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 Here we are now, entertain us [Solveig]

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Laugh like a jackal

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MessageSujet: Here we are now, entertain us [Solveig]   Jeu 20 Oct - 23:41


« Oh yeah, I guess it makes me smile »

Solveig & Mikkel
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Il faisait chaud dans cette pièce sans fenêtres, cachée au fin fond de cet enchevêtrement de couloirs. Seul le ventilateur au plafond m'apportait un courant d'air fugace alors que je le fixais, ployant les paupières par moment. J'étais complètement défoncé, mes veines remplies de cette came que j'avais ingurgitée en toute déraison, au risque d'en crever pour de bon. Ma conscience altérée s'envolait en dehors de mon corps, quand je me voyais là, allongé sur le sol à moitié nu, un sourire de chacal aux lèvres.
« Mais vas donc te faire foutre, Isak. Pauvre salopard...  Tu l'sais que t'es un connard ? Tu l'sais ça ? Tu piges que dalle.» Ma voix pâteuse me fit tressaillir alors que je tournais la tête pour apercevoir le corps de mon dealer, avachi un peu plus loin, les paupières closes. Il ne m'écoutait plus depuis un bout de temps alors qu'il s'était payé un voyage au pays des merveilles, juste après m'être passé dessus. J'expulsai un soupir avant de me redresser doucement, les yeux dans le vague, ramassant mes fringues une à une pour les enfiler maladroitement.

Ce fut en titubant que je gagnai le couloir, me heurtant aux murs au grès de mon avancée, insultant des parasites imaginaires. J'avais laissé Isak dormir seul dans son antre, prenant la peine de fermer la porte derrière moi pour que personne ne puisse l’apercevoir dans son état d'hébétude. Un réflexe débile quand on savait comment ce salaud me traitait quand il était en pétard. Il m'avait frappé mais je ne m'en souvenais déjà plus, en dépit de ma lèvre enflée. Un détail, rien de plus. Je me rattrapai de justesse à une serveuse en pénétrant dans la grande salle, qui puait la luxure et le vice. Le Little Darling était un palace sordide où les filles nues dansaient pour le plus grand plaisir des voyeurs venus les admirer. Les lumières étincelantes des spots m'éblouissaient et je repoussais doucement la pétasse pour m'avancer vers le comptoir d'un pas chancelant avant de lancer un regard explosé autour de moi. Un rictus de taré aux bord des lèvres, j'avais autant envie d'exploser de rire que d'éclater en sanglots.

Les derniers jours avaient été rudes alors que je restais accroché à mon téléviseur, suivant ces jeux déments qui nous étaient offerts en direct des arènes. Comment pourrais-je jamais aborder le sujet de ma belle-mère, ressurgie du royaume des morts, avec mon paternel ? J'avais pourtant vu Laura apparaître sur l'écran, en compagnie des autres pauvres gars désignés au hasard et si je n'en avais pas cru mes yeux au début, j'en étais resté hypnotisé par ce que je voyais, aussi dévasté qu'incapable de quitter des yeux la vieille télé du séjour. Cette nuit, en proie à une insomnie désastreuse, j'avais suivi les péripéties d'un de mes meilleurs amis dans une autre arène. La trouille me donnait mal au bide, j'en étais malade. Vaas était mort déjà. Ce n'était pas des acteurs putain, c'était des gens que je connaissais qui se battaient là pour leur vie ! Mais cette nuit, c'était au tour de Lazlo de s'opposer à des créatures totalement monstrueuses, dont la simple vue à la télé me filaient l'envie de dégueuler. Ce n'était pas un film d'horreur et s'il y avait des effets spéciaux, le sang des victimes n'avait rien d'artificiel, pas plus que ne l'étaient leurs blessures, leurs souffrances, leurs terreurs. Je n'avais pas compris ce qu'il avait dit à Grayson avant de s'élancer pour s'offrir en pâture comme du pauvre gibier. Je ne pigeais plus rien à rien de toute façon dans l'état de transe où je me trouvais, j'étais foutu, perdu, désorienté, lessivé ! Fallait-il vraiment que tous mes proches crèvent devant mes yeux alors que j'étais là comme un sale con, totalement inutile et impuissant, devant une putain de télé-réalité ?

Alors, dans un acte de joyeux cynisme, je m'en étais allé me faire défoncer dans tous les sens du terme, par dépit, par colère, par désespoir ou par simple connerie. Allez savoir ? Rien n'avait d'importance dans ce monde de dingues, de toute manière. Et puis voilà, j'étais au bar... Mais alors que je lorgnais distraitement sur les cuisses de l'imposante putain qui dansait en face de moi, mon regard se redressa malgré moi pour apercevoir sa nudité dans toute sa vulgarité crue. Elle n'avait plus rien sur elle et je fus pris d'un haut le cœur quand mes pauvres yeux furent agressé par cette vision funeste entre ses cuisses. Si d'ordinaire la présence de ces filles à poil ne me faisaient ni chaud ni froid, je n'étais sans doute pas préparé à ce qu'elle me colle pratiquement son intimité sur le museau. Comme si j'avais envie de renifler ce genre de chose ! Accablé par la vue de trop d'horreurs accumulées en quelques soirées, il avait fallu que le corps nu d'une femelle soit la goutte d'eau de trop pour faire déborder le vase. J'avais eu un mouvement de recul un peu trop brutal, retombant en arrière sur un gros type aux allures de mafieux. Il m'avait repoussé, j'avais gueulé, lui aussi, et tout s'était enchaîné.

Mon poing rencontra le nez du bouseux qui me cherchait noise, juste avant que je ne saute dessus pour le finir à coups de pieds ! J'avais envie de foutre le bordel dans cette boite, de tout démolir, de laisser se déchaîner ma colère dans toute son horrible splendeur ! J'avais la haine contre ce gouvernement qui nous imposait cette prohibition tyrannique, j'avais la haine contre Isak qui me traitait comme une de ses putes et puis j'avais la haine contre les putes elles-mêmes, pas capables de piger que j'avais envie d'être seul et sûrement pas d'humeur à m'occuper de leurs grosses fesses ! J'étais en colère contre tout le monde, contre le premier qui aurait le toupet de venir me parler. Contre ce gros porc qui me crachait son haleine fétide au visage ! « J'connais l'patron ! » Qu'il me disait, comme si j'allais craindre de voir rappliquer Isak ! Je lui ricanai au nez pour toute réponse, avant de balancer sa grosse bedaine par dessus une table. « J'm'en suis déjà occupé du patron, il roupille ce salaud là et il risque pas de débarquer avant un moment ! Si j'ai envie de foutre le bordel, c'est sûrement pas lui qui m'en empêchera, pigé ? » J'avais presque envie qu'on me demande de plus amples explications, pour le simple plaisir de laisser mes poings leur en offrir. Non, je ne me battais jamais d'habitude, je m'en croyais d'ailleurs incapable jusqu'à ce jour. A croire qu'il y avait un début à tout. Au moins, ça m'empêchait de penser à ces gens, prisonniers des arènes… à cette femme qui ne serait jamais ma mère, à ce mec qui pensait à moi, au moment de mourir.


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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Sam 22 Oct - 2:01


Here we are now, entertain us
Oh yeah, I guess it makes me smile ••• Solveig était rentrée de sa soirée de deal en titubant. Les émotions avaient ravagé son visage pourtant si doux en temps normal. La pluie avait permis de cacher quelque peu le désastre sur ses joues. Néanmoins, la douleur et le vide dans son regard ne pouvaient pas disparaître aussi facilement. Alors, elle décida de ne pas passer par le Little Darlings. Ou plutôt, elle emprunta un escalier de service sur le côté du bâtiment pour monter directement à l'étage. Eviter les danseuses se trémoussant. Eviter les remarques désobligeantes de la clientèle. Eviter que les serveurs ne tapent sur la gueule des connards agissant ainsi. Et surtout... La jeune femme ne voulait pas croiser un seul regard. Elle voulait juste être seule, relativiser sur sa vie, sur ce qui s'était passé, sur ce qui se barrait en couilles dans des proportions monstrueuses. Niklas, Marie, Ezra... C'était comme si la vie s'appliquait à la faire exploser. A détruire les rares remparts qu'elle avait construits. Et à côté de ça, il y avait Isak. Dans son monde. La plupart du temps avec une dose de drogue dans le sang tellement énorme qu'elle se demandait comment il pouvait y survivre. Et elle ne pouvait pas lui parler de tout ça, au risque de le voir devenir violent. Et elle n'avait pas envie d'expérimenter cette violence. Pas cette fois.

Elle se glissait dans sa chambre alors que dans son dos, le soleil se levait et éclairait la Nouvelle-Orléans d'une douce lumière orangée. Très peu pour elle. Une fois de plus, l'oiseau de nuit avait frappé. La jeune femme posa son manteau sur le canapé, offrit un peu de nourriture à son chat, qui l'observait avec de grands yeux qu'elle aurait pu qualifier de triste. Comme s'il s'inquiétait pour elle. Mais ce n'était qu'un animal. Pas un skinchanger, juste un animal. Un léger soupire quitta les lèvres de Solveig tandis qu'elle poussait la porte de sa chambre. La musique en fond sonore lui agressait déjà les oreilles. Pourtant, d'ici une heure, le silence serait retombé. Mais c'était une heure de trop pour son esprit déjà épuisé. Elle aurait voulu ne trouver que le bruit de ses pas sur le parquet grinçant. Ca. Juste ça. Rien d'autre. La suédoise se laissa tomber tout habillée sur le matelas à moitié défoncé qui occupait la chambre. Käli vient se lover contre son bras et Solveig s'endormit un petit sourire aux lèvres.

Elle se réveilla en sursaut, hurlant et en sueur. Ses yeux s'accrochèrent à la lumière claire dans laquelle baignait son salon, à quelques mètres de là. Le chat avait quitté son poste à côté d'elle. Certainement pour se nourrir ou aller faire ses besoins. Qu'importait, elle était seule pour le moment. Seule et nageant littéralement dans ses vêtements. Elle passa une main tremblante sur son visage, tentant de retrouver son calme. Il fallut de longues minutes pour qu'elle soit capable de se lever sans que la tête ne lui tourne. Elle observa à ce moment son horloge. L'après-midi était déjà bien entamée. Bon, heureusement que la jeune femme n'avait rien de prévu ce soir. Elle ne se sentait pas de retourner dealer dans les rues. Pas avec ce qui s'était passé la nuit dernière. Son corps s'en souvenait encore, lui rappelait les moments les plus douloureux avec une puissance qu'elle n'estimait même pas. Pour se changer les idées, elle décida de se faire couler un bain. Dans lequel elle embarqua son chat et elle resta durant plusieurs heures, se vidant l'esprit.

Néanmoins, l'eau devenant de plus en plus froide, il fallait bien qu'elle bouge de là. Et puis, elle avait aussi un repas à se faire, tant que l'endroit était à peu près silencieux. La jeune femme plongea une dernière fois la tête sous l'eau avant de sortir du havre de paix. Et de se faire un repas des plus équilibrés à base de pâtes. Oui, Solveig avait toujours eu du mal à se nourrir correctement. Heureusement qu'elle ne mangeait pas de trop. Puis elle se plongea dans la lecture d'un livre. Un des rares qu'elle appréciait encore.

Ce fut peut-être à cause de cette lecture qu'elle ne comprit pas pourquoi le bruit lui semblait soudainement si fort. Certes, la musique du bar lui était toujours parvenue avec plus ou moins de puissance mais là... Il y avait autre chose. Des bruits de verre brisé, des hurlements. Solveig resta interdite quelques secondes, quelques minutes. Puis, se rendant compte que rien ne cessait et, qu'au contraire, tout s'amplifiait. Il lui faudrait intervenir, puisqu'Isak avait l'air, une fois de plus, d'entre vachement présent. Elle soupira, enfila une paire toute simple de ballerines et entreprit de rejoindre l'étage inférieure. Et ce fut... l'horreur. Le désastre. C'était... Putain de merde. Solveig se mordit la langue et prit son courage à deux mains pour se frayer un chemin jusqu'aux deux combattants. Oui puisqu'ils foutaient le bordel à deux. Et elle alla même jusqu'à s'approcher... Un peu trop en fait. Un poing perdu s'enfonça dans son ventre. Bon, ce n'était pas le truc le plus violent du monde mais cela eut pour effet direct de faire réagir tous les serveurs présents. Eh oui, la petite sœur s'était fait attaquer... Les deux hommes furent séparés. Et la skinchanger reconnut l'un d'entre eux, pour l'avoir déjà vu de nombreuses fois en compagnie de son frère. Elle le désigna, alors que les serveurs s'apprêtaient à l'embarquer.

