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 /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia

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MessageSujet: /! Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 20 Nov - 13:09


13 jours depuis la mort de Seraphina, 13 jours depuis l’ultimatum d’Ivanov, 13 jours à vivre dans la peur de ne pas avoir assez de temps. J’avais promis un premier versement sous 15 jours, il ne me restait donc plus que 48h pour finaliser mes actions, 48h pour faire un grand nettoyage. La Menrva allait mourir avec moi plutôt que servir les intérêts d’un monstre, du moins en apparence, car la vérité serait tout autre. J’avais tout changé, toutes nos méthodes, tous nos lieux de stockage, toutes nos habitudes. Évoluer pour survivre, rien de moins. J’avais également confiance en la relève en place, je leur avais tout transféré, la Menrva allait mourir, ça oui, mais pour mieux renaître et Ivanov ne mettrait jamais la main sur eux. Une petite satisfaction dans cette catastrophe, ça et le fait que sa précieuse réserve d’art allait partir en fumée sous mon ordre. Je n’avais aucun regret à l’idée de détruire les rares antiquités encore intactes en ce monde, rien n’avait plus d’importance désormais. J’apprenais à lâcher prise, enfin, comme si la fin imminente de mon histoire avait réussi à briser les dernières limitations que je m’imposais à moi-même. Pourtant, je n’étais pas sereine non plus, trop de choses dépendaient encore de mes dernières décisions et si je m’y prenais mal, je ne serais probablement plus là pour les rattraper.

48h avant mon dernier coup d’éclat, je ne trouvais plus le sommeil, repassant sans cesse la liste des choses que je devais faire, imaginant mille et un scénario possibles, essayant d’anticiper tous les coups bas envisageables de la part d’Ivanov. La grande leçon, qu’il nous avait enseignée, devait nous servir à mieux nous préparer pour l’avenir, pour mieux défendre notre organisation et ses membres, à grandir, mais certainement pas à baisser les bras. C’est pourtant ce que beaucoup pensaient de moi. Lucrezia Mantegna avait pris un congé sans préavis, sans date de retour, mettant l’hôpital et ses patients au pied du mur. Après mon passage à mi-temps, plusieurs années plutôt, mon entourage avait simplement vu cette disparition soudaine comme l’achèvement de mon abandon. Malgré mes occupations autres, ne plus être médecin laissait un grand vide dans ma vie, des heures à ne plus quoi faire à part angoisser. Je réalisais alors pourquoi je n’avais jamais pris la décision de démissionner. Qu’aurais-je pu faire de ma vie sans la science ? Rien, simplement rien. Mes yeux s’égarèrent sur une horloge, 22h, heure tout à fait indiquée pour sortir sans se faire remarquer grâce à l’activité incessante de mon quartier. De toute façon, je ne tenais plus en place dans mon appartement, je n’en pouvais plus de tourner en rond comme un animal en cage. Dans l’entrée de mon appartement, je retrouvais mon nouveau meilleur ami, pendu à une ceinture que je ne quittais que rarement ces derniers jours. Je n’avais jamais envisagé de porter une arme à feu avant l’épisode Ivanov, désormais, il représentait la dernière barrière m’assurant de terminer mes plans à temps. C’est par automatisme que j’enfilais la ceinture autour de mes hanches ainsi qu’une veste assez longue et épaisse pour dissimuler mon fardeau.

Les sons et lumières m’accueillirent les bras ouverts, car de jour comme de nuit, il y avait toujours du monde pour essayer d’échapper à l’horreur de notre réalité en se perdant dans ces rues où subsistaient encore les échos festifs d’un ancien temps. Je me laissais alors couler dans le mouvement, lentement, sillonnant les rues, m’arrêtant aléatoirement pour profiter de quelques notes de musique, d’une scène particulière ou simplement pour boire un verre à la volée avant de repartir dans mon périple sans but. Après ce qui fut peut-être une bonne heure d’errance, je me retrouvais dans le nouvel entrepôt de l’organisation, au milieu des œuvres qui attendaient leurs commanditaires alors que moi, j’avais juste envie d’y mettre le feu. Enfin, j’aurais bien mis le feu au monde entier, pour que ce qu’il en restait disparaisse. Pour ce qu’il était devenu, un monde chaotique, survivant au jour le jour, haletant à chaque effort, ce serait lui rendre service que le mettre à mort. Un petit rire m’échappa, je touchais le fond, l’alcool ne m’aidant pas à retenir mon cynisme et fort heureusement, je n’avais pas de briquet ou d’allumettes sur moi, sinon peut-être que je me serais laissé tenter.

Mon euphorie disparue en un instant, laissant la place à la peur alors qu’un bruit de pas résonna près de l’entrée. J’avais sursauté avant d’attraper mon arme dans un réflexe d’auto-défense nouvellement acquis. Personne n’avait accès à cet entrepôt à part moi pour l’instant, j’y avais veillé, l’accès ne serait transféré aux bonnes personnes qu’en temps voulu. C’est pourquoi je ne cherchais même pas à savoir qui était là, je tirais dans l’ombre d’où venait le bruit. Certes, je ne pouvais rien viser, mais le coup de feu aurait au moins l’avantage de prévenir l’intrus que je n’étais vraiment pas d’humeur à la pitié. J’étais déterminée à tuer la personne dès lors que son corps serait assez visible pour que je puisse le toucher cette fois. Mais le visage fermé qui sortit des ténèbres un instant après mon coup de feu, me fit oublier ma détermination en un éclair. Mes mains se mirent à trembler légèrement alors que je baissais mon arme, perdant le peu de couleurs que mon visage pouvait avoir. L’angoisse me déchira de part en part, ainsi qu’une tonne de questions. Est-ce que je l’avais blessé ? Qu’est-ce qu’il faisait là ? Il était venu m’arrêter ? Se venger ? J’en oubliais totalement la Menrva et l’entrepôt découvert, car à cet instant tout tournait autour de lui. L’ennemi pour lequel je ne pouvais empêcher mon cœur de battre un peu plus vite.

Kenneth ?

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 20 Nov - 16:01


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Je n'avais eu aucune nouvelle, pas même un appel manqué ou un sms bancal pour renouer un quelconque contact. Lucrezia était passée à autre chose en un claquement de doigt. Une facilité déconcertante qui m'était étrangère. A chaque seconde, je m'obligeais à l'oublier mais j'échouais. C'était un combat à chaque inspiration ; l'expiration me soulageait, comme si elle évacuait un trop plein de souffrance, mais arrivait une nouvelle inspiration et la douleur frappait encore. Je m'étais connu naïf et cela m'avait beaucoup coûté par le passé, mais je me retrouvais, aujourd'hui encore, à nouveau crédule, comme si je n'avais jamais appris de mes erreurs. Mon expérience ne servait-elle donc à rien ? Tout était pourtant clair. Elle m'avait utilisé depuis notre rencontre et maintenant qu'elle avait perdu son jouet, elle était probablement déjà en train d'en chercher un nouveau. Un pigeon, comme moi, qui pourrait la protéger pendant qu'elle jouerait à sa petite vendetta secrète. Allait-elle trouver un nouveau Shadowhunter qui serait bien plus aveugle que moi ? Etait-ce au moins possible ? Si la tristesse aurait dû être l'émotion prédominante dans ce carnage, c'était plutôt la colère en réalité. Une colère destructrice envers Lucrezia mais aussi contre moi-même. Je n'avais pas cherché à me venger ; Stain occupait déjà ce siège et il serait très difficile de l'y déloger. Néanmoins, j'avais envie d'obtenir des réponses. Si je me savais trop instable pour l'approcher, je pouvais aussi bien chercher et trouver des réponses sans entrer en contact avec elle. J'étais un Shadowhunter et j'estimais que je devais mettre mes compétences à mon propre service avant celui des autres. Pour patrouiller en toute tranquillité, j'avais revêtu mon costume dissuasif et m'étais posté à quelques pas de chez Lucrezia. Cela faisait trois jours que je campais près de chez elle après mes shifts. Elle n'allait plus travailler et je me demandais si elle s'était remise de l'humiliation professionnelle que je lui avais fait subir. Les bras croisés, je patientais. Elle finirait bien par sortir un soir... Peut-être. Au moins je la savais vivante et en sécurité et cela eut le don de me rassurer. Même après tout ce qu'elle m'avait fait, ma bienveillance envers elle n'avait pas totalement disparue. J'étais vraiment un con.

Je crus à une chance inespérée lorsque je vis Lucrezia franchir le seuil de son immeuble. Mes yeux s'écarquillèrent alors que je me redressais pour mieux la détailler. Un bref coup d'oeil à ma montre et je me situais finalement dans le temps. J'étais là depuis environ deux heures et ma patience allait peut-être finalement payer. Où allait-elle et qui allait-elle voir ? Je ressemblais à un véritable stalker, mais peu importait, elle n'avait pas besoin de savoir. Moi oui par contre. J'avais réellement besoin de savoir quelle était sa vendetta, pourquoi avait-elle joué avec moi et ce qu'elle était déterminée à me cacher. Tant que je ne l'approchais pas suffisamment, nous ne risquions rien et j'étais décidé à éviter le contact. J'allais simplement garder mes distances et observer. Peut-être qu'elle n'allait faire que des courses et que je perdais mon temps, mais je ne pouvais pas le savoir et je ne prendrais pas le risque de louper une piste intéressante.

Je la suivais dans la foule qui était un camouflage idéal. Les minutes passaient mais je ne perdais pas espoir qu'elle allait me mener à quelque chose de plus intéressant que des bars et des instruments de musique. Elle était désespéramment seule, ce qui titillait et soulageait à la fois ma jalousie. Je ne savais pas à quoi m'attendre et je ne savais même pas si je devais attendre quoi que ce soit. Et lorsque j'étais prêt à me convaincre que je ferais mieux de rentrer chez moi pour poursuivre le deuil de notre... relation dirons-nous, le renard en moi prenait un air blasé en répétant : « Ferme ta gueule. Ferme ta grande gueule Kenneth. Avance. »

Bientôt, Lucrezia entrait dans une sorte d'entrepôt et je fronçais spontanément les sourcils. Qu'allait-elle faire dans un tel lieu ? Je me glissais à l'intérieur à sa suite le plus silencieusement possible. Ma patience allait-elle enfin finir par payer ? Avait-elle rendez-vous ici ? Ou cachait-elle quelque chose ? Cet endroit ne semblait pas parfaitement abandonné, loin de là en fait. Je la suivis le plus prudemment possible pour ne pas me faire repérer dans un lieu aussi étroit et à découvert. Malheureusement, mes pas de félins se firent absents juste une demi-seconde. Suffisant pour l'alerter de ma présence. Et merde ! J'espérais qu'elle laisse passer ou qu'elle croit que c'était l'oeuvre de son imagination, mais c'était sans compter sur la prudence de Lucrezia. Avant même que je n'ai le temps de faire quoi que ce soit, le bruit d'un coup de feu retentit et je sentis une balle passer à un mètre de moi à peine, se logeant dans le mur de béton près duquel je me trouvais. Je suivis brusquement le mouvement avant de me figer à nouveau. Une. Deux. Trois ? Peut-être quatre secondes défilèrent avant que je ne réalise qu'elle aurait pu me tuer. Putain ! Mon instinct de survie se fit plus fort que ma raison et je dégainais mon arme à mon tour, retirant le cran de sécurité dans le processus. Je me montrais à la lumière de l'entrepôt, la verrouillant dans mon viseur. Je ne pouvais plus reculer. Elle était armée et elle avait essayé de me tuer, même si dans la pénombre elle n'aurait pas pu se douter que c'était moi. A moins qu'elle m'ait repéré depuis tout ce temps et qu'elle m'avait entraîné dans un guet-apens ? Tiré par les cheveux mais je n'étais jamais assez prudent. A son regard, je sus que je fabulais ; plus encore lorsqu'elle abaissait son arme spontanément.

Pose doucement ton arme sur le sol. Tout de suite.

Peu importait, la balle était partie et sifflait encore dans mon oreille gauche. Je devais me méfier qu'elle ne tire pas une seconde balle dans la panique, surtout que je ne serais peut-être pas aussi chanceux maintenant qu'elle me voyait bien distinctement. Je ne savais pas jusqu'où elle pourrait aller et encore moins pourquoi elle faisait tout ça. Il était hors de question que je la sous-estime. Bon sang, se rendait-elle compte qu'elle aurait pu tuer n'importe qui ? Elle était complètement cinglée ou quoi ?

Bon sang Lucrezia, on ne t'a jamais appris à réfléchir avant de tirer ?

Je réduisais la distance entre nous sans la quitter des yeux et en la tenant toujours en joue. Si on m'avait dit qu'un jour je menacerais Lucrezia de mon arme de service, je n'y aurais jamais cru. Je ne me serais jamais cru capable de ça, mais je tenais bien trop à ma vie pour me laisser descendre aussi facilement, même si c'était elle. D'un coup de pied vif, j'éloignais l'arme qui lui serait impossible à atteindre désormais sans se prendre une balle dans le genou de ma part. La saisissant par l'épaule, je la retournais et entrepris de vérifier qu'elle n'avait pas d'autre arme dissimulée. Oui je la fouillais, à contre-coeur, mais je ne comptais pas saigner ce soir, et encore moins de ses mains. Assuré qu'elle n'avait rien de dangereux sur elle, je la laissais récupérer sa liberté et abaissais lentement mon arme en remettant le cran de sécurité sans pour autant la ranger.

Pourquoi est-ce que tu es aussi nerveuse hein ?

J'observais autour de moi. Des œuvres d'art, un tas d'oeuvres d'art et je fronçais les sourcils. Notre passé me frappa en plein visage.

C'est là que tu stockes tes arnaques ? Tu avais peur qu'un client mécontent débarque ? Tu règles tes problèmes à l'arme à feu maintenant ?

Cela ne lui ressemblait pas. Mais au fond, je ne la connaissais pas. Dans quoi baignait-elle réellement ? J'avais cru ce qu'elle m'avait servi : la petite chirurgienne innocente et sans problème. Elle m'avait baisé dans tous les sens du terme. Je peinais à contenir ma colère. J'avais voulu éviter le contact et pour cause, là tout de suite, je me sentais des plus instables. Je devais être prudent et ne pas perdre mon sang froid, cela pourrait avoir des conséquences désastreuses. Je n'étais pas objectif, j'étais incapable de l'être. Cette femme, Lucrezia Mantegna, que j'aimais tant et que je haïssais à la fois, embrouillait mes pensées. Etre maître de moi-même dans une telle situation était bien plus difficile, déjà que c'était plutôt compliqué en temps normal... Je désignais son entrepôt d'un bref geste de main.

