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 Faceless strangers without names |Rafael|

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↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
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Innocence ~ Tarja
Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
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MessageSujet: Faceless strangers without names |Rafael|   Dim 13 Nov - 14:57


Faceless strangers without names
What about us, isn't it enough? No we're not in paradise. This is who we are, this is what we've got. No, it's not our paradise. But it's all we want, and it's all that we're fighting for, though it's not paradise ••• Les flammes l'enveloppèrent, se développèrent telles une cage autour de lui. La chaleur parvenait presque à transpercer sa combinaison, pourtant créée pour y résister. Bordel, cet incendie était clairement l'un des plus puissants auquel il avait eu à faire face ces dernières années. Ses yeux tentaient de percer la fumée noirâtre qui s'étendait devant lui. Le casque l'empêchait de respirer le nuage toxique mais il entravait par la même occasion sa vision. Ce qui était pour lui déplaire aujourd'hui. Car chaque seconde qui s'écoulait était une chance de moins de retrouver l'enfant en vie. Puisque oui, les incendies arrivaient rarement chez les dirigeants, protégés par les dernières normes, mais plutôt au coeur même de la population. Et Orfeo avait beau balancé le contraire à longueur de journées, voir et laisser les gens mourir devant lui était une torture. Surtout lorsqu'il s'agissait d'innocents. Les enfants étaient victimes sur tous les points. De tous les côtés. Etrangement, l'homme avait autant de mal avec le Gouvernement qu'avec la résistance et les mafias. Tout en plongeant directement dans cette deuxième partie. C'était le problème quand on souhaite se battre contre un système. C'est qu'à un moment ou à un autre, il faut renier une partie de ses valeurs pendant un temps. De toute façon, il n'était même plus sûr qu'il faisait tout ça pour lui. Son frère n'était jamais trop étranger à ses décisions...

Quelques pleurs lui parvinrent. La pièce sur sa droite. Il se déplaça le plus souplement possible, cherchant les meilleurs appuis sur la carcasse en bois prête à s'écrouler. Pour se retrouver face à une porte bloquée. Il pesta, jeta un coup d'oeil derrière lui et constata l'avancée du feu. Le moment n'était clairement plus à la réflexion et il enfonça la porte d'un coup d'épaule. Son regard balaya la nouvelle pièce et accrocha la silhouette recroquevillée sur le sol, sanglotante. Il s'approcha, la prit dans ses bras et souleva le poids plume. Elle tendit le bras en direction du sol. Vers une peluche déjà à moitié détruite. Orfeo la recupéra, la lui fourra dans les bras et entreprit de sortir de ce four. L'enfant n'était pas blessé et il s'appliquait à soigner les petites brûlures qu'il voyait. Certes, ses pouvoirs étaient loin d'être puissant mais il espérait qu'ils étaient nécessaires pour soulager quelque peu la douleur. Le parquet supporta ce poids nouveau, à son grand soulagement, et il put retrouver la sortie sans encontre. Et donner l'enfant aux ambulanciers et médecins qui allaient certainement mieux s'occuper d'elle que lui. C'était leur boulot après tout.

Sauf que cela ne s'arrêtait pas là. Maintenant, il y avait un feu à éteindre. Parce qu'on était à la Nouvelle-Orléans, avec son soleil et sa chaleur permanente. Si tout cela s'était déroulé à New-York... Le feu n'aurait jamais pris. Ici, les flammes léchaient le bâtiment et s'élevaient dans le ciel. Le quartier avait été évacué sur plusieurs patés de maison et ses collègues et lui essayaient désespérément de contenir l'incendie. Un peu en vain, dans un premier temps. C'était se battre contre la nature. Une bataille impossible. Sauf si on y ajoutait une bonne dose de persévérance. Les heures s'écoulaient et, finalement, à la lueur du soleil, le bâtiment retrouva son squelette. Les cendres ne fumaient plus, aucun départ de feu n'était à prévoir. Enfin la délivrance après une nuit passée à combattre en feu particulièrement virulent. A croire qu'il avait été voulu. Enfin, ne nous avançons pas trop là-dessus. Dans tous les cas, même s'il avait été criminel, personne n'aurait réellemet cherché qui aurait bien pu faire ça. Seule une famille avait été touchée, sans lien apparent avec les dirigeants, à quoi bon alors... ?

Le retour à la caserne se fit dans le silence, tous étant en train de penser à la nuit de sommeil qu'ils allaient faire en décalé. Orfeo y resta plus longtemps quant à lui, n'ayant personne pour l'obliger à rentrer et surtout, sa garde continuait jusqu'à midi. Cependant, il se prit une dizaine de minutes pour se prendre une douche et retirer la transpiration et les cendres qui lui collaient à la peau. Etrangement, ce petit répit lui permit de se rappeler que son souvenir le plus intense de sa... Vie antérieur fut le bûcher. Et la douleur, les flammes se rapprochant presque trop lentemment. La chaleur s'infiltrant sous la peau, la décollant. Les regards rivés sur lui, animal de foire qu'il était. Le manque d'empathie. La compréhension au point mort aussi. Pourquoi lui ? Pourquoi cette mort ? Pourquoi ? Sa main s'enfonça dans le mur de la douche, pour contrecarrer les pensées qui s'infiltaient en lui, pourrissant un peu plus son coeur. Au moins, la douleur, bien que succincte, l'ancra dans le présent. La douche en fut légèrement écourtée. Mieux valait qu'il évite de rester seul s'il devait s'abîmer pour ne pas divaguer. Surtout qu'il avait réellement choisi le meilleur métier compte tenu de son passé.

Le sorcier se laissa tomber dans le canapé de la salle de repos, son verre d'eau à la main. Puisque la caserne restait liée au Gouvernement, il n'était donc pas bien vu d'y consommer quoi que ce soit d'interdit par celui-ci. Ce qui était logique et compréhensiblen, les chefs tenant à leur siège. Orfeo posa ses pieds sur la table basse et laissa sa tête basculer sur le dossier, rivant ses yeux au plafond. Quelques minutes ou quelques heures de répit. Voilà qui lui ferait le plus grand bien. Même si c'était beaucoup trop beau pour être vrai. Un raffut pas possible parvint à ses oreilles, bientôt suivi de quelques éclats de voix. Il haussa un sourcil, hésita quelques secondes. Etait-il nécessaire de s'en mêler ? Parce que se connaissant, il allait juste se mettre un peu plus dans la merde. Et attirer l'attention n'était pas le meilleur à faire dans sa situation. Surtout avec la mafia. Ce serait du suicide qu'on commence à le soupçonner d'une quelconque trahison. Et si son frère s'en mêlait... Mieux valait ne pas y penser, vu leur dernière discussion.

La porte derrière lui s'ouvrit brusquement et un homme se glissa devant lui, bien propre sur lui. Un peu trop propre sur lui. Et Orfeo ne le connaissait ni d'Eve, ni d'Adam. Son deuxième sourcil rejoint le premier. Un membre du Gouvernement ? En tout cas, c'était la première chose qui lui était passée par l'esprit. Avait-il parlé trop vite ? Certainement. Voilà qui était fort embêtant. Il pinça les lèvres, adoptant son sourire le plus naturel et sa posture la plus innocente. Toutes ses interventions acerbes seraient à mettre sur le compte de la fatigue bien sûr. Maintenant... La raison de la venue. Orfeo écouta dans un silence religieux, se contentant d'écarquiller les yeux à quelques mentions. Sur les dix minutes que l'explication a duré, il avait retenu à peu près ça : " Je suis envoyé par Monsieur Morienval pour vous prévenir que vous êtes suspectés de vous être introduit sur un site d'entraînement de l'armée. ". Et après, le reste était passé à la trappe. Parce qu'il venait d'apprendre que son frère n'avait même pas jugé bon de bouger son cul pour lui en parler. Qu'il avait envoyé un émissaire pour lui annoncer la nouvelle. Maintenant, il hésitait réellement entre hurler et frapper le pauvre homme ou rester calme et zen. Et la seconde option fut choisie, puisque de toute évidence, son intercuteur n'y était pour rien. Il finit par lui adresser un sourire fatigué, et le remercia de sa venue. Bordel.

Les dernières heures avant son repos furent clairement stressantes. Parce qu'il y avait des dizaines de questions qui se bousculaient dans sa tête. Il avait cru pouvoir échapper à une quelconque enquête en mettant en avant un appel de détresse reçu et son boulot de sapeur-pompier, toujours là pour aider. Néanmoins, il allait faire face à son frère maintenant. Jouer ce numéro serait nettement plus compliqué, lui qui le connaissait si bien. Et même s'il avait toujours été quelqu'un d'altruiste, ses relations avec Rafael étaient quelque peu... Tendues. Entre cette envie de retrouver leur lien passé et celle de le secouer et de lui rappeler qu'il vivait sa propre vie à présent. On ne peut renier les liens du sang si facilement... Enfin, dès que l'horloge sonna, il se précipita sur la porte de la caserne et traversa la ville au pas de course pour aller voir son frère. Dans les immeubles gouvernementaux. Même si ce n'était peut-être pas la meilleure des idées que de se jeter dans la gueule du loup. Mais s'il voulait des réponses, quelles qu'elles soient, il lui faudrait mettre de côté cette fierté qu'il se vantait d'avoir. Celle qu'il essayait de se construire en même temps que son image de connard. Il se pointa devant les grilles, protégées par plusieurs gardes. Super. Il en aborda un, avec la voix qu'il voulait la plus neutre au monde :

" Je voudrais voir Rafael Morienval. "

Il passa outre les quelques ricanements que cela put produire. Dans tous les cas, son visage était des plus sérieux et c'est ce qui dut faire pencher la balance de son côté. Ca et le fait qu'il n'avait absolument aucune arme ou explosif sur lui. Et que ça se voyait. Il ne représentait pas une menace directe. Et dans tous les cas, les gardes étaient beaucoup plus réactifs que lui donc... Il était suicidaire, certes, mais pas à ce point. Maintenant, il attendait juste. Si Rafael avait été prévenu, il le verrait bien. Bon, il y avait une grande chance pour qu'il l'envoie paître avec de magnifiques mots. Mais qui ne tente rien n'a rien. Et Orfeo tentait beaucoup le Diable ces derniers temps... Ses yeux se posèrent sur les immeubles du Gouvernement. Seule sa respiration, légèrement nerveuse, brisait le silence qui s'était installé depuis sa demande. Et le temps qui défilait. Jusqu'à ce que quelques mots glissent de ses lèvres :

" Rafaele, so que sei qua, alora scendi della tua torra dorata e vieni a vedermi... " *

L'emploi de l'italien avait été le plus naturel à cette seconde précise, tandis que ses yeux s'attardaient sur les fenêtres des bâtiments. Peut-être que son frère n'y était tout simplement pas. Mais que personne ne jugeait bon de le lui dire. Sauf que son instinct lui hurlait le contraire. Alors, il continuerait d'attendre. Même si sa patience avait des limites. Combien de temps accepterait-il ce silence ? Cette attente ? Quelques minutes, quelques heures ? Avant qu'il n'applique l'idée que son esprit lui avait soufflé. A savoir s'en prendre à un des gardes. Provoquer, en espérant faire sortir Rafael de son antre. Une idée à double tranchant. Mais qu'il prendrait la peine de mettre en place s'il le fallait.


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* " Rafael, je sais que tu es là, alors descends un peu de ta tour dorée et viens me voir... "
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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Dim 13 Nov - 22:50

Des larmes brûlent mes rétines, je résiste au besoin de les chasser, je résiste à l’envie de les faire disparaître. Je résiste, même, à la tentation de fermer les yeux et de remettre devant mes pupilles à la sensibilité douloureuse des verres complètement opaques. Droit comme un i, bien au contraire, raide et impassible, je fais face à la ville qui s’étire en contrebas, je contemple ce que le loup considère à tort comme son domaine et les minuscules vies qui tentent de survivre dans une société corrompue par le surnaturel, l’ambition, l’immoralité et l’immortalité. Et je fais partie de cette corruption, je la charrie sous toutes ses formes dans mes veines et dans cette colère qui broie mes tripes, embrase mon être et consume tout ce qui pouvait rester de l’humain. Un bruit dans mon dos, il me suffit d’un regard dans la baie vitrée pour observer le reflet de mon nouveau secrétaire qui pose avec prudence et discrétion de nouveaux dossiers sur mon bureau. Et s’attarde dans la pièce, visiblement hésitant quant à la conduite à tenir. Dans un soupir, je passe un index sur mes paupières pour enfin annihiler toute trace résiduelle de cette faiblesse passagère que je m’impose en m’obligeant à me confronter à une lumière vive pour rééduquer ma vision bien trop longtemps malmenée. Dans un même mouvement, j’occulte de mon champ de vision forme et couleur, luminosité et ombre, je repasse dans le noir le plus complet dans un soupir imperceptible de soulagement. Aussitôt, mes autres sens prennent le pas. Aussitôt, mon ouïe semble gagner en acuité, aussitôt des odeurs et des textures s’imposent et prennent le dessus sur le reste. Mon secrétaire est toujours devant, raide comme un piquet, immobile. J’ignore s’il est paralysé ou simplement patient, je fais un pas en avant dans sa direction, sans que mes verres teintés ne le quittent du regard. « Vous avez quelque chose à me dire, Maximilian ? » Un murmure soufflé chargé de menace. Je lui accorde de mon temps, il n’a pas à le gaspiller en paroles vaines et en interventions vides de tout sens. J’entends son souffle se couper, sa gorge s’éclaircir dans une toux qu’il aurait souhaitée plus discrète, assurément, et ses mains glisser sur les feuillets qu’il tient toujours, comme pour s’assurer de leur tangibilité.

