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 Turning Tide. Pv Faith

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MessageSujet: Turning Tide. Pv Faith   Dim 6 Jan - 17:23

A turning tide Lovers at a great divide Why d'you laugh? When I know that you're hurt inside? And why'd you say It's just another day, nothing in my way I don't wanna go, I don't wanna stay So there's nothing left to say? And why'd you lie When you wanna die, when you're hurt inside Don't know what you lie for anyway Now there's nothing left to say A tell-tale sign.

Obscurité déconcertante qu'il essayait de défier. Laissant ses yeux ouverts comme si ses prunelles claires pourraient détecter le moindre mouvement dans cette noirceur sans failles. Il avançait tel un aveugle né, se basant sur son instinct. Un frôlement d'épaules et tout était fini. Il l'avait sentit, ce parfum qui faisait autrefois partie de son quotidien. Douceur exquise éveillant ses moindres sens, provocant cette envie suprême de la serrer une dernière fois dans ses bras. Odeur familière qui lui parcourut tous les pores de sa peau, infligeant une douleur qu'il était condamné à ressentir. Petite main insolente caressant sa joue comme pour lui rappeler le calvaire qu'il avait endurer lorsque la réalité lui était parut si brutale. Une éternité sans les revoir, les années passeraient sans qu'il soit assez puissant pour effacer les erreurs du passé, sans pouvoir revenir en arrière et construire un nouveau futur. Devenir un autre homme, la double face de celui qui avait agit comme un lâche, n'assumant pas ses responsabilités de tendre époux et de père aimant. Il ne pouvait remplacer ce châtiment, il lui était destiné. Inconscient, il les avait menés jusqu'à leur propre perte. Sorcier dont le pouvoir lui avait été inutile. Un simple geste d'un psychopathe colérique avait suffit. Imposant le jugement dernier plus tôt que prévu. Couteau s'enfonçant dans la plaie. Une plaie profonde sans cure. Ils venaient chaque soir, le hanter. Lui raviver la mémoire. Fantômes du passé impitoyables dont les visages déformés donnaient la vraie image de ce qu'ils avaient subi. C'était sa faute, il devait en payer le prix. Depuis ce jour il n'avait cessé de le payer, conscient que même l'immortalité qui pourrait un jour lui être offerte ne serait pas suffisante pour guérir la blessure.

Les perles luisantes de son angoisse glissèrent le long de son front. Mourant sur ses lèvres, lui donnant un goût amer de déjà vu. Sa main droite vint se poser sur le creux de sa joue, chassant les songes de mauvaise augure. Il attrapa son verre sale, un habitué de sa table de nuit, devenant sa demeure depuis quelques semaines. Versant le doux liquide de cet alcool lui brûlant la gorge mais apaisant son malaise. Il n'hésita pas à allumer une cigarette, tirant dessus avec férocité, les cendres se décomposant sur ses draps. Plus rien n'avait d'importance. Les restes de son humanité filant audacieusement entre ses mains, sans qu'il prenne la peine de les retenir. Le néant. Plus rien ne pouvait le combler. Le sommet de ce bonheur pur et sincère s'était effondré. Il menait son existence en se plaçant en haut de la hiérarchie, compensant sa douleur en affligeant à ses pions ce qu'il aurait aimé que cet assassin subisse. Prenant un malin plaisir, vicieux dont les intentions n'étaient pas au fond si mauvaises. Il était le mouton lui-même de la société, s'abandonnant à la volonté d'une vengeance impitoyable. Soumis à ses envies et aux conséquences que celle-ci pouvait entraîner. Inconsciemment, il avait choisit son camp, celui que la plupart des individus haïssaient. Wayne appréciait cela. La haine. Le fait qu'on ne l'aime pas, il en avait besoin pour exister. Il aimait le défi, la provocation, la vengeance voire la maltraitance. Ce n'était que plus jouissif lorsque c'était à son tour de condamner autrui.

Sa vie se résumait à une routine insupportable qu'il continuait de savourer. Les journées se ressemblaient toutes. Il compensait son mal être dans des échanges charnels, vivant des nuits torrides jusqu'au lendemain où une nouvelle partenaire le rejoindrait sous ses couvertures sales et rongées par le chagrin. Les jetant comme des mal propres, fier de cette nuit de plus qu'il avait accomplit. Aucune d'entre elles n'avait cette petite lueur dans les yeux pour le faire briller... à part une seule. Sirène enchanteresse dont les ondulations de sa chevelure brune s'étaient déjà perdus entre ses doigts. Il comblait son manque avec d'autres femmes, celle qu'il voulait ne succombait pas toujours à ses charmes. Deux personnalités qu'il essayait de comprendre. Réticent à l'idée de la croiser à nouveau, se mémorisant la peur qu'il avait pu percevoir dans ses yeux lorsque sa tentative de l'attirer contre lui avait échouée. Il détestait être rejetée par une femme mais étrangement la flamme qui le rendait tremblant en présence de cette créature, ne cessait de brûler, plus vive chaque jour. Il devait conquérir son cœur, ne pouvant se contenter de son corps, il voulait également posséder son âme. Toutes ces pensées le rendait perplexe, faible à ses yeux, il ne voulait plus en prendre compte. Parfois il avait lui aussi l'impression qu'un autre sommeillait en lui.

Wayne se rendit au marché, avant d'être un scélérat, il était un homme comme les autres qui hélas n'avait pas de femme pour faire les courses à sa place. Son activité était rapide, ne laissant que derrière lui l'ombre d'un homme ordinaire à la recherche des pommes les plus rouges ou des bananes les plus mûres. Parfois il lui arrivait de croiser des poupées, les filles des marchands. Un sourire volé et elles se retrouvaient le soir même sous son emprise, criant leur plaisir à qui voulait bien l'entendre. Il se perdait dans leur épiderme, les possédant toutes entières. Mâle dominant comblant ses besoins et dégageant sa chaleur. Elle était là, elle aussi. Se déplaçant avec une élégance qui le pétrifiait, il perdrait presque tous ses moyens. Presque. Il ne savait que faire, jouer le gentleman ou le bourreau. Non, il ne pouvait pas se permettre de se laisser berner aussi facilement par une gonzesse. Mais, il ne pouvait pas s'empêcher non plus de se diriger vers elle.

« Crois-tu avoir la tenue adéquate pour faire des courses ? A moins que ce soit fait exprès pour attirer les regards des plus curieux. »

Ni gentleman, ni bourreau et encore moins dragueur. Wayne ressemblait à un père qui fait la morale à sa fille. A cet instant même, il voulut se tirer une balle.

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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Lun 7 Jan - 20:30


Dans la pénombre, deux amandes à la lueur céruléennes brillèrent derrière le bouillonnement immaculé des draps qu’un langoureux corps à corps venaient d’éparpiller. Un mouvement d’épaule et un glissement de rein plus tard, une frêle silhouette s’extirpait de la couche et ondulait jusqu’à la pièce la plus proche, une pile de vêtements sous le bras. Le chuintement d’une porte que l’on referme doucement, puis le grésillement d’une ampoule qui hésite à délivrer son maladif filet de lumière. Ce corps nu, souple, à l’exquise pâleur d’ivoire tira une moue de satisfaction à Aphrodite. S’approchant encore de la glace de la salle de bains, elle commanda à ce corps, source de son ravissement présent, de lever sa main droite à hauteur de son visage et de suivre la courbe d’un sourcil parfaitement dessiné. L’arc de cercle autrefois horriblement déformé n’admettait aujourd’hui aucune brisure, aucune imperfection, formant un trait d’une impeccable pureté au dessus de l’œil encore mi-clos par la langueur des plaisirs passés. Le souvenir douloureux d’une paupière difforme, descendant bas sur la prunelle opalescente traversa son esprit. Un doigt pensif vint effleurer le contour de la lèvre supérieure. Aphrodite ne regrettait pas l’enveloppe corporelle que la Fortune lui avait assignée. Après avoir patiemment effacé une à une les infâmes séquelles que conservait ce corps, un sursaut de contentement avait secoué la Belle en découvrant les véritables traits de la jeune Ziegler. Unique survivante parmi les multiples traces de mutilations, une cicatrice en forme de demi-lune surmontant ses reins dont la présence servait autant la légendaire coquetterie de la divinité que de rappel quant à l’humanité de son hôte.

Une sorte de tendresse liait Aphrodite à Faith, du moins lui vouait-elle tout l’intérêt dont elle était capable envers un membre de cette fragile espèce. Et ce bien que sa pruderie et son mauvais caractère provoquèrent son agacement au début de la cohabitation. Se glissant souplement dans la cabine de douche, celle que Rome nommait autrefois Vénus maudit les monothéismes occidentaux et leur acharnement à diaboliser les plaisirs dont elle était l’ambassadrice. Si la sexualité imprégnait ce monde dont elle s’habituait à peine, la culture judéo-chrétienne persistait à en donner une image sombre et malsaine qui la débectait. Stupide humanité. Le sexe ne personnifiait ni le Bien ni le Mal mais représentait un merveilleux présent de la vie terrestre, un don sublime rapprochant tous les êtres des plaisirs célestes durant la poignée de secondes d’extase qu’il offrait. Et dire qu’il fallait que ces sots d’êtres humains viennent gâcher ce délectable présent avec leur foutu inconscient…

Ce fut le contact glacé de la vitre qui ramena la jeune femme à elle. Elle cligna les yeux plusieurs fois de suite bien que l’éclairage diffus des lampadaires à l’extérieur de la voiture ne semblait pas en mesure d’éblouir qui que ce soit. Le taxi traversait les rues endormies de la Grosse Pomme à une vitesse impressionnante, son chauffeur faisant visiblement honneur au mythe entourant l’habileté des conducteurs de taxi new-yorkais. Une rangée de dents parfaitement alignée vint se planter rageusement dans sa lèvre inférieure. Cette nuit encore son corps devait s’être mis en pilotage automatique, arpentant les avenues de cette ville sans qu’aucune conscience ne vienne déranger ses ambitions charnelles. Tout cela se remontait à sa transformation physique, évidemment. Au plus profond d’elle-même, Faith avait l’intuition que le retour de sa beauté d’antan ne pouvait être étranger à ces absences. Aucun besoin de se souvenir, son corps encore chaud des baisers d’un inconnu lui soufflait la réponse. Son alter-égo semblait rattraper les années perdues en se jetant à corps perdu dans une nymphomanie qui l’effrayait. Avec un sang-froid qui témoignait seulement du nombre de fois où cette scène c’était déjà produite, elle s’enquit de l’heure auprès du chauffeur puis se cala dans le siège. Elle ne ferait aucune tentative pour rattraper les heures de sommeil perdues. S’en sentait-elle incapable ou craignait-elle seulement de reperdre le contrôle ? L’aube commençait à poindre. Pensivement, elle fit glisser une poignée de billets verts entre ces doigts avant d’indiquer au chauffeur qu’ils changeaient de direction. La brusque envie de se mêler à la foule, de s’y étourdir jusqu’à ne plus entendre ses propres pensées la saisit. Lorsque l’étrange jeune femme s’enquit auprès de lui de l’endroit le plus fréquenté de sa connaissance en une heure si matinale, le conducteur répondit Fulton Market sans l’ombre d’une hésitation. « Eh bien Fulton Market ce sera. » murmura t’elle avant de se replonger dans la contemplation des rues encore désertes. Elle émergea du taxi sa gorge palpitante à découvert, avec pour seul rempart contre la fraicheur matinale un mince imperméable entrouvert sur sa tenue de la veille. Elle voleta ainsi d’étal en étal un sourire gracieux éclairant son visage, absolument inconsciente d’être épiée de loin. La surprise fut totale lorsque la silhouette qui s’était glissée à ses côtés lors de son dernier arrêt l’interpella. Avant même que son esprit ne percute la signification de cette imbrication de mots, Faith reconnut cette tonalité grave, un brin rocailleuse. Mouvement rapide de la tête, accompagné d’un haussement de sourcils face aux paroles déconcertantes, quasi bienveillantes de l’homme. Son regard rencontra le sien brièvement avant de se replonger dans la contemplation des fruits, histoire de retrouver cette contenance qui la quittait à chaque fois que sa présence la brûlait d’une telle proximité.

« Je ne pensais pas avoir de comptes à te rendre sur mes tenues… Papa. » Hésitation sur le dernier mot avant de le susurrer d’une voix suave, chargée en ironie.

