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 Dark Words | Faith

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MessageSujet: Dark Words | Faith   Mar 14 Mai - 12:34

You don't have to say, what you did, I already know, I found out from him You told me you loved me Why did you leave me, all alone Now you tell me you need me When you call me, on the phone Girl I refuse, you must have me confused With some other guy Your bridges were burned, and now it's your turn.

Protagoniste de ses cauchemars, son visage apparaissait souvent. Laissant sa trace. Défiguré par la noirceur de ses traits indescriptibles. Sa hargne brillant de mille feux à travers ses rétines. Son sourire machiavélique se déchirant à plusieurs reprises. Il l'avait condamné, ce sorcier intriguant. Lui laissant la possibilité de hanter le passé en échange d'une vie de solitude qui lui sembla éternelle. Il avait revu leurs visages. Alimenté par les chimères qui ne tardèrent pas à le mener à sa perte. Le bonheur avait traversé son esprit et son âme semblait apaisée. Il retrouvait l'ataraxie, petit à petit. En accord avec lui-même. Souvenirs délicats, mais emplis d'une délectation agréable. Son essence comme anesthésiée, laissait refléter les stigmates d'une prospérité révolue. Un esprit chaotique plongé dans un coma émotionnel. Cicatrices douloureuses le suivant comme son ombre. Lui rappelant l'être insalubre qu'il pouvait être. Aveuglé par l'idée de les retrouver, il n'avait vu que la bienveillance. Espérant que ces visions soient le symbole d'une vie apaisée, abrégée de ses souffrances. Impostures. Partagé entre l'utopie et la réalité, il avait perdu le fil de son quotidien. Il les recevait à chaque moment, les bras ouverts, prêt à les accueillir. Jusqu'à tomber dans les mauvais songes. Souhaitant que le compteur soit remis à zéro.

Cet homme aimant, n'était que la pâle copie de ce qu'il ne serait jamais. Sa femme et son fils défunts n'étaient que des mirages. Vipères audacieuses, prêtes à l'affaiblir pour qu'il se voit dans l'incapacité de ne plus discerner les illusions d'une existence matérielle à l'authenticité fondée. Il ne pouvait l'éclairer. Cette sensation de bien être. La quiétude que ces illustrations représentaient. La frivolité de ces hallucinations le rendait fiévreux. L'avidité de tout circonscrire se faisait pesante. Le pire, c'est qu'il aimait ça. Ces chimères édéniques au goût jouissif étaient devenues sa drogue quotidienne. Un rituel malsain auquel il s'était adonné avec un plaisir inquiétant. Vivant ainsi. Dans les balivernes d'une époque achevée. Il n'était que le spectateur ingénu. Il ne ressentait rien. Tout cela était faux. La douceur de leurs épidermes n'étaient que la traduction de ce qu'il voulait bien croire. Consternation des plus pitoyables. Armure soignée ne laissant transparaître aucune once de faiblesse aussi nombreuses soient-elles. Ses peurs inavouées refaisaient surface, plus conséquentes que jamais. La solitude était devenue reine, le plongeant dans les abysses d'un silence frustrant.

Leurs regards changeaient de direction. Évitaient ses prunelles azurées. Les plus téméraires, osaient l'observer, ne prenant pas la peine de dissimuler leur mépris. Qu'elles étaient belles. Sublimes créatures aux courbes enchanteresses. Révoltées par le reflet que leurs rétines mémorisaient, photographiant chaque recoin de sa personne. Il se sentait dénudé. Devenant martyr de leurs préjugés. Le désir autrefois assoiffant, s'éteignait. Les étincelles d'une passion dévorante diminuaient d'intensité. La flamme de leur envie se consumait, rapidement, pour y laisser qu'une trace de dégoût. Elles peinaient à se souvenir des ébats charnels échangés avec cet inconnu. Sa punition. Ces jeunes femmes. Il avait décidé ainsi. Sa tête avait hoché, dessinant un oui clair et net. Les lèvres du sorcier tyrannique s'étaient écartées en un rictus malveillant. Il avait mis son plan en exécution. Sans attendre. Sans pitié. Sans négociation. Le désir s'était effacée. Le sexe féminin n'éprouvait plus aucune fantaisie envers Wayne. Lui, qui autrefois était l'acteur principal de leurs tourments et de leurs larmes salées. C'était ça l'accord qu'ils avaient échangé. Une vie faite d'illusions en échange de la répulsion dans leurs pupilles dilatées.

Un temps éphémère qu'il n'apprécia guère. La frustration était immense. Celle de rentrer les soirs sans une muse à ses côtés. Sa peur de l'isolement s'amplifiait, plus vive que jamais. La solitude l'effrayait. Plusieurs années où il s'était retrouvé isolé, ayant comme seule consolation un misérable verre de ce nectar qui lui semblait si précieux. Pourtant ses vrais bijoux attendaient son retour impatiemment. Il revenait, tardivement, la figure décomposée par les heures passées à vagabonder. Portant sur lui le parfum d'une énième tentatrice exotique. Le liquide salé des prunelles céruléennes de son épouse glissait lentement sur ses joues, traduisant sa mélancolie. Il n'y prêtait pas attention, se couchant sur ce qui était autrefois leur nid d'amour. Un lit dont l'odeur reflétait les souvenirs d'une nuit de noces mémorable. Représentant plus que de banals draps rongés par la détresse d'une femme se disant veuve. Il y était retombé, encore une fois. Ayant le choix. Il retrouvait la solitude comme une vieille amie. Repoussant envers celles qui jadis étaient prêtes à attendre devant sa porte le moment où il les laisserait enfin pénétrer son antre. Fini. Le néant avait submergé ses relations sociales. Pendant un certain temps, il n'était pas sorti de chez lui. S’apitoyant sur son sort comme un enfant capricieux. Aujourd'hui il retrouvait à nouveau le plaisir de leurs peaux si douces, et voilà qu'un autre drame envahissait une fois de plus sa miséreuse vie.

Wayne l'avait serré si fort que sa victime avait pris une couleur bleuâtre surprenante. Il crut qu'elle allait pleurer, impuissante face à sa folie passagère. Regrets, remords. Tout s'assemblait, le réduisant à un être consumé par le traumatisme de ses actes. Il l'avait suivit. Faith. Sa sirène, la pécheresse de ses nuits. Son lieu de travail se situait un peu plus au Nord du Treme, s'éloignant du quartier de débauche que celui-ci était devenu. Un zoo. Endroit sympathique et agréable, qui ne faisait qu'accroître la douleur profonde qu'il ressentait en lui. Il en avait visité, avec son fils à New-York. Reliques inestimables qu'il gardait secrètes au fond de son cœur. Oubliant de se concentrer sur le calme évident du parc, le sorcier se focalisa sur sa proie. Pénétrant les lieux comme un voleur. La brune ouvrit une porte, accédant à son bureau certainement. Wayne lui laissa le plaisir de s'installer convenablement. Il ressemblait à un psychopathe obsédé par les courbes généreuses de sa victime. Il avait déjà eu l'opportunité de suivre des individus, mais jamais il n'avait mêlé sa vie professionnelle à sa vie sentimentale. Poussant la porte avec fureur, il la referma aussitôt. « C'est TA faute. Entièrement TA faute. » Les cris de l'ancien flic se déchaînèrent, prononçant chaque syllabe avec dédain. Il tournait dans la pièce comme un fauve en cage, pointant son index sur la jeune femme. « Pourquoi hein ? Pourquoi ce serait à moi de réparer tes erreurs ? » Il ne savait plus où il en était. Rongé par les remords, les sentiments en détresse.

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MessageSujet: Re: Dark Words | Faith   Jeu 16 Mai - 10:48


Papillonnements de paupières la trahissant encore et encore. Ses doigts resserrèrent leur emprise sur le bloc note qu’elle tenait contre sa poitrine, les phalanges blanchies par l’effort. Maigre tentative pour focaliser son attention sur l’échange en cours qui ne tarderait pas, comme les autres, à se solder par un échec. Ces protocoles routiniers que l’homme en face d’elle débitait avec ce ton monocorde que conférait l’habitude, elle les connaissait par cœur. Des semaines durant, elle avait enfilé la même combinaison et comme lui consacré ses heures à nettoyer les enclos, nourrir et étudier le comportement des pensionnaires de la réserve. D’un certain point de vue, les hommes fonctionnaient comme les animaux, mieux valait gagner leur confiance avant de leur demander quoi que ce soit. Passer de l’insubordination la plus totale à une poignée de remarques désobligeantes constituait ainsi déjà une victoire en soi. Il ne lui avait pas fallu plus de quelques semaines pour prouver que la nomination de cette vétérinaire sortie de nulle part n’était pas entièrement due à son joli minois ou la longueur de ses jambes. Elle leur donnait une poignée de mois avant de lui accorder la considération qu’exigeait son poste. Curieusement, l’idée de voir son autorité et ses compétences quotidiennement ou presque questionnées avait fini par lui plaire. Elle aimait ce trouble affairement qu’impliquaient ces challenges journaliers, s’y plongeait toute entière avec un frisson de satisfaction. Constamment en mouvement pour mieux oublier. Toujours plus de dossiers, toujours plus de périlleuses auscultations dans l’espoir de tenir éloignées les troubles images prenant d’assaut son esprit à chaque fois qu’elle baissait la garde.

