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 Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage

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MessageSujet: Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage   Dim 17 Fév - 22:55


La rumeur était devenue clameur. Clameur d’un peuple docile et assujetti qui redécouvre subitement une forme de liberté depuis bien longtemps oubliée. Avec crainte et appréhension d’abord, la paranoïa ambiante s’étant saisie de l’événement pour en faire un acte délibéré du gouvernement, une sorte de test afin de démasquer les insurgés. Et puis la curiosité avait fini par l’emporter sur la peur, et des groupes entiers de curieux avaient commencés à franchir les frontières. Le plus drôle dans toute cette histoire c’est que la brusque abolition des limites entre les zones ne changeait pas grand-chose. Du moins, pour l’instant. Une fois la nuit tombée, les aventuriers du jour faisaient demi-tours et rentraient chez eux, rejoignant ainsi la zone qu’on leur avait assignée dès le départ. L’herbe a beau toujours être plus verte ailleurs, il arrive inévitablement un moment où un toit et un lit dans une zone inférieure semblent plus appréciable qu’un bout de trottoir gelé en face d’une boutique de luxe. Le changement n’a pas toujours du bon, l’ouverture des frontières avait créé de nouvelles opportunités pour les plus démunis. Ces derniers arpentaient les rues entre deux pillages de magasins avec un air farouche, seuls citoyens osant vraiment braver les autorités. Mais ce n’était pas un vent libertaire qui les poussait à agir, simplement la faim et le désespoir. Ce genre de désillusion ne pouvait finir que d’une seule façon : le sang et les larmes. Le gouvernement n’allait plus tarder à réagir maintenant. S’il s’avérait visiblement incapable de contrôler le flux et reflux humain aux abords des frontières, il disposait à n’en pas douter de l’artillerie nécessaire pour juguler la vague de criminalité latente. Et cette simple pensée parvenait à refroidir vivement le citoyen moyen. Mais Aphrodite n’était pas le citoyen moyen. En tant que déesse, elle avait traversé le chaos, des batailles sanglantes et survécu à une partie de sa descendance des siècles durant. La fébrilité ambiante ne parvenait qu’à lui arracher une moue de dédain. La peur l’effleurait uniquement lorsque l’humaine avait laquelle elle partageait ce corps refaisait surface et prenait le contrôle. Cantonné dans une partie nébuleuse de l’esprit de la jeune vétérinaire, elle se fendait en petits rires goguenards face aux inquiétudes de sa protégée. Les dieux aussi ont peur. Mais pas de la même façon. Ce sentiment-là suintait une humanité qui offusquait la déesse. Habituellement terriblement conciliante envers Faith, Aphrodite était cette fois-ci entrée dans une fureur dont seuls les dieux de l’Olympe ont le secret. Elle était fatiguée de sagement se replier dans un misérable coin de l’esprit étriqué de cette humaine. Fatiguée de subir sa couardise et ses dénis. Mais par-dessus tout, elle était fatiguée de rester dans l’ombre, de laisser les rênes à un être auquel elle aurait du inspirer respect et crainte.

Techniquement parlant, c’était un vol. Peut être même un viol. La conscience de la déesse avait déferlé sur celle de Faith, annihilant toute tentative de se défendre avec une violence dévastatrice. L’assaut était d’autant plus injuste que la jeune femme n’avait jamais fait preuve de beaucoup de résistance lorsqu’il s’agissait de ses interventions. Violence gratuite qu’elle savourait pleinement avec un rictus victorieux. Aphrodite n’avait que faire de l’injustice de ce vol de corps et encore moins de cet affreux sentiment de vide qui s’ensuit après la possession. Elle avait pour ambition de garder le contrôle aussi longtemps que possible. Quitte à épuiser ses forces et se retrouver tapie des semaines durant au fond de la conscience de son ingrate hôte, exténuée. La décision de vivre pleinement, passionnément même, le temps qu’elle tiendrait lui conférait une force et une détermination contre laquelle aucun être peuplant cette terre ne saurait lutter. Enivrée par les sensations multiples qui lui offraient ce corps jeune, parfaitement soumis à sa volonté, la déesse ne connaissait plus de limites. Aborder des inconnus était une vague consolation face à cette cohabitation autoritaire que le destin lui avait imposée. Elle voulait bien plus.

Un vent libertaire soufflait également dans les cheveux de la jeune femme tandis qu’elle remontait l’allée d’un quartier inconnu. Long imperméable et jambes nues prolongées d’une paire d’escarpins lui conférant une allure de femme fatale. Mais elle avait poussé la provocation bien plus loin encore. Elle avait commencé par s’enfoncer dans les bas-fonds des pires quartiers, rôdant là où Faith ne se serait jamais aventurée seule, provoquant sciemment sa chance. Sentir déferler le pouvoir, foudroyer sur place ses malheureux agresseurs l’avait contentée le temps d’une journée. Puis, la quête d’un nouveau frisson. Encore. Un ultime. Le meilleur.
Le luxe des rues environnantes l’étonnait sans la ravir. Pourtant la réverbération luminescente glissait sur sa peau comme la plus soyeuse des étoffes, habillant sa peau diaphane de la même lueur glacée que ces autres femmes dont les clinquantes parures tenaient lieu de beauté. Ce monde d’artifices la fascinait autant qu’il la rebutait. Ses narines palpitaient au contact d’un air vicié par les plaisirs malsains qui l’emplissait. Derrière le luxe apparent de ces bâtisses, son radar infaillible devinait la flétrissure des âmes. Les interdits et les tabous peuplant le monde moderne étaient à l’origine même du mal. Les plaisirs ne devaient en aucun cas être une affaire de société ou de mœurs, voilà la première erreur du genre humain. La liberté d’action face à la jouissance la rendait plus simple, plus pure. Mais la culpabilité et la bienséance donnaient également lieu à des raffinements toujours plus poussés afin de satisfaire d’insatiables désirs. Or, l’argent semblait occuper une place déterminante dans cette recherche éperdue.