Le premier sarcasme lancé lui permit de rassembler le courage nécessaire pour se confronter au feu de ses yeux de nouveau. Une part d’elle s’insurgea contre le machisme à peine voilé de ses paroles. Même lui, le soi-disant grand admirateur des femmes, s’offusquait devant l’inadéquation de l’échancrure un peu profonde d’un décolleté face à l’activité présente…

« Tu m’as percée à jour, Wayne Sudworth… Etant donné que les femmes s’habillent toujours de la sorte pour plaire, tu as du deviner que j’ai un faible pour les garçons de marché. C’est plus fort que moi, dès que j’en vois un, il faut que je tente quelque chose…» Comme pour appuyer sa narquoise déclaration, elle décocha un sourire tout en fossettes au jeune vendeur tenant l’étalage face à eux.« Crois-tu que j’ai une chance ?»

Elucubrations facétieuses de gamine trop sûre d’elle. A croire que ses répliques n’avaient pas changé depuis le lycée. Sauf qu’aucun homme ne l’abordait plus depuis cette époque bénie. Enfin, ces derniers mois exceptés. D’ailleurs, si repousser les avances des uns et des autres lui paraissait d’une simplicité enfantine, y répondre n’était pas encore son fort. Les brumes des spiritueux ingurgités la veille s’additionnant à la fatigue la rendaient étonnamment sereine, presque gaie, réveillant en elle cette insolente malice qui caractérisait l’enfant puis l’adolescente qu’elle fut il y a bien longtemps.

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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Sam 12 Jan - 13:26

Deux êtres. Deux inconnus s'échangeant quelques baisers passionnés sous l'admiration de la lumière éclatante de la lune. Vent glissant sous les extrémités d'une fenêtre laissée ouverte. Ils s'étaient abandonnés l'un à l'autre, corps qui n'avaient fait plus qu'un dans l'espace d'une soirée arrosée. Ses mains baladeuses avaient connus d'autres carapaces, sans jamais prendre le temps d'y creuser profondément. Il n'en avait que faire de ces filles de joie. Comblant son chagrin dans les bras de cette femme accoudée au comptoir, se plaignant chaque soir d'un mari trop brutal. Son cœur palpitait sous une masse superficielle de coups et blessures. Déchirement d'une peau usée par les ravages du temps. Scrutée jusqu'aux moindres recoins jusqu'à ce que ça ne ressemble plus qu'à un miséreux néant. Son prénom ne faisait qu'accroître cette souffrance. Fierté d'un homme blessé devenant aveugle pour un amour trop vaste. Il n'avait aimé qu'une fois. Suffisante pour le faire oublier les joies de la passion. Il n'avait jamais été ce type d'homme. Le romantique, sensible au point de s'abandonner corps et âme à une femme. La méfiance l'avait toujours suivie complétée par un égo certainement surdimensionné.

Il avait perdu le sens du tact. S'adressant à la gente féminine sans prendre la peine de se questionner sur ses paroles glacées. Son humour était resté intact, aussi noir que ses cheveux pouvaient être. Femmes dont il avait pris l'habitude de surnommer, laissant son esprit vagabonder entre le tissu de ses draps. Se remémorant avec ardeur les nuits échangés avec celle qui avait su en tirer que du positif. Aspergeant son côté agréable pour ne laisser qu'une noirceur sans failles. Obscurité qui prenait de l'ampleur chaque seconde qu'il se remettait à penser à elle. Voulant s'infliger à leur place le traitement qui les avaient fait succomber. Emportant avec eux cet homme dont l'existence n'était plus qu'un vague souvenir. Il ne possédait plus rien, à part une affreuse sensation de mal être. Frissonnant lorsque dans le regard de ses partenaires, il y discernait une soudaine incompréhension. Aucune once d'humanité qui pouvait le rendre plus réel. Scélérat au physique avantageux, mais à l'âme souillée. Devenait-il le propre jouet de ses activités macabres ? Il y croyait fortement sans vouloir se morfondre sur son sort. Aucune larme n'aurait pu lui être arrachée, son pire côté était ancré en lui et aucune femme ne pouvait prétendre être assez intéressante à ses yeux pour pouvoir changer le cour des choses. Aucune, jusqu'à ce qu'il l'a rencontre.

Explosions de multiples sensations. Voix enchanteresse d'une Sirène aux courbes dansantes. Faisant revivre le mythe, le réduisant à une simple proie, lui qui avait pris l'habitude d'incarner le chasseur. Allure de femme fatale lui rappelant sans cesse qu'elle refusait d'être le maillon faible. Il était sous le charme de cette créature. Sa beauté avait pris trop de place dans ses yeux azurés. Son corps était l'expression même du plaisir, envoûtante et provocatrice. Le charmant avec tous les atouts qu'elle pouvait lui offrir, se laissant désirer pour mieux l'enfoncer dans sa mélancolie. Euphorique voir même acharnée, il n'avait jamais rencontré une telle femme capable de lui démontrer ce qu'elle voulait exactement. Proies faciles qui étaient devenues son quotidien, se laissant faire par ses mains d'artiste. Celle-ci était différente, l'empêchant de la mal mener comme il le souhaitait. Ce n'était plus un objet jetable, mais une déesse hypnotiseuse qui le rendait aussi émerveillé que son garçon défunt pouvait être devant le sapin d'un Noël grincheux. Elle représentait les paroles qu'il ne pouvait se permettre de prononcer. Il jubilait de l'intérieur lorsque son regard croisait le sien, prêt à tout pour la conquérir, mais terriblement colérique lorsqu'une certaine rumeur courant sur sa personne avait traversé le seuil de sa porte. Vipère qui n'avait pas hésiter à l'humilier publiquement après avoir profité de toutes les parties de son anatomie. Elle s'était montrée aux premiers abords séductrice, si ce n'est nymphomane. Le poussant à pécher encore et encore jusqu'à ce que le vice devienne trop imposant pour être supportable. Elle était partie le lendemain, telle une voleuse emportant tout sur son passage et laissant un goût amer de nostalgie. Wayne en voulait encore et à cet instant précis, il dut se rendre à l'évidence qu'il était devenu dépendant de ce parfum féminin et de cette femme dégageant l'odeur de sexe par tous les pores de sa peau.

« Je voulais seulement me montrer agréable, mais je vois que c'est raté. En revanche toi tu dois encore progresser en matière de blagues. »

Sa fierté était trop immense pour même que celle qu'il considérait comme sa préférée puisse se permettre de se moquer ouvertement de lui. Il détestait se trouver en position d'homme faible, il ne permettait pas qu'une femme prenne le dessus. C'était peut-être son côté misogyne et il ne s'en cachait pas. La brunette n'était pas bien placée pour essayer d'être drôle, sa tenue vestimentaire loin d'être respectueuse pour sa réputation laissait beaucoup à désirer, mais le sorcier n'allait pas s'en plaindre, ayant une vue parfaite sur sa poitrine et autant le dire: il ne se gênait pas pour l'admirer sans même se soucier si la propriétaire venait à le remarquer. Wayne était un bel enfoiré, la réplique de la demoiselle ne faisait qu'attiser le feu brûlant de jalousie qu'il serrait dans sa poitrine. Provocateur, il avait d'autres cartes en jeu.

« Peut-être bien... pourquoi ne pas le vérifier ? »

Son sourire carnassier déforma son visage, camouflant une possessivité qu'il n'avait jusque là connu l'existence. Il était possessif avec ses autres maîtresses, mais celle-ci c'était diffèrent. Il la voulait pour lui, c'était une jalousie qui le changeait. Hélas son caractère était bien plus fort qu'une simple histoire de passion et de je t'aime moi non plus. Il scruta le jeune homme, se doutant bien que la jolie brune n'avait eu en tête qu'une simple idée de provocation. Elle était experte à ce petit jeu, l'ancien flic s'occuperait de lui brûler vite les ailes.

« Eh toi là ! Oui oui toi, approche. » Il se pencha vers le jeune homme, coulant presque sa bouche à son oreille et protégeant la moitié de son visage avec sa main droite. Un geste que les gosses s'échangeaient lorsqu'ils avaient un secret à partager. N'oubliant pas la vieille habitude de parler tout bas, évitant que Faith en discerne le moindre mot. « Tu vois la petite poupée à moitié nue à ma gauche ? Oui, celle-là. Elle est bonne hein ? Eh bien c'est ton jour de chance mec. Elle aimerait apprendre à te connaître dans un espace plus intime, si tu vois ce que je veux dire. » Il lui tapota l'épaule, suivit d'un petit clin d’œil motivé.

Le sorcier joua de son arme, activant sa maîtrise parfaite en illusions. Devant les rétines du jeune homme, à la place d'une bombe brune, il ne voyait plus qu'une vieille dame âgée de 80 ans dont le dos fatigué par les années s'était courbé et dont les dents avaient disparues. Ses cheveux n'étaient plus qu'une masse blanche poussiéreuse et sa peau était devenue flasque et glissante. Après cette vision d'horreur, le jeune homme ne tarda pas à s'écrier, laissant échapper un bon: « Merde alors ! Vieille perverse. Pire qu'une couguar ! »

Faith ne pouvait se douter de la nature de Wayne. Celui-ci se contenta seulement de prendre un air étonné et faussement outré en haussant les épaules et en levant les yeux au ciel.

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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Mar 15 Jan - 17:39


En guise de réplique à la seconde boutade de l’homme, un simple haussement d’épaule mutin, signifiant ainsi son refus de rentrer dans ce petit jeu mesquin où Wayne sentait toujours la nécessité d’obtenir le dernier mot. Sa vie d’adulte s’était construite sur tellement de non-dits que le silence ne la dérangeait plus, il était même devenu la composante essentielle de son existence. La solitude recelait autant de satisfaction que de peine. Troquant sa liberté contre l’affection douce-amère d’un entourage impuissant face à sa détresse, Faith avait laissé derrière elle son Texas natal sans une once de remord. Aucune dépendance morale ou affective n’entravait plus ses pas depuis des années. Mais passées ses frénésies charnelles, il ne restait plus d’elle qu’une enveloppe corporelle vidée de toute énergie ainsi qu’une conscience poussée à la lisière de la démence par la brutalité de ses désirs. Si la violence des caprices de son enfance effrayait parfois ses parents, rien ni personne ne l’avait encouragée à les dominer. La chute avait été d’autant plus violente face au dénouement tragique de son ultime lubie adolescente. La réalité vint ce jour-là la gifler avec une telle cruauté qu’elle devrait en porter les séquelles des années durant. Ultime paradoxe de sa jeune existence, les conséquences même de sa folie avait tellement diminué le plus infime souffle de vitalité en elle que sa brusque guérison l’avait incitée à se replonger dans cette insatiabilité irraisonnée qui était sienne. Aucun remord ne venait la troubler pour autant, elle emplissait sa vie de vertiges et de passions fugaces non plus avec une frénésie adolescente et malsaine, mais avec l’insolente avidité de celles qui savent où elles vont et quand le rideau doit être tiré. Avec les années était venue une certaine compréhension de cette sensualité exacerbée qui était sienne. La privation de certaines caresses l’avait amenée à découvrir diverses facettes du plaisir, aiguisant sa sensibilité à des joies aussi simples que la caresse d’une étoffe de soie sur sa peau nue ou bien la subtilité du parfum d’un étranger au détour d’une rue.