« Vous aviez demandé à être tenu au courant pour le dossier Renzacci, monsieur. » J’attends une poignée de secondes qu’il poursuive, peu enclin à user de salive pour énoncer ce dont il est déjà au courant. Bien évidemment que j’aie demandé à être tenu au courant, je garde un œil sur Orfeo comme je le peux depuis que j’ai eu les pleins pouvoirs sur les Services Secrets. Fou aurais-je été si je n’avais pas exploité tous les outils et sources d’informations mis à ma disposition pour mon propre usage. Le silence s’étire, prend ses aises, j’ai les bras croisés et une posture qui clame l’attente. Finalement, d’une voix tremblante, il finit par tenter un courageux « Et… et… » Ma voix claque, dans un soupir agacé, je romps mon immobilité en marchant d’un pas vif en direction de mon bureau que je retrouve du bout des doigts au bout d’un nombre de pas tout calculé. « Et bien, je ne vous paye pas au nombre de mots, inutile de tous les répéter un nombre incalculable de fois. Le message a-t-il été délivré ? » Il inarticule quelques syllabes incompréhensibles avant de s’interrompre et d’inspirer à plein poumon. « Oui monsieur. Et… » Je l’entends se couper à l’instant où il allait répéter ce et chargé de dissiper son malaise. « Il est en bas du bâtiment, monsieur. Il a explicitement demandé à vous voir. » Un sourire amusé s’étire aussitôt sur mes lèvres. Le petit Orfeo n’a donc pas changé autant qu’il a tenté de me le faire croire aux premières heures. Il n’y a guère que sa naïveté qui puisse rivaliser avec son intelligence particulièrement limitée. « Monsieur ? » J’enlève mes lunettes pour fixer mes pupilles bien trop claires sur le jeune politicien qui a eu le malheur de m’assister. « Ne le faites pas monter, ignorez le, il finira bien par s’impatienter. » Il s’incline et fait un pas en arrière en me tendant les derniers rapports qui subsistaient entre ses mains, ceux rédigés par mes hommes envoyés s’occuper de mon frère pour le mettre en garde contre sa curiosité malvenue.

Mes doigts parcourent les pages rédigées en braille pendant que mes yeux redécouvrent ce système d’écriture. Et m’en parasitent la compréhension, sans que je n’y puisse faire quoique ce soit. Mes pensées, de toute manière, voltigent sans cesse en direction de l’individu qui patiente désormais depuis plus deux heures. J’ai toujours eu à cœur d’avoir un comportement de précepteur et d’éducateur avec mon petit frère, il n’y a pas de raisons pour que cela change, même sept cent soixante ans plus tard. Et la leçon du jour porte sur la patience, et sur le respect que toute personne doit avoir pour ses supérieurs. D’un mouvement assuré, je rature un compte rendu, rectifie en clair de cette écriture incisive que j’ai toujours eue les lignes maladroites, m’attardent sur une nouvelle autorisation et un énième compte-rendu de surveillance avant d’apposer, pour ce dernier, une signature qui révèle non seulement mes initiales mais qui me forcent à délier un Morienval à l’existence controversée. Morienval, Renzacci, les deux identités me semblent désormais aussi factices l’une que l’autre, la première représentant ce besoin viscéral que j’ai toujours eu de me redéfinir sans l’ombre oppressante de mon aïeul, la seconde tout cet héritage auquel j’ai tourné le dos mais qui me rattrape désormais de la manière la plus violente que l’on puisse imaginer. Un grincement, mon secrétaire pose pour la seconde fois un pied dans mon bureau. « Il est toujours là, monsieur. Et il a, semble-t-il agressé brutalement un garde. J’ai transmis vos instructions, ils le gardent dans une salle d’interrogatoire mais ne l’ont pas blessé. Souhaitez-vous que… » Je le coupe d’une voix sèche, sans prendre la tête de relever la tête de mes papiers. « Merci. Faites leur savoir que je vais m’entretenir avec lui. Vous remercierez les gardes de ma part et ferez parvenir un petit quelque chose à celui qui a subi l’agression. Vous trouverez quoi. Et qu’on le fasse transférer dans l’une des salles de réunion. »

Je laisse le temps filer encore une bonne heure avant d’emprunter l’ascenseur en direction des salles de réunion, quelques étages en contrebas, sans me presser outre mesure. Lorsque j’arrive à destination, je congédie sans y penser ceux restés pour assurer la sécurité, observe un instant mon frère à travers l’une des vitres qui dévoilent l’intérieur de la pièce. Je prends le temps de réajuster ma chemise, d’en tirer proprement les manches et de me délester de ma veste, avant de faire signe pour que l’on m’ouvre la porte. « Orfeo. » C’est un constat. Son nom se teinte de notre langue maternelle, cet italien du treizième siècle aux consonances chaleureuses. La porte se ferme derrière moi, mes doigts glissent sur le dossier de l’un des fauteuils qui entourent une table centrale. « Tu souhaitais me voir ? Qu’y a-t-il de si pressé ? » Ma voix se traîne et s’impose, sans que je n’aie besoin d’hausser le ton. « Il me semblait que nous avions été plus ou moins clairs l’un envers l’autre la dernière fois, lorsque nous avions tous deux convenus de ne plus se mêler de la vie de l’autre. »


_________________
I was looking for a breath of life, A little touch of heavenly light, But all the choirs in my head sang no | And I started to hear it again, But this time it wasn't the end, And my heart is a hollow plain, For the devil to dance again, And the room was too quiet — [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].


©lion's tears


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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Lun 14 Nov - 16:36


Faceless strangers without names
What about us, isn't it enough? No we're not in paradise. This is who we are, this is what we've got. No, it's not our paradise. But it's all we want, and it's all that we're fighting for, though it's not paradise ••• L'attente, la patience. Il connaissait. Cependant, depuis les retrouvailles avec son esprit, il devenait agacé plus rapidement. Plus facilement. C'était humain après tout, maintenant qu'il pouvait percevoir l'ironie, les regards dégoûtés, la haine. Ce qui lui avait semblé normal ne l'était plus. Même si son frère lui rappelait sans cesse ce qu'il avait pu être par sa simple présence. Son frère-même qui, après l'avoir condamné, continuait de le surveiller et de s'occuper de lui à sa manière. L'envoi de l'émissaire le prouvait. Pourquoi prendre la peine de le faire, tout en laissant son nouveau nom être prononcé ? Orfeo n'était pas le premier à pénétrer dans le Bayou, il en était certain, et pourtant, il n'était pas sûr qu'un seul des autres eut droit à un tel honneur. Celui de recevoir une remise à l'ordre de Monsieur Morienval en personne. Rien que ce nom le tendait, lui donnait envie de secouer Rafael. Ce changement faisait partie d'une stratégie pour oublier ce qu'il avait été. A quoi bon ? A quoi bon vraiment, se battre contre une identité de lettres alors qu'il n'a pas changé au fond. S'il voulait réellement détruire ce passé, qu'il y aille franchement plutôt que de continuer encore et toujours à faire ce qu'on lui avait appris. Bon, après, Orfeo n'était peut-être pas le mieux placé pour faire des remarques. Parce qu'il se basait sur des souvenirs certainement corrompus, des souvenirs captés par un cerveau malade. Mais qu'importait, il avait aujourd'hui des sens pour obtenir des informations et un esprit pour les traiter.

Les minutes s'écoulaient, rapidement suivies d'heures. Les nerfs à vif, il se tenait droit comme un piquet devant les grilles. Les murmures autour de lui, les sourires cachés, les remarques piquantes, il supporta encore. Les yeux rivés sur le bâtiment, à s'interroger sur la présence de Rafael. Il aurait pu partir. Il aurait dû partir. Leur dernière discussion avait été si claire. Ne pas se mêler des affaires de l'autre, le laisser vivre. Cependant, son frère avait brisé ce "pacte" en premier. Orfeo n'avait donc aucun remords à se planter devant son lieu de travail. A le foutre un peu dans la merde aussi. Mentir ne faisait pas forcément partie de ses habilités, d'autant plus lorsque son adversaire était un membre éminent du Gouvernement. Pourtant, il essaierait. Si cela pouvait chatouiller ne serait-ce qu'un peu Rafael... Ce serait déjà ça de gagner. Lui faire comprendre que sa vie était sa vie. Et s'il avait envie d'aller flirter avec le danger. Il irait. Et surtout que s'il voulait lui faire une remarque, il pouvait se bouger le cul lui-même, plutôt que d'envoyer un de ses hommes le faire à sa place.

Orfeo ne se souvint pas réellemet de ce qui fut le déclic dans son geste. Peut-être était-ce la remarque de trop, le temps à poireauter devant les bâtiments, sans aucune nouvelle, le manque de sommeil, et de nourriture, la nuit harrassante qu'il avait passé. Des petits détails qui, s'accumulant avec l'attente et le besoin d'en savoir plus, l'avaient fait exploser. Son poing s'était fiché dans le garde juste à côté de lui. Violemment, la force décuplé par l'agacement et la colère. Avant qu'il ne le plaque brutalement contre la grille. Heureusement, il n'eut pas à aller plus loin, on cherchait déjà à l'immobiliser. Pour la forme, il résista quelques secondes avant de se laisser balader. C'était une façon d'attirer l'attention. Pas la plus subtile mais... On le plaça dans une salle d'interrogatoire. Et il se rendit compte qu'il n'avait pas été blessé, sauf au niveau des phalanges. Ce n'était que quelques cicatrices, certainement vestiges de sa nuit. Vu comment les gardes s'étaient appliqués à ne pas le toucher...

Encore un peu d'attente. Orfeo était bien tenté de poser quelques questions aux miliciens mais vu ce qu'il leur avait fait... Il serra un peu plus les dents en jetant un regard aux menottes autour de ses poignets. Bon, au moins, ils avaient une réaction à peu près logique. Même s'il ne resta pas bien longtemps dans cette salle. On revint le chercher, toujours dans le silence, et on le trimballa dans les couloirs. Un ascenseur pour monter de quelques étages et il atteignit... Les salles de réunion. Elles s'étendaient de toute part autour de lui. Ce n'était même plus un traitement de faveur à ce point. Parce que oui, à part si on tuait les citoyens sur un parquet en bois massif ou des meubles historiques, il y avait de grandes chances pour qu'il voit son frère. Ou le Gouvernement avait envie de dégueulasser son bâtiment. Mais ça, ce n'était pas trop son problème. Il se contenta de suivre ses guides, qui lui jetaient des regards noirs et qu'il sentait tendus. Un léger sourire triste se pointa sur ses lèvres. Il aurait préféré ne pas en arriver jusque-là. Les miliciens n'étaient pas connus pour avoir des états d'âme et il se doutait qu'à leur prochaine rencontre, il en pâtirait très clairement. Mais le jeu en valait la chandelle.

Les chaînes quittèrent ses avant-bras, lui faisant arquer un sourcil alors qu'on lui ouvrait la porte d'une des salles. Ils étaient si confiants... Il entra sans dire un mot, tandis que le déclic caractéristique d'une serrure se faisait entendre dans son dos. Il remonta les manches de sa chemise, entreprit de la lisser un peu tout en laissant son regard se promener sur la pièce. Elle était plutôt petite, avec en son centre une grande table entourée de nombreuses chaises. On pouvait même distinguer l'écran blanc intégré au plafond. Bref, de la technologie, et une salle parfaite pour que les ministres et dirigeants s'y réunissent pour mettre leurs plans à exécution. Il finit par se détacher de cet environnement qui lui semble décalé et reposa son regard sur ses phalanges meurtries. Son pouvoir de guérison se mit à l'oeuvre pour essayer de diminuer un peu ça. Certes, ce n'était pas grand-chose mais il aurait aimé se présenter parfaitement devant Rafael. Histoire de fierté, qu'il avait déjà bien balancé aux oubliettes mais bon. Qu'il ramasse le peu qu'il lui reste.

Debout, immobile, il attendit encore. Bordel, il aurait dû s'appeler Désiré à ce point... Un soupir quitta ses lèvres alors que la porte se rouvrait dans son dos. Accompagné d'un prénom. De son prénom. Prononcé avec la même aisance, le même accent que sept siècles plus tôt. Ce devait être le souvenir le plus clair de cette période. Il se retourna, détailla la silhouette de son frère. Il avait toujours cette prestance, cette autorité, ce charisme qui envahissait la pièce dans laquelle il se trouvait.

" Rafaele. "

Il répondit avec les mêmes intonations, les mêmes consonnances. Pourtant, ce passé était bel et bien révolu. L'Italie avait disparu de la surface de la planète. Leur si beau pays réduit à l'état de miettes. Il tira une chaise jusqu'à lui et se laissa tomber dedans. Rester debout n'était plus nécessaire maintenant. Certes, cela donnait l'impression qu'il se mettait par lui-même en position d'infériorité. Et il se peut que Rafael saisisse l'opportunité. Cependant, Orfeo savait que rester en face à face pur avec lui pourrait créer une tension certaine. Et un besoin de lui mettre son poing dans la mâchoire avant de réclamer une étreinte. Donc, il fit en sorte que cette idée ne lui traverse jamais l'esprit. Il s'appuya contre le dossier, laissa ses doigts tapoter nerveusement contre la table, ignorant l'engourdissement et les légers picotements que cela provoquait sur le reste des blessures. Il leva les yeux au ciel, machinalement, quand son frère lui demanda ce qu'il y avait de si pressé. Heureusement que ça ne l'était pas tant que ça, sinon, il aurait eu le temps de mourir un nombre incalculable de fois. Cependant, Rafael devait en avoir parfaitement conscience. Il était celui des deux qui calculait le plus ses décisions. Il suffisait de regarder leurs deux réactions, à l'opposé l'une de l'autre. Orfeo avait suivi un coup de tête, ce besoin de confronter son frère, là où l'autre s'était contenté de mettre les pièces de l'échiquier en place. Et d'attendre.

Alors, Orfeo resta silencieux à son tour, attendant simplement que son frère continue. Parce que c'était ce que son ton de voix supposait. Et qu'il était doué pour faire passer son autorité au travers de quelques silences, d'un timbre légèrement traînant. Le sorcier aurait cru voir quelques changements par rapport à la dernière fois. Innocemment, naïvement. Finalement, il appréciait bien trop Rafael. Ou plutôt il ne voulait pas perdre l'image du frère qu'il avait. Et c'était ce paradoxe qui le conduisait à chercher son attention tout en lui hurlant qu'il vivait très bien sa vie seul. Sans lui dedans. Les derniers mots de son frère le laissèrent interdits quelques secondes. Avant qu'il n'éclate de rire. Un rire jaune. Cette faculté sublime de vouloir le placer en tant que briseur. Sauf qu'il n'y était pour rien cette fois-ci. Presque pour rien.