« Lui reste ici. Montez-le à l'étage, je vais m'en occuper. »

Le regard interrogateur du serveur se heurta à la froideur de la jeune femme. Froideur dont elle faisait très rarement preuve mais les derniers jours avaient été lourds en émotion. Et elle n'avait clairement pas envie qu'on vienne la faire chier. Elle ordonna que tout soit remis en place et que son frère soit mis au courant de cette histoire le plus rapidement possible. Et la soirée reprit. Solveig emboîta le pas à Mikkel et son porteur jusqu'à une salle à l'étage. Il fut installé sur une chaise et elle congédia le garde du corps, qui la laissa non sans avoir fait une grimace de désaccord. Qu'importait, elle voulait parler au jeune homme. Et seulement au jeune homme.

« Pourquoi tu as fait ça ? Tu cherchais à attirer l'attention d'Isak ? »

Bon, vu ses pupilles dilatées, elle n'aurait peut-être pas de réponse ce soir...

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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Mer 26 Oct - 12:01


« Oh yeah, I guess it makes me smile »

Solveig & Mikkel
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La came me permettait de planer bien haut au dessus de la merde ambiante, elle faisait disparaître les douleurs, les peines, les tortures mentales. C'était comme si tous mes doutes étaient proprement balayés et dissimulés sous un tapis. Mon assurance brillait dans mes yeux, ravivés d'une lueur de férocité animale. Parce que désormais, ma carcasse abritait une autre âme que la mienne et je n'étais plus le seul à subir les effets décapants de la drogue. Un chacal défoncé glapissait dans mon ventre, avide de violence et de mort, me donnant envie de rire tout haut comme un véritable dément, alors que mes poings s'envolaient, sans me soucier de l'endroit où ils atterrissaient. Anesthésié par les effets cumulés de plusieurs produits, je ne sentais pas la douleur des beignes qui m'atteignaient parfois quand, dans un sursaut, le gros lard me donnait un coup de patte. Balancé rudement sur le comptoir, ma chute ne se fit pas sans bruit alors que la totalité d'un plateau rempli de verres se brisaient sur le sol. A moitié étourdi, je n'en replongeai pas moins dans le combat, dans un bond enthousiaste, guidé par ma seule colère comme carburant. Tout était chaotique, ma vision était floue et j'ignorais combien d'opposants se trouvaient face à moi, à hurler et à m'insulter. Moi-même, je m'époumonais comme un beau diable, ma voix surpassant le bruit de la musique. « Allez-tous vous faire foutre !! Me touchez pas avec vos sales grosses pattes dégueulasses ! Hé ! »

Des gorilles m'empoignaient déjà alors que je me débattais avec force et rage, sans me soucier de la présence de la meuf que je ne remarquai qu'avec un temps de retard. Les pensées enfiévrées, la respiration courte, j'arrêtai sur cette fille un regard déchiré alors qu'elle donnait ses ordres d'un ton sans appel. J'eus à peine le temps de comprendre ce qui se passait que l'un des gardiens – bâti comme un véritable brontosaure – me souleva tel un vulgaire fétu de paille pour m'emporter dieu savait où. « Lâche moi ! J'ai aucune envie d'être donné à bouffer à une harpie ! Ah mais merde ! J'suis pas un homme objet, pigé ? Genre elle va s'occuper de moi, c'est quoi l'plan ? Refous moi par terre ! » Loin d’accéder à mes demandes, le rustre me maintenait fermement et je fus ainsi transporté hors de la salle, sans que je ne cesse de m’égosiller et de me débattre en pure perte, pour gravir des marches qui me menèrent à l'étage où on me mena ensuite dans une pièce inconnue. Brutalement balancé sur une chaise, j'y retombai dans une exclamation outrée, la nausée au bord des lèvres, les yeux écarquillés. Lorsque mon porteur grimaça, sans doute frustré d'être privé de m'administrer une correction, je lui présentai vivement mon majeur dans un pâle glapissement. « C'est ça, casse-toi Jurassic Park, rendez vous dans un million d'années ! »

Ou jamais, en fait. Je me massais la nuque dans un soupir, retournant mon attention sur la fille. La porte refermée, nous étions seuls dans la piaule et je clignai un peu des yeux en la regardant plus attentivement. Je la connaissais cette meuf en vérité, j'avais eu l'occasion de la croiser en allant chez Isak ou même en venant ici dans cette boite. Dire que j'avais cru qu'il s'agissait de sa copine au tout début… mais non, Solveig était sa sœur. Je savais qu'ils vivaient ensemble et qu'ils se partageaient la direction du Little Darling, ils avaient l'air sacrément proches vu la façon dont Isak m'en parlait sans arrêt. Pourtant, je n'avais encore jamais eu l'occasion de discuter avec elle, ni de raison de le faire à vrai dire. Lorsque sa question atteignit ma conscience, j'affichai une légère moue qui se transforma rapidement en sourire torve. « Tu m'as pris pour un désespéré ? J'ai pas besoin de l'attention de ce tordu, qu'est ce que j'en aurais à foutre ? »

Je haussai les épaules dans un mouvement que j'aurais voulu plus dédaigneux, sans la quitter du regard. Il faudrait que je sois sacrément pathétique pour essayer d'attirer l'attention de ce mec, au point d'aller me castagner avec ses clients. Sérieusement si c'était ce qu'elle pensait de moi, elle se plantait royalement !En recherche d'attention moi, non mais... Merde. Je laissais retomber un instant de silence, les pensées toujours éparses et la sensation d'être assis sur une balançoire au lieu d'une simple chaise. Les murs me donnaient l'impression de tanguer et la silhouette de Solveig devant moi s'étirait bizarrement, comme si elle devenait aussi haute que le plafond et plus mince qu'une tige. Un spectacle assez impressionnant que je contemplai dans un mélange de perplexité et de lassitude. Je me sentais foutrement mal dans mes pompes et si je sombrais dans le bad trip en plus, je risquais de mal terminer la soirée. Pourquoi j'avais éprouvé le besoin de foutre le bordel ce soir ? C'était si simple comme question et je me rendais compte que j'étais incapable de lui offrir une réponse cohérente. « On m'a fait chier, j'étais pas d'humeur… un truc comme ça. »

Je me redressai doucement, palpant mes poches en quête de cigarettes, ce qui se solda par la découverte d'un paquet vide. Misère. Pour le fumeur invétéré que j'étais, ce drame n'allait pas tarder à m'achever. « Bon alors attend, attend. T'es sa sœur, c'est ça hein ? Ben oui… oui oui j'te connais. » Laissant retomber le paquet par terre dans un soupir las, je me massai les tempes, essayant de retrouver mes esprits. La vache, j'avais quand même reçu de fameuses entailles avec ces verres brisés, mes mains étaient recouvertes de sang et j'avais des ecchymoses un peu partout. Je m'en foutais pourtant comme d'une guigne, me concentrant sur la meuf qui faisait office de patron dans cette baraque. En me refaisant mentalement le plan des derniers événement, je n'arrivais pas à me souvenir du moment où elle avait surgit dans la bagarre. Est ce qu'elle y avait participé ? Il me semblait bien que oui, maintenant que j'y réfléchissais, je revoyais vaguement son visage surgir entre moi et le gros tas de bouse. « Hum. J't'ai filé un coup de poing dans l'bide ? » Je n'en étais pas sûr et je lui offris un œil interrogatif. « Putain okay… je frappe jamais les filles normalement, ça craint un peu. » Moui, et même carrément. Si je lui avais foutu une beigne, ça m'aurait bien fait chier parce que ça ne me ressemblait pas du tout. Même dans l'état déphasé où je me trouvais, j'étais assez conscient pour sentir les affres de la culpabilité m'envahir alors que je la fixai dans une moue circonspecte. « Pourquoi tu m'as emmené ici… c'est pour une partie de cartes ou me remonter les bretelles ? »


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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Dim 30 Oct - 0:29


Here we are now, entertain us
Oh yeah, I guess it makes me smile ••• Elle était passée outre chaque hurlement, chaque insulte de la part du jeune homme. Il aurait pu lui dire n'importe quoi que la jeune femme aurait refusé de le laisser partir. Il était complètement à l'ouest. Il avait le même regard qu'Isak après de nombreuses injections. Et si ce n'était que ça... Elle n'en était pas sûre. Solveig croisa les bras sur sa poitrine sans le quitter des yeux. Vu le frère qu'elle avait, sa petite crise lui passait très clairement au-dessus de la tête. Alors, elle attendait juste qu'il se calme un peu. Oui elle le pensait désespéré. Pour déclencher une bagarre au sein même du Little Darlings, il devait l'être un minimum. La jeune femme s'appuya contre son bureau et croisa les bras. Maintenant, elle attendait. Les explications. Qu'il se raccroche à la réalité. Qu'il s'y ancre. Encore un peu. Ce qu'il en aurait à foutre ? Il était là pour Isak, pas pour les cuisses ouvertes des danseuses. Elle était peut-être innocente, détachée, cependant, il ne fallait pas non  plus la prendre pour une conne. Sinon, elle hausserait le ton. Comme une mère. Comme une sœur peut-être. Une sœur ne supportant pas de voir son sang s'autodétruire, se pourrir les veines. Elle ne pouvait rien faire pour Isak, à part se poser à ses côtés et le guider quand il était perdu. Pour Mikkel, rien n'était perdu. Même si cela signifiait l'écarter de son vrai sang.

Le silence s'étira. Doucement. Se distordit. Jusqu'à ce qu'il brise celui-ci. Quelques mots. Quelques mots qui la laissèrent sceptique. Pas d'humeur ? Vraiment ? La suédoise garda ses yeux enfoncer dans ceux de Mikkel, attendant une explication un peu plus... Profonde. Réelle. Il finit par chercher quelque chose dans ses poches. Des cigarettes. Solveig aurait pu lui en proposer certaines. Son frère devait bien en garder. Mais cela aurait empiré son état alors, elle resta de marbre. Jusqu'à ce qu'il reparle. Signale qu'elle était la sœur d'Isak. Donc oui, elle était connue dans son esprit. C'était déjà ça. Elle soupira doucement et se rapprocha du jeune homme pour se pencher vers lui. Elle hésita un peu à lui faire relever la tête et observer d'un peu plus près ses pupilles. Cependant, elle savait bien ce qu'elle y trouverait. Ce fut ce qui la stoppa, et elle se contenta de le dominer un peu de sa hauteur. Les douleurs étaient passées et elle était incapable de se souvenir qui lui avait assené le coup. Evidemment, elle penchait plutôt pour l'autre bonhomme, qui s'était fait ramener fissa à la sortie. Sinon, les gardes du corps ne l'auraient pas laissé seule avec Mikkel. C'était une hypothèse comme une autre.

D'ailleurs, le jeune homme face à elle souleva la question. Solveig haussa seulement les épaules, montrant que cela lui importait peu. La réaction de ses protecteurs lui avait empêché de prendre trop cher. Les yeux de la jeune femme se posèrent sur les mains de Mikkel. Blessées. Détruites. Sanglantes. Elle se tendit soudainement et se glissa jusqu'à la petite armoire à pharmacie au fond de la pièce. Elle en sortit les soins nécessaires pour s'occuper de ses blessures et alla s'accroupir à ses côtés. Pourquoi l'avoir emmené à part ? Elle resta silencieuse quelques minutes, donnant l'illusion de réfléchir. Avant de se lancer sur le début de ses mots.

« Oui, tu m'as l'air désespéré. Tu es complètement défoncé et tu as déclenché une bagarre en plein milieu du bar et tu ne sais même pas me donner la raison ! Si tu en avais réellement rien à foutre, tout ça ne se serait pas passé Mikkel. Tu ne te serais pas blessé non plus... »

Elle lui attrapa la première main et commença à appliquer le désinfectant sans le prévenir. Les bouts de verre furent retirés doucement de la chair et la jeune femme s'appliqua consciencieusement. Elle ne s'attendait à l'entendre crier ou autre. Avec la drogue, il devait être un minimum anesthésié. Du moins, la suédoise l'espérait pour lui. Elle finit par enrouler les bandages autour de la première main blessée en soupirant.

« Je suis sa sœur en effet. Et non, ne t'inquiète pas, je ne pense pas que ce soit toi qui m'as frappé. Les serveurs ne t'auraient pas laissé seul avec moi sinon. Enfin, si tu veux une claque pour qu'on soit à égalité, on peut toujours s'arranger. Avec un peu de chance, ça te remettra les idées en place. »


Sur ce point-là, elle avait quelques doutes. Si tout pouvait être aussi simple... Isak serait la personne la plus normale du monde. Le frère qu'elle voulait retrouver. Juste pour avoir une vraie vie, une vraie relation fraternelle. Pas pour finir dans un endroit où elle flippait de se faire violer à chaque fois qu'elle mettait un pied dehors. La jeune femme essuya une larme qui coulait le long de sa joue avant de s'attaquer à la deuxième main. Il lui fallut quelques minutes de plus pour celle-ci, un peu plus blessée que l'autre. Bordel, il ne s'était pas loupé en se battant... Elle se mordilla la lèvre inférieure et soupira doucement.

