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 « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.

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MessageSujet: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Mar 30 Avr - 13:28

Il a le teint blême, là, de lutter contre le froid. Et, cependant, Rafael préfère encore la sécheresse du climat glacé de New York à la chaleur, parfois moite, de la Nouvelle Orléans. C'est une ville détestable, selon lui. Comme un ghetto que l'homme aurait élevé au-dessus d'un marécage. La Venise de l'Amérique, quelque part, avec cela que son esprit romain maudit farouchement tout ce qui ne tient pas de l'ancien continent. Il peut encore savourer l'air tiède de la Romagne sur sa peau dès lors qu'il se concentre un peu. Loin de toute cette glace environnante. Loin de l'aridité du Sud. Loin de tout ce qu'il connait, désormais. Rafael en retient l'impression d'avoir vécu une autre vie, la sienne, la vraie, il y a de cela une demi éternité. Et, d'ailleurs, il est loin d'avoir tort : cela fait bien une éternité, ou presque, qu'il ne respire plus comme de son temps d'homme, de mortel, d'être vain et éphémère.

Rafael tranquilise son esprit à force de scruter les alentours. Il n'y a rien. Absolument rien. Toute vie a déserté New York, pour envahir la Nouvelle Orléans. Salope de Nouvelle Orléans, siffle-t-il entre ses lèvres. Oui, il déteste bel et bien cette ville. Le fait de devoir porter un col haut, et serré, alors même qu'il fait une chaleur incroyable. Le fait de devoir marcher au milieu d'une foule ahurie, et stoïque, pressant les uns contre les autres de leurs souffles assoiffés. Il déteste tout de cet endroit, pour le moment lointain, dont il a pu s'extirper, il l'a promis, pour une seule journée.
« Ce sera l'affaire de quelques heures, avait-il dit. » Un officier s'était alors approché de lui. « Mais, Monsieur, on n'a pas... quelques heures, ici. » « Vous les avez, puisque je vous les donne. » S'absenter de sa fonction avait alors paru relever de l'outrage. Mais Rafael avait estimé n'avoir pas à se justifier outre mesure. Il ne quittait jamais son poste, bien qu'il soit d'un ennui incroyable et d'une frustration exaspérante. Aujourd'hui, et aujourd'hui seulement, il serait à New York plutôt qu'au chevet du Gouvernement, à vérifier que toutes les fenêtres comportaient bien leur nombre de boulons. Il s'était montré intraitable sur sa décision, non sans s'assurer que tout resterait dans l'ordre en son absence. « Je ne partirai qu'après la première ronde du matin. Tout sera parfaitement en place. Et je serais revenu avant la première ronde de la nuit. Entre temps, vous devriez vous en sortir pour garder la tête de tout le monde sur leurs épaules. » L'officier avait fermement hoché du menton, un bref salut à la limite d'être militaire. « Parfait. »

Et maintenant qu'il déambule dans les rues de la grande New York, Rafael n'est plus certain de ne jamais rentrer. La Nouvelle Orléans n'est pas chez lui. Pas plus que New York, en vérité. Pas davantage qu'aucune Rome. Mais sa Rome n'est plus, depuis longtemps. Et il n'a plus aucune demeure, si ce n'est celle qu'il voit déambuler à quelques trois cent mètres en avant de lui. Azzura. Oui, Azzura est sa demeure. Il n'est qu'à une brève course d'elle. Mais il ne presse pas l'allure. Non, au contraire. Il la suit, en silence, dissimulé par le brouillard blanc et glacé.
Voilà bien ce qui l'amène à New York. Dès qu'il a su qu'elle s'y montrerait, Rafael a tout organisé pour pouvoir s'assurer d'être auprès d'elle, sans qu'elle n'ait jamais à le savoir. Néanmoins, il est là, à emprunter son sillage. A cette distance, elle ne peut rien contre lui. Ni le voir, ni le toucher. Ni le heurter de pensées obscures et funestes. Ni elle ni sa nature ne peuvent l'atteindre, d'ici. Rafael peut la poursuivre lentement, qu'elle ne le voit jamais. Il est presque invisible, et c'est ainsi depuis qu'elle s'est échappée de Darkness Falls. Azzura ne doit pas savoir qu'il existe, qu'il est là, qu'il la vénère toujours, de ses prunelles ambrées et sombres. Elle ne doit pas le voir. Rafael sait bien que son cœur se brise rien que pour son image. Azzura, Azzura, Azzura... Il aime jusqu'à son nom, mais il se tient bien en retrait, et bifurque près d'une minute après qu'elle l'ait fait, à chaque fois. Elle ne le verra pas. A moins qu'elle ne s'arrête, et qu'il dérape, surpris par la manœuvre. Il a le temps de s'enfoncer dans une ruelle dérobée qu'elle se retourne déjà. Elle n'a pu le voir. Elle ne peut pas savoir que c'est lui. Et quand il tend lentement le cou pour s'offrir une vision d'ensemble de la grande rue, Azzura n'est plus là. Disparue. Loin, peut-être. Ou tout près, justement.


Dernière édition par Rafael Morienval le Mer 1 Mai - 16:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Mer 1 Mai - 14:52


Rafael & Azzura
Que mon cœur lâche.
« Maybe I'm insane. Walking on a wire. Maybe I'm the same. Nothing to take me higher. Tell me where to start. Think I'm at the end. Right now feeling pain. Make it go away.».

Le climat glacial aspirait tout souffle vital. Elle avait l’impression d’être semblable à une fugitive, optant pour ce territoire dans le but d’accéder plus rapidement à des requêtes mortifères. Peut-être méritait-elle de supporter le tremblement incessant de ses membres. Le froid fouettait violemment son visage. Sa peau autrefois satinée finissait par s’assécher. Elle priait pour mettre la main sur une couverture chaude perdue au milieu des débris, afin de recouvrir sa poitrine gelée. Quelle ironie. Elle qui ne croyait plus à l’existence d’un Dieu bienveillant. Parallèlement, se protéger des désordres météorologiques n’était pas sa priorité. Elle repensait aux dernières répliques de Stain à son égard, un sourire torve figé sur ses lèvres. Il ne manquait plus que les verrues, et son essence de sorcière serait visible aux yeux de tous, tant son apparence lui paraissait hideuse à cet instant présent. Elle regrettait amèrement d’avoir laissé son cousin en vie, sans même tenter une énième attaque. Pourtant, durant un court laps de temps, elle avait envisagé l’idée de lui adresser un dernier supplice. Celui de veiller sur Cora, sa dernière raison de vivre. L’ambivalence brûlant l’intégralité de ses neurones. Il aurait probablement laissé s’échapper un rire sinistre en entendant ces balivernes. Ses performances durant les Hunter’s Seasons n’avaient fait que la conforter dans ses opinions. Son attachement pour sa sœur était une abomination. Peut-être même une farce. A mesure que ses pieds s’enfonçaient dans les épaisses couches de neige, elle culpabilisait. L’amour fraternel l’obligeait à continuer cette course effrénée qui engourdissait chaque partie de son corps.

Non; elle n’était pas restée à New York afin de rejoindre Zaira et Rafael le plus rapidement possible, même si ces vœux funestes lui avaient traversé l’esprit plus d’une fois. Maintenant qu’elle savait que son Joyau était en sécurité, elle était là pour Noah. Des résistants écervelés l’avaient mis hors état de nuire le soir de l’assassinat du président. Elle était à sa recherche, prête à risquer sa vie dans le but de sauver la sienne. Elle n’était pas en mesure de compter le nombre de fois où il en avait fait de même à Darkness Falls. L’un des seuls alliés qu’il lui restait sur cette maudite terre en perdition. Du moins, c’est ce qu’elle pensait, alors qu’elle traversait ces sentiers battus lui rappelant justement l’Antre infernale, ce qui menaçait son adaptation à la réalité. Et si elle n’avait jamais quitté Darkness Falls ? Mille questions noircissaient sa psyché. Elle replongeait dans des souvenirs poussiéreux, guettant l’apparition d’une pluralité de créatures plus démentes les unes que les autres. La peur au ventre, elle s’essoufflait, dévisageant les charognes qui gisaient sur le sol. Presque rassurée à l’idée qu’il ne s’agissait pas du corps de son mentor. Il était peut-être encore temps de lui prêter main forte. Elle ne versa aucune larme lorsque ses prunelles se perdirent dans cette fontaine de sang, trop engagée dans sa cause, comme anesthésiée. La douleur était ancrée en elle et il lui était impossible de l’extérioriser. Des dépouilles d’animaux affamés et congelés faisaient face aux êtres humains. Elles la firent tout de même grimacer d’horreur. L’odeur pestilentielle s’incéra dans ses narines.

C’est à ce moment là qu’elle se retourna, instinctivement. Inconsciemment, elle cherchait le loup paisible qu’elle avait aperçu à plusieurs reprises dans la réalité et dans ses songes. Celui qui la fixait sans qu’elle en connaisse la raison, pour lequel elle éprouvait un attachement certain, presque mystique. Et s’il s’était éteint avec ses autres congénères ? Une vague de tristesse la consuma. Elle continua pourtant sa route, lorsqu’un hurlement strident lui broya les tympans. « Noah ! ». Frénétiquement, elle courut jusqu’à en perdre haleine, se rapprochant de plus en plus de cette silhouette ayant une cinquantaine de mètres d’avance. Elle tomba en plein milieu d’une embuscade. Il ne s’agissait pas de Noah mais d’un inconnu. Visiblement, il ne connaissait pas les caractéristiques des morts vivants avides de chair fraiche qui l’empoignaient. Il se saisit de son arme à feu.

