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 Here I stand, hopeless and dying |Callum|

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↳ Opinion Politique : Le monde a besoin d'un Gouvernement. Mais pas de celui-là.
↳ Niveau de Compétences : 2
↳ Playlist : Danse macabre ~ Delain
Innocence ~ Tarja
Edge of the blade, Beyond the Matrix ~ Epica
↳ Citation : "We both strive for the same end. Only our methods differ. Do you not see that? Peace. Stability. A world where men live without fear."
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MessageSujet: Here I stand, hopeless and dying |Callum|   Ven 18 Nov - 1:51


Here I stand, hopeless and dying
Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ••• Ses doigts faisaient tourner la lame tandis qu'il se perdait dans ses pensées. Sa rencontre avec son frère hantait son esprit, à un point qui l'empêchait de marcher dans la rue sans se heurter à quelqu'un. Il n'arrivait plus à se reconcentrer sur les actions de tous les jours qu'il était supposé faire. Le regard de Rafael le transperçait toujours, le faisant autant frissonner que lors de leur précédente rencontre. Comme si l'histoire était vouée à se répéter. Le jeune homme se massa les tempes. Comment en étaient-ils arrivés là ? Au point que sa propre vie ne lui appartenait plus complètement. Alors qu'il aurait aimé la récupérer. Il aurait aimé que son frère se rende compte à quel point ce qu'il faisait n'était pas sain. Evidemment, Orfeo ne le voyait absolument pas comme quelqu'un de "mauvais". Puisqu'après tout, ils ont l'air de vouloir la même finalité. Sauf qu'une haine et une histoire bien plus lourde s'étaient abattues sur les épaules de son aîné. Leur passé, voilà un peu plus de sept cent cinquante ans. Leur grand-père, un homme sans pitié, que la morale n'avait que très peu étouffé au cours de sa vie. Il s'était servi de lui comme d'un lien affectif avec Rafael. Et, dès que l'occasion s'était présentée, il avait trahi tout le monde. Orfeo n'avait jamais connu la tendresse de cet être et, aujourd'hui, un certain ressenti, une certaine haine avait remplacé ce manque.

A tout ça il fallait rajouter l'arène. Une horreur sans nom dans laquelle des citoyens lambdas avaient été plongés durant des jours. Orfeo avait eu du mal à regarder les exécutions qui s'y étaient déroulées. Le Gouvernement avait trouvé un moyen de terroriser une population entière sans avoir à bouger le petit doigt. Il avait vu les personnes tomber sur l'écran de télévision de la caserne. Certaines arènes n'avaient pas vraiment attiré son attention, même si y voir les gens mourir avait laissé un goût amer dans sa bouche. La seule qu'il avait réellement suivie fut celle "de glace". Comme tous les mecs du boulot à vrai dire. Parce qu'un collègue s'y trouvait. Quelqu'un qu'il avait appris à apprécier malgré une froideur apparente plutôt imposante. Alors, il avait fini par passer du temps devant l'écran, comme hypnotisé par le divertissement morbide proposé. Ses yeux avaient vu l'épisode du bras de cette pauvre femme, découpé par Callum. Les hallucinations, les morts, toutes plus dégueulasses les unes que les autres. Après ça, il n'avait même pas osé poser son regard sur l'arène finale. Les gens étaient désespérés, prêts à tout pour venger ceux qu'ils avaient perdus pour certains. Une triste réalité sur la nature humaine...

Jusqu'à ce qu'il apprenne que tout cela avait été faux. Ou plutôt, que personne n'était réellement mort, que les blessures n'avaient pas été si graves dans la réalité. Mais qu'importait. L'épreuve dont sortait les participants allait laisser des traces. Que ce soit dans la société en général ou chez ceux qui s'y étaient battus. Orfeo aurait peut-être dû demander plus d'informations à Rafael. Pourquoi avoir fait cela ? Qu'est-ce que ça leur apportait ? A part détruire un peu plus leur réputation auprès de la population. Comme s'il en avait déjà une. Il planta le poignard dans le bois de sa table de chevet, attrapa un sac traînant dans un coin et sortit dehors. Le sorcier soupira doucement et inspira l'air frais de la rue. Le soleil ne s'était pas encore levé alors qu'il se dirigeait déjà vers la caserne. Il ne devrait y avoir personne aujourd'hui. C'était un jour de repos, même si les pompiers gardaient toujours leur biper avec eux. La plupart de ses collègues avaient une famille, des amis, et ils en profitaient pour les voir. Surtout avec la fin des arènes, avec les interviews à la con qui avaient été diffusées. Ils voulaient profiter d'eux avant une autre connerie du Gouvernement. Cela lui faisait regretter un peu moins son choix de se joindre à la Sakpata et à Marie. Même s'il savait qu'il risquait sa vie puisque Rafael le tuerait de ses propres mains s'il apprenait ça...

Orfeo se glissa dans les bâtiments vides. Une salle d'entraînement avait été mise à disposition pour eux par le Gouvernement, dans leur grande gentillesse. Bon, sur ce point, il ne se plaignait pas trop. Certes, il était loin d'être une montagne de muscles mais celui lui permettait de rester en forme. Et d'en profiter si un jour il devait réellement s'opposer à ceux qui le paient aujourd'hui. Etrangement, il n'était pas pressé de devenir un "vrai" criminel. Celui qui est traqué. Celui qui est voué à mourir car on finit toujours par faire une erreur. Et une simple erreur équivaut à perdre la vie dans ces moments-là... Pensée qui l'obligea à travailler plus de deux heures sans interruption, comme pour oublier cette possibilité, ou s'y préparer encore plus. Et cela eut un effet radical, puisqu'il finit par suffisamment se concentrer sur l'entraînement pour ne plus avoir de mauvaises idées en tête.

