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 You've got friend in me... [Timaisy]

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↳ Citation : "Right now we're crazy youngsters, time is running out but who cares we're running free. They call us crazy youngsters, we don't apologize we're mad and running free."
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MessageSujet: You've got friend in me... [Timaisy]   Mar 8 Nov - 20:49


« There isn't anything I wouldn't do for you
We stick together and can see it through »



Timothée & Maisy

You've got friend in me ♥
featuring

Il pleut. Elle pousse un soupir et remonte lentement sa capuche avant de resserrer son écharpe et les pans de son manteau autour de son corps. Un frisson la secoue quand elle passe les portes du bâtiment et que le vent cueille son corps épuisé et amaigri. Elle marche lentement jusqu’à l’arrêt de taxi le plus proche. En temps normal, elle aurait pris le temps de marcher jusqu’à chez elle, mais son corps lui envoie chaque jour des signaux de détresse. Elle a tellement maigri, et n’a dormi que quelques heures depuis le début de ces jeux de l’enfer. Elle s’assoit avec soulagement sur le siège en cuir du taxi et donne son adresse dans un soupir fatigué. Elle pose sa tête sur la vitre et suit des yeux une goutte qui glisse entre ses congénères sur le verre. Elle cherche par tous les moyens à éloigner de son esprit les images de ses amis dans l’arène. De Lazlo, le cœur arraché par celui qu’il aime, de Timothée le corps ensanglanté, sans vie. Elle a lutté un temps contre son inquiétude et sa curiosité maladive afin de protéger son sommeil et sa santé mentale. Quand elle a craqué, elle l’a regretté instantanément. La télévision a grésillé quelques minutes avant de lui montrer ses amis et son corps s’est brisé quand elle a vu Lazlo, son si beau Lazlo, le corps couvert de blessure et l’air épuisé. Et Timothée, blesser lui aussi, tentant tant bien que mal de garder sa bonne humeur. Elle n’avait ri à aucune de ses blagues, le cœur trop serré pour apprécier l’humour de son meilleur ami. Les premiers jours avaient été supportables, ses deux amis s’en sortant aussi bien qu’il était possible dans de telles circonstances. Puis, rapidement, ils avaient été de plus en plus gravement blessés et ce mur de sable lui avait pris ses deux meilleurs amis. Elle avait hurlé devant sa télévision, le corps tendu en avant, les mains agrippées à la vieille télévision, les larmes ruisselant sur son visage. Elle avait hurlé devant sa télévision, le corps tendu en avant, les mains agrippées à la vieille télévision, les larmes ruisselant sur son visage. Le taxi s’arrête en bas de son immeuble et elle sort de sa transe l’air perdu et des larmes plein les yeux. Elle remercie le chauffeur d’une voix étranglé et le paie avant de regarder désespérément dans toute sa rue. Timothée n’est toujours pas là.

Quand l’annonce avait été faite et qu’elle avait appris que ses amis n’étaient pas morts puis qu’elle les avait vus, épuisés, blessés, mais bien vivant sur le divan de cette ordure de Danny Clocker, elle avait failli s’évanouir. Le soulagement s’était abattu sur elle avec tant de force qu’elle en avait chancelé dans son couloir à la radio, quand Danny avait annoncé qu’il rentrerait tous chez eux sous peu. Puis elle avait pensé à l’après, au traumatisme qui devait briser les sortants. Ce jour-là, elle avait fait le trajet depuis la radio jusque chez elle en courant, manquant à plusieurs reprises de s’effondrer de fatigue et de se faire écraser. Elle avait attrapé un papier et un crayon et avait écrit un message plein d’amour, de douceur et d’encouragement à Lazlo, demandant une réponse dès qu’il s’en sentirait capable et lui rappelant qu’elle serait toujours là pour l’accueillir s’il en ressentait le besoin et lui assurant qu’elle passerait bientôt. Elle l’avait attaché délicatement à la petite patte de Dita qui avait élu domicile sur le meuble de sa chambre. La pauvre colombe faisait peine à voir depuis le départ de son maître et Maisy eu les larmes aux yeux en imaginant la joie de l’oiseau et de son ami quand ils se retrouveraient. Elle avait levé le volatile, posé sur deux de ses doigts, devant son visage, avait laisser Dita frotter tristement sa tête contre son menton avant de lui murmurer de rentrer à la maison. L’oiseau avait instantanément redressé la tête et s’était envolé à tire d’aile par le velux ouvert. Maisy l’avait regardé foncer le cœur un peu plus léger. Elle avait ensuite envoyé un message, puis deux, puis trois à Timothée, tous rester sans réponse. Elle avait aussi tenté de l’appeler et il n’avait pas répondu ce qui avait ravivé l’inquiétude de la jeune femme. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve à sourire sur son lit quand elle vit le pigeon portant la réponse de Lazlo se poser lourdement sur la commode. Daniel. Le jeune homme avait nommé le pigeon sans le savoir du nom du père de Maisy et elle trouvait toujours ça drôle après presque deux ans. Elle essuya rapidement les quelques larmes qui perlaient aux coins de ses yeux pour lire le message de son ami.
"Sweetie, merci de t'être occupée de Dita. Elle a un peu grossi, non ? Au moins elle ne manquait de rien, et je suis vraiment heureux que tu l'aies prise sous ton aile (badum tss). Je vais... bien, Je crois. J'espère en tout cas. Ne t'en fais pas pour moi, ça va aller. J'ai des gens à l'appart, je ne suis pas seul. Passe dès que t'en as envie, tes gamelles me manquent ♥"
Ce qu’elle fit dans l’instant, elle donna quelque graine à Daniel avant de quitter précipitamment son appartement et de prendre la direction de celui de Lazlo, une boite pleine de cookie sous le bras. Elle passa une partie de la soirée là-bas, retrouvant au passage Tristan qu’elle n’avait pas revu depuis l’époque où elle travaillait encore pour les arènes. Les deux jeunes hommes semblaient mal en point, mais ils se soutenaient tous les deux avec cette force qui caractérisent les gens ayant vécu les mêmes horreurs. Elle quitta l’appartement le cœur un peu plus léger de savoir son ami entre de bonnes-mains. Elle embarqua également un petit pochon d’herbe qu’elle glissa dans son soutien-gorge.

