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 Flash Delirium {PV}

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Féminin
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MessageSujet: Flash Delirium {PV}    Mer 5 Juin - 17:16


Cora & Azzura
Flash Delirium.
« Mild apprehension. Blank dreams of the coming fun. Distort the odds of a turnaround. Gut screams out next to none. So turn it on tune it in. And stay inert. You can't get a grip if there's nothing to hold. See the flash catch a white lily laugh and wilt. It'll make this place ignite. »

J’ai pénétré dans l’enceinte de ce nouveau sanctuaire il y a exactement cinq jours de cela. La Nouvelle Orleans. Une ville qui regorge d’attractions plus démentes les unes que les autres. Leur règne, si salutaire soit-il, n’a pas reconnecté le cerveau de ces ignorants. Leur instinct de survie les pousse à marcher sur les traces d’un passé funeste. Quelle contradiction. Dans cette lutte, j’incarne une aventurière solitaire en quête d’utopie, à la recherche d’une société idéale qui n’existe peut-être que dans mon esprit. Je me leurre, presque autant qu’eux. Ils imaginaient sans doute que ces hommes de pouvoir seraient davantage puritains, moins désinvoltes, soucieux de restaurer un équilibre longuement oublié, mettant leur catégorisme et leurs pratiques barbares au placard. Je ris nerveusement en griffonnant ces quelques mots. Je suis tellement en colère. Il ne faut pas se fier aux apparences. En arrivant à destination, j’en suis venue à la conclusion selon laquelle l’horreur et la misère se dissimulaient derrière le masque d’une cité lumineuse et prospère.

C’est un bien joli déguisement, si on ne prend pas en considération la partie nord de la ville. Certaines vitrines sont brisées. Les cadavres de plusieurs malchanceux gisent sur le sol. Les ruelles sont parsemées d’échardes tranchantes et de détritus. Les prostitués se font gifler par leurs maquereaux. Parfois, ces derniers les assassinent sauvagement. Chaque jour, des sans abris terrés dans l’ombre meurent de faim. Oui, ces coins sordides existent toujours. Une partie de la population en fait les frais. L’autre partie n’aspire qu’à accroître ses revenus et à augmenter ses richesses. A croire que c’est cette dépendance excessive à la technologie qui favorise l’émergence de cet individualisme répugnant. Boire l’eau d’un puits serait une abomination. Nous oublions d’où nous venons. J’en viens à écrire mon sermon avec un stylo encre. Masque t-il la douleur éprouvée ? Accepte t-on nous plus facilement la perte de nos défunts ? Non. Si la forme a plus ou moins changé, le fond est resté identique. J’en suis convaincue. Agissons tou…
.

Pour la énième fois, elle jeta son torchon dans l’eau verdâtre. Il rejoignit ses mégots de cigarettes. De toute façon, personne ne l’aurait publié et ses pages froissées auraient fini par jaunir. Son inspiration s’était volatilisée dès l’instant où elle avait foulé le sol de Darkness Falls. Elle n’était plus capable de jongler avec les rimes et de créer des beaux alexandrins. Elle se tenait à l’arrière de la péniche dans laquelle elle logeait, perdue au fin fond du Bayou St John. Méprisée de tous. A leurs yeux, elle était une sauvageonne qui s’était faufilée sur Leur territoire. Ils croyaient encore être propriétaires de cette terre. C’était risible et dérisoire. Ils se trompaient. Désormais, cette ville appartenait aux riches en devenir et aux créatures des ténèbres. L’écriture avait au moins eu le bienfait de la protéger de leur insouciance et de son aliénation. Elle n’avait commis aucune atrocité à leur égard. Durant un court instant, elle n’avait pas éprouvé le besoin de bloquer sa respiration en sentant cet air comprimé et nuisible s’insinuer dans son organisme.

Elle ne les avait pas cherchés, luttant contre un besoin qui lui tordait les entrailles. Celui d’utiliser ses pouvoirs dans l’espoir de Les localiser enfin. En était-elle seulement capable ? Elle n’avait émis qu’un seul souhait : celui de retrouver ses racines et de laisser ces dernières s’enrouler autour de ses jambes. Qu’elles aspirent ce qu’il restait de sa raison. Peut-être même son souffle vital. Qu’Ils deviennent les maîtres de son existence misérable. Elle entendait d’ici le crépitement des flammes. A cette heure ci de la journée, Cora contemplait probablement un de ces immenses lustres pendu en hauteur, étudiant chaque possibilité qui s’offrait à elle. Elle voulait certainement la punir de l’avoir ainsi congédiée. Tout la conduisait à penser qu’elle était même arrivée à ses fins. Avait-elle ramené Rafael à la vie pour ressentir le plaisir de lui reprendre ? Quelque part, elle la croyait incapable de faire preuve d’autant de cruauté. Elles partageaient le même sang. Néanmoins, elle était persuadée qu’elle aurait mérité un châtiment de cette importance. Elle perdait le contrôle, le front en sueur, ses pensées concentrées sur la reconstitution de ce puzzle. Après l’atterrissage de l’hélicoptère, Il s’était volatilisé. La nécromancie, ou l’avait-il reléguée au rang de vulgaire servante ? Il l’avait jetée aux ordures après consommation. Délirante, elle en venait à penser qu’elle avait façonnée cette réalité. Peut-être revenait-elle d’un univers chimérique. Et si ses hypothèses étaient fondées ? Et si elles n’avaient jamais quitté Darkness Falls ?

