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 Use seduction as a weapon. | | Kenoah

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MessageSujet: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Sam 26 Nov - 19:55


« Beauty and seduction, I believe, is nature's tool for survival, because we will protect what we fall in love with. »



| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

J'avais bien fait mes devoirs. Suite à la demande d'Enya, j'avais étudié le cas Noah Meadow. Si j'avais pu découvrir qu'il était effectivement l'un des hommes les moins fidèles de la Nouvelle-Orléans, j'étais néanmoins bredouille quant à son passé de possible meurtrier. Soit il savait parfaitement masquer ses assassinats, soit il n'avait jamais rien commis ici de punissable par le gouvernement, soit il était blanc comme neige. La curiosité avait pris le dessus sur le simple deal et j'observais ma cicatrice pratiquement inexistante sur mon flanc. Si Enya avait fait un travail de chef, le renard avait bien fait son travail lui aussi et je ne pouvais pas dire qu'il ne m'était pas utile au quotidien. Je le sentis faire le beau alors que j'échappais un bref rire. Je m'habillais rapidement après avoir pris soin de choisir mes vêtements de la manière la plus judicieuse qui soit. Ce soir j'allais draguer. Réellement draguer. Ce n'était malheureusement pas une blague. Je n'avais absolument aucun talent là-dedans et pourquoi m'infliger ça me demanderez-vous ? Au cours de mes recherches, j'avais découvert que Noah était bisexuel. Autant attiré par les femmes que les hommes, j'imaginais que c'était ma chance de le mettre dans ma poche. C'était un homme qui ne lésinait pas sur les conquêtes visiblement, je pouvais toujours tenter de retourner ça à mon avantage pour briser la glace puis le mettre à mes pieds. Il avait même couché avec Mikkel... Je notais dans un coin de mon esprit de lui casser le nez à l'occasion, à ce sale petit drogué déviant. Mais ce soir, cela ne concernait pas Mikkel. Je l'oubliais alors pour recentrer mes pensées sur Noah. Au moins, il n'était pas dégueulasse à regarder, c'était déjà ça, et si je savais que j'étais immunisé d'avance contre son charme, je pouvais comprendre pourquoi Enya avait craqué sur ce type. Il devait d'ailleurs se savoir charmant et en profiter à sa guise. J'allais prendre un malin plaisir à le manipuler mais j'allais entrer sur un terrain inconnu. Séduire un homme, il ne manquait vraiment plus que ça à ma liste de manipulations. J'adorais le challenge et imaginer checker une telle case faisait naître en moi une certaine fierté, sûrement mal placée d'ailleurs.

Une fois sûr d'être le plus élégant possible, ou du moins aussi élégant que je pouvais l'être, je vérifiais une dernière fois l'adresse à laquelle je devais me rendre pour rencontrer Noah. Non, nous n'avions pas rendez-vous, mais j'avais décidé de l'intercepter à l'un de ses fameux galas de charité. Ce fin psychologue participait au développement de l'hôpital et était donc convié à ce genre d'événements ; ce qui n'était pas mon cas. J'avais dû manipuler et jouer des coudes – ou des poings – pour obtenir une invitation. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour Enya... Et pour satisfaire ma curiosité personnelle aussi, certes. Cependant, j'étais bien conscient que Noah était loin d'être idiot ; pire encore, c'était un psychologue. Je n'allais sûrement pas apprendre à un vieux singe à faire la grimace. L'amour rendait aveugle, le désir aussi paraissait-il. Alors je voulais perturber son jugement, qu'il ne me voit pas venir chercher des informations sur son matricule ; je voulais qu'il soit totalement et parfaitement ébloui, suffisamment pour obscurcir la vérité en tout cas et qu'il soit incapable de s'en rendre compte.

Je garais mon véhicule près de l'événement de charité et terminais les derniers mètres à pied. Je présentais mon bulletin d'invitation à l'entrée puis accédais au lieu. Si la charité devait faire preuve de retenue et de simplicité, ce n'était pas le cas ici. Tout puait le luxe pour satisfaire les donateurs et leur besoin de paraître. Le gratin de la Nouvelle-Orléans se trouvait ici, et si j'étais un parfait inconnu pour tous ces petits péteux, j'étais au moins sûr que personne n'allait m'interrompre dans ma mission. Servaient-ils de l'alcool à ce bar ? Bien sûr que non, ou alors pas de manière visible. Le gratiné aurait été choqué par tant de déviance et d'irrespect en public envers le gouvernement, en apparence en tout cas. J'étais persuadé que les sous-vêtements allaient voler derrière les rideaux rouge et or ce soir, quand plus personne ne regarderait. Je sondais la salle aux hypocrites, cherchant ma cible, un verre d'eau pétillante citronné à la main. Comme je pouvais avoir l'air con, sans déconner. Je me rappelais que c'était pour la bonne cause et que Noah n'aurait de toute manière pas de point de comparaison étant donné qu'il ne me connaissait pas.

Je le repérais finalement. L'objet de mes convoitises. Élégant également sans surprise. Si son attention était dirigée vers deux autres personnes avec qui il entretenait une discussion, il fallait que je réussisse à l'attirer et que le contact se fasse. Je le contournais prudemment, sans me faire repérer pour finalement arriver derrière lui. Advienne que pourra, sans aucune autre idée, j'adoptais la stratégie la plus basique au monde. Je fis semblant de me cogner et de trébucher sur lui, me rattrapant de justesse et prenant soin également de le rattraper aussi comme si c'était un pur réflexe de protection. Bien évidemment, dans mon geste, j'avais également renversé mon verre sur lui.

Merde ! Excusez-moi je suis désolé... Balbutiais-je le plus naturellement possible en laissant ma main libre tenter d'essuyer mon méfait avec ma petite nappe.

Pisser dans un violon dirons-nous, mais je ne cherchais pas à sécher les vêtements de Noah, je cherchais simplement à le toucher. Je relevais mes yeux sur lui, croisant son regard dans le processus. J'étais resté proche de lui, volontairement, simulant la surprise comme si je venais de rencontrer la plus belle créature au monde. J'avais envahi son espace intime uniquement pour attirer davantage son attention et que son regard ne soit que sur moi et rien qu'à moi. Une fois ce contact réalisé, j'empruntais une mine confuse et reculais immédiatement, créant un espace suffisant pour qu'il puisse respirer à nouveau et qu'il sente la différence.

Ce n'est que de l'eau ça devrait sécher, mais ça n'excuse pas ma maladresse. Je me connais plus habile d'habitude...

Et maintenant seulement, je lui souriais. Un sourire éclatant dévoilant mes dents comme je savais si bien les faire et les utiliser à mon avantage. J'essuyais ma main humide sur ma veste, spontanément, avant de la lui tendre, espérant qu'il la prenne dans la sienne.

