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 Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]

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MessageSujet: Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]   Mer 8 Mai - 22:56



Il ferma les yeux, serein. Il observait, sans le savoir, pour la toute dernière fois, le décor de son appartement luxueux de New York, sans imaginer que le luxe allait lui manquer. Il caressait le pelage de sa chatte, Nifertiti, sans savoir qu’il lui servait son au revoir. Il ferma les yeux à la recherche du sommeil sur une journée qui avait été comme toutes les autres…

Son réveil brutal reste parfaitement intact dans sa mémoire, même s’il lui semble parfaitement incohérent. Il ouvrit les yeux dans une pièce qu’il lui était inconnu, ayant sous les yeux le président mort et la présentatrice des jeux qui semblait en transe. Et ce trou noir, ses deux portes énormes, ses portes de l’enfer qui s’apprêtaient à libérer des démons sur terre, il se souvient parfaitement de leurs architectures. Mais avant même qu’il ne puisse sauter à la gorge de celle qu’il nomma responsable de son ouverture, un monstre l’intercepta sans qu’il ne puisse se défendre. Le zombie lui déchira la gorge de ses crocs pour rebondir plus loin et continuer de répandre le chaos. Caleb fut abandonné dans son sang. La chaleur de son sang. Le froid de la mort. Il ne ressentait plus rien. Ni son cœur qui s’affolait de pomper son liquide vital dans ses veines. Ni ses poumons qui se noyaient. Tout ce qu’il ressentait, c’était la mort qui prenait vie dans sa gorge et qui descendait dans son corps, qui s’enroulait à son cœur pour le calmer. Sa vie, ou plutôt sa mort, venait de prendre une toute autre forme. Il avait remplacé Le Furieux par un monstre, un monstre qui n’avait pas la décence de lui voler son corps, mais qui imposait un partage cruel de son être.

Caleb entendit parler de ce qui était arrivé à New York par les autres. Le renversement du gouvernement, l’ouverture de Darkness Falls, l’écroulement de la grande ville, l’arrêt des jeux. Alors que ses sujets étaient sur toutes les lèvres, Caleb était complètement ignorant. Il était le seul à ne pas avoir vécu ce chaos et il trouvait l’information un peu partout en marchant dans les rues. Le jeune homme finit par coller tous les morceaux manquants ensemble pour comprendre la migration massive vers le sud et tous les récents évènements. Contrairement à d’autres, la Nouvelle-Orléans n’avait rien de bon à lui offrir. Une fois sur cette nouvelle terre, Caleb s’isola un temps pour tenter d’accepter la nouvelle pers…créature qu’il était. Lui qui était imperturbable et muni d’un calme désarmant, il avait atteint pour la première fois un désespoir. L’anglais n’était plus le même. Arès avait laissé des traces de son passage. Son impulsivité, sa violence, son désir de pouvoir. Des traits de personnalités qui ne lui ressemblaient pas, mais avec lesquels il devait désormais mourir. Mais le pire, restait cette noirceur qui rugissait en lui. Il finit par accepter ses sens aiguisés qui lui éclatait ses oreilles. Il finit par accepter ses pulsions de meurtriers. Il finit par ne plus culpabiliser quand il devait se nourrir. Encore. Encore. Et encore. Caleb avait toujours faim et ça le rendait fou. Mais il finit par retrouver un peu d’équilibre avec le temps. Il finit par accepter qui il était et à faire ce qu’il faisait le mieux, se résigner à son sort. Le Daybreaker ne vivait plus dans la richesse comme il en avait toujours eu l’habitude. Il se faisait constamment traquer par les Shadowhunters et devait traîner dans les quartiers les moins fréquentés. Malgré tout, sa mort commençait à trouver un sens plus il fréquentait les autres comme lui.

Entre les draps, il sentait sa chair bouillante s’enflammer au contact de la sienne. Il sentait ses caresses sur son corps, tendres et violentes. Il sentait son impatience et son désir. Sa volupté hypnotisante. Il se rappelait enfin le goût fruité de ses lèvres. Il se remémorait la satisfaction jouissive lorsqu’il ne faisait qu’un avec elle, de plus en plus vigoureusement, jusqu’à l’explosion de ses sens. Mais il n’était pas spectateur de son rêve, il en était l’acteur principal. Et l’émotion était telle, qu’elle le tirait de son sommeil pour le faire retomber dans son appartement minable, en sueur et armé.

Quand Caleb croyait que les miettes abandonnées d’Arès était moins pire que l’être diabolique qui s’imposait en lui, il avait peut-être eut tort finalement. Arès avait oublié de ramener avec lui dans l’Olympe un énorme poids. Un poids si lourd que ça semblait logique qu’il n’est pas pu le faire voler jusqu’aux nuages divins avec lui. Des sentiments pour une femme qui devinrent une obsession. Des souvenirs constants d’ébats amoureux qu’il ignore avoir vécu. Une femme dont il ignore presque tout et qui l’attire d’une si mystérieuse façon qu’il n’arrive plus à s’éloigner. Alors qu’il avait toujours été du genre à fuir tout attachement envers les femmes, cette fois-ci, c’était plus fort que lui. Il la désirait, d’une manière peut-être pas tout à fait saine, mais réelle. À New York, Faith et lui c’était déjà réveillé plusieurs fois au matin dans le même lit, sans comprendre ce qui c’était passé la soirée précédente. L’évènement se répétait souvent et Caleb avait toujours trouvé Faith plutôt à son goût physiquement…Et c’était pour ça qu’il avait toujours tout fait pour l’éviter et réduire tout contact, pour ne pas la connaître d'avantage et tomber dans un piège... mais sa double personnalité n’était pas du même avis. Finalement libéré d’Arès, il était confronté à ça. Des pulsions possessives, des fantasmes sexuels et une dualité entre son désir et sa faim, tout ça dirigé vers une seule et même personne. Il désirait son corps et son énergie vitale de la même façon que le Dieu aimait sa maîtresse de prédilection… Résister était devenu impossible.