Le cliquetis rythmique de ses talons cessa brusquement tandis que la pointe de ses chaussures s’orientait lentement vers une porte vitrifiée dont s’échappait le son feutré d’une musique d’ambiance jazzy. Un mince sourire se profila sur les lèvres de l’auguste créature avant qu’elle n’entre dans le club. D’un pas assuré elle se dirigea vers le bar et s’y accouda négligemment avant de s’adresser au barman avec un sourire entendu :

"Un martini dry, s’il vous plaît. "
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MessageSujet: Re: Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage   Mer 27 Fév - 17:11



«Mais l'Aoide commença de chanter admirablement l'amour d'Arès et d'Aphroditè à la belle couronne, et comment ils s'unirent dans la demeure de Hèphaistos. Arès fit de nombreux présents, et il déshonora le lit du Roi Hèphaistos. » -L’Odyssée, Chant 8


Caleb était là. Non pas là, la chaise semble ne semble pas très solide, juste là, à côté, sur un petit tabouret en bois rembourré, surement un peu moins confortable que les sièges du Paradisio. Mais il devait bien s’y faire, Arès avait laissé sa marque récemment au cabaret et Caleb c’était retrouvé sur la touche. Il devait trois concerts gratuits au patron et d’ici là, pour lui refroidir un peu la tête, il n’avait pas le droit d’entrer pour son plaisir dans son club favori jusqu’à ce que sa dette soit payée. Disons merci à Arès le furieux pour le service. Le chanteur avait l’habitude des caprices violents de sa double-personnalité et il avait l’habitude d’assumer ses actes sans se morfondre sur son sort, sans râler, sans tenter de se justifier. Mais cette fois-ci, le graphiste devait avouer que le Dieu le faisait particulièrement chier. Le Paradisio était le seul à offrir son Scotch supérieur et maintenant, il devait se contenter du Whisky du bar du coin…Même si, Vein of Glass n’était pas du tout un club bas de gamme…Le technicien n’est pas du genre très snob en général et il n’apporte pas beaucoup d’importance au luxe. Mais il avait des goûts de bourgeois en matière de scotch et ce n’est pas très sage de priver Caleb de son alcool de prédilection. Et cette petite colère que se piquait le jeune musicien ne faisait qu’amuser davantage le dieu grec qui ne regrettait pas du tout son carnage au Paradisio.

Arès et Caleb ne se ressemble pas du tout à la base. Caleb était un maître du calme et de la passivité. Arès est violent et règne sur la destruction. Une fois fusionnées, les deux personnalités offrent un mélange explosif qui simule une véritable guerre dans le corps de l’Anglais…Et au fond, c’est surement exactement pour ça qu’Arès se plait bien dans sa petite tête. S’il vivrait en paix avec son hôte, il ne ferait pas honneur à son nom. La rage du jeune homme faisait jubiler le Dieu, totalement satisfait de l’avoir transformé en bombe à retardement, car malgré son calme persistant, Caleb était impuissant face à plusieurs impulsions causées par son copain grec.

Vous l’avez donc bien comprit, ce soir, il valait mieux ne pas trop déranger Caleb. Habillé très simplement d’un jeans et d’un T-Shirt noir, le chanteur buvait furieusement son 7ième verre. Il était assis depuis moins d’une heure. Pendant ce temps, il est allé se soulager deux fois, il a rembarré sans délicatesse une fan une fois et a tenté sans succès d’être aimable avec son barman qui n’a toujours pas craché dans son verre surement grâce au pourboire généreux que lui laisse le musicien. Le graphiste est loin d’être un homme sympathique, mais habituellement nettement moins désagréable. Mais ce soir, il en avait encore moins à cirer des autres et de ce qu’ils pensent. Une chance que son agent n’était pas là ce soir, il l’aurait sûrement étranglé si l’homme d’affaire avait osé dire un mot sur son image qu’il était entrain de massacré.
Le jeune homme vida sa dernière gorgée. Déposa son verre. Le poussa vers le barman et…

Un martini dry, s’il vous plaît.

Une autre voix l’interrompue. Une autre voix qu’il connaissait très bien. Une autre voix qu’il aurait préféré ne pas croiser ce soir. Le jeune homme tourna légèrement la tête, lentement, le cœur battant, apeuré de découvrir le visage de la fille à ses côtés, espérant de toutes ses forces qu’il se trompait. Mais… C’était elle. C’était bien elle, à quelques places de lui, à quelques mètres de lui qui venaient de demander un verre. Cette femme qui le fascinait et le terrorisait à la fois. Cette femme dont il pouvait se surprendre à penser lorsqu’il en baisait d’autres. Cette femme qui avait planté ses griffes dans sa chair. Cette femme qui perturbait son cœur. Cette femme qui partageait son lit. Cette femme dont la volupté ne semble être qu’un vieux rêve. Cette femme dont Arès était amoureux et qui ne laissait aucun libre-arbitre à Caleb sur ses sentiments envers elle. La passion du dieu était telle qu’elle consumait le chanteur… Et le pire dans cette histoire… C’est qu’il n’a jamais aucun souvenir de ses nuits à ses côtés, Arès ne lui donnait jamais ce plaisir, bien trop jaloux. C’était une torture car le musicien la désirait, il frôlait le but, mais terminait sa course dans le noir total. Dans le vide. Le dieu du désordre profitait à fond du pouvoir absolu qu’il avait sur son corps et profitait à fond de son amante préférée des cieux. Pour une fois qu’il était libre de profiter d’elle, il n’allait certainement pas la laisser filer entre ses doigts.

