penser à autre chose. De se dépasser du regard haineux que lui offrait Ezra. Finalement, Solveig ne savait plus si c'était à cause de ses actions passées qu'il la détestait ou seulement parce qu'il s'était fait lâcher. Depuis qu'il s'était trompé dans le nom, elle se demandait si leurs retrouvailles n'auraient pas pu être différentes. Bon, elle rêvait certainement. Puisque dans cette histoire, la jeune femme restait en tort et elle ne pouvait pas se permettre de tout mettre sur le dos de cette Ellie. Bien qu'elle aurait aimé. Pour se dédouaner de toutes responsabilités. Pour faire disparaître cette peur et cette douleur qui lui tiraillaient les entrailles. Pour la faire partir. Encore une fois, pour fuir. Juste fuir.

Elle encaissa la première remarque sans broncher. Alors, à ses yeux, elle était réellement une fille froide, indifférente, jouant de la confiance et des sentiments des autres sans avoir de cœur ? A ce point... L'image qu'elle renvoyait aux autres était aussi dérisoire.... Elle n'arrivait même plus à en pleurer, à avoir cette pourriture dans le corps. C'était un constat amer. C'était aussi l'une des raisons pour laquelle la brune n'avait que peu souvent un miroir dans sa salle de bain. Parce qu'elle ne supportait pas son reflet. Elle ne supportait pas de voir le regard vide, la peau tirée, le désespoir ancré dans ses ridules. Ce visage gravé dans le marbre, figé dans une émotion de détachement si réelle... Elle aurait voulu y trouver autre chose. De la tendresse, de l'amour, de la colère, de la haine, de la peur. Tout et n'importe quoi. Mais que ce ne soit pas rien. Que ce ne soit pas... Ca. Qu'on ne puisse pas lui cracher à la figure qu'elle était indifférente, qu'elle tuait des gens en en ayant rien à foutre, tant qu'ils étaient inconnus au bataillon de sa mémoire. Elle était égoïste et possédait une moralité douteuse. Bon, au moins, elle en avait une. Pourtant, ce n'était pas son impression. Après, la jeune femme avait son univers tournant autour d'Isak et seulement lui. C'était un égoïsme particulier donc. En tout cas, ne pas faire d'ironie avec Ezra. Elle avait tenté, un peu en désespoir de cause. Un peu comme dernier recours. Même si ce n'était pas une bonne idée avec quelqu'un de suicidaire. Mais bordel, ce n'était pas son domaine elle ! Elle aurait dû rester dans son coin, sans personne pour lui demander si elle allait bien, sans personne pour s'inquiéter pour sa survie...

Elle serrait les dents au fur et à mesure que le discours continuait. Parce qu'il n'avait pas tort. Mais, qu'en même temps, elle avait envie de se défendre. En même temps, elle avait envie de hurler. En même temps, elle avait de se débattre, de péter un câble. Ce serait tellement bien si seulement elle pouvait le faire. Cependant, la suédoise se contenterait de se refermer un peu plus sur elle-même. Elle refuserait encore plus les contacts extérieurs, se glisserait un peu plus dans la toile d'araignée de son frère. Continuerait sa transformation en pantin. Ses sentiments avaient déjà disparu, il ne lui manquait plus grand-chose pour arriver à n'être qu'un être de bois dénué de toute vie. Bon, de toute façon, elle devait être plus près de ce stade que de celui d'un véritable être humain. La jeune femme n'arrivait même plus à pleurer. Comme si même la tristesse commençait à se détacher d'elle et à basculer dans les méandres des ténèbres. Perdue. Finie. Pourtant, Ezra continua. Rit d'elle et de ses mots. Alors que c'était ce qu'il avait été dans ses yeux. Une petite lumière. Une putain de lumière qui avait ébranlé chacune de ses convictions et chaque parcelle de son caractère. Elle n'aurait jamais dû y succomber. Et elle l'avait fait, pathétique qu'elle était.

Qui avait été le plus stupide ? Peut-être qu'ils l'avaient tous les deux été. Des pauvres cons qui s'étaient retrouvés dans l'autre. Avant que ses conneries à elle ne fassent tout voler en éclats. Et qu'elle continuait de s'écorcher régulièrement avec. Comme si son esprit tentait de réparer un peu désespérément ce qu'elle avait fait. Même si c'était impossible. Les meurtres, sa spécialité ? Oui, elle en avait brièvement entendu parler. Sans prendre conscience que c'était lui. Ca ne correspondait pas au peu qu'elle connaissait à son sujet. Alors elle avait écarté cette possibilité de sa mémoire, laissant penser qu'il s'agissait d'une erreur. Une simple erreur de sa part quant à l'identité de celui qui allait perdre la vie dans l'arène. Les larmes avaient complètement cessé de couleur, les yeux s'étaient à nouveau emplis de vide. Seules quelques traces noires et rouges sur ses joues témoignaient encore de sa crise.

Elle suivit d'un regard morne Ezra s'accroupir, se rapprocher d'elle. Il lui prit la main, retira les bandages et observa ses plaies avant de lui balancer qu'elle devrait désinfecter et se soigner ça. Non, vraiment ? Hé bien, c'était inattendu. Solveig récupéra sa main presque brutalement et se recroquevilla un peu plus contre le mur. Finalement, c'était presque plus dur d'avoir cette putain de tristesse face à elle, cette soudaine douceur et vulnérabilité, tout en sachant qu'elle ne durerait pas et qu'elle se reprendrait son ironie et sa violence d'ici quelques secondes. Et voir cette instabilité face à elle lui renvoyait en pleine gueule ce qu'il y avait au fond d'elle. Ce besoin à la fois d'étreindre le jeune homme et aussi de le détruire. De lui enfoncer de nouveau son poing dans la gueule, qu'importe la douleur qu'elle se prendrait en écho. Ce vaccin, son dernier espoir... Comme combien d'autres avant lui ? Combien d'autres qui finalement n'avaient rien eu d'autres qu'une souffrance bien pire ? Qu'importe ce qu'il était, c'était certainement mieux que de se transformer en une atrocité sans nom. Bien pire que les images de son frère qui hantaient sa mémoire certaines nuits. Mais il continuait. A la supplier presque à chaque mot. Comme si elle pouvait faire ça...

Solveig resta silencieuse quelques secondes. Peut-être quelques minutes. Elle était perdue dans les méandres de sa conscience. D'un côté, son esprit lui ordonnait de lui offrir le vaccin, qu'on n'en parle plus. De l'autre, son cœur rapportait image après image, lui montrait ce qui pouvait en devenir. Et qu'elle ne pouvait pas le condamner. Ne pouvant pas donner de réponses claires et tranchées, la jeune femme se redressa légèrement, se pencha et passa les bras autour du cou d'Ezra pour lui faire un câlin. Certainement la DERNIERE des choses à faire dans leur situation mais la suédoise n'avait pas envie de s'attarder sur ça. Et ce n'était que l'histoire d'une ou deux secondes, rien de plus. Avant qu'elle ne reprenne sa position contre son mur.

« Tu as raison. Je suis égoïste, écoeurante, inadaptée, lamentable, destructrice, vide, sans sentiments. C'est vrai. C'est tellement plus facile d'agir ainsi, de jouer avec les autres. Tu crois vraiment tout ça ? Tu crois vraiment que je prends du plaisir à vendre ses drogues, que je le fais uniquement dans le but de tuer des gens ? Evidemment qu'il y a une différence entre vendre à des inconnus et vendre à des amis... C'est tout ce qui me reste comme sentiments, alors laisse-les moi. »


Et même sa voix avait décidé de ne pas suivre son discours. Elle aurait voulu être en colère, qu'il y ait des envolées agressives, désespérées. Et, au lieu de ça, ce fut monocorde. La jeune femme n'arrivait même pas à mettre la moindre intonation dans ses paroles. C'était froid, sans substance. Au moins, ça corroborait la version et les idées d'Ezra. Il pourrait en être fier, l'enfoncer un peu plus. De toute façon, elle s'en foutait pas mal à présent. Tout était parti. Tout ce qui restait au fond d'elle s'était fait la malle sans qu'elle ne puisse retenir quoi que ce soit. En même temps que les larmes.

