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 Help me lose my mind | (Lucrezia)

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↳ Opinion Politique : Anarchiste anti-Gouvernement
↳ Playlist : Les anarchitectures – Autour de mois les fous - Les Infidèles - Que tout est noir, Saez ϟ Trouble, Halsey ϟ Mr . Brightside, The Killers ϟ One Last Song, Demon Hunter ϟ Ghostcity, Thomas Azier ϟ Shine, Years & Years ϟ Bad Blood, Bastille ϟ Children Of The Revolution, T. Rex ϟ Territorial Pissings, Nirvana

↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
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MessageSujet: Help me lose my mind | (Lucrezia)   Jeu 3 Nov - 19:36



❝ help me lose my mind
I've got trouble on my mind. I see the cracks in the open sky. I feel the lightning illuminate the pain inside. I don't know what I will find deep inside. I feel the weight of the world. Weighing on my mind. I can't carry the earth. I'm not strong enough. I've got trouble on my mind


Crève dans des reflets de verre voilé, prisonnier derrière les accents d’une couleur verdâtre protégeant son précieux contenu des agressions du reste du monde. Du cristal miroitant sous les rayons d’une lumière artificielle, le grenat sec raclant le fond, prenant son essor contre les parois pour mieux salir l’immaculée transparence. L’ivresse que l’on abandonne dans le fond d’un verre, délaissé sur le comptoir d’une cuisine au modernisme aseptisé. Pour mourir à petit feu sur le parquet rutilant, se bousiller l’échine contre l’acéré d’un encadrement de porte, de l’aveugle sur des rétines déjà malades. La dégénérescence s’accroche dans un battement de cœur, elle s’invite dans l’existence pour mieux la ravager de l’intérieur. Elle germe dans les entrailles des êtres abîmés, ceux qui ont été morcelés, les fissures étant la porte ouverte à sa venue. L’invitation tacite dont on ignore la présence jusqu’à la sentir écarter les veines dans sa course folle. Il a tenté de l’endiguer, enfermer la vermine comme il sait si bien le faire. Rester de marbre face à sa destruction silencieuse, la noyer dans son alcoolisme naissant en se disant que l’ivresse serait suffisante pour la faire taire. Au grès de ses soupirs chaotiques, il comprend qu’il s’est fourvoyé. Détourner le regard pour ne pas affronter le pire, et s’y retrouver confronté avec toute la puissance d’un cataclysme. Il se déchaîne dans son ventre, prend son envol pour tout détruire sur son passage. Les entrailles qui se déchirent, se crispent au point de lui offrir la sensation d’être aspiré de l’intérieur. Sa lutte est vaine, l’ennemi qui le fait ployer sous son implacable volonté, le corps qui se replie, courbe l’échine les genoux collés contre l’estomac en déroute. L’aliénation se retrouve dans les méandres de son crâne, là où la hache n’a de cesse de venir frapper contre les parois d’os. Inlassablement, au rythme effréné de son cœur, elle se plante, fissure et entaille. Coincée dans les chairs sanglantes de son cerveau en fin de course, la lame de la migraine revient, encore et toujours. Affolante tortionnaire, elle heurte de toute sa puissance l’amas en fusion et le résistant abandonne. Dans un gémissement plaintif, ses mains s’accrochent aux mèches en désordre. Elles s’y agrippent avec toute la hargne qui peut être la sienne dans l’espoir d’extirper l’organe malmené de sa boite crânienne.

Chaos et folie, démantelés sous les assauts de sa souffrance. L’être qui se déchire face au vide qui l’habite, cette solitude qui le ronge, l’armure qui ne contient rien et protège seulement des chimères, les restants de ce qu’il a été. Sorcier et possédé, jusqu’aux rivages incertains du rien. Un néant d’humanité privé de repères, écartelé entre tout ce qu’il ne sera plus. Ce qu’il a perdu. Le rejet de ce normal qui l’insupporte, tout l’être qui se révolte dans les remous de son hémoglobine fatiguée et le poids de ses deux siècles d’existence pèse lourdement sur sa carcasse démantelée. L’apogée de la césure, les vaisseaux qui éclatent et le sang qui s’échappe, glisse contre ses lèvres. Dans un râle difficilement contenu, une main lâche la tignasse, vient se plaquer nerveusement contre les narines pour endiguer au mieux la fuite. L’hémorragie déroutante, ce dégoût que lui inspire le contact poisseux de son propre sang contre sa peau. L’odeur nauséeuse du fer dans les limbes de ses sens en furie, le martèlement des griffes de Flop sur le parquet s’ajoute à celui qui lui broie le crâne. L’animal tourne en rond, inlassablement, d’une pièce à l’autre avec sa frénésie habituelle. Couine à chaque fois qu’il passe devant le corps brisé de son maître. Il s’arrête, contemple en battant l’air de sa queue, puis repart dans sa course folle, pris d’un nouvel accès de folie. Mourir, tant le cœur frappe avec véhémence. Succomber devant l’intensité de la douleur qui le transperce des pieds à la tête, il le pense à chaque nouvelle crise. Elles se font plus virulentes, assassines. Lui rappellent qu’il n’est plus rien, l’assemblage mort d’un trucage visant à se rapprocher de l’humain qu’il a été. Ce cadavre revenu d’entre les morts quand il n’aurait dû être rien de plus qu’un amas de poussière, les os rongés par la vermine. Un nom dans les livres d’histoire, un souvenir disparu des mémoires.

