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 Stockholm Syndrome [PV]

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↳ Citation : « L'enfer c'est moi. Ce sang qui inonde mes veines, cette chair qui harnache mon squelette, cette cervelle qui s'embrouille. Ces pulsions, désirs impérieux, douloureux, qui commandent mes actes. »
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MessageSujet: Stockholm Syndrome [PV]   Dim 20 Jan - 22:10


stockholm syndrome
jilted lovers and broken hearts
I wont stand in your way. Let your hatred grow. And she'll scream and she'll shout and she'll pray. And she had a name yeah she had a name. And I wont hold you back. Let your anger rise. And we'll fly and we'll fall and we'll burn. No one will recall no one will recall. This is the last time I'll abandon you. And this is the last time I'll forget you. I wish I could. Look to the stars. Let hope burn in your eyes. And we'll love and we'll hope and we'll die. All to no avail all to no avail. © WILD HEART

Elle avait bien cru ne jamais sortir de là. Qu’ils les laisseraient moisir comme des rats jusqu’à la fin de leur misérable existence. Regrettant presque l’estrade, et la torture d’envoyer de parfaits inconnus à l’abattoir en affichant un rictus carnassier. Préférant cette vague de mépris fusionnant avec une crainte certaine au sentiment infect de ne plus être perçue que comme un vulgaire déchet inoffensif. Le temps semblait alors en suspens, les aiguilles de son horloge dangereusement figées sur sa si cuisante défaite. Elle en avait perdu toute notion, s’enlisant dans des abysses sans fond. La chair déchirée, les os brisés, la poupée disloquée avait attendu son heure dans l’ombre. Humiliations perpétuelles se contentant de la frôler sans la froisser tant elles en devenaient répétitives. Enveloppe déchue à nouveau faite de braises et de cendres, réussissant à se faire oublier à force de raser les murs putrides. Elle s’était d’abord enfermée dans un profond mutisme lorsque l’effroyable sentence avait grésillé dans les haut-parleurs du marais. La délivrant de l’arène dans laquelle elle avait été jetée en pâture pour la jeter dans un tout nouvel Enfer. Usage de la parole qu’elle avait fait mine de ne plus maitriser, marmonnant seulement dans sa langue maternelle quelques insultes les premières semaines. Encaissant la douleur comme autrefois, ravalant les sanglots jusqu’à ce que sa trachée en soit obstruée.

Haine viscérale tenaillant ses bribes d'espérance d'un avenir meilleur. Elle Lui en avait voulu, il y a des siècles, de ne pas l’avoir empêchée de trahir son ainée par n’importe quel moyen. De l’avoir observée souffrir dans son coin, jusqu’à ce que ses limites les plus extrêmes soient atteintes et que sa langue se délie toute seule. Cette fois, elle L’avait profondément détesté pour ne pas l’avoir achevée. Cela aurait été tellement plus simple. Tellement plus supportable que de regarder son existence dorée partir en miettes, et que de sentir la honte l’encrasser pitoyablement. Souvenirs atroces se répétant à l’infini, d’autant plus ancrés dans son esprit qu’ils les avaient contraints à revoir encore et encore les mêmes images accablantes. Sa victoire de pacotille, Il la méritait. Le sang semblait avoir pris possession de Son épiderme, s’y étendant presque lascivement à chacun de Ses massacres. Jeux macabres qui ne faisaient que révéler au grand jour la nature profondément enfouie de l’être humain. Egoïsme instinctif l’emportant sur toutes les autres considérations éthiques.

Elle avait cru ne jamais sortir de là, et puis tout s’était accéléré. Panique généralisée dans chacune des zones qui leur avait ouvert la brèche pour s’enfuir. Gardiens tortionnaires trop occupés à courir après un vieux fou pour les surveiller correctement. Une part d’elle avait hésité, courbant naturellement l’échine par peur qu’un mal plus grand ne s’abatte sur elle. Rapidement piétinée par celle qui ne supportait plus de purger si arbitrairement sa peine. Lassée de trimer et d’encaisser sans broncher pendant que les plus meurtriers des élus se vautraient dans le luxe et l’opulence. Ils ne se connaissaient pas, ils ne se seraient même surement jamais adressé la parole dans d’autres circonstances. Mais l’injustice rapprochait par la force des choses. Au moins pour quelques temps. Jusqu’à ce qu’on les rattrape et qu’on leur fasse payer au centuple leur cavale. Ils étaient parvenus à rejoindre la zone 3 au bout de plusieurs jours, se réfugiant dans la première demeure isolée qui leur était passée sous le nez. Manoir hanté selon des légendes urbaines qui allait peut être leur permettre de tenir et d’éviter d’attirer les plus curieux. Jusqu'ici, cela semblait fonctionner. Effluves d’un temps ancien embaumant les lieux, ravissant ses sens autant qu’ils pouvaient les travailler. L’endroit ressemblait étrangement à celui dans lequel elle avait pu passer toute son enfance. Et l’emprisonnait dans un carcan de nostalgie dont elle ne parvenait plus à se défaire depuis leur arrivée.

Ses prunelles d’acier vinrent se percuter au miroir teinté de rouille. L’angoisse pétrissait ses entrailles, lui donnant la nausée. Elle avait passé l’âge de croire aux belles promesses, passé l’âge de se faire berner si aisément. Et pourtant… Elle s’était surprise à accepter le dilemme. Une infime part d’Elle, en échange d’une offrande qui viendrait plus tard. Cela n’avait aucune importance, on pouvait bien tout lui arracher si cela lui permettait de La retrouver ne serait-ce qu’un instant. Sauf que tout ça n’était rien de plus qu’une sombre mascarade. Dont l’ombre funeste dansait dans sa glace, lui rejetant son dédain à la figure. Chiara n’avait plus rien de la figure aimante dont le manque l’avait tant oppressée lorsqu’elle se confrontait à son reflet. Ricanant avant de s’évaporer dans les limbes, pendant qu’elle restait irrémédiablement seule de l’autre côté. Qu'elle se berce d'illusions ou non le résultat restait le même : ses plus douces réminiscences étaient désormais ravagées par l'acide.

« - Hey Cora ! Oh Coraaaa, t’entends ce que je te dis ?! »


Les prunelles claires daignèrent enfin se détourner de leur cible, détaillant la jolie rouquine en train de sautiller devant la porte. Elle avait surement écorché son prénom de fortune plusieurs fois avant qu’elle ne l’entende. Identité forgée de toutes pièces qu’elle aurait quasiment pu oublier, tant l’ancienne plantait férocement ses griffes au creux de sa poitrine pour s’exprimer.

« - Quoi, qu’est ce que t’as à être surexcitée comme une puce ?
- Tu devineras jamais... Ils en ont récupéré un deuxième ! Ce pauvre crétin errait dans les bois tout seul… Il n’a pas du inventer l’eau chaude celui-là si tu veux mon avis. Tu viens ? »

Un frisson meurtrier lacéra son échine en se remémorant ce qui était arrivé au ‘premier’. Peacekeeper plus téméraire que ses compagnons, suffisamment pour décider de fouiller leur repaire du moins. Mais pas assez intelligent pour avertir des collègues de sa présence dans l'antre du Diable. A lui seul, il avait payé pour les stigmates que leur avaient infligé tous les autres, et même davantage. Mais cela n’avait pas été suffisant pour calmer leur rage. Rien n’était jamais suffisant. Elle tremblait rien que d’y repenser. De remord, d’horreur. Et d’un plaisir inavoué et indécent…

« - Ah au fait, à propos du guignol… je crois que c’est lui qui était contre toi dans l’arène. C’est ton jour de chance ma vieille. »


Les paroles voletèrent jusqu’à ses tympans à l’instant même où elle s’engouffra dans la chambre voisine. Elle faillit chavirer, les palpitations agitées de son myocarde résonnant jusque dans sa boite crânienne. Lui donnant le vertige au point qu’elle dut se retenir au chambranle de la porte. Elle ne s’était pas préparée à Le revoir, et surement pas dans de telles circonstances. Certainement pas entouré de fauves n’attendant que de le dépecer et de le dévorer tout cru, même s’Il n’avait rien d’un agneau. Elle tenta de reprendre contenance, ses pupilles acérées s’amarrant à Sa longue silhouette. Attaché à une chaise comme une marionnette aux fils maladroitement enroulés autour de Ses mains et de Ses chevilles. Une grimace traversa l’albâtre de ses traits lorsque le coup de poing de l’une des deux brutes debout vint fracasser Son abdomen. Vu Ses bleus, et les filets écarlates suintant de Son nez, ils s’étaient déjà occupé du visage. Elle se fit violence pour rester stoïque, partagée entre deux envies complètement contradictoires. L’aider, les anéantir. Ou se venger, participer au futur carnage.

« - Tiens tiens… le grand méchant loup n’a pas trouvé de domestiques pour aller chasser à sa place ? »


Un sourire faussement mesquin se glissa sur ses lèvres abimées. Brisant la distance afin que ses doigts frêles puissent se glisser sous Sa mâchoire. Relevant ainsi Sa tête amochée vers elle, avec une douceur presque déplacée compte tenu de la situation.

« - A moins que tu ne sois venu adresser tes condoléances à la famille Hallward ? »


Lila Hallward, étouffée dans la boue après m’avoir sauvé d’une vipère…
Elle garda le contact un instant avant de Le relâcher, affichant une assurance purement factice tant elle pouvait être morte de trouille à l’intérieur. Pour Lui.


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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Lun 21 Jan - 21:26


Dans le silence ne résonnait que les soupirs d’une démarche mal assurée. Les ombres s’agrandissaient sur le sol dénudé à mesure que le soleil décroissait. Il y a quelque chose de lugubre dans les recoins de la zone 3, qui s’accentue encore plus lorsque le jour et la nuit se battent pour conserver leur place. Il a été chargé de surveiller la frontière, ou du moins ce qu’il pouvait en rester. Passant ses journées seul au pied d’un grillage n’effrayant plus personne. A contempler jusqu’à s’en user les rétines la misère de la quatrième zone. Les joies de la victoire. Il en avait profité, au début, goûtant aux délices de la reconnaissance sans se fixer la moindre limite. Ses sombres envies, il les a satisfaites à loisir, en conserve encore sur sa poitrine une vilaine entaille qui traîne à se refermer. Puis la lassitude et l’écœurement ont fini par faire leur entrée. Fatigué de la célébrité, du luxe et de tout ce qui accompagne un vainqueur des Hunter’s Seasons, il a fini par s’enfermer chez lui, à ignorer le reste du monde. Oubliant de se montrer présentable, aimable. Un loup bougon et facilement irritable. Il en a eu horreur de son appartement, de cette cage dans laquelle il s’était enfermé comme un fauve maladroit. Son plus grand malheur fut de voir revenir ses terreurs nocturnes. Fermer l’œil relevait du supplice à présent. Ses souvenirs ne cessaient de le tourmenter, lui rappelant sans cesse la violence et la perversité qui avaient pu le posséder durant ces jeux. Le monstre qu’il avait tenté de fuir pendant toute sa première existence, voilà qu’il était à présent sortit de sa cage. Et il le dévorait, un peu plus à chaque inspiration. A chaque battement de cœur, il le sentait, le venin qui nécrose ses veines. Et le doute horrible de L’avoir tué. C’est certainement cela le pire. Ce qui l’a poussé à délaisser le calme et l’opulence de la première zone pour se réfugier ici. Dans ces anciennes usines transformées en lofts, froids, gigantesques et pourtant plaisants. Refuge singulier trouvé dans la demeure d’une danseuse du Paradisio. Une camarade de curiosité d’abord, devenue une amie proche au fil des rencontres nocturnes. Une présence rassurante devenue nécessaire. Elle l’apaise, un bref instant, mais même sa présence à ses côtés ne parvient pas à calmer sa raison. Ou sa déraison, il ne sait plus.

Il lui avait promis de rentrer tôt, de ne pas s’attarder dans les lieux sombres de la zone pour laisser libre court à ses vils désirs. Il avait failli tenir sa promesse, s’y accrochant jusqu’au dernier instant avant de faire volte-face et de s’engouffrer dans la chaleur étouffante d’un bar miteux et douteux. Stain prenait le dessus sur le reste, ses vices se faisant plus pressants. Il n’en manquait plus qu’un pour parfaire totalement la liste déjà bien sombre de sa déchéance. Un seul, et il serait entièrement corrompu. Il ne se fait pas d’illusion là-dessus, la dernière part de lumière qui oscille dans son cœur finira par s’éteindre. Elle faiblit déjà, sans la certitude de La savoir en vie, elle se meurt. Diable que tu es ridicule. Il s’arrêta, titubant dangereusement il fut contraint de se retenir à un réverbère se trouvant sur sa route. Sa tête le tourmentait, ses jambes tremblaient sous son poids. Il se sentait mal et pourtant un sourire se dessina sur ses lèvres. Il la sentait, la chaleur délicieuse que l’alcool distillait dans le réseau de ses veines. Ses vapeurs l’enivraient plus que d’ordinaire. Il a pourtant apprit que sa résistance audit liquide était relativement élevée. Il avait augmenté la dose ce soir, suffisamment pour en ressentir les effets. Pas assez pour être totalement ivre. Entre deux sourires retenant un éclat de rire, il se passa la main sur le visage, remettant en place les mèches sombres venues se coller contre sa peau. A chaque fois qu’il croisait son reflet, il avait l’impression d’être revenu sept siècles en arrière. Inquisiteur de nouveau, la barbe grignotant ses joues tirait encore plus ses traits, les assombrissait. Le vieillissait.

C’est au prix d’un gros effort qu’il lâcha son appui de fortune et se remit en route. Le bruit irrégulier de ses pas le dérangeait. Résonnait dans le vide si fortement qu’il en était assourdit. Il fronça les sourcils, et farfouilla dans les poches de sa veste. Il y croisa des tas de choses, hésita à en extirper une cigarette avant de se raviser et de se lancer dans l’examen des poches de son jean. Un nouveau sourire, et il extirpa du tissu un trousseau de clés, qui lui échappa lamentablement des mains. Il laissa échapper un juron et se baissa pour les ramasser avant de se remettre en route. Une fois de plus. En temps normal la distance entre la frontière et le quartier résidentiel ne lui avait jamais paru aussi longue. Mais ce soir, elle semblait interminable. Et lui n’avait qu’une hâte : rentrer. I thought I saw you in a crowded place and now I see your eyes on every face… Sans vraiment s’en rendre compte, il s’est mis à fredonner la chanson, remettant ses mains dans les poches de sa veste, les clés fermement serrées entre son poing.

Il arriva devant les portes de la résidence peu avant que les derniers rayons du soleil ne disparaissent. Fébrile, il se battit avec les clés, tenta à plusieurs reprises de les glisser dans la serrure. Sa vision avait commencé à se troubler quelques mètres plus tôt. Et maintenant il réalisait qu’il avait peut-être un peu trop forcé, qu’il était comme tous les autres. Ses copains de beuverie d’une soirée. Au milieu du tumulte qui résonnait dans son crâne, il lui sembla percevoir quelque chose. Il s’immobilisa et tendit l’oreille. Alerte, malgré son état. Malgré la disparition de ses sens plus développés. Il eut juste le temps de faire volteface, d’agripper une épaule pour repousser son agresseur. Quand un second lui tomba dessus. Il aurait pu certainement prendre le contrôle de la situation, les dominer s’il n’avait pas été aussi éreinté. Possédé par ses vices. Encore défait par les jeux. Ce qui arriva après ça n’est qu’une vaste suite d’images floues et sans le moindre sens. La chaleur dans ses veines s’était atténuée, continuait de faire effet pourtant mais pas suffisamment pour masquer les élans douloureux qui lui dévorèrent les côtes quand il inspira. Ni pour masquer le goût du sang sur sa langue. Il ouvrit les yeux, contempla le plancher sous ses pieds et les tâches écarlates qui venaient s’y fracasser pendant un instant avant de lever légèrement la tête. Un élan de douleur lui traversa le crâne, il ferma les yeux, fronça les sourcils et grimaça avant de baisser à nouveau la tête. Il réalisa alors qu’il était incapable de bouger, attaché comme un chien sur une chaise bancale. Un râle d’affliction lui échappa quand le poing d’un de ses tortionnaires lui brisa le flanc. Il serra les dents pour retenir ses insultes. Les desserra quand le comique de la situation fit naître un éclat de rire sur sa langue. Hilarité démente, un brin forcée, qui brisa le silence malgré les picotements dévorant son crâne et ses côtes.

« - J’aurais dû me douter que mon fan club finirait par me tomber dessus. Pas aussi violemment bien sûr, mais c’est déjà ça » Lâcha-t-il entre deux éclats de rire, sa voix éraillée par l’ivresse. Contraint de relever la tête, il ravala sa douleur, serra encore un peu plus les dents et fusilla son nouveau tortionnaire du regard. Aucune panique ne venait assombrir ses traits, pas même l’ombre de la peur. Juste l’éclat fugace de la surprise. Dès que les effets des verres qu’il a pu ingurgité se seront dissipés, il réalisera sûrement qu’il est bien en plus en danger que ce qu’il peut penser.

« - Anna… Tu t’es trouvée de supers nouveaux amis. Tu dois bien te marrer avec eux » Il avait prononcé son nom avec une surprise presque enfantine, innocente. Il retrouva toute sa légèreté conférée par l’ivresse pour la suite de sa phrase, accompagné d’un sourire lourd de sous-entendus. Il avait toujours eu le sourire facile, plus encore dans cet état. Ce qu’elle put lui dire ne fit que traverser son esprit, le perturba l’espace d’une seconde avant de disparaître dans les volutes de son enivrement.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Mar 22 Jan - 19:05

La scène aux relents sadomasochistes lui paraissait tellement invraisemblable, qu’elle se demanda si son esprit tordu ne lui jouait pas encore des tours. Si elle n’hallucinait pas comme désormais chaque fois que ses iris croisaient son reflet. Si à trop survivre dans les ténèbres d’une cellule baignant dans la crasse, elle n’avait pas fini par se noyer dans ses élucubrations puériles. L’idée la fit vaguement sourire, avant de la ramener de plain-pied à la réalité. Elle dévisagea le prisonnier, scrutant plus que nécessaire Ses traits si séduisants, même abimés par des coups d’une rare férocité. Constatant un laisser-aller flagrant, la barbe sombre dévorant Sa peau avec une certaine hargne. Charme naturel inaltérable pour elle, y compris lorsqu'Il se mettait minable. Mais aucune faille dévoilée. Ni terreur ni angoisse, comme s’Il était déjà persuadé de s’en sortir. La même façade impassible que celle qu’Il avait arborée tout au long des combats, et qui était parvenue à lui glacer le sang en revoyant les images. Il n’était plus que son propre spectre. Sa poitrine tressaillit violemment, remplissant ses poumons de bile et d’aversion. Elle le relâcha avec brusquerie, s’écartant de Sa piteuse carcasse pour aller s’affaler en grimaçant dans l’un des fauteuils. Ses doigts se glissèrent distraitement sur l’une de ses jambes, endolorie par son immobilité précédente. Elle lui semblait faite de bois voire même de plomb tant elle la tiraillait au moindre effort. Reste encombrant de l’arène qui l’avait quasiment rendue invalide les premières semaines, soignée à l’arrachée par des barbares se moquant bien qu’elle puisse en perdre l’usage ou non.