Le jet brûlant coulait sur sa peau tandis que les pensées revenaient au galop. Mais il était désormais plus... Zen. Plus calme. Il s'était fait à l'idée qu'il n'arriverait pas forcément à semer des enquêteurs ou des poursuivants à chaque fois. Surtout que son frère avait dû renforcer la surveillance autour de lui. Oui, il faudrait qu'il prévienne Marie qu'il allait devoir se faire discret durant les jours ou les semaines à venir. Marie... Une femme pleine de poigne et de talent. Il l'admirait réellement, même s'il ne pouvait pas s'empêcher de la provoquer par moment. Après, il lui fournissait aussi des informations concernant ce qu'il savait au travers de Rafael. Elle ne pourrait donc pas lui en vouloir de lâcher prise quelque temps. Et puis, c'était toujours mieux pour elle que de voir son business se faire investir par des peacekeepers ou des shadowhunters. Surtout que si Orfeo risquait de mourir, Marie y passerait de façon nettement plus violente. A moins qu'elle ait plus d'un tour dans sa poche. Ce qui n'étonnerait guère l'homme à vrai dire.

L'eau cessa, la serviette épongea les dernières gouttelettes, il enfila son pantalon et attrapa sa chemise avant de retourner dans le couloir. Un bruit sourd venant de la salle de repos attira son attention et il s'y dirigea au pas de course, enfilant dans le même temps son dernier vêtement. Il boutonnait celui-ci en entrant dans la pièce, et quelle ne fut pas sa surprise lorsque son regard se posa sur Callum. Que faisait-il ici ? Certes, Orfeo savait que les participants avaient été relâchés dans la nature mais il ne s'attendait pas à le voir maintenant. Il termina de fermer le dernier bouton et s'approcha lentement. Son collègue avait beau être capable de supporter beaucoup, il devait avoir une limite. Autant faire attention un minimum.

"Callum ! Comment te sens-tu ?"

Bon, comme ça, ça pouvait apparaître comme une question conne. Et c'en était certainement une. Mais Orfeo avait besoin de prendre la température. D'essayer de le faire parler sans avoir à poser des questions trop précises qui pourraient lui rappeler des souvenirs douloureux... C'était sa façon de faire, quand il abandonnait son rôle de connard.


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MessageSujet: Re: Here I stand, hopeless and dying |Callum|   Mer 23 Nov - 23:02

« Callum ! Comment te sens-tu ? »
Le pompier. L’assassin. Le père. Le frère. Le fils. L’ami. Le militaire. L’assassin. Le pompier. Le fils. L’assassin. Le pompier. Le…. Le quoi ? Sa tête lui pèse, semble s’étioler à mesure des heures où il reste éveiller. Ses nuits, elles, sont parsemer de combats de son passé et se concluent systématiquement par sa fille qui disparait entre ses bras. Le tue. Encore et encore. Puis la rage prend la relève, le pousse à se lever et à nourrir la colère. Se maintenir éveiller. Zonner dans une ville sans âme, comme lui. Repenser à l’enfermement, à l’arène, à Laura, Shae et les autres. Revoir ces branchements autour de leur corps. Revoir ce bras coupé. Revoir la mort de Laura et d’Eam. Revoir la lutte de Tristan face aux autres. Se sentir coupable. Se sentir lasse. Se sentir enragé. Se souvenir. Se souvenir d’une autre conscience moins dévastatrice, plus proche de celle qu’il avait auparavant. Se souvenir de sa fille, de la vie, du choix d’aimer vivre plutôt qu’aimer offrir la mort. Tout ceci s’articule autour de lui, en lui sans lui laisser le temps de respirer. Il semble devoir choisir mais le peut-il seulement ? Le veut-il seulement ? Honnêtement, l’homme n’en a pas la moindre idée et se love dans des besoins impromptus. Comme aujourd’hui. Cela fait deux jours qu’il a été « rejeté » dans la vie civile. Seulement deux. Hier il est parti courir. Courir à en perdre haleine. Courir à en sentir le moindre mouvement dans sa cage thoracique. Courir pas pour être en forme mais pour sentir. Ressentir. Aujourd’hui, aujourd’hui il s’est souvenu d’une recette. Il s’est souvenu de son père. De la caserne du district 42. De l’odeur des pancakes. Du rire des hommes et femmes autour de la table en attendant le petit déjeuner. L’homme pose son regard sur son vis-à-vis. Orféo. Un gamin. Compétent mais qu’un gamin. Oscillant entre recherche de stabilité et désir de la quitter à grands pas. Callum s’était souvent pris à vouloir le faire sortir de ses gongs, l’obliger à frapper, rager, crier, hurler. Dès fois, ça fonctionnait… De l’autre côté, Orfeo restait patient avec le caractère autoritaire de son collègue. Quelque chose de positif et, paradoxalement, profondément agaçant. « Des pancakes ? » Il n’est ni l’heure ni le lieu mais qu’importe. Le pompier veut sentir l’odeur. Veut voir son père. Veut entendre les rires. Il veut toucher l’impalpable, l’éloigné, l’intouchable… le passé.

