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 Ravage - Connor

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MessageSujet: Ravage - Connor    Ven 10 Mai - 11:00




Coup de force des résistants qui a payé. A moitié seulement. Si l'ancien gouvernement fut effectivement renversé, si une bonne poignée d'affreux politiques, partisans – ainsi que nombreux innocents, furent éradiqué de cette triste planète, et qu'une nouvelle ère semblerait sonner son commencement, Roxanne ne parvenait pas à l'approuver entièrement. Ces ministres, ces députés – ces tyrans qui se cachent sous de faux masque de rédemption ne tarderont pas à révéler leur vrai visage, bouffi par l'habitude de l'injustice, pensait-elle. Parce qu'ils ont ça dans la peau, et que tant qu'ils seront à la tête du pays, tout espoir de démocratie réelle est vain.

Mais un tel coup d'état n'était évidemment pas sans conséquences, sans sacrifices : des morts jonchant les rues grises de New York, des prises d'otages ayant malheureusement dérapé, des résistants s'étant dégonflés, et des traîtres. Et Connor. Si aucune des décisions qu'elle avait dû prendre jusqu'à présent dans son rôle de jury du Conseil n'avait été facile, celle qui demeurait impossible restait la question de Connor – un cas que le gouvernement avait préféré étouffer, car personne ne voulait découvrir parmi ses troupes un traître, préférant juger les bons rebelles dont les morts sont considérées comme justes puisque méritées. Si des ragots circulaient parmi les personnes liées au Gouvernement, c'était surtout dans la Résistance qu'ils faisaient rage, chacun s'insurgeant des traîtres, mettant ainsi le nom de Connor sur le tapis à chaque fois qu'un résistant se faisait condamner, car évidemment, son nom avait fait du chemin lorsqu'il était encore une personne respectable. Ces rumeurs-là, arrivées aux oreilles de Roxanne, furent un énorme coup de massue dans la gueule. Elle tenta d'y démêler le vrai du faux, mais en vain, se retrouvant coincée dans ses propres filets. Elle ne savait pas qui croire, quoi croire, elle ne pouvait plus se faire confiance, ni lui faire confiance, celle-ci s'effritant toujours un peu plus. Evidemment, sa première réaction fut le déni : non, ce n'est pas possible, pas Connor. Car elle le connaissait mieux que quiconque, d'après elle ; réalisant par la suite que cela n'était qu'un tissu de mensonges qu'elle voulait bien se répéter, refusant de voir la réalité en face. Effectivement, ils étaient restés en froid depuis leur dernière altercation, ni l'un ni l'autre n'avait cherché à renouer les liens, jugeant sans doutes qu'ils étaient allés trop loin pour que cela soit possible. L'idée qu'il les ait trahis, l'idée qu'il l'ait trahie semblait alors une réponse à son comportement distant des mois précédant l'attaque du Président – bien qu'elle lui donnait la nausée. Roxanne refusait catégoriquement de croire qu'elle avait pu être si bête, se donner toute entière à quelqu'un qui n'en avait que faire. S'attacher – aimer – une personne qui sauterait sur la première occasion venue de les détruire tous, de la détruire elle. Elle rebondissait sur les deux possibilités comme une balle de ping-pong, sans jamais s'arrêter, incapable de se convaincre que Connor était un homme loyal dont l'idée de trahison appartenait à la science fiction, et incapable de se faire au statut de traître qu'on lui attribuait volontiers. Et c'était cette ignorance qui la rendait folle.

Elle avait besoins de réponses, elle n'allait pas supporter plus longtemps cet état-là – c'est à dire ces insomnies dans son aquarium de fumée à peser le pour et le contre, pour finalement atterrir là où elle était la vieille, et la nuit d'avant encore, et encore, et encore. Elle fit du sur place jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ce qu'elle décide enfin d'aller chercher ses réponses au lieu de les inventer. C'est donc la peur au ventre, nerveuse jusqu'à s'en arracher la peau qu'elle se rendit chez Connor pour la première fois depuis qu'ils étaient arrivés à la Nouvelle Orléans, essayant de trouver un bon préambule, bien qu'en vain – tout semblait tellement dérisoire. Elle fit les cent pas devant l'entrée de son immeuble avant de se faufiler à l'intérieur lorsqu'une bonne dame en sortit, pour refaire ces cent pas devant l'entrée de son appartement : si l'ignorance la torturait, l'angoisse de se retrouver devant des potentiels aveux, quant à elle, la paralysait. Elle finit par prendre son courage à deux mains, donnant trois petits coups à la porte, avant de se retrouver face à Connor. Et soudain, le vide total.
Les mots lui écorchaient la langue et se noyaient avant même de pouvoir pointer le bout de leur nez. Elle resta immobile, stoïque et indifférente d'apparence – intérieurement, elle avait l'impression d'être sur le point de tomber comme un apprenti voltigeur aux tendances suicidaires. « Tu me laisses entrer ? » demanda-t-elle finalement d'une traite.

Dos à Connor, elle regardait tout ce qui l'entourait, silencieusement, lentement, parce qu'elle n'avait pas la moindre idée de la façon dont elle allait aborder le sujet. Elle désirait le faire avec tact, peut-être avec quelques phrases introductives mignonnes qu'elle lui balancerait du mieux qu'elle pouvait. C'était peut-être une façon d'amener les choses en délicatesse, de lui faire comprendre progressivement qu'elle n'était là que pour obtenir des réponses qu'elle ne pouvait fournir d'elle-même.
« Dis-moi la vérité. » posa-t-elle, sèchement. En effet, le tact, la délicatesse, ces qualités là n'étaient pas siennes. Elle n'était pas capable de lui faire un prologue agréable à entendre pour mieux le préparer à l'unique question qui l'intéressait vraiment. Presque timidement, elle se retourna, lui faisant face : « Dis-moi si c'est vrai... » Impatiente de mettre un terme à toutes ces nuits de tourment, elle craignait toutefois la réponse qui allait sortir de sa bouche – et problème supplémentaire, comme s'il n'y en avait pas déjà assez, était qu'au final, peu importe ce qui sortirait, Roxanne ne pourra pas le croire aveuglément. C'était dans tous les cas un dialogue de sourds, une bataille perdue d'avance.
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Sam 18 Mai - 0:10

Dans la violence de la rébellion les coups avaient plut, les morts accumulés dans les deux camps et le constat final avait d'abord laisser une écœurante amertume à Connor. Des mots acides venaient salir son nom, son rôle dans cette embuscade dont il n'avait été qu'un pion. Son sort restait incertain, que se soit du côté du nouveau Gouvernement en place que de celui de la Résistance ou plutôt ce qu'il en restait. Mais le junky posait un regard vide sur les considérations qu'il pouvait y avoir à son propos. Discret, presque absent depuis qu'il était arrivé dans cette nouvelle ville qui finalement ne le dépaysait pas franchement en bon habitant de la Zone 2 qu'il avait été. Ce temps là lui paraissait lointain alors que les cicatrices sur son corps étaient elles bien fraîches. Stigmates d'une confusion dont il avait toujours été la victime, manipuler jusqu'à l'os à tel point que la réalité lui semblait être une chose abstraite désormais.
Le toucher lisse du verre de sa bouteille de whisky restait une valeur sûre et s'il avait des difficultés à clarifier tous les passages flous de ce qui c'était passé lors de l'attaque du Président, la chaleur réconfortante du liquide ambrée dans sa gorge le ramenait à un vécu palpable. Le présent, voilà ce qui était sa nouvelle priorité. A quoi bon se débattre comme un pantin souhaitant arracher ses fils quand on ne sait même plus qui est son véritable ennemi ? Dans son cas, il était sans doute son propre ennemi le plus fidèle... Mais son incorrigible penchant pour l'auto-destruction tendait à s'apaiser peu à peu, l'expérience faite d'un sevrage totale de toutes ses substances qu'il pensait amies lui avait ouvert les yeux. Des orbes closes depuis trop longtemps par une culpabilité latente qui le rongeait parfois à nouveau. Sauf que cette fois il tenait bon... Ou presque. Limitant sa consommation à de l'herbe et l'alcool, évitant la poudre et plus encore l'héroïne. Il remontait la pente doucement. Le moindre faux pas suffirait à le remettre au pied de ce mur qu'il pensait ne jamais pouvoir gravir, sa fierté était pour une fois sa meilleure alliée.
Connor s'était mué en une sorte d'ombre, discret alors qu'il savait sa peau en danger au moindre faux pas, cherchant à tomber dans l'oubli. D'autres pouvaient bien prendre sa place dans la ligne de mire de ces deux camps entre lesquels il avait oscillé. Comportement bien inhabituel pour celui qui réclamait de la reconnaissance, prêt à trahir ses convictions et la seule personne pour qui il avait eu plus d'attachement que pour sa propre vie. Le chaos rimant avec renouveau, Blackpearl avait des choses en tête. Un brouillon pour l'instant qu'il tentait de remettre au propre comme il tentait lui même de se laver de toute cette crasse accumulée sur lui comme une armure. Non il n'irait pas s'agenouiller et demander le pardon de qui que se soit. Non il ne chercherait aucune reconnaissance si ce n'est celle d'être en accord avec lui même, une notion bien floue pour lui depuis un moment maintenant. Cependant la route était longue, mais pour l'instant il avait le courage de mener sa barque. Avait-il pensé aux potentielles tempêtes ?

Assis à la table de la pièce principale de son appartement, son précieux revolver totalement démonter en pièces devant lui, Connor nettoyait méticuleusement chaque partie de son fidèle allié, observant l'intégrité de chacune pour s'assurer que son vieil ami ne s'enrayerait pas dans un moment inopportun. Des gestes répétés et précis qu'il avait fait des milliers de fois, rares instants où il arrivait à ne penser à rien ou presque. Autant dire que le blond n'attendait aucune visite, alors quand trois coups frappèrent à la porte il sursauta légèrement. Un voisin souhaitant lui demander quelque chose ? Peut-être... Ici tout le monde se foutait pas mal de savoir qui il était ou bien qui il avait été et ce fût la raison principale de son choix d'habiter cet endroit.
Après un soupir de contrariété, Connor se leva et alla ouvrir la porte à ce visiteur imprévu. La surprise fût de taille mais il tenta de ne rien laisser filtrer. Roxanne se tenait sur le seuil de son appartement, la mine fatiguée aussi figée qu'il pouvait l'être. Deux blocs impassibles en surface dont seul leurs regards pouvaient les trahir. C'est lui qui baissa le sien en premier entendant la demande de sa troublante interlocutrice, il s'écarta alors « Oui, entre. » les deux seuls mots qu'il réussit à articuler. Quand elle fût à l'intérieur il referma la porte lentement, lâchant difficilement la poignée et avec l'appréhension de devoir faire face à l'ancienne chef de la Résistance au moment où il se retournerait. Pourquoi était-elle là ? Pour l'homme blessé qu'il était, leur dernière entrevue avait scellé la fin de toutes interactions entre eux. Et au prix d'un certain effort, il avait fini par s'y faire même si quelques pensées rebelles tendaient à se diriger vers celle qui fût un temps avait agiter son palpitant bien plus qu'il ne l'avait jamais avoué.
Il fût satisfait de constaté qu'elle lui tournait le dos, observait l'endroit, silencieuse alors que de son côté il n'avait de hâte que de savoir la raison de sa venue. Et les mots de la belle claquèrent dans le silence, réanimant en Connor une partie de lui qui depuis trois mois c'était trouvé en sommeil. Un léger sourire étira ses lèvres dans un rictus qu'il pensait avoir abandonné... Donc elle était sa piqûre de rappel attitrée, capable de faire resurgir en une simple phrase des traits de sa personne encore endolories par les épreuves passées. Néanmoins aucune réponse ne sortie de sa bouche, stoïque il attendait des précisions de la part de Roxanne. Sa question était bien trop vaste et soudaine mais le ton employé indiquait l'importance de la réponse pour la jeune femme. Elle se décida à lui faire face et l'ancien amant de la membre du conseil ne baissa pas le regard cette fois. Sa quête de vérité demeurait floue même si son intuition le menait directement vers les rumeurs courant à son sujet, ces mêmes quolibets dont il évitait les impacts. Malheureusement par le passé ces échanges de vérités n'avaient jamais été concluante. En mémoire Connor gardait des souvenirs de discussions houleuses, tentatives vaines d'avoir du crédit auprès de la jeune femme qui l'avait bien souvent provoqué plus qu'écouté. Loin d'être un modèle de franchise à ce moment là, un maigre espoir demeurait cependant pour que les mois passés aient dissipé les a priori de la brune.
Une inspiration profonde suivit d'un soupir fût la première réaction qu'il eut avant de se décider à s'exprimer « La vérité ? » répéta-t-il en écho avec perplexité « Tu admettras que c'est plutôt vague comme requête. ». Nonchalamment il la contourna, faisant un geste qui l'invitait à s'asseoir si elle le souhaitait, alors qu'il servait deux verres de whisky. Il lui en tendit un, plus par politesse qu'autre chose et bu une gorgée ensuite « Fais moi part de tes interrogations, je verrais si je suis en mesure d'y apporter des réponses. » lâcha-t-il avec détachement. Voilà peut-être que la première tempête se profilait à l'horizon... Mais si Roxanne avait pensé arriver la fleur au fusil quémander des explications pour pouvoir repartir ensuite à ses petites occupations, c'était compromis.
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Dim 19 Mai - 17:48

Elle en avait oublié pourquoi elle était incapable de garder son calme en sa présence. Pour tout ce qui se dégageait de lui, pour cet air de suffisance illégitime qui suintait de ses pores. Elle suivit sa silhouette du regard lorsqu'il la contourna, se retournant pour obéir sagement – elle se voulait docile, faire durer un semblant d'ambiance de paix le plus longtemps possible, même si elle était déjà en pleine ébullition. Roxanne se stoppa net cependant lorsqu'il lui tendit le verre, incapable de lui offrir autre chose qu'un regard noir. Si c'était un geste anodin de façon générale, elle le prenait pour un bel affront, surtout venant de Connor – les tendances alcooliques de son père laissant des traces sur la personne qu'elle était devenue. Tentant malgré tout de se contenir, elle secoua légèrement la tête, avant de s'installer, les doigts entremêlés contre ses cuisses qui pianotaient sur eux même comme s'ils se récitaient l’œuvre complète de Chopin.
En effet, si elle avait presque oublié pendant ces derniers mois ce qu'être en la présence de Connor signifiait, il lui suffisait d'ouvrir la bouche pour lui faire retrouver toutes ces sensations, mais surtout les mauvaises. Ce n'était pas la tendresse, ni la passion, ni le respect qui revenaient au galop, c'étaient le dégoût, la haine, qui s'écrasaient comme des vagues déchaînées sur elle. Et chaque fois qu'il ouvrait encore la bouche ne faisait que déchaîner cette mer-là.

