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 Cup of coffee ▲ Lilya

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MessageSujet: Cup of coffee ▲ Lilya   Sam 25 Mai - 17:57



les apparences sont parfois trompeuses.
Conrad revivait. Il avait dit adieu à la fraicheur de New-York pour se réfugier dans la chaleur de la Nouvelle-Orléans. Il n’avait rien contre le froid, habituellement, mais quand il s'agissait d'un froid à mourir geler sur place, là, il n'était pas aussi conciliant. Il profitait maintenant du beau temps à longueur de journée. Certes, il passait la plus grande partie de ses journées chez lui, à râler après le chien. En fait, tout était psychologique. De savoir qu’il faisait soleil était réconfortant et donnait bien envie que de savoir qu’il faisait -30° dehors. Le seul hic qu’il trouvait avec ce déménagement était la foule. La ville était maintenant le lieu où il fallait être. Elle était devenue l’agglomération la plus touristique du pays. S’arrachant à la contemplation de la vue, Conrad se retourna vers l’intérieur de son appartement. Le logement était différent de celui qu’il avait avant. Ce n’était pas pour lui déplaire. Il y avait tellement de mauvais souvenirs dans l’ancien qu’il était heureux de pouvoir prendre un nouveau départ. Cependant, il venait de perdre le dernier souvenir de Maggie, celui qui lui rappelait qu’elle n’avait pas été une illusion. Même s’il était malheureux de réduire son existence à une tâche de sang sur le parquet, Conrad en avait eu besoin. Maintenant, il tendait à vouloir penser que ce n’était qu’une page dans sa vie qu’il devait tourner. Il avait vécu six belles années. Elles étaient révolues. Il fallait passer à autre chose. C’était tellement facile à dire. Tellement naïf de le penser quand on savait la cruauté de la chose.

« Ouaf ? » Le regard de Conrad se posa sur le chien. Il l’avait oublié, tiens ! Apparemment, l’animal l’avait senti pour qu’il décide de se manifester. Ou alors il avait vu qu’il n’était pas bien. Ce chien était trop intelligent pour Conrad. Il faudrait qu’il se débrouille pour retrouver son maitre. Après tout, comme tout le monde, l’homme avait dû rejoindre la Nouvelle-Orléans. Il fallait être fou pour rester dans un congélateur de la taille d'une ville internationale. Franchement. « Qu’est-ce que tu as ? T’as faim ? » Malgré tout, il savait qu’il n’y aurait personne pour réclamer le retour du chien. Quand Conrad l’avait trouvé, il était dans un état pitoyable. Il n’avait que la peau sur les os, les yeux vitreux et le poil dégueulasse. S’il avait eu un propriétaire, ce dernier l’avait abandonné il y a des mois. Ce n’était pas pour le reprendre aujourd’hui. Maintenant, le chien n’avait que le sorcier et ça, il semblait l’avoir compris puisqu’il le suivait partout. Et quand je dis partout, il faut bien comprendre partout. Conrad se dirigea dans la cuisine et versa dans une assiette des croquettes. Il ne s’était pas décidé à acheter une gamelle, se disant que ça montrerait à l’animal qu’il avait toute sa place ici. Ce qui n’était pas le cas, Machin – le chien – était juste un squatteur. Il partirait un jour ou l’autre. Le canin le remercia en le poussant de devant l’assiette d’un coup de museau. « De rien. » Conrad laissa de côté le paquet de croquettes. Il entreprit de ranger tous les livres qui trainaient, ouverts, dans la pièce. Il avait tout laissé en plan sur un coup de tête.

Ces derniers temps, la magie n’était plus ce qu’elle était pour lui. Il n’était plus aussi fort, à son plus grand dam. Et il savait d’où venait son problème. Maggie. Toujours cette fillette. Même après sa mort, la vie de Conrad tournait autour d’elle. Il ne pouvait se résoudre à l’oublier, malgré tous ses efforts. Elle n’avait eu que lui pour l’aimer et la protéger. Sa propre mère lui avait tourné le dos, elle se méfiait tellement de sa propre fille qu’elle l’avait tuée. Il n’y avait plus personne pour se souvenir de la fillette, à part Conrad. Alors il n’y parvenait pas. Voilà pourquoi il n’était plus capable de maitriser la magie comme il le faisait avant. Pourtant, ce n’était pas faute d’essayer. « Ouaf ouaf. » « Ouais, ouais. » Il fit une pile des bouquins de sorcellerie et de potions avant de les ranger dans sa bibliothèque. Il alla dans la hall et récupéra veste et chaussures. Il savait ce dont il avait besoin et ça tombait bien, parce qu’il avait rendez-vous avec sa solution miracle. Et elle portait un nom : Averyl. En quelques mots, cette femme était la personne en laquelle il avait le plus confiance. Celle à qui il se confiait, sans craindre qu’elle ne révèle ce qu’elle savait à une mauvaise personne. Il l’appréciait comme une amie, uniquement, mais cela ne les empêchait pas de se retrouver dans le même lit lorsqu’ils en ressentaient le besoin. Avec sa joie de vivre, elle parvenait à faire oublier à Conrad la médiocrité de son quotidien.

Avant de refermer la porte, il attendit que Machin le chien passe – évidemment, il fallait être naïf pour croire qu’il resterait sagement à l’intérieur alors que Conrad sortait. Ça aurait été trop beau. Cet animal devait vraiment croire que le sorcier allait l’abandonner dans l’appartement pour le suivre partout. Déjà, Conrad ne l’avait même pas adopté. Il n’y avait donc pas de raison de l’abandonner. Ce raisonnement semblait ne pas exister chez le chien qui continuait de faire comme s’il avait toujours été là. Il descendit et rejoignit une des rues les plus touristiques de la ville. Il détestait s’y promener l’après-midi à cause de la foule compact. C’était toujours le parcours du combattant pour réussir à se faufiler entre les sorciers. En voyant le monde, il ne put s’empêcher de lâcher un soupir. Il ramena la sacoche en cuir où il rangeait toujours un livre contre lui et entreprit de se frayer un chemin. « Pardon… Monsieur, j’aimerais passer. Merci. » Il passa de force entre l’homme et un groupe de touristes qui souhaitait acheter des cartes postales ou une connerie dans ce genre. Sur son chemin se dressa ensuite une grand-mère, appareil photos autour du cou et porte-monnaie dans la main. Elle comptait ses pièces en plein milieu de la rue et ça ne semblait gêner personne. Elle serait heureuse de se faire voler, tiens ! Au loin, il vit Machin attendre, fièrement. La saleté avait réussi à passer dans le bouchon humain jusqu’à un coin du trottoir plus calme. Avec sa taille et sa maigreur, normal qu’il puisse passer n’importe où ! Il attendait sagement son sorcier, le narguant à peine. Conrad leva les yeux au ciel. Ce chien l’agaçait comme ce n’était pas permis ! « Excusez-moi... » Et il passa à côté de la mamie aussi aisément que possible.

