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 A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig

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↳ Métier : Patron du Little Darlings, trafiquant de drogues/médocs, proxénète, fondateur de la mafia Nilfheim
↳ Opinion Politique : Il n'est pas l'ennemi du Gouvernement, tant que le Gouvernement n'est pas le sien.
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist : 30 Seconds To Mars « Beautiful Lie »
↳ Citation : « La débauche est une chasse ouverte, elle n'a pas de gibier préféré »
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MessageSujet: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Jeu 24 Nov - 0:45



   
Symphony Of Destruction
You take a mortal man and put him in control, watch him become a god. Just like the Pied Piper led rats through the streets, we dance like marionettes, swaying to the Symphony of Destruction


La porte du Little Darlings claqua soudainement, faisant échos dans toute la salle. Vide à cette heure matinale - l'aube pointait doucement -, le bruit était d'avantage semblable au vacarme lorsque ses pieds martelèrent le sol dans une démarche furieuse. Il avait passé la nuit dehors à jouer le bourreau de Moïra, à détruire son logis et son esprit. A venger l'atteinte à son business, chose qu'il lui avait depuis longtemps promise - c'était chose faite -, ainsi que les meurtres purs et simples de deux de ses hommes qu'il lui avait envoyés en préambule. Tout était trop fâcheux, les nerfs menaçaient de lâcher, agressés de surcroît par la fatigue figée dans ses traits affreusement tirés, pendant que sa dose quotidienne lui manquait. Tous les événements récents se mêlaient dans une totale confusion, dans une spirale qui tendait vers l'infernal. Ses sbires, le Bones, puis Solveig et Niklas. Son cher petit subalterne qu'il avait chargé d'être ses yeux et ses oreilles lui avait rapporté que ce pantin des politiciens aux traits vieillis avait osé pénétrer son antre pour tenter de s'approprier une énième fois son trésor. Le salopard ! Sa propre soeur, sous son propre toit, alors qu'il se savait profondément haï, qu'il avait été hautement menacé ! Il avait déclaré une guerre ouverte. Et le Grimes là, avec sa gueule d'ange, son regard tout innocent, qui lui a balancé cette nouvelle alarmante juste devant la devanture, comme pour ajouter de la colère à la colère, tenter d'en atteindre dangereusement les limites ! Isak avait gardé la bouche close, s'était contenté d'une oeillade sévère qui avait mis fin à l'entrevue plus rapidement que prévu. Le nouveau membre de sa clique avait eu la sagesse d'esprit de détaler sans demander son reste, mais l'avait laissé sans défouloir.

Il avait rejoint ses appartements dans cet état, le corps tremblant de manque et de rage. S'était empressé d'ouvrir son tiroir magique et en avait sorti une bonne dose d'opium, avant de la balancer d'un geste violent, frustré. Bordel ! Il avait oublié qu'il n'avait pas réussi à remettre la main sur sa magnifique pipe. Désordonné, il pensait qu'il avait dû l'égarer dans le bordel de ses affaires en vrac, qui traînaient absolument partout, alors qu'en vérité on la lui avait dérobée, et juste sous son nez. Heureusement pour le voleur, il était loin de suspecter l'acte et son auteur. Il se contenterait alors d'un peu de morphine, suffisamment pour s'apaiser, pas assez pour sauver Solveig de la confrontation à laquelle il entendait la contraindre. L'affront était spectaculaire, tellement qu'Isak ne l'aurait jamais cru possible. Il se sentait trahi. Non, il avait été trahi. Profondément. La petite rebelle ne ferait qu'assumer les conséquences de ses actes et elle avait été prévenue, ce n'était pas comme s'il allait lui tomber sur le museau sans justification aucune. Si l'effrontée avait espéré pouvoir compter sur la discrétion, c'était bien mal connaître son aîné. Que croyait-elle ? Que l'homme le plus détesté de l'année allait pouvoir fouler le plancher de son établissement sans être repéré, en toute impunité ? Une bien belle connerie. Le sorcier veillait, dans l’ombre, épaulé par ses relations. La cadette avait fait preuve de sottise. Niklas d’une grave provocation. Il était venu le narguer sur son territoire, en toute connaissance de cause. L’enfoiré ! Il paierait le prix de ses bravades, dès que l’occasion se présenterait. Sol devrait se dégoter un autre centre d’intérêts, cette fois-ci d’un autre genre. Pour son bien. Pour leur bien à tous.

Le dealer fouilla dans son fond de tiroir et dénicha le kit du parfait junkie. Morphine, seringue, gros élastique. Il déposa le tout sur son lit, sur un tas de draps en bataille, s’installa sur son rebord. Pressé de s’injecter son liquide, le magicien ôta promptement son sweat-shirts, se dépatouilla pour se faire un garrot, approcha l’aiguille, meurtrit sa chair. Ce fut la libération. Instant salvateur, d’une douleur légère mais savoureuse qui calma aussitôt son corps tremblant. Le soulagement était tout aussi bénéfique que son poison. Dans un soupir paisible, le drogué laissa tomber l’objet pointu, détacha celui qui lui enserrait le bras, puis s’allongea quelques instants. Les paupières closes, il laissait le remède agir, sans parvenir à se défaire de ses pensées.

[...]

La drogue dans le sang, les pupilles contractées par le médicament, l'esprit toujours un peu échauffé malgré les effets de sa substance, il ne prit même pas la peine de frapper lorsqu'il déboula chez sa frangine. « Sol ! ». Ce fut le chat qui l’accueillit, malheureusement pour lui. La bestiole vint se fourrer dans ses jambes, enroula sa queue autour de son tibia dans un ronronnement insupportable. Le mage hésita entre lui foutre un bon coup de pied et l’envoyer valser ou... lui foutre un bon coup de pied et l’envoyer valser. L’arrivée de sa maîtresse avorta l’intention du tortionnaire à la chevelure en friche, qui accrocha son regard doré, tellement semblable au sien. Du feu dansait dans celui du camé pendant qu’il saisissait l’animal par la peau du cou, sans lâcher des yeux la silhouette de Solveig. Menaçant, il finit par contempler la bête qui ne se débattait même pas au bout de son bras porté jusqu’à son champs de vision, tout près de son visage. Il lui souffla sa chance tout doucement, presque dans un chuchotement. « Sauvée par le gong Kamachintruc ». Comment elle s’appelait cette chatte déjà ? Peu importe. Il revint à la métamorphe, lui exprima son mécontentement pendant que ses doigts légèrement frissonnants - il avait froid, un peu trop même, mais ce détail n'atteignait pas sa conscience - se fermaient plus fermement sur l’épiderme du félin qui gémit dans un lamentable miaulement. L'idée première n'était pas de briser la bête, mais de punir sa détentrice. Par respect et par amour pour cette dernière, il ne la tuerait pas, mais ne s'empêcherait pas de la faire un peu souffrir. Pauvre chaton. « Ta maîtresse s’est mal comportée tu sais ». Son timbre était glacé, trop placide pour être de bon augure. « Elle s’est foutue de moi petit chaton, et s’est bien gardée de me l’avouer mais... ». Il amena l’animal plus près de ses lippes un peu trop pâlichonnes. Shooté jusqu’aux bouts des ongles, son attitude était forcément un peu étrange. On aurait presque cru qu’il conversait réellement avec ce chat. « Moi aussi j'ai un petit compagnon, une petite fouine et elle voit tout, elle entend tout et elle rapporte tout ». Ses prunelles qui ne lâchaient pas sa jeune soeur n'étaient plus que des points sombres dans le blanc de ses yeux. « On m'a dit que cette saleté d'Ivanov s'était pointée au Little, l'air de rien, pour courtiser l'interdit. T'y crois à ça ? Sous mon propre toit. Je crois que cet homme est un peu fou, ou trop sûr de lui. Dans tous les cas c'est un homme mort. Et ma soeur, cette irrespectueuse, a préféré se laisser cajoler par ses fausses belles paroles plutôt que de le foutre dehors. C'est un peu... énervant ». Un peu, c'était peu dire. Il bouillonnait d'une haine viscérale à l'égard de ce provocateur et de l'attitude de Sol' en sa présence.

_________________
Pour les rassurer, Pour te rassurer,Tu leur dis, Tu te dis, Que tout cela est un jeu, Que tu la quitteras, Quand tu le voudras, Demain tu seras courageux. Viens je t’accepte comme ennemie, Viens je te donne ma vie, J’embrasse tes souffrances, Je réclame tes offenses


Dernière édition par Isak Eriksson le Dim 27 Nov - 21:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Jeu 24 Nov - 22:27


A tout oser, on peut tout perdre
And it took so long just to feel alright, remember how to put back the light in my eyes. ••• Un léger soupir quitta ses lèvres tandis qu’elle se laissait tomber dans son canapé. Et manqua d’y faire un trou. Il était peut-être temps d’en changer. Sauf qu’elle n’osait pas trop en discuter avec son frère. Parce que oui, la jeune femme devrait passer par lui pour tout changement. Et vu son état ces dernières semaines… Avoir une conversation normale dépassait ses espérances. Bon, encore une fois, elle devait être médisante. En rentrant, un des serveurs encore présent lui avait fait savoir qu’Isak avait été faire un tour au Bones. Les détails ne lui avaient pas été transmis mais de ce qu’elle savait de ses relations avec Moïra, elle se doutait que ce serait… Violent. Mais qu’il était con… Déjà qu’ils avaient eu le droit à la visite de la Sakpata dans leurs locaux et qu’ils étaient en froid avec Marie. Si en plus il leur rajoutait la Nemesis sur le dos… Bon, Solveig ne sortirait plus de sa chambre. Elle avait subi une interaction, ça lui suffisait pour la dégoûter et la faire flipper pour le reste. Même si elle devait s’y être habituée depuis le temps. Et qu’elle avait géré pire. Cependant, Marie lui avait fait une forte impression. Une femme indépendante, puissante, autoritaire. A l’aise dans un monde très machiste. Le contraire d’elle en somme.

Käli lui sauta sur les genoux et entreprit de faire ses griffes sur son jean. Sans que Solveig ne lui en tienne rigueur. Au contraire, elle se contenta de caresser sa fourrure et de l’écouter ronronner. C’était détendant. Et cela maintenait éloigner de son esprit les effluves de drogues qui se glissaient sous les portes. La suédoise n’avait jamais goûté ou apprécié ces substances, contrairement à son frère et une bonne partie de leur clique. Cependant, elle se doutait qu’elle avait déjà dû en inspirer ou en ingérer au fil des mois. Le chat miaula, la ramenant dans l’instant présent. Ses grands yeux l’observaient avec insistance tandis qu’il sautait du canapé pour se diriger vers la cuisine ouverte. Un léger rire quitta la gorge de Solveig, qui le suivit sans trop y penser. Il est vrai que cette petite bête avait besoin d’être nourrie et choyée, que ce n’était pas un skinchanger qui pouvait le faire seul. La jeune femme attrapa un sac de croquettes et remplit le premier bol, tout en vérifiant qu’il restait de l’eau dans le second. Parfait. Au moins, elle allait pouvoir entamer sa nuit sans trop de retard. Oui, entamer sa nuit à quatre ou cinq heures du matin. Et dire que c’était ainsi tous les jours…

La jeune femme se débarrassa de ses vêtements, enfila un short et un tee-shirt et… Se laissa tomber dans le lit. En quelques secondes, elle était roulée en boule, serrant contre elle un oreiller, alors que Morphée l’enveloppait de ses bras…

Un bruit sourd la sortit de son sommeil. L’esprit embrumé, il lui fallut de nombreuses secondes pour reprendre contact avec la réalité. Ses paumes frottèrent ses paupières tandis qu’elle bâillait à s’en décrocher la mâchoire. Que se passait-il ? Une bombe avait explosé ? Quelqu’un était entré par effraction dans le Little ? Bref, des dizaines de questions lui traversèrent l’esprit alors qu’elle repoussait les draps. Jusqu’à ce que son surnom lui parvienne. Isak. Bordel, il ne pouvait pas être un peu plus doux ?! Elle venait d’avoir une de ses trouilles… Elle sortit néanmoins au pas de course, étonnée par sa soudaine et brutale arrivée. Etait-il blessé ? Sa sortie s’était-elle mal placée ? La jeune femme s’inquiétait, comme le prouver la lueur dansant dans le fond de son regard. Lueur qui disparut bien vite lorsqu’elle vit son frère tenant son chat par la peau du coup. Elle se tendait soudainement, serra les dents, pria pour qu’il ne trucide pas son animal. Parce qu’il allait finir avec une poêle dans la gueule sinon, elle se le promettait.

Elle enfonça son regard ambré dans celui de son aîné, soutenant ce qu’elle semblait définir comme de la colère. Elle s’était stoppée à quelques mètres, ne cherchant pas à accentuer l’état second de son frère. Bien qu’il soit empli de rage, Solveig pouvait percevoir qu’il était drogué. A ses putains de pupilles d’une forme anormale. Ses doigts s’étaient serrés pour former deux poings, ses ongles allant même jusqu’à s’enfoncer dans sa chair. Une douleur bienvenue pour faire basculer le stress et la peur grandissants. Le miaulement désespéré de son chaton, juste après que son frère a resserré ses doigts autour de la gorge de l’animal. Pas assez fort pour le tuer. Mais assez pour le torturer et le blesser. Ce qui fit paniquer un peu plus la jeune femme. Surtout qu’il s’en prenait au chat parce qu’elle s’était mal comportée. Qu’avait-elle fait pour faire basculer son frère dans un tel état de rage ? Pensait-il qu’il s’était passé quelque chose avec Mikkel ? Ou il était au courant pour Ezra et ce qu’elle lui avait dit de sa vie ? De nouvelles questions qui se formaient dans son esprit, l’obligeant à être un peu plus sur ses gardes. Parce qu’elle aimait énormément son frère. Elle avait beaucoup sacrifié pour lui. Cependant, il était complètement instable, ce qui rendait la moindre discussion, la moindre contradiction des plus dangereuses. Et qu’elle s’apprêtait à aller sur cette pente glissante…

Une fouine ? Quelqu’un qui voit tout ? Les yeux de Solveig s’écarquillèrent. Bordel de merde… Elle se savait surveillée, c’était un fait et un moindre mal avec lequel elle pouvait vivre. Mettre un pied au Little Darlings impliquait d’avoir tous les regards fixés sur elle. Sauf qu’étrangement, elle ne pensait pas qu’il avait été jusqu’à surveiller le reste. Ce qu’elle faisait dans son appartement ou dehors. Parce qu’elle n’avait rien fait dans l’établissement, à part frôler une guerre de mafias avec Marie. Puis il parla de Niklas. Et elle se figea un peu plus, un mélange de rage et d’effroi dans le creux de ses entrailles. Elle ne prêta pas plus attention au reste de ses paroles. Oh, il y avait toujours eu cette possibilité qu’Isak soit mis au courant qui lui avait traversé l’esprit. Mais que la jeune femme avait préféré refouler, profitant des bras de son amant. Juste une nuit qui pourrait mener à l’explosion de son frère.

Sauf que Solveig était concentrée sur autre chose pour le moment. Sur le petit être en train de souffrir par sa faute. Quelques mots sortirent de ses lèvres, brisant le silence qu’elle avait elle-même imposé : « Arrête ça ! ». Une voix qui s’éleva, légèrement tremblante, et ses pas qui engloutirent les quelques mètres qui la séparaient de son aîné. Sans un autre mot, sans lui laisser le temps de reculer, elle récupéra le chat presque avec brutalité. Son souffle saccadé, son cœur s’accélérant sous l’effet de l’adrénaline et de la colère, ses gestes hachés, la suédoise reprit sa position initiale. Ce mélange entre violence et douceur, entre raison et sentiment, était étrangement désagréable. Et nauséeux. Ses doigts se glissèrent sur la fourrure de son chat, doucement et, petit à petit, celui-ci se calma. Peut-être parce qu’il avait reconnu sa maîtresse et son essence animale. Qu’importait. Elle alla le mettre à l’abri dans sa chambre, pour le soustraire de la violence de son frère avant de revenir dans la salle principale en fermant la chambre derrière elle.

« Et ce sera quoi la prochaine étape ? Cette fouine va venir dans ma chambre, vérifier que je dors bien aux horaires indiqués ? Ou tu vas installer des caméras et revendre des extraits au plus offrant ? Isak… Pourquoi avoir engagé quelqu’un pour ça… »

Elle aurait voulu s’énerver, l’assommer contre un mur mais elle en était incapable. Il y avait juste cette boule dans sa gorge, celle qui lui indiquait que sa voix allait finir par se briser. Son regard attristé se plantait dans celui flamboyant de son aîné. Elle ne comprenait pas pourquoi il avait été jusque-là. Jusqu’à avoir une putain de fouine pour la traquer. Elle s’était attendue à plus de… Confiance. La jeune femme ne l’avait jamais trahi, elle était toujours revenue ici. Elle l’avait soutenu lorsqu’il n’était qu’une vague silhouette dans sa chambre à moitié tordue, détruit par la drogue qu’il s’injectait régulièrement. Elle avait géré cet établissement. Elle avait fait face à une mafia concurrente, elle avait encaissé des coups, régler des bagarres. Et lui… Il ne trouvait rien de mieux que de lui coller quelqu’un aux basques. Ne voyait-il pas à quel point elle l’aimait, à quel point elle sacrifierait sa vie pour lui ?

« Oui, Ivanov est venu. Mais si tes hommes et ta fouine avaient fait leur boulot, il ne serait jamais parvenu jusque-là. Et il ne m’a pas laissé le choix figure-toi. J’aurais bien préféré qu’il ne m’approche plus… »


Et elle disait la vérité sur ce point. Parce que sa venue lui avait rappelé à quel point elle était déchirée entre toutes ses émotions. Elle lui avait rappelé ce qu’elle avait tenté d’oublier pendant des mois. Ce qui l’avait aussi poussée à commencer l’automutilation d’un côté. La jeune femme finit par se rapprocher doucement d’Isak. Chose qu’il fallait mieux ne pas faire lorsqu’on tenait à la vie lorsqu’il était dans cet état. Mais elle était sa sœur et le jour n’était pas encore venu où on lui dirait quoi faire par rapport à lui. Elle posa avec tendresse sa main bandée contre la joue de son aîné, ne quittant pas ses iris une seule seconde.