Son haleine était chargée d’alcool. Elle l’avait senti juste avant de s’éloigner, et Son air hagard entrecoupé d’absurdes éclats de rire ne pouvait que le confirmer. L’espace d’un instant, elle eut l’impression de voir l’incarnation de son mari se dessiner sous ses yeux. Comme un vieux souvenir tapi dans l’ombre, qu’elle n’arrivait pas tout à fait à restituer. Lui et sa fâcheuse tendance à abuser un peu trop de la boisson, avant de rentrer dans un état second dans ce qui était supposé être leur maison. Parfois même accompagné, n’ayant pas terminé de se vautrer dans la luxure dans l’un de ces bordels qu’il pouvait affectionner avec tant de ferveur. Suffisamment dénué de considération à son égard pour ne plus lui épargner ses vulgaires conquêtes au domicile conjugal lorsque cela lui chantait au bout de plusieurs mois. Des siècles après, elle continuait de s’étonner qu’il ne lui ait pas transmis de quelconque maladie vénérienne, en se vidant entre les cuisses de toutes les souillons de passage. Simulacres de dignité sauvagement piétinés. Réduits à l’état de poussière sans le moindre état d’âme. Elle avait toujours cru, en dépit de la haine viscérale qu'elle éprouvait, que Lui ne l’aurait jamais traitée de la sorte. Qu’elle n’aurait pas eu besoin de fabriquer de l’arsenic pour se défaire de cette vie de misère, qu’elle n’aurait pas connu les affres de l’infamie. Mais en fin de compte, elle s’était probablement leurrée. Sa vie aurait peut être même été plus atroce encore, car son orgueil n'aurait pas été le seul à en pâtir. Venant de Lui, un tel comportement lui aurait littéralement broyé le cœur.

Fébriles, ses phalanges partirent à la recherche d’une cigarette. Manquant de ne pas parvenir à incendier la sphère salvatrice tant elle tremblait. Maladresse trahissant sa vive anxiété. Son palpitant semblait battre au creux de sa paume, explosant en éclats de verre sous son épiderme lorsqu’elle serrait le poing. Elle regrettait d’avoir les pensées claires, contrairement au capharnaüm qui devait sévir dans Son crâne. Convaincue toutefois que les volutes enivrantes ne l’auraient pas délivrée de ses vieux démons. Pour avoir souvent essayé d’ensevelir son chagrin dans les excès et la débauche, elle savait que la sensation de légèreté ne s’éternisait jamais. Et que la chute était rude. Vertigineuse même. Gouffre aussi noir que Ses yeux, aussi profond que sa détresse, laissant inlassablement présager un choc meurtrier. Elle inspira une bouffée, retirant la nicotine de ses lèvres lorsque Sa réplique vrilla ses tympans. S’amusant avec l’étincelle du briquet pour déguiser son trouble. Anna… Il était bien le seul à l’affubler du diminutif de son ancien prénom. Habitude anodine qui eut le mérite de l’attendrir, en dépit de la colère rugissant sous les plaies béantes grossièrement refermées. Il restait son cousin, même lorsqu’Il se comportait comme le roi des abrutis. Elle faillit ne pas Lui répondre. Hésitant à endosser le rôle de celle ne se sentant pas concernée et n’ayant affaire qu’à un étranger en train de divaguer.

« - Que veux-tu, c’était plus fort que nous, on a pas pu résister. T’étais tellement irrésistible avec ta sale gueule de pochetron mal rasé. Remarque vu ton état, mieux vaut éviter les lames, tu serais capable de t’égorger avec. »


Railleries sifflées avec arrogance qui lui firent aussitôt se mordre la langue pour se punir d'une telle méchanceté. C’était surement Sa manière de fêter sa victoire. Dilapider son argent dans ses vices, et se retrouver beurré comme un petit Lu du soir au matin. Moyen efficace pour ne pas avoir à trop culpabiliser du sort réservé aux perdants. Qu’ils soient enterrés dans une fosse commune ou se retrouvent à hurler jusqu’à s’en briser les cordes vocales dans leurs geôles pitoyables.

« - Vous ne croyez pas qu’on ferait mieux de le relâcher ? C’est juste un pauvre ivrogne en train de délirer, il crèvera tout seul dans son coin d’une crise de foie de toute manière. »

Elle fut la première étonnée lorsque ses paroles résonnèrent dans son organe auditif, tant elle ignorait dans quel camp se ranger depuis son entrée dans la pièce. Qu’Il se prenne une bonne raclée, dans le fond elle n’était pas contre. Estimant qu’Il ne l’avait pas volé et qu’après tout, Lui ne lui avait rien épargné. Mais elle savait qu’ils ne s’en tiendraient pas là. Que l’agonie s’étendrait durant des heures et des heures s’Il se montrait vaillant, et qu’ensuite il faudrait Le tuer. Pour conserver leur futile liberté. Et ça, elle s’y refusait obstinément. Feu ardent léchant ses organes vitaux de ses flammes rien que de songer à un monde dont Il ne ferait pas partie. Intrépide et audacieuse brûlure continuant de la ronger de part en part même après tout ce qu’ils avaient pu se faire mutuellement endurer. Et elle ne s’arrêterait pas, pas avant qu’elle ne retourne vraiment et définitivement à l’état de cendres putrides. Les dissuader de Le tailler en pièces n’était pas une possibilité. C’était une absolue nécessité.

« - Le foie ? Excellente idée, on devrait peut être commencer par là. »
Siffla l’un des deux hommes, brandissant une lame un peu trop étincelante et acérée à son goût. Pervers notoire qui n’avait perdu dans l’arène que parce qu’il s’était retrouvé face à pire que lui. Univers chaotique à l’ordre complètement inversé, auréolant les pires psychopathes de gloire au lieu de les enfermer. Elle se leva d’un bond, ignorant sa guibole meurtrie pour venir se poster entre Sa chaise et l’apprenti bouché prêt à entamer la découpe. L’une de ses mains se coula sur son torse, l’obligeant à reculer avec douceur avant de susurrer avec un sourire entendu : « - Je suis sûre qu’on peut trouver plus amusant que lui… » Pour illustrer ses propos, ses doigts vinrent ébouriffer Sa chevelure avec une désinvolture trop appuyée pour être vraie. Elle poussa son petit manège jusqu’à agripper Sa mâchoire comme elle l’aurait fait à un chien ou à un gosse pour l’énerver. Le ridiculiser pour Le protéger… elle doutait qu’Il soit apte à cerner la finalité de la chose.

« - Guère mieux qu’un chiffon. Au moins l’autre avait la force de se débattre. »


Le bleu translucide de ses prunelles s’ancra à Ses rétines avec insistance. Espérant qu'en dépit de son ivresse, Il comprendrait ce qu'elle essayait de faire. Avant de fixer avec aplomb l’élu déchu. Vaine tentative pour le rallier à sa cause avant de chercher l’appui des deux autres. Apparemment aussi peu convaincus que leur acolyte. Trop assoiffés de vengeance pour retrouver le chemin de la raison, à supposer qu’ils en aient jamais été dotés. Elle était consciente de s’adresser à des murs, se moquant bien que l’affrontement soit inégal après s’être plié de force aux jeux macabres du Gouvernement. Un vent d’expectative souffla dans la pièce avant que la voix glaciale du deuxième kidnappeur ne daigne briser le silence.

« - On a qu’à le faire dégriser.
- Ouais une douche froide, ça ne peut pas lui faire de mal.
»

Un toutou des tyrans au pouvoir, de surcroit gagnant des Hunter’s Seasons… Il allait lui falloir plus que des gestes suaves et des intonations séductrices pour les convaincre de Le laisser tranquille. La peur revint de plus belle, accélérant dangereusement son rythme cardiaque. La peur de ne pas faire le poids face à eux si elle Le défendait avec davantage de fermeté. Et tout simplement la peur écrasante de Le perdre. Si stupidement...

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Mer 23 Jan - 18:51


Derrière l’allégresse, un léger malaise commençait à pointer son nez. Tiraillant ses entrailles, titillant ses nerfs jusqu’à le rendre encore plus mal qu’il ne pouvait déjà l’être. Il se perdit dans les abymes bleutés de Son regard, des frissons glissèrent alors sur sa peau, gagnant en puissance quand Elle s’éloigna. La revoir, il l’avait espéré. Quand il se trouvait là comme un imbécile à surveiller une frontière facile à franchir à présent. Mais rien. Jamais. Pas même l’ombre fugace de Sa silhouette. Toujours emprisonnée, voire pire. Il le craignit jusqu’au dernier instant, jusqu’à ce qu’Elle ne fasse son entrée dans la pièce. Un poids s’était alors ôtée de sa poitrine endolorie. L’autorisant à respirer quelques secondes avant que ses poumons ne redeviennent de pierre. Atrophiés par les coups et ses propres abus. Dans son esprit embrumé, il parvint néanmoins à se trouver minable. Ridicule. Presque à mériter ce qui lui tombait sur le museau. Son sourire s’effaça, cédant sa place à un amer regret. Il l’avait perdu, cette autre part de lui. Et avait vu revenir avec horreur, la souffrance insupportable accompagnant les nuits de pleine lune. Il était même prêt à parier que c’était pire que tout ce qu’il avait pu endurer, au début, quand la malédiction lui était tombée dessus. Une nuit de râles et d’agonie, littéralement déchiré par le fauve tapit dans son ventre. Abandonné aux lueurs du jour, avec l’impression de revenir d’entre les morts. Il en tremblait encore tant cela avait été horrible. Regrettait d’autant plus ce qui lui avait été si sauvagement arraché. Il a passé l’âge pourtant de croire au conte et au marchandage supposé être magique. Pauvre imbécile berné par une douce promesse aussi invisible que le vent. Il serra les dents, jeta un regard anxieux vers la flamme du briquet, pourtant à bonne distance de lui. Il s’y était mis pourtant, à cette nouvelle drogue. Luttant contre sa phobie, sans grand succès au début. Apprenant à la contrôler du mieux qu’il le pouvait à chaque nouvelle cigarette. Mais là, Son manège le mit mal à l’aise. Le dégrisa légèrement. Il mit un court instant avant de réagir à Ses paroles. Laissant réapparaître son charmant sourire. Parcouru la pièce du regard, s’attardant sur la rouquine, brièvement sur les deux hommes pour finalement revenir se poser sur sa cousine. Il La scruta un moment, incapable de savoir de quel côté elle se rangeait. Incapable de penser sérieusement, ou au mois d’établir un raisonnement cohérent. Pensées sans queue ni tête qui se bousculaient contre son crâne jusqu’à le rendre plus douloureux qu’il ne pouvait déjà l’être.

Son sourire se crispa quand l’un des types sembla touché par la grâce, une idée de génie traversant son petit cerveau. Il serra les dents, le regarda s’approcher du coin de l’œil, son regard s’assombrissant encore un peu plus.

« - Elle a raison. Mais on peut prévoir la séance d’anatomie pour un autre jour » Lâcha-t-il avec une légèreté feinte, serrant les poings jusqu’à s’enfoncer les ongles dans ses paumes. De colère, une rage vaseuse conférée par le venin rugissant dans ses veines. Le poussant à se montrer suicidaire. Il laissa un léger soupir s’échapper, rassuré malgré tout qu’Elle s’interpose. Interprétant d’un mauvais œil Sa manœuvre pour éloigner l’apprenti boucher. S’assombrissant encore plus quand Elle le prit pour un gentil caniche, docile et bien éduqué. Crispée, sa mâchoire devint douloureuse. Il La toisa, s’il avait pu La mordre il l’aurait certainement fait. Trop à côté de ses moyens pour seulement apercevoir le but de ce manège avilissant. Acolyte de perdants à la rancune tenace irritant ses nerfs, tirant sur une corde déjà bien tendue à tel point qu’il se surprit à la ranger dans le même sac que les autres. Il les aurait presque oubliés, les autres si seulement une idée stupide n’était pas venue se fracasser contre ses oreilles. Au milieu des bourdonnements et du raffut de son sang.

« - Ou le laisser rentrer chez lui, où il doit être… » Il failli rajouter quelque chose mais se mordit la langue avant que les mots ne sortent. Il venait de se rappeler qu’il tentait de rentrer chez ‘lui’ avant qu’ils ne lui tombent dessus. Il parcourut de nouveau la pièce du regard, n’y trouva personne d’autre que ceux déjà présent. Il n’avait plus sa veste. Plus de clés. Les doigts de la panique chatouillèrent ses côtes. Il craignit pendant un instant d’avoir mis sa colocataire en danger. Un signe de tête de la part de celui qui semblait être le leader, et le boucher revint vers sa proie. Défit les liens entravant ses poignets et ses chevilles d’un seul geste tant sa lame était affutée. Il massa ses articulations endolories et lâcha un grognement mécontent que la poigne de fer de l’apprenti chirurgien agrippa sa tignasse, l’obligeant à se relever. Il tangua, ses jambes manquant se briser sous son poids, incertaines. Il se laissa guider sans trop résister, plus concentré à mettre un pied devant l’autre qu’à comprendre ce qui pourrait advenir. Son cœur se mit à battre plus violemment contre sa poitrine quand ils se retrouvèrent dans la pièce d’à côté. Salle d’eau lugubre tant elle respirait un luxe mort depuis des siècles. Ses pas se firent plus lourds, il joua des épaules pour tenter de se défaire de la prise qui l’entravait. Sans grand succès. L’air de déjà vue de la situation lui déplu, il se serait presque attendu à croiser le regard froid et méprisant de son père.

« - Les loups ont peur de l’eau on dirait.
- Ca sait nager ces bêtes-là vous croyez ? » Ca mord surtout bécasse… Ses genoux se fracassèrent contre le marbre poussiéreux et avant qu’il ne puisse se débattre avec plus de conviction il se retrouva la tête la première dans de la flotte, si froide qu’elle glaça le peu de neurones encore en état de marche. Au bord de l’asphyxie, on tira à nouveau sur ses cheveux, l’obligeant à pencher la tête en arrière avec une telle violence que sa nuque en craqua méchamment. Il tenta de récupérer un peu d’air, ne réussit qu’à faire naître dans sa poitrine un élan de douleur insupportable. Les second et troisième tours furent plus longs, intolérables. En plus de la rage, la panique commença à rugir sous sa peau. Chassant l’arsenic logé dans ses veines dans l’espoir de redonner toute leur clarté à ses pauvres neurones.

« - Tu devrais te sentir honoré, c’est pas de la boue. Tu mériterais de te noyer dans les ramassis de la zone 4 pour ce que tu as fait subir à ma sœur. » De simples murmures, énoncés avec une telle froideur qu’il en frissonna. Le souffle court, il jeta un regard en coin à celui qui venait de s’accroupir à côté de lui, accoudé à la baignoire. Repartit pour une séance de plongée en apnée, il manqua défaillir quand l’air envahit à nouveau ses poumons meurtris. Retour à la surface salué par un coup d’une violence qui lui coupa le souffle, et l’envoya buter contre le sol. Il ferma les yeux, haletant et s’appuya sur son coude pour tenter de se redresser.

« - Tu étais plus sympathique la dernière fois qu’on s’est vu. C’est pas plutôt parce que je ne t’ai pas rappelé que tu m’en veux ? » Il esquissa une moue déçue, ironique à en crever, effaçant d’un revers de main le sang maculant sa peau. Bien sûr que non ce n’était pas pour ça. Il le savait très bien. Seulement, tomber à nouveau sur lui dans un tel contexte et apprendre qu’il s’agissait du frère d’une pauvre fille qu’il avait froidement assassiné, relevait de la mauvaise blague. Amant d’un soir devenu tortionnaire. Inversion des rôles fort déplaisante qui lui laissa un arrière-goût amer sur la langue. Il ne l’avait pas immédiatement reconnu. Entre deux coups et avec la brume qui engluait ses pensées. Il releva la tête, tenta d’envoyer valser les mèches sombres venues s’empêtrer dans ses cils pour finalement poser son regard sur ledit frère de la pauvre rouquine. Il s’en était voulu, sur le moment. Et encore plus lorsqu’il revit les images de sa victoire. Morbide à souhait. Il se détesta pour tout ce qu’il avait pu faire dans ce maudit bourbier. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres quand il capta les regards intrigués des deux autres. Penchants douteux visiblement laissés sous silence. Trop digne, arrogant pour seulement se l’avouer à lui-même. Il était fier de son coup, de voir le trouble dans ces yeux gris qui l’avait fasciné la première fois qu’il les avait vus. Trop fier peut être et encore grisé par sa folle soirée de beuverie pour réellement mesurer l’étendue de ce qu’il venait de dire. Grenade dégoupillée avant d’avoir pu être lancé, prête à lui exploser à la figure sans qu’il ne puisse rien faire. Il grelotta, l’eau glacée glissant contre son échine. Il constata avec un certain déplaisir que la plaie sur sa poitrine s’était rouverte, une vilaine tache rougeâtre s’étalant sur son-t-shirt. La lutte, les coups et cette séance de plongée avaient réussi à réduire en cendres ses efforts pour voir sa vilaine blessure se refermer sans laisser trop de trace. Foutu conte. Foutu Nain. Foutue soirée.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Sam 26 Jan - 22:18

L’hésitation lui vrillait les tempes, rendant ses phalanges moites et fébriles. La situation la mettait affreusement mal à l’aise, tant la sensation désagréable que les dés étaient truqués la dévorait. Si elle prenait Son parti, elle prenait aussi le risque d’envenimer des conditions de vie déjà suffisamment précaires. Plus nombreux qu’eux, ils pourraient ne faire qu’une bouchée de sa tentative de rébellion. Elle passerait pour une sotte, entichée du tortionnaire ayant détruit les restes de sa misérable existence. Et inévitablement, elle se retrouverait à nouveau seule. Contrainte de ne plus compter que sur elle-même. De se terrer jusqu'à ce que les choses se tassent et que de nouveaux malchanceux fassent oublier sa propre défaite. Elle ne donnait pas cher de sa piteuse carcasse. En dépit de tout ce qu’elle pouvait bien affirmer, la solitude la terrifiait. Dès sa naissance, elle s’était considérée comme la seconde moitié d’une unique pièce, et ne s’était jamais vraiment remise de cette terrible perte. Vide effrayant impossible à combler, juste bon à être englouti par le venin, la haine et la magie noire. Elle n’avait cessé de vivre au crochet de tiers ensuite. Cherchant vainement à effacer le douloureux sentiment d’être incomplète. Apprenant à être quelqu’un avec les autres, au lieu d’essayer de devenir quelqu’un par elle-même. Même dans l’arène, elle avait inconsciemment reproduit ce schéma avec Lui. Lui venir en aide, et sacrifier sa place au sein du groupe, revenait à se planter une énorme épine dans le pied. Ils n’étaient pas réellement proches quand on y réfléchissait, mais cela ne l’empêchait pas de redouter de se retrouver sans eux. Sans appui ni soutien. En ayant de surcroit broyé son orgueil au profit d’un égoïste. Alors même s’Il restait de sa famille, même si au fond elle avait choisi son camp à l’instant où elle avait reconnu Sa silhouette, elle y réfléchissait à deux fois.

