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 Stockholm Syndrome [PV]

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Mar 19 Fév - 21:14


Poupée de chiffon entre Ses mains. Trop éreinté pour résister. Il opposa malgré tout une infime résistance lorsqu’Elle l’obligea à s’allonger, pas très enclin à servir de toile pour devenir une de ces horribles tapisseries qui avaient toujours eu le don de l’horripiler durant sa jeunesse. Toujours les mêmes personnages, des représentations différentes et pourtant similaires. Il grimaça de douleur, se laissant couler contre le matelas tout en fermant les yeux. Le rendre docile, il avait cru au début qu’Elle aurait un certain contrôle sur lui. Que c’était le but de la manœuvre. De le rendre monstrueux et en plus d’en faire un pantin servile et obéissant. Contraint et forcé de se montrer soumis devant son père, domestiqué puis dominé à force de coups, de sang et de larmes. Les choses n’avaient pas changé, il se retrouvait de nouveau à la merci des plus grands. Courbant l’échine dans la crainte de voir les coups pleuvoir à nouveau. Masochiste appréciant la douleur tant que le plaisir venait s’y mêler. La détestant dès qu’elle le réduisant en cendres, détruisait sa carcasse jusqu’à n’en laisser que des cendres sur le sol. Equilibriste oscillant entre deux opposés, incapables de faire un choix entre l’aversion et la fascination. Il préféra garder le silence, ne pas continuer de s’enliser dans la méchanceté et la provocation. Dans son état, les choses risquaient de franchement dégénérer, et ça il n’en avait aucune envie. Inutile de piétiner encore un peu plus les pauvres morceaux qu’il avait vainement tenté de recoller depuis sa sortie du marais. Pour rien. Pour se raccrocher à des souvenirs devenus si ternes. Flous à force d’être effacés et redessinés. Il avait beau fermer les yeux, le plus fort possible, certaines choses restaient inévitablement enfouies sous une tonne de poussière. Reléguées au second plan, appartenant à autre temps. Trop vieux, trop loin, pour que sa mémoire lui en restitue une image nette. Désinvolte à en crever, Sa seconde attaque l’avait blessé plus qu’il ne pouvait l’imaginer. Il avait fui son regard, s’enfermant dans un mutisme qui lui était étranger. Privé de répartie, incapable de se justifier. Elle a raison… Elle n’avait fait que connaître une façade. Le visage de l’Ezio qu’il était en Sa compagnie. L’insouciant, le gamin irritant, difficile à mettre en colère tant ses sourires étaient collés à ses lèvres. Ignorant tout de l’autre Ezio, le sombre. Le brisé. Qui perdait sa bonne humeur dès les portes de sa demeure franchies.

Dire qu’il ne lui avait jamais rien caché était un pur mensonge. Il avait revu les images. Entendus ses mots, prononcés sous l’influence de la fièvre. Dans son délire, sa langue s’était déliée. Un peu comme ce soir. Torturé, il n’aurait pas donné cher de sa peau. Incapable de rester de marbre face à la menace.

« - Rien de bien important… Seulement d’effacer la bêtise d’un môme et la rancœur qu’elle a pu provoquer. J’ai perdu une part de ta punition pour du vent. » Derrière la faiblesse de ses mots, se cachait une violente amertume. Son venin se glissant sur sa langue pour la faire tomber en poussière. Nécrosée par le poids de ce qu’il venait de murmurer. Contrepartie négative qui lui avait explosé au nez sans qu’il ne s’y attende. L’autre partie en revanche, il avait fini par faire une croix dessus. Né pour être l’amant de la déchéance. Conçu dans les entrailles de l’infamie la plus totale. Autre chose qu’Elle ignorait. A bien y regarder, ils étaient devenus deux parfaits étrangers. Deux inconnus conservant néanmoins la drôle impression de se connaître. De tout savoir l’un de l’autre. Alors qu’au fond, ils ne savaient rien. Et ils étaient bien trop bornés pour seulement faire l’effort de poser les armes pour reprendre tout à zéro. Au point où ils en étaient, cela devenait de plus en plus compliqué. Tout effacer pour repartir sur des fondations plus solides, il en crevait d’envie. Avait voulu effacer l’une des plus grosse tâches abîmant leur tableau commun. Il n’avait réussi qu’à l’étaler encore un peu plus.