« Je culpabiliserai si tu en crèves, même si tu me rabâches le contraire. Et tu voulais que je fasse quoi ? Je ne voulais pas que tu finisses dans l'arène pour supposée complicité de vol si on peut y finir pour ça. Parce que oui, tu étais une lumière. En tout cas, dans mon monde. Et fous-toi de ma gueule autant que tu veux si ça te fait du bien. Je préfère ça finalement, c'était tellement plus connu et commun... »

Ressentir la violence, c'était bien mieux que de s'offrir une pseudo-douceur qui aurait tôt fait de lui rappeler ce qu'elle avait sacrifié, dans quel merdier elle était aujourd'hui. A quel point elle s'attachait à son frère alors que celui-ci la manipulait. A quel point sa véritable identité avait disparu sous les couches d'horreur qu'elle appliquait. Tout ça pour ne pas se retrouver sans Isak à nouveau. Tout ça pour... Ca.

« Ce que tu n'as toujours pas compris c'est que je ne t'utilisais pas. C'est que je le faisais déjà bien avant que tu sois là ou qu'il y ait une quelconque confiance entre nous. Ca aurait dû s'arrêter. J'ai voulu arrêter à ce moment-là... Mais... Isak avait... Toujours besoin de plus... »


Sa voix dérailla légèrement. Elle passa sa langue sur ses lèvres asséchées, tentant de faire disparaître les craquelures. Sans succès.

« Ce n'était pas toi. Tu n'es pas du genre à tuer. Après tout, je suis encore en vie... »

Bon, certes, elle lui avait dit qu'il n'avait qu'à passer sur son corps et donc la buter s'il voulait le vaccin. Mais, d'un côté, elle savait que le Ezra qu'elle avait connu à l'hôpital ne serait pas du genre à le faire. Peut-être que celui-ci si. La jeune femme se releva en prenant appui sur le mur déjà abîmé, rempli d'éclats de pierres, de bois. Comme tous les murs du quartier. Il n'était pas le mieux entretenu, ni le plus apprécié par les dirigeants. Laissé entre les mains de quelques noms. Traversé par les peacekeepers régulièrement. Comme pour y maintenir un semblant d'ordre dans le chaos d'une populace meurtrie et brisée. Pathétique. Et elle explosa son poing encore entier contre le pan de béton défraîchi. Violemment. Suffisamment pour qu'elle y laisse quelques bouts de peau et le rende dans le même état que l'autre. La douleur ne l'atteignit même pas. Pour combien de temps ? Combien de temps avant qu'elle ne se reprenne tout dans la gueule, puissance mille ? Ses yeux observèrent les gouttes rougeâtres perler le long de ses doigts. Elle déglutit avant de reprendre la parole :

« Tu... Tu n'as vraiment plus rien à perdre à ce point ? Es-tu prêt à sacrifier tout, à devenir peut-être pire que ce que tu es maintenant ? J'ai vu certains effets que ce vaccin peut avoir... Et je ne suis pas sûre que ce soit ce dont tu rêves... »

Les images se glissèrent subtilement dans son esprit, se posèrent devant elle dans la réalité. Elle cligna des paupières à de nombreuses reprises, cherchant à faire disparaître ces visions. C'était pour ça qu'elle détestait vendre ces vaccins. Tout cela la perturbait bien plus qu'elle ne devrait l'être. Elle ne devrait pas avoir de sentiments. Elle ne devrait pas en avoir quelque chose à foutre de ses clients... Solveig vacilla légèrement, ancra un peu plus ses pieds dans le sol. Ce n'était pas le moment de chuter.

« Je... Je veux bien te donner le vaccin mais... Tu restes là. Je ne veux pas te voir partir sans avoir la certitude que tu sois encore humain... »

Il avait l'air de se considérer comme autre chose. Quelque chose de monstrueux. Mais, à ses yeux, il restait un être humain, quoi qu'il dise. Et elle voulait s'en assurer de ses yeux. Oh, elle se doutait qu'il dirait non. Néanmoins, il avait besoin de ce vaccin, à un point qu'elle ne pouvait pas comprendre, certes. Et pourtant, elle ne voulait pas le savoir dans la nature à moitié mort parce qu'elle n'avait pas su prendre ses responsabilités. Elle avait bien trop fui. Il était peut-être temps d'arrêter de se faire manipuler, de souffrir sans piper mot. Reprendre sa place et son caractère pourrait être un début... Dommage que ce soit Ezra qui en fasse les frais.

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Dim 6 Nov - 0:17

Son ombre pèse contre ces épaules frêles. Autant d’obscurité à projeter sur une silhouette de plus en plus compacte. Elle ne s’apparente déjà plus qu’à un contour incertain qui se heurte toujours plus à la brique. Elle s’efface sous la pénombre qu’il dessine. Enfant égarée qui tremble sans nul doute autant de rage que de peur contre le goudron. Il lui envie presque ces émotions quand lui-même ne peut goûter qu’à son néant. A s’agiter là sur le bitume, elle semble atrocement humaine. Elle l’est plus que lui de bien des façons. Le reflet jusque-là intact se trouble devant les différences qu’ils accumulent. La solitude revient, plus saisissante encore, plus insoutenable. Tout ce vide pour comprimer sa carrure, tout cet espace vacant, il peut tomber de tous les côtés, plus personne ne sera là pour le rattraper désormais. Cette évidence le transperce, l’oblige à baisser le regard, à collecter les suites de sa dérive en voilant brièvement son visage de sa main droite. Le vertige existentiel se poursuit dans les secondes suivantes. La gravité le rappelle toujours trop brutalement au sol, il ne sait même plus pourquoi il lutte, pourquoi il n’abandonne pas tout simplement. C’est un peu ce qu’il traque ce soir. La pesanteur ou son contraire, un jeu à deux faces. Si ça fonctionne, il pourra défier les lois physiques juste assez pour se réinventer un semblant de vie. Il s’en fait la promesse. D’essayer si l’humanité lui revient. Mais si cette tentative échoue à nouveau. Que lui restera-t-il à accomplir ? Peut-être que le vaccin se chargera lui-même de cette réponse. Il le souhaite si fort. En attendant la délivrance, il se plie aux douleurs muettes et invincibles. Le cœur au bout des semelles, si prêt à être piétiné par tous les passants. Il ne ressent plus la moindre émotion de toute façon.

La fatigue et le désespoir le tirent davantage vers le bas. Le dos courbé, l’expression décomposée, le norvégien succombe à son chagrin contenu peu à peu. La pression qu’elle exerce subitement le désarçonne. Des bras contre ses épaules, une sensation étrange qui le ramène pourtant à l’instant présent. Un geste dénué de méchanceté, un mouvement totalement désintéressé, qu’il ne mérite pas après tout ce qu’il lui a débité. Une douceur qu’on ne lui a plus témoignée depuis ce qui ressemble à une éternité. Le scandinave sent sa volonté se fracturer contre ce contact amical. Il n’a plus la force de maintenir les apparences. Ne possède plus l’énergie nécessaire pour qu’Ezra s’impose. Sven reprend le contrôle, entièrement. Il ne la repousse même pas, n’en a même pas le temps de toute façon. Le froid se réapproprie sa carcasse dès qu’elle recule. Les mots s’enchaînent, il n’y répond même plus. Il se contente de l’observer sans réagir, inerte pour l’heure, la hargne ayant déserté. Il attend de comprendre ce que cette scène lui évoque en dehors de la colère, incapable d'identifier son propre ressenti. La mort dans l'âme.

Le contraste entre le timbre et l’étreinte offerte ne le surprend même pas. Il la laisse exploser, se briser, se blesser sans jamais intervenir, sans jamais sursauter. Comme si toute cette démence lui était naturelle, logique. Une fois qu’elle termine sa tirade, il se relève péniblement à son tour. Les jambes en coton, la lassitude écorchant toujours son organisme. Toujours sans parler, il attrape la paume fraichement mutilée de la métamorphe, glisse le pouce contre le sang coulant le long de son index. « Je trouve ça vraiment triste, Solveig. Que ça soit toi qui me parle de sacrifice alors que tu es piégée dans un engrenage tout aussi destructeur. » Sa voix posée prolonge un peu sa propre mélancolie. Plus calme qu’auparavant, plus abimée aussi sans doute. Ses doigts effacent à nouveau un peu d’hémoglobine alors que ses yeux analysent cette nouvelle plaie. « Tu aurais besoin de points de suture pour ça. » Il relâche sa main prudemment avant de la détailler à la suite. « Non, je ne crois pas que tu sois quelqu’un de détestable. Je pense que tu agis par désespoir la plupart du temps. Et je pense que tu en as bien consciente toi-même. Ce qui rend tout ça encore plus douloureux d’ailleurs sans doute. Le déni te serait plus salvateur, tu sais ? » Lui le sait. Il sait que l’ignorance préserve bien des cris, bien des larmes.