En son sein, rien n’est similaire. La rage se veut puissante à l’instar de ce bout de lui qui s’est accroché à un miroir au fin fond de l’air glacière. La rage tente de s’extirper du ciblage que l’homme veut imposer. Comme cette première promesse faite il y a un an. Une promesse peu tenue. Oubliée, volontairement. Se napper dans la haine est bien plus facile que de parvenir à s’en extirper et ces souvenirs ces bribes du passé, ces désirs d’enfant, ces fixettes malsaines sont un remède relativement efficace. Une illusion de choix alors qu’il ne fait simplement qu’à remettre à plus tard, au moment où les questions sur sa fille, sur la vie ou la mort de celle-ci vont lui exploser au visage. Au moment où les souvenirs reprendront leur place de simple oasis imaginaire, ombres ou fantômes d’un passé mort. Mort et enterré. Il ne les avait pas vu dans l’arène mais sa famille faisait parti des zombies. Tous. Ils y étaient tous. Tous, morts, décharnés. Voila que son esprit bloc ces images. Juste dispositif d’autodéfense. Après tout, ce n’était qu’une illusion, massive mais illusion. Qu’importe les cicatrices et douleurs que son corps peut encore ressentir, il n’a probablement jamais été aussi vivant qu’à cet instant. Qu’importe si cette sensation de vie nait dans les chimères de ses souvenirs. Apprendra-t-il à vivre ainsi ? Il sort les ustensiles. Et son esprit vagabonde à la vision de son père. Chaque mouvement lui fait écho. Le récipient. Le fouet. La poêle. La casserole. Puis il récupère les ingrédients. Œufs, farine, sucre, tablette de chocolat, beurre. Son père était un homme conviviale, il avait toujours le mot pour faire rire, l’histoire pour rendre son discours intéressant, pour ne pas porter l’ennuie alors qu’il s’exécute. S’il adorait son métier, la cuisine était une passion pour lui. « Il adorait ça, cuisiné. C’était son truc. Il cuisinait pour toutes les raisons possibles, un véritable cordon bleu qui a surement créé le cliché du pompier cuisto. C’était son truc. J’ai oublié le lait, tu peux me l’amener ? Son plus grand regret était de risquer de gâcher ses préparations à la caserne… » Si ce n’est pas la voix de son enfance, c’est probablement la même façon de parler. « Chaque évènement pouvait se raconter par un repas. Il faisait parti de ces personnes qui considèrent la table comme l’élément central d’un foyer… à l’époque je considérais mon vélo et mon gant de baseball comme les deux centres de mon univers… » Un rire s’échappe pendant que les mains s’agitent. Il le voit. Là, son père. Là, avec lui. Là, lui montrant comment tenir le récipient, comment casser son poignet avec le fouet. Là. « J’ai fini par apprendre avec lui.. » Ses yeux se relèvent avec amusement vers Orféo. Ca aurait pu être n’importe qui, il s’en fichait. Ou peut être pas. Orféo était patient. Orféo pouvait écouter. « Tu penses j’étais une vraie plaie …. Une catastrophe, une bombe ambulante ou créateur de dépotoir. Ma petite sœur s’en sortait mieux que moi à trois ans… Mais l’abandon n’est pas Doyle. » Anna apparait dans ses songes. Son sourire. Son rire. Ses bras autour du coup de Callum. Son visage s’assombrit pendant que le silence fait place. Ses doigts glissent, le récipient se renverse en partie sur la table. « Mais quel con ! » Attrapant le récipient il le pose avec un peu trop de violence sur la table. Jure une autre fois en s’entend une autre éclaboussure. Ca, ça ne ranime pas de souvenir du père. Le père, lui, ne fait pas n’importe quoi. Non. Le pompier grommelle dans sa barbe et recule, s’adosse au frigo sans quitter des yeux le nouveau décor. « Orféo, repose-moi ta question plus tard. Plus tard, j’aurai peut être compris comment je me sens ou comment je dois me sentir. Plus tard ça me semble bien. » Plus tard parce que là, un rire s’éveille avec fébrilité. Parce que là, face à ses yeux le carnage lui rappelle pas son père mais lui. Lui, plus jeune. Lui enfant. Lui malhabile. Lui désireux de savoir qui être.

« Et toi ? Comment te sens-tu ?

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MessageSujet: Re: Here I stand, hopeless and dying |Callum|   Lun 28 Nov - 0:10


Here I stand, hopeless and dying
Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ••• Il se doutait qu’en adressant la parole à Callum après ce qu’il avait vécu, il aurait le droit à une réponse… Particulière. Cependant, tout ce qui allait se passer par la suite allait bien au-delà de ce qu’il avait imaginé. De toute façon, avec son collègue, ça s’était toujours passé ainsi. Orfeo se contenta de contourner l’homme, pour lui faire face, peut-être dans l’optique de lui offrir une accroche dans le monde réel. Le sorcier s’était toujours comporté ainsi avec Callum. Pour une raison qui lui était inconnue. Il avait toujours gardé son calme, qu’importait les remarques que son vis-à-vis lui faisait, qu’importait la force qu’il mettait pour le faire sortir de ses gongs. L’autorité était une chose qu’il avait longuement expérimenté, qu’il expérimentait toujours avec son frère. Et heureusement, cela lui avait permis d’obtenir une patience à toute épreuve. Et ça se voyait avec les heures qu’il avait passé à attendre, planté comme un piquet devant les bâtiments gouvernementaux, mais aussi avec son comportement envers Callum. Qui avait dû faire perdre patience à toute la brigade. Ce qui arracha un sourire à l’italien. Jusqu’à ce qu’on lui propose des pancakes. Il arqua un sourcil, observa d’un air étonné son interlocuteur. Quel était ce besoin soudain de cuisiner ? Pourquoi donc ? Des questions qu’il laissait en suspens pour le moment.

Orfeo se contenta alors de suivre Callum. Maintenant, il avait réellement peur qu’il fasse une connerie. Mette le feu à la brigade. Détruise quelques objets appartenant au Gouvernement aussi. Bref, pas forcément la meilleure des idées pour lui. Surtout que son collègue venait de sortir des arènes, alors les dirigeants pourraient prendre ça pour une rébellion. Chose qui mènerait à sa mort. Oui, le sorcier avait une excellente opinion de l’élite. Même s’il donnait l’impression de la suivre envers et contre tout. Comme quoi, il avait fini par mettre ce masque d’hypocrisie. Callum le sortit de ses pensées en posant sur la table ustensiles de cuisine et ingrédients en tout genre. L’italien n’était guère au fait de la gastronomie américaine d’il y a quelques décennies, il resta donc silencieux, attendant pour une fois les ordres. Qui ne vinrent pas. Son interlocuteur était resté muré dans son silence, se contentant de préparer les pancakes dont il avait envie. Peut-être parce que cela lui rappelait un souvenir, enlevait l’horreur qu’il avait vécu durant les jeux. Parce qu’Orfeo se rappelait sa mort. Celle des membres de son groupe, auquel il avait fini par s’accrocher. Des pertes, bien qu’elles soient fausses, qui pouvaient meurtrir l’homme le plus puissant. Les souvenirs qu’elles avaient déclenchés aussi.