" Tu poses des questions auxquelles tu peux répondre par toi-même maintenant ? Et j'avais besoin de te parler de certaines... Choses. "

Encore une fois, il devait se douter de pourquoi il était là. En fait, il avait mis le doigt dessus d'entrer de jeu. Ne pas s'intéresser à la vie de l'autre. Pourquoi il était si compliqué de se tenir à ce que l'on disait ? Enfin, de par son boulot-même Rafael était capable de tenir la vie de son frère entre ses mains. Peut-être qu'il avait un dossier complet à son égard sur son bureau. Cela ne l'étonnerait guère étant donné l'homme qui se dressait face à lui. Maintenant, la raison de sa venue...

" Il pourrait être bien de l'appliquer sur toi-même alors, non ? A moins que l'homme qui m'a délivré ton message ce matin se soit malencontreusement trompé de destinataire ou d'émetteur... "


Il tenait à adopter un comportement similaire à Rafael. Parce que copier et adapter étaient bien plus faciles que d'être lui-même aujourd'hui. La dernière phrase avait été laissée en suspens. Orfeo ne croyait pas trop à une erreur. On ne balançait pas le nom d'un homme aussi haut placé dans le vent. Sauf si on voulait en payer le prix fort. Ses yeux bleus s'accrochèrent aux lunettes teintées de son frère. C'était toujours étrange de parler à quelqu'un sans voir ses iris. Déjà que Rafael n'était pas des plus expressifs mais si en plus on retirait un des seuls moyens de le comprendre... Le sorcier soupira doucement avant de continuer.

" Tu aurais pu venir de toi-même. Ou peut-être que tes yeux t'empêchent encore de te déplacer librement ? "

Une remarque acide, laissant penser qu'il le considérait comme un handicapé. Au même titre que lui lorsqu'il était limité. Alors qu'en réalité, il tentait de masquer une réelle inquiétude. Celle que son frère ne retrouve jamais complètement la vue. Comme une hantise, un pincement au coeur. Mais quelle idée qu'il avait eu ce con de protéger le président...

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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Mar 29 Nov - 22:44

Mon pas ralentit à quelques mètres de la salle de réunion dans laquelle se tient mon petit frère. Mon pas ralentit, mon cœur accélère, contre mon gré dans les deux cas. Orfeo. Des mois que je ne l'ai pas vu. Des mois que je ne lui ai pas parlé. Et pourtant, pas à un instant il ne s'est effacé de mon esprit, comme un souci constant et douloureux en périphérie de mon âme. Qu'il est difficile de savoir exactement ce que je ressens pour mon petit frère, cette créature faible et malingre que la sage-femme avait déposée dans mes bras, à ma demande, dès son arrivée au domaine. Qu'il est difficile d'oblitérer de ma mémoire ma panique lorsqu'on a menacé de me l'enlever, qu'il est difficile d'éradiquer de mes souvenirs l'odeur âcre d'un bûcher allumé sous mon ordre, d'une chair se carbonisant sous mes yeux secs, d'un au revoir murmuré, articulé doucement comme un acte de défi envers celui qui m'a forcé à choisir. Mon frère. Un imbécile, un être innocent, un maudit lui aussi. Je résiste à l'envie de l'observer par l'une des vitres de la pièce, je résiste à l'envie de faire volteface pour l'éloigner de moi, je résiste à l'envie de le rejeter. Il est tout ce que j'abhorre, il est tout ce qui me reste. Il est tout ce que je hais, il est mon petit frère. Une inspiration, une main se pose sur la poignée, l'ouvre et se décale pour me laisser le passage. Cette canne qui ne me quitte plus depuis deux ans maintenant, lorsque j'avais momentanément perdu l'usage de ma jambe, claque sur le sol. Seigneur. D'un pas souple, je m'avance dans une lenteur digne. Seigneur. Tout mon être transpire mon aïeul, je me fonds dans la peau de celui que j'ai toujours craint, je représente mon propre cauchemar face à Orfeo, comme pour mieux revendiquer cette noirceur que j'ai embrassée pendant son absence. Son prénom s'articule dans mes lèvres, accentué de notre langue maternelle, comme l'écho de notre enfance. C'est un constat, c'est une observation épurée, sans la moindre chaleur, sans la moindre trace de ce que mon esprit hurle. Sa réponse est un écho, sa réponse est une gifle assénée avec maîtrise, une gifle qui manque de m'arracher un sourire. Faible rictus posé sur mes lèvres, je tique. Rafaele. Mon prénom semble anormalement humain, anormalement dénué d'animosité. C'est un constat à son tour, mais c'est un constat que fait mon petit frère.

Petit frère. D'un œil, je le vois s'asseoir. Mes mains se contentent de se crisper autour d'un dossier, sans que le loup ne parvienne à abaisser sa garde. L'homme ne veut qu'une étreinte de son petit frère, le loup montre les crocs et se noie dans un souvenir d'une eau sauvage s'immisçant dans sa gueule. Un silence, j'arque un sourcil. Il a appris à se taire, il a appris à grandir, il a appris la patience. Il a appris. Et je ne peux m'empêcher de sourire sous ce simple constat. Un léger sourire, rien de plus qu'une ombre, rien de plus qu'un frôlement, rien de plus qu'un soupir, mais un sourire nostalgique. Ma voix se traîne, détache les mots avec soin pour s'en délecter de chaque syllabe. Savoir parler, savoir s'exprimer est un art que j'ai appris à maîtriser dès le plus jeune âge. C'est un art au même titre que la peinture, c'est un art au même titre qu'un dessin. Un ton est une nuance, une intonation est un dégradé et les souffles et soupirs, et les respirations sont des traits de crayon délaissés sur une toile comme une ombre laissée en écho pour rappeler à la réalité ce qu'était le rêve originel. " Tu poses des questions auxquelles tu peux répondre par toi-même maintenant ? Et j'avais besoin de te parler de certaines... Choses. " Impertinence. Insolence. Le loup grogne et gémit dans mon esprit, réagit vivement face à ce qu'il ne peut voir que comme de l'insubordination. Mais le loup, le loup n'est rien face au frère ; le loup n'est rien face à l'aîné et Orfeo est bien le seul que le loup ne puisse pervertir. Impertinence, insolence, insubordination, tout cela dépose une nouvelle fois sur mes lèvres un sourire. Encore. Une nouvelle fois, une fois de trop. Sans chercher à imposer ma voix s'étire dans la pièce comme un félin nonchalant, prend elle-même le pouvoir « De certaines choses... quel suspens, petit frère, tu m'en vois intrigué... » La raillerie est là, légère mais belle et bien présente. Je me détache du fauteuil, le tire dans un bref mouvement pour m'y installer tout en grâce et maintien, le dos bien droit. Mes jambes se croisent, mes mains se joignent sur mon genou dans une posture d'attente. Et bien, hurle mon être, et bien, Orfeo, explique moi donc pourquoi il t'a été si nécessaire de venir me déranger. Ma patience me muselle, me fait taire et me laisse muet.

"Il pourrait être bien de l'appliquer sur toi-même alors, non ? A moins que l'homme qui m'a délivré ton message ce matin se soit malencontreusement trompé de destinataire ou d'émetteur... " Je fronce les sourcils. Mon visage jusque là détendu s'obscurcit sous le reproche, je plisse les yeux derrière mes verres en fixant mon petit frère. Est-ce un reproche que j'entends ? Une accusation ? " Tu aurais pu venir de toi-même. Ou peut-être que tes yeux t'empêchent encore de te déplacer librement ? " Un claquement de langue agacé le met en garde, je siffle un « Surveille ton ton, Orfeo. » acide et autoritaire qui m'échappe sans crier garde, détruisant mon self-control et ce maintien que j'ai dans une impulsivité inattendue. Mes mains se décroisent, je me redresse et enlève mes verres teintés pour fixer mes rétines cicatrisées sur mon petit frère. Des rétines hypersensibles, aux pupilles dilatées, des rétines qui ont malgré tout enfin quitté leur immobilité. « Je ne m'abaisse pas à aller délivrer des messages, tu devrais le savoir. Tu ne fais pas exception, ne te crois pas plus important que ce que tu es. J'ai respecté ton souhait, j'ai mis de la distance, que demandes-tu de plus ? Penses-tu réellement que cet avertissement était un traitement de faveur ? » C'en était un, clairement. Et le fait que j'en parle alors qu'il ne faisait que le sous-entendre est un aveu de ma part. Je ferme les yeux dans un mouvement d'humeur et un nouveau claquement de langue, avant de les rouvrir sans plus tarder. « Fais attention à toi, petit frère, je ne peux faire d'exception, je ne suis même pas de ceux qui en font. Tu t'es mépris sur ma mise en garde : elle n'était là que pour te rappeler que si tu tombes, je ne te tendrai pas la main. »


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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Dim 4 Déc - 16:15


Faceless strangers without names
What about us, isn't it enough? No we're not in paradise. This is who we are, this is what we've got. No, it's not our paradise. But it's all we want, and it's all that we're fighting for, though it's not paradise ••• Il ne s’était pas réellement rendu compte des pauses qu’il avait effectuées entre ses paroles. Elles n’étaient pas voulues, il s’agissait simplement de mettre de l’ordre dans ses pensées, de choisir les bons mots malgré les émotions contradictoires qui le bouffaient de l’intérieur. Evidemment, le plus simple aurait été de les laisser sortir. De juste hurler un bon coup et de secouer son frère. Cependant, ce serait lui donner raison sur lui-même, sur tous les défauts qu’il lui attribuait. Alors, Orfeo se contentait de prendre le temps de réfléchir, de mettre les pièces en place. Et dieu que c’était dur. Surtout qu’il était assis, qu’il ne pouvait pas tourner en rond et qu’il devait garder son calme envers et contre tout. Mais bon, il fallait croire qu’avec Rafael, rien ne se passait comme prévu. Il avait ce don quasi-divin de le faire sortir de ses gongs par sa simple présence. Peut-être parce qu’il n’avait toujours pas de réponses à des questions pourtant existentielles. Oui, ce devait être ça. Voir son frère face à lui tout en sachant que ses questions resteraient au stade de questions. Agaçant de rester à ce point dans le noir. Si seulement il pouvait lire dans son esprit. Si seulement rien de tout ça ne s’était passé. Si seulement ses talents de sorcier ne l’avaient pas fait basculer en enfer. Aucune explication ne serait nécessaire au geste de Rafael.

Puis les mots étaient sortis, bien plus acides qu’à son habitude. Comme pour montrer à Rafael que jouer avec lui n’était plus une si bonne idée. Comme pour cacher tout l’amour qu’il portait encore à ce frère. Une réaction de défense comme une autre, une de celles qu’il se permettait d’avoir assez facilement. Son interlocuteur s’était d’ailleurs assis à son tour sur une des chaises. Droit. Majestueux. Appliquant ce qu’il avait toujours dit détester. Peut-être que si Orfeo s’était souvenu dans les détails de son enfance, il aurait pu associer l’image face à lui à celle de son père. De son grand-père. Bref, celle de cet aïeul qu’il haïssait par-dessus tout. Mais ce n’était pas le cas. Alors, le sorcier se contenta de le détailler, d’apprécier le charisme qui le frappait de plein fouet. Avant de prendre conscience du gouffre qui les séparait et qui se montrait une fois de plus. Que c’était agaçant d’être à cette place. Si petit, si peu doué, si peu manipulateur. De n’être qu’un être souhaitant retrouver son frère et leur complicité mais que la mort avait violemment arraché.

Aussi, ses mots avaient eu un effet auquel il ne s’était pas attendu : ils avaient provoqué une fissure dans le visage si calme et si froid de Rafael. Son maintien détruit en une demi-seconde. L’italien haussa un sourcil, sans chercher à cacher l’étonnement qui l’envahissait. Il était tellement rare de voir Rafael ainsi. Et lui n’avait eu besoin que de cinq minutes pour ça. Hé bien, il faudrait lui décerner un prix pour cette prouesse… En tout cas, cette fois-ci, il n’avait pas prévu d’écouter son frère. Il avait joué, il était aussi temps qu’il s’en rende compte. Même si cette réalité l’emmerdait, Orfeo avait envie de le lui faire remarquer. Et surtout, il commençait à avoir peur que cette surveillance constante broie certaines de ses relations. Notamment au sein de la Sakpata. Il allait falloir faire profil bas pendant quelques jours suite à cette visite, c’était malheureusement nécessaire, puisqu’il ne voulait faire tomber personne. Et à n’en pas douter, si Rafael apprenait ces liens quelque peu… Illégaux, le sorcier le paierait cher. De la mort certainement, peut-être de la torture. A croire que c’était écrit dans ses gênes qu’il finirait à chaque fois sa vie sur un bûcher. Triste réalité.

Puis bon, Rafael était plutôt pro-gouvernemental. Que son frère ait une opinion contraire à la sienne allait être… Folklorique. Enfin, il ne serait jamais au courant de ce léger détail, Orfeo ne s’en faisait pas… Il finit par retirer ses lunettes teintées pour laisser ses pupilles cicatrisées se poser sur lui. Le sorcier put enfin revoir les yeux de son aîné. Nettement plus clairs que les siens désormais. Un vague sourire triste se dessina sur ses lèvres. Une fraction de seconde, avant de laisser place à ce rictus amusé qu’il avait adopté depuis le début de la rencontre. Histoire de contrebalancer la colère grandissante dans le creux de ses entrailles. Bordel, c’était une très mauvaise idée finalement de venir jusqu’ici. Bon, au moins, il avait pu s’assurer que Rafael était en forme. Et même que ses yeux avaient l’air d’avoir retrouvé leur utilité d’antan. A peu de choses près certainement. Maintenant, s’il pouvait aussi obtenir des réponses… Certes, il ne se leurrait pas, il continuerait de se faire surveiller et on lui ferait remarquer chacun de ses faux pas de la même façon. Un simple émissaire envoyé pour lui faire comprendre qu’il s’éloigne du droit chemin. De celui tracé par son frère.