« Hé bien, j'ai déjà commencé à te faire la morale. Tu devrais faire plus attention à toi. Ca va mal finir un jour. Et je suis sûre qu'il y a des personnes qui tiennent à toi, il faudrait que tu penses à eux plutôt que de te foutre dans des merdes pareilles. »

Son regard s'enfonça dans celui de Mikkel et elle posa doucement sa main sur sa joue pour être sûre qu'il était encore avec elle. Que ses mots ne le perdaient pas un peu plus dans les méandres de la drogue.

« Ta famille par exemple. Tu voudrais bien m'en parler un peu ? »


L'accrocher avec elle plutôt que de le laisser divaguer. Ce serait un moyen de le maintenir en vie.

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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Lun 21 Nov - 13:10


« Oh yeah, I guess it makes me smile »

Solveig & Mikkel
featuring

Avachi sur la chaise, je relevai un regard désorienté vers la sœur d'Isak. Son visage n'exprimait aucune colère en particulier et elle avait l'air de se foutre éperdument de cette beigne qu'elle avait prise. A force de vivre dans un milieu pareil, je supposais qu'elle avait droit régulièrement à son lot de violence mais pourtant, la culpabilité creusait son trou dans mes entrailles de plus en plus profondément. Sans doute que mes émotions étaient exacerbées par la came dont j'étais totalement imbibé, mais je sentais monter une anxiété qui risquait de me faire chavirer. J'ignorais ce qu'elle était en train de fabriquer en fouillant ses armoires, j'étais trop déboussolé, pris de vertige par les mouvements des murs qui tanguaient doucement. Dans mes veines, de multiples fourmillements se propageaient, comme si des insectes rampaient sous ma peau. Je me frottai le visage, inspirant profondément avant de tressaillir en voyant soudain Solveig accroupie à mes côtés. Wow ! Qu'est ce qu'elle faisait là tout à coup ? Je ne l'avais même pas sentie s'approcher. Une odeur suave et très particulière se dégageait d'elle et je ne parvenais pas à la reconnaître. Il ne s'agissait pas de parfum, ni de quoique ce soit d'artificiel, c'était son odeur à elle… une fragrance lourde et animale que j'aurais sans doute dû reconnaître mais que ma conscience altérée était trop fatiguée pour saisir.

Ses paroles me firent rouler des yeux, comme un sale gosse, cachant ainsi le malaise que ces mots me provoquaient. Peut-être parce qu'ils étaient dangereusement justes… Un pauvre junkie désespéré, voilà ce que j'étais. Plus pathétique que ça, tu meurs. Cette boule au fond de ma gorge m'empêcha de rétorquer quoique ce soit sur le moment, alors que j'expulsais un soupir douloureux, les sourcils froncés, le regard éparpillé, ne sachant où le poser. La drogue devait me bousiller le cerveau mais c'était bien le but, après tout. Trop confus pour réussir à ordonner mes pensées, je ne me rendis pas compte immédiatement qu'elle s'était emparée de ma main qu'elle s'appliquait à soigner. Mon cœur battait trop vite et trop fort dans ma carcasse et je lui balançai un regard troublé, mes yeux clairs presque totalement envahis par mes prunelles dilatées. Quand les larmes de Solveig m'apparurent, je fus aussitôt secoué par un nouvel afflux d'angoisse qui me fit trembler malgré moi, bien trop fort. Mes muscles se contractaient douloureusement, sans que je ne puisse rien contrôler alors que je suivais ses gestes des yeux, noyé dans un état d'esprit paranoïaque et irrationnel… Je tressaillis soudain quand elle posa sa paume contre ma joue brûlante, lui renvoyant un regard anxieux.

« Tu… tu chiales ? »

Voir une fille pleurer m'avait toujours été insupportable, ça me tuait ce genre de truc et si je m'étais attendu à recevoir une bonne engueulade ou un cassage de gueule en règle, je ne me serais sûrement pas attendu à ce genre de réaction de sa part… Je ne savais plus que dire, que répondre, mon esprit était trop nébuleux pour réussir à communiquer correctement. Sa question atteignit mon esprit avec une bonne poignées de secondes de retard et un rire nerveux me secoua.

« Ma famille s'en tape, putain ! J'ai beau vivre avec eux, ils me connaissent pas, ils savent rien de moi, que dalle. J'ai même pas été foutu de dire à mon vieux que j'ai vu ma belle-mère à la télé… Elle a disparu depuis des années et j'viens de la voir dans ces foutus jeux, en train de se faire couper un bras à vif, avec un putain de bout de miroir… T'y crois toi ? »

Fallait vraiment que je sois défoncé pour lui sortir ce genre de choses aussi crûment, alors que je ne parlais jamais à personne de mes tourments. Je ne comprenais pas pourquoi Solveig me faisait la morale, comme si elle pouvait bien avoir quelque chose à foutre de ma vie. Si je me foutais en l'air, quel importance, bon dieu ?

« C'est justement quand je pense à eux que j'ai envie de plonger dans la merde, jusqu'à m'étouffer dedans ! Ah putain… J'pense que tu ferais mieux de m’assommer carrément, ouais, ça vaudrait mieux, je suis cap que de dire des conneries ce soir… enfin j'en dis tout le temps, c'est juste que…. Enfin merde, pourquoi tu… tu fais ça ? J'le mérite pas trop il me semble. Genre tu m'fais la morale… tu t'prends pour ma mère ?»

Ma voix faiblit dans un sourire triste. Je ne méritais que des coups dans la gueule, quoi d'autre ? Mais non, elle n'allait pas le faire. Au lieu de ça, elle m'avait soigné et je lui lançais en regard épouvanté, toujours tremblant, dans un murmure.

« Y'a des scorpions qui sont rentrés sous ma peau… ça craint putain, j'les sens… Ils sont en train de me bouffer vivant, regarde...t'as vu ça ? Bordel... »

Il me semblait qu'elle avait réussi à en retirer pas mal avant d'entourer mes mains de bandages mais je les sentais encore ramper dans mes veines… Mais j'aurais préféré qu'elle les laisse me dévorer, j'aurais préféré qu'elle ordonne à ses gardes du corps me me rouer de coups. J'aurais préféré tout ça plutôt que de ressentir sa peine dans les larmes silencieuses qui coulaient contre ses joues. Quand une fille pleurait devant moi, je ne pouvais pas faire autrement que d'imaginer ma sœur ou ma mère à sa place. C'était la sœur d'Isak, j'avais toujours été impressionné par leur lien fraternel, si fort. Moi je n'étais pas proche de ma sœur ni de mon frère mais imaginer que qui que ce soit les fasse chialer m'aurait rendu fou. Je posais ma main blessée contre la sienne, dans un mouvement impulsif, cherchant à étreindre ses doigts.

« Chiale pas, putain, chiale pas. Isak va très bien, il est juste… enfin il pionce peinardement, il va très bien. On s'est un peu engueulé mais c'est comme d'habitude enfin… bah. Non mais j'aime pas frapper les gens, je tape même pas sur ton frère même si c'est un sale con donc tu vois… Mais ouais, j'sais pas pourquoi j'ai foutu le bordel ce soir, j'en sais rien. Qu'est ce que ça peut foutre dans le fond ? C'est pas comme si tu dirigeais un joli p'tit salon de thé, tu dois avoir l'habitude que ça dégénère non ? »


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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Sam 26 Nov - 1:46


Here we are now, entertain us
Oh yeah, I guess it makes me smile ••• Ses yeux s'étaient enfoncés dans ceux de Mikkel. Il était complètement shooté et elle avait l'impression de voir son frère en écho. Sauf qu'elle ne pouvait rien faire contre son aîné. Elle ne pouvait pas l'empêcher de se droguer, de se détruire, de l'emprisonner dans un univers qui est loin d'être celui auquel elle aspire au début. Avec le jeune homme en face de lui, il y avait encore un espoir. Et elle ne savait pas pourquoi mais la suédoise ressentait le besoin viscéral de le sortir de ces conneries. Un être humain n'était pas fait pour souffrir autant, pour se briser les organes. Solveig ne parvenait pas à détacher sa main bandée de la joue de Mikkel. Même lorsqu'il riait, même lorsqu'il donnait l'impression de se foutre d'elle. Le voir dans un tel état exacerbait les derniers sentiments qui lui restaient. Et ce plutôt violemment. A quel point que les larmes commencèrent à couler le long de ses joues, sans qu'elle ne le remarque. Et si son interlocuteur ne lui avait pas fait la remarque, elle n'aurait certainement jamais fait attention à ce qui se passait. La jeune femme pleurait peu en public. Jamais à vrai dire. Elle avait appris à contrôler cela, puisque c'était une faiblesse dans ce monde, et qu'elle ne pouvait pas se permettre d'apparaître comme une "faible". Même si tout aurait été plus facile si elle avait pu. C'était comme être normale. Un rêve qui avait depuis longtemps disparu de son coeur mais qui planait tout de même autour d'elle...

Elle aurait pu effacer ces légers vestiges. Ce n'était que quelques cristaux. Et pourtant elle les laissa s'approprier ses joues, malgré les émotions que cela crée chez Mikkel. Il n'y avait personne à part lui, et il n'irait jamais parlé de ce qui s'était passé cettte nuit-là. Un nouveau rire envahit le jeune homme. Nerveux de ce qu'elle en entendait. Avant qu'il ne se lance dans une tirade sur sa famille. Et Solveig l'écouta, sans le couper. Il avait l'air d'avoir besoin d'extérioriser ce qu'il y avait en lui. Et la jeune femme était d'humeur à l'écouter. C'était un moyen pour le maintenir dans la réalité. De plus, elle devait en savoir plus sur lui. Peut-être que si elle trouvait sa famille, elle pourrait leur en parler, essayer de faire changer la situation. Les risques qu'elle se prenne un vent étaient énormes, notamment s'il disait la vérité et que tout le monde s'en foutait de lui. Cependant, la suédoise n'était pas si sûre de ça... Puis il parla des jeux. De l'arène. Solveig blêmit soudainement, déglutit difficilement, finit par avoir du mal à respirer. C'était une mention qui la pétrifiait d'horreur. Ce qui l'avait menée à esquiver leurs diffusions autant que possible. Notamment depuis qu'elle avait aperçu le visage de Laura à l'écran.

Détestait-il tant sa famille que cela ? Ou cherchait-il juste à se créer son propre chemin ? Il était dit qu'aujourd'hui, on observait de plus en plus de jeunes adultes faire des crises de rébellion. Peut-être que c'était lié avec ce gouvernement strict. Qu'importait, Solveig ne voulait pas le voir souffrir autant. L'assommer aurait pu être une option, qui lui avait vaguement traversé l'esprit quand elle l'avait vu se battre, mais qui était maintenant définitivement écartée. Il ne finirait pas encore plus blessé ce soir. Quant à ce qu'elle faisait... Elle ne parvenait pas trop à l'expliquer. Peut-être parce qu'elle savait qu'il était important pour son frère d'une certaine manière, et qu'elle ressentait donc le besoin de le protéger lui aussi. Et aussi qu'il ressemblait à ce dernier. Dans ses gestes, dans son comportement. Dans cette envie désespérée de détruire sa vie. Et, comme avec Ezra, elle était incapable de l'abandonner et de le laisser faire. Sauf qu'en Ezra, c'était elle qu'elle reconnaissait. En Mikkel, c'était Isak. Et cela était d'autant plus dérangeant qu'elle cherchait la survie de son frère plus que la sienne.

Le murmure effrayé du jeune homme la ramena dans l'instant présent. Des scorpions sous la peau ? Etait-ce la drogue qui distordait les morceaux de verre qui s'étaient enfoncés dans sa chair ? Pourtant, Solveig était persuadée de les avoir tous retirer. Certes, elle n'était pas médecin mais pour l'avoir fait un nombre incalculable de fois sur elle-même, elle avait fini par devenir plutôt douée. Doucement, elle posa sa main libre sur le bras de Mikkel. Elle ne pouvait pas faire grand-chose contre ses sensations, même avec toute la bonne volonté du monde. Et puis, il fallait qu'elle calme les larmes qui continuaient leur chemin sans qu'elle ne parvienne à les arrêter. Sinon, son interlocuteur continuerait de se sentir mal et cela pourrait faire empirer son état. En tout cas, avec Isak, la moindre émotion qu'elle manifestait entraînait des conséquences très souvent désastreuses. Ce qui la poussait à s'enfermer dans une froideur et un vide émotionnel pour ne pas qu'il s'énerve à son encontre.