Ses iris azurées trébuchent contre le cruor répandu contre sa chair. Combien de fois a-t-il eu les doigts ensanglantés, combien de fois a-t-il arraché une vie sans la moindre justification ? Combien de fois la violence a commandité ces actes de barbarie ? Combien de fois s’est-il regardé dans le miroir en croyant y voir son géniteur ? La douce folie des Hogan, le penchant pour le vice. Les paroles réconfortantes de son aîné se diluent dans sa mémoire, un souvenir brodé d’une bienveillance qu’il ne peut tolérer. Ses poings se serrent abruptement. Son ténor repart, plus instable encore. « Je n’ai jamais rien été et sûrement pas une lumière pour quelqu’un. Je ne suis pas mieux que ton frère. Et pas mieux que le mien, ça non. Je détruis tout, regarde-toi. Regarde dans quel état tu es. Et ça ne fait pas dix minutes qu’on doit se parler. » La tristesse s’approprie ses traits jusque-là crispés sur sa farouche résignation. « Je suis un assassin. J'ai tué des gens et pour sauver ma peau principalement. Je ne suis pas la personne que tu t’es inventée. Sérieusement, tomber pour complicité de vol ? Tu crois que c'est un motif valide pour quelqu'un comme moi ? Si tu savais ce que j'ai fait, tu n’aurais aucun scrupule à me le donner ce vaccin. » Un léger rire nerveux lui échappe, à mi-chemin entre le sanglot et le ricanement. Un drôle de gazouillis qui ne propage que son mal être. L’infirmier ne craint plus le jugement, il ne s’encombre plus des faux semblants. Il cesse de croire qu’il pourra encore repartir d'ici sans avoir éventré ses secrets, avec l’égo intact. L’amitié improbable que lui témoigne son interlocutrice des actes aux syllabes, a définitivement brisé ses dernières réserves. Sa vulnérabilité prend du relief de minute en minute. Il expulse à peu près tout ce qu’il pense sans filtre. Sans jamais remettre en question ce qu’il lui concède. Il n’en a plus rien à faire. S’il se tait encore, il va sans doute se démanteler pour de bon. Juste là, à ses pieds. Un spectacle pire que ces quelques révélations pour alléger une poitrine de plus en plus fracturée. « Je n’en peux plus, Solveig, ça fait trop longtemps que je survis. Trop longtemps que j’existe sans savoir pourquoi. Je ne sais plus quoi faire maintenant qu’elle... » Les paupières basculent, la respiration se précipite. La main tente vainement d’appuyer à l’endroit où la douleur s’est logée, dans le thorax. Il n'a pas envie de parler de ça. « C’est mon dernier espoir, ce vaccin. Et je ne sais même plus très bien pourquoi je m’y raccroche encore. Mais c’est tout ce qu’il me reste. Quand j’étais encore humain, tout me paraissait plus simple. C’est naïf, c'est stupide mais c'est comme ça. » Il s’apitoie, il se lamente. Il se révèle. Pathétique, égoïste, égocentrique. Des adjectifs qu’il s’attribue mentalement. Mais à quoi bon se chercher des qualités inexistantes de toute façon ?

Ses pensées le trainent jusqu’en Norvège. A son existence chaotique mais humaine, insouciante, complète. Il se parle plus à lui qu'à elle dès lors. « Parfois, je me dis que c’est toi qui as raison. Tu souffres mais tu sais pourquoi. Tu as suivi Isak, il donne du sens aux épreuves. Moi, j’ai écarté mon frère en croyant que ça irait mieux. Mais ça n’a rien arrangé. Je l’ai perdu. J’ai perdu ce qu’on avait. Je perds toujours tout de toute façon. Alors oui, tu vois, si je venais à mourir, ça ne changerait pas grand-chose. Pas plus pour toi que pour les autres, on ne se parlait plus. Kyran s’est déshabitué de ma présence lui aussi, je lui en ai laissé l’occasion. Et elle… » Ses lèvres tremblent un instant. « Elle n’a jamais voulu de moi de toute manière. » Il le recrache avec acidité, tranchant ainsi avec la douceur sollicitée jusqu’alors. « Je ne vais pas le prendre devant toi, je refuse que tu assistes à ça. Et je ne suis plus humain de toute façon... Ça ne pourrait pas être pire que le monstre que je suis devenu. » Tandis que le damné repose ses prunelles dans celles de la trafiquante, s’obligeant ainsi à cesser de tout monologue, il sort un flacon. Celui qui est à moitié vide. « J’en ai déjà consommé comme tu peux le constater. Je suis encore là. Alors tu vois… C’est pas vraiment risqué. » Le supplice traversé avec juste la moitié de la quantité suggérée ne l’effraie pas. L’idée de continuer à respirer ainsi sans changement, sans amélioration, le terrorise. C’est l’émotion qui perce ultimement dans ses yeux éteints. La peur de survivre à la prochaine seconde, de perpétuer les mêmes schémas encore et encore. Une agonie sans fin.

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Mer 9 Nov - 3:24


See you at the bitter end
Every step we take that's synchronised. Every broken bone reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. ••• Elle avait tout lâché. Elle avait arrêté de penser qu'elle ne devait pas lui faire de mal, qu'elle devait penser à ce qu'il avait vécu. Son poing s'était éclaté contre le mur dans cette optique-là. Se dire que cette douleur lui avait été infligée par Ezra. Se dire que c'était aussi de sa faute. Même si son esprit ne parvenait pas à le concevoir, la jeune femme avait eu envie d'arrêter de croire en lui. Elle avait eu envie de le haïr de toutes ses forces, comme il le faisait si bien à son encontre. Elle avait eu envie de sacrifier cette gentillesse et cette amitié qu'elle ressentait encore à son égard. Chaque mot prononcé lui donnait l'impression de s'approcher de ce but, de cette chimère. Encore, et encore, et encore. Mais tout fut craquelé en une fraction de seconde. Lorsque ses yeux s'accrochèrent de nouveau sur la carcasse d'Ezra. Oui, c'était ça, une simple carcasse, un simple sac d'os, de chair, de tendons qu'il se trimbalait sur lui. La jeune femme déglutit, la colère et la froideur disparurent aussi vite qu'elles étaient arrivées. Ses émotions-là n'étaient pas faites pour elle. Elle ne parvenait jamais à les garder bien longtemps.

En face d'elle, une silhouette vide. Une silhouette écorchée. Une silhouette détruite. Et Solveig s'en voulut un peu plus. Elle déglutit, fut tentée de répliquer tout de suite, d'expliquer ses intentions, mais elle n'en eut ni le courage, ni le temps. Ezra lui prit la main nouvellement blessée, retira le sang du bout des doigts, et reprit enfin la parole. La suédoise l'écouta sans réagir, juste étonnée par ce revirement. Piégée dans un engrenage de destruction... Certes. Sauf qu'elle l'avait choisi. Elle avait choisi d'être là, d'être auprès de son frère, de se mutiler. C'était un choix de sa part. Ce n'était pas forcément évident à expliquer, c'était tellement ancré en elle. Néanmoins, son frère avait tellement fait pour elle par le passé, et il était à présent sa seule famille. Cela lui semblait être un maigre prix à payer, en échange de ce qu'il lui avait apporté. Le verdict sur sa blessure ne lui tira pas plus de réactions. De toute façon, elle savait bien qu'elle n'irait pas à l'hôpital, qu'elle n'irait pas chercher ces points de suture. C'était devenu phobique. Aussi stupide que cela puisse paraître, le lieu était associé aux souvenirs d'Ezra et y retourner aurait été comme gommer ce qu'elle avait fait. Lui offrir une seconde chance qu'elle ne méritait pas. Le déni... Un léger rire quitta ses lèvres. Bien sûr, si tout avait été si simple...