Ces retrouvailles avec Lazlo dataient de deux jours et Timothée n’avait toujours pas donné le moindre signe de vie. Elle commençait à vraiment s’inquiéter. Ce genre d’attitude était à l'opposé de ce qu’elle connaissait et elle commençait à penser qu’il était arrivé quelques choses à son ami. Surtout depuis qu’elle avait été le chercher sur son lieu de travail et avait trouver le laboratoire vide. Épuisée par la montée des cinq étages de son immeuble, elle lâche son sac près de la porte et retire ses chaussures avec un petit gémissement de plaisir, elle se dépêche de nourrir sa rate et de la poser son épaule pour un câlin bien mérité après cette journée épuisante et elle se dirige vers la cuisine pour essayer de se préparer un petit quelque chose quand un bruit sur le toit attire son attention. Elle s’arrête et tend l’oreille à nouveau, le bruit recommence et résonne sur son toit en zinc. Elle monte les escaliers lentement et pousse la chaise sous le velux avant de l’ouvrir le plus discrètement possible. La pénombre et la pluie la force à plisser les yeux, mais elle aperçoit rapidement une silhouette qu’elle connaît bien. Elle redescend et dépose Chat sur le lit avant de remonter sur sa chaise. Elle prend une grande inspiration « TIMOTHÉE MOREL ! » Sa voix perce le silence seulement entrecoupé par les gouttes qui frappe la tôle. Il sursaute et se tourne vers elle l’air surpris. « TU RENTRES IMMÉDIATEMENT DANS CET APPARTEMENT ! »
Elle descend de sa chaise et attend, quand ses pieds apparaissent dans l’encadrement du velux, elle pousse un soupir de soulagement. Elle ronge son ongle de pouce en le regardant se glisser dans l’appartement comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises. Il est trempé de pluie et ses yeux sont assombris par des choses qu’il n’aurait jamais dû vivre. Elle s’avance et pose doucement sa main sur sa joue, plongeant ses yeux bleus dans ses prunelles brunes. « Aller viens. » Les questions attendront qu’il soit sec et au chaud. Elle attrape sa main et l’amène jusqu’au salon. Maisy lui tend une serviette récupérée dans la salle de bains ainsi que des vêtements qu’il a oubliés durant l’une de ses nombreuses visites. Elle ne dit rien et elle s’empresse d’aller préparer un chocolat chaud et ramène aussi la boite à biscuit avant de s’asseoir près de lui sur le canapé. Elle glisse sa main le long de son bras et entrelace leurs doigts, simplement heureuse de voir son visage dans ce lieu si familier. « Tim… » Elle respire lentement. « Tu m’as manqué, bro. » Elle frotte ses yeux qui menacent une fois de plus de s’humidifier et lui donne sa tasse avant de faire une connerie. Les mots d’amour ne sont pas aussi simples entre elle et lui qu’ils le sont avec Lazlo, mais cet homme est probablement la personne la plus proche d’elle et le voir dans cet état brise son cœur. « Pourquoi tu m’as pas répondu ? … Nan, attends. Si tu veux pas parler, t’es pas obligé pour le moment, mais tu finiras bien par devoir le faire, tu m’connais et ses connards vont devoir payer pour c’qu’ils t’ont fait. Mais pour le moment, si tu veux, on peut juste boire ça pour se réchauffer et puis picoler un coup et fumer un pétard. » Elle se penche et pose un baiser léger sur sa joue râpeuse. « Mais faudra que tu me parles. Parce que… J’peux pas supporter de m’dire qu’tu gardes tout ça a l’intérieur. Ça doit te tuer à petit feu et… Je veux t’aider. D’ailleurs… Si t’as mal… J’peux… » Elle lui montre ses mains, ses pouvoirs ne sont pas un secret entre eux et elle aimerai le soigner si elle peut.