Enfin, il parvint à s’extraire de la cohue. Machin le rejoignit, queue poilue battant l’air. « Ne prend pas cet air avec moi, mon vieux, tu as triché ! » Le chien répondit par un aboiement, emboitant le pas de l’homme. Le rendez-vous avait été convenu dans un café du dix-neuvième siècle. Juste avant d’entrer, il s’arrêta. « Toi, tu restes ici. » Pour une fois, Machin sembla prêt à obéir. Il alla s’allonger au soleil, tout content de pouvoir profiter de la chaleur. Il était comme un pacha, ici. Il avait changé de vie, disant au revoir à la famine à la fraicheur et à la misère qui l’avait accompagné pendant des mois à New-York. S’installer à la Nouvelle-Orléans avait signifié de nombreux changements, autant pour Machin que pour Conrad. Et ce n’était que le début. Cette nouvelle ville était prometteuse. Conrad était presque déçu de ne pas avoir de résistance de la part de son compagnon. Il ne s’en formalisa pas plus longtemps, entrant dans le café. D’autres américains avaient eu la même idée et occupaient déjà la plupart des places. Il s’empressa de rejoindre une table, adressant un signe au serveur. Il posa sa sacoche sur le dossier de la chaise et en sortit le bouquin. Il n'y avait plus qu'à attendre que Averyl pointe le bout de son nez.

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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Dim 26 Mai - 18:12





Le son des draps qui se froissent, la chaleur d'un corps qui s'éloigne cruellement et le vide qui se fait sentir, alors même, que la sorcière dormait encore à point fermé. Le temps qu'elle s'habitue à cette absence, il l'avait déjà embrassé sur le front avant de partir travailler. La laissant seule et dépourvue d'amour pour lui. À moitié consciente, la femme se rendait compte de tout ce qui n'était plus entre sa propre personne et son époux. Maintenant possessif, elle se retrouvait prisonnière d'un mariage qui ne lui convenait en rien. Devenu l'ombre de la puissance politique de son mari, elle se voyait devenir plus amère que jamais, plus vindicative qu'auparavant et son besoin de liberté, qu'il lui refusait de peur de la perdre soudainement, la rendait prête à tout... Pour obtenir son pouvoir et le sacrifier par la même occasion.

Sur cette pensée réconfortante, sur cette promesse de retrouver ce qu’elle avait été, la femme s’étira comme une chatte paresseuse, se tortillant sous les élans de plaisir que ses premières réflexions de la journée avait causé. Ouvrant les yeux, elle affichait une expression béate et c’est en sautant du lit qu’elle remarqua la note. Automatiquement, un soupir désespéré s’empara de sa gorge et c’est avec dédains, qu’elle agrippa le bout de papier. Elle y découvrit des mots doux et une promesse de se trouver du temps pour améliorer leur mariage. Depuis quand s’était-elle lié à un homme romantique? Il avait été ambitieux, cruel, dure et surtout… Il l’avait trompé, elle avait été libre de le tromper. Pourquoi, depuis son retour de New-York, était-il entièrement le contraire?

Laissant tomber le papier sur le lit, elle tourna vivement le dos à ce semblant d'amour et se dirigea directement vers la douche. Seule, elle en profita pour laisser tomber son illusion et caresser ses cicatrices, alors que de l'eau chaude coulait sur sa peau. Darkness Falls l'avaient marqué de bien des façons. Si elle avait eu du bon en sa personne, il lui avait ravie définitivement. Elle avait, toutefois, réussi à créer une nouvelle sorte de chaos, qui la comblait parfaitement. Les zombies se promenant et attaquant sans préavis l'amusait, la distrayant de son but ultime. Il n'y avait qu'un problème qu'elle avait croisé par hasard et observer en cachette.

Un homme, un sorcier. Quelqu'un de bon. Fondamentalement bon. Devant un tel être, Lilya s'était retrouvé fasciné. Comme obnubilé devant quelque chose qu'elle croyait impossible. Son parfait contraire. Troublé, elle s'était retrouvée dans une situation complètement imprévue, mais qui étrangement, lui faisait du bien. Fini les jeux de pouvoirs et de domination, fini la manipulation pour obtenir ce qu'elle désirait et fini la destruction des êtres qu'elle voulait utiliser. Elle était devenue Averyl, jeune femme frêle et dynamique. Souriante, gentille et pleine de tendresse. Une jolie brune qui avait conquis cet être si étrange à ses yeux. Conrad. Elle était devenue sa confidente, celle qu'il venait rejoindre lorsqu'il se sentait seul. Bref, elle avait effacé la femme ambitieuse et sadique pour n'être plus que ce qu'il voulait dans sa vie. Une manière de s'assurer qu'il n'était pas une simple hallucination.
D'ailleurs, c'était un moyen de ne plus être constamment sous surveillance. Ce qui lui donnait un semblant de liberté d'action. Excité à l'idée de revoir cet être si différent, elle abandonna le confort de l'eau pour mieux se dépêcher à s'habiller, puis à sortir par la fenêtre. Cherchant à ce que le garde du corps qu'on lui attribuait, prenne plaisir à la suivre. Au coin de la rue, elle lança son illusion et prit l'apparence de sa nouvelle Averyl. Elle changea sa démarche, sa manière de parler et son tempérament. Ce prenant à ce rôle qu'elle n'avait pas prévu... Puis, la vilaine sorcière prit la direction du café où il l'attendrait

Elle arriva quelques minutes en retard et fut accueilli par le chien qui suivait partout Conrad. Un sourire sincère étira les lèvres de l'actrice, alors qu'elle se penchait pour lui faire d'énorme câlin. Sa propre chienne avait été tuée par un cruel imbécile, depuis elle ne pouvait que cajoler les chiens qu'elle croisait et encore plus lorsqu'il était aussi sympathique que celui-ci. « Salut toi! Comment ça va hen? » Elle embrouilla légèrement le poil de la bête, avant de se relever et d'entrer dans la vieille bâtisse.
L'endroit était bondé, mais la belle arriva quand même à repérer celui qui l'attendait. En arrivant proche de la table, elle affichait une expression ravie, comme jamais elle se le permettait avec sa véritable apparence. « Hey! Ne me dis pas que tu comptes lire quelques heures, plutôt que discuter avec moi. Ce serait assez décevant! » Laissant filer un léger rire, elle s'installa à la table, alors qu'un serveur s'approchait. Elle accueilli celui-ci d'un joli sourire. « Je prendrais un café. Noir. Merci. Et toi?»
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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Jeu 30 Mai - 19:53