Un petit coup de coude sec à l’intention d’un mari au regard trop insistant, et quelques haussements de sourcils accompagnaient l’indécence relative de la légèreté de sa tenue. Ces réactions de passantes ne pouvaient échapper ni à l’un ni à l’autre. Mélange singulier entre le délice de la provocation et le malaise d’être au centre de l’attention qu’il vint encore attiser en coulant des regards lourds de sens en direction des larges pans de peau frissonnante à découverts. Elle préférait feindre d’ignorer l’insistance des regards de Wayne, tout comme ceux beaucoup moins flatteurs des autres femmes. Les autres femmes, ce clan étrange et mystérieux qu’une alliance secrète semblait toujours et encore liguer contre elle-même. Aussi loin que remontait ses souvenirs, une brume d’hostilité venait toujours entourer ses relations avec les membres de la gent féminine. Créatures plus sensibles encore que les hommes à la perfection d’un visage, elles semblaient tout d’abord charmées par l’apparence de Faith avant de se détourner d’elle avec horreur, mépris ou bien amertume. En vérité, elles haïssaient le regard que lui portaient les hommes autant que l’arrogance avec laquelle elle s’appropriait quiconque l’approchait. Hommes, femmes et même enfants, tous devaient succomber au charme de la jeune texane sous le regard dédaigneux de ses pairs. Elle avait finit par s’en moquer. Lassée d’essuyer la froideur des mères de familles tourmentées par la crainte qu’elle ne vienne ravir leur précieuse progéniture ou bien celle encore plus violente de sa propre sœur, Faith s’était fait une raison. La compagnie des hommes lui était alors devenue moins pesante, la transparence de leurs intentions –franche camaraderie ou désirs plus ambigus- jouant ainsi en leur faveur. Le sentiment d’avoir percé à jour la véritable nature du sexe opposé, faisant de celui-ci un jouet entre ses doigts experts avait longtemps persisté. Puis, il y avait eu Wayne.

Insaisissable, insupportable d’ambivalence, il la poussait toujours dans ses derniers retranchements. Terrifiée lorsqu’il lui dévoilait la violence de l’étendue de son désir, furieuse lorsqu’il se jouait d’elle, entreprenante lorsqu’il déclenchait le feu de ses reins. Une palette incroyable d’émotion s’ouvrait à elle lorsque Wayne Sudworth se trouvait impliqué. Captive de ses émotions mais non de l’homme, elle mettait un point d’honneur à lui filer entre les doigts lorsqu’il s’y attendait le moins. C’était la seule manière pour elle de se différencier de ces autres femmes dont les parfums imprégnaient encore sa couche lorsqu’il l’y invitait. A peine effleuré et jamais formulé, revenait sans cesse cet obsédant désir de parvenir à réchauffer son âme de la même manière que sa peau se réchauffait au contact de la sienne. Ce pathétique entêtement pour une cause qu’elle sentait perdue d’avance l’agaçait. Ils avançaient de deux pas puis reculaient de trois dans cette étrange danse qu’était le semblant de liaison qu’ils feignaient d’entretenir. Une part d’elle-même rejetait cette cruelle courtoisie qui pousse les amants occasionnels à se saluer, effrayée par l’orage de sensations que cet homme pouvait éveiller en elle d’un seul effleurement. Et pourtant Faith refusait de fuir une nouvelle fois, son orgueil ne le supporterait pas.

Ce n’est qu’en voyant les pupilles de son interlocuteur briller d’une lueur mauvaise que la jeune femme comprit dans quel jeu dangereux elle venait de se lancer. Naturellement, il s’était empressé de détourner sa provocation à son avantage, punissant l’arrogante déclaration avec cette terrible effronterie qui le caractérisait. Partagée entre la surprise et l’amusement, elle observa son petit manège d’un œil soupçonneux avant de franchement s’impatienter tandis qu’il ramenait son potentiel rival dans son sillage et l’entreprenait avec des mimiques puériles. Une remarque cinglante vint mourir au bord de ses lèvres lorsque la tirade écœurée du jeune homme vint la frapper de plein fouet, aussi inattendue que douloureuse. Faith ne doutait quasiment plus de ses charmes. Que ce soit entre les bras de Wayne des nuits plus tôt ou bien sous les regards ambivalents de la foule ce matin-là, elle s’était épanouie comme une fleur se déployant à nouveau au petit matin sous les caresses d’un soleil qui s’était longtemps fait attendre. Et il n’avait pas fallut plus de quelques secondes pour détruire cette confiance artificielle. Une angoisse lancinante vint s’emparer de ses membres, agitant sa lèvre inférieure d’un infime tremblement qui n’augurait rien de bon. L’atroce intuition que son ancienne allure venait de refaire surface lui torturait les entrailles tandis qu’elle tentait de garder le menton haut et de soutenir le faisceau inquisiteur formé par les prunelles glaciales de son bourreau. Elle céda, cherchant à se soustraire à sa vue en une volte-face. Le reflet éclair que lui offrit la tôle nue de l’étal du primeur révéla une image à la fois étrangement difforme et exempte de toute balafre. Toute cette ne pouvait provenir que des paroles proférées un peu plus tôt au jeune homme, Wayne venait une fois encore d'arranger les règles du jeu à son avantage par quelques mensonges éhontés. Mais le mal était fait. En une poignée de secondes, sa panique se mua en une colère sourde. Plus elle le sentait jubiler de ce résultat inespéré et plus elle fulminait. L’envie irrépressible de faire disparaître à tout prix ce sourire narquois du visage de cet homme la saisit avec une telle violence qu’elle expulsa sa colère d’un trait, en un long souffle rauque.

« Je… Tu te trouves drôle ? Vraiment ? Parce que tout ce que je vois c’est un crétin arrogant et détestable. » Haletant sous l’effet de la crise de rage qui la saisissait, elle lança le plat de sa main qui vint s’abattre sur le torse de Wayne. Coup trop faible pour être plus qu’une simple douleur passagère, mais trop vif pour ne pas trahir sa fureur, elle le regretta presqu’aussitôt. Ce geste ne lui paraissait excessif que parce qu’il démontrait l’étendue de ce sentiment déplacé qui était le sien.

Sa propre hystérie la dégoûtait parce qu’elle n’avait rien d’une colère froide et contrôlée. C’était une vague de chaleur et de fureur aussi brève qu’explosive, image de la violence de son propre cœur lorsque l’émotion le submergeait. Une longue inspiration suivie de plusieurs autres, seul moyen à sa connaissance d’apaiser sa colère. Une main encore fébrile vint s’attarder sur sa tempe l’espace d’une seconde. Tout juste le temps nécessaire à la jeune femme pour ramasser un semblant de dignité et reprendre ses esprits.

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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Sam 26 Jan - 16:02

Facilité déconcertante à laquelle il vouait un culte lorsque la situation lui était déplaisante. Il sentit ses mains moites effleurer ses joues. Regrettant son attitude mesquine, se comportant comme un vrai scélérat, totalement infect et imbuvable de par sa réaction médiocre. C'était ainsi, il ne pouvait se détacher de cette personnalité qui le rendait si minable. Recommençant encore et encore, sans aucun scrupules, se prouvant à lui-même à quel point il maîtrisait les circonstances. Il avait l'impression de reculer d'un pas, d'attirer le dédain et la méprise. Cela lui était insuffisant. Il provoquait les mauvais contextes, faisant acte de présence lorsque le lieu ne lui était pas favorable. S'enfonçant lui-même dans un bourbier sans nom qui le rendait haineux et détestable. Il ressentait ce besoin d'agressivité. Cette force intérieure lui susurrer à l'oreille combien il avait la nécessité d'être repoussé. Inconsciemment il voulait se faire payer le prix. Le prix de tout ce qu'il avait sacrifier pour des soirées extravagantes, où son esprit se perdait entre la fumée d'une cigarette à moitié consumée et la chaleur d'une femme à l'âme souillée. Il était devenue une ombre, un fantôme errant sans laisser l’opportunité à sa femme et à son fils de l’apercevoir ne serait ce que quelques heures par jour. Disparaissant dans la brume de leur angoisse pour revenir totalement alcoolisé et insouciant, se laissant aller entre les couvertures d'un lit qui avait perdu tout affection. Se noyant dans le chagrin de celle qui avait lutté pour un minimum de reconnaissance, se submergeant dans les larmes d'un enfant qui peinait à insister pour un mot d'amour. Il n'était qu'un pauvre type, un brigand dont la conscience était sale. Tellement, jusqu'à le rendre aveugle. Se bouchant les tympans comme s'il aurait été un môme lorsque sa compagne osait hausser le ton. Crachant ces vérités dures à encaisser, se vidant de sa colère, mais y restant malgré tout. Gardant une minime lueur d'espoir. L'espoir de le faire changer. Ignorant que sa mort était la solution à tous ses problèmes.

L'étiquette du pire des salauds lui avait toujours collé à la peau. Elle n'avait jamais été aussi voyante qu'après ce jour. La vérité était là, ancrée en lui. Il ne s'en cachait pas, ni à lui ni à personne. Il trompait sa femme avec des minettes et bien plus encore, lui manquant de respect sans vraiment prendre la peine de le regretter lorsqu'il s'abandonnait dans les bras de Morphée. Plutôt satisfait par la nuit aventureuse qu'il venait de vivre, oubliant sans grands efforts celle qui était censée partager sa vie et élever son enfant. Parfois, il négligeait l'existence de son gamin, préférant de loin les courbes parfaitement dessinées d'une belle inconnue. Il ne les voyait plus, menant sa petite vie de manière à assouvir ses besoins et à concrétiser le plus grand de ses fantasmes. Désirant les plus indésirables, fréquentant les mauvaises influences et devenant par la suite lui-même un homme à éviter. Ganache irritant sans pouvoir mener à bien sa réputation de flic. S'enfonçant lui-même dans le plus bas des niveaux. Privilégiant les bouteilles de whisky aux nuits où il aurait pu - qui sait ? - attraper celui qui causerait sa perte. On aurait envie de lui dire que c'était bien fait pour lui. Que son comportement de scélérat avait fini par emmener ses dangereuses conséquences, que le passé était désormais infranchissable et que l'avenir n'était plus que du néant. Qu'il finirait seul, et que même les rats des plus grandes villes ne voudraient de sa compagnie. Trop infâme pour que la vie lui donne une seconde chance. Incapable de faire bonne figure, d'honorer sa grand-mère qui lui avait tout appris. Utilisant son don de sorcier à des fins douteuses. Assez hypnotisé par l'anatomie d'une prostituée pour prendre conscience des vraies bonnes choses. Se focalisant sur la superficialité sans chercher à creuser. Se retrouvant face à une solitude et à un oubli qu'il ne pourrait racheter. Préférant en finir, plutôt que de devoir vivre avec leurs visages traduisant leur malheur et leur incompréhension. Mais, comment dénigrer ainsi le cœur d'un homme à qui on a tout arraché ? Crachant sur le cadre où une photo de lui affichait son portrait, souriant. Se demandant aujourd'hui comment il avait réussit à sourire ainsi. Car celui qui rigole est celui qui souffre le plus.

Il n'en avait pas pour autant stoppé ses petites affaires. Doublant d'enthousiasme une fois sa famille brisée. Écorchant un peu plus son image et s'abandonnant plusieurs fois à des ébats violents sans lendemain. Le jour où il avait tout perdu, il n'avait même pas pris la peine de recommencer à zéro. Devenant plus minable de ce qu'il était déjà. Abandonnant son métier de flic pour devenir un pro gouvernement, acceptant les jeux de la faim et faisant subir aux plus innocents les pires illusions. Souriant de manière diabolique lorsque ceux-ci succombaient, s'imaginant le visage de leur meurtrier pour que le soir venu il ne soit pas submergé de ce qu'il considérait d'inutiles remords. Errant les premières semaines parmi les mendiants, ne se détachant tout simplement pas d'eux. Adoptant le même physique et le même état médiocre dont ils pouvaient faire preuve. Ses cheveux et sa barbe avaient poussés, aussi longs que sales, négligeant son hygiène et payant cash à des filles de joie qui voulaient bien de lui. Obligé de proposer des sommes inimaginables pour qu'elles lui accordent 25 minutes de leur attention. Les regards se déviaient de son apparence, cherchant un point fixe pour éviter d'observer une telle carcasse. Il était tel un cadavre ambulant, perdu dans ses pensées et sans plus aucun point d'attache. Se laissant vivre et se contentant de ce qu'il possédait, c'est-à-dire: rien du tout.