Spoiler:
 

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But time has changed nothing at all. You're still the only one that feels like home. I've tried cutting the ropes and I let you go but you're still the only one that feels like home.
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MessageSujet: Re: You've got friend in me... [Timaisy]   Mer 9 Nov - 0:59


« Il est plus facile de se perdre dans l'abysse que de trouver les raisons d'en sortir »



Cupcake & Bro
featuring

Et je suis là. Comme un con. J’erre dans une ville que mon esprit semble découvrir alors que mes yeux sont déjà lasses de chaque contacte. Ma tête est enfoncée depuis plusieurs jours dans ma capuche. J’ai vaguement l’impression de garder mon anonymat autour de vautours inquisiteurs. J’aimerai leur cracher dessus, vomir ma haine, vomir ma colère mais je ne le fais pas. Je suis lasse. Lasse et incapable de savoir quoi faire de mon temps. De mon avenir. Qui suis-je ? Cette question revient sans cesse et là où je pensais avoir trouvé une réponse, l’arène m’a tout enlevé. Je me sens dépossédé et c’est précisément ce que ces enfoirés espérés. Bien joué. Ils ont réussi. J’y ai cru pourtant. J’y ai cru que l’arène pourrait consolider le peuple à haïr le gouvernement. Consolider la résistance, les mouvements contre cette merde sans nom et sans borne mais c’est un échec. Un parfait échec. Je les vois s’arrêter pour regarder les distributions. Je les vois hésiter à admirer, rire, craindre ou apprécier. Quant à eux qui détournent le regard, baissent la tête et ferment leur gueule … ils ne sont pas mieux. Je ne suis pas mieux. Un putain de pantin désarticulé, blessé, abimé, totalement perdu. Ils m’ont dépossédé. Ils ont fait fort, m’ont rappeler mes démons, mes craintes, mes espoirs et le tout a fait une joyeuse explosion. Mes vannes sont fermées et le silence règne en maitre dans un environnement décidément pas habitué à tant de silence. Bastien. Pourquoi s’est-il tant encré en moi ? Pourquoi à sa mort ? Pourquoi disparaitre ce jour là ? De cette manière ? Je ne comprends pas moi-même ce qu’il se passe dans ma vie. J’ai l’impression de la survoler sans la comprendre. C’est frustrant moi qui ait toujours voulu connaitre les vérités, trouver des preuves, déterminer la réalité d’une fiction. En repensant à ces dernières années, je ne pige tout simplement rien. Je ne vois pas l’intérêt de tout ceci, de tout ce gouvernement, de l’ensemble des choix effectué par lui, par moi… Le simple fait que des morts puissent plus m’influencer de leur mort que de leur vivant, n’est-ce pas complètement aberrant ?

Mon téléphone vibre dans ma poche. Je sens le contact entre mes doigts et après une hésitation décide de sortir le boitier. Maisy C’est un tourment dans ma tête, dans mes organes et au fin fond de mon cœur. J’en loupe un battement et m’immobilise en plein milieu de la rue. On me rentre dedans en grommelant, mon regard se porte sur le râleur et celui-ci détourne le regard. Parfait, je fais peur à présent. La distraction n’a d’intérêt que de me faire respirer et reprendre ma marche. La pluie commence à tomber, les habitants activent leur marche, se dynamisent pour éviter toute maladie. Une bonne stratégie quand on connait la couverture maladie…et son inexistence. Le Ministre Armstrong ne fait qu’offrir des sourires à la con sans réformer complètement le système, encore un foutu con au milieu d’autres trous du cul. L’envie de frapper un énième lampadaire em prend mais je n’en fais rien. Soupire. Le téléphone vibre encore. C’est le bureau cette fois. Quoi ? Ils veulent mon certificat médical ? Ils ont qu’à allumer la télé et additionner 1+1. Ils m’ont kidnappé, enfermé, drogué, forcé à courir pour survivre, apprécié des gens pour les voir crever, souffrir de multiples blessures, voir Bastien, subir ses mots, le tuer, me faire tuer, voir Jésus se faire arracher le cœur, puis de nouveau enfermé …. Ils pensent sérieusement que revenir travailler pour eux est la première chose qui me pousse à me lever le matin ? Non. Non ce n’est certainement pas eux. Pas pour eux. Quoique… l’idée de les jeter dans la même arène me tente bien. Et donc non, ce n’est pas eux qui me poussent à me lever mais Enya. Enya qui doit continuer de croire que « ça va », que je bosse ou que je fais quelque chose de ma journée. Je ne sais pas ce qu’elle cherche à faire, ni ce qui la pousse réellement à vouloir m’aider. Je ne la comprends pas. Je ne comprends rien de toute façon.