les apparences sont parfois trompeuses.
Dans les livres, il avait trouvé le calme dont il avait besoin. Les mots n’étaient pas là pour le blesser. Ils étaient là pour raconter une histoire, pour enseigner. On en apprenait autant en lisant qu’en écoutant quelqu’un. Certains auteurs savaient manier les mots, envoutant tout lecteur dans leur récit. Conrad aimait entrer dans ces mondes différents créés de toute pièce par des personnes inspirées. Il avait parfois du mal à s’en extirper, tellement le texte l’absorbait. Ses parents lui avaient inculqué le plaisir de lire et ça ne le quittait plus, aujourd’hui. Il ne pouvait s’en passer. C’était à travers ces livres qu’il avait grandi, c’était grâce à eux qu’il avait acquis les compétences qu’il avait. Dans les pages d’un livre, il trouvait les réponses qu’il se posait. Il considérait même que les bouquins étaient de meilleure compagnie que les humains, des fois. Cela dit, il ne se faisait pas d’illusion. On pouvait apprendre beaucoup de choses dans un livre, mais la vie réelle était la vraie école. On ne pouvait pas passer à côté, il fallait suivre. Sinon, le retour était brutal, on perdait conscience et on tombait de haut. En principe, Conrad favorisait les vieux livres plutôt que les récents. Pas qu’il trouvait les auteurs actuels incompétents. En réalité, il était attiré par le charme que portait les ouvrages anciens, avec leur reliure, les pages jaunies et craquantes, les lettres qui s’effaçaient par-ci par-là. Il s’agissait de livres qui avaient vécu. Ils étaient passés de mains de mains, de famille en famille. Même l’histoire de ses propriétaires était probablement incroyable.

Depuis qu’il avait vingt ans, c’était devenu une habitude. Il se promenait toujours avec un de ces vieux bouquins avec lui. Il lui était arrivé plusieurs fois de devoir en rafistoler un, à bout de scotch et de colle parce qu’une page tombait ou que la couverture se décollait. Heureusement, tous n’étaient pas aussi anciens. Résultat, les trois quarts de sa bibliothèque était remplie d’ouvrages de plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. « Hey ! Ne me dis pas que tu comptes lire quelques heures, plutôt que discuter avec moi. Ce serait assez décevant ! » Entendre rire quelqu’un était tellement bon. Conrad leva les yeux de son lire, un sourire au bord des lèvres. Voilà pourquoi il appréciait autant la présence d’Averyl. Elle avait l’effet d’une gomme. En une seconde, il oubliait tout. Avec son dynamisme et sa bonne humeur, elle effaçait ce qui était mauvais dans la vie du sorcier. Elle était probablement la femme la plus joyeuse de son entourage. Elle s’installa en face de lui avant même qu’il ait eu le temps de la saluer. Le serveur qu’il avait appelé débarqua enfin, comme attiré par la beauté d’Averyl plutôt que par Conrad. Ce n’était pas étonnant et le sorcier ne s'en formalisa pas. Il ne manquerait plus qu'il ait quelqu'un sur le dos ! « Je prendrais un café. Noir. Merci. Et toi ? » « La même chose. Merci. » Il referma le livre avec un sourire et le rangea dans sa sacoche. Il aurait bien d’autres occasions de lire ce bouquin, ça pouvait attendre. Là, il souhaitait profiter de la présence d’Averyl.

Le serveur s’éloigna, sous le charme du sourire qu’elle lui avait renvoyé. Elle faisait toujours cet effet sur les hommes. Conrad n’y échappait pas. Quand on avait une belle femme sans défaut devant soi, on ne pouvait être insensible. Surtout qu’Averyl semblait avoir les mêmes goûts que lui. Un peu plus et il penserait qu’elle était faite pour lui. En tout cas, elle était faite pour devenir son amie. Sa bonne humeur l’emportait dans un monde meilleur. L’avantage de ce charme naturel était que l’on était rapidement servi quand on prenait commande auprès d’un serveur. Cela dit, quand il s’agissait d’un employé du sexe opposé, c’était beaucoup plus long. Conrad désigna le serveur du pouce. « Je crois que tu as une touche. » lui fit remarquer son ami. Il ne l’avait jamais vu dans sa vie quotidienne mais il imaginait sans peine ce que ça devait être. Des hommes qui se tournent sur son passage dans la rue, des sourires à tout-va dès qu’elle entrait quelque part… Et dire que cette femme était célibataire ! Elle serait une vraie perle pour l’homme qui l’épouserait. Enfin, Averyl devait peut-être chercher l’homme parfait qui irait avec elle. En attendant qu’elle trouve son mari, Conrad n’allait pas se plaindre. Il pouvait voir son amie presque facilement. Il avait aussi conscience que lorsqu’elle serait en couple, il ne se permettrait plus de l’entrainer dans son lit. D’ailleurs, à trente-quatre ans, il serait temps qu'il se trouve aussi une épouse.

Mais qui ? Ce n’était pas comme s’il sortait beaucoup de chez lui et qu’il rencontrait toutes les cinq minutes une nouvelle femme. Surtout, il ne se sentait pas prêt à fonder une famille. Il avait besoin de temps pour se reconstruire après la perte de sa fille. Peut-être qu’un jour, le besoin de se marier se présenterait à lui comme une évidence, cela dit, ce n’était pas encore le cas aujourd’hui. Il vivait très bien son célibat et aimait son autonomie. Il pouvait faire ce qu’il voulait quand il le voulait. Il avait des comptes à rendre à personne. Il n’avait pas à remettre ses habitudes en question. Vraiment, il appréciait de vivre seul. C’était juste que, parfois, la solitude était trop pesante et qu’il avait besoin de compagnie. En principe, il se trouvait une conquête d’un soir ou il se tournait vers Averyl. Il avait trouvé un équilibre de cette manière. « Le chien est toujours dehors ? » Comme tout le monde, elle avait remarqué ce chien qui le suivait et surtout, elle était fan des animaux à quatre pattes. A chaque fois, il était stupéfait de voir combien elle adorait les caresser et leur murmurer des mots doux aux oreilles. Machin se roulait souvent à ses pieds, demandant encore plus de caresses. Il aimait la jeune femme autant qu’il aimait son os. A ceci près qu'Averyl pouvait le chatouiller. Conrad ne se décidait pas à adopter l’animal. Machin n’était pas pour lui. Il demandait trop d’affection et était trop collant. Mais le sorcier s’était attaché à son compagnon de route. Il lui arrivait parfois de paraitre plus soucieux de son chien qu’il ne voudrait le montrer, en particulier quand il était avec des amis.