Elle transvasa le liquide brun du verre posé devant elle dans celui de Connor, qui l'avait déjà bien entamé, pour s'en faire un cendrier. Essayant de rester silencieuse et d'occuper ses lèvres avec une cigarette, qui ne lui faisait finalement plus aucun effet. Elle l'entendait là, avec sa condescendance à s'en crever les yeux. Sa façon de faire celui qui n'était au courant de rien, celui qui ne comprenait pas avait le don de l'énerver, et elle essaya de rester le plus calme possible, en détournant le regard sur le côté. « Mes interrogations... » elle ricana nerveusement, tant sa dernière phrase lui parut tirée par les cheveux. Est-ce qu'il entendait ce qu'il était en train de lui dire ? Car il rendait les choses telles petites, insignifiantes, sans la moindre importance. Que des interrogations, après tout. Des petites interrogations qui lui gâchaient un petit peu son quotidien, mais sans plus. Elle avait le bout de la langue qui la démangeait, les insultes et les reproches s'y étalant dessus sans vergogne et sans retenue.

Préférant les ravaler, « Arrête ça. Joue pas à ça avec moi, à celui qui n'a pas la moindre idée de ce que je raconte. » commença-t-elle, la voix la plus claire possible, la mâchoire crispée tant elle voulait paraître sereine. Alors qu'elle reposait ses yeux sur lui, « Tu sais très bien de quoi je parle. » Elle grimaça, trouvant répugnant son comportement et son ton à peine moqueur.
Formuler à voix haute sa question n'était pas une chose facile à faire pour elle, tant elle craignait que la réponse soit positive. Entre la réalité et ses hypothèses, ses pseudo-convictions, il y avait un fossé qu'elle refusait souvent de franchir, se disant que ne pas savoir était peut-être mieux en fin de compte – même si savoir se classait aux rangs des nécessités à ce moment précis. Cette vérité qu'elle mettait sur un piédestal ne méritait peut-être pas sa place, car au final, ça n'avait jamais payé. Elle dénichait toujours cette Vérité, à moitié, à trois quarts, sans oser aller plus loin. Découvrir que son père n'était pas son géniteur, que celui-ci n'était ni plus ni moins un petit frustré qui s'ennuyait dans sa routine de couple, qui avait sauté une pauvre fille les yeux pleins de beaux rêves et d'illusions, et qui avait préféré retourner à son quotidien monocorde lorsqu'il apprit que celui-ci était sur le point de s'effondrer avec cette grossesse non désirée. Elle fut même assez folle pour plaquer le peu qui lui restait dans son Irlande natale pour venir en Amérique, avec rien. Pour y découvrir qu'elle avait un demi-frère, et finalement s'arrêter-là, tout mettre sur pause et ne jamais relancer la cassette. Trop terrorisée des réactions que les autres pourraient avoir, elle avait préféré tout laisser en suspend. Et c'était encore ce même schéma – minable – qui se reproduisait ici avec Connor, se torturant l'esprit pour finalement abdiquer et aller chercher ses réponses à la source, et maintenant qu'elle y était, elle n'était pas foutue de formuler une phrase correcte annonçant la raison de sa venue.

Et après moult batailles contre elle-même et une cigarette entièrement consumée, elle en ralluma une deuxième, et finit par dire, vaincue par le besoin de mettre un terme à tous ces questionnements : « Toutes ces rumeurs qui courent sur toi... Où on dit que tu n'es pas aussi dévoué qu'on peut le croire à la Résistance, où tu n'es ni plus ni moins qu'un... opportuniste sans scrupules qui... qui n'a pas hésité une seconde pour nous trahir. » Ça lui coûtait que de dire ça, sa voix flanchant au bout de quelques mots, sa gorge devenant affreusement sèche. C'était le désert du Sahara là dedans, et elle pouvait toujours crever pour trouver un pauvre oasis au milieu de nulle part. Mais une fois ces pauvres mots arrachés de sa bouche, l'une des choses les plus difficiles était faite – l'autre étant de rester raisonnable devant sa réponse, s'il daignait lui en donner une une. « Est-ce que c'est vrai ? »
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Jeu 30 Mai - 21:09

Cette espèce de nouvelle vie que Connor se construisait peu à peu l'avait mené vers une sorte d'amnésie partielle. Des détails sur les gens qu'il avait connu avant, des informations dont il aurait facilement usé à son avantage auparavant, il les avait mise de coté. Ce verre qu'il tendait à Roxanne n'avait rien d'un affront, un geste machinal qu'il aurait eut à l'égard de n'importe qui. C'est vrai qu'elle n'était pas ce n'importe qui, bien que le garagiste l'aurait voulu. Une illusion qu'il essayait de se donner en la considérant comme une voisine de palier qui viendrait bavasser, tentant difficilement de remettre sous scellé tout ce qu'elle pouvait éveiller en lui. Le regard sévère de l'ex chef de la Résistance le ramena vers cette réalité qu'il fuyait, posant le verre il se contenta alors de s'occuper de son propre breuvage. Bientôt le liquide ambré qu'il avait offert à la brune se retrouva dans son propre verre. Il suivit du regard chacun des gestes sa visiteuse imprévue, observant un instant les traits de son visage marqués par la fatigue.
Pour sûr il aurait été plus facile pour Connor de ne plus jamais revoir cette jeune femme. Cette source d'autant de force que de faiblesse pour sa personne. Et plus encore il aurait été plus simple qu'elle ne courre pas après cette vérité... Celle-ci même qu'il avait dû mal lui même à démêler. Un léger doute pouvait continuer de planer, et il ne manqua pas d'entrer dans la brèche créée par le manque de précision de Roxanne. L'agacement de la belle fût palpable, comme une vieille habitude qui n'avait attendu qu'une chose : être réveillée. Et pourtant le jeune homme n'était qu'à un tiers de ses possibilités en matière de malice irritante. Un instant de silence demeura, durant lequel Connor bu une nouvelle gorgée de whisky profitant de la chaleur réconfortante du liquide coulant dans sa gorge et dont il pouvait aisément décrire tout le tracé. Il y puisait un certain courage, celui qu'il lui faudrait pour endurer cette confrontation car il avait perdu tout espoir d'une visite de courtoisie à l'instant même où il avait vu l'ancienne Résistante devant sa porte.

Un premier ordre sorti de la bouche de son interlocutrice et le blond l'accueilli avec détachement. Lui ? Faire semblant ? Où avait-elle bien pu pêcher ça ? Il en aurait presque rit si sa volonté n'était pas de limiter la casse. Mais cette envie de la piquer au vif le chatouillait vicieusement, dans cette situation, malgré les efforts qu'il faisait, ses petites manies n'étaient pas si faciles à brider... Sans doute l'anticipation d'une mise au pilori sans même que la membre du conseil ne cherche à le comprendre ou simplement à le croire. Il en était réduit à cette croyance dont il puisait la véracité dans leurs échanges passés. Hors de question de répondre avant qu'elle n'ait clairement posé la question, sachant très bien que cela lui coûtait de le faire. Après tout il n'y avait pas de raison pour qu'il soit le seul à ramer...
Connor espérait que les mots lui brûlent la bouche, qu'elle prenne la dimension de ce qu'elle demandait. Elle voulait des réponses ? Qu'elle vienne les chercher, il n'allait pas les lui servir sur un plateau. Une petite vendetta, une touche personnelle qui donnait le ton. Ses yeux envoûtants, ses lèvres attirantes et son caractère de chien n'allaient pas suffire à Roxanne, il se le promettait. Il se savait vulnérable dans ce changement qu'il opérait, le peu de stabilité qu'il avait réussi à trouver ne tenait qu'à un fil et il était hors de question qu'elle le coupe pour tranquilliser son propre esprit. En y pensant le junkie ressenti une légère amertume. Comment pouvait-il avoir penser un seul instant qu'elle n'allait pas venir lui demander de rendre des comptes ? Tout ce qui avait pu être baver par ces autres qui formulent leurs vérités rendait cela inévitable.

Ce bâton de la mort que la brune consommait avec zèle, trahissait son état. Mais Connor demeurait patient, prenant même le temps de poursuivre le ré-assemblage de son arme. Et enfin ces mots attendus furent articulés, syllabes après syllabes, constituant le noyau dur de ce qui allait alimenter leur échange. Aurait-il des allures de corrida ? Qui agiterait le drap rouge dans son costume ridicule, en essayant par quelques courbettes de rendre chaque blessure infligée moins barbare ? Peut-être lui, peut-être elle... Les rôles pouvaient même s'inverser et tous deux finiraient le dos ensanglanté.
Mais comment répondre à une question que l'on se pose soi-même ? Opportuniste, traître, les adjectifs ne manquaient pas pour qualifier Connor et chacun y allait de sa petite touche personnelle. Pas étonnant que Roxanne se questionne, c'était même légitime étant donné sa position par le passé. Quel était le vrai, le faux ? Quelle réalité avait-il conservé dans le tumulte de son esprit embrouillé ? La question pouvait paraître simple en apparence mais « C'est vrai » ou « C'est faux » n'étaient pas des réponses satisfaisantes ni pour l'un ni pour l'autre. Posant son arme reconstituée et le chiffon qui avait servit à la nettoyer sur la table, Connor regarda Roxanne avec attention « Que vaut une réponse si celle-ci est vouée à être remise en doute ? » lâcha-t-il avec sérieux. Ça n'était pas une provocation mais une simple introduction destinée à lui faire comprendre qu'il savait parfaitement comment elle pouvait accueillir ce qui venait de lui. Mais puisque des réponses elle voulait, des réponses il allait lui donner. « Tout n'est pas noir ou blanc et les gens ne disent que ce qui les arrangent. Ils soulagent leur propre conscience en pointant du doigt le gars qui s'est perdu en chemin. ». Il soupira « On fait tous des choses qui ne nous ressemble pas... ». Cette vérité ils courraient tous deux après et si Connor en était en théorie le seul détenteur, ses idées embrouillées ne jouaient pas en sa faveur. Il prit le temps de réfléchir à ce qu'il allait dire, la façon qu'il jugeait la meilleure pour tenter d'être compris. Une belle illusion en somme mais l'espoir fait vivre paraît-il. « Quand ma famille a été tué, un truc s'est comme débranché en moi. Tu vois cette justice pour laquelle je me battais me tournait le dos. Balayant tout ce que j'avais pu faire de bien, oubliant à quel point j'avais donner pour elle. » il prit son verre et le fit tourner en observant la danse du liquide qu'il contenait « Cette brèche, fragile s'est rouverte quand on t'as propulsé à la tête de la Résistance. Une fois encore j'avais donné, à toi en l'occurrence... Sans ce précieux retour tant attendu. Dans ces moments là tu sens une certaine sympathie pour le diable, peut importe la forme qu'il prend. » il eut un rire nerveux en pensant que l'ironie était bel et bien que Wayne soit un point commun entre eux, il était son diable « J'ai sympathisé avec lui... Me sentant étrangement soutenu et valorisé. » aveux à demi mot d'une trahison qui lui laissait un goût amer à présent qu'il lui était possible de prendre du recul « Et puis, on ne peut pas se renier indéfiniment... Certains actes même délibérés finissent par nous dégoûter et quand la lucidité revient... » il haussa les épaules « … On se rend compte qu'on a fait une connerie. Parfois il est trop tard, parfois non. » un petit sourire étira ses lèvres en revoyant quelques bribes de souvenirs qui lui restait de ce jour où il avait vu Wayne mordre la poussière « Certaines joies ouvrent les yeux bien plus que tout autre chose. » c'était en voyant le sorcier en mauvaise posture qu'il s'était rendu compte que ce pour quoi il se battait au départ était ce qui comptait et l'animait plus que cette fausse reconnaissance qu'on lui faisait miroiter. « Tout dépend de ce qui est le plus simple pour toi... Me voir comme un opportuniste ou comme quelqu'un ayant su retrouver ses valeurs ? » torturé et complexe, ça ce n'était pas une nouveauté concernant Connor. Mais ce calme et ce détachement dont il faisait preuve, malgré l'envie d'être provoquant ça par contre c'était de l'inédit.
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Sam 1 Juin - 13:39