Incapable de penser à retrouver le sommeil, il fonça sous la douche pour s’aventurer là où les Peacekeepers grouillaient. Par chance, il avait encore un costume de riche complet pour parfaitement se fondre au décor du Garden District. Sans réfléchir, ses pieds l’amenèrent là où vivaient Faith. Il l’observa par la fenêtre un instant, regarda autour de lui, puis se décida à bouger. Prenant sa décision beaucoup plus rapidement qu’à l’habitude, cette fois, il rentrait. Ses nouvelles astuces de voleurs lui permirent de passer par la fenêtre sans la tirer de son sommeil et il fut en un clin d’œil dans sa chambre. Peut-être que s’il la tuait, elle cesserait de le hanter. Mais, non. Il en était incapable. Il voulait juste goûter. Goûter une toute partie de son âme. Il pouvait le faire, sans la réveiller, sans la tuer, il devait simplement réussir à s’arrêter. Il posa sa limite à un rêve, Caleb allait se nourrir d’un tout petit rêve et partirait par la suite. Il ne faisait rien de mal… Il se mit sur ses genoux au bord de son lit et tranquillement, posa sa main sur la sienne avec douceur. Le Daybreaker calma sa gourmandise pour ne pas se gaver rapidement, le choc pourrait la réveiller. Il partagea alors son rêve du moment, un flashback d’elle et lui qu’il n’avait jamais eu avant. Un instant, l’ancien guitariste se sentit un peu moins fou de savoir qu’elle aussi se faisait hanter par ses images. Ils étaient au Vein of Glass, à New York, le bar était en feu, la tension entre eux était complètement électrique. Arès couchait le corps de sa douce dans les flammes, ils partagèrent quelques mots, s’embrassèrent... Caleb n’arrivait plus à s’arrêter, c’était tout simplement trop bon. Mais un bruit le sortit de sa rêverie. La colocataire de Faith venait de rentrer et le bruit de la porte, impossible à entendre pour une oreille humaine, résonna comme un coup de feu dans ceux de Caleb qui s’écarta de l’humaine endormie. Alors qu’il se releva pour ressortir par la fenêtre. Un plan venimeux commençait à fleurir dans son esprit. Caleb n’était pas un stratège et il planifiait rarement d’avance ce qu’il faisait, mais cette graine malsaine l’empêchait de sortir de la chambre. Et s’il remettait en scène le bon vieux temps? Et s’il abusait de son rêve qu’il avait partagé avec elle pour finalement l’obtenir? S’il jouait avec sa mémoire comme elle jouait avec son désir? La manipulation n’avait jamais été son arme favorite, mais ce soir, son imagination débordait en la matière. Ce fut alors dans un silence quasi parfait qu’il retira sa chemise et ses pantalons qu’il laissa tombé sur le sol de sa chambre. Vêtu uniquement de son boxer, il se glissa sous les draps à ses côtés, sans la toucher, fermant les yeux, attendant patiemment le levé du soleil et son réveil.
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MessageSujet: Re: Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]   Jeu 9 Mai - 23:16

A peine s’était elle écrasée sur son matelas et glissée sous les draps frais que Morphée la prenait dans ses bras bienveillants, lui offrant la quiétude et l’oubli que seul peut offrir un sommeil lourd et réparateur. Son éreintement était tout aussi nécessaire que volontaire. Du matin au soir, elle courait dans l’immense réserve animale qui lui servait de lieu de travail, affairement qui se muait peu à peu en une tentative désespérée pour effacer ces souvenirs encore frais qui la révulsait et de ceux, plus anciens, qui l’effrayaient.
Terrible sensation de perdre le contrôle qu’elle ne supportait pas. Cela faisait des mois que son esprit n’avait pas flanché, des mois qu’elle ne s’était pas réveillée en sursaut aux côtés d’un inconnu dont le visage n’évoquait rien, pas un souvenir et encore moins un nom. La jeune femme accueillait chacun de ses réveils dans son propre lit avec un soulagement sceptique, comme si elle ne parvenait pas à croire que ce n’était qu’une passade, une crise depuis longtemps dépassée. Et sa mémoire semblait lui donner raison. Les réminiscences d’un passé inconnu déferlait sur elle en vagues confuses, il suffisait d’un geste ou d’un mot pour que des aventures d’une vie qui n’était pas la sienne viennent effleurer sa conscience. Troublantes expériences dont le quasi mysticisme prenait une tournure tant redoutée. Celle de la folie. Au départ simple supposition, à peine effleurée au gré de ses sombres introspections les soirs où la solitude se faisait trop pesante. Puis un doute lancinant qui ne devait plus la quitter. La présence quotidienne de Sesta avait jeté une nouvelle lumière sur les troubles et les parts d’ombres qui entouraient certaines de ses actions. La perspicacité de sa colocataire l’avait poussé à réaliser la dualité de sa personne bien leur départ précipité pour de nouveaux horizons. Routine partagée qui était autant de doigts pointés sur les incohérences de sa personne, sur sa mémoire défaillante et ses disparitions inopinées. Aujourd’hui, cette dualité semblait plus que jamais se dissoudre en elle. Jusqu’à faire parti d’elle, modeler une nouvelle femme dont le reflet lui paraissait parfois aussi étranger que ses brusques impulsions. Et pourtant, ce que le miroir reflétait était conforme à l’ombre de visage qui se devinait sous les hideuses cicatrices du passé. Ces mots qui franchissaient spontanément le seuil de ses lèvres lui appartenaient bien. Une fois passée la surprise qu’ils produisaient sur elle, Faith ne pouvait pas ignorer qu’ils étaient criants de vérité.