© charney

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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Sam 22 Juin - 19:30





La boule de poil, ridiculement joyeuse, lui plaisait. Se souvenant de son propre compagnon, la sorcière se demanda combien de temps, il lui faudra pour obtenir sa vengeance. Caressant la tête de cette bête sans malice, celle qui se promenait sous les traits d'une autre, se surprise à s'attendrir. Comme chaque fois qu'elle se permettait d'être une autre. Loin des complots, de la politique, de son époux soudainement monogame ou encore, de sa tendance au sadisme. Elle se permettait d'être Averyl, cette femme n'ayant jamais existé et qui lui plaisait. Une autre, qui ne se souciait pas de son importance et du pouvoir qu'elle obtenait. Bref, elle devenait tout son contraire, prenant des vacances bien méritées... Dans son esprit torturé.

Caressant la fourrure du chien, elle s'amusait innocemment, s'imprégnant du tempérament doux et passionné de cette autre version d'elle-même. Il y avait quelques mois, jamais elle n'aurait monté un tel stratège, dans le simple but de devenir proche d'un autre sorcier. De quelqu'un de fondamentalement bon et que l'avait fasciné. Au contraire, elle aurait cherché à l'éliminer, dans le simplement but de ne pas avoir de rappel sur ce que pouvait être un humain.

Affichant un sourire joyeux, elle finit par abandonner l'animal à quatre pattes pour l'homme qui l'attendait et qu'elle dupait avec... De bonnes intentions. Égoïste, ça Lilya ne pouvait le nier. L'observant un instant, elle trouva charmant le calme qui se dégageait de sa personne. Mais, elle ne ressenti aucune gêne à troubler son instant de paix, se jetant à l'eau et s'installant.
Tandis qu'Averyl faisait son entrée en matière, elle prit plaisir à l'observer, alors qu'il souriait. Si elle devait le définir, elle aurait dit qu'il était la personne la moins nocive qu'elle connaissait. Comme si, il était son parfait contraire. Ce qui était tout un compliment, si on y réfléchissait.

« Je crois que tu as une touche. » Cette phrase la fit sourire et elle porta son regard sur le serveur qui essayait de se montrer charmant. Il avait un petit, mais très petit quelque chose. Lilya en aurait profité pour voir où son époux était prêt à aller si elle le trompait. Risquant la vie d'une personne, dont elle se fichait complètement. Mais sous ses traits et en compagnie de son seul ''ami'', depuis qu'elle avait ouvert les portes de Darkness Falls et laisser quelques créatures dangereuses s'en échapper, elle préférait laisser filer un léger rire. Tout autant que l'occasion. « Mmmmmm... Charmant. Peut-être que je devrais te renvoyer lire ton livre et essayer de voir si ce serveur à peine majeur est l'homme de ma vie. Tu ne crois pas? » L'humour enveloppait chacune de ses paroles, tandis qu'elle bougeait exagérément des sourcils et reportait son attention sur Conrad.

« Le chien est toujours dehors ? » Intérieurement, elle trouva comique qu'il n'adopte pas ce chien, tandis qu'il s'en inquiétait réellement. Hochant vigoureusement de la tête, elle adossa son menton à ses mains, croisé en lui lançant un regard où régnait une fausse surprise. « Parce que tu t'inquiètes pour cette boule de poile trop mignone? » Lorsqu'elle avait croisé Machin, elle avait voulu le prendre. Mais, comment expliquer qu'il passe à la télé avec une toute autre femme à Conrad? Puis, elle avait besoin d'un chien qui la défendrait, un quel dresserait depuis l'enfance et qu'elle persuaderait que Caleb était le mal. Machin était bien trop vieux pour cela.

Le serveur revient, apportant les deux cafés. Averyl eu droit à un sourire en coin et un clin d'oeil, qu'elle acceuilli avec une parfaite moue dégouté et rigolote. « Et dire qu'il a le culot de me draguer devant toi. Si au moins il était subtil... » Secouant la tête, elle prit une gorgée de son café noir, savourant son petit plaisir. Puis, elle lui lança un regard évaluateur et lui dit simplement « Tu sembles bien aller. J'avais peur que tu ne te laisses mourir de faim dans ton appartement. »

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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Mar 25 Juin - 20:31

Au début de leur relation, Conrad s’était souvent surpris à imaginer ce que serait sa vie aux côtés d’Averyl. Elle était son amie mais coucher ensemble à quelques occasions n’avaient rien d’anodin. Il avait longtemps pensé qu’il y avait sûrement un signe derrière tout cela. Surtout qu’ils ne semblaient pas parvenir à s’attacher à une personne au point de former un couple. Ils étaient célibataires et ça ne changeait pas. C’était forcément qu’ils devaient être liés. Cependant, Conrad s’était rapidement rendu compte qu’il ne ressentait rien d’autre que de l’amitié pour elle et que les choses seraient toujours ainsi. S'ils tombaient dans les bras l'un de l'autre, c'était parce que la solitude était parfois trop lourde pour eux, tout simplement. C’était un arrangement tacite qui leur faisait oublier pendant quelques heures qu’ils ne partageaient la vie de personne. Finalement, Conrad avait été plutôt soulagé. Il n’aurait pas voulu prendre le risque de perdre une aussi bonne amie. Amusante, souriante, attentive, Averyl était l’amie parfaite. Il aurait été idiot de tout casser pour une éventuelle histoire d’amour. Ce n’était donc pas plus mal. En plus, le fait de ne pas être en couple avec elle permettait à Conrad de taquiner Averyl sur ce serveur et sur bien d’autres hommes qui pouvaient lui accorder un peu trop d’attention.

« Mmmmmm... Charmant. Peut-être que je devrais te renvoyer lire ton livre et essayer de voir si ce serveur à peine majeur est l'homme de ma vie. Tu ne crois pas ? » Conrad se laissa à rire. Bon okay, Averyl était loin d’être une cougar sautant sur tous les jeunots qu’elle croisait. Elle était même respectueuse des hommes, enfin, de ce qu’il savait. Lui n’avait pas à se plaindre de mauvais traitement mais peut-être était-ce dû à son statut d’ami. Averyl ne lui avait jamais parlé de ses autres conquêtes. Parce qu’elle devait bien en avoir d’autres, non ? Une femme aussi belle et amusante devait attirer les hommes. En plus, elle était célibataire. Autant de points qui poussaient Conrad à penser qu’elle devait être une femme très demandée ou, du moins, très courtisée. Il jeta un coup d’œil en direction du serveur. Elle était quand même de mauvaise foi. Ce gars n’était pas si jeune que ça. Il se situait dans la vingtaine.  Ce n’était plus un gamin. Enfin, c’était vite dit. Vingt ans ne rimait pas toujours avec maturité. Avec un sourire amusé, Conrad tourna son attention vers Averyl. « Tu ne peux pas lui en vouloir de tenter sa chance. » Bizarrement, il éprouvait une légère sympathie pour ce serveur. Il se revoyait quelques années plus tôt, quand il avait le même âge et qu’il se retournait sur toutes les belles femmes qu’il croisait.