Les sentiments et Caleb n’ont jamais été très proche l’un de l’autre. En faites, ils préfèrent s’éviter, s’ignorer et simplement pas s’adresser la parole, de préférence. Le musicien, dans l’état qu’il était ce soir, se leva lentement, tourna les talons et…plus rien. Pour lui, c’était l’évanouissement. Pour lui, c’était le néant. Pour lui, le temps venait de s’arrêter et les prochaines heures passeront à travers une fraction de seconde. Alors que pour Arès, c’était l’ascension. Comment pouvait-il laisser son hôte tourner le dos à Aphrodite? Comment pouvait-il dire non à une telle beauté? «Le Furieux» regarda d’un vif coup d’œil son accoutrement, un peu honteux d’être si pauvrement vêtu devant sa belle. Mais il se dirigea vers elle, sans hésiter, la prenant par l’arrière pour venir coller son corps au dos de la Déesse, puis il glissa sa main à côté de son verre pour y déposer un billet vert, prenant bien soin de toucher la main de sa douce au passage. La douceur et la générosité d’Arès envers elle était toujours surprenante et pourtant, elle était la seule à pouvoir y goûter. Toujours collé à elle, son bras à côté du sien jusqu’au bar, le jeune homme croisa son regard et ne pouvait plus douter, ce n’était pas son hôte, c’était bien elle. Le barman tira sur le billet dans les mains d’Arès avec un certains malaise, comme s’ils étaient entrain de s’unir sur place. Le guerrier ne détourna même pas le regard vers l’homme, il était hypnotisé par sa partenaire, puis lui murmura à l’oreille.

Alors, ma bonne sœur, comment se porte votre mari?

Termina-t-il de dire avec un sourire amusé, soulignant l’adultère et l’inceste qu’ils pratiquaient. Malgré qu’étrangement, à l’Olympe, l’inceste était trop fréquent et nettement moins choquant que l’adultère. Sa phrase détendit un peu l’intensité dans leurs regards qui semblaient perturbés le barman qui se retint de s’étouffer à la phrase d’Arès, qui finit par poser les yeux sur lui pour lui faire signe de lui servir un autre verre. Le Dieu s’assit à côté de sa maîtresse, avec désormais un verre en main qu’il porta à ses lèvres.
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MessageSujet: Re: Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage   Jeu 7 Mar - 18:31


Que ce soit sous le nom de Vénus, d’Astarté ou d’Ishtar, des populations entières lui avait voué un culte et ce des siècles durant. Au-delà des innombrables plaisirs qu’offrait la vie céleste, elle avait connu la gloire et le pouvoir. La gloire d’une arrogante beauté devant laquelle s’inclinait tout l’Olympe, provoquant jalousie chez les unes et désirs chez les autres. Et le pouvoir qu’une divine naissance lui arrogeait. Audace, orgueil et impunité rythmaient ses jours et ses nuits. Belle et terrible, elle avait régné sur le cœur des mortels comme son père régnait sur l’Olympe, suivant une justice qui lui était propre. Mais elle avait connu la déchéance également. Cruelle désillusion que fut à son enfermement dans les tréfonds de la Terre, prisonnière des bras d’un mari difforme et jaloux, devant la marquer à jamais. Il n’était plus jamais question de se soumettre à l’autorité d’un père ou d’un mari, encore moins de divines responsabilités. Muée en une irrésistible force de la nature, la déesse n’admettait alors plus aucune entrave à ses éternelles jouissances. Et la force n’était pas la moindre de ses armes, comme pouvait en témoigner Faith ce soir.

Toute à sa joie d’avoir ce corps pour elle seule, elle n’était plus que perception. Ancrée dans cette humanité si différente de ses apparitions terrestres d’autrefois, elle savourait chaque information que lui renvoyaient ses cinq sens avec un plaisir vorace. Elle caressait de la pulpe de ses doigts le bois veiné du comptoir, plus que jamais consciente de l’exacte pression qu’exerçait sa jambe droite, croisée sur sa jambe gauche. L’air entrait et sortait dans ses poumons à intervalle régulier, chaque inspiration apportant avec elle un mélange de diverses effluves : alcools, parfums, cuir et bois ; sa langue en frétillait tout contre son palais. Même ses pupilles s’étrécissaient de plaisirs en enregistrant les flots de lumières tamisées se reflétant sur les bouteilles des spiritueux qui lui faisaient face. Ecrasant de sa divine puissance la conscience de son hôte, elle se plongeait toute entière dans cette humanité emprunte de mystère. Aucune de ses escapades terrestres n’avait égalé en intensité ce qu’elle ressentait au travers de ce corps emprunté. En tant que pur esprit, les plaisirs terrestres lui avaient toujours apparus comme voilés, incomplets. Tous sauf un. Avant Faith, Aphrodite sentait sans sentir, les aliments ne supportaient pas la concurrence de l’hydromel du mont Olympe, les étoffes ne caressaient pas sa peau, elles l’effleuraient. Seul les plaisirs de l’amour subsistaient mais comme anesthésiés car privés de cette trouble effervescence caractéristique de l’humanité. Ce soir, Aphrodite comptait bien savourer chaque instant de cette situation nouvelle. Définitivement prisonnière de ce corps terrestre, la déesse comptait profiter des avantages qu’il recelait au maximum. Elle brûlerait la chandelle par les deux bouts. Elle allait s’enivrer de cette humanité jusqu’à ce que ses genoux cèdent ou que sa conscience s’émousse. La seule évocation des excès à venir la firent frémir de contentement. Trop occupée par ses propres chimères, la belle n’avait pas réalisé que son entrée n’était pas passée inaperçue. Bercée par les vagues fantasmes que les quelques accords que l’on plaquait sur un piano non loin de là éveillaient en elle, Aphrodite ne vit pas non plus le curieux manège de l’homme qui se dressait à présent dans son dos.