Même au cœur de la nuit son calvaire intérieur ne connaissait aucun répit. Derrière les paupières closes se déroulaient le film de souvenirs qu’elle croyait depuis longtemps perdus. Un léger froncement de sourcil vint troubler la sérénité apparente de son visage endormi. Cruels songes la transportant quelques mois en arrière. Vers des lieux que ses yeux avaient vus mais dont sa mémoire lui avait refusé l’accès jusqu’à présent. Vers des scènes restées inscrites sur sa peau. Car cette mémoire là était sensorielle. Ce que son esprit refusait de lui soumettre, ses yeux et ses lèvres venaient le lui compter à l’oreille à la faveur de la pénombre. Laissant alors se dérouler ces silhouettes fictives propres aux songes qui accompagnaient chacune de ses nuits. Terrifiant désir qui soulevait la poitrine de son double chimérique lorsqu’elle s’abandonnait aux baisers de cet homme au regard farouche. Elle brûlait littéralement. Long soupir se concluant sur une note légèrement aigue, témoignant de l’agitation de la dormeuse. Elle roula sur le côté, coinçant son poing sous sa joue. De véritables flammes lui léchaient les épaules et les bras tandis que ses yeux rencontraient le regard trouble de l’homme. Lui. Infime sursaut qui parcourut l’endormie, tandis qu’une vague alarme naissait dans la part consciente de son esprit embrumé. Images de corps s’entrelaçant sensuellement sur un comptoir de bois. Puis les fragiles bords du rêve éclatèrent. A l’extérieur, dans le monde réel, un subtil mouvement d’air associé au bruit sourd d’une porte que l’on referme avait détruit quelque chose à l’intérieur du monde des songes. La scène d’amour passionnel, se troubla puis disparut. Elle se retrouvait de nouveau plongée dans le plus profond des oublis. Là où aucune image discernable ne se manifestait mais où l’âme flottait dans une infinité de sentiments et sensations présents comme passés.

L’atroce crissement de pneus mordant l’asphalte vint la ramener à la réalité. Scène tellement familière et bien moins plaisante que les précédentes, celle d’un corps projeté à toute vitesse contre un pare-brise avant de le traverser. Comme tous les matins depuis des mois, les yeux de Faith Ziegler s’écarquillèrent d’horreur alors que filtraient les lueurs de l’aube et ses mains venaient instinctivement palper ses traits à la seconde où sa conscience affleurait à la surface. Passé l’amer arrière goût de désolation qui accompagnait la première minute de chacun de ses réveils depuis des années, une nouvelle forme de panique attendait la jeune femme. Petite exclamation de stupeur en découvrant la silhouette indistincte allongée à ses côtés. Elle souleva drap dans une ridicule tentative de masquer sa poitrine pourtant déjà recouverte d’un t-shirt enfilé la veille. Interdite elle contempla les traits empreints de surprise de l’homme avant de se trahir en laissant filtrer une once de panique dans le « Toi ! » accusateur qu’elle lança à l’attention de Caleb, de l’autre côté de sa couche.
Un vent de panique s’était soudainement levé dans la chambre à coucher de la jeune femme. Levée d’un bond, son regard navigua rapidement entre les vêtements masculins éparpillés sur le sol et le regard interrogateur de leur propriétaire. Une pointe s’enfonça douloureusement dans sa poitrine, ils connaissaient ça par cœur. Réveils en panique, regards ahuris et surprise de trouver quelqu’un à son côté. L’espace de quelques semaines, elle s’était prise au jeu. Peu à peu et sans se l’avouer, elle avait finit par espérer que toute cette folie pouvait réellement avoir une fin. Une fin qui, pour une fois, serait à son avantage. Mais en un grommellement à demi ensommeillé, le type qui lui faisait face venait de détruire cet espoir. Son premier réflexe fut de le jeter dehors. Puis, la présence de Sesta et de sa petite protégée dans les pièces attenantes la désincita. Ses yeux encore un peu enflés par le sommeil, se posèrent rageusement sur l’unique responsable de toute cette pagaille. Non sans noter au passage, l’exactitude de ses souvenirs inassumés sur l’anatomie du jeune homme, poussant le vice jusqu’à reconnaître la moue qui se dessinait lentement sur ses lèvres à l’instant.
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MessageSujet: Re: Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]   Sam 18 Mai - 18:20