« Non ! Ne faites pas ça ! Vous allez tous les attirer jusqu’ici ! ».

Il ne l’écouta pas et appuya sur la détente. Les créatures endiablées se firent de plus en plus nombreuses. L’une d’entre elles se jeta à son cou, ses dents s’enfonçant douloureusement dans sa chair. Son corps fut tétanisé par la peur. Elle prit une profonde inspiration, songeant à Cora. Elle prononça la première incantation qui lui vint en tête, tentant de créer l’illusion de la douleur chez ses adversaires. Rien. Aucune efficacité. C’était fini.

« Cela ne fonctionne pas. Il n’y aura jamais assez de balles. Nous sommes perdus ».

Dit-elle d’une voix tremblante. Elle tenta de les repousser du mieux qu’elle le put. Malheureusement, sans la magie, elle était fébrile. Elle reporta son attention sur les débris qui jonchaient le sol, cherchant la clé d’une délivrance. Une batte de baseball. Une lueur d’espoir dans les ténèbres. Elle adressa son dernier supplice à son coéquipier. « La batte ! Visez la tête ! Il est trop tard… ». Malheureusement, il ne l’entendit pas, baignant dans son propre sang. Ils venaient d’achever l’un des derniers rescapés. Il ne restait plus qu’elle et son insuffisance. Mais pour combien de temps ?

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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Mer 1 Mai - 16:38

Il n'y a personne. Tout autour de lui, l'absolue solitude, désormais Rafael sent bien que la peur remonte lentement sa colonne vertébrale et, cependant, il doit bien y avoir du courage, là, quelque part, à ramasser par poignées. Pourtant, il a beau foulé le sol de son esprit, rien ne se referme entre ses doigts que de l'angoisse en volutes de fumée. Azzura disparue de son champ de vision, il n'éprouve plus que la moitié de son être, immergé dans le calvaire du froid. L'autre moitié... l'autre moitié s'est perdue dans une rue, plus loin, là-bas, où elle a disparu. Mais Rafael reste tétanisé. Immobile. Aucun de ses membres ne répond plus de son esprit. Son intellect endolori meurt lentement. Le dos vissé au mur de pierres défoncées, il prend de grandes inspirations, qui le font subsister sans le laisser vivre pour autant.

Puis une détonation. Brutale. Sifflante. Elle secoue son cœur, qui frotte, et saigne abondamment, contre ses côtes. Il pourrait jurer, même d'ici, qu'il s'agit d'une arme de petit calibre. Bruyante. Mais vaine. Alors il penche sa silhouette, avise les alentours, et découvre la colonne de silhouettes qui s'enfonce sur la droite, à six ruelles de sa position. Ils sont nombreux, certainement une vingtaine. Ils s'en élèvent d'un peu partout, de tout côté. Et c'est une peur que Rafael méprise aisément. Qu'il contrôle sans violence. Aussi, et quand une ombre s'élève en face de lui pour tenter de l'empoigner, la main rejoint la ceinture, arrache la lame à son fourreau et fend le crâne d'une brèche sur cinq centimètres. Le cadavre, agité de spasmes, relâche toute étreinte et s'effondre contre lui. Rafael ne sait pas pourquoi, mais il l'étreint aussi, comme s'il pouvait encore tenir un être parfaitement humain entre ses bras. Mais c'est faux.

Le froid ralentit sa course effrénée. Ses poumons le brûlent, et ses jambes restent endolories. Mais il doit y aller. Il doit courir jusque là-bas et s'assurer, comme son instinct le lui rappelle, qu'Azzura s'y trouve peut-être. Rafael souhaite que non, en même temps que ses efforts deviennent de plus en plus pénibles. Il sent à peine ses extrémités, sa main rougeoie de tenir aussi fermement le manche de son couteau. De toute façon, là où il va, là où il se tient très bientôt, aucune lame d'aucun couteau ne lui sera plus d'aucun secours. Il le sait, il le comprend, et dégaine aussitôt.
De son arme sous silencieux ou d'une autre, dont les balles éclatent à l'impact, Rafael fait le choix de l'efficacité. Les détonations sont violentes, sourdes et sanglantes. Aucune munition ne se perd quand toutes se fichent au milieu des fronts, et explosent les crânes aussitôt. Ce n'est que pour gagner du temps, car à chaque ennemi vaincu, trois se traînent jusqu'à lui. Il n'a que le temps de se frayer un chemin dans la ruelle, quand il la voit, enfin. Azzura. Elle est là. Elle est sublime. Magnifique. Apeurée, d'abord, mais Rafael ne voit rien que la beauté qu'il n'a pu contempler d'aussi près depuis bien trop longtemps. Elle est là. Et elle le voit. Elle ne peut voir que lui, à présent. Mais il n'a pas le temps d'entendre un seul mot de sa part qu'il se jette sur elle. En premier lieu, voilà qui donne le sentiment qu'il va l'étreindre. Mais, en vérité, et à y regarder de plus près, il l'enferme entre ses bras et lui fait barrage de son corps. Un bras autour d'elle, une main libre, il abat chacune des silhouettes qui se rapproche d'eux. Et quand il sait qu'aucun chargeur n'est assez ambitieux pour tuer autant d'ennemis, il lâche son arme et se saisit d'Azzura, qu'il projette presque littéralement au-dessus d'une énorme benne. Pas plus d'un mètre de hauteur, mais voilà qui lui fera certainement gagner quelques minutes précieuses de vie. « Cours, hurle-t-il. Cours ! » Rafael jette à peine un geste pour l'autre bout de la ruelle, qu'il s'élance dans l'autre sens, attirant autant de cadavres qu'il le peut contre lui. Il se bat, se débat, fracasse la crosse de son arme sur les arcades, les yeux, les mâchoires, s'efforce de créer un chemin qui puisse le ramener dans l'artère principale de la ville. La force lui manque, tandis que des bras s'emparent des siens, tentent de l'attirer. Il est peut-être blessé, il n'en a pas conscience. Tout le groupe se presse autour de lui, et se déporte lentement vers la grande rue. Ils y sont presque quand les jambes de Rafael plient sous le poids des assauts. Il va mourir. Il va bientôt mourir. Il ne veut pas mourir, mais il le peut aussi. Maintenant qu'il a vu Azzura, maintenant qu'il a presque senti la chaleur de sa peau contre la sienne, Rafael peut sûrement mourir. Et il le sait.

Tu ne veux pas mourir, Rafael. Tu ne veux pas mourir, souffle soudain une voix entre ses tempes. Les hommes comme toi ne meurent pas. Les hommes comme toi tuent. Alors, tue, Rafael. Il ne sait pas pourquoi. Il ne sait pas comment. Il s'extirpe presque de son corps, et s'observe, quand sa lame éviscère, tranche, perfore et répand de la mort alentours. Un. Puis deux. Puis dix. S'il existe un instinct animal, quelque part en lui, voilà qui se réveille. Il anticipe, et il agit bien avant d'avoir besoin de réfléchir. Ils sont moins nombreux, désormais, et sont encore bien trop pour un seul homme cependant... Il peut tirer au silencieux, maintenant, son champ de vision rétrécit. Il est bientôt au sol, un cadavre pratiquement étendu contre lui, à tenter de dévorer son visage. La main fébrile, et harcelée par les assauts, il tente de redresser le canon de son arme. Encore un peu. Encore un peu. Il tire, et la cervelle gicle tout autour de lui. Alors, seulement, il abandonne. Voilà ce dont était capable Rafael Morienval. Pas davantage. Non, il ne veut pas mourir, mais il reste un mortel. Et quitte à tomber, alors autant tomber pour les yeux ravissants d'Azzura.
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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Jeu 2 Mai - 0:06

Sa dernière pensée fut destinée à sa fille. Elle avait espéré revoir ce petit être après avoir lâché son dernier souffle. Zaira était une partie d’elle. Elle était également une partie de Lui. Elle aurait tout donné dans le but d’ancrer ses prunelles dans ses Azurs. Entendre ses ricanements intempestifs. Convaincue que son innocence enfantine l’avait conduite jusqu’au paradis. Ou du moins une dimension utopique s’en rapprochant. Certes, elle était le fruit d’un péché, mais quel genre de Dieu aurait persécuté un individu empli de naïveté ? Elle avait émis de nombreuses hypothèses à propos de leur devenir. Plus hésitante lorsqu’elle songeait à Rafael. De sa main, il avait assassiné son propre frère. La noirceur avait rongé son âme dès l’instant où le Seigneur de guerre avait posé ses yeux sur Lui. Elle l’avait protégé de ses pulsions mortifères. Du moins, elle croyait en cette vérité. Pour elles, il avait abandonné son métier de bourreau. Pourtant, elle s’était répétée à maintes reprises qu’il n’échapperait pas au Jugement dernier. Ils n’emprunteraient pas la même voie. Malgré cette connexion mystique, elle avait toujours pensé qu’ils seraient séparés l’un de l’autre le jour de leur mort. Culpabilisant lorsque cette idée lui traversait l’esprit. Elle percevait sa bienveillance. Celle qu’il dissimulait avec une grâce déconcertante. Celle qui était inexistante, d’après les sorciers et les autres victimes qui reposaient sous terre. Elle l’excusait, inexorablement, se mordant les lèvres. Ces dernières prirent une couleur rouge sang, étanchant la soif des ennemis. Elle pria pour que l’entité existante ait accordé son pardon à Rafael. Ainsi, elle se délecterait à nouveau de son visage angélique. Paralysée, elle fut tentée de laisser le monstre qui lui faisait face la démembrer. Pourquoi continuer de lutter ? L’air glacé se chargerait de meurtrir ses poumons. Il fallait se montrer rationnel. De plus, elle ne possédait pas de force surnaturelle. Privée de ses pouvoirs pour une raison qui lui était inconnue, elle ne ferait pas un pli. Elle s’abandonna donc à son sort. Ses paupières se fermèrent. Ses dents se serrèrent. « Fais preuve de rapidité ! ». Ordonna t-elle à son adversaire.