« Qu’est-ce que tu t’es encore foutu dans les veines… ? »

Une question pour laquelle elle n’aurait jamais de réponses. Ou plutôt, elle avait déjà des réponses. Et c’était ce qui la désespérait un peu plus, de le voir s’éloigner et devenir si imprévisible, si colérique au point qu’il ne l’écoutait même plus. Qu’il faisait confiance plus à son nouveau compagnon qu’à elle-même…


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What follows those living in the light is nothing but the profound, empty darkness born from the shadow that grows longer as they approach the brilliant radiance. To truly see, your eyes must be open to both light and dark. Don't you agree, my dear child? | © Vent Parisien



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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Ven 25 Nov - 11:54



   
Symphony Of Destruction
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Il n’avait pas eu le temps de reculer, elle l’avait presque acculé avec son petit corps un peu tremblant et sa moue coléreuse. Son regard d’or était injecté d’éclairs avec lesquels elle le foudroyait sans même essayer de dissimuler cette haine qu’il l’avait poussée à ressentir à son égard. Le chaton lui fut arraché des mains avec une violence et une promptitude qui le laissèrent interdit, comme s’il avait été nécessaire de se jeter sur sa minuscule silhouette pour le sauver des griffes du grand méchant loup. Le dealer avait aussitôt lâché prise, pour éviter que la violence dans le geste de Solveig ne menace d’écarteler le petit animal. Il avait la sensation d’être pris pour un tueur de chats sanguinaire, pour le démon qui n’aurait pas hésité une seconde à briser l’échine d’une bête à laquelle sa cadette était pourtant énormément attachée. Certes, il lui avait causé quelque douleur, mais la sentence qu’il avait infligée à la skin’ par le biais de cette démonstration de mauvais goût ne serait pas allée plus loin, bien que l’envie ne lui avait pas manqué. C’était un fait, il détestait tout ce qui avait des poils et marchait sur quatre pattes. Décontenancé par la rapidité avec laquelle avait réagi la jeune femme - et par la tempête dans son oeillade -, sa voix n’était plus qu’un souffle lorsqu’il se défendit d’autant de sauvagerie. « Ca va, je n’allais pas le tuer non plus ton truc plein de poils ». Mais elle ne l’entendait certainement déjà plus. Jamais trop prudent disait l’adage, elle avait préféré mettre son chat en sûreté, loin des débordements d’Isak qui profita de cette brève absence pour s’acheminer jusqu’à la cuisine américaine et ouvrir le frigidaire, sans aucune gêne. Il attrapa la première canette à sa portée et glissa son derrière sur le plan de travail plutôt que sur une chaise. La sensation de faim l’avait depuis longtemps déserté, mais la soif, elle, était plus présente que jamais. Effets secondaires de ses drogues journalières qui le menaient souvent sur le chemin de la déshydratation dont il avait appris à se méfier. Dans un bruit significatif, le contenant métallique fut ouvert, une gorgée avalée sans être appréciée. Le goût aussi s’était fait la malle, anéanti par ses poisons. Il se tuait à petits feux, un petit peu plus chaque jour, et il avait commencé par détruire quelques sens et sensations. Cela dit, face à la béatitude factice que toutes ses merdes lui apportaient, ce n’était franchement pas cher payé.

La rouquine ne tarda pas à venir piétiner l'espace envahi par son frère de sa démarche insatisfaite. L’irritation s’évanouit aussitôt que l’adrénaline chuta. Il n’y avait plus que de la peine dans les prunelles devenues trop ternes de Solveig lorsqu'elles se posèrent sur les traits souffreteux de son frère. Cet air puait presque la pitié, Isak en ricana brièvement. Souriait comme un ahuri en buvant les paroles de son vis-à-vis qu’il considérait bien stupides. C’était lui qui s’empoisonnait, c’était elle qui délirait. C’était tellement distrayant ! La raillerie illuminait son visage alors qu’il soutenait le regard affligé de sa cadette, sans considération aucune pour l’émotion qui la terrassait. Moquerie qui fut balayée lorsqu’elle instaura un contact physique qui le laissa soudainement s’enliser dans l’exaspération. Le faciès sévère, il posa son soda, effleura la main qui réchauffait sa joue avant de la saisir, puis de la retirer lentement, pour finir par simplement la lâcher. Il ne voulait pas subir cette compassion qu’elle lui témoignait et qui le rendait pitoyable. Ne désirait pas non plus qu’elle s’immisce dans les détails de son intimité malsaine. « Contente toi seulement de gérer notre business, les affaires plus personnelles ne regardent que moi ». Un mêle toi de tes fesses en bonne et due forme. De toutes manières, lui avouer ou lui dissimuler les noms de ses produits ne changerait rien au résultat. Il était sous l’emprise de ses denrées, ses pupilles le trahissaient, elle n’avait guère besoin d’en savoir d’avantage.

Le mafieux tenta d’agripper sa canette qu’il buta gauchement. Le liquide s’éparpilla sur le carrelage. Isak n’accorda pas la moindre attention ni à sa maladresse, ni à la réaction de Solveig, trop concentré sur les pensées qui se mêlaient dans son esprit en fusion, sur lesquelles il tenta de reprendre le contrôle avant d’y mettre un peu d’ordre. Il avait tellement de choses à lui dire, à lui reprocher, à lui demander. « Mes hommes ne sont pas là pour te dicter ta ligne de conduite, mais pour me la rapporter. Je n’ai aucune confiance en Ivanov et aucune confiance en toi non plus, tant qu’il sera dans les parages. Ca s’appelle la mauvaise influence ma grande ». Le gag, effectivement, quand on savait qu’il était le premier à avoir joué à ce jeu d’ascendance avec la fragile et influençable Eriksson. C’était son droit, à lui seul, sa responsabilité. Son erreur, qu’il ne discernait toujours pas, trop persuadé qu’asseoir sa domination sur sa soeur était l’unique moyen de la protéger. Et pour ce faire, il fallait qu’il soit au courant de ses faits et gestes, qu’il s’assure de son bon comportement et de ses bonnes fréquentations - ou plutôt du néant de son cercle de relations, celles strictement professionnelles mises à part. Inconscient du mal qu’il déployait dans cette entreprise possessive, il poursuivit sur sa lancée. « Et j’avais raison. Il a osé venir me défier sur mon territoire, sans même savoir si je me trouvais là ou s'il avait le champs libre ». Il marqua un court silence avant de balancer une interrogation pertinente. « Que penses-tu qu'il se serait passé si nous étions tombés nez à nez ? ». Son regard s’était écarquillé, embrasé d’une folie meurtrière passagère avant de s’éteindre dans un battement de cils. Il passait d'un état à un autre en un instant, enchaînait son petit discours sans laisser à l'autre l'opportunité de réfléchir et de rebondir. « La clique l’a laissé entrer, parce que je n’ai rien dit à son sujet. Je ne pensais pas que j’aurais besoin de le faire. Je ne le croyais pas capable d’oser faire un truc pareil. Il est suicidaire lui aussi le grand-père ? ». De la fureur, il passa à l’amusement. Un sourire sur les lippes, il se livrait à l’autodérision en se plongeant dans le souvenir de son propre suicide, qui l’avait conduit en Enfer. « Lui non plus ne montera pas au paradis, faudrait peut-être lui faire passer le mot, qu’il commence à se montrer un peu plus prudent ». Chantage subtil destiné à rappeler à son hôte ce pourquoi elle aurait mieux fait de couper court aux envies de Niklas plutôt que de se laisser bercer par son aura, quand bien même l'autre ne lui avait pas franchement laissé le choix.

Il se releva d’un bond, en claquant des doigts, illuminé par une nouvelle information qu’il avait failli oublier, et qui pourtant lui semblait primordiale. « En parlant de te mêler de tes affaires... Reste loin de Mikkel ». C’était un ordre clair et concis, qui n’accordait aucun droit à la protestation, lâché sur un ton qu'il gardait flegmatique. Le russe, c’était le genre de sale type qu’il ne laisserait jamais s’épanouir au contact de Solveig - et vice versa d'ailleurs. Parce que trop semblable à la saleté de graine qu'il était lui-même, il ne savait que trop à quoi s’attendre de la part d’un tel énergumène. Et il ne fallait rien en attendre de bien. Sans omettre ce sentiment de possession maladive qui commençait à jaillir dans l’esprit de l’amant. Mikkel était à sa chose, sa petite catin personnelle, son évasion et il n’entendait pas le partager avec sa colocataire, de quelque manière que ce soit. Il ne fallait pas non plus que Ievseï confie à la petite Sol ce qu'il se passait entre eux. Ces confidences, bien que déjà dépecées par des rumeurs qui allaient bon train, n'étaient pas faites pour ses oreilles. Faisant fi de ce qui le troublait au sujet de son client, il se drapa de haine pour camoufler son malaise. « Et s'il lui reprenait l'envie de foutre le bordel dans mon établissement, c'est la porte sans sommation. Plus de traitements de faveurs, ou je te promets qu'il le sentira passer la prochaine fois ». Isak ne manquait jamais à ses promesses et celles de cet acabit étaient toujours les meilleures à tenir.

« La clientèle nous doit le respect, on est pas là pour la dorloter, et ce petit con est juste un client comme un autre, compris ? ». Ou presque, mais elle n'avait pas besoin de le savoir. Un long soupir blasé apaisa un peu ses nerfs pendant qu’il laissait planer sa menace dans une atmosphère devenue lourde. Rien n’allait dans son sens ces derniers temps, c’était éreintant. Il fallait sans cesse qu’on lui impose des contrariétés, pourtant tous savaient à quel point les ripostes pouvaient se révéler démesurées. « Pourquoi tout le monde pense soudainement pouvoir s’accorder autant de libertés et de privilèges ? ». Une moue dubitative lui déformait le visage. Il avait certainement merdé quelque part, peut-être été absent du devant de la scène trop longtemps. Quoiqu’il en soit une piqûre de rappel allait s’avérer nécessaire s’il voulait éviter l’anarchie déjà en marche. Après la Nemesis, ce serait son comité qui aurait le droit de se souvenir de quoi l'homme était capable. « J'ai dû faire preuve d'un peu trop de laxisme, il va falloir que je renverse la tendance ». Une lueur machiavélique redonna vie à son portrait que le désespoir né des Enfers avait fini par rendre fade. Un autre sourire, cette fois-ci réjoui, l’égaya. Toutes ses pensées s’étaient détournées de Niklas pour se diriger vers son jouet favori. « Mikkel est le second sur ma liste, Moïra a déjà compris la leçon. Toi je te pardonne, tu n’étais pas au courant qu’il ne fallait pas l’approcher mais lui... Je l’avais pourtant prévenu qu’il ne devait même pas oser te regarder... Comme j'avais prévenu ce qu'il reste de la Nemesis qu'il ne fallait pas prendre mes conseils à la légère ». Conseils signifiant évidemment menaces. Comme un petit roi, il dictait ses règles et bougeait ses pions selon bon vouloir, oubliant qu’ils n’étaient pas des tours sur un échiquier mais des hommes et des femmes, avec des coeurs et des esprits libres.

Cette confrontation partait dans tous les sens, Isak s’en perdait dans les dédales, passant d’un chemin à un autre, en oubliant chaque fois celui qu’il avait précédemment emprunté.

Spoiler:
 

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Pour les rassurer, Pour te rassurer,Tu leur dis, Tu te dis, Que tout cela est un jeu, Que tu la quitteras, Quand tu le voudras, Demain tu seras courageux. Viens je t’accepte comme ennemie, Viens je te donne ma vie, J’embrasse tes souffrances, Je réclame tes offenses
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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Mar 29 Nov - 0:58


A tout oser, on peut tout perdre
And it took so long just to feel alright, remember how to put back the light in my eyes. ••• Il lui affirma qu'il n'aurait rien fait contre l'animal. Sauf qu'il l'avait déjà blessé. Il lui avait déjà fait du mal et c'était suffisant pour Solveig. Isak ne s'en rendait pas compte. Il ne se rendait pas compte de ce que c'était d'avoir comme être le plus lucide dans son entourage un chat. Une petite chose qui lui apportait de la douceur, de la tendresse dans un monde régi par la violence. Dans ce bordel qu'était le Little Darlings ou le trafic de drogues. Isak ne comprendrait jamais puisqu'il était lui-même ainsi. Pourtant il restait son frère. Et elle l'aimait malgré tout. Beaucoup trop selon beaucoup, mais elle n'avait pas l'envie, ni le temps, d'écouter les arguments stupides qu'ils avaient à lui déballer. Quant à son frère, il avait trouvé sa place dans son appartement. Sur le plan de travail de la cuisine américaine. Et il s'était servi dans son frigo. D'ailleurs, il faudrait qu'elle aille faire quelques courses, si on la laissait sortir quelques minutes. A ce sujet-là, elle avait des doutes. Vu les mots de son aîné, elle allait se retrouver enfermée pendant de nombreux jours, voire semaines, en "punition" de son comportement. Pour la protéger, il y aurait jusque-là. Ce qui était à la fois malsain et agréable.

Il posa sa main sur la sienne, la prit, la détacha de sa joue et la laissa tomber. Un sourire triste se glissa sur ses lèvres durant une fraction de seconde alors que la jeune femme reculait d'un pas. Ca avait été stupide de sa part de croire qu'elle pourrait obtenir une quelconque tendresse de son frère dans cet état. Déjà qu'en temps normal c'était compliqué... Cependant, il n'avait pas tort. Elle devait juste gérer le business. Ce business était leur vie, et elle devait s'y concentrer. C'était un moyen de se sentir proche de son aîné. D'occuper ses journées, ses nuits, ses pensées. De ne pas se rappeler que celui qu'elle suivait se détruisait jour après jour, et l'emmenait avec lui aussi. Que jusqu'ici, elle avait résisté mais combien de temps cela durerait-il ? Combien de temps avant que la drogue ne se fraie un chemin dans ses veines, ne l'empoisonne à son tour ? Combien de temps avant qu'une lame ne déchire sa chair un peu trop profondément, un peu trop proche d'organes vitaux ? Combien de temps avant que la mort ne l'emmène ? C'était une question qui tournait dans son esprit, sans pour autant l'effrayer. Elle avait fini par ne plus en avoir peur, par juste attendre que celle-ci arrive, puisqu'elle arrivera forcément.

Un bruit sourd envahit ses tympans, et Solveig reprit brusquement contact avec la réalité. Elle cligna à plusieurs reprises des paupières, inspira profondément. La canette avait chuté sur le sol, laissant le liquide se répandre sur son carrelage. Ses yeux vides observaient la lente progression, sans avoir la moindre réaction. A quoi bon. Isak s'en foutait, il ne s'excuserait pas, ne nettoierait pas. Et la suédoise aussi s'en moquait. Elle ne s'accrochait à aucun objet, aucun matériau. Puis son frère reprit la parole. Aucune confiance en elle. Un léger rire monta en elle. Mauvaise influence. Parce que le monde dans lequel elle vivait tous les jours était plein de bonne influence ? Parce que les lubriques qui mataient les danseuses, les serveurs souvent rejetés de la société, les drogués qui se promenaient dans l'établissement, tenant à peine debout, tous ces gens valaient mieux en termes d'influence que Niklas ? Pareil, se pensait-il mieux placé ? La jeune femme avait accepté de le suivre. Aveuglément certes. Mais elle n'était pas stupide non plus. Elle plaçait simplement l'amour qu'elle portait pour ce frère et son besoin de le soutenir malgré tout au-dessus du reste. Quitte à effacer de sa mémoire la mauvaise graine qu'il était.

De temps en temps, il y avait de petits éclats. Comme quoi il fallait qu'elle se défasse de cette influence. De son frère. Mais ça ne durait jamais bien longtemps. En tout cas, pas assez pour qu'elle fasse le choix de mettre ses envies en application. Jamais elle n'avait essayé de s'enfuir. Et jamais elle n'essaierait. La question soulevée par Isak se glissa dans son cerveau. Il n'avait pas tort sur ce point. La suédoise s'était elle-même interrogée à ce sujet. Et les conséquences auraient été terribles si cela s'était avéré. D'ailleurs, elle avait légèrement blêmi, croisé les bras sur sa poitrine, cherchant à se protéger d'une quelconque manière des scènes de massacres qui se dessinaient dans son esprit. Peine perdue mais c'était toujours mieux que de ne rien faire. Puis il continua, achevant les dernières barrières qu'elle avait érigées, en vain. Il parla de suicide, la mettant encore plus mal à l'aise. Si elle n'avait pas peur de la mort, de sa propre mort, celle des autres, d'autant plus par suicide, était quelque chose qui la mettait dans un état de panique assez violent. Elle déglutit, se frotta la joue, détourna le regard sur le mur. Tout pour ne pas avoir à détailler l'amusement de son frère à cette seconde précise. Puis il termina sur le fait de prévenir Niklas. Ce qui tendit un peu plus Solveig sans qu'elle n'ouvre la bouche. Elle ne savait pas quoi dire, et elle préférait éviter de parler sans réfléchir. Ce serait un coup à déclencher encore plus de réactions contraires chez son frère.

Et Isak se releva. Un bond, un claquement de doigts qui la firent reculer d'un pas supplémentaire. L'ordre lui fit pencher la tête sur le côté alors qu'elle en oublia de respirer pendant quelques secondes. Ne plus avoir de contacts avec Mikkel... Pourquoi donc ? Pourquoi une demande aussi soudaine ? Ce n'était pas comme s'il se passerait quelque chose d'intime entre eux deux. Cependant, elle ressentait ce besoin de l'aider malgré tout. A s'en sortir. A retrouver goût à ce qu'il l'entourait. Il était jeune, il n'avait pas à souffrir toute sa vie durant. Il n'avait pas à finir comme Isak, qu'importe les projets que celui-ci avait pour lui. Solveig n'avait pas envie de voir tous ceux l'entourant mourir ou finir drogué. Un seul lui avait suffi. Quant à la menace... La jeune femme se souvint de ce qu'elle avait demandé à Mikkel. S'il avait le moindre souci, la moindre envie de violence, qu'il vienne lui en parler directement. Heureusement que leur conversation n'avait pas été captée. Cependant, il faudrait qu'elle parvienne à le retrouver et le rencontrer sans que ça arrive aux oreilles d'Isak. Puisqu'il était capable de mettre sa menace à exécution, et de faire du mal au jeune homme, à défaut de se défouler sur elle...