Elle devait résoudre cette énigme. Toute peur oubliée. Ses incertitudes et le manque se faisant ressentir au niveau de sa poitrine la conduisirent jusqu’au Bayou Sauvage. Un lieu légendaire fréquenté par les plus dérangés. En percevant le danger qu’elle courrait, il n’aurait pas d’autre choix que de se manifester. « Regarde ce que je m’apprête à faire ! Tu croyais pouvoir me congédier comme une vulgaire servante ! ». Un mince sourire glissa sur ses lèvres alors qu’elle prit conscience de sa propre bêtise. Il ne l’entendait sans doute pas. Elle se parlait à elle-même, ses pieds s’enfonçant dans cette surface liquide, probablement infestée d’alligators qui étaient en train de l’épier vicieusement. Elle ne tarderait pas à sentir des dents s’enfoncer dans sa chair, guettant le moindre vagissement mortifère qui contrastait avec le bruissement des feuilles et le chant des oiseaux paisible. Cet endroit fantomatique prit la couleur de la mort. A sa respiration se mêlaient des murmures assassins, meurtrissant ses tympans comme une litanie. Elle sentait le souffle glacial des défunts se répandre sur sa peau satinée. Soudainement, le froid brutalisa ses membres. Il fallait avouer qu’ils étaient particulièrement effrayants. Toutefois, elle refusait de laisser la crainte la tétaniser. Qu’avait-elle à perdre de si précieux? Elle incarnait une folle furieuse à la recherche de cadavres animés. Les autres. Les zombies. Ceux qu’elle avait peut-être imaginés à New York. Un psychiatre l’aurait fait interner sur le champ. D’ailleurs, l’hôpital psychiatrique se situait à proximité, ce qui ne la réjouissait pas. Ce semblant de silence fut rompu par des bruits de pas. Il ne s’agissait pas des siens. A croire que des hommes en blouse blanche allaient réellement débarquer. Quel fardeau. Sur ses gardes, ses mains s’agrippèrent à son silencieux. Celui qu’Il lui avait prêté, le témoin de leur entrevue. Celui qui ne la quittait plus.

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↳ Citation : « L'enfer c'est moi. Ce sang qui inonde mes veines, cette chair qui harnache mon squelette, cette cervelle qui s'embrouille. Ces pulsions, désirs impérieux, douloureux, qui commandent mes actes. »
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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Mar 11 Juin - 19:05

Accéder à un semblant de pouvoir et d’autorité n’était pas sans conséquences. Vacillant vers l’obscurité, elle ne reculait plus devant les pratiques les plus douteuses. Elle avait égaré sa bienveillance, noyée dans la texture verdâtre d’une arène putride. Assassinée à coups de sévices et d’humiliations en tous genres. Ils l’avaient domestiquée, si tant est qu’elle n’ait jamais eu besoin de cela pour être lâche. Accentuant l’égoïsme absolu dont elle pouvait parfois faire preuve. Elle ne s’encombrait plus de délicatesse, et la notion même de pardon sonnait à ses oreilles comme un grésillement dérangeant et indéchiffrable. Du moins lorsqu’il ne visait pas les deux ultimes rescapés de sa famille. Elle en avait peur néanmoins. De ce froid viscéral, de ce vide qui se creusait à l’intérieur. Tout pouvait basculer en une fraction de secondes, faire s’envoler un édifice entier comme un vulgaire château de cartes. Son monde avait la fâcheuse tendance à s’écrouler en un rien de temps. Elle détestait le goût amer de la défaite, la sensation d’avoir échoué, échoué à devenir celle que sa sœur aurait aimée et approuvée sans se poser davantage de questions. Ses faiblesses surpassaient sa volonté. Azzura avait raison d’être déçue, il y avait de quoi l’être à ses yeux. Esprit disloqué emprisonné dans son propre corps, derrière les barreaux de Ses attentes. Elle n’était pas devenue une femme respectable, elle devenait peut être seulement une femme crainte à cause de rumeurs à moitié fondées. Celles lui donnant le rôle grisant d’ensorceleuse semant la terreur au gré de ses caprices. A croire que se montrer hautaine et sélective revenait à dissimuler de la vermine grouillante sous ses ongles.

Ses pensées ne quittaient pas son ainée, jamais, alors que le paysage défilait à toute allure. La figure appuyée contre la vitre moite. Elle Lui en voulait affreusement, d’être restée dans cette prison de glace hantée par des ombres toutes plus macabres les unes que les autres. Au même titre que Lui. De lui avoir préféré des débris enneigés et des êtres givrés désormais dépourvus de la moindre once d’humanité. Comme une énième tentative de Sa part pour se démarquer du commun des mortels. La camionnette venait de quitter les bas-fonds de la Nouvelle-Orléans, s’aventurant vers des paysages plus sauvages. Indomptés. Le Bayou était bien le dernier endroit dans lequel elle avait envie de barboter, encore traumatisée par les marécages l’ayant menée à sa perte, mais ce qu’on racontait sur l’endroit avait eu le don d’éveiller sa curiosité. La nécromancienne en elle se réjouissait d’avance du sort douteux qu’elle allait réserver au dégénéré tapi à l’arrière du véhicule comme une bête de foire. Un vicelard doublé d’un criminel, qui avait eu l’audace de pénétrer au Little Darlings comme il l’aurait fait dans un bordel. Il avait signé son arrêt de mort à l’instant même où il avait tenté de violer l’une de ses danseuses. Salissant sa peau satinée de ses sales pattes, meurtrissant sa chair d’hématomes à la trace indélébile. L’envie de lui faire souffrir mille morts lui vrillait les tripes. Douleur lancinante incendiant ses veines, se frayant un chemin jusqu’à ses organes vitaux en calcinant tout sur son passage. La raclée monumentale que les videurs lui avaient infligé n’avait pas suffit, pas plus que la satisfaction morbide qu’elle aurait ressenti en laissant Wayne le castrer. Elle préférait lui réserver un autre genre de supplice. Laisser les rôdeurs le déchiqueter en pièces. L’éviscérer vivant pour en faire leur repas. Un sourire sardonique se glissa sur ses traits en imaginant la scène, sanglante à l’extrême, tandis que ses doigts pianotaient d’impatience sur le dossier en cuir. Savourant les images ignobles s’injectant à ses rétines acérées. Le scélérat ne pourrait plus nuire à personne quand les monstres en auraient fini avec lui.