Mon silence est une torture. Qui aurait-cru qu’ils parviendraient à me faire taire ? A me faire douter ? Je n’ai plus de maison. Plus d’emploi. Plus de frère. Plus de branche auxquelles m’accrocher. La douloureuse impression d’être mort se ressent à chaque pensée qui s’échappe de ma détermination à ne PAS penser à l’arène, à mes compagnons d’infortune, à ce qu’ils doivent vivre ou non, à ce que j’ai dis à cet enculé de Danny C. Pi m’empêcher de penser à ce cœur qui s’arrache. Cette dernière vision alors que mon propre s’écoulait pour se mélanger avec celui de Bastien. L’ironie du sort a voulu que ça tombe le jour de mon anniversaire. Sympa la vie. Super cadeau pour mes 30 ans. J’aime, tous les ans on peut se le refaire. Bastien. Lazlo. Lazlo, le pigeon. J’aurai pu tomber avec n’importe qui dans cette arène et je suis tombé sur lui… sans le savoir. Et il est mort. Et j’ai rien pu faire. Le pigeon de Cupcake, celui qu’elle adore, dont elle m’a longuement parlé sans jamais trouver le temps de nous foutre dans la même pièce. Cela aurait peut être été pire dans l’arène, de le connaitre. De le connaitre plus encore déjà que je l’ai vite apprécié, juste pour sa barbe. Juste pour ses réponses à mon bavardage incessant pendant que Gray désespérait. Et celui-là, Gray, bordel…. Ce qu’il a du… cette bande de connards, j’aimerai tellement les y voir. J’aimerai qu’ils se fassent arracher le cœur, si jamais on peut le trouver au milieu du bouillon de connerie dont doit être fait leur corps.

Je suis hargneux, je m’en rends compte. Je fulmine. J’erre dans cette ville et enrage dans mon simple défilement de pensées, de souvenirs, d’incompréhensions. Je m’en veux. Puis je m’en veux de m’en vouloir. Qu’aurais-je pu faire de plus ? Qu’aurais-je pu dire de plus ? C’est comme pour Bastien, je ne l’ai pas tué. Il s’est tué bordel. Je n’ai rien à voir avec sa mort pourtant…. Pourtant l’image est gravée en moi. Ce regard. Ses mots. L’étrange parallèle entre la mort du sableux et la disparition de mon partenaire de crime. Mon partenaire dans le silence ambiant. Bordel. Il n’est plus là. Je ne l’entends plus. J’aurai pourtant besoin d’un sacré coup de pied au cul ou un bon rappel à la réalité. Un peu comme Maarten l’a fait en son temps pi lui aussi il est mort, le cabot. Merci de tous crever quand j’ai besoin de votre rudesse. Le pire, certainement, c’est d’en avoir conscience. Et j’erre comme un pantin que je suis à chercher … à chercher quoi ? A chercher qui ? Aller où ? J’en sais rien. J’aimerai bien qu’on me le dise. TIMOTHÉE MOREL ! Je sursaute à la simple énonciation de mon prénom qui plus est associé de mon nom de famille. Ca ne devrait pas m’étonner en soi, maintenant tout le monde connait ma gueule, mon identité, le niveau de mon humour et mon gout pour les actes fratricides. PERFECT. TU RENTRES IMMÉDIATEMENT DANS CET APPARTEMENT ! Cupcake. On s’arrête. On s’arrête tout de suite. Qu’est-ce que je fiche ici ? Je ne sais même pas comment j’ai atteri sur ce toit. Encore. Encore. Encore. Merde. Merde. Merde. Je ne suis pas prêt. Pas prêt pour affronter son regard à elle, sa déception ou tout autre sentiment. Je me revois dans ma cage à observer l’écran. A voir la rediffusion de notre mort à Jésus et moi-même. A voir le zoom sur les visages qui défilent dans le sableux de Lazlo. A y voir Maisy. Je ne suis pas prêt. Pas du tout. Pourtant j’avance vers le velux, hésite sur le rebord en regardant à contrebas. Je la vois, en partie. Elle m’attend et je finis par descendre sans grande conviction. Mon cœur bat à la chamade. Une première dans notre relation. Si ce n’est une fois peut être, lors d’un dur réveil… mais ça n’avait rien à voir. Définitivement rien à voir. Le touché de ses prunelles dans les miennes sont chaudes et je me surprends à apprécier ce contact fantomatique alors qu’elle m’invite à entrer chez elle pour me réchauffer. Je m’exécute dans le silence, incapable de savoir que dire. Qu’est-ce qui pourrait avoir sens ? J’ai l’impression d’avoir passé une vie sans la voir. Une vie sans lui envoyer le coussin immonde orange et moche qu’elle a sur son canapé dans sa tête. Une vie sans l’avoir recouverte de sa couette alors qu’elle s’était endormie la bouche ouverte, bave au menton devant un film retrouvé au beau milieu d’un magasin d’antiquaire. Une vie sans l’avoir entendu ronfler, rire gras, défendre ses choix vestimentaires avec passions, manger des pâtisseries en s’en mettant sur le bout du nez.. une vie sans avoir senti son bras se glisser autour du mien et encore plus sans avoir senti ses doigts entrelacés les miens. Le frisson qui me parcourt alors n’est pas celui du désir, de l’électricité entre une homme et une femme mais d’une crainte mêlée à un soulagement. C’est étrange.
Je voudrais lui dire moi aussi mais soudainement ma gorge est aussi sèche quand dans mon petit désert. C’est qu’il me manquerait presque… Mes yeux partent en l’air, roulent en m’imaginant entendre Bastien me piquer avec justesse mais le silence brise mes illusions. Un silence loin d’être perçu par Maisy qui se met à parler. Elle anime l’espace d’une atmosphère lourde bien qu’elle tente de dévier les armes qui semblent pointer sur moi. Parler. Le truc que je fais si bien, si trop. Parler. Parler de quoi ? C’est si ridicule ce qu’il se passe en moi. Je me sens lasse et il n’y a rien à dire de plus. Mon histoire est ridicule. Ca ne sert à rien d’en parler, de chercher à comprendre, de … bref. Inutile. …J’peux pas supporter de m’dire qu’tu gardes tout ça a l’intérieur. Ça doit te tuer à petit feu et… Je veux t’aider. D’ailleurs… Si t’as mal… J’peux… Au moins elle, n’a pas perdu son bavardage. En occultant le contenu, j’apprécie de l’entendre. Cette voix. Elle. Mon amie. La seule que je pourrais qualifier de ce nom sans craindre d’éventuelles représailles ou coups du sort. Et encore, avoir laissé mourir Lazlo est probablement le petit coup du sort qui nous manquait. Quant à l’évocation de la magie, j’ai un mouvement de recule. Léger mais présent. Je n’aime pas plus la magie qu’hier mais je sais le geste nappé de bonnes intentions sans vouloir comprendre ce qui la pousse à m’offrir ce regard, cette délicatesse. Elle fait partie des personnes qui ont su me réconcilier avec les sorciers mais pas au point de servir de cobaye qu’importe les intentions premières. Méfiance. Méfiance. A croire que ses inscrits dans mes gènes.. à défaut de ne pas avoir été le « bon fils ». Mon pouce caresse sa peau, mes yeux se laissent distraire par le mouvement avant que je glisse légèrement sur le canapé de sorte à poser ma tête dans le creux du cou de Cupcake. Une position bien étrange entre nous puisque c’est généralement elle qui s’appuie ainsi contre moi. Je tousse. Je ne saurais même pas dire ce qu’il y a dans « tout ça », ni même si « tout ça » devrait s’appeler ainsi… je suis juste… vidé. Vidé d’énergie et de…sens. Un soupire s’échappe. Je suis fatigué Cupy… je suis fatigué et incapable de dormir tellement je bouillone sans raisons. Ma langue se délie sans plus de raisons. Le fil de mes pensées se forme à chaque mot prononcé, le tout s’étaye d’image que l’esprit tente de mettre ensemble. Je comprends pas ce qu’il s’est passé… dans cette arène et dans nos vies à tous, dans notre monde… pour en arriver là. Je sais pas ce que je fous dans ce gouvernement …. Je sais pas ce que j’ai foutu à détester mon frère, à lui parler alors que… pi pour le … fin bref. Y a pas de sens, pas plus de vérité… Je soupire, encore et me crispe légèrement après ça. Mes yeux se ferment. Je suis si fatigué mais incapable de dormir, mes yeux n’apprécient pas l’obscurité.