Elle finit par reposer ses iris vides dans celles de son frère, intriguée par ses mots. Un client comme un autre ? Pourtant, Mikkel avait lui-même sous-entendu qu'il venait de la chambre d'Isak lors de leur conversation. Donc, il était plus qu'un simple client, notamment si on prenait en compte les rumeurs, qui importaient peu à Solveig. En fait, elle s'en foutait que les deux hommes couchent ensemble, ce n'était pas un souci pour elle. Mais Isak n'avait pas l'air de vouloir qu'elle soit en contact avec le jeune homme. Parce qu'il pensait qu'ils allaient finir dans un lit ? Ce serait une première, si on ne comptait pas Niklas, et elle ne risquerait pas la vie de Mikkel pour une simple connerie. Et elle ne dorlotait pas la clientèle. Il avait été le premier, et il serait certainement le dernier. La suédoise se mordit l'intérieur de la joue, se glissa dans ses pensées, subit les remarques de l'aîné. Il voulait que le monde tourne autour de lui, que les gens le respectent et suivent les ordres à la lettre. Sauf qu'à force d'agir ainsi, il se ferait des ennemis, et au sein-même de leur mafia. C'était peut-être pour cela que la métamorphe s'était permise à plusieurs reprises de donner des ordres opposés à ceux de son frère. Sans qu'il s'en rende compte, son laxisme était aussi lié à la volonté de Solveig d'arrondir les angles, de maintenir une certaine cohérence dans ce bordel menaçant de s'effondrer à chaque mouvement un peu trop brusque.

Le saurait-il un jour ? Certainement pas. Et pour sa survie, mieux valait que ce point reste sous silence. Mikkel le second sur sa liste ? Et qu'avait-il fait à Moïra ? Elle haussa un sourcil, légèrement intriguée. Au fond d'elle se battaient la peur, la haine, la froideur, les questionnements, l'envie, et chacun prenait sa place successivement dans son coeur, sur son visage. Un afflux d'émotions depuis qu'Isak avait pénétré dans son appartement sans crier garde. Et la fatigue qui maintenait ses nerfs à vif... Il lui pardonnait... Pour combien de temps ? Et encore une fois, pourquoi cherchait-il autant à effrayer les gens pouvant l'entourer ? Un être humain n'était pas fait pour vivre à l'écart, pour vivre seul dans un coin et regarder les autres avoir une vie, même si elle n'avait rien d'heureuse... Solveig se demandait parfois comment elle était arrivée à supporter ces derniers mois, ces dernières années, quand ses seules relations furent celles que son frère acceptait ou les drogués à qui elle vendait ses drogues. Rien d'autre. Au point qu'elle en perde une bonne partie de son coeur. Elle passa une main devant ses yeux, soudainement épuisée, et soupira doucement. Heureusement que son frère semblait en avoir terminé parce qu'elle aurait fini par considérer de l'assommer avec une poële s'il avait continué...

"Et qu'est-ce que ça t'apporte qu'ils te la rapportent ? Rien. Puisque tu vas juste me blâmer sans chercher à me défendre ou m'aider. Il n'est pas question de mauvaise influence, il est juste question de vie Isak."

C'était un sujet qu'elle avait déjà eu l'occasion d'aborder, mais qui s'était soldé par un rire de son frère. Evidemment, il voulait la surprotéger, qu'importait à quel point il étouffait. Sauf que parfois elle avait besoin de respirer. Elle ne voulait pas, elle avait besoin. Une question de survie. Certes, la suédoise n'aurait peut-être pas du le dire aussi directement mais les sous-entendus n'avaient aucun intérêt avec son frère, notamment lorsqu'une quelconque drogue lui entravait l'esprit. Elle se mit alors à faire les cent pas dans son salon, cherchant à évacuer les émotions qui l'envahissaient et menaçaient de la faire chuter d'une seconde à l'autre.

"Evidemment que j'y ai pensé. Ca aurait été un massacre sans nom. Vous vous seriez entretués. Je ne veux pas voir ça. Je ne veux pas... Voir mourir quelqu'un devant mes yeux par ma faute."

Sa voix s'était terminée par un murmure. Elle était effrayée de voir les gens mourir. Les gens qu'elle connaissait, qu'elle appréciait. C'était la raison pour laquelle elle s'était battue avec Ezra pour le vaccin. Parce que la jeune femme avait vu les effets de cette connerie sur d'autres. Et que perdre un ami n'était plus quelque chose qu'elle souhaitait. Il était la seule personne à qui elle s'était confiée, même si elle l'avait trahi en quelque sorte. Le revoir lui avait fait comprendre qu'elle avait déconné sur beaucoup de choses. Une larme coula le long de sa joue, jusqu'à ce qu'elle l'écrase rageusement. Ce n'était pas le moment de montrer une quelconque faiblesse. Comment l'interpréterait Isak ?

"J'en sais rien de ce qu'il est, mais je n'espère pas qu'il est suicidaire. Et tu veux lui passer le mot comment ? En te pointant chez lui ? Parce que je te rappelle que je ne le reverrai pas, j'aurais donc du mal à le lui transmettre."

Bon, sur ce point, elle mentait peut-être un peu. Solveig n'avait aucune idée de ce qu'elle allait faire par rapport à Niklas après cette discussion. La logique voudrait qu'elle coupe entièrement les ponts, comme elle l'avait fait au retour d'Isak dans sa vie. Ne plus penser à lui, le considérer comme mort. Mais avoir regoûté à ses bras, à ses étreintes, à ses mots, lui avait fait prendre conscience d'à quel point ça lui avait manqué. A quel point elle en avait besoin pour continuer à mettre un pied devant l'autre. A quel point c'était agréable de vivre au lieu de survivre.

Alors, Solveig le reverrait certainement. Elle ferait juste plus attention. A ce que ça ne soit pas ici, mais ailleurs. Un lieu où la fameuse fouine d'Isak ne mettrait pas les pieds, où personne ne ferait attention à ses faits et gestes. Et elle ne pouvait imaginer Niklas comme suicidaire. Déjà que son frère l'était, si elle pouvait éviter d'en avoir un de plus... Après, peut-être qu'elle les attirait. Comme un point de chute. Comme une dernière accroche avant le vide. Un dernier rempart.

"Et ne t'en prends pas à Mikkel. Arrête avec tes menaces sans sens et sans intérêt. Je ne lui ai pas laissé le choix. Donc si tu dois t'en prendre à quelqu'un dans cette histoire, c'est à moi, et non à lui."

Ses iris flamboyantes s'enfoncèrent dans celles de son frère alors que ses pas engloutissaient la distance qu'ils avaient eux-mêmes imposé quelques minutes plus tôt. Leur espace vital fut rétréci. En fait, elle se plaça à une vingtaine de centimètres de son frère. Et bien qu'elle fasse une bonne tête de moins, aujourd'hui, cela lui importait peu. La suédoise ne le laisserait pas menacer impunément tous ceux qui l'entouraient sous simple prétexte qu'ils avaient fait l'affront de poser leur regard sur elle. Qu'ils avaient croisé ses yeux. Tant qu'ils ne faisaient rien de déplacé à son encontre, elle s'en moquait pas mal elle.

"Et je ne suis pas stupide Isak. Ce petit con comme tu l'appelles sortait de ta partie de l'immeuble, et il s'inquiétait pour toi. Il est déjà privilégié ici, alors que j'ai discuté avec lui la dernière fois importe peu."

Bon, s'inquiéter était un bien grand mot mais elle avait préféré ne pas signaler qu'il lui avait parlé d'Isak pour la rassurer parce qu'elle pleurait. Ce serait un coup à mettre Mikkel dans la merde en peu plus, chose qu'elle ne souhaitait absolument pas. Il allait déjà avoir à gérer suffisamment de problèmes par sa faute, pas la peine de lui en rajouter. Puis ses yeux finirent par reprendre une ambiance plus calme, plus neutre, plus fade. Solveig ne voulait pas se battre contre son frère. C'était épuisant au vu de l'affection qu'elle avait envers lui. Elle aurait tellement voulu que tout soit plus simple...

"Tu as un peu trop comaté ces derniers mois. Mais évite la violence s'il te plaît."


Quelques mots, prononcés tout bas. Ponctués par une mèche qui tombe devant les yeux de son frère. Sans s'en rendre compte, Solveig leva sa main et entreprit de lui remettre les cheveux en place. Un geste banal, qui pourtant pourrait provoquer l'ire d'Isak.

"Qu'as-tu encore fait à la Némésis ? Quelle merde supplémentaire je vais devoir gérer pour le business ?"

Elle soupira doucement. Elle aurait aimé qu'il ne retourne pas voir Moïra, malgré l'affront qu'elle lui avait fait. Parce que s'il avait fait preuve d'une quelconque violence envers la Némésis, les représailles risquaient de ne pas se faire attendre. Et l'intelligence de leurs chefs n'était plus à démontrer. Solveig espérait juste qu'ils n'auraient pas pensé à engager des miliciens pour faire tomber la Niflheim...


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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Mar 29 Nov - 19:31



   
Symphony Of Destruction
You take a mortal man and put him in control, watch him become a god. Just like the Pied Piper led rats through the streets, we dance like marionettes, swaying to the Symphony of Destruction


La fratrie n'était pas sur la même longueur d'ondes, c'était un fait. Et heureusement, très certainement, si on considérait qu'Isak n'était plus qu'une coquille vide avide de violence qui se fissurait chaque jour un peu plus au contact de ses poisons. Dépité par les paroles de sa soeur, ou plutôt blasé, il s'avança avec nonchalance jusqu'au petit bar face à lui qui marquait la frontière entre le salon et la cuisine, puis sortit de la poche de son jean un vieux paquet de cigarettes qu'il traînait depuis plusieurs semaines. Accoutumé à des drogues bien plus coriaces, la nicotine n'était qu'un petit bonus qu'il s'accordait lorsqu'il n'avait rien d'autre sous le coude et que la situation se prêtait à l'apaisement. Celle-ci s'y livrait, assurément, alors que sa cadette s'amusait à jouer avec ses nerfs en lui offrant des réponses et des paroles qui ne lui convenaient pas vraiment. Le sorcier prit le premier tube qui lui venait, le porta jusqu’à ses lippes un peu gercées, saisit le briquet qui traînait à l'intérieur du réceptacle puis alluma le tabac avant d’en tirer une bouffée relaxante. Il posa le reste sur le mobilier avant de s'y accouder, croisa les jambes avec indolence tout en suivant la silhouette de sa soeur de ses yeux aux pupilles presque inexistantes. Indifférent aux sentiments qui harcelaient la métamorphe, à la tristesse gravée dans cette petite larme qu'elle s'empressa de sécher, il l'écoutait d'une oreille attentive, mais contrariée. N'affichait aucune émotion sur son visage un tantinet maladif qui semblait plongé dans un monde à part. Jusqu'à ce qu'elle évoque la, soit disant, inquiétude de sa petite catin favorite. Mikkel, s'angoisser pour lui, quelle idée fichtrement risible. Oh la vilaine menteuse qui tentait maladroitement d'arrondir des angles dont elle n'avait pourtant pas à s'occuper. Le drogué se mit à ricaner tout en secouant la tête, avant de tirer une nouvelle taffe, à la fois amusé par la pirouette plus que grossière de Solveig et agacé par ce qu'il considérait être un sacré foutage de gueule à son encontre. Mais il ne dit mot, la laissa clore son discours par une supplique, puis une déconvenue, dans une tentative de rapprochement.

Le camé se redressa un peu trop vite, dans un équilibre un peu bancal. Dans cet état il avait perdu de sa superbe, pourtant il ne pensait pas manquer d’aplomb lorsqu’il déposa la paume de sa main libre sur la joue de sa précieuse petite soeur et qu’il approcha son visage du sien, ses lèvres venant presque effleurer son oreille. Sa voix doucereuse lui susurra ses bonnes intentions, mêlées de mises en garde. « Ne me dis jamais ce que je dois faire ou ne pas faire Soveig et n’oublie pas que tout ce que je fais, je le fais pour toi ». Il accosta son front, qu’il embrassa tendrement, avant de se retourner. Sans la lâcher de son regard espiègle, un rictus badin aux lippes, le magicien recula jusqu’au divan. Son dos buta contre le dossier et il s’y laissa tomber dans un petit saut, avant de s’y asseoir dans une attitude décontractée. Une tasse qui traînait sur la table fut approchée en guise de cendrier, avant d’y jeter la cendre de sa cigarette consumée. Avachi dans le canapé, ses yeux clairs se rivèrent sur ceux de sa cadette, puis les fusillèrent. « Bien sûr que je t'aide et te défends, mais on dirait qu'en plus de ne pas vouloir le voir, tu prends plaisir à me compliquer la tâche. Niklas est un connard Sol, il t’embrouille la tête et ne t’apportera rien de bon. Quel intérêt de continuer à penser à lui, alors que tu sais pertinemment comment ça se finira ? La mort de l’un ou de l’autre, c’est tout ce que tu vas récolter. Et je pencherais plus pour la sienne que pour la mienne, en toute modestie ». Un peu de tabac pour faire passer le mauvais goût que l’enflure lui laissait en bouche, puis une lueur assassine dans l’oeillade avant de reprendre sa tirade. « Tu savais qu’il chuchotait aux oreilles de mes gars pour tenter de les retourner contre moi ? Ce sont des types de cette trempe qui te font mouiller frangine ? Je pensais que t’avais un peu trop d’honneur pour te rabaisser à sucer ce genre de petite bite vicelarde, en plus de ne plus être de toute fraîcheur... Ca marche encore au moins ? ». Il la questionna de sa moue franchement perplexe, ne comprenant pas comment elle pouvait s'encombrer d'un politicien corrompu qui voulait sa peau. « Sérieusement, qu'est-ce que tu lui trouves ? Il n'a rien pour lui ce pervers, même pas le physique ». Il n'attendait aucune réponse, le seul but résidant dans la critique qu'il avait à lui faire passer.

Le magicien passa d’un sujet à un autre, sans répit pour son vis-à-vis. Le ton était grave lorsqu'il lui fit part du châtiment qui s’était abattu la nuit dernière sur la Nemesis - qu'ils avaient infligé, plus précisément. « Puis ton conseil arrive un peu tard ma belle, mais c’est pas comme s’il aurait pu servir à quelque chose de toutes manières ». Le mafieux avait la fâcheuse manie de n’écouter que lui, quand bien même il avait tort. Puis un peu d’honnêteté dans ce bas monde d’hypocrites, au sein de ce joli duo, c’était Isak qui dictait les règles et prodiguait les conseils, certainement pas le contraire. Du moins, de ce qu’il en savait, parce que dans son dos la jeune femme s’octroyait un peu plus de libertés que prévues.

Un sourire sadique et grandement satisfait s’était façonné sur sa face pâlichonne pendant qu’il repensait à l’ascendance qu’il avait prise sur Moïra, et à l’état dans lequel il avait laissé le Bones, sans pensée aucune pour les conséquences qui pourraient, peut-être, découler de cette vengeance. Pas encore. « J'ai profité d'un instant de faiblesse, elle va mettre du temps à s'en remettre la rouquine. Son QG aussi. C’est qu’elle nous a coûté un manque à gagner en plus de me manquer de respect, pour tout ça je lui avais promis une réplique à la hauteur de sa grande classe, classe à laquelle je ne pouvais prétendre, ô sa majesté Moïra. Majesté de mon cul ouais, qui m'a en plus amputé de deux hommes cette nuit. Elle s'en est prise à mon business et à ma clique la garce. Elle n'a plus qu'à vendre son joli p'tit cul si elle veut se refaire, c’est le genre de trucs un peu fâcheux qui se produit quand on s’en prend à ce qui m’appartient... ». Des actes pareils, ça ne pouvait qu’appeler les représailles. Elle avait mérité le sort que la Nilfheim lui avait réservé. Tout comme Niklas mériterait le sien le jour où le couperet tomberait. La drogue qu'il avait faite glisser dans ses affaires, dans le nid des politiques, avait déjà dû avoir son petit effet, mais ce n'était qu'une pierre ajoutée à l'édifice de leurs querelles. « Tiens t'en à ce que tu m’as dit au sujet d’Ivanov, ou lui aussi se verra bientôt offrir le privilège d’une bonne leçon ». La parenthèse Niklas se ferma aussitôt pour en revenir à la Nemesis en ruines. Non mécontent de son succès, il avait en plus eu l’agréable surprise de pouvoir déguster la cerise sur le gâteau. Rayonnant, le junkie contempla Solveig. « Tu sais, son clébard est dans l’arène. Et le Bones sans son chien de garde c’était portes ouvertes, la bande a pris son pied ». Il marqua un court silence, puis s’assombrit lorsqu’il entreprit d’informer la demoiselle du fonctionnement de ce monde, lequel semblait lui avoir échappé. « Marie est venue te trouver y a pas si longtemps, t’as pas encore saisi ? Tout est une question de concurrence, on fait pas ami-ami avec les autres mafias Sol, on les écrase avant qu’il ne leur prenne l’envie de nous mettre sur la touche ». Tel était l’univers des mafiosos, et la fondatrice à la peau brune de ce petit réseau qui ne payait pas encore de mine le leur avait démontré tout récemment. C’était une question de territoire et de limites à ne pas franchir, mais il fallait être un imbécile pour penser que demeurer derrière ses propres murs suffirait à se mettre à l’abri, parce que les territoires demandaient à s’étendre toujours plus loin, sans considération pour ceux qui se trouvaient sur le passage de la conquête. Bon, Isak n’était pas réellement un conquérant, c'était d’avantage un esprit vengeur, mais le résultat finissait forcément par être le même : l’anéantissement d’une autre clique et la prospérité de la sienne.

Les sujets Niklas et Moïra abordés, c’était au tour du Russe de se retrouver au coeur de ses préoccupations. Et nom de Dieu, c’est qu’elle lui torturait l’esprit bien plus qu’elle ne l’aurait dû cette belle gueule d'enfoiré, bien qu’elle avait la langue un peu trop pendue. C’était une corde sacrément sensible pour le dealer, qui refusait catégoriquement l’idée que sa soeur et son client viennent à se croiser. Et il ne savait plus s’il ne voulait pas que ce soit Ievseï qui approche de trop près sa cadette, ou s’il ne pouvait concevoir que ce soit cette dernière qui tourne tel un vautour aux plumes altruistes autour de Mikkel. Il ne se l’avouerait jamais, mais l’homme lui permettait de tromper la solitude qui berçait douloureusement son quotidien, de taire ses souffrances et de le rendre vivant, même si les méthodes que le maître chanteur employait pour ce faire étaient cruellement dénuées de bon sens et de moralité. Evidemment, il n’entendait pas laisser son jouet décamper dans les pattes de sa soeur qui ne manquerait pas de tenter de l’extraire de ses griffes au passage, pour à n'en pas douter la connaissant, vouloir sauver son âme. Que des conneries, mais des conneries en lesquelles elle croyait et qu’elle avait déjà désiré appliquer avec l’aîné, dont le cas était malheureusement désespéré. Trop charitable cette Solveig. Beaucoup trop pour son propre bien.