Quel doux réveil. Parfaitement dosé d’accusations et de panique. Parsemé de malaise et d’espoir écroulé. Mais quel agréable réveil. Il avait passé sa nuit aux côtés de l’humaine dans un silence religieux, les yeux clos, un petit sourire au coin des lèvres. Il avait écouté son cœur battre, puis sa respiration. Il fit voyager ses tympans dans le reste de la maison pour tenter de se distraire par toutes sortes de bruits qui l’entouraient, mais malgré son ennui, il n’atteignait jamais l’impatience. Il prévoyait sa satisfaction et cela le calmait. Jamais il n’avait calculé ses gestes auparavant, jamais il n’avait tenté d’abuser de l’innocence de quelqu’un, avant. Mais il n’avait surtout encore jamais cru trouvé du plaisir dans le malheur et la perturbation d’une autre. Il était encore novice dans l’art, mais il apprenait vite. Le Daybreaker sentait les heures passées. Ses paupières laissaient passées de plus en plus de lumière à mesure que le soleil se levait et la noirceur de la chambre devenait de plus en plus claire. Alors que la jeune femme se réveilla en sursaut, Caleb fit comme si ses gestes brusques venaient de le sortir de son sommeil léger. Il ouvrit doucement ses yeux endormis, craintif face à la lumière du jour, puis Faith croisa enfin son regard qui semblait encore essayer de comprendre dans quelle situation il était. Refermant les yeux avec force pour les rouvrir avec une conscience plus vive, Caleb regarda la jeune femme paniquée qui tirait sur les draps pour cacher ce corps que sa peau connaissait par cœur. Ce corps qu’il voulait croquer à pleine dents pour une fois. Ce corps qu’il avait toujours eu l’impression d’effleurer, de lécher, de siroter, d’observer, mais jamais goûter. Et dans tout ce manque de sensualité, la situation devenait encore plus ironique quand l’on pensait qu’elle cachait un corps déjà couvert, comme par réflexe. Un effort qui fut toujours inutile, certes, mais encore plus aujourd’hui.

Oh Merde… Jouant le jeu et la mise à scène sans failles, il réalisa à son tour la tragédie qui faisait courir les yeux de Faith sur chaque morceau de vêtements du jeune homme. Il s’écrasa dans son lit un peu plus puis se redressa dans un soupir. Il passa sa main sur son visage, prenant une grande inspiration pour tenter de se réveiller complètement en même temps. Oui, Caleb n’avait pas réellement dormi. Mais jadis, lorsqu’ils vivaient cette situation, malgré le malaise et sa hâte de quitter la couche de la vétérinaire, le jeune homme a toujours eu un réveil lent et boiteux. Il était comme ça, une fois qu’il ouvrait ses yeux, il avait toujours besoin d’une bonne heure avant que son corps se désengourdissent complètement du sommeil et qu’il retrouve ses réflexes. La toute première fois qu’ils s’étaient retrouvés dans cette situation, Caleb avait eu une réaction un peu plus prononcée, un peu plus étonné et inconfortable, mais après la deuxième fois, il avait cessé d’être surpris et avait gardé son calme habituel du réveil contre son corps nue jusqu’à sa porte d’entrée. Fidèle à cette habitude, le jeune homme ne participa pas à la tempête de frayeur de Faith, juste à une désolation éphémère. Il se contenta de se redresser d’un coup pour s’asseoir sur le lit, les pieds nus au sol, faisant dos à la jeune femme. Une voix encore un peu rouillé par le sommeil, une voix qui n’avait rien d’agressive ni d’accusatrice contrairement au propos de l’interlocutrice, Caleb se montrait calme et presque amusé, si ce n’était que pour rendre l’atmosphère moins lourd.

T’as oublié que ne t’es pas la seule victime dans cette histoire, depuis le temps? Et je vois que tu t’es beaucoup ennuyé de moi, c'est très flatteur… Dit-il en retournant légèrement la tête vers elle avec un petit rire étouffé, un petit rire avec une pointe de sarcasme qui insinuait que la situation ne l’amusait pas plus qu’elle, malgré qu'il essayait d'en rire. Mais dans la tête de Caleb, il jubilait. Car cette fois, il y avait bien une seule et unique victime dans cette histoire. Et c’était elle. Le jeune homme s’étira paresseusement pour mettre la main sur ses pantalons au sol pour commencer à les enfiler. Des commentaires commençaient à défiler dans sa tête, des phrases, des mots. Mais il ne devait pas parler trop. Il ne parlait jamais trop. Je pensais que c’était fini tout ça, surtout que je n’avais pas eu de blackout depuis la Nouvelle-Orléans…
Tout en couvrant ses jambes, le jeune homme décida de se confesser sur sa situation, espérant qu’elle vivait la même chose. Il voulait qu’elle lui fasse confiance, qu’elle se sente comprise. Car ils étaient bien les deux seuls à vivre ce genre de chose. Le Daybreaker se releva, toujours torse nu il fit face à la jeune femme, le lit entre eux. Il posa ses yeux sur elle sans un mot un instant, avec un regard un peu niais. Ce genre de petit regard qui laissait croire qu’il avait quelque chose sur le bout de la langue, rien d’inquiétant, juste intriguant pour les curieux. Mais avant même qu’on lui demande ce à quoi il pensait, Caleb prit la liberté de s’exprimer à nouveau, comme s’il avait devant lui une amie.