[…]

L’agitation règne en maître dans les couloirs immaculés, un balais de vas et viens incessants qu’il ne voit pas. Le regard perdu dans le vide devant lui, Regan reste droit sur sa chaise, ses mains nerveusement crispées contre ses cuisses et les papiers qu’elles retiennent, ses narines rougies d’avoir trop saignées. Pupilles brûlées par les lumières criardes, contraint de plisser les yeux pour mieux s’absorber dans la contemplation du vide purifié. Les examens subits ne sont que des excuses, les banalités d’un système médical bancal auxquelles il se soumet avec l’unique espoir d’obtenir de quoi apaiser ses douleurs. Trouver une raison à son mal est inutile, aucune logique ne pourrait expliquer les dommages, leur origine surnaturelle. On le dira fou, un sujet à analyser jusqu’à l’usure pour mieux le détruire ensuite. Une nouvelle source d’attrait pour ce gouvernement corrosif, l’essence ravagée d’une nouvelle race encore dans l’ombre. Le sourire obligeant d’une infirmière s’invite dans son univers désillusionné, l’invite à la suivre pour mieux le prier de patienter devant la porte close du bureau de sa neurologue attitrée. La nervosité s’invite sur son visage fatigué, se lit dans la crispation de ses phalanges contre les feuillets. Seuil de son monde, Regan hésite, prompt à disparaître avant que l’occasion de le faire ne s’envole sous ses yeux. La résistante qu’il aurait dû s’efforcer de rayer de sa vie, parce qu’elle le rattache aux prémices de sa renaissance. Le souvenir d’une épouse disparue, ancrée dans la seule présence de la brune. Il s’en racle la gorge d’inconfort, les jambes se croisent avec une délicatesse déplacée, se délient dans un sursaut de conscience et de l’irritation dans ses sourcils froncés. Plus il la laisse vivre, plus Lyn prend son essor, elle se couple à ce qu’il est, émancipe l’anomalie qui est la sienne et brouille plus encore les limites entre le masculin et le féminin.


_________________
❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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↳ Opinion Politique : Officiellement pro-gouvernement, finance officieusement la résistance.
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MessageSujet: Re: Help me lose my mind | (Lucrezia)   Mar 8 Nov - 11:39



❝ help me lose my mind
I've got trouble on my mind. I see the cracks in the open sky. I feel the lightning illuminate the pain inside. I don't know what I will find deep inside. I feel the weight of the world. Weighing on my mind. I can't carry the earth. I'm not strong enough. I've got trouble on my mind


Le monde ne tournait plus rond depuis si longtemps, que j’avais fini par m’habituer à l’improbable, à la cruauté, à la négligence, à l’immoral, et même à la mort. Brutalement, ce monde avait changé, mais c’est doucement et presque silencieusement que ce monde m’avait changé. Il n’y avait même pas eu de cris de désespoir, aucun moyen d’exprimer verbalement ma peine, seuls quelques sons étranglés, chuintements à peine audibles. Alors, doucement le monde m’avait amené à exprimer mon chagrin autrement, par les actes. Des actes d’abord inoffensifs, de la contrebande presque pacifique, mais les choses ne restèrent pas si simples bien longtemps. Des complications à régler une première fois et j’avais mis les doigts dans un engrenage dont il était impossible de me sortir. Je m’étais alors laissé entraîner dans des actions requérantes de plus en plus de décisions dénuées d’humanité, de bonté, de compassion, dénuées de tout ce que j’avais pu être autrefois. Parfois en me regardant dans la glace, je voyais ce même monstre froid que je combattais avec la force du désespoir et de la rage. Parfois, je me demandais si je n’avais pas perdu sans le savoir, désormais à l’image de mon ennemi. Parfois, je me disais que tout avait été vain depuis le début. Puis je me rappelais que le sacrifice de ma petite vie n’était rien en comparaison d’une seule victoire de la résistance, même si ma foi en celle-ci vacillait depuis quelque temps déjà. Mais si la résistance sombrait, ou pire, si elle devenait le nouveau tyran en place, alors personne ne pourrait être sauvé et nous ferions tout aussi bien de mettre fin à ce monde fait de pourriture, pour ce qu’il en restait.

Malgré le fait que de lâcher progressivement prise sur celle que j’avais été, sur ma vocation dans la science, j’en étais encore là, à venir parfois dans cet hôpital pour faire croire au monde que j’étais encore cette personne désintéressée et prête à aider mon prochain. Si ce n’était pas pour ma couverture, j’aurais sans doute lâché prise il y a longtemps. Mais à la place, je continuais de venir jouer mon rôle, offrant mensonge sur mensonge, dans les actes autant que dans les paroles. Me rappelant constamment le besoin que j’avais de conserver cette place. J’avais une nouvelle raison désormais. Je devais me servir de ma position pour tuer de mes propres mains, une seconde fois. Oter la vie alors qu’on m’avait appris à la protéger, un acte qui avait achevé de me dégoûter de moi-même, mais également un acte qui me donnait la force de le renouveler, après tout, je ne pourrais pas tomber plus bas. Le plus compliqué serait d’avoir des nerfs assez solides pour commettre consciemment l’acte et ne rien laisser transparaître de mon mal-être face à ceux qui m’entoureraient à ce moment-là. Faire passer un assassinat pour une erreur médicale, un faux mouvement, un demi-millimètre qui pouvait transformer la vie en néant. Fascinante chose que le cerveau humain, d’une fragilité extrême lorsqu’il est démuni de sa carapace, mais d’une force parfois inexplicable. En espérant qu’Ambre ne soit pas de ces patients à l’esprit d’acier, capable de choses improbables. Je redoutais tellement ce moment, qu’il m’arrivait de regarder la date de l’opération pendant un long moment d’angoisse, envisageant les cas de figure, les scénarios de cette journée où je ferai un pas de plus dans la monstruosité.