L'homme qu'il était devenu prenait plaisir à s'enfoncer dans un gouffre sans fin. Souillant son âme damnée indésirable aux yeux de tous. Se faisant rejeter sans le moindre scrupules. Les insultes tombaient comme de la pluie, le poussant en bas de l'échelle pour mieux lui cracher dessus. Il errait comme un sans domicile fixe, criant son désespoir à qui voulait bien entendre. Deux semaines de pur malheur. Il n'était plus qu'une carcasse dégoûtante qu'on voulait volontairement ignorer. Le laissant se noyer dans sa propre solitude sans se soucier de son avenir qui aurait pu lui être fatal. Il eut du mal à relever la pente. Un drogué n'a plus aucune conscience, maladif de par son vice et euphorique de par le plaisir que celui-ci peut lui procurer. Wayne redevint à peu près normal, enchaînant les conquêtes sans jamais tomber amoureux. Il n'avait jamais aimé qui que ce soit à part le fruit de ses entrailles, et même comme ça il avait toujours été incapable de lui faire savoir. Le mot "aimer" lui avait toujours paru si froid, si indiffèrent, si inaccessible. Le méritait-il ? Sa réponse négative le menait toujours vers des lieux débauche, comme s'il voulait se prouver à lui-même que finalement ce n'était pas entièrement sa faute. Que tout cela était fait inconsciemment, que c'était la faute à celle qui n'avait pas su l'aimer comme il était et pas comme elle aimerait qu'il devienne. Excuses sans véritable fondement, l’arrangeant toujours lorsqu'il devait se tirer d'une situation délicate. Comme celle-ci, où il se trouvait face à cette femme qui sans qu'il le veuille, le rendait totalement accroc. Une folie certainement passagère qu'il essayait de chasser, persuadé que ce n'était que le fruit de son imagination et qu'elle n'était qu'une pièce de plus pour faire fonctionner la machine assoiffée qu'il cachait sous son jean. Son esprit malsain le faisait penser toutes ces choses-là, or il le savait au fond de lui qu'elle était bien plus que cela. Elle était la seule, l'unique qui pouvait lui procurer cette sensation de désir passionnel. Lors de leurs ébats, il le sentait. Oui, cette chaleur qui émanait de son cœur pour l'envelopper entre ses bras et conservant la crainte de la voir partir un jour, aussi vite qu'elle était apparue dans sa médiocre vie.

« Mais qu'est-ce qui te prends ? C'est madame nature qui provoque ta mauvaise humeur ou tu me prends pour le type qui t'as sauté la nuit dernière ? »

Il était tendu, presque mal à l'aise. Se posant de multiples questions où il aimerait bien qu'elle lui apporte les réponses. Il avait été surpris lorsque celle-ci avait regardé son reflet, en tirant une conclusion pas du tout plaisante. Connaissait-elle sa véritable nature ? Cela lui semblait tellement improbable... Mais qu'il pouvait être imbécile parfois. Tout le monde était au courant de la place qu'il occupait au sein du gouvernement et des jeux. Cependant, pourquoi cette plaisanterie qu'il voulait certes de mauvais goût, l'avait autant touchée ? Cette attitude n'était que la solution à sa jalousie et sa possessivité. Le comprenait-elle ? Apparemment, elle n'en avait que faire car autre chose la tracassait et il allait bientôt le savoir, bien que demoiselle n'était pas très adepte du grand bavardage.

« On se calme poupée. Peux-tu m'expliquer qu'est-ce qui te pousse à te mettre dans tous tes états ? Il te plaisait le petit, c'est ça ? »

Il ne cesserait donc jamais, ajoutant de l'huile sur le feu en le regrettant la seconde d'après. S'il voulait conquérir cette femme il fallait être plus aimable, il le savait, mais il n'en avait que faire. Cependant, la jolie Faith n'avait pas l'air très amusée. N'hésitant pas à démontrer sa colère en lui jetant un objet qui vint atterrir sur le torse du sorcier. Il fit semblant que l'impact du plat lui avait coupé le souffle, se mettant à genoux faisant mine d'agoniser avant de se relever et de lui lancer une énième réplique cinglante.
« Tu m'as presque fait mal. Enfin bref, tu as la main très baladeuse dans le mauvais sens du terme, tu devrais t'entraîner un peu plus. C'est vrai qu'on ne peut pas être bons partout... après tout, tu sais t'en servir lorsqu'il s'agit de faire marcher mes bijoux de famille. » Il se mordit la langue tellement son côté scélérat pouvait se montrer désagréable.

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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Dim 27 Jan - 15:15


Apatride, exilée, une inconnue parmi les inconnus. Faith avait disparu de la face du monde le jour où elle avait tourné le dos à son Texas natal et aux siens. Ici, à New York, personne ne s’inquiétait d’elle. Une silhouette de plus dans la foule compacte arpentant les trottoirs de la ville. Une blouse blanche et un sourire avant de prendre en charge un animal en détresse. Une chevelure ébène sur une peau blanche qu’un étranger caresse l’espace d’un instant. Rien de plus. Même sa voix trahissait sa solitude parfois, prenant la sonorité rauque et brisée propre à ceux qui restent trop longtemps dans le silence. Enfant, le silence la terrorisait. Elle rejetait avec effarement cette absence totale de bruit qui accompagne la tombée du jour tout comme la minute de recueillement dominical que leur imposait le pasteur local. Des années plus tard, elle s’était changée en une tapageuse beauté du sud se languissant dans les interminables et mornes après-midi d’été. Et puis il y avait eu l’accident. Un atroce crissement de pneus sur le bitume, l’odeur de la gomme brûlée qui crépite dans l’air, le contact d’un liquide chaud sinuant sur sa tempe, et enfin le néant. Sa tête pesait des tonnes sous la masse des bandages, entre elle et le monde, des épaisseurs et des épaisseurs de coton venus la protéger des autres dont elle se souciait guère, absorbée par le feu qui se propageait dans ses veines, secouant son corps frêle de violentes secousses. Elle avait souhaité mourir des milliers de fois. Après chaque tentative infructueuse du corps médical pour soulager sa peine, mais aussi à chaque fois que son regard fiévreux avait le malheur de rencontrer son reflet. L’accident l’avait rendue amère. Dépourvue des charmes de son apparence, Faith n’était plus qu’une coquille vide, une mécanique que seuls le désespoir et la rage animait. L’adulation de ses proches s’était muée en une aigreur résignée qui lui donnait la nausée. Elle les haïssait, ces personnes faussement compatissantes dont le dégout transparaissait par tous les pores de leur peau intacte. Tous. Même Sean. Surtout Sean. Sombre et ombrageux il se repaissait de la présence de l’adolescente, de cette aura lumineuse qui l’entourait et des trémolos qui secouaient sa voix lorsqu’elle étouffait ses rires en gonflant les joues. Gonflée de son admiration, Faith se sentait toute-puissante. Sa nature ardente le trahissait lorsqu’il regardait le visage ravagé de la jeune fille, la poussant à le haïr parce qu’il lui renvoyait une image pire encore que ce qu’elle pouvait apercevoir dans un miroir. Incapable de supporter plus longtemps les séquelles et la violence du seul parent qu’il n’ait jamais réellement aimé, il était parti sans même avoir la décence de camoufler sa fuite.

L’avant-veille, un homme à la peau craquelée comme celle d’un crocodile et aux yeux jaunes luisants lui avait chuchoté ce nom enfoui dans un coin scellé de sa mémoire. Sean. Un seul mot de ce repoussant mendiant avait suffit pour faire plonger Faith. Elle avait d’abord ri de la proposition absurde de ce vagabond assis sur les marches de son appartement. Torturer les participants des Hunger Games, voilà à quoi servait la magie, encore un gadget cruel à la botte du gouvernement. Mais la magie n’était certainement pas au service du bon citoyen new-yorkais. Ce type cherchait soit à lui soutirer des informations soit à lui vendre un quelconque talisman confectionné par ses soins. Face aux sarcasmes de la jeune femme, un rire sardonique avait secoué Rumplestiltskin avant de lui susurrer le mot qui devait la convaincre. Son cœur cessa de battre l’espace d’une seconde avant de se lancer dans une course folle. Elle prit le parti de jouer l’ignorante, celle qui ne comprenait pas ce que ce nom impliquait. Mais le retors vieillard devait s’attendre à cette réaction et se mit alors à évoquer son frère en des termes qui laissaient entendre qu’il en savait autant que possible sur leur passé commun. Lorsqu’il déplora du bout de lèvre de n’avoir eu l’occasion de lui offrir ses services pour ce qui était de sa guérison, Faith frissonna. Mais il était trop tard, le manque lancinant qu’elle avait si bien refoulé des années durant refit surface sous les doigts experts du machiavélique sorcier. Elle devait savoir, elle devait LE voir. Pas un jour ne s’était passé sans qu’elle ne se demande à quoi pouvait bien ressembler la nouvelle vie de Sean. Parce qu’il était en vie, du moins essayait-elle de s’en persuader chaque fois que la mine renfrogné de son frère ainé venait se rappeler à son bon souvenir. Il était sans nul doute le seul homme qu’elle n’ait jamais vraiment aimé. Et ce, avec cette passion exubérante si caractéristique de l’adolescence. C’est pourquoi elle se jouait tant des autres, aucun homme ne méritait son admiration autant que Sean, pas même leur père ne pouvait lutter face à cet amour fraternel débordant. Le revoir. Avant même que son vœu ne soit exaucé, Faith avait suspecté la sensation douce-amère que sa vue provoquerait. Et pourtant c’était un « Oui » brûlant d’intensité qu’elle avait chuchoté dans la nuit. Le ricanement du magicien s’éteignit sur la silhouette indistincte d’un homme, une fois son destin scellé par une signature au bas d’un contrat à peine survolé du regard. Sans qu’elle ne comprenne comment, son corps avait quitté le perron de son immeuble pour se retrouver appuyé dans l’embrasure d’un bar miteux. Passé son étonnement, la jeune femme avait identifié l’objet de son souhait et le couvait du regard avec la crainte enfantine de le voir disparaître dans ce même nuage de fumée qui l’avait portée jusqu’ici. Jusqu’à ce que son regard rencontre le sien. Sa mâchoire prit cet angle particulier, signe d’étonnement extrême chez le jeune homme, mimique si familière encore malgré les années. L’intensité de la scène allait beaucoup plus loin que tout ce que Faith pouvait supporter, elle tourna les talons et détala aussi vite que ses jambes pouvaient la porter pour se soustraire à cette vue soudainement devenue insupportable. Dans une ruelle voisine, elle s’était effondrée.

La différence entre obsession et désir tient à peu de chose. La relation qu’elle entretenait avec Wayne était à la lisière de ces deux émotions. Il lui semblait ne jamais être complètement rassasiée. Parfois, son corps tout entier s’embrasait de son absence. Sa peau ne réclamait que lui. Ses lèvres s’entrouvraient impatiemment à sa seule pensée, avides. Son odeur, subtil mélange de musc et de tabac froid, la suivait des heures durant malgré l’application qu’elle mettait à la faire disparaître sous des litres d’eau brulantes. Comme si sa cruauté s’étendait jusqu’à lui imposer son souvenir même lorsqu’il n’était pas là. Pourvu qu’il ne prenne jamais connaissance de ces détails, il s’en délecterait. Le piège s’était refermé sans qu’elle n’y prenne gare. Froid, insolent, arrogant et terriblement cru, elle le voyait tel qu’il était réellement. Sans frémir ni ciller. Si la brutalité avec laquelle il lui exprimait son désir parvenait à la faire reculer, rien de ce qu’il pouvait lui dévoiler n’arriverait à la détourner de lui. Et c’était bien là tout le problème. Au fond, l’attitude de l’homme l’amusait. Parfois elle s’offensait, tentait de lui imposer des limites avec lesquels il jouait allégrement. Il savait se faire odieux, tellement exécrable qu’il finissait par la pousser à le devenir à son tour. Mais elle ne cessait jamais vraiment de le désirer. Une part d’elle devinait les blessures secrètes que masquait cette agressivité envers les femmes. Mais en aucun cas Faith ne souhaitait l’en guérir. Il pouvait s’épancher autant qu’il le voulait avec elle, cracher son venin jusqu’à ce qu’il ne soit plus que bile. Son arrogance n’allait pas jusqu’à s’imaginer comme un remède miracle contre le mal qui rongeait cet homme. Elle acceptait la haine, la violence de son âme dans un mélange de ravissement et de terreur. Fascinée par cet être tout aussi ravagé qu’elle, si ce n’est plus. Passé et vices les reliaient l’un à l’autre, transformant les caresses échangées en délices dignes d’un paradis depuis longtemps perdu.

« Aucun risque de vous confondre, il savait bien mieux s’y prendre avec les femmes que toi. » Elle agrémenta sa phrase assassine d’un bref clin d’œil. Comparer Wayne à un autre revenait à porter le coup le plus bas possible à l’égo surdimensionné qui était le sien. Faith le savait. Mais dans son état présent, rien ne comptait plus que de faire au moins autant de dégâts qu’il en avait occasionnés.