C’est drôle car je rêvais justement de toi cette nuit… Dit-il en terminant sa phrase en regardant le sol, se mordant le bout de la langue. Il n’incluant pas d’autres détails, même s’il avait envie de lui partager ce rêve qu’il avait vu comme si c’était le sien. Comme s’il avait partagé le même rêve. Le Daybreaker cherchait plutôt à attiser sa curiosité d’une façon qui pouvait sembler tout innocente. Il posa ses yeux sur elle. Mais bon, je ne dérangerai pas longtemps, mais t’en qu’à être ici, je vais profiter pour… Te violer. Te Manger. Il s’arrêta l’espace d’un instant. La faim. La faim l’absorba d’un coup. Une faim torturé d’un désir. Une envie soudaine et impatiente. La faim pervertit son regard qui semblait complètement noir un instant, crispé par la folie. Comme si Arès avait pris possession de son visage histoire d’un clin d’œil. Comme s’il s’apprêtait à sauter sur sa proie comme un psychopathe. Son corps entier désirait son âme. Il ne respirait plus. Son cœur se débattait dans sa poitrine à une vitesse folle l’instant de cette longue fraction de seconde. Puis la douceur revient rapidement sur son visage pour qu’il termine innocemment sa phrase. Comme si rien ne c’était passé. Faith devait se demander si elle était folle, si elle avait bien vu un fantôme sur sa figure. …prendre un verre? Ça va m’aider à me réveiller… Il termina avec un magnifique sourire. Un sourire chaleureux. Un sourire généreux. Ou pensait-il aller avec ça?
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MessageSujet: Re: Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]   Jeu 23 Mai - 9:16


L’éveil comportait toujours une once de pathétique. Le retour à la réalité laissait un goût amer sur les lèvres des dormeurs. Il y avait ceux qui regrettaient de quitter le pays des songes, s’y attachaient encore quelque temps en maintenant leurs paupières closes et leur esprit sur le fil, à la poursuite des mirages. Et puis il y avait ceux qui se réveillaient en sursaut, les yeux largement ouvert dans le noir, pupilles dilatées à la recherche d’une pointe de lumière venant chasser des images par trop terribles. Si le regret était le quotidien de l’homme, les rêves en étaient la parfaite illustration. Et une fois encore, la condition humaine n’avait pas épargné Faith Ziegler lorsqu’il s’agissait des désillusions matinales. Pour la plupart des êtres humains, l’ère des cauchemars et des terreurs nocturnes cessaient avec l’enfance, mais pour Faith, elle avait justement commencé avec son entrée dans l’âge adulte. Pourtant, ses réveils s’enchainaient sans se ressembler. Nocturnes ou diurnes, seule ou accompagnée, une fois le voile du sommeil soulevé, le désenchantement suivait inévitablement. Versatile apparence qui avait autrefois fait de chacune de ses nuits une délivrance et de chaque aube la promesse de longues heures d’une insupportable solitude. La miraculeuse réhabilitation qui avait suivi contenait également sa part de désillusions. Une espèce d’ivresse luxurieuse s’était emparée d’elle. Impérieux frémissements la poussant à provoquer le regard des hommes, à habiter ses nuits de leur présence et se repaître de leur désir. Dans sa fiévreuse quête de ces bribes de félicité, la crainte et l’amertume n’étaient jamais loin. Crainte de s’enfoncer trop loin dans ce tourbillon de sensation qui était sien, amertume face à la fadeur des plaisirs rencontrés, à la rapidité avec laquelle ils s’éteignaient. Avec la maniabilité d’une poupée de son, elle se laissait balloter par ses propres sentiments, sa volonté ne cédant qu’aux impulsions du moment. Effervescences nerveusement exténuantes qui se soldaient par une détérioration durable de sa personne. Elle oubliait les noms, les lieux, les visages. S’oubliait dans les bras d’un homme puis d’un autre. S’éveillait d’une nouvelle crise de démence au fond d’un bar sordide avec pour tout souvenir une course en taxi ou les draps frais de son propre lit. Une part d’elle voulait croire que cette folie avait un sens, constituait le prix à payer pour ces bonheurs éphémères. Mais toutes ces étreintes avaient fini par lui sembler vides de sens, aussi creuses que sa propre personnalité. Poupée de chiffon écartelée entre ses vagabondages nocturnes et ses journées d’employée modèle.

Le sang battait anormalement vite à ses tempes. Devant la surprise visible du jeune homme, Faith réalisa le caractère excessif de sa réaction. Naturellement, il ne pouvait pas comprendre. La nonchalance de l’attitude de Caleb démontrait bien que, contrairement à son occasionnelle partenaire, il abordait cet énième réveil comme l’évidente continuité de leurs nuits new-yorkaise. Pour elle, il en allait autrement. A l’habituel sentiment d’impuissance s’ajoutait la vague impression d’être à nouveau trahie, pire piégée par l’insubordination de son inconscient. Le revers de sa main vint frotter ses paupières à plusieurs reprises, comme pour chasser ses sombres considérations. Aucune force, pas même celle de s’emporter contre Caleb et son sourire innocent qu’elle abhorrait vaguement à l’instant. La colère retomba aussi vite qu’elle était montée pour laisser place à une immense lassitude et un désabusement ironique qui faisait échos aux accents de sarcasmes que dégageait le ton de l’autre victime. C’était donc ainsi qu’il se définissait ? L’expression piqua curieusement l’orgueil de la jeune vétérinaire. Instinctivement, sa main effectua quelques allers-retours dans sa chevelure dans l’espoir d’améliorer sa mise matinale, mais il lui suffit de croiser le regard du jeune homme pour stopper net son geste. Sa voix se teinta de nuances plus chaleureuses bien que reprenant la pointe de sarcasme détectées dans la protestation de Caleb.