Arrivée à proximité du point de chute, elle prit la décision hasardeuse de poursuivre seule à pied, sans la protection des hommes de main payés par le ministre. La gorge de l’homme enserrée dans un étau de fer, tenue à distance par une longue tige. Comme un chien pouilleux qu’elle aurait décidé de promener à sa guise. Ne se gênant pas pour le bousculer avec hargne chaque fois que le bougre faisait mine de s’arrêter ou cherchait à s’esquiver du piège. Plus ils avançaient, plus des frissons s’emparaient cependant de son épiderme. Fourbes martelant sa frêle carcasse, cernant un danger qu’elle n’aspirait qu’à ignorer. Sa phobie de l’eau la martyrisait, s’invitant sans cesse. Elle ne pouvait pas s’en empêcher, ni dompter les pulsions de fuite paralysant peu à peu ses membres. La souffrance était palpable jusque dans la moindre parcelle de son corps, et pourtant elle s’avérait incapable de la localiser et était encore moins apte à l’éradiquer. L’air se faisait rare, désertant des poumons aussitôt attaqués par des milliards d’aiguilles. Elle dut se faire violence pour dissimuler son trouble, ne pas laisser entrevoir au rustre la possibilité d’une échappatoire. La sueur roulait contre ses paumes, rendant sa prise fébrile. Elle se sentit soudainement terriblement idiote. Qu’est ce que tu espérais hein ? Réussir à l'approcher des zombies captifs de la vase ? Même une masse gluante qui ne t’arrive qu’aux chevilles t’effraie…

Les azurs obstinément baissés, à tenter vainement de vaincre ses démons intérieurs, elle ne discerna Sa silhouette qu’au dernier moment. Ce fut le cliquetis métallique qui l’arracha de sa contemplation, la figeant instantanément. Son cruor se figea littéralement dans ses veines, son cœur faillit faire une syncope tant la surprise la traversa. Elle s’attendait à tout trouver dans cette étendue indescriptible, tous les pires fléaux. Tout sauf Elle. Le soulagement fit repartir l’organe indigne de confiance, cognant à en faire rompre sa cavité. Elle faillit lâcher le métal auxquels ses phalanges s’étaient accrochées avec vigueur tout le long du trajet, se rattrapant de justesse. Sincère, la joie ne s’éternisa pas. Rapidement chassée par cette détresse maladive qui ne la quittait jamais en Sa présence, indésirable à force d’être constamment désirée. A s’en crever le cœur.

« - Je me doutais que tu ne serais pas spécialement ravie de me revoir, mais de là à pointer une arme à feu sur moi… c’est peut être un peu abusif, tu ne crois pas ? » Questionna-t-elle après avoir repris un brin de contenance, le visage à nouveau fermé. Acide dévalant ses lèvres pour venir les grignoter furieusement. Au fond elle n’était qu’une fillette tiraillée dans une enveloppe d’adulte, qui ouvrait les hostilités par crainte de se faire rabrouer la première.

« - Et puis ce n’est pas contraire à je ne sais laquelle de tes belles valeurs ce genre de chose ? Tu sais la paix dans le monde, tout ça… une de ces fumisteries hypocrites dont savent nous bassiner comme personne les reines de beauté. » Mais mords-toi la langue, avale-là et tais toi une fois pour toutes bon sang… Tu vas encore réussir à l’éloigner de toi, si tu persiste à t’enliser dans ta bêtise.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Mer 19 Juin - 17:36