Cette fois-ci, je fus interrompue dans ma contemplation par quelques coups portés contre le chambranle de la porte de mon bureau. Je n’avais qu’un instant pour me ressaisir, remettre en place mon masque et affronter le monde une nouvelle fois. Le ballet des sollicitations ne se tarissait que rarement, d’autant plus depuis que je ne venais plus à temps plein, mais je devais encaisser sans broncher, donner le change sur ma volonté de soigner, encore. Après avoir autorisé l’infirmière à entrer, celle-ci déposa un dossier bien connu sur mon bureau, mais un dossier que j’aurais préféré ne pas revoir, pas ici. Parce qu’avant de faire quelque chose pour cet homme, j’avais des comptes à régler avec celui-ci et l’hôpital était le dernier endroit où je voulais le faire. Je survolais les examens du jour pour faire bonne figure au début, puis plus sérieusement au fil de ma lecture. Au fond de moi, je restais un médecin et bien malgré moi, le cas de Regan secouait fierté malmenée et curiosité scientifique. Rien ne s’arrangeait avec lui, bien au contraire, et cela, en dépit de toutes mes tentatives pour minimiser ses crises en attendant d’en comprendre la source. Je finis ma lecture, pensive et apparemment l’infirmière n’attendait que ce feu vert pour m’annoncer la présence de mon patient dans le couloir. Je ne pus retenir un regard noir envers celle-ci, même si elle ne dut pas comprendre sa faute. À vrai dire, je n’étais pas vraiment en colère contre elle, je trouvais juste aberrant que me l’emmène maintenant alors que j’aurais dû être appelée à l’instant même où le premier urgentiste l’avait vu. La seconde raison de ma colère ? J’étais au pied du mur, obligée de le recevoir désormais, alors que je n’en avais vraiment pas envie. L’infirmière se tassa sur elle-même et déguerpit sans un mot et surtout sans attendre mes réprimandes, promesses de paroles cassantes et peut-être même blessantes.

Je fixais la porte par laquelle, la jeune femme avait fui, encore quelques instants, ne sachant toujours pas comment aborder cette consultation. Devais-je tenir le rôle de médecin uniquement ? Aurais-je la force de ne pas attaquer Regan sur un tout autre terrain ? L’occasion était tellement belle de lui dire le fond de ma pensée, de le mettre en garde également. Je devais protéger Alistair, je devais informer le résistant de la relation familiale que nous avions, peut-être que cela suffirait à le faire reculer de ses positions, quel que soit le jeu qu’il jouait avec mon cousin. Les secondes s’étiolaient rapidement et je n’avais toujours pas pris de décision, je me décidais à agir sans plan et au cours de l’eau, chose que j’exécrais pourtant. J’ouvris la porte un peu sèchement, posant mon regard sur l’homme, avisant son état dans un coin irrémédiablement envahi par un simulacre de conscience professionnelle. Une seconde passa avant que je n’arrive à ouvrir la bouche pour assurer un semblant de normalité tant que nous serions à portée de probables oreilles.

Monsieur Faulkner, je vous en prie.

Je m’effaçais doucement après avoir ouvert la porte en grand, l’invitant dans mon antre en quelques sortes. Le geste devait contrebalancer le manque de sourire, même de politesse et le regard un peu trop froid. J’étais rude, de plus en plus avec mes patients, mais je touchais des sommets avec Regan laissant ma vie personnelle influencer ma vie professionnelle. Pourtant, j’aurais pu faire un effort, je le savais, mais je n’en avais visiblement pas la force, ou l’envie. Je refermais alors la porte derrière l’homme, l’enfermant dans notre prison personnelle pour les quelques minutes suivantes. J’eus la décence de l’inviter à s’asseoir alors que je prenais moi-même place dans mon fauteuil. Je ne savais toujours pas comment attaquer cette rencontre, toujours indécise, mes yeux vagabondant sur mon bureau à la recherche d’une décision qui ne semblait pas vouloir se montrer. Mais mon regard se heurta rapidement au dossier encore ouvert sur un côté du bureau, me rappelant mes obligations. Un léger soupire m’échappa alors que j’attrapais les documents pour m’occuper les mains.

Le dernier traitement a encore été inefficace à ce que je vois, mais cela fait des mois que nous l’avons essayé. Depuis combien de temps, les crises ont-elles repris ?


Si jamais elles s’étaient arrêtées un jour, chose dont je doutais un peu. À vrai dire, je savais pourquoi Regan était là, je savais que seule une douleur insupportable pouvait le ramener vers moi. J’avais conscience de mes échecs médicaux avec lui, peut-être avait-il perdu espoir quant à trouver une solution et je ne pouvais pas l’en blâmer. Mais je savais aussi qu’il devait m’éviter et je voyais là une manière de lui faire comprendre que j’en avais conscience. Finalement, j’étais incapable de traiter cette entrevue d’un point de vue médical seulement, comme cela était prévisible…


_________________

and there's no turning back
There’s a lot of things that I can’t fix, a lot of mistakes I can regret, but sometines I just want to forget and dream that’s okay. Now, I don’t want to run away anymore or hide, I have to face my choices.