« - Elle apprécierait aussi de voir ce que nous sommes devenus. » Lâcha-t-il entre ses dents, reportant Son attention sur Ses gestes, en scrutant la moindre miette du coin de l’œil. Amer malgré l’arsenic coulant dans ses veines, la chaleur délicieuse dévorant ses reins. Incendiant son cœur qui n’avait de cesse de heurter avec hargne sa poitrine meurtrie. Filtre détonnant alimentant des chimères, lui donnant l’impression que Son souffle effleurait encore sa peau. Un manque qui le rongeait, qu’il aurait aimé pouvoir combler. Il aurait dû le faire, au lieu de tester la résistance de ses nerfs. Se faire violence pour ne pas sombrer quand tout son être ne demandait que cela. Céder à la tentation qu’Elle représentait depuis des années. Ce ne fut pas un reproche, plus une constatation. Dévoiler son autre nature, montrer aux yeux du monde ce qu’il était vraiment, il aurait préféré s’en passer. Ils le savaient de toute manière. Les hauts gradés planant au-dessus de sa tête. Ceux qui l’avaient pucé comme le pauvre caniche de grand-mère, inquiète de le voir se perdre dans son minable dix mètres carré. La violence de la chose lui avait coupé le sifflet. Il était devenu la victime d’une barbarie sans borne, d’une affreuse boucherie qui lui avait donné l’impression de n’être rien de plus qu’un morceau de viande. Un moins que rien ne méritant pas d’anesthésie, matériel ou soin digne de ce nom. Un peu comme ceux qu’il avait dû lui-même réduire en pièces des années plus tôt. Ce fut un accueil original du moins. Il s’était longtemps demandé si tous les Peacekeepers étaient traités de cette manière. Comprenant par la suite qu’il avait été un cas à part. Et qu’il devait tout ça au loup dormant dans ses entrailles. Comment ils l’avaient su, il l’ignorait. A croire que c’était marqué sur son front, en lettres de néons rose bien voyantes. Juste ce jour-là, depuis elles étaient restées bien sagement éteintes.

« - Si tu me promets de ne pas me prendre pour une tapisserie, je veux bien faire cet effort » Souffla-t-il, moquerie lancée avant qu’Elle ne commence Sa tâche. Il serra les dents cette fois, jusqu’à en avoir mal à la mâchoire. Suffisamment fort pour se taire, se murer dans le silence pour entendre ses râles dans les méandres de son crâne. Malgré tout, ses doigts valides continuèrent de torturer les draps. Les chiffonnant avec acharnement. Des spasmes de douleur grignotèrent ses entrailles, ravageant sa chair. La dernière aiguille ayant abîmé sa peau l’avait mis dans un état tout autre que celui dans lequel il se trouvait. Déversant dans ses veines à délicieux venin aux effets des plus plaisants. Lithium d’un nouveau siècle aussi dangereux que déroutant. Il poussa un lourd soupir, tentant de remettre de l’ordre dans le désordre de sa respiration une fois la séance de couture achevée. Il frissonna quand Ses doigts se glissèrent sur son front, quand la chaleur distillée par Ses pouvoirs revint se glisser sous sa peau. Honteux d’avoir été aussi odieux avec Elle alors qu’il profitait de ce qui continuait de l’effrayer. Il n’avait pas relevé Sa moquerie. Son mensonge était tombé à l’eau. C’était à prévoir, lui-même n’y avait pas cru. Il avait mis trop de temps à répondre pour que cela ne soit pas suspect. Il l’avait déjà utilisé plus tôt, avec sa colocataire. Elle avait eu la même réaction. Elle n’y avait pas cru un seul instant elle aussi, maintenant il en avait la certitude. Piètre menteur que tu es. La chaleur disparue aussi soudainement qu’elle était arrivée, le poussant à ouvrir les yeux. A chercher les Siens. Sa réaction lui fit froncer les sourcils. Les tourments qui semblaient La dévorer lui firent bien plus mal que tout ce qu’il avait pu endurer au cours de cette maudite soirée.