Conrad préféra changer de sujet, se préoccupant de la seule personne qui partageait sa vie à ce jour : Machin. Il sut tout de suite qu’il aurait dû s’en abstenir. Malgré la mine pseudo-surprise qu’Averyl arborait, il se doutait que c’était du faux. Il criait à tous ceux qui voulaient l’entendre que ce chien n’était pas à lui et qu’il aimerait l’abandonner dans une rue. Et voilà qu’il faiblissait devant Averyl, avouant quasiment qu’il s’inquiétait pour l’animal. « Parce que tu t'inquiètes pour cette boule de poils trop mignonne ? » Mignonne, c’était vite dit. Averyl n’avait pas vu les dégâts qu’il faisait chez Conrad, ni la quantité de nourriture qu’il avalait ou le temps qu’il fallait à ce chien pour faire ses besoins. Quand on voyait Machin juste une journée, on croyait qu’il était un ange, alors que c’était tout le contraire. La prochaine fois, il se tairait. Il leva les yeux au ciel et prit un air détaché.  « J’espérais juste qu’il en aurait profité pour s’enfuir. » Il n’était pas décidé à lui avouer officiellement qu’il aimait bien l’animal et qu’il se verrait bien vivre avec lui. Il avait sa fierté, tout de même ! Et puis, s’il le disait à quelqu’un, Machin le sentirait et se prendrait pour un roi chez Conrad – c’était déjà le cas mais passons. Le professeur détourna le regard de son amie, cherchant une issue de secours.

C’est à ce moment-là que le serveur décida de revenir.  Il posa les deux tasses devant eux et s’attarda un peu plus du côté d’Averyl. Un nouveau sourire fendit le visage de Conrad qu’il cacha avec sa main. Il retint son rire en voyant l’expression de son amie. Pauvre gamin. Il venait de foirer son coup avec la jeune femme. L'employé avait à peine parcouru deux mètres qu'Averyl se lâchait : « Et dire qu'il a le culot de me draguer devant toi. Si au moins il était subtil.. » Même si Conrad prennait la défense du garçon, il était tout de même de l’avis d’Averyl. Le serveur pouvait être plus discret et surtout, plus respectueux. Décidément, certains hommes prenaient plaisir à donner une mauvaise réputation à la gente masculine. Le serveur avait dû se sentir à l’abri de toutes représailles de la part de Conrad puisqu’il ne devait pas avoir la tête du gars qui sortait avec Averyl. Conrad haussa les épaules. « Ce n’est pas moi qui vais lui dire d’arrêter, je ne suis qu’un ami. » Il se voulait détaché de cette histoire. Cependant, il savait très bien que si le serveur se montrait trop entreprenant, Conrad serait le premier à le recadrer. Il y avait une certaine manière de se comporter, une manière de se montrer respectueux envers les femmes. Elles n’étaient pas des objets que l’on pouvait convoiter le temps d’une soirée. Elles étaient bien plus. Conrad avait une étrange attirance pour elles : il les aimait, les appréciait, les chérissait, les admirait. Quand il était en couple avec l’une d’elles, il était l'homme le plus attentionné. Il était tout simplement fasciné par leur aura.

« Tu sembles bien aller. J'avais peur que tu ne te laisses mourir de faim dans ton appartement. » Si à une période de sa vie, il avait cessé de se nourrir, de boire et de vivre, ce n’était plus le cas aujourd’hui. Il avait réappris à profiter de la vie. Il s’était également remis à la cuisine. Ces dernières années, il avait pris l’habitude de cuisiner pour sa fille. Quand on accueillait un enfant, il fallait quand même lui donner autre chose à manger que des plats préparés et des bonbons. Il fallait rivaliser d’imagination et d’innovation pour toujours trouver un nouveau plat. Depuis, il avait pris le réflexe de cuisiner pour chaque repas. Avec plus ou moins de succès mais il se défendait. Alors non, il ne se laissait pas mourir de faim. « Tu serais surprise de mes talents culinaires, Averyl ! Il faudra que je te fasse goûter mon gratin de courgettes, un délice de l’avis de Machin. » En y pensant, Conrad n'avait jamais fait goûter à Averyl un de ses plats. Quand ils se rencontraient et qu’ils avaient faim, ils allaient dans un restaurant. C’était curieux qu’ils n’aient jamais pris le temps de manger l’un chez l’autre. D'habitude, c’était ce que les amis faisaient mais pas eux. En fait, Conrad n’avait jamais vu où elle vivait. Les mises en garde de Cora lui revinrent alors à l’esprit. La femme était persuadée qu’Averyl n’était pas Averyl. Il ne la croyait pas, ayant davantage confiance en son amie qu’en une femme qui penchait vers la folie.

« Tiens, la prochaine fois, je te ferai la cuisine et tu verras si je me laisse mourir de faim ! » Une nouvelle fois, Conrad porta la tasse à sa bouche. Si Averyl menait réellement  une double vie, il ne savait pas comment il réagirait. A supposer qu’elle soit un agent secret du gouvernement et qu’elle lui cache certains détails de sa vie, alors là, il la pardonnerait. Mais si le secret était plus important, il ne savait pas ce qu’il ferait. Il avait déjà été manipulé par le passé, il avait déjà cru voir un ange là où se cachait un démon. Il ne supporterait pas que cela recommence, surtout de la part d’Averyl. De toute manière, Conrad n’en était pas là. Son amie ne lui avait jamais donné de raison de douter de sa sincérité. Ce n’était donc pas aujourd’hui que ça commencerait.
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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Dim 7 Juil - 20:13





L’amitié un drôle de sentiment, que la sorcière n’avait que très peu connu et pourtant, en observant le visage attendrissant de son compagnon, elle se demandait si son envie d’étudier cet être si… Profondément bon, ne venait pas de l’envie d’avoir un ami. Quelqu’un de bien, qu’elle ne pourrait corrompre. Malgré, le fait qu’ils s’envoyaient en l’air, il n’y avait aucune tendresse mal placé, ni aucune ambigüité dans leurs interactions.  
Après, presque deux mille ans de souffrance, de complots et de désintérêt pour autre chose que la manipulation et le sexe, Averyl se retrouvait fasciner par cette personne si différente de toutes celles qu'elle avait torturé ou fréquenter. Quoi qu'un ne l'ait jamais empêché d'accomplir l'autre. Elle était... Tordu, il n'y avait pas d'autres mots. Voilà pourquoi, elle se retrouvait sous l'apparence d'une autre, à s'inventer une vie et une personnalité. Un nouveau masque a ajouté à sa collection.

« Tu ne peux pas lui en vouloir de tenter sa chance. » Retenant un sourire, sans vraiment le réussir, la jeune femme lui lança un regard emplit de l'humour qu'elle lui réservait. Pour toute réponse, elle haussa les épaules. Non, elle ne pouvait pas lui en vouloir, mais son humeur ne prêtait pas au flirte avec un inconnu. Elle prit le temps de prendre une gorgée de café, avant de reprendre leurs conversations, qui semblait dévier vers machin. Ce chien qu'elle adorait par principe.