La seule chose qu’elle possédait encore, c’était un secret inavouable qui ne franchissait pas la barrière de ses lèvres. Elle espérait qu’Elle ne tenterait jamais de le percer. Son venin se répandait rapidement dans son système nerveux en ébullition. Vigoureux, il l’attaquait, rasant le peu de dignité qu’il lui restait. Dans un court laps de temps, elle mourrait asphyxiée. Plongée dans le néant, ne pouvant se résoudre à laisser sa rage éclater de nouveau face à sa cadette. Ses dents se serraient, alors qu’elle tentait de garder ne serait-ce qu’un brin de contenance. Fouler ce sol parsemé d’herbes éparses la torturait déjà. Silencieusement, elle émettait le souhait d’apercevoir des nuages menaçants s’amonceler dans les cieux. Elle avait besoin que le froid effleure son visage et que l’air frais s’engouffre vicieusement dans ses poumons, sous une pluie battante. Elle avait besoin de New York. La ville souveraine de toutes ses peurs. Celle qui lui permettait d’oublier la défaillance de l’enveloppe familiale. Ne lui révèle pas cette vérité dérangeante. Ne fais pas en sorte que la déception s’infiltre sous ses cils. Déjà qu’elle aurait préféré te voir morte à la place de Chiara. L’haleine glacée des défunts continuaient de se promener sur sa peau délicate. Et s’il s’agissait du souffle de la jumelle, ayant senti l’odeur putride de son sang abject se dégager de son corps ? Les observant au milieu de cette source mortifère qui les replongeait dans ces souvenirs cendrés. Tu n’es pas digne de nous. C’était la phrase qu’elle aurait probablement prononcée en sa présence. Des suppositions qui la lapidaient et l’aspiraient dans un gouffre de souffrances. Elle était incapable de s’en extirper. Cette fatalité mortifère induisait une mise à l’écart définitive. Tout les liait, et tout les séparait, probablement même après la mort de la fillette. La figure paternelle, des idéaux contraires, son insoumission sans bornes, ses troubles psychologiques, Leur connexion. Elle avait du se rendre à cette terrible évidence –elles ne lui révéleraient jamais leurs secrets-. Elle ne faisait pas partie de leur univers. Elle était née seule. Lorsque la moitié de Cora avait disparue de la surface de la terre, elle n’était pas parvenue à combler ce vide abominable. Lorsque ses prunelles, ou celles d’Ezio, croisaient les siennes, cette insuffisance lui apparaissait comme une évidence. Il avait assassiné la mauvaise sœur.

Une déception qu’elle lui tairait à jamais, mais qui l’avait démembrée secrètement et avait atteint son organisme, alors qu’elle s’était sentie observée. Des flammes brillaient au fond des cavités circulaires de Ses yeux. Elle avait pu les sentir avant même de la détailler à son tours. Une surprise à faire trembler le sol. Les battements de son cœur résonnèrent violemment à ses tympans. Tant de paradoxes l’étreignirent. Le soulagement de la savoir en vie. Les non dits et les réminiscences qui la terrassaient. Elles ne se comprenaient pas. Pourtant, malgré les divergences qui les éloignaient, elle n’avait pas eu besoin de la chercher. Elle revenait toujours la hanter. Victime de son adoration et d’un mépris plus ou moins feint. Elle porta une main à sa poitrine, comme pour se protéger de Son courroux. Si elle avait été croyante, elle aurait pu brandir une croix. Cora paraissait changée. Son visage grave et fermé laissait transparaître des pulsions ombrageuses. Celles qui l’avaient parfois débordée. Une aura meurtrière flottait au dessus de son être. Cette métamorphose était digne du drame New Yorkais. Elle inspectait Sa proie d’un œil critique et expert, inclinant la tête pour mieux le scruter. Cette silhouette décharnée, issue des ténèbres, la toisait avec dédain. De sa bouche jaillit du sang presque noir. Que le poing de sa cadette s’enfonce dans sa poitrine. Qu’elle en finisse. Le spectacle qui se déroulait face à elle était ahurissant. Elle ne pourrait jamais le digérer. Que le tranchant d’une lame se fraye un chemin à l’intérieur de sa jugulaire.

Qu’elle ait perdue toute parcelle de son innocence la faisait prendre racine. Elle en avait le souffle coupé, un rictus figé sur ses lèvres. Aucun son ne sortit. Pas même un cri de stupeur. Aucun propos cinglant ne s’échappa de sa gorge, en vue d’assurer sa défense. C’était une descente aux enfers, et elle ne lui souhaitait pas de subir le même sort qu’elle, dévorée par une culpabilité latente et des défaillances malsaines. Contrairement à ce qu’Elle pouvait penser, elle ne se sentait pas supérieure. Elle avait péché plus d’une fois, et l’instinct de survie ne pouvait pas justifier ses excès. Noah connaissait le pire, et elle priait pour qu’Elle n’apprenne jamais quels genres d’atrocités elle avait commis à cette époque lointaine. Il était hors de question de la laisser se perdre dans un océan sans fond. Qui était à l’origine de cette dégénérescence ? Wayne ? Ses entrailles se tordaient douloureusement de honte. Puis, elle eut une illumination. Stain. Perdue dans une haine vengeresse, elle prononça des mots qu’elle regretta aussitôt. « J’admire ta clairvoyance, mais je vais laisser mûrir ma vengeance. J’aurai sans doute les remerciements de Stain. Il n’aspire qu’à conserver son honneur. J’aurais empiété sur son territoire. Il est tellement brillant dans le rôle du chien meurtrier. Tu as définitivement bien choisi ton homme. Je n’aurais pas fait mieux… ». Elle se mordit les lèvres. Lorsqu’elle évoquait son cousin, elle laissait la compassion, la patience et la maturité de coté. Aurait-Elle été plus heureuse si elle avait soufflé le nom de Greyjoy à son père ? La méritait-il ? Son corps était recouvert de coupures et d’hématomes. Le Sien également. Ceci en disait long sur la réponse à cette question, mais peut-être pas de Son point de vue.