« - Je n’ai pas été le seul à me faire avoir j’ai l’impression » Le ton restait railleur, derrière la moquerie se dissimulait une certaine appréhension. Il s’immobilisa un instant, la douleur qui lui traversa la poitrine lorsqu’il se redressa lui coupa le souffle. Ajoutée à cela celle dévorant son bras gauche. Il ravala un juron, se fit violence pour oublier qu’il n’était plus qu’un tapis usé, piétiné par un troupeau entier d’éléphants et tendit sa main valide vers Elle. Il ne fit que La frôler. Se rapprochant ensuite, ses doigts se coulant avec tendresse autour de Sa nuque. L’attirant inévitablement contre lui, silhouette fragile emprisonnée entre ses bras. Geste tendre, marque d’une affection inaltérable qu’il était encore capable de montrer sans en avoir honte il y a des siècles de ça. Cousin protecteur prêt à tout pour La rassurer. La proximité le grisait. Il laissa sa joue frôler Ses cheveux, s’enivrant de leur odeur, ses lèvres se posant furtivement sur Son front. Manège indécent affolant le fou logé entre ses côtes, calmant Ses tremblements. Les apaisants du moins.

« - Tu n’aurais pas dû faire tout ça. Ca n’en valait pas la peine » Je n’en vaut pas la peine. Qu’Elle se retrouve dans cet état à cause de son inconscience et de sa stupidité le mettait hors de lui. Colère sourde grignotant ses veines, poussant ses phalanges à agripper un peu plus fortement les mèches brunes de Sa chevelure. Tête de mule n’en faisant qu’à sa tête, il venait de se faire prendre à son propre jeu. Il s’était promis de retenir la leçon cette fois-ci. Il le ferait, les premières semaines. Puis retournerait à son mode de vie indécent. Continuant de jouer le bon petit soldat, et le chanteur déjanté dès qu’il abandonnait son uniforme et toutes les règles qu’il fixait. Il avait toujours eu horreur des règles. Aujourd’hui plus que jamais. Et pourtant je continue de jouer dans leur cour de récré.

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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Mer 27 Fév - 22:14

Elle avait beau avoir les yeux ouverts, elle se sentait aveugle. Incapable de visualiser ce qui tiraillait ses os, maltraitant son corps frêle jusqu’à lui donner la migraine. Stigmates invisibles lacérant sa peau avec ardeur. Discrètement, sournoisement. Avidement. Tu deviens folle ma parole, complètement folle… Secouant vivement le crâne, elle chercha à chasser ses pensées embrumées, s’entrechoquant les unes contre les autres sans parvenir à s’assembler. Son cœur battait à tout rompre au creux de sa cage thoracique, transperçant ses poumons à force de les heurter sans le moindre ménagement. Crise d’angoisse qu’elle n’arrivait pas à calmer, tant elle était loin de s’y attendre, et surtout loin de comprendre les finalités de ses tourments. La moquerie qu’Il put lui lancer avec un semblant d’inquiétude résonna à peine contre ses tympans. Les effleurant sans vraiment les atteindre tant elle était ailleurs. Instinctivement, elle chercha à éviter Ses doigts tendus vers elle dans un geste d’apaisement. Cognant sa tête contre le bois rêche une nouvelle fois, comme si cela pouvait suffire pour échapper à l’étau de Ses phalanges. Réticente après s’être muée en une fraction de seconde en un amas de douleur et d’épuisement. Elle savait qu’Il n’y était pour rien, qu’elle était la seule responsable. Mais elle restait néanmoins craintive, sur la défensive. Conservant ses vieux réflexes de femme battue même en ayant cherché à les enfouir au plus profond de son être. A les oublier, à ne plus anticiper les coups. L’indicible apaisement avant les brimades, les injures, les collisions. Caresses précèdent inévitablement des calvaires sans nom. Ranimant au même titre le souvenir de l’arène. L’intermède doucereux ayant servi de prélude à l’affrontement brutal qui les avait départagés. Elle aurait quasiment pu Le comparer à un parasite. Se nourrissant de ce qu’il fallait pour survivre, aspirant tous les bienfaits, avant d’endosser le costume de l’ingrat égoïste. Il la dévorait de l'intérieur et elle n’en ressortait que plus affamée et esseulée.

