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 « All In my head » Perséphone

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MessageSujet: « All In my head » Perséphone   Mer 9 Nov - 10:51

All in my head
ft. Perséphone & Jackson
Ca fait maintenant des nuits que je ne dors pas, que je sombre plus qu’autre chose. Mes yeux fixés au plafond, mon esprit a du mal à se débarrasser de certaines images qui me harcèlent et me hantent. Je suis pas du genre fragile mais l’expérience du Colosseum me reste en travers de la gorge et en travers de l’estomac. Mon assassinat factice a laissé des marques. Et bien que la lame du poignard qui m’a transpercé la chair se soit avérée fausse, la douleur reste bien présente. Les jours d’insomnie ont fait que je me réveille tous les matins à cran. Le travail devient de plus en plus pénible, les visages autour de moi deviennent parfois flous. Je peine à ne pas sombrer dans les bras de Morphée lorsque je suis devant mon écran d’ordinateur. Mes yeux me brûlent et sont bordés de cernes qui ne laissent pas de doutes concernant mon état de fatigue.

C’est las que j'ai quitté mon poste aujourd’hui. Pressé de rentrer, je m’active en direction de l’est de la ville. Comme à son habitude l’atmosphère est humide, lourde et étouffante. Un peu trop pour moi, je m’essouffle rapidement, m’agace lorsqu’un passant ne s’écarte pas de ma route assez vite. Je suis programmé, comme un robot. Gauche, droite, j’avance sans réfléchir, sans vraiment regarder où je vais. Je suis un mort-vivant, peut-être encore moins vifs encore que ceux qui hantent les bois et les égouts de la Nouvelle-Orléans. Et puis arrive un moment où ma vision se brouille. Je m’arrête en me disant que c’est sûrement mon corps qui me lance un signal d’alarme. Mais je sens que mes jambes ne vont pas tarder à flancher. Qu’est-ce qui se passe encore ? Je grogne intérieurement et puis plus rien.

J’ouvre les yeux, cligne des paupières plusieurs fois. Mes sourcils se froncent à mesure que le paysage se précise. Je suis allongé par terre, le visage contre un sentier bordé d’arbres et de marrais. C’est quoi cette blague encore ? Ça recommence, le cauchemar recommence. Pris de panique, je me relève d’un geste vif et tourne sur moi-même pour aviser les alentours. Mes yeux bruns scrutent les arbres, ces saules qui semblent s’apitoyer sur mon sort. Ils m’ont drogué ces enfoirés et m’ont refoutu dans l’une de leur arène à la con. Sur mes gardes, je fouille mon esprit pour tenter de me souvenir de ce qui a bien pu arriver. Cependant aucun souvenir ne me revient cette fois là. J’étais tranquillement entrain de rentrer chez moi…Est-ce que leurs méthodes ont changé ? Est-ce qu’ils nous traquent dans la rue pour mieux nous assommer maintenant ? La fatigue continue de tirer mes membres douloureux. Heureusement dans mon malheur, une lueur d’espoir apparaît au bout du chemin. Lueur qui se traduit par une femme blonde à la silhouette élancée. Voilà ma première compagne d’infortune. Elle semble si loin que la perspective de la rejoindre m’épuise déjà. Pourtant j’ai la drôle impression d’être observé alors je me décide à réduire à 0 la distance qui me sépare d’elle.  Une fois arrivé à hauteur, je tente de calmer l’angoisse qui déforme déjà les traits de mon visage fatigué.