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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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MessageSujet: Re: You've got friend in me... [Timaisy]   Lun 5 Déc - 15:03


Elle tremble. De soulagement, de bonheur, de fatigue aussi. Cette fatigue qui semble gluante, collée à son corps et à son cœur depuis bien trop longtemps pour quelqu’un d’aussi jeune. Ses yeux se posent sur sa main enlacée à celle de son ami. Sur son pouce qui caresse ses phalanges en un mouvement presque hypnotique. Elle soupire, épuisée, par le monde, l’apocalypse, les gens. Par cette magie qui plane entre elle et Timothée maintenant qu’elle a fait l’erreur de lui proposer son aide. Oubliant dans la joie de le revoir sa méfiance à l’égard de la magie. Elle tremble en se souvenant de sa voix, annonçant sur les ondes de la radio gouvernementale, avec un ton neutre le décès de ses deux amis. Elle s’enfonce dans le canapé, ramenant le coussin orange sur ses genoux. Son coussin préféré, le coussin honnit, celui que Timothée semble détesté depuis le jour où, il a posé le pied dans son salon. Elle soupire quand le corps de son ami s’affaisse sur le sien, quand sa tête vient se loger dans son cou. La présence de son ami, sa chaleur, le poids de son corps contre le sien soulage ses douleurs. Son cœur semble battre normalement pour la première fois depuis si longtemps. Les cheveux encore humides de son ami chatouillent légèrement son cou et son odeur emplit les narines de Maisy, apaisant ses angoisses bien mieux que n’importe quel antidépresseur. Elle passe ses deux bras autour de son ami et pose son menton sur le haut de sa tête. La position est loin d’être confortable, mais la présence du corps de son ami contre le sien suffit à effacer l’inconfort. Elle tire du bout des doigts le plaid qui traine derrière Timothée et le remonte au-dessus de leurs têtes. Les enfermant dans un cocon ou rien ne peut arriver, ses doigts glissent doucement dans les cheveux de Timothée et elle dessine des formes abstraites du bout des ongles sur son cuir chevelu. La voix de Tim, étouffée par son corps lui parvient. « Je sais… Je sais bien, chéri… Personne devrait avoir à vivre ce que ce monde malade t’as fait vivre. » La rage bout en elle et elle serre plus fort le corps de son ami contre le sien. « T’as le droit d’être fatigué… T’as le droit d’être en colère… » Elle soupire et retient les larmes qui perlent au coin de ses yeux. Elle n’a définitivement pas le droit de pleurer.