Evidemment qu’il savait déjà tout ça. Bien qu’il aurait préféré que ce ne soit pas le cas. Il continua de tapoter ses doigts contre la table, pour tromper cet agacement toujours plus envahissant. Contrairement à Rafael, il contrôlait très mal ses émotions et avait plutôt tendance à les laisser apparaître au grand jour. Une faiblesse de plus diriez-vous. Et vous auriez parfaitement raison. Mais pour Orfeo, c’était toujours plus préférable que de ne rien assumer ou de nier la réalité… Il avait mis de la distance physique en effet. Pourtant, comme le prouvait cet avertissement, il continuait de le surveiller. Et le sorcier n’appréciait pas tant que ça qu’on le prenne pour un con. Peut-être que son aîné avait du mal à comprendre qu’il n’était plus retardé désormais. Enfin… Rafael reprit rapidement la parole, laissant cette fois-ci faire remarquer que cet avertissement n’était qu’une mise en garde à son encontre, pour lui expliquer qu’il ne lui ferait aucun cadeau. Et Orfeo ne put que rire. Alors là, c’était juste sublime. Il ne se serait pas attendu à ça de la part de son frère. Comme quoi, il était encore plein de surprises… Alors, il ne put s’empêcher de murmurer :

« Je l’ai déjà compris depuis bien longtemps ça… »

D’autant plus que la fois précédente… Hé bien, Rafael l’avait lui-même fait tomber donc… Il bascula sa tête contre le dossier de la chaise et fixa le plafond durant quelques secondes, histoire de remettre de l’ordre dans ses pensées. Et de ne pas laisser ses sentiments contradictoires prendre le dessus. Bordel, pourquoi ne pouvaient-ils pas avoir une relation fraternelle normale ? Pourquoi devaient-ils autant se perdre l’un l’autre ? Il ébouriffa ses cheveux et finit par reposer son regard sur son aîné. Toujours aussi froid décidément.

« Ce n’est pas une question d’importance. C’est une constatation. Je ne pense pas qu’en temps normal ce genre de comportement implique une telle réaction de la part du Gouvernement. Donc je ne peux m’empêcher de penser que cet… Avertissement est seulement là parce que je suis ton frère. »


Et il lui répliquerait certainement d’arrêter de vouloir penser. Que ce n’était pas bon pour lui. Mais qu’importait. Recevoir ce message ce matin l’avait mis sur les nerfs. Parce que ce n’était pas comme si on lui reprochait d’être contre le Gouvernement, de faire partie d’une mafia, d’avoir aidé un résistant connu. Non, on lui offrait juste l’excuse du : « Tu étais au mauvais endroit. » et clairement, ce n’était pas une bonne remarque à ses yeux. Dépêcher quelqu’un uniquement pour cela était une perte de temps aux yeux d’Orfeo. Mais Rafael l’avait fait. Donc oui, s’il l’avait fait en tant que frère, il aurait pu bouger son cul. Même si ce n’était pas dans ses habitudes et que le sorcier le savait très bien.

« Tu sais très bien ce que je veux et ce que je demande. Que tu me laisses vivre ma vie, que tu arrêtes de surveiller chacun de mes faits et gestes. Je ne suis plus un enfant. Et je ne suis plus retardé, quoi que tu sembles en penser. »


Bon, évidemment, il ne voulait pas aller jusqu’à couper les ponts. La preuve en était qu’il était venu le voir après le passage de l’émissaire. Alors qu’il aurait simplement plus laissé couler l’avertissement. Mais non, il avait décidé de venir le voir en face à face. Parce que c’était son aîné. Et qu’il l’appréciait malgré tout ce qu’il disait, le ton, les mots qu’ils employaient aussi. Le jeune homme finit par se lever en soupirant, fit quelques pas dans la salle exiguë. Pour détendre ses nerfs et ses envies. Parce qu’il y avait toujours cette faiblesse en lui, contre laquelle il ne pourra rien faire. Tout ce qu’il voulait finalement était une vie indépendante, mais en gardant son frère à ses côtés. En tant que frère et non… Espion, majesté, roi, qu’importait.

« Je n’en attendais pas moins venant de toi. Toujours aussi psychorigide et à cheval sur les règles et le Gouvernement ? L'obéissance doit être destructrice à la fin, non ? »

Et un rajout d’ironie. Comme s’il ne pouvait utiliser que ça…


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Men dream. But dreams hold no value here. What was first the bright light of hope has now turned into a long night of captivity. Lost in the dark, we surrender our minds and forget who we are. But some of us have woken up. They remind us that we all have the choice. To stand, not kneel. To oppose, not obey. To live, not just exist. | © Vent Parisien



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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Lun 19 Déc - 12:43

Me voir comme dépourvu de la moindre faiblesse n’est plus une lubie, c’est devenu une réelle nécessité depuis bien trop de moi. Me voir comme inatteignable, invulnérable, imperturbable est une armure au même titre que cette indifférence que j’affiche, que ce mépris dont je me pare sans cesse, que ce dédain associé à de l’arrogance dont je me revêts dès qu’il m’est contraint d’aborder mes pairs, de frayer avec eux voire de me plier à des discussions aussi futiles que sottes autour de misérables détails. Me voir comme dépourvu de la moindre faiblesse est une erreur, une erreur que je commets sans cesse puisqu’il m’est désormais impossible de m’en passer, une erreur que je paie chaque fois un peu plus lorsque la désillusion m’écorche, lorsque la réalité me rattrape et me lacère jusqu’à l’os, lorsque je suis obligé de me recroqueviller dans la violence et la bestialité pour panser mes plaies et gémir en silence. Orfeo est l’une de mes faiblesses. Et non la moindre. La plus ancienne, la plus douloureuse, la plus suppurante de ces entailles qui me transpercent et refusent de cicatriser. Le simple fait qu’il respire est un battement de cœur, le simple fait de le savoir en vie est une migraine, le simple fait de le savoir sorcier est un poignard planté dans mon abdomen qui s’agite à chaque inspiration. Son existence, sa survie, sont un poids que je n’arrive pas à ignorer. Son bien-être, lui, est un souci dont je ne peux m’empêcher de me préoccuper, alors que l’homme et le Seigneur refusent de faire preuve de la moindre partialité dans leurs choix et dans leurs actes. Faire ce qu’il faut, quand il le faut, faire ce qui est juste, faire ce qui est le mieux ; il n’y a rien de plus douloureux que de savoir que le meilleur choix est rarement celui que l’on souhaite, que le choix le plus simple est rarement celui qu’il faut prendre. Il est rare, finalement, que la voie la plus dégagée, la plus lumineuse, mène autre part qu’aux Enfers les plus sombres et les plus pernicieux.

Mon regard atrophié fixe mon petit frère. Il veut me parler de certaines choses, il est là, bien présent, physiquement concret, obstiné, suffisamment têtu pour avoir patienté des heures que je daigne le recevoir. Ses mots se heurtent à mes railleries, à ce visage impassible que je lui offre, un visage troublé par un léger sourire déposé sur mes lèvres, une ombre ancienne qu’un souffle nostalgique a porté jusqu’à elles. Tu aurais pu venir de toi-même. La désapprobation s’inscrit dans ce claquement de langue que je lui rends, un claquement de langue agacé. Qu’il surveille son ton, le petit frère, qu’il n’outrepasse ni son rang, ni sa position de cadet. Il ne mérite ni la vie, ni la survie, il ne mérite ni mon temps, ni les contre-temps que je lui offre. C’est un sorcier, c’est une honte, c’est une faiblesse. Mes mains s’agitent sous une impulsivité inattendue, frémissent de cette voix qu’il a employée, de cette voix que j’ai employée, frémissent de voir qu’il grandit, que je vieillis, frémissent de sentir les secondes et les années s’égrenaient inlassablement, nous changer et nous enfouir pour mieux nous y noyer. Mes verres teintés tombent sous mes doigts, mes pupilles hypersensibles s’exposent à la lumière pour se poser sur celles si semblables de mon petit frère. Je ne m’abaisse pas,  le résumé d’une vie. Je ne m’abaisse pas, je vaux mieux que ça. Ma prétention n’a d’égale que dans ma violence, mon arrogance ne trouve sa jumelle qu’en l’existence de cette putréfaction que j’émane, par cette noirceur que je côtoie, que j’héberge, que je peine désormais à contenir. Pas d’exception. Pas même mon frère, pas même ma femme, pas même tous ces cadavres que je me traîne et dont la mise à mort n’a été décidée que par devoir, un devoir parfois nuancé de colère. Pas de traitement de faveur, pas d’exception : je veux me croire encore capable de faire passer mon sens de la justice et du devoir avant mes émotions, ces émotions que je crains de voir un jour disparaître dans mon âme tout en guettant ce moment avec impatience. Je ne te tendrai pas la main. Un mensonge. Une vérité que je n’assume pas. J’ignore si je serais encore capable de le mener au bûcher, d’allumer un brasier à ses pieds et de l’entendre hurler, j’ignore si je serais encore capable d’une telle abnégation. Mon arrogance a été rejointe par un certain égocentrisme, un certain égoïsme qui ne devrait même pas exister. Je ne te tendrai pas la main, les mots ont un goût rance dans ma bouche, délaissent une odeur de pourriture sur ma langue, accentuée par le rire d’Orfeo. Un rire qui me blesse, un rire qui insiste. « Je l’ai déjà compris depuis bien longtemps ça… » Je me fends une nouvelle fois de l’ombre d’un sourire, en suivant ses mouvements, en suivant son silence. Un murmure. « Je l’espère bien… » me sert d’excuses, des excuses je ne prononcerai jamais de vive voix.

Je tique en le voyant ébouriffer ses cheveux, je tique en le voyant se décoiffer volontairement alors que tout mon être maniaque ne brûle que de me lever pour les lisser, les remettre en place et rendre une nouvelle fois mon petit frère présentable. Veiller à ce qu’il soit propre, digne, élégant, veiller à ce qu’il appartienne à notre famille, veiller à ce qu’il ne soit ni oublier, ni délaisser, veiller à ce qu’il soit traité comme un homme, qu’il se voie comme un homme, veiller à ce qu’il aille bien… je me contente de serrer le poing, à m’en enfoncer les ongles dans les paumes. Orfeo n’est plus un enfant. « Ce n’est pas une question d’importance. C’est une constatation. Je ne pense pas qu’en temps normal ce genre de comportement implique une telle réaction de la part du Gouvernement. Donc je ne peux m’empêcher de penser que cet… avertissement est seulement là parce que je suis ton frère. » Je tique, une nouvelle fois. Mes fossettes se crispent, trahissent ma mâchoire contractée. « Tu sais très bien ce que je veux et ce que je demande. Que tu me laisses vivre ma vie, que tu arrêtes de surveiller chacun de mes faits et gestes. Je ne suis plus un enfant. Et je ne suis plus retardé, quoi que tu sembles en penser. » Je tique, encore, je me contraints au silence malgré tout, je m’interdis de parler tant qu’il n’aura pas fini, je m’interdis, aussi, de laisser transparaître la moindre agitation malvenue. Mon frère ne gagnera pas. Il se lève, mes yeux clairs le suivent sans le quitter un instant. « Je n’en attendais pas moins venant de toi. Toujours aussi psychorigide et à cheval sur les règles et le Gouvernement ? L'obéissance doit être destructrice à la fin, non ? » Je me lève à mon tour, sans pouvoir m’empêcher une nouvelle fois de tirer sur mes manches, de lisser ma veste, de remettre en place mes vêtements, sans pouvoir contenir cette maniaquerie qui enfle et enfle encore chaque jour un peu plus. Comme un vestige de ce manque de contrôle, comme une manière de reporter mon obsession de la perfection sur ce que je peux encore maîtriser.

A-t-il fini ? Oui, à n’en pas douter, vue sa petite pique finale destinée à me faire réagir. Une petite pique à l’efficacité redoutable. D’un mouvement léger mouvement, je consulte les caméras disposées dans la pièce, leur voyant clignotant trahissant leur fonctionnement et les yeux qui se situent derrière. Trahissant ces chaînes posées sur mes poignets, ces chaînes que je nie avec autant de fermeté que mon attachement pour quiconque. Ces chaînes, ces faiblesses, qui me lient à l’obéissance tout comme mon frère me lie à mon humanité. « Tu te méprends, Orfeo. L’obéissance est salvatrice, pas destructrice. Mais tu n’as jamais eu le loisir de comprendre cette nuance, tu m’en voies désolé. » Je le fixe avec intensité. « Il n’y a d’ordre que dans l’obéissance. Il n’y a de structure que dans l’ordre. Il n’y a de civilisation que dans la structure. Et il n’y a de survie et pérennité que dans la civilisation. Ce que tu me reproches, finalement, ce n’est pas tant que je me soucie de tes choix immatures et des conséquences qu’ils peuvent avoir, ce que tu me reproches, c’est d’être bien plus adulte que toi, Orfeo. » Comme toujours, cette maîtrise de moi qui me caractérise depuis tant d’années, tant de siècles, s’effrite contre mon gré en quelques phrases à peine. J’inspire longuement avant de reprendre. « Je te laisse vivre ta vie, petit frère. Depuis combien de mois nous ne nous sommes pas parlés ? Regarde toi, si indépendant, si autonome… » Ma voix s’enveloppe d’un sifflement douceâtre, d’une ironie légère. Perceptible mais sans s’imposer suffisamment pour qu’il puisse me la reprocher ouvertement. « Le petit oisillon vit sa vie de grand garçon. » Mon ton se durcit pourtant brutalement. « Mais fais toi à l’idée que j’aurai toujours un œil sur toi. » Pas de traitement de faveur, je me contredis tout seul. « Tu me reproches tant de choses… et tant de choses te dépassent. Tu te crois lucide, tu te crois omniscient uniquement parce que ta mort t’a libéré de ces chaînes qui contenaient ton esprit, mais tu n’es rien d’autre qu’un agneau dans une meute de loups. » Cet… avertissement est seulement là parce que je suis ton frère. Par mes mots, je lui concède avoir raison. « Tu me vois très certainement comme un… monstre, ou un homme imbu de lui-même qui ne se soucie que de ce qu’il désire. Tu n’as pas tout à fait tort. Mais… il n’est pas dans ma nature de condamner des innocents à une mort certaine sans essayer au moins une fois de les mettre en garde. » Sans oublier qu’il est désormais ma seule famille.  


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I was looking for a breath of life, A little touch of heavenly light, But all the choirs in my head sang no | And I started to hear it again, But this time it wasn't the end, And my heart is a hollow plain, For the devil to dance again, And the room was too quiet — [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].