« Tu en as vu d’autres ? J’en reviens pas qu’ils nous aient refoutu dans une arène. Ces pervers n’en auront jamais assez. »

Je m’agace et relève le regard à la recherche d’une caméra ou peut-être d’un indice. J’appréhende, les obstacles ne vont pas tarder à se mettre en marche mais cette fois je ne me laisserais pas berner. L’enfer va s’éveiller, une fois de plus. Est-ce que je pourrais un jour être tranquille bordel de merde ? Le Gouvernement n’a pas bientôt fini de maltraiter ses propres employés pour amuser la galerie ? C’est que j’ai du boulot à finir et une vengeance à assouvir, et avec ce genre de conneries à répétition, mon objectif ne sera jamais atteint. Je soupire et plonge mon regard dans les yeux clairs de la jeune femme. Elle m’est totalement inconnue d’ailleurs. « Moi c’est Jackson. » je lance quelques regards inquiets autour de nous sans me rendre compte que je suis en pleins délire…


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MessageSujet: Re: « All In my head » Perséphone   Ven 18 Nov - 22:58


Jackson&Perséphone
 




Un fantôme. Une coquille vide. J'étais encore trop sonnée. L'arène, Seraphina. Ca avait été bien trop pour moi. Ca avait été comme si tout s'effondrait en même temps. Et pour n'entrainer personne dans ma chute, je m'étais éloignée de tous. Peut-être la dernière chose qu'avait fait l'ancienne moi avant de s'évanouir.

Le travail d'aujourd'hui avait été mécanique. J'avais tronçonné un corps avec autant d'humanité et de douceur qu'une table de salon. Tant pis, ça m'était égal, ce n'était qu'une autre drôle de journée que j'avais laissé derrière moi en quittant le Gouvernement.
J'avançais sans trop réfléchir. Je ne savais pas trop où j'allais. Il me semblait qu'à un moment pour rentrer chez moi j'aurais du tourner à gauche mais allez savoir pourquoi, mes pas avaient refusé de coopérer et j'avais continué mon chemin en allant droit devant moi, comme bornée par des frontières invisibles montées par mon propre esprit.
Puis soudain, immergée dans le brouillard de mes pensées, incapable de distinguer où j'étais, je vis apparaître un homme inconnu dans mon champ de vision... Voir plutôt dans mon champ personnel, celui qui était sensé représenter la limite normale qu'une personne lambda ne devrait pas franchir quand elle croisait une autre personne sur un large chemin vide de monde... Et quel large chemin qui se présentait là ! L'autre présence humaine m'avait soudain fait sortir de ma torpeur et je me retrouvais soudain comme violemment projetée dans les marécages. Je savais où j'étais, Alligator Bend. Je connaissais l'endroit, ce n'était pas si loin de chez moi, je pouvais encore faire demi-tour, rentrer à l'appartement que les ouvriers de ma sœur venaient de finir, jeter mes vêtements inutiles dans l'entrée puis aller me noyer dans mes couvertures trop épaisses... Non mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour que je m'enfonce si loin dans la Nouvelle-Orléans ? Ou dans mes pensées...
Quoi qu'il en soit, il fallait maintenant que je concentre mes forces pour me focaliser sur l'homme qui allait fatalement m'adresser la parole. Ca se voyait. Ca crevait les yeux.
Hum... Les témoins de Jéhovah c'était pas par deux normalement ?

« Tu en as vu d’autres ? J’en reviens pas qu’ils nous aient refoutu dans une arène. Ces pervers n’en auront jamais assez. »

Il donnait l'impression d'être quelque peu paniqué. Je le savais, il avait le même air qu'une musaraigne au fond d'une cage... Ou que certains de mes cobayes lorsqu'ils réalisaient qu'ils ne feraient pas parti de ceux que je laisserais retourner à l'air libre une fois que j'en aurais fini avec eux...
Ceci dit, aux mots de l'homme visiblement torturé, mes yeux s’écarquillèrent l'espace d'un instant. Une arène. Nous n'étions pas dans une arène, je l'aurais remarqué ! Je m'en serais aperçue tout de même ! Ce n'était pas comme si on pouvait juste me téléporter sans que je m'en rende compte... Si ? Non...

- Nous ne sommes pas dans... Pourquoi croyez vous que nous sommes dans une arène ? Qu'est-ce qui...