Je te laisse trente secondes pour te mettre à table, et ne m'oblige pas à compter.

J'allais peut-être les obtenir mes réponses finalement, même si elle pouvait toujours me mentir. Allait-elle prendre le risque de jouer une nouvelle fois avec moi ? Je ne montrais aucune émotion sur mon visage. Je ne devais pas lui montrer qu'elle m'atteignait encore et qu'elle avait une chance de s'en sortir. Au pied du mur, elle finirait bien par arrêter de jouer à la plus conne ; quoi que rien n'était si sûr. Ca ne se passait pas comme je l'avais voulu : en silence et en toute discrétion. Mais ma foi, c'était toujours mieux que rien, tant que j'arrivais à me dominer et qu'elle était prudente dans son approche envers moi. Prendre ma patience pour de la pitié serait son ultime erreur. Je retenais le renard en moi, prêt à bondir, les crocs visibles, grognant sa haine pour la brunette, peu enclin à discuter. Je valais mieux que ça, et j'avais besoin de réponses.



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The gun still rattles





Dernière édition par Kenneth Zaran le Dim 20 Nov - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 20 Nov - 17:22


De toutes les personnes, de tous les ennemis que j’avais pu me faire, il avait fallu que ce soit lui. J’avais tellement espéré avoir assez de chance pour nous éviter ça, et à deux petites journées près, j’aurais réussi. Les longues journées à ne pas voir les shadowhunters débarquer chez moi, ces jours d’angoisse, j’avais espéré pousser ma chance, chaque fois, un peu plus loin. Je réalisais à peine qu’il me tenait en joue de sa propre arme, mes yeux se posant spontanément sur la mienne alors qu’il me donnait un ordre. J’aurais pu sourire à cette mauvaise habitude si je n’étais pas aussi malade d’avoir failli le tuer. Mes doigts se desserrèrent d’eux même, ne cherchant même pas à accompagner la chute de l’objet. Pourtant, mes yeux le firent et une pensée me traversa. Je n’aurais peut-être pas dû la lâcher et me mettre une balle moi-même.

La première remontrance heurta mes oreilles comme si j’avais encore tiré. J’avais envie de lui répondre que lui, on lui avait appris à ne pas prendre les gens par surprise pour éviter ces situations, mais cette pensée en resta une. Alors non, on ne m’avait rien appris, je m’étais improvisée ma propre garde du corps et j’étais très mauvaise dans ce rôle. Pourtant, tout ce que je savais, c’est que je ne pouvais pas me permettre de réfléchir, pas avec les gorilles d’Ivanov prêts à me mettre une balle à la seconde où il se rendrait compte de ce que j’avais fait. J’allais mourir dans deux jours et je ne laisserais personne avancer cette échéance, pas même Kenneth. Je relevais un regard plus froid, moins apeuré, plus sûr de moi. Regard qui se posa sur l’arme qui se rapprochait doucement de moi. Je ne pouvais pas lui donner de raison de tirer, je ne devais pas, pourtant le fait d’être braquée de cette manière me poussait subtilement à paniquer. Je ne devais qu'à mon besoin de contrôle de ne pas simplement céder à celle-ci. Pourtant les flashs étaient bien là, des souvenirs de la mise à mort de Seraphina. En tant que chirurgien, j’en avais vu des chairs exposées, mais assister à l’évènement en tant que tel, aucune chirurgie n’aurait pu m’y préparer.

Malgré mes bonnes résolutions, je ne parvins pas à totalement me laisser faire, je résistais un temps à la prise de Kenneth sur mon épaule avant de me forcer à abandonner. Une fois dos à lui, ne sachant pas quoi attendre de la suite, la peur refit complètement surface, humidifiant mes yeux derrière des paupières que j’avais fermées sans m’en rendre compte. Après des secondes qui me parurent des heures, l’immobilisme de Kenneth ne me dit rien qui vaille. J’étais désarmée, totalement à sa merci et cette fois, il allait utiliser cet avantage sans remords. C’est le son de sa voix qui m’incita à rouvrir les yeux, il n’avait pas décidé de me tuer visiblement, ce qui m’arrangeait, à moi de le garder dans cet état d’esprit. Seulement, je savais pertinemment que rien de ce que je pourrais dire n’arrangerait la situation, rien ne rattraperait ce que j’avais fait. Je ne pouvais qu’envenimer la situation encore un peu plus, comme si je n’étais pas déjà assez au bord du gouffre. Garder le silence n’était pas une option, cela ne ferait que le rendre encore plus furieux, mais parler ? J’avais la sensation que quels que soient les mots qui sortiraient de ma bouche, rien n’irait.

Je pris une bonne respiration, essuyais discrètement les esquisses de larmes et me retournais lentement, prenant le parti d’agir comme avec un animal sauvage capable de me tuer en une fraction de seconde. Des questions, encore des questions, toujours des questions. Pourtant, il avait déjà une partie de ses réponses dedans. Un sourire nerveux étira mes lèvres. Il ne semblait pas imaginer que son cynisme faisait terriblement écho à la réalité, à ma vérité. Trente secondes pour trouver par où commencer, pour déterminer ce que je pouvais dire ou non, un fragment de moment bien trop éphémère pour que je puisse prendre une décision rationnelle. Pourtant, je n’avais plus le choix, je devais parler.

Tu as déjà tout listé par toi-même, c’est que tu dois avoir ta théorie non ?

J’avais failli lui refaire la liste de ses propres mots, entre « nerveuse », « arnaque », « problème à régler », il avait résumé la situation avec ces questions. Mais je me mordis la langue pour ne pas laisser mon cynisme prendre le pas. Ne pas mourir ce soir, j’aurais dû me coller un post-it quelque part. J’avisais l’arme toujours dans la main de Kenneth et prudente, je me déplaçais à l’opposé de la mienne. Si je devais filtrer mes mots, je ne pouvais pas contenir mon angoisse en restant immobile, il me fallait bouger, évacuer d’une manière ou d’une autre. Je posais les yeux sur une pièce que j’avais peint moi-même, décidant de déballer une partie de l’histoire sans en édulcorer le contour.

Oui, c’est ici que je les stocke et oui l’un de mes clients s’est rendu compte de l’arnaque, alors je protège ce que j’ai créé comme je peux. Satisfait ?

Un soupir m’échappa, bien sûr qu’il ne serait pas satisfait. Je n’étais même pas certaine que toute l’histoire, la vérité pure et dure, suffirait à le satisfaire.

Évidemment non, tu veux en savoir plus, n’est-ce pas ? Tu veux savoir pourquoi je fais ça.

Mes paroles ne contenaient aucune question, juste des évidences. Pourtant, je n’avais pas envie d’y répondre, je n’avais pas envie de lui donner ce qu’il voulait alors qu’il s’était mis en danger en me suivant jusqu’ici. S’il l’avait fait, c’est qu’il me traquait depuis je ne sais combien de temps, qu’avait-il découvert ? Avais-je travaillé dans le vide depuis presque deux semaines ? Si j’avais fait tout ça en vain… La colère se déversa doucement dans mes veines. Je ne pourrais jamais refaire tout ce que j’avais fait en 48h. Tout ça parce que j’avais eu un instant de faiblesse, parce que je m’étais trop dévoilée, une erreur que j’allais cher payer, mais si encore cela ne concernait que moi. Mes mains qui avaient attrapé la toile, se crispèrent atour de l’œuvre sans cadre. Je l’envoyais valser parmi tant d’autres avec humeur, aucunement intéressée par les dégâts que j’allais provoquer par ce geste. Je me retournais alors vers mon bourreau du jour, plantant mon regard colérique dans le sien impassible.

Mais avoues, tu as déjà ton idée. Tu penses que je suis une opportuniste que ne cherche qu’à s’enrichir. J’ai tort ?

J’étais acerbe, la colère pulsant comme un poison dans mes veines. J’étais prête à sacrifier ma vie pour mon organisation, pas pour rien du tout, et cela, juste à cause de lui. Ma fierté me commandait d’assurer Kenneth dans ses suppositions, tandis que mon instinct de survie m’implorait de lui dire simplement la vérité. Encore une décision à prendre et vu l’enchainement de mauvaises que j’avais prises, je ne savais vraiment plus à quel saint me vouer.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 20 Nov - 18:36


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

J'aurais été bien idiot de penser que Lucrezia allait coopérer, tout simplement, tout bonnement, en annonçant la situation d'une manière claire et neutre. Non. Il fallait encore qu'elle me serve cette condescendance habituelle. A croire que j'aimais ça. Je ne voyais pas d'autre explication. Pourtant, ce n'était vraiment pas le moment de jouer avec mes émotions ; qu'est-ce qui n'était pas limpide dans ma façon de me comporter, dans mes mots, dans mon arme de service prête à la contraindre si elle jouait un peu trop à la plus maline avec moi ? Bordel, mais Lucrezia... Les sentiments resurgissaient massivement, ils n'avaient jamais disparu et je n'étais pas capable de les laisser de côté, même si je pouvais le prétendre. Je contrôlais encore ma colère mais pas sûr que je réussisse à la dominer bien longtemps au vu du ton que Lucrezia employait. Je t'en prie... Je l'observais se déplacer, prudemment. Qu'est-ce qu'elle cherchait à faire exactement ? J'avais redressé mon arme sans pour autant la viser, par instinct, suivant le mouvement pour toujours être face à elle. Je préférais prévenir que guérir, et si elle tentait quoi que ce soit d'insensé, j'étais prêt à tirer, malheureusement pour elle.

Un client si important que tu es prête à le tuer pour protéger ton commerce ? Ajoutais immédiatement après son « satisfait ? » méprisant.

Je n'aurais jamais cru cela possible de la part de Lucrezia, et je réalisais que je m'étais trompé sur elle sur bien des points. Une meurtrière ? J'essayais de me convaincre que Lucrezia était tout sauf ça. Je me blâmais, certes, mais je la blâmais aussi. La femme que je croyais dénuée de violence était en réalité bien pire que je ne l'aurais jamais cru. Et après elle osait sermonner le Shadowhunter que j'étais ? Elle était la première à vouloir ôter des vies pour faire vivre sa petite entreprise illicite. Comment avait-elle pu m’arnaquer autant moi aussi ? Je la laissais poursuivre. Ce que je pensais n'avait pas grande importance au final. Je ne pouvais pas la cerner, car je ne la connaissais pas. C'était comme si j'avais une inconnue face à moi, de forts sentiments de haine et d'amour en plus dans l'équation. Un sacré beau bordel. Lucrezia avait saisi l'une de ses toiles et lorsqu'elle la jeta plus loin, le fracas me fit perdre brusquement patience. Je redressais instinctivement mon arme sur elle, la tenant en joue à nouveau. C'était moi qui étais nerveux et j'hurlais sans contenir ma colère :

Arrête ça !

Son regard croisa à nouveau le mien et je laissais l'arme pointer la femme qui faisait battre mon cœur bien trop vite pour que ce soit supportable. Depuis quand est-ce que je me méfiais tant d'elle ? Je lui aurais tout donné, je lui aurais laissé toutes les libertés que j'aurais pu me permettre, j'aurais tout fait pour elle ; et je me retrouvais bien au contraire à devoir mesurer et gérer chacun de ses pas et chacun de ses gestes. J'avais peur de la blesser. Non, j'avais peur de devoir la blesser. C'était différent. Je ne voulais pas qu'elle me pousse à devoir l'immobiliser. Pourquoi n'avait-elle pas un minimum de jugeote ? Pourquoi ne déposait-elle tout simplement pas les armes et pourquoi ne parlait-elle pas ? Pourquoi continuait-elle de jouer avec moi en posant des questions inutiles et en me faisant perdre mon temps ? A quoi cherchait-elle à échapper ? Ca n'avait aucun sens. N'avait-elle aucun instinct de survie ? N'avait-elle aucun intérêt pour sa propre vie ? Ou pensait-elle plutôt que je n'allais pas tirer ni la contraindre quoi qu'elle fasse ? Elle voyait peut-être un peu trop le bon en moi.

Tu nous fais perdre du temps Lucrezia, tic toc... dis-je plus calmement avant de brusquement perdre patience dans un élan de colère : Je ne te demande pas la lune bordel alors parle !

J'étais enclin aux crises de nerfs. C'était le plus souvent brusque, sans préavis. Ce soir pire encore. J'étais à bout de nerfs, vraiment. Si elle était en colère maintenant, nous étions désormais sur le même canal. Cela nous aiderait peut-être à communiquer, qui sait ? Il lui fallait un déclencheur, quelque chose qui l'oblige à se lancer pour ne plus s'arrêter. J'allais le lui donner, puisqu'elle ne me laissait pas le choix. Elle parlerait, même si elle me haïssait ensuite. Je n'avais plus rien à perdre avec elle. Notre relation avait déjà été réduite en cendres depuis longtemps. Soudainement, je tirais à ses pieds sans la toucher dans le simple but de la secouer, de la surprendre et de lui faire peur. J'allais la bousculer puisque, comme d'habitude, je ne pouvais rien obtenir d'elle si je n'usais pas la violence et la force. C'était un système bien rôdé entre nous et j'espérais qu'il continue de fonctionner, au moins cette fois-ci. Je remontais mon viseur en direction de son visage. D'une voix calme et posée, je repris la parole :

Dernière chance Lucrezia... Je te le promets, je vais te descendre si tu ne parles pas, et tu sais que je tiens toujours mes promesses.

Elle était prévenue. Soit elle emporterait ses secrets pour toujours avec elle dans la tombe, soit elle parlerait. C'était à elle de voir ce qu'elle préférait. Mais Dieu, je vous en supplie, faites qu'elle soit raisonnable, je vous en conjure. Je n'étais pas prêt à la perdre, même si j'aurais dû l'être à l'instant même où elle était entrée dans ma vie.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 20 Nov - 20:06


Prête à tuer pour protéger mon commerce. Alors c’était bien ce qu’il pensait de moi. J’avais beau m’en douter, la douleur restait présente, comme une attaque bien trop personnelle. Je baissais alors les yeux, courte faiblesse, mais je ne pouvais pas retenir mes émotions aussi bien que je l’aurais voulu. Évidemment, je ne faisais qu’empirer ma situation, je voyais bien cette arme prête à se lever sur moi à moindre faux pas, mais dans un sens peut-être était-ce mieux ainsi. Je préférais mourir de la main de Kenneth que de celle de Niklas, même si j’avais détruit l’homme, détruit nos chances d’avoir quelques lueurs de bonheurs et de quiétudes dans cet enfer qu’était la terre.