Puis, quelque chose dans la façon dont l’air vibrait autour d’elle lui serra les entrailles, lui donnant la brusque envie de se retourner. Son trouble s’augmenta encore lorsqu’un corps vint se serrer contre son dos et qu’un souffle chaud vint caresser sa nuque. Au moment où la main de l’homme se glissait le long de son bras, effleurant sa propre main au passage, elle sut. Ses lèvres se serrèrent brièvement avant de s’ouvrir pour laisser place à un large sourire, découvrant une rangée de dents parfaitement alignée. Une lueur nouvelle s’était allumée dans son regard à l’instant où elle reconnut son céleste amant, une expression dont l’intensité accrut encore le malaise du barman face à la proximité de ces deux corps. Convoitise. Son index s’accrocha vaguement à la main masculine qui l’avait effleurée avant de retourner se poser sagement sur le comptoir comme si de rien n’était. Le dos encore légèrement cambré de ce contact, elle accueillit l’installation à ses côtés du dieu par un léger mouvement de tête qui lui permettait de l’observer en biais. L’enveloppe corporelle que le destin lui avait octroyé n’était pas pour lui déplaire. Ce Caleb allait même plutôt bien à son partenaire de jeu. La salutation susurrée suffisamment fort pour qu’elle vienne frapper les oreilles visiblement par trop sensibles du barman lui arracha une petite moue amusée. Après avoir remercié son amant d’un vague hochement de tête, elle s’empara du pic décoratif dépassant du breuvage et lui imposa un vague mouvement circulaire avant de répondre à son tour.

« Fort heureusement pour moi, il semble avoir disparu de la surface de la Terre. » L’ironie de sa propre réplique sembla amuser la créature l’espace d’une seconde. Ce forgeron boiteux qui lui servait de mari, sur Terre ? Tout deux savaient pertinemment qu’il se sentait bien plus à l’aise sous Terre, régnant sur la pénombre et ses forges lugubres. Du bout des dents, elle retira l’olive empalée sur le pic avec lequel elle jouait précédemment avant de plonger de nouveau son regard dans celui de son amant. « Je ne crois pas que ce soit pour te déplaire, mon bon demi-frère. » Elle sourit négligemment au barman avant d’ajouter : « Notre père, parfaite illustration de l’homme volage. »
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MessageSujet: Re: Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage   Mer 13 Mar - 19:29



Arès, le fléau des hommes, celui que l’on surnommait Le Furieux alors que les Grecs se battaient pour Troie, celui qui se rangea du côté de la grande cité simplement pour contredire son père et allonger la guerre. Les rêves de ce Dieu maudit s’étendait au désordre et à ses désirs excessifs. Depuis sa naissance, Arès a toujours été détesté des autres et craint par les humains. Alors qu’Apollon recevait un culte pour le remercier de sa protection, Arès recevait des sacrifices dans l’espoir d’apaiser sa constante colère. Il n’a jamais véritablement été comme les autres et semblait être le seul à pouvoir engendrer la Discorde et à littéralement se battre lors des guerres. Persécuté et ridiculisé par Athéna, le guerrier égoïste arrivait tout de même à charmer les dames et à sauver son honneur. Une chance qu’il avait ses talents de séducteur pour lui sauver la face, sinon, il aurait été un Dieu aussi ridicule qu’Héphaïstos. Infirme, peut-être, mais ce créateur d’objet magique a sut piéger sa propre mère et obtenir tout ce qu’il voulait de Zeus. Alors qu’Arès, lui, avait un seul trophée à son actif et c’était sûrement celui que tous les Dieux désiraient le plus. Aphrodite. Le chantage du forgeron lui a peut-être obtenu la main de la beauté elle-même, mais également la honte de la retrouver dans les bras du tueur d’hommes. La plus belle créature sur Terre, cette déesse supposément pure, avait choisi le séduisant destructeur. Qu’est-ce qu’elle lui trouvait exactement? Ça, aucun Dieu ne semblait y trouver une réponse ou y comprendre quelque chose. Sur Terre, dans un corps qu’il pouvait posséder et contrôler comme bon lui semblait, Arès se sentait maître de la situation. Pour une fois, il était entouré de personnes nettement inférieures à lui. À chaque fois qu’il forçait son hôte à lui céder la place, le guerrier jubilait du plaisir de s’imposer, du plaisir d’être en position de contrôle et de pouvoir. Caleb lui faisait vivre une guerre chaotique dans son propre corps et il se sentait chez lui dans son enveloppe, même si leurs désaccords l’énerve parfois. Arès finit toujours par vaincre et c’était ça le meilleur.