Kenneth Zaran, et vous êtes ?

Et maintenant je jouais les naïfs et les ignorants, curieux néanmoins de découvrir son identité. J'aurais aimé mentir sur la mienne, mais en créer une serait me tirer une balle dans le pied. Je ne doutais pas que cet homme était prudent et que je ne pouvais pas lui mentir. S'il cherchait des informations sur moi, il fallait qu'il en trouve sinon j'allais ruiner toutes mes chances. Peut-être aurais-je assez de temps pour lui caresser la main dans le processus, lui laisser penser qu'il me plaisait, s'il n'était pas trop pressé de s'échapper à moi bien évidemment. J'avais abattu mes cartes, je ne pouvais pas espérer plus désormais. S'il me renvoyait balader, j'aurais définitivement perdu la partie car j'étais bien conscient qu'il ne me laisserait plus l'approcher. Je pouvais au moins, peut-être, compter sur sa politesse et sur le lieu dans lequel nous nous trouvions pour ne pas être trop rude avec moi et me laisser ma chance.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Jeu 8 Déc - 3:47

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L'hiver approchait. Et avec toutes les célébrations typiquement américaines qui allaient avec. Des célébrations que Noah peinait toujours autant à comprendre, surtout après l'Apocalypse. Halloween, Thanksgiving, ces concepts avaient beau lui passer par dessus la tête, et même s'il trouvait un certain charme à la première, il avait du mal à approuver ces fêtes. Les Jeux, les drames, étaient bien suffisants à gérer pour s'occuper de façon aussi désuète, non ? Clairement pas. Et encore moins en considérant que cette période de l'année était aussi propice à d'innombrables galas de bienfaisance. L'Adventist Hospital avait beau l'avoir rôdé de ce côté-là, en organisant à tous vas pour arracher les quelques deniers de personnes encore suffisamment aisées pour daigner les donner, il n'était pas de ceux qui appréciaient réellement et le geste, et les faveurs. Certes, se pavaner était bon pour l'égo mais... Ces soirées le barbaient si prodigieusement qu'il avait dû se faire violence pour quitter son fauteuil, au coin de la cheminée. Liam, son colocataire occasionnel, avait suivi ses pas avec bienveillance. Avait choisi son costume, avait noué le nœud de sa cravate alors que Noah pestait, clamant haut et fort qu'il n'avait aucune intention de quitter le confort de son appartement. "Allez, c'est l'occasion de passer une bonne soirée, pour une fois !" Il marquait un point. Leurs soirées dernièrement avaient été occupées par l'apprentissage du ministre dans les arts de la sorcellerie. Une nouvelle activité que Noah avait embrassée à bras ouverts, qui lui permettait de s'oublier au passage.
Bien sûr que Liam avait raison. Pour les questions humaines qu'ils abhorraient autant l'un que l'autre, Liam avait toujours été plus louvoyant que lui-même. Ce dernier avait glissé un mouchoir coloré dans la poche de sa veste, et l'avait tapoté, un sourire de sphinx sur le visage "Et si jamais c'est trop insupportable, hurle, et j'accours." Noah s'était déridé. La présence du Ministre, quasi constante, avait été un véritable souffle d'air dans sa vie si poussiéreuse depuis le départ d'Enya.

La salle était lumineuse, bruyante, emplie d'une vie paradoxale quand on voyait le reste du monde à l'extérieur. Pourtant Noah s'y sentait à sa place. En tant que représentant du service psychiatrie, il était tenu d'être là, et pourtant sa présence était soumise à conditions. Qu'il avait imposées lui-même. Ses collègues ne lui en avaient pas tenu rigueur, pas plus qu'ils ne l'avaient houspillé lorsqu'il avait demandé deux semaines de congés suite à sa rupture avec l'interne Rivers. Le monde de la santé était minuscule, l'affaire s'était répandue comme une traînée de poudre, et tout le personnel soignant avait été mis au courant en moins d'une journée. D'autant qu'ils l'avaient vu. Ils avaient compris. Une compréhension bien particulière qui le rendait perplexe sous bien des aspects. Mais il n'allait pas s'en priver. De ses 3 ans d'exercice, il n'avait que rarement pris de congés, de sorte à rester aussi respectable qu'irréprochable. Un sacrifice qui portait ses fruits, d'une certaine manière. Si on évitait de considérer toute l'ampleur émotionnelle de laquelle découlait une telle décision.
Le directeur de l'Adventist, un homme au cheveu aussi rare que son intelligence, n'attendait apparemment que lui. Avec son charme et son bagout, Noah était un de ses meilleurs collecteurs de fonds, et l'idiot le savait très bien. Lorsqu'il l'aperçut à l'entrée, il brassa la marée de mondains pour le rejoindre, et posa une main amicale, bien trop intrusive, sur son épaule.

-Meadow, vous tombez bien, il y a des personnes qui souhaiteraient échanger avec vous.
-A quel propos ?
-Je n'ai pas exactement saisi la raison, mais je suis persuadé que vous ferez des émules !


Forçant son masque de politesse, Noah lui adressa un sourire ravi. Quel sombre idiot que cet homme. Comme d'habitude, il trouvait un énième prétexte pour le mettre entre les pattes de sombres inconnus, juste parce qu'il ne comprenait pas un traître mot de ce qu'ils pouvaient bien lui raconter. S'emparant d'un verre d'un cocktail sans alcool coloré dont il n'avait aucune idée du parfum au passage, le psychiatre accompagna son imbécile attitré jusqu'aux convives. S'il n'était pas forcé de respecter une distance charitable entre sa propre opinion de l'homme et lui-même, dans le but de préserver son poste, il aurait déjà versé le contenu du verre sur son crâne dégarni et rendu son tablier. Mais son poste était trop important. Trop intéressant pour cracher dessus. Et c'était grâce à la naïveté de cet homme qu'il était arrivé où il en était à présent. Se laissant emporter, il balaya la pièce d'un regard circulaire, cherchant une petite silhouette frêle dans la foule. Cela faisait plus d'un mois, et il continuait de guetter, pour voir si elle ne reviendrait pas d'une certaine manière dans sa vie. Mais Enya n'était nulle part. Comme à chaque fois qu'il se perdait à espérer, vainement, de la retrouver.