Exaspéré par ce qu’il avait tantôt entendu, il se raidit sur le divan avant d’écraser son mégot dans le fond de la tasse. Les yeux devenus obscurs, le portait hostile, il s’attacha à lui faire comprendre une dernière fois que l’amant était chasse gardée. Sa propriété. Elle avait tout intérêt à lui éviter de se répéter, car le ton serait quelque peu... différent. « Par contre Sol, j’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule ». Son timbre et son air glacés n'auguraient rien de bon pour la gaffeuse. « Au sujet du fouteur de merde... ne me prends plus pour un con et garde tes spéculations pour toi. C’est pas à toi de décider de l’importance de la chose. Puis qui t'a dit qu'il était privilégié ? Certainement pas moi ». Le pauvre gars devait jouer les putes pour avoir sa dose de came, voilà à quoi il en était réduit, c'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler un privilège. Pitoyable. Misérable. Quoique profiter des charmes du mafieux, selon l'angle - ou plutôt selon son angle - était une sorte d'honneur, pour celui qui n'en avait aucun. « Tu n'as aucune idée de ce qu'il se passe entre lui et moi, et ça ne te regarde pas. Ecoute bien parce que je ne te le redirai pas une troisième fois ». Il laissa défiler quelques secondes pour lui permettre d'accueillir correctement la menace à venir. « Ne... t'approche... plus... de Mikkel ». Il avait prononcé chacun de ses mots avec lenteur et insistance, avec la mine sinistre. Le feu dansait dans ses pupilles et hurlait son désir de s'étendre jusqu'à Solveig, pour la consumer, pour la châtier. Pourtant, tous deux savaient qu’il ne lui ferait jamais le moindre mal, physiquement parlant. « Tu sais très bien que je ne te toucherai pas et que ce sont les autres qui prendront les coups à ta place, et doublement si tu t’amuses encore à passer outre mes précieux conseils. Tes actes ont des conséquences et ce serait dommage que ton nouvel ami en fasse les frais. Ne t'avises plus jamais de me dicter ma ligne de conduite le concernant, où la prochaine fois que tu auras à faire à un Ievseï, ce sera sa mère qui pleurera la mort de son fils chéri dans tes bras, pendant que tu la réconforteras de ton air coupable ». Un souffle découragé fut jeté dans l'air. « T'as le don de t'entourer des mauvaises personnes Sol, tu vas finir par t'attirer de gros ennuis ». Un sourire, encore, moqueur. Quand on savait qu'il était sûrement le plus monstrueux de ceux qu'elle côtoyait... « Après t’oses me dire que je veille pas au grain ? ». Il planta son regard dans le sien et lui offrit son plus charmant sourire.


Spoiler:
 

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Pour les rassurer, Pour te rassurer,Tu leur dis, Tu te dis, Que tout cela est un jeu, Que tu la quitteras, Quand tu le voudras, Demain tu seras courageux. Viens je t’accepte comme ennemie, Viens je te donne ma vie, J’embrasse tes souffrances, Je réclame tes offenses


Dernière édition par Isak Eriksson le Dim 11 Déc - 22:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Lun 5 Déc - 21:10


A tout oser, on peut tout perdre
And it took so long just to feel alright, remember how to put back the light in my eyes. ••• Elle ignora son frère sur le point de fumer. Même si ça l'emmerdait au plus haut point. Parce que l'odeur allait s'ancrer dans les tissus, dans les meubles, elle allait rester en suspens durant des jours et vu le temps dehors, ouvrir les fenêtres pour aérer reviendrait à se faire tomber malade, ou Käli, ce qui dans son esprit à cet instant était la pire des choses qu'elle pouvait imaginer. Alors, la jeune femme vivrait avec l'odeur du tabac froid durant quelques jours. Quelques semaines si Isak ne se limitait pas à une cigarette. Et ce serait utopique de croire en cette limitation. Son aîné se redressa à cette seconde, vacillant, et elle faillit lui offrir un appui, avant de se stopper. Il prendrait ça pour de la pitié encore une fois, et ce n'était peut-être pas le moment de l'agacer avec ça. Surtout que ce qu'elle avait dit auparavant l'avait déjà contrarié. Elle allait consciemment à l'encontre de ses ordres, de ses envies aussi certainement. Elle jouait avec ses nerfs par rapport à Niklas, sachant pertinemment que son frère ne supportait pas d'entendre son nom. Elle le cherchait avec Mikkel, qu'il ne semblait pas vouloir partager. Et enfin, elle trouvait à redire sur sa manière de gérer la Niflheim. Ce qui commençait à faire beaucoup.

Isak se rapprocha, posa une main sur sa joue. Solveig sursauta, ne s'attendant pas à un quelconque contact de sa part, notamment aussi tendre. Puis il lui murmura quelques mots dans le creux de l'oreille, qui sonnèrent comme une mise en garde. Ne plus jamais lui faire de remarques sur ce qu'il faisait. Certes, elle le savait bien mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Puisqu'elle voulait le protéger elle aussi. Mais elle n'était pas assez forte. Elle ne le serait jamais. Il l'embrassa sur le front alors que la jeune femme soupirait doucement et fermait les paupières. Puis il se détacha, alla s'installer sur son canapé défoncé. Toujours avec son sourire sur ses lèvres. Il ne s'en débarrassait jamais finalement. La suédoise croisa les bras sur sa poitrine, le suivant du regard, ne le lâchant pas. Elle ne se formalisa pas de l'utilisation de sa tasse préférée comme d'un cendrier. Autant ne pas faire exploser son frère pour une si petite broutille, bien qu'une moue triste s'attarda sur ses traits. Pourquoi ne pouvait-il pas ramener son propre cendrier ? Ou alors jeter la cendre par-dessus le rebord de la fenêtre. Il y avait des tas d'autres solutions que d'utiliser sa tasse favorite, dans laquelle il restait un fond de thé d'ailleurs.

Puis Isak accrocha son regard, la fusilla du sien. Et repartir sur ses... Illusions. A croire qu'elle ne voyait pas ce qu'il faisait pour elle, qu'elle faisait en sorte de ne pas lui faciliter la tâche. Mais c'est lui qui avait considéré que personne ne devait l'approcher. C'est lui qui modifiait les règles en milieu de journée parfois. Comme avec Mikkel par exemple. Comment pouvait-elle penser qu'il y aurait une telle interdiction pour un jeune homme totalement innocent ? Bon, Niklas, c'était quelque peu différent. Mais étrangement, l'avoir revu avait entraîné cette prise de conscience qu'il lui permettait en effet de vivre avec un peu plus de... Sourires. Que c'était agréable de se blottir dans ses bras. Chose que son frère ne faisait jamais. Avait-il d'ailleurs le moindre amour fraternel pour elle ? Ou était-elle juste la présence qui lui rappelait qu'il restait un minimum accroché dans la réalité ? Elle se posait autant de questions avec Niklas qu'avec Isak. Parce qu'ils avaient tous les deux leurs défauts et leurs qualités. Mais oui, le porte-parole en voulait à son frère. Soi-disant parce qu'ils les empêchaient de se voir. Sauf que son aîné faisait cela pour la protéger aussi, alors c'était compréhensible. Et cela ne nécessitait pas une élimination. Sous le coup du stress, la jeune femme se mit à se ronger le peu d'ongles qui lui restaient.

Et elle ne savait pas que le politique cherchait à retourner leurs hommes contre eux. Contre Isak surtout. Il faudrait qu'elle lui en parle directement. Qu'elle le confronte aux paroles de son frère. Encore une fois, son cerveau se retourna, changea de pensées comme pour s'aligner sur ce que son vis-à-vis désirait. Un vulgaire pantin face à son manipulateur. Et la suite la liquéfia sur place. Littéralement. Son visage blêmit, et une légère envie de vomir se mit à lui titiller l'estomac et la gorge. Bordel, pourquoi balançait-il ça comme ça ? La jeune femme le fusilla du regard, instinctivement. Déjà, de base, ce n'était pas le genre de sujets qu'elle abordait avec son frère. Puisqu'il serait capable de traquer et tuer ceux avec qui elle avait eu des relations. Bien que la plupart devait déjà être mort durant la transition jusqu'à la Nouvelle-Orléans. Oui, avant de tomber sur Niklas, puis de retrouver son frère, elle avait eu quelques petites aventures. Bien qu'elle n'en avait jamais réellement parlé. Ca valait mieux pour tout le monde. Puis là, elle n'était pas certaine que son frère attendait une réponse, alors qu'un nombre incalculable de répliques lui traversait l'esprit. Pas forcément ce qu'Isak rêverait d'entendre malheureusement...

Quant au conseil... Evidemment qu'il arrivait trop tard. Même s'il avait été là plus tôt, Isak s'en serait foutu. Cependant, Solveig avait presque besoin de cette illusion de contrôle, d'avoir son mot à dire. Pour ne pas complètement sombrer à son tour. Elle se raccrochait à quelques chimères, bien que les représailles seront violentes. Il lui offrit alors les détails de son excursion, et la jeune femme laissa un nouveau soupir quitter ses lèvres. Son frère était quelqu'un de spécial tout de même. A qui cela importait peu qu'une femme vende son corps, à part lorsqu'il s'agissait d'elle. La suédoise se remit à faire les cent pas devant Isak. Evidemment qu'elle, elle pensait à ce qu'ils allaient se prendre dans la gueule par la suite. Parce qu'elle gérait ce putain d'établissement, vu que son aîné était présent une fois tous les dix jours. Et Logan n'allait peut-être pas rester solidaire très longtemps s'il se prenait d'autres mafias sur le coin de la gueule. Et il y avait une différence entre détruire une personne et faire en sorte qu'une mafia ne s'étende pas trop. Enfin, ce n'était pas le rôle de la métamorphe de s'occuper de cette partie. C'était celui d'Isak et il s'en chargeait très bien.

Elle prit bien note pour Niklas, tout en sachant pertinemment qu'elle irait lui en parler sous peu. Juste, cette fois-ci, elle éviterait de le voir au Little. Non, elle irait jusque chez lui. Ou au Gouvernement. Peu lui importait, la jeune femme espérait simplement que son prénom lui suffirait à attirer son attention. Et ce ne sera qu'un détour lors d'une nuit de vente. Oui, elle fera ça comme ça. S'il le fallait, elle disparaîtrait même sous sa forme panda. Cette fouine devrait avoir des soucis à la reconnaître sous cette forme. Après, il faudrait éviter que Niklas ne la balance dehors. Parce que dans ses souvenirs, bien qu'elle lui en ait parlé de sa malédiction, elle ne s'était jamais présentée sous son animal. Aussi, elle devrait peut-être lui trouver un nom. Après plus de deux cents ans passés ensemble, ils auraient pu faire connaissance à ce point. Surtout que l’animal ne dérangeait absolument pas Solveig, contrairement à ce qu’elle avait pu voir autour d’elle. Peu de métamorphes avaient l’air de s’accepter. Peut-être qu’elle était la seule à avoir eu une transformation voulue. Ou juste qu’elle était différente. Mais qu’importait.

Isak revint sur le sujet « Marie ». Celui qu’elle essayait désespérément d’oublier puisqu’elle était complètement effrayée à l’idée qu’une telle rencontre se fasse de nouveau. Et cette fois-ci, elle ne cacha absolument pas les émotions qu’elle ressentait. Dont cette putain de peur et de panique qui lui broyait les entrailles. Evidemment, son aîné ne pouvait pas comprendre ce qui s’était passé. Pour lui, c’était son boulot de tous les jours. Elle, ça lui avait fait se poser des questions sur elle-même. Faisait-elle les choses bien finalement ? Ou devrait-elle devenir plus comme leur concurrente ? Plus indépendante, plus froide, plus franche. Sauf que ce serait aller à l’encontre de son frère par la même occasion. Donc la suédoise resterait la petite fille fragile qu’elle était la plupart du temps. Sauf quand on s’en prenait à son frère ou leur business. Ce devait être le seul moment où le panda se transformait en lionne. Métaphoriquement parlant hein. Pas sûr qu’Isak apprécie sinon.

Puis le silence retomba, pesant. Solveig n’osait pas le briser, de peur d’exacerber la colère de son frère. Parce qu’il l’était très clairement. La cigarette finit dans sa tasse tandis qu’il accrocha son regard. La jeune femme retint sa respiration, prête à encaisser l’explosion. Il ne l’avait jamais frappée jusque-là, et ne le ferait jamais mais il y avait toujours ce doute qui l’envahissait quand il finissait dans cet état. Les yeux qui s’accrochaient sur elle, flamboyant. Quelques secondes, un simple pas de travers et tout pourrait partir si vite… Mais mieux valait ne pas y penser. Elle prit une bouffée d’air, pour ne pas s’évanouir sous le manque d’oxygène, et entreprit d’écouter son frère. En se mordant la langue. Ce n’était pas le moment de l’interrompre ou de faire une quelconque remarque. Il fallait juste qu’elle l’écoute et qu’elle acquiesce après… Chose qu’elle ne ferait pas puisqu’elle était elle-même dans un état quelque peu énervé et qu’elle voulait ouvrir sa gueule. Un peu. S’il fallait se suicider, elle s’en occuperait elle-même avec un couteau plutôt que de pousser son aîné à bout. Notamment parce qu’elle savait qu’il s’en voudrait et tomberait avec elle. Et avoir sa mort sur la conscience – bien qu’elle serait déjà décédée – très peu pour elle.

Et il continua sur Mikkel, bien plus froid que précédemment. Solveig ne savait plus sur quel pied danser. A ce point-là, le moindre mot pourrait le faire exploser. Et comme elle n’était pas connue pour être la meilleure menteuse ou la meilleure manipulatrice de tous les temps… Ouais, tout allait très mal finir… Puis il lui relança de ne plus s’approcher de Mikkel. Hé bien, elle allait finir par faire comme avec Niklas… Le voir en secret. Trouver une putain de technique pour ne pas qu’il passe devant la petite fouine de son frère. Qu’il lui faudrait débusquer sous peu. Son regard se posa sur la fenêtre. Elle était au premier étage, l’une des possibilités serait d’installer une échelle pour le faire venir de dehors, et non plus du Little. Cependant, la jeune femme ne se verrait pas faire ça. Il y avait des chances qu’elle coupe les ponts, une fois de plus, malgré ce que lui criaient son cerveau et son cœur. Si elle les écoutait, de toute manière, ça se saurait… Isak lui fit alors remarquer que jamais elle ne paierait pour ce qu’elle fait, que ce serait toujours les autres qui finiraient blessés, ou morts. Son sourire avait entièrement disparu, ne laissant qu’une mine vide. Jusqu’à ce qu’il évoque la mère de Mikkel. Qu’elle repose les yeux sur lui, le laisse terminer et lance :

« Encore faudrait-il que sa mère soit toujours en vie pour ça… »

Bon, il lui avait parlé de sa belle-mère, elle en avait donc déduit que la mère avait disparu. Et comme dans son vocabulaire, disparu était égal à mort, elle avait laissé les mots passer dans un murmure. Puis ses pas l’avaient menée à se rapprocher de sa table basse, à récupérer la tasse remplie de cendres, à se glisser jusque dans sa cuisine. En même temps, c’était un moyen de faire une pause, de remettre de l’ordre dans son esprit, de réfléchir aux réponses qu’elle pourrait donner, si elle avait l’opportunité d’en trouver. Elle ouvrit le robinet, fit disparaître le tabac et le mégot du fond de la tasse dans les tuyaux avant de le placer sur le rebord et de fermer l’eau. Bon. Quelques secondes de répit pour son cœur avant qu’elle ne revienne non loin de son frère. Qui n’a pas forcément bien dû prendre son déplacement mais qu’importait, elle s’en moquait pas mal là.

« Je n’étais pas au courant de ce qu’il faisait non, puisque personne dans tes hommes n’a jugé bon de m’en parler alors que je suis aussi supposée être leur supérieure. Enfin, ce problème sera réglé sous peu. »


Elle avait beau avoir des sentiments pour Niklas, cela n’empêchait pas qu’elle refusait qu’il s’en prenne à la mafia, ou tente de retourner leurs hommes contre eux. Parce que finalement, Solveig s’y était attachée à la Niflheim. C’était un point de repère dans cet océan dégueulasse et violent. Tout comme le Little était devenu sa maison. Un endroit où personne ne viendrait l’emmerder. Où elle pouvait dormir au sec, au chaud. Avec son petit chat maintenant. Cette pensée entraîna l’ombre d’un sourire sur son visage, qu’elle reprit brutalement. Ce n’était pas le moment. La jeune femme ébouriffa ses cheveux et soupira avant de recroiser ses bras sur sa poitrine et de reprendre la parole :

« Ca n’avait aucun rapport avec le sexe Isak. Mais les explications ne sont plus nécessaires, puisque je m’en tiendrais à ce que j’ai dit maintenant. »


Ou pas trop. Enfin, elle n’avait pas envie de rester sur cette pente glissante pour le moment. Alors, elle se contenterait d’acquiescer les demandes et les ordres de son frère. Cependant, Niklas allait lui aussi lui devoir des explications. Parce qu’elle n’appréciait pas trop la guerre qui se préparait pour s’emparer d’elle. Elle n’était pas un vulgaire objet bordel ! Elle était encore humaine, elle avait encore un cœur, des sentiments. Pourquoi tout le monde s’efforçait à ne pas les voir ? Pourquoi était-elle obligée de se battre autant pour obtenir un peu de reconnaissance et de douceur ? Elle avait envie d’en pleurer, de péter un câble aussi. De juste tout laisser ressortir une bonne fois pour toute. Mais ce n’était pas le moment. Pour l’instant, la suédoise était capable de contrôler. Tant qu’il n’y avait pas et Isak, et Niklas face à elle en même temps, elle savait qu’elle pourrait tout gérer…

« Ce n’était pas un conseil. C’était une constatation. Il faut faire preuve d’un peu de bon sens. Tu crois vraiment que Moïra sera à ce point affaiblie ? Elle est liée à l’un des mafieux les plus importants d’après la Catastrophe. Ce n’est même plus des représailles qu’on va se prendre en retour là. Enfin, je me chargerai d’augmenter la protection de mes revendeurs et du Little… »

Isak ne serait pas d’accord avec elle sur ces points mais Solveig préférait largement se préparer au pire. Puisqu’en même temps, elle était supposément aller voir le frère d’Ezra pour lui parler de lui. Bon, il allait peut-être falloir qu’elle remette ça à plus tard, bien que cela l’agace… Quant à la protection, elle s’occuperait de sa partie. De base, elle était plutôt liée à la partie revente de médicaments et de drogues, tandis que son frère s’occupait du reste. Certes, ces derniers temps, elle avait pris une place de plus en plus importante au Little mais c’en était presque révolu cette époque. Maintenant, elle retournerait à ses anciennes activités, bien plus lucratives quand elle s’y mettait. Toujours faire le boulot par soi-même pour avoir les meilleurs résultats. Surtout que Solveig était connue des clients, et facilement repérable pour eux. Un phare dans les ténèbres.