« Une victime ? Sans vouloir me vanter, je pense qu’il y a plus désagréable comme situation que de se réveiller à côté de moi… »

Son sourire arrogant se figea pourtant sur ses lèvres tandis qu’elle laissait s’installer un nouveau silence. Muée par une brusque bouffée de tendresse, elle alla s’asseoir au bord du lit, les épaules tournées vers le jeune homme.

« Je ne savais même pas que tu étais à la Nouvelle-Orléans. Je veux dire, on ne s’est pas revu depuis…un bail. Je croyais que j’en avais finis avec tout ça en arrivant ici. Les réveils en panique, les trous de mémoire… Je ne me rappelle même pas avoir quitté cette foutue chambre hier soir ! »

Elle secoua la tête comme pour briser le charme de cette vague complicité surgissant sans prévenir des méandres de son inconscient. Puis baissa les yeux sur ses mains sagement croisées sur ses genoux avec un demi-sourire. La nouvelle réflexion de Caleb ne parvint pas à la tirer de cette contemplation, lui tirant simplement un hochement de tête silencieux. Faith ne comptait pas lui dévoiler que lui aussi peuplait ses rêves. Son orgueil refusait de céder encore du terrain. Et puis, comment expliquer à cet homme dont elle connaissait à peine le nom que toutes les nuits ou presque, il arpentait à ses côtés des souvenirs d’un passé qu’ils n’avaient pas réellement vécus ? Autant plaider immédiatement la folie. Je ne dérangerai pas longtemps. Sa déclaration se vit accompagnée d’un roulement d’œil amusée en provenance de sa compagne d’infortune. Dans cette histoire, Faith le considérait moins coupable encore qu’un dormeur en pleine crise de somnambulisme. Elle ne connaissait que trop ce sentiment de ne rien contrôler, pas même son corps. Un long frisson vint la cueillir du creux des reins jusqu’à sa nuque lorsque son regard rencontra celui du jeune homme. Une lueur de folie avait assombrit ses pupilles, dans sa poitrine son cœur et son instinct tiraient la sonnette d’alarme. Sa respiration n’eut même pas le temps de s’accélérer. En un battement de paupière la lueur avait disparut. Interdite, elle s’entendit lui demander de répéter sa dernière phrase d’une voix sourde.
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MessageSujet: Re: Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]   Mar 18 Juin - 20:02

Caleb avait fait un choix. Pour lui, il était toujours deux hommes, comme il l’avait été avant. Il y avait Caleb et le monstre. Caleb était l’humain calme et loyal, cet homme incapable de lever ne serait-ce qu’un petit doigt sur la pire des ordures. Et le monstre… Il était cet être impulsif. Le manipulateur. Cet être noir. Le Daybreaker. Cet être violent. L’obsessif. Cet être assoiffé. Le meurtrier. Il refusait de se sentir responsable du malheur qu’il causait. Il refusait d’être l’auteur de ces atrocités, il ne faisait qu’en subir les conséquences. Comme toujours. Le guitariste ne pouvait faire autrement, sinon il se laisserait noyer dans une mer de culpabilité aux vagues étouffantes de regret. S’il voulait rester à la surface, nager dans l’indifférence comme il l’avait toujours fait, il devait vivre ainsi. C’était la seule et unique solution pour continuer, pour être capable de simplement hausser les épaules après chaque vie volée. Les injustices, il les connaissait bien, elles lui collaient à la peau. Et c’était pour ça qu’elles ne lui faisaient plus lever un sourcil. Mais retirer la vie à un homme, c’était un acte qui ne pouvait le laisser indifférent. Être un Daybreaker c’est tout comme être possédé par Arès, sauf que le monstre n’a pas la décence de lui fermer les yeux. Il était maudit d’être le témoin et le complice de chaque crime. Pourtant, Caleb n’abandonnait pas, il tenterait toujours de combattre sa nature, de combattre cette deuxième partie de lui, cette partie impure. Il n’allait simplement plus s’en vouloir à chaque fois qu’il échouerait. Et ce soir, il échouait. Impuissant devant le désir. Détraqué par l’obsession. Il cédait. Lui qui depuis l’enfance ne connaissait que des nuits noirs, des nuits de silence. Une femme rendait ses nuits insupportables aujourd’hui. Caleb ne se souvenait même pas de son dernier rêve ou cauchemar. Il ne connaissait pas le plaisir des rêves, le plaisir des sensations désirées qui semble devenir réalité l’instant d’une nuit. Il ne connaissait pas la déception lorsque l’on ouvre les yeux au matin, réalisant que nos rêves ne sont toujours pas réalité. Mais à la fois, il échappait aux cauchemars, aux peurs qui hantent notre sommeil, au soulagement du réveil. Mais depuis la fuite du Dieu, ses nuits étaient bien remplies… Et tout ce qu’il faisait ce soir était dans l’espoir de retrouver le vide et le silence comme unique rêve. De satisfaire sa soif de désir.
 