« J’espérais juste qu’il en aurait profité pour s’enfuir. » Cette réplique l’amusa profondément. Laissant un rire lui filer, elle s’étira délicatement sur sa chaise, se mettant à l’aise. Elle ne souligna, toutefois, pas sa tentative pour fuir. Le laissant oublier le sujet qui semblait le mettre mal à l’aise. Parfaitement en accord avec le moment, le jeune serveur revient, se jouant des limites de l’effronterie. Ce qui agaça et amusa les deux protagonistes de cette conversation. Averyl n’aimait pas particulièrement ce genre d’approche, lilya peut-être, mais pas celle qu’elle avait décidé d’être. De ce fait, il avait creusé sa propre tombe, vis-à-vis de la jeune femme. Elle ne retient pas son commentaire, mais sourit à la réplique de Conrad. « Ce n’est pas moi qui vais lui dire d’arrêter, je ne suis qu’un ami. »

« Oh... Et moi qui rêvais que tu joues les chevaliers jaloux pour moi. » Elle exagéra la moue d'une femme contrarié, la rendant plus mignonne. Elle n'avait pas peur qu'il se méprenne sur ses intentions, ce qui rendait leurs conversations beaucoup plus facile. Jouant avec sa tasse, elle se demanda si, un jour, elle pourrait se montrer entièrement honnête avec cet homme qui semblait avoir apparu de nulle part dans sa vie. « Peut-être que je devrais essayer de te rendre jaloux. Enfin, malgré le fait, que je perdrais mon temps, je suppose, que je pourrais valoriser mon orgueil de femme. » Sa voix était légère et typiquement envoutante, comme elle utilisait dans les moments de séduction, où elle ne prenait rien au sérieux.

« Tu serais surprise de mes talents culinaires, Averyl ! Il faudra que je te fasse goûter mon gratin de courgettes, un délice de l'avis de Machin. » Heureuse à cette déclaration, elle se dit qu'une petite drogue dans le verre de son charmant époux suffirait à la laisser libre de rentrer tard ou de tout simplement en profiter pour revenir se glisser dans son lit au petit matin. C'était une tactique simple qui avait déjà fait ses preuves. « Tiens, la prochaine fois, je te ferai la cuisine et tu verras si je me laisse mourir de faim ! » Lilya lui sourit de toutes ses dents et de façons spontanées. D'une nouvelle gorgée de café, elle laissa passer les secondes, se sentant à l'aise dans les silences qu'ils pouvaient partager. « Mmmmm... » Laissa-t-elle filer, en déposant sa tasse de café. « Ce serait amusant. Mais, je préférais cuisiner avec toi. C'est toujours mieux une fois qu'on peut délirer en faisant cuir quelque chose. Oh... Mais, comme mon emploi du temps est occupé, je me disais qu'on pourrait prévoir ça pour bientôt? Demain soir? Ce soir? Dans une semaine? Question que je puisse m'assurer d'être libre. »
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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Lun 8 Juil - 18:23

Les moments où ils se retrouvaient étaient une parenthèse. Une journée agréable qui faisait s’envoler la douleur. Il renouait avec la vie qu’il avait eu avant. Il se sentait bien et ne se posait plus de questions. Il refusait que quiconque brise ce moment avec des hypothèses sorties de nulle part. S’il perdait son amie, il craignait de perdre également son équilibre. Ils s’entendaient bien, s’appréciaient et étaient là l’un pour l’autre. C’était simple et pourtant essentiel. Il souhaitait à tout le monde de connaître ce simple bonheur d’être avec un ami. Parfois, Conrad se demandait ce qu’Averyl avait pu voir en lui pour qu’elle l’aborde. En tout cas, il savait ce qu’il avait vu en elle : une femme intelligente et dynamique. Une femme qui ne manquerait pas de le faire sourire. C’était le genre de personnalités dont il avait besoin dans son quotidien. A elle, il pouvait tout dire, tout confier. C’était comme si elle avait été faite pour ça. Il se confiait à elle, elle répondait par des mots réconfortants. Il la taquinait, elle lui renvoyait la balle. Ils étaient une équation presque parfaite car certaines fois, ils étaient en désaccord. Jamais pour très longtemps, cela dit. Leur amitié reprenait toujours le dessus. Un simple regard, une simple remarque et tout revenait à la normale, comme par magie. Alors vraiment, il ne souhaitait pas perdre cette amitié hors du commun. Il en avait trop besoin.

Conrad suivit le serveur du regard. Il ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la pitié pour lui. Si le jeune homme avait su qu’Averyl se fichait de lui et qu’elle l’avait déjà rayé de sa liste de potentiels amants quand il lui avait insisté avec un deuxième regard, il aurait été peiné. Par solidarité masculine, Conrad avait bien envie de lui donner quelques conseils ou de lui dire qu’il n’avait plus aucune chance avec la demoiselle mais il ne ferait pas cet effort. Pas tout de suite, du moins. Il attendrait d’aller payer l’addition pour glisser un mot au serveur. Il ferait preuve de compassion afin de ne pas passer pour le salaud de l’histoire. Voilà quel était son plan. C’était un tantinet sadique de laisser naître l’espoir dans le coeur du jeune homme mais tant pis. « Oh… Et moi qui rêvais que tu joues les chevaliers jaloux pour moi. » Conrad éclata de rire. Ben voyons. Avec son expression, elle aurait presque pu le faire marcher mais il la connaissait. Il ne se laisserait pas aussi facilement berner. D’autant plus que ce n’était pas l’utilité de sa réaction. « Peut-être que je devrais essayer de te rendre jaloux. Enfin, malgré le fait, que je perdrais mon temps, je suppose, que je pourrais valoriser mon orgueil de femme. » Il eut un sourire en coin. Elle pouvait toujours essayer, il ne se sentirait pas légitime dans ce rôle. Conrad n’était que l’amant occasionnel, un ami qu’elle rencontrait régulièrement. Qu’elle veuille le voir sortir de son calme était tout de même assez amusant et flatteur. Après tout, c’était qu’elle essayait d’attirer son attention, non ?

S’il ne se permettrait pas d’être jaloux envers les hommes qui tournaient autour d’elle, il serait beaucoup plus à l’aise dans un rôle protecteur, à « chasser » les personnes qui l’embêteraient de trop près. Il nota également le changement de ton d’Averyl. Celui qu’elle employait quand elle se voulait envoûtante. « Ne t’en fais pas, s’il devient trop entreprenant, je me chargerais de lui. A moins que tu veuilles que je le fasse tout de suite ? » Il pointa le serveur du pouce avant de faire mine de se lever. Il ne se battait que lorsqu’il avait une bonne raison. Là, mettre un coup de poing à un pauvre gamin qui devait être à ses premiers tâtonnements en matière de séduction était inutile. Il suffirait d’une simple discussion pour le calmer. Et si Averyl souhaitait vraiment que Conrad aille le voir, il glisserait un billet au serveur afin qu’il joue la comédie et il ferait semblant de le frapper. Tant qu’à faire, autant que le serveur trouve son compte dans cette histoire. Avec un billet et une fausse bagarre, il trouverait une jeune femme de son âge pour le cajoler. La violence ne résolvait pas tout, même si elle était un exutoire parfait. Conrad en avait fait l’expérience un an plus tôt, avant de remonter la pente.