« J’comprends pas plus que toi, Tim… » L’inutilité qu’elle ressent face à la souffrance de Timothée lui brise le cœur, broie ses côtes, écrase ses poumons et c’est d’une voix étranglée qu’elle répond à son ami le plus cher. « J’sais pas c’qu’on a fait pour mériter une telle merde. J’sais pas pourquoi ces connards pensent qu’on est des sortes d’objets qu’ils peuvent utiliser comme ils veulent avant de nous jeter quand on est trop cassé. » Elle déglutit et embrasse délicatement la tempe de Timothée, appréciant pour quelques secondes la chaleur de son souffle contre la peau de son cou, la tangibilité de son corps contre le sien, preuve s’il en est qu’il est bel et bien vivant. « J’sais pas c’qu’on fout à continuer à bosser pour eux, alors qu’ils nous brisent… Nous réduisent à néant avant de nous renvoyer dehors comme si de rien n’était. » Elle se crispe quelques secondes quand Timothée évoque Bastien… Ce jumeau décédé dont il n’a parlé qu’une seule fois, durant une nuit particulièrement alcoolisé. Elle se rappelle de la douleur sur son visage, de cette peine qui suintait de tout le corps de son ami. Elle n’avait jamais osé aborder le sujet, jugulant sa curiosité par peur de le blesser. « Pour… Bastien… » Les mots s’échappent doucement de ses lèvres, elle n’a pas l’habitude de filtrer ses paroles quand il s’agit de Timothée. « J’sais pas quoi dire… Je… Tu m’en avais vaguement parlé quand t’étais bourrée… Mais je sais que t’aime pas parler de ta famille… » Et c’était compréhensible, Timothée lui avait expliqué rapidement sa vie et Maisy ne pouvait qu’être pleine de haine envers les êtres qui avait été capable de traiter une personne aussi adorable que Timothée comme un moins-que-rien sous prétexte qu’il n’était pas doté de ces foutu pouvoirs magiques qui n’amenait que de la merde de toute façon. « J’ai pas tout compris dans cette histoire… Mais… Je suis là, si tu veux en parler… »

Lentement, elle se redresse et retire le plaid, les sortants de leur cocon protecteur, dans un geste habituel, elle glisse la main dans le dos de Timothée avant de se lever. « J’ai ce qu’il nous faut pour ce soir, ça t’aidera au moins à dormir… Pis s’t’as pas envie de parler, on pourra toujours jouer au Monopoly. » Elle hausse les épaules en se dirigeant vers le placard dans lequel elle range le jeu de société et son nécessaire à rouler. La boite défoncée sous le bras, elle revient s’asseoir près de son ami. Elle se colle à lui, par habitude, mais surtout par besoin et roule rapidement un joint, qu’elle allume. Elle tire une longue bouffée, relâchant un nuage de fumée, avant de le tendre à son ami. « Allez, fume. Ça te changera les idées, pis ça vient de chez Laz’, c’est d’la bonne. » Elle s’appuie contre le torse de son ami, gorge ses narines de son odeur rassurantes, mêlée à celle de l’herbe qui lui rappelle Lazlo. Lazlo qui doit probablement en train de s’oublier entre les jambes de Tristan. Un sourire soulagé s’étend sur les lèvres, quand elle pense à son autre meilleur ami qui est entre de bonne-main. « Timou… Chuis tellement contente que tu sois rentré… » Les larmes roulent sur ses joues sans qu’elle n’en ait conscience. « J’ai eu peur t’sais… Tellement peur que ce soit vrai… Que plus jamais j’puisse voir ta tête d’ahuri… » Elle essuie sa joue sur le t-shirt de son ami et pose un nouveau baiser sur sa joue. « Pourquoi… » Elle hésite à poser la question, ne voulant pas ajouter la culpabilité aux tourments de son ami. « Pourquoi t’es pas v’nu m’voir ? J’étais morte de trouille que tu répondes pas… Ch’t’ais cherché partout, t’étais ni au taf, ni chez toi, t’étais nulle part… » Elle récupère le joint et tire une nouvelle fois dessus, se laissant envahir par la sensation de paix que lui amène toujours l’herbe. « T’sais, tu peux tout m’dire, j’peux tout entendre venant de toi… T’es un peu l’homme de vie quand même ! » Elle se rappelle avec attendrissement le réveil en sursaut qu’ils avaient expérimenté durant cette nuit où ils avaient cru avoir franchi la ligne dans cette relation pleine de tendresse et d’amour qu’ils partagent. « Bref… C’que j’veux dire bro, c’est que je suis là pour toi et que peu importe ce que tu as envie de dire, j’écouterais… Et pis, si t’as pas envie de parler, j’meublerais, j’suis bonne pour ça. » La beuh la fait parler, et elle se rend compte qu’elle saoule peut-être son ami épuisé.