Je sursautais au cri de Kenneth, court mais tranchant, me faisant l’effet d’un seau d’eau glacée dégoulinant le long de mon corps. L’instant d’après je me figeais, obéissant à son ordre sans émettre la moindre protestation, le regard braqué sur l’arme prête à m’ôter la vie, hypnotisée par ce petit trou ridicule d’où allait sortir une petite chose meurtrière. J’avais confiance en l’homme pour viser juste, pour faire de ma mort une fin nette et sans bavure, mais la peur ne me quittait pas, comme une vieille amie, jusqu’à la fin. Ce furent ses paroles qui me heurtèrent encore une fois, m’arrachant à mon apitoiement. Je posais alors un regard dénué de colère sur l’homme qui j’avais trahi à de nombreuses reprises. Il avait raison, il ne demandait pas grand-chose, je lui devais bien ça après tout ce que je lui avais fait subir. Qu’avais-je à perdre ? Je pouvais bien tout lui raconter désormais, hormis la nouvelle Menrva, rien n’avait plus le moindre intérêt à être secret. Cela changerait encore l’image qu’il avait de moi, la rendant plus négative si c’était possible, mais quelle importance au final ? Plus je lui avouerais la manipulatrice sans cœur que j’avais été, que j’étais encore, plus il me haïrait et n’aurait aucun remords. Ou peut-être avais-je juste envie de le blesser un maximum avant de partir, dans un sursaut d’égoïsme. Je ne savais plus très bien ce qu’il restait de la Lucrezia que j’avais été jadis, me restait-il de la sincérité et de l’empathie à offrir ? Je n’en étais pas certaine…

Lorsque le coup de feu retenti mon sang se glaça persuadée que j’allais mourir, j’attendis la douleur, le regard empli de surprise et de peur toujours plongé dans celui de l’homme que me tenait en respect. Mais rien ne vint et l’ultime menace tomba. Quant à moi, j’atteins mon point de rupture, mes jambes cédèrent sous le poids mort de mon corps. J’eus le réflexe d’amortir ma chute avec mes mains, m’empêchant de totalement m’étaler sur le sol poussiéreux du hangar. À genoux, aux pieds de celui qui tenait ma vie en sursis entre ses mains, les larmes dévalèrent mes joues sans que je ne les sente, mon regard errant sur les irrégularités du sol, mon esprit lâchant la bride, un rire nerveux me secoua, étouffant des prémisses de sanglots. Mais l’air vint à manquer et je suffoquais rapidement, atténuant mon rire jusqu’à ce qu’il s’éteigne. Alors seulement, je me laissais complètement choir au sol, allant jusqu’à m’asseoir pour relever mon visage vers l’impatient.

Dans quelques heures, tout ça n’aura plus la moindre importance…. Et si tu arrives à tenir jusque-là… Tu ne seras même pas obligé de me descendre toi-même…. Ne t’en fais pas… Je suis complètement foutue.

Ma voix s’était éteinte sur la dernière phrase alors que je baissais la tête à nouveau, abattue, honteuse de devoir l’admettre. J’avais encore du mal à respirer et le débit de mes paroles s’en ressentait, mais l’essentiel y était, non ? Je me mettais à table et personne mieux que Kenneth ne savait me faire parler, ou plutôt, à briser ma résistance à le faire. De plus, ce que je venais d’avouer devrait le réjouir, après tout, je venais juste de lui annoncer que j’allais avoir le sort que je méritais à ses yeux.

Je me traînais de quelques mètres afin que mon dos repose contre l’une des innombrables caisses. Je ne tentais même pas de me relever, à peu près sûr de ne pas tenir, mais surtout par manque total de conviction. Quitte à tout raconter et à mourir à la fin, autant être à mon aise, je ne vois pas pourquoi je me donnerais du mal. Une fois installée, je passais une main poussiéreuse dans mes cheveux, les retirant simplement de mes yeux pour redresser le visage vers Kenneth.

Je protège mon commerce, je protège ma vie tant que faire se peut, et je protège ma vengeance aussi, si tu veux tout savoir. Parce que tu vois, si je dois mourir prochainement, c’est simplement parce que je refuse de laisser un homme me contrôler.

Je haussais un sourcil entendu. Ce n’était pas le moment de le provoquer, pourtant la situation était si risible, que je ne pouvais m’en empêcher.

Mais allons-y pour l’histoire tragique de Lucrezia Mantegna. Neurologue le jour et criminelle la nuit. Il était une fois une femme on ne peut plus banale qui perdit la seule chose importante dans sa vie. Alors au lieu de simplement en finir, elle décida sur un coup de tête, de faire payer la facture à ceux qui avaient détruit sa vie. Oui, je sais ce que tu vas me dire, quel rapport avec un trafic d’art. Je levais les yeux au ciel, exaspérée, avant de plonger mon regard dans le sien, ne voulant rien rater de sa réaction future. La triste vérité, c’est que je finance la résistance et je suis très heureuse de le faire.

Un sourire satisfait étira mes lèvres. Je voulais bien qu’il sache quel plaisir je prenais à détruire son gouvernement chéri. Mais je ne m’attendais pas à simplement me sentir soulagée d’avoir pu le dire à voix haute. Comme un poids que je n’avais pas eu conscience de porter, mes aveux me procuraient une sérénité bienvenue.

Alors, tu vois, je suis encore une plus grosse prise que ce que tu pensais.

Je le raillais, le provoquais encore, et pourquoi me serais-je abstenue ? C’était sans doute les toutes dernières fois que je le fesais. Parce que désormais, il ne nous restait plus qu’une seule manière de mettre un point final à notre histoire. Une histoire d’occasions manquées et d’actes désespérés qui avaient empoisonné notre relation depuis le premier coup d’œil échangé. Je me redressais enfin, une nouvelle force animant mes muscles. M’approchant doucement de l’homme jusqu’à ce que son arme touche ma peau. C’est à cet instant que ma main glissa lentement autour de son poignet pour orienter le bout de métal sur mon cœur, mes doigts tremblants tout de même de peur face à l’inévitable, mes larmes coulant encore silencieusement.

Mais je te préviens, jamais je ne donnerai d’informations, tu vas être obligé de me tuer ce soir.

Mais paroles n’étaient pas en accord avec le regard doux que je posais enfin sur Kenneth. Ma dernière occasion de lui montrer mon amour ne passerait que par ce regard et un fin sourire sincère. Dans sa colère, il ne le verrait pas ainsi et cela m’allait, j’étais en paix avec les sentiments tués dans l’œuf que j’avais pour lui.


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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Dim 20 Nov - 23:26


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Finalement, Lucrezia céda et s'écroula au sol. Je fronçais à peine les sourcils. Malgré la colère qui me rongeait, un pincement au creux de mes entrailles se fit ressentir. J'identifiais cette désagréable petite douleur comme étant de la peine et je soupirais discrètement, silencieusement. Le renard, lui, me priait de résister. Etait-elle en train de pleurer ou bien de rire ? De là, je n'aurais su dire... Je ne pouvais pas voir son visage et quelque chose me disait que ce n'était pas plus mal. Je me demandais encore comment nous avions pu en arriver là. Pourquoi s'infligeait-elle ça ? Pourquoi m'obligeait-elle à lui infliger ça ? Je n'avais jamais voulu la mettre à genoux, jamais voulu la faire pleurer, jamais voulu la bousculer à ce point. Qui souhaiterait ça à la personne qu'il aime ? Ca n'avait aucun sens. C'était comme si je n'avais aucun autre choix, mais je ne prendrais pas le blâme pour ça. Elle avait réclamé ce point de rupture et j'étais fier de l'avoir atteint dans un sens, car elle allait probablement parler maintenant. Je n'en demandais pas plus. Pour une fois dans sa foutue vie, je lui demandais d'être honnête avec moi, et cette fois-ci je ne me laisserais pas attendrir comme durant les précédentes tentatives. Je ne lâcherais rien. J'écoutais attentivement chacune de ses paroles alors que mon arme gardait Lucrezia dans son viseur. Ce ne fut pas réjouissant. Complètement foutue ? Qu'est-ce qu'elle avait fait bon sang ? Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Est-ce que je pouvais m'attendre à voir plusieurs personnes débarquer dans mon dos pour cribler Lucrezia de balles ? Si c'était le cas, je ferais bien mieux d'économiser mes munitions dès maintenant plutôt que de la terroriser avec. Lorsqu'elle bougea pour mieux s'asseoir, je la laissais faire sans broncher, mon bras suivant ses mouvements par pur automatisme. Je ne comprenais rien. Quel homme ? Est-ce qu'elle parlait de moi ? Non, j'avais un doute. Si l'incompréhension se lisait sur mes traits, elle me fit le plaisir de reprendre à zéro, et même si cela paraissait méprisant, j'appréciais cette petite remise à niveau. Calmement, en prenant notre temps, c'était la meilleure chance que nous pouvions nous offrir. La triste vérité... était qu'elle finançait la résistance ? J'aspirais un peu plus d'air et si je sentis une faiblesse dans mes genoux, je ne le montrais pas, continuant de me tenir droit, accusant le choc sans broncher. Bien évidemment. C'était la vérité. Je la croyais sur parole parce que tout ceci était logique. Et voilà pourquoi elle avait protégé ce résistant de mes mains, et pendant tout ce temps je n'y avais vu que du feu. Ces penchants rebelles, son dégoût du gouvernement, les indices qu'elle éparpillait en silence... Et elle s'était rapprochée de moi, un Shadowhunter. Dans l'unique but de m'utiliser à ses fins contre le gouvernement ? Un sourire satisfait s'afficha sur son visage et je hochais positivement la tête. J'avais bien compris la situation. Oui, tout était bien plus clair désormais. Un soulagement m'envahit et réchauffa mes entrailles, je crois que je dus échapper un bref rire dû à ce sentiment de bien-être. Tout était limpide, comme si le soleil venait de se lever et d'éclairer l'obscurité. Alors c'était ça son plus gros secret ? Son petit trafic permettait d'aider des résistants à se rebeller ? Je crois que j'aurais pu en rire davantage si je m'étais laissé aller. C'était tout ? En fait, cela paraissait tellement logique et facile que je n'y aurais jamais pensé. Parfois les solutions les plus simples étaient les meilleures. Une grosse prise ? Pourquoi ? Ah oui... D'accord, je me souvenais maintenant, j'étais au service du gouvernement. J'aurais dû la livrer à mes supérieurs à l'instant même où ses révélations avaient atteint mes oreilles. Mais elle ne savait pas qui j'étais alors ? Elle ne savait pas pourquoi je faisais parti du gouvernement ? Elle n'avait pas été informée que je cherchais à m'en venger également ? J'eus un doute. J'avais inventé cette possibilité dans mon esprit ? Avais-je interprété ses propos ? Ses provocations aussi risibles qu'inutiles coulaient sur moi et je restais parfaitement silencieux, calme, sincèrement apaisé, laissant mes yeux la détailler. Bientôt, Lucrezia se redressa et je la suivis du regard, trop occupé à assimiler tout ce qu'elle m'avait dit pour réagir. Ainsi, je la laissais s'approcher de moi pour se coller à mon arme à feu. J'avais presque oublié que je la tenais en joue depuis tout ce temps. Je sentis la prise de ses doigts sur mon poignet et me figeais immédiatement. A quoi jouait-elle ? Elle pleurait encore et je me libérais doucement de sa main pour abaisser mon arme. Des informations ? J'avais approximativement tout ce dont j'avais besoin, merci, à un détail près :

De qui as-tu peur ? Je veux le nom de l'homme qui cherche à te contrôler.

Ma voix était ferme mais posée. Elle n'avait plus rien à craindre désormais. Elle ne devait pas avoir peur de moi. Plus maintenant. Je n'allais pas l'abattre ni la balancer, nous en avions fini. Maintenant je devais tout simplement reprendre ma vie là où je l'avais laissée.
Je pouvais imaginer qu'on cherchait à impressionner voire à dominer Lucrezia, car si elle gérait tout ce trafic seule, ce dont je doutais, alors elle pouvait être la proie de rapaces sans grande surprise. Elle n'était pas seule. Je me souvenais de ses propos dans la voiture de patrouille, et désormais tout avait du sens. Oh Lucrezia... Elle avait eu peur de moi aussi ? Etait-ce pour ça qu'elle ne pouvait pas se confier à moi ? Comment pourrais-je lui en vouloir ? J'étais un Shadowhunter, elle ne pouvait s'attendre qu'au pire venant de moi, surtout que jamais je ne lui avais laissé entendre que je pouvais être contre mon propre employeur. Néanmoins, je ne comptais pas m'attendrir. Si elle croyait que notre situation allait s'arranger parce qu'elle avait été honnête avec moi une seule fois dans sa vie, c'était un bel espoir. Je pouvais toujours le lui laisser mais je n'oubliais pas toutes les manipulations dont elle avait fait preuve à mon égard et il n'y avait pas de retour en arrière possible. Quand elle aurait simplement pu partir, elle avait décidé de m'utiliser. J'étais peu enclin à amener la discussion sur nous, sur notre relation. Il n'y avait plus de relation. Plus rien. Je n'étais plus disposé à la protéger, mais j'étais curieux. J'avais besoin de savoir quel homme avait obligé Lucrezia à s'armer et à tirer à l'aveuglette par peur, le dos contre le mur. J'allais retenir son nom, juste comme ça. Les petites affaires de la brunette n'étaient plus les miennes. Du moins, j'essayais de m'en convaincre. Est-ce que je pourrais accepter qu'elle se fasse descendre ? Fermer les yeux ? Oublier ? Peu de chance... Le renard grogna un bref instant, signifiant sa présence. Bien sûr qu'il voulait que je l'abandonne. L'être humain, lui, n'en était probablement pas capable. Si je venais de prendre une décision, les sentiments, eux, étaient toujours là et luttaient contre ma raison. Le regard de Lucrezia me toucha au plus profond de moi-même et je rangeais spontanément mon arme dans son étui. J'avais envie de la toucher, juste une fois, une dernière fois. Une dernière injection de drogue pour mieux passer à autre chose ensuite. Ce que je me répétais à chaque fois. Je ne pouvais même plus m'en convaincre moi-même. Par sécurité, je reculais de quelques pas. J'avais failli céder. J'étais faible. Mes sentiments me rendaient faible. Ca devait changer. Auparavant, j'avais cru simplement la protéger d'elle-même, mais désormais la résistance était impliquée, et si je protégeais cette bande de pecnots, je pourrais avoir de gros problèmes. Je ne pouvais pas jouer avec ma vengeance, je ne me l'autoriserais pas. Ma vendetta était prioritaire sur tout le reste ; du moins j'essayais de m'en convaincre alors que mes yeux étaient figés sur Lucrezia. Comment allais-je l'abandonner ? Mais casse-toi bon sang... Non...

Son nom Lucrezia. Je veux juste son nom, répétais-je pour la stimuler à nouveau, en espérant qu'elle coopère sans m'obliger à lui tirer dessus une seconde fois.