Au lieu d’aller soudoyer le gamin, le professeur se réinstalla sur sa chaise. Il embraya sur son gratin de courgettes. Si Machin avait mangé ce plat, c’était uniquement parce qu’il avait fini par brûler dans le four. Le gratin était tout simplement immangeable mais ça, Averyl n’était pas obligée de le savoir. D’autant plus que c’était l’une des rares fois où Conrad n’avait pas fait assez attention, alors ça ne comptait pas. En invitant Averyl à manger un jour chez lui, il ne s’imaginait pas que ce serait dans les heures à venir. Il ne soupçonnait pas plus les calculs que devait effectuer la jeune femme afin de libérer une soirée. S’il avait su, probablement qu’il lui aurait dit de ne pas prendre ce risque ou qu’il ne serait même pas là, en train de lui parler. « Mmmmm. » Conrad leva un sourcil interrogateur, il était curieux de connaître la suite. Est-ce que c’était « Mmmmm… non merci, je ne veux pas mourir empoisonnée. » ou plutôt « Mmmmm… pourquoi pas mais c’est moi qui choisi ce qu’on mange. » ? Finalement, ce fut « Ce serait amusant. Mais je préférerais cuisiner avec toi. C’est toujours mieux une fois qu’on peut délirer en faisant cuir quelque chose. »

Il n’avait rien contre et partageait même son avis. C’était beaucoup plus amusant de cuisiner ensemble et de taquiner l’autre sur ses capacités culinaires. Il avait adoré partager ces moments avec… Maggie. Il prit une gorgée de café, profitant de cette opportunité pour masquer son expression. Elle lui manquait beaucoup trop. Ce n’était pas normal. Cela en devenait même malsain. « Oh… Mais comme mon emploi du temps est occupé, je me disais qu’on pourrait prévoir ça bientôt ? Demain soir ? Ce soir ? Dans une semaine ? Question que je puisse m’assurer d’être libre. » Elle était si pressée que ça de manger avec lui ? Il ne faisait de cuisine gastronomique, ni même quelque chose d’extraordinaire. Il haussa les épaules. Contrairement à son amie, Conrad n’avait pas un agenda rempli. Il était même aussi vide que l’air. Il ne prévoyait plus rien au-delà de vingt-quatre heures – sauf ses cours à l'université. Question de superstition. On ne savait jamais ce qu’il se passerait le lendemain. « Disons ce soir, si tu es toujours sûre d’être libre. » lança-t-il avec un air moqueur. Il jeta un coup d’œil à leur « ami » le serveur en se demandant s’il devait proposer à Averyl de l’inviter. C’était une mauvaise idée. Il risquait d’aller trop loin avec cette plaisanterie et de fâcher la jeune femme. S’ils devaient dîner ce soir, il valait mieux la garder de bonne humeur.

Il se félicitait d’avoir eu la présence d’esprit de ranger et nettoyer de fond en comble son appartement afin de faire disparaître toute trace de ses exercices magiques. Il tentait de retrouver son niveau, sans grand succès. Depuis quelques semaines, il travaillait sur la guérison et en était venu à se couper lui-même des entailles de un à trois centimètres de profondeur. Des entailles qu’il réussissait à guérir avant, plus aujourd’hui. Ses bras étaient parsemés de cicatrices qu’il cachait sous des manches. Elles étaient autant de preuves qui lui rappelaient le geste d’une femme honteuse de son enfant. Conrad chassa l’image de Maggie de son esprit et se concentra sur les prunelles d’Averyl. « J’ai un poulet dans mon frigo, quelques légumes et une bouteille de vin, ça te convient ? »
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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Mar 30 Juil - 19:03





Pour reprendre les mots qu'elle avait pensées quelques heures avant de le voir... Lilya se sentait différente en sa compagnie. Bien que cela soit, un autre de ses mensonges, elle ne pouvait s'empêcher de se laisser prendre par le courant qu'il semblait créer. Honnête, il l'avait fasciné, elle s'était entichée de lui. Sans la logistique ''amoureuse'' qu'on attribuait à ce terme. À l'observer, elle se demandait si elle ne préférait pas rester Averyl. Cette simple femme, qui ne complotait pour empoisonner son mari, le temps de le tromper ou de se déguiser. Encore moins, de séduire son garde du corps pour mieux s'en servir et obtenir le titre de ''veuve''.

Le rire de cet homme la détendait. Voilà peut-être la raison qui l'avait mené à le tromper? Il n'y avait, aucune personne, en ce monde qui arrivait à détendre ses muscles, autrement qu'en la poussant à la jouissance. Ce qui était très plaisant, mais véritablement ennuyant à la longue. Oui, Lilya avait perdu le goût au sexe, même si elle continuait d'entretenir ses amants. Averyl, elle, semblait loin d'être atteinte. Nul besoin de torture pour prendre son pied. Un changement appréciable. Surtout pour ceux qui la côtoyaient. « Ne t'en fais pas, s'il devient trop entreprenant, je me chargerais de lui. A moins que tu veuilles que je le fasse tout de suite ? » Le voyant prêt à se lever, elle haussa un sourcil et le tira par le bras pour le forcer à se rassoir. Ignorant s'il avait vraiment eu l'intention de s'en mêler. Lui adressant un sourire de gamine satisfaite, elle battit exagérément des paupières. « Laisse tomber! Il ne faudrait pas le traumatiser. Tu t'imagines s'il ne s'essayait plus jamais? Que deviendrait ses mains! Les pauvres... »

La conversation oublia la drague momentanée du serveur, pour mieux se pencher sur le plan culinaire. Ce qui ne déplu point à la jeune femme. Une conversation banale, il n’y avait rien de mieux sur cette terre. Sans arrière pensée, sauf en ce qui attrayait à la manière de se débarrasser de son époux, elle lui proposa quelques dates. Elle avait une vie chargée et beaucoup d’apparition publique à faire, elle se devait donc, de tout calculer, ce qui l’énervait. Elle aurait aimé un peu de spontanéité.  « Disons ce soir, si tu es toujours sûre d’être libre. » Son sourire fut aussi imprévu que possible, alors qu'elle hochait de la tête. Heureuse de son choix. Elle avait envie de passer quelques heures en sa compagnie, se changer les idées et, peut-être aussi, se prouver qu'elle pourrait devenir quelqu'un de relativement normal, si un jour, elle en ressentait le désir.