Elle baissa enfin son arme, sentant pourtant que le danger couru s’intensifiait. Des dents de reptiles s’enfoncèrent dans ses orteils. Elle lâcha un gémissement plaintif qui lui importait peu. Le problème primordial reposait dans l’idée qu’elle ne parvenait pas à franchir le fossé qui les séparait. Elle portait le regard d’une détermination inébranlable, refusant catégoriquement de baisser les bras. Elle mourrait en emportant les membres du gouvernement dans sa tombe s’il le fallait. Quelque part, son acharnement avait tué Zaira et elle ne pourrait jamais se le pardonner. Toutefois, c’était ces êtres rongés par la violence qui avaient appuyé sur la détente. Pour lui faire honneur et épargner quelques survivants, elle se devait de continuer sans relâche. « J’imagine que dans de telles circonstances, ces potiches se contentent de dire que vous avez gagné une bataille, mais pas la guerre ». Le « vous » trahissait son état d’esprit du moment, grisée par cette froideur qui engendrait la sienne et le trouble dans lequel elle s’enlisait. Celui qui l’empêchait de devenir une aînée respectable. Le trou dans son estomac était le témoin de Leur absence, et elle avait l’impression que Cora était impliquée dans celle de Rafael et qu’elle s’était adonnée à la nécromancie pour toucher son point sensible. « En parlant de paix, j’ai apprécié ton petit cadeau de bienvenue. Puisque j’ai choisi la justice, je peux à présent affirmer que nous sommes quittes. Tu n’avais pas besoin de m’apporter un présent supplémentaire. Dis-moi au moins que tu viens juste de le secourir… ». Elle reporta son attention sur Sa victime. Dis-moi que tu n’es pas devenue la copie conforme de Stain.

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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Sam 22 Juin - 19:25

Il n’y avait pas de mot. Pas de mot pour exprimer l’état dans lequel elle se trouvait, le profond désarroi qui était sien. Crispée, ses os semblaient se lamenter sous sa peau. Elle les sentait rouler, s’entrechoquer, manquant de transpercer sa chair. Plus tétanisée par la vue de son ainée que par la surface trouble de l’eau. Elle aurait pourtant du afficher un sourire chaleureux à sa vue. Un vrai sourire, pas l’un de ces rictus faux et hypocrites qu’elle servait à tous les autres pour entretenir les apparences. S’abreuver de Ses traits retrouvés. Seul le soulagement aurait du s’emparer d’elle, l’envelopper comme une couverture bienfaitrice. Mais face à Elle, en dépit de sa volonté d’aller de l’avant, elle se retrouvait toujours sur la défensive. Traumatisée par toutes leurs altercations, la brutalité et les reproches incessants. Fébrile, elle attendait que l’enclume lui tombe sur le crâne, et en fasse de la bouillie. Elle ne pouvait que se braquer, trop imparfaite pour avoir l’esprit tranquille et les idées claires. Orgueilleuse à claquer, elle préféra prendre les devants. Anticiper plutôt que de prendre le risque de ne pas enfiler d’armure de protection. Elle refusait de se laisser cribler de balles, qu’elles soient bien réelles ou seulement fictives. Ignorant ce qui serait le pire au fond. Qu’Elle en finisse définitivement ou qu’Elle l’assassine de méchancetés.

Elle s’y était attendue, et cela ne rata pas : le rouleau compresseur était en marche. Leur cousin était généralement le sujet qu’Elle abordait avant tous les griefs les opposant. Celui qui devait la démanger le plus, comme un vil urticaire s’obstinant toujours à revenir même en usant des meilleurs remèdes. De la mauvaise herbe dont les racines n’avaient de cesse que de faire trébucher sa petite sœur. Le nœud était inextricable, quelque soit le fil tiré, il ne pouvait que se resserrer autour de son myocarde en sang. Des morceaux de verre en travers de la gorge, elle se mordilla les lèvres nerveusement pour s’empêcher de les recracher. Occupant les perfides comme elle le pouvait, en faisant mine de savourer le liquide ferreux qui se mélangeait doucement à sa salive. Elles avaient déjà eu cette conversation. Au moins un million de fois. Elle lui reprochait d’être enchainée à cette passion maladive. De se laisser entrainer au fond avec elle, coulant à pic en cherchant trop mollement à se débattre pour regagner la surface. Aussitôt elle tentait de s’en défendre, de protester pour la forme avant de retourner l’accusation contre la compagne d’un bourreau. Si elle s’était entichée d’un meurtrier, Azzura était loin d’être en reste. Elle avait refusé le mariage, tout contact, quitte à s’en rendre malheureuse comme les pierres en piétinant ainsi les débris de sa misérable existence. Pouvait-Elle en dire autant ? Absolument pas. L’accusation la lacéra cependant pour une autre raison que l’injustice, bien moins noble. Il n’avait pas voulu d’elle. Sans le savoir, Elle tournait et retournait le couteau dans une plaie fraiche et purulente. Et il lui était impossible de se confier, d’épancher son chagrin comme leur lien familial aurait du le leur permettre. La honte la tenaillait suffisamment, sans avoir à y rajouter des couches de crasse. L’italienne n’avait pas la force de reconnaitre ouvertement que la dispute était vaine, qu’elle ne terminerait jamais dans Ses bras quoi qu’il advienne. L’autre version lui semblait moins douloureuse. Celle où elle se faisait rabrouer pour une union complètement hypothétique et incertaine, mais qui restait dans l’ordre du possible. Avoir le cœur brisé suffisait, elle refusait qu’en prime sa sœur jongle avec les morceaux.