Arès aurait pu sentir la présence d’Aphrodite à des kilomètres. C’était presque comme un appel animal. Oui, le guerrier était légèrement obsédé par sa douce, la seule femme qui méritait vraiment qu’il démontre de la douceur. Sentir le dos de son amante contre son torse éveillait en lui une chaleur qui partait de son arme favorite et qui se répandait dans tout son corps. Caleb était un homme aux sensations fragiles et sa fuite des émotions fortes rendaient l’ivresse de sa relation avec Aphrodite encore plus irrésistible. Arès ne dirait pas que c’était enflammé entre eux, le feu lui rappelait un homme qui le refroidissait radicalement. Entre eux c’était électrique, intense et chaque contact, aussi léger soit-il, l’apaisait et le consumait à la fois. Un sourire. Un sourire sur ses lèvres accueillantes qu’il pouvait voir à travers sa chevelure ne fit qu’accentuer son plaisir partagée. Sans bouger, le billet au bout de la main, la jeune femme le tortura d’avantage en effleurant sa main ferme de son doigt tendre. Un frisson le figea et une envie terrible de baiser ses mains le hanta. Elle rompit le contact sans insister d’avantage sur son geste, assurément complètement consciente de l’effet qu’elle avait sur lui. En tournant légèrement la tête, Aphrodite lui offrit le plaisir de voir d’avantage son magnifique visage parfaitement dessiné. Faith était à l’image de sa compagne, mais de toute évidence, la déesse de l’amour saura toujours faire Arès fantasmer sur elle, peu importe la forme sous laquelle elle se manifestait. Reprenant sa virilité en main, Arès s’assit à ses côtés, son verre à ses lèvres, la confiance rayonnant sur son visage.

Fort heureusement pour moi, il semble avoir disparu de la surface de la Terre.

Arès adorait se moquer du boiteux pour écraser le forgeron et enfler d’avantage ses chevilles. À la fois, cela calmait sa jalousie de savoir qu’elle rebutait celui qu’elle devait appeler son époux. Il la fixa jouer avec son olive, captivé par les cercles qu’elle traçait dans son verre. Il suivit ses mouvements jusqu’à sa bouche délicieuse, avec un sourire envieux.

Je ne crois pas que ce soit pour te déplaire, mon bon demi-frère.

Scotch en bouche, il rit intérieurement, puis fit descendre le spiritueux dans sa gorge, garda son verre dans sa main et regarda Aphrodite dans le blanc des yeux avec un sourire presque sadique.

Tu n’as aucune idée à quel point cela m’attriste…

Dit-il en posant sur chacun de ses mots, avec un sarcasme et un calme hors du commun. La déesse tourna les yeux vers le barman et cela suffit au guerrier pour piquer sa jalousie. Il chassa le jeune employé du regard, le fixant avec insistance et noirceur.

Notre père, parfaite illustration de l’homme volage.

À l’image de sa plus belle fille, aussi, semblerait-il…

Dit-il à sa partenaire, sans la regarder, continuant de fixer là où il y avait quelques instants plus tôt les yeux d’un serveur effrayé. Arès faisait référence à Wayne dans sa dernière phrase. La jalousie du Grec était légendaire et semblait flatter l’ego de sa partenaire car elle ne s’en était jamais plaint jusqu'à présent. Pourquoi devrait-elle se plaire que son bon frère la désire pour lui seul? La jalousie lui donnait des envies de violence, mais jamais il oserait être brutal envers elle. Il se défoula plutôt sur son verre qu’il fracassa dans sa main, en ramenant ses yeux sur Aphrodite, la défiant du regard. L’alcool tomba sur le comptoir, tachant légèrement sa chemise, le barman n’osant presque pas se plaindre se retourna pour aller chercher un torchon, alors que le scotch prit feu. Oui, Arès choisit le feu, élément de sa jalousie, élément de sa torture, élément de sa flamme pour la déesse. Arès n’avait jamais été véritablement très… stable et plutôt très… intense. Le barman sentit le brûler et se retourna vers ses deux clients, paniqué, ne comprenant pas ce qu’il venait de se passer, il figea. Alors qu’Arès ne désirait qu’une chose à cet instant, bondir sur la femme de tous ses fantasmes et lui prouver qu’elle était à lui.
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MessageSujet: Re: Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage   Dim 24 Mar - 11:41


Ses doigts ne cessaient plus de courir sur le bois veiné du bar. Sentir. Jamais elle n’avait seulement considéré que l’humanité puisse se constituer de plaisirs aussi simples et intenses. Chaque contact, chaque son aiguisait encore sa curiosité. Plus elle s’éternisait dans cette délicieuse synesthésie plus ses attentes s’accroissaient. Le contact d’un corps étranger se pressant contre sa colonne vertébrale accentua encore l’exaltation du moment. Comme si la peau possédait sa propre mémoire, son épiderme s’était hérissé sous la caresse de cet autre épiderme si souvent effleuré. Arès s’imposait comme une évidence dans cette apothéose de la sensualité humaine que la déesse désirait. Quoi de mieux que la fureur pour répondre à cet impérieux désir? Seule cette folle fureur dont le dieu était dépositaire pouvait apaiser la démesure d’Aphrodite. Elle avait trouvé en lui un égal. Frère, confident, amant. Il endossait tous les rôles avec une aisance inégalée, en inventait même de nouveaux pour mieux la captiver. A tort, les autres dieux évoquaient une attirance contre nature, une lubie amoureuse digne de celle de leur illustre géniteur. Et jamais la sagacité n’avait autant fait défaut à ces êtres hors du commun. D’une certaine manière, leur désapprobation constituait un encouragement supplémentaire à poursuivre leurs ébats. Le goût de la provocation se voyait pourtant supplanté par une certitude inébranlable. Celle d’être enfin face à un être saisissant toute la mesure de leur âme respective, sans rejet ni désobligeance. Ensemble, les stupides étiquettes imposées par les leurs n’avaient plus aucun sens. Le belliqueux et la superficielle n’étaient plus. Avaient-ils jamais existé ? Perdue entre les bras de son éternel amant, Aphrodite méprisait de tout son être l’aveuglement de tout l’Olympe avec la hauteur de ceux qui savent. La honte relative à la divulgation de l’adultère avait finit par s’estomper mais le souvenir de la disgrâce qui avait suivit perdurait encore, cuisant. La déesse avait conscience d’être en marge de sa propre société. Son paria d’amant pouvait se targuer de constituer une source justifiée d’inquiétude là où on n’opposait à la belle que condescendance et convoitise. Les immenses privilèges de la beauté pouvaient également desservir, enfermant sa détentrice dans l’image glacée des apparences exactement comme la jalousie maladive d’un époux l’avait enfermée dans une forteresse de solitude et de pénombre. Au bras d’Arès, elle se savait trophée, mais un trophée d’une nouvelle sorte, mêlant aussi bien la fierté de la conquête que l’orgueil de l’être qui en fait l’objet.