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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Jeu 22 Déc - 19:36


Faceless strangers without names
What about us, isn't it enough? No we're not in paradise. This is who we are, this is what we've got. No, it's not our paradise. But it's all we want, and it's all that we're fighting for, though it's not paradise ••• Ils étaient si semblables, et pourtant si à même de s'opposer. Comme les deux faces d'une même image. Comme si l'un accumulait la violence, la froideur et le contrôle là où l'autre succombait à l'impulsivité et les émotions. Orfeo avait récupéré ces traits de caractère que son frère avait dû sacrifier pour plaire à leur père et survivre. Pourtant, il n'était pas certain que Rafael avait tout perdu. Il avait juste cessé de le montrer. Ce qui rendait la compréhension compliquée, ce qui l'empêchait de parler de ce moment où il l'avait condamné à mort, à brûler vif sur la place publique. Il avait tout simplement nié la réalité, au grand dam du sorcier. Un long soupir quitta ses lèvres alors qu'il essayait de se détacher de ce souci. Il n'avait pas envie de se retrouver à aborder ce sujet. Il n'en avait pas envie, et pourtant, il se doutait qu'il en parlerait lorsque ses nerfs le lâcheront à nouveau. Parce que ça le bouffait, ça l'empêchait de passer outre, de vivre... Normalement, si cela était possible. Parce qu'il avait passé les sept cent cinquante ans à Darkness Falls à se demander pourquoi. Pourquoi Rafael avait permis sa survie pendant vingt-cinq ans avant de faire volte-face ? C'était plutôt simple finalement. Et cela n'avait offert que le silence et les mensonges de la part de son aîné.

Il avait laissé chaque mot sortir de ses lèvres sans réfléchir à leur impact. Ou plutôt, il voulait qu'ils secouent Rafael, qu'ils le sortent de sa demi-léthargie, qu'ils le provoquent. Même si cela signait son arrêt de mort. Il n'en avait rien à foutre si ça permettait d'ouvrir les yeux de son frère, s'il pouvait sortir de cette carcasse. Se lever avait été un moyen de faire retomber la pression qui s'accumulait dans ses muscles. Et aussi... Imposer une distance avec son aîné. Depuis son retour et sa décision d'éradiquer son altruisme, il avait fait des recherches sur ce sujet. Comment utiliser son comportement pour montrer une quelconque supériorité. Même s'il était face à un expert. Un membre du Gouvernement connu et reconnu pour son arrogance, bien qu'Orfeo soit incapable de le voir ainsi. C'était ce qui l'empêchait d'entrer dans la résistance. Parce que s'il en avait quelque peu contre le Gouvernement, il refusait de s'en prendre à son aîné de quelque manière que ce soit. Il irait même jusqu'à le protéger ou dénoncer certains groupes s'ils s'en prenaient directement à l'homme. Sans le lui avouer en face, il ne comprendrait pas de toute façon...

Rafael l'avait suivi dans son mouvement. Ils faisaient à peu près la même taille finalement. Un détail comme un autre mais qu'Orfeo aimait faire remarquer, vu l'attitude de son aîné à son encontre. Après, l'autre avait plus de maintien, plus d'impact. Sa tenue aussi était impeccable, sans le moindre pli. Le sorcier ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil à ses vêtements, froissés par "l'arrestation", ses cheveux qu'il savait ébouriffés puisqu'il avait lui-même passé ses mains dedans quelques minutes plus tôt. Ils étaient bien loin d'avoir la même image. Le regard de l'italien suivit celui de son aîné, vers ce qui semblait être des boîtiers accrochés au plafond, avec une petite lumière rouge. Etaient-ils surveillés ? Ce ne serait pas étonnant. Ca ne ressemblait pas aux caméras qu'il avait pu voir dans les livres prêtés par Lucrezia mais soit, la technologie pouvait avoir changé, et le Gouvernement gardait bien ses secrets. En tout cas, si tel était le cas, la personne observant et écoutant tout ça devait bien s'amuser. Et en apprendre sur Rafael. Quoi que, l'italien avait remplacé l'anglais assez rapidement, Orfeo étant bien plus à l'aise avec sa langue maternelle. Ce serait un malheureux concours de circonstances que la personne derrière les visions soit italienne aussi. Enfin, ce n'était qu'une supposition qu'il s'agissait de caméras, peut-être qu'il était dans le tort. Il devait certainement l'être.

Un vague sourire se dessina sur ses lèvres aux mots de Rafael. Salvatrice ? Ils ne devaient pas avoir la même définition du mot alors. L'obéissance était une résultante de la crainte. On obéit à une personne non pas parce qu'on la respecte, mais parce qu'on la craint. On a peur de ce qu'elle peut faire, à nous ou à notre entourage. Evidemment qu'il ne pouvait pas comprendre les nuances. Il était retardé, il avait été traîté comme un animal et un monstre pendant des mois, voire des années. Il aurait dû mourir aussitôt né. Si Rafael n'avait pas mis son grain de sel. S'il n'avait pas décidé qu'il voulait le garder égoïstement à ses côtés. Ce n'était que des maigres souvenirs qui remontaient de temps à autre, certainement pollués par ce qu'il savait aujourd'hui. Cependant, il se rappelait des regards qu'on lui jetait, du fait qu'on le gardait caché. Il était une honte pour cette famille. Et son frère, en prononçant ces quelques phrases, venait de remettre ce sentiment sur le plateau. Ses bras se croisèrent sur son torse tandis qu'il se murait dans le silence.

Il ne réagit même pas aux reproches sous-jacents de la fin de son discours, il resta de marbre devant les provocations habilement menées. Oui, c'était lui qui revenait alors qu'il avait demandé de l'espace. Rafael avait été intelligent, il ne se mouillait pas en envoyant un émissaire pour lui parler. Il n'était ainsi pas en faute et respectait la demande faite par Orfeo. Celui-ci se mit à faire les cent pas. Il avait perdu le calme qu'il avait tenté de porter en masque en croisant le regard de son frère. Il voulait lui prouver qu'il pouvait se démerder seul et finalement... Il devait donner l'impression du contraire. Alors que c'était faux. Il parvenait à vivre sans son aide à présent. Cependant, il aurait aimé avoir un frère avec qui discuter de tout et de rien, avec qui rire de temps en temps, malgré les temps plutôt sombres dans lesquels ils étaient. Pas quelqu'un pour contrôler sa putain de vie. Une certaine colère, un certain désespoir, qui enserrait son coeur.

Sa langue claque contre son palais à la remarque suivante. Alors il exprimait le fait qu'il le surveillait. Enfin. Orfeo préférait que son frère soit clair sur ce point. Même si au fond, ça l'agaçait de le savoir. Qu'il lui faudrait être d'autant plus prudent à l'avenir. Heureusement que Rafael n'était au courant que de son excursion dans la Bayou et pas de celle à New-York, il serait déjà mort. Ou il savait mais préférait ne pas en parler. Ce qui semblerait improbable vu le bonhomme. Il resta de marbre lorsque son aîné le rabaissa une nouvelle fois. Ce n'était pas parce qu'il n'était qu'un agneau qu'il était faible. Qu'il ne savait rien. Et de toute façon, c'était toujours mieux que de suivre ce qu'un alpha déclamait. Il était différent, et cela ne le dérangeait guère. Surtout qu'il pouvait penser à peu près librement, tant qu'il ne l'ouvrait pas trop. D'un côté, il obéissait aussi au Gouvernement, malgré ce qu'il reprochait à son frère. Oui, ils restaient beaucoup trop semblables... Cette pensée l'exaspérait tout autant qu'elle était vraie et donc, qu'il ne pouvait pas la combattre. A moins de s'élever clairement contre les dirigeants, mais ce n'était pas dans son optique pour le moment...

Non, il n'était en rien un monstre à ses yeux. Peut-être un peu arrogant, certes, mais Orfeo attribuait plutôt cela à l'éducation qu'il avait reçue. Dans le fond, il restait son aîné, et il appréciait tout ce qu'il avait fait pour lui, tous les moments qu'ils avaient passé ensemble, bien que ce ne soit que de vagues images dans son esprit. Et il voudrait juste que ce soit différent aujourd'hui. Un voile de tristesse se posa sur ses yeux bleus, sans qu'il ne cherche à le cacher. Il avait encore des émotions et, la plupart du temps, cela ne le dérangeait pas de les montrer. D'autant plus que ses nerfs étaient déjà bien entamés par la situation et le comportement de Rafael.

"A quel point est-elle salvatrice ? Tes paroles sont belles, justes aussi, pourtant, tu oublies une composante de la civilisation. L'humanité. Avoir de l'ordre, une structure, c'est nécessaire. Mais combien de temps cela durera ? Il me semble que beaucoup de sociétés essentiellement basées sur ces points ont été vouées à s'autodétruire. Alors peut-être que oui, je suis immature et que je me fous des conséquences. Mais c'est toujours mieux que de se réfugier derrière un simulacre d'obéissance pour donner une conscience à ses actes."

Le ton froid, les idées en décalage par rapport à son frère, sans pour autant aller à l'encontre du Gouvernement actuel. Il concevait ce besoin de structure et d'ordre dans une société. Cependant, il n'approuvait l'idéologie qui avait été mise en place, celle qui consistait à détruire et créait de la corruption. L'humanité, c'était tant en demander ? Il était un peu idéaliste sur les bords, mais il avait vu, et vécu l'enfer à Darkness Falls, sans jamais en parler autour de lui, pas même à Rafael. Et s'il n'avait dû compter que sur "l'ordre et la structure" pour créer un semblant de civilisation... D'ailleurs, il y en avait là-bas. Sauf que c'était tout sauf sain. Il prit une profonde inspiration, secoua sa tête pour faire disparaître les images. Ce n'était pas le moment d'y penser.

"Depuis combien de mois n'as-tu pas mis certains de tes hommes sur mon dos pour me surveiller ? Si tu gardes un oeil sur moi et mes actions, ce n'est pas ce que j'appelle me laisser vivre ma vie. Sinon, oui, tu as raison, je suis celui qui a brisé ma propre demande en souhaitant te voir. Mais il faudrait peut-être prendre en compte ton émissaire aussi..."


Il ne détourna pas son regard du visage de son frère. Bordel qu'il voulait le secouer, le décoiffer, juste qu'il voit ce qu'il faisait. Cette situation était complexe pour Orfeo, un mélange de colère et d'amour qui menaçait de le faire exploser. Il détestait le ton qu'il employait envers son frère, sachant aussi pertinemment qu'il allait se prendre une raclée verbale en retour. Et pourtant, il n'arrivait pas à s'arrêter. Il désespérait de le voir aussi... Froid, sans savoir comment l'aider. Parce que finalement, il n'avait jamais eu à le faire jusque-là, son aîné se chargeant de ce rôle à son encontre. Et comment faire d'avis à un tel conditionnement ?

"Ca signifie donc que je n'ai pas à suivre de mâle alpha, et que ma façon de pensée reste non conditionnée. Je prendrai donc ça comme un compliment de ta part."

Il n'avait pas sourcillé, même son visage était parvenu à rester de marbre. Hé bien, il s'améliorait sur ce point. Dommage que ce soit grâce, et en face de Rafael. Il remonta les manches de sa chemise, là où son aîné les lissait et les tendait. Autant de manière de se dissocier malgré leur tenue plutôt semblable.

"Et s'ils ne respectent pas cette mise en garde, tu les tues. Tu n'es pas obligé de faire ça pourtant."

Il s'était promis de ne pas parler de son cas. Et... Il l'avait fait, à demi-mots, très grossièrement. C'était un fait pourtant. Il les mettait en garde, et pourtant, nombreux étaient ceux qui périssaient derrière dans cette société. Et ce, même s'ils étaient innocents. Ou alors ils ne l'étaient pas, mais le mot utilisé n'avait donc plus de sens. Un léger soupir quitta ses lèvres.

"Tu n'es ni un monstre, ni un homme imbu de lui-même Rafaele, je le sais. Tu restes mon frère après tout, quelqu'un que j'apprécie et en qui j'ai quand même entièrement confiance."


Cette entrevue allait très mal se finir...


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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Mer 11 Jan - 22:43

Si semblables en aspect, si différents lorsqu’on prend le temps de creuser sous la surface. Voir mon petit frère, le voir et plus seulement le distinguer, détailler ses traits, encore de manière laborieuse pour mes pupilles couvertes de cicatrices, ne fait que me renvoyer la ressemble existante entre lui et moi, entre lui et notre grand-père. Même profil, même lignée. Et pourtant… et pourtant. Ses épaules ne s’abaissent pas sous le poids d’un héritage, ses yeux ne s’obscurcissent pas sous les ténèbres d’une folie héréditaire. Naïf il est, naïf il reste, d’une certaine manière. Si naïf, si innocent, si crédule, si candide… tout son être hurle la fragilité, tout son être me hurle une désillusion perpétuelle. Et tout mon être ne tend qu’à le protéger. Quoique je puisse dire. Quoique je puisse vouloir. Lorsque je regarde mon frère, je vois non seulement celui que j’ai conduit au bûcher, non seulement celui qui a essayé de me noyer, non seulement celui qui a permis la naissance de ma fille par son sacrifice forcé, je vois aussi celui que, du haut de mes quelques années, j’ai porté dans mes bras. Celui auquel j’ai appris avec une patience démesurée à jouer aux échecs, quand la simplicité de son esprit le poussait à donner vie aux pions pour les affranchir des règles, celui qui se jetait spontanément dans mes bras pour m’offrir des câlins, celui qui me suivait du regard, m’adulait, me mimer avec la plus grande application. Si semblables, et pourtant si différents.

Tout en lui me rappelle mon grand-père. Mais il me suffit que je croise ses pupilles pour que la ressemblance s’évapore. J’ai beau lui promettre que je ne souffrirai d’aucune partialité le concernant, a-t-il compris que mes lèvres ne professent que des mensonges pour me protéger ? Sa survie est une marque de partialité. Sa présence et l’indulgence dont je suis capable lorsqu’il entre en jeu en sont d’autres. Et ce ne sont pas les seules, loin de là. L'obéissance doit être destructrice à la fin, non ? Mon visage se trouble de tics, se tend sous la provocation. L’obéissance n’est en rien destructrice.