« - Une fois n’est pas coutume, je vais te décevoir. Tu devais mourir d’envie de faire ton petit effet mais on m’a raconté la scène. Il parait que dans ce domaine tu n’as plus grand chose à lui envier. Tu aurais préféré qu’il opte pour la tactique de la serpillère face à tes attaques ? »
Il était indéfendable. Il aurait effectivement du se contenter d’encaisser gentiment les assauts psychiques sans riposter comme une forcené. Elle en était consciente, elle s’était même arrangée pour que les hommes à son service Lui offrent une raclée mémorable en représailles. Mais parce qu’Elle se chargeait déjà de Le dénigrer pour trois, elle se sentait obligée de Lui trouver quelques excuses. D’atténuer légèrement Ses torts. Cela faisait-il d’elle un être indigne ? Probablement. Elle le lisait dans Ses prunelles chocolatées, horrifiées et indignées. Écorchée, un rien l’ébranlait. Continuant de se perdre dans les dédales d’un passé peu glorieux, et d’un présent qui ne valait guère plus.

« - Et je confirme, tu n’as pas fait mieux. »
Souffla-t-elle, la voix tranchante comme une lame de rasoir. Ses barrières de nacre entreprirent de se pulvériser l’une l’autre, dans un horrible grincement. Sa famille avait le don de faire rejaillir ce qu’il existait de pire en elle. Elle en aurait quasiment oublié l’intrus trainé comme un boulet, apte à la faire tomber sous la sanction de Sa morale. Il était évident qu’Elle n’approuverait pas le sort qu’elle réservait au scélérat. Le ‘vous’ en mentionnant la dictature en disait long à lui seul. L’amertume engluait sa gorge, la rendait pâteuse. Pénétrait à l’intérieur de sa trachée sans daigner s’en évaporer. Cette sensation acerbe de n’être qu’une lâche, qu'une faible. Égoïste et opportuniste. Lire l’avenir était inutile, au moment-même où elle avait pris position, ou plutôt laissé docilement Wayne faire, elle avait su qu’Elle désapprouverait. Qu’Elle la blâmerait de ne pas avoir risqué sa peau, envoyé valser son petit confort personnel, au nom de la justice et de la liberté. Rien qu’une journée, elle aurait aimé se glisser dans Ses pantoufles et faire preuve d’un tempérament héroïque. Perplexes, ses azurs s’ancrèrent à Ses sombres rétines avec une surprise qu’elle ne chercha pas à feindre. La nécromancienne n’arrivait pas à voir où Elle voulait en venir, se demandant ce qu’elle avait encore fait pour s’attirer Ses foudres. Elle songea rapidement à Ezio, son cruor se figeant dans ses veines. Il n’en était plus à un combat près et il La haïssait hélas comme personne.

« - Si tu crois que je les approuve, c’est que nous ne sommes décidément que des étrangères. Quand je vois où tes beaux idéaux nous ont menées… Tu m'excuseras de ne pas vouloir retourner pourrir en Enfer. »
La vexation jaillissait de ses paroles, dissimulée sous ses persiflages. Mortifiée qu’Elle la considère si mal.

« - De quel cadeau est-ce que tu parles ? J’ai horreur des devinettes, n’y va pas par quatre chemins je te prie. »
Ses doigts comprimèrent davantage la tige de fer, jusqu’à en faire blanchir les jointures de ses phalanges. Son cœur affolé n’en finissait plus de maltraiter sa cage thoracique, rythmé par ses angoisses. Pour faire bonne figure, elle reporta son attention sur le captif, le fusillant du regard.

« - Quant à cette vermine, on peut dire ça comme ça. Il va avoir l’honneur de servir de pitance aux rôdeurs. Même les monstres ont le droit de ne pas mourir de faim, tu ne crois pas ? »
Susurra t’elle d’un ton suave, faussement glacial. L’homme lui lança une œillade mauvaise, désormais inapte à l’ensevelir d’insultes. Ses employés s’étaient chargés de lui arracher la langue, pour éviter qu’il n’ameute des personnes aux alentours.

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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Mar 23 Juil - 11:51

L’odeur de la déception grilla l’intégralité de ses neurones. Alors qu’elle fut prise de violents spasmes, un trou se creusa dans sa poitrine. Son sang se figea. Absorbée par Sa tirade, elle en perdit ses perles de bravoure. Je t’en prie. Fais sortir mes tripes et pends moi avec. Coupe les liens qui m’enchainent encore à cette terre. Je suis si lâche. Ne le vois-tu pas ? Chaque seconde passée à l’écouter était vécu comme un supplice. Si elle ne se reprenait pas, une fontaine apparaitrait bientôt à la base de ses cils. Il était hors de question de plier les phalanges à la simple évocation des agissements infâmes du Meurtrier. Le peu de dignité qu’il lui restait l’empêchait d’incarner le rôle d’une fugitive. Celle qui céderait à des pulsions autodestructrices, laissant sa détresse prendre le dessus sur les problématiques d’ordre collectif. Ces contradictions la fatiguaient. Elle avait conscience des fragilités psychologiques qui détruisaient ses chairs. Pourtant, ses démons continuaient de la dévorer avec plus de force. Une écervelée dans toute sa splendeur. Un être trop faible pour retrouver un semblant de contrôle. Une femme martyre qui donnait l’illusion de ne plus avoir grand-chose à perdre. Pourtant, elle essayait sans relâche de retrouver Gemma. Elle ne souhaitait pas basculer définitivement dans sa folie. Elle ignorait qui était à l’origine de son entêtement. Qui jouait le rôle du dernier donneur d’espoir ?  Etait-ce Rafael ? Il lui en avait fait la demande. Il détestait cette métamorphose. Du moins, elle avait interprété ses paroles de cette manière. Zaira aurait eu la même opinion. Cependant, elle n’était pas certaine que ce vœu de la voir redevenir entièrement bienveillante était partagé par sa cadette. Si Gemma ne la brutalisait pas, elle n’était pas non plus digne d’être son aînée. Peu importait. Elle était prête à laisser son propre sang s’échapper si cela permettrait à Son cœur de battre à un rythme régulier. Qu’elle ne subisse plus ce rejet. Qu’elle ne brûle plus jamais Son innocence. Celle qu’elle souhaitait encore percevoir. Peut-être se leurrait-elle.