La conversation n'était pas si désagréable, en fin de compte. Certes, le cocktail manquait cruellement d'un peu d'alcool, mais dans l'ensemble la soirée s'annonçait plutôt sympathique. Au point que le psychiatre se laissait doucement griser, hélant un serveur pour déposer son verre vide sur son plateau et lui demander d'en ramener un autre. Son éminent directeur ayant mis les voiles était un plus non négligeable. Et le couple de futurs investisseurs, leur richesse débordant par chacun de leurs pores, étaient nettement plus fins d'esprit que lui.
Oui, tout se passait plutôt bien, dans l'ensemble. Jusqu'à ce que quelqu'un vienne le heurter, déstabilisant tout son équilibre. Ses jambes se dérobèrent sous l'impact et Noah se sentit tomber en avant. Avant, justement, d'être rattrapé par un bras solide en travers de son torse. De surprise, il poussa un léger juron étouffé. Avant de sentir comme une sorte de liquide gelé imprégner sa veste toute propre. Qui ? Qui était le cazzo di merda qui avait osé faire ça ?

La réponse ne tarda pas à lui arriver, l'homme qui l'avait bousculé s'épanchant dans un chapelet d'excuses qui ne suffirent pas à apaiser sa colère. Ses gestes, comme pour tenter d'éponger le liquide, étaient saccadés. Perdus. Et il finit par relever les yeux vers le psychiatre, qui lui, le toisait en fulminant intérieurement. Des yeux d'un bleu azuré, écarquillés de stupéfaction. Aveuglé par sa propre ire, le psychiatre repoussa sa main avec humeur et attrapa le mouchoir coloré que Liam avait glissé dans la poche de sa veste. Pressant toujours le tissu pour éponger l'erreur de l'autre, il prit sur lui pour soupirer profondément, recomposant son masque d'amabilité avant de reporter un regard acide, perçant, sur son malheureux tortionnaire. Un tortionnaire agréable à l’œil, s'il en était. Qui reculait comme si Noah allait le mordre, ce qu'il aurait probablement fait s'il n'avait pas été en présence de potentiellement bons payeurs.

Rassuré par l'origine du liquide, le psychiatre épongea encore un peu distraitement la tâche de son mouchoir, vérifiant qu'il ne se teinte pas d'une couleur suspecte. L'odeur était légèrement citronnée, peut-être que le cazzo avait raison. Mais cela n'empêchait pas le déshonoré de jeter un nouveau regard noir sur son joli minois. Joli minois qui s'illumina d'un sourire lumineux, plein de dents, qui soulagea un peu la colère de Noah. Juste un peu. Juste assez pour qu'il lui rende son sourire, comme les convenances l'exigeaient. Et aussi, un peu, parce que ce sourire faisait ressortir tout le ridicule de la situation, en même temps qu'il dévoilait quelques délectables pattes d'oie au creux de ses yeux. Le maladroit personnage esquissa une nouvelle mimique, rompant le charme, lui tendant une main encore humide qui se voulait chaleureuse. Comme si le psychiatre mangeait de ce pain-là. Saisissant son mouchoir par les coins, il le fit claquer dans l'air avec désinvolture avant de le replier pour le remettre à sa place. Puis de reposer un regard clair, droit, dans les yeux trop bleus de son tortionnaire.

-Noah Meadow, chef du service psychiatrie de l'Adventist Hospital.

Malgré cette hostilité à peine avouée dont il faisait preuve, le psychiatre se fendit d'un sourire chaleureux et consentit finalement à lui serrer la main d'une poigne forte, sûre d'elle. Il avait délimité son domaine, sa stature et son territoire, en le laissant mariner. Territoire que très clairement Zaran avait foulé au pied, et si cela ne l'enchantait guère, il n'était pas en position de refuser sa proposition de trêve. Pas alors que la soirée battait son plein, et que les profits accordés à l'hôpital dépendaient, en partie de sa propre affabilité. Relâchant la main de son nouveau comparse, du moins sur le papier, il détourna le regard, à la recherche de ses potentiels investisseurs. Ils avaient pris le large, suite à la bévue de Zaran. Merda.
Autant en prendre son parti. Noah ajusta à nouveau sa veste et, rompant la distance entre eux, passa une main amicale sur l'épaule de Zaran tout en les dirigeant tous les deux vers le buffet. Une sensation électrique picota le bout de ses doigts, à son contact. La même sensation qu'en présence de Rafael. De Mikkel. En clignant des yeux, il apercevait la silhouette d'un canidé. Mais pas un chien, non. L'animal était nettement trop fin pour en être un.
Fin. Comme la carrure qu'il devinait sous sa main. L'homme avait un certain charme. L'homme lui servirait d'argument pour ne pas avoir à se mêler avec le reste de la plèbe.

-Vous savez soigner vos entrées, mon cher Kenneth. Et je dois vous remercier, d'une certaine manière. Sans votre fracassante interruption, j'allais devoir être obligé de passer une soirée à louvoyer entre les uns et les autres en quête de fonds.

Un léger rire franchit ses lèvres alors qu'ils approchaient du buffet, où Noah relâcha son alibi pour attraper un nouveau cocktail coloré. Trop content d'avoir trouvé une utilité au cazzo à belle gueule, son sourire ne quitta pas ses lèvres. Attrapant de lui-même un second verre, il le tendit à son comparse avant de trinquer avec lui, chaleureusement.

-A croire que c'est la Providence qui m'a placé sur votre chemin. A la Providence, donc.

Les verres tintèrent agréablement, et il porta la coupe à ses lèvres, sans quitter Zaran des yeux. Détaillant chacun de ses traits, chacun de ses atours. Scrutant ses attitudes. La manière dont sa pomme d'Adam se déplaçait avec une gorgée. Il ne le connaissait pas. Il serait son jouet à analyser pour cette soirée. Et, au pire, s'il était trop barbant, il aurait toujours d'autres personnes vers lesquelles se diriger, avant de prétexter un mal quelconque pour rejoindre son appartement.
Le breuvage frais manquant toujours autant de mordant, il était toutefois agréable au palais. Claquant légèrement la langue de contentement, les lèvres rougies par la boisson, Noah haussa un sourcil interrogateur en direction de l'inconnu.

-Nous n'avons pas eu le plaisir de faire connaissance plus tôt, Kenneth. Que venez-vous faire parmi nous, sinon bousculer des psychiatres ?

Son ton était amusé, railleur, alors qu'un éclair de malice passait dans ses yeux verts. Liam avait peut-être raison, après tout. Peut-être qu'effectivement il allait passer une bonne soirée.
Et au pire, il pourrait toujours hurler pour voir si le Ministre viendrait le chercher.