Cette immobilité dans laquelle la maintenait cette conversation, Faith l’exécrait. Elle rongeait son frein, tentant de se raccrocher aux bribes de mots captés au passage tandis que son esprit sombrait doucement dans de dangereuses considérations. Combien de temps cette mascarade allait-elle encore durer ? La tentation d’intimer le silence à l’employé et de tourner les talons était forte. Un mouvement de poignet. Un minuscule, bref petit geste pour lui signifier qu’il était temps d’écourter son explication et elle pourrait fuir en direction de son bureau. Mais l’homme en costume avait exigé une visite. En tant que propriétaire des lieux, il avait tous les droits, y compris celui de lui faire perdre son temps. Nouvelle plaisanterie de l’homme d’affaire accompagnée d’un rire un brin trop bruyant pour être véritablement sincère.
« Si vous voulez bien m’excuser maintenant, Monsieur, je vais retourner à mon travail ».
Son estomac se souleva face à la servilité de son propre ton. Cette déférence mielleuse représentait sans aucun doute possible la pire facette de son travail. Savourant certainement l’ascendant que lui conférait sa position, il se tourna vers la jeune femme et la toisa. Flottement d’une poignée de secondes qui lui sembla durer des heures avant de le voir concéder à son départ d’un petit hochement de tête absent. Quitter cet endroit suintant une apathique hypocrisie à tout prix. Tant pis pour l’expression narquoise se dessinant sur les traits de son subordonné en entendant son humble requête. Elle aurait tout le loisir de faire disparaître ce petit sourire plus tard. Pour l’instant, seule comptait la perspective de se réfugier dans la respectable solitude de son bureau pour s’étourdir de travail. Encore une fois.

Sourire aux membres du personnel administratif dans le couloir, récupérer son courrier en passant, puis pousser la porte de son bureau. Innombrables et répétitifs gestes du quotidien effectués avec ce masque de résignation automatique qu’elle s’était forgé. La tête renversée en arrière, ses lèvres entrouvertes échappèrent un long soupir. Une fois sa lassitude chassée d’un revers de main, elle s’empara d’un dossier pour le consulter. Porte s’ouvrant à la volée sans réussir à la tirer de sa lecture.
« A moins que je ne me trompe la politesse veut que l’on attende d’être invité à entrer avant de débarquer dans le bureau des gens… » Enonça t’elle calmement, tandis qu’elle tendait la main pour souligner machinalement un passage. La porte claqua violemment tandis que le reste de son ironique remarque s’éteignait, couverte par une déflagration de cris. Mouvement instinctif de recul, la poussant sans qu’elle ne s’en rende compte à plaquer ses épaules contre son dossier tandis que la stupéfaction la submergeait. Son stylo roula sous le meuble tandis qu’elle relevait finalement le menton, figée dans une expression où une fureur naissante se lisait sans peine.
« Comment oses-tu débarquer à mon travail, dans mon bureau, pour me menacer ? »
Mots presque chuchoté d’une voix glaciale, comme autant d’avertissements de la colère bien plus violente sur le point de l’agiter. Avant même de saisir le sens des mots qu’il hurlait comme un dément, sa bruyante entrée lui avait semblé d’une violence inouïe. La simple présence de Wayne, la matérialisation de ses traits déformés par une rage non contenue constituaient déjà une agression en soi. Sombres échos du terrible non-dit qui les liait, de ce geste infâme auquel elle ne pouvait, ne voulait repenser. Encore pétrifiée par la surprise, elle n’esquissa aucun mouvement pour se lever et lui faire face. Ses yeux suivirent les errances de l’homme puis sa bouche se tordit pour filtrer un rire amer, dur.
« MA faute ? Ma faute ! Tu es à ce point enfoncé dans le déni ? Tu comptes te justifier en me rejetant la culpabilité, sérieusement ? »
Quelques secondes, le temps suffisant pour passer de la stupeur à la rage. Elle le toisait avec hauteur, toujours enfoncée dans son fauteuil, la gorge palpitante d’indignation et de mépris face à ces accusations dépourvues de sens. Pas totalement dépourvues de sens en réalité, mais elle refusait de laisser ses paroles amères s’infiltrer en elle pour lui insuffler une nouvelle dose de culpabilité. Incertaine d’en supporter plus. Ne voyait-il donc pas qu’elle pouvait à peine lever les yeux vers lui ? Le dernier mouvement les unissant n’avaient-ils pas été assez violent ainsi, fallait-il vraiment qu’il vienne la torturer en se rappelant à son bon souvenir ? Comme s’il elle parvenait à oublier, comme si cela était seulement possible. Les hurlements de Wayne résonnaient dans son crâne bien après qu’il ne se soit tu, vrillant ses tempes avec une force sidérante, elle les enferma dans ses mains dans l’espoir de les faire cesser. En vain.

« Assassiner de sang froid un homme, c’est ça ce que tu appelle réparer mes erreurs ? Je n’ai pas demandé ton aide que je sache, encore moins que tu règle ‘mes problèmes’ à ta façon. Je n’avais pas besoin de toi, Wayne. Je n’ai pas besoin de toi. »
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MessageSujet: Re: Dark Words | Faith   Sam 18 Mai - 11:21

Son état d'esprit empirait. Il continuait de tourner sur lui-même, pointant son index sur la jeune femme sans jamais oser la regarder dans les yeux. La honte le submergeait. Une spirale vicieuse de sensations fortes qui le rendait nerveux. Il sentait la sueur couler le long de son échine, lui provoquant des frissons désagréables. Il était brûlant, essuyant son visage avec la paume de sa main. Jamais il ne s'était retrouvé dans une telle posture face à qui que ce soit. Il sentait la fièvre, croissante, devenant menaçante. Il avait l'impression que son corps succombait, que ses genoux se pliaient ne supportant plus le poids d'une telle culpabilité. Il était rongé par les remords depuis quelques semaines. Les nuits avaient été d'un supplice insurmontable. Il revoyait le visage de cet homme. Il venait le hanter, lui reprochant ses faits et gestes. Cet acte le rendait si fébrile que pendant un certain temps, il n'avait plus revu leurs visages. Sa mémoire était intacte. Il revoyait la scène, encore et encore. Ses yeux se fermaient, le même scénario, enfonçant le couteau dans la plaie et le remuant jusqu'à ce qu'il supplie d'arrêter. L'homme souriait, un sourire sarcastique, malsain, soulignant son plaisir à le torturer. Tout cela n'était que le fruit de son imagination. Suffisant à le rendre aliéné par moments.

Cela faisait plusieurs nuits qu'il ne trouvait plus un sommeil paisible. Leurs traits sévères envahissant ses pensées. C'était son deuxième innocent. Depuis la jumelle d'Aeryn, il s'était promis de ne plus jamais recommencer. Pour les yeux d'une femme, il avait sombré. Le stéréotype du couard empruntant la voie la plus facile. Sa jalousie maladive avait eu raison de lui. Il s'imaginait lui-même la scène. Le seul fait de savoir Faith possédée par un autre, le rendait dément. Qu'il était apathique ce pauvre Wayne. S'effondrant face aux prunelles azurées de sa sirène. Payant son envie de luxure par des nuits tourmentées. Oui, c'était sa faute. Il essayait de s'en persuader. Tentant de trouver des excuses valables qui justifieraient son acte. Il les avait énumérées. Peut-être que cet homme n'était pas si innocent finalement. Peut-être bien qu'il était un meurtrier ou un pédophile. Le sorcier se questionnait sur le passé de sa victime, se persuadant lui-même que son meurtre sauverait d'autres vies. Ce n'était peut-être pas le cas, qui sait. Les questions se confondaient entre elles. Son âme était souillée. On ne le reconnaîtrait presque plus. Perdant son sang froid à la moindre dispute. Préparant sa meilleure arme et se mettant sur ses gardes au moindre petit bruit. Vivant dans la peur. Effrayé par un quelconque retour des morts. Cachant une frayeur inavouée pour tout ce qui touche la magie noire. Après tout, il en avait vu des défunts revenir à la vie. Cela le rendait déséquilibré, se questionnant sur le possible retour de son martyr. Revenu le lanciner jusqu'à la fin de ses jours.