Rafael ne lui laissa pas le temps de prendre conscience de l’absurdité de son geste. Elle avait baissé les bras. Par la même occasion, elle avait laissé Cora et Noah sur le bas-côté. Elle avait toutes les raisons de rejoindre cette dimension infernale le jour de sa mort. D’ailleurs, peut-être était-elle toujours à Darkness Falls. Une minute de plus et elle aurait pris l’apparence d’une charogne inanimée et dédaigneuse. Peut-être serait-elle revenue à la vie. Ainsi, les images tranchantes défilant à toute allure dans son esprit auraient continué à la tourmenter pour l’éternité. Jamais elle n’oublierait la mort de Zaira. De nouveaux coups de feu lui percèrent les tympans. Une lueur de curiosité s’incéra dans ses rétines. Elle chercha l’intrus du regard. Elle sentit son cœur s’emballer dans sa poitrine. Elle était vivante. Un rire sinistre s’échappa de ses lèvres. Elle marcha sur le brasier d’émotions contradictoires, incapable de déceler si elle avait envie de remercier son sauveur, ou au contraire de le maltraiter. Ses prunelles se refermèrent. Elle sentit Son contact, ayant l’impression de s’évader dans ses souvenirs. C’était impossible. Il était le fruit de son imagination. Elle ne pourrait jamais se lasser de cette odeur envoutante lui titillant les narines, souhaitant à présent sentir Son goût sur le bout de sa langue. « Suis-je morte ? Est-ce une nouvelle illusion ? Tu es le fruit de mon imagination… ». Elle laissa échapper des murmures doucereux, perdus au milieu de ce chaos. Plongée dans un état de déréalisation, elle en oublia le monde extérieur. Un monde extérieur funeste et menaçant. Etreinte par sa folie. Sa psyché était défaillante. Elle avait déjà vécu cette scène à Darkness Falls, victime de brèves hallucinations. Démente, elle l’avait longuement cherché. La violence avec laquelle il la projeta sur la benne lui permit de retrouver un semblant de lucidité. Néanmoins, elle ne se résolut pas à courir. Insoumise, elle ne lui obéit pas. Les questions fusaient dans son esprit embrumé. Où était-elle ? De quelle réalité s’agissait-il ? Etait-elle victime d’une nouvelle illusion, ainsi, elle était confrontée à un faux Rafael. Elle fut contrainte de mettre ses hypothèses de coté lorsque des créatures s’emparèrent de ses jambes tremblantes. Toutefois, celles ci lui montrèrent rapidement leur désintérêt, reportant leur attention sur Rafael et ses détonations violentes. Elle fixa cette altercation, pétrifiée devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux. Le froid continuait de lui glacer les os. Pourtant, c’était Lui qui lui importait. Qu’il soit réel ou qu’il fasse parti de ses songes, elle avait toujours pour objectif de le garder auprès d’elle. Horrifiée à l’idée d’une vie sans Lui à ses cotés. Assez !

Elle rejoignit la terre ferme. Sa tête pesait lourd. Elle se sentait minable, prononçant des incantations qui étaient d’aucune efficacité, pendant que l’homme qu’elle aimait était en train de se faire tuer. Pendant que les créatures s’enchainèrent à lui, elle saisit la batte de baseball, brisant la cervelle de celles qui croisaient sa route. Cette vague de panique continuait de la submerger, la sueur perlant furtivement sur son front. « Transforme-toi ! », lui hurla t-elle, cette vérité lui apparaissent soudainement comme s’il s’agissait d’une évidence. Le flou céda la place à une vision d’épouvantes lorsqu’Il s’échoua sur le sol, après avoir achevé la dernière charogne. Le temps s’arrêta. Son corps tout entier fut plongé dans la terreur. La pression d’air se métamorphosa à son tour. Elle avait l’amère sensation d’être en train de payer pour ses péchés. On lui redonnait Rafael. On lui arrachait la minute suivante. Un silence qui eut le poids des larmes. Ses pieds se fracassèrent violemment contre le sol enneigé. Elle alla jusqu’à Lui, le regard suppliant. « Ne meurs pas. Je vais te soigner…». Quelle ironie du sort. Sauvé par un membre de cette espèce. Elle posa sa main sur son torse, sans grande conviction. Elle poussa un hurlement strident, telle une désespérée s’adressant à des dieux qui ne l’observaient probablement pas. « Aidez-moi ! ». Ses murmures furent à peine audibles. Les plaies du métamorphe se refermèrent, ce qui lui arracha un soupir de soulagement. Petit à petit, il reprit des couleurs. Elle effleura Ses lèvres du bout des doigts, comme pour vérifier qu’Il était bien réel. « Je n’arrive plus à distinguer la réalité de mes désirs. Est-ce vraiment toi ? Où sommes-nous ? ». Elle ne souhaitait pas partir sans avoir eu un semblant de discussion. Sans meurtrir ses lèvres tentatrices. Pourtant, la réalité présente était plus qu’inquiétante. Elle les frappait très fortement. Elle lui attrapa le bras et le tira de toutes ses forces dans le but qu’il se lève avec elle. « Il y en a d’autres. Ils ont probablement entendu les coups de feu. Ils sont en chemin. Il faut qu’on parte d’ici ».

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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Jeu 2 Mai - 0:47

L'espace d'un instant, brumeux et douloureux, Rafael est certain d'avoir entendu Azzura, de les avoir entendus, elle et son timbre capable de faire fléchir une armée toute entière. Et, cependant, il n'est pas sûr des mots qu'elle a employés contre lui. Transforme-toi. Son déni étrangle le souvenir, et il perd chaque syllabe qu'elle a pu adresser à son corps endolori par l'effort. Il tremble, à présent, il tremble beaucoup trop, péniblement, puisque la lutte a déjà sectionné son courage. Rafael ne se sent pas la force de se relever et, d'ailleurs, ses multiples blessures, ça et là, répandues sur son corps, le condamne à son abandon. Il choisit de demeurer, tel quel, sur le bitume, et d'attendre qu'on le prenne, depuis ce monde vers un autre, un autre encore qui, il espère, sera plus bienveillant à son égard.

Mais il ne meurt pas. Rafael la sent auprès de lui. Elle émet une chaleur semblable à aucune autre. Il pourrait la reconnaître parmi des milliers d'autres femmes. Aucune ne peut surmonter cet éclat. Aucune ne peut déposer sur lui, comme elle le fait, la marque et du plaisir et de la souffrance. Aucune femme, en ce monde, ou ailleurs, ne peut faire palpiter son cœur comme la peur. Et elle s'agite près de lui. Il ne peut que le sentir, puisque ses paupières demeurent inexorablement closes. Si jamais il rêvait, le réveil n'en serait que plus brutal. Et s'il s'agit de la réalité, alors mieux vaudrait l'apprécier dans le noir le plus complet, sans donner de décor à la pression mystique qu'elle exerce sur lui. Et quand même elle crie – il ne peut sursauter, et quand même elle implore, Rafael sent comme un souffle tiède sur son visage, une brise agréable capable de décimer le froid mortifère de New York, il le croit. Aussi cherche-t-il cette main qui n'est pas la sienne et lui correspond tout à fait cependant. Mais il n'en a pas le temps que son corps se soulève.

C'est une douleur qui le prend depuis la cuisse jusqu'à l'épaule, et qui s'acharne sur son torse, son abdomen et dans son dos. C'est une autre douleur que celle de la morsure. C'est une douleur paradoxale, lorsque Rafael s'aperçoit qu'elle est plus dérangeante, étrange, désagréable qu'elle ne lui est finalement insupportable. A dire vrai, un sentiment de bien-être s’empare si promptement de lui qu'il a l'impression d'avoir connu la mort, son énième trépas. Mais l'air s'insinue dans ses poumons. L'air se répand un peu partout, et fait battre son sang. Il vit. Il respire. Et il ouvre même les yeux avec une insolente facilité. Et alors il la voit. A genoux, à son côté, et l'air d'avoir vu le monde périr par les flammes dans le plus pur chaos. Dieu qu'elle est belle quand elle s'inquiète de lui...
« Je n’arrive plus à distinguer la réalité de mes désirs. » Il entend si clairement sa voix qu'il réalise difficilement lui-même. Rafael se redresse alors sur les coudes, lentement, comme s'il pouvait attendre un éclair fulgurant de souffrance dans le moindre de ses membres, mais il n'en est jamais rien. Il palpe chacun de ses membres, et observe les nombreux déchirures faites à son costume. En-dessous, de la peau, nette, et à peine salie par endroit. Il oublie vite, Rafael Morienval, ce qu'induit sa nature. Il oublie plus encore lorsque ce sont les yeux d'Azzura qui le dévisagent et ses doigts qui l'effleurent. « Est-ce vraiment toi ? Où sommes-nous ? » Mais lui, plutôt que de répondre, lui sourit tristement. Si seulement elle savait la joie que lui fait de la savoir encore en vie. Il déplore, bien sûr, en silence, qu'elle l'ait vu, mais puisqu'elle vit, et grâce à lui, il se pardonne son outrage et l'offense faite à sa promesse. Promesse dont il ne dira rien. « Ne me déteste pas, soupire-t-il pour toute réponse en posant de nouveau la tête contre le sol. » Ses blessures ne sont plus, mais il voudrait dormir. Grâce qu'Azzura n'a pas l'intention de lui céder puisqu'elle le saisit par le bras. « Il y en a d’autres. Ils ont probablement entendu les coups de feu. Ils sont en chemin. Il faut qu’on parte d’ici. » Il ne comprend pas tout de suite l'urgence de la situation, son esprit relayé à un monde différent, parallèle au réel. Mais elle insiste, et il est bien obligé de se relever. Ses muscles le font souffrir, mais c'est un moindre prix que celui qu'il s'était résolu à payer. Il boite à peine, et distingue désormais le couteau resté entre ses mains. « Prends ça, lâcha-t-il en lui tendant le pistolet silencieux. » Rafael ne veut rien entendre d'une autre défense, quelle qu'elle soit. Et il lui prend la main et l'entraîne à sa suite, dans le dédale poussiéreux de New York.