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MessageSujet: Re: Help me lose my mind | (Lucrezia)   Sam 12 Nov - 20:06


Déroute sous un masque de vide, la crispation de traits fatigués en témoin de la destruction qui s’amorce dans les profondeurs d’une carcasse brisée. La charogne que l’on tente vainement de remettre sur pied mais qui n’aura de cesse de s’effondrer dès qu’elle devra se tenir debout sans renfort. Cet étrange essai qui finira abandonné sur les pavés d’un trottoir usé, délaissé pour mieux y pourrir. Le spasme étend son pouvoir sur les muscles, crispe et tiraille jusqu’à faire germer l’ébauche d’une horrible nausée. L’allégresse de son ébriété encore dans les veines, les chiffres affolants posés sur les étagères des lignes plaquées contre le papier. Résultats peu glorieux d’examen passant de ses mains raides à celles de l’infirmière. Il sent la chaleur de sa peau contre la sienne, le contact d’un instant, l’éphémère qui le blesse. Et auquel se couple un haussement de sourcil évocateur, ce petit geste insignifiant qui disparaît aussitôt. Le jugement qu’elle offre dans une minuscule expression alors qu’elle se redresse et toise le rejet, l’infime néant. Du coin de l’œil, Regan se ratatine piteusement, les épaules vacillantes sous le poids d’une honte venue lui brûler la nuque. Comme si la liste de ses tares se trouvait sur ces pauvres feuilles. Vide, brisé, rongé par sa haine, le débauché aux veines gorgées de l’alcool de sa peine. Sur les lèvres la caresse d’un sourire noir, fraction de temps qui explose au milieu des taches de rousseur, il se moque de lui-même. Sombre épave affolante de pitié ou de dégoût. Le résistant perdu dans sa démence, et incapable d’en sortir. Parce qu’il la chérit, entretient le jardin du mal avec art, l’immonde talent de ceux qui vendent leur corps à une juste cause, offrant les restants de leur âme en pâture à l’affamée liberté.

Sa solitude s’achève sur le retour de l’infirmière, ce nouveau regard qui se pose sur ses épaules alors qu’il se borne dans la contemplation du sol. Fringuant résistant, l’anarchiste réduit au néant dans l’immaculé d’un couloir vide. Son cœur frappant avec hargne contre ses côtes à l’idée d’avoir des comptes à rendre avec un de ces spécialistes qu’il déteste. Créature engendrée dans les entrailles d’un autre temps, s’il a appris à vivre avec ce nouveau siècle, la diversité des domaines le laisse encore perplexe. Lui pour qui l’unique croyance se pose dans les cachets qu’il peut prendre. Pour le bien de son esprit, le mal de son corps quand les autres en usent et abusent. Mourir à chaque nouvelle prise, et ressentir avec perfection le vide de sa carcasse. Ses poings se serrent contre ses cuisses, l’infime détonation électrique dans le tréfonds de sa poitrine quand son nom résonne dans le couloir. L’invitation à rejoindre la spécialiste dans son antre et devenir son sujet d’étude, le temps d’un pitoyable rendez-vous. L’éternité pour lui, l’intolérable impatient qui fera de son mieux pour écourter l’entretien. A la manière d’une pauvre automate, le corps s’anime et se lève, la tête s’incline avec respect dans une légère salutation. Les mots sont morts sur sa langue, entravés quelque part dans sa trachée alors qu’il entre dans le bureau. En accroche contre le vide, ses doigts qui jouent avec l’alliance comme pour rester ancré dans la réalité, le français parcourt malgré lui la pièce du regard avant de prendre place sur la chaise face au bureau de la brune. Prisonnier face à un morceau de son passé, l’instant de son présent, coincé dans cette pauvre pièce dont la porte vient de se refermer sur son angoisse. Envelopper le cœur dans un emballage de flegme, le laisser s’infiltrer au mieux sur ses traits défaits, se recomposer une attitude, l’image de ce qu’il n’est plus vraiment. Soupire d’une lassitude pesant contre le fragile de sa carcasse, malgré lui il laisse sa main venir passer contre son visage.

« - Je crains fort qu’elles n’aient jamais cessé. Elles se sont espacées pendant un temps, au début du traitement, pour mieux revenir ensuite. » Lâche-t-il dans un souffle, le regard fuyant. La voix cassée, arrachée d’une trachée abîmée. « - J’ai tendance à en faire trop ces derniers temps, c’est une sorte de rappel. » Légèreté dans un haussement d’épaule à peine esquissé et aussitôt avorté. Le débauché qui l’avoue, cette tendance de se laisser détruire jusqu’à la cassure fatidique. Heures éveillées au rythme d’une horloge déréglée, les errances d’un fou jusqu’au point du jour pour mieux recommencer un nouvel enchaînement de minutes, vides de sens et de logique. Son épouse était le pilier maintenant la normalité dans son existence. Dépouillé de cet élément fondateur, l’édifice s’écroule dans son entier. Le dossier entre les mains de Lucrezia fait courir l’impression désagréable d’être jugé. Condamné dont la sentence dépend de ce que contiennent les feuilles emprisonnées entre les doigts délicats. Les pupilles s’y accrochent, le sursaut de l’ombre dans le vert défait, l’infime tressaillement au coin des lèvres comme pour souligner l’angoisse naissante dans sa poitrine. Ces questions qui resteront sans réponse, car son cas est une énigme, il le sait. Prétexte d’un banal accident invoqué pour déguiser au mieux l’innommable vérité. Exorcisme assassin, la destruction de l’être quand l’âme s’en arrache. Pourrait-elle seulement deviner ce qui se trame sous sa peau en lisant ces vulgaires morceaux de papier ? Comprendre en se perdant dans l’abime de son regard qu’il n’est rien de plus qu’un morceau de chair vide ? Comme s’il redoutait qu’elle en soit capable, Regan se cache derrière le battement de ses cils et reporte son attention sur un autre morceau de bureau.