Il refusait de songer au pire. Il n'était plus le même. Le changement de ville y avait ajouté du sien. Il avait perdu ses repères. Il n'oubliera jamais son regard. La façon dont elle observait la scène sans broncher. Le choc envahissant ses prunelles au fur et à mesure que l'ancien flic serrait le cou du pauvre homme. Au fond, ce qui l’inquiétait le plus c'était l'opinion que la brune pouvait avoir sur lui. Désormais, elle le voyait comme un monstre. Il l'horripilait, il en était persuadé. Son assassinat n'avait fait que confirmer ses doutes.

Ses poings se serrèrent, laissant apercevoir ses os saillants. Il s'arrêta, lui faisant face. « Ne commence pas à utiliser les grands mots et ne détourne pas mes propos. Je n'ai en aucun cas eu l'intention de te menacer. » Répondit-il sèchement. « Je t'accuse. Oui, et je continue. J'en suis convaincu. » Finit-il, se dirigeant vers la fenêtre. Il souleva celle-ci. Sans aucune trace de politesse, il prit ses aises. S'efforçant de retrouver un peu de quiétude. Il prit une cigarette et l'alluma. Tirant sur celle-ci et regardant dans le vide. Les merdes arrivent toujours à cause des femmes. C'était elle la vraie coupable dans l'histoire. Sans sa présence, rien de cela ne serait arrivé. Il en était certain. Pourtant il le savait. Elle ne l'avait obligée à rien. D'ailleurs, elle n'avait rien vu venir. Spectatrice d'un scénario chaotique mettant en scène deux hommes où l'un s'était permis d'ôter la vie de l'autre. Sans scrupules. Laissant apercevoir directement tout le mépris qu'il conservait en lui. Toute l'animosité qui le poussait à commettre l'irréparable.

Wayne tourna la tête dans la direction de la jeune femme. « Tu ne sais rien Faith. » Contesta-t-il doucement, prenant le temps de lui faire comprendre qu'elle ignorait tout de lui. Ou du moins, elle ne voulait rien voir. Il en avait assez qu'elle le rejette sans arrêt. Finalement, elle était comme toutes les autres. Portant des préjugés sur sa personne sans chercher à creuser. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Il ne lui avait montré que les mauvais côtés. Il lui avait donné toutes les raisons du monde de s'éloigner de l'individu qu'il représentait. Il ne lui apportait rien de bon, il en était conscient. Cependant, l'utilisation de certains propos le rendait colérique, mais surtout dépité.

Il porta le bout de nicotine à ses lèvres, expirant et crachant la fumée par le nez. Il ferma les yeux pendant un instant avant d'écraser la cigarette et de se diriger d'un pas décidé vers la brune. Ses poings virent s'abattre sur son bureau, répandant un bruit sourd dans toute la pièce. Il s'appuya dessus, approchant son visage de celui de Faith. Ses traits ne dégageaient aucune émotion, indescriptibles. Il pouvait presque sentir son souffle chaud sur sa peau. « Tu ne sais rien. » Répéta-t-il sournoisement. « Tu n'as pas besoin de moi ? Prouve le moi. » Il la mettait au défi, apeuré par sa réponse. « Je n'ose imaginer le sort que cet enfoiré t'aurait réservé. Qu'est-ce qui te prends ? Arrête. Cesse de t'aventurer dans des chemins dont tu ne connais pas la sortie. » Il baissa la tête, soupirant, regrettant ses paroles. « Tu es la seule coupable dans l'histoire. Si tu ne coucherais pas avec tout ce qui bouge, ce type serait encore en vie ! » Cria-t-il, son poing s'abattant une fois de plus sur le bureau. Sa jalousie le rendait ridicule, pensa-t-il.

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MessageSujet: Re: Dark Words | Faith   Dim 19 Mai - 14:11


Méconnaissable. L’homme arpentant son bureau empruntait le pas tourmenté des créatures sauvages dont elle supervisait la captivité. Il dégageait la même détresse, la même rage contenue. Lui inspirait la même crainte respectueuse. Mais aucune pitié. Non, rien en lui n’attirait sa compassion. Pas même cette fébrilité animale qu’il dégageait à l’instant. Et pour cause, la même fièvre la gagnait peu à peu. Cette culpabilité latente venait exploser dans sa poitrine maintenant que son principal instigateur refaisait surface. Coupable. Une part d’elle adhérait complètement aux accusations proférées. Coupable, coupable, coupable. C’était elle, le lien entre le meurtrier et la victime. Elle, le mobile du crime. La colère qui la traversait était autant dirigée contre sa propre personne que contre Wayne. Cruelle vérité qu’elle repoussait depuis si longtemps déjà et encore en cet instant. Culpabilité et ressentiment engageait ainsi un douloureux combat dans son âme tandis qu’elle affrontait les imprécations de son bourreau. Bourreau, puisque le simple fait de le revoir relevait du supplice. La quasi hystérie les traversant venait bousculer l’excessif contrôle que la jeune femme excerçait sur sa mémoire. Peu à peu, des images soigneusement enfouies affleuraient sa conscience comme autant de micro-cauchemars. En cet instant, la peur panique d’effleurer du regard ses mains, la saisie, terrorisée de les imaginer une fois encore exercer leur dessein meurtrier. Détresse silencieuse qu’elle taisait avec des phrases assassines. Sa peau se souvenait de la caresse de ses mains sur sa propre gorge, maîtresses absolues de son désir, marquant du fer rouge du plaisir son épiderme frissonnant. Comment des doigts autrefois si caressants pouvaient-ils en quelques minutes broyer la trachée d’un inconnu en une mortelle étreinte ?

Sa culpabilité s’étendait dans son désir. Insatiabilité criminelle qui l’avait poussée dans les draps de l’un puis de l’autre. Coupable luxure que Wayne attisait si bien. Coupable luxure qui s’allumait toute seule en son absence. Coupable luxure conduisant tout droit l’amant d’une nuit dans la gueule du loup. Elle, la complice silencieuse. Faire d’elle le mobile n’était pas suffisant. Peut être cette simple considération n’aurait pas suffit à altérer sa conscience détraquée, d’ailleurs. Toute l’atrocité du souvenir résidait dans sa position de témoin. Témoin quasi-consentant, immobile, pétrifiée d’horreur et d’impuissance devant ce déchaînement de violence. Les dommages causés par l’homme allaient au-delà de la vie s’échappant entre ces doigts, il avait détruit la dernière trace de respectabilité et d’innocence restant en elle. Incapable de l’arrêter, incapable de le dénoncer, à peine à même de numéroter fébrilement un numéro d’urgence. Trop tard. Bien trop tard. Ses illusions détruites, à son tour elle avait sombré. Son inconscient encore pétri de valeurs qui perdaient de leur sens dans ce monde apocalyptique qui était le leur se révoltait face à ce qu’il lui avait révélé. Elle lui attribuait tous les torts, même ceux commis en son absence. Maintenant qu’elle avait commis l’irréparable à son tour, se décharger de sa propre culpabilité sur lui relevait du vital. Du fond de son désemparement, elle lui commandait impérieusement d’assumer sa part d’ombre à elle. Pour ne pas sombrer dans cette folie qu’elle sentait poindre à chaque salve, lui rappelant la noirceur de son être.