Entre ce « poupée », sobriquet qu’elle abhorrait plus que tout, et l’ironie mal venue sur ses prétentions sur le jeune individu qu’il avait mis en fuite, le coup était parti tout seul. Maintenant que c’était fait, elle en venait à regretter de ne pas avoir frappé plus fort. Au visage peut être, juste histoire de voir se défaire ses traits sous la surprise. Mais les effets de sa colère se dissipaient déjà et serrer le poing suffit à faire disparaître toute envie de réitérer sa pulsion. Derrière les répliques railleuses, Faith devinait son étonnement. Evidemment, il ne pouvait pas soupçonner la véritable cause de son courroux. Ne désirant pas le voir s’engager dans un interrogatoire plus poussé, elle sauta sur l’échappatoire qu’il lui offrait en simulant son agonie devant les yeux ébahis des passants. La scène l’amusa plus qu’elle ne voulait bien l’admettre comme en témoignait la promesse de sourire qui faisait frémir légèrement la commissure de ses lèvres.

« Et te voilà déjà à mes pieds. Je n’en demandais pas tant... »

Ultime provocation qui ne lui tira qu’un vague frémissement. Il se complaisait dans la vulgarité et la provocation par pur plaisir. Sûrement dans l’espoir de la voir s’offusquer de nouveau, peut être fuir. Au fond, Faith ne demandait que ça. Elle n’était plus cette gamine intrépide qui harponnait les garçons à la sortie des cours sous les regards désespérés de ses ainés, juste une jeune femme épuisée et brisée. L’assurance de sa dernière tirade n’était qu’une façade que le moindre geste de Wayne pouvait faire voler en éclat. Une fois sa colère habilement chassée par la mise en scène burlesque qu’il avait entreprit, la jeune femme se trouvait à découvert, vulnérable au possible. Aphrodite sentit cette défaillance dans la seconde qui suivit. Tapie dans un coin de l’esprit de son hôte, la déesse de l’amour n’avait pas raté une miette de la parade amoureuse des deux humains. Rassasiée par la nuit dernière, elle avait volontiers laissé les rênes à Faith jusque-là. Mais il était tant d’intervenir. Hors de question de détruire la dynamique de ce petit jeu en intervenant en personne cependant, les gesticulations de sa petite protégée dans le but de combler son manque d’assurance l’amusait profondément. Un coup de pouce suffisait, une montée de désir et d’adrénaline pour la remettre en selle. Faith agit alors au-delà de ses espérances.

En deux enjambées elle fut près de lui. Si proche que le col de sa veste venait effleurer de sa pointe la chemise de Wayne. Sa tête bascula sur le côté, tandis qu’un demi-sourire narquois venait se dessiner sur ses lèvres. Deux pas seulement pour passer de la violence à la caresse. Sa main s’arrêta à la hauteur du visage de l’homme, frôlant sa mâchoire du bout des doigts, lentement. Son front s’inclina encore jusqu’à ce que ses lèvres se placent à quelques millimètres seulement de son oreille.

« Ne t’en fais pas Wayne, je te promets que la prochaine fois, je ne te raterais pas. Je vais prendre le reste comme un compliment maladroit. Tu vois, personne n’est parfait, je ne sais pas être violente et toi, tes talents de charmeur laissent encore à désirer. Peut être que l’on pourrait tirer quelque chose de nos parties de jambes en l’air, finalement.»

Vus de loin, ils étaient l’image même de la tendresse. Les autres passants devaient les prendre pour leurs semblables, un couple ordinaire surprit dans un élan d’affection. Ils étaient tout sauf des gens ordinaires, tout sauf un couple d’ailleurs, mais cette idée amusait Faith. La main de la jeune femme s’attarda encore un instant, fixant cette fausse impression tandis qu’elle soutenait le regard de Wayne. Puis elle recula d’un pas en riant.
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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Mer 20 Fév - 16:27

Son cœur glacé avait fondu à l'instant où ses lèvres s'étaient déchirées en un sourire qui semblait éternel. Camouflant son côté éphémère pour enfoncer le couteau là où sa douleur se montrait aigüe. Elle l'avait charmé jusqu'à obtenir le meilleur de sa personne, convaincu que depuis longtemps sa bonne foi avait été submergée par une culpabilité atroce qui lui rongeait les entrailles. Il se souvenait encore de cette rencontre qui avait soit disant chamboulé sa vie. Relation échangée trop profonde pour être définie de superficielle. Deux femmes habitaient ce corps physique qu'il n'était pas le seul à posséder. Cette idée faisait croître en lui des spasmes de jalousie intense que jusque là il ne connaissait pas l'existence. La même scène tournait en boucle, il en avait seulement l'impression. Cette sensation de revivre deux fois la même situation. D'éprouver deux fois les mêmes sentiments pour deux femmes distinctes. Elles étaient toute spéciales à leur façon, il pouvait citer leurs noms et attribuer à chacune un adjectif qui les correspondrait. Il pensait notamment à Roxanne, son jouet sexuel qui sans l'admettre était bien plus que ça à ses prunelles glaciales. Cora, sa poupée de porcelaine se pliant à ses moindres désirs sans qu'il connaisse vraiment sa véritable nature. Faith, impossible de la décrire. Les mots lui manquaient. Il s'était vu emparé d'un sentiment de détresse qui ne le correspondait pas. Il rejetait cet être qui grandissait en lui et qui sans le vouloir, prononçait son prénom lorsque ses rétines peinaient à mémoriser le visage de la belle inconnue. Attribuant ces cinq petites lettres à chaque anatomie différente, persuadé de se perdre entre sa chevelure d'ébène alors que sa partenaire n'était autre qu'une blonde pâle. Wayne se sentait comme un idiot, se mettant lui-même en bas de l'échelle. Se plaçant en tant que celui qui cède aux caprices de la gente féminine, inconsciemment c'était le cas. Son envie à la limite de l'obsession de parcourir de nouveaux épidermes n'était autre que l'expression même de sa propre solitude. Il se perdait dans les abysses de sa mélancolie, s'absorbant de leurs parfums délicats et de leurs baisers monotones. Parcourant les longs couloirs de ces bâtiments mal famés, sa main poussant avec douceur le dos de sa conquête. Recommençant le lendemain jusqu'à agripper avec agressivité ses draps dont l'odeur érotique avait disparue. Ce n'était pas qu'une simple envie, il en était addict. Il ne pouvait plus s'en passer. Les femmes, leurs enveloppes charnelles étaient une question de futilité. Sa peur de se retrouver seul était bien plus pesante. Sous ses airs de scélérat au cœur de pierre, il ne pouvait se détacher ce qu'il était réellement. Le rendant secret aux yeux de tous. Son orgueil étant trop immense.

Un homme qui souffre, qui peine à éteindre le feu brûlant d'une douleur qui semble revivre à chaque instant. Moment pendant lequel ses yeux prennent contact avec la lumière vive de sa lampe de chevet. Un rituel qu'il a adopté sans en être vraiment conscient. Se passant une main dans son visage, éprouvant l'envie insupportable de s'infliger ce qu'il peut imposer à autrui. L'incompréhension règne au-dessus de leurs têtes, ils ne comprennent pas. Ce néant obscure qui envahit leurs expressions repoussantes ne sont que le fruit de leurs préjugés. Aucun d'entre eux n'a jamais vraiment pris la peine de creuser plus loin, de regarder en profondeur. Se contentant uniquement de ce que son physique peut renvoyer. Ses attitudes sont pleinement justifiées, il essaye de s'en convaincre. Pourquoi le ferait-il sans raison ? Que gagne-t-il à part le mépris de sa personne ? C'est un cercle vicieux, trop fréquent pour songer à un renouvellement. Cette réputation souillée le suit, comme un masque, comme une deuxième peau. A-t-il essayer de s'en débarrasser ? A quoi bon ? Un scélérat, reste un scélérat. Il n'obéit pas à la perfection conçue par la société et pourtant il est soumis au bon vouloir du gouvernement, suivant leurs actions tel un petit mouton sans véritable opinion. C'est l'image qu'il renvoie de lui et de ce qu'il peut être et ce qu'il peut faire, ce qui fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. Il ne se plie pas par peur. Peut-on faire peur à un homme qui a déjà tout perdu ? Il s'accroche à la vie par plaisir. Il en devient hystérique, réveillant cette vilaine cicatrice accrochée à son cœur. Lui faisant rappeler des mauvais souvenirs, jouant avec ses nerfs et lui répétant sans cesse qu'il n'est un bon à rien. Wayne prétend. Très imbu de sa personne direz-vous ? Mais, qu'en savez-vous ? Conclusions hâtives qui le rendent colérique. Colère ardente qui grandit en son intérieur, la poussant volontairement jusqu'à ce qu'elle brûle toute compassion. Ce sont les autres qui ont fait de lui le stéréotype même du bourreau. Idole de ces dames en mal d'amour, de ces jeunes femmes assoiffées de sexe et de ces inconnus dont la jalousie devient suffisamment affligeante pour qu'ils laissent passer le fantôme de leurs ennuis conjugaux. Il est une tornade, ravageant tout sur son passage. Sa fierté le rend ignoble, son caractère le rend hideux. Il n'est qu'un passe temps, devenu jouet sexuel de celles qui ne trouvent pas leur plaisir ailleurs. Son QG n'est autre qu'un bar miteux où même les rats font la fête sous le parquet rongé par l'humidité et salit par le passage de ces filles de joie osant espérer y trouver leur client habituel. Celui dont les billets verts glissent entre les doigts, atterrissant entre le tissu de leur petite culotte avec la promesse de les contacter le lendemain. L'oubli revenait le hanter le forçant à reproduire les mêmes images. Scènes immortelles, comme photographiées par ses rétines vides de toute passion lorsque son esprit se perdait entre leurs bras. Caresses insuffisantes qui ne savaient pas comment combler sa solitude jusqu'au jour où ses ongles ce sont enfoncées dans son dos, réclamant un peu plus de fantaisie. N'étant pas assez sauvage à son goût, elle qui prétendait maîtriser les splendeurs de l'acte charnel. Dévoilant ses charmes et le laissant sur sa faim lorsqu'il avait cessé de ressentir les chatouilles provoquées par les mèches rebelles de ses cheveux.

Il aurait voulut s'engouffrer dans la plus grande profondeur de son esprit. Y retirer ses plus vieilles blessures pour pouvoir la combler de ce manque qu'elle essayait en vain de dissimuler. Il ne connaissait rien de cette femme à part l'enveloppe corporelle que la nature lui avait donnée. Sans oublier de remarquer que celle-ci l'avait conçue sur ses meilleurs jours. Il tentait encore et encore de percevoir une quelconque faiblesse qui aurait pu la faire tomber. Lui faire sienne, mais conscient il le devinait en avance: l'impossibilité qu'elle lui ouvre son âme était bien plus basse que ses répliques de brigand à la recherche d'un bonheur qui ne lui était pas réservé. Les malheurs que cachait-elle étaient bien trop conséquents pour que lui ou un autre puisse avoir l'honneur d'en connaître les détails. Du moins, il essayait de s'en persuader, aveuglée par une beauté physique qu'il voulait également morale. Il se battait pour une cause perdue, il ne savait rien d'elle, avançant des propos et s'imaginant des scénarios dont la véracité ne pouvait même pas être prouvée. Tout ceci n'était que le fruit de son imagination, de ce qu'il voulait bien croire pour se pousser lui-même à aller de l'avant. Les efforts qu'il était prêt à faire étaient bien plus grands de ce qu'il aurait pu attendre. Malheureusement il ne se trouvait pas capable de se plier à de telles envies, qui lui semblaient des chimères infondées, aveuglant ses prunelles et le tentant jusqu'à ce qu'il cède. Il ne cèderait pas, pas pour une femme. Trop fier, trop stupide pour être assez intelligent. Il serait prêt à tout perdre, à tout laisser passer pour flatter son orgueil. Un couard sans mœurs conçu pour vivre seul, car on récolte que ce que l'on sème. Faith était peut-être différente, mais pas assez imbécile pour voir en lui ce que les autres avaient voulu ignorer.