Avait-elle peur de moi ? Peut-être. Après tout, j'étais censé être un ennemi. Alors j'entrepris de la rassurer comme je le pus :

Et tu n'entendras plus jamais parler de moi. Je m'en irai et je ne te poursuivrai plus. Plus jamais. Je te le promets.

J'espérais tout de même qu'elle serait prudente. Je n'avais vraiment pas envie de la voir défiler avec les fers aux poignets au sein du gouvernement. En fait, je préférais ne plus jamais la revoir ni entendre parler d'elle. Cela ne me concernait plus. Je devais me retirer de l'échiquier. Pour mon propre bien.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Lun 21 Nov - 9:04


De la colère à rien du tout, fut un temps où ne pas arriver à cerner Kenneth m’aurait rendu folle. Mais sincèrement, à l’instant je n’en avais plus rien à faire. Enfin, pour être honnête j’étais déçue. L’homme du gouvernement ne s’était pas emporté, je n’avais pas réussi à le toucher comme je l’aurais voulu. Tant pis, pour mon dernier tour de piste raté. Alors nous en étions là, à nous fixer calmement alors que la situation aurait dû être bien pire. Je ne comprenais plus rien. S’il voulait encore des informations que je venais de jurer ne jamais lui donner, pourquoi abaissait-il son arme ? Il savait pertinemment comment obtenir des réponses de moi désormais, mais cette réponse-là ? Je m’étais attendue à toutes sortes de questions, sur mes intentions, sur la menrva, sur la résistance, mais pas celle-ci. Qu’est-ce qui pouvait l’intéresser dans cette réponse ? Connaître le nom de l’homme qui allait lui voler sa vengeance ? Une curiosité morbide ? Mes sourcils se froncèrent d’eux même alors qu’une petit vague de colère me secouait. Colère que je fis taire en un instant, me flagellant mentalement d’avoir encore glissé sur cette pente-là. Je savais très bien pourquoi il voulait savoir son nom et malgré tout ce qu’il voulait bien me faire croire, je n’allais pas prendre le risque de le lui donner. Dieu savait ce qu’il pourrait en faire en deux jours. Je n’étais pas prête à le faire tomber avec moi, même si je devais me battre contre lui pour cela. Plus jamais on ne me prendrait à sous-estimer Ivanov, peut-être avait-il déjà que Kenneth et moi étions des connaissances, peut-être même était-il sur la liste de mes « proche s» à abattre. L’idée me rendit livide. J’avais pensé à prévenir tout le monde, j’avais prévu de protéger ceux que je ne pouvais pas prévenir, car si j’allais provoquer Niklas une dernière fois, l’homme était assez fou pour s’en prendre à eux malgré ma mort. Mais Kenneth, je n’avais pas pensé à le prévenir, je n’avais pas envisagé qu’il soit sur cette liste.

L’arme rangée, je respirais mieux c’était certain, mais j’aurais presque préféré l’avoir toujours contre moi si cela pouvait m’éviter de devoir répondre. Kenneth se faisait insistant et je n’aimais pas devoir gérer un Kenneth à bout de patience, car je ne savais pas le gérer du tout. Je l’observais me fuir, même de quelques pas, cela restait une grande première, normalement c’était mon rôle. J’écarquillais les yeux à la nouvelle promesse. Elle était alléchante, je ne pouvais le nier, mais désormais qu’il me poursuive ou pas n’avait plus vraiment d’importance. Enfin, presque plus… Il ne devait pas me suivre à mon entrevue avec Niklas, il ne devait pas assister à ça, ou pire, s’interposer. Est-ce que je pouvais me permettre de lui mentir une nouvelle fois en lui donnant un nom au hasard ? Est-ce que je pouvais finir d’achever tout ce que j’avais détruit ? Je secouais la tête d’énervement, incapable de prendre une décision. Soudainement agitée, je me détournais de l’homme qui m’avait conduite à faire tant d’erreur.

Je n’arrivais pas à coller les morceaux et cela m’exaspérait au plus haut point. Comment prendre une décision lorsque je ne comprenais pas le camp opposé ? Un shadowhunter ne m’aurait jamais fait cette proposition, à part pour obtenir une information sur mon client, pour le trainer devant le jugement d’un gouvernement corrompu. Mais à l’instant où le nom de Niklas tomberait alors Kenneth réaliserait qu’il n’y avait rien à faire. L’homme était le gouvernement, rien de moins. Un homme plus nuancé, comme je le suspectais de l’être, pourrait faire tout et n’importe quoi de cette information. Je n’en pouvais plus de tourner en rond, me heurtant à des impasses à chaque nouvelle tentative, le choc avec les murs se faisant de plus en plus violent. C’était à s’en arracher les cheveux, chose que je fis presque littéralement, tournant en rond, les mains dans les cheveux, mes doigts serrant compulsivement, dans une tentative de me calmer et d’y voir plus clair. Je finis par me retourner vers Kenneth, les bras fortement croisés contre ma poitrine, futile tentative de me contrôler.

Pourquoi ?

Ma voix était blanche, incapable de me sortir l’idée de la tête que Kenneth allait se faire tuer par ma faute si je ne le prévenais pas. Je devais lui dire, mais pas maintenant, hors de question de le mettre en danger, du moins encore plus que maintenant. Mais d’un autre côté, c’était un shadowhunter à même de se protéger lui-même et assez réfléchi pour reconnaître un combat perdu d’avance, si tant est qu’il y ait un combat à tenir et que tout cela ne soit pas une affabulation de ma part.

Ecoutes, je ne veux pas me battre avec toi. Je te donnerai son nom, je te le promets, mais simplement pas aujourd’hui. En attendant, sois juste prudent.

Mes paroles sonnaient tellement hypocrites, même à mes propres oreilles, que j’en grimaçais. Il ne se contenterait jamais de cela, pourtant il le fallait. Je devais refuser de lui répondre et je devais m’y tenir cette fois. Le pousser à me haïr un peu plus pour qu’il abandonne ? Non, cette technique ne marchait pas, aucune technique ne marchait…

J’ai déjà tout réglé. C’est fini Kenneth. Crois-moi, le mieux que tu aies à faire c’est oublier.

J’avais failli m’emporter mais ma voix se serait brisée, incapable de crier. Alors je m’efforçais de garder une voix calme, me retenant même d’ajouter des paroles acides. Car j’aurais voulu ajouter que même ces balles ne me feraient pas changer d’avis cette fois, mais ce serait lui ouvrir une porte, je devais apprendre de mes erreurs avec lui et arrêter d’agir par fierté. Juste redevenir moi, si c’était encore possible, pour le peu de temps qu’il nous restait, qu’il me restait. Je pris une grande inspiration avant de me lancer à nouveau.

Je ne pourrais jamais me racheter pour ce que je t’aie fait et j’en suis désolé. Crois-le ou non. Je n’aie pas toujours été cette femme-là et je suis navrée que tu n’aies connu qu’elle.

J’avais ce besoin de m’épancher, tout en sachant que je le ferais dans le vide, mais le besoin de régler certains comptes s’était imposé à moi comme une évidence. Evidemment, Kenneth ne savais pas qui j’avais pu être avant que l’apocalypse ne me change et il ne le saurait jamais. Pourtant, la Lucrezia d’autrefois avait tenté de refaire surface récemment, cela n’avait fait qu’empirer la situation. Comme un cheveu sur la soupe, la garce manipulatrice n’aurait jamais dû disparaitre, j’aurais dû m’en tenir au plan jusqu’au bout malgré mes sentiments.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Lun 21 Nov - 14:15


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



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KEZIA

J'avais beau insister, je voyais bien que Lucrezia ne me donnerait pas ce foutu nom, quelles que soient les promesses que je pouvais lui servir. Pourtant, il me semblait que mon deal était fair-play. Et voilà que maintenant elle s'agitait. J'étais à deux doigts de la figer au sol en lui attrapant les bras mais me retins à temps. Finalement, elle se calmait d'elle-même et se retournais vers moi. Encore de la négociation, toujours de la négociation. Ne pouvions-nous pas faire quoi que ce soit sans négocier ? « Pourquoi ? Comment ? Quand ? Et puis quoi ? » Je lui avais posé une question, elle avait juste à y répondre, c'était quand même pas compliqué, si ? Je soupirais à peine, expirant la frustration de toute cette perte de temps. Ah ça pour tourner autour du pot, nous étions des experts. A qui la faute ? Ne comprenait-elle pas qu'elle allait la cracher cette information, qu'elle le veuille ou non ? Ce n'était que partie remise pour les prochaines minutes. Je croisais spontanément les bras, tentant une nouvelle fois de ne pas perdre mon sang froid et de ne pas lui crier dessus. Bon sang, qu'il était difficile de se contrôler avec elle. Elle mettait mes émotions à rude épreuve. J'avais la sensation d'être au bord de la crise de nerfs à chaque fois qu'elle était à proximité. Et si un jour cela libérait le renard ? C'était parfaitement possible. Avait-elle simplement idée à quel point je pouvais péter un plomb ? Non, bien sûr que non. L'avantage était que j'étais un renard ; j'allais probablement la fuir une fois la transformation effectuée, comme tout bon renard fuyant l'être humain. Mais nous n'étions jamais à l'abri d'un incident. Elle n'en avait pas conscience, bien évidemment. Mais si cela devait arriver, elle comprendrait que moi, qui crie, ce n'était rien à côté de ce qui pouvait nous arriver. Je ne pouvais pas lui faire comprendre d'arrêter de jouer avec ma patience. Je ne sus pas si elle avait senti que j'allais à nouveau perdre mon calme, mais elle tenta d'apaiser la situation. Aussi futile qu'inutile. Encore de la négociation. Et je n'avais pas envie de négocier. Ce n'était pas plus tard que je voulais ce nom, c'était maintenant ! Et être prudent, vraiment ? Maintenant, c'était de ma vie dont je devais m'inquiéter ? Il ne manquait plus que ça. Un silence... Que Lucrezia s'obligea peut-être à combler. Et maintenant elle essayait de me rassurer ? Bien, faisons le point. Nous avions eu le questionnement, la négociation, le conseil et maintenant elle tentait de me rassurer. Me rassurer ! Mais quelle serait la prochaine étape ? J'assistais à cette explosion de manipulation verbale et je me demandais si elle se rendait compte elle-même de son stratagème ou si c'était naturel. Je me demandais également si elle avait déjà fait ça auparavant sans que je ne m'en rende compte. Peut-être avais-je tellement été aveuglé par ses beaux yeux que je n'avais jamais perçu à quel point elle savait jouer. J'eus envie de lancer avec mépris « essaye encore » mais restais silencieux. Si tout ça ne fonctionnait pas sur le gentil petit Kenneth, il y avait encore plein d'émotions à tester pour essayer de l'atteindre, n'est-ce pas ? J'observais la femme que j'avais bien trop aimé pour mon propre bien. Pourquoi elle ? Je m'étais souvent posé la question mais n'avais jamais trouvé la réponse. Cette alchimie ne disparaissait jamais et encore maintenant, dans la pire des situations, je la subissais de plein fouet. Je résistais mieux, car cette fois le renard en moi faisait passer sa colère avant ses pulsions sexuelles, ce qui était à vrai dire bien rare. Est-ce qu'il s'était habitué à la présence de Lucrezia ? J'avais tendance à séparer le renard de l'être humain que j'étais mais nous n'étions qu'un. J'aurais tout simplement pu me poser la question à moi-même, mais je ne voulais pas me réduire à un animal, et je n'avais pas encore trouvé de juste milieu, mais j'y travaillais. La vérité était que j'avais été faible de m'être laissé traîner par les couilles durant tout ce temps et que j'aurais pu m'en rendre compte bien avant si je n'avais pas été aveuglé par la passion dévorante de mes entrailles. Le renard n'avait pas à prendre le blâme seul ; nous étions deux à nous être fait baiser ; mais et voilà que je nous séparais encore dans mes pensées. Lucrezia mit fin à ma réflexion. Je ne sus même pas comment j'en étais arrivé là mais au moins elle m'aida à retourner à la réalité. Et lorsque j'entendis ses nouvelles paroles, ce fut trop. Bien, maintenant elle adoptait une autre technique, probablement parce que mon indifférence l'avait alertée. Elle voulait m'attendrir et soudainement je décroisais les bras et levais la main dans sa direction pour lui sommer de se taire. Je n'avais pas envie d'entendre ses pitoyables excuses ou que sais-je encore.

Shhht shht... Pas de ça. Ne gaspille pas ta salive. Tu vas en avoir besoin pour me dire le nom que j'attends encore. Tu nous fais perdre un temps précieux, mais j'ai toute la nuit.

Se sentait-elle si coincée pour en appeler une nouvelle fois à mes sentiments ? J'étais vraiment curieux. J'échappais un rire nerveux bien malgré moi. Risible. Elle ne pourrait pas me détourner de mon but et elle en faisait même une affaire personnelle là où je ne voulais que satisfaire ma curiosité. Lorsque j'avais une idée dans la tête, je ne l'avais pas dans le cul, ça elle pouvait en être sûre. Je me promettais qu'elle cracherait le morceau avant l'aube sans que je n'ai à lever la main sur elle de nouveau. Un challenge. J'adorais les challenges. Ils me motivaient. Et là tout de suite, j'étais motivé. Puisque j'étais hermétique à sa manipulation, c'était maintenant qu'il fallait que j'en profite pour tester de nouvelles méthodes. Certes, cela ne nous apporterait rien de plus, mais ça ne nous ferait pas de mal non plus.

Puisque tu as l'air d'avoir peur de cet homme et que tu es prête à tirer à l'aveuglette pour t'en protéger, je soupçonne que tu n'es pas en sécurité ici. MAIS, puisque tu as tout réglé et que tout va bien, on ne risque rien à attendre ici ensemble. Ce qui revient donc à me demander pourquoi tu as peur.

Je dessinais un cercle dans l'air à son intention, la prenant un peu pour une idiote dans le processus. Mais hey, ce n'était que lui rendre la monnaie de sa pièce, puisqu'elle me prenait vraiment pour un con ma parole.

T'as compris le truc ? Ca ne colle pas.

Je m'assis au sol, calmement, avant de tendre mes jambes pour me mettre à l'aise, lui prouvant dans mon geste que je ne comptais pas bouger d'ici.

Soit tu ne me dis pas tout et tu penses que révéler son nom me ferait comprendre la vraie gravité de la situation ; soit tu me mens, encore. Alors j'espère que tu as tout le confort ici, parce que personne ne quittera cet entrepôt avant que je ne cerne bien toute la situation et que tu ne répondes à mes questions sans négocier. On va faire par étape, parce que je suis sympa. Tu vas voir, c'est facile, même toi tu devrais y arriver. Je te pose une question, tu y réponds sans blabla, on progresse, et je pose alors une nouvelle question. Et ainsi de suite. Tu comprends le truc ?