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But time has changed nothing at all. You're still the only one that feels like home. I've tried cutting the ropes and I let you go but you're still the only one that feels like home.
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MessageSujet: Re: You've got friend in me... [Timaisy]   Jeu 8 Déc - 13:18

Non l’obscurité broie l’âme et l’anime d’une bien triste mélodie. Ca en devient ridicule. Comment mon corps peut encore espérer fonctionner après tant d’heures passées à contempler le plafond ? S’endormir est pourtant tellement salvateur pour moi d’habitude. Depuis la petite cellule à attendre je ne savais quoi, je suis bien incapable de contrôler le flot d’images et de sensations qui se propulsent dans mon esprit. Je pourrais devenir le sujet d’une thèse de psycho à force. Le résultat de l’enquête m’intéresserait pas mal faut dire. Et puis ce désir increvable de me laisser croire que je pourrais changer quoique ce soit… Dès que l’obscurité m’entoure, je revois ces différentes scènes qui ont conduis à la mort des uns et des autres et immédiatement, j’en change d’un point, des phrases, des… n’importe quoi tant que la fin ne soit plus la même. J’aimerai avoir le pouvoir de changer quoique ce soit et bizarrement, je me rends compte que ce n’est pas mon nom sur ce putain de tirage que j’aimerai modifier mais celui de Grayson à la toute fin. Lui éviter de se retrouver dans cette arène avec le choix de vie ou de mort sur autrui et lui-même comme tout horizon. Leur éviter à tous ces fins là. Je n’ai pourtant pas se pouvoir comme je n’ai pas la sensation d’en avoir un aujourd’hui ou hier dans ce monde à la con. C’est bien ça le problème, le feu mêlé a l’absolue certitude que je suis incapable. Incapable de protéger. Incapable de changer. Incapable de faire évoluer quoique ce soit. Incapable de faire un choix réfléchit et fondé sur l’avenir que je voudrais me donner. Je sais… Je sais bien, chéri… Personne devrait avoir à vivre ce que ce monde malade t’as fait vivre. Elle me serre davantage contre elle, je bouge légèrement dans l’idée d’améliorer sa position sans grand succès j’imagine. Elle a toutefois raison, personne ne devrait vivre ça puisque la vie qui s’en suit est définitivement différente. Chacun doit ressentir différemment le réveil mais je ne saurai dire, quelque soit la forme prise, laquelle est la plus saine. Probablement pas cette aphasie que je traine avec l’impression d’être une loque humaine en attente de jenesaisquoi pour sortir de là. Lorsque sa voix se répand de nouveau dans la pièce, c’est de manière plus étranglée. A son baiser, je réponds par une pression sur ses bras autour de moi. Je ne sais pas comment elle fait pour rester ainsi avec moi alors que… ma tête se dandine pour évacuer ces souvenirs que je préférais brûler au milieu d’un feu de camp. J’sais pas c’qu’on fout à continuer à bosser pour eux, alors qu’ils nous brisent… Nous réduisent à néant avant de nous renvoyer dehors comme si de rien n’était. Ses propos trouvent écho en moi, ma main répond d’une plus forte pression à mesure que toutes les raisons de leur cracher dessus, à ces connards du gouvernement, affluent dans ma caboche. Mon cœur s’emballe et j’en oublie presque que ce que je serre si fort, c’est le bras de Maisy. Avec difficulté et effort, je lâche un grand soupire, fermant un bref instant les yeux.