Il restait calme, serein, et même froid. Ils semblaient avoir inversé les rôles ; là où il était le pauvre drogué pris de spasme, de transpiration massive et d'instabilité lors de leur dernière conversation – quel doux euphémisme – Roxanne semblait jouer ce rôle désormais dans une moindre mesure. Plaquant ses lèvres avidement contre ses cigarettes qu'elle consumait à vive allure, incapable de se montrer aussi stoïque que son interlocuteur. S'il voulait que chaque mot passant sa bouche la lui brûle, il avait également réussi à lui réduire en cendres ses tympans avec ses phrases suantes d'arrogance.
C'était malheureusement vrai, tout ce qu'il allait dire serait remis en doute. Le pire, mais surtout tout ce qui semblerait porteur d'espoir. Elle avalerait difficilement ses aveux, s'y étoufferait à quelques reprises mais ne tenterait pas de remettre sa parole en doutes si celle-ci lui confirmait sa terrifiante hypothèse. Au contraire, s'il avait l'audace de nier ne serait-ce qu'une seconde, elle lui balancerait à la gueule une avalanche de reproches, de saletés et de théories qu'elle avait échafaudé depuis quelques temps déjà. Plus apte à croire le pire que le bon. Silencieusement, elle écouta chacune de ses paroles, y trouvant à chaque mot supplémentaire, l'écho d'aveux. Elle tentait de faire toutes les connexions possibles, lier les éléments entre eux et éclaircir les zones d'ombres. Pourquoi est-ce qu'il avait soudainement commencé à devenir distant, pourquoi il lui arrivait d'enfiler sa voix mielleuse pour lui parler après des semaines entières de regards noirs et de silences tortueux... Sans ce précieux retour attendu... Elle crut halluciner en l'entendant ; voyant l'importance monstre qu'il avait accordé à cet acte qu'elle jugeait futile. Si c'était ce statut qu'il voulait à tout prix, elle le lui donnerait volontiers, car cette position de tête n'avait en soi aucun avantage, bien au contraire.

Le laissant terminer son monologue, entre pleurnichements, justifications douteuses et questions rhétoriques censées mener l'autre en bateau – soit la combinaison idéale pour éveiller le feu ardent qui brûlait Roxanne. Planquant son dos contre le dossier de la chaise, elle laissa les longues secondes s'écouler tandis que ses gestes devenaient moins nerveux. Comme un soudain apaisement, ou le calme destructeur après une explosion meurtrière. Un surplus de rage, de peine, de regrets, bouillante de colère et ravagée par cette trahison qu'il venait d'avouer à demi-mot. Si débordante qu'elle s'en scella la bouche.
Et finalement, d'une voix claire et sèche, elle articula : « Je crois que j'ai jamais autant détesté quelqu'un. » Même Wayne n'éveillait pas en elle un tel degré de dégoût et de haine à ce moment-là. S'il était volontiers l'incarnation du diable pour Connor, Roxanne le voyait bien différemment. Il était une pourriture – ce n'était un secret pour personne, mais il avait au moins la désinvolture et l'arrogance de reconnaître tous ses penchants dégueulasses, d'assumer jusqu'à la dernière goutte chaque litre de sang et de larmes versés ; là où Connor se réfugiait dans les explications qui tiraient sur la corde sensible. Si lui voulait à tout prix qu'elle prononce chacune des interrogations pour pouvoir se réjouir du spectacle qu'elle lui offrait, elle n'allait pas être moins douce non plus, voulant ses aveux servis sur un plateau d'argent, sans détour, sans artifices. Elle les voulait nus, elle les voulait sincères, elle voulait un fait et non pas une histoire pleine de malheurs, car elle question était simple : est-ce que tu nous a trahis ? Oui ; non. Il n'y avait pas l'ombre d'une difficulté.

« Tu peux être les deux à la fois, un salopard d'opportuniste couplé à un petit con ayant apparemment retrouvé ses valeurs... Tu parles de quelles valeurs Connor ? Car il semblerait que t'en aies jamais eues. » Elle ne voulait pas se laisser marcher dessus, toujours égale à elle-même. Même s'il essayait d'étouffer les faits sous une couche bien épaisse d'explications, il apparaissait très clairement à Roxanne que la question de la trahison n'était désormais plus qu'une simple rumeur, bien qu'elle ignorait encore à quel point celui-ci l'avait vendue. Elle était alors convaincue de sa traîtrise, s'insultant elle-même d'avoir été aussi naïve et de ne pas avoir remarqué ça plus tôt alors que tout se passait sous son nez. Et pourtant, secrètement, intimement, sans oser se l'avouer, elle espérait avoir tort ; peut-être que ce monologue insupportable ne cachait pas une vérité aussi cruelle. Elle avait envie d'y croire, portée par son besoin viscéral de ne pas s'être trompée une énième fois, et de pouvoir rester auprès de Connor en supportant son propre reflet. Elle en étant cependant incapable, croulant de honte à chaque fois qu'elle y pensait – c'était un cercle vicieux, renvoyant toujours cette horrible image d'elle-même, celle d'une fille qui s'était perdue il y a bien longtemps et qui était vouée à répéter ce même refrain pitoyable.

« C'est trop facile de rejeter la faute sur moi. C'est parce que t'as pas eu droit à ton heure de gloire, avec Connor propulsé au sommet de la Résistance que t'as décidé de nous foutre des bâtons dans les roues ? Elles sont belles tes valeurs, ta morale, c'est du joli, y a pas à dire. » Elle s'avança, posant ses coudes sur la table. Elle aurait voulu lui dire à quel point ce rôle de tête était fatiguant, non pas dans la pratique, car la hiérarchie au sein de la Résistance n'était pas aussi stricte et véritable qu'on pouvait le croire, mais surtout moralement. Refusant cependant de marcher dans ses pas et de jouer sur la carte de la petite fille à plaindre, elle se reprit en main, relevant légèrement le menton, avant de lui susurrer : « Il suffit de te regarder pour comprendre pourquoi ça a été moi plutôt que toi. » Elle semblait loin, la petite Roxanne terrorisée et nerveuse à s'en manger la main – du moins, presque. Si elle parvenait à articuler ses mots sans flancher, tranchante et glaciale, au fond elle se sentait partir en lambeaux, et ses jambes qui ne tenaient pas en place, ses doigts qu'elle tentait d'immobiliser en serrant le poing trahissaient son visage et ses paroles arrogantes.
« On fait tous des erreurs et... et ça, je le sais. J'ai jamais prétendu détenir la science infuse et la morale, la bonté parfaites. Mais lorsqu'on s'enfonce comme un imbécile dans son erreur, c'en est plus une. C'est plus une simple connerie qu'on oubliera, qu'on pardonnera comme si de rien n'était, en plaignant le pauvre de s'être perdu sur le chemin comme tu dis. Et toi, t'es loin d'être un petit naïf qui s'est tout simplement trompé de route, alors essaie pas me faire avaler des trucs pareils. » Elle s'y perdait un peu, tout affluait si rapidement sur le bout de sa langue qu'elle parvenait difficilement à faire le tri. Elle voulait littéralement l'assassiner sous ses mots. « Quand ? Depuis quand tu nous as trahis ? HEIN ? Deux mois, six mois ? Depuis le début ? C'était ton plan finalement, de t'infiltrer dans la résistance en espérant arriver à la tête, jusqu'à ce que tu tombes sur moi, et que je chamboule tes beaux petits plans ? Alors tu t'es dit, tiens on va se la taper, et comme ça si jamais elle se montre plus diplomate et digne de confiance que moi auprès des autres, conne comme elle est, elle me laissera sa place. T'es une pourriture. T'es pourri jusqu'à la moelle et lâche en plus. T'EN AS JAMAIS RIEN EU A FOUTRE DE NOUS... ni de moi. » Elle se leva brusquement, lui tournant le dos. Elle était déjà partie loin dans ses interprétations, remontant même à leur rencontre, le doute planant au dessus de tout. Elle perdait son calme à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche trop longtemps, se faisant emporter par l'élan de son agressivité. Cette bataille l'épuisait. Le souffle court, incapable de rester impassible. Têtue, orgueilleuse, elle refusait de lui montrer à quel point il l'affaiblissait, même si elle savait que lui tourner le dos était déjà assez pour lui faire comprendre qu'il menait la barque.

Elle reprit une nouvelle cigarette, se laissant le temps de retrouver son calme qui lui était si important dans cette situation-là. Car l'affrontement se faisait ici, dans le regard, dans les traits. C'était à celui qui serait le plus froid, le plus blessant. Celui qui saura être le plus acerbe, celui dont les mots seront aussi tranchants d'une dizaine de milliers de lames. Si elle perdait ses moyens, elle était finie – et vu l'état dans lequel elle était rentrée chez lui, il lui fallait rattraper son retard, il lui était nécessaire de compenser – elle était donc très mal partie. « Tout n'est pas blanc ou noir, et les gens disent ce qui les arrange... » Sa phrase lui revint en tête, risible à souhait. Un sourire se dessina sur ses lèvres, sans grande conviction, sans réellement en rire. C'était triste et cliché à en pleurer. Elle se retourna alors, les lèvres pincées, les yeux légèrement rougis. « T'es pas bien différent de ces gens-là. »
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Mer 19 Juin - 22:47

Tic tac tic tac tic tac. Le compte à rebours s'était lancé dès les premiers mots d'explication que Connor avait prononcé. L'ambiance devenant une chape de plomb, il voyait Roxanne grimacer, réagir en silence à ce qu'il venait d'avouer. Tout n'était pas claire comme de l'eau de roche et pour cause ça ne l'était pas pour lui non plus. Et puis quoi ? Un simple « Oui je vous ai trahi. » aurait suffit ? A d'autres ! Il n'était pas dupe, en venant chercher des réponses la jeune femme montait à l'assaut avec en tête de le mettre à mort quoi qu'il dise. Un combat sans merci déguisé en pseudo discussion, le garagiste s'apprêtait à recevoir les premiers coups. Le premier impact aurait pu être rude, mais il y vit une théâtralité qui lui arracha un sourire ironique. Il voyait le dégoût se peindre sur le visage de la jeune femme, elle allait lui vomir des tonnes de reproches, l'invectiver... C'était tellement prévisible. Elle avait eu le respect de le laisser finir, l'écoutant sans le couper et il était normal qu'il fasse de même.
Et lui qui avait toujours vu leurs joutes verbales sous un angle parfois quasi dramatique, voyait les choses tout à fait différemment avec cet esprit plus clair qu'il s'efforçait de conserver. Il se redécouvrait en quelques sortes et faisait dans un même temps le douloureux constat que le peu de complicité qui les unissait, malgré tout auparavant, n'était tout au plus qu'un souvenir. La brune le piquait au vif, appuyant où ça fait mal en mettant en doute le fait même qu'il puisse avoir des valeurs. Un léger ricanement franchit la barrière de ses lèvres et il aurait presque eu envie de gerber en l'entendant. Il resta impassible, gardant une façade mais cela au prix d'efforts considérables pour ne pas d'ores et déjà exploser. Seules ses mâchoires se serrèrent, retenant le venin qu'il crevait d'envie de cracher.

Elle avait voulu des réponses, il lui en avait donné. Il ne cherchait pas à se donner d'excuses mais simplement à faire la lumière sur ce qui l'avait amené à agir de la sorte. Expliquer ainsi son comportement pour lui répondre était une chose mais cela lui permettait également de faire le point. Évoquer les faits comme il les avait vécu l'aidait. Si Roxanne avait été à une époque la personne toute indiquée pour avoir cette discussion, ça n'était désormais plus le cas. Mais pourquoi n'arrivait-il pas à rester de marbre face à elle, alors qu'elle ne représentait plus que du conflit et de la souffrance à présent ? Elle le jugeait, piétinait chacune de ses explications comme si de toute façon il ne pouvait être qu'un sale traître qui n'en avait jamais rien eu à foutre, qui n'avait jamais cru en quoi que ce soit.
S'agitant comme un pantin, se débattant autant contre elle même que contre lui... C'était pathétique. Ils étaient tous les deux aux portes du ridicule tant ils aimaient se déchirer. Pourtant d'autres moyens de se sentir vivant devaient bien exister ! La brune entamait une tirade pleine d'amertume, essayant de lui appuyer sur la tête pour qu'il coule, mais manque de chance pour elle pour l'instant il avait encore pied. Les questions fusaient, preuve de sa fébrilité, les mots lui écorchaient les lèvres et le pire c'est qu'il aurait pris plaisir à la voir saigner. Parce qu'à cet instant il avait comme l'impression qu'elle pouvait comprendre, le comprendre. Pas ses actes, ça non elle était bien trop butée pour ne serait-ce qu'essayer... Non elle devait comprendre enfin ce que c'était de poser des questions en vain, essayer de démêler les choses mais que les réponses que l'on cherche semblent inaccessibles. C'était ce qu'il avait ressenti à leur dernière altercation, quand il lui demandait si elle se rendait compte de l'enfer qu'il vivait et que les seules réponses qu'il obtenait étaient des reproches. Bien entendu, dans le cas présent la dimension était moindre mais la voir se débattre ainsi le soulageait. Son ton monta, elle se leva et lui tourna le dos. Marque de faiblesse par excellence.