La calme et le sarcasme de Caleb fit son effet. À son réveil, Faith était une bombe de panique qui ne savait plus où donner de la tête et qui s’apprêtait à lui exploser en pleine figure. La nonchalance du jeune homme s’imposa et elle retrouva soudainement sa raison. Plutôt que de se révolter en déversant sa colère sur lui et terminer l’ouragan qu’elle avait commencé, Carter imposa son rythme avec une telle force qu’elle ne put que s’y abandonner. Il alla même jusqu’à attirer son attention sur les mots qu’il choisissait. Caleb en avait presque oublié cet obsession qu’elle avait de vouloir plaire, mais elle ne tarda pas de lui rappeler en replaçant ses cheveux jusqu’à ce qu’elle croise son regard légèrement moqueur. Elle défendu son honneur en affirmant sa beauté tout en cherchant à ce qu’il la confirme. Le jeune homme arqua un sourcil et la rassura malgré lui.
 
À quoi bon se réveiller à tes côtés si on ne goûte même pas à la nuit précédente?
 
L’arrogance sur son visage ne fut que passagère alors qu’il se rhabillait d’une lenteur remarquable. Le silence ne le rendait jamais mal à l’aise, bien au contraire.  Mais Caleb reprit la parole le premier, voyant que le silence angoissait peut-être légèrement la jeune femme. Il voulait lui montrer qu’il cherchait des explications à la situation tout comme elle. Chacun assis sur le bord du lit, séparé par le matelas de la belle, elle lui partagea ses incompréhensions.
 
Ah… Ça, c’est peut-être de ma faute… Disons que j’ai terminé ma soirée chez une femme qui ne vit pas très loin d’ici, alors tu n’as en effet surement jamais quitté ton lit…


Un petit rire nerveux et ironique sortit de sa bouche, alors que l’innocent Caleb venait de réaliser qu’il avait partagé les draps de deux femmes dans la même nuit. Disons une et demi vu qu’il n’a pas de souvenir de la deuxième, même si en vérité, il n’y en avait eu aucune cette nuit. Ce qui lui donnait une deuxième raison de se moquer de la situation. Le jeune homme termina sur un petit sourire en faisant à nouveau dos à la jeune femme qui décida de se couper de lui. Elle leva un petit mur entre eux et Caleb le sentait, sans pour autant l’apprécier. Cette petite intimité qu’ils avaient mis en place avait disparu pour laissé place à l’embarras des étrangers. Tentant de percer sa bulle, Caleb lui fit une nouvelle confession. Mais cette dernière n’eut pas la réaction espérée. Faith resta réfugié dans sa carapace et Caleb devait la percer. Il réussit alors à la faire réagir, mais loin d’être de la façon qu’il l’avait espéré. Le Daybreaker reprit le dessus un instant, extériorisant sa faim qu’il voulait oublier. Mais le guitariste le chassa rapidement, agissant comme s’il n’avait jamais survenu, mais l’humaine ne manqua pas son regard. Le jeune homme avait déclenché une alarme intérieure qui l’éloignait davantage de la confiance qu’il espérait régner entre eux. Il entendait son cœur s’affoler dans sa poitrine et il devait reprendre le contrôle de la situation, sinon il allait perdre le contrôle de son corps. Fronçant les sourcils d’un air curieux, remarquant même avec ses yeux d’humain que la jeune femme n’était pas rassurée, le Daybreaker reposa sa question.


J’ai simplement demandé si je pouvais avoir un verre avant de partir… Ça m’aide à me réveiller…


Demanda-t-il alors à son tour d’un ton inquiet, comme si les réactions étranges de Faith lui faisaient peur. C’est alors que le jeune homme se retourna à son tour pour lui faire face, il s’approcha doucement d’elle pour lui montrer qu’elle était hors de danger et qu’il ne lui ferait pas de mal.


Ça va?


En s’approchant, il alla même jusqu’à oser poser une main sur la sienne, son souffle se rapprochant de son cou. Qu’elle est pris fuite dès qu’il ait eu contact avec sa peau ou qu’elle le laisse faire ne changeait rien aux images qui défilèrent dans sa tête. Ce simple contact de sa main sur la sienne lui remémora cette nuit dans le Vein of glass, en particulier ce moment où sa main agrippait, fusionnait, caressait cette de la déesse de l’amour avec un billet vert entre les doigts. Ce flashback réveilla son désir, mais contrairement à la faim, il arrivait à ne pas laisser ses envies paraître sur son visage. Avait-elle vu ce qu’il avait vu? Caleb devenait définitivement fou… Il fixa le vide, alors que son cœur s’activait dans sa poitrine.
 