Les doigts de Mikkel contre les siens la firent sursauter, alors qu'il enchaînait avec quelques paroles des plus... Déstabilisantes. Elle ne pleurait pas pour Isak. De toute façon, il allait toujours bien et si elle osait s'inquiéter, il prendrait ça pour une quelconque pitié. Alors, elle avait fini par se le garder au fond d'elle-même, quitte à s'y détruire le peu de coeur qui lui restait. Mikkel était loin d'être un mauvais bougre, comme le prouvaient ses mots, et elle lui adressa au travers de son visage ravagé par les pleurs un sourire. Avant de commencer à essayer le liquide transparent de sa manche de chemisier. Heureusement qu'elle n'était pas le genre de femmes maquillées à outrance. Sinon, le pauvre tissu aurait signé son arrêt de mort. Ce que ça pouvait lui faire... Encore une question parfaite. Et sans réponse. C'était ainsi, bien qu'elle en ait l'habitude. La violence faisait partie du monde qui l'entourait mais elle avait encore du mal avec certaines subtilités.

"Ne t'inquiète pas pour les larmes, ce n'est pas grand-chose, juste un peu trop de pression ces derniers jours..."


C'était bien sa veine quand même de craquer devant quelqu'un. Elle aurait pu attendre d'être seule dans sa chambre, avec Käli dans ses bras, pour relâcher la pression qu'elle avait accumulée. Il ne manquait plus que son frère lui ressasse toutes les conneries qu'elle avait faites ces dernières semaines et elle aurait le summun... La jeune femme soupira doucement, inspira profondément, et reposa ses iris dorées maintenant sèches dans celles de Mikkel. Pour lui montrer qu'il n'avait pas à s'en faire, qu'elle allait bien. Même si c'était faux. Cependant, elle préférait se mentir à elle-même plutôt que de remarquer et de s'avouer que quelque chose clochait.

"Tu es certain que ta famille s'en moque de ce que tu fais, de ce que tu deviens ? Je ne pense pas que ce soit réellement possible... Pour ta belle-mère... Je ne suis pas vraiment les arènes mais... Elle devrait s'en sortir non ? Vous allez pouvoir vous retrouver. Ce n'est pas mes affaires, j'en ai conscience, mais pourquoi veux-tu à ce point de détruire ? Que se passe-t-il ?"


Elle continuait dans cette direction. Tout en sachant pertinemment que les risques qu'il se renferme étaient importants. Tant pis, la jeune femme se contenterait d'apporter une présence simplement, si ses mots dérangeaient. Elle avait l'habitude de toute façon, puisqu'elle ne servait qu'à ça dans la vie de tous les jours. Une poupée, un pantin. Rien d'autre. Son nom suffisait à effrayer ceux foutant le bordel. Et elle servait de représentation quand son frère ne pouvait pas l'assumer. Qu'elle le fasse avec une personne de plus n'était pas franchement dérangeant.

"Je ne sais pas pourquoi je fais ça.. Peut-être parce que tu ressembles à mon frère sur certains points, sauf que lui est bien vieux... Parce que contrairement à lui, tu n'es pas encore condamné à vivre dans la dépendance, dans la souffrance, si on peut encore appeler ça une vie... Je ne veux pas que tu finisses comme lui, même si je te connais assez peu finalement..."


Ses paroles avaient été transformées en murmures. Solveig n'osait même pas le regarder dans les yeux. Elle devait être tellement pathétique à vouloir le sauver. C'était ce qu'elle devait lui inspirer. De la pitié. Du dégoût. Et elle le méritait après tout. La jeune femme n'était qu'une coquille vide cherchant désespérément à ne pas voir les gens chuter dans les mêmes eaux qu'elle. Ou que son aîné. Comme une dernière pulsation de vie derrière son masque de pantin inanimé.

"Pour les scorpions, ça va passer, ne t'inquiète pas, ce ne sont que les effets secondaires..."


Là, elle ne parlait pas d'expérience. Ou si, un peu. De l'expérience des autres, des hurlements qu'elle avait pu entendre suite à une prise de drogue face à elle. Malheureusement, la suédoise ne pouvait pas faire grand-chose contre ça. Ce qui la foutait étrangement mal. En tout cas, sa main était restée contre la joue de Mikkel, histoire que le contact ne soit pas rompu et qu'elle ne le perde pas dans de quelconques méandres.

"Je ne m'en fais pas trop pour Isak, il se met tout seul dans ce genre de situations et ça a l'air de lui plaire... Et je ne le dirige pas vraiment. De plus, ce n'est pas parce que je la vis au quotidien que je l'apprécie, au contraire. Je n'aime pas que ça dégénère, ça n'attire que des problèmes. Notamment avec mon frère, qui peut prendre des mesures radicales ou avoir des réactions extrêmes... Je préfère voir cet établissement comme un lieu où on vient pour se détendre, pour échapper à la pression du Gouvernement. La prochaine fois que tu ressens le besoin de faire quoi que ce soit de violent, viens m'en parler."


Pourquoi proposait-elle ça ? Ce n'était pas franchement logique, comme toutes ses réactions et ses paroles depuis le début de leur conversation certes. Mais bon, ce n'était pas très important puisqu'elle le pensait réellement. La suédoise était capable de gérer son aîné alors Mikkel, ça devrait passer sans souci...

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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Mer 7 Déc - 14:10


« Oh yeah, I guess it makes me smile »

Solveig & Mikkel
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La drogue m'enfonçait dans la paranoïa la plus angoissante mais j'étais parti bien trop loin pour réussir à faire la part des choses. Une pure anxiété roulait dans mes veines et toutes ces illusions, ces cauchemars, ces pensées effrayantes, étaient pour moi la plus sinistre des réalités. Au travers de ses larmes, Solveig cherchait à me rassurer mais son sourire pâle ne réussit pas à apaiser la tension extrême qui me faisait trembler. Elle parlait de pression accumulée pour justifier ces gouttes salées qui mouillaient ces joues. Des excuses trop lisses qui ne signifiaient pas grand-chose pour moi, des justifications qui ne m'expliquaient pas pourquoi c'était moi qui y avait droit, pourquoi elle se laissait aller justement maintenant. Si c'était le cas, c'était parce que j'en étais responsable d'une manière ou d'une autre, parce que je lui renvoyais une image qui ne faisait qu'attiser la douleur en elle. Je secouai doucement la tête, désemparé et fatigué de toutes ces bagarres, ces cris, ces maux. Mon esprit me paraissait englué par une mélasse noire et poisseuse qui rendait toutes mes pensées tristes et désespérées. Confusément, je savais que c'était la drogue qui me rendait ainsi, qui me faisait vomir ces plaintes pitoyables. Jamais je ne me serais laisser aller à m'exprimer ainsi en temps normal, je me serais contenté de lui rire au nez. Je le fis quand même mais mon ricanement de chacal ressembla davantage à un sanglot étouffé.

« La pression… ouais putain, les arènes, tu m'étonnes qu'on soit pas tous sous pression avec ce genre de spectacle, en boucle sur toutes les foutues télés de la ville... Tu fais bien de ne pas regarder, moi j'fais carrément une overdose de ces images... c'est ça qui m'tue.»

Au moins, elle ne chialait plus et je me forçai à prendre une profonde inspiration, mon regard fuyant le sien pour s'éparpiller, incapable de savoir quoi répondre à ses questions sur ma famille. Est ce qu'ils se moquaient vraiment de mon sort ? Solveig essayait de me réconforter et ça me donnait d'autant plus la sensation d'être pathétique. Un sale gosse, voilà ce que j'étais, réduit à m'accrocher à des promesses offertes par une presque inconnue. Elle ne pensait pas que ce soit possible que mes parents ne m'aiment pas ? Elle pensait que ma belle-mère s'en sortirait ? Elle m'assurait qu'on allait se retrouver et que tout finirait bien ? Doux mensonges ! Je me sentais si démuni que j'avais pourtant follement envie de la croire, comme un gamin naïf qui gobe tous les contes qu'on lui narre. J'aurais voulu la croire, de toutes mes forces mais malheureusement je savais qu'elle ne détenait pas toutes les vérités… putain mais elle n'en savait rien du tout ! Elle ne connaissait pas ma famille et elle ne faisait pas non plus partie de l'organisation des jeux ! Ce n'était que des mots de réconfort destinés à m'anesthésier, des pansements qu'on place sur une plaie béante mais bordel… moi je n'avais que ça, je n'avais que ça. Que ces mots auxquels me raccrocher.

« Je... sais pas… j'sais pas. Ouais… bah ouais. » Des réponses confuses, voilà tout ce que j'étais capable de rétorquer d'une voix enrouée avant qu'un nouvel accès de rire douloureux ne me secoue à ses questions suivantes. Pourquoi je voulais me détruire. Parce que c'était cette impression que je donnais ? J'en étais à peine conscient, je ne savais plus rien, j'étais incapable de réfléchir de manière cohérente, je m'embrouillais totalement moi-même. « Houlà... Demande ça à mon psy ? Remarque… non, ça vaut mieux pas. » Je m'esclaffais à nouveau à cette pensée. Non, j'aurais sûrement pas envie de laisser le docteur Meadow mettre mon âme à nu, mieux valait qu'il se contente du reste ! Pourtant, il fallait bien que je donne des réponses à cette fille et j'essayais encore d'y réfléchir avant de résumer le problème en quelques mots. « Mon père me méprise et je mérite pas mieux, voilà tout. Bah… laisse tomber, ma vie c'est de la merde et on s'en fout.»

Je retrouvais son regard alors qu'elle tentait de m'expliquer la raison qui la poussait à se montrer aussi attentive à mes émotions, au lieu de me punir, au lieu de me foutre la raclée de ma vie pour avoir foutu un tel bordel dans la grande salle. Ses murmures m'atteignirent, dans le fin fond de ma conscience brumeuse alors que je grattais mes bras, un peu trop fort. Cette horrible sensation que m'imposait la drogue ne me lâchait pas, les insectes étaient-ils vraiment en train de me bouffer vivant ? Le contact plus frais de la main de cette fille contre ma joue m'aida à tenir bon, autrement je me serais griffé les bras jusqu'au sang. J'essayais de maîtriser mes tremblements, la sueur froide dégoulinant de mon front, la dévisageant de mes prunelles trop dilatées et vacillantes. Je ne comprenais pas tout ce qu'elle me disait et je fronçais un peu les sourcils, perdu et troublé par ses mots. J'essayais de me concentrer sur ses paroles, ça m'aidait à oublier un peu l'angoisse irraisonnée qui me serrait le cœur et le faisait battre trop fort. Ça m'aidait à évacuer ce trop plein de malaise qui provoquait la distorsion de la réalité tout autour de moi. Ces murs qui tanguaient, ces scorpions qui marchaient sous ma peau…

« Bah mais… Isak n'est pas tellement plus vieux que moi, on doit avoir quasi le même âge. J'ai l'air d'un gamin à ce point là hum ? Non mais… faut pas t'en faire, c'est juste… juste un passage difficile dans ma vie, c'est tout. Tu dramatises un peu hein, arrête. » Condamné à vivre dans la dépendance et la souffrance ? Je n'avais jamais pensé à Isak de cette manière là, il avait toujours l'air de péter la forme au contraire ! Toujours bon pied bon œil, le poing léger, prêt à le balancer dans les tronches joyeusement avec de sympathiques insultes en prime. Bien-sûr que non, ce n'était pas une victime. Mais au-delà de ça, je n'avais jamais non plus associé le dealer à un symbole de déchéance, comme elle le laissait entendre. Elle me sortait des expressions du style : « si on peut appeler ça une vie » ou « finir comme lui », comme si suivre le chemin d'Isak, c'était l'étape ultime de la dépravation… alors que ok quoi, il aimait bien s'amuser et profiter des bonnes choses de la vie, voilà tout. Comme moi quoi. Non ? En tous les cas, elle m'assurait qu'elle ne s'inquiétait pas vraiment pour son frère, ce qui prouvait qu'elle pensait comme moi et qu'elle estimait aussi qu'Isak prenait juste du bon temps. Je ne savais pas ce qu'elle voulait insinuer en évoquant les mesures radicales et les réactions extrêmes probables de son frère et je soupirais un peu, me tortillant sur ma chaise avec nervosité.