Il va falloir que j’apprenne à dompter cette haine latente. Pour… Bastien… Bastien ? J’en manque une respiration, oublie totalement l’idée de respirer alors qu’elle reprend la parole avec une hésitation qui ne lui ressemble pas. Quel con. Mais quel con je suis. L’alcool ce remède pour oublier est aussi le meilleur pour délier la langue et là, pourquoi lui ai-je parlé de lui ? et quand ? Bon sang. Heureusement que ce n’est pas une activité que j’ai maintenu à l’extérieur de son appartement ou du mien. Qui sait ce qui pourrait en ressortir comme emmerde ? Bien trop j’imagine, pour changer. Au point où nous en sommes… un peu plus ou un peu moins.. Puis elle se dégage. Le frisson de sa main dans mon dos et de sa disparition soudaine me laissent une autre sensation de vide. Encore. Je n’ai jamais aimé avoir besoin de qui que ce soit, pourtant, force est de constater que Cupy est devenu un pilier. Sa voix me rassure et ça fait du bien. Ses propos, eux, m’angoissent et j’écarte bien les yeux en sentant des vaisseaux péter dans mon organisme à l’évocation de Lazlo. Son cœur… je le vois à l’extérieur de son corps. Je l’entends me répondre dans l’arène puis… bordel. Je me sens pas bien et l’envie de vomir me reprend. Ca faisait longtemps tiens. Le dégout de tout ça. Le dégout dans le miroir. Le dégout. Comment peut-elle être là, si présente, si douce avec moi alors que j’ai été incapable d’aider son ami ? D’aider celui qui m’a sauvé les fesses ? Mon petit sourire à l’évocation du monopoly a donc disparu, tout autant que le petit amusement lié à la présence de substance illicite dans son appartement. Je ne suis pas un grand adepte mais il s’avère que cela à ses bons côtés. J’attrape le joint et me fait une besoin nécessaire à ma survie d’en prendre une longue taff puis une autre. Pour la forme. Timou… Chuis tellement contente que tu sois rentré… Mes yeux dérivent sur mon amie. Les larmes s’immiscent sur ses joues avec l’intention de conquérir l’épiderme entier. Ce qui reste de mon cœur s’étiole de nouveau, je le sens rétrécir dans ma poitrine. Si on voulait l’écraser, on ne s’y prendrait pas autrement. Ma tête d’ahuri ? L’évocation devrait me faire sourire mais j’ai du mal avec ça en ce moment, n’en déplaise à Enya. Ce n’était qu’une belle grosse blague, sympa non ? Je suis en vie. Oui, il parait. Je me porte bien. Oui, il parait. Bordel, mais c’est vrai. Tout ce qu’il s’est passé était vrai. D’une certaine manière. Imperceptible pour la population, totalement compréhensible par les acteurs de cette funeste comédie. Et puis, il y a eu un mort. Personne ne le sait. Tout le monde s’en moque mais il est mort. Définitivement. Il lui a fallu un an pour s’échapper de ma conscience, pourtant je n’ai pas l’impression d’avoir assez changé, assez évolué pour subir le silence de son absence. Qu’ai-je pu dire pour que mon inconscience le fasse disparaitre ? Comme ça qui plus est ? Pourquoi t’es pas v’nu m’voir ? J’étais morte de trouille que tu répondes pas… Ch’t’ais cherché partout, t’étais ni au taf, ni chez toi, t’étais nulle part… Si je n’étais pas déjà crispé, c’est clairement le cas à présent. Le boulot, Mon frère, Lazlo, elle. Tous les meilleurs sujets ont été abordés, c’est parfait. Et bien qu’elle me laisse la possibilité de ne rien dire, me murer dans le silence, je sais qu’elle n’attend que des réponses. Je sais que, quelque part, un souffre de ce silence inconnu entre nous et même de ces secrets volontairement éloignés d’elle. Pour quelqu’un qui a longtemps recherché la vérité, je suis bien incapable d’offrir les miennes à d’autres, même aux rares personnes que j’aime. Le culte du mensonge et de l’omission …

Ma tête s’affaisse pendant que mon esprit tente de se dépatouiller sans en laisser des plumes. Je me sens une nouvelle fois noyer et c’est probablement pour ça que je me penche pour récupérer le joint. Je le sens agir doucement, trop doucement surement à moins que ce ne soit mes barrières qui soient devenues trop épaisses. Le silence s’installe. Je déteste ça. Je préfère l’entendre, elle qu’importe ce qu’elle raconte. Qu’importe les lames qu’elle fait glisser sur ma peau sans le vouloir. Mes prunelles se posent sur elle à la dérobée pendant qu’elle s’installe de nouveau sur le canapé. Je me tourne alors, me mets en tailleur et glisse une main sur sa cuisse pendant que l’autre serre son poignet. Cupy… tu t’es adroitement subtilisée à ma famille alors que je n’en voulais pas ou plus du tout. Alors que je faisais tout pour briser mon frère… et me faire croire que je méritais bien plus sa vie que lui ou inversement, je ne sais pas.. Je fronce les sourcils, où est-ce que je veux en venir déjà ? T’es comme ma sœur alors comment j’aurai pu te parler de Bastien ? T’expliquer ma haine ? mes choix ? ou encore mieux, que sans le connaitre sa mort m’a plus bouleversé que celle de mon père ? Je secoue la tête. Tu sembles tellement croire que je suis bien mieux que tous les autres … je ne voulais pas que ce regard change. Je trouvais qu’il allait bien avec l’idée que je me faisais de moi… idiot n’est-ce pas ? je ris légèrement. L’exprimer à voix haute l’est encore plus, idiot. Et dans cette arène, Lazlo…. Bastien…. Surtout Lazlo en fait, j’ai rien pu faire. J’ai essayé mais je suis… mort en même temps. J’ai failli laisser mon frère le tuer et puis tout ce qu’il a dit… Mes yeux se baissent. Pour le donner du courage, j’imagine, je prends une autre taff. C’est la vérité. L’accablante vérité. Avec tout ça, comment tu pourrais encore me voir comme avant ? J’ai même pas pu aider ton ami comme personne en fait, aujourd’hui comme hier et avant-hier.



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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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