Le sorcier s’était assez peu interrogé sur le passé de Callum. Au vu du sien, il fallait mieux éviter de poser des questions. En revanche, il savait que l’homme avait fait l’armée et qu’il avait eu quelques… Soucis d’ordre familial. Sans plus de détails. Puisque cela ne l’intéressait pas vraiment. Il préférait s’attarder sur l’homme qu’il était aujourd’hui. Brisé. Au bord du gouffre. Se raccrochant à pas grand-chose pour éviter de sombrer dans l’horreur. Comme lui à Darkness Falls. Un souvenir douloureux qui lui arracha un soupir. Orfeo écouta le pompier face à lui se mettre à parler. A raconter les passe-temps d’un homme de son entourage. Qui était pompier aussi mais dont la passion était la cuisine. A aucun moment il ne chercha à l’interrompre. Même pas quand Callum lui demanda de lui rapporter du lait. Aucun mot ne quitta ses lèvres tandis qu’il s’exécutait juste. Il posa l’ingrédient au milieu des autres sur la table. Pas un mot pour exprimer qu’il avait fait sa tâche. Toujours rien. Il n’était pas bon de couper quelqu’un qui avait besoin de s’ouvrir. De se souvenir. De se rappeler de ce que c’était « avant ».

Il observa les gestes de Callum. Il parlait de son père. Orfeo avait fini par le comprendre. Cette pensée en ramena une autre. Son propre père. Qui était aussi son grand-père. Oui, les histoires de sa famille étaient d’une complexité… Mieux valait qu’il n’y repense pas, puisque même lui n’avait pas tout compris. A part que le retard mental de sa « première » existence avait été lié à cet inceste des plus violents. Quand son collègue leva les yeux vers lui, l’italien se contenta d’un léger sourire, pour montrer qu’il était toujours là et qu’il écoutait. Même s’il se doutait que cela ne changeait pas grand-chose pour l’autre. Il n’était qu’une tâche floue dans la vision de Callum. Mais c’était toujours mieux que rien. Orfeo croisa les bras en prenant appui sur le dossier d’une chaise. Il secoua négativement la tête lorsque le pompier s’affubla d’adjectifs et de noms négatifs. Tout le monde est passé par une phase où il n’arrivait pas à faire quelque chose. Et peut-être que la cuisine n’était juste pas pour lui. C’était un fait, chaque personne avait des domaines où elle était meilleure que d’autres.

Cependant, le sorcier n’eut pas le temps de faire la moindre remarque que le récipient échappa des mains de Callum, se renversa un peu. Que, dans sa précipitation pour le rattraper, il en mit encore plus partout. Orfeo soupira, se détacha de sa chaise alors que l’homme prenait appui sur le frigo, le regard fixé sur le… Désastre. Puis quelques mots en plus pour répondre à sa première question. Plus tard… Il avait compris. Et la logique aurait voulu qu’il le laisse maintenant, à ses réflexions, à son besoin de silence. Sauf que ce serait dangereux. Il pourrait le retrouver mort et ce n’était pas ce qu’il voulait. Donc… Il resterait. Même s’il devait faire face à la violence de Callum. Qui lui retourna sa question après un léger rire fébrile. Hé bien…

« Je ne sais pas trop non plus. Entre les horreurs que j’ai vues sur les écrans ces derniers jours et une nouvelle rencontre avec mon frère… Je ne sais pas. »


La haine, la colère, tout ça était ressorti durant les massacres. Il ne supportait plus les conneries du Gouvernement, sans forcément prendre parti contre aux yeux de tous. Parce que Rafael. Parce que cet homme était à la fois sa plus grande source de soucis mais aussi la personne à laquelle il tenait le plus. Ben oui, c’était tellement plus simple que de complètement faire un trait sur ce passé douloureux, et révolu. Orfeo hésita une seconde, puis se rapprocha de quelques pas, tout en maintenant une certaine distance. Il voulait garder la possibilité de réagir si Callum se perdait à nouveau et se mettait à l’attaquer. Il n’aurait jamais pensé ça en temps normal mais il fallait croire que ces jours-ci, tout était tout sauf normal…

« Je te demanderai plus tard si nécessaire alors. Même si finalement, ce n’est pas une bonne idée. Arriveras-tu à savoir comment tu dois réagir ? »


Le ton était resté des plus calmes, des plus neutres. Il adoptait toujours ce genre de comportement avec Callum. Une manière de contrebalancer les trop-pleins d’émotions dont faisaient preuve son collègue. Qui le traitait souvent comme un gamin. Cela faisait sourire Orfeo intérieurement. Mais il n’avait jamais fait de remarques à ce sujet. Il n’aimait pas signaler qu’il avait sept-cent quatre-vingt-quatre ans. Ca faisait un peu trop… Prétentieux à ses yeux. Et surtout, il n’avait pas la connaissance d’un homme de cet âge-là. En partie à cause de son retard mental d’avant Darkness Falls. Alors, il préférait donner son âge physique, et faire comme si son âme avait le même âge. C’était plus simple que d’expliquer tout ce qu’il s’était passé.