Cette totale remise en question le blessait profondément, parce qu'il n'avait pas voulu être un ennemi pour elle. Il en était devenu un par la force des choses, parce que ses choix n'avaient pas été les bons, parce qu'il se camait bien trop pour s'en rendre suffisamment compte. Après un bref instant de répit, Roxanne déversa le dernier flot de sa bile empoisonnée, le mettant sur un pied d'égalité avec ces gens qui racontent que ce qui les arrangent et transforment bien volontiers les faits à leur avantage. Connor la regarda droit dans le yeux, contemplant l'effet de sa colère, les premières marques de ce nouvel affrontement.
Il bu ce qui restait de whisky dans son verre d'une seule traite et se leva à son tour. Hors de question que déjà par leur positionnement physique elle ai le dessus sur lui. « T'es venue pour des réponses ? Réellement ? » il eut un petit rire plein d'amertume « Je pense que ce que tu veux c'est faire mon procès, exercer ton jugement. » il avait eu vent de sa position comme membre du conseil... Quelle ironie en sachant que Wayne était à présent ministre. Ah la belle plaisanterie !  
Le regard dur, le jeune homme avait jusque là contenu son désir de réponse, cette envie presque douloureuse de monter au front. Son tempérament de feu se réveillait, mais il restait néanmoins dans le contrôle car il savait que c'était là une des clés pour obtenir un semblant de victoire. « T'as posé des questions, j'ai répondu. Mais tu voulais quoi ? Une réponse brute libre de toute interprétation qui te permettrait de soulager ta petite conscience, c'est ça n'est-ce pas ? » il lâcha un soupir « Ok. J'admets être un salopard d'opportuniste. Tu as raison j'ai foncé tête baissée vers la moindre petite lueur que j'ai trouvé... Comme les insectes la nuit qui viennent se brûler les ailes sur les ampoules trop chaudes ! ». Il secoua la tête se demandant s'il était vraiment nécessaire qu'il rentre dans son jeu, mais il était bien forcé de constater que se retenir lui coûtait de l'énergie « Ce n'est pas ta faute, c'est un concours de circonstances qui m'ont amené à... envisager de vous trahir. » parce que la vérité, bien que Roxanne ne l'accepterait jamais, c'était bel et bien qu'il n'avait pas pleinement jouer son rôle de traître. « Ça serait mal venu mais après m'avoir traité tant de fois d'incapable, c'est presque flatteur que tu considère que j'ai pu à tel point être dans la manigance et le complot à ton égard. ». Le blond se mit à rire, expression de sa nervosité mais aussi une arme redoutable face à autant de rejet « Désolé de te décevoir. Même pour ça j'ai des lacunes. » doucement la colère montait mais il restait partagé entre sa nouvelle ligne de conduite et sa nature impulsive « Mais écoute toi ! Avec toutes ses conneries que tu déballe... Tu sais très bien que si j'avais voulu j'aurais pu donner toutes les infos que j'avais. Tout ! Et tu ne serais qu'un vague souvenir, toi et les autres d'ailleurs. ». Une vague d'angoisse le pris soudainement à la gorge, de ses entrevues avec Wayne il n'avait que des flashs plus flous, trop drogué pour s'en souvenir il était incapable de fournir des détails de comment les choses avaient pu se passer. Inévitablement cela le ramenait à ces aveux que la jeune femme lui avait fait il y a plusieurs mois de cela maintenant à propos de la relation dégueulasse qu'elle entretenait avec cette pourriture. Là il se sentit sur le point de flancher, c'était ridicule après les efforts qu'il avait fait jusque là. S'ajoutant à cela qu'elle puisse douter que son attachement, qu'elle pense cela était monté de toutes pièces ouvrait une autre brèche et c'est bien pour cela qu'il occulta ses accusations.
Plus facile que d'aller sur une pente glissante, il profita du peu d'avance dont il disposait dans cet échange en espérant que son bref moment de faiblesse soit passer inaperçu. Raviver sa colère en se remémorant ses propos était plus facile. Il pouvait bien admettre certains torts, parce que les faits n'étaient pas en sa faveur, mais ce qu'il ne pouvait pas tolérer c'était qu'elle remettre en question qu'il ai pu avoir des valeurs. Touchant directement à son éducation, à ses parents, c'était un point bien trop sensible, un terrain où elle n'avait pas le droit de s'aventurer. « Condamne moi, rejette chaque explications... Mais je t'interdis de dire que je n'ai jamais eu aucunes valeurs. » plus froid que jamais il avait bien articulé chaque mot « Tu pense être qui pour en juger, hein ? ». Un léger rictus aux lèvres il ajouta « Qu'est-ce tu déteste le plus ? Moi ou ce que je provoque en toi ? » définitivement, il préférait être le torero.
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Ven 21 Juin - 10:44

Ce qui pouvait peut-être passer pour une marque de politesse était en réalité extrêmement frustrant. Se laisser le temps de parole, et subir le silence de plomb comme plastique étouffant, que seule sa petite voix aiguë venait percer. Elle aurait préféré qu'il lui recrache tout le venin qu'il tentait de contenir tant bien que mal, car ces apparentes preuves de politesse n'étaient pas de coutume entre eux. Et pourtant, lorsqu'il sembla enfin retrouver la parole au bout de quelques minutes, l'irrésistible envie qu'il ferme de nouveau son clapet s'imposait d'elle-même. Elle y trouva dans ses premiers mots les effluves mêmes qui empestaient sa bouche : la jalousie, latente, sous chaque syllabe. Les reproches qu'il venait enfin de lui cracher à la gueule concernant ce rôle de tête qu'elle occupait au sein de la Résistance et qui avait fait bouillir sa personne, de rage et d'injustice. Le sentiment de n'avoir investi et d'avoir tout perdu ; et le voilà qui semblait avoir trouvé une nouvelle raison de lui en vouloir. Sa place au Conseil.

Prenant appui sur le dossier de sa chaise, ses ongles s'y enfonçaient sans retenue. Elle avait l'impression de fondre sur elle-même, son poids devenant insupportable, son corps, cette masse lui paraissant étrangère. C'était le poids de sa chair, de sa conscience, de ses peines, et sa rage. C'étaient les mots de Connor qui traversaient sa bouche, et se brûlaient sur sa peau incandescente. Elle ricana, à peine, se disant qu'il voyait dans cette place au Conseil comme un privilège suprême, un outil de petit tyran dont les mains étaient trop petites pour accueillir tout le pouvoir débordant. Tellement loin de s'imaginer à quoi ses journées consistaient désormais, cloîtrée dans des salles avec des gens trois fois plus âgés qu'elle aux morales et avis bien arrêtés. « Tu vas arrêter un jour ? C'est cette fameuse place au Conseil que tu espères maintenant ? Je te la donnerais volontiers. Sans problème. » Puis entre ses dents, elle grinça : « Imbécile. » Et il avait pourtant raison. Ce n'était pas tant des réponses qu'elle était venue chercher, malgré l'air qu'elle se donnait. Elle le voulait pourtant, véritablement. Être assez impartiale pour prendre tout ce qu'il serait capable de lui balancer, le bon, le mauvais, et peser le pour et le contre. Y trouver des raisons, des torts. Il fallait pour reconnaître qu'elle n'en n'était absolument pas capable, bornée comme elle était ; et à force de fréquenter ces membres qui vouaient une haine profonde envers tout résistant ou toute forme de résistance, elle avait peut-être fini par absorber leurs vices et leur jugement rapide. Tous ces procès n'étaient qu'une prétexte, en vérité. Elle pouvait bien s'acharner à défendre les uns et les autres, ils étaient tous une idée de sa peine au moment même où ils ouvraient leur dossier.

Si lui avait eu la patience, ou la retenue de la laisser parler, Roxanne ne l'avait pas. A peine il achevait ses phrases qu'elle lui répondait en hurlant. « Soulager ma conscience ? Mais tu t'entends parler ? De nous deux, je suis pas celle qui en a besoin. Tu me parles de ta trahison comme si c'était une œuvre d'art, libre d'interprétation... Y a rien à interpréter, à tergiverser. Les faits restent les mêmes, tu m'as trahie. » Passant ainsi du pluriel à sa propre personne. Car cette trahison l'atteignait inévitablement elle plus que n'importe qui d'autre. « Les raisons qui t'y ont poussé j'en ai absolument rien à foutre, parce qu'il n'y a RIEN, rien qui le justifie ou qui l'excuse. » Chaque syllabe se détachait proprement, l'articulation se faisant naturellement, et le ton devenant de plus en plus calme. Et ça, ce n'était nullement le résultat d'un travail sur soi ou d'un contrôle réussi. C'était la puissance de sa déception et la rancœur qu'elle nourrissait à son égard qui prenait la parole.
Elle secoua la tête tant ses paroles devenaient absurdes. Il semblait être lancé pour lui dire qu'il l'excusait, elle. N'est-ce pas risible ? Ce n'est pas de ta faute. Et le calme envolé. Il lui semblait faire les montagnes russes. Accrochée uniquement par la taille, le corps entier dans le vide, à s'en donner le vertige, à recracher tout son déjeuner. Elle alternait des fractions de seconde de calme ravageur et de folie stridente. « Bien sur que c'est pas de ma faute ! Je sais même pas comment tu oses me dire ça. Tu crois que quoi, j'ai besoin de te l'entendre dire, et que j'attends avec impatience ton pardon ?! Tu comprends pas que la seule personne en tort ici c'est toi ? »

Elle aurait sans doute faite une excellente traîtresse. Échafaudant dans son esprit amer mille et unes situations toujours plus alambiquées les unes que les autres. Elle semblait avoir un don pour ça, car ce qu'elle nommait possibilité voire certitudes lui apparaissaient avec une aisance et facilité déconcertante. Tout ça s'imposait de lui même comme une simple évidence, et elle ne se rendaient souvent pas compte que son entourage n'était peut-être pas aussi tordu qu'elle pouvait le croire. « Je te rassure, t'es pas aussi médiocre que tu le penses, lorsqu'il s'agit de me décevoir. Tu excelles, tu rayonnes. Tu pourrais peut-être faire gloire grâce à ça, cette gloire tant rêvée après laquelle tu cours comme un minable chien. T'es né pour ça. » Petite sotte arrogante, elle avait pourtant dans le regard l'envie d'autre chose. Le désir qu'il soit différent, qu'il soit là, pour elle, qu'il soit sincère avec elle. Qu'il ne soit pas un pauvre homme cupide et ravagé par la course à la fortune et à la reconnaissance, le tout avec un cerveau à peine fonctionnel qui s'apparenterait davantage à la de bouillie dans les camps de travail.
Roxanne fronça les sourcils. C'était peut-être les paroles les moins idiotes qu'il avait prononcé depuis le début, et pourtant elle n'y accorda pas plus que crédit qu'au reste. « Mais qu'est-ce que t'en sais ? T'es au courant de rien, Connor. Cette idée de Conseil, de soit disant procès, c'est peut-être le résultat de toutes les informations que tu leur as refilé ? » Avalant sa salive, elle reprit: « Parce que c'est tellement plus facile de déguiser un massacre sous la forme d'un procès bien en règle, plutôt que de les choper au détour d'une rue, de les faire mettre à genoux et de les exécuter. Je devrais sans doute te remercier aussi pour cette chance innée qui m'est tombée dessus ; avoir une place en tant que membre du Conseil. C'est quoi, une façon bien perverse de me punir, parce que tout le reste est pas suffisant ? C'est bien, c'est malin. Je suis celle qui a les mains sales à ta place. T'as même réussi à étouffer ton affaire, t'as tout gagné. »

Elle vit très bien où il voulait en venir. Si elle ne savait pas exactement les circonstances dans lesquelles les morts s'étaient déroulées, elle savait que ses parents avaient perdu la vie de façon sinistre et injuste. Ce n'étaient pas des sujets qu'ils abordaient habituellement. Ils se faisaient – disons, fut un temps – assez confiance pour dire quelques mots à propos de leurs parents respectifs, mais ils savaient tous les deux que ni l'un ni l'autre désirait épancher sa peine entre ressassant ce qui était déjà fait. C'était un terrain défendu, par accord tacite.
Elle n'eut pas le temps de répondre qu'il enchaîna déjà. Une question qui fit son effet, certainement. Elle le regarda, à moitié décontenancée, car il venait de gagner un point. Ce n'était pas tant sa personne qu'elle détestait, c'était le lien qui la reliait à lui qui était insupportable. Elle en avait connu et en connaissait encore, des pourris, des déloyaux, des menteurs, des incapables, et parfois les quatre en même temps. Elle les haïssait cordialement, mais elle n'en souffrait pas réellement. Pour Connor, c'était différent, car l'attachement qu'elle avait envers lui se retournait contre elle et la meurtrissait. C'était finalement, qu'elle détestait : ne pas être capable d'être – plus ou moins – indifférente à son égard. Roxanne ne sut quoi lui répondre, et se contenta de peu. « Ça fait la paire de toute façon, non ? »
Elle se refusait de répondre à sa puérile provocation ; car rien de ce qu'elle pouvait dire ne serait assez bon. Assez lacérant, assez douloureux pour lui. Lui cracher que ce qu'elle détestait le plus était définitivement sa personne, en niant tout signe quelconque d'attachement d'autant plus quelconque, elle se jetait dans la gueule du loup : et ils le savaient tous les deux. C'était nier et se faire piéger en même temps, ce n'était pas une issue envisageable. Reconnaître, totalement abattue que ce qui ça rendait si folle était en réalité ce qu'il provoquait en elle revenait à poser les armes, abdiquer la tête baissée. Le plus sûr demeurait encore de changer de sujet. « De toute façon, toutes les personnes qui se sont un jour soucié, ne serait-ce qu'un peu, de toi finissent mal. On en a déjà eu la preuve. Quand est-ce que j'y passe ? »
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Sam 22 Juin - 14:59