« - Trouver des réponses fait partit de votre travail, mais je crois qu’en ce qui me concerne, c’est une perte de temps. » Accents de glace dans la chaleur factice d’un timbre ronronnant. Les échos du séduisant qui s’accrochent aux vibrations des cordes vocales du débauché. Il se redresse légèrement dans une inspiration, ses doigts revenant caresser le métal froid de son alliance. « - Les antidouleurs restent les plus efficaces cependant… » La demande implicite glissée dans quelques mots. Formuler ce pour quoi il s’est résolu à venir jusqu’ici, précipiter la fin de l’instant. C’est un risque qu’il prend en venant se perdre dans les couloirs de cet hôpital, en ayant donné sa véritable identité. Sous le nez du Gouvernement, lui et tout ce qu’il est, enfermé dans un misérable dossier de papier que la brune conserve précieusement entre ses mains. Avec la lenteur dont userait un enfant pris en faute pour relever la tête, Regan reporte doucement son attention sur la jeune femme qui lui fait face. Souffle suspendu dans la poussière de ses poumons, dans l’attente d’une quelconque réponse de sa part. Que le dossier se referme sur son cas, rangé avec les autres pour en être extirpé à la prochaine rencontre, quand la réserve des cachets salvateurs se sera épuisée. Loin de se douter des pensées parasites œuvrant dans l’esprit de son vis-à-vis, cette autre si honteusement découverte.

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MessageSujet: Re: Help me lose my mind | (Lucrezia)   Jeu 17 Nov - 19:29



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Trop calme, trop apathique, trop discret, trop impassible aussi. Autant de chose qui en plus de mettre la puce à l’oreille, pouvaient rapidement aller jusqu’à m’indisposer. D’abord très légèrement, un léger inconfort qu’il est possible d’ignorer, de reléguer au fin fond d’un esprit en pleine réflexion. Mais qui doucement grandit vicieusement, pour finir par s’imposer comme une gêne agaçante en arrière-plan, pas encore assez pesante pour provoquer une réaction physique, mais déjà trop présente pour être simplement ignorée. J’avais parfaitement su éviter de poser mes yeux pour lui jusque-là, retardant l’inévitable. Je n’aimais pas la dualité qui sévissait en moi à la vue de ce visage, trop de questions à poser, trop de recommandations à donner, d’avertissements qu’ils soient délicats ou non. C’est au prix d’une violence sans nom contre moi-même que mes yeux se mirent à observer attentivement le comportement de l’homme en face de moi. Ce mystère médical ambulant, frustrant vu dans un certain prisme, mais rien comparé à la frustration, la peur et la colère qu’elle pouvait provoquer. J’étouffais une bouffée de nervosité, serrant un instant trop fort mes doigts autour de l’amas de papier avant de me détendre à nouveau, du moins en apparence.

Heureusement pour moi, dans un sens, je n’étais pas la seule à fuir un contact visuel trop appuyé. Je tendis l’oreille pour attraper les quelques mots qui eurent tant de mal à se frayer un chemin à l’extérieur de ses lèvres. La confirmation de ce que je soupçonnais ne réveilla pas une seule émotion en moi, mon empathie sévèrement mise à mal depuis quelques années. Pas de déception, pas de lassitude, pas de peine, pas de compassion, même pas un peu de satisfaction, rien. Pourtant, avec ce que j’avais vu, avec ce que je suspectais, j’aurais pu être satisfaite de ce retour de chance, mais il semblait qu’une partie d’humanité continuait à m’habiter, et cela, bien malgré moi. Pourtant, cette constatation s’effaçait d’elle-même au moment où mon esprit refusait de chercher encore une solution. J’abandonnais totalement l’idée d’essayer de le soigner, de trouver la source de son mal. Ma conscience professionnelle tombée en cendres depuis que j’avais refusé de soigner un allié pour protéger ses secrets… Mes secrets…

Alors que l’homme avouait ne rien faire pour aller mieux, je savais très bien ce pour quoi il était là et j’allais lui donner sans même chercher une autre solution, la science ne pouvait plus m’apporter de réponse, mais j’allais le faire sous certaines conditions. Marchander mes soins, une chose que je n’avais encore jamais faite, me faisant sentir que quelle que soit l’impression d’avoir touché le fond, je pourrais toujours trouver un moyen de tomber encore plus bas. J’allais finir par atteindre l’Enfer à cette allure, du moins si on y croyait. Personnellement, j’étais persuadée que l’enfer était cette vie et le néant apporté par la mort un doux repos. Un sourire amer fleurit discrètement sur mes lèvres, le patient a abandonné, le médecin aussi, les dés étaient jetés. Cependant, je n’allais pas ouvertement avouer mon manque de professionnalisme, bien que tout cet entretien allait trahir l’intention défaite. Soudain à bout de patience, agressée par des faux-semblants irritants, j’envoyais le dossier balader sur le bureau sans la moindre délicatesse. Je me redressais même, effectuant quelques pas pour aller me poster devant la seule fenêtre donnant sur le paysage ravagé d’un monde décadent. C’est le regard braqué sur cette vue pitoyable que je pris la parole à mon tour.

Je te donnerai ce pour quoi tu es venu. Et même plus. Mais il y a quelque chose dont je voudrais te parler avant.

Je me surprenais constamment. Être capable de prononcer ces mots sans que mon ton ne trahisse une quelconque émotion, alors que je me détestais de faire ça. Mais s’il y avait bien encore quelque chose pour laquelle j’étais prête à me battre et à commettre toujours plus d’actes répugnants, c’était ce qu’il me restait de famille. Alistair et moi avions été proches jadis, et à ce titre, je me ferais toujours un devoir de l’aider et de le protéger si cela m’était possible. Alors pour acheter la survie de ma seule famille, j’étais prête à marchander des prescriptions médicales, j’étais même prête à aller jusqu’à lui proposer de l’approvisionner régulièrement contre l’assurance d’abandonner tous les plans incluant Alistair.

Quant au passage au tutoiement, il me semblait nécessaire pour indiquer à mon interlocuteur que ce n’était plus son médecin qui parlait, mais bien la femme qui en savait déjà trop sur lui. Pourtant, je ne savais toujours pas comment amener ce sujet, une gêne, une pudeur encore présente malgré tout. Pour ne pas passer de longues minutes à tergiverser, je choisis la franchise nue. Je me retournais alors vers mon patient, mes bras venant doucement se croiser contre ma poitrine dans un réflexe de protection inconscient. Encore une fois, je me fis violence pour poser mon regard sur lui, cherchant à accrocher le sien, souhaitant que mon message passe dès la première fois.