« Tu n’es pas une catastrophe, une plaie, qu’importe les mots que tu utilises. Tu ne l’étais pas non plus dans le passé. On ne peut juste pas être doué en tout. Je suis sûr que ton… Père dirait la même chose. Et le disait. »

Ses yeux bleus s’attardèrent quelques secondes sur ceux de Callum avant de se reposer sur la table. C’était dommage, il avait hâte de manger des pancakes. Ce n’était clairement pas le premier type de nourriture auquel il pensait quand il devait s’en faire. Et vu la catastrophe qu’il était en cuisine dans tous les cas…

« Quant à la table, il suffit juste de nettoyer, ça ne vaut pas la peine de s’énerver. »

Toujours des solutions. Bordel, il allait devoir se créer un diplôme pour ça aussi. Ne jamais s’énerver, toujours trouver des solutions. Pour les petits problèmes comme pour les plus importants.


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Brothers even Death can't scatter us

Men dream. But dreams hold no value here. What was first the bright light of hope has now turned into a long night of captivity. Lost in the dark, we surrender our minds and forget who we are. But some of us have woken up. They remind us that we all have the choice. To stand, not kneel. To oppose, not obey. To live, not just exist. | © Vent Parisien



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MessageSujet: Re: Here I stand, hopeless and dying |Callum|   Mar 6 Déc - 23:58

Sa question a pour but de détourner son attention mais cela ne fonctionne qu’à moitié. Entre le point d’interrogation et la réponse de son collègue, Callum a le temps de voyager par le temps et de se plonger auprès de son père.  Un jour de neige, le garçon avait tout fait pour accompagner son père à la caserne, chose pas bien compliqué à obtenir. Quelque chose chez lui devait le rendre mignon malgré ses frasques et globalement, la caserne avait plaisir à l’accueillir. Un plaisir partagé puisqu’en plus d’être un parfait terrain de jeu, Callum avait l’impression de faire parti d’un « tout ». La sensation d’avoir une place presque prédestinée. Huit ans, c’est un âge agréable. Ce n’est qu’un peu plus tard où le jeune garçon avait fini par se chercher réellement oscillant entre son désir d’être pompier et celui de marquer les esprits…. Etre différent. Unique. Au final, l’arène a fini par lui faire comprendre qu’en effet, il était unique en son genre. Pas nécessairement de la meilleure manière qui soit, pas nécessairement comme ses parents l’auraient imaginé et pas nécessairement comme sa fille le voyait avant de disparaitre à son tour. Je ne sais pas trop non plus. Entre les horreurs que j’ai vues sur les écrans ces derniers jours et une nouvelle rencontre avec mon frère… Je ne sais pas. Le pompier pose son regard sur Orféo. Un frère ? La question en amène bien d’autres qu’il se surpend à regrouper ainsi : que sait-il vraiment sur son collègue ? Pire encore, a-t-il seulement déjà écouté son collègue ? Probablement pas. Orféo n’est pas le plus bavard de ses collègues et pour cela, il en devient le plus respectable et apprécié pour Callum. Toutefois, depuis le temps passé dans cette caserne l’information n’aurait pas été diffusée ? Peut être. Peut être pas. Il n’en sait fichtrement rien et s’étonne de s’étonner de cela. Depuis quand se soucie-t-il de qui que ce soit ? Ou plutôt, depuis quand s’intéresse-t-il à la vie d’autrui ? Après tout il ne connaissait pas plus l’ancienne vie de Shae bien qu’il mourrait probablement pour elle. La pensée lui vaut une grimace et un poing serré. Oui, il pouvait mourir pour s’assurer sa survie pourtant ce n’est pas ce que l’arène a démontré. Je te demanderai plus tard si nécessaire alors. Même si finalement, ce n’est pas une bonne idée. Arriveras-tu à savoir comment tu dois réagir ? Question pertinente,  il en convient. Le torrent dans son être n’est pas affaibli par la cuisine, juste distrait. Un petit leurre que le pompier n’hésite pas à utiliser pour retrouver un bout de sensation de l’arène, loin du feu qui bouillonne. Peut-être que le choix est ici, présent bien qu’il ne puisse encore l’assumer. N’est-il pas vrai que le choix s’effectue en 30 secondes mais que le reste du temps ne représente que le temps d’assumer ? Callum en est-il là ? Au bord du gouffre, les yeux bandés ? ou Dans une clairière en croyant au gouffre ?

..je suis sûr que ton… Père dirait la même chose. Et le disait. Un fin sourire s’affiche, sa tête bascule de droite à gauche. Ce n’était pas réellement une critique qu’il se faisait. La précision était devenue une seconde nature, totalement nécessaire à ses différentes activités mais, plus jeune rien n’était moins sûr lorsqu’il s’agissait de cuisine. Le comble était qu’il aimait s’y trouver, plus encore lorsqu’il est devenu père du jour au lendemain. Lorsque ses songes le poussent à oublier la mort qui s’est immiscée dans sa vie, le pompier en a conscience : c’était un bon père. Improvisé par bien des aspects, approximatif la majorité du temps mais présent. Un peu comme son propre père, il n’y avait pas à chipoter, il était un exemple plutôt bon dans le domaine. Mon père s’exaspérait en lachant un rire sonore. Il savait être dur mais restait bon vivant … à moins que sa mort me l’ait fait idéaliser… L’idée n’est pas erronée. Ses souvenirs sont choisis depuis des années et ceux qui font surface chercher à l’humaniser non l’enfoncer dans la noirceur latente. Le fait qu’il en ait conscience sans s’en agacer est une bonne chose. La colère est pourtant là, il la sent avec une aisance liée à ce désir malsain mais profond de la chatouille et s’enivrer d’elle. Le doux réconfort loin de l’étrange effort que son esprit fait naitre depuis l’arène. Toujours cette affrontement entre renoncement et espoir. Le pompier voit bien les réactions du gamin. Ce dernier ne semble pas bien certain du comportement de Callum, probablement trop habitué à son côté tranchant et relativement violent. Pourtant, le pompier était d’un incroyable contrôle sous son uniforme, un reflexe du passé ou un désir pour le futur ça… c’est un mystère. Il ne lui était arrivé que de rares fois de s’emporter contre l’un ou l’autre de ses collègues ou mieux encore, une abrutie de victime ou connaissance de victime ou… bref, la patience n’était pas son fort par le passé, là ça relève d’un miracle. Le binôme que formait Orféo et Callum avait alors tout son intérêt. Au pire, tu frappes si ça dérape .. ça ira dans un sens comme dans un autre .. l’imprévu ça peut être ludique.. Il le détaille, amusé. On ne s’est jamais battu, je suis curieux de voir comment tu te défends… Le pompier tape alors des mains, cherche une éponge qu’il mouille avant d’entamer une petite séance de nettoyage. D’un geste vif, il jette un torchon à son otage du moment. Bosse un peu, manant Son sourire veut imprimer la détente, convaincre ses songes, recréer le parallèle de cette vie avec son ancienne. Recommençons… Le pompier repose tout correctement, et invite Orféo à le rejoindre. Tu en as déjà fait ? La première question lui revient. C’est vrai, il est peut être temps. Tu es quoi au fait ? Bon, pas encore au poil avec les formes mais au moins la tentative était là. et t’as un problème avec ton frère pour mettre votre rencontre sur le même pied d’égalité que les arènes ? Il est temps de voir ce que c’est la « sociabilité » et de s’entrainer à la pratique.