« Pourquoi es-tu venue ici ? » Dans leur course pour s'éloigner le plus possible du centre de la rue, il ne la questionne pas, il enrage à présent. Maintenant qu'il réalise le danger qu'elle a couru, son inquiétude est furieuse. Rafael ne lâche jamais sa main tandis qu'il la fait entrer dans un gigantesque building aux portes barricadées. Il repousse des bancs, des chaises et des bureaux contre les portes vitrées, puis l'entraîne plus profond dans l'immeuble. Il pousse deux, trois, autres portes. Quand ils parviennent à une longue salle de réunion, dévastée, retournée, il leur autorise une pause. Davantage pour lui-même, qui s’essouffle à vue d’œil. Il va jusqu'à s'asseoir, le dos glissé contre un mur. « Tu n'as rien à faire à New York. Personne n'a rien à y faire. »
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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Ven 3 Mai - 15:10

Sa perception du monde changea à partir du moment où elle fut convaincue que ses incantations avaient fonctionnées. C’était comme si les cieux retrouvaient une teinte orangée grâce au retour de l’astre lumineux. Le soleil se levait sur son âme, à mesure que l’air circulait dans Ses poumons. Le savoir sain et sauf distrayait la brûlure dans sa gorge engendrée par le manque de nicotine qui se faisait sentir. Il n’y avait plus que Lui. Il redevenait sa raison de vivre. L’oxygène qui s’ingurgitait dans son organisme. Celui qui avait été absent si longtemps, la faisant suffoquer. Une drogue moins nocive que celle qui berçait son quotidien. A bien y réfléchir, elle la tourmentait peut-être autant, sinon plus. La contentant par la même occasion. Pourtant, elle ne parvenait pas à profiter pleinement de ces retrouvailles et de cette félicité momentanée. Le tableau était incomplet. Les murs lui semblaient ternes. Les questions continuaient de se bousculer dans sa tête. Il ne lui apportait rien en retour. Aucune réponse. Rien qu’un maudit silence inconfortable. Son corps se crispait, les yeux rivés sur Ses coudes qui lui permettaient de maintenir une position assise. Diable qu’elle aurait souhaité déloger de son cerveau toutes les images incessantes qui la dérangeaient. Le mystère qu’il laissait planer au dessus d’elle ne faisait que les alimenter. Le loup s’imposait à elle, comme un éternel refrain, abattant toute once de rationalité.

Il n’y avait pourtant qu’une explication possible : il foulait encore cette terre grâce à l’intervention des forces surnaturelles. Une hypothèse qui l’aurait déchiré sur le champ, elle le savait pertinemment. Lire dans ses pensées aurait fait fondre ses os. Qui savait. Peut-être était-il doté de cette faculté. Elle ne connaissait pas toutes les caractéristiques des métamorphes. Un sourire s’étira sur ses lèvres, songeant qu’il décelait peut être les pensées inconvenantes qu’elle nourrissait parfois à son égard. Deuxième théorie possible : ils arpentaient les ruelles d’un monde parallèle. Il lui taisait l’unique vérité, sans qu’elle en comprenne les raisons, rejetant chacune de ses requêtes. Un mur de briques les séparait. Un agent chargé de la sécurité aurait été certainement plus bavard. Si elle savait. Etait-ce la haine qu’il vouait à l’égard de son essence, qui faisait barrage ? Ainsi, elle ne parvenait pas à acquérir sa confiance. Ils étaient comme prisonniers du passé et de ces divergences insupportables. Quoi qu’il fasse, elle se sentirait toujours jugée et mise à nue, comme en témoignait la couleur rougeoyante de ses joues. Un brasier qui menaçait de les réduire en cendres à tout moment. Malgré l’existence de ce gouffre qui les divisait, elle était toujours capable de sentir sa présence sans le voir ni le toucher. Si elle s’était fermée à de telles suppositions, à la recherche de sa lucidité, elle remettait du sens sur de nombreux faits ahurissants survenus ces derniers mois. Le fait qu’il soit arrivé au bon moment et qu’il ait pu lui prêter main forte prouvait à quel point leur connexion était époustouflante. Elle laissa sous entendre cette constatation.

« Nous formons une bonne équipe… »

Elle s’attarda sur la mare de sang qui souillait à présent la neige. Le Sien et celui de l’inconnu désarmé. Elle enfila le masque de la froideur. Pas d’haussement de sourcil. Pas de grimace emplie d’écœurement. Aucune larme au bord des cils. Elle avait renforcé son caractère d’année en année. Si la mort de Chiara, d’Aida et de Zaira avaient été les déclencheurs, sa période à Darkness Falls l’avait définitivement privée de son innocence. Elle contint toute parcelle d’émotions, comme si elle craignait qu’il s’en serve à des mauvaises fins. A croire que les évènements funestes l’avaient rendue complètement parano. « Ne me déteste pas ». Elle n’était pas en mesure de comprendre la signification de cette phrase. L’ignorance tendait à la faire sortir de ses gonds. Pourtant, elle ne laissa rien transparaître. Ils devaient partir. Elle ne prit pas conscience des blessures superficielles qui lapidaient sa peau. A quoi bon ? Elle se saisit de cette arme qu’il lui tendait, doutant furtivement de son utilité. Après tout, elle n’avait jamais appris à s’en servir, habituée à se munir de simples fioles. Ils ne faisaient pas partie du même monde.

« Tu m’apprendrais à tuer…»

Elle regretta aussitôt d’avoir laissé ces sarcasmes franchir la barrière de ses lèvres venimeuses. Les cicatrices d’antan n’avaient jamais disparues et la douleur se réveillait à son contact. A son tour, elle lui taisait des vérités cruelles, à savoir qu’elle avait déjà commis de telles atrocités. Néanmoins, il ne s’agissait jamais d’êtres sans défense, ou presque pas. Elle n’avait jamais dépassé les limites. Ou peut-être que si. Elle ne le savait plus. Elle refusait de s’en souvenir. Les remords l’ébranlèrent plus encore lorsque Sa main s’empara de la sienne. C’était comme si une décharge d’électricité foudroyait ses membres. Elle arrêta de respirer et ferma les yeux durant un court laps de temps, se laissant guider jusqu’à Son Antre. Troublée par une envie pressante. Celle qu’Il la délivre de ses chaînes. Sentir ses lèvres sur sa peau. Des désirs interdits. Elle masqua le trouble qu’il venait d’engendrer en elle. Evitant ses Azurs du mieux qu’elle le pouvait, afin de ne pas se laisser happer par cette magnificence. Par le biais de ses flagellations, il vint à son secours. D’une certaine manière, elle décida de le punir, avec un brin de provocation sournoise, le défiant du regard.

« Je pourrais te retourner la question. Contente-toi de remercier le ciel pour l’existence des membres de mon espèce. Sans la magie, tu serais probablement mort. Quelle imprudence… ».

Ses dents se serrèrent lorsqu’elle anticipa sa réaction à l’évocation de Noah. Comme au bon vieux temps, elle prit la décision de lui mentir pour éviter qu’un scénario apocalyptique ne ternisse leur relation. « Je suis à la recherche d’un ami… ». Je périrai en enfer ! Pensa t-elle. Quel genre d’homme était-il devenu ? Il avait probablement suivi les Hunter’s Seasons, en tant que citoyen respectable. Avait-il assisté à la confrontation entre Stain et Cora ? Elle avait besoin d’éclaircir la situation, convaincue qu’il ne lui disait pas tout. Il ne lui avait donné aucun signe de vie jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi ? Elle ne l’avait jamais rencontré à Rikers Island. Il pouvait lui épargner l’excuse de la prison. Elle haussa un sourcil en le voyant déambuler dans les rues sordides et périssables de New York avec autant d’aisance. Fascinée par ce sens de l’orientation surdéveloppé. Elle se demandait si pénétrer dans ce quartier luxueux avait été sa routine. Il ouvrait chaque porte de ce building comme par automatisme. Elle mit un terme à ce silence assourdissant. Quelque part, la tension était palpable. Les doutes finiraient par la perdre.

« Très joli costume, au fait ! Je n’aurais même pas les moyens de t’en acheter une manche… »

Elle soupira d’agacement en percevant cette amertume. Paradoxale, elle décida pourtant de se joindre à Lui et de profiter des dernières heures qu’il leur restait sans doute avant d’assister à une invasion de zombies. Elle n’était pas prête à le laisser s’éloigner de nouveau. Elle posa sa tête sur son épaule, cette proximité la marquant à l’encre de chine, comme cette haleine chaude qui s’ancrait sur sa peau. Ses prunelles se posèrent sur les œuvres qui tapissaient les murs appartenant à ces hommes d’affaire pimpants en devenir. Ces toiles éveillèrent sa curiosité. Elle aurait pu les reconnaître parmi des milliers. Elle lui lâcha alors, sèchement.