Difficile, oui. Implacable, oui. Douloureuse, oui encore une fois. Mais destructrice ? Mes yeux dérivent en direction de ces caméras qui retranscrivent sur des écrans nos gestes dans une précision redoutable. L’obéissance est salvatrice, cette conviction est l’une de mes rares certitudes à avoir survécu aux siècles. S’élever contre des ordres, se dresser contre la loi, s’affranchir des règles et des dogmes, ce n’est jamais sans risque, ce n’est jamais sans conséquences. Et même si je l’ai déjà fait, à bien des reprises, même si le loup me pousse à me croire au-delà des lois, des règles et de toute autorité… je me pare de la stature de l’aîné, de la stature de celui qui sait, du charisme de celui qui a raison puisqu’il est hors de question qu’il en aille un jour autrement. Je me pare, aussi, de la cape du chef de famille. Et j’admets. J’admets le surveiller. J’admets avoir un oeil sur lui. J’admets ne pas pouvoir totalement le laisser seul, sans surveillance, sans supervision. Tout comme j’admets l’inadmissible. J’avoue l’inavouable. Je confesse la vérité. Je suis un monstre, de cela j’en ai la conviction. Je suis un monstre, et peut-être l’étais-je bien avant que l’on fasse de moi une bête. Mais s’il y a une quelconque constance dans ce que je suis, c’est bien ce sens de la justice, tordu, abîmé, égratigné, qui m’a toujours poussé à trancher non selon mes souhaits, mais toujours selon mon devoir. Ou presque. Qu’Orfeo ne soit pas dupe. Il est mon frère, et il le restera. Mais il est également un sorcier, et il est voué à le rester. Une dualité incompatible. Une trahison de plus à chaque respiration. Un cas de conscience supplémentaire à chaque fois que je heurte son regard ou que mes pensées s’entrechoquent avec son existence. Il est certain, pour l’un comme pour l’autre, qu’il aurait mieux fallu qu’un seul de nous deux survivent au siècle.

Mes gestes, mes mouvements me font contourner les fauteuils, mes mains se crispent sur le dossier du siège dans lequel j’étais assis quelques instants plus tôt. Et mes yeux, eux, ne quittent pas mon frère. Ne quittent plus ni mon frère, ni ses réponses à venir. « A quel point est-elle salvatrice ? Tes paroles sont belles, justes aussi, pourtant, tu oublies une composante de la civilisation. L'humanité. » J’arque un sourcil, dans un demi-sourire. Parce qu’il pense pouvoir m’apprendre quelque chose à ce propos ? « Avoir de l'ordre, une structure, c'est nécessaire. Mais combien de temps cela durera ? Il me semble que beaucoup de sociétés essentiellement basées sur ces points ont été vouées à s'autodétruire. Alors peut-être que oui, je suis immature et que je me fous des conséquences. Mais c'est toujours mieux que de se réfugier derrière un simulacre d'obéissance pour donner une conscience à ses actes. » J’ai le souffle coupé. Son ton est froid. Sa posture est raide. Et ses propos… ses propos entrent étrangement en résonnance avec les miens. Un écho déformé. Mais un écho si proche du son initial que je reste sans voix pendant une fraction de seconde. Suffisamment longtemps pour perdre pied. Je dois avoir mal compris. Il ne peut en être autrement. Donner une conscience à ses actes. « Depuis combien de mois n'as-tu pas mis certains de tes hommes sur mon dos pour me surveiller ? Si tu gardes un oeil sur moi et mes actions, ce n'est pas ce que j'appelle me laisser vivre ma vie. Sinon, oui, tu as raison, je suis celui qui a brisé ma propre demande en souhaitant te voir. Mais il faudrait peut-être prendre en compte ton émissaire aussi... ça signifie donc que je n'ai pas à suivre de mâle alpha, et que ma façon de penser reste non conditionnée. Je prendrai donc ça comme un compliment de ta part. » Je cesse une fraction de seconde de le fixer. « Considère ça comme tu le souhaites, si tu te contentes de miettes, c’est tout à ton honneur » Mes lèvres articulent sans y penser, brève intervention dans l’accalmie d’une réponse, alors  que mes mains s’activent de leur propre volonté pour lisser mes manches et les tirer au poignet, en contraste avec l’attitude de mon petit frère.

« Et s'ils ne respectent pas cette mise en garde, tu les tues. Tu n'es pas obligé de faire ça pourtant. Tu n'es ni un monstre, ni un homme imbu de lui-même Rafaele, je le sais. Tu restes mon frère après tout, quelqu'un que j'apprécie et en qui j'ai quand même entièrement confiance. » Sur mon visage, diverses expressions marquent le marbre, éraflent la pierre, transpercent l’impassibilité pour y laisser de profondes cicatrices. Mes émotions me submergent, menacent de m’emporter : je laisse le loup prendre le dessus et dessiner sur mes lèvres un large sourire.

Un sourire carnassier. Un sourire de prédateur. Le sourire d’un loup. « Et bien, me voilà rassuré, petit frère. » Tu restes mon frère, après tout. Ses mots me lacèrent l’âme et apaisent l’homme. Ils sont insupportables par leur tendresse, ils sont douloureux de douceur. « Pendant un bref instant, j’étais perdu. J’avais l’impression de voir face à moi un homme accompli, le digne héritier des Renzacci, pendant un instant j’ai cru voir face à moi un homme dont je pourrais être fier. » Mon sourire s’adoucit de méchanceté. « Tu viens d’apaiser mes doutes : tu es toujours aussi mièvrement diminué. Tu me fais confiance ? » Je me redresse, si la chose était nécessaire, avant de faire disparaître en un soupir la distance qui nous séparait. « Petit imbécile » Mes mains agrippent son col avec force. « Faudra-t-il que tu te tortilles à nouveau sur un bûcher pour retenir la leçon ? » Je le relâche brusquement, le loup poursuit son œuvre, le gifle avec une violence à lui faire exploser la lèvre. « Ce que tu viens de dire, finalement, ne s’apparente qu’à du vent, qu’à cette faible brise qui a traversé l’intervalle vide situé entre tes deux oreilles. D’où tiens-tu ces grandes diatribes sur l’humanité et la conscience morale ? Tu les as entendues quelque part, te contentes-tu de radoter avec la fierté d’un singe savant ? » Je le repousse, plus par mesure de précaution pour lui que pour moi. Ma voix est dure, dénuée de toute douceur, lorsque je le fixe de mes yeux si immobiles qu’on pourrait les croire à nouveau relégués aux ténèbres. « Tu es mon frère, la personne la plus importante dans ma vie, mais je t’interdis de me faire confiance. Tu dois m’obéir, Orfeo, tu dois te soumettre à mon autorité, tu dois te soumettre à l’autorité de ceux que je représente, de ceux auxquels je suis lié et asservi, mais jamais… » Je tiens le loup en laisse, avec difficulté. « jamais m’entends-tu, tu ne dois t’abaisser à m’accorder une seule once de confiance. » Je prends une inspiration, pour détendre mes muscles et reprendre tout à fait le contrôle de mes gestes et de mes émotions. Le contrôle de mon être. Le contrôle de l’homme. Le contrôle du loup. Lorsque ma voix reprend, elle n’a plus cette tension menaçante qui la faisait vibrer un peu plus tôt. Lorsque ma voix reprend, c’est sur un ton badin, qui se veut désinvolte. « Cela dit, puisque ta façon de penser est si magnifiquement non-conditionnée, tu peux toujours t’amuser à me faire confiance. Mais ne viens pas te plaindre que je te surveille, ne viens pas te plaindre que je ne respecte en rien mes engagements, ne viens pas te plaindre que tu n’apprécies pas mes mises en garde et ne viens pas te plaindre si tu te retrouves un jour démembré parce que tu auras épuisé la patience de mes supérieurs. »

Je ne mens que très rarement. Mais lorsque je le fais, c’est avec tact et aplomb. C’est pour me protéger. C’est pour le protéger. Parce que j’ignore, j’ignore vraiment, quelle serait ma réaction si un jour cette situation se réalisait réellement.


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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Jeu 26 Jan - 2:26


Faceless strangers without names
What about us, isn't it enough? No we're not in paradise. This is who we are, this is what we've got. No, it's not our paradise. But it's all we want, and it's all that we're fighting for, though it's not paradise ••• Orfeo peinait à contenir les tremblements de sa rage. Pourquoi fallait-il que chacune de ses rencontres avec son frère bascule dans une certaine violence ? Qu’elle soit verbale, ou même physique. Certes, cette fois-ci, aucun ne finirait presque noyé, et c’était déjà une belle avancée. Chacune de ses paroles avait été crachée avec un venin dont il ne pensait pas être capable de laisser sortir. Et finalement, ce fut ses derniers mots qui embrasèrent son frère. Un instant, il avait cru qu’il avait face à lui un digne héritier de la lignée Renzacci ? Le sorcier continua de le fixer sans le moindre mot. Et il ne fut pas déçu du voyage. Si diminué, si naïf, si stupide… Ses dents se serrèrent, ses ongles s’enfoncèrent dans son bras. Il s’obligea à rester de marbre. Alors qu’il n’avait qu’une seule envie, c’était d’exploser. Bon, ce serait une très mauvaise idée et il risquait de finir bien plus blessé qu’il n’aurait blessé son frère, en plus de s’en mordre les doigts pendant des semaines par la suite. S’il restait en vie. Parce que oui, le principal problème de péter à un câble face à Rafael, c’était qu’il n’était pas certain qu’il en sortirait en un seul morceau, ou encore juste en vie.

Et l’aîné se mit enfin en branle. Il se redressa, s’approcha. La tension était à présent palpable dans l’air. Mais Orfeo ne s’y plia pas. Il garda son regard bleu étincelant dans celui qu’il appréciait par-dessus tout. Il avait une confiance toute particulière envers celui qui était pourtant devenu un étranger aujourd’hui. Il se battait encore pour voir les images connues, pour reconnaître des traces de leur passé. De ce qu’ils avaient été. Il cherchait encore ce qui avait, d’un côté, disparu. Rafael attrapa son col, fit preuve d’une force inouïe. Son côté métamorphe. L’italien posa sa main sur le poignet de son interlocuteur, une fraction de seconde avant les paroles. Des mots qui s’accrochèrent à son âme, déchirèrent son esprit. S’il y avait bien un souvenir tenace dans sa mémoire, c’était ce moment. Celui où, empli d’incompréhension et de peur, il avait été mené sur le bûcher, par celui-là même qui avait tout fait pour lui faire vivre une vie normale. Celui qui l’avait sauvé pour le condamner par la suite. Sur le coup, il n’avait pas compris. Pourquoi la douleur le terrassait, pourquoi sa chair se décomposait sous son regard. Pourquoi il était là. Il avait fallu attendre Darkness Falls, et toute l’horreur qui avait suivi pour qu’il percute. Qu’il se rende compte qu’il ne devait rien être aux yeux de ce frère pour être sacrifié ainsi et finir en Enfer.

La gifle le réveilla. La gifle fut d’une force phénoménale. Evidemment, en tant que skinchanger, il devait avoir des capacités qu’un humain lambda n’aurait pas. Le goût du sang envahit sa bouche, sa gorge alors qu’il déglutissait. Son regard s’assombrit un peu plus, la rage grondait dans ses entrailles. Chaque seconde de plus devenait plus dangereuse pour sa survie. Sauf qu’Orfeo n’avait jamais écouté cet instinct qui lui hurlait de s’arrêter. Sinon, il n’aurait jamais poussé son frère du haut d’une falaise, le faisant frôler la noyade. La prochaine fois, il faudrait peut-être qu’il s’assure qu’il ne puisse pas se transformer. Et que lui-même n’ait pas d’états d’âme à le détruire. Rafael le repoussa alors, et le sorcier dut prendre appui sur sa jambe blessée. Un pieu dans le mollet ne disparaissait malheureusement pas en deux jours. Il sentit le sang s’écouler contre sa peau, s’accrocher à son pantalon. Merde…. Il reprit rapidement son équilibre, s’obligeant à s’appuyer d’avancer sur sa jambe valide pour ne pas plus réveiller sa douleur.

Les mots s’étaient encore plus ancrés dans son esprit. Il était bien plus doué que lui pour s’exprimer. Après tout, c’était lui l’héritier de la famille Renzacci. Orfeo n’était rien d’autre qu’un nuisible, un parasite qui survivait par un certain miracle. Et pourtant, des deux, c’était lui qui avait gardé le nom de leur ancêtre. Ce grand-père qui n’avait jamais voulu de lui. Son aîné avait tout fait pour couper les ponts, détruire ce qui le reliait à ce passé. Peut-être pour faire place nette pour sa conscience ? Ca ne l’étonnerait pas. Finalement, plus rien ne l’étonnait venant de lui. Son visage s’était refroidi, ses traits s’étaient durcis. Une fois de plus, son comportement se rapprocha de celui de son frère. Pourquoi continuer d’être rempli d’espoir quand on lui montrait à chaque rencontre de quoi se tirer une balle, de quoi être déçu ? Il était de marbre face aux nouvelles paroles de Rafael, si ce n’était un petit sourire en coin qui s’accentuait à chaque mot prononcé. Le discours le fit rire. Un léger rire sarcastique. Il lui faisait confiance. Cependant, il ne s’abaisserait pas, il ne se soumettrait pas, il n’obéirait pas. C’était si compliqué à comprendre ?

Orfeo gardait son sourire, alors qu’il s’obligeait à marcher. Finalement, la douleur était plus que supportable, prouvant que la blessure n’était plus si profonde qu’elle l’avait été. Il ne quitta pas Rafael du regard pourtant. Il se comportait comme… Comme un loup jaugeant un nouvel arrivant. Il lui tournait autour, à l’affût du moindre geste, de la moindre erreur, de la moindre émotion. Il devenait lui. Il copiait, glissait sur son visage ce masque qu’il était parvenu à maîtriser avec le temps. Tout en gardant cette petite voix, celle qui le freinait quand même dans son élan. C’était comme la dernière fois. A l’avoir poussé mais quand même aller chercher sa survie. Une stupide conscience étrangement ancrée en lui. Comme si Darkness Falls l’avait poussé à l’inverse. Au lieu de détruire sa confiance, son altruisme, l’enfer avait fait l’inverse. Le contraire de la plupart de ceux passés par là et qu’il avait croisés au fil des siècles. Les derniers mots le firent sourire de nouveau. Et il répliqua sans attendre, sarcastique :

« Avoue-le, ça ne te dérangerait pas. Au moins, tu seras parvenu à tes fins. Tu auras éliminé tous ceux qui te raccrocheraient à ton passé. Tu seras libéré. Et Il serait fier de toi, que tu te sois enfin débarrassé de ta femme et de ton frère… »


Remuer le couteau dans la plaie, rappeler des souvenirs qui, finalement, étaient aussi douloureux pour lui. Et qui en plus n’auraient aucun effet sur Rafael. C’était aussi une manière de se protéger lui. De montrer qu’il ne se laisserait pas écraser. Pas cette fois. Oh non, pas cette fois…. Il finit par se rapprocher, imposer une distance de seulement quelques centimètres entre eux deux. Une proximité dangereuse, où il risquait bien plus qu’une simple gifle. Sauf qu’Orfeo s’en moquait bien, comme le prouvait la froideur de son regard, de ses traits derrière son sourire carnassier.