Et pourtant je n'étais sûre de rien, parce que je m'étais perdue à un moment, je m'étais laissée engloutir par mes pensées en oubliant le monde qui m'entourait... Etait-il possible que je sois rentrée dans la gueule du loup de mon propre chef ? Je voulais croire que non, je voulais penser que ça ne pouvait pas être possible. A moins qu'ils aient appris pour la Falciferae. A moins que cette fois-ci ce soient les vrais jeux meurtriers et non cette mascarade qu'ils avaient joué pendant des semaines. Et qu'à présent ils avaient décider de mettre en œuvre leurs menaces contre ceux qui s'étaient joués d'eux. Et lui, cet homme, que pouvait-il avoir faire pour mériter les foudres du Gouvernement ?

« Moi c’est Jackson. »


J'étais brisée, j'étais fragilisée et sa folie m'atteignait donc avec autant plus de force.
Par réflexe, je tendis une mains vers l'homme.

- Perséphone.

Je l'avais dit. C'était revenu aussi naturellement que si ça avait encore mon prénom pendant les quelques six dernières années. Et quelque part ça avait été le cas, quelque part je ne m'étais jamais perdue...
En revanche en ce qui concernait notre localisation géographique plus précise, c'était autre chose... Jamais je n'avais été prise de l'envie folle de m'aventurer parmi les alligators alors reconnaître l'endroit était une chose, connaître le chemin en était une autre.

- On pourrait peut-être commencer par essayer de sortir d'ici non ? Ca ne coûte rien. Je suis venue par là n'est-ce pas ?

J'indiquai la direction par laquelle je croyais me souvenir d'être venue. Mais à vrai dire tout se ressemblait ici. On aurait dit un gigantesque labyrinthe et j'aurais plus volontiers été coincée avec un lapin blanc qu'avec des sortes de crocos affamés.

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Dernière édition par Persephone D. Wilson le Jeu 29 Déc - 19:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « All In my head » Perséphone   Lun 28 Nov - 13:16

All in my head
ft. Perséphone & Jackson
La première chose qui me rassure est que déjà, la jeune femme qui se trouve en face de moi a l’air perturbé. En me perdant un instant dans son regard je doute et puis ses mots m’enfoncent un peu plus dans mon incertitude. Et finalement, son hésitation refait surgir mes craintes. Pourquoi est-ce que je crois qu’on est dans une arène ? Et ben parce que je sais pas comment je me suis retrouvé ici et que ça ne fait pas si longtemps qu’ils m’ont fait ce coup là. Je passe une main contre ma nuque et inspire longuement pour donner une réponse concrète.

« On m’a fait le coup y’a pas si longtemps. On arrive quelque part sans savoir comment et puis après, un monstre sort d’un coin sombre pour venir nous écarteler. »

Je frissonne en revoyant l’image de Sigrid coincée dans la boue avant de se faire attraper par le poulpe géant. Et puis les souvenirs de ma mort fictive. Les cicatrices que j’en garde n’ont rien de factices et me ramènent dans cet enfer bien plus souvent que je ne le voudrais. La main que me tend la jeune femme après s’être présentée me fait revenir à l’instant présent. Malgré la situation, je lui adresse un bref sourire après l’avoir saluée. Perséphone sera donc ma compagne d’infortune si j’en crois les circonstances. Je n’ai pas le temps de dire quoique ce soit que la jeune femme propose de sortir de là. Excellente idée. Mais quand mon regard s’égard dans la direction qu’elle indique, je deviens livide. Oui elle est bien arrivée par ici, mais malheureusement, ce n’est pas par là qu’on pourra repartir.

D’entre la végétation humide sont sortis deux monstres. Deux alligators qui nous barrent la route. Heureusement pour nous, ces bêtes là ne sont pas du genre très rapide et n’ont pas l’air d’humeur à venir nous chercher. Néanmoins, cela n’empêche qu’il est impossible de rebrousser chemin.