Je l’ai vue avec Alistair. Mon souffle se suspendit avant que je n’ajoute un petit mot. Elle.

Je ne pouvais pas en formuler plus pour l’instant et je pense que cela lui conviendrait tout à fait. A part si Regan décidait de jouer au plus fin, il n’y avait pas de raison que nous ne nous comprenions pas. J’étais prête à ajouter quelques mots, à expliquer mon lien avec Alistair, mais peut-être qu’il le savait déjà et si cela n’était pas le cas, l’information ne lui était pas nécessaire. Je ne savais pas encore comment l’atteindre, je ne savais pas si les sentiments, les liens familiaux auraient un quelconque impact sur lui.


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MessageSujet: Re: Help me lose my mind | (Lucrezia)   Jeu 24 Nov - 19:40


Le changement opère, la distance se brise en un seul pronom personnel. Variation de l’inconfort poussant le patient à poser un regard intrigué sur la neurologue. Elle n’a rien dans la voix, un vide aussi imposant que celui apposé sur les traits de l’ancien sorcier. Ce néant destructeur absorbant tout sur son passage, la débauche de l’insensible au milieu des taches de rousseur. L’inertie dans le corps de marbre, alors que sous les mèches en bataille, la débande s’active. Percer les défenses de la brune, comprendre le sens de cette phrase qui semble être restée en suspens alors qu’il était si proche d’obtenir la rédemption. L’adieu si ardemment désiré et les cachets pour apaiser ses troubles et ses douleurs. Jusqu’à la prochaine rencontre entre ces deux opposés voués à s’éloigner, se supporter le temps d’une entrevue pour mieux s’oublier et se renier. L’insurgé n’apprécie que moyennement ce soudain revirement de situation, la familiarité s’invitant dans le solennel. Il n’est plus son patient et ce changement de statut aussi déroutant que soudain le met mal à l’aise. Pousse l’insurgé à se retrancher derrière les remparts de sa méfiance, barricader l’organe mort entre ses côtes derrière un amoncèlement de choses entassées là pour le protéger. Elle en sait trop sur lui, au vu des chiffres dansant sur le papier, son alcoolisme révélé. L’illégal de la boisson qu’il consomme en s’en crever le foie et la raison. L’offre d’une condamnation facile si l’envie venait à passer dans la tête de la brune. Malgré lui, les traits se crispent dans l’attente du verdict, les phalanges fermement agrippé au tissu rêche de son jean fatigué. L’ébauche d’un sourcil qui se hausse, le regard accroché à la silhouette offerte qui lui fait enfin face. Comme pour alourdir encore un peu plus le poids déjà lourd pesant sur les épaules du rouquin.

Alistair, le simple nom fait naître dans sa poitrine une étrange sensation. La piqure d’une aiguille chauffée à blanc qui ne fait que s’enfoncer avec plus de hargne dans l’organe mort une fois le dernier mot tombé dans son oreille. Elle. Lyn. Le souffle se suspend dans la trachée, figé par le courant froid d’un infime moment de panique, la peur en échos fourbes dans la charogne. L’esprit se perd alors dans l’attitude à adopter, les réactions à avoir, la meilleure réponse à offrir. L’éphémère d’un pauvre battement de cœur, Regan ignorant la route à suivre avant de s’enliser dans ce qu’il maîtrise le mieux, le mensonge éhonté d’une âme qui n’a plus rien à perdre. « - J’ignore de quoi et de qui vous voulez parler. » Souffle-t-il, l’étrange vibration d’une perplexité factice dans la voix. Les doigts se crispent une dernière fois contre ses cuisses et Regan se lève. « - Navré de vous avoir fait perdre votre temps. » L’esquisse d’un hochement de tête révérencieux et le français décide de tirer là sa révérence. Raccourcir la mascarade avant qu’elle ne tourne à l’immonde tragédie. Quelque chose l’arrête pourtant, fige ses pieds sur le sol alors qu’il s’apprête à ouvrir la porte.

« - Tu le mentionnes comme si la chose te dérangeait. Alistair est un grand garçon, libre de surcroit, dans ses choix et ses fréquentations. Tu ne sais pas ce que tu as vu, Lucrezia. » Du froid sur la langue, les mots s’en arrachent avec la dureté d’une lame acérée. Enrober l’angoisse derrière un amer détachement, cette peur qui le dévore à l’idée qu’elle en sait définitivement trop. Devenant à ce titre une menace qu’il ne sait pas encore comment gérer. Alistair a pris trop d’importance dans l’existence de la rousse pour n’être qu’un vulgaire client dont elle use pour mieux le voir disparaître ensuite. Dans ses douleurs, sa perte, il lui ressemble un peu. La déchirure de ces deux âmes faites pour se comprendre et dont la présence est devenue synonyme de réconfort. L’infime chaleur dans le creux du ventre et dans le cœur pour oublier le vide, existé sous les regards de l’autre, en tant que femme, et rien d’autre. Le mal du résistant dont l’existence n’est voué qu’à la destruction des pions du Gouvernement. Il se retrouve écartelé entre des opposés qui ne font qu’apposer de nouveaux morceaux de souffrance sous sa peau.  Sous l’impulsion d’une profonde inspiration, Regan fait lentement volte-face, libéré du carcan détestable du patient soumis à la volonté de son médecin. L’agonie toujours présente dans les recoins de son crâne, il s’impose de rester droit. « - Il n’y a rien à dire à ce sujet, si tu veux des explications, je ne suis pas la meilleure personne pour le faire. C’est Alistair que tu dois voir. » Il n’est que la chose que l’on utilise, rien de plus. Ce qui l’intrigue pourtant dans cette étrange tournure que peut prendre la conversation, c’est le lien qui unit le milicien à son vis-à-vis. Alistair n’en a jamais fait mention dans leurs longues soirées de discussion. Sa solitude semble aussi écrasante que celle du français. Dépourvu d’attache, ce point commun qui semble soudain s’étioler sous ses yeux pour le laisser comme orphelin. Sa mâchoire se crispe sous le poids d’un ressentiment violent, l’inerte en masque de cire sur le visage.