« Est ce que t'as... peur d'Isak ? Non mais ouais, ouais, c'est pas un ring de boxe ce club, j'sais bien, j'sais bien… On a assez avec ces fils de pute du gouvernement putain. T'inquiète, ça va l'faire, on va se détendre, tout va aller comme sur des roulettes et la prochaine fois qu'on s'verra, ce sera pour se raconter des blagues de pets, on va bien se marrer toi et moi, et tout ira formidablement bien. » Pourquoi je ne pouvais pas m'empêcher d'être sarcastique ? Je lui offris un sourire désespéré avant de me redresser un peu, ma main refermée sur la sienne. « Sans déconner, j'ai pas l'intention de te rajouter un peu plus de misère, comme t'as dit t'as assez de pression sans ça. Ecoute… j'étouffe un peu là, ça te dit pas de bouger un peu ? J'ai pas envie de rester enfermé dans cette piaule. J'ai besoin d'une clope et aussi… » Et je crevais d'envie de regarder la suite des Hunter'Seasons, pour savoir ce que devenaient Lazlo et Laura. La dernière fois que j'avais regardé, ils étaient encore en vie mais qui pouvait savoir ce qu'ils vivaient au moment même où on état en train de discuter ? Mieux valait marcher dehors, marcher, sortir, s'évader. Je soupirai. « T'as rien à craindre, comme je t'ai dit, Isak est dans les vapes, il dort profondément. Il saura rien de ce qui s'est passé ce soir. Et puis vu que t'as eu ta dose de pression, j'imagine que t'as besoin d'une bouffée d'air toi aussi, non ? »


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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Lun 12 Déc - 0:38


Here we are now, entertain us
Oh yeah, I guess it makes me smile ••• La jeune femme respirait à présent plus librement. Pourquoi un tel épanchement face à Mikkel ? C'était étrange. Ou alors était-ce simplement parce qu'elle ne se sentait pas en danger en sa présence. Ca et le fait qu'il lui rappelait son frère quand elle le retrouva peu après sa sortie de Darkness Falls. Perdu, mais encore sauvable. S'enfonçant jour après jour. Bien qu'elle n'ait pas su comment le sortir de l'enfer dans lequel il se plongeait. Et elle ne voulait pas voir une personne de plus se glisser autant dans les abymes. Elle était conne, stupide de vouloir ça. Qui était-elle pour décider de la vie des autres ? Qui était-elle pour oser donner des conseils sur comment vivre sa vie ? Elle était le pantin de son frère, elle se détruisait, physiquement, émotionnellement et mentalement. Comme le lui avait dit Ezra, elle n'était pas bien placée pour faire la moindre remarque. Et pourtant. Et pourtant, face à Mikkel, les mots étaient sortis d'eux-mêmes, cherchant à le stopper dans sa descente. Alors que techniquement... Il n'était rien à ses yeux. Il n'était qu'un client parmi tant d'autres. Cependant, la suédoise avait ce besoin de le protéger. Parce qu'il traînait avec son frère, parce qu'il ressemblait à celui-ci sur de nombreux points. Parce que sa famille ne semblait pas s'en préoccuper. Et qu'inconsciemment, elle ne pouvait pas tolérer l'abandon d'un lien du sang. Même si elle n'était en aucun cas au courant de l'histoire.

Oui, elle avait raison de ne pas s'attarder sur les écrans et les images qui défilaient. Elle ne tiendrait pas longtemps avant de régurgiter son dernier repas. Bien qu'étant habituée à la violence, il y avait certaines choses que Solveig ne pouvait pas voir. Puis, plus Mikkel ou les employés en parlaient, plus elle se rendait compte qu'heureusement qu'elle avait fait ce choix. Bon, après, ce n'était pas comme si elle avait la télévision dans son appartement. Son frère ne l'avait jamais accepté et d'un côté, c'était tant mieux. Elle avait une excuse pour ne pas suivre les horreurs des arènes. Le jeune homme finit par reprendre la parole, ne sachant que dire par rapport aux mots de Solveig. Evidemment, elle racontait n'importe quoi pour le rassurer. Elle ne voulait pas le voir triste par rapport à tout ça. Même s'il avait parfaitement le droit. Et que c'était humain comme réaction. Et qu'elle-même aurait eu la même réaction en y voyant son frère, Niklas ou toute autre personne à laquelle elle tenait.

Quant à ce qu'il méritait ou non... La suédoise resta silencieuse. Elle ne pensait pas qu'on pouvait dénigrer sa famille si facilement. Mais là encore, elle se basait sur ses propres liens du sang. Et ce n'était pas forcément un bon exemple. Leur relation, aevc son frère, était clairement malsaine d'un point de vue extérieur, donc... Ouais, elle n'avait pas son mot à dire. De toute façon, Solveig était bien trop préoccupée par l'état de son interlocuteur à cet instant-là. Il tremblait, il semblait mourir de chaud. La drogue, sans aucun doute. Elle l'empêcha doucement de continuer de gratter son bras. Elle chercha à l'ancrer dans le présent plus que dans la nouvelle réalité qui allait s'offrir à lui. Elle espérait simplement que les crises de Mikkel ne différaient pas trop de celles d'Isak. Qu'elle parvienne quand même à les comprendre, voire les contrôler. Bon, après, pour son aîné, c'était différent. Sa présence suffisait la plupart du temps à empêcher les dérapages physiques. Parce qu'il ne lui ferait jamais de mal, même l'esprit complètement embrouillé par les substances. Il avait peut-être beaucoup de défauts, mais celui-là n'en était pas un. Pas à son encontre en tout cas.

Elle sourit doucement aux paroles de Mikkel. La catastrophe avait été évitée de peu. Il fallait qu'elle apprenne à tenir sa langue, peu étaient au courant de leur âge véritable. Tout comme de leur nature respective. Une métamorphe et un sorcier. Bordel, c'était quand même bien la merde dans la famille. Et ils n'étaient que deux. En tout cas, elle ne tenta pas de s'expliquer tout de suite. Prendre la perche qu'il lui tentait pour s'en sortir. Mais il avait quand même l'air d'un enfant par moment. Ou c'était son instinct de protection qui déconnait. La jeune femme détacha une de ses mains de lui et se frotta les paupières. Pleurer était toujours étrange, elle ne s'y ferait jamais à la sensation de lourdeur qui y faisait suite. Quant à la dramatisation... Il n'avait pas réellement tort. Elle avait tendance à tout dramatiser. A cause d'Isak. A force de voir le pire, elle finissait par l'imaginer partout. Finalement, la suédoise espérait qu'il ait raison. Que ce n'était qu'un passage, que tout finirait par aller mieux pour lui. C'était tout ce qu'elle voulait.

Elle finit par se redresser un peu et se décaler légèrement, sentant Mikkel de plus en plus nerveux. Non pas qu'elle ait peur qu'il la frappe accidentellement ou autre mais elle préférait lui laisser son espace vital. Qu'elle n'avait pas trop respecté jusque-là. Et sa question lui coupa le souffle. Elle le détailla, l'observa, sans réellement comprendre. Être effrayée par Isak ? Non... Solveig eut envie de rire. Jamais elle ne le serait, puisqu'elle savait que jamais il n'oserait la frapper ou lui faire du mal. Même si sa façon de parler et de se comporter pouvait laisser penser qu'elle imaginait le contraire. Un léger sourire craquela son masque d'incrédulité à la suite des mots. Bon, peut-être que tout n'irait pas aussi bien que le jeune homme l'énonçait mais il n'y avait aucune raison que plus de soucis ne leur tombe dessus. Sourire qui apparut aussi sur le visage de Mikkel, et qui lui enleva une certaine pression. Il reprit rapidement la parole, proposant alors de quitter le Little, d'aller se promener un peu. L'occasion pour lui de fumer en plus de prendre l'air. Solveig n'avait même pas envie de lui faire la morale à ce sujet. Finalement, elle finirait par faire comme avec Isak, à rester à côté de lui tandis qu'il se détruisait à coups de drogues ou de tabac. Il la rassura une nouvelle fois de plus par rapport à son frère, tout en laissant planer le fait qu'elle-même devait avoir besoin de se détendre après tout ça. De laisser tomber la pression pour ce soir. Un petit rire quitta ses lèvres tandis qu'elle se remettait debout.

"Tu as raison. Ca ne peut pas me faire de mal de quitter un peu cet endroit. A force d'y vivre et d'y travailler tout le temps, ça va me bouffer."

Puis sans attendre la moindre réplique, la jeune femme lui fit signe de le suivre. Il allait falloir repasser devant les hommes d'Isak, par la porte principale, bien qu'il s'agisse d'une entrée dérobée déjà. Elle fit attention à ce qu'il ne se prenne pas de murs et autres joyeusetés, elle venait de terminer de le soigner ce n'était pas pour qu'il se retrouve avec une bosse au milieu du front. Quand même. Ils traversèrent la salle principale, là où les "danseuses" se trémoussaient et l'alcool coulait à flots. Quelques regards se posèrent sur eux, des serveurs ou des clients. Solveig n'y prêta aucune attention et personne ne l'empêcha de s'en aller. Encore heureux d'ailleurs. Et puis, peut-être qu'ils seront mieux à l'extérieur pour discuter, les murs n'auront pas d'oreilles ainsi... Un courant d'air frais la saisit dès qu'elle se glissa dans la ruelle. Hé bien, la nuit était froide malgré le beau temps permanent de la Nouvelle-Orléans.

"Voilà... C'est vrai que c'est toujours plus agréable d'être dans les rues plutôt que de rester enfermé. Et pour répondre à ta question... Je n'ai pas peur d'Isak. Il ne me fera jamais de mal. Mais j'ai peur pour lui. J'ai aussi peur de ce qu'il peut faire aux gens m'entourant. Mais ce n'est clairement pas le moment, avec tout ce qui se passe, de se prendre la tête avec ça."


Un pâle sourire se dessina sur ses lèvres. Elle devait avoir l'air encore plus morte à la lumière de la lune. Sa peau blanche reflétait son mode de vie, passant sa journée à l'intérieur et ne sortant que pour vendre sa drogue. Pas forcément la vie la plus heureuse. Mais une vie plutôt protégée finalement.

"C'est plutôt toi qui en raconteras, je ne suis pas bien douée pour en faire. Mais oui, on rigolera. Faut bien ça pour supporter cette vie."


Son regard se voila une seconde, avant qu'un sourire n'éclaire son visage. Il fallait qu'elle arrête de ramener le Gouvernement et la vie qu'il imposait. C'était mauvais pour ses nerfs, très clairement. La jeune femme finit par faire quelques pas, entraînant Mikkel à sa suite. Les rues du quartier Nord lui étaient entièrement connues. C'était son quartier après tout, celui où tous ceux ayant besoin de drogues la connaissaient. Et où les autorités étaient incapables de lui mettre la main dessus. Tellement faciles à berner...

"Non, tu n'as pas une tête de gamin, bien au contraire, c'est juste que... Non, laisse tomber, c'est rien, je suis juste un peu fatiguée. Pareil pour le reste, je suis bien trop pessimiste, c'est toi qui as raison. Tout ira mieux sous peu."

Une façon de se rassurer elle-même, de se convaincre. Parce qu'elle n'en savait rien finalement de ce qui allait se passer par la suite. Et que la jeune femme en était effrayée une fois de plus. Elle était incapable de prendre la moindre décision de toute façon, se laissant porter par son frère. Et donc, l'incertitude pesait sur son coeur bien plus fortement qu'elle ne le montre. Son regard doré se posa sur Mikkel, tandis qu'elle captait une nouvelle fois ce détail étrange. Ce détail qui l'attirait, qui grattait sous sa peau. Qui poussait le panda à la secouer. Et à laisser une interrogation passer ses lèvres, en un léger murmure :

"Qu'es-tu ?"

Avant de détourner le regard et de pester contre elle-même en suédois à voix basse. Bordel qu'elle était conne, ce n'était pas comme ça qu'on demandait. Et puis, on ne pouvait pas de questions à ce sujet ! Il allait la prendre pour une folle. A moins que ce soit déjà le cas.

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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Ven 13 Jan - 15:01


« Oh yeah, I guess it makes me smile »

Solveig & Mikkel
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Confusément, je sentais les mains de Solveig se poser sur les miennes et m'empêcher ainsi de me griffer la peau. Chacun de mes sens, extrêmement éveillés et exacerbés, me permettaient de recevoir une quantité de stimulus qui m'assaillaient avec une puissance phénoménale. Si mon état de conscience modifié m'empêchait de les analyser correctement, je ne les recevais qu'avec plus de force, dans la douleur et l'angoisse. J'essayais pourtant de me concentrer sur ce qui entourait Solveig pour oublier les scorpions que je sentais toujours ramper sous mon derme. Je me centrais sur la douceur de ses mains, leur chaleur, la pâleur de ses joues, le son délicat de sa voix. Je me centrais aussi sur son odeur. Un parfum étrange, presque sauvage, qui émanait d'elle et qui me paraissait étrangement familier, comme si j'aurais dû être capable de le reconnaître. Tout cela n'étaient que des impressions floues, diffuses, irraisonnées, qui flânaient dans mon esprit drogué et anxieux. Je m'étais déjà redressé nerveusement dans un sursaut, faisant tomber la chaise derrière moi alors que je venais de lui proposer de sortir. Si au départ, la façon violente dont j'avais été transporté dans cette pièce m'avait laissé craindre le pire, il semblait à présent que je m'étais trompé. Solveig n'avait pas eu l'intention de me casser la gueule en demandant à ses hommes de m'emmener ici, je n'étais pas son prisonnier. Alors, si elle voulait juste me parler, on pouvait tout aussi bien le faire dehors ! Je hochai vigoureusement la tête à sa réponse tout en la suivant alors qu'elle me faisait déjà signe.