Elle ressentait les changements d'humeur du jeune homme. C'était presque instinctif avec lui. Qu'importe que leur vie ait été différente, tout était tellement plus simple à comprendre. Malgré les semaines, les mois sans s'être parlés, Solveig avait l'impression de continuer à voir certaines choses  en lui. Pourtant, ses mots étaient sans appel. Il n'était pas une lumière. Il ne valait pas mieux que son frère. Il détruit tout. Il se tenait pour responsable des blessures qu'elle venait de s'infliger. Alors, qu'encore une fois, c'était à elle seule qu'elle devrait s'en prendre. La jeune femme avait choisi d'enfoncer son poing dans ce mur, il ne l'y avait en aucun cas obligé. C'était juste sa façon de reprendre le contrôle. Elle avait besoin de la douleur pour ça. De la souffrance physique. Parce que c'était tellement plus facile à gérer que les miettes de son cœur. La tristesse dans le regard d'Ezra la fit presque paniquer. Elle fut tentée de le prendre dans ses bras à cet instant précis, juste pour ne pas la voir devenir plus profonde. Avant de se dire que c'était peut-être inapproprié vu la situation du jeune homme. Et le fait qu'ils étaient supposés faire une simple transaction dealeur/client à la base...

Un assassin. Et alors ? Pensait-il réellement que cela suffirait à la faire fuir. Elle l'était aussi dans ces cas-là. Sauf qu'elle, elle n'avait même pas le courage de regarder dans les yeux les gens qu'elle tuait. C'était une mort à retardement qu'elle leur offrait. Et pourtant, elle ne ressentait rien à faire une telle chose. Elle n'était même pas capable de se dire que c'était de sa faute. Après tout, les gens achetaient la drogue, ils étaient au courant des effets donc c'était eux le problème, pas elle. Croyait-il sincèrement qu'elle lui aurait donné malgré tout ? La jeune femme eut un léger sourire de tristesse. Non, elle était tellement pire que ça. Lui, il avait le courage d'assumer ses actes. Lui, il avait étrangement l'air d'avoir des scrupules, une morale. Toutes ces choses dont Solveig était dénuée. Elle n'était rien d'autre qu'un vulgaire pantin qui prenait ce rôle un peu trop au sérieux. Qui se dégageait de toute responsabilité.

Survivre... C'était un peu ce qu'ils faisaient tous finalement. En ce monde, il n'y avait plus de place pour la vie. C'était « marche ou crève ». Alors, on marchait, on courrait même parfois. On continuait parce qu'on n'arrivait pas à se dire que la fin était proche, qu'elle allait bientôt arriver pour nous chercher. C'était une émotion assez commune aux êtres humains. Vouloir mourir, et pourtant, tout faire pour l'éviter. Solveig comprenait cependant les mots d'Ezra. Doucement, elle se détacha de son mur, s'approcha de quelques pas, de façon à avoir ses iris planter dans les siennes. Maintenant qu'elle était partie, c'était ça la fin de la phrase ? C'était ça, les mots d'un homme perdu, détruit par l'amour qu'il portait à une autre. C'était une chose qu'elle ne connaîtrait jamais. Certes, il y avait Niklas dans sa vie, mais c'était bien différent. Elle savait qu'il partirait un jour. Elle le savait, personne ne pouvait l'aimer de toute façon. Elle n'était rien. Elle ne valait rien. Elle lui adressa un sourire qu'elle voulait réconfortant, alors qu'il devait seulement être effrayant. Puis la jeune femme posa sa main sur celle d'Ezra, serrée contre son thorax.

A ses yeux, il était toujours humain. Après, c'était compliqué, elle se considérait comme humaine sans pour autant l'être complètement. Cependant, elle n'avait jamais estimé qu'elle ne l'était pas. Certes, elle se voyait comme un monstre, peut-être comme un simple déchet dont on se débarrasserait quand on n'en aurait plus besoin, mais une humaine quand même. Oui, Isak donnait un sens à ses épreuves. Elle avait brûlé ses ailes pour rester auprès de lui. Elle ne reverrait plus jamais la lumière mais cela lui importait peu. Elle ne savait pas vivre seule. Et son frère était la seule personne à qui elle accordait son entière confiance pour la gérer. Après, c'était lié à elle. A sa vision des choses. Et la suédoise n'était pas certaine qu'elle serait applicable à d'autres. Quant à son frère à lui... Evidemment, ils en avaient parlé au détour de leurs conversations. Et Solveig ne savait que dire pour le rassurer à ce sujet. Elle ne le connaissait pas assez ce Kyran. A vrai dire, elle ne le connaissait même absolument pas, à part au travers des mots d'Ezra.

Il refusait qu'elle assiste à ça ? La jeune femme enfonça son regard vide dans celui du jeune homme. Parce qu'il pensait que c'était négociable ? Parce qu'il pensait réellement qu'il avait le choix à ce sujet ? Il allait certainement mal le prendre. Mais c'était elle qui avait la drogue, le vaccin. Alors soit il acceptait sa condition, soit il ne l'avait pas. Et il pourrait toujours essayer de la faire changer d'avis, il n'y arriverait pas. Même lorsqu'il lui montra le flacon à moitié vide. D'ailleurs, elle ne prit même pas la peine d'y jeter un regard. Qu'importe que, jusqu'ici, il soit parvenu à supporter la douleur ou à ne pas subir pires transformations. Tout pouvait toujours basculer.

Elle resta silencieuse quelques secondes, pesant le pour et le contre. Sur quoi répondre, comment agir. Elle aurait pu continuer sur la lancée, juste des mots, rien que des mots. Pourtant, elle sentait qu'ils n'auraient pas la portée escomptée. Il fallait qu'ils secouent un peu Ezra. Qu'ils le ramènent dans la réalité. Même si la jeune femme se doutait qu'elle n'y parviendrait pas ce soir. Tout en continuant à se battre. Alors, elle fit un pas de plus. Celui qui maintenait leur espace vital respectif. Et elle refit un câlin à Ezra. Sauf que cette fois-ci, son étreinte ne se brisa pas. Et ses bras restèrent autour de lui. Sans attente amoureuse ou autres, précisons bien. Juste pour le maintenir dans la réalité.

« Tout serait plus salvateur que la façon dont j'agis... Pourtant je préfère ça à un quelconque déni. Je ne repousserai pas ce que je suis, ce que je sais. Je ne suis piégée nulle part. J'ai choisi d'y rester. J'imagine que cela apporte une nuance à tes propos... »

Ses paroles avaient été prononcées dans un murmure. Elle n'avait pas besoin d'élever la voix. De toute façon, la situation n'était plus à la colère, elle n'avait plus besoin de lui hurler dessus, de laisser sortir les derniers vestiges de son propre désespoir. Maintenant, il n'était plus question d'elle, mais de lui. Et d'un autre côté, ça l'arrangeait bien. Elle n'aimait pas que les gens s'occupent d'elle. Elle n'aimait pas voir leur regard supposément empli de pitié alors qu'ils n'en avaient rien à faire et qu'ils réagissaient qu'à des stimuli inculqués durant leur enfance ou leur vie. Et maintenant...

« Arrête de croire que tout est de ta faute. Réellement. Tu ne détruis pas tout, tu ne m'as pas forcée à me blesser. Tu ne m'as pas blessée non plus. Tu n'es pas pire qu'un autre. Objectivement, tu vaux bien plus que nos frères respectifs. » Une petite pause, pour reprendre sa respiration, remettre de l'ordre dans ses pensées. « Je n'ai inventé personne. Tu préfères juste mettre en avant ta vie de meurtrier parce que cela doit éviter aux gens de s'accrocher à toi et de te blesser. De toute façon, ce serait stupide de ma part de te juger, puisque j'ai aussi conduit à la mort des centaines de personnes... »

Sa voix était étrangement calme, malgré les sujets qu'elle abordait, pour la première pour certains d'entre eux. Comme le fait qu'elle tuait. Même si cela ne trouvait aucun écho en elle. Pour l'instant, elle n'avait aucune émotion à y raccrocher. Et tant que cela ne gênait pas son frère, elle n'en raccrocherait jamais aucune. Elle fonctionnait ainsi depuis des années. C'était peut-être l'unique raison pour laquelle elle se supportait encore. Que sa morale n'ait pas repointé le bout de son nez depuis le temps. Parce qu'elle se détachait. Parce qu'elle n'avait pas encore vu une mort en direct. Parce qu'elle fermait les yeux quand cela l'arrangeait. Un demi-déni finalement. Dont elle ne prenait connaissance que maintenant.