Je lui souriais, plus calme maintenant. D'accord, j'exagérais un peu, mais j'étais exaspéré, vraiment. Elle me prenait pour un abruti ? Je pouvais en faire de même avec elle, et ça n'allait sûrement pas la mettre en valeur. Elle m'avait toujours sous-estimé, toujours. J'en avais assez qu'elle me voit comme un dégénéré et un attardé. Elle avait confondu ma bienveillance comme de la stupidité. Et voilà maintenant : le retour de bâton. Elle ne pouvait pas fuir cette situation. Elle pouvait néanmoins choisir de se taire, ce à quoi j'ajoutais :

J'espère que tu n'avais rien de prévu. Je suis un soldat, je peux rester à camper, immobile, des heures et des heures et des heures durant. Je pense que tu as bien mieux à faire en ce moment, non ?

Je cherchais à la provoquer un peu, mais je voulais surtout qu'elle réponde à mes questions, et ça le plus vite possible. S'il y avait vraiment un type dangereux là dehors qui attendait patiemment son tour, alors c'était tout dans l'intérêt de Lucrezia de parler.

Ah et n'essaye pas de t'enfuir. Tu te seras pris une balle dans le genou avant d'avoir atteint une quelconque sortie.

Et je tiendrai mes promesses. Parce que j'étais un homme d'honneur. Ca, elle pouvait s'en assurer. J'espérais que ce que j'étais en train de lui infliger était pire que n'importe quelle violence physique et qu'elle bouillonnait à l'intérieur. Qu'il était bon de changer de méthode de temps en temps. C'était bien ça qu'il fallait faire dans un couple non ? Surprendre l'autre pour entretenir la flamme ? Haha, un mince rire s'échappa de mes lèvres. J'allais l'entretenir la flamme, ça elle pouvait en être certaine, jusqu'à ce qu'elle crache tout ce qu'elle avait à cracher.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Lun 21 Nov - 19:32


Même espérer ne semblait plus être une chose à ma portée, ce qui venait s’ajouter à une longue liste de chose qu’on regrette qu’une fois les avoir perdu. Evidemment je parlais dans le vide, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il devienne méprisant avec moi, comme quoi, tout arrivait. Je devrais être contente de susciter une émotion quelconque de sa part, même la plus dure à encaisser. Mais au-delà de l’attitude, les mots furent encore difficiles à digérer. Je ne doutais pas une seconde qu’il me tiendrait la jambe jusqu’à ce que je crache le morceau, cet homme était pire qu’ingérable. Et le pire ? Il en riait, se moquant ouvertement de ma gueule. Encore une manière de titiller mon égo meurtri. S’il pensait que j’allais m’ouvrir de cette manière, c’est qu’il ne me connaissait pas du tout. Mon regard se refroidit, redevenu imperméable, du moins je l’espérais. Je l’écoutais décortiquer mes paroles et actions sans trahir mes émotions, jusqu’à ce qu’il se fasse un devoir de m’expliquer que les choses « ne collaient pas ». Cette remarque fit naître un sourire amusé sur mon visage. Tout Sherlock qu’il était, il n’avait pas encore compris et montait tes théories fabuleuses à côté de la vérité. Mais qu’il fasse donc. J’avais tout réglé certes, mais pour le après. En attendant je devais gérer les dernières 48h comme des heures à haut risque et ça, il ne semblait pas l’avoir compris. Mais apparemment démontrer à quel point je pouvais être contradictoire, semblait le satisfaire. Qui étais-je pour lui gâcher son plaisir ?

Plus je l’écoutais me prendre de haut, plus je me demandais encore pourquoi je cherchais à le protéger. Autant lui donner ce foutu nom et tant pis pour les conséquences. Qu’il aille se faire foutre en fait. Mon sourire se tordit de rage alors que je devenais son défouloir verbal. Il n’imaginait sans doute pas à quel point cette stratégie pouvait finir de me détruire, bien plus efficacement que des balles. Et hasard le sujet revint sur le tapis assez rapidement. Il ne comprenait pas qu’en me menaçant de la sorte, il me précipitait juste un peu plus vers cette version de l’histoire. Ma colère grondante, attisée par la peur me dévorant de l’intérieur, ne demandait qu’à sortir. Kenneth n’allait pas du tout apprécier que je le prenne au mot, mais à cet instant j’envisageais de mettre les voiles quitte à me prendre une balle, juste pour le provoquer et lui me prouver qu’il n’avait pas complètement l’ascendant sur moi. En le poussant à bout peut-être qu’il finirait par me tuer et cela me ferait plaisir de savoir que j’étais celle à l’origine de ce geste. J’aurais pu me diagnostiquer moi-même cette maladie, ce besoin de contrôle extrême qui me poussait à commettre toujours pour d’actes insensés, mais en tant que simple humaine, je savais très bien me vautrer dans le déni. Mon regard coula vers la sortie, un sourire en coin, m’imaginant très bien la scène, une fraction de seconde plus tard, je posais mon regard froid sur Kenneth, le provoquant ouvertement.

Tu es certain de ne pas simplement vouloir me tuer, histoire qu’on en finisse avec cette histoire ridicule ?

Je n’avais pas l’intention de jouer à son petit jeu de question réponse, aucune intention de me plier à ses exigences, aucune intention de me soumettre encore, jamais. J’avais la mauvaise manie de ne rien lâcher, surtout lorsqu’on me provoquait. Le fait que j’avais pu être celle à ouvrir les hostilités n’entrait même pas en compte. Qu’il en vienne à ce comportement parce que je l’y avais poussé, et alors ? Ma colère m’aveuglait souvent, surtout lorsqu’il était question de Kenneth. Alors je pris le parti de continuer à provoquer son manque de patience, tournant en rond toujours un peu plus.

Bonus, tu n’auras pas à t’inquiéter de connaître son nom puisque je serais déjà morte.

Mon ton s’était voulu enjoué, comme si j’énonçais les règles d’un jeu particulièrement attrayant. J’avais continué à parler tout en retirant ma veste qui s’échoua au sol sans plus d’intérêt de ma part.  Me rapprochant de Kenneth à pas mesurés, je détachais ma ceinture désormais inutile sans sa charge, semant mes affaires au fur et à mesure de mon avancée. J’arrivais finalement à l’homme assis par terre et m’accroupit pour être à sa hauteur, plongeant me regard dans le sien.

Reconnais-le tu veux son nom pour pouvoir jubiler, c’est très malsain comme curiosité tu sais ?

Il pouvait simplement m’attraper et m’étrangler, il n’avait qu’à tendre le bras, je m’étais rapprochée avec la ferme intention d’être à sa portée. Je n’avais plus qu’à continuer à être la garce manipulatrice qu’il connaissait et il finirait par craquer. Ma tête s’inclina doucement, allant se poser dans la paume de ma main, dévoilant mon cou dans le processus. Je tendais juste le bâton pour me faire battre…

Mais puisqu’il semble être une information sans laquelle tu n’arriveras pas à dormir ce soir, je peux faire ça pour toi.

J’étais volontairement mielleuse, enfonçant les clous de mon cercueil, ne détournant même pas le regard pour lui donner ce qu’il voulait.

C’est Ivanov.

J’avais craché le nom, y mettant tout le mépris et toute la rancœur que je ressentais pour celui-ci. Niklas représentait tout ce que je pouvais détester le plus en ce bas monde, l’incarnation du mal qui m’avait volé ma vie. Alors s’il suscitait chez moi une colère et un dégout sans nom, il représentait aussi pas mal de regrets. J’hésitais encore à essayer de simplement le tuer lors de notre entrevue, le faire tomber avec moi, mais la mort me semblait encore une option trop douce. J’avais envie qu’il vive pour découvrir à quel point il m’avait sous-estimé, à quel point je pouvais détruire sa vie moi aussi. Ma rage revint comme une vague à l’évocation de mon démon personnel et je la déversais sur Kenneth sans même chercher à me retenir. Je le saisis par le col, nous rapprochant assez pour que mon souffle s’échoue sur ses lèvres, pour que mes mots grondants viennent heurter sa peau.

Maintenant que tu as eu ce que tu voulais, tu peux tirer cette putain de balle !? Je le mérite, on le sait tous les deux !


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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mar 22 Nov - 3:46


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



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Lucrezia était restée silencieuse, accusant le coup, assimilant chacun de mes mots. Aux expressions de son visage, je pouvais voir à quel point je visais juste. Elle bouillonnait à l'intérieur et je n'en demandais pas plus. Peut-être allait-elle m'hurler le nom que j'attendais depuis plusieurs minutes ? Il serait temps. Elle aurait pu nous épargner tout ce cirque si elle l'avait simplement fait lorsque je lui avais posé la question la première fois. Mais non. Il fallait toujours qu'elle complique tout. Tout. Il n'y avait rien de facile entre nous, rien d'évident. Elle se défendait bien trop et pour la moindre raison. Est-ce qu'il lui arrivait de respirer sans se battre également ? Parfois, j'en doutais. Ou alors ce n'était qu'avec moi. Je ne lui inspirais que résistance et mépris ? Je ne saurais dire. Les yeux de Lucrezia fixèrent un bref instant la sortie et je priais pour qu'elle reste raisonnable. Devoir lui tirer une balle dans le genou comme je me l'étais promis et l'entendre crier de douleur dans tout l'entrepôt n'était pas quelque chose qui me tentait tant que ça. Ma main glissa lentement, calmement, vers mon arme à feu que j'étais prêt à dégainer une nouvelle fois si elle choisissait la mauvaise solution. Je suppliais Dieu qu'elle ne m'oblige pas à tenir parole. Et même si je ne croyais pas en Dieu, je le remerciais silencieusement lorsque je captais à nouveau le regard de Lucrezia. Je n'ouvris pas la bouche, laissant ma main récupérer sa liberté, loin de mon flingue. Une histoire ridicule ? Ce qui était sûr, c'est que ce n'était pas la mienne. C'était elle qui s'était empêtrée dans la merde, pas moi. Je n'arrivais pas à obtenir quoi que ce soit, et j'aurais été bien naïf de croire que ma nouvelle méthode fonctionnerait. Que lui fallait-il ? J'aurais peut-être dû essayer avec des fleurs et des chocolats ? Voilà qu'elle me parlait encore de sa mort. Est-ce que sa vie était réellement en sursis ? Mais qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire bordel ? Je la regardais retirer sa veste, puis sa ceinture. Elle n'allait pas essayer de m'étrangler avec ça quand même ? Lorsqu'elle tomba sur le sol, mes yeux la suivirent du regard puis remontèrent lentement sur Lucrezia. Elle attisait ma colère, elle jouait avec ma rage. Elle s'amusait comme une petite folle, je pouvais le voir, et plus encore quand elle réduisait la distance entre nous deux de cette façon. C'était un simple jeu pour elle. Même lorsque j'essayais de lui rendre la monnaie de sa pièce, je n'étais pas crédible, car elle trouvait toujours le moyen de ne pas plier. Je savais que ça lui apporterait des problèmes. Elle ne pouvait pas être aussi méprisante et condescendante sans en payer le prix un jour. Il me semblait que ce jour était arrivé, et je ne savais même pas qui allait lui faire payer la note finale. Bientôt, Lucrezia s'accroupit et son visage fut à la hauteur du mien. Une douleur en plein abdomen me saisit alors que mes yeux se perdirent dans les siens immédiatement. Et maintenant elle jouait avec ma proximité ? Je fronçais à peine les sourcils, maîtrisant ma rage pour ne pas l'étrangler dans un geste incontrôlé. Je me demandais même si ce n'était pas ce qu'elle attendait. Préférait-elle mourir de mes mains ? J'écoutais attentivement ses mots alors que je ne pus empêcher mes yeux de fixer ses lèvres s'agiter un instant. Même maintenant, elle était désirable et je me détestais pour être aussi facilement domptable. Je n'apprenais donc jamais de mes erreurs ? Jubiler n'aurait pas été le mot que j'aurais employé, mais certes. Ma curiosité était malsaine peut-être, mais elle n'était pas toujours malveillante. Lucrezia voyait toujours le pire en moi et je me demandais ce que j'avais bien pu faire pour mériter un tel filtre à ses yeux. A quel moment j'avais pu merder à ce point ? Je ne comprenais pas, et cela resterait probablement un mystère pour le restant de mes jours. J'observais sa provocation sans broncher. Est-ce que j'avais réellement mérité ça ? Peut-être. Elle savait me rendre ma colère mieux que quiconque, et tout le mépris que je lui avais offert un peu plus tôt s'était abattu comme sur un miroir, me renvoyant le tout de plein fouet. Je ne pouvais pas la dominer. Je n'avais jamais réussi et je ne le pourrais jamais. La faire plier était un luxe que je ne pourrais pas atteindre et Dieu que cela faisait naître des sentiments contradictoires au creux de mes entrailles, au creux de mon cœur. Lucrezia était sûre d'elle, sûre de ses méthodes et je la laissais faire. Encore une fois. Pourquoi ? Et que pouvais-je bien faire d'autre ? Je n'allais sûrement pas la gifler pour la faire taire ; surtout qu'elle semblait finalement prête à me donner ce foutu nom qui nous avait causé tant de problèmes.
Le verdict tomba.
Puis un silence alors que je dus blêmir...
Ivanov... Comme Niklas Ivanov ? Bon sang, où et comment Lucrezia avait-elle pu merder autant ? Pourquoi avait-elle côtoyé cet homme en premier lieu ? Comment pouvait-elle être aussi stupide ?! La rage grimpa en flèche alors qu'elle prenait définitivement possession de tout mon corps à travers chaque vaisseau, chaque nerf, chaque fibre... Je soupirais bruyamment, pensant évacuer un semblant de frustration et de colère, mais cela ne me soulagea absolument pas. La tension était palpable et lisible sur chacun de mes traits. Mes yeux avaient dû s'écarquiller sous le choc de cette révélation mais aussi à cause de la tempête qui menaçait d'exploser. Cet ouragan fut incontrôlable mais je savais que je devais le gérer, là, tout de suite, maintenant, avant de commettre l'irréparable. Je mis également de côté ce sentiment d'impuissance. Que pouvais-je bien faire contre Ivanov exactement ?! J'en avais affronté des ennemis, oh ça, Dieu savait combien de batailles j'avais gagnées jusqu'à maintenant. Mais Ivanov ? Autant s'en prendre à... A... Non, rien n'était comparable. Tout me semblait bien plus facile que de faire plier Ivanov sous ma volonté. Mais il faudrait que je trouve quelque chose, n'importe quoi. Et pourquoi ? Pourquoi voulais-je encore la protéger, elle ? Cette garce incohérente, méprisante, cette saloperie de capricieuse qui ne faisait que semer la merde partout où elle passait, y compris dans ma vie. Bordel, comme elle avait mérité son sort ! Alors pourquoi est-ce que je me sentais encore l'âme à vouloir la sauver d'un homme que je ne pourrais pas abattre ? Bientôt, Lucrezia me saisit par le col et je serrais les dents à m'en provoquer une douleur à la mâchoire. J'allais la tuer, de mes propres mains, surtout qu'elle le réclamait. Chacun de ses mots résonnèrent à mes lèvres tel un poison ou bien une provocation ultime. Un dernier pas, juste un, pour nous faire tomber dans le vide et nous amener à l'échéance.