« Tu connais chaque recoin de ce building. Tu aurais pu me conduire jusqu’ici les yeux fermés. Dois-je te féliciter pour la disposition des meubles de ton bureau ? As-tu quelque chose à m’annoncer ? Pour qui travailles-tu ? »

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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Ven 3 Mai - 16:52

D'avoir éprouvé la morsure corrosive de mourir, encore, et pour elle, Rafael ne réalise que tardivement qu'il ne ressent presque qu'aucune joie de la savoir, là, près de lui. Il l'ignore certainement mais, l'adrénaline, ténue dans ses veines à présent, le laisse fatalement vide de tout sentiment. Azzura est là, bien sûr, mais elle est surtout bel et bien vivante. Sauf qu'il le savait en venant. Contrairement à elle, cette rencontre ne lui a rien appris. Il savait qu'elle vivait. Il l'a toujours depuis le moment où il a retrouvé sa trace. Ce qui paralyse son esprit, c'est encore de l'avoir sauvée. Qu'elle soit là. Oui, c'est de la victoire qu'il ressent, une profonde satisfaction, un contentement de lui-même. Il le regrette, le remord le dévore dans l'instant, mais reste que leurs retrouvailles n'ont rien de chaleureuses, et qu'elles ne vont pas forcément gagner à l'être. Azzura n'a pas changé. Lui non plus. A la différence que des siècles se sont écoulés, les noyant successivement dans la peur et le souvenir. Des siècles les ont érodés. Des siècles les ont éloignés. Et Rafael marque toute la peine qu'il a de reconnaître celle qu'il aimait si violemment dans les traits d'une femme aussi dure avec lui. « Tu m’apprendrais à tuer, lâche-t-elle quand il lui abandonne son arme. » Mais lui ne veut rien entendre de ses prétendus pouvoirs, ou des capacités inhérentes à sa condition. A son sens, l'unique moyen de se défendre de ces mangeurs d'hommes consiste dans une arme, criblée de balles, ou dans un robuste couteau. Tout le reste n'est qu'impie. Azzura est impie. Mais l'idée le quitte sitôt que leur fuite s'amorce.

Ils sont bientôt à l'abri. Momentanément, mais cela devrait suffire à lui faire recouvrir les quelques forces que leur demandera la future évasion. « Je pourrais te retourner la question, dit-elle, sans que Rafael ne puisse plus desserrer les dents. » Voilà, ils y sont. Le moment qu'il redoutait tant, tout ce temps où il filait dans ses pas sans qu'elle ne le sache jamais. Le moment de parler. Alors que ce n'est ni le lieu ni le moment, il ne peut ignorer que des mots, sévères, rancuniers, vont être prononcés, sans qu'il ne soupçonne jamais l'injustice dont elle va l'accabler. Oui, il imaginait que ce retour serait pénible (quoi qu'il ait espéré qu'il n'existe jamais), mais il n'imaginait pas le loisir qu'elle se ferait de le lacérer ici-même. « Contente-toi de remercier le ciel pour l’existence des membres de mon espèce. » Alors, il veut lui dire de se taire. Mais Rafael fixe trop obstinément le mur en face de lui. S'il croise son regard, s'il envisage ses lèvres prononcer de tels mots, il sait... il sait que la rage entamera de pénétrer chacune de ses viscères. Aussi, elle poursuit sans jamais souffrir la moindre interruption. « Sans la magie, tu serais probablement mort. » Ses jointures rougissent de tenir si puissamment la garde son couteau. Si seulement il avait le moindre ennemi à porter de sa lame, si seulement il pouvait l'enfoncer violemment dans un crâne, et laisser déferler sa colère... Elle doit le détester pour l'accabler de la sorte. Elle doit bien le haïr, sinon pourquoi s'acharner ? Rafael n'obtient pas de réponse, puisqu'il refuse de poser la question. Si elle l'admettait, il mourrait. Il le sait bien, le damné amoureux, alors il préserve son âme au détriment de sa connaissance. « Je suis à la recherche d’un ami, admet Azzura après un laps de temps qui paraît infini à son amant. » Elle fait bien de taire le nom de l'intéressé. S'il est déjà proche de mourir, cet aveu le tuerait. Un rien le tuerait s'il sortait de la bouche d'Azzura, ou de ses intentions. Pour autant, la réponse ne lui convient pas. Aucun ami ne mérite de courir le péril et la mort. Pas s'il s'agit du péril d'Azzura, Rafael se le jure, et moins encore de sa mort. Et admettre qu'elle aurait pu mourir... L'angoisse lui serre la gorge, autant que la furie, si bien qu'il se borne encore et toujours au silence. Le moindre mot. Le moindre geste. Et il a peur de se voir saigner tout un monde.

« Très joli costume, au fait ! (Et Rafael de pencher la tête vers elle.) Je n’aurais même pas les moyens de t’en acheter une manche… » « N'as-tu pas fini ? soupire-t-il, la lassitude écrasant l'ire. » Mais non, elle n'a pas fini. Jamais. Pourquoi, pourquoi un tel acharnement ? Rafael voudrait bien savoir, mais elle le laisse aride de tout. Azzura ne laisse rien paraître de ses affects, de ses inclinations. Puis elle le rejoint et, contre toute attente, s'installe près de lui, prend un peu de repos et pose sa ravissante tempe sur l'épaule de l'homme qui l'aime d'une passion désespérée. Il ne sait plus. Il pourrait oublier jusqu'à son nom si elle ne s'esquintait pas à lui sermonner son identité. « Tu connais chaque recoin de ce building. » Il se tait. « Tu aurais pu me conduire jusqu’ici les yeux fermés. » La bile lui brûle les lèvres. « Dois-je te féliciter pour la disposition des meubles de ton bureau ? » « S'il te plait. » « As-tu quelque chose à m’annoncer ? » « Azzura... » « Pour qui travailles-tu ? » « Ça suffit ! » Il explose, et s'arrache à sa place. Malgré la douleur qui lui tenaille les côtes, Rafael ne regrette aucune nuance de son rejet. Elle le mérite. Elle le mérite bien ! « Qu'est-ce qu'il y a ? fulmine-t-il. » Il se met à faire les cent pas dans la pièce, montrant divers endroits dans la pièce de gestes désordonnés. « Ce n'est pas assez ?! Ça ne te plait pas ?! Il te faudrait une prison ?! Je viens de te sauver ! Je t'ai sauvée, putain ! crie-t-il en la pointant du doigt. » Il essuie la sueur qui perle à son front d'un revers de la main. « Je suis là parce que je t'ai suivie ! Je suis là parce que je veille sur toi ! Parce que ! Parce que !... » Rafael s'essouffle, et déglutit. Il prend même une chaise, sentant la défaillance parvenue à sa porte. « Parce que je t'aime. » Et maintenant qu'il sent ses lèvres proches de vomir ses poumons, il émet une plainte. Indistincte. Quand il parvient à articuler, c'est difficilement qu'il lui livre : « Je t'aime... alors ne sois pas si cruelle. Ne sois pas cruelle. » Il relève son visage, darde ses prunelles clairs-obscurs sur elle, et avoue encore. « J'ai fait ce que j'ai pu. J'ai fait tout ce que j'ai pu... »
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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Ven 3 Mai - 23:36

Un nuage de fumée s’échappait de sa bouche à mesure qu’elle faisait sortir l’air de ses poumons. Le froid glacé, inlassablement, fouettait son visage. Son esprit semblait malade. Son corps réclamait la substance magique susceptible de rendre ses cellules nerveuses fonctionnelles. La cigarette. Voilà qu’elle cherchait son antidote du regard, pendant qu’Il fixait le mur, impassible. Aucune trace de mégot, d’allumettes ou de combustible. A croire que cette drogue était réservée aux pauvres. Elle leva les yeux au ciel, pestant en silence, croisant les bras avant de se mettre à taper du pied bruyamment. S’il avait été absent, elle se serait probablement jetée sur les tiroirs en vue d’accéder à un instant de pur bonheur. Telle une pauvre sotte, elle croyait que la nicotine réglerait l’intégralité de ses problèmes et contenterait son organisme. Elle se leurrait. C’était l’addiction à la magie qu’elle se devait de combattre. Celle qui entretenait son amertume. Elle avait passé ses nerfs sur Lui. Elle le regrettait. Une boule lui noua la gorge. Un pincement de déception l’étreignit. Elle ne put se résoudre à l’ignorer. Ses membres se mirent à trembler avec plus de force lorsqu’il lui fit subir son courroux bien mérité, comme il le pensait si bien.

Plus d’une fois, elle avait rêvé éveillée, l’imaginant venir à elle. Ses lèvres la capturaient à nouveau. Elle le suppliait de lui accorder une étreinte, même éphémère. Il redécouvrait le grain de sa peau. Au lieu de cela, elle avait blessé son âme. Il lâchait des cris silencieux. Elle avait la faculté de les percevoir. Des larmes inexistantes coulaient le long de ses joues ensanglantées. Ses prunelles lui étaient devenues étrangères. En croisant les siennes, elle avait l’impression de ne rencontrer que du dégoût, à cet instant présent. Elle ne le blâmait pas. Elle savait pertinemment qu’il avait raison de réagir de la sorte. Elle s’était perdue dans les méandres du vice et de l’ambivalence. La simple idée qu’Il lui tourne le dos et ne tolère pas sa décadence la dévastait. Peut-être qu’elle serait le prochain cadavre. Pourtant, si la morosité, les regrets et la peur de l’abandon la submergèrent, elle ne parvint pas à masquer son irritation. C’était comme s’il y avait deux Azzura. « Puisque c’est ce que tu veux entendre : merci ! Et maintenant, arrête de rejeter mes requêtes. Réponds-moi. Pourquoi te manifester aujourd’hui ? Qui es-tu ? ». Aide moi, pensa t-elle, trop faible pour lui avouer. La bienveillante tentant en vain de triompher sur l’excédée anéantie par ses doutes intérieurs.