« Je ne veux pas que ce vaccin soit ton dernier espoir. Je ne veux pas te voir te raccrocher à une chimère parce qu'on t'a abandonné. Et à mes yeux, tu as tout d'un humain. Peut-être que je suis naïve de continuer à y croire. Mais il faut bien qu'une personne le fasse, non ? »

Et si ce n'était pas lui, elle le ferait. Bon, c'était complètement con puisqu'elle l'avait déjà abandonné une première fois. Cependant, la jeune femme ne referait pas deux fois la même erreur. La peur avait guidé son jugement auparavant. Maintenant, tout ça n'existait plus. Elle avait fini par assumer ces vols. Même si savoir qu'Ezra l'avait vécu comme une trahison la déstabilisait. En fait, elle lui devait au moins ça. Le soutenir. Essayer de reprendre une place de confidente. Essayer juste. Puisque Solveig ne l'obligerait pas à accepter. Enfin, pour l'instant, autant se concentrer sur l'instant présent et la perte de repère du jeune homme.

« Tu ne perds pas tout. Ce n'est pas toujours de ta faute. Ca changerait beaucoup de choses. Certes, je n'aurais peut-être pas été directement concernée si tu avais décidé de mourir hier... Et encore, j'aurais appris ta mort d'une manière ou d'une autre. Et ça aurait été pire. Je n'aurais pas pu m'excuser auprès de toi. Dire ce que j'aurais dû dire au lieu de m'enfuir. Et finalement, je refuse de te voir mourir là. Je ne veux pas avoir l'impression que tu cherches la faucheuse sur un coup de tête... »

Parce qu'elle ne pouvait s'empêcher de lier son besoin du vaccin et de mourir à la perte de celle qu'il aimait. Et son esprit refusait qu'il disparaisse à cause d'une rupture stupide. Encore une fois, c'était sa façon de penser, et Ezra risquait de la contredire. Puisqu'il exprimait cette notion de survie plus que de vie. Elle en avait conscience, c'était un acte bien plus réfléchi qu'une simple déception amoureuse. Et c'était peut-être ça qui désespérait Solveig. Parce qu'elle ne pourrait certainement rien y faire. Et qu'elle regarderait mourir un ami sans intervenir.

« Je crois que tu n'as pas compris... Je ne te donnerai le vaccin que si j'ai la certitude que tu le prendras à mes côtés. Ce n'est en aucun cas négociable. Et ce n'est pas parce que jusque-là il ne s'est rien passé que la prochaine dose sera aussi tranquille... »

Les mots avaient été fermes. Il aurait le vaccin qu'à cette condition. Ou celle de lui voler la dose et de la laisser pour morte. Solveig gardait dans son corps de pantin une certaine détermination. Et si Ezra voulait s'y heurter, qu'il le fasse. Elle ne lâchera rien. En fait, elle ne le lâche même pas lui parce qu'elle était en train de se rendre compte que son état et la fatigue qui s'emparait d'elle la feraient atterrir droit sur le sol si elle perdait son appui. Oui, définitivement, elle était pathétique...

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Ven 18 Nov - 2:06

La détresse bâtit de nouveaux silences. De ceux qu’on ne peut endurer, qui clament la vérité. Là où les mots s’absentent, les démons prolifèrent. De nouvelles mains fictives surgissent pour agripper les tripes. Toute sa poitrine subit le joug de la gravité impérieuse, des ongles contre le palpitant, du plomb pour l’estomac, de la cendre pour les poumons. Le regard hanté se perd quelque part sur la gauche, le plus loin possible de la silhouette qu’il domine encore de toute sa hauteur. Le mal gangrène son reste d’assurance, les épaules ne cessent de s’affaisser. La litanie se poursuit, une mauvaise répétition interne. Le souffle obscurcit la nuit, autant que les actes ont terni la prunelle adverse. Il abime le décor, se fracasse contre chaque angle à la moindre occasion. L’envie surgit trop rapidement. Le besoin de partir. De tout quitter. Le lieu, peut-être même le pays. Echapper à la ville, outrepasser les murs. Crever sans témoins dans un coin reculé, infesté de ces créatures qui ont fait de lui, ce monstre abject qu’il ne peut supporter. Alors que les plans macabres se dessinent, sa comparse tisse une compassion qu’il ne semble pas mériter. Elle le désarçonne une fois de plus, ses bras l’entourant à nouveau par surprise. L’infirmier ne remue pas cependant, le cœur réduit en charpie. Ses pensées se tournent une fois de plus vers la cause du tourment. Celle qu’il aimerait pouvoir étreindre. Celle qui aurait dû être là à l’heure où la mort s’approprie le corps. Un grognement lui échappe. Il tient plus de la plainte et du gémissement que de l’énervement. Un son écorché qui s’évanouit quelque part, à proximité d’une oreille un peu trop attentive. Solveig maintient sa prise, alimente de cette seule action la faiblesse du norvégien. Les membres se disloquent, ne sont désormais en place que par la présence d’un contact qu’il aurait dû redouter.

La sollicitude de son amie pèse sur lui, comme un énième clou pour l’incruster à sa croix. Loin d’être un martyr pourtant, ce qui fait redoubler la culpabilité quand les syllabes construisent de nouvelles idées. L’ancien urgentiste l’écoute ainsi aligner ses pensées sans broncher, supportant à peine le poids de sa propre tête. Ses paupières basculent ultimement, le vertige s’emparant de l’organisme. Il flotte pratiquement, dérive mentalement. Sa seule emprise sur la réalité agrippe toujours à lui. Après que le point soit posé, que le mutisme allonge une nouvelle quiétude, le malaise s’étend. Alors il se force à propulser ses intonations basses, rauques. « Tout ce que tu fais, tu le fais avec une raison. Tu justifies ta place aux côtés de ton frère. C’est humain. Plus humain que moi qui survis en me sachant être l’ennemi. Tu ne fais pas de mal aux autres parce que tu es prédisposée à ça. Je le sais. Tu mérites mieux qu’une vie faite de violences. » Là où la génétique se joue de lui. Des coups reçus pour des coups offerts, l’hémoglobine de son paternel pour affluer dans ses veines, régir sa destinée. Condamné dès la conception, il a peut-être déjoué la fatalité quelques temps, emporté par une complicité fraternelle absolue. Tout a déraillé cependant quand Kyran est mort, il s’est laissé rattraper par la malédiction qu’il avait pourtant semée. Des corps qu’il a serré contre le sien avec imprudence, insouciance, désespoir. Quelques pièces offertes pour quelques instants de plaisirs éphémères. Des heures sombres qu’il a enfoui tout au fond de lui, jusqu’à les oublier. Parce que c’était plus facile. Mais désormais, il ne s’autorise plus la complaisance. Alors il se rappelle de chaque brèche, il se force à contempler la laideur de son parcours chaotique. A l’époque, le suicide a été une option mais il préférait encore s’user l’ossature contre les courbes de femmes de petites vertus. De vivre l’existence à laquelle il avait toujours été appelé jusqu’à en périr de manière tout aussi hasardeuse que ses prédécesseurs. De l’alcool pour le gosier et des allées lugubres pour ses errances. Au moins, la lucidité perdure désormais. Mais c’est que dans cette réalité, son aîné respire encore.