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Hello Again
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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Lun 12 Déc - 19:17


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| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

Noah ne m'avait pas seulement dévisagé, mais il m'avait également toisé et méprisé, j'avais pu le voir dans son regard. C'était mal parti et l'espace d'un instant, je crus qu'il refuserait de prendre ma main dans la sienne, voire de m'adresser le moindre mot. Oh non, au temps pour moi, son mouchoir était prioritaire. Et après qu'il l'ait rangé, il acceptait finalement de se présenter. Bien, il voulait me démontrer que, de nous deux, il avait la plus grosse et la poigne de sa main me le confirma. Il était sûr de lui, c'était un homme de pouvoir et je souriais davantage à ce constat. Spontanément, je répondis à la fermeté de sa main avec la mienne avant de laisser mon pouce la caresser vaguement. Un message contradictoire qu'il m'amusait de transmettre. Si j'avais réussi à capter suffisamment son attention, Noah ne constatait que maintenant que ses compagnons avaient pris le large. Peut-être avaient-ils senti une certaine animosité dans l'air ? Parce que derrière les allures semi-chaleureuses du psychiatre, l'ambiance n'était plus propice à une certaine légèreté. Ne tienne qu'à lui de se détendre à nouveau et de sincèrement pardonner ma... maladresse. Je ne l'avais pas quitté des yeux. Il n'y avait plus que nous deux désormais. Je l'observais retrouver sa contenance et lorsqu'il franchit la distance entre nous pour m'attraper par l'épaule, je restais concentré pour ne pas me crisper à son contact. La vérité était que je détestais qu'on me touche. J'avais la sensation qu'on cherchait à briser ma carapace sans mon autorisation. Mais ici, dans ce cas précis, c'était plutôt bon signe. Finalement, mon approche n'aura pas été si mauvaise. Je laissais Noah m'entraîner vers le buffet. C'était un homme de contrôle ; il me dirigeait là où il avait envie de me diriger, avec tact. Et si le renard était peu enclin à se faire apprivoiser, il s'y pliait néanmoins au vu des circonstances. J'écoutais attentivement chacun de ses mots avant de sourire alors que je me débarrassais de mon verre pratiquement vide et de ma nappe trempée. Il avait cherché à s'échapper, à fuir ses responsabilités et j'étais arrivé au bon moment. Un petit coup de pouce du destin peut-être. On y était. Noah commençait à se laisser tenter par ma compagnie ; mieux valait qu'il n'ait pas à le regretter maintenant. Tout en saisissant le verre qu'il me tendait, je penchais mon visage dans sa direction, un sourire malicieux aux lèvres, pour lui murmurer :

Je l'ai fait exprès...

Un clin d'oeil complice plus tard, je me redressais. Mieux valait garder une certaine sincérité, ça me serait toujours utile. S'il percevait un quelconque signe de manipulation de ma part, la partie serait terminée. Nous trinquions alors à la Providence et je bus une gorgée de jus de fruits. Je le laissais m'observer, sentant son regard sur moi, et j'en profitais pour détourner le mien, volontairement, sondant la salle pour occuper mes yeux, mais sans rien regarder de précis. Bien, la première étape était passée avec un succès douteux, maintenant il fallait faire la conversation et maintenir un certain intérêt. Ce fut Noah qui fit ce premier pas ; encore mieux. Je souriais à nouveau, cherchant une fiole dans la poche intérieure de ma veste. Après quelques regards pour constater que personne ne nous accordait réellement d'importance, je me rapprochais de Noah pour nous sécuriser. Habilement, j'ouvris la fiole avec la même main qui tenait mon verre et fis couler une petite quantité de rhum dans le jus de fruits du psychiatre, puis dans le mien. Je n'avais jamais été maladroit avec mes mains, je l'étais plutôt avec mes sentiments et mes émotions.

Profiter du buffet gratuit, dis-je avec un grand sourire sur mon visage en rebouchant la fiole avant de rapidement la ranger dans ma veste, comme si de rien n'était.

Je croisais à nouveau le regard du psychiatre sans me dépareiller de mon sourire puis repris une distance raisonnable. Je trinquais une nouvelle fois, frappant délicatement mon verre contre le sien sans le quitter des yeux.

A la Providence, la vraie, cette fois.

Si je me permettais de lui montrer mes déviances, c'était parce que je le savais déviant lui-même. Je le voulais à l'aise, intrigué, intéressé, mais aussi naturel. Je savais pertinemment qu'il se sentirait plus confortable avec quelqu'un qui pourrait lui ressembler ; et malheureusement, nous nous ressemblions. Je bus une gorgée du jus de fruits qui avait maintenant bien meilleur goût et grimaçais à peine lorsque je sentis le liquide corsé couler dans ma gorge et me brûler l'oesophage à son passage.

Ce qui est sûr, c'est que je ne vous donnerais pas le moindre centime. Mais, si je peux me permettre, vous n'avez pas l'air très intéressé par votre propre quête, Monsieur Meadow.

Je lui souriais davantage. Au delà du fait qu'il me l'avait avoué de lui-même un peu plus tôt, il s'ennuyait à mourir, le renard pouvait le sentir. Est-ce qu'il en avait au moins quelque chose à faire de l’hôpital ou alors le soutenait-il par obligation, en tant que chef du service de psychiatrie ? Tout poste à pouvoir ou à contrôle venait avec son lot d'inconvénients, c'était le prix à payer malheureusement pour être quelqu'un d'important.

Que puis-je faire maintenant pour vous libérer de votre contrainte ? Demandais-je malicieusement, laissant échapper un soupir de rire, avant de boire une nouvelle gorgée de jus de fruits.

Me mettre à sa disposition lui donnerait peut-être des idées. Si c'était réellement un homme de contrôle, je n'allais pas le lui en priver ; pas pour le moment en tout cas. Je ne savais pas à quoi il pouvait penser et je ne préférais même pas imaginer. Mais j'allais me laisser surprendre en gardant à l'esprit que cet homme avait piétiné le cœur d'Enya mais qu'en plus il avait probablement supprimé des vies. Je m'en méfiais comme de la peste mais, malheureusement pour moi, la réciproque devait être vraie. J'étais peut-être un peu hypocrite sur ce coup là, mais peu importait, je le faisais pour Enya. Et si amener Noah à s'ouvrir à moi allait être un travail difficile et de longue haleine, j'étais prêt à relever le défi. Il me fallait jouer le jeu, jusqu'au bout, j'en étais capable. J'étais bon acteur. Il me suffirait de garder le cap et de ne pas perdre de vue mon objectif. Pourtant, une partie de moi était curieuse. Dévorante curiosité malsaine et maladive. Quel genre d'homme était réellement Noah Meadow ? Même si j'avais bien ma petite idée sur la question, je ne demandais qu'à le découvrir.