Elle faillit ne pas les suivre, aller faire un tour et revenir seulement à la fin du carnage. Lâcheté grandissante bataillant avec une curiosité morbide et une angoisse oppressante. Tétanisée derrière cette assurance complètement feinte. Surement davantage que Lui, encore un peu grisé par l’ivresse. Luttant pour éviter à ses jambes de ciller, appuyée contre un mur froid de la salle d’eau. A une bonne distance de la baignoire, les bras fermement croisés contre sa poitrine. Écrasant presque ses poumons, tant elle était crispée. Se détendre, elle fut toutefois obligée de s'y employer. Contrainte d’afficher un sourire satisfait lorsqu’elle sentit le regard inquisiteur de la rouquine vriller sa nuque. Feignant d’être frivole et enthousiaste, quand elle sentait des milliards d’aiguilles se planter simultanément sous sa peau. Hérissant son épiderme de frissons impossibles à réprimer. Elle en avait rêvé, de retourner en arrière pour se défendre correctement. De L’écrabouiller comme un vulgaire insecte, de presser Son visage suffisant comme un citron avant de désarticuler un à un tous Ses os. Le simple fait d’y penser la faisait frémir d’un plaisir sale, malsain. Mais c’était une chose de fantasmer, et une autre de voir ses sombres desseins se réaliser. Séances d’apnée virant à la torture, pour Lui comme pour elle. La ramenant à la vision de Son corps imbibé d’eau putride. Poupée de chiffon injustement fauchée par la mort dans la fleur de l’âge. Elle put encore moins mettre un terme à cette barbarie gratuite avec ces images en tête, et se contenta de s’enfermer dans le rôle de la potiche. Inapte à dompter son impuissance. Parfaitement immobile, en arrière-plan de ce capharnaüm. Ses prunelles claires braquées sur ce manège intolérable.

Stoïque jusqu’à ce que Sa réplique digne du pire des suicidaires heurte ses oreilles. Grésillement déplaisant qu’elle mit quelques secondes à correctement analyser. Elle regretta aussitôt qu’il ne l’ait pas rendue sourde au passage, tant le récit de Ses dérapages était le dernier aveu qu’elle avait besoin d’entendre. Révélations incongrues brûlant littéralement son œsophage. Répandant Sa répartie à l’arrière-gout acide au creux de ses entrailles. Relents amers et vaseux incendiant sa bouche, la rendant pâteuse au possible. Elle la sentait, monter, monter, embraser ses reins, cette jalousie qui n’avait même pas lieu d’être. S’agrippant à ses viscères jusqu’à lui donner la nausée, et l’envie de tout casser. Perles d’acier ressemblant à s’y méprendre à deux icebergs, Le fusillant à distance avec une telle hargne qu’elle s’étonna presque qu’il n’y ait pas d’impact. Blanche comme la craie, elle serra les gencives. Retenant difficilement la bile venue se presser contre ses barrières de nacre. Chassant de sa tête au prix d’un rude combat les deux hommes en train de se dévorer les amygdales. Et l’envie d’en utiliser un pour cogner sur son amant. Elle le savait pourtant, qu’elle n’en avait pas le droit. De se sentir trahie. De s’octroyer le moindre droit sur Lui alors que ce qui pouvait exister entre eux se résumait à un désert aride et hostile. Si un ‘Nous’ avait autrefois été d’actualité, elle l’avait balayé à l’aube de ses quinze ans. Avant de le fracasser, de sauter dessus à pieds joints et d’en éparpiller les morceaux indésirables au gré des quatre vents. Il n’en restait rien, absolument plus rien si ce n’est cette passion impérieuse continuant de ravager son palpitant. Elle avait cru s’en être quasiment débarrassée à Darkness Falls. Le temps avait fait son œuvre, lui offrant l'espoir futile qu’elle était guérie. Oubliant qu’elle était atteinte d’une maladie incurable. Attachement impérieux seulement enfoui sous les décombres, en sommeil. Avant de la martyriser de plus belle une fois rejetée sur les berges sanglantes d’un monde décadent. Même si la candeur des débuts s’était envolée, elle. Fichue, rompue, corrompue. Irrémédiablement altérée par leurs parjures. Mais cela ne l’empêchait pas de se montrer possessive à en crever, rongée par un poison vorace.

Reprenant contenance comme elle le pouvait, elle s’attarda enfin sur les réactions de ses compagnons d’infortune. Deux d’entre eux amusés, un brin écœurés que leur chef de pacotille ait pu autrefois pactiser avec l’ennemi. Le boucher laissa échapper un sifflement moqueur, brisant le silence dérangeant qui pouvait peser dans la pièce. Virilité nettement bafouée par ses penchants douteux, tant l’ouverture d’esprit n’était pas son fort. Dans d’autres circonstances, elle se serait férocement insurgée contre de tels préjugés. Mais là, elle aspirait presque à ce que Son impudence le mène à se faire castrer par cette brute épaisse. Ou à se faire couper la langue, pour qu’Il évite de se vanter de manière si triomphale de Ses soirées débridées à l’avenir.

« - Eh bien mon vieux, tu nous avais caché ça. T’aurais pu prévenir, qu’il valait mieux éviter de t’avoir dans le dos. J’aurais pris mes précautions.
- Mais bordel ferme ta grande gueule, tu vas pas croire ce tissu de conneries… Ce dégénéré raconterait n’importe quoi pour se rendre intéressant. J'mange pas de ce pain-là putain.
- Tiens, on devient vulgaire ?
- Tu sais ce qu'il te dit "on" ?! »

Il tremblait à présent, comme une feuille. Enragé, lui qui était d’ordinaire d’un flegme à toutes épreuves. N’assumant certainement pas ce qui avait pu se passer, et encore moins avec le bourreau de sa petite sœur. Une part d’elle était bien placée pour le comprendre. Lorsque sa jumelle s’était noyée, par la faute de son cousin incestueux. Il se releva, menaçant. Jaugeant de son regard assassin l’insolent pour retrouver un semblant d’autorité. Puis de se retourner avec violence contre sa proie et de Lui cracher dessus. Elle n’eut pas le temps de réagir, de s’interposer pour pallier à l’attaque. Pluie vivace de coups se voulant meurtrière, impressionnante tant elle semblait destinée à Le réduire en bouillie. Le bruit sourd de Son crâne se cognant le carrelage lui lacéra l’échine, affolant le palpitant tapi dans sa cage thoracique. Elle s’entendit crier, lui intimer vainement d’arrêter avant de se jeter sur le forcené en désespoir de cause. Essai avorté par un coup en pleine mâchoire. Brutalement rejetée en arrière tandis qu'elle échappait un râle d'affliction. Ses muscles hurlèrent leur mécontentement dans sa chute, et le seul moyen qu’elle trouva pour le stopper fut finalement d’utiliser la sorcellerie. Création d’illusions délaissée depuis sa mise en captivité, remise sur le devant de la scène pour Le sauver de ses poings. Comme s’il venait de se faire électrocuter, il convulsa, tombant à la renverse. Lâchant ainsi enfin sa prise, Lui laissant du répit. Elle essuya sa lèvre tâchée de sang d’un geste nerveux, se massant la joue avant de se redresser. Son talon se percuta contre les flancs de sa victime, glissant jusqu’à ses bijoux de famille pour les écraser légèrement.

« - Ose me retoucher et je te promets que t’auras plus à t’inquiéter pour ton orientation sexuelle. Tu gâches la marchandise. »


Sphères polaires poignardant le perdant avant qu’elle ne s’écarte et se retourne vers Lui. Manquant de défaillir en remarquant la plaie qui barrait méchamment Son torse. Une grimace déforma ses traits, vite remplacée par un masque de glace. En dépit de son aversion à Le blesser, elle alla piétiner l’une de Ses mains échouées au sol. Juste pour prouver sa loyauté à ses ‘alliés’, même s’il ne s’agissait que d’un leurre.

« Tu veux vraiment te contenter de briser la nuque de ce minable en trois petites minutes après tout ce qu’il a fait ? »
Siffla-t-elle avant de scruter les autres avec insistance. « C’est vraiment ce que vous voulez ? » Gagner du temps, coûte que coûte. Le temps de trouver une issue, une solution. Quitte à ce qu’Il la déteste.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Dim 27 Jan - 21:07

La fierté malsaine de sa réplique qui l’était toute autant lui rongeait les veines. Enfiévrait encore un peu plus ses neurones, poussait son cœur à se fracasser un peu plus fort contre sa poitrine en feu. En sang. Plaisir honteux gagnant en puissance à mesure qu’il captait dans le regard de son tyran les ombres de la honte. De la rage. Il laissa ses prunelles sombres se glisser sur les autres, puis sur Elle. Ses entrailles se crispèrent, son souffle dément s’arrêta l’espace d’une fraction de seconde. Il le connaissait que trop bien ce regard, pour l’avoir si souvent vu sur son propre visage. Les crocs la jalousie, et les profondes entailles qu’ils pouvaient laisser dans la chair. Il leva légèrement un sourcil, interdit, surpris de lire une telle chose sur Son visage impassible. Aussi pâle que le sien. La froideur de Son regard le poussa néanmoins à briser le contact. Pas à cause de la honte, des remords envers son comportement dépravé. Pour esquisser un infime sourire, distiller dans ses veines un plaisir coupable. Et laisser de douces flammes venir lécher ses reins. Enivré prenant ses désirs pour des réalités, il hésita à rejeter un autre coup de d’œil dans Sa direction, pour être bien sûr de ne pas avoir rêvé. Il abandonna bien rapidement l’idée, le silence pesant régnant dans la pièce venant d’être rompu par les deux autres. Echange violent ravivant l’éclat de son sourire, le rendant presque éclatant. Il dut se mordre la langue pour ne pas éclater de rire, ne pas aggraver encore un peu plus son cas. Bien qu’il doutait que ce soit possible. Il venait de signer son arrêt de mort, ou du moins de tracer la première lettre de son d’emprunt sur le contrat. Dommage, j’aurais bien aimé en rajouter une couche… Démentir ce que son ancien amant venait de dire. Prouver qu’il n’avait rien d’un dégénéré en quête d’intérêt. II savait suffisamment de chose au sujet de leur prétendu leader pour lui ôter le restant de crédibilité qu’il pouvait encore posséder. Le faire passer pour un sadique aux penchants perfides, un brin désintéressé de la gente féminine. Et se poser la même étiquette sur le front par la même occasion. Malgré l’amusement dévorant sa carcasse, il se surprit à reculer légèrement, sa main glissant sur le carrelage quand l’autre se releva. De cette hauteur, il était imposant. Pour un peu il serait presque flippant. Début des hostilités marqué par un rejet salivaire qui l’écœura au plus haut point. Suivit par une suite de coups telle qu’il n’en avait pas connu depuis longtemps. Même dans l’arène il n’avait pas autant souffert. Il serra les dents pour ravaler ses râles de douleur. La haine et l’envie soudaine de le laisser faire pour l’achever. Ce qu’il aurait dû faire il y a un mois, abandonner plutôt que de s’acharner à tous les détruire un par un. A La détruire elle aussi pour ensuite crever d’angoisse en s’imaginant le pire scénario. Hanté par sa folie et le regard qu’Elle lui lança lorsque la fin du carnage fut enfin annoncée.

Perdu entre le bourdonnement de son sang contre ses tempes et le raffut de son cœur, il faillit ne pas L’entendre. Trop occupé à se protéger du mieux qu’il le pouvait pour seulement s’inquiéter de ce qui pouvait se passer alentour. Qu’Elle l’aide ou non, il s’en fichait d’une certaine manière. Ou du moins tentait de s’en persuader depuis son entrée dans la salle de bain des horreurs. La douleur le dérangea moins que les craquements sinistres qui résonnèrent à ses oreilles quand sa nuque heurta le carrelage froid. Un soupir parvint à franchir la barrière de ses lèvres, il fronça les sourcils et serra les poings. Déjà dans les vapes, le coup le plongea dans une dangereuse léthargie. A mi-chemin entre l’inconscience et le délire. Comateux il accueillit la cessation des hostilités avec un certain plaisir, des grelottements grignotaient sa peau meurtrie. Crispé, il posa sa main contre son torse, agrippant le tissu écarlate entre ses doigts tremblants dans l’espoir de calmer la douleur filtrant de sa poitrine tant le contact était insupportable. Sa menace le fit esquisser un infime sourire, à peine perceptible tant le raffut régnant dans sa carcasse était assourdissant. Inquiétant. Il ouvrit les yeux, fixa le plafond avant de se risquer à une tentative pour se relever. Ce fut plus fort que lui cette fois, et avant qu’il ne réalise, il s’entendit hurler de douleur. Elle traversa sa main, et remonta jusqu’à son coude. Moins intolérable que celle endurée il y a sept siècles, mais suffisante pour qu’il sorte de leur placard ses plus belles insultes en italien. Il La traita de tous les noms, commençant gentiment pour vite virer dans l’obscène. Un violent haut-le-cœur lui dévora la trachée, l’obligeant à recracher bile et sang sur le carrelage immaculé.

« - En trois minutes ou en trois heures. Le résultat sera le même. Tuez-moi, ils s’en foutent. Ils me remplaceront par deux nouvelles brutes. Vous retrouveront, et croyez-moi les jeux sont une partie de rigolade à côté de ce qu’ils pourront vous faire » Cracha-t-il, sa voix enrouée par la douleur et la colère. Toujours légèrement brisée par son ivresse, reléguée au second plan après tout ce qu’il venait de se prendre sur le coin du museau. Remplacée par une haine viscérale envers tous ces abrutis. Peacekeeper reprenant le dessus sur le prétendu rebelle ayant jeté aux orties ses idéaux une fois sortit de l’arène. Plus jamais revivre ça, et pour éviter le plus possible de revoir son nom sortir de l’urne, il s’était juré de jouer le petit soldat modèle. D’obéir sans broncher et de garder pour lui ses envies de voir les grands de ce monde en perdition chuter et se péter le nez.

« - Honnêtement, niveau torture, vous avez encore du boulot pour être réellement efficace » Susurra-t-il avec une ironie non feinte tout en se relevant, non sans mal. Une moquerie évidente puisant directement sa source dans les relents morbide de son ancienne existence qu’il ne chercha même pas à masquer. Ils ne comprendraient pas, Elle oui, il le savait. Tortures toutes plus horribles les unes que les autres, simple spectateur à l’époque, les rares fois où il dut se joindre à ses camarades lui donnèrent la nausée. Simple témoin de la cruauté des hommes à présent aussi pervertit qu’eux. Capable de faire preuve du pire sadisme si l’occasion se présentait. Monstre de vices et de sévices libéré de sa cage, il ne cherchait même plus à le rendre à nouveau captif. A quoi bon. C’était là, dans ses veines, sous sa peau. Au plus profond de lui. Physique angélique dissimulant dans les abysses de ses prunelles les secrets et les envies les plus sombres.

« - On est vraiment tombé sur un cas, il en redemande.
- Je vais me faire un plaisir de lui montrer ce qu’on est capable de faire. Tu vas ravaler ton sourire d’abrutit mon gars » Je n’attends que ça, vieux. Malhabile sur ses jambes soudain trop longues pour lui, il toisa l’insolent avec toute la froideur dont il était doté, prunelles assombrit jusqu’à ne devenir que deux points noirs. Glaciales, assassines. Il ne lui fallut pas longtemps pour briser la distance, lâchant sa lame il agrippa avec hargne le col de son tshirt, tira violement sur le tissu, serrant jusqu’à le priver d’air. Le clac fut sec, résonna dans l’air vicié, empli de haine. Le cliquetis sourd du métal qui heurte le sol fut assourdissant. Pour lui. Il se figea, offrant à l’autre la possibilité de frapper, de continuer à le priver d’air. Un regard en coin, et il vit la rouquine ramasser la bague d’argent. Une vague de chaleur traversa ses entrailles, liquéfia son cœur qui se mit à rugir contre sa peau mutilée. Un rictus mauvais se dessina sur ses traits. Animal, il agrippa la tignasse du boucher, oubliant sa main brisée et les violents élancements qui traversèrent son bras quand il agrippa la gorge de son adversaire pour la serrer avec force, ses ongles s’incrustant dans la chair. Malgré un déséquilibre évident et la grossièreté de ses gestes, il obligea sa proie à s’agenouiller à terre, les genoux craquant quand ils heurtèrent le sol, il envoya valser la trogne de son jouet d’infortune dans la cuvette des toilettes et enclencha le mécanisme. Le raffut de l’eau couvrit les plaintes du malheureux qui ne mit pas longtemps à se transformer en éponge. Ses doigts cessant alors de griffer la peau de son tortionnaire. Il le maintint encore quelques secondes, tira violement sur les cheveux pour le rejeter brutalement contre le carrelage. Poisson sortit de son bocal qui ouvrit grand la bouche pour tenter de regagner un semblant d’oxygène. A bout de souffle, tremblant, Stain s’effondra, appuyant son crâne douloureux contre le carrelage froid du mur.

« - Homme ou femme, baignoire ou toilettes, quelle différence ? Mon pauvre vieux si tu étais moins étriqué là-dedans ça t’éviterait bien des surchauffes » Souffla-t-il les yeux clos, sa main agrippant à nouveau sa poitrine, tandis qu’il tapotait son crâne de l’index pour appuyer ses mots. Il serra les dents, l’affreuse impression de n’être qu’un morceau de viande battu de tous les côtés s’immisçant dans les brumes de sa déraison. Si tu n’es pas mort, je t’en prie revient… Maintenant, ce serait bien. Pas à la prochaine lune… Redevenir un simple humain, il l’avait tant souhaité au début, rejetant sans le moindre ménagement cette autre part de lui. Il la regrettait de tout son pauvre cœur à présent. Vide, esseulé, vulnérable au possible, il goûtait aux affres de l’humanité la plus totale.