La raideur de sa nuque, ne lui conférant une impassibilité qu’apparente et l’empêchait surtout de suivre les errances de Wayne à travers la pièce. Au milieu de ce marasme émotionnel qui était le sien, elle n’éprouvait aucune peur. Ses violentes volte-face ne lui inspiraient aucune crainte. Son instinct lui chuchotait que le danger n’était pas physique, qu’aucun mal ne serait fait à son enveloppe charnel. Le prédateur ne se préoccupait que de réduire en charpie son âme, cette proie là devait être bien plus alléchante. Il verbalisait ce qu’elle avait fait des mois durant en silence. Il se déchargeait sur elle de ces démons, de sa culpabilité et de sa peine. Malgré l’absence de toute menace directe, le spectre de la violence pesait toujours sur son corps. Ses genoux refusaient de lui obéir, oublieux de l’ordre de se tendre d’un mouvement brusque pour l’autoriser à se lever. Au lieu de cela, ses cuisses collées au cuir du fauteuil tremblaient légèrement, seul signe trahissant ses difficultés pour contrôler les chapes de fureur qui la traversaient à chaque instant. Au premier « Tu ne sais rien » ses lèvres frémirent légèrement, puis plus rien. Plus il parlait, plus elle lui échappait. Cou enfoncé dans les épaules et regards fuyants, la jeune femme reculait un peu plus derrière les barrières mentales qu’elle s’était érigées à chaque silence, à chaque seconde. Les mots n’étaient qu’une mauvaise comédie, un mauvais jeu de rôle que son égo lui imposait. A l’intérieur, elle lui suppliait de l’épargner. Mais il ne voyait rien, alimentant encore et encore l’infernale machine jusqu’à l’explosion. Le bruit de ses poings frappant le bois du bureau retentit comme une déflagration. Son cœur se lança dans une course désordonnée, douloureuse à l’intérieur de sa poitrine, tandis que ses doigts lâchaient ses tempes dans un brusque mouvement de recul. Ses yeux se posèrent lentement sur les poings encore serrés de Wayne. Sa voix se fit chuchotement. Elle ne le regardait pas, trop effrayées qui lise le mensonge dans ses pupilles brillantes.

« Regarde-moi bien. Est-ce que j’ai l’air d’avoir besoin de toi ? Je suis parfaitement capable de me prendre en main. Il m’a fallut quoi ? Deux, peut être trois mois à la Nouvelle Orléans pour me mettre à l’abri du besoin. L’argent a la merveilleuse faculté de procurer la sécurité. Vous en savez quelque chose, n’est ce pas, Monsieur le ministre ? Ce parc est rempli de gardes, il me suffit de décrocher ce téléphone pour que l’un d’eux débarque dans cette pièce. »

Le dernier simulacre de jugement sournoisement énoncé d’une voix calme, presque douce eut raison d’elle. Toutes ses tentatives désespérées pour conserver une once de contenance s’éteignirent avec le dernier coup de poing porté au meuble. Comme si ce coup lui était adressé. Elle hurlait, retournant contre lui ce que son cœur refusait d’admettre comme vrai. Au diable les convenances, au diable ces employés surement maintenant massés dans le couloir dans l’espoir de saisir des bribes de la tempête sur le point de se lever.

« FERME- LA ! Tais-toi ! Toi, tu ne sais rien, Wayne. Tellement sûr de tout savoir, de tout maîtriser. Evidemment, que j’ai couché avec lui sur ce coup-là, tu as vu juste. MON agression, MON amant, donc MA faute. N’est ce pas Wayne ? C’est ce que tu essaie de me dire, non ? Odieuses, perfides femmes ! Toutes les même, hein ? Sales pécheresses qui viennent réclamer ton aide en pleurnichant, après. Mais merci, merci infiniment de m’avoir mis le sang de ce type sur les mains ! Qui sait ce qu’il aurait pu me faire, après tout ! Pourquoi tu ne l’avoue pas que, selon ta propre échelle, le pire qu’il puisse me faire était déjà fait ? Dis moi, tu l’as puni pour ce qu’il avait fait avec moi ou pour ce qu’il comptait faire par la suite ?» Sa dernière phrase s’éteignit sur une brusque inspiration. Souffle court et respiration haletante étaient le premier prix à payer pour cette explosion. Et ce n’était certainement rien en comparaison avec la vengeance que lui préparait Wayne.
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MessageSujet: Re: Dark Words | Faith   Jeu 23 Mai - 2:52

Un cœur souillé par le dépit. Une jalousie dévorant le peu de raison qu'il lui restait. Les veines de ses poings ressortissaient, saillantes, exprimant la colère qu'il voulait expulser. La traduisant dans des cris qui lui mènerait à rien. Il les imaginait. Elle et eux. Ses nombreux partenaires, salissant son délicat épiderme avec leurs mains grossières. Lui susurrant des obscénités, profitant de ses douces lèvres et qu'en sait-il encore. La tête baissée, les yeux fermés, le sorcier s'infligeait à lui-même des visions qui le rendait dément. Victime de son propre supplice. Il était incapable d'arrêter ce calvaire. Il essaya pourtant. Tentant de mettre ses idées au clair et penser à autre chose. En vain.

Son esprit semblait focalisé sur des scénarios déplaisants. Il était le spectateur de sa propre folie. La voyant, riant aux éclats et profitant d'un plaisir qui n'émanait pas de lui, mais d'autres. D'autres hommes, des scélérats. Des êtres perfides aux intentions malsaines, n'éprouvant aucun sentiment pour la femme qu'ils désiraient. Ce n'était qu'une question de physique et cette sotte ne voyait rien. Elle préférait se glisser sous leurs draps entachés. Déshonorant sa dignité, la réduisant à une simple enveloppe corporelle créée pour assouvir des besoins masculins. Quant à lui. Il ne représentait qu'un pauvre type alcoolisé, colérique et agressif. Elle ne savait rien. Elle ne voyait rien et cela le rendait fou de rage.

Lui, qui voulait dissimuler ses émotions sous une couche épaisse de violences. C'était mal parti. Ils étaient tels deux adolescents à l'amour interdit. Le fierté d'une réputation convenable les avaient guidés à ne laisser transparaître aucun sentiment. La tâche devenait de plus en plus rude, en ce qui le concernait en tout cas. Il en avait plus qu'assez de "prétendre". Il ne pouvait chasser ces images de son esprit. Tout ce cinéma... ce n'était qu'une question de jalousie. La peur de la solitude, la peur du regret, la peur d'être repoussé. En sa présence, il devenait un enfant, capricieux, voulant enterrer son chagrin et se jeter dans ses bras. La réalité le rattrapait assez vite.

Ses sphères bleutées la perçait de leur intensité. Il ne la voyait plus, cette femme qu'il aimait de toutes ses forces. Son visage lui apparaissait d'une beauté époustouflante, mais gâché. Gâché par d'autres traits, des traits abjects, par milliers. Tous différents, tous masculins. Ses amants, aussi nombreux soient-ils, lui inspirait que le dégoût et des envies meurtrières. Le rongeant pendant de longues nuits, essayant de trouver une solution à ce supplice. Il voulait arrêter cette torture, effacer le visage de cet homme, décomposé par la terreur que son adversaire lui faisait subir. Le pauvre type ne s'était même pas débattu, accueillant la mort comme une vieille amie. Fixant les prunelles du sorcier telle une vengeance qu'on promet d'accomplir. Ce châtiment, il ne l'avait pas encore surmonté. Il revenait le hanter, malsain et mesquin. Condamnant son âme à regarder les multiples représentations de ce crime. Cet homicide qu'il avait commis, poussé par une méchanceté gratuite qui l'avait apeurée, elle.

Lui-même avait eu l'impression de quitter son corps, l'espace de quelques instants. Observant la scène comme un spectateur scandalisé par la brutalité de cette vision. Le voilà. Ce regard. Ce regard fuyant, tentant de l'échapper. Il se sentit révolté, trahi, déçu. Son unique présence provoquait la hantise chez son interlocutrice. « Alors c'est ça... tu as peur maintenant. Peur de moi... » lâcha-t-il doucement, serrant un peu plus ses poings et se mordillant l'intérieur de la joue. Son cœur s’accélérait. Il n'oserait jamais rien d'insensé. Songer à une telle horreur déclenchait des frissons désagréables.

Il se massa la mâchoire, hochant la tête et murmurant des paroles inaudibles. Rallumant une deuxième cigarette, se vengeant sur celle-ci et polluant ses poumons. Son geste rendait son esprit confus. Les questions étaient des fusées dans son esprit. Il ne pourrait jamais. Jamais toucher ne ce serait qu'à une seule mèche de sa crinière d'ébène. Elle croyait qu'il en était capable. Il faisait fausse route, perdant son temps avec une femme qui ne connaissait même pas la moitié de la personne qu'il était. Il tira sur le bout de nicotine, regardant au de-là de la fenêtre, écoutant ses propos qu'il jugea odieux. Insupportable mélodie qui rayait ses tympans de par leur cruauté. Des paroles amères qui lui semblèrent comme de petites aiguilles plantées dans le cœur. Il sourit dédaigneusement, hochant la tête encore une fois, allant jusqu'à applaudir. Un comédien, jusqu'au bout.