Tant bien que mal, elle ravala sa panique. Tenta de réfréner ses frissons. Serrant la mâchoire pour l’empêcher de claquer. Permettant à son cousin de revenir à la charge et de l’emprisonner dans une tendre étreinte. Elle ne résista pas cette fois, se coulant contre Lui sans broncher. Se rassérénant de cette chaleur salvatrice, réconfortante. Tremblements carnassiers partiellement domptés à Son contact. Diminuant considérablement à mesure qu’elle s’abandonnait. Elle prit le risque de fermer ses paupières, s’enfermant dans les ténèbres pour fuir l’affliction sordide suintant de ses articulations. Tumultes ravageant sa misérable carcasse la rendant affreusement vulnérable. Brisant ses repères. Contigüité voluptueuse grisant ses sens, alors qu’Il embrassait son front. Bercée par Son souffle brûlant. Elle laissa les délices de cette proximité singulière la grignoter encore un peu, en abusant alors que les spasmes devenaient moins meurtriers. Attachement viscéral aussi indestructible qu’autodestructeur. A croire qu’ils ne parvenaient à se rapprocher, à baisser les armes, que lorsque l’un des deux se retrouvait en morceaux. A bout de forces. Se dominant mutuellement jusqu’à ce que l’autre soit trop affaibli pour vraiment répliquer et se rebiffer. Jusqu’à redevenir ces gamins cherchant à tromper la cruauté de leur condition en s’enfermant dans leur bulle soyeuse. A l’abri du malheur et de l’infortune. Il y a longtemps, avant de devenir la cause de ses pires maux, Il incarnait son échappatoire. Sa capacité à se noyer dans des chimères se retournait inlassablement contre elle, même en ayant passé l’âge de croire à ces balivernes. Elle n’aurait jamais du se fier aux palabres de ce vieil imbécile, prêt à lui faire miroiter les pires absurdités en contrepartie de ce qui lui était si précieux. La sorcellerie. La bouche pâteuse, elle tenta de formuler une réponse. Mastiquant ses mots avant qu’ils ne s’échappent dans l’air corrodé, les tordant avec hargne pour en éliminer la mièvrerie. Elle soupira, agacée de ne pas trouver la bonne tournure avec des neurones écrasés au rouleau compresseur. Envolée sa cinglante répartie, réduite à néant par un stupide tour de magie.

« - La bêtise et l’inconscience doivent être de famille il faut croire… Moi aussi j’espérais un meilleur résultat. »
Marmonna t’elle avant de chercher à se redresser. Elle lutta plus ou moins pour se retrouver à Sa hauteur, le corps pantelant. S’accrochant à Son bras pour ne pas s’effondrer comme une vulgaire crêpe. Suffisamment redressée pour scruter Ses prunelles nébuleuses, teintées d’une angoisse qui lui semblait étrangement sincère. Elle ne pouvait pas en être totalement convaincue. Ses lippes frôlèrent le coin des Siennes, sans s’y souder. Papillon fragile y calcinant ses ailes avant d’avoir seulement eu le temps d’en apprécier la texture suave. Même à quelques millimètres seulement, il lui faisait l’effet d’un mirage impossible à saisir. Intouchable, inaccessible. Un sourire triste se dessina sur ses traits à cette pensée, nostalgique d’une époque révolue. D’un temps où tout était si naturel entre eux. Où ils n’étaient peut être pas si défectueux. Elle glissa son visage dans Son cou, sa main valide retombant contre Son torse. Éponge essorée avec tant d’acharnement que sa carcasse ne valait désormais guère mieux qu’un vulgaire chiffon.