« -Rends moi ça Carotte, ou le dégénéré va encore inventer un truc pour se rendre intéressant » Il gratifia la rouquine d’un regard noir et d’un léger sourire glacial, tendant la main dans sa direction avant d’agiter les doigts pour qu’elle s’exécute

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Ven 1 Fév - 20:12

Il était fier de lui. Elle l’avait senti dans Son regard mutin, provocateur. Apparemment surpris qu’elle puisse éprouver une telle jalousie à l'égard de Ses fréquentations insalubres. Elle n’avait pas réussi à la dissimuler, prise en traitre par Ses penchants douteux. Satisfaction à peine contenue qu’elle eut envie de Lui faire ravaler pour qu’Il s’étrangle avec. Pulsions meurtrières gagnant en ampleur alors qu’Il affichait son contentement. Ravi de son petit effet, d’avoir mis le feu aux poudres avec ses habiles mesquineries. Il était resté ce gamin impertinent qui parvenait si facilement à la faire sortir de ses gonds lorsqu’ils étaient plus jeunes. Sans arrêt en train de tirer sur la corde raide pour voir ses nerfs flancher, amusé par la tournure des évènements. Pauvre idiot… Tu viens de signer ton arrêt de mort et tu ne t’en rends même pas compte. Inconscience, masochisme ou tempérament suicidaire, elle n’arrivait pas à se décider. Sans doute les trois mélangés, saupoudrés d’un soupçon de je m’en-foutisme. Malgré elle, et même si elle était d’abord guidée par la nécessité de protéger sa couverture, elle prit un certain plaisir à venir écraser Sa main. Esquissant un léger rictus lorsqu’Il débita plusieurs jurons vulgaires et crus à la suite. Tu vois que tu n’as pas oublié l’italien… C’est seulement quand ça t’arrange. Son sourire, elle le perdit cependant lorsque Ses sarcasmes vinrent se briser contre ses tympans. Revendiquant les tortures de ses collègues, aussi ignobles quelles que soient l’époque. Ravivant de douloureuses réminiscences. Des heures et des heures à les supplier d’arrêter, à utiliser tout le vocabulaire et la force de persuasion dont elle était dotée. Pour du vent. Son sort était déjà scellé. Aveux extirpés en dépit de son amour pour Elle qui ne tendaient qu’à abréger son supplice, et non à se battre pour sa survie. Elle aurait apprécié qu’Il lui épargne ce calvaire dans l'arène, et l’achève enfin. Au lieu de la laisser se vautrer dans sa propre déchéance. Elle se méprisait, d’essayer de Lui venir en aide alors qu'Il n’avait rien fait pour empêcher le pire. Tapi dans un recoin nébuleux de sa cage, passif alors qu’ils la détruisaient à petit feu. Rancunière, elle continuait de Lui en vouloir. Terriblement. Car jusqu’au bout, elle avait eu une foi aveugle en Lui. Fantôme de la trahison aussi tenace que la vermine, dont elle devait pourtant se débarrasser pour tirer un trait sur le passé. Même si dans un sens, elle était mal placée pour prôner des valeurs telles que la confiance et le sacrifice. Pas après avoir utilisé son beau-frère pour Lui infliger sournoisement une effroyable punition.

« - Si j'étais toi, je la mettrais en sourdine et j'éviterais de me vanter d'en connaitre long sur le sujet. Si tu t’imagine qu’on a été dorlotés après les jeux, qu’on ne connait pas les risques, tu te trompes lourdement. C’était effectivement un parcours de santé après ce qu’on a subi. Te connaissant, t'aurais adoré y assister. »
Lâcha t'elle sur le même ton que lui, usant d'insinuations aussi similaires et fourbes que les Siennes.

Elle n’espérait pas Lui arracher des remords, et encore moins de la pitié. Refusant au contraire farouchement qu’Il s’apitoie sur son sort, en supposant qu’Il en soit capable. Seulement désireuse de Lui cracher son venin à la figure. Le plus triste, c’est qu’ils n’étaient pas motivés par une noble cause. Ils n’espéraient pas devenir des martyrs de l’oppression, et revendiquer les valeurs de la rébellion. Ils ne s’attaquaient pas aux soldats du Gouvernement à dans l’espoir vain de les intimider, de les faire reculer. Pas assez déments et arrogants pour s'imaginer que leurs représailles macabres ne représentaient pas une aiguille dans une botte de foin. Conscients qu’ils paieraient tôt ou tard pour leurs affronts, et que leur fuite avait été incroyablement stupide. Et au fond le dégout des opprimés surpassait le reste. Car c’était leur attitude qui entretenait la perversité des plus hauts placés. L’intérêt et la fascination morbide, macabre, pour les jeux. Les derniers peacekeepers échoués entre leurs griffes n’étaient que les réceptacles de leur haine, des exutoires tous trouvés. A force d’être battus à mort par leurs semblables, ils étaient devenus à leur tour assoiffés de sang et de violence. Abhorrant néanmoins tout autant les débris de cette humanité répugnante. Tous ces pions avides de crimes odieux devant leur poste de télévision. Entretenant le traitement infect infligé aux perdants en répandant leur bile sur eux. Catalogués par leur faute en tant que faibles, en tant que lâches. Des bêtes de foire parvenant à distraire les plus minables des moutons de Panurge.

« - Et deux brutes pour te remplacer toi tout seul, rien que ça, c’est pas la modestie qui t’étouffe mon ami. »
Siffla t’elle en échappant un ricanement mauvais.

Rouages d’un mécanisme de légitime défense bien rodés, huilés par Ses tendances psychopathes. L’acide abject rongeant Ses veines avait fait de Lui un redoutable combattant, presque impossible à abattre une fois lâché dans la fosse aux lions. Tempérament assassin, horrible tant il était porteur de souvenirs insoutenables, qui ne l’empêcha pas de trembler d’effroi lorsque le boucher se rua sur Sa frêle carcasse. Elle n’allait plus pouvoir se maintenir entre deux chaises bien longtemps, oscillant d’un extrême à l’autre avec un aplomb précaire. L’équilibriste de pacotille n'allait pas tarder à manger la poussière, en tanguant si dangereusement sur son misérable fil. Le forcené recroquevillé dans sa cage thoracique retint son souffle, la privant d’air l’espace d’un instant. Comme prisonnière de son corps, agitée et fébrile. Se trahissant avec un soupir de soulagement lorsqu’Il prit le dessus sur l’ennemi. Regrettant qu’Il n’aille pas jusqu’au bout de la manœuvre, et réduise l’avantage numérique évident de ses compagnons d’infortune. Lorgnant du coin de l’œil le brun encore à terre, peinant à se remettre de ses redoutables illusions. Elle en avait honte, mais elle espérait que son maudit cœur lâche d'une crise cardiaque maintenant qu'elle savait qu'il avait frôlé Sa peau entêtante.

Concentrée sur l’affrontement, aux aguets du moindre signe de faiblesse de Sa part, elle ne vit pas la rouquine ramasser son bijou au sol. Cleptomane en herbe intéressée par tout ce qui pouvait briller. Objet d’une valeur inestimable, inaltéré par les ravages du temps. Un autre l’aurait jeté au feu il y a des siècles. Par colère, par fierté. Lui l’avait étrangement conservé avec le plus grand soin, trouvant un stratagème pour que l’homme comme la bête évitent de l’égarer stupidement. Masochiste s’y échinant malgré Son allergie à ce métal. Elle n’en attendait pas tant, lorsqu’elle Lui en avait fait cadeau. Possessive jusque dans sa générosité, car sans l’admettre, elle lui avait offert l’anneau pour qu’il suive à sa place Ses pas. Incapable de le Lui reprendre après la dissolution de leur mariage. Mais il semblait se leurrer autant qu’elle sur la matérialité des choses. Quelque chose était mort à jamais entre eux, et ne renaitrait pas. Si ce n’est dans la toile de ses chimères. Lancinantes tentatrices la harcelant jusque dans cette sombre réalité qui était devenue la leur. Et pourtant. L’attachement qu’Il continuait de porter à un serment enfantin la touchait, l’apaisait. Griffes de son chagrin solidement amarrées à ses entrailles dont la brûlure s’atténuait devant Son obstination. Avant de l’incendier à nouveau lorsqu’Il perdait toute once d’humanité sans le contact de la ferraille, en proie à des instincts barbares. Azurs limpides inaptes à se détacher de Sa silhouette abimée, ravagés par l'anxiété.

« - Oh pardon c’est vrai, j’ai cassé ton collier. Hey le cabot, tu voudras qu’on le disperse avec tes cendres dans le trou des chiottes ? Pas sûr que ça te sera d’une grande utilité là où tu vas aller pourrir, mais enfin si c’est ta dernière volonté… »


Un phénomène singulier lui échappait : Il n’avait toujours pas montré les crocs. Elle avait d’abord mis cela sur le compte de l’alcool, imaginant que ses volutes enivrantes devaient compliquer les tentatives de transformation. Mais après tout ce qu’Il s’était pris sur le museau, elle doutait qu’Il n’ait pas déjà dégrisé. Laisser s’exprimer l’animal en Lui restait le meilleur moyen dont Il disposait pour s’en sortir. Quitte à ce que le loup la taille elle aussi en pièces, éreinté par ses caprices. Cela en devenait même urgent à vrai dire, tant la teinte violacée empruntée par Ses phalanges meurtries et la sévère entaille en travers de Son torse devenaient inquiétantes. Regrettant de ne pas avoir de véritable contrôle sur Son côté sauvage, alors qu’elle était celle qui l’avait justement créé, façonné. Faille du système qui l’avait toujours dérangée. Surtout quand son seul but était autrefois d’en faire son pantin, sa marionnette. Redoutant soudainement qu’Il ait trouvé un remède, et qu’Il se soit débarrassé de son ‘double’. Le vieux fou n’était pas seulement allé la voir elle après tout. Et Il avait peut être demandé à ne plus être un monstre, à éliminer ce carnivore envahissant. Le simple fait d’y penser lui noua l’estomac, qu’elle sentait au bord de ses lèvres. Furieuse qu’Il ait osé. Quasiment décidée à réitérer son œuvre, quitte à se faire définitivement détester. Ses ongles s’incrustèrent brutalement dans sa chair, jusqu’à en extraire un mince filet pourpre. Annihilant le besoin d’aller récupérer dans la paume de la jolie rousse la bague pour la redonner à son cousin.

« - Bon on ne va pas y passer la soirée, rends-la lui. »


L’ordre avait été lancé avec agacement, entre ses dents serrées, tant le manège puéril de la jeune femme la mettait en rogne. Insolente secouant la tête avec désinvolture avant de susurrer de manière innocente : « Pourquoi ça ? Elle me plait bien à moi, et puis avec tout le fric que les vainqueurs se font sur notre dos… Si on ne peut plus se faire plaisir. » A la parole, elle combina le geste, poussant le vice jusqu’à se passer son jouet au doigt. Tu ne pourras pas dire que je ne t’aurai pas prévenue crétine…

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Sam 2 Fév - 15:05

Les battements de son cœur résonnaient dans son crâne, contre ses tempes. Il avait l’impression que toute sa carcasse tremblait sous la force des chocs. Des lames acérées lui dévoraient la poitrine, traçant des sillons invisibles dans sa chair jusque sur ses bras. Il ferma les yeux, reposa sa tête contre le mur et inspira profondément. Malgré la douleur, malgré la grimace qui tira encore un peu plus ses traits détruits par tout ce qu’il venait d’endurer. Amalgames de douleur et de peine qu’il traînait depuis sa victoire pitoyable aux jeux, ajoutant les ingrédients pour former un cocktail dangereux, prêt à lui exploser à la figure le jour où ses nerfs lâcheront. A bien y regarder, il commençait à se demander si cet instant n’était pas arrivé. Il n’avait pas réussi à se débarrasser de la fatigue accumulée pendant son séjour dans le marais. Insomnies devenant de plus en plus récurrentes, même maintenant qu’il passait ses nuits dans les bras de Gloria. Rien n’y faisait. L’assemblage morbide de ses cauchemars, d’une réalité dérangeante et de ses terreurs d’enfant lui donnait plus l’impression d’être un hibou qu’un loup. Les yeux grands ouverts sur le néant et la noirceur de sa misérable existence. Du vide qui l’entoure un peu plus chaque jour. Celui qui règne dans son cœur devenait affolant, de plus en plus dur à combler, malgré ses vaines tentatives pour y parvenir. Il l’avait attendu, Sa réponse à sa première attaque. Il en avait esquissé un infime sourire au début, le perdant bien rapidement quand la fin de la sentence lui tomba dans l’oreille. Aussi perfide que ses propres insinuations. Il s’assombrit légèrement, La gratifia d’un regard un brin assassin. Rôle de spectateur plus forcé que désiré qui continuait de le suivre. Malgré ce qu’il avait fait pour Elle. Ce qu’il aurait aimé faire pour que tout s’arrête. Pour La sauver et lui éviter la mort.

« - J’aurais bien aimé oui, mais que veux-tu, je savourais ma victoire » Il reporta son attention sur Elle, haussant un sourcil avec une certaine désinvolture. Réponse tardive glaçant l’air, figeant encore un peu plus l’atmosphère dans un carcan oppressant. Ses doigts se crispèrent contre sa poitrine, tordant le tissu jusqu’à lui donner l’apparence d’un vulgaire chiffon. L’enlever, il en crevait d’envie. Pour qu’il arrête de se glisser dans sa plaie. Pour que ses cheveux trempés cessent de faire rouler des glaçons le long de son échine, de donner à son t-shirt l’allure d’une serpillère. Il en crevait d’envie et était incapable de le faire. Bloqué par une pseudo pudeur franchement ridicule maintenant que tout le pays avait pu admirer son postérieur en direct. Saleté de jeux… Il Lui en voulait encore plus, pour ne pas avoir régler ce petit détail avant de lui avoir refilé la fourrure. Pour ce qu’il pouvait en faire ce moment. L’amertume revint se glisser sur sa langue, il plissa le nez, ravalant sa colère envers l’autre imbécile, marchandeur de bas étage l’ayant privé de la meilleure part de son autre ‘lui’. Il jeta un regard à sa main, grimaça encore un peu plus en constatant l’étendue des dégâts. Il tenta de bouger ses doigts, y parvint non sans faire fuser dans tout son bras de violents élancements, accompagnés de craquement qui le firent frissonner tant ils n’annonçaient rien de bon. Il fusilla le boucher du regard, serrant les dents pour se retenir de se jeter sur lui et lui faire ravaler ses sarcasmes. S’il avait pu, il lui aurait délogé les tripes pour qu’il puisse les admirer ton son soûl, ce prétendu psychopathe de bas étage.

« - Tu n’étais pas aussi bavard pendant les jeux. Tu aurais dû, ça t’aurais peut-être évité de te faire refaire le portrait par un plus atteint que toi. Il y avait du niveau pourtant…. » Il soupira, esquissa un sourire à l’adresse du pauvre gosse trempé jusqu’aux os. La chair de poule lui dévora les bras, il se surprit à grelotter. De froid. De fatigue. Il regrettait d’en avoir fait qu’à sa tête. De ne pas l’avoir écouté. Il aurait dû rentrer directement comme elle le lui avait demandé. Comme elle le faisait à chaque fois. Ou ne pas aller jouer au chien de garde à côté d’un grillage rouillé pour reprendre son rôle de chanteur et oublier pendant le temps d’une chanson tout ce qui pouvait le contrarier. Il aurait dû, et à cette heure-ci il serait déjà chez lui. Continuerait de se demander où Elle pouvait se trouver, si Elle était toujours en vie. Continuer à se ronger les sangs pour Elle. C’était bien là le seul avantage de cette comédie grotesque, La revoir. Il jeta un bref regard en direction du leader, toujours assommé par le coup qu’Elle lui avait porté. Pauvre vieux, c’est violent quand on a pas l’habitude ce genre de truc. Pour en avoir fait les frais, il se surprit à le plaindre. Cet ancien partenaire, qu’il regrettait presque de devoir éliminer. Il finit par tenter de se relever, dût s’y reprendre à deux fois lorsqu’il sentit ses jambes trembler sous son poids. Gamin qui apprend à marcher, mal à l’aise sur ses jambes en coton, il s’appuya un instant contre le mur son regard se posant sur Elle quand elle éleva la voix, avant de bifurquer sur la rouquine. Il secoua la tête, agacé et se détacha de son appui de fortune. Le cœur battant, douloureux tant il frappait fort, sa tête embrumée tournait dangereusement, peu heureuse d’avoir retrouvé sa hauteur habituelle. Il fit un effort pour se redresser, pour prendre un air un peu plus convaincant. Retrouver le flegme et la froideur qu’exigeait ce genre de situation. Elle recula d’un pas, ramenant sa main contre sa poitrine, la masquant de l’autre.

« - Je te l’ai demandé gentiment. La demoiselle l’a fait aussi. Ta mère ne t’as jamais appris que c’était mal de voler les affaires des autres ?
- Fallait en prendre plus soin que ça. Je l’ai ramassé, je la garde » Il leva les yeux au ciel, soupira d’agacement et finit par briser la distance les séparant. La bousculant pour qu’elle se retrouve prisonnière entre le mur et sa carcasse. Son avant-bras venant appuyer dangereusement contre sa gorge, prêt à l’écraser au moindre faux pas. Elle agrippa son poignet, hoqueta sous l’effet de la surprise. Prunelles bleutées venant s’ancrer à la noirceur des siennes, soudain suppliantes. Paniquées. Collé contre elle, il la sentait trembler. Sentait pulser sous sa peau diaphane l’angoisse et la fragilité. De sa main brisée il agrippa la sienne. Phalanges malmenées qui craquèrent, prenant un angle inquiétant quand il délogea l’anneau d’argent. Elle hurla, poussant un cri strident qui lui vrilla les tympans. Il appuya plus fortement contre sa gorge pour la faire taire, et que la torture sonore s’arrête. Ca et les pleurnichements agaçants.

« - Trouve toi un Roméo qui sera prêt à payer pour t’en offrir une. Maintenant tire toi, avant que je ne change d’avis. » Il se perdit dans son regard, le visage impassible et finit par la libérer de son étreinte. La froideur de sa voix lui glaça le sang, mais plus encore ce fut la ressemblance avec celle de son père qui le figea de stupeur. La langue était différente, le langage plus familier et pourtant, elle était identique. Le même calme, le même ton sans appel, plus froid qu’un lac gelé. Bâtard, et je te ressemble plus que tes stupides filles. La différence était juste physique, il n’avait hérité de sa mère qu’une couleur d’yeux et de cheveux et un grain de beauté. Rien de plus. Récupérant tous les vices, les défauts et les penchants sordides chez son géniteur. Il ne l’avait jamais connu, et pourtant il se surprenait à la détester, cette femme, de lui avoir rien donné de plus qu’un physique faisant de lui le vilain petit canard de la famille. La rouquine regarda ses collègues, puis Cora. Hésitante, elle esquissa un pas en arrière, jeta un regard inquiet vers Stain avant de sortir de la pièce sans demander son reste. Il esquissa un infime sourire, son regard se perdant sur le vide qu’elle venait de laisser. Il fit passer la bague dans sa main droite, serra le poing comme pour la protéger de la lumière. L’argent ne lui faisait rien, pas sur cette partie de chair déjà brûlée. Abîmée, devenue insensible à la morsure du métal. Un avantage tiré d’une difformité qui arrivait à le rebuter à chaque fois qu’il posait son regard dessus. Il la glissa dans la poche de son jean, et fit volteface.