« Si tu avais tant voulu les écraser que cela, ils seraient morts à l’heure actuelle. En la laissant en vie, tu lui laisses l’opportunité de reconstruire son business, et surtout de venir saccager le nôtre. Et je ne supporte l’idée qu’elle puisse s’en prendre à toi ou ce que tu as bâti. »

La peur et l’étouffement qui avaient laissé place à la froideur. Une froideur que peu avaient l’occasion de voir, puisqu’il était souvent trop tard dans ces moments-là. Solveig n’était en rien une tueuse mais l’avantage d’avoir des drogues à disposition était qu’une dose trop importante et oups, direction l’hôpital. La morgue surtout. S’en prendre à son frère ou à leur business entraînait toujours ce genre de réaction. Une violence qu’elle haïssait pourtant mais qui faisait partie d’elle. Une dualité des plus fortes au fond d’elle-même.

« Ce ne sera pas la peine de le répéter une quatrième fois. Tout comme pour Niklas, j’ai compris le message. Il en sera fait selon tes souhaits. »


En apparence. Elle trouverait un moyen de continuer à le voir, sans que son frère ne soit au courant. Cela lui faisait de la peine de devoir agir en cachette à ce point mais c’était ça ou dépérir. Un choix qu’elle avait fait et auquel elle se tiendrait, quitte à devoir tenir tête à Isak à ce moment-là. Mais chaque chose en son temps…

« Oui, je n’attire que des mauvaises personnes… Il faudrait que tu m’en présentes qui te plaisent. »

Parce que si c’était son propre choix, aucune de ses fréquentations ne plairait à Isak. Autant qu’il choisisse pour elle directement, ce sera plus simple. La jeune femme soupira de nouveau avant de s’asseoir à son tour, sur sa table seulement.


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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Mar 6 Déc - 18:31



   
Symphony Of Destruction
You take a mortal man and put him in control, watch him become a god. Just like the Pied Piper led rats through the streets, we dance like marionettes, swaying to the Symphony of Destruction


Son regard avait suivi le déplacement de Solveig, légèrement dans le vague pendant qu’il se concentrait sur la première réflexion de cette dernière. Que la matriarche Ievseï soit de ce monde ou d’un autre n’avait que peu d’intérêt pour le mafioso qui accordait plus d’importance à la détentrice de cette information qu’à l’information en elle-même. Ils en étaient donc déjà allés de leurs petites confidences avec Mikkel ? Son oeillade réprobatrice accrocha celle de sa soeur qu’elle soutint quelques instants, toutefois sa langue resta de marbre. La menace avait été suffisamment explicite pour être prise au sérieux, il n’avait pas besoin de s’étendre d’avantage sur le sujet; il avait parfaitement entendu l’acquiescement de Sol et décidait qu’il ne mettrait pas sa parole en doute, tant qu’elle ne lui offrirait plus de raisons de le faire. La suite de cette conversation, ce serait avec le dernier principal concerné qu’elle se déroulerait, et il se montrerait beaucoup moins passif qu’avec sa protégée. Le message avait à priori manqué de clarté pour le client fétiche, il ne tarderait pas à le rendre plus compréhensible. Pour l’heure, il préférait chasser le jeune drogué de ses pensées, elles leurs accordaient décidément un peu de trop de place et d’importance ces derniers temps, c’était... perturbant. Et clairement pas dans les habitudes du camé, excepté lorsqu’il s’agissait de sa précieuse associée.

Il s’accrocha au discours suivant, pendant qu’il déposait son bras le long du dossier sans quitter son confort. Les paroles concernant Niklas le survolèrent sans qu’il n’y accorde de réplique, ce vilain petit scarabée ne méritait pas plus d'attention, la prochaine fois que son nom serait prononcé, ce serait pour annoncer qu’il avait été vulgairement écrasé sous une semelle que sa présence incommodait. Quant au silence gardé par ses hommes à son sujet et bien... La jeune femme n’avait qu’à se fier à un jugement plus objectif, son manque d'impartialité était un frein majeur aux confidences de leur petit personnel. En plus d’être certainement incapable d’agir en conséquences dès qu’il s’agissait de cet ambitieux malgré ses dires, il n’était pas exclu qu’elle omette de mentionner ses vicieuses manigances. Isak était peut-être dans un état qui laissait peu de place à la cohérence, mais lors de ses moments de lucidité, la guêpe n’était pas folle. Ivanov était son problème, à lui seul, et ses hommes n’avaient pas tardé à être avertis de ce détail, mettant sur la touche au passage la cogérante de leur clique.

Son esprit s’aventura sur un chemin bien plus inquiétant, mais déjà plus rationnel. A cet instant, ce qui le préoccupait d’avantage que Solveig et ses fréquentations, c’était l’angle adopté par sa cadette vis-à-vis de la Nemesis, et plus particulièrement de sa reine. Les répercussions lui importaient peu, s’ils décidaient de lui offrir la mort pour vengeance, ça ne serait qu’une libération pour le mage qui n’avait fait que provoquer sciemment la possibilité d'un tel scénario. Et s’ils décidaient de s’attaquer à son business plutôt qu’à son intégrité, ce ne serait que l’occasion qu’il attendait pour s’adonner à la guerre, et laisser libre cours à toute cette violence qui le submergeait. Un parfait exutoire, la libération de tous ses démons. L’excuse à l’offrande de sa folie, qui lui permettrait d’ôter la vie tout en pouvant se défaire de la culpabilité qui en découlait. La nuance était son secret. Il s’abreuvait avec exaltation de la douleur et de la destruction, du mal qu’il exerçait sur les autres, mais il n’avait pas encore trouvé le moyen de taire ses états d’âme lorsqu’il allait jusqu’à commettre l’irréparable. Quelqu’un d’un tantinet observateur pouvait très facilement se rendre compte que lorsque la nécessité du meurtre entrait en jeu, le dealer ne s’était jamais lui-même acquitté de cette ignominie, préférant tâcher de sang les mains de ses sbires pour garder les siennes immaculées. Des frontières demeuraient encore, précaires. Elles préservaient sa dernière once d’humanité, l’ultime rempart qui séparait l’homme du monstre. Rempart inconnu de tous, pour que la crainte qu’il inspirait et le respect qui en résultait perdurent, bien qu’il se plaisait à croire que son imagination en matière de tortures était un châtiment bien pire que la mort qu'il affublait d'avantage de délivrance - quoique tout était relatif si le terminus s'appelait Darkness Falls. Le malheureux qui s’était pris un seau d’acide sur la face pouvait d’ailleurs en témoigner... Tout comme le coeur brisé de Moïra. Néanmoins, ils étaient saufs, à défaut d’être tout à fait sains. Finalement, Solveig avait raison, il n’avait jamais voulu anéantir totalement l’adversaire, c’était juste un argument de taille pour se laisser glisser sur la dangereuse pente du sadisme, pour faire le plein de sensations et oublier ses propres maux, le temps d’une nuit.  

Ses yeux d’un bleu sans éclat scrutèrent avec insistance les traits gravés sur le visage de la mafieuse, à la recherche de l’émotion qui pouvait la traverser à l’évocation d’un assassinat. « La tuer, c’est ce que tu aurais voulu que je fasse ? Ton coeur s'endurcit petite soeur ». Elle avait parlé de cette éventualité avec tellement de légèreté. Trop peut-être. Les ténèbres dans lesquelles Isak l’avait plongée l’avaient transformée. En mal ou en bien ? Il était tellement perdu lui-même qu’il n’arrivait plus à faire la distinction. L’entendre parler ainsi du déclin de Moïra l’attristait tout autant que ça le rassurait. La cadette tiendrait bientôt suffisamment d’armes en mains pour se défendre contre le monde inhospitalier qui n’attendait que de les exterminer, mais à quel prix ? Il fallait vendre son âme pour s’en sortir. Celle du dealer n’avait pas la moindre valeur, il l’avait en grande partie égarée dans les méandres de Drakness Fall. Cela dit, celle de Sol valait de l’or, ce qui n’empêchait pas son frère de la voir s’en déposséder un peu plus chaque jour, sans être capable de renverser la tendance. Au contraire il l'a précipitait, parce que dans son esprit torturé, préserver Solveig signifiait aussi la condamner. Un mal pour un bien, encore et toujours. C’était sûrement pour cette raison d’ailleurs que la skin’ avait désiré le massacre de la rouquine. Elle avait toutefois négligé un détail qui avait sacrément d’importance, un détail qui ne manquerait pas de faire sous peu parler de lui et qu'elle avait évoqué plus tôt. « Leur mafia est un serpent à deux têtes, n'en tuer qu'une n'aurait servi à rien, à part rendre plus virulente la vengeance de l’autre. On peut se vanter d’avoir su garder les mains propres, pendant que la Nemesis se lave les siennes du sang de nos hommes. S’ils ne sont pas assez intelligents pour apprécier ma clémence et qu’ils décident de répliquer, il en sera fini de l’indulgence de la Niflheim ». Le sang qu’il n’avait pas encore fait couler finirait irrémédiablement par souiller le sol à leurs pieds, mais le suédois ne serait pas celui qui déclarerait cette tuerie ouverte, bien qu’il était responsable du dérapage assassin de la gérante du Bones. Ce même dérapage qui l’avait conduit à répliquer. S’il s’était contenté de rester à distance de la Nemesis plutôt que de la harceler, jamais la situation ne se serait à ce point envenimée, c'était un fait. Il était à l’origine de toutes leurs querelles, se convainquait pourtant que c’était la propriétaire du club qui avait jeté de l’huile sur le feu et provoqué les ravages de son établissement.

Le trafiquant dû se résoudre à lever son derrière du divan moelleux sur lequel il était avachi, privé de son cendrier improvisé. La première cigarette n’ayant pas suffi à le combler, il s’avança jusqu’à la fenêtre qu’il entrouvrit, puis s’en grilla une seconde. Un toussotement le fit tressaillir et laissa un peu de sang sur l’extrémité blanchâtre du tube, tout comme sur ses lippes qu’il s’empressa d’essuyer sans s’alarmer. Ce petit désagrément était devenu coutume depuis quelques temps et le laissait dangereusement indifférent. Trop éreinté par sa nuit, affaibli par ses substances, il appuya son épaule contre l’encadrement pour se soutenir, croisa une jambe sur l’autre avec une langueur profonde. Son regard las se posa sur l’horizon pendant que le tabac venait de nouveau à la rencontre de ses lèvres, puis vint soutenir celui de son hôte. Faiblarde, blasée par tout ce bordel qui allait lui offrir très prochainement un peu trop de fil à retordre, sa voix brisa le silence. « T’emmerdes pas avec nos revendeurs, si Hogan réplique ce sera de front, d’un coup d’éclat, c'est plus son genre. Il ne faut pas non plus s’en faire pour le Little, nos gars sauront faire aux siens un accueil chaleureux. Quant à moi... ». Il captura derechef l’urbanisme pourri jusqu’à la moelle dressé derrière les carreaux, aspira encore un peu de nicotine puis reprit, aussi froid que le bleu de ses yeux, jemenfoutiste au possible. « C’est comme si j’étais déjà mort de toutes façons ».

Sans transition aucune, comme pour détourner rapidement l’attention de Solveig - conscient qu’il était d’avoir effleuré un point sensible -, le magicien fit face à son interlocutrice pour poursuivre son discours. « Tu sais très bien que je ne suis pas non plus du genre à m’entourer de gens qui peuvent se vanter d’avoir la conscience tranquille. Personne n'est assez bien pour toi, pas dans ce milieu où tu es condamnée à rester seule ». Le sorcier n’avait pas cherché à tourner autour du pot, autant appeler un chat un chat, en espérant que la cadette s’imprègne de cet «inconvénient» le plus tôt possible, puis qu’elle l’accepte sans ne plus jamais rechigner. « Mais t’as peut-être envie d’en sortir ? C’est pour ça que tu laisses Ivanov te tourner autour en te promettant une vie meilleure que celle que j'ai à t'offrir ? ». Ses yeux cernés la mettaient au défi de parvenir à cet exploit. Le petit salopard savait qu’il avait la main mise sur sa soeur. Et heureusement, parce qu’il ne supporterait pas de la regarder s’éloigner, ou de la perdre. Son oeillade accueillit les ténèbres de la colère. La conclusion se fit sur un air cinglant. « Tu es sûre d'avoir fait le bon choix ? ». De se tenir à ses côtés, en toutes circonstances. De faire autant de sacrifices, alors qu’il ne les méritait pas. Ce n’était pas tant une question qu’une réflexion peinte de vilenie, teintée d’une once de moquerie. Parce qu’il avait pleinement conscience que le contexte délicat dans lequel ils se trouvaient tous les deux n’avait, finalement, jamais laissé le choix à la malheureuse skinchanger. Leur lien était une chaîne que rien ne saurait briser. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare » ajouta t-il d’un ton implacable, avant qu’un rictus railleur ne le balaye pendant qu’il menait l’une de ses mains jusqu’à ses prunelles soudainement voilées. Il tremblait un peu plus aussi, le remarqua à peine. Le drogué cligna des paupières pour chasser le malaise, sans cesser de sourire, figea ensuite ses prunelles brumeuses sur la silhouette féminine. « Heureusement pour toi, elle viendra vite me cueillir ». Si ces poisons ne plaidaient pas coupable, ce serait le nombre incalculable d’ennemis qu’il s’était fait et qu’il continuait de multiplier qui le ferait. Ses jours étaient comptés. Qu’il en soit ainsi. Et pourtant. Son arrivée en Enfer l’avait fait regretter amèrement son suicide, il s’était surpris à désirer ardemment une vie qu’il avait lâchement abandonnée, à vouloir lutter pour la préserver. Dans les dédales du purgatoire, il avait appris à craindre la mort et ses démons. Mais cette géhenne restait préférable à ce monde auquel il n’avait plus l’impression ni l’envie d’appartenir. Crainte et convoitise se mêlaient étrangement, laissaient l’homme indécis. Trop effrayé par les monstruosités de Darkness Falls, mais aussi trop effrayé par la vie, alors qu’il n’y avait pas de troisième alternative.

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Pour les rassurer, Pour te rassurer,Tu leur dis, Tu te dis, Que tout cela est un jeu, Que tu la quitteras, Quand tu le voudras, Demain tu seras courageux. Viens je t’accepte comme ennemie, Viens je te donne ma vie, J’embrasse tes souffrances, Je réclame tes offenses


Dernière édition par Isak Eriksson le Dim 11 Déc - 22:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Dim 11 Déc - 4:28


A tout oser, on peut tout perdre
And it took so long just to feel alright, remember how to put back the light in my eyes. ••• Solveig avait laissé sortir de ses lèvres des mots que beaucoup l'auraient cru incapable de dire, ou ne serait-ce que penser. Pourtant, tuer n'était pas vraiment un problème pour elle. Même si, paradoxalement, la mort l'effrayait plus que tout. Sauf quand c'était lié à son frère. Ou à elle-même. Un égoïsme sans pareil mais c'était ce qu'elle était au fond. Ni plus ni moins qu'une égoïste ne pensait qu'à sa survie. Et celle de son aîné. Une personne bien plus importante qu'elle. Quand est-ce qu'elle en était venue à penser ainsi ? Quand est-ce qu'elle avait commencé à prendre plus soin de cette personne que d'elle-même ? Quand est-ce qu'elle avait choisi de tout sacrifier pour lui ? Et pourquoi ? Quel avait été le déclencheur ? Des pensées parasites, désagréables. Car les dernières brides de sa lucidité se battaient encore pour la sortir de ce merdier. Se battaient pour lui faire comprendre que rien de tout ça n'était une vie. Qu'il fallait qu'elle laisse tomber ce frère, qu'elle se concentre sur elle et sur ce qu'elle voulait. Il y avait cette résistance au fond de son coeur. Celle qui faisait qu'elle refusait encore de complètement couper les ponts avec Niklas, celle qui faisait qu'elle continuerait de voir Mikkel malgré les avertissements d'Isak. Celle aussi qui la rendait plus froide, celle qui offrait le meurtre comme moyen de régler les problèmes. Le serpent qui envahissait la place réservée au panda.

Oui, elle aurait aimé qu'il la tue. Un meurtre de sang-froid, pour supprimer une menace. Même si cette mafia avait un statut particulier. Un double-chef, un peu comme la Niflheim finalement. Sauf que Kyran était bien plus violent, bien plus au fait de comment ce genre de choses se passait. S'ils voulaient détruire la Némésis, il fallait que les deux chefs y perdent leur tête. Et s'il fallait le faire... Solveig le ferait. Malgré le lien qui unissait Ezra à cet homme, Isak restait bien plus important. Leur business aussi. Son coeur s'était endurci en effet. Cependant, il y était pour quelque chose. A force de lui répéter qu'elle avait besoin d'être forte dans le monde dans lequel ils vivaient, qu'il fallait qu'elle arrête de croire en toutes ces conneries qu'on lui racontait. A lui dire qu'il n'y avait plus rien ici. Plus d'espoir. Plus de vie. Plus de tendresse. Elle aurait aimé que ce soit plus simple, qu'elle puisse avoir accès à tout ça. Mais c'était fini aujourd'hui. Il n'y avait rien d'autre que désolation et désespoir. Rien d'autre que du vide dans son coeur quand elle se sacrifiait pour lui.