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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Mer 14 Déc - 16:17

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L'aveu malicieux de son nouveau compagnon lui avait laissé un goût amer sur le palais, tout juste adouci par la perspective d'une soirée agréable en charmante compagnie. Il l'avait fait exprès. Entre ça et la caresse traînante qu'il avait imprimée sur la main du psychiatre, Zaran était tout de même plutôt suspect, comme homme. Dans une société où l'homosexualité pouvait être portée aux nues aussi facilement, prohibée légalement, il osait tout ce qui n'était pas légal. Et si Noah appréciait les hommes qui avaient du cran, il éprouvait tout de même une once de suspicion envers l'homme aux yeux trop bleus. A croire qu'il en faisait autant pour attirer son attention, pour ne l'avoir rien qu'à lui. Il l'avait fait exprès. Les paroles tournèrent un instant dans l'esprit du sorcier, sans qu'il n'arrive à comprendre voire même saisir le pourquoi. Quel serait l'intérêt d'un homme comme lui dans le chef du service psychiatrie ? Il voulait une séance à l'oeil ?
Quoi que ce soit que Zaran puisse rechercher, Noah n'était pas certain d'être l'homme le plus indiqué pour le lui apporter. Pas alors qu'il était tenu de faire bonne figure auprès de tous les investisseurs potentiels, quand bien même ils ne l'intéressaient guère.

Suivant attentivement les mouvements de ses mains, Noah remarqua qu'il était nettement plus habile qu'il ne l'avait laissé entendre à leur premier contact. Bien plus adroitement, il avait versé un liquide ambré qui sentait fortement comme du rhum dans son verre de jus de fruit. S'il avait un intérêt, et si le sorcier se demandait toujours lequel, il noyait le poisson, dans tous les sens du terme. Un sourire amusé creusa les lèvres ourlées du psychiatre alors qu'il avouait la raison de sa présence. Un squatteur de buffets à volonté ? Etrangement, Noah ne fut pas particulièrement surpris par cette révélation.

-Une raison légitime, en effet. Vous êtes malin comme un renard, Kenneth.

Trinquant gracieusement avec lui, le psychiatre porta le verre à ses lèvres sans le boire, son regard rivé sur son partenaire d'ennui. C'était ça, cette créature, ce canidé sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doigt. Le brun lui faisait penser à un renard, dans ce sourire, dans ce regard pétillant, dans cette attitude nonchalante mais à la fois terriblement intéressée. Et s'il n'était pas certain de ses propres déductions, il était possible que sa réflexion, même si prononcée l'air de rien, fasse mouche. Il attendit qu'il ait bu pour se lancer à son tour, une fois persuadé que l'ajout ne soit pas du poison. Ses expériences avec les métamorphes n'avaient jamais été particulièrement positives, et encore moins ces derniers temps. Sa méfiance passant pour une élégance supplémentaire, parfaitement conscient de donner l'impression d'être un homme maniéré, Noah laissa le breuvage réchauffer son œsophage avant de claquer la langue de contentement. Zaran avait raison de ce côté-là. La boisson était nettement meilleure avec cet ajout inopiné. Laissant glisser son regard sur le reste de l'assemblée, il finit par le reporter sur son compagnon, lui adressant un léger sourire chaleureux.

-Vous avez raison, je ne suis pas entièrement concentré sur ma propre quête, au grand désarroi de mon employeur. Disons que d'autres pensées occupent mon esprit que la soirée en elle-même.

Ses yeux verts s'abaissèrent sur le verre qu'il tenait dans ses doigts, alors qu'il le faisait tourner doucement, achevant de mélanger le rhum avec le jus de fruits. Ses pensées étaient par trop occupées par cette quête abstraite, désuète, qu'il avait d'Enya Rivers. Elle le hantait, dans des moments comme celui-ci. Non seulement parce qu'il avait passé la dernière soirée du genre avec la demoiselle à ses côtés. Mais aussi parce qu'il redoutait le moment où il serait tenu de passer quelques heures enfermé dans la même pièce qu'elle.
Mais de cela, Zaran ne s'en doutait probablement pas. Pire, ça ne l'intéresserait voire ne le regarderait guère. L'homme, de son propre aveu, n'était ici que pour jouer les pique-assiettes, sans dépenser le moindre denier. L'homme n'avait donc aucun intérêt dans tout le gratin bien habillé qui évoluait actuellement dans la réception. Restait à définir pourquoi il avait mis le grappin sur Noah. Une question qui restait indéfiniment en suspens, pas suffisamment pour être obsédante, mais suffisamment pour se manifester aux moments les plus inopportuns.
D'autant plus alors que, louvoyant à nouveau, cette même pépite de malice luisant au fond de ses prunelles, il se proposait de lui offrir ses services. Noah haussa un sourcil dans sa direction, amusé. Décidément, cet homme risquait d'avoir des problèmes, avec une attitude pareille. Et s'il avait la sensation qu'il n'était probablement pas le seul homme à qui il fasse la roue comme cela, il avait de la chance d'être tombé sur le psychiatre. S'il était prouvé qu'il ait des inclinations particulières pour le même sexe, au moins il avait trouvé un allié dans cette soirée par trop politiquement correcte.

-Vous en faites déjà bien plus que vous ne le pensez, Kenneth. Mais si vous y tenez tant que ça, vous pouvez commencer par m'expliquer comment vous avez réussi à vous glisser en ces lieux ? Il me semblait que des invitations étaient distribuées aux convives, justement pour éviter que trop de personnes se ruent sur le buffet sans débourser le moindre centime.

Il aurait été plus que surpris que la soirée n'ait pas été organisée comme elle pouvait l'être d'habitude. Le Directeur de l'Adventist était très à cheval sur la sélection de ses convives, justement pour éviter d'avoir à trop dépenser. Le système de l'offre et de la demande, au moindre coût. Et si Noah n'avait aucune considération pour cet homme, même lui était capable de reconnaître qu'il était un excellent gestionnaire de ce côté-là. D'autant qu'il se dégageait de Kenneth quelque chose d'inattendu. Si ses vêtements étaient aussi propres et repassés que ceux des autres, il leur manquait l'éclat d'un costume taillé sur mesure et payé avec l'équivalent du PIB du Botswana. Pour l'oeil averti, il était évident que Kenneth n'appartenait pas à ce monde. Du moins pour un homme comme Noah, qui passait ses journées à observer et analyser le commun des mortels pour déceler leurs failles et les exploiter.
Ce n'était toutefois pas de la méfiance. Juste une question parmi tant d'autres, l'occasion de faire la discussion avec un homme clairement malin. Et qui disait malin disait rafraîchissant. Prenant une nouvelle gorgée de sa boisson, le psychiatre laissa son regard divaguer d'un visage à l'autre de l'assemblée en écoutant distraitement la réponse de son compagnon. Le Directeur de l'Adventist était en pleine discussion avec une bonne-femme au cou de laquelle dévalait une rivière de diamants. Une conversation difficile, qui le poussa à chercher son psychiatre en chef du regard. Psychiatre en chef qui leva son verre dans sa direction avec un sourire aimable, avant de reporter sa pleine attention sur Zaran. Qu'il galère, ce cher patron, qu'il galère. Et qu'il lui foute la paix par la même occasion. Pour bien marquer son désintérêt complet au Directeur, le psychiatre se pencha même vers son interlocuteur, lui adressant une œillade complice.