Qu’elle disparaisse et rejoigne sa famille après avoir donné un sens à sa survie, en sauvant quelques âmes au passage. Son altruisme n’avait d’égale que sa dissociation. Elle aimait peut être trop le genre humain. Par la même occasion, elle le haïssait. Elle détestait la soumission, l’arrogance, l’intolérance, l’égoïsme, l’état de dépendance et la barbarie. Toutefois, en tant qu’être imparfait, elle était certainement dotée d’une parcelle de ces traits. Prive-moi de ces paradoxes et de cet aspect jugeant. Apporte-moi le remède. Je ne veux plus être semblable à une mante religieuse mutilée, si cruelle et si affectueuse à la fois. Stain pouvait se vanter d’être le seul individu échappant à ces oscillations. La raison n’était pas seulement liée à l’assassinat de Chiara. En levant le voile, elle avait été confrontée à son impureté. Celle qu’elle ne connaissait que trop bien et qu’elle maudissait de toutes ses forces, autant qu’elle l’avait apprécié lorsqu’il avait été question d’elle même. Aux cotés de Noah, elle avait escaladé le mur de la honte, devenant l’incarnation de ce contre quoi elle avait toujours lutté. Elle reprochait à Cora d’être attirée par ce prédateur, se condamnant elle-même pour avoir succombé à son bourreau. Etaient-elles si différentes ? Stain était devenu le symbole de l’unification. Elle ne voyait plus que le vice en lui. L’ampleur de sa bêtise lui arracha une grimace de dégout. Ses mots continuaient de siffler à ses oreilles, et elle éprouvait le désir de goûter à une nouvelle drogue dans le but de soulager cette douleur nauséeuse. Ainsi, elle ressemblerait à un squelette facile à briser. Peut-être que la culpabilité éprouvée se dissiperait petit à petit, emportant avec elle cette sensibilité exacerbée. La magie ne pouvait plus représenter ce substitut. Elle était responsable des scènes de torture. Elle tentait encore de s’en convaincre.

Ses objets d’amour n’étaient plus en mesure de la stabiliser non plus. La plupart d’entre eux avaient rejoint les cieux. La tension était palpable. Elle tendait chaque muscle et lui faisait prendre conscience de l’insuffisance des liens fraternels. Elles ne se sauveraient pas de leur déchéance psychique. Elles se contenteraient d’empester le souffre et le charbon, s’enfonçant dans une boue  crapuleuse. Voilà à quoi elles réduisaient leur relation, et aussi stupide que cela pouvait paraître, elle en était désolée, incapable de jongler entre ses multiples facettes. Pourtant, elle l’aimait par-dessus tout. Elle ne laissa pas ses doigts s’accrocher à Son visage. Le débordement affectif aurait pu être trompeur et donner lieu à une éruption volcanique soudaine. Elle ne pouvait se résoudre à prendre ce risque, alors que les regrets et la tristesse s’entremêlaient, appuyant férocement sur son cœur. Elle se serait montrée loyale et protectrice envers elle, s’Il avait été dans l’impossibilité de refermer ses poings. Une voix grave et un atterrissage qui la firent frémir d’horreur. Le souffle du serpent. La colère s’infiltra dans ses veines. « Et je suppose qu’au sein du Marais, tu as eu un regard trop insistant ». Ironisa t-elle. « Tu sous estimes les liens du sang. La preuve, j’étais persuadée que tu continuerais de lui donner des excuses. Je te connais plus que tu ne le penses. Que t’a-t-il promis ? Un pass pour accéder aux coulisses de la prochaine saison des Hunter’s Seasons ? A moins qu’il soit parvenu à t’amadouer en prenant son air de chien battu. Il est très fort ! ».

La flamme de l’insouciance et de la désinvolture dansait dans son regard, avant que Ses propos suscitent un changement de comportement, ouvrant ses fissures à nouveau. Ses joues se creusèrent. Ses épaules s’abaissèrent. Fébrile, elle lâcha une confession larmoyante. « J’aurais préféré mourir plutôt que de le perdre une seconde fois. Il paraissait si réel ». Elle ne la pointa pas du doigt. Elle fit le choix d’ignorer sa douleur et de prendre en considération celle d’autrui. Mécanisme de défense particulièrement efficace. Elle reporta son attention sur la victime, spectatrice de cet élan d’immaturité, guettant les agissements de sa soeur. Elle réfléchit un moment avant de lui jeter un regard déterminé. Elle devait le sauver des griffes de sa cadette. L’éloigner des tendances mortifères qui la perdraient. Elle ne pouvait pas faire demi-tour. Elle arbora un faux sourire en coin. Une lueur d’amusement inauthentique illumina son visage. Elle décida de rentrer dans son jeu. « Très bon programme. Tu as planifié le tout minutieusement. Je suis impressionnée. Toutefois, j’aurais employé d’autres techniques de torture avant de porter le coup final. Appelons ça une mise en bouche divertissante. Pourquoi ne pas incérer des morceaux de bambou sous ses ongles et frapper avec un marteau ensuite ? Le prélèvement sanguin. L’urine. L’isolement. La torture psychologique. A-t-il une femme et des enfants ? Etudions le terrain plus en détails ». Elle reprit sa route, laissant place à un faciès sérieux, incapable de détourner ses yeux d’Elle, choisissant de rester à ses cotés dans le pire moment.