La volupté avec laquelle son corps répondait à la plus infime sollicitation de son amant témoignait d’elle-même. L’abandon complet dans lequel elle s’était abimée s’estompait pourtant doucement sous l’impulsion de sa volonté. Aphrodite ne se refusait pas un nouvel excès, elle jugulait son désir pour mieux le voir durer. Chaque mot, chaque geste distribué avec parcimonie prenait une saveur nouvelle, teintant l’anticipation d’une excitation qui n’avait rien à voir avec la fébrilité et tout à voir avec la jubilation la plus profonde. Elle savourait également l’étendue du désir qui brulait au fond des pupilles d’Arès par l’intermédiaire de Caleb en cet instant. La simple étreinte de leur main, le temps que ce dernier ne glisse le billet à l’employé se teintait d’une saveur particulière parce que responsable de nouveaux tressaillements aux coins de ses lèvres à lui. Elle dégustait la convoitise allumée chez Arès comme elle le faisait avec le breuvage alcoolisé maintenant posé devant elle, du bout des lèvres, avec une satisfaction presque lascive. Une espèce d’animalité se dégageait d’eux suite à la brève étreinte, quelque chose dont la tension semblait à peine tolérable à leur unique spectateur de l’autre côté du bar. L’air crépitait de cette sensualité extrême agitant deux êtres d’exceptions. Aussi minimes que soit la sensibilité des mortels, le barman ne pouvait que subir cette sensation. Victime de ce désir transcendant, il oscillait péniblement entre la terreur que lui inspirait l’homme et le charme hypnotique se dégageant de la jeune femme. Bien qu’habitué à fréquenter les puissants de cet état, l’homme se sentait submergé par l’aura de puissance qu’ils dégageaient tout en écoutant avec stupéfaction leurs aveux d’inceste à peine dissimulé.

"Tu n’as aucune idée à quel point cela m’attriste…"


Bien qu’elle n’ait jamais caché son dédain pour cet être difforme et rustre lui servant d’époux, Aphrodite avait conscience de la haine qu’il vouait à celui à qui on l’avait reliée de force. La rivalité n’avait pourtant pas lieu d’être, Arès régnait en maître absolu sur le cœur de la divinité, du moins lorsqu’il s’agissait d’Héphaïstos. A vrai dire, l’hostilité entre les deux dieux relevait autant si ce n’est plus de l’humiliation publique que le dieu forgeron avait orchestré que d’une simple rivalité amoureuse autour de son auguste personne. Aucunement besoin de l’hypothétique présence de son époux pour déclencher les feux de la possessivité chez son impulsif compagnon. En témoignait les œillades glaciales qu’il lançait à l’unique témoin de leurs retrouvailles à chaque fois qu’elle s’adressait à lui. Une moue amusée se dessina sur ses lèvres lorsque le barman finit par plier sous le poids des menaces silencieuses du guerrier et fila à l’autre bout de son comptoir.

"À l’image de sa plus belle fille, aussi, semblerait-il…"

Son verre vide claqua sur le comptoir un peu plus fort que nécessaire tandis que l’un de ses sourcils prenait subitement une courbure interrogatrice. Un mince sourire naquit au coin de ses lèvres lorsqu’elle découvrit l’expression sombre de l’impétueux tandis qu’il se refusait à son regard, ses propres yeux fixés sur l’espace auparavant occupé par l’employé du bar. Son hostilité apparente envers l’humain l'enduisit en erreur.

« Ne confonds pas la plus élémentaire des courtoisies avec une tentative de séduction. Tout le monde n’a pas besoin de contraindre sa nature pour être aimable. »

Si l’espièglerie de la divinité s’amusait en sentant percer des accents de jalousie dans le ton employé, sa vanité avait également été piquée. La croyait-il dénuée d’ambition au point de s’enticher de cette ridicule marionnette après avoir échangé deux mots seulement ? Un bruit cristallin attira son attention. Sous sa poigne de fer, son amant avait brisé son propre verre laissant une multitude de gouttelettes et d’éclats de verre se déverser sur le comptoir et sa chemise. Un petit rire accompagna la démonstration de force, lui signifiant qu’elle saisissait parfaitement le message. En réponse, il déclencha l’incendie, enflammant de sa rage la totalité du comptoir où tous deux étaient appuyés. Bien qu’elle ne craignait pas véritablement l’élément qui se tordait dans un crépitement menaçant, la déesse retira immédiatement ses coudes du bar. Le petit soupir qu’elle exhala cachait mal l’amusement qui la gagnait à l’instant alors que tous les regards s’étaient tournés en leur direction.