« Mikkel a toujours raison. » Dis-je pour tout commentaire en titubant à sa suite dans les couloirs sombres du club. Ma nervosité n'allait pas en s'arrangeant, ma tête me tournait et je ne pouvais pas empêcher les tremblements de mes membres, agités de soubresauts nerveux. Je la laissais me guider alors que le sol me donnait toujours l'impression de tanguer sous mes pieds, offrant un regard farouche aux gens qui nous regardaient passer. Heureusement pour eux, personne n'osa se mettre en travers de notre passage ni nous faire la moindre remarque. Une fois sortis, je fermai les yeux dans un soupir de soulagement en ressentant le vent frais sur mon visage. Mes joues étaient brûlantes. J'entendais vaguement que la fille me parlait, sans réellement l'écouter, mais le prénom d'Isak me fit sortir de ma transe et je retournai enfin mon regard vers elle. Je ne me souvenais déjà plus de la raison pour laquelle on en était venu à parler de son frère. Si elle n'avait pas peur de lui, tant mieux, moi non plus j'avais pas peur d'ailleurs, putain de bordel de merde. J'avais peur de rien moi !

« Ouais tu l'as dit, c'est pas l'moment. Et puis moi en général j'préfère prendre mon pied que me prendre la tête. Question de souplesse peut-être. »

Haussant doucement les épaules sur cette connerie, je commençai à fouiller mes poches en quête d'une clope. J'avais déjà oublié que je n'en avais plus aucune et je soupirai un peu en me frottant le visage. Bon sang, où on pouvait bien vendre des cigarettes dans ce quartier ? J'avais tellement les idées mélangées que j'en avais totalement perdu le sens de l'orientation et je croisai à nouveau le visage de Solveig, pâle sous la légère lueur de la lune qui éclairait la ruelle. Je la laissais choisir la route, lui emboîtant le pas dans la direction qu'elle choisirait, ma démarche toujours un peu vacillante en l'écoutant me parler. Elle voulait bien que je lui raconte des blagues hein ? Je lui renvoyai un sourire de chacal en lui balançant aussitôt les premières idées qui me venaient à l'esprit. « Tu veux la blague de ton frère en short jaune et en tongues vertes ? Ou ton frère en boite entre deux sardines ? Ton frère en background pattern sur Windows 95 ? Ton frère qui fête son anniversaire chez Macdo ! » Certes c'était con mais en m'imaginant ces trucs, je me surpris à pouffer, riant à mes propres conneries. Ah lala putain, j'en tenais une bonne couche... mais quand même, c'était plus drôle que les blagues sur ta mère, surtout en imaginant Isak. Peut-être bien que sa sœur ne trouverait pas ça drôle, elle, mais peu m'importait. C'était vrai qu'elle avait l'air assez pessimiste cette meuf, comme elle me l'avouait elle-même, mais ça ne me dérangeait pas vraiment. Et puisqu'elle me parlait de l'âge d'Isak, je hochai la tête, poursuivant d'un ton grave. « J'avais une cargaison de blagues sur la base de "ton frère est tellement vieux" m'enfin, on va changer de thème, sinon les oreilles d'Isak vont finir par siffler. Mais ouais, une bonne petite ballade digestive et puis on pourra aller se pieuter. Et une fois frais et dispos, tout ira beaucoup mieux. » Peut-être qu'à force de le répéter, ça finirait pas devenir vrai, qui pouvait savoir après tout ?

Pendant qu'on marchait, Solveig avait l'air de réfléchir à des tas de choses en me regardant songeusement. De mon coté, j'avais toujours aussi chaud et toujours autant envie d'une clope. Nous en étions là de nos préoccupations respectives lorsque soudain, elle me posa une question étrange, avant de pester dans une langue inconnue. Dans l'état où je me trouvais, j'étais bien loin de comprendre pourquoi elle me demandait qui j'étais. Je m'arrêtai donc de marcher pour la regarder sans vraiment savoir ce qu'elle attendait comme réponse. « Hein ? » Je secouais la tête, un peu déboussolé avant de décider de me débarrasser de ma veste. « Attend, j'sais pas de quoi tu parles mais je surchauffe... » Tant que j'y étais, j'enlevais aussi mon t-shirt. J'avais beau faire le malin avec mes blagues de merde, l'angoisse ne me lâchait pas et j'avais besoin de sentir la fraîcheur de l'air contre ma peau. Trop confus de m'inquiéter de l'endroit où j'abandonnais mes affaires, je continuai à marcher torse nu dans la ruelle, les fourmillements me faisant frissonner. Solveig ne m'avait pas demandé qui j'étais mais ce que j'étais et je la regardai à nouveau, plus attentivement avant de me rapprocher d'elle. Poussé par une impulsion, je me penchai vers son cou en vacillant pour lui tomber dans les bras sous mon manque d'équilibre. Je me rattrapai à ses épaules, sans m'interrompre dans cette pensée qui devenait de plus en plus claire dans mon esprit. Le nez contre son cou je respirai son odeur avec plus d'intensité... « J'pense que... j'suis pareil que toi... »

Je me redressai, reculant un peu mon visage pour lui offrir une expression choquée par ce que je venais moi-même d'affirmer. Cette intuition étrange, je ne l'avais encore jamais ressentie jusqu'ici. Jamais je n'avais encore été capable de reconnaître un autre changeur et pourtant, à cette seconde précise, j'étais persuadé d'avoir vu juste. Solveig était comme moi, elle souffrait de la même malédiction qui l'obligeait à se transformer à la pleine lune. Je la dévisageai un moment avant de relever le visage vers le ciel. Le croissant lunaire se trouvait au dessus de nous et je ne savais pas si je devais en être rassuré ou dépité. Il fallait vraiment que je sois complètement drogué autant que désespéré pour lui faire une telle confession et un léger ricanement se libéra d'entre mes lèvres. « Tu sais que y'a que les humains qui se bousillent la santé à trop réfléchir. Les animaux eux, ils font ce que leur instinct leur commande et ils s'emmerdent pas à trop penser. » C'était la sensation que j'avais quand j'étais sous la forme du chacal. Pas de scrupules, pas de remords, pas de pitié. Juste le plaisir de courir, de sentir le sol sous ses pattes et le vent dans sa fourrure. Et en ce moment, j'avais tellement envie de ça. « T'es quoi toi... ? Montre moi.» Sois un animal qui court. Une proie, une proie... Cours avec moi.


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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Sam 28 Jan - 1:27


Here we are now, entertain us
Oh yeah, I guess it makes me smile ••• Solveig espérait que la fraîcheur de la nuit aiderait Mikkel à se reprendre. Elle n'avait rien d'un médecin, s'il s'évanouissait devant elle, elle ne saurait que faire. Certes, la jeune femme avait appris à reconnaître les symptômes liés à une consommation de drogue certaine, mais elle ne pouvait rien faire de plus qu'apporter sa présence. C'était ce qu'elle faisait le plus souvent avec son frère, quand elle pouvait rester près de lui. Même si, finalement, ça ne servait pas à grand-chose et que cela la désolait réellement. Enfin, il fallait qu'elle se sorte de la tête que Mikkel n'était pas Isak. Qu'il n'y avait aucun lien de sang entre eux. Et surtout, qu'à force de l'aider, elle finirait certainement par le plonger dans une situation bien pire que celle dans laquelle il se trouvait. Rien que par son aîné. Elle n'y avait pas pensé, était partie du principe qu'Isak ne lui en voudrait pas. Et ce serait certainement le cas, puisqu'il était incapable de la mettre en tort elle. En revanche, il pourrait s'en prendre à Mikkel, comme il s'en était pris à de nombreux autres auparavant qui avaient osé poser leurs yeux un peu trop longtemps sur elle. Enfin, le jeune homme avait l'air d'être quelqu'un de particulier, espérons que cela sera suffisant.

Solveig ne réagit pas à la remarque de Mikkel. Peut-être parce qu'elle était vraie. Et que cela rappelait à la jeune femme la nuit passée avec Niklas. Qui ne devait absolument pas tomber dans les oreilles d'Isak. S'il apprenait qu'elle avait eu la visite du porte-parole... Là, elle aurait du souci à se faire. Encore une fois, c'était être pessimiste, mais quand notre vie était contrôlée par quelqu'un d'aussi instable que son aîné, mieux valait partir de ce principe-là. Elle avait fini par demander des blagues. Histoire de se distraire et de distraire Mikkel, même si c'était lui qui ferait tout le boulot. Et elle ne fut pas déçue puisqu'il lui envoya des descriptions assez... Farfelues. Les deux dernières ne lui disaient rien. Enfin, Windows lui parlait très vaguement mais ce n'était que des souvenirs de clients en discutant lorsqu'elle travaillait dans ce café miteux à New-York. Quant au Macdo... Inconnu au bataillon de son esprit. Ce devait être quelque chose typique des Etats-Unis, peut-être du temps où elle était sous forme de panda. Ca faisait quand même deux cents ans à explorer. Pas étonnant qu'elle ne connaissance pas.

En revanche, la première proposition trouva rapidement son chemin jusqu'à son cerveau. Et une vision assez peu glorieuse de son frère s'ouvrit à elle. Bon, en temps normal, elle n'aimait pas trop qu'on insulte ou se foute de son aîné. Sauf que là, ce n'était pas méchant, c'était seulement pour la faire rire. Alors, elle s'autorisa une entorse à son règlement et laissa un léger rire s'échapper de sa gorge. Un sourire s'était accroché à son visage, alors que ses yeux pétillaient doucement. Un changement presque radical par rapport à la femme qu'elle était quelques minutes auparavant, alors entre les murs du Little. Elle s'était... Détendue. Posée. Les rues étaient son domaine après tout, et elle connaissait le quartier Nord sur le bout des doigts. Liberté si éphémère... Sa remarque suivante la fit un peu plus sourire. S'il connaissait leur âge réel... Enfin, il n'avait pas tort, s'ils continuaient dans cette direction, Isak allait finir par se ramener et demander des comptes. Quant à savoir si ça se passerait mieux demain... Pour elle, tout irait, comme toujours. Puisque la mutilation n'était pas un signal qu'elle allait mal pour elle. Pour Mikkel... Elle ne pouvait pas parler à sa place mais s'il voulait que tout aille mieux, c'était déjà un début.

C'était peut-être toute cette détente qui l'avait poussée à ouvrir la bouche, à demander ce qu'il était. Pas forcément une question des plus intelligentes et normales. Mikkel semblait d'ailleurs étonné, choqué de ce qu'elle avait dit. S'était-elle trompée ? C'était une possibilité. Il se déshabilla d'ailleurs, laissa sa veste et son tee-shirt sur le sol. Solveig resta interdite. Que... Il se rapprocha, perdit l'équilibre. La suédoise le rattrapa dans ses bras, alors qu'il s'appuyait sur ses épaules. Elle ne le lâcha pas, l'entendit prononcer quelques mots alors qu'il avait le nez enfoui dans son cou. Finalement, elle ne s'était pas trompée. Ils étaient pareils. Décidément... Cela donnait d'autant plus envie à Solveig de le protéger, de le prendre sous son aile. Alors même qu'il semblait être plus âgé qu'elle physiquement. Il finit par se redresser, sans que la jeune femme ne le lâche. Il pouvait à tout moment reperdre pied, vu comment Solveig partait sur des sujets qui avaient l'air sensible. Ne plus penser, agir à l'instinct animal... En effet, ça pouvait être le cas. C'était peut-être le cas en ce moment-même puisque la suédoise était incapable d'expliquer son comportement de façon logique. Puis la question de l'animal. Evidemment. Elle l'éluda pour le moment.

"Hé bien, je n'ai pas compris toutes les blagues au sujet de mon frère mais j'ai beaucoup aimé la première. Je trouve que cela lui irait parfaitement, bien que ça risque de détruire la crainte qu'il inspire et sa crédibilité au passage..."