La pièce se transformait en ring, théâtre d'une de leur nouvelle altercation. Oh qu'ils pouvaient être pathétiques, ça ce n'était pas une nouveauté... mais apparemment même la souffrance qu'ils s'infligeait n'était pas suffisante, pourquoi y revenir encore et encore sinon ? Une vague de lassitude percuta Connor, il écoutait Roxanne dérailler. Parlaient-ils le même langage ? Pas sûr. Et rien à voir avec ce truc des hommes qui viendraient de Mars et les femmes de Vénus, non dans leur cas les choses étaient simplement vérolées par leur tempérament, leur caractère pourri, leur fierté mal contrôlée et... Leur puissante attirance en dépit de tout cela.
Des erreurs il y en avait dans les deux camps, pas un pour rattraper l'autre et surtout aucun pour l'admettre le premier. Elle avait espérer de lui des efforts, un comportement et une attitude qu'il avait été incapable de lui donner parce que ses blessures étaient tout ce qu'il voyait et son seul refuge se trouvait dans des effets chimiques lui embrouillant l'esprit. Mais l'ancienne chef de la Résistance avait redoublé de maladresse, trop rigide, trop impétueuse. Aucuns des deux n'avaient pliés, aucuns des deux n'avaient eu ce qu'ils voulaient et bien qu'ils crachaient bien volontiers dessus pour ne pas être comme tout le monde, ils continuaient à courir après ce concept abstrait qu'est le bonheur.
Connor sétait résolu à avancer seul sans ne plus rien devoir à personne, ne plus être envieux et réapprendre à être celui qu'il avait été un jour si c'était encore possible. Et voilà qu'elle arrivait comme une tornade venant ébranler ses maigres progrès.... Titillant une facette de sa personnalité, faisant remonter en lui des envies de l'écraser par le poids de ses paroles acerbes. Combien de temps encore allaient-ils se jeter leur amertume à la figure ?

Il eut envie de lui crier qu'elle était stupide, bornée rien qu'il ne lui ai jamais dit mais à cet instant il le pensait. Il n'avait rien à foutre du Conseil, de tous ces vieux pourris qui s'appliquent à faire semblant que les choses ont changés pour mieux endormir le peuple et redoubler d'efficacité en matière de manipulation. Et elle arrivait à penser qu'il voulait prendre part à cela ? Un ricanement, c'est la seule réponse qu'il donna et ce n'était ni forcé ni feint. Alors c'était ça qu'il était devenu ? L'image qu'il renvoyait ? Bien qu'erronée par la rancœur et le dégoût que Roxanne ressentait à son égard, cette image était déplaisante. Le garagiste ne cherchait pas à être un chevalier blanc, il ne l'a jamais été et ne le sera jamais... Mais peut-être qu'il pouvait espérer trouver une petite part d'équilibre et d'accord avec lui-même, non ?
Là où il avait réussi à garder le contrôle, son interlocutrice explosa. Une petite satisfaction que Connor savoura brièvement sous le flots de reproches qu'elle lui servait avec verve. Passant de l'identité du groupe à sa seule petite personne. Mais le vrai problème était là, c'était elle qu'il avait trahi en partie du moins. Pourtant il campait sur ses positions, si elle voulait entendre que oui il était se salopard de traître c'était pour soulagé sa conscience un moment avant de ressentir à nouveau le poids insupportable du dégoût. Il ne pouvait que la comprendre pour avoir eu ce même sentiment des centaines de fois. Dure et impartiale, elle n'accorderait pas de pardon mais ce qu'elle ne semblait pas comprendre c'est qu'il n'en demandait pas. « Tu voulais des explications tu les as. Les raisons en font partie, tu prends ou pas moi aussi je m'en fous. » répliqua-t-il en haussant le ton avant de reprendre un semblant de calme.

La tempête déchaînée mêlant la colère et la déception de Roxanne déferla sur lui, chaque phrase qu'il avait dit trouvait son renvoi épineux. Et si avant il serait monté au front sans même réfléchir, là il n'alla pas dans la surenchère. Fini la bête famélique, blessée qui se débat avec ses dernières forces dans une quasi folie furieuse... A présent il était un peu comme une coquille vide que chaque pique fissurait en ricochant à la surface, mettant à chaque fois un peu plus en danger se qui se trouvait dessous.
La jeune femme prit mal qu'il puisse la délester d'une culpabilité qu'elle n'endossait même pas, sauf qu'elle aussi avait tort là à cet instant présent elle était pleine de tort par le simple fait qu'elle ne l'écoutait qu'à moitié et surtout entendait chacun de ses mots biaisés par sa rancœur. Un terrain d'entente resterait introuvable, trop de saloperies traînaient entre eux, rendant ce qui restait de leur relation, nauséabonde. Et les gentilles continuaient de sortir de cette bouche qu'il avait tant apprécié il y a de ça, à ses yeux, des années lumières. Mais ça il ne devait pas y penser, tout comme il ne devait pas se perdre dans ses yeux. Sources de faiblesses qui pourraient le faire replonger vers des abîmes qu'il ne voulait pas rejoindre. Avec tout ce qu'elle lui mettait sur le dos il allait bientôt finir par traverser le plancher en croulant sous le poids. Exaspéré par son acharnement il leva les yeux et secoua vivement la tête en entendant les inepties que son esprit tortueux pouvaient produire « Non ! Toi t'es au courant de rien ! T'es un pantin au milieu de tout ça maintenant. Et crois ce que tu veux, mais je sais très bien ce que j'ai pu dire ou non. » il tentait l'autorité, sachant bien que c'était peine perdue mais la voir partir dans des théories fumeuses comme celle-ci l'agaçait profondément. Il lâcha un énième soupir « Hystérique et paranoïaque, tu cumule. L'air de la Lousiane te vas vraiment pas. » cracha-t-il avec arrogance.

Ce petit jeu vicieux de qui blesserait l'autre le plus vite, le plus violemment ne répondait à aucunes règles mais chacun de leur côté ils avaient des limites que l'autre savait pertinemment qu'il ne fallait pas outre passer. Vestiges de leur éphémère complicité, les terrains interdits étaient souvent réservés aux coups de grâce bien que ce fût le plus souvent inconscient. Mais là Roxanne savait bien où elle mettait les pieds en parlant de ses valeurs et Connor ne toléra pas cette intrusion. La réplique fût cinglante et la question qui suivit eu la portée voulue. Un court silence s'installa où il la sonda du regard, attendant sa réaction et il fût déçu. La lueur de surprise dans son regard, ce petit air décontenancé qui était passé rapidement sur ses traits avaient présagés plus qu'une réponse aussi évasive. Cependant, si elle se contentait de cela c'est qu'il avait touché un point sensible et c'est avec un petit sourire en coin qu'il hocha simplement la tête.
Il avait pris un petit ascendant sur elle mais la bataille n'était pas terminée, ça ne l'était jamais avec elle. Et la phrase qu'elle prononça donna le ton. Connor serra les mâchoires, venait-elle à nouveau de mettre dans la balance ce pour quoi il l'avait mis en garde à peine un peu plus tôt ? Mais il n'y avait pas que ça, elle remettait sur le tapis que elle au moins ce souciait de lui, le faisant passer d'avantage pour cet opportuniste sans scrupules qu'il l'avait trahie pour servir ses propres intérêts. Certes... Il l'était mais elle ne pouvait pas mesurer une seule seconde le poids de sa culpabilité, tout comme elle ne savait sans doute pas que c'était grâce ou à cause d'elle, question de point de vue, s'il n'était pas allé au bout. Pourtant il aurait eu toute les raisons de le faire en sachant pour Wayne et elle, mais elle parlait de punition et peut-être que finalement elle avait raison. Sa punition c'était d'affronter la vérité crue, la voir en face, l'entendre de sa bouche. Mais il ne devait pas abattre toutes ses cartes, c'était prendre trop de risques et s'exposer excessivement. Nonchalamment il désigna la fenêtre d'un geste de la main « Tout de suite si tu veux. Trois étages, j'espère que c'est suffisant. », il la défia du regard « Qu'est-ce que tu fous encore là Roxanne ? » il se mit à rire « Tu me déteste, je te dégoûte... Qu'est-ce que ça peut bien te foutre que j'ai trahi ou non la Résistance ? Tu t'en fous au fond, le problème est insoluble et peu importe mes réponses. T'as déjà tout en tête et j'en ai marre de t'entendre gerber tes reproches. ». Il fit craquer son cou en basculant la tête d'un côté puis de l'autre et secoua la tête avec un air blasé « Profites donc que je sois sobre, tu sais bien que ça dure pas. » il voulait la provoquer d'avantage mais se retenait. Ou alors il pouvait être sincère... Non. En fait il ne pouvait définitivement pas puisqu'elle rejetterait tout en bloc et que cette fois ça le blesserait qu'elle le traite encore de pleurnichard. Ces mots qu'il allait dire lui arracheraient véritablement la bouche, il savait d'avance qu'il ne sortirait pas indemne de cet échange parce que dès que Roxanne entrait dans la danse s'en était fini pour lui. Il se servit un nouveau verre de whisky, récupéra son arme sur la table et la rangea dans le tiroir du meuble contre le mur avant de refaire face à la belle hystérique « Soyons adultes pour une fois... ». Oui il lui laissait le choix de la suite des événements, allait-elle repartir dans les tours ? Tenter une approche plus calme ? Ou comme il voulait le sous-entendre, prendre la porte et arrêter de s'épuiser dans un combat sans fin ? C'était la seule soupape qu'il avait trouvé, dernier effort qu'il pouvait faire pour garder ce calme aussi succin soit-il...
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Lun 24 Juin - 17:44

« Tu comprends rien. » souffla-t-elle, finalement plus pour elle-même que pour arriver dans l'oreille sourde de son interlocuteur. Lentement, en traînant la patte, elle reprenait sa place précédente, assise, les coudes posés sur la table. Il n'avait certes pas tort, il provoquait chez elle un tel degré de haine et de dégoût que ça atteignait des sommets. C'était cette colère puissante qui ne se dirigeait que sur lui, ce n'était pas le simple fait de ne pas apprécier une personne, c'était ce sentiment, cette aversion si profonde et si violente qui se déversait en elle comme un torrent de lave, visqueux, gluant, réduisant en cendres les moindres signes de vie, de joie, de paix, de tranquillité. C'était ce monstre odieux qui la grignotait vicieusement de l'intérieur en même temps qu'il explosait de l'extérieur, c'était ce qui lui bouffait toute son énergie, son énergie perdue à se débattre contre et envers elle-même, et lui, et tout ce piège dans lequel ils s'étaient faits prendre comme des proies naïvement coincées dans une toile. Détester était déjà une chose fatiguante, épuisante. Mais comme rien n'est jamais tout blanc ou tout noir, et Connor était le premier à prêcher la nuance, il se trouvait qu'elle l'aimait autant qu'elle le haïssait. Et c'était dans cette confrontation que résidait le problème, parce qu'aucun des côtés ne semblait peser plus lourd que l'autre. Ou sinon seulement de façon alternative, sans jamais réussir à trouver un état stable. Et de ses paroles, tout semblait bien plus facile. Car si elle ne nourrissait de que la haine et du dégoût à son égard, en effet, pourquoi se dépenser autant et venir à rencontrer pour se retrouver dans des culs de sac ?

Elle laissa passer de longues secondes, si ce n'est des minutes avant de soupirer bruyamment, le visage enfoncé dans ses mains. « C'est vraiment ce que tu crois ? Qu'au fond, j'en ai rien à foutre et que je viens te réclamer des explications plus par principe qu'autre chose ? » Finalement, que signifiait être adulte ? Agir comme tel ? C'était accepter ses torts, et avancer quand même ? C'était savoir renoncer à son absolu, à son idéal qui relevait plus de l'idylle puérile que de la réalité dans laquelle on baignait véritablement ? Être adulte, où était la frontière, où étaient les démarcations qui faisait qu'une réaction passait soudain du stade infantile au stade adulte responsable ? « J'en ai marre de te voir prendre la voie facile et de me laisser toute la merde derrière. T'es pas foutu de prendre une décision, et les rares fois où t'en prends une, c'était celle à éviter à tout prix. » Car c'était comme ça qu'elle percevait le choix qu'il lui laissait. C'était se délaisser de toute responsabilité, et la foutre dans une impasse, comme il aimait tant le faire : si elle choisissait de partir, ils savaient tous les deux que ça aurait davantage des allures de résignation que de réaction sensée. Si elle préférait reprendre les armes et se faire saigner jusqu'à mort s'en suive, elle passerait pour la gamine tellement gâtée qu'elle n'est pas capable de relativiser son caprice. « J'ai essayé d'agir en tant qu'adulte comme tu dis, depuis que je te connais. Et ça a pas marché. Et... même lorsque j'essaie de ne plus rien avoir à foutre avec toi, je peux pas. On est constamment là à me rabâcher ton nom, Connor par ci, Connor par-là... » Elle ricana, car son prénom lui sortait effectivement par les yeux. Les rumeurs ne filaient plus comme des facteurs rapides, c'étaient désormais des nuages épais qui s'étaient posés dans la ville, et qui asphyxiaient la Résistance. « Parce que tu vois, d'une part t'es juste un connard, un petit merdeux qui nous a trahis, et d'autre part... On me fout dans le même sac que toi. » Évidemment, elle passait pour sa complice. Connor et Roxanne, dans la Résistance, ils s'y étaient presque fait un nom en tant que duo. Ces grande-gueules qui aimaient tant à se disputer, mais qui s'étaient étonnement révélés efficaces ensemble sur le terrain. Il n'était donc pas imaginable que Connor se soit trouvé un coup sans qu'il n'ait embarqué celle qui apparaissait volontiers comme son alter-ego. « Apparemment, coucher avec moi augmente tes chances de vivre désormais en tant que résistant. Il paraît que je défends les bons coups seulement. »

Pourtant, peu importe ce qu'elle allait faire, les choses seraient les mêmes. Qu'elle continue cette discussion – si on pouvait appeler cet échange baveux de mots de cette manière – ou qu'elle s'en aille dès maintenant, ça n'allait jamais être assez. « Donc tes conseils à deux balles, tu peux te les garder. Soyons adulte, soyons adulte... Ce jeu là je le connais, peut-être pas les règles parce qu'on en a jamais définies et c'est pour ça qu'on se retrouve dans cette situation là aujourd'hui, mais les petits coups bas et vicieux, crois-moi j'en ai déjà assez bouffés avec toi pour les repérer. Parce qu'au fond, c'est toi qui en a rien à foutre ! » Elle le foudroya du regard, comme prête à ce que la gâchette lâche à tout moment. C'était terrible à avouer, mais ça lui passait effectivement par l'esprit : et s'il mourrait ?