« Que de mots bien durs… Obéissance… Soumission… Asservissement…  N’as-tu toujours pas compris que je ne ferais jamais de telles choses ? Et je ne considère pas que je m’abaisse en t’accordant toute ma confiance. En fait, je n’en ai rien à foutre de tes interdictions, elles n’auront aucun effet sur moi. »

Sa langue claqua sur son palais alors qu’il se tenait face à son aîné, qu’il enfonçait son regard dans le sien. Il lui avait tout appris. Il aurait dû lui en être reconnaissant. Pourtant, d’un côté, il y avait ce goût amer d’avoir été sacrifié pour… Pour rien, puisque Rafael refusait d’expliquer son geste. Encore et toujours, il se positionnait en tant qu’être supérieur, qui ne devait aucune explication mais qui donnait des ordres à tous. Grande nouvelle : ça ne fonctionnait pas. Ca ne fonctionnait plus avec lui. Son regard se détacha quelques secondes, pour se poser sur ce qu’il avait pensé comme étant une caméra. Quelle tristesse définitivement. Être enfermé ici à jamais.

« Mais un simple vent peut renverser beaucoup d’immeubles. Je les tiens de ce que j’ai pu observer, des discussions que j’ai pu tenir. Parce que malgré tout ce que tu sembles penser, j’ai évolué depuis sept cent cinquante ans. Peut-être en pire, comme tu aimes le souligner, mais j’apprécie. »

Le sourire n’était pas partie, comme en décalage au ton glacial qu’il empruntait. Il cachait le malaise qui était toujours présent après l’évocation du bûcher. D’ailleurs, à ce sujet…

« Oh, et le bûcher… Quand même, reprendre les idées soutenues par notre grand-père, tu es retombé bien bas. Il serait temps d’être un peu plus… Créatif. Après le feu, l’eau, tu aurais pu proposer la terre. M’enterrer vivant pourrait être plus discret, ne penses-tu pas ? »


Un ton amusé, comme si la mort lui importait peu. Après l’avoir vécu une fois, ça devait être normal. Sauf qu’il en était encore effrayé. Néanmoins, le montrer à Rafael était impossible. Il n’attendait que cela. Voir ses faiblesses, les souligner, puis le « reprendre sous son aile ». En étant honnête, ce serait plutôt « contrôler sa vie dans les moins détails ». Mais ne chipotons pas. Il recula d’un pas, observa la silhouette de son aîné dans son ensemble.

« Si être le digne héritier des Renzacci signifie avoir les mêmes opinions que toi, à être ton chien et à devoir me soumettre sans concession, je préfère passer mon chemin. » Une pause, un regard bleu vide. « Puisque, de toute manière, je ne serais jamais assez bien à tes yeux. »

Une réalité. Son frère trouvera toujours quelque chose à redire sur lui. Il lui demandait d’être tellement de choses et en même d’être le contraire. La dernière fois, il l’avait appelé à l’aide. Et il n’avait pas compris pourquoi Orfeo avait été si froid. Si… Connard. Alors qu’il avait simplement agi comme lui. Il devait être le digne héritier des Renzacci tout en se comportant comme un soumis. Il devait être beaucoup de choses qu’il n’avait pas envie d’être. Et surtout pas pour un frère aussi détaché que Rafael. La confiance n’excluait pas la réalité de leur relation. Elle n’excluait plus rien aujourd’hui…


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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Mar 7 Fév - 0:13

Lorsque les caresses ne t’offrent pas les résultats que tu attendais, Rafaele, use de la violence sans aucune limite, sans aucune hésitation. Tu verras qu’à défaut de te respecter, ils te craindront et qu’à défaut de te trahir, ils se trahiront par leur propre terreur. Mon grand-père, et celui du petit frère qui me fait face, n’a jamais été des plus diplomates lorsqu’il s’agissait de gouverner et de régner avec bonté et bienveillance. Il ne connaissait, de toute manière, pas ces deux mots. Et il ne me les a pas appris. Si même je lui rétorquais à l’époque que la violence était le dernier refuge des faibles et des incompétents et qu’en la promouvant il s’affichait comme porte-drapeau de ces deux catégories, j’ai compris à présent que par bien des points, il avait raison. Et que je n’avais pas tout à fait tort non plus. Mon incompétence en tant que frère, en tant que tuteur, en tant que modèle n’a jamais été aussi flagrante qu’à cet instant, face à un Orfeo si semblable à mon reflet, si imperméable et pourtant arrogant, impertinent… Ma faiblesse n’a jamais été aussi exacerbée qu’à cet instant, alors que je m’approche, alors que je siffle et que je susurre. Petit imbécile. Imbécile qu’il est lorsqu’il croit pouvoir me ressembler ou même juste avoir le droit de me ressembler ; imbécile qu’il est s’il croit que c’est ainsi qu’il faut être. Rien, il ne retient rien. Rien de ces flammes qui l’ont consumé, rien de cette fumée qui l’a asphyxié, rien de ces cendres que j’ai dispersées, que ces os sur lesquels j’ai brûlé la pulpe de mes doigts en les recueillant pour leur offrir une sépulture décente. Il ne retient rien. Et si j’ai pu un jour trouver cette incapacité à grandir touchante, ce n’est plus guère le cas. Ma gifle part, sans la moindre retenue et si je m’écoutais, elle ne resterait pas orpheline, loin de là. Mes mains se sont agrippées à son col, l’ont relâché pour percuter sa mâchoire ; si je fais un pas en arrière, ce n’est que pour lui accorder un sursis. Quand apprendra-t-il que la confiance est une absurdité, que la confiance est ce qui l’a perdu, ce qui le perd encore et ce qui le perdra, lui et toutes les personnes avec un tant soit peu de bonté dans ce monde vicié et malsain ? Ma respiration s’accélère mais reste sous mon contrôle, comme l’animal que je tiens en laisse comme je peux.

Ma colère, loin de retomber, se cristallise en une voix doucereuse, vibrante de maîtrise, à la légèreté presque badine, enrobée de moquerie. Mon mensonge s’applique comme un baume sur mes blessures creusées par la violence de mes émotions. Mon mensonge est un onguent réparateur, me permettant de m’imaginer le corps démembré de mon petit frère sans me départir d’un sourire alors que je sais, au fond de moi, que ma réaction serait bien moins sereine si ce futur devait un jour se produire. Un fin sourire, carnassier, que l’odeur métallique d’un sang qui coule – sa jambe ? – attise l’odorat du loup, excite ses instincts de chasseur. Je force mes doigts à se décrisper, ma posture à rester nonchalante. Et j’oppose à un Orfeo étrangement souriant, d’un sourire que j’ai envie de faire disparaître tout en souhaitant le voir se transformer en vrai sourire, une attitude des plus hautaines. « Avoue-le, ça ne te dérangerait pas. Au moins, tu seras parvenu à tes fins. Tu auras éliminé tous ceux qui te raccrocheraient à ton passé. Tu seras libéré. Et Il serait fier de toi, que tu te sois enfin débarrassé de ta femme et de ton frère… » Ses déplacements accentuent l’odeur du sang. Ses remarques, elles, me laissent bien davantage de marbre. Un tic agite mes lèvres à la mention d’Azzura, une mention qui réveille une plaie encore béante. Mais je refuse de lui concéder davantage que ce léger tremblement. Il avance, je reste droit. Viens, petit chat, viens titille la bête. « Que de mots bien durs… Obéissance… Soumission… Asservissement… N’as-tu toujours pas compris que je ne ferais jamais de telles choses ? Et je ne considère pas que je m’abaisse en t’accordant toute ma confiance. En fait, je n’en ai rien à foutre de tes interdictions, elles n’auront aucun effet sur moi. » Je cille, imperturbable, cantonné à un silence tranquille. Alors que le brasier enfle et que le loup s’agite en mon sein comme une bête en cage. Ce qu’il est. Petit frère, tu dis avoir évolué en sept cent cinquante ans, mais… toute évolution n’est pas bonne à prendre, toute évolution n’est pas plaisante à voir. Jamais, jamais nous n’avons autant ressemblé, par bien des aspects, à cet aïeul que nous haïssons pourtant tous les deux d’une telle force… Il apprécie que je le souligne, vraiment ? « Oh, et le bûcher… Quand même, reprendre les idées soutenues par notre grand-père, tu es retombé bien bas. Il serait temps d’être un peu plus… Créatif. Après le feu, l’eau, tu aurais pu proposer la terre. M’enterrer vivant pourrait être plus discret, ne penses-tu pas ? Si être le digne héritier des Renzacci signifie avoir les mêmes opinions que toi, à être ton chien et à devoir me soumettre sans concession, je préfère passer mon chemin. Puisque, de toute manière, je ne serai jamais assez bien à tes yeux. » Une main étreint mon cœur dans ma poitrine sous ses dernières remarques. Je ferme les yeux un instant, et le sourire que j’arbore n’a jamais été aussi glacial. J’attends quelques secondes.

Quelques battements de cœur. Le temps de me passer une main sur le visage, de me pincer l’arête du nez et de tirer sur mes manches pour mieux soigner mon apparence. Laisser ses mots résonner en moi, m’imprégner de leur signification, de leurs sous-entendus, de la vérité profonde qu’ils cachent sur mon frère. Sur moi. Sur les Renzacci. Lorsque j’ouvre à nouveau les yeux, mes pupilles couturées de cicatrices trouvent immédiatement celles si similaires d’Orfeo. « En effet. Je ne serai jamais assez bien à tes yeux. Amusant, finalement, de voir à quel point… » Je recule d’un pas, mais pas en retraite. Mes doigts effleurent la table de réunion, en caressent la surface, s’imbibent du contact glacé, mes yeux quittent un instant Orfeo pour se poser sur les murs blancs. Purs. Si purs. Si innocents et pourtant au cœur de massacres. Je lui tourne le dos. Et lorsque je me retourne, dans une lenteur toute calculée, c’est pour le fixer à nouveau. Avec un calme qui m’étonne. La tempête broie mes tempes. L’ouragan outrage chaque parcelle de mon âme avec une violence destructrice. « … à quel point celui qui refuse d’être le digne héritier Renzacci en revendique toujours le nom tandis que celui qui revendique l’héritage a rejeté le patronyme. Nos desseins et nos choix sont si révélateurs… Orfeo… » Ma voix est douce. Avec la fermeté d’un orage, la tension des éclairs qu’il héberge. Qui ne demandent qu’à être lâché. « T’enterrer vivant peut être tentant, j’y songerai le jour où tu deviendras dispensable. Le jour où tu n’auras plus la moindre importance, plus la moindre valeur. » Je t’aime, petit frère. C’est bien pour cette raison que je ne peux te laisser libre. Que je ne peux te laisser hors de mon contrôle. Je t’aime petit frère, mais je hais ce que tu deviens, sans parvenir à trouver en moi de quoi soigner ton innocence brisée, ta simplicité ébréchée, ta candeur souillée. Si je posais les doigts sur ton âme pour en rapprocher les morceaux, je laisserais des traces de sang, des marques indélébiles, Orfeo, ne t’en rends tu pas compte ? Laisse-moi veiller sur toi, laisse-moi te surveiller, laisse-moi avoir encore un peu de place dans ta vie, mais ne me laisse pas t’approcher… Parce que t’approcher… Je fais un pas en avant, je tue la distance que j’avais pourtant réinstallée entre lui et moi. Un pas en avant, calme. « Mais ce jour-là, Orfeo… ce n’est pas aujourd’hui. Aujourd’hui, vois-tu, c’est un jour où tu me titilles. Où tu m’asticotes… » Les t sautillent sur mes lèvres dans des sons joueurs que je laisse rebondir. « Où tu prends confiance en toi. Où tu te rebelles. Le petit frère tient tête au méchant Rafael, le petit Orfeo s’affirme. Aujourd’hui, c’est un jour où tu te crois fort. Invincible. Invulnérable. Indestructible. Parce que c’est un jour, aussi, où tu te crois dans ton droit. Aujourd’hui, c’est un jour où tu découvres que puisque je t’ai déjà tué, tu n’as pas peur de la mort parce que tu sais ce qu’elle te réserve. Aujourd’hui, tu es courageux… » Je soupire, comme résigné à ce simple constat. J’imagine que je pourrais le sembler, oui. Si je n’avais pas ce sourire aux lèvres, alors que mes doigts grimpent le long du torse d’Orfeo pour atteindre son cou, et son menton. « Aujourd’hui, tout cela… tout ce discours… tout cela doit résonner à tes oreilles comme une victoire ; une bataille remportée après une lutte acharnée. Tu es fier de tes répliques, petit frère, tu es fier de toi. Ah… Orfeo… » Je recule, comme pour l’embrasser du regard, comme pour le voir grandi, applaudir un enfant devenu un homme. « Dommage qu’aujourd’hui ne soit pas le jour où je te tue. Tu serais mort heureux. » Je reviens au contact. De deux doigts placés au centre de sa poitrine, je le pousse, le force à effectuer un pas en arrière. « C’est si dommage… »