« J'ai un poulet dans mon frigo, quelques légumes et une bouteille de vin, ça te convient ? » Il avait paru troublé l'espace d'une seconde, mais elle était trop occupée à se demander quelle drogue utiliser pour s'assurer qu'un certain gentleman dormirait toute la nuit, pour remarquer quoi que ce soit. Lui adressant un sourire complice, Averyl prit le temps de finir son café et de faire signe au serveur. « Oh... Et moi qui voulais goûter ce fameux gratin aux courgettes! Enfin, le poulet sera parfait. Et cette bouteille de vin... Comment dire non? » Sur ce, elle tourna la tête vers le serveur qui arrivait et lui adressa un joli sourire de séductrice. « J'aimerais bien un sandwich au jambon. Oh et... Je m'inquiète pour mon chien et je me demandais, si je pouvais lui permettre de venir s'installer à mes pieds. Je vous promets qu'il est bien élevé. » Affichant son visage le plus charmant, elle l'aperçue rougir avant de bégayer un simple oui. Satisfaite, elle adressa un sourire taquin à Conrad. « Tu ne m'en veux pas, n'est-ce pas? »
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MessageSujet: Re: Cup of coffee ▲ Lilya   Lun 5 Aoû - 17:53

Spoiler:
 

C’était cette complicité qui était si précieuse. Ils se connaissaient tellement. Enfin, Averyl en savait plus sur lui que l’inverse. Il s’était confié sur une bonne partie de sa vie, sur ses sentiments et ses états d’âme. Il avait senti qu’elle l’écouterait sans le juger alors il s’était livré. Peut-être qu’il ne dégageait pas la confiance qu’il avait vu en elle ou qu’elle n’était pas assez bavarde. Toujours est-il que Conrad se contentait d’enregistrer les quelques informations qu’elle pouvait glisser dans la conversation. Aujourd’hui, Averyl le connaissait mieux que quiconque, d’où leur complicité. C’était une belle amitié, comme on en rêvait. Dommage qu’Averyl soit toujours en déplacement ou en rendez-vous. A cause de cela, ils se voyaient peu. Il fallait jongler entre ses rendez-vous en planifiant à l’avance leurs rencontres pour qu’elle puisse s’organiser. Elle était quelqu’un d’important même s’il n’arrivait pas à se souvenir du métier qu’elle exerçait, un peu comme si elle ne lui avait jamais dit. Avec son emploi du temps de ministre, Conrad imaginait sans mal Averyl à la tête d’une entreprise. Mais allez savoir ce qu’elle faisait vraiment ! C’était cette part d’énigmes qui la rendait séduisante et qui faisait d’elle la cible de tous les hommes. Pour une fois, ils se verraient deux fois dans la même journée. Ils explosaient leur record.

Averyl fit un geste pour appeler le serveur. Mentalement, Conrad se mit à compter les secondes. Une. Deux. Si ce gars courrait pour traverser la salle, il aurait vraiment l’air pathétique. Six. Sept. En regardant dans la direction du jeune homme, le professeur le vit marcher tranquillement. Neuf. Dix. Même s’il ne courrait pas, il était presque là. « Oh… Et moi qui voulais goûter ce fameux gratin aux courgettes ! Enfin, le poulet sera parfait. Et cette bouteille de vin… Comment dire non ? » Elle était déjà fan de son gratin sans même l’avoir goûté, ça c’était du talent. Elle n’aura qu’à revenir manger si elle voulait le goûter. Ca lui laisserait le temps d’apprendre à faire un gratin potable, ce qui n’était pas du luxe. Quatorze. Quinze. Le serveur se planta devant leur table. Conrad leva le visage vers lui et lui adressa un sourire peiné. La règle qui veut que la femme se fasse désirer en tardant à venir fonctionnait aussi pour les hommes. Le pire était qu’Averyl se moquait  en lui adressant un sourire. Le pauvre gamin. Qu’ils se moquent de lui allait encore mais qu’elle profite de la situation était autre chose. « J’aimerais bien un sandwich au jambon. Oh et… je m’inquiète pour mon chien et je me demandais si je pouvais lui permettre de venir s’installer à mes pieds. Je vous promets qu’il est bien élevé. » « Ou… oui. » Conrad se redressa et ouvrit la bouche afin de stopper le serveur. Sauf qu’il n’avait d’yeux que pour Averyl. « Il a des puces, il pourrait les refiler à tout le monde… » Le serveur avait déjà quitté la table avant la fin de sa phrase, trop heureux de faire plaisir à la jeune femme. Conrad poussa un soupir et s’appuya contre le dossier de sa chaise. Il essayait de donner une éducation à ce chien et Averyl l’encourageait à désobéir. Sans compter que le serveur risquait des ennuis.

« Tu ne m’en veux pas, n’est-ce pas ? » La question a un million de dollars. Il planta ses yeux dans ceux de la jeune femme. Il ne voulait pas faire son rabat-joie. Il leva les yeux au ciel et lâcha un « Non. » De toute manière, c’était trop tard. Le serveur était déjà à l’extérieur du café, à la recherche de l’animal alors qu’on ne lui avait rien demandé. C’était toute la magie d’Averyl : elle obtenait ce qu’elle voulait, parfois même sans l’avoir formulé à haute voix. Machin fit son entrée, la tête haute. Il était content. Il voyait là une victoire ou un miracle dont il profiterait. Le chien s’installa au pied de la table, tel le propriétaire des lieux. A quoi cela servait de le faire rentrer s’il restait dans la même position ? Conrad recula sa chaise pour laisser plus de place à l’animal et surtout, pour l’avoir à l’œil. S’il lui refusait l’entrée de tout restaurant et café, c’était parce que Machin avait eu faim toute sa vie et que la première fois qu’il était entré dans cet antre de la nourriture, il n’avait pas pu se tenir. Il avait sauté sur tous les serveurs et sur toutes les assiettes qui passaient. Conrad avait été prié de quitter les lieux illico presto. Il avait regretté de ne pas avoir été assez ferme avec le chien. De toute manière, un canidé n’avait pas sa place ici.

Il attrapa sa cuillère et la fit tourner entre ses doigts. Il inspira. L’espoir devenait douloureux une fois qu’il était brisé. Conrad ne pouvait pas laisser Averyl jouer avec les sentiments d’un serveur qui n’a rien demandé. Ce n’était sûrement pas le premier à tomber dans ses filets. « Tu ne devrais pas lui donner de faux espoirs. » Il avait pitié pour ce gars. Il avait pensé que ce travail lui offrirait des opportunités auprès des femmes et il se prenait une série de râteaux. Il avait mal imaginé la chose.
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Cup of coffee ▲ Lilya

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