-Pardonnez mon indiscrétion, qui n'est que le fruit d'une déformation professionnelle, mais quel intérêt avez-vous avec moi, Kenneth ? Votre comportement cavalier est rafraîchissant, mais j'ai comme la sensation que vous ne m'avez pas accosté seulement pour que je vous serve d'alibi pour boire un jus de fruits et piller le buffet.

Si l'idée d'être encore capable de plaire à qui que ce soit était agréable, surtout en ces temps de noirceur affective, il n'en restait pas moins dubitatif. Kenneth était un homme mature. Il avait clairement roulé sa bosse, et semblait être suffisamment sûr de lui pour ne pas se laisser prendre bêtement pour avoir flirté avec un homme tout sauf réceptif. Et si Noah appréciait grandement être le sujet de ses charmes, il n'en était pas moins surpris de le voir faire avec autant de force et de spontanéité. A croire qu'il n'avait vraiment pas peur de se faire attraper.
Profitant d'un instant de latence, il sirota une nouvelle gorgée de sa boisson en fermant les yeux, laissant le soin à l'alcool d'apaiser lentement ses sens. Ses paupières se rouvrirent sur un regard bien plus droit, bien plus net, qu'il darda directement dans les iris clairs de son interlocuteur.

-Vous devriez vous méfier. Il y a en ces lieux quantité de bien pensants qui seraient prêts à vous mettre au pilori pour moins que tout ce que vous avez déjà fait vis à vis de moi. Les Jeux ayant repris, la prudence est de mise. Considérez cela comme le conseil de votre nouveau psychiatre attitré.

Méfiance. S'il n'avait pas entièrement confiance dans l'homme qui lui faisait face, il en éprouvait suffisamment pour se permettre ce type de conseil. Le masque de sincérité, de sérieux, s'évanouit progressivement dans un sourire chaleureux alors qu'il achevait son verre, pour mieux pouvoir le poser sur le buffet derrière lui.

-Sur une note plus joyeuse, je ne crois pas que vous m'ayez parlé de votre profession, mon cher. Quelle est-elle ?

Il avait fait son boulot d'allié. Son boulot de conseiller, autant que son boulot de pair. Si Kenneth était effectivement homosexuel, ce que clairement il avait senti émaner de Noah, il devait faire attention tant à son attitude qu'à ses propos. Détourner la conversation maintenant que l'information était passée devenait essentiel, tant pour détendre l'atmosphère que pour ramener à nouveau l'intérêt sur l'impromptu. D'un mouvement gracieux, il tendit le bras et attrapa un nouveau verre de jus de fruits. Le rhum qu'avait glissé Kenneth dans le précédent verre manquait affreusement à ce nouveau cocktail. Mais il n'allait pas traire indéfiniment cette fiole providentielle que son compagnon cachait dans sa veste.

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Ven 23 Déc - 12:54


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| | KENOAH | |
Use seduction as a weapon.

Noah se laissait tenter, un sourire sur son visage lorsque j'avais osé verser du rhum dans son verre. Bien, tout se déroulait au mieux, pour le moment. J'étais convaincant et Noah n'avait définitivement rien de mieux à faire que de m'accorder du temps. Si j'avais gardé mon sourire jusqu'à maintenant, il dût vaguement s'éteindre lorsque Noah me dit que j'étais aussi malin qu'un renard. Je n'oubliais pas que cet homme était un sorcier, un très vieux sorcier, qui savait parfaitement ce qu'il faisait et à qui je ne pouvais pas cacher ma vraie nature. Alors il avait lu en moi ? Comme ça, aussi vite et aussi facilement ? Les oreilles rousses de mon compagnon se secouèrent à peine, prudent, m'encourageant à me méfier à mon tour. Est-ce que cela allait jouer en ma défaveur ? Les renards n'étaient pas connus pour être des animaux spécialement sincères ou droits. Et leur ruse pouvait souvent être comparée à de la sournoiserie. Ce n'était pas faux. J'étais là après tout, cherchant à arnaquer l'homme face à moi, et plutôt deux fois qu'une. Je ne faisais jamais rien sans raison et si Noah ne me connaissait pas, le renard en moi me trahissait sans aucun doute. Je buvais le contenu de mon verre avec cette sensation désagréable d'avoir été mis à nu. Pourtant, je n'allais pas me laisser démonter. Et lorsque j'abaissais mon verre, mon comportement ne laissait plus rien paraître. Je repris là où nous en étions, ignorant sa remarque bien trop juste pour être innocente. L'approbation de Noah m'encouragea à échapper un bref rire. Notre échange avait repris et j'écoutais attentivement chacun de ses mots. Je ne l'avais pas quitté des yeux, ne voulant pas manquer la moindre de ses expressions. D'autres pensées ? L'un de mes sourcils se redressa spontanément. Et quelles pensées pouvaient bien hanter le psychiatre ? J'avais proposé mes services, en espérant qu'il ne me propose pas quelque chose de sexuel, même si je l'avais volontairement dit sur un ton qui pouvait être interprété d'un tas de manières différentes. Cela ne sembla pas le perturber le moins du monde. Noah avait-il l'habitude d'être courtisé ou abordé ? Peut-être. En fait, cela ne m'aurait pas surpris. Je me souvenais : son charme. Mon sourire s'agrandit à sa réponse. Quoi, il voulait connaître mes secrets ? Je bus une nouvelle gorgée de jus de fruits avant de répondre :

Disons que j'ai de bons contacts, mais je ne dévoilerai pas tous mes secrets ce soir... Sauf si vous me dévoilez les vôtres.

Je m'étais contenté d'être évasif. Devais-je lui expliquer que j'aimais tenir les gens en laisse ? C'était mon truc. Cela me permettait d'obtenir des faveurs auxquelles je ne pourrais jamais avoir accès autrement. Ce soir n'était pas une exception. Je sentais les yeux de Noah me détailler. Il me passait au crible ? L'intriguais-je autant ou était-ce juste dans ses habitudes ? Il semblait méfiant et tout son opposé à la fois. Difficile à cerner. J'avais vaguement perdu son regard l'espace d'un instant, mais lorsque je le récupérais, il se pencha davantage vers moi et je ne bougeais pas d'un millimètre. Un nouveau sourire sur mon visage. Déformation professionnelle, ça pour sûr, et beaucoup d'intelligence aussi. Je ne m'étais pas attaqué à une proie facile, j'en avais parfaitement conscience. Avais-je au moins préparé une excuse pour l'avoir abordé lui ? Nullement ! Improvisation jusqu'au bout, je souriais encore, et la première chose qui me venait à l'esprit serait mon échappatoire.