Moqueries incessantes qui ne le laissait pas de marbre. Elle était fort dans l'art de la provocation. Le pire, c'est que ça le touchait. Il détestait entendre ce genre de railleries, mais venant de sa bouche c'était un vrai supplice. « Ha oui, certes. Une rumeur a malheureusement effleurée mes tympans. C'est étrange. Tu te plains de ma capacité à te satisfaire sexuellement, mais tu reviens toujours pour en demander encore. Enfin, tu viens me supplier plutôt. » Un sourire qui trahissait sa colère et qui enfonçait son orgueil dans son propre désespoir. Cela ne l'empêcha pas de poursuivre, toujours en restant le plus désagréable possible. S'il croyait qu'il allait la posséder entièrement en agissant de la sorte, il se trompait sur toute la ligne. Se montrer séduit ? Jamais. « Cette attitude relève d'un réel manque de confiance, ce que je comprends. Tu dois vraiment être au bout du gouffre pour te plonger dans les bras du premier venu. » Qu'on le fasse taire. Que quelqu'un intervienne, fasse quelque chose. Comment peut-on être si odieux ? Wayne en est le maître dans ce jeu-là et stupidement il en est plutôt fier. Trop infantile pour se rendre compte du véritable problème qu'il pourrait venir à causer pour sa personne. Assez idiot pour rester les yeux bandés et avancer dans le vide. Attitudes suicidaires qu'il n'essaye pourtant pas d'altérer. Ayant en toujours en tête ces propos mesquins qui font tomber le masque de son interlocuteur.

Le vent persistait, amplifiant de sa force et rapidité naturelle. Il lui frappait au visage, devinant l'envie cachée de Faith de l’assommer en un coup pour qu'il ne puisse plus ouvrir ses lèvres pour y dessiner le croquis de quelques propos mensongers. Le contact de l'air froid avec sa peau, faisait naître dans son dos quelques frissons qu'il ne tenta pas de cacher. Frileux, il faillit claquer des dents, essayant en vain de dissimuler l'effet que le froid pouvait avoir sur son épiderme pour paraître presque crédible. La jolie brune aurait pu penser que ces spasmes inattendus relevaient de sa splendeur innocente. Foutaises. Dame nature semblait colérique. « J'ai la réputation d'un scélérat, laisse moi donc le profit. Ce genre de répliques requiert un droit d'auteur ma chère. » Qu'est-ce qu'elle pouvait être irritante. Prétendant qu'il pouvait être au pieds de qui que ce soit était une jolie utopie. Chimères d'une femme peut-être pas désirée enfin de comptes. Il semblerait qu'elle aussi jouait un rôle, il prendrait un plaisir jouissif à la démasquer. La pluie intervint, comme pour faire dégouliner le jeu de rôle qu'ils s'échangeaient mutuellement. Se renvoyant la balle sans même prendre compte des regards les plus curieux, limite indécents qui les observaient sans aucune pudeur. Pourtant le sorcier savait se montrer discret. Certes, seulement dans les situations qui étaient en sa faveur. Les nuages noircis ne présageaient rien de bon. Se débarrassant de cette eau qui devenait un poids trop lourd pour une masse si délicate.

Si la pluie n'arrangeait rien aux circonstances mal choisies, le comportement de Faith devenait de plus en plus provocateur. Il faillit perdre l'équilibre, déconcentré par une proximité si évidente. Son attitude le laissait perplexe, il se força de rester de marbre. Ayant peur de céder à une tentation trop charmante pour être vraie. Il n'était pas capable de définir la brune qui se présentait à lui en ce jour où le soit-disant être supérieur semblait faire la moue. Il l'avait connu sous deux aspects différents: la pudique et la tigresse. L'ancien flic était presque prêt à parier qu'elle se jouait de lui, adoptant ses deux personnalités si distinctes. Elle lui plaisait, mais son comportement l'intimidait. Il ne l'avait pas connu sous cet angle de femme enfant dont la candeur était à la limite de traverser la ligne qui la séparait de la vérité. Son air candide était presque mignon. Presque. Il ne se laisserait pas envoûter par une attitude si superficielle. Le vent redoublait d'intensité, faisant valser les mèches brunes de son interlocutrice et dégageant cette odeur qu'il connaissait si bien.

« Oui oui, c'est très poétique tout ça. Allez viens, on se bouge sinon je sens que ton monologue va perdre de sa splendeur lorsque tu te retrouveras trempée de la tête aux pieds. Regarde moi ça ! Tu pointes déjà ! Non, mais j'hallucine ! Aucune pudeur ! »

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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Jeu 21 Fév - 21:03


« Mes taquineries auraient donc heurté ta sensibilité ? Tu m’en vois désolée. » Le mensonge ne faisait pas partie de ses habitudes. Une franchise brutale et dérangeante était même sa marque de fabrique. Mais lorsqu’il s’agissait de torturer l’égo bien trop imposant de Wayne à son goût, aucun scrupule ne la retenait plus. Salves punitives face à ce mélange subtil de misogynie et d’arrogance qui le caractérisait si bien. « Moi te supplier ? Dois-je te rappeler que tu viens juste de m’aborder ? Et ne tente pas de faire passer ça pour une tentative d’être courtois, tu ne serais pas crédible.» Ce que je comprends. Cette fois, il était allé trop loin. Pas besoin de croiser le regard noir de Faith pour le deviner. La simple idée de lui procurer une quelconque satisfaction en réagissant à sa provocation la dégoûtait. Elle battit des paupières puis un petit rire acide lui échappa. Un frémissement imperceptible parcourut sa mâchoire. Aucune brisure ne vint la trahir, sa voix jaillit sans un tremblement, tranchante de vérité. « Même pour toi, c’est bas. » Il n’y avait rien à répondre à ça. Tous deux savaient qu’il venait d’aborder avec une grossièreté évidente un sujet par trop sensible. A force de l’entendre déverser des propos haineux envers sa personne, sa voix avait finit par s’infiltrer insidieusement dans sa tête. Elle n’était pas certaine de supporter son mépris en cet instant. Où pouvait bien s’arrêter la provocation et commencer la vérité ? Elle ne pouvait que lui opposer que ce reproche empli de dédain. Après tout, elle n’avait pas à lui rendre compte des raisons la poussant dans les bras d’un homme plutôt qu’un autre. Pas même quand il était cet homme-là.

Certainement pas un ami mais pas non plus un étranger. Que savait-il au juste d’elle ? Rien qui ne l’autorise à la juger, en tout cas. Dans le meilleur des cas et si sa mémoire se révélait bonne, il pouvait prétendre connaître son corps. Peut être le souvenir d’une cicatrice ou d’un grain de beauté qui pourrait lui accorder une certaine autorité en ce qui concerne l’étude de son anatomie. Mais Wayne n’avait sûrement pas accès à son âme, pensait-elle. Et elle se mentait, évidemment. Au milieu de ces joutes orales puériles, de ces violentes étreintes, de ses propres fuites en avant, elle avait finit par distiller des bouts de son âme. Peut importait qu’il ne sache rien de sa ville de naissance et des raisons qui l’avait poussée à la quitter. Peut importait qu’il ignore tout de l’accident majeur de sa vie ou même de son métier. Son regard la transperçait de part en part exactement comme le faisait celui de Sean autrefois. Il la voyait telle qu’elle était, devinait sa nature profonde. Ne considérer leurs étreintes compulsives que comme l’expression d’un désir physique relevait de l’aveuglement le plus complet. En effleurant sa peau, Faith avait également prélevé un peu de son essence, regardé droit dans son âme. Toute la colère et la folie qu’elle lisait dans son regard encore à l’instant ne la ferait pas reculer. Elle pouvait tourner les talons, s’enfuir encore comme elle savait si bien le faire. Mais cela ne changerait en rien la détresse, la fureur de son désir envers lui.

Une bourrasque de vent vint brutalement soulever les mèches éparses de sa chevelure, les entrainant dans une course folle, tandis qu’elle soutenait le regard de son interlocuteur. Sa tentative de masquer les frissons que lui provoquait la rafale ne lui tira qu’un vague sourire moqueur. Soucieux de son image lorsqu’il s’agissait de lui masquer sa faiblesse face aux éléments, alors même qu’il revendiquait fièrement le titre de scélérat. Cette façon de placer son honneur était typique de Wayne. Il offrait aux autres le visage qu’ils voulaient bien lui donner avec une rage ironique. Peut être parce que suivant une logique qui échappait à la jeune femme, il se reconnaissait dans cette insulte mais pas pour les mêmes raisons. Ses raisons la laissaient froidement indifférente en cet instant, trop empêtrée dans son indécision pour s’en soucier davantage. Une fois de plus, elle haussait les épaules et se réfugiait dans un silence narquois. Fatiguée d’inventer des semi-vérités, de creuser sa mémoire à la recherche de mots suffisamment percutant, alors que tous deux savaient cette conversation vide de sens. Ils ne faisaient qu’alimenter une mécanique sans fin, rodée aux contacts d’autres êtres qui n’avaient rien de commun à celui qui leur faisait face. L’étendu de leur fol orgueil lui donnait le vertige. Jusqu’à quel point étaient-ils tous deux capable de s’épancher ainsi ? Par quoi pouvait bien ce conclure une telle confrontation ? Une étreinte ou des coups sûrement.

La jeune femme était encore trop écœurée pour prononcer un mot qui relancerait l’infernale machine. Les mots qui l’avaient touchée en plein fouet résonnaient encore dans sa tête lorsqu’une goutte d’eau vint s’écraser sur sa nuque, roulant lentement sous son encolure pour se frayer un chemin le long de sa colonne vertébrale. A ce contact, ses épaules tressaillirent en un long frisson sans retenue. A la différence des gestes, les mots avaient perdus de leur tranchant. Ils venaient mourir dans sa gorge avant qu’elle n’ait le temps de les prononcer. Dérisoires et laids. Comme ce discours qu’elle venait de tenir au creux de l’oreille de Wayne. Elle se laissait emporter par la fureur sourde qui sommeillait en son fort intérieur tandis que des trombes d’eau s’abattaient sur sa frêle silhouette. Son bouillonnement intérieur la préservait de la morsure de la brise et de l’eau, tandis que son malaise à lui paraissait de plus en plus évident. Et l’idée de le voir prisonnier de ses sensations humaines tandis que Faith, avec l’appui de son illustre parasite, maintenait un relatif contrôle sur son corps, plaisait infiniment à Aphrodite. Observatrice captivée, ravie du spectacle qu’ils lui offraient, distillant ses interventions avec une parcimonie paresseuse.

Il n’avait pas bronché au contact de sa peau sur la sienne bien qu’une lueur de surprise ait brièvement dilaté ses pupilles. Contrairement à Aphrodite, Faith ne tirait aucune gloire du trouble présent de l’homme, le mettant sur le compte du brusque changement de temps et non sur sa mince tentative de le déstabiliser. La pluie la forçait à plisser les paupières pour décrypter les expressions passant sur son visage. C’est à cet instant qu’elle réalisa que sa seule présence avait suffit à la détourner du reste du monde. Outre cette humidité ambiante qu’elle ignorait volontairement, elle avait finit par occulter les autres passants, cet étal contre lequel ils s’étaient appuyés et duquel on retirait la marchandise pour la soustraire à la pluie. L’espace de quelques instants, la jeune femme n’avait plus existé que pour sa tentative de moucher son insolence maladive. Son pas de recul les laissaient relativement proche l’un de l’autre. Suffisamment pour que l’haleine chaude de Wayne vienne caresser son visage tandis qu’il s’adressait de nouveau à elle. Le vague sourire qui agitait le coin de ses lèvres, souvenir de l’éclat de rire échappé après sa manœuvre pour le déstabiliser, s’éteignit au cours de sa tirade. Cette exhortation autoritaire à le suivre lui déplaisait terriblement. Elle n’avait pas envie de le suivre la tête basse, soumise à son bon vouloir. Mais la perspective de taper du pied et de rester plantée là sous la pluie diluvienne, à la manière d’une gamine capricieuse qui refuse de d’obéir aux ordres, ne lui plaisait pas plus. Encore une fois c’était une question d’égo et de balance des pouvoirs. Céder la répugnait, rester relevait de l’immaturité. Elle le détestait, en cet instant. Ne serait-ce que parce qu’il ne lui laissait aucun choix. Rien que la façon dont il s’adressait à elle suintait d’une condescendance qui la révoltait. Faith aurait voulu lui rétorquer qu’elle n’était pas une de ses poules dépourvues d’amour propre et le planter dans sa propre vulgarité en tournant les talons pour de bon. Aphrodite quant à elle, préparait déjà une réplique pleine de sous-entendus de sa voix chaude et sucrée. Elle se trouvait à la croisée des chemins. Lui masquant l’indécision qui devait transparaitre jusque dans ses yeux, elle évita son regard. Faith remonta le col de sa veste pour protéger sa nuque de la morsure du vent et de la pluie puis se dirigea d’un pas vif vers le premier porche d’immeuble pour s’y abriter, refusant de lui laisser le loisir supplémentaire de diriger la marche. Il devait bien assez jubiler de cette capitulation pure et simple.