« - Je te pardonne. Pour Chiara… »
Ce ne fut qu’un murmure, quasiment inaudible. Prononcé comme si cela lui arrachait la langue. C’était le cas, d’une certaine manière. Admettre une telle chose à voix haute, après des siècles à prétendre le contraire, blessait son orgueil. Revenait à se mettre à nu. A admettre qu’elle avait eu tort, de Le blâmer si souvent pour ce qui n’était qu’une bêtise d’enfant. Certitude dont elle n’arrivait plus à se défaire, même en sachant que ce n’était peut être qu’éphémère. Temporaire. Elle refusait farouchement d’admettre qu’elle n’était rien de plus qu’un pantin. Contrôlée par un illusionniste de pacotille, apte à lui ôter une part considérable de sa rancœur envers Lui. Elle voulait croire qu’elle avait murit de son propre chef, et ne changerait pas d’avis comme une girouette. Et pourtant...

« - C’était pas ta faute, ce n’était qu’un accident... »
Rajouta t’elle, légèrement plus fort. Autant pour Le convaincre que pour s’en persuader elle-même. Les images revenaient, par vagues. Si abominables et insupportables qu’une nouvelle série de grelottements entreprirent de la cisailler. Mais cela avait peut être été un mal pour un bien. Elle l’enviait parfois, de s’être noyée avant de pouvoir se frotter aux immondices de ce monde chaotique. Sa jumelle n’avait pas eu le temps d’être traitée comme du bétail, marchandée au plus offrant. Pas eu le temps non plus de voir leur ainée brûler vive sur la place publique, pour hérésie. Ou d’entendre leur père lui scander à quel point elle lui faisait honte, et combien il préférait la voir ramper dans le caniveau plutôt que de lui porter secours. Horreurs se superposant à ses rétines avant qu’elle ne puisse faire le tri.

« - Même si le savoir n’est ‘rien de bien important’. » Une touche de sarcasme avant de se libérer de Son emprise, du moins suffisamment pour retrouver un appui par elle-même. Elle se mit aussitôt à inspecter les jointures de ses doigts, d’une blancheur cadavérique. Dépourvues des vilaines rougeurs et autres traces violacées qui auraient du s’y trouver. Elle en grimaça, trouvant particulièrement déplaisant d’être la victime d’odieuses chimères. Au lieu d’en être l’instigatrice comme d’ordinaire.

« - Pourquoi tu ne me l’as jamais dit ? Qu’il te frappait ? Tu avais déjà une si piètre opinion de moi que ça ? »
La question lui brûlait les lèvres depuis un moment. Elle avait lancé ses interrogations comme une affirmation vérifiée, au risque de se tromper royalement et de passer pour la pire des imbéciles. Cela sonnait comme un reproche, c’en était probablement un d'ailleurs. Une marque de vexation, à l’encontre de tous ces faux semblants. Du sentiment déroutant de n’avoir été confrontée toute son enfance qu’à un illustre étranger. Elle était pourtant la mieux placée pour Le comprendre. Elle qui s’était enlisée dans des mensonges sans fin avant d’empoisonner le scélérat dont elle partageait les draps. Prétextant à qui voulait bien l’entendre qu’elle menait l’existence parfaite, pour esquiver la pitié. Trop fière pour seulement la tolérer.

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Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Stockholm Syndrome [PV]   Sam 2 Mar - 21:23