« - Quelqu’un pour la suivre, ou vous êtes encore en état pour continuer la partie ?
- Si tu crois qu’on va te faire le plaisir de te laisser t’en sortir, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au trognon sale chien.
- Loup… Sale loup, c’est plus gros qu’un chien. Plus hargneux aussi, et généralement ça vit dans…
- Ferme-la ! » !» Il fit mine d’être fâché, même si l’éclat dans ses prunelles trahissait un léger amusement. Décidemment, tu ne disais pas ça non plus la dernière fois. Il laissa échapper un nouveau soupir, et du s’appuyer contre le coin d’un meuble. Le masque commençait à s’effriter et il avait de plus en plus de mal à cacher son épuisement. Sa faiblesse. Et ça, il en avait horreur. D’être un livre ouvert dont on peut facilement arracher les pages. Lui qui jouait depuis son plus jeune âge à la coquille d’huitre impossible à ouvrir s’il ne l’avait pas décidé. Meilleur moyen pour cacher derrière l’ombre d’un sourire la plus infâme des détresses. Le leader se remit difficilement sur pied, accablant son acolyte d’un regard lourd de reproche devant son manque d’initiative. Pour avoir si lamentablement échouer, alors qu’il avait eu une opportunité de réduire le Peacekeeper en cendres. Il finirait par en trouver une autre, il avait beau faire bonne figure, si la rencontre, aussi plaisante soit-elle venait à s’éterniser, il finirait par s’effondrer. Mort de fatigue, privé de son meilleur moyen de défense, il pourrait toujours jouer les sadiques, mais il doutait fortement que ce soit suffisant pour venir à bout des deux teigneux. J’aurais franchement préféré une soirée pyjama plutôt qu’une réunion sadomasochiste. Pas ce soir en tout cas.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Dim 3 Fév - 21:44

Elle en avait assez. Assez d’être humaine. Assez d’être malmenée par la rancœur, par l’amertume. Elle en venait presque à regretter Darkness Falls. Même si elle avait peur, même si elle était effrayée, pour ne pas dire terrorisée. La gorge nouée par la crainte de sortir dehors, de se heurter à la lumière opaque du jour. Se demandant en permanence quel monstre viendrait la mutiler si elle manquait de vigilance. Contrainte d’errer dans ce labyrinthe plus vrai que nature, cimetière géant emprisonnant en son sein ombres funestes et esprits meurtriers en pagaille. Ciel grisâtre s’achevant dans l’obscurité la plus totale. L’effroi était omniscient, s’infiltrant insidieusement dans la moindre brèche. La question n’était alors plus de savoir ce qui allait survenir d’effroyable, mais d'en prédire l’heure avec exactitude. Mais tous ces questionnements n’étaient rien, rien en comparaison de la souffrance de repartir en deuil. De repartir en guerre. Lorsqu’elle avait été libérée de ces géhennes singulières, elle était à deux doigts d’oublier. Ce que ça faisait de survivre sans sa jumelle. De survivre sans Lui. Toutes les blessures les plus atroces s'étaient rouvertes, entaillant sa chair plus profondément encore qu'autrefois.

‘Je savourais ma victoire.’ Les mots odieux se fracassèrent contre ses tempes, brûlantes tant le sang bouillonnait à l’intérieur de son misérable crâne. Courroux vivace contrebalancé par un chagrin palpable. Elle dut se faire violence, se raisonner pour ne pas se jeter sur Lui. Ce n’était pas elle la louve, pas elle qui possédait un fauve tapi au creux de ses entrailles. Prêt à dévoiler ses crocs acérés à la première contrariété. Les pupilles brillantes de colère jusqu’à emprunter la couleur étincelante de l’or. Mais en cet instant, elle aurait quasiment pu rivaliser avec Ses pulsions animales. Lui trancher la langue et la lui faire avaler. Histoire de voir s’Il était également apte à faire preuve de sarcasme en utilisant la langue des signes. Elle appuya avec plus de vigueur ses vertèbres contre le mur froid, luttant contre elle-même. Et ce désir farouche de Lui faire payer ce qu’elle identifiait à de futiles caprices. Doutant qu’Il ait attendu sa victoire aux jeux pour devenir un dépravé de la pire espèce. S’accrochant à ce prétexte pour justifier son comportement puéril. Elle était loin de trouver sa conduite attachante, de s’attendrir des remords implicites dissimulés sous une couche de crasse et un flot d’alcool. Qu’Il se pavane fièrement ou se terre dans un trou pour cuver sa détresse revenait à l’identique en fin de compte. Il aurait du l’égorger quand Il avait l’occasion. Ne pas la punir davantage et s’épargner des retrouvailles si glauques. Elle retint toutefois ses injures et ses reproches, se contentant de Le fusiller à distance. Au cas où Il n’aurait pas compris qu’Il venait d’atteindre la cible en plein dans le mille.

Prunelles furibondes se déportant sur la rouquine, inconsciente et suicidaire. Écervelée néanmoins plus rusée qu’elle n’en avait l’air. Charmante métamorphe prenant la forme d’un écureuil, ayant semé la plupart de ses adversaires dans l’arène grâce à cette allure passe-partout. Suffisamment effrontée pour rire à la gueule du loup. En dépit de son irritation, elle se surprit à esquisser un léger sourire amusé. Mais contrairement à Lui, sa fragilité apparente n’était pas un leurre. Poids plume peu habitué à se salir par de basses besognes, maitrisant l’art de l’esquive. Un haut-le-cœur remonta le long de sa trachée lorsqu’Il la plaqua contre l’une des façades décrépies. Spontanément, elle fit un pas en avant, hésitant à venir en aide à la jeune femme. Pour avoir déjà été à sa place, elle compatissait à la douleur suintant de sa jugulaire pour venir mourir contre son poignet. Redoutant qu’Il lui fracture la nuque, si aisément, en un simple craquement. Seulement pour avoir osé toucher le métal emprisonnant encore toute la naïveté d’une fillette vouée aux affres de l’Enfer. Elle se le demandait parfois, ce qu’elle aurait pensé de tout ça, si un rêve prémonitoire ou une sphère de cristal lui avaient donné un avant-goût de son futur malheur. Est-ce qu’elle aurait repris sa bague, et se serait arrangée bien avant l’heure pour rayer de ses fréquentations son cousin ? Est-ce qu’elle aurait seulement accepté de le croire, qu’Il deviendrait si colérique et imbuvable ? Certainement que non. Et que de toute manière, cela n’aurait rien changé à sa dévotion.

Elle fut soulagée qu’Il relâche sa victime apeurée après avoir récupéré l’anneau. Biche aux abois se décidant contre son gré à quitter la pièce, et le manoir dans la foulée, après un hochement de tête de sa part pour l’approuver. S’il fallait en épargner un, autant que cela tombe sur la plus inoffensive du groupe. Devenue muette comme une carpe entre temps, plus aucune parole ne passa le filtre de ses lippes, vaguement distraite par l’échange houleux. Toutefois agacée par Son rictus impérissable, tant cela Lui donnait des airs de tête à claque. Le leader de fortune finit par se relever, titubant avant de retrouver un brin d’assurance. Brisant la distance pour que son poing aille se loger directement entre Ses deux yeux. Imparable, suffisant pour L’assommer quelques secondes. Il Le retint toutefois, l’empêchant de s’effondrer avec l’assistance de son ami.

« - On va le ramener dans l’autre pièce, et lui faire subir le même traitement qu’à l’autre, ça va le calmer ce taré. Et va chercher ce qu’on avait utilisé après. »


Va chercher… A se demander qui est vraiment le chien de qui ici.
Ils ne se firent pas prier pour trainer Ses longues jambes jusqu’à la chambre, Le replaçant sur sa piteuse chaise. Attaché de nouveau. Un nouveau coup dans les dents, au cas où Il n’aurait pas compris qui était le maitre.

« - J’espère que t’as suffisamment profité de ta célébrité, et de tous ses avantages. On verra s’il reste encore un fan décérébré pour se souvenir d’un bouffon comme toi à titre posthume. »

Sifflement venimeux lancés avant qu’il ne quitte la salle des tortures, pour aller chercher un de ses outils. Elle avala sa salive avec difficulté, son hémoglobine pulsant si fort dans ses veines qu’elle eut l’affreuse impression de défaillir.

« - On ferait peut être mieux de…
- Ferme ta grande gueule la potiche ! T’essaie de le défendre ? T’as pas de fierté ou quoi ? Tu crois que j’ai pas remarqué votre petite comédie dans le marais ? Tu crois que je vous ai pas vus collés serrés alors que ce crevard méritait juste d’être achevé ? Ya plus d’affinités ni de pitié qui tiennent, ce salopard n’en a eu aucune. »

Essuyant les postillons ignobles sur son visage, elle encaissa la remarque, fourbe au possible. S’efforçant de ne pas prouver qu’elle était vexée. Adoptant une intonation doucereuse pour l’amadouer. Visiblement, elle n’avait plus ses faveurs après l’épisode des chocs électriques. Et ça tombait plutôt bien, c’était réciproque. Jalouse viscérale crevant d’envie de lui refaire le portrait, pour qu’il n’ait plus rien d’attirant pour Lui.

« - Je voulais juste dire qu’il vaudrait mieux resserrer ses liens. On est jamais trop prudents. »

De toute évidence assez peu convaincu, il lui fit cependant comprendre qu’elle n’avait qu’à s’exécuter d’elle-même. Scrutant chacun de ses gestes avec une insistance déstabilisante. Elle s’approcha du captif, vérifiant les attaches déjà en train de rougir Ses articulations avant que ses phalanges ne glissent suavement le long d’une de Ses cuisses. Manège enjôleur en ayant seulement l’aspect, masquant des intentions plus nobles. Ses lèvres enjôleuses se faufilèrent près de Son organe auditif, y répandant leur souffle chaud avant d’y susurrer des vilénies.

« - C’est dommage que Stain Junior semble hors d’usage… Il aurait pu servir. »


Ses doigts fins avaient beau s’être arrêtés à quelques infimes centimètres de Son entrejambe, elle ne cherchait pas à embrumer Ses sens ni à Le narguer. Tentant uniquement de tromper la vigilance des deux autres mufles de la pièce. Elle évoquait en vérité Son double. Le loup, si nécessaire en de telles circonstances. Le loup, aux abonnés absents au pire moment. Et elle escomptait bien qu’Il saisisse l’allusion, n’ayant rien de lubrique en l’espèce. Ses sphères d’acier se plantèrent dans celles d’ébène, pour qu’Il y lise son angoisse écrasante. Moi qui pensais que tu avais fini par lui accorder une affection à part entière à cet animal… Elle se recula à regret, cédant le terrain à ses acolytes avides de vengeance.

« - Dis moi, toi qui en connait long sur les leçons de savoir-vivre… ta mère ne t’a jamais appris qu’on ne frappait pas les filles ? »


Question rhétorique précédant une gifle d’une bestialité à Lui en décrocher la mâchoire. Ses canines vinrent mordre férocement l’intérieur de sa joue, s’empêchant de protester. Fous furieux qu’elle ne pourrait pas stopper avec ses dons de sorcière, pas si vite. Moins puissants après l’état de fatigue extrême dans lequel elle avait sombré, après les jeux macabres et les sévices réservés aux perdants.

« C’était qu’une gamine, putain ! Une gamine ! »


Il tendit le bras sans se détourner de sa victime, récupérant la tenaille que le boucher venait d’aller chercher. Appuyant avec sa paume Sur sa main piétinée, pour accentuer Son calvaire avant que les pinces ne Lui arrachent l’ongle du pouce d’un coup sec. Son compagnon en profita alors pour arroser la plaie de sel. Rituel sordide bien rodé qui lui donna la nausée. Elle fit un effort pour se ressaisir, faisant coulisser la ceinture de son jean avant d’aller récupérer le revolver caché dans l’une des commodes près du lit. Elle ignorait comment s’en servir efficacement, visant terriblement mal et se prenant le recul systématiquement. Mais eux n’étaient pas obligés d’être au courant. En quelques enjambées elle arriva près du tortionnaire, enroulant le bout de cuir autour de sa gorge avant de serrer furieusement. Pris au piège, il en suffoqua, les pinces tombant dans un fracas sourd sur le sol. Elle renforça son emprise, jusqu’à rendre sa figure violacée. Soutenant la pression même s’il tentait désespérément de se dégager, par des mouvements brusques. Ne daignant l’envoyer valser par terre que lorsque son collègue se fit menaçant. Elle fit un pas en avant, braquant l’arme sur l’un puis sur l’autre à tour de rôle, après avoir retiré le cran d’arrêt.

« - Foutez le camp. J’hésiterai pas à vous faire sauter la cervelle si… »


Elle n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase, interrompue par la contre-offensive de Son ancien amant. Lutte âpre s’achevant par une déflagration fortuite. Coup parti tout seul éclaboussant son haut, et trouant la poitrine de son assaillant. Elle chancela légèrement, son palpitant trébuchant sur ses battements. En proie à la panique la plus totale.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Lun 4 Fév - 21:33

Il tremblait. De fatigue. De douleur et de rage. Une colère sourde qui le dévorait de l’intérieur et dont il était incapable de se servir. La retourner contre les deux autres pour les réduire en miettes et arrêter cette comédie qui lui coutait très cher. Ses tremblements se firent plus violents, il ferma les yeux, tentant d’activer un processus en sommeil depuis la dernière pleine lune. Il l’attendait, cette chaleur délicieuse qui envahissait son ventre à chaque fois. La douleur assassine dévorant la moindre parcelle de son être quand les os se brisaient et se ressoudaient. Rien de tout ceci ne vint agiter la face lisse du lac de ses entrailles. Pas même un frisson. Il soupira, dépité. Usé et brisé. Il L’avait perdu. S’était raccroché à cette autre parcelle de son être pour finalement se rendre compte qu’elle aussi avait disparu. Violemment arrachée pour le laisser orphelin. Privé de ce petit plus qui le rendait différent. Qui lui aurait certainement donné l’avantage en cet instant. Aucune réponse de la part du loup. Il se redressa du mieux qu’il put, grimaça légèrement quand les éclats de verre nichés sous sa peau lui rappelèrent qu’il était blessé à la poitrine. Que sa main gauche commençait à prendre une couleur franchement inquiétante et que ses phalanges semblaient être entrées en hibernation. Il était fatigué, de tout ce qui lui tombait sur le crâne depuis le retour de cette prétendue humanité. Stupide et ridicule, il regrettait de plus en plus l’animal et la liberté qu’il lui avait offerte pendant tant d’années. Il aurait été prêt à échanger ce nouveau lui pour retrouver le confort insalubre de la cage d’un cirque ou d’un zoo. Ne plus se poser de questions. Ne plus avoir à se comporter comme un homme digne de ce nom. C’était peut-être pour cela qu’il préférait se vautrer dans l’indécence, passer pour un abrutit. Pour n’avoir de comptes à rendre à personne. Pour oublier celui qu’il fut, ce gamin bien élevé par un précepteur aussi rempli qu’un bon vieux dictionnaire. Il n’eut pas le temps de réagir, d’esquisser le moindre geste pour intercepter le coup qui vint lui fracasser le front. Un gémissement accompagna l’impact, ses jambes manquèrent se briser sous son poids. Assommé, le crâne coupé en deux par la douleur, il retrouva ses esprits les fesses à nouveau vissées sur la chaise bancale et franchement inconfortable. Retour de ses pensées chaotiques salué par un autre coup. Le goût du sang sur sa langue, même à ça il restait insensible. Aucune excitation. Pas la moindre envie meurtrière. Au point où il en était, ses plus vils instincts étaient entrés en sommeil. Dans son état, il n’avait aucune chance, il le savait très bien.

L’échange lui parvint à peine. Camouflé sous le bruit de son sang frappant contre ses tempes. A peine perceptible, et pourtant assourdissant. Il fronça les sourcils, voulu relever la tête mais préféra éviter dans elle était douloureuse. Pour un peu, il aurait presque pu croire que l’autre était jaloux. L’idée le fit sourire intérieurement, son visage demeurant impassible. Vidé, un masque de cire en train de fondre ne révélant rien de plus qu’une étendue déserte. Dans un autre état, il aurait répliqué. Pour La défendre. Pour le remettre à sa place. Les doigts froids de la chair de poule glissèrent contre son échine, le long de ses bras quand la sentence tomba dans le creux de son oreille. Venant d’Elle, cela sonnait comme un aveu, une trahison. La preuve qu’elle était de leur côté. Embrumé comme il l’était, il ne réalisa pas de suite qu’Elle se trouvait à côté de lui. Réagissant à peine quand Ses doigts glissèrent le long de sa cuisse. Il releva légèrement la tête, retint son souffle quand le Sien frôla sa peau. Il se crispa, les phalanges enjôleuses arrêtant leur exploration à un endroit fort incongru. Il fronça les sourcils, l’ombre de la stupeur se glissant dans son regard, gêne et malaise tiraient ses traits. Elle n’avait jamais fait autant preuve de liberté avec lui, jamais frôler si suavement sa pauvre carcasse. Dans le contexte, ce qu’Elle venait de murmurer semblait affreusement déplacé. Si l’autre n’avait pas été autant mal à l’aise quand il révéla leur petite entrevue, il aurait presque pu croire qu’il s’en était vanté. Racontant des détails qu’il aurait préféré garder pour lui. Il soutint Son regard, prenant le risque de s’y noyer, croisant dans les nuances bleutées une angoisse qui lui fit comprendre le sens caché de Sa provocation. Il secoua la tête, geste imperceptible teintée d’une profonde tristesse. Réponse silencieuse qui lui fit bien plus mal que ce qu’il aurait pu penser. C’était devenu un acquis, un détail qui le poursuivrait jusqu’à la fin de ses jours. Une certitude qui s’était envolée en fumée d’un simple claquement de doigt.

La gifle lui coupa le souffle, sa nuque craqua lorsqu’il fut contraint de tourner la tête avec une telle violence. Il serra les dents, inspira profondément avant de reposer son regard sur le leader. Assassin, l’infime sourire sur ses lèvres ensanglantées n’avait plus rien d’amusé.

« - Assassinée, je vois pas comment elle aurait pu le faire. Et mon père avait tendance à aimer frapper un peu tout le monde. On a chacun notre savoir-vivre il faut croire » Lâcha-t-il dans un soupir. Un seul souffle tant l’air était devenu une denrée précieuse. Incendiant ses poumons à chaque nouvel afflux.

« - Pourquoi tu n’as pas pris sa place alors, puisque tu sembles tellement tenir à elle ?! » Rageur il le fusilla du regard, avant de se figer d’un seul et coup. Il blêmit, palissant plus qu’il ne pouvait déjà l’être, le sang abandonnant son visage. Un ‘non’ fébrile s’échappa de ses lèvres quand il posa son regard sur l’instrument que venait de rapporter le boucher en herbe. Un second plus fort cette fois, alors qu’il tenta de se détacher. De briser ses liens. Il ne parvint qu’à s’écorcher les poignets. Une panique évidente était venue se glisser dans son regard. Pour l’avoir déjà fait endurer à d’autre, il savait ce qui l’attendait. Malgré la douleur, il serra le poing, du mieux qu’il put. Laissant ses ongles s’incruster dans sa paume. Manège inutile, l’autre trouvant la technique pour le faire desserrer le poing. Il se mordit la langue avec hargne, ferma les yeux, bloquant sa respiration avec le futile espoir d’atténuer la douleur. Il aurait voulu garder sa souffrance pour lui, entendre ses propres cris dans les méandres de son esprit fatigué. Il se mordit la lèvre pour que son cri de douleur cesse, pour ravaler le haut-le-cœur venu se glisser dans sa gorge. Malgré la force avec laquelle il fermait les yeux, des larmes glissèrent le long de ses joues. Rongée par de violents tremblements, sa carcasse n’était plus qu’un amas de chair douloureuse. Il crevait de froid, la douleur le poussant à s’enfermer dans le silence et à se rapprocher des bras de l’inconscience. J’aurais dû me taire pour les tortures… Il préférait ne pas imaginer la suite. S’ils avaient été capables de sortir sel et tenaille, ils seraient capables du pire. Et mourir devant Elle par la faute des mêmes stratagèmes qu’il fut lui-même contraint d’utiliser des siècles plus tôt ne l’enchantait absolument pas.