« Ne prends pas cette peine. Je vais m'en aller. Je n'ai pas besoin de tes gorilles. Tu veux que je disparaisse ? Très bien. » Il aspira une dernière fois le bout de sa cigarette avant de jeter celle-ci de l'autre côté de la vitre. Il se tourna, prêt à partir. Regrettant déjà son impulsivité. Au moment où il s'apprêta à ouvrir la porte, il s'arrêta. Des reproches fondés, c'était cela le plus dur à avaler. Ses globules rouges se glacèrent. « Évidemment, que j’ai couché avec lui. » A l'instant où cette phrase, prononcée comme une évidence, atteignit ses tympans, le temps s'arrêta. Bousculé par une triste vérité. Il l'avait accusé de tout, sans véritablement y croire. Pour la première fois de sa vie il s'était retrouvé face à un vrai ennemi, face à un amant de sa Sirène. Il criait, jurait, dénonçait, sans jamais croire à l'un de ses propres mots, mais il voyait juste depuis le début. Et c'était ainsi. Quelques secondes s'écoulèrent entre ce qui lui paraissait un aveu et ce regret. Le regret de ne pas avoir fait durer la souffrance de ce type.

Il avança vers elle, la saisit par la main, l'incitant à se relever. Ses mains vinrent se poser sur ses épaules. Il la secoua, doucement, mais avec une malveillance qu'il risquerait de regretter. « Il y en a d'autres ? » cria-t-il au bord du désespoir. Elle n'était pas sienne, elle ne le serait peut-être jamais. La frayeur chaotique de la perdre pour toujours se faisait plus intense, plus réelle, il s'en rendait compte petit à petit. Cette jalousie maladive n'en était pas une. Ce n'était que le symbole d'un amour parfait, d'un amour auquel il n'avait jamais cru, d'un amour pour une femme comme il n'en avait jamais éprouvé.

Il la relâcha, caressant au passage l'endroit où ses mains menaçantes y étaient posées quelques secondes plus tôt. Il s'éloigna d'elle, le plus loin possible. Voulant éviter de tout lui avouer, la tentation était forte, mais il ne ferait pas. Certainement pas. Il n'était pas pour autant plus tranquille. Toujours sur les nerfs, se baladant à droite et à gauche. Lui adressant un toc sec, glacial rempli de sous-entendus qu'elle ne comprenait pas, ou qu'elle ne voulait pas comprendre. « Tu es complice, tu n'as rien fait pour m'en empêcher. Pourquoi ? Allez ! Dis le moi ! Pourquoi tu n'as RIEN FAIT ? » aboya-t-il, tremblant, passant ses mains dans les cheveux, se touchant le visage. L'aliénation prenait petit à petit possession du sorcier. « Tu peux me dénoncer, vas-y fais le. Pourquoi tu ne l'as pas fait hein ? » Il se rapprocha d'elle. « Pourquoi ? » Insista-t-il. « A l'heure actuelle je serai derrière les barreaux et toi tu te vanterais d'avoir mis un assassin trop envahissant en prison. Tu viendrais n'est-ce pas ? Cracher ton venin de vipère. Car après tout Faith, tu n'as rien vu... » Ironisa-t-il. Les insinuations se glissèrent sous sa langue. Elle était tout aussi meurtrière que lui. Elle avait assisté à cet homicide volontaire, elle n'avait rien fait. « Ta dignité n'a donc aucune importance pour toi ? Tu l'as salie avec tes mésaventures périlleuses, te glissant sous les draps du premier inconnu. Tu devrais avoir honte. »

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MessageSujet: Re: Dark Words | Faith   Sam 25 Mai - 23:39


Et une fois encore elle s’emmurait dans un de ces silences dont elle avait le secret. Un voile trouble avait recouvert ses pupilles tout à l’heure brillantes de colère tandis qu’elle détaillait avec détachement les poings de Wayne qui ne cessaient de s’abattre bruyamment sur le bureau. Elle aurait souhaité pouvoir disparaître, se soustraire aux accusations de plus en plus démentielles de l’homme. Rien n’avait changé, l’ombre de la mort avait beau s’être glissée entre eux, l’intensité du lien la reliant à lui n’en était pas atténué pour autant. La fièvre dans laquelle il la plongeait emportait tout sur son passage, embrouillant son esprit et laissant son corps pantelant, presque apathique en cas de laisser aller. Dans la confusion, Faith ignorait qui du désir ou la fureur la gouvernait. Ses genoux tremblaient à cette idée, de haine, de peur aussi face à sa propre faiblesse. Son murmure empreint de dépit agit sur elle comme une décharge électrique, la sortant de sa bienfaisante torpeur. « Alors c'est ça... tu as peur maintenant. Peur de moi... ». Un petit rire amer lui échappa. Le regard encore vague de sa vaine tentative pour lui échapper, elle le contempla un instant. Son visage était si près qui lui aurait suffit de tendre les doigts pour le toucher.

« Je n’ai pas peur de toi, Wayne. Pas de cette façon-là. »

Les volutes de fumée tourbillonnaient autour d’eux avant de venir s’infiltrer dans ses narines palpitantes à intervalles réguliers, sans pitié. Elle les aspirait machinalement, laissait les toxiques effluves glisser le long de sa gorge et pénétrer ses poumons avec une satisfaction presque puérile. Comme si le goût âcre de ces reliquats de nicotine pouvait effacer celui bien plus écœurant encore de leurs imprécations. Terriblement amer ce sentiment de victoire lorsqu’il se dirigea vers la porte. Mais elle n’avait plus rien pour le retenir, plus rien si ce n’était une ultime provocation. Il se figea, la main à quelques centimètres de la poignée de la porte. Les muscles de ses épaules se contractèrent lentement dans un silence de mort. Le dernier mot n’avait pas été prononcé qu’elle reconnaissait déjà son erreur. Pas de véritables regrets mais simplement la crainte face aux conséquences de ses paroles haineuses. Une déflagration silencieuse, celle de milliers éclats de verres venant se ficher un par un dans sa poitrine tandis qu’il tournait son visage vers elle. Le voilà, le pire de tous les sentiments, le seul qu’elle méritait vraiment. Au milieu de sa folie, Wayne respirait le dégoût. Il était partout, dans cette lueur trouble agitant ses rétines, dans ses traits déjà vaguement déformés par la colère. Même ses lèvres semblaient se tordre lentement sous son impulsion. A l’intérieur d’elle quelque chose se déchira. Jamais elle n’aurait cru mériter ce genre de considération. Elle avait longtemps cru que plus personne n’éprouverait de déception à son égard. Trop froide, trop indifférente, trop seule. Et pourtant, ses mots, ses traits, tout suintait une désillusion douloureuse. Une espèce de jubilation démentielle la traversa de part en part, étirant ses lèvres dans un sourire violent, terrible. Amère, terrible joie de ceux qui découvrent combien un bien était précieux au moment précis où ils le piétinent. Elle ne savait plus si l’horreur qu’elle lisait en Wayne devait la satisfaire ou l’anéantir. Tout était flou, tout se mélangeait. Planté au milieu de la pièce, il se déchargeait de toutes ces atrocités avec une facilité déconcertante, comme s’il estimait qu’elle n’avait plus une once d’honneur à sauver. Les mots pleuvaient sur elle, pires que des insultes, pires que des menaces parce qu’elle finissait par croire à ses déclarations. Tant que tout cela n’était qu’un jeu, tant qu’il la bousculait avec des phrases toutes faites et impersonnelles, elle pouvait tout supporter. Mais les joutes verbales d’autrefois n’avaient rien à voir avec ce qui se passait à l’instant. Il la méprisait, la haïssait. Même ça, elle était capable de le détruire. Même leur relation proche de l’inexistence - parce que la chair et l’ironie ne laissaient aucune place pour autre chose – ne résistait pas à sa propre médiocrité.

Et elle le laissait la secouer, maintenant debout, stupide et hébétée. Les autres, quels autres ? Ces fantômes d’hommes aux épaules desquels elle s’accrochait lorsque ses crises de démences secouaient son âme ? Ces types sans visage sur lesquels elle évaluait son pouvoir de séduction par désœuvrement, par solitude ? Elle n’avait rien caché, n’avait jamais menti ou nié. Cette question lui semblait totalement vide de sens. Il se comportait comme un mari jaloux, comme s’il elle avait violé un serment implicite et sacré entre eux. Comme un animal blessé, acculée par la violence de sa réaction elle choisit l’attaque. Elle se redressa et ficha son regard dans celui de l’homme. Enfoncée dans son introspection elle en avait presque oublié qui il était. Quelle ironie.