L’air s’engouffre mal dans sa cage thoracique, des spasmes animent parfois sa carcasse abruptement. Comme une mauvaise grippe qui ne passe, la fièvre allant et venant. Son esprit rejette ce corps putride, constamment. « Je sais que je suis nocif, Solveig. Arrête de te butter à ce que t’as vaguement cru apercevoir chez moi, tu n’es pas bonne juge en la matière. Il suffit de voir ton état. Tu tiens plus de la masochiste qu'autre chose. Ton empathie ne rime à rien. Tu ne devrais même pas m’approcher d’aussi près… Je pourrais te faire du mal sans le vouloir. » Le constat tombe alors qu’il redresse l’échine, remonte déjà une main vers le coude de son interlocutrice. « J’ai été humain. L’apparence demeure de ce fait mais le reste ne suit pas. Je suis pourri de l’intérieur à tout niveau. Ne m’oblige pas à te le prouver. » Les doigts coulissent contre le bras qu’il compte écarter mais au lieu d’effectuer un mouvement en ce sens, sa main dérive vers la carrure de la scandinave. Toutes les vérités se délient avec aisance. Plus de filtre, plus de craintes. Elle lui prête son épaule, elle lui fournit un cadre réconfortant. De quoi balayer la solitude pour quelques minutes. Articuler ce qu’il ne cesse de ruminer lui permet d’endurer la seconde qui suit. « Si ce vaccin me guérit, j’ai peut-être une chance de m’en tirer, d’accepter réellement ma survie. Et si ce n’est pas le cas, je serai mieux mort de toute façon. Tu ne peux rien pour moi. Comme je n’ai jamais pu t’aider. On a fait nos choix toi et moi. On doit vivre avec désormais. » Un murmure alors que son autre paume suit un chemin parallèle. Il la serre contre lui brusquement sans la moindre délicatesse, un gosse qui s’accroche comme il peut à un adulte en fuite.

Sven s’exprime, de cette voix bien moins grave, alimentée par l’accent rugueux de sa langue maternelle. L’anglais moins bien manipulé, plus revêche que jamais. Il habille de simplicité, la réalité. Il sait que sur ce point, ils se comprennent. « Je rêverais de pouvoir courir le retrouver. Comme quand on était gamins. Mais je n’en ai plus le droit maintenant. De toute manière, il ne comprendrait sans doute pas. Lui, il a un mental d’acier, une volonté de fer que je lui ai toujours envié. Il se moquerait sans doute de mon état. Il l’attribuerait comme tu le fais à un coup de tête pour une fille de passage. Mais ce n’est pas ça. Je ne me supporte plus du tout. Je veux juste que ça s’arrête d'une manière ou d'une autre. » Ses bras pourraient rompre le squelette de son vis-à-vis. Il souhaite presque lui faire mal, se faire mal à force d’exercer cette pression destructrice. Ellie surgit à nouveau dans ses sombres songes. Il n’y avait qu’elle pour le préserver de la démence totale et sans issue. Qu’elle pour lui conférer cette douceur qu’il ne manifeste jamais. Ne demeure que la bête. Et sa soif sanguinaire.

L’aliéné se détache violemment de la mafieuse, fait un bond significatif en arrière. Il se réimpose les limites nécessaires aussi brutalement, basculant d’un extrême à l’autre sans la moindre transition. « Je ne peux pas aller à la rencontre de mon frère mais toi, tu peux retourner auprès du tien. Panser tes plaies. Et oublier que tu m’as croisé. Laisse tomber pour ta marchandise. Je refuse d’accepter tes conditions. J’irai me fournir ailleurs. Tu n’auras pas ça sur la conscience. Et si je crève, sans doute que tu ne l’apprendras même pas. C’est bien comme ça que tu veux procéder n’est-ce pas ? » La froideur se craquelle dès les premières intonations. Sa mauvaise comédie ne tient pas la route. Des tremblements l’agitent. Il se met à cracher ses mots. « Il est temps que tu cesses d’être naïve à ce point, oui. Il n’y pas de fin heureuse possible dans un monde pareil. Tout ça, c’est vain. Garde ta pitié et assume ta lâcheté. » D’un point à l’autre, sans la moindre ligne pour les relier. Osciller entre chaque état émotionnel lui dérobe davantage de forces. La lassitude gouverne quand l’incohérence devient maîtresse. Piégé entre l’apathie et l’infortune. Le souffle court. Le regard vague.

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Jeu 1 Déc - 0:26


See you at the bitter end
Every step we take that's synchronised. Every broken bone reminds me of the second time that I followed you home. You shower me with lullabies as you're walking away. Reminds me that it's killing time on this fateful day. ••• Elle avait certainement été trop loin avec ses mots, avec ce contact. Pourtant, elle n’était pas parvenue à se stopper. Ca avait été la meilleure alternative qu’elle avait trouvée. Le meilleur moyen de montrer qu’elle était là pour le soutenir à cet instant précis, qu’importe la trahison qu’elle avait apportée il y a quelques mois, qu’importe qu’ils ne se revoient plus pendant des mois suite à cette conversation. Cela n’étonnerait pas la jeune femme que ce soit au tour d’Ezra de fuir. Elle ne pourrait en aucun cas le lui reprocher. Il était venu pour une drogue, un vaccin qu’elle refusait de lui vendre. Il irait le chercher ailleurs alors, bien qu’elle ait des doutes sur les personnes capables d’en obtenir. Ce n’était pas pour rien que son frère était parvenu à mettre sur pied un business si lucratif. Parce qu’il avait un quasi-monopole sur les substances illicites. Trouver les personnes compétentes pour les créer était des plus compliqués, notamment parce qu’un nombre non calculable travaillait pour le Gouvernement. Il fallait donc rester discret, ne pas aborder celles susceptibles de les faire tomber. Même si aujourd’hui, les mieux lotis en termes de connaissances chimiques venaient d’eux-mêmes dans les filets d’Isak. L’argent et les danseuses étaient souvent ce qui faisait pencher la balance de son côté…

Ezra n’avait pas réagi. Solveig s’en inquiétait. Elle aurait préféré qu’il la repousse, qu’elle finisse par terre, s’arrachant encore un peu plus de peau au passage, tout plutôt que ce silence qui s’éternise. La suédoise n’avait jamais aimé ça. C’était un moment propice à la réflexion. Propice à découdre les mensonges qu’on lui offrait jour après jour. Et son cœur se serra dans sa poitrine, chaque inspiration devint plus douloureuse que la précédente. Elle ne savait plus quoi faire. Voilà bien longtemps qu’elle avait oublié la façon dont elle aurait dû se comporter dans cette situation. Et c’était désagréable d’en prendre conscience. La jeune femme se rendait compte par la même occasion à quel point elle avait perdu tout au long de son existence. Elle cherchait à combattre pour ne pas devenir comme son frère mais elle n’était déjà plus qu’une coquille vide. Une vulgaire coquille vide qui se donnait l’illusion de continuer à ressentir quelque émotion pour ne pas faire face à la réalité. Ezra n’avait pas eu tort en la désignant comme pathétique au début de leur discussion. Ca la résumait plutôt bien en fin de compte. Si pathétique…

Puis, enfin, l’homme accepta de reprendre la parole. Sans pour autant être violent à son encontre, ce qui continua de la déstabiliser. Avec une raison… Pourtant, c’était certainement la pire raison qui existe. Être aveuglée à ce point, suivre Isak envers et contre tout… La logique aurait voulu qu’elle fuit. Cependant, c’est elle qui s’était jetée dans les filets de son frère, qui s’y était laissé enfermer. C’était bien plus simple, bien plus facile que de se battre et de chercher à vivre sa vie par elle-même. Elle n’était pas faite pour diriger, pas forcément faite pour être indépendante. Et c’était mieux qu’il soit là, vu les tournures que les dirigeants prennent… Cependant, Ezra n’était pas l’ennemi. Il n’avait rien d’un ennemi, il était juste… Perdu. Sans repères, sans quelqu’un pour le faire sentir ce qu’il était réellement. Quant à ce qu’elle méritait… Elle avait choisi sa vie. Elle avait ordonné le meurtre de certains hommes, qui s’approchaient un peu trop près de son frère, un peu trop menaçants. Elle était à la tête d’un établissement de strip-tease, n’hésitait pas à utiliser la violence lorsque c’était nécessaire. Et elle était aussi une trafiquante, pourrissant, détruisant la vie de dizaines de personnes chaque soir sans en ressortir la moindre culpabilité. Donc si, elle méritait une vie faite de violences. Elle l’avait choisie en tout cas.