D’un mouvement brusque, mon talon s’abat sur la rotule de sa jambe abimée, alors que mon poing gauche s’abat en crochet sur son visage, le droit heurte son nez dans un direct pour l’envoyer sans plus tarder au sol. D’un autre coup de pied, je heurte ses côtes, je heurte son entrejambe, sans la moindre retenue. Ou juste assez pour ne rien lui briser. Juste lui offrir des séquelles. Des souvenirs. S’il ne retient rien, s’il ne sait pas apprendre, alors je lui apprendrais de la manière par laquelle on m’a enseigné l’obéissance. Je l’ai trop préservé, je l’ai trop protégé. Et je persiste, en retenant mes coups, malgré toute ma volonté. « … Si dommage qu’aujourd’hui, ce soit le jour où je te brise. » Ma respiration est toujours aussi posée. Je le surplombe. « Tu te soumettras, Orfeo. Quand tu comprendras que c’est ta seule chance de survivre dans ce monde. Tout le monde se soumet un jour. » Je détache mes syllabes avec soin, j’articule chaque segment de mot comme pour lui transmettre ce que je ne dis pas. Tout le monde se soumet un jour, moi le premier. « La survie passe par la soumission. Tout comme le pouvoir passe par la violence. J’ai mis des années à apprendre cette leçon. Je l’ai payée du prix fort. Et j’ai trop longtemps négligé cette part de ton éducation. » Je t’aime, petit frère, tu es la seule chose de pure qu’il reste dans ce monde, avec Violet. Je t’aime, d’un amour fraternel, d’un amour éternel, d’un amour que rien n’entache. Mais je ne serai jamais assez bien à tes yeux, alors je me contenterai d’être le pire. Pour que tu me craignes à défaut de me respecter. Pour que tu survives, que tu t’endurcisses à défaut de pouvoir m’aimer. Pour que je puisse t’avoir apporté au moins une chose dans ta vie, à défaut de pouvoir mériter ta candeur. Peut-être que si je suis un monstre, tu lutteras par esprit de contradiction pour devenir un homme bon. Un homme qui ne se soumet pas. Un homme qui se bat. Ce n’est pas d’avoir refusé de me soumettre qui m’a coûté un prix inimaginable, c’est de m’être trop soumis. Je m’écarte, mes doigts frottent mes phalanges aux bleus déjà résorbés. « Relève toi. »


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MessageSujet: Re: Faceless strangers without names |Rafael|   Hier à 23:36


Faceless strangers without names
What about us, isn't it enough? No we're not in paradise. This is who we are, this is what we've got. No, it's not our paradise. But it's all we want, and it's all that we're fighting for, though it's not paradise ••• Chaque mot s'était arraché à son âme, à son cœur, dans une douleur et une violence inouïe. Il aurait aimé se taire. D'un côté, il aurait aimé ne pas avoir à se comporter ainsi. Sauf que c'était le seul moyen de gagner un peu d'espace vital. Le seul moyen qu'il avait trouvé pour se faire une place en son propre nom, sans être manipulé, couvé par cet aîné si envahissant. Finalement, aucun des deux hommes ne parvenait à adopter un comportement logique, rationnel et surtout sain. Ils se contentaient de se cacher derrière des myriades de masques, de tics et de paroles qui les éloignaient un peu plus à chaque instant. En avaient-ils seulement conscience ? Orfeo certainement pas. A vrai dire, il ne savait plus comment réagir pour exprimer tout ce qu'il ressentait. Ces émotions-mêmes qui seraient vues comme si puériles, si inutiles par Rafael. Il lui avait déjà fait remarquer, qu'il ne devait pas lui faire confiance, qu'il ne devait pas l'aimer... Ce n'était pas bien. Que des conneries qui, malgré tout, se glissaient sous son épiderme, jusqu'à son cerveau et faisaient son petit bout de chemin jusqu'à ses pensées.

Le silence suivit ses paroles. Un silence lourd, désagréable malgré la nonchalance et le sourire qui s'aggripait à ses lèvres. Il voulait garder cette attitude, si décalée soit-elle par rapport au véritable Orfeo. Il voulait qu'elle s'accroche à lui, qu'elle ne fasse plus qu'une avec lui. Peut-être qu'ainsi, il lui serait plus facile d'oublier ce frère si important. Si seulement... Si seulement tout était si simple. S'il suffisait de se glisser dans une attitude comme on s'enroulait dans une couverture et qu'instantanément, les émotions iraient dans le même sens. Belle utopie pour l'homme qui souhaitait par-dessus tout devenir un connard. Superbe optique d'ailleurs. Ce devait être le rêve de beaucoup... Il revint dans la réalité au bruit du pas de son aîné. Il venait de reculer. Pourtant, il ne devait pas se sentir menacé, ce n'était pas son genre. Il répéta les mots d'Orfeo, mots qui serrèrent un peu plus son coeur. Cela était sorti naturellement, sans réflexion. Et douloureux était de constater à quel point ils étaient vrais. L'italien ne serait jamais à la hauteur des espérances de son aîné. Réalité désagréable. Il lui faudrait pourtant l'accepter un jour. Que leur relation ne serait jamais dans l'égalité. Enfin ça, c'était si Orfeo avait été quelqu'un de très pessimiste et réfléchi de nature. Heureusement, il gardait une certaine... Naïveté certains appelleraient cela, lui préférait le terme "optimisme", qui lui offrait à l'esprit de possibles variantes...

La remarque de Rafael la laissa de marbre. Qu'avait-il à dire de suite ? Son aîné n'avait pas tort. Orfeo avait gardé son identité, puisqu'il la rattachait à un passé auquel il restait accroché. Cette innocence durant laquelle l'autre s'était occupé de lui, où leur relation n'avait pas encore pris cette... Tournure sanglante. Il aurait été logique qu'il change, qu'il parte sur de nouvelles bases. Sauf qu'il ne voulait pas se perdre encore plus. Et si, en même temps, il pouvait en profiter pour prouver que même avec le nom de cet aeuïl si détesté il pouvait être quelqu'un de "bien", ce serait parfait. Renzacci ne rimerait pas éternellement avec tuerie, trahison, destruction ou violence... Un choix parmi tant d'autres. Et finalement, le patronyme ne faisait pas l'être, les deux hommes en étaient la preuve vivante... Un léger soupir quitta les lèvres d'Orfeo. La douleur à la jambe se ravivait, insidieuse, pour lui rappeler que ce n'était pas seulement le chaos à l'intérieur de son être, son corps était déjà blessé. Ce n'était pas le moment de faire des conneries s'il voulait s'en sortir en un seul morceau.

Il y songera le jour où il ne sera plus important ? Ah, parce que ce n'était pas déjà le cas ? Là, il était étonné, et le laissa transparaître. Alors ainsi, il gardait quand même une certaine utilité... L'italien aurait préféré ne pas le savoir. Trop d'émotions et de signaux contraires qui allaient le faire imploser. Rafael se rapprocha, et le sorcier dut se faire violence pour ne pas amorcer un mouvement de recul. Il devait taire la peur qui côtoyait à présent la colère. Que du bordel... Son esprit chercha à se concentrer sur les mots, à ignorer la proximité physique qui se réimposait. Orfeo n'était ni fort, ni invincible, ni invulnérable, ni indestructible... Ca, c'était l'apenage de son aîné. Lui, il n'était qu'un simple humain, brisé en mille morceaux depuis des siècles. S'il ne le montrait pas, cela n'en restait pas moins la vérité. Il n'était rien d'autre que des milliers de pièces recollées à la va-vite. Comme tous ceux étant passés par Darkness Falls, bien qu'il ne s'en sortait pas trop mal... Il déglutit, maintint tant bien que mal le masque sur son visage, sur son corps. La fierté... Voilà à quoi ils en étaient réduits. Se planquant derrière leur orgueil respectif, cherchant à se descendre mutuellement. Il ne le tuerait pas, il le briserait. Un rire étouffé s'échappa de sa poitrine. S'il savait... Si seulement Rafael savait à quel point il était déjà brisé. Rien ne pourrait le détruire plus.

Le mouvement de recul obligé, le coup porté dans sa blessure à la jambe. Précis, à la hauteur de l'homme qui lui faisait face. Il étouffa le cri de douleur qui montait dans sa gorge. Ou plutôt, son frère s'en chargea pour lui. L'explosion contre sa mâchoire, suivie de celle du nez, délocalisa la souffrance. Les côtes, l'entrejambe... Des impacts qui ramenaient les souvenirs de l'Enfer dans son esprit. Finalement, être à terre lui permettait de ne pas avoir à regarder son aîné. De ne pas lui montrer sa faiblesse, sa terreur de l'instant présent. Il avait réveillé ces moments qu'Orfeo avait mis plusieurs années à mettre en veilleuse. Sale... Aucun mot ne lui vint à l'esprit, mais il pesta tout de même. Histoire de. Les coups se succédèrent. Suffisamment forts pour qu'ils les ressentent, qu'il en ait le souffle coupé par moment. Pas assez pour que les os se brisent. Il n'était même pas foutu de s'appliquer... Les assauts finirent par se tarir, le sorcier en profita pour se laisser aller sur le dos, reprenant des inspirations plus profondes. Son regard bleu ciel s'accrocha au plafond immaculé. Le goût de sang avait définitivement envahi sa bouche.

Il écouta d'une oreille discrète les paroles de Rafael. Bordel, ce frère ne s'arrêtait jamais de parler, même après lui avoir infligé une correction physique. Pourtant, manier le silence devait faire partie de ses capacités... L'italien ne dit rien, le laissa continuer. La seule chance de survivre, c'était de se soumettre. D'abandonner la liberté. Et le pouvoir passe par la violence. Un nouveau rire le secoua, rapidement suivi d'une grimace. Quand même, il ne l'avait pas loupé. Il aurait des bleus et des courbatures pendant quelques jours, voire semaines. Et même avec ça, il ne comprendrait pas la leçon. Son esprit était encore bien trop volatil pour espérer se soumettre. Le "Relève-toi" le laissa de marbre. Il ne bougea pas. Déjà parce qu'il ne le pouvait pas. Son corps restait engourdi après les coups, bien qu'il ait vécu pire. Il fallait croire qu'on se déhabituait de tout. Un seul murmure quitta ses lèvres :

"Ce n'est pas comme s'il y avait encore quelque chose à briser..."

Réalité amère. Ses paupières se refermèrent, cherchant un certain repos. Le silence s'installa, inconsciemment mis en place par Orfeo. Il avait juste besoin de temps pour laisser son esprit se poser. Trouver les bons mots, les bonnes réactions. Celles qui cacheraient au mieux ce qu'il ressentait. Celles qui porteraient à la perfection le masque voulu. Si facile à dire, tellement plus difficile à créer et maintenir. Surtout pour lui. Surtout dans une telle situation, où son coeur bouillonait.

"Je ne revendique pas ce nom. Il est juste collé à ma peau. Après, je compte bien montrer qu'il ne fera pas de moi un monstre."

Il ne sera pas un monstre. Peut-être qu'il adoptera totalement ce masque de connard, mais il n'ira pas jusqu'à être un monstre, tuant de sang-froid, cherchant à assouvir son pouvoir au moyen de méthodes douteuses, de meurtres de masse ou de chantage. De toute façon, il n'aurait jamais les connaissances nécessaires pour ce faire. Et puis... Ce n'était pas dans son caractère. Toute cette mascarade d'aujourd'hui n'était pas ce qu'il aspirait à devenir comme homme. Sauf que face à Rafael, il avait tendance à tout laisser déborder. Ou à tout enfermer, dépendant du point de vue. Il se transformait, puisque celui qu'il voulait être ne serait pas au goût de son aîné. La main se posa sur son front, alors que les lèvres se remirent à bouger :

"Tu sais... Je pense que ça doit faire des siècles que je n'ai plus de valeur ou d'importance à tes yeux. Soyons réalistes. Je suis bien plus un parasite qu'autre chose. Pour une fois, tu m'étonnes..."

Un sourire carnassier s'était dessiné sur ses traits, à l'inverse des émotions qui l'avaient envahi, qui étreignaient son coeur. S'il s'était écouté, certainement qu'il aurait pleuré. Ce n'était que quelques mots que Rafael lui avait dit. Mais d'un côté, cela voulait aussi dire qu'il ne voulait pas le voir mort aujourd'hui. Et c'était plutôt rassurant, plutôt agréable pour le petit frère qu'il était. Perdu dans cette nuée de sentiments contradictoires. Il lui faudrait aller voir un psy un de ces quatre.

"Tu n'es pas le méchant dans cette histoire. Oh, tu restes peut-être un connard fini, et j'ai bien envie de t'assommer contre un mur pour te faire retrouver l'esprit, mais tu n'as rien d'un "méchant". Tu es la personne invulnérable, invincible, forte entre nous deux. C'est peut-être ce qui fait que tu es parvenu à aller jusqu'à me tuer toi." La pause, la langue passée sur les lèvres sèches. "La fierté, c'est ce que tu m'as appris. Ca doit être si... Douloureux de la voir utiliser contre toi. De voir que je n'arrive pas à baisser la tête devant toi."

Lui qui avait ce besoin de contrôle, il allait être servi en termes de désobéïssance. Orfeo finit par se redresser, s'asseoir sur ce sol si immaculé. Ses doigts se glissèrent contre sa nuque, la massèrent légèrement. Il donnait l'illusion que la douleur importait peu. Qu'il n'y en avait aucune. Bien loin de la réalité, des souffrances à chaque muscle bougé. Même si Rafael n'avait rien brisé, quelques dommages étaient à observer. Son regard, mi-glacial, mi-amusé, se planta dans celui de son aîné.

"Hé bien, tu pourras rajouter une exception à ton adage. Je ne me soumettrai pas. Tu pourras continuer à me frapper, tu pourras chercher à me briser, rien n'y changera. Je serai le grain de sable dans ton engrenage si parfait. Il va falloir t'y faire."


La rébellion. Les chaînes s'étaient brisées. Tout du moins, c'était ce qu'il laissait croire. Qu'il n'y avait plus de dépendance entre eux, plus rien ne les reliant. Il mentait. Et pire encore, il essayait de se mentir à lui-même. Nier l'amour envers cet aîné était stupide. Car il n'hésiterait pas à se sacrifier pour lui. Tout le paradoxe de leur relation. Rester à l'écart, tout en sachant pertinemment qu'il se tuerait pour son frère, qu'il le protègerait coûte que coûte. Des facteurs contraires. Un chaos sans nom.

"On est deux putain de cons en fait..."

Une petite phrase murmurée, la tête secouée, réveillant la douleur dans sa mâchoire.


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Brothers even Death can't scatter us

Men dream. But dreams hold no value here. What was first the bright light of hope has now turned into a long night of captivity. Lost in the dark, we surrender our minds and forget who we are. But some of us have woken up. They remind us that we all have the choice. To stand, not kneel. To oppose, not obey. To live, not just exist. | © Vent Parisien



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