« Parce que tu es un exemple de vertu, peut être ! Ton appartement, là-bas, à New-York c’était un foutu cimetière pour petites culottes oubliées. Tu crois que j’ignore pour ton club de strip-tease ? Parle-moi un peu de la splendide gérante de ton respectable business, parce que pas mal de bruits courent sur vous deux… Tu dois te payer de sacrées parties de jambes en l’air dans son bureau ! Tu es tellement, mais tellement, mal placé pour me faire des leçons de morale… »

Le silence était préférable, lui signifier son incompréhension par une absence totale de réaction et puis plisser les paupières lorsqu’il remplaça l’étau de ses mains par d’inédites caresses. Mais elle était incapable de se taire. Son sang bouillait littéralement dans ses veines, elle le sentait déferler avec force, colorant ses joues et alimentant les battements désordonnés de son cœur. Faith ne reconnaissait pas l’homme qui se tenait face à elle, ses actes obéissaient à une logique étrangère à ce qu’il prétendait être. Toutes ses certitudes s’effondraient une par une. Elle s’accrochait désespérément aux rôles implicitement impartis alors même qu’ils perdaient tout leur sens. Jusqu’à ce que les mots de Wayne viennent de nouveau frapper avec une précision assassine. Elle comprit alors et une immense lassitude la saisit. En réalité, elle était fatiguée de conserver les apparences, de défendre ses propres actes. Il serait tellement plus facile de capituler, en cet instant. « Contrairement à toi, je ne prends aucun plaisir à torturer les autres. Ni toi ni personne. Te dénoncer… » Elle ricana nerveusement. « Ca ne le ramènera pas. Et puis, regarde-moi, à essayer de me justifier pour quelque chose sur lequel je n’ai aucun contrôle ! Oui je parle de toi… » Elle pointa un doigt accusateur en sa direction avant de contourner le bureau et s’avancer dans sa direction. « La vérité c’est que je ne te déteste même pas assez pour le faire. C’est ça ce que tu veux entendre, qu’au fond je m’inquiète plus de toi que de la justice ? Ca fait de moi ta complice, oui, mais pas ta tortionnaire. »

Cela aurait pu finir sur cet aveu. Une réflexion méprisante, peut être même un mouvement de recul en découvrant la vacuité de son âme aurait suffit. Qu’il lise à travers les lignes et mette fin à cet étalage sans fin de leurs griefs respectifs, voilà tout ce qu’elle pouvait souhaiter en cet instant. Dignité, salie, honte. Pluie acide de noms et d’adjectifs qui associés les uns aux autres formaient la limite de ce qu’elle pouvait supporter. Plus aucun hurlement ni aucun coups ne suffisaient pour répondre à cette nouvelle accusation. Pour la première fois depuis l’arrivée de l’homme dans son bureau, aucun tremblement n’agitait ni ses mains ni ses jambes. Un calme incroyable emplit la pièce l’espace de quelques secondes. Sa voix s’éleva encore une fois pour briser le silence, posée, presque dépourvue d’intonation, pour formuler une question purement rhétorique.

« C’est vraiment ce que tu penses de moi ? »Avant même de lui donner le temps de répondre, elle se jeta sur la porte et l’ouvrit en grand d’un geste nerveux. « Parfait. Je suppose que plus rien ne te retiens ici, alors. Ne te fais pas prier, tu voulais sortir il y a quelques minutes encore… »

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MessageSujet: Re: Dark Words | Faith   Mer 26 Juin - 17:18


Il voulut la secouer, encore. Comme s'il aurait aimé voir partir en fumée, la jalousie qui le rendait si nauséeux. Une possessivité qui faisait ressortir la violence à laquelle il pouvait s'abandonner sans grande difficulté. Ses prunelles émeraudes étaient la seule raison qui le poussait à se battre chaque jour. Il se dégoûtait lui-même à penser à de telles choses. C'était difficile à dire, au fond, il était un homme romantique, mais trop fier pour le dévoiler. Deux adultes, consentants et pourtant si candides. Naïfs, dissimulant leurs émotions sous des carapaces de glace. Ajoutant un brin de folie, emportant tout sur son passage. Une certaine forme de masochisme auquel ils rendaient forme sans vraiment le vouloir. Wayne ignorait les sentiments de sa partenaire, mais les yeux d'une femme ne l'avait jamais enduit en erreur. Il savait reconnaître le désir, la passion, l'envie et surtout ce sentiment infâme qu'était l'amour. Continuant de faire porter sur ses épaules une culpabilité qu'il était incapable de gérer seul. Les remords le poursuivaient depuis cette journée orageuse. Il l'avait anéantit sans scrupules, sans même hésiter ou s'y reprendre à deux fois. Abandonnant l'espace d'une réflexion et ajustant ses gestes à ses paroles sous ses sphères figées par la frayeur. Durant l'espace de quelques secondes, l'étreinte mortelle lui sembla éternelle. Ses chimères le trompant dans son jugement. Ses phalanges assassines se resserrant sans pudeur autour de ce cou sur lequel elle avait dû y poser ses lèvres à plusieurs reprises. Il avait aimé la façon dont son visage s'était défiguré par l'agonie et par le sentiment d'impuissance qu'avait gagné l'inconnu à cet instant. Face à un homme au cœur meurtri, amoureux d'une femme volage, alors qu'il était le maître de l'adultère.

Il ressentit cette sensation d'impuissance l'envahir. Désarmé face à ses prunelles déconcertantes. Elle avouait le craindre, mais d'une façon qu'il ignorait encore. « De quelle façon ? » murmura-t-il. Il aurait voulut crier ce qu'il ressentait. Lui ordonner de cesser ses insinuations périlleuses, mais il n'était pas mieux en ce qui concernait les sous-entendus. Leur relation n'était faite que d'allusions, de messages codés, la face voilée. Trop enfantins pour faire un pas vers la vérité. Une fierté insoutenable qu'ils ne cessaient d'alimenter. La flamme croissante de leur orgueil les rendaient ridicules. Cette mise en scène ne rimait à rien et ils le savaient bien. Deux personnages soumis à leurs actions simplistes et enfantines. Leur petit jeu avait débuté dès l'instant où ils s'étaient retrouvés dénudés, partageant un ébat charnel que le sorcier n'était pas prêt d'oublier. Le goût du sexe attisait ses papilles, mais cette fois-là il ressentit une passion qu'il croyait éteinte. Pour la demoiselle, il n'en savait rien, mais les rumeurs qui avaient courues le lendemain sur sa personne l'avaient mis dans un état plus que colérique. Elle avait salie sa réputation masculine et les échos qui n'avaient pas tardé à arriver à ses tympans avaient eu de sacrées conséquences sur sa vie sociale. Les femmes l'avaient alors dévisagé, portant sur leurs lèvres des sourires malicieux. Les ricanements formaient une mélodie disgracieuse lorsqu'il osait s'aventurer dans des bars où jadis il y trouvait ses plus belles proies. Il était furibond. Jamais il ne lui avait donné une quelconque raison de le craindre, à part la mésaventure à laquelle il avait du y faire face. « Bien évidemment, tu es une petite victime que je m'amuse à terroriser. » ironisa-t-il, un rictus malveillant porté sur le coin des lèvres, rendant ses traits effrayants.