C'était hasardeux et risqué, mais j'ai le nez fin. Un long shot comme on dit.

S'il savait que j'étais un renard, il pourrait probablement croire à cet argument. Ma main imita la sienne et je bus une gorgée de boisson à l'instar de mon nouveau compagnon. Ses yeux se reposèrent sur moi et je me contentais de le fixer. Tiens, il s'inquiétait pour ma sécurité ? Un fin sourire en coin se dessina sur mon visage, presque attendri. Qu'est-ce qu'il me faisait là ? Allait-il me faire croire qu'il était un homme bien et qu'il voulait me protéger de mes imprudences ? Ce serait bien la meilleure ; pourtant j'y aurais presque cru tellement ce fut spontané.

Nouveau psychiatre attitré ? Répétais-je amusé, redressant un sourcil dans le processus. Je suis parfaitement équilibré, merci beaucoup.

Enfin, à peu près. Disons que mes calibrages étaient légèrement différents de la normalité, renard ajouté. Noah terminait son verre et je ne l'avais pas quitté des yeux. S'il se permettait de me donner un tel conseil, c'était soit parce qu'il allait lui-même me dénoncer, et dans ce cas là je me défendrai ; soit il commençait déjà à s'attacher à ma personne, ce qui serait surprenant et avantageux pour moi. Et voilà que nous dérivions sur ma profession. Il était inutile de lui cacher la vérité, en un clic il connaîtrait mon background. Néanmoins, je pouvais toujours jouer un peu pour détourner son attention et retarder l'échéance. Je me penchais un peu plus en direction de Noah et lui murmurais d'une voix charmeuse, mes yeux fixés sur les siens :

Pour que je réponde à des questions un peu plus personnelles, il va falloir m'offrir un verre, ailleurs.

Je grimaçais à peine dans un sourire complice, avant de me redresser et de reprendre une distance convenable. Long shot hein ? Autant continuer sur cette voie. J'espérais ne pas le faire fuir ou faire déborder un vase déjà bien plein, mais mieux valait que je sois entreprenant pour rester cohérent avec tout ce que j'avais fait pour l'aborder jusqu'à maintenant. De plus, cela me donnait une ligne de conduite à suivre. Il me suffisait de rester concentré sur ce trait de caractère pour ne pas relâcher la pression ou me trahir.

Vous pouvez partir ou nous sommes bloqués là jusqu'à ce que tous ces péteux décident qu'il soit l'heure de gentiment aller se coucher ?

J'attrapais un petit four près des boissons et l’enfournais dans ma bouche sans réfléchir. Une fois l'amuse-gueule réduit en poussière, j'hésitais avant d'ajouter avec mon meilleur jeu d'acteur :

Je n'ai plus très faim. De nourriture en tout cas.

J'allais le regretter. Pour sûr. Est-ce que Lucrezia me tuerait pour ça ? Je montrais la sortie d'un signe de tête, comme si je m'apprêtais à exposer un plan.

Vous pourrez toujours dire que je vous ai kidnappé ou que votre nouveau patient avait besoin d'une consultation de toute urgence...

Allait-il se laisser tenter et faire passer une envie avant son travail ? Vu la motivation qu'il ressentait pour sa quête, je pouvais espérer un oui. Mais prudence, rien n'était encore gagné. Loin de là. J'attendis patiemment le verdict, totalement dans le flou, sans la moindre idée de quelle réponse allait me servir le psychiatre.




Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Use seduction as a weapon. | | Kenoah   Mer 18 Jan - 3:22


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Il avait lancé l'allusion au renard comme une bouteille à la mer. Dans cet océan de convives, dans cette marée d'insouciance grasse que seule la bourgeoisie survivante pouvait connaître. Comme un jeu, celui auquel il s'amusait à chaque fois qu'il croisait un métamorphe. Si ses pouvoirs lui permettaient de distinguer l'allure générale de l'animal qui les habitait, il ne pouvait pas le définir précisément jusqu'à la couleur de sa robe. D'où le jeu. Noah, le sorcier, était un pécheur. Mordra ? Mordra pas ? La ligne lancée, il avait attendu la réaction de Kenneth. Et ce dernier avait pris l'appât, son sourire plein de dents, trop clair pour être honnête ayant perdu un soupçon de cet éclat qu'il se plaisait tant à lui offrir.
Un renard donc ? Le fait qu'il ait amené de l'alcool à un gala de bienfaisance n'était donc pas si anodin. Pas seulement parce que l'animal était rusé. L'homme l'était aussi, manifestement. Liam le lui avait dit, que cette soirée serait l'occasion de s'amuser. Et il avait raison. Les jeux commençaient tout juste.

Long shot. Il ignorait la signification de ce terme, et se contenta d'un haussement de sourcil dans la direction de Zaran. Si le terme ne lui était pas familier, il avait une idée générale de son sens. Du moins il l'espérait. Zaran était un joueur, lui aussi, une autre des qualités qu'avaient les renards. Zaran l'avait flairé parmi la foule et, si l'avertissement de Noah était clairement tombé dans une oreille pleine, il n'avait pas l'intention pour autant de le relâcher. Ce qui tombait plutôt pas mal. Il occupait son espace visuel autant que ses pensées, et, de fait, l'empêchait de laisser son regard vagabonder parmi les convives à la recherche d'Enya Rivers. L'air circonspect, il le laissa se pencher dans sa direction, fermant les yeux par réflexe. Un réflexe malheureux, un signe de sa propre inclination plus que la manifestation d'une peur ou autre. Le parfum de Zaran était entêtant, musqué. Et sa voix suave lui donnait envie d'arracher cette maudite flasque pleine d'alcool pour épicer son nouveau cocktail bien trop fade.
Un sourire amusé s'étira sur ses lèvres alors qu'il rouvrait les yeux, les plongeant dans les iris clair de son interlocuteur. Il voulait l'arracher à ses obligations pour qu'ils boivent un verre ailleurs ? Les renards étaient-ils donc dotés d'une ouïe assez fine pour entendre jusqu'aux pensées des gens ? Charmé par la perspective, Noah posa distraitement son verre entamé sur la table du buffet, se rapprochant subrepticement du brun. Il voulait le tester, lui aussi. Voir jusqu'où le masque d'ingénuité irait avant de se fêler. Sa voix roula sur son palais, légèrement plus grave, plus basse pour que lui seul puisse l'entendre :

-Avec ou sans alcool, seulement ?