La pièce était devenue étouffante, aussi petite qu'un placard à balai où deux manches se battaient en duel dans le noir le plus total. Elle se broyait les poumons avec autant de joie que le nervosité, pour essayer d'asphyxier sous fumée opaque chacun de ses travers. Lui, avait choisi la mort par la noyade et s'y donnait avec autant de ferveur – il n'y avait pas à dire, de bons rivaux qui s'étaient malheureusement retrouvés ensemble, et qui faisaient durer le supplice, à l'autre comme à eux-même, depuis bien trop longtemps.
Elle le regardait avec ses grands yeux d'eau, fatigués et à moitié essorés. Les lèvres pincées, remuantes, elle ne tenait pas en place. Elle était comme ça Roxanne, agitée, impossible à calmer, et se retrouver face à un calme inhabituel de la part de Connor n'arrangeait en rien les choses – au contraire, il faisait grandir sa frustration déjà immense. En boule de nerf qu'elle était, elle éclata en rires, qui avaient de louches échos de sanglots. Un peu entre les deux, à l'entendre. Parce qu'il la poussait à bout, comme toujours. Et au bout de quelques instants, elle passa ses mains moites sur son visage pour essuyer et les gouttes salées et la sueur, articulant distinctement entre deux gestes : « J'aurais dû te laisser crever toutes les fois où j'en ai eu l'occasion. » Et s'il mourrait, au final, peut-être que les choses iraient mieux. La triste vérité était qu'elle le pensait réellement – mais plus triste encore, était que si cela venait à arriver, elle serait la première à pleurnicher pendant des mois entiers, à noyer ses peines et ses remords dans la mer de larmes, et à traîner derrière elle le lourd poids de la culpabilité.
Ce qu'il venait de lui déballer ne passait pas, elle ne le digérait pas. Elle le prenait, et s'offusquait comme prévu de son comportement, et dans le fond, elle n'y arrivait pas. Elle ne parvenait pas à donner une étiquette nette et concise à Connor, alors qu'elle savait, elle savait qu'il ne méritait pas plus que ça. Il ne méritait que le nom de traître gravé dans sa chair en plein milieu du front, pour qu'il se fasse ruer de coups à chaque fois qu'il aura l'audace de pointer son nez dehors, et respirer l'air comme s'il en était encore digne. Il ne méritait rien, ni même la mort. Et pourtant c'était Connor... Et ça la déchirait. « T'aurais dû y réfléchir avant de nous faire ça. Avant de ME faire ça. » Elle voulut en rajouter davantage, mais se tut. Elle jugeait que c'était suffisant pour qu'il comprenne, qu'elle n'allait pas claquer la porte et disparaître tout simplement de sa vie. Qu'elle n'allait pas lui donner le luxe de se rebâtir, et qu'elle allait se donner toute entière pour lui faire payer cet affront.


(Je reconnais que je ne savais pas trop quoi lui faire faire à la Roxanne. Donc si jamais ça ne te va pas, tu me fais signe.)
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Dim 30 Juin - 14:26

En Musique

Aussi petites puissent elles être, chaque victoire comptaient. Garder son calme, se montrer presque serein face à Roxanne même si cela n'allait pas durer, c'était une petite victoire pour Connor le signe que c'était possible qu'en redoublant d'effort il arriverait à changer. Et pourtant la jeune femme avait été la première à lui hurler qu'il était foutu, une carcasse vide rongée par les substances qu'il ingérait. Beau paradoxe qu'était son discours où elle voulait qu'il change pour ensuite mieux lui mettre la tête sous l'eau en l'affligeant de toutes les responsabilités de son état. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs...
Il la regarda se rasseoir et savoura le silence qui s'abattit sur la pièce. Ça n'était pas une trêve il le savait bien, mais au moins pendant quelques minutes il pu continuer à travailler sur son attitude calme et détachée. Chaque nouvelle réplique le poussait vers ses bonnes vieilles habitudes, il brûlait de l'intérieur tant l'envie de crier plus fort pour l'écraser une bonne fois pour toute s'amplifiait. Il posa sur elle un regard blasé « C'est ce que je crois oui. Ou si ce n'est pas que ça, juste pour avoir une nouvelle raison que tu jugeras valable pour me détester d'avantage. » il eu un petit rire nerveux « Satisfaite ? ».

Chacune de leur altercation était tellement énergivore, ils en ressortaient toujours épuisés nerveusement mais aussi physiquement. Pas de raison que celle-ci fasse exception malgré la légère avance que Connor avait réussit à prendre. Il pensait se préserver mais les efforts déployés lui coûtaient presque autant que d'exploser comme il savait si bien le faire. Il reçu encore son venin qu'elle distillait à travers ses phrases teintés de lassitude. Alors comme ça il était celui qui choisissait la facilité ? Définitivement ils n'étaient donc pas fait pour se comprendre, elle se posait en victime car la vérité était qu'elle ne pouvait pas faire un choix et c'était lui qu'elle accusait. La meilleure défense est l'attaque et Roxanne maniait cela aisément. « Pourtant il me semblait que malgré mon état la dernière fois j'avais fait mon choix... » celui de ne plus la revoir, qu'elle disparaisse de sa vie. Alors quoi ? C'était la mauvaise option ? Certes ce n'était pas sans douleurs, sans conséquences mais il avait pensé prendre la bonne décision pour lui mais aussi pour elle puisque rien de positif ne ressortait jamais de leurs interactions.  « Arrête de jouer les moralisatrices Roxanne. Pas là... Pas maintenant. » en supporter d'avantage allait lui être difficile et il le lui demandait comme une sorte de service, mais c'était comme dire à un enfant de ne pas manger les bonbons qui étaient sous son nez.
Qu'il dise blanc ou noir ça n'irait de toute façon jamais, l'esprit de contradiction de la brune prendrait toujours le dessus sur le reste. Comment avaient-ils pu un jour se trouver quelque chose en commun ? La question devenait de plus en plus présente dans l'esprit de Connor. Quand ce n'était plus vraiment lui le problème c'était les autres qui s'emmêlaient avec leurs cancans nauséabonds, la ramenant sans cesse vers ce qui la dégoûtait. Oh pauvre Roxanne, si elle ne l'agaçait pas tant il l'aurait presque plainte. Et elle continuait encore et encore, elle bavait toujours plus de reproches, d'accusations à son égard. Le tempérament de feu du garagiste montait peu à peu en température, et à mesure que les degrés montait son niveau de contrôle était consumé par une rage qui le prenait aux tripes. Son poing se serra et il ferma les yeux un instant comme si ça pouvait l'aider à ne pas lui exploser à la figure comme une bombe à retardement, mais malheureusement c'est ce qu'il était.

Sa voix devenait insupportable, il n'en pouvait plus de l'entendre. Qu'elle se taise, il fallait qu'elle la ferme, qu'elle arrête. Même les larmes qui roulèrent sur ses joues ne provoquèrent rien en lui, pas une once de pitié ou de remords... Rien, juste sa colère qui l'envahissait. Oui finalement elle aurait dû le laisser crever, au moins il n'aurait pas eu à subir ça. Elle aurait été sa libératrice et le mieux c'est que la souffrance serait devenue sa compagne pour quelques temps. Il aurait fait d'une pierre deux coups sans rien n'avoir à faire de plus que de partir les pieds devant.
Sans crier gare, sans signe annonciateur, son poing s'abattit violemment sur la table juste devant elle. Ses prunelles devenues glaciales se fixèrent dans celles de Roxanne, les muscles de sa mâchoire se crispèrent « Mais qu'est-ce que tu veux à la fin ? », il empoigna sa chaise et la poussa avec force pour avoir la place de s'appuyer les deux mains sur la table. Elle voulait le voir prendre des décisions ? Et bien soit ! Il faisait le choix de faire face à son plus gros problème du moment : elle. Fini le calme et le ton posé à la limite de la nonchalance, les décibels montèrent de plusieurs crans « Mais tu comprends pas que t'es la seule responsable de tes échecs ? Que si être soit disant adulte a jamais marché c'est parce que tu t'y prenais mal ? Tu veux tout et son contraire. J'étais prêt à me faire sauter le caisson devant toi. T'imagine que c'était en me poussant à bout, en m'enfonçant dans le chaos que j'allais sortir la tête de l'eau ? » il secoua la tête avec un air dépité « C'est toi qui ne comprends rien... T'es tordue Roxanne. Complètement folle, ça tourne pas rond et t'as même pas besoin de drogues pour ça. » il se mit à rire, un ricanement aux tonalités malsaines dont l'intention de blesser n'était pas dissimulée « Oh tu vas encore dire que je me trouve des excuses, mais j'en ai. J'avais le cerveau rongé par toute cette merde. Mais toi... Y'a rien. » il l'entendait déjà lui répliquer qu'il s'était mis dans cette merde tout seul, qu'il était l'entier responsable de cette période noire. Oui mais il n'en avait rien à foutre, il voulait l'écraser, l'étouffer sous le poids des mots comme elle le faisait depuis le début, comme elle le faisait à chaque fois. Il inspira profondément avant de continuer à cracher ce qui le consumait de l'intérieur « Même dans la trahison j'ai échoué. Parce que même si je courrais après cette reconnaissance qu'on me promettait, j'avais toujours une chose qui me retenait. Je sentais le poids de la culpabilité de trahir ces idées que je pensais justes, de trahir tous ces gens qui prenaient des risques pour la cause qu'ils soutenaient. Mais au final eux j'aurais pu les vendre, j'aurais pu si t'avais pas été le leader de tout ça... Si j'étais pas aussi faible dès qu'il s'agit de toi. » il se redressa, laissant glisser ses mains sur la table pour finalement s'accrocher au bord « J'ai été un piètre traître...J'ai retourner une nouvelle fois ma veste pendant ces événements à New-York. Et t'y es pour beaucoup, même si tu t'en fous, même si t'y crois pas. ».

Il marcha dans la pièce, agité par la colère comme un lion en cage « Toi aussi tu m'as trahis ! ». Ils n'avaient pas d'exclusivité l'un envers l'autre, ils n'entretenaient même pas de relation à proprement parlé mais elle avait été souillé par le seul être que Connor détestait le plus sur la surface de ce qui restait de cette terre. Mais maintenant ils étaient deux à le dégoûter... Elle pouvait bien lui sortir des grands discours, l'accabler tant et plus désormais c'était elle la plus traître des deux.
Dans son élan de rage il s'approcha et empoigna son visage à une main, maintenant fermement son menton et l'obligeant à le regarder en face. Peu importe qu'il lui fasse mal ou non, c'était le dernier de ses soucis et puis à voir comme elle appréciait de venir chercher l'altercation d'elle même, c'est qu'elle aimait la douleur. « Je te dégoûte, et crois moi sur parole c'est réciproque. » il voyait dans les iris de Roxanne le reflet des siennes remplies de haine. Il savait dès à présent qu'il ne s'embarrasserait plus de sentiments ou de quelconques autres choses qui pourrait l'affaiblir et le détourner de sa nouvelle quête. Il fallait qu'il profite de cette haine qui irradiait, de l'image qu'il pouvait avoir d'elle entrain de consommer ses désirs malsains avec Wayne, tout ça l'aiderait à faire une croix sur ce qu'il avait cru être autrefois une lueur d'espoir. Il resserra sa prise « Tu me préférerais mort ? » un rictus étira ses lèvres « Considère que c'est le cas. Et pour tout ces autres qui t'assomment avec mon nom et leurs rumeurs, dit leur que je ne suis plus qu'un souvenir, une ombre. Affirme ton aversion pour moi, dis leur combien tu me hais. ».
Il colla son front contre le sien, brutalement, sa main libre caressant son cou et descendant vers sa poitrine « Ton brillant amant, celui qui te traite à ta juste valeur... Comme une chienne que tu es. Profites en, rassasie toi du désir que tu nourris à son égard. Crève de plaisir dans ses draps si ça te chante. » il se mordit la lèvre car les mots lui arrachaient la gorge et pourtant il les pensait « Mais surtout retiens bien que si tu te mets en travers de mon chemin... » frottant sa joue contre la sienne pour la provoquer d'avantage il alla chuchoter à son oreille « Je te tuerais. ». Il recula lentement avant de la lâcher, la défiant du regard, les mâchoires serrées.
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Lun 1 Juil - 14:31