Puis il lui répéta ce qu'elle savait déjà au sujet de la Némésis. Cependant, la suédoise ne prenait pas la mesure de ce que cela signifiait réellement. Elle ne savait pas à quel point les deux êtres étaient liés, à quel point la vengeance serait terrible s'ils en tuaient un. Encore plus s'ils ne tuaient pas le bon. Donc oui, finalement, la meilleure des idées serait d'éliminer les deux en même temps, et briser complètement cette mafia. Une concurrence de moins. Peut-être que ça en bousculerait l'équilibre du monde criminel. Mais aussi le Gouvernement. Car la jeune femme n'était pas stupide. Bien que prohibition il y avait, beaucoup de politiques trempaient dans les affaires mafieuses, apportant protection et argent. D'ailleurs, il n'y avait qu'à voir la clientèle du Little Darlings. Il y avait assez peu de gens du bas-peuple ici, à part les hommes de la Niflheim. Néanmoins, on trouvait des miliciens ou des dirigeants véreux en grande quantité. La luxure n'était pas réservée qu'aux résistants, loin de là. Tout le monde la cherchait. Apprécier la clémence... Solveig pinça les lèvres, sans rien ajouter. Attiser la colère de son frère à ce sujet-là n'était guère une bonne idée. Mais bon, elle espérait qu'il avait raison et que personne ne foutrait les pieds ici dans l'optique de les tuer. Elle espérait tellement...

Elle suivit son frère du regard alors qu'il se leva, se dirigea vers la fenêtre pour fumer une nouvelle cigarette. Elle aperçut sa démarche faiblarde, et aussi les quelques gouttes de sang qui se détachèrent de lui suite à sa toux. Et la suédoise resta silencieuse, ravalant toute la peur et l'inquiétude qui la bouffaient de l'intérieur. Elle aurait aimé lui montrer ce qu'elle ressentait mais il aurait associé le tout à de la pitié. Alors, la jeune femme se mura dans le silence, consciente que cette rétention finirait par la détruire un jour. Elle n'eut pas le temps d'y penser plus, Isak enchaînant sur son idée que la Némésis répliquera sur le Little si réplique il devait y avoir. Ses bras se croisèrent, ses yeux se détachèrent de ceux de son frère. La peur montait d'un cran, enserrant son coeur et ses poumons, l'empêchant de respirer ou encore raisonner correctement. Evidemment que leurs hommes pourraient infliger des pertes aux attaquants mais... Tiendront-ils jusqu'à la fin ? En sortiront-ils victorieux ? Elle n'en savait rien. Et la fin de la phrase la figea sur place. Comment osait-il... Comment pouvait-il évoquer sa mort face à elle avec tant de fatalité, tant de légèreté ?!

Elle finit par se mouvoir, laissant la suite de son discours rentrer d'une oreille et ressortir de l'autre. La métamorphe était focalisée sur les mots évoquant sa possible mort. Elle voulait le secouer. Elle ne voulait pas qu'il en parle si facilement. Parce qu'elle ne voulait absolument pas se rendre compte d'à quel point c'était vrai. Qu'il n'était qu'une carcasse vide aujourd'hui. Et qu'il allait mourir sous peu s'il continuait à autant plonger dans la drogue, s'il ne parvenait pas à s'en détacher. Elle se rapprocha, se posa devant lui, à côté de la fenêtre entrouverte. Elle ignora le courant d'air frais qui caressait sa peau, au risque de la faire tomber malade. La jeune femme enfonça son regard dans celui de son frère, écouta ses discours tous plus décalés les uns que les autres. Elle aurait voulu lui rire au nez. Pas tant par rapport au fait qu'elle était condamnée à vivre seule mais parce qu'il estimait qu'elle voulait se sortir de là. Parce qu'il pensait que c'était à cause de ça qu'elle écoutait Niklas. Parce qu'il sous-entendait que rester en contact avec le porte-parole signifiait qu'elle voulait se détacher de lui. De son frère. Alors que putain... Absolument pas. Elle aurait juste tellement aimé pouvoir consilier les deux. Si seulement...

Le bon choix... Qu'était un bon choix de toute manière ? Elle était manipulée de toute part, incapable d'avoir son propre avis sur la situation. La jeune femme ne savait même plus distinguer le bien du mal, s'en référant à son frère de ce point de vue-là. Il avait toute sa confiance. Et il l'avait toujours eu. Il était au courant, pourquoi posait-il la question ? S'attendait-il réellement à ce qu'elle lui dise qu'elle voulait partir ? Ou alors était-ce juste pour se consoler ? Puis la mort revint sur le tapis. Maintenant juste en face de lui, elle avait envie de lui mettre une claque, pour le réveiller, lui faire prendre conscience qu'il était vivant, qu'elle était là. Que jouer avec son coeur n'était pas sympathique non plus. Une part d'elle ne voulait pas reperdre ce frère détruit à nouveau. Il devait être à ses côtés, il devait être là pour la guider. Il ne pouvait pas disparaître à nouveau, c'était impossible. Il évoqua encore une fois, mais plus clairement, cette mort imminente. Solveig secoua négativement la tête. Ses doigts s'emparèrent du visage d'Isak et elle caressa avec douceur ses joues.

"Mon coeur ne s'endurçit pas, il s'adapte simplement à ce qui se passe. Et oui, j'aurais préféré que tu la tues plutôt que de savoir qu'elle peut s'en prendre à toi à tout moment maintenant. Je devrais peut-être le faire de moi-même d'ailleurs..."

Sa voix était plus faible, plus blanche que les discours qu'elle avait faits précédemment. Une lueur d'angoisse brillait dans le fond de ses iris, conséquence des paroles de son frère. Il avait créé la dépendance qu'elle avait à son encontre. Et il voulait la laisser comme ça ?! La suédoise refusait. Et pour une fois, elle avait envie qu'il l'écoute. Qu'il reste avec elle. Qu'il ne l'abandonne pas. Qu'elle ne se retrouve pas encore plus seule. Juste ça.

"Si le problème n'est que cela, il suffit d'éliminer les deux têtes pensantes en même temps. Aucun d'entre eux ne pourra prendre de revanche sur toi comme ça..."


Si tout était si simple. Sauf que ça ne l'était pas, et elle en avait conscience. Il y avait beaucoup d'autres paramètres, beaucoup d'autres personnes à prendre en compte dans les équations. Et elle n'était pas douée pour cela. Elle n'avait pas l'intelligence pour créer deux mille plans à la minute, pour intégrer toutes les forces et les faiblesses de la mafia adverse pour trouver le point sur lequel ils pourraient appuyer pour tout faire exploser, sans avoir besoin de se mouiller bien évidemment. Ce n'était pas son domaine tout ça. Ce n'était pas celui de son frère non plus, même s'il était loin d'être con.

"Et s'il te plaît, ne parle pas de toi comme ça. Tu n'es pas encore mort. Tu es loin de l'être. Et je sais que tu me protègeras."


Elle se rapprocha, passa ses bras autour de lui et posa son front contre son épaule. Et cette fois-ci, elle maintiendrait le contact. Des larmes coulèrent le long de ses joues, silencieusement. Finalement, la solitude lui importait peu. Tant qu'elle avait son frère, la jeune femme serait capable de survivre. Certes, ce ne serait pas une vie heureuse ou agréable, pas comme une personne normale l'entendrait. Mais pour elle, c'était ce dont elle avait besoin. Ou plutôt, elle ne parvenait plus à imaginer sa vie autrement à présent. Et ce dont elle ne se rend pas compte, c'est que si un jour Isak s'éteint et qu'elle reste sous forme humaine, une nouvelle vie s'offrirait à elle. Et à ce moment-là, Solveig prendrait pleinement conscience de tout ce qu'elle a sacrifié. Et que tout cela n'était peut-être pas normal...

"Ca fait longtemps que je le sais ça, que tu me le répètes. Il faut croire qu'une répétition de plus ne faisait pas de mal..."


Elle ne bougeait pas, se gardant contre lui. Sa respiration était plutôt calme. Etrangement calme même, et ce, malgré les perles qui glissaient hors de ses yeux. La jeune femme ignorait l'odeur de tabac dont les vêtements de son frère étaient imprégnés, puisque finalement, cela le définissait. C'était une manière de savoir qu'il était en vie. Ses doigts s'accrochèrent à son tee-shirt. Aussi, elle devait l'empêcher de fumer correctement comme ça. Un bien certainement. Puis il ne l'avait pas repoussée encore, autant en profiter.

"Cette vie-là me va très bien. Je ne veux pas en sortir, je ne veux pas t'abandonner et, même si tu ne t'en rends pas compte, tu es la personne la plus importante à mes yeux. J'ai tout fait pour toi, et je continuerai de me sacrifier si c'est ce que tu veux. Et je ne pouvais pas faire de mauvais choix en te suivant, non ?"

Elle lui faisait entièrement confiance, elle reposait son avenir sur ses décisions à lui, et non pas sur son propre esprit critique. Ses paupières se fermèrent alors qu'un murmure quittait ses lèvres :

"Mais je ne veux pas qu'Elle te prenne. Qu'Elle t'arrache à moi. Je veux que tu restes à mes côtés, alors s'il te plaît... N'évoque plus cette possibilité. Et reste en vie. Parce que s'il le faut, je n'hésiterai pas à m'en mêler."

A le priver de ses drogues, de son tabac. A chercher un moyen de l'aider, quel qu'il soit. Lorsqu'elle n'aurait plus rien à perdre, lorsque ce sera ça ou le laisser mourir, elle interviendra. Le pantin qui veut sauver son marionnettiste. La soeur qui veut sauver son frère. Sans lui, elle n'était rien, à part une coquille vide. Il n'avait pas le droit de l'abandonner. Il n'avait pas le droit de partir...


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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Dim 11 Déc - 21:51



Symphony Of Destruction
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Ses prunelles s’ancrèrent dans celles de Solveig, surprises par les paumes qui accostèrent ses joues, pendant que ses doigts cramponnant sa nicotine pendaient contre sa cuisse dans une totale inertie. La chaleur qu’elle dégageait lui rappelait chaque fois à quel point il avait froid, tout ce vide qui l’habitait depuis que sa dernière étincelle de vie l’avait abandonné au seuil de Darkness Falls. A quel point il était mort à l’intérieur. Puis les paroles s’ajoutèrent au geste et la confusion fut encore plus grande. Les suspicions venaient de se muer en certitudes, il avait effectivement vendu l’âme de sa soeur au diable, l’avait troquée en échange du mode d’emploi de la survie dans un océan de requins. Et la survivante ne s’en cachait pas. Une vie pour une autre, c’était l’excuse qui apaisait sa conscience. La vie de Moïra contre celle d’Isak. La vie de Kyran contre celle d’Isak. Toutes les vies contre la sienne finalement, pour le peu que cette dernière valait pourtant. Pour un homme qui ne ressentait plus aucun désir de vivre, mais auquel elle s’accrochait avec l’acharnement du désespoir, par peur de continuer d’exister sans lui. Le dealer lui avait passé les chaines, mais elle se refusait à se les voir retirer lorsqu’il évoquait cette possibilité. C’était terriblement malsain. Terriblement injuste aussi pour cette femme qui se voyait privée de sa liberté d’agir, presque de son libre arbitre. Néanmoins tellement rassurant pour le junkie que la situation arrangeait bien, parce qu’il ne survivait que pour la protéger - d’une très mauvaise manière -, qu’elle était la dernière ancre qui le maintenait sur cette putain de planète. Il ne pourrait même plus brûler en Enfer pour ces méfaits, c’était déjà chose faite. Ecoeuré par son oeuvre, par ce qu’il avait fait d’elle, par sa propre personne pour l’avoir façonnée, mais aussi soulagé par cet exploit - avec le camé ça fonctionnait souvent comme ça, tout et son contraire -, il ramena sa cigarette à ses lèvres, franchement agacé par tous ces opposés. Il avait de plus en plus de mal à supporter cet esprit en vrac.

Lorsqu’elle osa finalement s’adonner à beaucoup plus de proximité, le mafieux ne réagit pas. Il resta de marbre, but ses suppliques dans une indifférence vexante, ne prit pas tout de suite conscience des larmes qui ruisselaient sur les pommettes de cette femme qu’il avait blessée et qui se calait contre son dos, s’agrippait à son vêtement pitoyablement. Puis la voix de sa jeune soeur ne devint plus qu’une prière chuchotée, avant de déboucher sur une sombre promesse. Elle serait vaine, évidemment, personne n’était plus en mesure de faire quoique ce soit pour lui. Intention qui se résumait à le faire également contre lui, parce que sa longévité dépendait d’une privation et qu’il ne laisserait jamais quiconque lui poser cet interdit. Lui supprimer ses remèdes, c’était lui retirer ses illusions. Que lui resterait-il alors, si ce n’était une réalité trop sinistre bercée par ses démons qu’il ne parviendrait plus à ignorer. Contrarié par les allusions de la désespérée, le drogué jeta son tabac par l’entrebâillement de la fenêtre tout en faisant part de sa dissension dans un ricanement. « Arrête tes conneries, t’as aucun pouvoir sur moi Sol ». Il se retourna presque aussitôt, pour constater qu’elle pleurait. Son coeur se serra à la vue de cette petite soeur larmoyante qu’il chérissait malgré tous les mauvais traitements qu’il lui infligeait. Parfaitement conscient qu’il était l’origine de ses souffrances, pourtant incapable de cesser de les susciter - il n'en avait pas non plus la volonté. Ses nerfs s’étaient calmés lorsqu’il passa son bras par dessus l’épaule de sa protégée, autant pour la consoler que pour se soutenir. « Chiale pas putain » laissa t-il fuir d’un ton lassé, tout en essuyant quelques larmes de sa main libre. « Garde tes larmes pour mon enterrement, je suis encore là ».

Isak s'achemina une nouvelle fois vers le divan, s’y avachit comme une larve sans lâcher sa soeur qui fut forcée de s'asseoir à ses cotés. Un bras derrière la nuque de son hôte, sa main qui effleurait son épaule féminine et les jambes nonchalamment écartées, il souffla bruyamment. Cette vie était harassante, autant pour l'esprit que pour le corps. Trop de bordel à gérer. Trop d'émotions à démêler. Le tout sans avoir les idées vraiment claires. La tête du trafiquant était légèrement dodelinante pendant qu'il clignait à plusieurs reprises des paupières pour chasser tous ces points noirs qui rendaient sa vision chaotique. Il finit par la secouer avant de se résoudre à la déposer contre le dossier du canapé, puis de plonger son regard dans l'insipidité d’un plafond immaculé qui lui paraissait tâché. Sans réflexion aucune, une critique fusa, dénuée de sens pour la propriétaire des lieux qui voyait la surface comme elle l'était vraiment, sans aucune souillure. « C’est plus très blanc, je ne sais pas ce que tu as foutu mais il faudrait penser à remettre un bon coup de peinture ». Remarque dépossédée de pertinence qui n'avait rien à faire dans cette conversation, encore fallait-il qu'il s'en rende compte. Sonné par le poison, la futilité et la fausseté de ses quelques mots ne lui effleuraient même pas l'esprit.

Le suédois ramena Solveig contre lui, l’entoura un peu plus de son bras puis posa sa caboche contre sa longue chevelure rousse, manière de se faire pardonner les pleurs qu'il avait provoqués et de livrer un soupçon de tendresse fraternelle à cette âme en peine qui en réclamait. Serein mais glacial, il se concentra ensuite sur quelque chose de beaucoup plus important que la décoration. « Je te défends de tuer qui que ce soit, ça ne fait pas partie de tes prérogatives ». Ce sale boulot, c'était le sien. Son fardeau. Sa culpabilité. Ces ordres, il décrétait qu'il était seul à pouvoir les donner et ce n'était, bien sûr, aucunement négociable. Il penserait à aborder plus en détails le sujet avec ses acolytes, au cas où il prendrait l'envie à son associée de faire exécuter quelques personnes qu'elle jugerait trop gênantes sans l'en informer au préalable. Puis la résolution du problème Nemesis n'était pas si simple que cela, se débarrasser de Kyran ne serait pas aussi facile que d'anéantir Moïra. Faire d'une pierre deux coups serait carrément prodigieux. Il tut néanmoins ses pensées, il n'avait plus envie de se torturer l'esprit avec cette pagaille. Tout se réglerait en temps et en heure, si toutefois ce temps sonnait, car tout n'était que suppositions. Des suppositions certes logiques, mais qui n'étaient peut-être pas inéluctables.

« Tu sais petite soeur, tu dis énormément de conneries. Tu m’affirmes que tu aimes cette vie, puis tu me balances dans la seconde suivante que tu te sacrifies... Tu me prends pour un débile ? ». Cette merde ne la satisfaisait pas, mais ce n'était pas comme si elle pouvait véritablement combler qui que ce soit. Isak ferma les yeux quelques instants. Il était coupable de leur virée dans ce chaos et ne plaiderait pas le contraire. Il avait mené Solveig sur le chemin des Enfers. Sentier qui la rendait relativement aisée, cependant cette richesse ne pouvait pas être acquise sans dommages. A l'abri du besoin, mais dans un abri de ténèbres, où certains rêves n’avaient plus leur place. Où il fallait composer avec sa part d’ombre, oublier quelques états d’âme, abandonner les dernières onces de son innocence. Sol était faite pour une toute autre vie, toutefois il ne la lui offrirait pas. Parce que dans cette vie, il n’était plus là. Qui la protégerait alors, mieux qu'il se pensait en mesure de le faire ? Il n'avait confiance qu'en lui-même pour l'accomplissement de cette tâche. Pourtant il se laissait lentement crever, sans vraiment penser à ce qu'il se passerait lorsque prendrait fin son agonie. Esprit chaotique dépourvu de cohérence qui ne savait plus sur quel pied danser. Néanmoins, lorsque ce jour viendrait, sa précieuse cadette ne se retrouverait pas sans monnaie, cette certitude était suffisamment réconfortante pour ne pas se laisser bouffer par la culpabilité de l'abandon. Egoïste qu'on aurait pu dire du sorcier, mais sa soeur l'était tout autant, à vouloir le garder auprès d'elle à tous prix, alors qu'elle savait pertinemment que vivre était une profonde souffrance pour lui. Aussi, sur ton blasé, il se livra à quelque constatation. « Cette vie elle est à chier. Tout le monde le sait qu'elle est à chier ». Sa moue n'était plus qu'une grimace de dégoût exagérée, ses yeux  les traîtres d'un état de moins en moins maîtrisé, de plus en plus affecté par la substance qui lui parcourait les veines. « On veut buter tout le monde, tout le monde veut nous buter, on ne peut faire confiance à personne, on se prend la tête avec tout un tas de trucs hyper chiants à gérer, on risque la taule... Ah ça ouais c'est carrément à chier, mais on a les poches pleines. On vit comme des rats, mais des rats qui ont une couronne sur la tête, avec des mecs à nos bottes qui se plient en quatre pour nous faire plaisir ». Un ricanement l'accompagnait pendant qu'il s'imaginait en rongeur couronné installé sur un trône de billets verts, à donner des ordres à des sbires moustachus qui ne se soumettaient pas pour son bon plaisir, mais par crainte d'être transformés en pâté pour chat. La suite de son rêve éveillé lui soutira une réplique à voix haute. « De la bouffe pour Kamachintruc ». Un rire un peu dément s'échappa, cessa lorsque le junkie tourna légèrement la tête, pour que ses lèvres s'approchent de l'oreille de Solveig. Le mafioso susurra. « J'ai un secret à te dire, je hais cette vie, j'aime seulement ce qu'elle me rapporte ». L'argent, le pouvoir, c'était sensationnel ! Dans un soupir, il se cala de nouveau contre la crinière de feu. « J'aime aussi torturer des connards qui pensent pouvoir péter plus haut que leurs culs, accessoirement. Ca, c'est le petit bonus ». Un rictus pervers se dessina, le portrait de Niklas revenant soudainement le heurter avant de se démanteler étrangement. Tout devint flou, le monde tournait tout autour. Il redressa son minois pour se frotter les yeux de ses doigts disponibles. Son crâne retomba lentement contre le divan, se dirigea tout aussi mollement vers la rouquine. « Je ne sais pas si c'est le bon choix. Tu penses que ça l'est toi ? ». Ses paupières voilèrent son regard quelques secondes, puis s'ouvrirent derechef, sur des prunelles éreintées, complètement droguées. « Je veux juste que tu vives comme une reine et que tu ne manques plus jamais de rien, même si ça nous fait prendre tous les risques. T'es tout ce qu'il me reste ». Sa voix était déclinante, mais peinte d'une sincérité tragique.