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MessageSujet: Re: Here I stand, hopeless and dying |Callum|   Mar 13 Déc - 23:33


Here I stand, hopeless and dying
Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ••• Orfeo observait l'homme qui se tenait non loin de lui. Depuis qu'il l'avait aperçu, il ne l'avait pas quitté du regard bizarrement. Peut-être parce qu'il n'avait pas envie d'être surpris par un possible traumatisme ou une réminescence de son passage dans l'arène qui le rendrait violent à son encontre. Ses années à Darkness Falls l'avaient quand même rendu quelque peu méfiant, notamment dans ces circonstances-là. Et le sorcier avait beau apprécié travailler avec Callum, il ne le connaissait pas réellement. Certes, il avait appris certains détails au cours des mois mais ils avaient assez peu de contacts en dehors de la caserne et de leurs missions en binôme. Donc, si l'italien l'appréciait, il n'en restait pas moins sur ses gardes dans un tel moment. Finalement, il le serait avec n'importe qui ayant vécu un tel traumatisme. Il fallait éviter de refaire plusieurs fois les mêmes erreurs. Bien que, dans le fond, cela l'agaçait de devoir faire attention. C'était contre-nature pour lui. Même s'il tentait d'afficher une image d'un parfait connard. Bon, il manquait très clairement d'entraînement sur ce point-là... Une amélioration à faire pour le futur, qui se nota dans un coin de son esprit mais dont ce n'était pas le sujet maintenant.

Callum rebondit au sujet du père, et Orfeo lui offrit à nouveau toute son attention. C'était aussi le moment de capter des détails au niveau de l'existence de son comparse, de dépasser un peu les limites imposées par les relations de travail. D'aller chercher des réponses qui, en temps normal, n'étaient pas très bien vues. Parce que oui, parler de famille au beau milieu d'une intervention n'était clairement pas la première chose qui lui venait à l'esprit. Des précisions donc sur cet être aujourd'hui décédé. Un homme qui pouvait être strict tout en restant agréable et bon vivant... Un vague sourire se dessina sur son visage. Il ne pouvait pas en dire autant de son propre géniteur. Mais là encore, de nombreux éléments sont à prendre en compte. Ils viennent de deux époques différentes, ont certainement eu deux existences radicalement opposées. Vouloir comparer un seigneur de la Renaissance italienne ayant violé sa fille à plusieurs reprises et ayant eu un fils de celle-ci et un père "normal", aimant envers sa famille... N'était pas possible. Et finalement, il comprenait la dernière partie de son discours. On aimait se souvenir des êtres proches de façon positive quand ils décédaient. C'était humain, comme un devoir de mémoire. On efface, inconsciemment, les "mauvais" moments, pour se pencher sur les bons. Quand on avait des souvenirs.

Le frapper si ça dérape ? Un sourcil se arqua. Ce n'était pas dans ses envies, très clairement. Régler une situation par la violence l'agaçait plus qu'autre chose, puisqu'il avait l'impression de devenir comme son géniteur. Qui était un fieffé connard bien que les souvenirs soient très flous. Il lui suffisait de voir Rafael pour comprendre qui était vraiment leur père. Beaucoup trop de peur et d'horreur. Enfin, Orfeo savait qu'il serait incapable de frapper qui que ce soit, sauf si la personne en face le cherchait réellement. Après, peut-être que ça fera du bien à Callum de se battre. Peut-être pensait-il aussi que le sorcier n'était pas capable de le défier ou de lui faire face. Si tel était le cas, il serait dessus. DF lui avait permis de développer une certaine défense, bien qu'il soit incapable de tuer ou de se servir correctement d'une arme. Mais avec ses poings, il se débrouillait bien. Après, il y aurait un problème de corpulence. L'italien était quand même plus fin que son collègue. Et aussi, il n'avait pas fait l'armée. Et entre savoir se défendre et avoir été entraîné à se battre... Il devait y avoir une sacrée différence.

Il rendit son regard amusé à Callum à la fin de sa phrase. Il est vrai qu'ils ne s'étaient jamais battus tous les deux, certainement à cause du pacifisme d'Orfeo. Qui se disait qu'il y avait suffisamment d'ennemis dehors pour ne pas se frapper entre eux pour l'amusement. Un torchon lui arriva dessus, rapidement suivi d'un ordre qui le fit brièvememnt rire. Mais il ne reparla pas par-dessus, se contentant d'essuyer la table suite au coup d'éponge donné par Callum. Histoire que celle-ci soit un peu propre avant le second massacre... Bon, c'était façon de parler mais lui-même n'était pas doué avec la cuisine. Il avait appris un peu sur le tas, grâce à Lucrezia, mais se contentait quand même de plats plutôt simples ne nécessitant pas de préparation. Des pâtes par exemple. C'était bien les pâtes... A la bolognaise souvent, puisque d'après la femme, c'était ainsi qu'on les faisait en Italie avant la Catastrophe. Un moyen comme un autre de retrouver ses racines même lorsque celles-ci avaient disparu de la surface de la terre. Enfin, dans tous les cas, Orfeo ne disait pas non à un apprentissage supplémentaire. Il se rapprocha alors de son collègue, prêt à intégrer toutes ces nouveautés.