Elle n'était pas capable de rester assise et d'attendre qu'il finisse enfin son petit monologue où il pointait son doigt sur tous ses travers. Elle n'avait ni la patience, ni assez raison, ni assez de maîtrise pour rester stoïque devant une gerbe pareille, alors elle s'encombrait de gestes inutiles et elle tentait de gueuler plus fort encore. « Va te faire foutre Connor, arrête de remettre la faute sur moi, toujours, constamment, putain, mais qu'est-ce que... Oh maintenant tu vas me dire que c'est moi qui suis à l'origine de tes vieilles tentatives de suicide pourries ? Tu peux aller te faire foutre, vraiment, mais putain mais te pousser à bout ? T'enfoncer ? Mais si c'était ce que je voulais tu serais pas là devant moi aujourd'hui ! » Elle ne faisait que se répéter. Comme un vieux disque rayé qui s'est bloqué sur le morceau que tout le monde déteste, et qui est condamné à le jouer encore et encore. Elle ne parlait pas, elle hurlait comme une démente pour recouvrir la voix de Connor, qu'elle entendait malgré tout le brouhaha qu'elle créait. Elle voulait qu'il se taise autant que lui le désirait – ils tombaient d'accord sur ça, au moins ; mais ni l'un ni l'autre ne semblait être prêt à abdiquer en premier. Peu importe ce qu'il pouvait lui dire, et ce qui sonnait douteusement comme une déclaration, comme l'expression même de ce qu'il pouvait nourrir envers elle, ne lui faisait aucun effet. Elle était devenue hermétique à tout, se consumant dans ses propres opinions, bien solides, bien rigides, qu'elle ne changerait pour rien au monde. Ses doutes et ses pensées étaient devenues des certitudes, des acquis si bien ancrés en elle qu'il semblerait qu'ils y aient toujours été. Elle n'acceptait ni le débat, ni la remise en question : elle avait raison. Elle détenait la vérité, et la vérité possède ce caractère formidable de mettre d'accord tout le monde. La vérité trône sur son tas de mensonges, et s'en tire, glorieuse, brillante, puissante. Elle réduit les mauvaises langues au silence, et mouvante, active, elle déploie les écorces du faux. Ce n'est qu'une question de temps généralement – ou d'obstination. Elle était tellement certaine d'avoir là, en elle, cette vérité tellement évidente qu'elle se devait de réduire en cendres toutes les autres théories douteuses. Et ça la tuait de voir que Connor s'entêtait à ce point-là, refusant de voir ce qui lui apparaissait si clairement. Elle ne comprenait qu'on puisse nourrir une autre vision des choses, lorsque des faits si limpides se déroulaient sous leurs yeux.

Roxanne ne supportait pas les reproches, surtout pas ceux qu'elle jugeait injustes. Elle secoua la tête lorsqu'il lui disait à quel point elle pouvait être atteinte, et qu'elle était totalement responsable du carnage qu'elle était, et qu'ils étaient désormais. Qu'elle ne pouvait pas accuser Connor de ses propres échecs, parce qu'elle en était l'unique cause. Ça ne faisait pas sens dans sa tête, c'était tout bonnement absurde. Ce n'était pas elle, le problème. Ce n'était pas elle, qui avait tout foutu en l'air. C'était Connor, qui était à l'origine de toute cette destruction, pendant qu'elle essayait de s'accrocher et de recoller les morceaux, comme si c'était encore possible. Pas elle.
« T'as raison, je te crois pas, et je m'en fous. Arrête de tirer sur la corde sensible, sur le mélodramatique de bas étage, car tu sais très bien que ça marche pas avec moi. A quoi est-ce que tu t'attends en me déballant ton discours de... de prince charmant boiteux ? Tu penses m'amadouer ? Mais tu me le prouves tous les jours, tout le temps que t'en as rien à foutre de moi, que je suis une putain de plaie ! Que tu ne m'aimes pas, que tu me détestes autant que je le fais, alors pourquoi est-ce que t'es là en train de me dire que les autres, tu t'en tapes mais moi... MOI, c'est différent ? C'est pas différent et si c'était le cas, on serait pas là ! T'es le pire putain d'opportuniste que j'ai rencontré, le pire des manipulateurs, mais je peux au moins t'applaudir parce que tu excelles dans ces domaines là et c'est sans doutes les seuls. T'as bien profité de moi, c'est bon, t'es satisfait ? Maintenant aie au moins les couilles d'assumer le fait que tu ne sois qu'un pauvre connard, au lieu de me faire des espèces de déclarations faussement romantiques. Parce que ça me donne la gerbe. Parce que TU me donnes la gerbe. » Elle reprit son souffle, une paume contre sa joue devenue brûlante. Elle étouffait de chaleur, avait l'impression d'avoir pris feu au moment même où elle avait mis les pieds dans ce fichu appartement. La flamme avait eu du mal à prendre, petite, fragile, mais elle avait fini par éclater. Sa cage thoracique montait et redescendait furieusement, et l'air raclait sa gorge et son palais sans la moindre merci. Elle était dans une course folle qui ne semblait pas avoir de fin.

Prise par surprise, elle tenta de résister lorsqu'il attrapa dans ses mains son visage. Elle grimaça, coincée entre ses paumes et ses doigts fermement rabattus sur elle. Elle secoua la tête pour essayer de se dégager, mais en vain, elle ne faisait que renforcer la prise. Et ses doigts s'enfonçaient dans sa chair comme pour la percer. Au dégoût qu'il lui avouait, elle n'avait rien trouvé d'autre le funeste sort qu'elle lui espérait, lui exprimant ses terribles regrets d'avoir été trop bonne, et de lui avoir refusé la mort.
Si elle n'avait pas compris sa remarque précédente concernant sa trahison, les choses lui parurent soudainement plus claires lorsqu'il évoqua son brillant amant. Il savait à quel point n'importe quel contact physique avait le don de la révulser, tant sa personne la dégoûtait. Elle ne supportait plus qu'il la touche, qu'il la frôle, qu'il la caresse, qu'il l'embrasse, alors qu'elle était celle qui se roulait dans ses draps, et dans ses bras, celle qui chérissait sa chair, sa peau, chaque parcelle de son corps, et ses cicatrices qu'elle brûlait de ses lèvres, et ses baisers sous lesquels elle frémissait de plaisir. Mais c'était avant qu'ils ne se métamorphosent en deux monstres de destruction, nés pour ça, allant mourir à cause de ça. Elle eut un mouvement de recul, qu'elle stoppa net face à la douceur qui se répandait au niveau de sa mâchoire, tant la prise de Connor était forte. Un frisson la parcourut lorsque sa main libre vint se balader sur sa peau nue, se crispant sous son contact.
Elle ne le regardait plus, ses yeux préférant l'éviter soigneusement. Elle subissait silencieusement le contact qu'il lui imposait, et le poison qui se déversait dans son oreille. Son regard fut cependant attiré vers son visage, lorsqu'il prononça très clairement : « Je te tuerai. » Les dents serrées, la mâchoire crispée, elle le regardait s'éloigner d'elle fixement. Ils venaient de passer au cran supérieur, après les insultes, les monstruosités qu'ils se balançaient avec une aisance hors du commun, ils passaient désormais aux menaces de mort.
Roxanne resta sur sa chaise, sans savoir quoi faire, sans savoir quoi dire. Ce n'était pas les mots qui manquaient pourtant, tant ils affluaient sur sa langue. Il lui suffisait d'ouvrir la bouche pour la voir prononcer qu'elle le ferait avant qu'il n'en ait l'occasion, qu'il n'aurait pas le courage de le faire de toute façon. Elle finit cependant par grincer : « Je comprends mieux pourquoi toutes les personnes qui tiennent à toi finissent par disparaître. »

Et elle se releva, esquissant quelques pas vers Connor, sans pour autant dépasser cette limite qui semblait si nécessaire. « Tu te rends même pas compte de l'absurdité de ce que tu dis. T'es en train de mettre sur un pied d'égalité, TA trahison – et le mot s'applique bien à ton cas, au fait que j'ai pu coucher avec quelqu'un ? » Elle le défia du regard à son tour, avant de poursuivre : « C'est pas la même chose. C'est pas DU TOUT la même chose. TOI, tu m'as trahie, TOI. Et je sais pas pourquoi t'es obsédé avec le fait que je ne t'appartienne pas, parce que c'est pas tes affaires. Parce que je t'ai jamais rien promis. Et si c'est la seule chose que tu puisses me reprocher, c'est minable, c'est pathétique, mais ça prouve aussi que j'ai toujours été honnête. Contrairement à toi. » Elle ralluma sa cigarette. Elle était toujours dans l'excès, peu importe de ce dont il s'agissait. L'excès à tout rompre, l'excès à s'en tuer, à s'en damner. L'excès pour mourir de plaisir, à s'en crever. Elle aurait dû s'arrêter-là – même si à vrai dire, elle aurait dû partir il y a bien longtemps déjà. Elle ne put s'empêcher cependant, entre deux bouffées, de rajouter : « Et je te remercie pour ton feu vert, maintenant je sais que je pourrai crever en plein orgasme en ayant toute ta bénédiction. Car c'est bien ce que tu me donnes non ? Toute ta bénédiction, pour cette fameuse union que je désire de tout mon être. » Elle finit sa phrase en détachant bien chaque syllabe, insolente au possible.
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Jeu 4 Juil - 12:31

Elle hurlait à lui en déchirer les tympans et à s'en faire péter les cordes vocales. Peut-être pensait-elle que la portée de ses mots augmenterait proportionnellement avec le volume sonore. Mais il n'en était rien et lui vociférer des reproches, toujours les mêmes qui plus est, ne faisait qu'amener un peu plus de charbon pour attiser d'avantage sa colère. « Change de disque ! » gueula-t-il avec dureté, elle était déjà sénile pour toujours lui rabâcher inlassablement qu'elle n'était pas fautive ? Qu'il était un connard d'oser ne serait-ce que le penser... Ils tiraient l'un et l'autre sur la corde comme des possédés, cherchant à faire tomber l'autre dans le précipice les séparant et ce dernier semblait de plus en plus profond.
Il était Connor le junkie, Connor l'infâme, le minable qui les avait mené à ces éclats de voix pathétiques et stériles. Oh il pouvait bien lui dire ses mots là pour que Roxanne se barre enfin et cesse de polluer son atmosphère mais même ça il n'était sûr que ça fonctionne, parce qu'elle trouverait toujours quelques choses à redire, à lui reprocher, une pique aiguisée pour le transpercer de part en part. A force de leurs altercations verbales à coup de phrases acérées ils allaient finir par tous deux ressembler à des passoires. Et voilà qu'à présent elle partait sur le registre du romantisme raté... Parlaient-ils seulement la même langue ? Elle percevait des intentions qui n'était pas celles du garagiste et ça avait le don de le mettre hors de lui. Avant ça avait peut-être été le cas, son esprit embrumé par la drogue le poussait à se raccrocher un peu à tout et n'importe quoi. Dommage pour la brune hystérique, il réussissait désormais à passer plus de temps lucide que défoncé. Son jugement pouvait être altérer par la colère mais plus par les substances qui le rendait auparavant dans l'état pathétique de loque humaine. Son nouveau monologue était un peu comme une nouvelle benne à ordure vidée par dessus le reste du tas d'immondices que la membre du Conseil avait pu déjà entasser. « Mais on est tous des opportunistes ! C'est la nature humaine, c'est pourrie c'est comme ça. Les autres, toi, moi... Tous ! Je te donne la gerbe mais t'aime ça, sinon t'aurais déjà claqué la porte ! Arrête de geindre toi aussi. » il s'aventura dans une imitation caricaturale de Roxanne, prenant une voix plus aiguë qu'à l'habituel et gesticulant comme elle pourrait le faire « Connor t'es vraiment qu'un connard, assume. Pourriture. Tu m'as trahis... » il termina en geignant pathétiquement avant de se mettre à rire « Tu me demande des explications je te les donnes et ça va pas. Tu m'enfonce, je réplique... Et ça va toujours pas. On s'agace, on s'enlise dans des discours stériles et ça va pas ! Mais bordel de merde tu voudrais pas assumer aussi de ton côté d'être simplement une maso hystérique ?! Ce que tu veux ce n'est pas la vérité mais TA vérité, celle que tu veux entendre. T'as tellement la conviction d'avoir raison que tu n'entends même pas le reste, à peine ça frôle tes tympans que déjà tu rejettes tout en bloc. T'es butée, bornée, insupportable ! » il cria alors à s'en faire sortir les poumons de sa cage thoracique « Je t'ai trahis parce que j'en ai rien à foutre de toi. Je t'ai manipulé et t'es assez conne pour avoir mordue à l'hameçon ! J'ai foiré mon coup mais si c'était à refaire je n'hésiterais pas un seul instant parce que je suis qu'un opportuniste. » elle voulait l'entendre ? C'était chose faite, même si c'était sûrement dans ce discours que régnait le plus de mensonges depuis qu'elle était entrée dans cet appartement.