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Pour les rassurer, Pour te rassurer,Tu leur dis, Tu te dis, Que tout cela est un jeu, Que tu la quitteras, Quand tu le voudras, Demain tu seras courageux. Viens je t’accepte comme ennemie, Viens je te donne ma vie, J’embrasse tes souffrances, Je réclame tes offenses
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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Ven 16 Déc - 0:46


A tout oser, on peut tout perdre
And it took so long just to feel alright, remember how to put back the light in my eyes. ••• Les mots que son frère lui offrit étaient réels. Elle n’avait aucun pouvoir sur ce qu’il faisait, sur les drogues qu’il ingérait, sur la destruction qu’il s’imposait jour après jour. Quoique, pas tout à fait. Il était encore en vie. Il ne s’était pas tué. Ce qui impliquait que sa présence suffisait pour le moment à le garder à ses côtés. Pour combien de temps encore ? La question revint une fois de plus dans son esprit, s’imposa, la tortura. C’en était presque devenu une douleur perpétuelle. Cette mort qu’elle pouvait voir planer au-dessus d’Isak, cette ombre qui le suivait sans cesse et finirait par l’engloutir. Un constat aussi effrayant que logique. Un jour, son aîné abandonnerait. Il courait déjà après sa libération, qu’était-elle pour le freiner à ce point ? A part parce qu’il était la dernière personne lui restant. Il était tout ce qui lui restait, et elle ne pouvait pas le voir mourir, aussi égoïste que c’était. Une putain d’égoïste, rien de plus. Et aussi… S’il décédait, elle ne serait plus rien. Qu’importait l’argent, la protection qu’il avait créée à son encontre, elle n’aurait pas besoin de tout cela. Elle finirait au zoo. Ou laisserait une lettre où elle demanderait qu’on la tue. Oui, il faudrait qu’elle prépare ça à l’occasion…

Les larmes continuaient de couler tandis qu’elle s’écartait d’un pas alors que son frère jetait son tabac. Ses pupilles dorées s’étaient détachées de la silhouette masculine pour s’ancrer dans le parquet défraîchi. Elle s’attendait presque à se prendre une nouvelle remarque, peut-être même une claque émotionnelle, dans les secondes qui suivaient. Il fallait que la suédoise arrête de pleurer. Qu’est-ce que ça changerait de toute façon ? Aucune conscience ne serait prise du côté de son frère. Et quant à elle… Elle continuerait de se voiler la face et d’agir comme il le lui demandait. Pour profiter de ce qui pourrait finalement être son dernier jour avec lui. La jeune femme allait finir par aborder toutes les journées ainsi maintenant. A le voir se détériorer, elle commençait à comprendre que le temps était bien plus compté qu’elle ne l’aurait pensé. Et cela l’emplissait d’une peur viscérale. Et de cette putain de question qui s’accrochait à chaque pan de son âme. Bordel, pourquoi ne dégageait-elle pas ? Pourquoi restait-elle toujours attachée ? Pourquoi était-elle elle-même incapable de s’en détacher ? Pourquoi était-ce si important ? Finalement, la drogue finirait par venir se glisser dans ses veines aussi, si c’était un bon moyen pour oublier…

Un bras autour de son épaule la sortit de ses pensées de plus en plus sombres, des voix de plus en plus envahissantes. La présence rassurante de son frère pour le moment les chassa et l’ancra dans la réalité. Une main essuya les larmes sur ses joues, et elle releva le regard vers Isak. Ne pas pleurer, il en avait des bonnes lui… Il évoquait son décès comme si de rien n’était, alors qu’il oubliait qu’elle n’avait personne d’autre à part lui dans sa vie. Enfin, certes, il y avait Niklas, Mikkel ou Laura mais étrangement, ils n’occupaient pas la même place. Vivre sans eux était possiblement physiquement parlant. Ce qui n’était pas le cas de son frère. En y réfléchissant, elle avait presque plus besoin de lui qu’il n’avait besoin d’elle. Il était d’un soutien non négligeable, la guidant sur de nombreux sujets, la prévenant du manque d’argent ou de moyens. Certes, pas forcément en utilisant le meilleur moyen mais… C’était déjà ça. Et cela lui suffisait. Puis, au fil des années, la jeune femme avait fini par s’y habituer. Bien que l’ultra violence l’effrayait par instant, notamment quand son frère se mettait à dos la moitié de la Nouvelle-Orléans. Cependant, Solveig n’était plus certaine de pouvoir vivre autrement. C’était devenu grisant d’un côté…

Il se glissa jusqu’au canapé, l’entraînant avec lui, et la suédoise ne tenta pas de résister. Elle avait tellement peu l’habitude de cette douceur fraternelle ces derniers temps qu’elle eût envie d’en profiter. Pour une fois qu’Isak n’était pas trop défoncé ou occupé à aller régler ses comptes à droite et à gauche… Même si le canapé avait servi à autre chose il y a peu… Autant ne pas y penser pour le moment. Elle se cala contre l’épaule de son frère, sans chercher à prononcer le moindre mot. Il pourrait s’agacer si vite, et ce n’était pas ce qu’elle voulait. Les sujets sensibles étaient clôturés, et c’était bien mieux ainsi. La remarque sur le plafond lui fit hausser un sourcil, puisqu’elle ne voyait qu’une peinture blanche immaculée. Puis elle comprit. La drogue qui lui ravageait les sens certainement. Elle soupira doucement, sans accorder plus d’importance à cette remarque. Puisqu’Isak continua, après l’avoir rapprochée un peu plus. Ne pas tuer. Un léger rire quitta ses lèvres. Pensait-il pouvoir réellement l’arrêter si elle s’y mettait ? Elle avait perdu de son innocence mois après mois. Elle finirait par tuer un jour, bien qu’elle le fasse déjà avec les drogues qu’elle échangeait contre des billets. Elle finirait par être plus directe un jour. Quand on s’en prendra à son frère devant elle…

Aux yeux de son frère, le sacrifice et l’amour de cette vie ne pouvaient être liés, acceptés. L’un était le contraire de l’autre. Alors que dans son imagination, c’était possible. C’était parce qu’elle aimait ça qu’elle était capable de s’autodétruire. Et que finalement, c’était aussi un moyen de se sentir en vie. Un putain de cercle vicieux dont elle ne sortirait jamais. Il n’y avait qu’à voir les bandages qui enserraient en permanence ses bras. Ils cachaient les cicatrices, la souffrance qu’elle endurait, qui la définissait. Et qu’aujourd’hui, elle ne percevait plus comme « mal » ou « négative ». Bien au contraire. C’était devenu sa drogue finalement, bien plus dangereuse que les substances que son frère s’injectait. Et pourtant, elle ne s’en rendait pas compte, bien trop complétée par ce sentiment délicieux de voir la vie s’échapper, pour mieux être réintégrée par la suite. La constatation de son frère la fit sortir de ses pensées, et déclencha un léger rire amusé. Elle était à chier, et quand bien même, ils continuaient tous les deux à s’y enfoncer jour après jour. Deux suicidaires sur leur dernier chemin.

La suite du discours de l’homme la laissa de marbre. Il n’avait pas tort sur les points qu’il soulevait. Ils étaient en guerre avec tout le monde, cherchant à échapper à la milice, aux lois mais aussi aux autres mafias. Un jeu d’échecs géant, où la moindre erreur pourrait les détruire. Définitivement, il leur faudrait quelqu’un pour jouer un rôle stratégique dans cette histoire. Calculer les risques, monter les hypothèses, anticiper les réactions ennemies. Bordel, s’ils parvenaient un jour à avoir un tel élément dans leur équipe… Isak pourrait avoir sa folie des grandeurs sans le moindre souci. Cependant, déjà, ce devait être très compliqué de trouver une telle perle, et encore plus de la recruter et aussi… Cela impliquerait de laisser une partie du business leur échapper. Et Solveig était très à cheval sur ce que son frère et elle-même avaient construit. Déjà qu’avec Logan, elle était plus que méfiante alors qu’il ne gérait que le Little et n’avait pas de réels impacts sur eux ou leur développement, imaginez si quelqu’un entrait et devait avoir accès à des données que seuls le frère et la sœur connaissaient… Non, ça ne le ferait très clairement pas.

Le secret qu’il lui conta fit sourire la jeune femme. Elle s’en doutait qu’il n’aimait pas cette vie. Puisqu’il ne voulait pas vivre de toute façon. Mais cela lui permettait de se droguer librement, d’avoir accès à toutes ces substances qui lui permettaient de survivre un peu plus. De même, il y avait l’argent. L’argent, supposé faire le bonheur. Au moins, ça achetait le silence des miliciens. La torture, elle passa outre. Ce n’était pas ce qui lui plaisait personnellement. Bien qu’elle n’ait jamais réellement essayé. Peut-être qu’elle se découvrirait une nouvelle passion… Si c’était un bon choix… Solveig releva les yeux pour les planter dans ceux de son frère. Qu’en savait-elle finalement… Il était complètement déchiré. De toute façon, rien que pour les mots qu’il prononça par la suite, elle le comprit. Ce n’était pas le genre d’Isak de verser dans l’épanchement de sentiments. Et pourtant, cela rendait la déclaration encore plus sincère. Il le faisait suffisamment peu pour qu’elle en prenne la mesure, bien qu’il lui montrât qu’elle comptait à ses yeux de multiples autres manières.

« Je ne pourrais pas pleurer pour ton enterrement. A moins que les pandas en soient capables… »

Une remarque lucide. Elle n’avait pas passé plus de deux cents ans sous forme de panda pour rien, par l’action du bon dieu. Ils étaient liés, et la mort de son frère signerait la sienne. Mais bon, tant pis, elle assisterait à l’enterrement en panda. En espérant que personne n’essaie de la tuer ou de la dépecer. Ce devait être douloureux tout de même.

« On s’occupera de la peinture d’ici quelques jours si tu veux. Ca fait surtout plus d’un an qu’on n’y a pas touché… Ca doit se salir avec le temps qui passe. »


Elle n’avait pas envie d’aller contre lui. Et surtout, cela pouvait être une excuse pour passer du temps avec lui sans que ce soit en lien avec le business ou autre. Juste des activités plus normales, pour profiter d’une relation moins tendue, plus fraternelle. Pour voir, le temps d’une illusion, ce qu’aurait pu être sa vie si son frère n’avait pas été brisé, s’il n’avait pas vu et vécu l’enfer. C’était peut-être se faire du mal mais c’était une envie qui avait habité Solveig, notamment quand elle avait retrouvé Isak. Si finalement, tout ne s’était pas passé ainsi… Peut-être qu’ils ne vivraient pas entourés de la mort aujourd’hui.

« Même pour me défendre ? Je préfère nettement tuer plutôt que de mourir ou te voir mourir. »


Le ton avait claqué, presque inconsciemment. Quelques bribes de son esprit qui se révoltaient contre quelques formes de contrôle et d’assujettissement. Mais pas ceux qu’il fallait. Putain, elle avait tellement sombré… Le meurtre n’était pas à prendre à la légère, et pourtant, c’était ce que son instinct lui hurlait de faire. Tuer. Avoir ce sang sur ses mains. Pour protéger sa chair. Elle se redressa légèrement, posa sa main sur la joue d’Isak, la caressa doucement tandis qu’un sourire tendre s’étirait sur ses lèvres.

« Tu crois vraiment que je me sacrifierais si je n’aimais pas cette vie ? Si je ne voulais pas t’aider. C’est toi qui dis des conneries sur ce coup-là. Je ne te prends pas pour un débile, loin de là. Je n’aurais pas survécu bien longtemps ici si tu n’avais pas été là… »

Peut-être qu’elle se voilait la face. Mais c’était toujours le cas quand Isak se trouvait dans les parages, quand elle le voyait dans cet état. Son esprit se recentrait et ne voyait plus que lui. Le reste devenait si minuscule à côté de tout ça… Pourtant, objectivement, Niklas l’aurait aidée, même si son frère n’avait pas été là. Elle n’aurait jamais réellement été seule. Cependant, elle ne voyait plus cette possibilité à présent. Son passé avait été réécrit à la lumière de son aîné. Évidemment, quand elle y repenserait quelques heures, quelques jours plus tard, les poches de résistance de son esprit lui montreraient qu’elle avait eu tort de se concentrer seulement sur Isak. Et, d’un autre côté, son cœur ne parviendrait pas forcément à s’en détacher. Puisque c’était ainsi qu’elle était faite, accrocher à deux envies radicalement opposées et pourtant si similaires…

« On finit par s’y habituer. Par prendre goût au risque. Avoue-le que ça aussi ça te plaît. Et moi j’aime bien les trucs chiants à gérer. Ca permet d’apprendre de nouvelles choses tous les jours… »


La fatigue devait se faire sentir pour qu’elle commence à déconner comme ça. Un nouveau sourire se pointa sur ses lèvres alors qu’elle retrouvait sa position contre son frère. Pour réfléchir à son autre question. Le bon choix… Après tout, qu’était-ce « un bon choix » ? Aux yeux de qui ? Aux siens ? A ceux de la loi, des politiques ? Les notions de bien et de mal étaient tellement subjectives…

« Oui ça l’est. Je n’ai pas à douter de toi. Peut-être qu’aux yeux des autres ça ne le serait pas. Mais j’en ai rien à foutre de ce que toutes ces personnes ont à penser. Ce n’est pas important. » Une petite pause pour inspirer un peu d’air avant de murmurer. « Alors ne t’inquiète pas, tu arrives parfaitement à ça, je ne manquerai de rien tant que tu seras là… »

Elle passa un bras sur le torse d’Isak et se recroquevilla un petit peu plus contre lui. Chercher un peu plus la tendresse qui lui offrait en cette matinée. Avant le retour brutal à la réalité la nuit suivante.

« Tu sais, si tu veux dormir et te reposer, tu peux, tu ne crains rien ici, je veillerai sur toi… »


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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Ven 16 Déc - 20:04



Symphony Of Destruction
You take a mortal man and put him in control, watch him become a god. Just like the Pied Piper led rats through the streets, we dance like marionettes, swaying to the Symphony of Destruction


L’éternité dans la peau d’un panda. Certes, remarque pertinente. Une vérité à laquelle il ne pensait jamais pourtant, pour l’horreur qu’elle impliquait. Dire définitivement merde à cette vie, c’était condamner Solveig à demeurer les quatre pattes par terre et à contempler le monde au travers un regard à lunettes, à renifler de la merde et à dormir à la belle étoile dans un tas de brindilles, le vent caressant son museau humide. C’était sceller son âme humaine dans la carcasse d’un animal bien trop original pour espérer jouir très longtemps de sa liberté, jusqu'à ce l'humanité déguerpisse et que la bête dépérisse. C’était presque criminel. Il se gratta le front à cette pensée, tentant vainement de réfléchir à cette réalité qu’il évitait chaque fois qu’il frôlait le danger d’un peu trop près. Vivre dans le déni, voilà à quoi tout ça s’apparentait, parce qu’il était alors beaucoup plus facile pour lui de se laisser mourir lorsqu’il n’effleurait pas les conséquences de cet effet secondaire de la métamorphose. Parce qu’il refusait d’avantage d’ancrage dans cette existence qu’il abhorrait et que ce détail en était un d’une taille considérable, qui avait déjà fait des ravages. Et cette raison qu’il avait de devoir continuer à suffoquer dans un monde qui l’accablait, elle venait de la lui balancer en pleine face, sur un ton un peu trop léger. Sa main s’éleva dans un geste perplexe, pendant qu’il débitait une possibilité à laquelle il ne croyait pas mais qui balayait simplement l’inconvénient. « On trouvera un moyen de te sauver ». Affaire classée. Le sorcier ne donna pas la moindre explication, peut-être parce qu’il n’y en avait pas vraiment. Le bruit de certaines drogues curatives courait depuis quelques temps, un vaccin qu’il disait. Lui se contentait de le vendre à un prix d’or, cela dit sans ne jamais avoir de bons retours de la part de sa clientèle qui subissait des maux terribles, sans réussite à la clé, ou bien tristement éphémère. Néanmoins qui savait, un jour peut-être viendrait le petit miracle qui redorerait le blason de cet espoir de fou.