Va.Te.Faire.Foutre, crachais-je à ses lèvres sans même hausser le ton.

J'avais articulé chaque syllabe de mon insulte avec toute la haine dont j'étais capable. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ressenti de sentiments aussi puissants, aussi écrasants, aussi excessifs. Elle méritait de se faire descendre, mais pas de mes mains. Oh non. A la place, dans un dernier élan de contrôle désespéré, mes lèvres frappèrent les siennes avec une violence dont je n'avais jamais fait preuve auparavant. Ma main attrapa son cou et je lui coupais le souffle en resserrant mes doigts autour de sa gorge. Deux manières à la fois d'empêcher l'air d'atteindre ses poumons et j'espérais que c'était douloureux. Mon corps entier se projeta sur le sien dans une rage folle et je la repoussais en arrière pour me retrouver au dessus d'elle. Je libérais son cou spontanément mais ce fut uniquement pour maîtriser ses poignets au sol de mes mains. Mes lèvres restèrent liées aux siennes alors que je l'embrassais encore et encore avec une ferveur démesurée. Si j'avais pu la tuer ainsi, je l'aurais fait. La vérité était que je n'avais trouvé que ça pour canaliser ma rage, pour me défouler mais aussi pour me contrôler ; que ça pour gérer mon sentiment d'impuissance également. Je ne pouvais plus gérer Lucrezia que comme ça. J'étais à court d'option. J'étais à bout de nerfs. J'avais atteint le point de rupture. Nous y étions et ce n'était pas beau à voir. Un élan de passion à la limite de la folie. Le désir avait tout saccagé, tout brûlé en moi. Mon cœur menaçait de sortir de ma poitrine et ses battements frappaient à mes tympans de la manière la plus chaotique possible. J'allais peut-être arrêter de respirer avant elle si je ne maîtrisais pas ma pulsion destructrice, mais à vrai dire, je ne savais pas vers qui cette dernière était tournée. Vers elle pour sa stupidité et sa nonchalance qu'elle allait bientôt payer ? Ou vers moi pour exactement les mêmes raisons ? Je la contraignais de mon corps, m'imposant entre ses jambes sans même y réfléchir ; et je ne sus pas si j'étais au bord du viol, mais ce qui était sûr c'était que j'avais désormais atteint la déraison. Je pourrais toujours la tuer par amour de cette façon et mettre fin à mes jours ensuite si ça devenait trop insupportable pour moi. Je ne me rendais même plus compte de la gravité de mes pensées et à quel point ces dernières étaient abominables. Je ne pouvais plus rien gérer, je n'étais plus capable de raisonner. Je la voulais tellement. Je l'aimais tellement que je ne savais même plus à quel point je la haïssais. Peut-être que ses cris allaient résonner dans l'entrepôt finalement, mais pas de la manière dont je m'y étais attendu.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mar 22 Nov - 9:47


Une joie froide s’empara de moi alors que je constatais, non sans amertume, que je pouvais effectivement amener Kenneth là où je le souhaitais. Si seulement il n’était pas si entêté, si seulement il m’avait simplement oublié, tout cela ne serait jamais arrivé. Je préférais le blâmer, ne serait-ce qu’un petit peu, pour ne pas crouler sous la culpabilité. Parce qu’en y regardant bien, je l’avais manipulé que pour servir mes intérêts et à l’heure où j’aurais dû arrêter mon manège, j’avais cédé à un caprice de mon corps. Si faible, une simple retenue de ma part aurait suffi à nous éviter tout cela. Une simple retenue et je me serais évité toute cette peine. Ce que j’avais pu être stupide de me laisser avoir par des sentiments. J’en avais oublié mon objectif principal, je l’avais mis en danger, et pour quoi ? Rien, rien du tout… et pour tout à la fois. Un coup de poker perdant où j’avais détruit deux vies. Egoïste jusqu’au bout Lucrezia. Incapable de tomber seule au combat parce que tu n’es rien de mieux qu’une gamine effrayée par son propre jeu. Je m’étais simplement laissée dépasser par mes actions, imprudente, loin d’être prête à tenir le poste d’une mafieuse, je n’en avais jamais eu le profil ou les compétences. Pourtant je m’étais lancée dans l’aventure sans prendre en compte mes faiblesses. Si j’avais eu la force de caractère nécessaire, jamais je n’aurais joué avec les sentiments de Kenneth à ce point, au point où j’avais joué avec en cherchant juste à contrôler les miens. Un véritable gâchis.

La réaction du shadowhunter ne m’étonna pas, le choc se lisait sur son visage aussi sûrement que la rage qui prit rapidement sa place. Il avait donc compris à quel point j’avais pu m’engager dans mes activités. Il comprenait enfin que la Menrva n’était pas qu’un petit trafic d’art somme toute innocent. Est-ce cela qui le mettait en rage ainsi ? De se rendre compte qu’il m’avait si mal jugée, de comprendre que j’étais bien pire que ce qu’il s’était imaginé finalement ? Peut-être devrais-je lui dire que je planifiais l’assassinat de personnes aussi, histoire de donner le dernier argument, pour précipiter la hache sur mon cou. Je sentais Kenneth prêt à craquer sous mes assauts, prêt à libérer toute cette haine qu’il avait pour moi, ma délivrance était toute proche et j’allais l’entrainer dans ma chute. Ne pas mourir seule allait être un soulagement tel, que la peur s’effaçait presque. Mais pas la surprise alors que ses lèvres heurtèrent les miennes avec force. J’en oubliais de fermer les yeux sur le coup, du moins jusqu’à ce que sa main se resserre autour de ma gorge. On y était enfin… Ma main toujours accrochée à son col, je ne fis rien pour me débattre, bien au contraire, j’utilisais les dernières secondes qu’il me restait pour lui rendre la violence de son baiser, incontrôlable lubie. La douleur se répandait dans mes veines comme un feu ravageant tout sur son passage. Mais je l’avais tellement voulu que je l’accueillais presque comme une amie. Perdant doucement en vigueur alors que les secondes s’égrainaient, je ne cherchais même pas à accompagner ma chute, l’arrière de mon crâne heurtant le béton abruptement. Une nouvelle douleur dans l’océan de flammes qu’était mon corps, mais le choc suffit à m’assommer légèrement. Mes doigts lâchèrent du leste, glissèrent sur le tissu pour retomber sur mon propre corps avant d’être rattrapés par une poigne vengeresse. Encore une fois je n’opposais aucune résistance, flottant dans un espace-temps où le réflexe de respiration me rattrapait, me faisant hoqueter sous le baiser, cherchant l’air dont j’avais désespérément besoin. Quelque part dans un recoin de ma conscience, je maudissais ce réflexe physique, il me noyait dans une douleur bien plus poignante que la privation d’oxygène en elle-même. La brûlure dans ma poitrine devint insupportable et j’échappais alors au baiser de la seule manière possible, arquant mon corps en maximum contre celui de Kenneth, relevant mon visage au maximum vers mes mains. Une ébauche de cri m’échappa, coupé court par mes corps vocales abimées, j’étais incapable d’évacuer la douleur de cette manière pourtant mon corps essayait encore.

Quelques goulées d’air se frayèrent difficilement un chemin dans mes poumons et la tension de mon corps disparue aussi rapidement qu’elle était venue, son poids mort retombant complètement au sol. Si j’avais du mal à enchainer quelques pensées cohérentes, une s’imposa vite plus que les autres. J’avais compté sur une mort rapide où la souffrance serait éphémère. Mais Kenneth ne voulait pas me faire cette faveur et je réalisais alors que j’avais façonné mon bourreau à mon image. Il ne lâcherait rien, peut-être mettrait-il des heures à me tuer, à évacuer sa rage sur mon corps. Je l’avais tellement mérité… Les choses auraient pu s’arrêter là, elles auraient dû, mais c’était sans compter sur cette vague de désir malsain qui m’agitait encore. J’avais reporté tous mes défauts sur Kenneth, lui avait reproché toutes mes faiblesses, lui avait fait porter le chapeau pour mes déviances. Aujourd’hui je ne pouvais plus me cacher derrière de faux-semblants, je n’en avais plus besoin. Alors ce fut de moi-même que je revins me heurter contre lui avec la force de celle qui n’a plus rien à perdre. Les rares parties de mon corps encore libre d’un quelconque mouvement, se mirent en action dans l’intention de fusionner nos deux corps, qu’aucune parcelle de peau ne soit laissée pour compte. Je me redressais légèrement, mon buste se collant au sien alors que mes lèvres avaient rejointes leur tortionnaire, mes jambes s’enroulèrent autour des siennes plus sûrement qu’une plante grimpante, quant à mes mains, frustrées de ne pouvoir le toucher, elles s’étaient fermées en deux poings donc les jointures ne tardèrent pas à devenir blanche.

Mon corps brulait, de douleur, de plaisir, je ne savais plus, mais il se consumait malgré moi. Ma conscience, mon égo, ma fierté, mon amour-propre, tous mis sur pause. Une seule litanie tournant en boucle derrière mes paupières closes. « Juste une dernière fois ». Parce que s’il y avait bien un jour où je pouvais me permettre de lâcher la brides à toutes mes inhibitions, c’était bien celui de ma mort. Et c’est ainsi qu’aucun remord n’arrivait à percer le brouillard de mon esprit. Oh, je rêvais encore sur ce sujet… Un remord se fraya bien un chemin… La douleur de la perte. Je ne pouvais pas me laisser aller à connaitre encore une fois ce que je n’aurais plus jamais l’occasion de gouter. Je m’arrachais donc encore une fois à ses lèvres, à ce refuge, collant nos fronts dans une tentative de le garder à distance. Une inspiration laborieuse plus tard, je soufflais quelques mots difficiles.

Je t’en prie. Ne fais pas ça.

Mes mots n’étaient pas en accord avec ce que mon corps réclamait, et je ne savais même pas si Kenneth m’entendrait dans la fureur qui l’animait. Il me semblait encore plus perdu dans son enfer que moi et j’étais celle qui l’y avait précipité. Alors une nouvelle litanie frénétique s’empara de mes lèvres, chuchotant en boucle les mots qu’il ne voulait pas entendre. Pourtant à cet instant je les pensais tellement.

Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Mer 23 Nov - 17:33


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Lucrezia ne s'était pas défendue. A aucun moment elle n'avait cherché à lutter contre moi. Pire encore, elle m'avait rendu mes baisers avec une certaine symétrie qui aurait dû m'inquiéter. Pensait-elle que c'était cause perdue d'essayer de me fuir ? Pensait-elle que cela allait m'apaiser de la savoir coopérante voire participative ? Ou bien était-elle satisfaite de ma colère ? Je la laissais échapper à mes baisers, juste une fois, son corps frottant contre le mien dans le processus alors qu'elle se redressait pour esquiver mes lèvres. Il ne m'en fallait pas vraiment plus pour que l'excitation trouve sa part du gâteau dans ce mélange d'émotions dévorantes. Un sacré orchestre parfaitement en rythme actuellement dirigé par ma colère. Elle récupérait son souffle dans un faible cri et je ne luttais pas contre son instinct de survie, soupirant de plaisir bien malgré moi dans le processus. A vrai dire, un tel son résonnant à mes oreilles fut un véritable aphrodisiaque. Je fus incapable d'arrêter l'assaut de mes lèvres et je continuais de l'embrasser là où sa peau me menait. Sa gorge, son cou, la merveilleuse ligne de sa mâchoire, insatiable. Et lorsque Lucrezia fut satisfaite en oxygène et que son corps retombait simplement sur le sol, mes lèvres se jetèrent à nouveau sur les siennes, torturant de temps à autre sa langue avec la mienne. Je l'épargnais, j'en avais bien conscience, mais si ma raison avait foutu le camp, je crois que mon instinct de protection, lui, au fond, était toujours là, quelque part, plus fort que tout le reste. Je crus que Lucrezia manquait à nouveau d'oxygène lorsque je sentis son corps tout contre le mien une seconde fois, mais cette fois-ci, je constatais que ce n'était pas pour éviter mes lèvres. Bien au contraire. Je la laissais prendre un certain contrôle, à travers ses jambes notamment qui se refermaient autour de moi, et je sus à cet instant précis que plus rien ne pourrait m'arrêter. Je la voulais, plus que tout au monde. Elle avait toujours été la femme que je désirais réellement, au creux de mes entrailles, dans chaque fibre de mon cœur, elle hantait mes pensées, toujours, et il m'avait fallu aller aussi loin pour comprendre que c'était réciproque. Elle ne pouvait plus se cacher. Elle laissait son désir prendre le dessus à son tour et elle ne pouvait plus me mentir. La force coopérante dont elle faisait preuve contre moi me prouvait non seulement qu'elle était consentante, mais qu'en plus elle était exactement celle que je recherchais. Elle n'avait pas peur de moi, pas peur de la violence ni de la colère qui coulaient dans mes veines, ou alors elle s'était simplement résignée à mourir dans les meilleures conditions possibles, peut-être après une dernière partie de jambes en l'air. Si ses mains étaient restées inactives jusqu'à maintenant, je dus resserrer ma prise autour de ses poignets, sentant une pression plus forte de la part de ces derniers. Mais je ne comptais pas répondre à ses suppliques silencieuses. J'exerçais ma vengeance comme elle se présentait et j'avais besoin de contrôle mais aussi de la contrôler elle. Ce contrôle dont elle m'avait tellement privé auparavant. Je m'étais plié à ses désirs, à ses requêtes, je l'avais laissée prendre le meilleur de moi-même en lui évitant le pire. Elle ne pouvait plus reculer et elle subissait aujourd'hui tout ce qu'elle avait laissé de moi sur la touche. Au centuple.