Il était quoi ? En termes de nature, de nationalité, d'orientation ?! Bon, il n'était pas très au fait de la sociabilité, peut-être que pour certains, il était normal de poser des questions un peu floues, ou bien trop orientées sur des sujets un peu... "tabous", censurés. Parce qu'avec les répressions du Gouvernement, peu étaient enclins à dévoiler ce qu'ils étaient réellement. Sauf Orfeo. Peut-être parce que la position de son frère lui permettait de se sentir un peu plus libre. Un peu trop parfois. D'ailleurs, Callum bascula sur ce frère. Il est vrai qu'il avait placé leur rencontre au même niveau que les arènes, sans forcément s'en rendre compte. Après, c'était purement instinctif, vu que leurs rencontres se finissent toujours plutôt mal. Il ne savait pas forcément comment il pourrait aborder le sujet sans devoir partir dans des explications datant de plusieurs siècles... Ouais, c'était quand même la merde en y repensant... Il glissa sa main dans ses cheveux, les ébouriffa avant de se recentrer sur la recette.

"Je pense qu'il y a toujours une part d'idéalisation envers nos parents, sauf s'ils étaient réellement mauvais mais il y en a très peu dans ce cas. Donc, finalement, ce n'est pas plus mal de leur rendre hommage en soulignant les bons moments plutôt que les mauvais."

S'il se souvenait de moments positifs, c'est qu'il y en avait eu suffisamment pour éclipser le reste. Il n'était donc pas nécessaire de s'attarder sur les mauvais côtés, bien trop futiles. Orfeo était incapable de s'en rappeler de son côté. Des "bons" moments. Les rares éclairs qui lui parvenaient n'étaient jamais très agréables. Car même s'il vivait assez candidement à l'époque, ce qui lui restait à la fin... Ce n'était pas la même chose. De plus, il n'était pas certain que son cerveau malade n'ait pas créé des souvenirs supplémentaires, basés sur des récits extérieurs. Donc...

"Il ne faut mieux pas qu'on se batte, je tiens à rester entier à la fin de la journée ! Je sais me défendre mais je ne crois pas faire le poids face à toi. J'espère d'ailleurs qu'il n'y aura aucun dérapage aujourd'hui. Après, d'ici quelques jours, si tu as encore envie de te mesurer à moi, on pourra échanger quelques coups. Quand ton état sera stable."

Ce n'était pas un reproche mais une constatation. Le sorcier ne voulait pas tenter une bagarre maintenant pour que cela plonge Callum dans un état de fureur incontrôlable. Puis, avec l'arène, il ne voulait pas que ça le replonge là-dedans. Il lui fallait un peu de calme, bien que lui-même n'en ait pas conscience. En tout cas, Orfeo suivait les ordres de son collègue concernant la préparation des pancakes. Il n'avait pas envie de se planter sur un truc qui, dans le fond, paraissait plutôt simple à faire. Même s'ils avaient l'air aussi doués l'un que l'autre. Maintenant, le sujet qui fâchait...

"C'est... Compliqué avec mon frère en fait. Disons que nous ne partageons pas les mêmes opinions sur beaucoup de sujets. Et qu'il est du genre à me surprotéger, à vouloir guider mes pensées et ce que je dois faire. Il est resté bloqué sur des problèmes que j'avais eus étant plus jeune et dialoguer est très complexe avec lui."


Il n'avait pas énoncé le fait que cette dernière partie avait eu lieu il y a plus de sept cent cinquante ans, que son frère était un haut-placé du Gouvernement ou qu'il avait précipité sa mort en le brûlant vif. Oui, leur famille était complètement saine en y pensant. Orfeo se gratta la joue à cette idée, laissant un peu de farine sur son visage, sans y faire attention. Au pire, quelqu'un débarquerait et le verrait ainsi, mais ce ne serait pas la fin du monde. Il n'avait pas forcément de réputation à tenir.

"J'ai eu l'occasion de m'initier à la magie et la sorcellerie. Mais il me manque de la pratique pour que je me transforme en danger public."

Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres à cet instant. Imaginer son frère devoir régler ce problème était franchement amusant. Bien qu'un peu flippant puisque l'italien finirait mort une fois de plus.


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MessageSujet: Re: Here I stand, hopeless and dying |Callum|   Jeu 19 Jan - 16:25


Une pratique de loin dépourvu de sens pour lui. L’homme qu’il était, bon vivant, drôle, investi est mort il y a 4 ans, bientôt 5. Difficile pour lui de parvenir à distinguer qu’est-ce qui fait de lui un être à part entière : sa violence ou son espoir de revoir sa fille ? Qu’est-ce qui fait de lui un être humain et non un monstre ? Il y a peu « rien » aurait été sa seule réponse et s’en serrait satisfait. Il n’avait aucune autre ambition que de suivre son propre chemin, loin des autres, loin des liens qui régissent la vie. La seule chose qui le maintenait restait l’espoir envers sa fille, cette douce illusion lui ayant pété au visage au beau milieu d’une arène. Pourtant, il espère encore. Il espère toujours. L’unique différence se trouve dans un miroir qui, pour une fois, lui a rappelé qu’il était loin d’être décharné. Qu’il était encore humain. Peut-être même que Callum n’était pas mort, pas totalement. Une supposition qui se fait aisément dissimuler depuis qu’il est revenu dans ce monde. Une supposition qui se fait déjà attaquer par la haine en quête de place, d’un trône. L’étrangeté de ce retour se fait en lui, là où il pourrait bien facilement enterrer ce qu’il a vu, ce qu’il a vécu au beau milieu de l’arène, il l’exergue, l’appelle. Cherchant la douleur que la lueur a éveillée en lui comme d’une symphonie mélodieuse et nécessaire : un graal à sa propre subsistance. Alors le pompier est là, face à ce comptoir, face à un désastre qui l’amuse et des souvenirs qu’il se veut affectionner et mémoriser. Redevenir. Non, être. Etre lui. Quant à savoir qui il est, il n’en est pas encore là. Loin d’ailleurs.