L’ébauche d’un sourire, glissant sur ses lèvres comme une caresse. Un soupir fragile qui s’effrita dès qu’il atteignit sa cible. Disparaissant dans le néant de sa tristesse. Brisé, fatigué, à bout, il n’était plus qu’une ombre errant un désert de glace. Son propre reflet, lui révélant à quel point il pouvait être minable et pathétique. La bêtise et l’inconscience, il aurait préféré ne pas les avoir dans ses gênes. Se détacher pour de bon de cette famille qui ne lui avait jamais rien apporté de bon. Sauf Elle. La seule pour laquelle il voulait faire des efforts. Prêt à tout laisser tomber si Elle le lui ordonnerait. Egocentrisme perdant de sa superbe en Sa présence. Nés pour dominer, ils avaient bien appris la leçon, incapables de faire preuve de bon sens quand il s’agissait de l’autre. Qu’Elle s’abandonne dans ses bras le fit frissonner. Etreinte salvatrice lui donnant l’impression qu’ils n’étaient plus deux étrangers, deux ennemis prêts à se déchirer dès que les forces reviendraient se glisser dans leurs veines. Mais juste ceux qu’ils furent il y a des années. Deux gamins ayant grandi dans un monde de brutes. Frissons se muant en tremblements lorsqu’Elle frôla ses lèvres. Il retint son souffle, se figeant malgré lui par crainte de La voir s’éloigner brusquement. Immobile pour ne pas qu’Elle s’efface, que le temps reprenne son cours infâme et les sépare à nouveau. Bernée Elle aussi par de belles paroles, il ne l’aurait pas cru. Connaissant les rouages de la magie, la maîtrisant si bien qu’il avait parfois tendance à La croire intouchable. Charmante utopie d’un gamin attiré malgré lui par ces forces le dépassant, curieux parfois de savoir comment cela pouvait fonctionner. Curiosité malsaine qui le mettait mal à l’aise, lui tordait les entrailles jusqu’à les faire saigner d’angoisse et de répulsion. Paradoxe, il faudrait l’ajouter à la liste des cadeaux de famille.

Il faillit s’étouffer en entendant Ses murmures. Il crut même les avoir imaginé tant ils furent faibles. Surpris aussi d’avoir réussi à les entendre sans les sens de son loup. La stupeur tira ses traits, les dévora à la manière d’un acide grignotant l’acier. Il fronça les sourcils, interdit. Ce qu’il mit sur le compte d’une illusion franchement pas sympathique semblait être bien réel malgré tout. Pas sa faute… un accident. Il avait dit la même chose, quand ils retrouvèrent son corps sur les berges boueuses du fleuve. Devant son père et le Sien. Répétant ces mots dans l’espoir de les convaincre tous. De se convaincre lui. Il s’était blâmé pour ça. A force de se dire que tout était de sa faute, il avait fini par en marquer sa conscience au fer rouge. Son géniteur prenant soin de ravager sa chair une fois en privé, dans la noirceur de sa chambre. Et claustrophobe en plus de ça. Il ne savait pas quoi dire. Quoi répondre à cela. Il avait tant voulu qu’Elle le lui dise, et maintenant que c’était chose faite, il se sentait affreusement stupide. Con pour être plus réaliste. Une vague de soulagement dévora son cœur, rassuré malgré la peine de ne pas avoir perdu son loup pour rien. La contrepartie était peut être faiblarde en comparaison, et la liste des méfaits qu’il avait pu commettre à Son encontre restait encore bien longue, mais il s’en fichait. Elle aurait d’autre raison de le détester. Et sans cette haine, Elle ne serait pas vraiment la même à ses yeux. Il avala péniblement sa salive, ses doigts valides effleurant Son bras, hésitants, presque tremblants. Il ne broncha pas devant Ses sarcasmes, pas plus lorsqu’Elle se libéra de son emprise, ses phalanges s’éloignant de Sa peau si enivrante pour se reposer sur les draps chiffonnés.