« Je pense qu’on peut oublier l’idée, ils ont déjà commencé à lâcher leurs bestioles…»

Je tourne sur moi-même histoire d’envisager un autre chemin. Les possibilités sont multiples et plus le temps file, plus j’ai l’étrange sensation que nous sommes observés. Si cet endroit regorge de bêtes en tout genre, le meilleur moyen d’y échapper reste encore de changer de position.

« Je pense qu’il faut pas qu’on reste là, viens on va avancer par là-bas on verra bien. »

J’indique une direction aléatoire du bout de mon index. Le problème c’est que la nuit commence à tomber. Le soleil décline peu à peu laissant une coulée orange magnifique derrière lui. Mais bientôt le ciel laissera place aux ténèbres et on ne peut pas dire que le coin soit particulièrement éclairé. L'endroit est carrément désert. Je soupire, ferme les yeux et serre mes poings pour garder mon calme. Si je laisse la panique m’envahir je ne donne pas cher de ma peau. Sans attendre une réelle réponse de Perséphone, je m’engage sur le sentier marécageux bordés d’arbres dont l'allure rappelle des monstres aux doigts crochus. Pas complètement égoïste, je me retourne pour voir si la blonde m’a suivi, mais dans mon inattention, je ne remarque pas le creux sur ma route. Ma jambe droite sur enfonce, je suis coincé jusqu’au niveau du genou. Je râle. Il faut croire que j’ai le chic pour constamment finir couvert de boue. Voilà ce qui arrive lorsqu’on se retrouve souvent à errer dans des bayous douteux infestés d’alligators. Cette pensée me vient lorsque j’entends un bruit derrière un arbre. Nous sommes bel et bien observés, je ne suis pas fou. Pas encore. Les pièges de l’arène commencent à se refermer. On va encore crever ici ou devoir échapper aux pires horreurs. « Perséphone attention il y en a d’autres. » finis-je par dire sans pour autant crier, histoire de ne pas ameuter toutes les bestioles du coin. Je tente d’extirper ma jambe de la boue, priant pour ne pas me faire déchiqueter par une mâchoire acérée.



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MessageSujet: Re: « All In my head » Perséphone   Ven 30 Déc - 12:04



Jackson&Perséphone
 




L'homme avait l'air sûr de lui... Tellement sûr... Et moi je l'étais si peu. Alors il devait avoir raison : nous étions dans une arène et j'allais finir par mourir. Soit, je l'étais déjà une fois, j'espérais que cette fois ce serait définitif. Avant je ne m'étais jamais posé la question. Etais-je prête à mourir ? Avant la première fois je n'y avais jamais songé. Je n'avais pas de raison d'y penser. J'étais heureuse, en bonne santé, je vivais dans un pays sûr, entourée de ceux que j'aimais et qui m'aimaient en retour... C'était tout du moins ce que je croyais... A quel point m'étais-je donc trompée ? Au point de mourir, oui, effectivement. Et maintenant je n'aspirais qu'à une mort rapide pour rejoindre le néant et cesser définitivement d'exister. Que me restait-il de toute manière ? Les membres de ma famille avaient quasiment tous été tués, l'homme de ma vie ne pouvait plus m'aimer et il ne restait alors quasiment plus que des relations instables basées sur la haine et le profit...

« On m’a fait le coup y’a pas si longtemps. On arrive quelque part sans savoir comment et puis après, un monstre sort d’un coin sombre pour venir nous écarteler. »


J'essayais de me souvenir de ce que j'avais vu à la télé. Des épreuves dans la glace, dans le feu du désert... Des créatures terribles, des morts en masse et de la souffrance... Tant de souffrance. Et moi j'avais apprécié le spectacle. Me nourrissant d'une horreur, d'une douleur qui n'était pas la mienne...
Et lui, m'en souvenais-je ? Les marécages peut-être... Tiens, maintenant il me disait quelque chose ! Comme ça, planté dans le même décor, peut-être juste un peu moins lugubre... Et s'il n'était jamais sorti de cette arène ? Pourtant j'avais bien vu les interview alors quoi ? Sorti puis directement rejeté en Enfer ? Ce n'était pas impossible...