Il lui adressa une oeillade entendue, assortie d'un léger sourire. Cet homme l'amusait. Cet homme allait le faire sortir de cet enfer d'apparats qui commençait à lui taper sur le système. La question de Kenneth toutefois lui rappela où il était réellement. Quelle était réellement sa place en ses lieux. Ses obligations. Sa recherche.
Malgré lui, l'espoir de revoir Enya s'était réveillé, et son vieux coeur avec alors qu'il embrassait une dernière fois la salle du regard. Cette petite brune, avec sa robe noire, n'était-ce pas... ? Non. Non, ce n'était pas elle. Ses yeux vagabondèrent distraitement d'une femme à l'autre, se heurtant aux bijoux étincelants, aux coiffures compliquées. Mais Enya n'était nulle part. Aida n'était nulle part. Une sensation de manque qui faisait perdre pied, celle de n'avoir pas eu sa dose depuis bien trop longtemps pour pouvoir fonctionner correctement. Hagard, il répondit distraitement, la cherchant toujours avec l'énergie du désespoir. Tout en sachant qu'elle ne serait pas là.
Qu'elle ne serait plus là.

-... J'étais venu dans l'espoir de retrouver quelqu'un. Mais je suppose qu'elle ne viendra plus, maintenant. Plus rien ne me retient ici.

Il lâcha un soupir désabusé en remuant légèrement la tête, chassant son image autant que les pensées vagabondent qui traînaient sous ses boucles brunes. Enya ne viendrait pas, parce qu'elle savait très bien qu'il y serait. La soirée avait commencé depuis bien trop longtemps pour qu'elle se libère et vienne, si elle l'avait désiré, de toutes façons. Il était trop tard. Pour ce soir, comme pour le reste.
Spontanément, il posa une main sur le torse de Zaran et le tapota, recentrant son énergie sur leur discussion. La jeune femme était encore une blessure trop récente, et qui ne l'intéresserait sûrement pas. Et il avait envie, non, besoin de se changer les idées. Parce que s'il restait plus longtemps dans cette maudite salle de réception, il allait finir par étriper quelqu'un.
Souriant un peu à ses remarques, le psychiatre les éluda d'un mouvement de main en relâchant son contact sur le brun. Amusant. S'amuser. Sa réflexion quant à la nourriture avait beau être de fort mauvais goût, Noah devait reconnaître ne plus avoir non plus envie ni de jus de fruit, ni de petits fours. Une bouffée de malice regonfla son torse alors qu'il se penchait vers lui, répondant du tac au tac :

-Ou alors nous pouvons nous enfuir de cet enfer sans rien avouer à personne, et garder cela comme notre secret. Pour ma part je ne dirai rien, confidentialité professionnelle oblige.

Parce que si la perspective de s'échapper de ce nid de vipères était alléchante, il n'avait absolument aucune envie de s'embarrasser de salutations. Il trouverait bien une excuse, dans la quiétude de son bureau, lorsque le Directeur l'appellerait pour lui demander des explications. Une urgence médicale, un ennui sans bornes, la soudaine nécessité de revenir à son domicile parce qu'il ne se sentait pas bien. Les raisons étaient multiples. La malice creusant toujours un sourire enfantin au creux de ses lèvres, il guida Zaran vers la sortie à pas vifs. Demanda au réceptionniste leurs manteaux et d'annoncer son départ en toute discrétion au Directeur de l'Adventist. Raison : un malaise inopiné. Parce que tout le monde savait que les plus éminents spécialistes étaient sujets à des vapeurs mondaines. Vu que l'homme n'était pas choqué, cette raison avait déjà dû lui être donnée par une bonne dizaine de convives avant lui. Tant mieux.

L'air frais de la nuit caressa son visage alors qu'il sortait, et inspirait une profonde bouffée d'oxygène en fermant les yeux. Quand il les rouvrit, Zaran se tenait à côté de lui. Certes il ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Mais le brun avait été suffisamment clair quant à ses intentions sur le reste de la soirée. Du calme. De l'intimité. La fraîcheur de la nuit n'était pas insupportable, ils s'en accommoderaient sûrement. Du moins suffisamment pour trouver un lieu qui corresponde à leurs nécessités. Un éclat de rire, pourtant, franchit ses lèvres en repensant à la rapidité de leur fuite. Un éclat de rire léger, libérateur, alors qu'il posait de nouveau une main sur l'épaule de son comparse.

-Je ne vous remercierai jamais suffisamment pour m'avoir tiré de cet enfer, Kenneth. Je crains toutefois que vous ne soyez maintenant cantonné à une image d'aide-soignant du pauvre psychiatre souffreteux. Bien que j'aie la sensation que cette perspective ne vous soit pas désagréable. Je me trompe ?

Son ton s'était abaissé sur sa question, tout comme sa main qui avait trouvé place sur son torse. L'alcool que le renard avait versé dans son cocktail commençait à réchauffer ses sens, suffisamment pour qu'il considère ses lèvres une brève seconde, avant de reporter son attention sur ses yeux. Reculant d'un pas, il relâcha le contact avant d'enfoncer ses mains dans ses poches. Le contact était volontaire, le regard un peu moins, mais l'intention restait la même. Mordra ? Mordra pas ? D'autant qu'il ne connaissait pas les intentions réelles de l'homme. Ni même les informations essentielles le concernant.
Et sa curiosité était insatiable, ce soir.

-Vous m'avez dit n'avoir plus faim, mais avez-vous toujours soif ? Car, de mémoire, il me semble qu'il existe un bar non loin d'ici qui sert encore de l'alcool officieusement. Un petit secret sur lequel le Gouvernement ferme les yeux, puisqu'il l'a lui-même approuvé.

Le bar en question n'était qu'à quelques centaines de mètres. Et maintenant que le brouhaha de la soirée, ses visages et l'ombre d'Enya qui planait constamment dessus étaient loin d'eux, Noah était tout disposé à suivre le moindre des désirs de son sauveur. Sauveur vers lequel il était revenu, interrogeant à voix basse en considérant ses lèvres une nouvelle fois.

-A moins que vous n'ayez un autre lieu en tête ?

Il l'aurait bien invité chez lui, mais le risque que Liam soit encore en train d'écumer sa bibliothèque était bien trop grand pour le prendre. Et si la rumeur de la tentative de fratricide n'avait pas quitté les murs de son bureau, il ne voulait pas risquer l'intégrité de son élève. Certes, Liam avait repris ses quartiers depuis peu. Mais il lui arrivait de passer des soirées entières, encore, chez le psychiatre. Et cette soirée-ci était encore trop jeune pour que le Ministre ait quitté son appartement.
Il en revenait donc du choix de Zaran, et de ce qu'il allait vouloir faire. Tout dépendrait de son courage, maintenant qu'ils se retrouvaient en tête à tête.


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