Un éclat de rire s'échappa de sa gorge. Cora et lui ? La blague du siècle. Son interlocutrice avait une imagination débordante, mais ce qui lui plaisait le plus dans cette mascarade sans crédibilité, c'était le fait que celle-ci puisse éprouver une pointe de jalousie en l'imaginant dans les bras d'une autre. Il sourit, presque bêtement, satisfait de son coup. Son ataraxie ne fut pas de longue durée. Ses mots poignants le ramenèrent vers une triste réalité. Un soupir vint se plaquer contre sa mâchoire serrée. L’illusionniste se mordit la langue, évitant ainsi de cracher son venin crapuleux. « Et alors ? Que comptes-tu faire ? Les énumérer ? Oui, tu as raison Faith. Mon antre n'était autre que la scène principale de mes blasphèmes avec des créatures exotiques, mais dis-moi... si je ne me trompe, tu en as fait partie. Tu ne te souviens plus ? Tu préfères jouer l'ignorante et balayer d'un coup de tête la nuit ou dirais-je les nuits que nous avons partagées ? » Sa main vint rencontrer l'humidité de son front, les yeux clos, Wayne venait de s'aventurer sans le vouloir dans un autre sujet de conversation plutôt délicat et ambigüe. « Quoiqu'il en soit, ta réputation est plus précieuse que la mienne. Quel homme respectable voudras de toi sans craindre de te retrouver sous les draps d'un scélérat ? Car oui, tu aimes bien tremper ton petit pied dans la merde. » Cracha-t-il croisant les bras. Plus rien ne pouvait l'arrêter. Sa jalousie maladive le rendait haineux. Il voulait entendre tout l'inverse de ce qu'il osait avancer, alors il l'a provoquait. La titillait jusqu'à ce qu'elle dise "stop". « Un club de strip-tease... oui. Pas un bordel si c'est que tu insinues. Quant à la gérante... par pitié, Cora est loin d'être l'une de mes nombreuses partenaires. Et qu'importe ? Tu es jalouse que l'organisation du club lui revienne ou ce sont tes chimères malsaines qui te dérangent ? Tu vaux tellement plus que ça... » affirma-t-il, flatté par sa crise de femme outrée.  « Crois-tu vraiment que je supporterai de te voir faire accoster par tout ce qui bouge ? » Il s'arrêta, interdit. Ses mots reflétaient ses pensées, il s'apprêtait à franchir la limite qu'il s'était imposer.  « Enfin, je ne te dois pas d'explications. C'est ma vie privée. » Se rattrapa-t-il, essayant de masquer son malaise.

L'image qu'elle lui renvoyait le hantait, le révoltait. Elle le poussait à être haineux, une fois de plus, la culpabilité lui revenait. Il aurait voulu l’habiller d'insultes, lui lancer à la figure toutes les injures malsaines qui sommeillaient sous sa langue aiguisée. Apprécier les remords qui se liraient sur son visage de porcelaine, admirer ses traits se déformant sous l'infamie. Partageant sa peine, lui, qui avait horreur de la solitude. Dans ses pensées, elle était la représentation parfaite de tout ce qu'il détestait en elle. Indigne. Une femme facile avec tous ceux qu'il voulait enterrer, une proie délicieuse et sans complications qu'ils se plaisaient à dévorer dans son dos. Ses pensées étaient infectes. Le symbole d'une possessivité qu'il refusait de soigner. Il aurait aimé qu'elle puisse les lire, qu'elle puisse se brûler dans les pages de son livre déplorable. Il le regretterait aussitôt, mais il se sentirait en égalité avec Faith. Finalement, elle ne valait pas plus que lui en ce qui concernait les galipettes tard le soir. La vétérinaire avait avouée, sans scrupules, avoir consumée une soit dite passion avec l'inconnu qui était devenu le personnage principal de leurs disputes incessantes.

L'incrédulité le saisit, brusquement. Il essaya de retrouver un semblant de quiétude, prétendant écouter à moitié ses accusations. L'image insalubre qu'il lui renvoyait le surprenait, lui, qui se tuait à la conserver. Les remerciements minables sonnaient comme un coup de massue sur le crâne. « Rien ne te différencie des autres finalement. J'ai étais trop candide pour croire le contraire. Les préjugés... la voie tellement plus facile pour se défendre et se persuader soit-même qu'on vaut mieux qu'autrui. » Il recula d'un pas, impressionné par sa détermination. Limite effrayé par la rage qu'il pouvait désormais lire dans ses prunelles. « Ne pointe pas ce doigt accusateur dans ma direction Ziegler ! Tu veux quoi hein ? Que je me mette à genoux et te  baise les pieds en répétant ô combien tu es clémente de me laisser une chance ? Je compte plus pour toi que la justice ? Très bien, ça me fait une belle jambe. Et le reste ? Je compte plus pour toi que tous les autres ? » Cria-t-il agacé par cette dispute qui tournait en rond.

Il frissonna, inquiet par le silence qui s'était fait roi après ses cris désespérés. Il craignait le pire, n'osait lever les yeux et la regarder en face. Portant dans son ventre une peur terrible de la voir abattue, secouée et salie par la pluie d'insultes qu'il venait de lui infliger. Ses mots dépassant sa pensée, comment revenir en arrière ? Il était trop tard. Ses sphères azurées osèrent enfin se poser sur sa silhouette, avançant vers la porte, l'invitant à s'en aller. Ce fut à ce moment-là que Wayne, à nouveau possédé par sa fierté incontrôlable, lâcha une affirmation qu'il ne pourrait jamais mettre en œuvre. « Si je quitte cette pièce, c'est pour de bon. Tu ne me verras plus jamais, tu peux me croire. » Il avança vers elle. Hésitant, il déposa un baiser sur son front, comme s'il aurait voulu apaiser sa propre colère. Un geste doux, symbolisant un départ qu'il serait incapable de préparer.

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MessageSujet: Re: Dark Words | Faith   Lun 5 Aoû - 9:52


Leurs reproches laissaient un goût amer dans sa bouche, s’attardant contre son palais, alourdissant sa langue et desséchant ses lèvres après chaque salve punitive. Elle n’était plus qu’amertume et regrets. Consumée de haine jusqu’à la moelle, elle hurlait des mots comme d’autres lançaient leurs poings, au hasard, dans le vide parfois même, mais avec une violence que seules la folie ou une rage incandescente pouvaient expliquer. En cet instant, tout ce qu’elle vivait, elle le ressentait avec excès. Des scénarios défilaient derrières ses prunelles embuées de colère, des scènes où les coups se succédaient aux caresses sans raison logique. Emportée par cette vague de folie qui avait portée Wayne jusque dans cette pièce, Faith ne savait plus si elle rêvait d’écraser son poing contre la pommette de son amant ou bien ses lèvres contre les siennes. L’intensité de cette révélation en était d’autant plus douloureuse pour son égo, qu’elle soupçonnait sa faiblesse de s’étendre bien plus loin encore. Il lui suffirait de briser la distance douloureuse séparant leurs deux corps, d’éteindre une minute le flux continu de reproches pour qu’elle s’abandonne. Plusieurs battements de paupières étaient nécessaires pour chasser de son esprit l’image de leur deux corps enlacés à même le sol en cet instant. Inexcusable faiblesse. Il lisait si bien en elle, en fin de compte, son manque d’amour propre s’étendait bien plus loin que tout ce qu’elle soupçonnait. Meurtrier, ce nom qu’elle lui donnait en son fort intérieur, une réalité qui avait fait bien plus qu’affleurer sa conscience. Même cela ne suffisait pas diminuer l’élan qui la portait sans cesse vers lui. Pire elle reconnaissait instinctivement en lui une détresse tellement similaire à la sienne. Maintenant consciente d’où l’étendue de sa violence pouvait l’emporter, elle se retrouvait en lui. Et cette certitude de lui ressembler la hantait. Comme si être témoin de sa folie avait pu déclencher en elle la cruauté nécessaire pour répéter son acte à son tour. Parce qu’elle ne valait pas mieux que lui en fin de compte, la jeune femme en prenait tout à coup conscience. Elle aussi avait tué. Se cacher derrière la multitude de justifications forgées au cours de ces derniers mois ne changeait en rien la conviction qui la traversait en cet instant, il y avait en elle suffisamment de rage et de violence pour mettre fin à une vie. Cette colère qui la submergeait représentait alors une ultime tentative pour repousser la sentence, lui rejeter la faute puisqu’il représentait le coupable idéal.

Un rire quasi hystérique jaillit de ses lèvres closes. Il voulait savoir en quoi elle le craignait. Comme si ce n’était pas évident. « Es-tu à ce point aveugle ? » Combien de fois allaient-ils devoir rejouer cette scène avant qu’il ne réalise qu’elle tremblait de le voir tourner le dos et partir autant qu’elle tremblait qu’il daigne enfin la serrer contre lui ? Autant de fois qu’il faudrait visiblement, puisque le courage lui manquait à chaque fois pour mettre fin à ce jeu épuisant. Leurs joutes n’avaient d’ailleurs plus l’allure d’un jeu maintenant qu’elles avaient fauché au passage la vie d’un inconnu. Et il ne semblait pas plus à même de les épargner en cet instant, déchargeant sa fureur dans le bureau de la jeune femme tantôt criant tantôt par des démonstrations de force qui ne l’impressionnaient guère. Elle n’avait même plus peur de ses coups de sang. Il pouvait la secouer autant qu’il le voulait, frapper encore et encore son bureau de ses poings, Faith ne reculerait plus. Avait-elle eu seulement déjà eu peur de lui de la façon dont il l’entendait ? La jeune vétérinaire en doutait. Elle chassa d’un revers de main sa remarque acide sur son insistance à se placer en victime et à faire de lui son bourreau, comme si elle ne méritait même pas que l’on la relève.