Alors que j'évoquai l'hypothèse de sortir par là où j'étais arrivée, mes yeux tombèrent assurément en même temps que ceux de l'homme sur deux silhouettes énormes de bêtes rampant au sol.

« Je pense qu’on peut oublier l’idée, ils ont déjà commencé à lâcher leurs bestioles…»


J’acquiesçai vivement. Effectivement, je n'étais plus si partante non plus de suivre mon idée. Pourtant une chose me surprenait : de tout ce que j'avais vu dans l'arène, c'étaient là les créature les plus paisibles qu'on nous proposait. Certes, c'étaient des alligators énormes et leur mâchoires nous briseraient assurément les os... Mais pour ça il faudrait certainement que nous allons directement déposer un de nos-dits os dans leur gueules car ils ne semblaient pas franchement disposés à faire le trajet...

« Je pense qu’il faut pas qu’on reste là, viens on va avancer par là-bas on verra bien. »


Quoi qu'il en soit, il avait raison, nous ne pouvions pas rester ici. J'étais d'accord pour mourir vite... Et même dans d’atroces souffrances s'il fallait. Mais certainement pas à mourir d'ennui.

-Vous savez, ils ne m'avaient vraiment pas l'air agressifs comparé aux choses qu'envoie généralement le Gouvernement... Je peux me tromper mais à moins que ce soit un piège plus grand encore qui nous attend à quelques pas, ils m'avaient l'air d'alligators tout ce qu'il y a de plus normaux...

J'avais du mal à suivre l'homme dans les décors marécageux qui s'assombrissaient à mesure que le soleil disparaissait et avec la profusion de roseaux qui nous entourait.
Quasi automatiquement je lançai un regard à gauche, où le soleil se couchait. Nous étions tout à l'Est de la Nouvelle-Orléans, si nous voulions nous en sortir, nous devions suivre le chemin du soleil, c'était logique ! Et j'allais proposer mon idée quand un mouvement vers l'avant du charmant brun me fit m'arrêter. Il venait de se coincer la jambe dans de la boue.

« Perséphone attention il y en a d’autres. »

A ses paroles, je me retournai un instant. Le feuillage ne cessait de remuer à quelques pas juste derrière nous. C'était peut-être un alligator, c'était peut-être une autre personne ou juste le vent qui soufflait à cet endroit précis dans les branches ? On pouvait toujours espérer...
Mon premier réflexe fut de vouloir partir, suivre mon instinct et m'en aller vers le soleil couchant avant de perdre mon dernier repère et pouvoir enfin retrouver mon lit bien chaud... Pourtant, avant même que j'ai le temps de réfléchir davantage, je me retrouvais les pieds bien campés dans le sol et une main à nouveau tendue vers l'homme. Il fallait que je sorte de là. Je ne pouvais pas me retrouver seule. Et chez moi, rien ne m'attendait. Il suffisait que nous prenions le chemin derrière moi juste après qu'il soit sorti d'ici et tout irait bien.

- Accrochez vous à moi !

Un regard rapide vers la source de bruit inquiétante me laissa entrapercevoir le début d'une mâchoire énorme.

- Dépêchez vous si vous ne voulez pas finir en sandwich.

De ma main libre je tentais d'attraper le tronc d'un arbre assez frêle... Il semblait que nous allions devoir faire sans. Mais l'homme était peu enfoncé pour le moment, j'avais espoir que la dernière chose que je verrais ne serait pas une rangée de dents acérées se refermant sur mon visage...