La suite de la conversation se perdit un peu dans un brouillard désagréable. Le mafioso écoutait les paroles de sa cadette avec le regard et l’esprit désorientés, avant de se reconcentrer péniblement pour saisir la reconnaissance qu’elle lui témoignait, sa prise de conscience concernant cette vie aisée et les raisons qui avaient poussé l’aîné à les y plonger. La jeune femme parvenait à relativiser et à positiver là où l’initiateur se laissait presque bouffer par le pessimisme. C’était ni plus ni moins qu'un monde qui tournait à l’envers et Isak la soupçonnait fortement de se voiler la face mais... A quoi bon se pencher plus consciencieusement sur le problème qui, finalement, n’en était pas pour le dealer. Il avait son associée sous sa totale influence. Le petit roi n’avait que ce qu’il désirait, au détriment de la cadette qui finissait par croire en un plaisir procuré par leur quotidien, simplement parce qu’il avait tout mis en oeuvre pour qu’elle ne puisse pas penser autrement. Il suffisait de remettre un peu d’ordre dans ses pensées pour comprendre qu’elle ne s’impliquait dans leurs ténèbres que parce qu’il y était présent, aucunement pour le goût ou les sensations qu’elles leur délivraient. D’une écrasante platitude, le mafieux lui fit par de cette logique implacable qu’elle avait soulignée sans paraître pleinement saisir sa portée. « Si je n'étais pas là, tu ne serais pas ici et tu n'aurais pas à y survivre, ni à tuer pour ce faire ». Il secoua légèrement la tête, décontenancé par ces fichues répliques qui s’échappaient de ses lèvres contre son gré, profitant de sa faiblesse passagère, et qui n’avaient pour objectif que d’ouvrir les yeux à l’enchaînée. A celle qui se laissait soumettre à la bonne volonté de son créateur sans sourciller, comme si tous les déboires et les sacrifices étaient indiscutables. Pourtant, cette situation n’était absolument par normale. Mais le but n’était pas qu’elle en prenne complètement conscience, bien que la substance qui coulait dans les veines du camé ne semblait pas tout à fait d’accord sur ce point. Il clôtura donc le sujet avec une critique offerte d'un air cinglant. « T’as pris goût à rien, t’es juste qu’une putain de camée toi aussi. T’es shootée à l'adrénaline ». C’était une drogue comme une autre - à peu de choses près dirons-nous -, qui menaçait tout autant l’intégrité physique que les consommations journalières du trafiquant. Les répercussions quotidiennes n’étaient pas tout à fait les mêmes, mais la finalité était identique : ils y laisseraient certainement leurs peaux. « C’est pas ma came à moi, ça me permet juste de provoquer ce que je recherche ». La mort, sans se la donner directement, pour se draper de l’excuse qui lui éviterait d’être jugé coupable. Ca sonnait comme des aveux, de lourdes révélations qu'il désirait pourtant garder pour lui. Son état lui en faisait décidément trop dire, lui déliait la langue trop facilement et ça l'emmerdait profondément. Solveig n'était pas l'oreille censée entendre tous ces propos à la teinte tragique. Son coeur était déjà trop lourd. « Ah merde... ». Ses yeux luttèrent contre l’engourdissement, clignèrent exagérément. « Oublie ça, je parle sans réfléchir, j'ai pas envie que tu te remettes à chialer ».  

Il se redressa légèrement sur le divan, sans prêter attention au confort de Solveig qui s’était nichée contre lui. Son timbre fut lâché, agressif. « Tu me fais chier avec ton attitude de mère poule ». Le mage s’adoucit pour poursuivre. « Je n’ai pas besoin que tu veilles sur moi, c’est moi qui veille sur toi ». Comme s'il pouvait en être autrement... Sa nuque rencontra encore une fois le sommet du dossier, ses paupières se fermèrent aussitôt, lassées par tant d'ineptie. Le junkie était dépité. Et sa langue continuait de livrer des vérités qu’il aurait pourtant préféré enterrer, qu’il oublierait très certainement le lendemain, quelle plaie. « Qu’est-ce que j’ai fait de toi... T’as tellement changé Sol, t’es méconnaissable ». Il soupira. « T'es devenue si dure, si froide, si... forte, si on admet que la force passe par le meurtre sans cas de conscience. Tu peux appeler ça de la légitime défense si tu veux, mais on sait tous les deux qu’il ne s’agit pas vraiment de ça ». Cette guerre - et il avait beau tenter de se persuader du contraire -, il l’avait provoquée. Ce n’était pas la Niflheim qui pouvait prétendre à de la légitime défense, mais la Nemesis. C'était incontestable, la mafieuse ne pouvait nier l'évidence. Ca changeait la donne, mais lorsqu’il écoutait Solveig, il doutait que ça puisse changer quoique ce soit au résultat. Pas de place pour les remords, aucune hésitation. « La loi de la jungle c’est de la vraie saloperie, ça te transforme une gazelle en tigresse ». Un questionnement un peu décalé suivit cette belle métaphore, le pire étant que le drogué était sérieux, alors que ses mots étaient on ne pouvait plus grotesques. « C’est pour ça que tu t’es teinte en rousse ? ». La couleur du fauve au pelage tigré. A sa soeur de saisir la signification derrière cette question fantaisiste. « Remarque, c'est toujours plus classe que le panda. Le hic c’est que la reine de la jungle est impitoyable, c’est à elle que tu veux ressembler ? T'es sur la bonne voie ». Il marqua un silence, étudia l’implication de son interrogation. « Tu pleurniches parce que tu n’aimes pas ce que je suis devenu, mais on est pas si différents finalement ». Il n'y avait rien d'amusant dans cette constatation, pourtant un énième rire l'agita. « Il y en a juste un plus hypocrite que l'autre ». Son attitude s'obscurcit derechef. « Au passage, la tigresse elle bute tous ceux qui représentent une menace pour son territoire, pas seulement ceux qu'elle ne peut pas blairer, elle ne fait pas dans le sentiment ». Une petite allusion à Niklas dans la foulée, c'était inévitable, beaucoup trop tentant. Il ne savait pas si Sol suivait le chemin que traçait son esprit parti à l'ouest, mais tant qu'il se comprenait lui-même, il y avait bon espoir que ce soit le cas. Au pire il s'en foutait, ce n'était pas existentiel.

Le dealer passa sa main sous son fessier qu'il suréleva laborieusement en écartant "gentiment" - insistons sur les guillemets - sa soeur au passage. « Vas-y, pousse toi ». Il fouina dans le fond de sa poche pour en ressortir une troisième fois son paquet de cigarettes. Ecrasé, l'abruti s'était vautré dessus en oubliant la présence de ses denrées. Il se maudit silencieusement puis saisit l'un des tubes qui tiraient franchement la gueule avant de jeter le réceptacle sur la table basse puis de penser à s'allonger en travers du canapé, pour ne pas salir le tissu avec ses chaussures. Sa délicate intention lui fit prendre conscience qu'il était déjà en chaussettes, il avait pourtant bien eu l'impression d'avoir parcouru les couloirs avec ses godasses aux pieds. A moins qu'il ne les ai retirées entre temps. Il s'égara quelques instants dans cette problématique, décida que ça n'avait finalement pas la moindre importance lorsqu'il ne parvint pas à démêler ses souvenirs. Alors que la voix de sa soeur avait à son tour repris sa cadence - quand avait-elle commencé à répliquer d'ailleurs ? -, ne l'écoutant que d'une oreille, sans gêne, il vint déposer son crâne sur la cuisse de celle-ci, ses pieds sur l'accoudoir. Un bras passé sur son buste, l'autre tendu dans le vide, ses doigts libres jouant machinalement avec la cigarette plus très lisse, le camé accosta le vide de son regard brumeux. Tenta de cueillir les paroles de sa protégée sans succès. Elle n'étaient plus que des bruits sourds et incompréhensibles. Isak pencha légèrement la tête en arrière pour contempler la cadette, mais ses traits se déformaient étrangement. Il plissa ses yeux, se focalisa sur cette vision abstraite pour essayer de la remodeler, tout se brouilla d'avantage. avant qu'il ne les referme pour éviter la nausée. Il entendait son palpitant battre très faiblement, calmé par la substance apaisante, d'une manière assourdissante. Le junkie se sentait partir, ne parvenait pas à lutter contre cette vague d'étourdissement qui le submergeait. Le tube de nicotine chuta en silence sur le sol.

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MessageSujet: Re: A tout oser, on peut tout perdre, ft Solveig   Dim 18 Déc - 22:37


A tout oser, on peut tout perdre
And it took so long just to feel alright, remember how to put back the light in my eyes. ••• Elle avait abordé certains sujets, enfoncé des portes comme si de rien n'était. La jeune femme n'était peut-être plus ce que son frère aurait voulu qu'elle soit. Après, il voyait une part d'elle, certainement la plus sombre. Et il cherchait à avoir celle-ci. Pourtant, à côté de ça, elle continuait à être la fille un peu innocente, un peu désamparée dans un monde qui veut la détruire. Elle continuait d'aider par moment, que ce soit Mikkel ou Ezra. Elle essayait d'empêcher des guerres qui ne valaient pas la peine d'être engagées, sans succès. Parce qu'Isak voulait l'inverse. Il voulait qu'elle reste seule, parce que les autres étaient dangereux. Il voulait enclencher ces batailles, pour éviter que la concurrence ne les écrase mais aussi pour attirer la mort à lui. Solveig n'avait peut-être plus de libre-arbitre en sa présence mais elle était encore loin d'être stupide. Elle voyait bien que la vie était un fardeau pour lui. Sauf qu'il refusait la pitié, l'empathie ou même la tendresse. Il refusait tout en bloc. Aussi, il lui reprochait d'être froide d'un côté, mais ne voulait pas qu'elle garde son innocence. La suédoise devait se maintenir en équilibre sur une fine corde mais... Celle-ci avait déjà disparu depuis bien longtemps. Finalement, tout ce qu'il restait était un gouffre. Un abyme sous ses pieds, sans repère pour le traverser.

La remarque d'Isak lui arracha un rire. Que n'avait-il pas compris ? Evidemment qu'elle n'aurait pas à survivre, puisqu'elle serait morte. Si son frère n'avait pas accepté dans un premier temps de la transformer, elle aurait succombé à une quelconque fièvre, une quelconque maladie. S'il ne l'avait pas rattrapé à New-York, elle se serait certainement fait tuer lors de la seconde ouverture. Elle ne savait pas se battre, elle ne savait pas à qui faire confiance, comment faire confiance. Elle était incapable de voir quand on la manipulait. Donc oui, dans tous les cas, et quoi qu'il semble en penser, il l'avait sauvée. Peut-être qu'en s'y penchant un peu plus, c'était un mal pour un autre mais... Qu'était-elle pour oser penser ainsi ? Elle remit une mèche de cheveux tombée devant ses yeux derrière son oreille. Puis la réalité. L'adrénaline en tant que drogue. Alors il s'en était rendu compte. La jeune femme en était presque étonnée. Elle aurait cru que ça serait passé inaperçu. Surtout que jusqu'à aujourd'hui, elle ne s'y était jamais attardée. C'était normal pour elle de se mutiler, de chercher les sensations de mort pour se sentir en vie. Et finalement... Non, ça ne l'était pas. Bien qu'Ezra le lui avait déjà fait la remarque. Il fallait croire qu'elle était plutôt butée en son genre...

Le discours se poursuivit, tendant Solveig au possible. Encore une évocation de sa mort. Sauf que cette fois-ci, il impliquait qu'il la recherchait. C'était la première fois qu'il était aussi clair. Peut-être l'effet de la drogue ? Quoi qu'il en soit, il se rattrapa rapidement, et un sourire triste se dessina sur le visage de la jeune femme. Evidemment, il était trop... Effrayé de la voir pleurer une nouvelle fois. Ca le faisait juste se sentir mal, et il ne voulait pas ça. Deux visions égoïstes qui s'affrontaient. Puis la suédoise dut se détacher de son aîné. Qui avait décidé de se redresser et surtout de lui reprocher une nouvelle fois son attitude, trop... Emphathique ? A vouloir veiller sur lui aussi. Et il la repoussait. Ses yeux s'éloignèrent du visage de son frère pour aller se poser sur le mur d'en face. Elle avait perdu de sa froideur soudainement. Finalement, elle se glissait dans un rôle pour ne pas avoir à montrer à son frère ce qu'elle ressentait vraiment. Parce qu'il se foutrait de sa gueule, lui disant qu'elle devait arrêter de faire dans les sentiments. Foutu équilibre.

Isak finit par aborder le sujet de son changement. Et oui mon petit, elle avait beaucoup perdu. Et il va falloir faire un putain de choix sur ce que tu veux qu'elle soit aussi. Solveig secoua doucement ses cheveux roux et se retint de se taper la tête contre le canapé. Elle n'était pas si dure ou si froide. Elle se montrait juste ainsi en sa présence. C'était ce qu'il souhaitait d'un côté. Qu'elle n'ait personne à part lui. Qu'elle ne s'embarrasse pas de sentiments. En tout cas, quand elle en avait eu à son arrivée, quand elle en avait à son encontre tout simplement, il rejetait tout. Ses yeux fatigués se posèrent sur le sol tandis qu'elle passait une main devant ses paupières. Après, oui, elle s'imaginait être capable de tuer mais... Etait-ce réellement le cas ? Serait-elle capable de mettre en application ces meurtres ? Certainement pas. Et elle le savait bien. Sa loyauté envers son frère était sans faille mais... Tuer. Tuer était quand même bien différent que de vendre de la drogue à des paumés que la vie avait brisés.

L'allusion à la tigresse lui fit lever le regard au plafond. Bien sûr. Comme si elle était une tigresse. Marie en était une. Et oui, Solveig rêverait d'avoir son aisance, son autorité, sa prestance. Sans se rendre compte que si tel avait été le cas, elle n'aurait jamais fini sous la coupe de son frère. Finalement, elle n'offrait qu'une image de tigresse. Au fond, elle restait un panda. Un truc tout mignon et rempli de tendresse, mais aussi en voie de disparition. La question sur ses cheveux la laissa de marbre. Elle ne se rappelait même plus ce qui l'avait poussé à choisir cette couleur plutôt qu'une autre. Elle devait faire joli dans la vitrine juste. C'était une possibilité, Solveig se référant plutôt aux premiers ressentis qu'une vision déclenchait chez elle qu'à une réflexion totale et intense. Elle serra les dents aux jugements émis par son frère, s'interrogeant sur sa prise dans la réalité. Etait-il sérieux ? Ou était-ce juste la drogue qui le poussait à baisser certaines barières ? Et bien sûr que non elle ne voulait pas ressembler à ça. Mais elle n'avait pas le choix. Elle ne l'avait plus. C'était ça ou crever. C'était se battre ou subir. Bouger ou attendre qu'on vienne cueillir le peu de vie qu'il lui restait.

Il avait raison sinon. Ils n'étaient pas si différents. Même si tout était logique dans un sens, puisqu'il la façonnait à son image. Il la contrôlait entièrement, et elle suivait simplement la voie qui lui semblait correspondre au mieux aux envies de son aîné. Bien qu'il soit fort complexe à comprendre.  Après, elle devait être hypocrite. Se voiler la face était la meilleure des idées qu'elle ait eue. Au moins, elle ne voyait pas à quel point c'était malsain de se faire manipuler ainsi. Elle laissa un regard noir lui échapper quand il déclara qu'une tigresse ne faisait pas dans le sentiment. Définitivement, elle serait incapable d'en être une. Parce qu'elle ne voulait pas tuer. Elle voulait juste que son frère ne se fasse pas tuer. C'était bien différent dans le fond. Puis elle se retrouva bousculer. Isak était redevenu Isak. Et Solveig se contenterait de ressasser durant les prochains jours les quelques minutes de tendresse fraternelle qui lui avait offert. De toute façon, elle avait déjà eu beaucoup là. En demander plus aurait été irrationnel. Puis le jeune homme vint poser sa tête sur sa cuisse, comme si de rien n'était. La suédoise soupira, reprenant la parole, vide de toute émotion.

"Si tu n'avais pas été là, je n'aurais pas eu besoin de survivre en effet, puisque j'aurais été morte."

Alors ça, c'était fait. Et le constat fait à haute voix ne la secoua pas. Son regard ne vint toutefois pas s'accrocher à celui de son frère. Elle continuait de fixer le mur avec une attention toute particulière. Peut-être que c'était sa manière à elle de garder pied, de ne pas se faire submerger par les émotions qui envahissaient son coeur. La seule façon de maintenir ce putain de masque. Alors que la jeune femme voudrait juste pleurer. Elle voudrait juste se rouler en boule dans un coin de son appartement, ne plus avoir à penser à tout ça. Elle voulait juste laisser l'épuisement moral et émotionnel s'emparer de son être. Finalement, elle voulait juste mourir.

"Peut-être que c'est la raison de ma couleur de cheveux ouais. Ou alors simplement le hasard qui entre en ligne de compte. Sérieusement Isak, c'est juste que ça avait l'air plutôt joli. Je ne suis pas une tigresse, bien au contraire."

Selon elle, il aurait dû s'en rendre compte depuis le début. Tuer... Une grimace tordit ses traits. Bordel, pourquoi avait-elle dit ça ? Pourquoi avait-elle évoqué la possibilité de tuer ? L'épuisement certainement. Elle préférait se dire ça plutôt que de comprendre qu'elle avait un grain en moins. Elle osa alors poser son regard sur les traits de son frère. Qui la fixait de façon assez dérangeante mais soit...

"Tu sais... Je n'ai pas tant changé que cela. Ou plutôt, j'essaie juste d'être ce qui t'ira le plus. Tu ne veux pas d'une soeur qui serait un fardeau, non ? En tout cas, je ne voulais pas te déplaire...C'est con mais parfois j'ai du mal à..."

La cigarette chuta et les traits de son frère se détendirent. Solveig soupira, se stoppant dans son flot de paroles. Il n'avait pas dû l'écouter. Et c'était tant mieux d'un côté. Il lui aurait juste dit qu'elle pleurnichait encore, qu'il faudrait qu'elle se regarde en face et se la ferme. Ses doigts se posèrent sur le front d'Isak, dégagèrent doucement quelques mèches qui s'entremêlaient. Il avait l'air si... Paisible ainsi. Elle préférait le voir comme ça. Si loin de l'âme torturée qu'il était. Peut-être qu'il avait raison finalement. Que la mort serait une délivrance. Et qu'elle n'était qu'une putain de connasse de ne pas vouloir le laisser partir. Mais elle n'était rien sans lui. Absolument rien. Une larme coula le long de sa peau, jusqu'à sa mâchoire, avant que la perle transparente ne se détache et ne s'écrase contre la joue de son aîné. Heureusement qu'il était en train de dormir maintenant.


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