Et il continua, alors que la jeune femme se murait dans ses silences, dans ses chimères. Elle ne voulait pas voir ce qui s’étendait malgré tout sous ses yeux. L'ignorer était bien plus salvateur pour son âme que de le savoir. D'en prendre conscience. Qu'elle soit bonne juge ou pas lui importait peu. La suédoise voulait simplement que le monde soit moins dur. Moins violent. Que le sang qui palpitait dans ses veines y reste définitivement. Pourtant, si ce n'était pas elle qui le faisait sortir, ce serait quelqu'un d'autre. Un client un peu trop mécontent, un serveur n'ayant pas bien écouté les mises en garde d'Isak, une danseuse qui ne supportait plus le traitement de faveur à son égard, une silhouette détruite dans la rue qui s'en prendrait à elle parce qu'elle passait par là. Solveig divaguait, la fatigue et les émotions coupant les derniers nerfs qui la maintenaient debout, qui la maintenaient dans la réalité. Evidemment, ce qu'elle pouvait montrer comme émotion n'était pas important. C'était la raison pour laquelle elle faisait en sorte de ne jamais en avoir. Même si ces derniers jours, elle allait à l'encontre de cet élément pourtant basique lui ayant permis de survivre jusque-là. Pas de sentiments est égal à pas de raisons de la part de son frère pour l'enfermer, l'acculer, la maintenir dans cette solitude destructrice.

Evidemment, la métamorphe n'était pas au courant de toutes les complications par rapport aux races. Si elle était au courant pour les skinchangers et les sorciers, les autres lui restaient un peu plus obscurs. Par exemple, Grayson n'était pas tout à fait humain. Un Daybraker que ça s'appelait. Sauf qu'elle ne s'y était jamais intéressée et qu'elle s'en foutait pas mal. Et les derniers... Ils n'étaient que rumeurs dans son esprit. Alors qu'était Ezra pour se détester à ce point, se considérer comme une simple enveloppe humaine, sans rien d'agréable à l'intérieur ? La question lui brûlait les lèvres, sans qu'elle n'ose la poser. C'était toujours la même chose. Toutes ces interrogations qui resteraient sans réponse parce qu'elle avait trop peur d'aller sur une pente glissante. Peur d'effrayer l'homme qui lui faisait face, déjà bien instable. Ils formaient un drôle de duo. Aussi destructeur l'un que l'autre, tout en cherchant à protéger l'autre d'eux-mêmes. Deux êtres pathétiques au possible.

Les paroles suivantes lui arrachèrent une nouvelle larme. Elle qui pensait avoir vidé ses réserves, on venait de lui faire remarquer que pas vraiment finalement. La jeune femme soupira doucement, sans pour autant lâcher Ezra. D'une certaine manière, la suédoise voulait lui montrer qu'il était toujours suffisamment humain pour qu'elle reste là, malgré tout ce qu'il avait dit, que ce soit les menaces, les propos violents ou bien certains gestes. Parce que finalement, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Si la nature de Solveig était, aux yeux de l'homme, plus "humaine", ce n'était pas pour autant qu'elle se comportait comme tel. De toute façon... Qui était réellement humain aujourd'hui ? Qui pouvait se définir comme tel ? L'altruisme, la générosité, la douceur, l'amitié, la gentillesse, voilà des traits de caractère qui avaient petit à petit disparu de la surface de la terre. Mais pouvait-on en vouloir à l'être humain de s'être adapté à son environnement ? Pour survivre, il fallait être prêt à sacrifier beaucoup. Et les sentiments étaient souvent les premiers à en pâtir. Ce n'était ni bon ni mauvais, c'était seulement la réalité. Une réalité bien dure pour l'enfant qu'elle était encore.

Ezra la serra brutalement contre lui, lui arrachant un cri de surprise. Les bras de l'homme se refermèrent autour d'elle, suffisamment fort pour qu'elle commence à avoir du mal à respirer. Ce n'était pas grand-chose, pour elle qui était habituée à pire, cependant, son état de la nuit ne lui permettait pas de gérer ça correctement. Alors, la jeune femme n'écoutait plus vraiment Ezra. Ou plutôt, ses oreilles captaient les mots mais son cerveau n'était plus à même de les interpréter. Pas pour l'instant en tout cas. Il avait une force qu'elle ne lui soupçonnait pas forcément au premier abord. Peut-être était-ce lié à sa condition qu'il semblait abhorrer. Qu'importait car, à cet instant précis, il resserra encore plus son étreinte. Et Solveig crut une seconde être obligée de réclamer une libération. Tout en souhaitant rester accrochée à lui, parce que c'était un moyen comme un autre de lui montrer son soutien. Et c'est ce qu'elle choisit de faire, ignorant l'air qui entrait difficilement dans ses poumons.

Et finalement elle n'eut pas à s'inquiéter. Puisqu'aussi brutalement qu'il l'avait attirée, il la repoussa. Elle butta sur ses pieds, ne parvint pas à garder son équilibre, et se retrouva à terre. En cherchant à contrôler sa chute, elle rapa ses mains et ses avant-bras sur le sol, rouvrant les cicatrices à peine refermées. Du sang, encore du sang, toujours du sang. Parfois, la jeune femme s'étonnait encore d'être debout avec la quantité qu'elle perdait. Elle resta quelques secondes assise par terre avant de se relever et de vérifier ses appuis. Les mots d'Ezra lui parvinrent, la laissèrent de marbre au premier abord, puis elle secoua doucement sa tête. Si tout était si simple que ça... Maintenant qu'elle l'avait revu, surtout dans cet état, il resterait dans son esprit. Et elle espérait ne pas croiser son frère, avec les blessures qu'elle avait, il était trop risqué qu'il cherche à traquer Ezra par la suite, quand bien même elle lui expliquerait qu'elle s'était fait ça toute seule comme une grande.

"Je mérite la vie que je vis, entourée de violence et de destruction. J'ai beau me donner une raison, me dire que je fais ça pour maintenir mon frère en vie, je tue quand même des gens en leur vendant de la drogue, ou juste simplement parce qu'ils ont eu le malheur d'être trop proches de moi. Je ne suis en aucun cas meilleure, ou plus humaine, que toi."


Et encore une fois, elle ne parlait pas en fonction de leur nature mais plutôt de leur comportement. Elle n'était rien d'autre qu'une tueuse qui se cachait derrière une raison encore plus horrible que le reste. Et pourtant, même en en ayant conscience, cela lui importait peu. La vie, la mort, tout cela était des concepts bien futiles pour son esprit aujourd'hui, pour elle qui était condamnée à ne vivre qu'au travers de son frère.

"Me faire du mal sans le vouloir ? Tu aurais pu le faire des centaines de fois depuis le début de notre conversation. Et tu viens de le signaler toi-même, je tiens plus d'une masochiste que d'autres choses. Alors, si tu ressens le besoin de faire du mal à quelqu'un, ne te gêne pas..."

Le ton avait été étrangement froid mais ce qu'elle y évoquait était vrai. S'il en avait besoin, qu'il ne se gêne pas. C'était sa façon à elle de se sentir en vie, ancrée dans le monde réel. C'était pour cela qu'elle avait fini par aller chercher Grayson, alors qu'il avait failli la tuer en lui volant son énergie la première fois. La jeune femme se rapprocha d'un pas. Aucune peur ne traversa son regard. Et il allait pouvoir s'accrocher pour en trouver. S'il pensait qu'elle était du genre à fuir une persone dangereuse... Isak ne serait plus qu'un longtemps souvenir. Non, au contraire, elle irait se brûler ce qui lui restait de vie sur le danger. Parce qu'elle préférait être définitivement morte de l'intérieur que d'avoir de légères recrudescences de bonheur ou de douceur.

"Je ne peux pas t'obliger à faire quoi que ce soit. Même si ça me rend un peu triste que tu t'incites à ce point à te cacher."

Parce qu'elle était folle, parce que rien ne la dérangeait finalement. Ezra l'avait lui-même dit, elle n'était pas la mieux placée pour se permettre des remarques. Qu'elle se permettait quand même d'un certain côté. Solveig devait avoir copié ça de son frère. Ce besoin de faire ce qu'elle voulait en dehors du cocon fraternel. Comme dans le cas présent. L'un des rares cas d'ailleurs... Deux pas supplémentaires et elle se retrouva de nouveau en portée de contact. Sa main se leva, se posa doucement contre la joue d'Ezra tandis qu'elle le détaillait de ses yeux vides.