Le dos contre la porte et provisoirement à l’abri des intempéries, elle relâcha enfin la pression. Acceptant avec un petit rire nerveux, les longs frissons venant enfin secouer sa colonne vertébrale. Ses lèvres effectuèrent l’esquisse d’un tremblement à leur tour tandis qu’elle examinait l’ampleur des dégâts, sans daigner se soucier de savoir si Wayne l’avait suivie jusqu’à son refuge dérisoire. Sa robe était effectivement imbibée d’eau, se collant à son corps comme une seconde peau glaciale qui laissait peu de place pour l’imagination. Ses cheveux détrempés ruisselaient sur son front et dans son cou sans discontinuer. Elle ramassait sa chevelure sur le côté en une tentative désespérée pour les essorer lorsque ses yeux se posèrent sur des chaussures masculines pointées dans sa direction. La jeune femme gardait la tête obstinément baissée, lui refusant le droit de croiser son regard à nouveau. Sa chemise humide lui collait également à la peau, de ce qu’elle pouvait voir, et tout comme elle, un léger tremblement secouait ses mains. Faith priait pour qu’il daigne se taire pour une fois, qu’il laisse simplement le silence couler doucement sur eux, ne serait-ce qu’une poignée de secondes. Ce répit pourrait se révéler plus que salvateur pour son esprit passablement confus. L’écho de ses propres inspirations semblait démultiplié par le bruissement de la pluie sur les pavés d’une rue depuis longtemps désertée par ses passants. Le reste de sa pensée vint briser ce silence qu’elle avait pourtant tant souhaité, formulé avec tout l’amusement dont Aphrodite était capable.

« Et bien entendu, s’il ne doit rester plus que deux abrutis trempés et frigorifiés dans les rues de New-York, il faut que ce soit nous… »
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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Dim 24 Fév - 13:02

La fatigue envahissait son esprit trop occupé à essayer de discerner un bout de sein de sa partenaire, plutôt que d'écouter ses propos. Ses paroles blessantes à côté de ce qu'il avait pu déjà entendre et encaisser, le touchait d'une façon qu'il ne saurait expliquer. Son intérieur bouillait. Il aurait voulu effacer de sa mémoire ses répliques cinglantes dont la véracité n'était plus à prouver. C'était bien ça le problème. Ce que Faith disait était vrai, mais le fait que ses mots glissent entre ses lèvres à elle provoquait un goût amer qu'il n'avait pas connu jusque là. L'obligation de lui faire voir le contraire, de lui prouver qu'elle avait tort se montrait insistante, mais son orgueil et sa fierté de mâle limite misogyne l'en empêchait. Il se disait scélérat, mais en réalité il souffrait. Tout simplement. Si son cœur s'avérait être de pierre, jamais il n'aurait pu éprouver de tels sentiments si intenses pour cette femme. "Le scélérat a ses vertus, comme l'honnête homme a ses faiblesses." S'il aurait vraiment voulut être perfide jusqu'au bout, il n'aurait qu'à utiliser la seule chose qu'il sait bien faire: les illusions. Remplir l'âme de cette femme de chimères où il serait le protagoniste. Un scénario mis en place par ses propres moyens et lui montrer ce qu'il était vraiment. La difficulté de le dire était bien plus complexe que celle de la démonstration. Faire voir à ses rétines ce qu'elles ne pouvaient pas voir toutes seules. Et pourtant, il n'en faisait rien. Il ne voulait pas l'aveugler, il ne voulait pas forcer le destin. Chaque chose en son temps. Ses pensées se dirigeaient vers cette option, mais il n'était pas vraiment prêt à s'engager. Si c'était la solitude qui fallait combler, le fait de se sentir désiré par d'autres femmes était lui aussi un besoin vital. Il ne pouvait pas s'en passer, pas comme ça, pas pour une seule. Une seule qui n'était même pas capable de voir plus loin que le bout de son nez. Wayne se questionnait sur la valeur véritable de ses envies. Si ça en valait la peine. S'il serait prêt à nouveau à partager sa vie, son cocon, son espace avec une femme. Son quotidien en serait complètement bouleversé. La douleur était encore trop imposante, la cicatrice brûlait encore. « Tu me reproches tant de choses... tu es loin d'être une sainte. Regarde, tu es aussi bien douée que moi pour faire preuve d'hypocrisie. »

Ces mots avaient dérapé de sa bouche. Il fallait en entendre plusieurs sous-entendus dont le principal n'était autre que: "ne prends pas au premier degrés ce que j'ai pu te dire depuis le début". Bien sûr, son amour-propre en prendrait un coup. « Maintenant tu vas m'en vouloir de faire preuve de politesse ? Tiens donc, c'est marrant, ça ne te gêne pas ma courtoisie sous la couette pourtant. » Il crachait son venin comme il le pouvait. Ce n'était que l'apparence d'une carapace forgée par le temps et trop épaisse pour être brisée. Creuser en profondeur n'apporterait rien à part un homme torturé et en colère avec la vie. Il ne pourrait jamais faire marche arrière et changer le cour des choses. Peut-être qu'il aurait était un autre homme, mais avec des "si" on refait le monde. Le sorcier était doté de qualités qui n'apparaissent pas souvent, quasiment jamais à vrai dire. Ses défauts étaient tellement considérables qu'ils ne laissent aucune place à un petit rayon de soleil qui aurait pu faire renaître cet espoir longtemps perdu. Il aurait certainement refait les mêmes erreurs. Il s’apitoyait sur son sort le soir venu. Loin des regards curieux, loin des préjugés. Cet homme n'avait besoin que d'une seule chose: une épaule sur laquelle se reposer, mais même ça, ça lui semblait inimaginable. Sa mégalomanie emportant toujours sur son coeur.

La température de son enveloppe corporelle chutait à mesure que le froid envahissait son épiderme. Passant à travers la fine couche de tissu qui recouvrait son corps. Il avait sur lui un manteau assez épais qui le protégeait un peu, mais la pluie ne venait arranger rien à cette situation délicate. Il tremblait, il ne s'en cachait plus. Il était trempé, de la tête aux pieds. Il observa Faith qui avait déjà eu l'initiative de se cacher sous le porche d'un immeuble. Il la suivit, presque en courant. Le gel de ses cheveux avait fait une jolie catastrophe sur ses joues, dégoulinant et rendant son visage assez collant. Elle resta la tête baissée, l'ignorant. Elle s'en foutait pas mal s'il l'avait rejoint ou pas. L'atmosphère devenait tendue. Après sa réplique, il eut presque envie de lui demander si elle ne pourrait pas les inviter à boire un petit café chez elle, mais il n'avait aucune idée de l'emplacement de sa maison et trouvait cela plutôt déplacé. Malgré tout, ça ne l'empêcha pas de tenter le coup. « Pourquoi n'allons-nous pas chez toi ? Cela nous empêcherait de mourir d'hypothermie ! » Il ne le pensait pas vraiment, il n'en avait pas vraiment envie non plus. L'idée de rester ici avec elle, même sous ce froid glacial n'était pas pour lui déplaire. Cela avait ses avantages. Il pourrait jouer les hommes charmants. Vous savez, les gars là qui se plient en deux pour plaire à une femme. Cependant, le geste qu'il eut envers elle était à la limite du naturel. Il se saisit de son manteau et l'entoura autour de ses épaules. Après ce comportement étonnant, il ne put s'empêcher d'exprimer sa surprise. Il se retrouva en t-shirt pour les beaux yeux de Faith. Le pire, c'est que son attitude avait été naturelle, il ne s'était même pas posé la question. Il le regretta. Il avait maintenant l'impression d'avoir ouvert le passage entre le perfide et le sensible. Lui laissant involontairement le loisir d'apprécier sa vraie nature. En espérant qu'elle ne se rende pas compte, Wayne alluma une cigarette. Il avait toujours cru que cela réchauffait psychologiquement.

L'ancien flic se sentit mal à l'aise. Ce geste pourtant anodin avait eu un goût d'inconnu. Ce n'était pas dans ses habitudes d'agir de la sorte. Il s'était toujours montré affectif, dans le sens charnel, jamais dans le sens qui révélerait de réels sentiments. Il traumatisait, devenait paranoïaque. Cela ne signifiait rien. Il se devait de le souligner. « Je... Je ne voulais pas que tu ais froid. Et puis tu sais je ne suis pas très frileux. » Il tira sur son bout de nicotine, essayant en vain de cacher ses frissons. Les poils de son bras se hérissaient au moindre contact d'une brise fraîche. Il s'éloigna de l'entrée du porche et tenta d'ouvrir la porte de l'immeuble, il fallait un code. Il se retourna alors vers Faith, dénué de toute expression, il mit son don à l’œuvre. Il lui donna l'illusion de la chaleur, de se trouver dans un lieu utopique pour qu'elle se sente mieux. Après cela, elle aurait eut simplement l'impression de perdre l'esprit et se questionnerait sur cette absence, mais ne devrait pas le pointer du doigt. Du moins l'espérait-t-il. Il semblerait qu'il ne connaissait rien à son sujet et que la demoiselle sache plus de choses qu'elle ne voudrait le faire savoir. Il ne savait que faire, il n'allait pas passer sa journée à jouer aux magiciens. Il s'arrêta alors, continuant de fumer, le regard dans le vide. C'était fou comment leurs âmes pouvaient être en connexion lors des ébats, mais en totale opposition lorsqu'une conversation s'imposait. Ses questions étaient si dépourvues de tact, que le silence était la meilleure des solutions. Il n'était pas de nature curieuse, mais il aimait bien en savoir plus sur ses interlocuteurs pour au moins essayer de les comprendre. Ce n'était pas tâche facile lorsque l'interlocutrice en question, ne lui accordait même pas une once de sa confiance. Il n'avait rien à perdre, à part un petit plus encore du peu de considération qu'elle lui portait. C'était perdu d'avance de toute manière. « Pourquoi ? » Il ne réussit à rien dire de plus, haussant les épaules et retrouvant son air décontracté, il se contenta de lancer: « C'est bon, oublie, ça n'a pas d'importance. » Dieu ou l'être supérieur qui vivait là-haut, traduisait sa colère par des éclairs dont le bruit fit sursauter le sorcier. Il se sentait à nouveau ridicule, mais au moins il espéra que la jolie brune soit surprise par ce tonnerre et oublie sa tentative de discussion. Wayne écrasa sa cigarette, et se gratta le menton, passant la tête pour observer le ciel qui devenait de plus en plus sombre. La nuit allait être rude et pour l'instant il n'y avait aucune solution à l'horizon. « Dommage, j'habite trop loin sinon je suis sûr qu'on aurait pu se réchauffer en quelques secondes. » Il lui adressa un sourire, plutôt coquin.

Il contempla les rues s'étendant devant leurs yeux. Le marché avait disparu, comme engloutit par le vent et la pluie. Les catastrophes naturelles avaient tendance à effrayer l'Homme. Des déchets dansaient au rythme de la brise et quelques fruits s'étaient malencontreusement glissés dans les égouts. Les marchands étaient partis, sans laisser de trace. Effectivement, les deux abrutis restant ici n'étaient autre que Wayne et Faith. Tremblant sous les effets du temps et se lançant des sarcasmes enfantins. Continuant de dissimuler leurs véritables envies sous des couches épaisses et remplies de sous-entendus. Le sorcier appuya son dos contre le mur de l'immeuble et se passa une main dans les cheveux pour les mettre en ordre. Il constata une fois de plus la beauté dont pouvait faire preuve sa jolie voisine. Même sous une pluie torrentielle, elle était terriblement appétissante. Il n'arrivait cependant plus à discerner les deux personnalités de la jeune femme. Il avait comme une impression qu'elle avait changé un tant soit peu depuis quelques minutes, mais il ne fit aucune remarque. Au loin, une ombre se détacha de l'obscurité qui régnait sur les ruelles. Le jeune homme se mit sur ses gardes. Se remettant droit comme un "i" et jetant des coups d’œil de temps en temps à sa partenaire. Il sentit son instinct de justicier renaître à nouveau et s'apprêtait déjà à sauter au cou de l'inconnu.