Ses lèvres s'échappèrent une nouvelle fois et son front se heurta au mien, mince barrière entre nous. J'en profitais pour simplement récupérer mon propre souffle alors que mes yeux s'étaient rouverts d'eux-mêmes, observant ce qu'ils pouvaient observer à cette distance. Elle exerçait une nouvelle fois son contrôle en obtenant ce qu'elle voulait de moi : une pause, et je soupirais sans savoir si j'évacuais de la colère, du plaisir ou de la résignation. Peut-être un mélange des trois, simultanément. Mais lorsque je captais les mots prononcés et ce qu'elle avait à me dire, je me renfermais à nouveau. « Ne pas faire ça » ? Elle me priait d'arrêter ? Mes yeux s’écarquillèrent d'eux-mêmes. Jusqu'à preuve du contraire, je pouvais constater qu'elle prenait du plaisir à subir ce que je lui infligeais. Alors était-ce simplement pour me contredire encore une fois ? Elle luttait encore... Encore et toujours. Et la connaissant, je n'aurais pas dû être surpris.

Tais-toi, me contentais-je alors de murmurer avec fermeté et colère.

Elle ne se défendait pas, bien au contraire, mais trouvait encore le moyen de discuter ce que je faisais. Mais j'avais fini de l'écouter, fini de me plier à chacun de ses mots et fini de baisser les yeux, la tête devant elle. Pensait-elle que j'allais juste la libérer, me relever et lui dire « D'accord, comme tu le souhaites. » ? Si c'était le cas, alors c'était que quelque chose n'était vraiment pas clair ou alors que je n'avais jamais constaté jusqu'à maintenant qu'elle avait des capacités de réflexion limitées. Mais je savais parfaitement que ce n'était pas le cas. Est-ce que cela faisait parti de son jeu ou voulait-elle simplement voir si elle pouvait encore m'attendrir ?

Mes lèvres reprirent leur labeur, mordillant l'oreille de Lucrezia avant de descendre progressivement dans son cou puis jusqu'à son décolleté. Mes mains libérèrent alors naturellement ses poignets pour suivre ma descente, caressant ses bras dans le processus. J'expirais ma rage et mon désir contre sa peau, soupirant de temps à autre, gérant l'excitation dans chaque particule de mon corps pour ne pas tout simplement lui arracher tous ses vêtements et prendre ce que j'avais envie de prendre. Mais je ne comptais pas m'arrêter tant que je n'aurais pas atteint la finalité évidente de ce que j'avais entrepris, ça c'était sûr. Un dernier plaisir commun avant que l'on se fasse peut-être descendre tous les deux par Niklas. Ça ne paraissait pas si aberrant. Le son de la voix de Lucrezia résonna une nouvelle fois et je crus que j'allais devenir violent un bref instant. Ne lui avais-je pas dit de se taire ? Elle ne m'écoutait jamais, même dans une telle situation. Oh bon sang... Je ne sus pas si cela majorait mon désir pour elle, mais j'avais vraiment envie de la faire taire, de bien des façons différentes. Dans ma frénésie, je trouvais alors la force de me redresser sur mes genoux, les hanches de Lucrezia entre les miennes. Ma main se posa brusquement sur sa bouche et j'exerçais une pression suffisante pour la faire taire mais également pour lui voler son souffle. Si elle pensait avoir encore le droit de parole, c'était que je n'y allais pas suffisamment fort. Moi, bien trop gentillet, ou elle indomptable ? Peu importait.

J'ai dit tais-toi. La seule chose que je veux entendre sortir de ta bouche, ce sont tes gémissements.

Peut-être un peu cru mais si le ton que j'employais ne l'atteignait pas, peut-être que mes mots, eux, le feraient. Et lorsque je pensais que mon message était bien passé, je libérais sa bouche, lentement. Je retirais alors rapidement ma veste pour la jeter un peu plus loin, puis ce fut le tour de ma ceinture armée ; mieux valait ne pas laisser une arme blanche et une arme à feu à proximité de Lucrezia. Elle aurait toujours pu attendre le bon moment pour me tuer. Je n'étais jamais assez prudent. Pas avec elle en tout cas. Je me débarrassais alors de ma ceinture de la même manière que ma veste, si ce n'était plus loin encore. Mes yeux n'avaient pas quitté Lucrezia ; son visage, sa gorge, sa poitrine. Elle me brisait le cœur même sans ouvrir la bouche ou sans bouger. Si cela me soulageait de la bousculer, ça n'avait tendance qu'à apaiser ma profonde rage, mais jamais mon amour sincère pour elle. Mes mains se posèrent alors sur son haut dans une prise agressive mais contrôlée. Je ne me fis pas prier pour le déchirer et exposer sa poitrine et sa peau nue à mes yeux. Mes doigts glissèrent sur elle, mes paumes la caressèrent jusqu'à dans son dos, avec possessivité, détermination, mais aussi avec une douceur en parfaite incohérence avec mon précédent geste. Avec assurance, je la pris dans mes bras pour la redresser contre moi. Je pris soin de m’asseoir et de l'installer sur moi, fusionnant nos corps dans le processus. Je lui redonnais un semblant de contrôle alors que je la laissais librement participer à nos ébats tant qu'elle ne fuyait pas. Je retirais entièrement son haut déchiré d'un geste rapide, et à peine cela fut fait que mes lèvres s'échouèrent sur sa clavicule. Je laissais mes dents participer en tirant sur la bretelle de son soutien-gorge de temps à autre, contrôlant l'expression de ma passion dans de simples gestes. Mes doigts se hâtèrent de retirer son soutien-gorge sans plus de débat et je m'en débarrassais immédiatement en le jetant à distance sans plus d'attention, délivrant entièrement sa poitrine de sa retenue. Mes mains la massèrent lentement mais fermement alors qu'elles descendaient en caresses sur ses flancs, et mes lèvres les imitèrent en glissant sur sa peau nue jusqu'à ses seins, les embrassant avec ferveur mais presque avec politesse. Je m'empêchais de franchir une ligne qu'il me semblait pourtant avoir déjà franchie. Je laissais une nuée de baisers remonter jusqu'à sa gorge sans jamais me séparer de sa peau, ma langue la léchant de temps à autre pour prendre le relais. Elle était parfaite. Parfaite pour moi, pour l'homme que j'étais. Parfaite à mes yeux d'abruti. J'étais bien trop à son écoute malgré moi, et si j'avais été en colère précédemment, ou que dis-je, si j'avais été dévoré par la rage, je n'étais plus très sûr que c'était encore le cas maintenant. Je soupirais alors que je laissais mon front se poser contre le sien, nous offrant une brève pause. Je voulais qu'elle soit consentante ; je voulais qu'elle veuille de moi comme je voulais d'elle. J'étais dévoré par le désir, consumé par lui. J'avais besoin d'elle. Même encore maintenant, malgré tout ce qu'elle m'avait fait, malgré tout ce qu'elle m'avait fait ressentir, je l'aimais trop pour la blesser. Pourtant, je n'étais pas prêt à arrêter simplement parce qu'elle me le demandait. J'étais pitoyable mais j'étais ce que j'étais. Le renard en moi l'avait mis en sourdine en constatant la tournure des événements et mon cœur avait pris le dessus avec une facilité déconcertante. Alors, silencieusement, j'observais Lucrezia, la laissant décider de notre sort, reprenant mon souffle à ses lèvres, partageant le même oxygène dans notre bulle intime. Et si elle me repoussait maintenant ? Aurais-je été bête de finalement lui avoir laissé le choix ? Car je n'étais pas sûr de pouvoir lui laisser la décision finale. Je n'arrivais pas à la contraindre mais je ne pouvais pas reculer non plus. Je n'en étais plus réellement capable. Et si j'aurais dû entretenir cette rage pour ne pas me poser une telle question, je ne choisissais pas ce que je ressentais, du moins pas toujours. Je l'aimais, et toute cette haine ne faisait pas le poids. L'une de mes mains se décrocha de son flanc pour se poser avec possessivité sur sa joue, maintenant son visage contre le mien avec fermeté. Dieu comme je l'aimais.



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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Jeu 24 Nov - 19:42

 L’addiction, une bien vilaine chose si vous voulez mon avis. Intrusive, incontrôlable, ravageuse. Et de toutes les addictions possibles, au sucre, à l’alcool, à la cigarette, à la cocaïne, au sexe, il fallait que ce soit une addiction à une personne. Intrusive, elle s’était insinuée vicieusement dans ma vie, un serpent rampant lentement, jusqu’à m’étouffer sûrement. Incontrôlable, j’avais été incapable de l’ignorer complètement, en dépit de mes efforts à le faire, elle avait contrôlé plus de mes gestes que je ne voulais bien l’admettre. Ravageuse, elle entretenait un feu permanent, couvant la plupart du temps. Des braises à peine rougeoyantes, mais des braises sur lesquelles il suffisait de souffler pour qu’elles s’embrasent à nouveau, trainant ma lucidité dans la boue, noyée par un afflux de sensations et de pensées incohérentes. Ou peut-être bien trop cohérentes, parfois, je ne savais plus bien faire la différence. 

Tout ce que je savais c’est que l’intensité de ce qu’il arrivait à me faire ressentir me submergeait complètement, particulièrement maintenant que j’avais abandonné la bataille contre moi-même. Ressentir à nouveaux des sentiments aussi puissants n’était pas chose aisée, pas pour un cœur qui avait cessé de battre depuis de longues années. Je me sentais comme une adolescente, du moins c’est ce que je m’imaginais, car je n’avais pas de point de comparaison avec cette situation. Je n’avais jamais eu ce genre de sentiment pour quelqu’un, pas même l’homme qui avait partagé ma vie pendant de trop nombreuses années de mariage. Quant aux sentiments transcendants que j’avais eu pour mon fils, ils n’étaient en rien comparables pensais-je à tort. La réalité c’est qu’une chose les liait : leur caractère fusionnel. Mais là où celui que j’avais avec Luca était un lien mère fils serein, celui que j’entretenais avec Kenneth me semblant plus malsain et dévorant. Menaçant de m’engloutir et de me perdre, chose contre laquelle je m’étais débattue comme je l’avais pu. C’est cette guerre dans laquelle j’avais finalement déposé les armes, fatiguée de combattre un ennemi que j’avais moi-même fabriqué. J’abandonnais une addiction pour une autre, le contrôle contre Kenneth. Au diable les conséquences, pour ce qu’il pouvait en rester. 

Timing ou destin, Kenneth perdit à nouveau patience, s’arrachant à moi pour me commander à nouveau. Un ordre qui aurait dû me rendre folle à l’instant même où il l’avait formulé. Une main dont j’aurais dû chercher à me débarrasser. Pourtant je n’en fis rien, la seule réaction de mon corps fut un frisson incontrôlable, une décharge électrique me parcourant de la tête aux pieds, le désir s’emparant de ce qu’il me restait de raison. Peut-être était-ce la réalisation dont j’avais besoin, Kenneth ne me laisserait plus avoir le contrôle, il se l’était approprié et allait se venger pour toutes les fois où je le lui avais volé et cela m’allait. C’est ainsi que j’allais finir par plier, la chose que je m’étais interdit de faire, ne plus jamais plier devant personne. Il était bien le seul à pouvoir obtenir cela de moi, une reddition complète, de mon plein grès. Un abandon dont je ne me serais jamais cru capable. Pourtant j’en étais là, à lui laisser ma vie entre les mains, à lui confier mon corps sans peur, à obéir à ses désirs sans plus chercher à le combattre. Muette il me voulait, muette il m’aurait, et ce qui aurait dû m’apparaitre comme une contrainte insupportable, fut finalement la bienvenue. Je n’avais plus à dire, plus rien à remettre en question, plus rien à combattre. J’avais fini de rejeter tout ce qui pouvait émaner de cet homme, bien au contraire, désormais j’accueillais sa rage et son désir avec un nouveau plaisir surprenant. Lâcher prise allait peut-être devenir l’une des meilleures décisions de ma vie, ou l’une des pires, cela restait encore à déterminer. 

J’observais Kenneth se débarrasser de sa veste avec une joie malsaine, contrôlant au maximum mon envie de l’y aider. Lorsque la ceinture subit le même sort l’excitation monta d’un cran. Je ne tenais même plus compte des armes qui nous entouraient, mon monde tournait à nouveau autour de quelque chose, de quelqu’un et cela suffisait à éclipser le reste. Seul son regard braqué sur moi arrivait encore à capter ma pleine attention. Il me scrutait et je n’avais aucune idée de ce qui pouvait lui passer par l’esprit, le mien réclamant le retour de son corps sur le mien. Requête que je me gardais bien de formuler, son interdiction toujours présente dans mon esprit comme un sort appliqué contre lequel je ne pouvais rien faire. Alors j’attendis, impatiente, l’air entrant encore avec à-coups dans ma poitrine, une respiration inégale sur laquelle je n’avais plus de contrôle non plus. Souffle qui se bloqua de lui-même alors que les mains de Kenneth revinrent enfin sur moi, possessives, agressives. En lieu et place de la peur, c’est l’anticipation qui brûlait mes veines. Je repris une respiration dans un hoquet de plaisir alors que la violence n’était rien de plus qu’un aphrodisiaque insoupçonné. A l’instant, mon corps me vantait ma décision, la partie de mon esprit actuellement en train de se vautrer avec délectation dans cette situation anormale, ne discernait plus où commençait le malsain dans le plaisir. Je n’avais plus conscience que de ses lèvres, de leurs tortures délicieuses sur ma peau et rien d’autre n’existait, hormis ses mains qui laissaient des trainées de frissons là où elles passaient. Maitresses de mon corps, elles pouvaient en jouer comme d’un piano. 

Mes propres mains s’activèrent d’elles-mêmes maintenant qu’elles étaient libérées, se verrouillant autour de la nuque de mon tortionnaire alors qu’il nous redressait tous les deux. Se pliant à tous ces ordres tacites, accompagnant ses volontés sans même que mon esprit ait le temps de formuler ne serait-ce qu’une objection. Kenneth avait beau m’avoir redonné une position de dominante, je n’avais même pas envie d’en user, je laissais alors passer une occasion pour la première fois depuis une éternité. Peut-être était-ce un test, peut-être s’attendait-il à ce que je tente quelque chose, mais la seule chose à comprendre désormais, c’est que je m’en étais remise à lui, advienne que pourra. Mon visage s’échoua rapidement au creux de son cou, mon souffle erratique venant heurter sa peau, mes lèvres errant sans but, mon esprit déconcentré par les sensations que me transmettait ma propre peau dévoilée. Je mis de longues secondes à réaliser le manque, celui de sa peau contre la mienne, de sa chaleur, et cette soudaine reprise de quelques esprits était à mettre sur le compte de l’immobilité soudaine qui nous entourait. Ce moment en suspens, comme si le temps s’était arrêté, la passion mise en pause. J’ouvris donc les yeux pour rencontrer son regard. Si proche et si loin, je sentais sous souffle sur mes lèvres mais aucun son n’en sortait. Seuls ses yeux contenaient une demande tacite et ce regard eut raison de tout ce qui pouvait encore me retenir. Il me ménageait encore alors qu’il aurait pu faire n’importe quoi de moi et je ne l’en aimais qu’encore plus. La prise possessive sur ma joue n’avait plus le goût de la contrainte, ne provoquait plus une irrépressible envie de me révolter contre. Désormais elle faisait naître un sentiment de bien-être et de satisfaction tel que je n’aurais jamais pu l’imaginer. J’étais parfaitement heureuse de mon sort, quel qu’il soit.