« Pourquoi tant de théâtralité ? »

Elle connaissait déjà la réponse. Le message était on ne peut plus clair. Sous son regard, elle se hissa sur la pointe des pieds, inclinant dangereusement la frêle silhouette de Faith au dessus des flammes pour se saisir d’une bouteille gisant derrière le mur de feu. Elle exprima son agacement d’un claquement de langue, lorsque sa manche s’enflamma alors qu’elle ramenait à elle l’objet de sa convoitise. Un vague mouvement du poignet suffit à éteindre le feu, Arès n’était pas le seul à maîtriser les éléments à sa guise. Personne d’autre ne semblait avoir remarqué ce geste, tant les mortels présents, le barman compris étaient obnubilés par le feu. Les doigts enroulés autour du goulot, la déesse fit lentement glisser le liquide ambré dans sa gorge sans quitter Arès du regard. Il poussait loin la provocation. Très loin. Dépositaire de nombre de ses secrets, il n’était pas sans ignorer l’aversion d’Aphrodite pour cet élément. Bien que son statut divin lui offre un contrôle illimité sur celui-ci, elle répugnait à manipuler un élément qui lui rappelait que trop les infernales forges auxquelles on l’avait longtemps condamnée. Renversant la tête en arrière, elle porta son regard sur le dispositif anti-incendie qui pendait au plafond puis recula de deux pas. Les appareils se déclenchèrent immédiatement au dessus du comptoir arrosant copieusement d’une fine pluie le dieu pyromane au passage. Quelques gouttes éclaboussèrent l’escarpin parfaitement sec de la déesse tandis qu’elle toisait son partenaire de jeu maintenant détrempé.

« Il ne faut pas jouer avec le feu » chantonna t’elle rien que pour lui, en se rapprochant d’un pas.

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MessageSujet: Re: Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage   Dim 14 Avr - 20:44

Deux amants. Deux amoureux, peut-être. Deux inconnus, encore. Deux corps. Une caresse, un baiser, une étreinte, un effleurement, une lèvre mordue. Un peu d’alcool et la chaleur entre les deux corps augmente, leurs cœurs s’accélèrent, les caresses se font plus longues et désespérées. Puis, les baisers de plus en plus intenses, couronnés de jeux de langues. Assis sur la banquette, longue chaise coussinée et confortable collée au mur, ils finissent presque couchés l’un sur l’autre. Le serveur n’ose pas les déranger, certains portent des regards nerveux et offusqués vers eux. Ils attirent l’attention dans le fond du bar. Ils choquent par leur amour, par leur désir, par leur manque de retenu et leur vulgarité. Mais cela n’est rien. Rien comparé au spectacle que seuls les deux yeux du barman peut observer. Les réactions physiques du jeune homme sont immanquables. Autant que le petit couple du fond du bar ne lui aurait pas fait lever le sourcil, les deux divinités devant lui font couler une goutte de sueur le long de son front et le force dans une situation trop malaisante pour qu’il ne cherche pas à fuir du regard. Et pourtant, il se retrouve scotché sur eux, hypnotisé par la belle et intrigué par la terreur de la bête. Lorsqu’Arès glisse sa main dans la sienne, un billet entre les doigts, ce n’est pas qu’un effleurement ou une étreinte passionnée. L’humain avait l’impression que sa main faisait l’amour à celle de la jeune femme. Ils choquaient, tout comme le couple loin derrière, mais ils n’avaient pourtant rien de vulgaire, au contraire, leurs élégances étaient désarmantes. Leur sensualité et leur désir étaient comme un parfum, doux et lourd à la fois, d’une effluve totalement captivante dont on n’arrivait pas encore à décider si elle était agaçante ou agréable, alors on ne cesse de l’humer, sans arriver à une conclusion. C’était fou comment les personnalités divines devenaient exquises à travers les sensations des hommes. Ils étaient de fascinantes et effrayantes créatures, de véritables sirènes. Et le plus surprenant dans cette histoire, c’est que les Dieux envient les hommes ordinaires. Ses êtres tout puissants rêvent de goûter à la mortalité. Car quand nous sommes mortels, les odeurs sont des effluves, les goûts deviennent des saveurs, le plaisir est volupté et les désirs sont des besoins car chaque sensation pourrait être la dernière.

Arès et Aphrodite, le couple le plus improbable aux yeux de l’Olympe. Le rejet et la beauté. On se croirait presque dans un conte moderne pour adolescents où l’intello séduit la reine des pompomgirls. Leur relation fâche les Dieux. Mais bien plus que l’inceste que tous pratiquent ou que les nombreuses infidélités. Leur tromperie choque d’avantage car il est question d’Arès, la fatalité de Zeus, la honte d’Héra, le roi du chaos. Et pourtant, malgré ses faiblesses et ses défauts, malgré sa brutalité et ses rêves de discorde, il fut celui qui vola le cœur de la beauté de l’Olympe, de la plus désirée des hommes et la plus enviée des femmes. Arès dédaignait Héphaïstos, autant qu’il le jalousait. Il n’existait pas de compétition entre eux, les dés étaient déjà jetés, le forgeron était son époux et le guerrier était son amant. On ne pouvait rien redire à cela, mais Arès voulait tout. Il voulait être l’amant, le frère, le confident, l’ami ET l’époux. Il voulait qu’Aphrodite soit sienne et à personne d’autre. Il voulait jouer tous les rôles, même le rival. Or, Arès, lui, se réservait une totale liberté de ses aventures, satisfaisant ses envies primaires et à la fois, un fantasme d’attiser la jalousie de sa sœur. Sachant qu’une déesse telle qu’Aphrodite ne se soumettrait pas à une telle injustice et ne manquerait pas de le provoquer, il se torturait lui-même avec ses obsessions. Et pourtant, si elle ne se rebellait pas, qu’elle ne le contesterait pas et qu’elle ne le rendrait pas fou, elle n’aurait simplement pas été digne de lui. Du moins, c’était ce que le vaniteux guerrier se racontait. La perfection d’Aphrodite lui faisait perdre sa tête, mais il ne pouvait se contenter de moins. Arès était trop fier de l’effet qu’il avait sur elle et du pouvoir qu’il avait de pouvoir s’imposer. Chaque contact était éphémère.