La déflagration le fit sursauter comme un gamin prit en flagrant délit de vol de sucreries. Il releva la tête au moment où celui qui fut, l’espace d’une soirée, un amant des plus plaisants s’effondrait au sol. Il s’absorba dans la contemplation de son cadavre pendant quelques secondes avant de poser son regard défait sur Elle. Il aurait pu y penser. Prendre son arme, avant de partir s’installer devant la frontière de cette maudite zone. Un réflexe qu’il n’avait jamais eu, se reposant un peu trop sur le loup tapit dans son ventre. Maintenant qu’il s’en retrouvait démunit et dans une sale posture il commençait à regretter de ne pas avoir pris ce pli quand il en avait l’occasion.

« - Bordel, mais dans quel camp tu es ? Si ça te démangeais tant que ça, fallait le sauter dans le marais. On avait dit pas d’attaches, et toi tu le descends comme un pigeon ?! » Le boucher désigna d’un grand geste de la main le cadavre de son chef, puis Stain. Stain, qui commençait à en avoir ras la fourrure de ces crises de nerfs qui lui filaient encore plus mal au crâne.

« - Fallait mieux choisir vos alliés… au lieu de vous laisser avoir par leur beau discours et leur côté plaisant à regarder.
-Je vais t’en coller du plaisant à regarder ! » L’avertissement ne resta qu’à l’état de mots, un coup d’œil vers l’arme encore pointée vers lui fut suffisant pour qu’il se ravise. Esquissant un pas sur le côté, une hésitation évidente envahissait ses gestes. Gamin perdu sans un supérieur, malgré ses pulsions assassines, seul et privé de l’adrénaline provoquée par l’arène, il n’en menait pas large. Il recula encore, se rapprochant de la porte sans prendre le risque de leur tourner le dos.

« - Profite bien de ta liberté la potiche, toi aussi le chien. Ca durera pas. Si on vous retrouve, vous êtes morts » Des vilaines menaces, crachées avec hargne. Elles auraient dû le faire frissonner, l’inquiéter. Dans son état elles lui passèrent au-dessus de la tête. Le claquement de la porte résonna dans le silence de la pièce. Pesant. Inquiétant. Il s’avachit dans sa chaise, ses muscles se relâchèrent. Il baissa de nouveau la tête, s’abima dans la contemplation de son sang goutant à terre. Mélangé à ses larmes qui perlaient encore sur ses cils. Il laissa le silence peser sur ses épaules pendant de longues minutes qui parurent durer une éternité.

« - Des réclamations ? Des reproches ? C’est ma soirée… J’espère que c’est de l’argent, si tu as l’intention de finir leur boulot, fais-ça bien… que ça te satisfasse au moins » Le souffle court il avait l’impression d’avoir couru des kilomètres, incapable de redonner à sa respiration un semblant de calme. Ni d’apaiser la douleur filtrant le long de son bras, dévorante, fortement insupportable. Il ne releva pas la tête, préférant ne pas prendre le risque de croiser Son regard. Tremblant comme une feuille, dans un état pitoyable, il avait l’impression d’être redevenu l’enfant qu’il fut. Qui tremblait de peur quand la porte de sa chambre s’ouvrait sur son géniteur. Fragilité à fleur de peau suintant du moindre de ses pores, l’accablant de tout son poids. Maintenant qu’ils étaient seuls, il n’avait plus la force de faire durer les faux-semblants.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Sam 9 Fév - 21:11

Prendre la place de quelqu’un dans la fosse aux fauves, volontairement. Un acte héroïque surement à la portée des plus altruistes, ignorant ce à quoi ils pouvaient véritablement s’engager. Mais impossible pour ceux ayant déjà côtoyé l’enfer de l’arène. L’idée même d’y retourner la tétanisait, figeait son sang dans ses veines. Alors se dévouer, en sachant qu’aucune torture ne pouvait égaler cet état de torpeur infâme... elle en serait incapable. Même pas pour Azzura, qui de toute manière s’en sortirait infiniment mieux qu’elle, comme toujours. Elle comprenait que leur chef de pacotille ne soit pas sacrifié pour sa cadette, aussi lâche cela soit-il. Mais le provoquer si ouvertement, avec dédain, n’allait certainement pas jouer en la faveur de son cousin. Elle n’ignorait pas ce qui allait inévitablement suivre. Cette violence gratuite, barbare, insoutenable. Nécessairement accrue par Ses précédents sarcasmes. Ils allaient Le briser en mille morceaux pour avoir eu l’audace de lutter si fort pour sa survie. Lui faire subir en une nuit les atrocités supportées durant des semaines entières. Jusqu’à ce qu’Il termine ravagé par le feu et la glace. Jusqu'à ce qu'Il en crève. Des tiges de glace pour empaler Ses poumons enflammés. Morsures venimeuses s’incrustant dans chaque parcelle de viande froide. Elle aurait pu faire comme Lui autrefois. Rester à l’écart, serrer les gencives et ne pas mettre en péril sa sécurité personnelle. Prier pour qu’ils se lassent avant que Sa carcasse décharnée ne plie. Ses refus tragiques, terrifiés, la dissuadèrent toutefois de s’enliser dans le rôle passif de la statue de pierre.

La suite s’enchaina à une telle vitesse, qu’elle n’eut pas vraiment le temps de réaliser la portée de ses gestes. Ni la possibilité d’empêcher le coup de feu de partir. Une grimace d’écœurement déforma ses traits, la nausée remontant du plus profond de ses entrailles pour venir engluer sa trachée. Le dos de sa main vint recouvrir sa bouche, retenant un hoquet d’effroi alors que l’odeur pestilentielle de chair brûlée s’insinuait dans ses narines. Tremblements intempestifs lacérant son échine dans toute sa longueur, au point que sa prise sur son arme se fit nettement moins assurée. Ce n’était pas la première fois qu’elle tuait. Ni la première fois qu’elle voyait un cadavre. Habituée à les inciser, à les ranimer. A les voir défiler et déambuler dans sa morgue austère. Et pourtant. L’ignominie de son acte la révulsa. Même si la jalousie l’avait tenaillée à son sujet. Même s’il L’aurait réduit en charpie sans son intervention, et avait déjà commencé sa basse besogne. Un ricanement s’échappa pourtant de ses lippes scellées lorsque le boucher lança sa tirade, lui reprochant sa traitrise alors qu’ils ne s’étaient regroupés que par défaut.

« - Oh mais qu’est ce qui te dit qu’on ne l’a pas fait ? »
Siffla t’elle par pure provocation avant de rajouter : « Pas d’attaches, et j’ai justement suivi ça à la lettre. Il n’avait qu’à obéir gentiment, et il s’en serait tiré sans une égratignure. Tu te portes volontaire pour aller tenir compagnie à ton copain ? »

Visiblement non. Il quitta les lieux à reculons, les incendiant par d’hargneuses intimidations à défaut de pouvoir leur refaire le portrait sur le champ. S’il avait pu les lapider sur place, il l'aurait fait. Ses viles menaces la firent imperceptiblement frissonner, tant elles pourraient être lourdes de conséquences si elles se concrétisaient. Le laisser respirer était certainement le choix le plus idiot et dangereux qui soit. Elle aurait du le fusiller pour s’assurer qu’il ne puisse jamais mettre sa vengeance à exécution, mais ne trouva pas le courage de viser. Trop perturbée par son dernier crime pour en commettre un deuxième dans la hâte. Sursautant lorsque la porte fut claquée avec hargne, résonnant dans toute la pièce jusqu’à faire vibrer le plancher rongé par les mites. Elle garda son arme pointée en direction de la sortie quelques secondes, au cas où son ancien allié soit suicidaire, avant que son bras ne retombe mollement contre son enveloppe défaite. Poussant un profond soupir de lassitude lorsque le manoir retrouva son silence de mort. Un de ses talons tâta le cadavre avec brusquerie, histoire de s’assurer qu’il ne bougeait plus avant qu’elle ne reporte son attention sur Lui. L’afflux d’hémoglobine dans sa boite crânienne la fit tituber légèrement, tant la migraine lui vrillait les tempes. Comme une averse brutale de grêle l'assommant et la vidant de ses maigres restes d’énergie. L’aliéné tapi au creux de sa cage thoracique battant à tout rompre dans sa prison écarlate. Elle Le poignarda du regard lorsque Sa voix inquisitrice lui écorcha les tympans, rudement.

« - Finir leur boulot ? Pourquoi ? Tu n’as pas daigné m’achever, ne compte pas sur moi pour être plus clémente… Tu vas vivre mon vieux, et à mon avis c'est pire. »

La pire châtiment pour elle du moins. Elle qui n’avait plus rien à espérer de cette existence de misère. Elle, dont les perspectives d’avenir avaient été brûlées vives un soir de printemps. Englouties sous la vase du Tibre, fleuve assassin ayant dès lors cessé d’être bercé par leurs rires d’enfant. A cause d’un de Ses stupides défis. Mais les ténèbres de sa cellule crasseuse avaient eu le mérite d’aspirer une partie de son ressentiment. Elle avait cessé de Le maudire pour sa jumelle. Cessé de Lui en vouloir pour ce qui n’était qu’une malheureuse bêtise. Dénuée d’intentions criminelles comme son ainée le lui avait rabâché. Cessé de Le haïr pour ce qui n’était finalement qu’un accident. Horrible certes, abominable même… mais uniquement un accident. Elle ravala ainsi son venin, et le désir mesquin de L’abandonner là face à la dépouille de Son amant éphémère. Brisant la frêle distance pour que ses genoux viennent mourir contre le sol poussiéreux. Déposant le revolver près de la chaise de supplice, avant de défaire avec précaution les liens atrocement serrés. Ses doigts fins se glissèrent doucement sur Sa main à la teinte franchement inquiétante, décrivant un léger arc de cercle sur Son poignet irrité. Leurs jumelles vinrent quant à elles se couler contre Son front, écartant les mèches sombres qui avaient pu s’y coller pour y répandre une chaleur se voulant bienfaitrice. Utilisant ses dons de guérisseuse, quitte à ce qu’ils ne s’avèrent pas efficaces rapidement compte tenu de la fatigue. Ses prunelles suppliantes, teintées de gris comme une mer sous la tempête, vinrent se noyer dans les nébuleuses méfiantes. Tentant d’y insuffler un semblant de confiance. Elle pouvait peut être guérir certaines ecchymoses, et éviter que les plaies restantes s’infectent.

« - Je ne peux pas te promettre d’arriver à tout soigner… Mais je peux essayer. »


Les dents qui claquaient mécaniquement, comme une symphonie macabre à base de vives percussions. La douleur démultipliée, qui devait probablement engourdir le moindre de Ses muscles. Le voir dans un état si piteux la détruisait, littéralement. Tordant rageusement ses misérables entrailles. Démolie même s’il n’y avait rien de grave, plus de peur que de mal. Pas de blessures mortelles desquelles elle ne pourrait venir à bout. Rien qui puisse L’invalider à long terme. Mais elle s’en voulait affreusement d’avoir laissé les choses dégénérer jusqu’à atteindre quasiment un point de non-retour. Le cruor mélangé à Ses larmes était une vision insoutenable. Elle n’avait plus la sensation d’être face au tueur sanguinaire apte à étouffer ses proies de sang-froid et égorger le premier venu de ses crocs. Ressemblant davantage à un gosse fragile, effrayé, frigorifié. Qui attend avec nervosité la prochaine raclée. Elle n’avait pas relevé, ce qui sonnait comme des aveux tardifs. Les lambeaux d’une vie déchue, dont elle n’avait pas eu connaissance. Ignorant s’Il avait laissé s’échapper la vérité crue dans un instant de faiblesse, sans réellement se rendre compte de ce qu’Il révélait. Ou s’Il cherchait simplement à se trouver de fausses excuses pour amadouer ses tortionnaires. Des circonstances atténuantes expliquant qu’on puisse infliger à de pauvres innocents tant de mal car c’est dans nos gènes. Marquer le corps des autres, pour effacer ses propres stigmates. Malheureuse victime ou manipulateur en proie au désespoir, elle n'était pas parvenue à trancher immédiatement. Même si au fond, elle avait aussitôt compris qu’Il disait vrai. Suffisamment intimidée étant enfant par l’allure lugubre de son oncle pour ne pas vraiment douter du fait qu’il ait pu se montrer violent avec son fils. Homme de foi donnant aux autres une image exemplaire pour camoufler la noirceur infecte de son âme. Un visage d’ange capable d’enfanter les pires abominations. Elle n’avait pas relevé sur le moment, qu’Il avait été enchainé aux excès de rage de son géniteur, mais commençait à y croire.

« - Tu crois que tu peux te mettre debout ? Marcher sans l’aide d’une canne ? »


Un léger sourire se dessina sur ses lèvres abimées alors qu’elle montrait l’exemple en Le contemplant de toute sa hauteur. Pointe d’humour qui n’avait pour une fois pas été lancée d’un ton cruel et méprisant, ni pour le rabaisser. Ses phalanges entourèrent Son épaule sans attendre de réponse, L’aidant à se remettre sur Ses pieds avec délicatesse. Attendant qu’Il semble suffisamment stable sur Ses guiboles pour le relâcher et partir devant. Elle contourna largement le cadavre, principale raison pour laquelle elle préférait quitter l’endroit. Ça et le fait que ce dont elle allait avoir besoin se trouvait ailleurs. Elle s’engouffra dans une autre chambre, s’assurant qu’Il la suivait et ne trébuchait pas. Lui montrant le lit d’un signe de tête lorsqu’Il entra. Elle retira son haut maculé de pourriture sanguinolente pour en enfiler un autre trouvé dans son armoire et en récupérer un second pour qu’il fasse office de chiffon. Avant d’aller chercher le nécessaire dans la salle de bains attenante. Revenant avec des bandages, du coton et une bouteille d’alcool à 90 degrés qu’elle agita devant Lui, assis sur le matelas.

« - Tiens je t’ai apporté à boire pour te requinquer. Comme tu as l’air d’aimer te mettre minable… »
Souffla t’elle contre Sa peau maltraitée, plus par taquinerie que pour l’assommer de reproches. Elle reposa cependant tout l’attirail sur la table de chevet, caressant ensuite avec un simulacre de tendresse Son visage endolori et Ses jointures violacées. S’évertuant de nouveau à apaiser Ses blessures par un contact ensorcelé, même si cela paraissait terriblement incongru après sa participation au carnage. Après avoir fracturé sadiquement Ses os.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Dim 10 Fév - 21:09


Il accueillit le silence avec un certain plaisir. Fermant les yeux pour se concentrer sur le rythme affolé de son cœur et l’infime sifflement de sa respiration en déroute. Ses tempes le faisaient souffrir, brisées par l’afflux de sang. Liquide écarlate suintant de ses plaies, jurant avec la pâleur de sa peau. Lui donnant la nausée tant l’odeur lui était désagréable. Il avait l’affreuse impression d’être revenu des siècles en arrière, la sombre nuit de sa quinzième année. Celle ayant suivi la mort de sa cousine. Fracassé par son père plus que jamais, il avait espéré ce soir-là. De mourir sous les coups. De la suivre pour ne pas avoir à La revoir. A contempler dans Son regard, ressentiment et rancœur. De La voir avec un autre. Il en avait eu honte une fois la douleur et les plaies refermées, d’avoir eu l’envie de céder. D’abandonner. Las d’encaisser sans broncher, d’attendre la prochaine battue avec cette angoisse dévorant ses tripes. De sentir des larmes invisibles rouler sur ses joues. Asséchées pour avoir trop pleuré étant enfant. Pour avoir inondé draps et oreillers en maudissant celui qu’il avait tant prié. Le Sauveur ayant préféré jouer la sourde oreille avec lui. Un simple bâtard, une fourmi aux yeux de Dieu. Un charlatan qu’il avait fini par profondément détester. Tout comme son père. Tout comme il pouvait se haïr. Il avait balancé la chose sans même y penser. Crachant aux yeux de parfaits inconnus un secret qu’il avait gardé pendant sept siècles. Son plus grand malheur, la base même de toute l’horreur ayant servi à tisser les liens de son existence. La faiblesse d’un homme de droiture, tout ce qu’il pouvait détester, tout ce contre quoi il luttait, concentré dans un seul être. Sa propre chair. Son propre sang. Qu’elle ironie. Il était tombé du mauvais côté de la famille, avait à maintes reprises tenté d’imaginer sa vie s’il avait été Son frère. Elevé dans un autre monde. Il aurait été différent, il en était persuadé. Un autre au cœur moins assombrit par la violence et la colère. Rongé par des vices incrustés dans ses veines depuis sa naissance. Elle n’aurait pas été engloutit dans les vagues assassines d’un fleuve hurlant. Il n’aurait pas été contraint de torturer des innocents, de La voir mourir sous les crachats et les cris d’une foule hostile et trop stupide pour comprendre. Pas de loup non plus. Pas de loup… Il ne l’aurait certainement pas aimé de la même manière aussi…

Des frissons, la chair de poule sur ses bras, le froid s’insinuant dans sa chair. Rongeant sa peau, dévorant sa carcasse pour la malmener plus qu’elle ne pouvait déjà l’être. Il se risqua un jeter un coup d’œil à la chair à vif de son pouce, grimaçant devant l’étendue des dégâts. Un profond dégoût creusant ses traits fatigués. Même dans l’arène, il n’avait pas été aussi éreinté. Vidé. Il réalisait alors à quel point il se reposait sur son autre lui, ce qu’il lui apportait. Malédiction le rendant plus endurant qu’un simple mortel. Plus résistant. Il esquissa un infime sourire en attendant Ses mots. Bien dit cousine. Il n’en attendait pas moins de Sa part. Rassuré même qu’Elle le laisse croupir dans son existence pourrit.

« - Les liens du sang ne font pas de cadeaux… Pire que la mort, je confirme » Murmura-t-il, voix brisée par la douleur. Masquée par un voile de tristesse la rendant presque fragile. Fragile, il l’était. Un peu trop à son goût. Détruit plus qu’il ne pouvait le penser. Il sursauta malgré lui quand il La vit s’agenouiller près de lui. N’eut même pas la force d’esquisser un geste de recul. Il se contenta de La regarder faire du coin de l’œil, méfiant malgré tout. Suspicion gagnant en puissance quand Elle posa Ses doigts sur sa main meurtrie. La magie, il avait appris à la détester. Endoctriné par l’Inquisition, par ce qu’elle lui avait fait endurer. Salutaire ou non, pour lui c’était pareil. La chaleur qui se dispersa dans son bras et sur son front le fit frémir. Un imposant morceau de cire se détacha du masque en perdition quand Elle le supplia du regard. Animal pris au piège arrêtant de cracher pour qu’on s’éloigne de lui. Se muant peu à peu en peluche pour se laisser apprivoiser. Accordant un peu de confiance à la main qui pouvait s’approcher de son museau. Prêt à aller à sa rencontre. Il ne répondit pas, les mots s’amassant dans sa gorge serrée. Il se contenta d’un imperceptible hochement de tête, d’un étirement de lèvre fugace. Même ses sourires avaient perdu de leur éclat. Vingt-quatre années passées à prétendre que tout allait bien. Vingt-quatre longues années à être fort, balayées par une simple séance de torture d’amateurs. Il La laissa se relever, contempla encore un moment le sol avant de prendre le risque de lever le nez dans Sa direction. Son pauvre crâne se brisa en deux, l’obligeant à baisser rapidement la tête.