"Rien ne t'empêche... D'aller quand même lui parler. Il reste ton frère, qu'importe ce que vous avez fait de vos vies respectives... Et il pourra peut-être t'aider bien plus que tu ne le penses. C'est son rôle après tout."


Le rôle du frère, celui de guider, d'aider. Et si Solveig suivait Isak, l'aimait réellement, elle gardait un goût amer de son suicide, lui en voulant presque de l'avoir laissée seule au monde pendant tout ce temps. Et de revenir deux cents ans plus tard, comme une fleur, pour décider de sa vie, pour la sauver. La suédoise glissa sa main dans sa poche, laissa ses doigts s'enrouler autour du vaccin et s'offrit quelques secondes de réflexion. Un soupir plus tard et elle retira sa main de l'ancre, tendant à Ezra la fiole qu'il recherchait tant.

"Tiens. Comme tu as l'air d'être décidé à en obtenir coûte que coûte, je préfère prendre mes responsabilités..."


Et s'il était retrouvé mort d'ici peu... Hé bien, elle irait chercher son frère. Elle avait son nom, et il était plutôt reconnu dans le milieu mafieux. Même si elle ne se doutait pas que tout cela risquait d'être plus compliqué que prévu avec le besoin d'Isak de détruire et foutre le bordel pour n'importe quelle raison...

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MessageSujet: Re: See you at the bitter end [Solveig]   Mar 6 Déc - 0:39

Le corps s’échoue à quelques pas de là. De nouvelles plaies pour une ribambelle de remords. Le vermeil habille un peu plus la chair adverse, de longs sillons pour parcourir les paumes, les bras. Un parcours sinueux pour une essence perpétuellement éparpillée. L’organisme brutalisé à répétitions et la vie s’agrippant toujours voracement à l’enveloppe ébréchée. Quelque part au milieu du cauchemar, la survie s’impose. Solveig embrasse ses douleurs, Sa souffrance semble s’apparenter à un amant ingrat qu’elle ne peut, ne veut relâcher. Une relation toxique qu’elle entretient avec elle-même et ses cicatrices invisibles. Détaché d’elle, son mal sévit comme une entité à part entière qui l’entoure, la dérobe au reste du monde. En cela, ils se ressemblent et en cela, ils se différencient. Ezra n’accepte pas l’étreinte létale du désespoir, il veut échapper à tout prix à cette affliction. Et dès lors, la pérennité devient encombrante, inutile, vague. Il la sème en refusant d’accepter la compagnie de cette anomalie. La sévérité hante ses traits un bref instant tandis qu’il la domine de toute sa hauteur. Ce spectacle lui lacère la poitrine, le ramène égoïstement à ses propres blessures internes, à sa rythmique aortique totalement détraquée. Il veut se détourner de ça, en finir une bonne fois pour toute avec cette énième tragédie. Ils ne font que les collectionner, les exacerber ce soir de leurs mots, de leurs actes. Un objectif qu’il n’a jamais cherché à poursuivre en partant en quête de son Graal. Chevalier en déroute qui s’apprête à fuir quand les mots le rattrapent ultimement. Le discours de la brune s’insère dans son esprit avec difficulté. Le réconfort ne scelle pas ses promesses parce que le norvégien l’empêche de faire effet. Après tout, elle saigne sur le bitume par sa faute alors qu’elle lui a prêté pour quelques minutes, ses bras pour porter le poids de son fardeau. Parfaite martyre, portrait implacable de la déchéance. Sa générosité la détruit. Il la détruit. Elle aussi.

Le scandinave ne scille toujours pas quand les doigts de la métamorphe effleure sa joue. De marbre, il plante ses yeux dans les siens, déterminé à ne plus encourager le moindre contact entre eux. Après qu’elle ait concédé à lui fournir l’objet de sa convoitise, sa langue se dénoue. Il lui doit au moins quelques syllabes si elle consent renier ses principes premiers. A défaut d’avoir agi correctement jusqu’alors, à défaut de vouloir accepter à nouveau sa main secourable, il peut au moins rafistoler les pans de cette conversation décousue par sa méchanceté. « Tu n’as tué personne de sang-froid, directement, Solveig. Tu n’es pas un monstre qui se nourrit de l’énergie d’autrui pour survivre. Tu souffres comme seul un être humain peut souffrir. Tu collectionnes les mauvais choix comme une personne égarée. » La tristesse grignote l’azur durant quelques secondes. Des sanglots perpétuellement contenus dans la poitrine, pourrissant dans ses entrailles, créant ce néant sans fond. Il lui envie sa nature. Il la jalouse vivement. « Et je ne veux pas te faire du mal, tu n’as toujours pas compris ça ? Je ne veux pas entretenir tes penchants suicidaires, je crois que tu t’en charges déjà assez bien toute seule de toute manière. » ajoute-t-il avec amertume et intransigeance, le chagrin chassé provisoirement par le mépris. La direction de ce monologue lui échappe trop rapidement. « J’ai déjà assez de raisons pour m’éliminer afin de préserver mon entourage, n’ajoutons pas tes tourments à la liste. Tu sais ce que j’ai fait avant de débarquer ici ? J’ai arraché la vie à une femme qui n'a fait qu'emprunter la même route que moi. » Son ton se pare d’une dureté affreuse, effarante, effrayante. Une confession qu’il concède sans même craindre le jugement. Qu’elle le dénonce, qu’on l’envoie dans l’arène une seconde fois. Qu’il y passe pour de bon. La mort ne devient déjà plus une crainte mais au contraire, elle se métamorphose de plus en plus en issue.

L’aveu développe en lui une sensation étrange, un sentiment libérateur. Alors il poursuit, s’attend à la terroriser, à lui passer l’envie de poursuivre à défendre ce qui ne peut l’être tout en dispersant un peu de sa culpabilité. « Elle ne m’avait rien fait. Je voulais juste me nourrir. Elle passait par là et je me suis servi puis je l’ai laissée là, à crever comme un chien dans un caniveau sans même alerter les autorités, prévenir les urgences. Alors tu vois, ton petit discours sur le fait de savoir qui est meilleur que l’autre… Tu ne sais pas ce que je fais, ce que j’ai fait et ce que je ferai. Tu ne sais rien. Alors arrête. Arrête de parler, d’inventer. » Le timbre devient glacial, les iris inquisitrices. Il souligne ses propos une fois de plus.

Sans se départir de son masque, il achève le train de ses pensées. « Le rôle de mon frère, c’est de s’offrir une vie différente de celle que j’aurais voulu construire. On ne se comprend plus. Et ça ne te regarde pas de toute façon. » Les doigts arrachent le vaccin qu’elle lui a présenté, il tente de lui refourguer l’argent qu’elle refuse immédiatement. Excédé, l’infirmier se met à souffler pesamment, marquant son impatience par un de ces soupirs excessifs. « Tu ne peux pas t’empêcher, hein ? » D’être généreuse, attentionnée. Un jeu de regards avant qu’il ne repose les billets froissés au fond de sa poche. « J’imagine que ça paie ce que tu as dérobé sous mon nez à l'hôpital. On est quitte. » Un signe de tête pour prendre congés et il fait quelques pas vers la prochaine allée. Il se retourne juste une fois, une dernière fois. « Si je crève, ça sera pas ta faute. » Une seconde d’hésitation, un battement de cils. Un sursaut de bienveillance, tardif. « Merci. Pour tout. » Un murmure faiblard et il se détourne abruptement, continue sa route sans plus jamais se retourner, sans plus s’interroger. Le flacon claque contre sa réplique quelque part dans sa veste. Deux mesures pour un dernier pari. Et il se promet de la remercier plus dignement si l’humanité lui revient, si l’espoir l’étreint au bout de ce chemin obscur. Il se jure de l’aider. D’en faire sa cause s’il le faut. Comme il sait qu’il se remettra en quête d’Ellie pour s'accrocher à l'insensé. Une fois la monstruosité rejetée, tout lui semblera possible. Absolument tout.

- Sujet terminé -

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