Une fois le barman chassé de son champ de vision, Arès aborda ce sujet si délicat. Quand je disais qu’il se torturait lui-même, je ne mentais pas. Mais le dernier commentaire du Dieu ne plut pas du tout à sa douce dont le claquement du verre fut moins sourd qu’à son habitude lorsqu’il rencontra le comptoir. Mais Aphrodite se trompait sur l’allusion du guerrier et Arès crut qu’elle faisait exprès de jouer les innocentes, ce qui le fit bouillonner d’avantage. Il était peut-être excessivement possessif, mais pas au point d’insulter ses goûts. C’était tout de même surprenant à quel point il pouvait passer des douces caresses sensuelles à une cuisante jalousie insoutenable. Mais d’un sentiment à l’autre, le Dieu n’avait pas baissé son intensité d’un cran, devant elle, c’était impossible de ressentir quoique ce soit à moitié.

Mais il y a un autre avec qui tu peux bien te passer de courtoisie et aller au-delà de la séduction pour te contenter d’être… aimable…

Arès pouvait presque paraître immature. Mais, en faites, c’était bien pire que cela. Il était un enfant. Un enfant gâté qui ne supportait pas de partager ses jouets et qui boudait lorsqu’on le faisait attendre pour manger son dessert. Il ne pensait qu’à lui et à ses envies de destruction et d’excès. Bon, c’était peut-être exagéré, il pensait et tenait beaucoup à une autre personne aussi qui ne nécessite plus d’être mentionnée. La dernière réplique du Dieu se termina par ce que sa partenaire appelait un véritable coup de théâtre. Le verre brisé, le feu et son rire. Oui, son rire, ou plutôt un soupir amusé. De toute évidence, il valait mieux en rire qu’en pleurer, voir même que c’était flatteur de le faire réagir ainsi.

Pourquoi tant de théâtralité ?

Le barman resta sous le choc, encore incapable de faire un geste pour tenter d’éteindre les flammes qui se répandaient anormalement vite et la majorité de la population du bar se contentait d’interrompre ce qu’il faisait pour fixer les flammes. Le Grec ne répondit pas à la dernière question de sa douce, son regard disait tout, ce regard qu’il posa sur elle, ce regard qu’elle connaissait parfaitement. Ce regard mélangeant amour et haine, tendresse et brutalité, ce regard qui imposait désir et intensité. Puis il la regarda bouger, alors qu’elle posait ses gestes sans briser le lien entre leurs yeux. Hypnotisé par tous ses mouvements, même cette façon qu’elle avait de remuer le poignet pour éteindre le feu à sa manche. Elle amena la bouteille à sa bouche, fit descendre plusieurs longues gorgées tout en le provoquant du regard. Le Dieu observait sa silhouette fine et commençait à envier cette bouteille. Il avait soif à un point qu’il s’en mordit la lèvre sans s’en rendre compte alors qu’il était obnubilé par elle. Mais le réveil fut plutôt brutal. L’eau tomba du plafond comme la pluie à une tempête et Arès se retrouva complètement trempé en quelques secondes. Le barman et les autres s’activèrent soudainement. L’eau était pourtant totalement inoffensive pour les humains, mais c’était suffisant pour les faire fuir.

Il ne faut pas jouer avec le feu

Le guerrier retrouva son sourire à cet instant, il rit même, complètement trempé. Il aimait fâcher son amante, elle le faisait fondre encore plus quand elle se retrouvait dans un tel état. Le feu était un élément avec lequel ils étaient tous les deux en conflit, un élément qu’ils haïssaient et pour le Dieu de la guerre, aucun élément n’était plus puissant qu’un élément qu’il méprisait. Arès s’appropria le feu et n’accepta pas immédiatement de le laisser dans l’oubli, il voulait la faire craquer avant de laisser Héphaïstos s’estomper. Puis elle fit un pas de plus vers lui, un rapprochement qu’il lui fit perdre patience, un rapprochement qui fit frémir sa peau. Et sa réponse s’exprima par la flamme encore vivante sur le comptoir, noyée dans l’eau, qui retrouvèrent leur vigueur. Le feu s’éleva sur le comptoir, malgré l’eau qui se faisait lancé dans toute la salle avec haute pression.

Tu as peur de te brûler?

Un petit sourire en coin, il la mettait au défi. Arès fit un pas à son tour. Il prit la bouteille de sa main, bu une gorgée à son tour et fracassa la bouteille au sol une fois terminé.

Tu ne devrais pas…Pas avec moi!

Il agrippa son corps avec brutalité et tendresse. Arès était ferme mais délicat, il n’arrivait pas à être violent avec elle, mais ses impulsions étaient parfois difficile à contrôler. Collant son corps au sien, le Grec la coucha sur le comptoir du bar, d'un seul même mouvement. Entouré par le feu, saupoudré par l’eau, Arès permit au feu de brûler leurs vêtements, mais pas de brûler leurs peaux. C’était dommage de gâcher une si belle robe. C’était dommage de se priver du goût de ses lèvres. Depuis qu’il avait réduit la distance entre leurs corps, il n’avait que frôler sa bouche à la sienne, sans s’abandonner à ce plaisir et il comptait bien faire persister les flammes jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il désire. Et la seule chose qui se tenait entre lui et ce baiser, c'était sa fierté. Alors il se pencha sur elle, passant ses doigts sur son corps comme s'il voulait la griffer. Le dieu embrassait son, relevant jusqu'à son menton pour effleurer cette peau rosé, pour se tâcher légèrement de son rouge à lèvres.
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Amour et Guerre ont rarement fait aussi bon ménage

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