« - Au pire je reste là, elle est pas si mal cette chaise, quand on oublie l’existence de son postérieur » Lâcha-t-il au bout d’un moment, avant de se relever non sans mal malgré l’appui qu’Elle put lui fournir. Tremblantes, incertaines, ses jambes lui donnaient l’impression d’être encore ivre. Plus qu’il n’avait pu l’être avant d’arriver ici. Il resta immobile, attendant que le décor cesse de tourner, que ses jambes daignent le porter sans céder sous son poids. Il fixa le cadavre à ses pieds. Fut surpris de constater qu’il ne ressentait rien à son égard. Pas la moindre aversion. Pas le moindre remord. Lui qui avait gouté à la saveur de ses lèvres, qui s’était brûlé la peau contre la sienne. Rien. A peine un infime frisson de répulsion devant la tâche de sang qui se répandait sur le sol. Il plissa le nez, renifla avant de faire volte-face et de La suivre. Pour s’engouffrer dans une autre pièce semblable à celle qui venait de quitter. Décor de film poussiéreux qui le fit frémir, le côté figé de tout ce luxe le dérangeait au plus haut point. Semblable à celui qu’il avait connu dans son enfance, et pourtant si différent. Le temps s’était arrêté en ces lieux, suspendu, il en avait perdu toute notion. Incapable de dire depuis combien de temps il était là. De voir derrière les rideaux et la couche poussiéreuse maculant les fenêtres s’il faisait nuit ou non. Il ne se fit pas prier, s’affalant sur le matelas en poussant un lourd soupir. Scrutant avec une curiosité angoissée le moindre de Ses gestes. Triturant avec une certaine maladresse son t-shirt maculé de sang. Bouteille d’alcool agitée devant son nez qui lui donna la nausée. Il esquissa un léger sourire, détournant le regard quand Ses doigts se coulèrent à nouveau contre sa peau.

« - Je ne suis pas un grand fan de la liqueur distillée par les pharmaciens. » La taquinerie aussi légère soit-elle l’avait quelque peu dérangé. Se mettre dans des états pareils, il avait fini par en avoir l’habitude. Rentrer ivre et s’endormir comme une masse sur le canapé et se réveiller trempé, glacé jusqu’aux os. Un stratagème de sa colocataire pour le sortir de sa léthargie. Pour l’accabler de reproches sans se perdre dans d’interminables discussions. Elle allait le tuer là c’était évident. La chaleur glissa à nouveau dans ses doigts meurtris, atténuant la douleur pour la rendre plus supportable. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi Elle faisait ça. Surtout pas après lui avoir gentiment marché dessus. Il se crispa quand Elle se saisit de son attirail de parfaite petite docteur, son bras se changeant en plomb lorsqu’Elle tenta de se rapprocher de sa main blessée. Le contact brutal du liquide sur sa peau à vif le fit tressaillir, sa main tremblant violemment entre Ses doigts. Il serra les dents pour retenir les compliments venus se fracasser contre son crâne, laissa malgré tout s‘échapper quelques râles d’affliction. La peau en feu, il avait l’atroce impression que sa main subissait le même sort que sa jumelle. Phalanges esseulées venues s’agripper à Son genou, le serrant avec force malgré la raideur revenue les posséder. Il avait cru pouvoir s’en débarrasser, de cette gêne. La voir disparaître à force de patience et d’entraînements douloureux. Elle revenait à chaque fois, dès que la fatigue devenait trop forte. Qu’il oubliait son atrophie dans un coin de sa tête.

« - Pourquoi tu… pourquoi tu les as rejoint, pris un risque pareil, après tout ce qu’on a pu te faire ? » Pourquoi fais-tu tout ça ? La question était stupide, il se doutait de la réponse. Il n’avait pas pu l’empêcher de venir briser le silence, balancée entre deux souffles maintenant que le feu léchant son doigt était devenu acceptable. Il releva la tête, posa son regard sur Elle. Détaillant malgré lui la perfection de Ses courbes. De Ses traits. Prunelles sombres ravagées par la douleur et la fatigue. Teintées d’une dévotion et d’une convoitise évidentes. Il ne l’avait jamais vraiment regardé de cette manière. Ou du moins jamais directement. Trop jeune, l’envie qu’il pouvait éprouver à Son égard restait innocente malgré tout ce qui lui était tombé dessus. Changée en jalousie et en remords après la mort de Chiara. Abandonnée la dévotion du cousin, celle du frère. Du jeune homme noyé dans ses chimères. Remplacée par celle d’un homme. Il prit conscience de l’indécence de son instigation et préféra s’absorber dans la contemplation d’un point invisible quelque part face à lui. Ses doigts lâchèrent Son genou et vinrent se poser sur le matelas. Poing serré ayant pour but d’atténuer les grelottements agitant sa carcasse. Le dernier morceau de cire s’écrasa à ses pieds, l’affliction, malgré la douceur de Ses gestes, tirait ses traits.

« - Fais-Le revenir. Maudis-moi à nouveau, prends-mon âme si tu veux, mais s’il te plait… Fais-Le revenir… » Faible, à peine audible, sa supplique mourut sur ses lèvres. Plus prononcée pour lui que pour Elle. Il n’aurait jamais pensé un jour La supplier d’user à nouveau de la magie sur lui. De faire peser sur ses épaules le poids d’une nouvelle malédiction. Il aurait donné n’importe quoi pour Le voir revenir. Prêt à Lui donner n’importe quoi, pour qu’Elle le libère de ce tourment qui le tuait un peu plus à chaque fois qu’il y pensait. Eternel paradoxe, il aurait donné n’importe quoi pour s’en débarrasser durant les premières lunes. Et maintenant je crie au loup pour le voir revenir.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Mar 12 Fév - 11:15

Sa main n’était pas belle à voir, maculée d’une hémoglobine tirant vers le noir tant les couches suintantes se superposaient les unes aux autres. Ravagée par les meurtrissures et les contusions en tous genres. Elle allait avoir du mal à réparer les dégâts rapidement, et risquait de s’épuiser à la tâche. Pour un égoïste. Pour un ingrat. Constat affligeant terrible à encaisser, l’assommant encore davantage quand elle songeait à ce qui allait advenir de sa piteuse carcasse dans cette jungle. Pendant qu’Il pourrait retourner vaquer tranquillement à Ses occupations insalubres. Le forcené martelant ses côtes semblait peser des tonnes, comme un poids mort annihilant son souffle. Palpitant bourré d’épines transperçant sa poitrine au point de la faire flancher. Perdant de sa patiente et de sa délicatesse, elle attrapa Son poignet rudement lorsqu’Il fit mine de l’écarter. Sa langue claqua instinctivement contre son palais, exprimant son irritation passagère. Elle appuya le coton imbibé d’alcool sur le pouce à vif avec force pour contrer le réflexe naturel d’éloignement, grimaçant imperceptiblement lorsqu’Il attrapa son genou. Jambe de bois risquant de chanceler si elle maintenait sa position debout trop longtemps.

« - Tu ne sais pas ce que tu rates. »


Plaisanterie tardive calquée sur la Sienne avant de tiquer lorsque Sa voix résonna contre ses tympans. Ses prunelles bleutées se fondirent aussitôt dans les Siennes, intriguées. Troublées par l’éclat insolite et ardent s’y nichant, tout en se questionnant intérieurement. Il y avait effectivement de quoi s’étonner. Une lâcheté si bien entretenue, une mécanique de soumission si bien huilée… Il y avait de quoi se demander ce qui avait pu parvenir à la faire fléchir. Elle n’avait pas réfléchi, ni pesé le pour et le contre de longues heures. Portée par ce vent de révolte qui avait réussi à balayer l’air lourd et putride de sa misérable cage. Fugace, éphémère. Mais suffisamment violent pour qu’elle suive le mouvement et s’échappe. Saisisse une opportunité qui se retournerait inévitablement contre elle. Lucide sur le fait qu’elle allait certainement regretter amèrement d’être née le jour où ils remettraient leurs pattes velues sur elle. Elle n’avait pas réellement eu la sensation d’avoir le choix sur le moment, tant la haine et la douleur prenaient le pas sur ses bribes de raison. Des heures et des heures à guetter les pas résonnant dans le couloir, les muscles raides en permanence. A entendre ses os se lamenter sous sa peau engourdie, à trembler de peur et de froid. A en perdre la notion du temps, assiégée par les frissons barbares heurtant ses reins. Enlaidie par les marques d’infamie se rajoutant aux précédentes, creusant des sillons pourpres pour qu’elle n’oublie pas. Jamais. La déglutition fut laborieuse, écorchant sa trachée alors qu’elle hésitait à faire preuve d’une telle honnêteté. A avouer sa faiblesse. Figée, immobile, elle maintint le contact visuel plus que nécessaire. S’attardant sur les nuances ténébreuses traversant Ses iris, jusqu’à ressentir une intense chaleur couplée à une gêne palpable. Icebergs voilés par l’ombre du chagrin finissant par s’abaisser vers le plancher poussiéreux. Difficile d’admettre que la poupée de porcelaine se brisait si aisément en dépit de ses grands airs. Faite pour les intérieurs luxueux et les draps de satin. Et non pour la crasse, le déshonneur, et les brimades. Sans doute avait-elle également redouté ce qu’elle serait prête à faire pour s’en sortir, qui elle pourrait trahir pour retrouver sa liberté de fortune. Suicidaire préférant l’électrocution par la puce enfouie dans sa nuque à des traitrises infectes. Suffocante odeur de rouille.

« - J’ai devais choisir entre la peste et le choléra. Rester enfermée dans ce trou à rats me rendait dingue. »
Plus que je ne l’étais déjà. « - J’aurais fini par faire pire. »

Par se tuer. Par tuer un des gardiens. Elle aurait fini par oublier son humanité. Sauvage et enragée à force d’errer dans la noirceur de sa cellule. Elle aurait provoqué son propre trépas, par la rébellion. Ou se serait laissée mourir, résignée et esseulée. A attendre vainement qu’Elle lui vienne en aide. Pourtant consciente qu’elle avait certainement réduit à néant toute chance de regagner un jour Sa confiance, Son estime. A jamais détruite par ce qu’elle avait été amenée à faire dans l’arène pour sauver sa peau. Et pour sauver celle de son détestable cousin surtout. La honte ruisselait sur son enveloppe comme un filet poisseux en y repensant. Elle ne pouvait pas vraiment en vouloir à ce dernier au fond, Il n’avait fait qu’appliquer les règles du jeu. Aussi abominables et injustes soient-elles. Erreur monumentale réitérée alors que le meilleur moyen d’assurer sa survie était de rester fidèle à ses récents alliés.

« - Tu as eu raison de m’écraser pour gagner. »


Elle ne le félicitait pas, malgré les apparences. Énonçant uniquement un pur constat, celui de sa propre médiocrité. Elle avait pris un risque incroyable en piétinant si impulsivement la sentence des juges. Mais il restait dérisoire en comparaison de ce que représentait le pardon jeté à Ses pieds. Prendre Son parti revenait à se jeter au bord du précipice. Elle s’apprêtait à Lui demander sèchement s’il avait l’intention de tout raconter à Ses supérieurs, quand ses yeux s’agrandirent comme deux soucoupes. Effarée devant l’énormité de Ses suppliques. Stupéfaite qu’Il ose quémander une telle chose. Se remémorant encore les œillades qui avaient suivi Sa transformation, chargées de mépris et d’aversion. Répugnance primitive semblable à celle qui pouvait animer Sa secte. Des catins du diable d’après Ses sbires, juste bonnes à semer la l’horreur et la putréfaction. Misérables et perverses, jetant le malheur à tous les coins de rue. Ils n’étaient que des ignorants, plus ignobles et cruels séparément que tous les sorciers réunis. Se dissimulant derrière une foule de prétextes pour teinter de noblesse leurs crimes effroyables. Et Il appartenait à cette vermine.

« - Tu… Tu… Pardon ?! »
Bégaya t’elle avant de se reprendre, entre le flegme et l'hystérie. « ‘Prends mon âme si tu veux’ ?! » S’écria-t-elle en tentant vainement d’empêcher à ses intonations de monter trop dangereusement dans les aigus, son indignation s’étranglant littéralement dans sa gorge avant qu’elle ne crache : « - Tu me prends pour qui, Satan ? T’étais parfaitement à ta place avec eux à ce que je vois… Des ânes bâtés qui se prenaient pour des justiciers. »

Elle s’était insurgée en italien, comme à peu près chaque fois qu’elle était particulièrement énervée. Avant de se mordre la langue, les remords se faisant soudainement plus intrusifs et voraces. Sans pour autant réussir à se calmer. Eux… Les Inquisiteurs. Ces sales raclures. Elle était excédée. En sang. Comme si toutes ses entailles, mêmes les plus infimes, même celles qu’elle avait cherché à enfouir au plus profond de sa déplorable carcasse venaient de se rouvrir. Hémorragie interne dont Il était l’instigateur. Le couteau, la lame. Le bourreau libérant impunément ce flot écarlate. Elle bouillonnait, frémissant sous les assauts de cette vague de colère incendiaire. Comme si elle venait de se piquer, elle fit un pas en arrière, abandonnant ses suaves caresses aux affres de l’Enfer. Elle songea à Le laisser en plan, gravement amoché et à peine rafistolé. Quitte à ce que le boucher puisse Lui retomber dessus et achever le travail sans encombre. Elle observa une minute de silence, Le toisant avec froideur. La dévotion sévèrement incisée par un récif des plus tranchants, noyée sous un flot de méfiance et d’amertume.

« - Pourquoi tu t’en es débarrassé si tu y tenais tant que ça ? Et comment d’ailleurs ? »


Furibonde, elle se rapprocha néanmoins de Sa déplorable carcasse. Ses doigts fébriles s’accrochant au tissu imbibé de sang, d’eau et de sueur. Glissant ensuite contre la texture satinée se dissimulant en dessous, avec une sensualité à moitié involontaire. Prolongeant la lente et inexorable exploration jusqu’à atteindre la plaie ouverte ornant Son torse. En détaillant les contours avec douceur avant que sa bouche ne se pose contre Sa joue salée, et remonte contre Son oreille.

« - Après avoir tant chouiné à l'époque... Tu veux guérir plus vite, qu’il lèche tes blessures ? »


Interrogation vaguement audible précédant la férocité de ses ongles s’incrustant dans Sa chair, écartant avec perfidie les pans de la cicatrice rougeoyante. Les phalanges libres exerçant quant à elle une pression menaçante et brutale sur Son avant-bras, pour Le dissuader de se dégager.

« - Ou serait-ce parce que tu n’as plus de coupable tout trouvé pour excuser tes penchants meurtriers ? »
Susurra t’elle, venimeuse.

Tu n’étais peut être pas l’hôte d’un tortionnaire. C’est surement lui qui était captif d’un monstre. Ses griffes acérées se rétractèrent, devenant plus affables. Les serpents quittant leur cachette pour se replier par-dessus l’étoffe, à plat sur Son ventre. Proximité périlleuse qu’elle laissa s’éterniser, s’adoucissant. Manège sulfureux dont les mâchoires d’acier venaient de se refermer impitoyablement sur elle. Elle avala péniblement sa salive, incertaine. Frôlant l’interdit avec envie. Luttant pour se retenir de rompre la frêle distance. Se maudissant de vouloir céder à cette pulsion irrésistible, animale.

« - Si j’essayais, vu ton état, ça ne servirait qu’à te tuer. Ou à faire de toi une bête de foire. Tu ne veux pas de ça Ezio. »


Bruissements distillés avec un simulacre de compassion. La malédiction des métamorphes ne frappait qu’une fois, si le cobaye survivait. Une deuxième tentative, et Il ne serait plus qu’os disloqués, tenus entre eux par une fourrure laide, rêche. Et Il pourrait dire définitivement adieu au loup majestueux. Elle soupira, sa main se coulant avec tendresse le long de Son visage, puis de Son cou. Nerveusement ses dents vinrent mordiller Sa lèvre inférieure. Hésitant avant que ses lippes ne se scellent entièrement à leurs jumelles entêtantes. Fusion délicieuse et viscérale s’accentuant alors qu’elle agrippait Sa nuque. Prolongeant le baiser fiévreux un instant avant d’attraper Sa mâchoire, la repoussant en arrière. Une dernière brûlure toutefois déposée sur les otages de sa convoitise, les attisant furtivement avant que des murmures ne les égratignent.

« - Tu disposes d'un second fan-club attitré ou tu n’as rien trouvé de plus amusant que de jouer au masochiste pendant qu’on crevait à petit feu sous la torture ? »


Ses doigts froissèrent le chiffon lui servant de t-shirt, appuyant ses propos. Sans prendre la peine de reculer vraiment ses lèvres, les entrailles en cendres. Enjôleuse en dépit de la contrariété qui la tenaillait.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Mar 12 Fév - 22:05


Les mots sortirent sans qu’il ne réalise l’impact qu’ils pourraient avoir. Une aversion qui continuait de le ronger malgré lui. Une crainte sourde qui le poussait à considérer les êtres comme Elle comme des monstres. Il en était un, il le savait. Le fruit de cette sorcellerie qui le révulsait. Et pourtant. Il avait tout rejeté, les idéaux sordides de l’Inquisition. Leur Dieu, leurs pratiques et leurs belles paroles. Tout balancé aux orties dès l’instant où il se retrouva confiné dans la chaleur étouffante d’une salle de torture. Presque tout du moins, se raccrochant au plus gros vice de cette sombre machination. Continuant de croire au Diable et en ses sbires. Il en avait honte, de ne pas pouvoir se détacher de cette façon de penser totalement dépassée et ridicule. Lui qui avait fini par sombrer dans l’indécence et la luxure la plus abjecte. Une simple supplique balayant tous les autres mots ayant pu être prononcés. Il en oublia Son reproche, le rappel de son horrible victoire. Le classant dans la liste des heureux gagnants d’une folie pas prête de s’arrêter. Trop appréciée pour que cela soit seulement envisagé. Rappel de sa réussite et de Sa défaite. De ce qui Lui a été infligé ensuite. Il le savait, en avait entendu parler. De simples murmures d’abord de la part de ses collègues. Un cri effroyable ensuite lorsque les prisonniers retournaient dans la noirceur de leur cellule. Et avec ces ténèbres l’affreuse impression d’être revenu en arrière, de ne jamais avoir quitté la crasse de Rome. Il faillit le croire pendant de bref instant. S’enfermer dans le déni le plus total pour accepter ce qui se dessinait à nouveau devant ses yeux. Il avait évité Son regard, prononçant ces mots en contemplant le sol, la poussière et le sang. La chassant du bout du pied avec une certaine nonchalance, comme un môme attendant la punition. Elle ne tarda pas à arriver, s’écrasant violemment contre ses tympans pour lui faire réaliser ce qu’il avait osé prononcer devant Elle. Il releva la tête avec une certaine brusquerie, reculant même légèrement sur le matelas tant Sa réaction ne lui inspirait rien de bon. Il plissa la tête, tourna la tête pour s’absorber dans la contemplation de l’attirail qu’Elle avait ramené. Il ouvrit la bouche, prêt à répliquer. La referma pour avaler sa salive et sa réponse misérable. Privé de mots, il était incapable de se justifier. Ne savait pas comment tourner les choses, tant elles lui étaient insupportables. Qu’Elle se serve de l’Italien, cette fois il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre. Traduction instantanée qui le poussait presque à vouloir lui répondre de la même manière.