Ils ignoraient tout de leur nouvelle vie. La seule certitude était liée à cette connexion qui avait perdurée. Celle que les deux Azzura n’étaient pas en mesure de contester. Ses aveux firent saigner son unique cœur. Elle aurait souhaité lui ordonner de prendre la fuite, de la même manière qu’à Cora, pour ne plus avoir à subir ses changements d’attitudes intempestifs. Elle en fut incapable. La mer au bord des cils. Des pleurs difficilement contenus. Elle détestait s’abaisser de la sorte. Pourtant, il méritait qu’elle se dévoile à son tour. « Je t’aime aussi. Je suis désolée. Aide-moi…». L’éternelle mélodie. Elle lui offrit un murmure presque inaudible, fixant la porte de sortie dans l’espoir de dissimuler le poids de ses larmes. « Tu aurais du rester loin. Je ne suis plus la petite fille sage d’autrefois. J’ai du sang sur les mains et je suis malade ». Parallèlement, elle lui interdisait strictement de baisser les bras et de se terrer sous sa carapace. Elle refusa de laisser les secrets et les défaillances les enchainer. Après tout, l’égoïsme était représentatif de l’espèce humaine. Néanmoins, dans cette situation, il s’agissait d’un phénomène presque mystique.

Elle s’agenouilla devant lui, comme pour montrer à quel point elle se sentait inférieure et stupide. Elle le força à lui faire face. « Je ne veux pas que tu t’en ailles… ». Les yeux clos, elle se rehaussa, à la recherche de ses lèvres. Reconnaîtraient-elles les siennes ? Elle les meurtrit d’un baiser, leur dévoilant l’existence d’un sentiment d’appartenance. Il était hors de question de lui accorder sa liberté. Des souvenirs cendrés ainsi que la Félicité dévorèrent sa chair et sa psyché. Pourtant, elle n’avait pas le droit de s’évader plus longuement. Le relâcher provoqua un nouveau déchirement. En nourrissant cette pensée, elle songea à Noah. Il ne pourrait pas accéder à sa propre liberté si elle restait cloîtrée dans cette salle. Elle revint sur ses paroles prononcées. « Je ne veux pas de prison, non. Mais je compte justement me rendre à Rikers Island ». Elle se munit du silencieux, sourde à d’éventuelles supplications. Elle était convaincue que Noah en aurait fait autant si elle avait couru un danger quelconque. Il lui avait prouvé à maintes reprises à Darkness Falls. Elle lui devait la vie, sans savoir qu’il avait contribué à aspirer celle de Zaira. « Si tu veux bien, j’aimerais te l’emprunter. Il pourra m’être utile »

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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Sam 4 Mai - 16:11

Tremblant dans le cauchemar calfeutré de ses tempes, Rafael se sent déjà usé, épuisé, fatigué, qu'elle soit, qu'il supporte sa vue tandis qu'elle le mord, le flagelle, l'accable et semble exécuter une danse victorieuse tout autour de son corps débile, fiévreux et docile. Il n'a pas la force de l'affronter, de la combattre. Il ne l'a jamais eue. Il ne sait pas gagner contre elle, car tous les mots qu'elle dirige contre lui, pour peu qu'ils soient prononcés sur un ton enragé, méprisant ou tout simplement las, le lacère sans qu'il n'y oppose jamais aucune résistance. Elle peut bien faire tout ce qu'elle veut de lui, cela fait trop longtemps que Rafael lui appartient pour s'imaginer ravi par un autre empire que le sien. « Puisque c’est ce que tu veux entendre : merci ! » « Tu ne comprends pas, se plaint-il en étouffant un grognement. » La douleur lui remonte dans la gorge. Il sent qu'il peut vomir tout ce qu'il n'a jamais ingéré. Son malaise croît à mesure qu'elle lui parle. Encore, toujours, il aimerait la faire taire, mais Azzura est bien trop impétueuse, et lui trop amoureux, pour qu'il ne la contraigne jamais au silence. « Et maintenant, poursuit-elle donc, arrête de rejeter mes requêtes. Réponds-moi. Pourquoi te manifester aujourd’hui ? Qui es-tu ? » Il lève les yeux vers elle, mais ses lèvres demeurent closes. Il n'a pas de réponse à lui donner. Aucune dont il n'ait envie de souffler le commencement, tout du moins. Les raisons de son absence sont multiples et sinueuses. Il ne veut pas les discuter. Pas même maintenant, alors qu'il se trouve exactement dans la situation qu'il souhaitait éviter. Elle l'a vu. Très bien. Il n'y peut plus rien. Mais ses résolutions n'en faiblissent pas : elle ne doit pas connaître ce qu'il est devenu, ce qu'il advenu de son âme. Et, cependant, elle le sait déjà. Rafael transpire son déni, mais Azzura n'a pas attendu après lui pour comprendre sa nouvelle nature. Et puisqu'il ne déteste que trop cette affreuse vérité, il ne l'admet pas davantage.

Il lui avoue tout, comme l'on crache ses aveux au terme d'une infinie torture. Il s'entend à peine murmurer comme il l'aime. Les émotions sont plus violentes que les mots qu'il confesse. Son amour va bien au-delà. En vérité, cet amour est bien trop égoïste, passionnel, dévorant, pour pouvoir s'exprimer au travers d'une langue commune. Mais Rafael ne connaît aucune autre façon de le dire. Sur tous les tons. Dans toutes ses variations. Elle devrait le savoir. Elle ne devrait jamais avoir à le demander. Absolument jamais. Elle devrait plutôt le lui rendre. « Je t’aime aussi, dit-elle comme pour couronner ses efforts désespérés. Je suis désolée. Aide-moi… » Son cœur s'émiette. Il implose. Azzura aura sa mort sur la conscience. A son tour. Elle saura bien ce que cela fait, de faire mourir, presque de sa propre main, l'être le plus absolu à ses yeux. Elle verra bien, si elle persiste à le tuer, de le haïr puis de l'aimer, et de le haïr encore. Elle joue, cruellement, avec les émotions de son amant, qui souffle, suffoque et soupire, à mesure qu'elle distille et le poison et le remède. Rafael a bientôt le vertige qu'elle promène son âme des cieux jusqu'aux tréfonds. « Tu aurais dû rester loin. J’ai du sang sur les mains et je suis malade. » Ses épaules se secouent en légers spasmes frénétiques. Il rit doucement. Froidement. Tristement, aussi. « Qu'est-ce que tu peux savoir... du sang qu'on a sur les mains, Azzura ? » Il se détourne d'elle, et sa bouche délivre un soupir en même temps qu'un sourire. Ou plutôt est-ce un léger rictus ironique. Il la surpasse en tout point. Elle ne sait pas, pense-t-il, ce qu'est d'avoir du sang sur les mains.

Et, cependant, elle l'aimer. Elle sait s'approcher de lui, s'agenouiller à son côté, et laisser flotter ses doigts contre la peau pâle. Elle sait tout de ce visage qu'elle relève de ses doigts fins, délicats. Elle sait tout de lui. Au point que croiser son regard en soit dangereux. Si elle le possédait encore ? Rafael ravale la peur et lui rend son regard. Péniblement, comme on abandonne un peu de son intégrité. « Je ne veux pas que tu t’en ailles… » Un feu, absolu, corrosif, s'éleva dans l'être de son amant. Il sent comme elle l'embrasse. Et lui l'étreint parce qu'il ne peut faire qu'obéir à l'instinct qui lui commande de la posséder. Il ne peut pas la relâcher sans qu'elle ait pressé davantage ses lèvres sur les siennes. Elle doit poursuivre, ne plus jamais l'abandonner. Mais ce moment fugace se pulvérise en un fragment de seconde. Voilà qu'elle lui brise encore le cœur, de s'arracher à lui de la sorte. Et d'un même mouvement, comme si un seul baiser pouvait tout effacer, Rafael se redresse brusquement, l'air d'aller jusqu'à elle. « Ne me quitte pas, souffle-t-il si faiblement qu'elle ne peut pas l'entendre. » Mais elle discute déjà d'un autre sujet, qui l'électrise, lui, et le paralyse aussitôt. Il fronce les sourcils, et son cœur se fracasse encore contre sa cage thoracique. « Je ne veux pas de prison, non. Mais je compte justement me rendre à Rikers Island. » « Non. » Sa réponse est catégorique, mais elle ne semble pas atteindre Azzura qui s'empare déjà du pistolet silencieux. « Si tu veux bien, j’aimerais te l’emprunter. Il pourra m’être utile. » Il la regarde. Et Rafael n'a pas le temps de penser qu'il lui saisit aussitôt le poignet, et l'étreint fermement. « Je ne te laisserai pas faire. Jamais, dit-il en l'attirant brutalement contre lui. » Voilà qu'un brasier s'élève entre ses côtes et lui commande ses gestes. Il le croit, tout du moins, lorsqu'il l'embrasse à son tour, passionnément, violemment, et qu'il la repousse contre le mur. Et il baise encore sa tempe, sa mâchoire et sa gorge. Et sa main gauche s'empare de son cou quand l'autre coule sur la cuisse de sa belle Azzura. « Je t'en prie, supplie-t-il, la respiration saturée par son trouble (et ses doigts se fraient un passage vers l'intérieur, par le gré ou la force. Je t'en prie. » Rafael ne sait déjà plus si Azzura est sa prisonnière ou la femme qu'il aime à en mourir pour un seul de ses soupirs. Leur amour a connu de ces trop longues absences qui ont fait déraisonner l'amant et dicte ses mouvements empressés et furieux. « Tu es à moi. Tu es à moi... » Il étouffe ses lèvres d'un nouveau baiser enragé.
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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Lun 6 Mai - 22:21