Mais, encore une fois, cela avait eu le mérite de la faire rire, de la détacher de sa morosité. Doucement, Solveig obligea Mikkel à se remettre en marche, sans le lâcher. Il était temps de continuer leur petite promenade, quitte à ce qu'elle le dépose chez lui en chemin et rentre seule chez elle par la suite. Ce ne serait pas un problème, elle pourrait d'ailleurs en profiter pour aller faire un coucou à Laura, pour la remercier une nouvelle fois de ce qu'elle avait fait pour elle. Enfin, c'était si elle parvenait à déposer le jeune homme à bon port. Et non pas dans une ruelle sombre, où n'importe qui pourrait le tuer ou juste le blesser.

"Je crois que certains animaux pensent quand même. Ils sont juste moins emmerdés par ce que pensent les autres. Après, oui, il est certain qu'avec l'instinct, ils sont avantagés sur nous..."


Ses yeux dorés se posèrent sur ses pieds. Parfois, elle aimerait se glisser tout le temps sous forme de panda, là où elle ne pensait qu'à manger du bambou ou se glisser dans un arbre pour faire la sieste. Bon, maintenant, il lui arrivait d'aller se dégourdir les pattes, voire de courir durant de très longues minutes mais l'anatomie du panda roux n'était pas des plus pratiques, il fallait bien l'avouer. Un soupir quitta ses lèvres.

"Je suis un panda roux."

Il n'y avait pas de honte dans son ton. Contrairement à Duncan, qui était quelque peu agacé par sa nature, question de crédibilité, Solveig s'en foutait pas mal. Cette petite bête toute mignonne lui plaisait bien. Et lui rappelait aussi qu'elle n'était pas un monstre, si son animal était un panda. Un moyen comme un autre de se rassurer. Et, au moins, elle n'avait pas été chassée pendant ses deux siècles passés sous forme animale.

"Dis-moi... Tu avais l'air... Etonné, mal à l'aise quand tu as réalisé... Tu n'as pas l'habitude de croiser des personnes comme toi ? Quelque chose te dérange ?"


Aller, vas-y, continue à parler des sujets qui fâchent. Comme si cela ne suffisait déjà pas pour Mikkel...

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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Jeu 16 Fév - 14:22


« Oh yeah, I guess it makes me smile »

Solveig & Mikkel
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Les tourbillons d'angoisse qui m'assaillaient me donnaient l'impression de monter et descendre, comme si j'étais emporté dans un wagon de montagnes russes. Je me sentais si fébrile que j'avais envie de chialer et de rire à la fois, toujours soumis à mes tremblements nerveux. Mon excitation contrastait fortement avec le calme et la douceur de Solveig, cette drôle de fille qui ressemblait si peu à son frangin. Elle avait l'air de se sentir mieux à présent, ce qui me rassurait confusément parce que je n'aurais pas supporté de la voir chialer encore, dans l'état où j'étais. J'aurais pu rester un peu plus longtemps dans ses bras, son odeur avait beau être étrange, elle sentait bon et sa douceur était agréable. Pourtant, des idées diffuses s'imposaient dans mon esprit drogué et brillaient à présent dans le vert de mes yeux. Des pulsions sauvages me faisaient frémir, dotant mon regard d'un éclat carnassier. Mon cœur battait toujours trop fort dans ma carcasse et le vent frais contre mon torse nu n'apaisait qu'à peine cette fièvre qui rougissait mes joues.

A ses paroles, un sourire chafouin affleura à mes lèvres avant de lui composer quelques éclats de rire graves. « Ça vaudrait le coup d’œil pourtant et puis ce serait un challenge pour lui d'oser un relooking. J'vais lui proposer la prochaine fois que j'le verrai, tiens, on sait jamais qu'il se laisse convaincre. Au moins, tu rirais plus souvent et ça te va bien de sourire, tu sais.»

J'en étais à me demander si Isak serait sexy ou non avec des tongs lorsque Solveig me poussa doucement pour qu'on se remette en route. Dans un geste naturel, j'entourai ses épaules de mes bras pour m'y appuyer pendant qu'on marchait. Je l'écoutai songeusement me donner son opinion sur les pensées des animaux, ce qui me renvoya au bien-être que je ressentais quand j'en étais un. Bien-sûr, j'avais toujours les mêmes émotions et sans doute que les vraies bestioles devaient en ressentir elles aussi. Comme ces clebs qui chialent quand leur maître n'est pas là ! Mais non, ils ne se tracassaient pas de ce que pensaient les autres et ils vivaient le moment présent, point barre. Je tournais mon visage vers elle quand elle baissa les yeux dans un infime soupir. Sa réponse me fit faire les yeux ronds alors que je m’arrêtais tout net. Il fallu qu'elle me tire un peu pour que je reprenne la marche, sans cesser de la dévisager, le visage marqué par la stupéfaction. « Arrête, c'est une blague ? » Non mais sérieux, un panda roux ? Je posai ma main libre contre mes lèvres dans un pouffement de rire. Solveig avait l'air sérieuse pourtant. Je me détachai alors d'elle pour me frotter le visage des mains, partagé par le désordre de mes pensées, mon rire nerveux, mon malaise et mes propres incertitudes. Elle me parlait encore pendant que j'étouffais mes rires en vacillant et en secouant la tête, soupirant profondément.

« Non... enfin ouais...bien-sûr que ça me fout hyper mal à l'aise de parler de ça, tu déconnes ? C'est tellement la merde ce truc, j'en parle jamais à personne, c'te honte quoi... Nan mais un panda roux... » Mes rires ressemblaient presque à des sanglots et même en étant complètement défoncé, je me demandais comment j'étais bien capable de me livrer comme ça à une presque inconnue. « J'ai rencontré qu'un seul gars comme moi jusqu'ici, c'était mon pote Axl mais il... il s'est suicidé. » Ma voix se brisa à ses dernières paroles et je déglutis en grimaçant un peu. Merde, pour le coup, j'allais réellement finir par chialer. Axl me manquait tellement... Tous mes amis étaient en train de mourir. Axl n'avait plus eu la force de vivre, j'avais vu Vaas mourir à la télé, Lazlo était sur le point d'être tué lui aussi et Laura...  Je frissonnai avant de chercher les yeux de Solveig, posant doucement ma main contre son visage avant de me rapprocher pour la sentir encore une fois, avec précaution, les yeux fermés pour mieux me concentrer. Cette fois, je me souviendrais de cette odeur, je serais capable de la reconnaître. Je restai un moment comme ça, dans un murmure. « J'connais rien à tout ça, j'avais pas envie en fait... j'avais pas envie d'apprendre parce que si je le faisais, alors je n'arriverais plus à me convaincre que c'était qu'un foutu cauchemar. Mais c'en est pas un, hein ? Pas plus que ces foutus jeux où Lazlo et Laura risquent leurs vies...» Non, cette malédiction était bien la réalité et tôt ou tard, il fallait que je l'assume. Je me pinçai les lèvres, laissant retomber ma main pour la contempler quelques secondes avant de prendre une inspiration et chasser d'un revers de main les larmes qui me piquaient les yeux.

« Bon, maintenant, t'as plus le choix. » Un sourire malicieux se dessina sur mes lèvres. « Faut que tu te transformes pour me montrer. J'ai encore jamais vu de panda roux ailleurs qu'au zoo ! Ils ont l'air tellement doux et mignons ! J'rêve de faire un câlin à un panda roux depuis que j'suis môme, tu peux pas me priver d'ça ! Allez, s'te plaît, alleeeez ! » Je m’esclaffais dans un gloussement de sale gosse. Comment on pouvait bien avoir un tel animal comme double ? Si Solveig avait des similitudes avec un animal aussi cute et inoffensif, elle devait avoir bien du mal à survivre dans un monde aussi pourri. C'était sans doute hyper rare de garder autant de douceur aujourd'hui mais en y pensant, le panda roux était une race en voie d'extinction, lui aussi. En vérité, je doutais que l'idée soit bonne qu'elle prenne le risque de se transformer en pleine rue, d'autant plus qu'un panda roux, ça devait pas être très rapide en cas de danger, non ?

De mon coté, je me foutais pas mal de ce qui pouvait bien m'arriver. Dans la rue où nous étions, d'autres promeneurs nocturnes s'avançaient en sens inverse au nôtre et je les entendais déjà de loin s'approcher dans notre direction. Le quartier était trop pauvre et insalubre pour que la ville prenne la peine de réparer les éclairages publics vétustes, seule la faible lueur de la lune éclairait les ruelles sales. Il faisait très sombre, mais jamais pour moi, mes yeux perçaient l'obscurité avec une facilité déconcertante. Je sentis l'odeur du tabac alors que les deux types étaient encore tout au bout de la rue et mes narines frémirent. Il n'y avait pas qu'à la came et aux emmerdes que j'étais accro. Sans doute que j'aurais pu aller demander poliment une clope à ces aimables inconnus mais j'en avais pas envie. Une idée bien plus débile affleurait sous ma tignasse décoiffée. Dans un murmure à l'intention de Solveig, je m'avançais vivement derrière de grandes poubelles, pas loin de nous. « Attend, j'vais te montrer qui je suis, moi. »

Sans lui laisser le temps de rétorquer quoi que ce soit, j'avais déjà ouvert mon jean et je m'étais lestement débarrassé de mes bottes. Heureusement pour sa pudeur, un reste de délicatesse subsistait dans mon cerveau embrumé et je pris la peine de me cacher derrière les poubelles pour enlever mon fute et mon slip avant d'essayer de me transformer. C'était la première fois que j'essayais de faire ça de moi-même, en dehors de la pleine lune. Mes os craquèrent douloureusement alors que je m'agenouillais sur le sol dans un léger gémissement. J'oubliais toujours à quel point ça faisait mal et je regrettais déjà cette tentative alors que tous les os se brisaient en même temps. La drogue anesthésiait une grande part de la douleur mais je me sentais partir, au bord de l'évanouissement, alors que je laissais le chacal prendre toute la place.

Ce fut lui qui émergea de ma cachette pour courir dans la rue sombre. Ses yeux verts étincelaient. Ses crocs brillaient dans la pénombre. Il se cacha entre les immondices, longeant les murs recouverts de graffitis. Il se faufila ainsi jusqu'à rejoindre le duo de fumeurs dont l'un avait sorti son paquet de cigarettes. Arrivé au niveau des deux hommes, le chacal bondit hors des ombres, comme un démon. Sous le choc de la surprise, le mec relâcha son paquet qui tomba sur le sol et le chacal s'en empara aussitôt, le prenant dans sa gueule avant de fuir à toutes pattes, sans attendre son reste. Il s'était déjà engouffré au creux des ombres avant que les deux types n'aient eut le temps de revenir de leur stupeur.

Le chacal était presque hystérique, rendu fou par l'adrénaline et la drogue. Il couru avec son butin entre ses crocs, le cœur battant, jusqu'à rejoindre la position de Solveig et se cacher sous un porche non loin d'elle. Les yeux brillants dans le noir, il déposa le paquet sur le sol et attendit, tapis dans l'obscurité, que le panda vienne montrer sa truffe, s'il l'osait.


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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Mer 8 Mar - 0:49


Here we are now, entertain us
Oh yeah, I guess it makes me smile ••• Ca lui allait bien de sourire... Solveig ne s'était jamais demandée si elle semblait différente, dépendant de si elle souriait ou pas. A vrai dire, elle n'avait que peu l'occasion de sourire jusque-là. Enfin, la jeune femme préférait ne pas s'attarder sur cela. Re-déprimer n'était pas dans son optique du soir, et Mikkel n'avait clairement pas besoin de cela. La fatigue commençait néanmoins à se faire sentir chez la suédoise. Pour se changer les idées, elle repensa à ce que son interlocuteur avait dit, tout en continuant de marcher, laissant le bras du jeune homme passer autour de ses épaules sans le repousser. Isak n'était pas là, il ne ferait aucune remarque sur la proximité que cela mettait entre eux deux. Il ne supportait pas que l'on s'approche d'elle. Même si ce n'était que pour discuter, il ne voulait pas. Alors, elle avait fini par s'habituer à la solitude. Sauf que Mikkel venait de tout faire exploser. Il venait de lui faire se rendre compte que finalement, ce n'était pas si mal d'avoir quelqu'un à ses côtés. Quelqu'un avec qui passer du temps, rire, discuter. Peut-être tout simplement vivre un peu. L'évocation du panda roux stupéfia Mikkel, et la jeune femme dut le tirer à nouveau pour qu'il se remette à marcher. Sa tête fut légèrement secouée, pour signaler que non, ce n'était pas une blague. Son rire faisait du bien à la suédoise, qui laissa un sourire s'accentuer sur ses lèvres. Tout cela faisait bien trop de bien à son coeur en morceaux...