Elle allait finir par réellement le rendre dingue, en fait c'était même déjà fait. Et la suite dépassa tout ce qu'il avait déjà pu lui dire par le passé, un beau level up dans les degrés de saloperies qu'ils pouvaient se balancer à la tronche. Il lâchait les chiens, il voulait la voir déchiqueté sous les poids des mots l'atteindre et la blessée plus que jamais. C'était l'ultime solution qu'il avait trouvé pour qu'elle sorte de sa vie, pour qu'enfin il ne doive plus porter cette faiblesse en lui et c'était plus simple de l'oublier en sachant qu'elle le détestait de tout son être. Malgré les apparences la douleur le rongeait déjà de l'intérieur au milieu de la rage bouillonnante une partie de lui souffrait déjà de la perte de celle pour qui il aurait fait n'importe quoi... Mais là il en était réduit à dire ou faire n'importe quoi pour qu'elle s'en aille et disparaisse. Dur et froid, il la défiait du regard et encaissa sa piètre réplique s'autorisant même un petit sourire en coin. Pourtant en disant ça elle frappait fort sans en avoir l'air, parce qu'elle touchait cette corde plus que sensible qu'habituellement il était interdit de toucher. Mais les interdits n'avaient plus leur place entre eux à présent et tout les coups étaient permis. Il pensait l'avoir assommer, écraser sous l'intensité de ses paroles, malheureusement il n'en était rien et elle se leva pour de nouveau lui faire face. Encore un nouveau round, à l'avantage de qui cette fois ?
Ils allaient bientôt le savoir, c'est Roxanne qui donnait les premiers coups de cette nouvelle manche du combat. La seule envie de Connor à cette instant était de lui faire avaler sa langue, la lui faire bouffer pour ne plus avoir à l'entendre avec sa voix qui sonnait si désagréable à ses oreilles alors qu'il l'avait adoré dans un temps qui lui paraissait bien loin à présent. Il se demandait si elle feignait d'être aussi stupide simplement pour avoir encore des choses à dire ou si elle était si obtus au point de penser réellement tout ce qu'elle était en train de baver. Il leva les yeux, exaspéré se mordant la lèvre pour ne pas hurler à nouveau. Au lieu de ça il inspira et expira profondément dans ce qui ressemblait plus à des soupirs qu'à un véritable cycle respiratoire. Nerfs à vifs, tempes martelées par son sang tourbillonnant dans la moindre petites artères le composant, Connor serra le poing jusqu'à s'en faire blanchir les articulations de ses doigts. Il leva brusquement le bras, armant sa main prêt à l'abattre avec force sur le visage de sa vis à vis. Un fragment de seconde de lucidité suffit lui faire prendre conscience de ce qu'il s'apprêtait à faire et déjà l'amertume de la culpabilité l'attaquait. Voilà à quoi elle l'amenait, à lever la main sur une femme alors que c'était contraire à son éducation et ses valeurs dont elle doutait qu'il puisse en avoir. Il se servit de l'élan qu'avait déjà sa main pour lui arracher sa cigarette, la broyant à même sa main sans même sentir de sensation de brûlure. « T'as tout faux ! » il lui adressa un petit air condescendant, comme s'il était désolé pour elle pour cette pauvre illusion qu'elle s'était faite « Je suis au moins d'un niveau qui t'es supérieur en matière de trahison, ça ne porte même pas à discussion. On ne peut pas comparer ça. Mais dans l'intention, la base est la même. » il fit un mouvement de balayage de la main « Peu importe ! ». Hurler ne le menait à rien, il devait lutter contre cette envie de beugler plus fort qu'elle, s'était finalement se rabaisser à son niveau et ce qu'il voulait c'était la victoire pas une égalité douteuse. Le calme qu'il avait su préserver précédemment avait un peu désarçonnée Roxanne et il espérait pouvoir réitérer cette prouesse. Ça partait assez mal avec le ton qu'il employa « Te pense pas plus importante que tu l'es, c'est pas de la jalousie c'est de la déception ! » il poursuivit avec moins de vivacité « J'ai jamais cherché à ce que tu m'appartiennes, je m'en fous. Tu m'as jamais rien promis et moi non plus. Et prends pas ça pour du romantisme de bas étage parce que j'en ai plus rien à branler de t'émouvoir où quoi que se soit, mais ce truc que tu ne m'appartienne pas ça avait même quelque chose de terriblement excitant. ». Il la regarda de haut en bas et fit une moue emprunte de dégoût « Le problème c'est pas l'acte, c'est plutôt le choix du partenaire. » oh ça ouais, penser qu'il a pu partager le même entrejambe féminin avec Wayne ça avait de quoi lui donner la nausée et c'est dans ces moments que l'ignorance est parfois le mieux... Mais le mal était fait et là il en était le seul responsable puisqu'il avait insisté pour savoir. Un sourire plein d'arrogance étira ses lèvres « Crois bien que je suis ravi pour toi. T'as plus d'âme à sauver maintenant que les griffes du Malin t'ont agrippées, qu'il ta souillé et qu'en plus t'as aimé ça. » il frappa dans ses mains dans un applaudissement solitaire « Bravo, pour ta prestation. J'ai toujours su que tu irais loin... Pas dans cette direction. Mais j'ai beaucoup de travail à faire sur ma capacité de discernement. ». Ses iris s'accrochèrent aux siennes fixement pendant un instant « T'as eu tes réponses, non ? Je t'ai dit ce que tu voulais entendre. » d'un geste il montra la direction de la porte de sortie. Il lui fit un petit clin d’œil « N'oublie pas ce que je t'ai dit surtout. ». Il faisait l'arrogant, comme si plus rien ne le touchait mais déjà il sentait ses entrailles se tordre en sachant d'avance quelle douleur il allait devoir affronter en évinçant la jolie brune de sa vie. Il allait repenser à sa brutalité, à ses mots, ses menaces et il s'en voudrait... Mais l'important c'était surtout qu'il reprenne le dessus en ne perdant pas de vue que c'était de toute façon la meilleure solution tant les choses entre eux c'étaient dégradées et étaient devenues irrécupérables. Ne la lâchant pas du regard il attendait qu'elle s'en aille en sachant pertinemment qu'elle ne pourrait s'empêcher de lui lâcher quelques mots acerbes au passage et peut-être même essayer de lui infliger le coup de grâce.
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MessageSujet: Re: Ravage - Connor    Lun 8 Juil - 18:19

Elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils, agitant lentement la tête de droite à gauche tandis qu'il lui disait ô combien l'espèce humaine n'était qu'un ensemble de pourriture animé de minables spasmes. Elle ne parvenait pas à se faire à cette idée, qu'elle rejetait en bloc sans même réfléchir : non, c'était faux. Ça ne pouvait pas être vrai. Elle était pourtant un solide pilier du pessimisme, qui ne pouvait se résoudre à réduire l'homme à ça, un tas de vices, de défauts plus ou moins gros qu'on essaie d'enrober sous une couche bien épaisse de bonnes manières, toutes aussi hypocrites les unes que les autres. On ne vaut pas mieux qu'un singe, un chien, une limace. On est peut-être même pire que ces pauvres bêtes qu'on regarde avec dédain, qu'on écrase sans pitié, ou qu'un choie en sachant pertinemment qu'il est inférieur à nous ; on est peut-être pire parce qu'on sait, parce qu'on a conscience de la pourriture que l'on est, et qu'on essaie de la cacher.
Il n'aurait pas été surprenant de sa part qu'elle adhère à cette doctrine que Connor hurlait à qui bon voulait l'écouter, et pourtant elle voyait plus que ça chez l'homme, ou en tout cas, elle voyait plus que ça dans sa propre personne. Pas si optimiste, ni pleine d'espoir en l'humanité, en fin de compte. C'était davantage son orgueil qui refusait d'assimiler le discours de Connor, c'était sa fierté, flamboyante et ravageuse qui ne voulait pas se plier, luttant comme elle savait si bien le faire. Car elle n'était pas comme ça, elle était honnête, elle était intègre, et si certains ne l'étaient pas, il ne fallait pas en faire une généralité.
Et si elle s'acharnait autant, si elle refusait de poser les armes, d'enlever son armure et se lancer, corps et âmes dénudés dans un champ de bataille comme une pauvre suicidaire, c'était parce qu'elle l'aimait. Non, ce n'était pas ce qu'elle aimait ça, cette situation chaotique qui n'avait ni début et encore moins de fin, ce n'était pas parce qu'elle se sentait vivante uniquement lorsqu'elle était en pleine confrontation, ce n'était pas parce que ce méli melo de viscères lui plaisait ; c'était parce que désespérément, elle l'aimait. Et c'était ce qui faisait si mal, et c'était ce qui rendait les choses impossibles. Et l'entendre dire, de façon simple et claire ce qu'elle essayait de lui arracher depuis le début ne lui provoqua strictement aucun sentiment de satisfaction, bien au contraire, lui laissant finalement ce trou béant que rien ne parvenait à remplir.

Ses mâchoires se crispèrent soudainement lorsque sa main se leva brusquement. Elle fixa ses poings fermement serré quelques instants, avant de reposer son regard sur Connor. Son geste inachevé n'était pas sans être révélateur : incapable de lever la main sur elle, il ne serait pas abusif de dire qu'il ne serait pas capable de faire feu sur elle. Du moins, c'était ce qu'elle voulait croire.
Ce qui était si bien avec Connor, était qu'il avait une formidable capacité à trouver des conneries, toujours plus grosses les unes que les autres. Toujours plein de surprise – mais jamais les bonnes, malheureusement. Roxanne avait longtemps pensé, à chaque fois qu'elle entendait un reproche ou une remarque tellement déplacée qu'elle se demandait s'il avait réellement osé dire une chose pareille, qu'au moins, il ne pourrait pas faire mieux – ou pire, plutôt. Ce qu'elle savait désormais, était qu'il en était toujours capable. « L'intention est pas la même du tout. Si toi tu voulais seulement me faire regretter mon comportement, et mon absence d'éloges à ton égard, très bien. Mais crois-moi, l'intention n'est pas du tout la même. Je pense pas à toi quand je suis avec lui. »
Elle avait déjà eu droit à ce discours-là, mais rien d'étonnant, ils fonctionnaient tous les deux comme des vieux disques de concert live de Céline Dion et Johnny Hallyday, rayés, foutus, qui se répondaient. Il se tuait à lui faire comprendre à quel point elle comptait si peu à ses yeux, et pourtant, des deux, il était le seul à s'insurger devant le fait qu'elle ait pu s'enrouler dans d'autres draps. Il était celui qui prenait ça comme une trahison suprême, la pire qu'elle aurait pu lui faire, pire encore que ce qu'il avait osé commencé. Elle aurait pu comprendre ça comme, une preuve de l'attachement sincère qu'il nourrit à son égard, mais rien ; elle était surtout agacée, extrêmement agacée par son comportement, bien qu'elle savourait aussi ce que cette dernière carte signifiait : il n'avait rien à lui reprocher, qui tienne réellement la route. « Oh, parce que t'en as eu quelque chose à foutre un jour ? J'ai sans doute loupé un épisode à ce moment là. Et ne t'inquiète pas, cette excitation tu pourras la retrouver à tous les coins de rue. Personne ne voudra de toi, t'auras toujours cette certitude d'être sur le point de la perdre, mais bon, pas de quoi s'affoler, tu aimes tant l'effet que ça te fait. »

Elle ne comprit pas réellement la remarque qui suivit, ignorant la relation qui liait Connor à Wayne – ignorant tout court qu'ils se connaissaient. Elle pensait que le personnage demeurait relativement inconnu à ses yeux, sachant seulement qu'il était un juge sadique aux Jeux, qu'il a été récemment promu ministre, et éventuellement quelques ragots par-ci par-là. Partant de cette idée-là, sa remarque ne fit pas réellement sens, ou du moins, pas elle n'avait pas l'ampleur qu'elle avait véritablement. « T'aurais préféré que ce soit une femme, pour ne pas te sentir bousculé dans ta virilité ? » Elle préférait jouer l'insolente, plutôt que de vanter les qualités humaines de Wayne – qui étaient clairement inexistantes. Et bien qu'elle savait le genre d'homme qu'il était, elle ne put se retenir de pouffer lorsque Connor fit une comparaison douteuse avec le diable. C'était absurde, c'était démesuré. Roxanne se contenta simplement de lui répondre, presque dans un souffle : « J'ai a-do-ré. »
Elle suivit du regard le doigt de Connor, qui l'invitait gentiment à déguerpir de là, et elle se mit à ricaner. Se retournant pour aller prendre son paquet de cigarettes posé sur la table, elle revint vers Connor, brisant la distance qu'elle avait si soigneusement installée entre eux. Cette précieuse distance qui représentait comme une sorte de périmètre de sécurité pour Roxanne. C'était dans sa personne, dans son sang, dans ses gênes, ça lui était désespérément nécessaire, de lui donner le coup de grâce. Ou au moins, une jolie sortie. Car c'est ce qu'on aime au théâtre, une jolie sortie, à défaut d'une chute phénoménale. Elle prit alors sur elle, ravalant son dégoût qui giclait pourtant depuis le début, pour se placer là, tout près de Connor. Son souffle caressant son cou, puis son oreille droite, tandis que sa main gauche se frayait un chemin, depuis son torse jusqu'à sa ceinture. Un souffle long, un souffle d'extase se faufila en dehors de sa bouche, le souffle qu'elle déversait sur lui lorsqu'il lui faisait l'amour – s'il l'avait un jour fait. « N'oublie pas ce que j'ai fait, surtout. »


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Ravage - Connor

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