Elle suffoquait sous le poids du silence dans lequel il se renfermait volontairement. Ses prunelles étaient fuyantes. Il était sourd à ses supplications. Il s’en moquait probablement. L’air semblait chargé d’électricité. Les doutes et les questionnements ne la quittaient pas. Pourtant, ils ne représentaient qu’une infime partie de ses fardeaux. S’il s’était attardé sur son dernier coup d’œil, il en serait arrivé à la conclusion selon laquelle son irritation avait resurgie. Des brides de souvenirs meurtriers vagabondaient dans son esprit. Elle emprisonnait son angoisse dans sa gorge. Les soirs où il revenait de prison, la grande pièce dans laquelle elle l’attendait devenait soudainement froide et austère. Eteint, il refusait d’émettre le moindre son. Elle évitait de lui demander s’il s’était métamorphosé en monstre de cruauté, craignant sa réponse. Les yeux cernés, elle finissait par baisser sa garde. Pour le préserver, elle oubliait parfois la rage qui émanait de son corps. Faible et amoureuse, elle se voilait la face. Il extermine la vermine. Mais la vermine, c’est toi ! Il tranchera ton corps putride avec sa propre lame. Qu’imagines-tu ? Cette ordure a massacré nos enfants. Zaira également, ainsi que son propre frère. Déjà à cette période, elle n’avait pas été en mesure de déceler si son imagination lui jouait des tours, ou si elle était véritablement hantée par les membres de son espèce qu’il avait tué de ses mains.

Elle n’avait croisé aucune de ces charognes à Darkness Falls. Néanmoins, leurs cris perçants et leurs reproches incessants continuaient de résonner à ses oreilles. Si elle y prêtait une trop grande attention, elle risquait de se perdre dans un gouffre vide, elle le savait. Mais comment enterrer des morts qu’elle n’était pas parvenue à sauver ? Pouvait-elle au moins se vanter d’avoir essayé ? Ces regrets insignifiants auraient du l’amener à traquer l’Assassin de ses chairs. Leur lien réduisait en pièces son innocence ainsi que ses serments. Voilà qu’elle rêvait à ses belles promesses. Idéaliste, à certains moments, elle imaginait que sa culpabilité était prête à se déverser. Seigneur Renzacci aurait probablement trinqué à sa naïveté. A d’autres moments, elle était semblable à un paquet de nerfs ambulant. Aujourd’hui, elle ne s’efforçait pas de refouler la noirceur qu’il cachait entre ses entrailles. Elle l’affrontait, prête à se déchirer les boyaux pourvu qu’Il lui cède et se débarrasse de ses démons. Son détachement et cette distance imposée étaient insoutenables. La rage bouillonnait dans ses veines, tandis qu’il ignorait presque ses aveux. Un fait qui la rassurait presque autant qu’il l’amochait. S’il savait. Avoir le dessus sur elle sur ce point là ne devait en aucun cas engendrer un sentiment de fierté. Etait-ce le cas ? Elle se racla la gorge, avant de remettre ce sujet épineux sur le tapis. Elle n’abandonnerait pas. Elle ne l’abandonnerait pas.

« Tu es bien silencieux et énigmatique, pour un homme d’affaire fortuné. Tu n’appâterais pas ta clientèle en agissant de la sorte. Que dois-je faire pour mériter ta confiance ? T’offrir une voiture de sport ? Hélas, j’ai à peine les moyens de me ravitailler en cigarettes. Comment procèdent-ils ? Avant, tu n’avais pas besoin de toutes ces paillettes pour vivre confortablement. Dois-je faire ma petite enquête dans le but d’obtenir des réponses ? Tu me sous estimes. J’ai changé…»

Néanmoins, elle était toujours celle qui tressaillait sous ses caresses perfides, incapable de reprendre pied dans la réalité. Elle se sentait sienne, meurtrie par ses baisers. Fondant en entendant ses supplices. Ses belles résolutions tombèrent momentanément dans l’oubli. Ses sarcasmes moururent entre ses lèvres. Elle fut plaquée contre le mur lorsqu’un feu ombrageux saccagea chaque particule de sa peau. Tu n’as aucune idée de ce que tu es en train de provoquer, pensa t-elle. Une main sur sa cuisse, ses doigts vers l’intérieur, elle ne bredouilla aucune excuse à la manière de Gemma. Ou juste une seule. « Je ne peux pas. Il a besoin de moi… ». Piquante, elle vibra pourtant d’une colère voluptueuse. Une vague d’excitation parcourut son ventre, alors qu’elle poussa un cri de plaisir étouffé l’incitant à continuer. Elle planta ses griffes sous sa chemise, le marquant jusqu’au sang, déposant son empreinte sur son torse. « As-tu connu d’autres femmes ? J’espère que tu cicatrises plus rapidement qu’autrefois… ». Possessive et jalouse, elle l’était. Il fallait qu’elles sachent qu’Il était déjà réservé. De sa langue, elle absorba les gémissements de son amant. Et elle s’extirpa de ses bras. D’une voix noire, elle lui lança un nouveau défi. « Crois-tu réellement pouvoir me garder grâce à la luxure ? J’ai été capable de résister durant plusieurs siècles… ». Elle contint un sourire malicieux. Elle mentait, masquant cette frustration grandissante et ce sentiment de vide créés par son absence. Elle se flagellait en nourrissant des pensées qui auraient été qualifiées d’abjectes dans leur société mondaine. Néanmoins, il lui était impossible d’y mettre un terme. Instinctivement, ses mains agrippèrent sa ceinture avec fougue. « Tu n’obtiendras rien de moi tant que tu n’auras pas répondu à mes questions » . Chantage de bas étage. Les yeux luisants d’une satisfaction vicieuse, alors qu’elle mourrait d’envie de gouter à nouveau à ces délices inavoués.

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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Mar 14 Mai - 19:13

Même lorsqu'il lui offre toutes les opportunités d'abandonner cet âpre combat, elle persiste. Elle signe. Elle dessine dans l'air des mots dont elle ne mesure pas la portée. Car Rafael n'oublie rien, il entend tout, et chaque fois qu'elle prononce de nouvelles phrases, c'est comme le déchirement d'un souvenir – poussiéreux – qu'il conservait avec une véhémence presque religieuse. Il n'avait que cela. Et la voilà en train de tout lui reprendre. « Tu es bien silencieux et énigmatique, pour un homme d’affaire fortuné. » La faire taire par la force est une option séduisante, à laquelle il est incapable de se résoudre. Il ne veut rien perdre de ce qu'il croit encore détenir. Non, elle ne lui arrachera pas les quelques lambeaux d'eux qu'il presse contre son semblant de conscience. Plus fort. Toujours plus fort. Jusqu'à en étrangler peu à peu sa raison. « Que dois-je faire pour mériter ta confiance ? T’offrir une voiture de sport ? » « Ne sois pas stupide. » Mais, l'espace d'une seconde, il sourit à demi. Très faiblement, et surtout pour lui-même, mais un léger rictus se dessine sur ses lèvres à cette idée. Qu'elle est sotte, à se comporter de la sorte, comme une enfant capricieuse, que trop longtemps choyée. « Avant, tu n’avais pas besoin de toutes ces paillettes pour vivre confortablement. » « Avant, Azzura, détache-t-il lentement chaque syllabe, comme pour s'assurer qu'elle comprend bien, n'existe plus. » Et bien que sa réplique ne fasse pas véritablement écho à la remarque assassine de son aimée, elle y répond bel et bien. Avant, son confort était bâti sur le sang. Maintenant, c'est encore le cas. A la différence qu'il est impuissant à rendre le châtiment lui-même... Son seul regret, au demeurant, dans tout ce luxe qu'elle lui prétend et qu'il possède bel et bien. « Tu me sous estimes, dit-elle encore. J’ai changé… » « Au contraire, dit-il. J'espère que tu ne l'as pas fait. J'espère que tu es toujours à moi. »