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MessageSujet: Re: Turning Tide. Pv Faith   Lun 25 Fév - 3:21

Le feu et la glace. Les regards de Wayne la brûlaient littéralement, elle les sentaient posés sur sa gorge palpitante, fouillant son décolleté sans retenue ni décence. La zone explorée se consumait de cette exposition prolongée, altérant la lucidité de la jeune femme. Mais à chaque fois que cette chaleur venait se communiquer au reste de son corps, chatouillant son âme au passage, une chape de glace venait refroidir ses ardeurs. Répliques cinglantes, précises, ne manquant jamais leur cible. Les mots blessaient comme jamais lorsque c’était lui qui les maniait. A chaque fois que ses lèvres s’agitaient, c’était comme si la pluie s’insinuait plus profondément en elle. Sensation douce-amère qu’elle n’était pas certaine de vouloir voir disparaître un jour. Chaque gifle, chaque morsure infligée par ces tirades haineuses la rattachait plus profondément encore à la vie. Faith comme Aphrodite, avait traversé une partie de sa vie dans l’oubli le plus complet du reste de l’humanité. Deux fantôme déchus d’un passé glorieux. Cruels souvenirs d’une époque où la jeune texane percutait volontairement des passants de l’épaule ou du coude, camouflée derrière une immense écharpe, juste pour vérifier que son corps ne s’était pas désagrégé dans son sommeil. La cruauté et le désir de Wayne déferlaient sur elle comme de violentes décharges électriques, la laissant chancelante et à bout de souffle. Mais à chaque fois plus intensément vivante qu’avant. Et pourtant, elle repoussait de toute son âme la démesure de ce sentiment. Les restes chancelants de son éducation protestaient face à ce ravissement de son âme. Mais l’influence divine lui soufflait qu’aucun manichéisme ne devait entacher cette relation. Evidemment que tout cela reposait sur une montagne de mauvaises intentions et de non-dits, mais ils n’en étaient pas fondamentalement mauvais pour autant. Pas encore du moins. Pas tant que cette sensation de chaleur parviendrait à sauver leurs âmes de la vacuité de leur existence. La lisière entre ce qu’ils prétendaient être et ce qu’ils savaient être semblait tellement fine, tellement fragile parfois. Parce qu’ils prétendaient, évidemment. Pas besoin d’avoir le divin entendement d’Aphrodite pour comprendre que l’insolence et le prétendu misanthropisme des deux jeunes gens étaient une façon comme une autre de préserver un égo trop souvent meurtri. Sans parler de l’ombre d’une solitude pesant continuellement sur leurs épaules.

Elle avait accueillit dans le silence le plus complet les deux remarques précédant l’exhortation à se mettre à l’abri de Wayne. Haussant brièvement les épaules avec un air absent, lui signifiant ainsi que si elle ne niait pas la véracité de ses propos, ils la laissaient indifférente. Bien sûr, que tous deux baignaient dans l’hypocrisie et la mauvaise fois jusqu’au cou. Elle, crachant de venimeuses paroles auxquels elle ne croyait qu’à moitié. Et lui, retraçant sans cesse ses capitulations physiques et ses incohérences verbales. Parce que Wayne prenait un malin plaisir à lui rappeler que malgré toute sa hargne, elle s’abandonnait entre ses draps à chaque fois, ou presque. Peut être n’était-elle pas la seule à sentir qu’elle avait des choses à prouver face à l’insistance avec laquelle il rappelait cet état de fait. Ainsi, il avait choisit de la suivre. Les effluves de parfum en provenance de sa gorge mouillée de pluie vinrent taquiner les narines de Faith. Elle déglutit. Sa nuque ployait sous le poids de cet air chargé en électricité, seul moyen de maintenir un semblant de contenance. Elle aurait voulu se couler contre lui, sinueuse comme ces gouttes d’eau qui se glissaient le long de son torse. Réchauffer son corps au contact du sien pour enfin laver leurs âmes des horreurs déversées. Seuls les gestes pouvaient les sauver de cette morbide fascination pour la cruauté. Mais elle était pétrifiée de peur. Peur de sa réaction, d’un éventuel rejet ou au contraire d’une capitulation trop rapide. En vérité, elle aimait cette tension parce qu’elle pouvait s’y cacher toute entière. L’ambiance semblait plus que jamais propice au secret et au silence, deux domaines dans lesquels elle excellait.
Au fur et à mesure qu’elle recouvrait son calme, son corps ressentait plus durement l’humidité frigorifiante de ses vêtements. Imbibés d’eau, ils gênaient le moindre de ses mouvements tout en lui conférant la désagréable impression de ne plus constituer un rempart suffisant entre sa peau et les rafales de vents. L’esquisse de tremblement qui avait secoué ses lèvres s’amplifiait tandis qu’elle croisait dérisoirement les bras sur sa poitrine dans l’espoir de gagner un peu de chaleur. Les mots d’Aphrodite semblèrent flotter dans l’air, l’espace d’un instant, avec pour toute réponse le bruissement continuel de la pluie se déversant sur l’asphalte new-yorkais. Silence durant lequel Faith s’étonna quelque peu de voir ses mots dépasser sa pensée. Proposition jetée du bout des lèvres, trahissant son peu de conviction. Les cils baissés de la jeune femme frémirent. Mauvaise idée. Elle ne pouvait pas, à cause de Sesta. Concilier ces deux parts de sa vie lui semblait inconcevable. La simple idée de présenter Wayne à la métamorphe squattant son canapé lui donna vaguement envie de rire. Attraper une pneumonie était mille fois préférable que ce moment gênant en perspective. Non, en réalité, elle ne voulait pas. Se sentir chez soi quelque part est un véritable challenge pour des êtres déracinés tels que Faith. Si son attachement à ce logement au décor dépouillé était limité, il n’en restait pas moins un point d’attache, une bouée à laquelle se raccrocher lorsque la solitude et la détresse devenaient trop importantes. Laisser Wayne en franchir le seuil n’avait alors plus rien d’anodin, cela revenait à le faire rentrer dans son semblant de vie par la grande porte. Dans un sursaut de panique, elle bâillonna cette force irrationnelle qui une fois encore tentait de prendre les commandes de sa vie, la guidant sur des chemins qu’elle n’approuvait aucunement. « Pas chez moi. » Sa voix avait claqué avec plus de force quelle ne l’avait voulu. « Je doute que ma colocataire et toi ne vous entendiez. » s’entendit-elle se justifier d’un ton plus doux.

Le contact des deux mains de Wayne sur ses épaules la surprit au milieu de ses tergiversations. Elle redressa brusquement la tête pour enfin ficher ses yeux dans la mer insondable de ses pupilles. Trop habituée à le côtoyer pour ne pas s’étonner de ce geste, elle eut cependant la délicatesse de resserrer les pans du manteau autour de son corps sans un mot, au lieu de redémarrer une nouvelle lutte stérile. Il se dégagea, ses doigts émettant le tintement familier d’un briquet que l’on allume. La nervosité que dégageaient ses gestes le trahissait. Faith devinait déjà que ce geste n’avait rien de naturel pour lui avant même que sa maladroite justification ne lui parvienne. On ne pouvait définitivement pas décrire Wayne comme quelqu’un qui se souciait. Il piétinait les convenances, provoquait ses interlocuteurs, conquérait les femmes et savourait égoïstement son butin avant de partir dans une nouvelle quête. Un butor largement assumé et certainement pas un gentleman. Elle le regarda tirer sur sa cigarette, ses bras nus parcourus de longs frissons qu’il peinait à lui dissimuler.

« Merci. »

Il rodait à la manière d’un animal en cage sous ce porche. Tantôt il s’écartait d’elle pour allumer une cigarette tantôt il tentait d’ouvrir l’un des battants de la porte contre laquelle la jeune femme était appuyée. Ce n’est qu’une fois qu’il cessa de remuer que Faith réalisa qu’une vague de chaleur baignait son corps pourtant complètement trempé. Ses sens confus mirent cette sensation sur le compte du manteau qu’il lui avait cédé, redoublant sa reconnaissance au passage. Mais la sensation disparut rapidement à son grand désarroi et son corps redevint une vaste étendue de chair frissonnante et humide. Ne lui restait plus alors qu’à mettre cette brève impression sur le compte de son esprit irrémédiablement détraqué par le manque de sommeil et les amnésies à répétition. Mais Wayne ne lui laissa pas le temps de s’apitoyer sur sa démence, faisant de nouveau frémir l’air d’une énigmatique question.

Pourquoi. Mais pourquoi quoi Wayne ? Pourquoi la pluie, pourquoi nous, pourquoi ce geste ? Pourquoi quoi ? Lui-même ne semblait pas réellement connaître le sens de sa question. Cependant, elle ne comptait pas le laisser s’en sortir comme ça. L’occasion de nouer un semblant de conversation était trop alléchante face à cette tension grandissante. Difficile alors d’oublier une telle question dans de pareilles circonstances. Elle tendit le cou, tentant de capter son regard. Un craquement sourd déchira le ciel, lui arrachant une petite exclamation de stupéfaction. Le dépit provoqué par cette marque de surprise la poussa à reprendre le dialogue là où il l’avait laissé, quitte à relancer ce ton sarcastique qui leur était si cher : « Mais je t’en prie, ne fais pas ton timide avec moi. Qu’est ce que tu veux savoir ? »

La proposition suivante fut accueillit avec une pointe de soulagement. Elle rétablissait une sorte d’équilibre entre les deux jeunes gens, les ramenant sur un terrain bien connu. Faith se coula avec une certaine satisfaction derrière une attitude plus légère. Voir les masques tomber l’espace d’un instant l’avait trop profondément troublée, un retour à la norme aussi court soit-il lui semblait alors plus que salutaire. Et pourtant, la déclaration sonnait différemment à ses oreilles comme si le ton de la plaisanterie s’atténuait au contact de l’ambiance particulière de l’instant. Lui donnant une dimension plus crue encore. « Mais qui a dit que nous ne pouvions pas trouver des moyens de nous réchauffer ici ? » une lueur trouble dansait dans le regard de la déesse tandis qu’elle parvenait enfin à détacher son corps de la porte lui servant d’appui pour se tourner complètement vers Wayne. Mais la réponse tomba à plat tandis qu’un nouvel éclair zébrait le ciel. Encore étourdie de sa propre audace, Faith ne comprit pas immédiatement l’absence de réaction de son interlocuteur. La tension se dégageant du corps de l’homme était tellement palpable qu’elle finit par la ressentir à son tour. Silhouette surgie de nulle part et qui fonçait droit sur eux malgré les éléments déchainés. La désagréable impression de voir son destin avancer inexorablement vers elle la saisit à la gorge. Il y avait quelque chose de résolument menaçant dans la façon dont cette personne se dirigeait en leur direction.

« Ah ben, on ne perd pas de temps, dis moi chérie. »

Les traits de l’individu étaient à peine devenus visibles qu’il l’apostrophait avec des accents de fureur, hurlant presque sous l’averse qu’il bravait pour les rejoindre. Il s’arrêta à la limite de leur futile abri, ignorant volontairement Wayne pour mieux toiser la jeune femme de toute sa hauteur. De là où elle se tenait, Faith pouvait sentir son haleine empestant d’alcool. Il la détailla des pieds à la tête, en prenant soin de s’attarder sur les parties découvertes de son anatomie. Une peur insidieuse s’insinua dans les entrailles de la jeune femme tandis qu’il faisait encore un pas dans sa direction. Une lueur de folie pure et dure dansait au fond de ses pupilles dilatées lorsqu’il se saisit brusquement du bras de la jeune femme en s’exclamant « Ne fais pas celle qui ne me reconnaît pas, j’avais pas l’air de trop te déplaire hier soir, pourtant… » Comme pour appuyer sa déclaration il passa son autre main à l’intérieur du manteau de Wayne, extirpant de la poche de la jeune femme un téléphone portable avec un air triomphal : « Si tu tenais à te sauver ‘fallait pas te planter de téléphone, chérie ».




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