Il frissonna en sentant le poids de Son regard. La connaissait suffisamment pour deviner ce qui pouvait courir sur Ses traits. Ravager Ses prunelles comme lorsqu’ils étaient petits et qu’il avait une fois de plus réussit à Lui faire perdre patience. Un domaine dans lequel il avait fini par exceller sans le vouloir. Pourquoi je m’en suis… A son tour d’écarquiller les yeux, pensée horrible venue se fracasser contre son crâne. Il s’était raccroché à l’idée qu’il reviendrait, au bon d’un moment. Quand le génie de pacotille serait détruit ou déciderait que sa blague a assez duré. Jamais il n’avait envisagé l’éventualité de vivre sans. Il secoua la tête, fronça les sourcils, ses traits se durcissant.

« - Je te prend pour ce que tu es… Je n’ai pas eu le temps de comprendre le fonctionnement de ta.. Magie. Qui me dit que tu ne l’as pas déjà prise ? » Sang chaud battant contre sa peau, au même rythme effréné que son cœur en perdition. Pulsant sous sa chaire, animant sa carcasse de tremblements qu’il ne contrôlait pas. Le souffle amer de la colère, revenu souffler dans sa gorge. Jetant de l’acide sur ses plaies comme il avait pu le faire avec les Siennes. Deux handicapés des sentiments, incapables de se tenir tranquilles plus de cinq minutes. Ne connaissant pas la demi-mesure. On ne l’avait pas habitué aux nuances de gris, passant du blanc ou noir d’un seul claquement de doigt. A bonne école, la palette de son existence se retrouvait privée de cette teinte.

« - Tu crois vraiment que j’aurais pu vouloir une chose pareille ? Je me suis juste fait avoir par de belles promesses. » Derrière le venin de ses mots se tapissait l’amertume des regrets. Il avait baissé la tête, penaud d’avouer aussi facilement sa faiblesse. Le fait qu’il se soit fait avoir par un magicien dérangé. Espérant une chose, il en avait obtenu une autre. Affreusement douloureuse à encaisser lorsqu’il comprit enfin son erreur. Tout ça pour quoi ? Pour faire disparaître de vieux fantômes. Tout ça pour qu’Elle pardonne le gamin que je ne suis plus. Il ne l’avait pas quitté du regard, serrant les dents quand Ses phalanges se coulèrent contre sa peau en feu. Brûlant littéralement à mesure que l’exploration se faisait plus aguicheuse. Chaleur diffuse irradiant son bas-ventre, tiraillant ses reins pour les mettre au supplice tant la proximité était étouffante. Le malaise était là pourtant, caché derrière la tentation. Prêt à sortir les griffes au moindre changement trop brutal de situation. Il se crispa, Son souffle grisant ses sens plus que de raison. Il serra sa main valide, ferma le poing tout en se mordant la lèvre, tournant légèrement la tête. Le temps de formuler la réponse, celui de l’envoyer sur sa langue et se fut un hoquet de surprise qui se posa sur ses lèvres. Une stupeur se muant en une manifestation de douleur, un grognement étouffé qui lui déchira la gorge alors qu’il La fusillait du regard. Par pur réflexe il voulut La faire cesser, prêt à lever la main avant de voir la Sienne emprisonner son bras dans une étreinte qui le dissuada bien rapidement. Il se sentit chanceler, les lames incisant sa poitrine se frayaient un chemin vers son cœur. Dangereusement, poussant le pauvre affolé à frapper plus fort. Vidant ses poumons de leur oxygène, jusqu’à le faire suffoquer.

« - Ni l’un ni l’autre… J’ai besoin de lui, tu sais mieux que quiconque ce que ça fait de perdre une part de soi-même. » Parler d’Elle, surtout dans une telle situation n’était certainement pas la meilleure chose à faire. Et pourtant, même si la comparaison pouvait paraître grossière, c’était la seule qui lui vint à l’esprit. Un jumeau de fourrure, libre et sauvage. Une moitié sans laquelle il n’était plus rien. Rien de plus qu’un être dévoré par ses pulsions, meurtrier de sang-froid cachant derrière un masque de calme les pires horreurs. Capable du pire, et rarement du meilleur. Il poussa un nouveau soupir, soulagé lorsque le tourment prit fin. Les grelottements se muant peu à peu en d’infimes frissons. Après la violence de Ses mots et de Ses gestes, la douceur de Ses lèvres sur les siennes lui parut presque irréelle. Il céda, s’abandonnant totalement dans ce baiser interdit, s’enivrant du contact jusqu’à en perdre la raison. Une nouvelle ivresse se glissait dans ses veines. Infiniment précieuse. Il se retrouva frustré quand Elle le repoussa, à peine, suffisamment pour les séparer. Pas assez pour empêcher Son souffle de se mêler au sien. Désordre d’une respiration en déroute attisée par les braises d’un interdit qu’il brûlait de piétiner à nouveau. La question qui fâche, celle qu’il aurait préféré ne jamais entendre. Celle à laquelle il ne savait pas quoi répondre. Je me suis coupé en me rasant… il faillit le dire, ravalant cette énorme bêtise tant elle était difficile à avaler. Il se renfrogna légèrement, prunelles ténébreuses fuyant un instant les siennes, tourmentées, gênées. Il l’était, comme à chaque fois qu’il se retrouvait en Sa présence. Sans en connaître la raison, ce trouble l’agaçait.

« - Une séance d’entraînement qui a mal tourné » Lâcha-t-il au bout d’un moment, accompagnant ses mots d’un léger haussement d’épaule. Un mensonge qui aurait pu être une vérité. Les entraînements réservés aux Peacekeepers n’ayant rien d’une partie de plaisir, frôlant parfois le niveau des jeux tant certains des parfaits petits soldats se montraient sans pitié. Egocentrique au possible, abhorrant l’échec même lorsque c’était ‘pour de faux’. Il en avait récolté des vilaines blessures au tout début, avant de sortir les crocs et de faire mordre la poussière à ceux qui le toisèrent avec arrogance quand il n’était encore que le petit nouveau qui ne connaissait pas la langue. Une belle bande de salopards. Il finit par laisser ses prunelles se perdre dans les Siennes, ne cherchant pas à s’éloigner, à se mettre à l’abri d’une nouvelle saute d’humeur. Pour rien au monde il ne le ferait.

« - Je suis déjà une bête de foire. Tes copains l’avaient bien compris, et maintenant tous ces crétins le savent » Murmura-t-il entre ses dents, l’ombre de l’aversion et de la rancœur venait de se glisser sur son visage. Ils les détestaient, ceux qui n’avaient rien demandé à personne comme ceux qui se rangeait du côté des puissants. Aussi solitaire que son loup, il avait fini par réduire au strict nécessaire la liste de ses connaissances proches, à tel point qu’elle pouvait tenir sur les doigts d’une main. Il s’était presque attendu à voir entrer son ancien protégé pour se joindre aux trois autres. Complice de rebelles d’un jour, c’était bien son genre. Il s’était fait violence pour ne pas céder, se reprit au dernier moment pour se contenter d’apposer une simple caresse aux coins de Ses lèvres. Aguicheuses les frôlant à peine, cherchant à tester la résistance de ses nerfs. A se prouver qu’Elle était comme les autres, que le jeu était le même avec Elle. Il se fourvoyait, il le savait. Elle n’avait jamais été comme les autres, unique et singulière, ça n’allait pas changer maintenant. Il hésita, finit par laisser sa main frôler Ses phalanges, se glisser le long de Son bras. Tendres frôlements La touchant à peine, limitant du mieux qu’il le pouvait le contact de sa peau meurtrie contre la Sienne. Il Lui en voulait pour avoir massacré son autre main, pour l’avoir rendue inutilisable. Elle se recula légèrement, Ses doigts malmenant à nouveau son t-shirt. Le tissu glissa sur sa peau, et acheva sa piteuse existence sur le sol poussiéreux. Il La suivit du regard, haussant un sourcil quand Elle lui fit à nouveau face.

« - Tu… T’es pas sérieuse là ? » Sa voix trembla légèrement, une infime vague d’appréhension incendiant ses pupilles. Sans qu’il ne s’en rende vraiment compte, ses doigts agrippèrent les draps, les chiffonnant avec un acharnement certain.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Dim 17 Fév - 22:27

La magie noire. Source d’aversion et objet de fascination. Elle avait répugné à apprendre à s’en servir au début. Préférant ne pas toucher à des forces obscures dont la finalité la dépassait. A peine trouvé, le grimoire était retourné moisir dans la poussière de son grenier. Et il y serait resté, si les sautes d’humeur de son mari n’avaient pas fini par venir à bout de ses belles résolutions. Un simple moyen de défense par l’intermédiaire de puissants poisons, qui s’était mué avec le temps en une manière d’exorciser ses vieux démons. Se jetant à corps perdu dans la sorcellerie pour estomper son chagrin et l’envie de s’ouvrir les veines. Un art effrayant pour les uns, sordide pour les autres, dont la maitrise lui avait sauvé la vie avant de précipiter sa chute. Un rire faux s’échappa hors de ses lèvres, plus méprisant qu’autre chose lorsque Ses divagations l’effleurèrent. Le peu d’estime qu’Il lui portait la blessait, plus qu’elle n’acceptait de l’admettre. Voile sombre embrumant le clair de ses rétines. Distillant de l’acide dans le creux de sa gorge.

« - Ton imagination est décidément débordante. Dérober ton âme ? A quoi ça m’aurait servi ? A faire de toi un pantin docile, un toutou bien dressé ? Il faut croire que j’ai surement du égarer ta laisse à un moment donné… »


Ils semblaient incapables d’interrompre les hostilités plus de quelques minutes, alimentant le brasier de leur déchéance avec leur méfiance et des piques assassines. Comme s’ils redoutaient de le voir s’éteindre définitivement, ou seulement de ce qu’il pourrait advenir s’ils gommaient leurs différents. Ardoise sale, terne, rongée par le vice impossible à nettoyer. Semblables à deux charognards prêts à se disputer pour une bête. Sa question lui fit hausser les épaules, affichant une nette désinvolture alors qu’elle continuait à Le toiser avec sévérité.

« - Qu’est ce que j’en sais ? Je ne suis même pas sûre de t’avoir déjà connu un jour. Quelles promesses il t’a fait miroiter ?»


Ce à quoi Il aspirait réellement, elle l’ignorait. Elle l’avait autrefois considéré comme un membre à part entière de sa famille, aussi important que ses sœurs même s’Il n’était qu’un cousin plus ou moins éloigné. Attachement fraternel et innocent maculé d’un désir entêtant et impérieux à mesure qu’ils grandissaient, se rapprochant de la date fatidique de leur union arrangée. Elle était alors capable de prédire Ses réactions, de cerner l’affliction dans les ténèbres de Ses prunelles même lorsqu’Il prenait soin de la masquer. Mais ils étaient devenus maitres en termes d’hypocrisie et de faux semblants. Et toutes ses certitudes s’étaient effondrées comme un château de cartes. Envolées, réduites à néant. Ils n'étaient plus que l'ombre d’eux-mêmes.

Touché. Coulé.
Un coup de poignard. Incrusté en plein cœur. Piteux organe prêt à se désintégrer en lambeaux rouillés si quiconque osait l’en arracher. Et de temps à autres, certains s’amusaient à le tourner et à le retourner dans la plaie. Agonie longue et interminable qui finirait par arriver à échéance, si personne n'abrégeait son supplice autrement. Soudain moins aguicheuse et provocatrice, elle détourna le regard. Déglutissant péniblement. Chassant d’un mouvement de paupière les perles salées qui auraient pu s’en échapper. Ses ongles cessèrent de L'égratigner, se retirant aussitôt de leur cachette. La terrible réalité finissait toujours par la rattraper. Des mots affreux à entendre, tant ils continuaient de lui sembler complètement irréels. Suzanna sans Chiara, cela n’avait jamais eu de sens, pas plus que l’inverse. Un vide se creusant inexorablement en elle. Ne plus pouvoir vivre avec soi-même, tout en y étant contrainte. Marche funèbre résonnant encore dans les méandres de son crâne. Sans Elle, chaque jour n’était qu’un cauchemar lancinant et répétitif, dont elle ne parvenait pas à s'extirper.

« - Je te remercie de me le rappeler. Et aussi pour la comparaison pleine de tact, je parie qu’elle aurait apprécié. »


Son souffle revint se mêler au Sien. Effleurant Ses lèvres avec un semblant de réserve, tentant vainement de résister à leur saveur inimitable. Elle avait souhaité Lui insuffler tout son désespoir le soir de Sa transformation. Mais en fin de compte, elle s’était incroyablement trompée quant au choix de punition. Elle espérait qu’Il se sente mal, aussi démuni et impuissant qu’elle. A la place, elle Lui avait offert un compagnon, un jumeau, un double. Une raison de survivre, une façon d’oublier. Il avait obtenu, sous un certain angle, ce qui lui manquait si cruellement. Cet oxygène vital qui lui faisait défaut. Ses lippes esseulées finirent par capturer les Siennes, se noyant dans cet échange lascif un instant avant de retrouver un simulacre de contenance. Sans trouver la force de mettre une véritable distance entre eux. Posant la question qui lui brûlait la langue, au risque de s’attirer Ses foudres. Elle ne put s’empêcher de sourire en voyant que la réponse tardait à venir. Trop pour qu’elle puisse se être abusée. Je n’en crois pas un mot… Intuition qu’elle garda pour elle, hochant simplement la tête. Se renfrognant ensuite, quand Il lui asséna ce qu’elle assimilait à un vif reproche.

« - Il faudrait peut être te décider. Tu me supplie de ramener ta tendre moitié, tout en me haïssant de t’avoir forcé à cohabiter avec... »


Il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre. Imbattables sur le terrain de la mauvaise foi. Égoïstes et égocentriques, intimement convaincus en leur for intérieur d’être le plus à plaindre. Elle ne supportait pas Ses jérémiades, pas plus qu’Il ne devait d’ailleurs supporter les siennes. Certaine d’être celle qui avait le plus mordu la poussière, pendant qu’Il restait juché sur son trône doré. Imposant et insolent. Inaptes à faire des concessions. Elle restait furieusement dépendante de Lui pourtant. Sentiment âpre de manque lui tordant les viscères en Son absence, déchiquetant avec minutie sa cage thoracique pour n’en laisser que de la bouillie. Un goût rance, pâteux, collé fermement à son palais. Celui des remords et des regrets. Le contact de Ses doigts effleurant lentement son bras l’électrisa, générant d’imperceptibles frissons. Flammes doucereuses léchant sa peau avec ardeur, la dévorant de part en part pour qu’elle s’abandonne à leur suave réconfort. Mais tout ça n’était qu’un leurre délicieux. Les indécentes n’hésiteraient pas à la calciner avec vigueur si elle se laissait berner par leurs chimères étouffantes. Elle se décida contre toute attente à briser l’intermède, se reculant juste assez pour Lui retirer le tissu poisseux recouvrant maladroitement Ses stigmates. A croire que se retrouver à moitié nu devant elle était devenu une habitude, voire la norme. Elle partit fouiner dans le bazar de sa table de chevet, récupérant le nécessaire pour s’occuper de Son entaille. Une moue amusée se dessina sur son visage devant Son affolement évident. Vite remplacé par une grimace lorsqu’elle mesura l’étendue des dégâts. Elle se détesta, d’avoir aggravé les choses alors qu’Il était suffisamment meurtri sans avoir à en rajouter. Il respirait le danger, elle n’était pas surprise que Son odeur en soit imprégnée. Sa main se glissa affectueusement contre Sa joue, comme pour Le consoler.

« - Cesse donc un peu de te comporter comme un bébé. Tu as affronté une lame, des tenailles… ce n’est pas une pauvre petite aiguille qui va venir à bout de toi si ? Tu préfère qu’on aille faire ça à la morgue ? »


Questions teintées d'un cynisme flagrant. La morgue… Elle n’y était pas retournée depuis son emprisonnement, n’avait pas pu toucher à un bistouri depuis des lustres. Étrangement, aussi morbide et peu affriolant que puisse paraitre sa basse besogne, elle était écœurée que ses activités se soient soudainement limitées à faire le tour de sa cage. Elle si peu accommodée aux travaux manuels lorsqu’elle évoluait à Rome. Dressée pour plaire et obéir. Pour ne faire aucune tache ingrate par elle-même, et les concéder aux domestiques. Éduquée pour devenir une femme d’intérieur, qui se contente d’être avenante et agréable. Elle ne s’était pas révoltée à l’époque, conditionnée et instrumentalisée pour ne pas faire de vagues. Elle n’avait ressenti l’injustice qu’en constatant que son ainée sortait des sentiers battus. Pendant qu’elle ne représentait plus qu’un ventre sur pattes, supposé engendrer de dignes héritiers. Alors qu’Elle aurait été bien plus apte à endosser ce rôle, en enfantant une fille dans le péché quand ses fœtus se détruisaient dans le vide de sa carcasse.

« - Allonge toi et fais de la place. »


Catégorique, son ton n’appelait pas à la discussion. Elle Le poussa contre le matelas pour L’encourager, avant d’y grimper à son tour. Ses genoux se plièrent et elle s’approcha de Sa silhouette. Ses cheveux bruns frôlant son torse tandis qu’elle examinait la vilaine lésion. Grossièrement cicatrisée, puis défaite de nouveau. Hématomes saillants et lignes écarlates entremêlés.

« - Ce que vous pouvez être mesquins entre vous… »


Moquerie sifflée par pure taquinerie, se rapportant à Son entrainement mensonger. Irresponsable autant qu’Il pouvait s’avérer fautif. Avec délicatesse, elle appuya le coton alcoolisé contre l’estampille sanglante. Sans insister, seulement pour éponger et désinfecter.

« - Essaie de te tenir tranquille… »


Bref soupir avant que l’aiguille ne se plante dans Sa chair, la suturant comme elle le pouvait. Achevant l’opération plus ou moins laborieuse avant de s’emparer de Sa main fracturée et de l’entourer d’un bandage. Elle la garda contre elle, posant ses phalanges libres sur Son front. Elle réitéra les caresses et les incantations murmurées entre ses barrières de nacre, épuisant ses bribes d’énergie pour reconsolider Ses os. Mécanique rodée maitrisée jusqu’à ce que la chaleur diffuse se retourne brutalement contre elle. De violents frissons lui déchirèrent l’échine, lacérant son épiderme avec une barbarie inouïe. Pression brutale et inattendue engendrant un gémissement de douleur. Elle eut un mouvement de recul instinctif, allant se cogner rudement contre le bois de la tête de lit. Souffrance intolérable tétanisant ses muscles, sans que les ecchymoses ne viennent altérer sa blancheur livide. Les serpents valides entourèrent leurs jumeaux maltraités, les protégeant de la lumière alors qu’elle adoptait une position recroquevillée. Retour de boomerang terriblement difficile à encaisser. La migraine vrillait ses tempes, effroyable concert de percussions cisaillant ses nerfs avec perfidie.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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