La situation lui a presque échappé dans un souffle. Un monde et puis, soudain, un autre. Mieux pourvu en langueur. Il n'écoute pas ses vagues plaintes. Au contraire, il les balaie de gestes plus entreprenants. Ses mains la caressent avec empressement, ardeur. Il la convoite depuis si longtemps. Il la convoite depuis toujours... Et elle est là, à la portée de ses doigts, autant que de ses lèvres. Il n'y a aucune raison d'abandonner ce corps aux affres alentours. Elle est là, seule, et pour lui. Elle ne peut échapper à un piège si charmant. Plutôt lui enfoncer ses ongles dans la peau, et espérer que la Nature fasse le reste... Et Rafael grogne dans la gorge d'Azzura, qu'il veut encore dévorer. Plus encore. Bien davantage, et plus loin. Plus loin qu'il ne l'a jamais fait. Qu'elle ne puisse ni l'oublier ni l'accabler. Qu'elle ne puisse considérer aucune existence comparable à celle de l'Amour qu'il lui porte.
Et pourtant... Pourtant, elle s'extirpe, et le torture toujours. Ce n'est qu'un moment, après tout. Mais un moment, après une éternité. C'est plus que Rafael n'estime pouvoir supporter. Et une grande lassitude l'apaise tout à coup. Elle le déteste forcément, pour le lacérer. Elle l'aime forcément pour le blesser. Elle l'aime forcément, pense-t-il avec un plaisir qui lui dévore les entrailles. Elle l'aime, voilà tout. « Crois-tu réellement pouvoir me garder grâce à la luxure ? J’ai été capable de résister durant plusieurs siècles… » « Je te garderai parce que je t'aime, souffle-t-il, les yeux fixés aux siens. » Il est figé, à présent. Et de désir et de peur. Il la gardera, il en est certain. Elle ne peut lui échapper. Peu importe tous les reproches dont elle l'assaille. Elle ne peut pas. Il la ferait sa prisonnière pour l'avoir toujours s'il n'était pas certain de l'avoir dépérir instantanément en ce cas. « Et je te ferai l'Amour, pour ça. » Ses yeux, pourtant si clairs, se ternissent doucement. Ce n'est pas de la colère, mais la rage résiste. Il tend à vouloir la reprendre, mais sa démarche s'arrête. « Même s'il me faut te baiser, ajoute-t-il, la voix sombre, pour te rappeler que mon amour pour toi va bien au-delà de tout ce qu'on appelait, et qu'on appelle encore, l'Amour. » Il ne sourit pas. Il n'y a rien pour sourire. Tout à plaindre. Quand même elle revient vers lui, s'en saisit. Le frisson vulgaire qui le parcourt lui rappelle encore qu'il ne la veut pas libre. « Tu n’obtiendras rien de moi tant que tu n’auras pas répondu à mes questions. » Il dépose ses mains sur les siennes, encercle ses poignets. « Je te donnerai tout de moi sans que tu n'aies jamais de réponse à me donner. » Rafael use encore de l'étreinte pour l'attirer contre lui. Une beauté à élever des cauchemars lascifs en lui. « Tu peux tout prendre, murmure-t-il en passant encore la main entre ses cuisses. » Il va plus avant. Il sent toute sa peau, tout un univers, défiler sous ses doigts. « Si tu me laisses te prendre en retour, murmure-t-il contre ses lèvres. » Et même lui se surprend à voir éclore un pareil sourire sur sa propre bouche, qu'il pensait éteinte, et qu'Azzura, sublime Azzura, vient de rallumer.
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MessageSujet: Re: « Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.   Sam 18 Mai - 1:00

La terre lui avait fait une offrande, et elle ignorait pourquoi. Elle qui était devenue une reine des Limbes, errait à nouveau dans les environs. Les cris de ses victimes s’étranglaient en présence de Rafael. La voix tremblante de Cora se brisait. Elle ne croisait plus le regard écœuré de son autre. Le voile obscure s’abattait sous ses yeux. Elle en oubliait la fragilité de ses os, bercée par ce sourire qui inspirait la joie et le bonheur. Sous ses doigts, ses organes se reconstruisaient. Il aspirait le filet de lave qui lui vrillait les entrailles. Aux abords du cratère, elle ne s’éteignait pas sous le poids de cette chaleur insoutenable. Il désarmait les prédateurs qui s’obstinaient à vouloir la tuer. Elle espérait pourtant que la rage ne coulait plus dans ses veines et qu’il était toujours celui qui avait révélé leur histoire au grand jour, exterminant chacun de ses démons. L’ex soldat qui lapidait les individus lui susurrant des requêtes mortifères. « Tu es distant ». Elle gémissait presque de désespoir en se demandant s’il avait balayé d’un revers de la main toutes ses bonnes résolutions. Ses sourires finissaient toujours par mourir sur ses lèvres et sa vision s’ensanglantait. Tout devenait rouge sang. Elle riait devant sa propre faiblesse. Elle s’était leurrée, et elle continuait dans cette lancée. Le silence de son amant était éloquent. Il avait été dans l’incapacité de changer pour elle. C’était peut-être le message que la terre lui faisait passer. L’insuffisance de leur amour qui ne triomphait pas face à l’abondance de ses pulsions meurtrières. Ses rêves les plus fous se concrétisaient. Il vivait. Cependant, elle était convaincue que la terre allait tout lui reprendre sur le champ.

Il ne s’agissait pas d’un cadeau mais d’une punition bien méritée. Peut-être que Cora incarnait la terre, usant de ses pouvoirs dans le but de lui infliger le pire des sévices. Comment aurait-elle pu lui reprocher de transgresser les règles de la nature ? La mise en scène orchestrée par Wayne tournait probablement en boucle dans son esprit. C’est ce qu’elle imaginait, accentuant sa sensation de malaise. Elle aurait souhaité enfouir son visage dans un oreiller afin de s’empêcher de respirer. Elle poussa un énorme soupir, empêchant les larmes de s’échapper de ses yeux à cette pensée –elle n’avait fait qu’empoisonner cette relation, toutes les relations-. Il était hors de question de montrer cette sensibilité exacerbée qui, paradoxalement, lui faisait honte. Ses tissus avaient été immaculés de sang par sa faute. Pire encore –elle avait exigé qu’ils le soient-. S’il savait, il lui appliquerait sa sentence. Sa déception même la foudroierait. Irait-il jusqu’à l’abandonner à nouveau ? Terrifiée, elle ne put se résoudre à lui confesser ses péchés. Elle eut tout de même l’air abattue. C’était dommage. Elle aurait pu être le prochain cadavre qui joncherait le sol. Telle une sotte, elle s’imaginait qu’il aurait pu nourrir pareille intention à son égard. Elle n’admettait pas qu’il ne l’avait jamais dénoncé, alors qu’il haïssait son essence. « Quand à moi, j’espère que tu es toujours celui qui a été capable de tout quitter pour partir avec moi ». Elle s’attarda sur ses fautes, refusant de lever le voile sur les siennes. Il ne fallait pas qu’il s’en fasse. Son monde s’écroulait déjà. L’amour qu’il lui portait la percutait de plein fouet. Il aimait celle qui incarnait la bienveillance. Détestait-il celle qui anéantissait l’empire de sa propre sœur ? Dépendante de la nicotine et de la magie ? Appréciait-il toutes les facettes de sa personnalité ? Quelque part, elle était persuadée que les flammes de l’assassin l’étouffaient amoureusement, de la même manière que celles du peintre. Elle était le pion de ces deux hommes qu’il prétendait être. Son cœur battant au rythme de leurs étreintes. Oui, elle était sienne. Esclave de cette connexion mystique et de cet amour destructeur, nocif pour son sang et ses sens en ébullition. « J’appartiens inévitablement à tous ceux que tu incarnes. Pourrais-tu en dire de même ? ». Il lui arracha cette révélation outrageuse. Dans sa tête, une voix hurlait. Elle n’avait pas le droit de lui pardonner.

Elle la chassa, une bulle se formant autour d’eux. Une bulle de quiétude momentanée. Elle ne pensait plus. Elle ressentait. Elle frissonnait contre sa peau. Elle se focalisa sur l’accélération de son souffle et l’échauffement de ses membres, persuadée que la buée finirait par recouvrir toutes les surfaces gelées d’ici quelques minutes. Il s’agissait d’une invitation perfide. Ses propos désinvoltes l’attirèrent dangereusement, et elle s’imagina se perdre avec la fougue de ses mains, intriguée par sa sauvagerie. Ca fait tellement longtemps, pensa t-elle. Elle se fit taquine, ayant pour objectif d’attiser son désir. « Ne sois pas vulgaire. Tu parles de la même manière que mes clients ! En revanche, ils me paient lorsqu’ils espèrent obtenir ce genre de suppléments. Ils sont stupides. Toi et moi, on sait que je n’ai jamais été vénale. Est-ce que tu m’as déjà vu danser ?». Elle souhaitait faire en sorte que des images exquises se perdent dans ses azurs. Qu’Il l’imagine dans une posture inconvenante, sublimant cette beauté sensuelle. Egalement désireuse de le punir pour ces non-dits. Le forçant à envisager l’idée que d’autres mains possessives aient pu parcourir ses hanches, horrifiée à l’idée que d’autres femmes l’aient gouté même une seule fois. A son contact, elle se cambra légèrement, un léger cri de satisfaction jaillissant de ses lèvres. Provocatrice, elle l’était. Sa langue caressa la sienne. Elle ne protesta pas, toujours convaincue qu’il pouvait disparaître à tout moment. C’était à la terre de décider. Et elle espérait qu’elle prendrait la meilleure décision. Ses mains glissèrent sous sa chemise. Un bruit de déchirement suivit. Puis un murmure charnel fut projeté dans son oreille. « Tu es donc revenu pour que j’assouvisse tous tes besoins. N’as-tu jamais eu l’occasion de faire de ton lieu de travail un lieu de débauche ? Tu n’as pas répondu à ma question : est-ce qu’il y en a eu d’autres ? ». Un sourire malicieux se dessina sur son visage. Elle menait son enquête, le brutalisant avec ses questions. Se persécutant par la même occasion. Ses lèvres meurtrirent sa plaie sanguinolente. Elle lui rappela celles qui striaient son corps. Encore une fois, Stain ne l’avait pas épargnée, la conduisant à l’état d’hématome géant.

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« Que mon cœur lâche. » avec Azzura di Mercurio.

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