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MessageSujet: Re: « All In my head » Perséphone   Lun 2 Jan - 10:23

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La jeune femme me suit, ce qui est plutôt bon signe je suppose. Pourtant elle remet en cause l’agressivité des monstres. Ouais ben, peut-être qu’elle a raison, mais je préfère quand même rester loin de ces bestioles. Je suis certain qu’elles ne refuseraient pas un bon repas comme nous. Malheureusement pour moi, dans une malchance qui me colle à la peau depuis des semaines, je me coince la jambe dans un trou boueux. Râler ne sert à rien et c’est là que je me dis que j’ai de la chance d’être tombé sur la jeune femme. Car la situation se complique quand d’autres alligators pointent leur nez. Et que Perséphone ne fuit pas, bien au contraire, la jeune femme me tend la main histoire de m’aider. Je la regarde d’abord avec des yeux ronds puis me décide à attraper l’aide qu’elle me tend. Dans un sens Perséphone n’a pas tord. Ces pièges ont plutôt l’air gentillets comparés au poulpe géant que les timbrés du Gouvernement nous ont envoyé. Mais dans mes souvenirs il y avait aussi des alligators et peut-être n’était-ce qu’un avant-goût, une simple mise en bouche. Quoiqu’il en soit je suis loin d’être en état d’élaborer quelconque théorie. Grâce à la jeune femme je parviens à m’extirper assez rapidement de mon piège. La jambe engourdie, je ne remarque pas tout de suite que ma cheville me lance. Manquait plus que ça, une entorse. Je râle mais pas le temps de s’apitoyer qu’un alligator sort de l’ombre.

« Heureusement que ces bestioles ne vont pas vite, sinon on serait foutus ! »

La nuit domine presque les environs, la luminosité faiblarde nous empêche d’y voir correctement. Pourtant sur les possibilités de fuite, un seul chemin reste plausible. En espérant que cette fois les bêtes sauvages ne viennent pass nous barrer la route. Tout ce qui m’importe pour l’instant est de m’éloigner du danger. En attendant que d’autres pièges soient activés car j’en suis sûr, ce n’est que le début.  « Allons-y ! » sans perdre une seconde de plus, je me lance vers le chemin qui s’avère être le seul praticable. Mes sensations revenues, je grimace en sentant une douleur me lancer dans ma cheville blessée. Je serre les dents et avance en boitant légèrement. Il y a sérieusement de quoi devenir fou dans un système pareil. Dans une ville où tout peut arriver et dans laquelle le danger rôde. La preuve, quelques heures plus tôt j’étais tranquillement assis dans mon bureau et voilà que je me retrouve en compagnie d’une inconnue –très jolie certes- poursuivie d’alligators.

A mesure que nous avançons, le silence revient apaiser les alentours. Il semble que les bêtes sont retournées dans leur eau marécageuse. Je soupire et stoppe ma marche pour faire face à Perséphone. « Merci de m’avoir sorti d’là. Y’en a sûrement qui auraient fuit. » au loin un halo de lumière immense attire mon attention. Et puis je trouve ça étrange que la nuit soit tombée, c’est une nouveauté ? «  Dis-moi tu sais d’où vient cette lumière ? Je me sens pas très bien, j’y comprends rien. » mes sourcils se froncent. Une puissante migraine s’empare de mon crâne. J’y vois presque trouble. Décidément, la jeune femme va réellement finir par fuir. J’ai conscience d’avoir l’air d’un fou parfois. J’ouvre de grands yeux. Mon accident a laissé certaines traces en plus de l’aquaphobie. Resté dans le coma deux ans ne m’a pas aidé non plus. Mais quand on me voit comme ça, on ne peut pas deviner, forcément. Je me concentre pour faire comme si de rien était. Comme si je n’étais pas en pleine crise, comme si j’étais bel et bien dans une arène et que les lumières au loin n’étaient pas celles de la ville dont la vie nocturne commence. Comme si je ne m’étais pas tout simplement perdu pour atterrir ici…


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