Si Kenneth semblait attendre un geste de ma part, je ne me fis pas prier pour le lui donner. Un petit sourire étira mes lèvres alors que j’empoignais le bas de son tee-shirt pour le relever. Le forçant à me lâcher pour le lui enlever. Je préférais cette méthode à la sienne, même si l’envie de lui rendre son ardeur était bien présente, je me savais encore réaliste pour ne pas avoir assez de force. Alors une fois son tee-shirt retiré et envoyé je ne sais où hâtivement, mon corps revint se fracasser contre le sien sans douceur, mes mains prenant possession de son visage alors que mes lèvres étaient reparties à l’assaut des siennes, délaissées depuis trop longtemps. Sa peau contre la mienne avait un goût de refuge, sa chaleur m’englobait dans un cocon que je n’aurais jamais voulu quitter. Ma prise se fit plus forte dans une tentative insensée de fusionner nos corps jusqu’à ne plus savoir où commençait le sien ou le mien. J’étais incapable de donner vie à l’intensité qui m’habitait, bien trop brutale pour être exprimée, aucun mot, aucun geste ne pouvait lui rendre honneur. A cet instant mon besoin de possession était si grand, que je ne m’imaginais pas lâcher ce visage un jour. Pourtant je le devais et l’appel de plus en plus urgent me poussa à desserrer ma prise, mes mains glissant doucement dans son cou, explorant les courbes de ses épaules, de son dos, mon corps refusant de se dessouder du sien. Le seul mouvement qu’il s’autorisa visait à faire heurter nos bassins, cherchant une proximité qui n’était jamais satisfaisante. Nos corps étaient affamés et nos consciences parties en vacances, les laissant se nourrir à leur faim. J’eus un éclair de lucidité, l’image du point de chute que j’avais aménagé dans un coin dissimulé de l’entrepôt s’imposa dans mon esprit. Mais le confort nécessitait une chose que je n’étais pas prête à laisser arriver, m’arracher à cette étreinte. L’image disparue alors aussi vite qu’elle était apparue, mon esprit à nouveau complètement concentré sur Kenneth. Dans ses bras, dans les miens, j’étais là où je devais être, enfin. Un long soupir de contentement s’échappa de mes lèvres alors que mes doigts s’ancrèrent dans la peau tendre de son cou et de son dos.

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MessageSujet: Re: /!\ Face the choice between what is right and what is easy || Kezia   Ven 25 Nov - 15:35


« The right choice is hardly ever the easy choice. »



| | FACE THE CHOICE | |
KEZIA

Lucrezia était dans mes bras, entre mes mains, et pour la première fois depuis notre rencontre, elle ne luttait pas, pas même un peu. Depuis combien de temps avais-je attendu ça ? La profonde rage qui m'avait animé s'était apaisée face à ce fait. Toute la colère que j'avais abattu envers et sur la jolie brune nous avait suffit à calmer le jeu et a instauré un climat différent. Je ne savais pas si j'avais poussé Lucrezia à réaliser qu'elle me voulait comme je la voulais, mais cette possibilité améliorait grandement mon humeur. Il aura fallu que j'utilise la force pour y parvenir et je n'aurais jamais cru y être aussi facilement capable. Elle savait me pousser à bout comme personne, elle avait toujours su. En un claquement de doigt, j'étais à ses genoux et j'attendais ses ordres. Peu réjouissant pour le dominant et le maniaque du contrôle que j'étais. La brève pensée que j'aurais peut-être dû la contraindre plus tôt pour arriver à mes fins me poussa à me gifler moi-même intérieurement. Si j'étais parfois dominé par mes émotions, cela ne voulait pas dire que mon comportement était plus facilement acceptable et pardonnable. Mais j'avais été tel un chiot. Bienveillant, d'une fidélité sans faille envers son maître, mais frappé tous les jours, j'avais fini par le mordre. Et à la place d'être euthanasié sur le champ, le maître avait compris son erreur. Néanmoins, ce n'était pas parce que j'avais perdu le contrôle une fois que cela devait arriver encore. Je ne pouvais pas lui faire de mal ; elle était la seule personne que je ne pouvais pas abattre, le seul animal que je ne pouvais pas combattre. Non sans remords et regrets dévorants pendant de nombreuses années en tout cas. J'étais bien conscient que la vie sans elle serait désormais impossible et je devais avouer que cela me terrifiait. J'avais déjà ressenti ça auparavant. Pour mon premier amour qui avait ruiné ma vie en un soupir, mais également pour ma sœur jumelle. Ce profond besoin de protéger, soutenir, aimer, fusionner avec l'autre ; je pensais l'avoir oublié, je pensais ne plus être capable de le ressentir, mais Lucrezia était ma sauveuse. Elle n'aurait jamais conscience à quel point elle me maintenait humain. Elle m'empêchait de céder totalement au renard en moi et sans elle, je serais probablement devenu bien plus antipathique que je ne l'étais déjà. Elle me permettait de ressentir des sentiments bienveillants, au moins envers une personne, elle, et cela suffisait pour que je puisse en ressentir un peu pour le restant du monde. Ou en tout cas ce qu'il en restait.

Le sourire de Lucrezia naquit sur son visage et je sentis mon cœur manquer un battement. La voir sourire, me sourire, était la plus grande des récompenses, notamment après l'agressivité dont j'avais fait preuve contre elle. Je soupirais de plaisir alors qu'un sourire se dessina à son tour sur mon visage. Ce fut l'une des rares fois où je ne souriais pas par mimétisme. Je souriais parce qu'elle me souriait mais de manière différente ; j'étais heureux parce qu'elle avait séché ses larmes. Elle retirait mon t-shirt et je me laissais faire avec joie, l'aidant dans le processus. Je l’accueillais à nouveau tout contre moi, contre ma peau désormais nue, stimulant mon épiderme qui mémorisait sa douceur, son contact. Sans perdre de temps, ses mains furent sur mes joues, possessives, et ses lèvres contre les miennes m'imposaient des baisers puissants et passionnés. J'y répondais avec la même ferveur, me pliant à son rythme, à ses désirs, à la moindre de ses impulsions. Je sentis les mains de Lucrezia se resserrer davantage autour de moi et mes doigts glissèrent dans son dos jusqu'à ses reins. J'exerçais une pression sur ces derniers pour unir nos bassins, répondant aux tentatives de fusion de Lucrezia dans le processus. J'en gémissais de plaisir, dans l'attente d'une réelle fusion dans les prochaines minutes à venir. J'étais un homme patient, mais pas ce soir. Je la désirais bien trop pour tourner autour du pot et jouer les gentlemen. J'espérais avoir d'autres occasions de lui montrer que je pouvais être différent, faire les choses bien pour une fois dans ma vie, mais là maintenant, tant pis mais non. J'étais parfaitement et totalement contrôlé par ma passion, par mon avidité. Je bouillonnais, je me consumais littéralement et si ce feu ne me tuait pas, il majorait très certainement mon appétit. Son empressement m'encourageait de toute façon à être bien moins patient moi-même, et si elle s'en était totalement remise à moi, je comptais bien prendre – garder – les rênes durant les prochaines intenses minutes que nous allions partager. Je n'étais pas égoïste ou égocentrique, pas avec elle en tout cas, mais j'étais incapable de faire mieux dans un tel instant. Son plaisir avait autant de valeur que le mien à mes yeux, mais j'espérais qu'elle ait envie de la même chose que moi : une fusion brutale qui nous soulagerait tous les deux, qui rassasierait notre caprice, notre envie, notre appétit et qui réduirait ce feu destructeur qui saccageait tout à l'intérieur. Dans le processus, je pourrais sûrement évacuer ce qu'il restait de ma colère et de mon profond sentiment d'impuissance. Après et seulement après je pourrais réfléchir aux émotions qui resteraient et reprendre là où nous en étions. Une parenthèse dans cette jungle apocalyptique, une pause dans toute la terreur que nous ressentions au quotidien, dans ce combat pour survivre et continuer de contrôler nos vies sans se faire dévorer par plus fort que nous. Ce qui était sûr, c'était que je me battrai pour elle, pour nous, et je n'arrêterai pas jusqu'à ce que je rende mon dernier souffle. Mais pas maintenant. Maintenant, je m'éloignais de la pensée, de la raison, je m'éloignais de tout pour me laisser simplement guider par mes envies et mes besoins, par mon amour profond pour la brune dans mes bras. Véritable chance dans cette vie qui n'avait plus rien eu à m'offrir depuis longtemps. Dans notre étreinte, la prise acérée de Lucrezia autour de moi me rassurait et me consolait de tout ce que j'avais pu ressentir dans ma vie jusqu'à maintenant. La douleur, la peine, la rage, la colère, la haine. Tout ce poids qui s'était abattu sur mes épaules au cours de toutes ces années s'était allégé, simplifié. Oui, tout était plus facile et acceptable lorsqu'elle me tenait si fort.

Son soupir de contentement et ses doigts sur ma peau nue me firent sourire une nouvelle fois et, alors que l'une de mes mains resta sur ses reins pour maintenir nos deux corps au plus près l'un de l'autre, ma seconde main remonta en une caresse jusqu'à ses cheveux, mes doigts s’immisçant entre eux. Ma bouche embrassa avec ardeur son cou avant que mon visage ne remonte lui aussi vers sa chevelure. J'inspirais son parfum, sa signature, sa singularité, m'imprégnant d'elle jusqu'à dans mes poumons et dans toute la profondeur de mes tissus. Une véritable drogue qui soulageait tout mon être et dont je ne pourrais plus jamais me passer. Mes sens décuplés me permettaient de mémoriser Lucrezia de toutes les manières possibles. Elle était unique et je pourrais la reconnaître les yeux fermés parmi des millions de femmes sans aucune difficulté. J'enregistrais ce qui m'appartenait mais à qui j'appartenais également. Ainsi je n'aurais jamais à me poser la moindre question désormais. Un instinct de possession et d'appartenance typiquement animal. Il n'y avait pas que des mauvais côtés à avoir ce renard en moi. Il y avait aussi quelques avantages et je m'y étais fait avec les années. Et en parlant d'avantage...

Dans une impulsion, je l'allongeais à nouveau au sol, moins violemment que la première fois mais tout en évacuant ce trop plein d'ardeur tout de même. Je la désirais tellement que c'était devenu douloureux, à l'intérieur de mes entrailles tout comme à l'extérieur, là où s'exprimait la force de mon envie pour elle. Me détacher d'elle m'arracha un gémissement de protestation et je me hâtais de défaire son pantalon comme si je courais après une montre invisible qui menaçait de crier que mon temps était écoulé. Je ne pouvais plus tolérer cette attente et je voulais la posséder maintenant, cela faisait bien trop longtemps que j'avais lutté contre cette envie, la mettant de côté à la demande de Lucrezia. Aujourd'hui, je ne contrôlais plus rien et je laissais courir ce besoin impérieux sans plus y réfléchir. Mon impatience devenait de plus en plus ingérable et tout dans mes gestes le démontrait. Avec force, j'attrapais son pantalon ainsi que son bas et les lui retirais rapidement sans plus de cérémonie, dégageant ses chaussures dans le processus. Dans ma frénésie, je défis mon propre pantalon sans prendre la peine de le retirer totalement et ceci avec une rapidité déconcertante. Je me soulageais de la douleur dans le processus avant de me rallonger au dessus de Lucrezia, rapprochant nos corps à nouveau. Mon Dieu, ces simples petites secondes avaient suffi à créer une sensation de manque intolérable au creux de mon abdomen et sa proximité me rassura immédiatement, comme si elle aurait pu s'enfuir ou m'échapper pendant que je nous déshabillais. Mes lèvres s'échouèrent sur les siennes, possessives, réclamant de se consoler du bref manque qu'elles avaient subi. Dans ma fièvre et une folie que je ne pouvais plus contenir une seconde de plus, je m'imposais en elle, la pénétrant presque avec une brutalité délictueuse, forçant mon passage avec une vivacité qui exprimait clairement tout l'acharnement caractéristique dont je pouvais faire preuve quand je laissais le pire de moi-même prendre le contrôle. Qu'elle me pardonne pour les préliminaires douteux, je n'étais pas un homme délicat, je ne l'avais jamais été, et je ne pouvais absolument pas l'être aujourd'hui, au vu des circonstances dans lesquelles nous nous trouvions et qui nous avaient mené à ce moment précis. Je laissais un gémissement de contentement rauque s'échapper de mes lèvres sans même chercher à cacher le plaisir dévorant qui m'avait envahi. Un profond soulagement s'empara de moi, comme si je n'avais plus rien à craindre. Le lieu, la date et l'heure n'avaient plus aucune importance à cet instant. Seule Lucrezia comptait réellement et je laissais mon front se poser contre le sien, les yeux fermés, contrôlant ma respiration et mon rythme cardiaque devenus anarchiques dans le processus, gérant ce cocktail détonant d'émotions dont je ne pouvais même plus identifier les composants. Je lui volais un faible baiser, du bout des lèvres, comme si j'économisais mes forces mais aussi comme si je voulais me faire pardonner ma hâte et ma férocité. Et bientôt, je bougeais en elle, lentement d'abord, recherchant néanmoins la profondeur à chacun de mes coups de bassin dans un instinct de possession plutôt que de performance. Bon sang, elle était à moi, je voulais qu'elle soit à moi jusqu'à notre fin, et comprendre ici jusqu'à notre mort. Je laissais le plaisir et la luxure m'envahir alors qu'un sentiment de pouvoir commençait également à naître en moi. Une addiction qui ne serait jamais satisfaite, quel que soit le nombre de fois où je posséderais Lucrezia. Non, je ne serais jamais satisfait, j'étais bien trop avide pour ça, mais tout ce que je pouvais faire, c'était tenter de me rassasier au mieux et de combler cet appétit animal contre lequel je ne pouvais jamais lutter longtemps, tout en mettant le plaisir de Lucrezia en première ligne. Elle était ma priorité, même si je n'avais pas toujours la tendresse nécessaire pour le lui prouver via mon comportement ou mes mots.



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The gun still rattles



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