« - Ca l’est plus que tu ne peux l’imaginer » Il avait commencé, c’était lui qui avait fait mine de ne pas conférer à Son pardon l’importance qu’il aurait dû. Dans une autre situation, il aurait agi autrement. Aurait certainement mis de côté sa gêne et tout ce qui pouvait le retenir de brûler sa peau contre la Sienne. De retrouver la spontanéité de leurs étreintes passées. Mais là, il en était incapable. Doutant encore malgré tout, persuadé que ce pardon tant souhaité finirait par s’effacer une la magie détruite. Quelques instants fugace de plénitude envolé en fumée dans un seul claquement de doigt. La chute serait douloureuse, le fracasserait comme jamais. Il aura au moins eu un aperçu de ce que ça fait, quand on pardonne. Les battements effrénés de son cœur buttèrent contre sa poitrine, cessèrent leur course durant une fraction de seconde. La seconde question qui fâche de la soirée. S’il avait pu jouer les piètres menteurs pour la première, celle-là il ne savait pas quoi inventer pour effacer Ses soupçons. Elle ne lui laissait pas l’occasion de démentir de toute manière, il l’avait senti dans Son timbre. Il se perdit dans la contemplation du vide, ses prunelles sombres se teintant d’un malaise éprouvant. Détruites par la douleur engendrée par de simples souvenirs. Affreusement violents. Pourquoi ne l’avoir jamais dit… Pour ne pas lire ses traits ce qu’il avait pu voir sur ceux de Chiara. Pour ne rien changer à ce qu’ils avaient. Par crainte aussi que ses pleurnicheries remontent aux oreilles de son père. La crainte et la fierté, un mauvais mélange qui le poursuivait depuis le début. Le silence venu se glisser entre eux l’accablait de tout son poids. Il avait presque l’impression qu’Elle pourrait entendre le raffut de son cœur. Le craquement d’un masque si bien porté pendant si longtemps, et qui était en train de s’effondrer. Un tissu de mensonges et de faux-semblants, défaits d’un coup sec. Il se redressa à son tour, et finit par s’assoir sur le bord du lit.

« - C'était commun à notre époque, et je n’étais pas un fils facile. » Lâcha-t-il au bout d’un moment. Ironie cinglante pointant à nouveau le bout de son nez pour masquer sa gêne. Pour ignorer le reproche qu’il avait cru percevoir dans Sa voix. Elle avait raison de lui en vouloir. Peut-être que s’il lui avait tout dit, les choses auraient été différentes.

« - Je n’aurais pas supporté de voir de la pitié dans ton regard » Comme j’ai pu en voir dans le sien. Passer du feu à la glace en quelques secondes. L’ironie avait cédé sa place à la morosité. Il soupira, se passa la main sur la nuque avec une certaine nervosité avant de prendre le risque de se mettre debout sur ses pattes après avoir ramassé ce qui lui avait servi de t-shirt. Une vive douleur lui lacéra la poitrine, l’obligea à se pencher légèrement en avant et à serrer les dents. Il s’en souviendrait longtemps de cette charmante soirée.

« - Ils courent après du vent, tes copains. Ce ne sont pas des petits groupes qui changeront quelque chose » Face à tout un ensemble, il donnait pas beaucoup de sa peau et de celles de ses collègues. Trop peu nombreux pour maintenir l’ordre. Ils le savent, les grands à l’abri dans leur tour d’acier. Ils s’en foutent. A se croire invincibles ils en oublient la prudence. Il hésita, esquissa un geste pour La rejoindre avant de se raviser. Une seconde fois, avant de se décider. Il déposa un léger sur Son front, ne fit que la frôler avant de s’éloigner, de quitter la pièce à contre cœur sans ajouter un mot. La mettre en garde ne servirait à rien. Se justifier aussi. Lui faire comprendre qu’il était de leur côté, à ces rebelles d’un jour, Elle s’en fichait certainement. Il n’était plus vraiment sûr du camp dans lequel il se trouvait à vrai dire. Déçu par les uns, brisés par les autres. Une fois dehors, il fut pris par l’envie d’y retourner, de ne pas La laisser. Au lieu de ça il se remit en route, avec un mal de crâne et l’affreuse impression qu’un troupeau d’éléphants lui était passé dessus. Il se traîna jusqu’aux entrepôts de la zone 3, se faufila dans sa tanière d’emprunt sans faire de bruit, pour finalement se glisser sous les draps et se couler contre la chaleur de Gloria. Mort de fatigue, cette nuit aussi il ne trouverait pas le sommeil, les pensées trop en désordre pour ça. Une vraie vie de chien…

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Stockholm Syndrome [PV]

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