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MessageSujet: Re: Help me lose my mind | (Lucrezia)   Ven 25 Nov - 7:50

Confronter quelqu’un ne faisait pas parti de mes passe-temps favoris, je ne savais pas vraiment comment m’y prendre et je doutais qu’il existe un manuel pour ça. De plus, j’avais la fâcheuse tendance à me mettre à dos toutes les personnes avec qui je ne me forçais pas à être aimable. J’obtenais rarement ce que je voulais de cette manière sur des personnes aux forts caractères, semblant être dénués de peur. Alors j’attendais avec nervosité la moindre réaction de Regan, ne sachant pas si j’en avais dit trop peu ou assez. Allait-il me claquer la porte au nez, me mettant dans une position où j’avais sans doute empiré la situation. Une sale habitude que j’avais également, sauf qu’ici je n’avais pas de marge d’erreur, pas avec la vie d’Alistair en jeu. Alors je m’interrogeais sur la manière dont je m’étais exprimée. Evidemment je voulais faire passer un avertissement, mais pas une menace qui aurait pu directement retomber sur mon cousin. Les secondes d’immobilité de mon vis-à-vis me permirent d’imaginer plusieurs scénarios catastrophes, augmentant mon angoisse proportionnellement au temps qui s’écoulait. Un moment en suspens qui me sembla durer un siècle. Brutalement coupé court par le verdict de Regan qui choisit de nier et de fuir. Une soudaine panique me prit alors que j’observais l’homme sur le point de quitter la pièce. Je ne savais pas comment le retenir sans m’enliser dans la maladresse. Pourtant, il le fallait. Peut-être devrais-je lui avouer que je ne comptais rien faire contre lui et abattre ainsi une carte importante, lui donnant plus de pouvoir que moi dans cette discussion. J’avais ouvert la bouche dans un dernier geste de désespoir, mais Regan me prit de cours en changeant radicalement de position. Il avait déjà fini de nier. Avait-il réalisé que cela était vain ? Je fronçais les sourcils alors que les mots prenaient réalité sur sa langue. Pourquoi était-il si surpris de ma désapprobation ? Je pensais qu’il allait me reprocher de protéger un ennemi, de ne pas être fidèle à notre cause, mais la suite de ses propos me désarçonna. La surprise sur mes traits lui serait inconnue, son regard toujours tourné vers la porte et j’en fus bien heureuse. Je ne comprenais pas où il voulait en venir. Oui Alistair était libre de ses choix, mais dans ce cas-ci, je doutais fortement qu’il ait toutes les informations nécessaires pour faire les bons choix. 

« Tu ne sais pas ce que tu as vu, Lucrezia. » Une remarque bien trop personnelle, comme si j’avais touché une corde sensible, car ce que j’avais vu ne devrait pas le mettre dans cet état. J’avais vu un résistant, connu pour manipuler nos ennemis et probablement en tuer, côtoyer le seul membre de ma famille encore en vie. Un ami cher lié par le sang, qui s’était perdu dans la souffrance, brisé par notre monde, qui ne méritait pas qu’on lui fasse payer des choix malheureux. Le ton soudain glacial me rendit nerveuse car je n’en comprenais pas le sens, incapable de l’interpréter avec justesse. Mon incompréhension ne fit que monter lorsque Regan se retourna vers moi pour continuer sur sa lancée. Il me poussait à demander des explications à Alistair ? Depuis quand fallait-il que j’aille parler aux victimes pour avoir une réponse entre résistants. Mon cousin ne pourrait pas me donner les réponses que j’attendais, il ne savait déjà probablement pas à qui il avait à faire en côtoyant Regan. Mais cette manière de poser les choses… J’avais l’impression de m’immiscer dans une relation tout autre que celle qui liait un manipulateur à sa victime, et je n’aimais vraiment pas la direction que prenaient mes suppositions. Un éclair de frustration me saisit et je le transformais instantanément en colère, mes traits autrefois lisses, se crispèrent légèrement, mon regard plus acéré.

C’est à toi que j’en parle ! Ma langue avait claqué d’agacement. Alistair a assez souffert, il ne mérite pas d’être utilisé sous prétexte qu’il est l’ennemi, et encore moins de mourir.

Je préférais clairement exposer ce qui m’inquiétait, de peur des malentendus que pouvaient provoquer les non-dits. Je ne pouvais pas me permettre d’aggraver la situation que je pensais avoir compris, même si pour ce faire je devais me dévoiler, dévoiler que mon allégeance pouvait avoir des ratés. N’importe quoi plutôt que de rester là à ne rien faire. 

Alors non je ne sais pas ce que j’ai vu, mais cela suffit à m’inquiéter de ce que tu as prévu pour lui. Je ne peux pas te regarder détruire, pas lui.  

J’hésitais encore à lui avouer la nature de notre relation. Je savais bien ce qu’il allait s’imaginer, la raison la plus évidente pour que je cherche à le protéger ainsi. Mais ne pas rectifier cette supposition me permettrait peut-être d’avoir plus d’informations sur mes propres suspicions.

Alors c’est simple, je te fournirai ce dont tu as besoin, en volume raisonnable mais régulier. Je veux juste qu’en échange Alistair ne soit plus une cible de la résistance.