Insupportable, l’écho de son rire dans le silence glacial de la pièce tandis qu’il répondait à ses faibles reproches emplis d’une jalousie qu’elle peinait à dissimuler. Démasquée dans un accès de possessivité dont qu’aucune parole ni aucun geste ne lui avait jamais donné le droit d’éprouver, elle préféra garder la tête haute tandis que son estomac se retournait un peu plus à chacun de ses mots. Ses paupières s’agitèrent faiblement tandis que la réalité la frappait de plein fouet. Tu en fais partie. Une parmi toutes les autres finalement. Aveuglée par ses propres fantasmes, elle s’était, l’espace d’un instant, crue unique à ses yeux. Mais en réalité, elle se fondait dans la multitude, au mieux n’était-elle que son jouet préféré, le reflet de son besoin irrépressible de détruire et dominer. Et elle l’avait laissé faire. « Oh mais je ne le nie pas, ne t’en fais pas, je ne vais pas te retirer le plaisir de m’épingler fièrement à ton tableau de chasse parmi toutes les autres oies aléatoirement pêchées dans un bar sordide. Mais, dis moi, est ce que tu viens harceler jusqu’à leur travail toutes les autres ou bien ce traitement là est seulement réservé à celles qui sont témoins de tes crises de démence ? »

Pour une raison qui lui échappait, l’homme semblait se délecter des sobriquets haineux qu’il s’attribuait sans arrêt. Cette façon de se présenter comme un monstre souillant la réputation de la jeune vétérinaire la déconcertait car elle ne savait soudainement plus si les paroles énoncées reflétaient une vérité soigneusement enfouie ou d’acides sarcasmes caractérisant l’image qu’elle lui renvoyait de lui-même. Le détaillant un instant de ses pupilles légèrement écarquillées de colère, elle échappa dans un faible murmure : « On n’a pas de réputation lorsque l’on n’existe pas pour les autres. C’est la votre que vous devriez soigner davantage, Monsieur le ministre. » Contrairement à lui, elle n’était dépositaire d’aucune image publique, son ambition s’arrêtait aux infimes responsabilités qu’impliquait sa profession et la politique du présent gouvernement, comme celle de l’ancien, lui inspirait un vague dégout mêlé de crainte. La jeune femme n’avait pas l’envergure d’une femme politique. Séductrice de pacotille, elle choisissait ses proies soigneusement, une à la fois, et s’étonnait encore parfois de ses succès. Face à la masse compacte de la foule ses charmes fondaient comme neige au soleil, elle devenait invisible voire insipide, avalée toute entière par la foule menaçante de ses congénères. Faith comprenait parfaitement comment son amant pouvait se révéler à la fois détestable en tant qu’individu et désirable en tant qu’homme de main ou quel que soit le véritable emploi auquel il s’adonnait pour le Président. Cet homme baignait littéralement dans le pouvoir le plus pur et semblait se mouvoir avec une aisance toute naturelle, si tout cela transpirait par trop la manipulation et le mensonge pour la part la plus ancienne de son être, la position sociale de Wayne exerçait sur elle une fascination nouvelle. Au fond, sa colère détenait la meilleure des justifications, à qui qu’incombe la faute, il était celui qui avait le plus à perdre dans cette histoire car elle n’était rien, sa vie et son honneur n’avaient aucune valeur pour l’opinion public.

Et pourtant, il prenait un plaisir indécent à souiller son image comme le prouvait la satisfaction malsaine avec laquelle il la corrigeait sur la nature de ses activités. Elle étouffa à grande peine un nouveau sarcasme face à cette attitude, mais la suite ne pouvait la laisser de marbre.
« Crois moi je ne l’envie pas le moins du monde. Tu vas me donner un cours sur ce que je vaux, sur ce qui est digne de moi et ce qui ne l’est pas ?  La vérité c’est que tu n’en sais rien, tu ne sais rien de moi. Ne prétends pas le contraire, nous savons tous les deux que la personne que je suis n’avais aucune importance quand tu te roulais dans les draps avec moi. » Un frisson mêlé de mépris et d’excitation accompagna la suite de ses paroles. «  On ne veut pas prêter ses jouets, bonhomme ? Non tu as raison, comme les autres femmes avec qui tu couche, je n’appartiens pas à ta vie privée et je n’ai aucunement le droit de te demander des justifications… » Sa main légèrement tremblante vint se poser sur le coin de son bureau, lui assurant un appui solide tandis que de nouvelles vagues de rage parcouraient son corps à chacun des assauts de Wayne.
« Tu es le seul responsable si je n’ai pas l’image de toi que tu désire. En vérité, tu adore te cacher derrière les préjugés, tu te caricature toi-même pour être bien certain que personne ne saisissent vraiment qui tu es. C’est tellement plus facile ensuite, de rétorquer que je ne te connais pas vraiment… »

Les attaques se succédaient et finissaient toutes par se ressembler. Finalement sa réaction à sa dernière déclaration lui parut prévisible, comme s’ils se retranchaient tous les deux toujours derrière les même attitudes. Il en demandait toujours plus. De tous les traits de caractère de l’homme c’était certainement sa folle avidité qui l’effrayait le plus. Il réclamait tout avec excès, ne se contentait jamais de ses étreintes ni de ses paroles et poussait toujours le vice un peu plus loin, la contraignait toujours à céder un peu plus de terrain. L’aveu selon lequel son statut de meurtrier ne pouvait rien contre l’affection dénaturée qu’elle lui portait n’était pas suffisant, loin de là, il en demandait encore plus, toujours plus. A l’instant, la vérité et un insolent mensonge qui moucherait une bonne fois pour toutes ses prétentions menaient un âpre combat dans la bouche de la jeune femme. Elle ne savait plus sur quel pied danser, ni si elle préférait le mener en bateau et provoquer son départ ou bien lui exposer la vérité et risquer de perdre le peu d’ascendant qu’elle exerçait encore sur lui. Prise entre deux feux, elle choisit un compromis, une semi-vérité contrebalancée par l’acidité du ton avec lequel elle la proclamait.

« Les autres n’ont aucune importance. Ils ont la décence de s’effacer de ma mémoire aussi vite qu’ils sont apparus dans ma vie. »

La paume calée sur le métal froid de la poignée, elle l’observait en silence, en attente de ce geste qui allait certainement la laisser un peu plus brisée et nauséeuse qu’elle ne l’était déjà. Ses yeux accrochèrent vaguement son geste pour se rapprocher sans identifier sa véritable destination, déjà persuadés par son esprit de le voir franchir la porte. Lorsqu’il inclina la tête pour baiser son front dans un geste d’apaisement un long frisson parcourut son échine. Ce n’était pas le mépris ou la colère qui agitait son épiderme cette fois-ci, mais une joie sauvage et incommensurable comme seul le contact de sa peau pouvait lui procurer. Elle leva la tête et ficha son regard dans la sphère glaciale de ses pupilles bleutés pour tenter d’y déceler un signe tandis que ses mots prenaient tout à coup un sens dans son esprit troublé par cette soudaine proximité. Sa main ne quittait pas la poignée, gardant la porte entrouverte, tandis que le silence s’installait de nouveau, seulement ponctué de leurs respirations que les cris et l’agitation avaient rendues légèrement plus rauques. Ses doigts effleurèrent lentement le torse de l’homme, tandis qu’elle arrangeait machinalement son encolure pour se soustraire à son regard. Malgré la tendresse surprenante de son dernier geste, l’amertume de ses accusations n’était jamais bien loin et dans un sursaut de fierté elle enfonça son index gauche dans la poitrine de son amant.

« Je te demande de quitter cette pièce. Si tu veux déserter ma vie, c’est ton problème. Je ne te supplierais pas de rester, ni maintenant ni jamais. » Elle se trompait, et le réalisait tandis qu’une douleur lancinante s’emparait de sa poitrine. Pour la première fois de sa vie, Faith Ziegler ressentait une peur qui n’avait rien à voir avec sa propre survie. Elle avait peur d’être seule.


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Dark Words | Faith

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