As-tu déjà pensé que c’était réel?
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MessageSujet: Re: Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]   Jeu 11 Juil - 11:08


La première manifestation de la folie se trouve dans le quotidien. Tous ces petits gestes anodins et compulsifs que tout un chacun effectue le matin avant de partir au travail, ou le soir en rentrant à la maison sont autant de signes annonciateurs de fêlures prêtent à s’accentuer à la première faiblesse. Les habitudes sont souvent le dernier rempart face à l’insanité d’un homme. Elles installent un équilibre par leur qualité rituelle, rattachent l’esprit à un univers tangible et immuable, quelque chose d’intime et rassurant. Faith n’échappait pas à cette règle. Face à ses déambulations involontaires, elle avait finit par se construire un cadre de vie suffisamment strict pour se donner l’illusion du contrôle. Alors que son corps lui échappait, que des mots et des actes étrangers s’imposaient à elle, il lui suffisait de se réfugier dans le sobre roulis d’une vie millimétrée. Les autres constituaient sa principale source d’inquiétude, il fallait constamment se protéger. Échapper aux questions trop personnelles, se soustraire au regard trop inquisiteur d’une connaissance en une fuite constante la mettant en marge de la société. Car elle était seule. Sa discrétion l’enveloppait irrémédiablement dans une chape de brouillard qui décourageait la plupart de ses congénères. Une vie sans unité, composée d’un défilé de masques qu’elle enfilait au gré de ses humeurs et besoins. Elle savait se faire invisible aux yeux de ses collègues ou énigmatique à ceux de ses amants mais parfois, la fine couche de glace se brisait, tout se mélangeait et une force irrépressible prenait le contrôle. Le feu se substituait à la glace et elle devenait exubérante, capricieuse… Brûlante de désir.

La seule présence de Caleb dans sa chambre brisait la plus sacro-sainte de toutes ses règles : celle de n’admettre personne chez elle. Angélique ne comptait pas. Aussi flous que soient les contours de leur relation, la jeune métamorphe ne lui était jamais complètement étrangère. Sa présence oscillait tout simplement entre le fardeau et l’évidence. Parmi les relations tortueuses qui jalonnaient la vie de Faith, elle était ce qui se rapprochait le plus d’une famille. Le frôlement de ce corps presqu’étranger à son réveil lui paraissait autrement plus difficile à accepter. Même en plein milieu de ses frénésies sensuelles la jeune femme n’avait jamais admis la présence d’un homme chez elle, encore moins dans sa chambre. Partagée entre ce besoin vital de contact humain qui était le sien et un dégoût évident pour une promiscuité autre que celle que deux corps peuvent offrir, elle avait sciemment décidé de faire de sa maison un no man’s land, et ce au sens littéral du terme. En interdisant sa propre chambre aux hommes avec qui elle frayait sans arrêt, Faith préservait les rares pans de son âme dédaignés par son envahissant parasite. Et ce matin, le dernier et plus fragile des équilibres sur lesquels reposaient sa vie compartimentée venait d’imploser. Son propre calme la déconcertait. Elle s’attendait à des cris, à de la fureur mais certainement pas à cette futile panique qu’une paire d’yeux ensommeillés et une réplique emplie de candeur suffisaient à éteindre. Elle s’était trompée. L’hystérie n’est pas le premier signe de la folie. La peur qui la précède était ce qui aurait du l’alarmer mais en cet instant, il était déjà trop tard pour s’en soucier.

Sans prévenir, la jeune femme renversa la tête en arrière tandis qu’un brusque éclat de rire lui échappait, détendant peu à peu ses traits. En l’espace de quelques secondes, elle était redevenue l’image même de la frivolité et de l’insouciance. Son rire alla jusqu’à plonger dans l’oubli le vague regret du jeune homme quant à la perte des souvenirs accompagnant leur nuit commune. L’espèce d’amertume qui l’avait saisie à la gorge en découvrant Caleb à ses côtés refluait doucement face à cette injection de joie artificielle. L’idée même de se décharger de sa propre déception sur le jeune homme lui paraissait subitement la manifestation de sa propre médiocrité. Passé le vague étourdissement à mettre sur le compte de cet éveil, la gaieté, aussi feinte qu’elle soit lui semblait la plus naturelle des attitudes qui soient.

« Encore un réveil absurde. » Plus une remarque personnelle qu’une véritable déclaration. Sa méfiance exacerbée lui paraissait soudainement ridicule face à l’innocente requête bien que la jeune femme se moquait pas mal de l’éventuelle surprise de Caleb face à ses inconstances. L’inquiétude qu’elle lisait dans son regard quelque secondes auparavant s’était éteinte face à l’espièglerie retrouvée Faith. Elle sauta hors du lit et se dirigea rapidement vers la cuisine. Le contact du carrelage frais sur ses pieds nus finit de la réveiller et lorsqu’elle réapparut dans la chambre, un verre à la main, toute gène semblait avoir disparu. Ils étaient deux ex amants s’éveillant au lendemain d’une nuit trop agitée, voilà tout. Du moins, c’était ce qu’elle souhaitait accepter. Le contact de ses doigts sur sa peau la fit dangereusement frissonner tandis qu’il réduisait la distance entre eux deux. Elle lui tendit le verre en espérant que son sourire suffirait à masquer le trouble que cette nouvelle proximité provoquait en elle. Et puis la question vint. "As-tu déjà pensé que c’était réel?"

Un, deux, trois battements de cils, autant de clignements de paupières pour se donner le temps de la réflexion. Elle aurait pu jouer les idiotes et feindre d’ignorer la signification de cette question sibylline. Mais il était bien tôt pour se lancer dans le sempiternel jeu du chat et de la souris alors même  qu’une montagne de non dits s’étalait déjà devant eux. Elle étouffa un bâillement, pencha la tête sur le côté et répondit pensivement : « Je passe mon temps à me le demander, oui… »
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Leave my Body Only for a Night [Faith&Caleb]

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