« Rendre hommage », le gamin a raison. Idéaliser n’est pas un drame, pas dans ce cas là, pas avec son père. Tous les deux, ils n’avaient pas toujours été d’accord, en particulier lorsque Callum s’était mis en tête de devenir militaire : bien loin de ses ambitions premières. La culpabilité l’avait fait pour lui, pousser la porte du service de recrutement, enrôler ce rôle ne lui sciant pas initialement et qui, pourtant, lui a permis de découvrir qui il était. Cette question existentielle parcourant bien souvent les pensées de tout à chacun. Le pompier n’avait jamais été perturbé par celui qu’il était, mobilisant le crédo de sa mère : pas de regret, juste des souvenirs et de nouvelles possibilités. C’est probablement grâce à ce crédo qu’il a su affronter les épreuves de son chemin jusqu’à, malheureusement, la mort de sa fille. Il y a des épreuves insurmontables, sa mort en faisait partie. Cependant le reflet de ce miroir d’arène lui avait rappelé qu’il n’était pas seul. Que sa définition de lui-même n’était pas faite que de ces 4 dernières années, que chaire appelant le sang d’une autre mais bien des rencontres, bien des influences, bien des souvenirs. Il était assassin mais aussi pompier, militaire, fils, père, frère, amant, ami. Ainsi rendait-il enfin hommage à ceux qui avait fait de lui la meilleure version de lui-même en se cherchant de nouveau au fin fond de ses envies lugubres ? « Stable ? » Le pompier sourit à son confrère tout en posant la farine devant ce dernier. « Verse de la farine dans le récipient.. » S’éloignant de la table, il se place devant une surface réfléchissante. L’image grésille. Les sourcils froncés, il tape ses mains sur ses joues et tirent sur la peau qui semble se détacher avant de redevenir à la normale. Visiblement, il ne pensait pas si bien dire. Si Orféo était capable de voir la même chose que Callum, ce même visage disgracieux, démoniaque, ce n’est pas le terme « stable » qu’il emploierait, non. Pas dis qu’il s’attarde dans la même pièce. « Crois-moi, je suis bien plus …stable…qu’avant… mais je ne garantis pas du temps que ça va rester ainsi… » Retournant auprès de son collègue il lui tend un œuf et en casse un autre. Ses songes l’éloignent à ce passé lointain où il jouait avec sa sœur autour de la table de la cuisine pendant que sa mère tentait de faire un repas mangeable. C’était constamment un raté, en particulier lorsque Kate ne parvenait pas à y mettre son grain de sel. Kate ou leur père.
« C'est... Compliqué avec mon frère en fait. Disons que nous ne partageons pas les mêmes opinions sur beaucoup de sujets. Et qu'il est du genre à me surprotéger, à vouloir guider mes pensées et ce que je dois faire. Il est resté bloqué sur des problèmes que j'avais eus étant plus jeune et dialoguer est très complexe avec lui. » Cal s’escrime avec la pâte qu’il remue avec un fouet, demandant à Orféo de rajouter du lait avec douceur. Ce que son collègue lui dit, ne parvient pas difficilement à trouver écho en ses souvenirs. Ce jour-là, dans cette salle d’interrogatoire de la base militaire il avait compris qu’il en demandait trop et, inconsciemment, qu’il ne faisait pas ce qu’elle attendait. Kate cherchait à le provoquer, lui et l’univers, lui et ses parents morts, lui et son deuil. Cal avait mis du temps à comprendre qu’il ne pouvait pas tout lui dicter, tout contrôler et qu’en aucun cas il ne pouvait faire plus que la prendre dans ses bras et s’exprimer à son tour. Un exercice bien difficile pour un Callum n’ayant jamais rien montré de sa douleur à la mort d’Aedan ou à celles de ses parents. « J'ai eu l'occasion de m'initier à la magie et la sorcellerie. Mais il me manque de la pratique pour que je me transforme en danger public. » Perdu dans ses pensées, le pompier emet un léger sursaut et manque de peu de commettre la même maladresse. Cela le fait sourire. « Bordel, c’était moins une ! » Passant une main sur son front, et cherchant de l’autre une poêle, il soupire, ferme les yeux un bref instant. « Sorcier donc, mort vivant aussi ? » Sourire amusé qui se voile légèrement. Lui aussi, c’est un mort vivant. Plus encore que ces morts revenus d’un autre monde. Il est mort à l’intérieur, quelque part où la seule once de lumière parvient difficilement à s’immiscer vers la surface. « Juste une question de curiosité, ceux que j’ai rencontré qui venait de l’autre gouffre m’ont bien plus amusé que les gens de mon siècle… » Court mutisme pour repenser à cette fille de plusieurs siècles lui ayant offert de bons échanges de poings et une bonne partie de jambe en l’air. Le corps du pompier se tend sous l’attrait d’un éventuel combat, juste un instant, juste le temps de forcer ses doigts à se desserrer. Poêle chaude, huilée, il y balance un peu de pate. « enfin, sorcier, lapin, renard, ou humain, je ne fais pas la différence. Je cherche encore plus monstrueux.. » Plus monstrueux que lui. Plus violent. Plus amoureux de ce sang qui s’écoule. Orféo est loin de se douter de l’identité de son compagnon de feu. Loin. Très loin.

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