Une honte d'être un métamorphe... Il est vrai que la plupart du temps Solveig avait du mal à comprendre les autres de son espèce. Notamment parce qu'elle avait l'impression d'être l'une des rares à avoir demandé sa transformation. Elle avait choisi parce que c'était un moyen de survie, et qu'elle ne voulait plus subir la mort par maladie d'un de ses frères. Grand mal lui en avait pris mais cela avait été fait dans sa volonté. Déjà, elle savait que ça n'avait pas été le cas de Duncan, et elle pouvait sans peine imaginer que ce ne fut pas celui de Mikkel. Elle ne comprenait pas comment on pouvait infliger quelque chose d'aussi lourd à quelqu'un contre son gré. D'ailleurs, comment pouvait-on manipuler une personne tout court ? Elle serait bien incapable de faire une telle horreur, ni même de se rendre compte qu'elle subissait cela avec son aîné. Un seul gars comme lui, aujourd'hui mort... Une vague de douceur déferla dans le regard de la jeune femme alors qu'elle prenait Mikkel dans ses bras quelques secondes. Comme pour lui apporter un soutien. Quelques mots quittèrent aussi ses lèvres :

"Mon cas est particulier, puisque j'ai choisi de me faire transformer. Il n'y a pas de honte à avoir Mikkel, mais ça, tu l'apprendras au fur et à mesure que tu feras la paix avec ta nature." Une légère pause, pour lui laisser le temps d'intégrer. "Et je suis désolée pour ton ami..."

Est-ce qu'elle serait capable d'avoir de tels sentiments, de telles réactions ? Si elle perdait Isak, celui qui comptait le plus à ses yeux, elle serait transformée à vie en panda, et n'aurait guère l'utilité de pleurer, d'être triste. Finalement, elle était plutôt chanceuse non ? Elle se détacha de Mikkel pour ne plus y penser, et celui-ci posa sa main sur sa joue, s'imprégna à nouveau de son odeur. Solveig le laissa faire, il avait l'air d'en avoir besoin. Peut-être qu'il cherchait à repérer ce qui faisait de la jeune femme une métamorphe, pour mieux sentir ses autres congénères plus tard. Et si d'un côté, cela lui permettait de mieux s'accepter, cela allait à la suédoise. Il ne lui fallait grand-chose à elle... Le murmure la fit à nouveau sourire avec douceur et elle posa sa main sur celle de Mikkel, réfléchissant à ses paroles. Ce n'était pas un cauchemar... Quant aux arènes... Un nom l'interpella, et elle ne put s'empêcher de demander :

"Laura ?"
Ferme-la Solveig. Ce n'est pas le moment... "Ce n'est pas un cauchemar, mais je tiens à dire qu'avec l'habitude, tu appréhenderas ta nature de façon bien plus positive... Je n'en doute pas."

Un regain d'optimisme, et un moyen de changer de sujet de conversation. Elle ne voulait pas le déprimer encore plus, la drogue se suffisait largement pour cela. La demande de Mikkel la laissa sur le cul. Littéralement. Ses lèvres s'ouvrèrent et se refermèrent à plusieurs reprises sans qu'elle ne parvienne à émettre le moindre son. Elle ne savait pas trop quoi répondre à cela. Après... Si cela le rendait heureux, elle acceptait de supporter la douleur de la transformation hors pleine lune. La jeune femme avait d'ailleurs tendance à le faire plutôt régulièrement, quand elle voulait qu'on lui foute la paix au Little. Hé oui, une petite forme roulée en boule sous le lit n'attirait pas l'attention. Et sous cette forme, elle pouvait dormir contre Käli, qui semblait apprécier la présence animale. Logique d'un côté. Sans trop y réfléchir, la suédoise glissa sa main dans les cheveux de Mikkel et les ébourrifa avec douceur :

"D'accord, tu auras le droit à un câlin avec un panda roux en exclusivité ! Personne d'autre n'y a eu le droit, tu sais ?"

Un sourire, alors que le jeune homme reprenait. Lui montrer qui il était ? Il allait réellement se transformer ? C'était dangereux non ? Notamment puisqu'il ne semblait pas être à l'aise avec sa nature... Ca allait être douloureux. Elle tenta de le retenir, mais il était déjà parti derrière une poubelle pour préserver ses yeux pas si innocents que cela. Un soupir quitta ses lèvres alors que le chacal se montrait enfin. Elle le détailla, ne ressentant aucune frayeur à son égard. C'était pourtant la première fois qu'elle rencontrait un autre animal... C'était étonnant. Il partit comme une flèche, laissant la trafiquante seule avec ses pensées. Elle avait compris ce qu'il allait faire, et cela ne lui faisait ni chaud ni froid. En fait, elle se demandait si c'était réellement une bonne idée de se transformer à présent. Elle ne connaissait rien au chacal, peut-être qu'il chercherait à manger le panda... celui-ci ne manifesta pourtant pas de peur en son sein. Comme si cela ne le dérangeait pas. Comme s'il savait ce qu'il pouvait faire, ce qu'il pouvait devenir. Ou alors, il se doutait que l'humaine reviendrait en cas de besoin. Solveig ne savait pas bien trop mais elle se décida à lui faire confiance. Rapidement, elle se glissa à l'abri des regards, de la rue, et laissa les vêtements s'échouer sur le sol.

La transformation avait toujours été un moment douloureux, même pour elle, pourtant si habituée à cela. Cependant, la jeune femme eut l'impression qu'elle le fut un peu moins que la fois précédente. Comme si son corps avait intégré une partie de la souffrance. Certes, certains de ses os semblaient toujours se briser mais dans une mesure moindre. Elle put d'ailleurs se redresser presque tout de suite alors qu'il lui fallait un temps d'adaptation auparavant. Au moins, cela prouvait qu'en le faisant régulièrement, tout devenait plus facile... L'animal entendit l'autre revenir, s'immobiliser non loin. L'instinct l'obligea à attendre quelques secondes, histoire de laisser retomber la possible adrénaline. Pour ne pas se faire attaquer. Puis le panda entreprit de se déplacer de sa démarche dandinante. Elle se retrouva face au chacal, se posa devant lui, l'observant de ses petits yeux noirs. Son pelage à elle se voyait contrairement à celui de l'autre. Une simple pause avant de se rapprocher un peu plus, puisqu'apparamment, l'instinct de survie, l'animal l'avait autant que Solveig...

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MessageSujet: Re: Here we are now, entertain us [Solveig]   Jeu 16 Mar - 13:49


« Oh yeah, I guess it makes me smile »

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Le cœur du chacal battait vite et fort. Son pelage court de couleur fauve était surmonté d'une ligne de poils noirs qui recouvraient son dos jusqu'à la pointe de sa queue touffue. Plus gros qu'un renard mais bien plus menu qu'un loup, son museau pointu étaient surmonté de deux yeux verts et brillants aux prunelles dilatées. Le chacal haletait. Le chacal était défoncé. Sa vision nocturne était amplifiée sous sa forme animale, il visualisait tout de manière plus détaillée, plus nuancée, plus intense. Les formes et les couleurs des choses qui l'entouraient le remplissaient d'une curiosité fébrile. Il entendait au bout de la rue les deux hommes qui criaient et pestaient contre ce foutu "clebs" qui s'en était pris à eux. S'ils le revoyaient, il passerait un mauvais quart d'heure, disaient-ils. Le chacal ne bougeait plus, caché sous le porche, la truffe frémissante. Il percevait une odeur qui se rapprochait. L'odeur d'un autre animal, comme lui, une créature différente des autres, une créature surnaturelle. Il aperçu de loin sa forme rousse, ce pelage duveteux et cette tête de petit ourson aux yeux noirs. Le panda roux s'approchait. Le chacal ne bougea pas d'un cil mais ses yeux fixes et agrandis restaient braqués sur lui.

Si la proie avait couru, il l'aurait pourchassée. Si le panda avait fui, le chacal l'aurait coursé. Oh il l'aurait rattrapé, il n'aurait eu de cesse de le traquer, emporté par l’instinct du chasseur, jusqu'à ce que ses crocs se referment enfin sur son échine. Mais le panda avançait tout doucement, très doucement, trop doucement. Le chacal inclina la tête. Sa langue se pourlécha les babines. Ses narines frissonnèrent. Mais il ne bougea pas de sa position.

*Si tu cours, je cours. Je ne pourrais pas, je ne pourrais pas, je ne pourrais pas m'en empêcher.*

Les pensées de l'homme se mêlaient à celles de l'animal. Le panda roux, avec ses poils blancs expressifs sur la face, avait l'air d'un gros bébé. Il se dandinait sur ses pattes pour se rapprocher de plus en plus près et le museau du chacal se tendit vers lui, jusqu'à le frôler de sa truffe. Il le flaira avec précaution du bout du museau, ses narines palpitant. Puis il se redressa. Sa gueule s'ouvrit dans un léger glapissement qui ressemblait à un rire, un rire de chacal. Le pelage du panda roux était duveteux et épais, comme celui d'une peluche. Lorsque la truffe du chacal se posa contre sa joue, il le flaira encore, avec plus d'assurance, enfouissant son museau dans le pelage doux et chaud pour y rester un instant. Soudain, il bondit sur ses pattes, dans un jappement de jeune chiot. Sans plus de mise en garde, il lui sauta dessus pour le renverser sur le dos et lui lécher vivement le museau avant de s'échapper, bondissant joyeusement tout autour de lui.

Je pouvais rire même quand j'étais triste. Je pouvais raconter des blagues, même quand j'avais envie de mourir. Je pouvais prendre dans mes bras des gens qui m'avaient frappé, blessé, insulté. Mais cela, personne ne pouvait le comprendre. On ne me comprenait pas, jamais. Axl était mort. Lazlo allait mourir. Laura m'avait abandonné, comme ma mère avant elle. Et moi, je jouais avec un panda roux dans la rue. J'étais triste et heureux à la fois. Je pouvais pleurer et rire à la fois, dans la tempête dévastatrice de mes humeurs survoltées. Solveig avait dit qu'il n'y avait pas de honte à être asservi par une malédiction, qu'on pouvait décider de la choisir, qu'elle-même l'avait fait. J'avais du mal à intégrer tout ça, sans doute était-ce trop compliqué pour mon pauvre cerveau défoncé. Si je faisais la paix avec les choses qui me dégoûtaient, ne serait-ce pas une manière de courber l'échine ? Se résigner, abandonner, abdiquer ? Non jamais. Ma colère restait toujours intacte, une fureur révoltée contre le monde entier. Contre mon père surtout parce que tout était de sa faute, toujours. Et je ne voulais pas "avoir l'habitude". Je ne voulais pas accepter ce qui m'avait été imposé sans même que je n'en sache la raison. Noah avait refusé de me répondre, il ne voulait pas me dire pourquoi il avait décidé de me transformer, ni même si c'était vraiment lui ou cet associé mystérieux dont il refusait aussi de me révéler l'identité. Pourquoi ? Pourquoi ? Trop de pourquoi. Mais si je n'avais pas de raison d'être, alors pourquoi me priver de faire n'importe quoi ?

Dans la rue sombre, les deux hommes se rapprochaient du porche. Ils avaient entendu les glapissements, ils désiraient récupérer ce paquet de cigarettes et foutre une bonne trempe à ce sale clébard. C'était ce qu'ils se disaient en s'avançant dans la pénombre et leurs silhouettes s'imposèrent bientôt non loin des métamorphes. Le chacal se raidit aussitôt, son poil se hérissa un peu. L'un des deux types avait ramassé une vieille planche sur le sol de la rue sale et la brandissait au dessus de sa tête. L'autre grogna.
- « Hé attend, regarde, c'est pas un chat ça... ce truc roux, c'est quoi, un raton laveur... ? »
- « Merde... »
Avant même que les deux vicelards aient compris que ces animaux n'étaient pas ordinaires, le chacal avait bondit sur eux dans une impulsivité irréfléchie. La came lui faisait oublier la peur, la prudence, l'instinct de survie. Il s'était élancé vers le premier mec pour le mordre cruellement à l'entre-jambe, lui faisant pousser un hurlement de souffrance alors qu'il relâchait sa planche. L'autre blêmit, reculant déjà.
- « C'est pas des animaux, ce sont des... des.. »
Il n'acheva pas sa phrase, reculant déjà avec effroi. Il n'était qu'un humain et ne voulait pas avoir affaire à ce genre de créatures surnaturelles ! L'homme blessé attrapa le chacal par les oreilles et le repoussa brutalement, le balançant rudement contre un mur où il s'écrasa, lui faisant voir des étoiles. Dans un glapissement plaintif, il retomba sur le sol, cherchant des yeux le petit panda roux. L'homme allait le frapper, il allait le frapper. Et le chacal était à demi-assommé, incapable de le protéger...

Spoiler:
 


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