J’espérais juste appuyer sur le pont levier comme appât, j’espérais que Regan tenait plus à sa tranquillité physique, au soulagement que pourrait lui apporter les médicaments, qu’à sa mission. 

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MessageSujet: Re: Help me lose my mind | (Lucrezia)   Lun 28 Nov - 19:37


L’agacement dans un claquement de langue, le sursaut de l’âme ravagée devant l’exaspération. Et l’esquisse d’un sourire amer sur les lèvres, la fierté passagère d’être l’instigateur d’une telle irritation. Il aurait dû se destituer de l’instant en quittant le bureau, laissé le doute s’alourdir au-dessus de la masse sombre de ses intentions. Ne pas se tenir devant l’accusation et se retrouver contraint de rendre des comptes. Se mettre en danger, lui ou même Lyn. Le résistant oscillant près du gouffre, la corde éraflant son cou à chaque mouvement trop brusque, chaque infraction qu’il commet en laissant le vice et la déroute semer le chaos dans son existence morne. Terne vision de son monde monochrome, Alistair est honteusement devenu une touche de clarté dans son décor. Cet ennemi que l’on abhorre au plus haut point mais qui devient malgré tout un morceau du pauvre pilier maintenant l’humain debout. L’estime portée à la vermine, pour sa vision des choses, la considération qu’il porte envers une créature créer de toute pièce. Celui qui ne voit que le féminin et se moque du reste. Sur l’écran sombre de son visage ravagé, le sourire de la rousse s’appose doucement. En une caresse éphémère sur les lèvres, le battement de cils séducteur et fragile à la fois, l’éclat de cette autre embellissant la surface pour disparaître dans un sursaut de conscience. Regan qui se referme dans un froncement de sourcils, le regard sombre accroché aux contours de la porte délibérément close devant lui. L’inquiétude dans le timbre de la jeune femme intrigue, dépose les lambeaux d’une curiosité malsaine dans les méandres de son cerveau fatigué.

« - Tu parles d’ennemi alors qu’en théorie, vous êtes dans le même camp, lui et toi. Lui a juste choisi de ne pas se tenir sur deux fronts différents en même temps. » Glacial apparat trébuchant sur les accents d’un cynisme à fleur de peau. La moquerie évidente s’exacerbe dans le mouvement de sa main, les doigts battant l’air comme pour chasser l’affront libéré dans ces simples mots. « - Il n’est pas une cible de la résistance, rassure-toi. » L’aveu s’arrache avec difficulté de sa trachée alors qu’il s’efforce de faire volte-face. Comme une faiblesse qu’il se refuse d’affronter, un contretemps obscur mettant à mal ses instincts d’anarchiste. « - Alistair est un ennemi, qu’il serait fort judicieux d’éliminer comme tous les autres, mais c’est bien plus complexe que ça. Il a besoin d’elle, paie pour s’offrir sa compagnie… La mienne, pour alléger cette souffrance que tu sembles si bien connaître. » Ses propres paroles le déstabilisent, apposent sur ses traits la marque d’une étrange perplexité. Naufragé dans l’ombre de ses propres réactions, son attachement précaire pour le milicien étalé au grand jour. La ligne de conduite pourtant si bien rodée d’ordinaire, explose un peu plus à chaque entrevu. Ces instants passés en compagnie du soldat ébranlant la mécanique de son cœur pourri. Il a conscience que sa seule réputation pousse la neurologue à vouloir en savoir plus sur ses intentions, les échos de sa haine envers les puissants sont impossibles à ignorer pour tous ceux qui le côtoient. L’extrémisme poussé dans ses plus lointains retranchements, l’âme qui n’a plus rien à perdre et qui entraîne tous ceux qu’elle attrape avec elle dans son inexorable chute. La dernière phrase le surprend. Le contrat qui s’appose devant ses yeux l’agace, agite les fils de l’insoumis jusqu’à faire vibrer la répulsion sous sa peau et tirailler l’ensemble.

Acheter son abandon contre la promesse d’une vie sans douleur. La naïveté de la brune le fait sourire, laisse s’échapper le crissement d’un rire amer faisant trembler toute la carcasse. « - Je ne marchande pas mes intentions contre des cachets, tu fais erreur si tu penses qu’une telle promesse pourrait me détourner de mes objectifs. » Il a l’insoumission dans les veines, la haine des puissants ancrée au cœur comme le plus infime des fibres formant l’organe. Accrochée à son être depuis l’aube de son existence, forgée dans les abîmes de la damnation et exacerbé par la trahison. Signée du sang de son épouse, la promesse de ne pas abandonner tant qu’il y aura des monstres qui continueront de respirer. Alistair est un aléa, un grain de sable dans les rouages de sa haine. L’égarement qui finira par disparaître tôt ou tard, il s’en persuade du mieux qu’il le peut. « - J’imagine qu’il doit être important pour toi, pour que tu t’abaisses à marchander comme tu le fais. Il n’a pourtant jamais fait mention de ton nom… » Un haussement de sourcil pour accompagner l’interrogation contenue dans sa voix alors qu’il esquisse un pas en direction de la supposée résistante. Cette absence d’éclaircissement sur la relation qui l’unie au milicien, ce doute pernicieux dans sa poitrine effrite ses nerfs, pousse la réflexion dans tous les coins poussiéreux de sa déraison. L’hypothèse la plus plausible, lui semble pourtant la plus absurde, illogique pour un homme qui s’offre les services d’une prostituée afin de soulager son cœur de tous ses maux. Dépenses inutiles si Lucrezia était vraiment ce qu’il croit. De la famille en second choix, le dernier morceau d’une existence brisée, la dévotion entachée par l’éloignement de l’autre.

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