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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Jeu 8 Aoû - 11:40

Ses paupières embrassèrent l’obscurité, précipitant les visions effroyables dans les méandres de son esprit brisé au lieu de les effacer. Elle n’avait pas besoin que son ainée lui rappelle que Son humanité était restée prisonnière dans un tube de verre, et qu’Il avait alors acquis toutes les caractéristiques déroutantes de la bête sauvage. Elle s’efforçait pourtant péniblement d’avoir une mémoire sélective. De retenir certains faits, d’en disperser d’autres. Au gré du vent rageur de sa mauvaise conscience et de ses tourments intérieurs. Une telle entreprise s’avérait ardue, voire presque irréalisable, pour une rancunière aussi bornée. Par nature davantage encline à répertorier les moindres faits et gestes, à les analyser et à les décortiquer minutieusement. Pour mieux les recracher le moment venu. Mais elle aspirait ainsi à oublier l’horrible épreuve des jeux. Ces journées macabres, abominables, interminables, où il n’était question que de survie. Et bien trop rarement d’entraide. Muselés par la peur, les promesses de mort. Même après avoir vues et revues en boucle les images, jusqu’à en faire saigner ses rétines, ce qui avait pu se produire dans les marécages lui semblait issu d’une autre réalité. Comme si ses souvenirs infects venaient d’une autre personne, et qu’elle s’était contentée d’y assister en spectatrice passive et repliée. Ou comme s’il ne s’agissait que d’un lancinant cauchemar, plus effroyable et précis qu’à l’accoutumée. En plein déni. Elle en éclipsait même sa paranoïa, l’intuition tenace qu’Il avait prémédité son tirage au sort mais probablement pas qu’Il serait entrainé dans la même galère. Hélas, elle pouvait compter sur Azzura pour raviver les braises d’un ancien courroux. Elle n’avait que Lui à la bouche. Le dégout semblait galoper dans Ses veines, quand elle évoquait l’ombre ténébreuse de l’inquisiteur. Avec un simulacre de concentration, il lui semblait qu’elle aurait pu entrapercevoir un filet de bile couler à la commissure de Ses lippes. Ses yeux gris, vides de haine mais emplis d’une souffrance quasiment indéchiffrable, évitaient de se raccrocher trop longtemps aux rétines sombres d’Azzura. Refusant d’y lire la déception infinie qui devait y tournoyer. Elle ne fait que se servir de son bon sens… On pouvait légitimement espérer qu’après la raclée magistrale qu’il t’a mise aux Hunter’s Seasons, tu aurais pris du plomb dans la cervelle.

« - Tu divagues. Tu n’étais pas là. »
Souffla-t-elle finalement entre ses dents serrées. « - Je crois que c’est l’histoire de ma vie : tu n’étais pas là. Tu ignores par quoi on passait. Le corps qui nous lâchait, l’instinct qui nous poussait dans nos pires retranchements. Tu ne sais pas… Tu ne peux pas comprendre. » Asséna t’elle, en secouant la tête avec véhémence. Entre les lignes, elle évoquait en parallèle la torture physique et psychique perpétrée par l’Inquisition. Son impardonnable traitrise, lorsqu’à bout de forces, elle avait tout avoué. Non pas pour se sauver elle-même, comme on aurait pu si facilement le croire, mais pour que la douleur cesse. Et cet élan d’égoïsme avait agrandi la fêlure au cœur de leur amour fraternel en une faille dévorante. Désormais inaptes à recoller correctement les bouts fracturés, morcelés. Mais il leur restait cependant ces chaines invisibles, incassables, les reliant l’une à l’autre en dépit de tout le reste.

«  Je t’en donne plus qu’à lui, des excuses. Je t’en trouve constamment. Quand tu me fais tabasser, quand tu m’insulte, quand tu refuses de m’adresser la parole ou que ton regard dévie comme si j’étais porteuse d’un mal incurable et contagieux… »
Ce ne fut d’abord qu’un murmure, gagnant en hauteur à mesure qu’elle reprenait un semblant de contenance. « - Je te pardonne tout, avant même d’avoir seulement songé à t’en vouloir. Tu peux te persuader de ce que tu veux, m’accuser de tous les maux, me traiter de sœur indigne si ça te chante, mais il ne peut pas en dire autant que toi. » Elle ne les supportait plus. Ses accusations qu’elle jugeait injustes, Ses reproches incessants. Le fait qu’Elle la connaissait effectivement terriblement bien. Devinant ainsi en un instant qu’Il lui suffisait de s’avancer pour faire fondre l’armure de glace qu’elle avait vainement tenté de forger pour Le tenir éloigné. La lueur belliqueuse qui brillait dans ses iris vacilla toutefois lorsque Sa langue claqua de douleur contre Son palais.  

« - Rafael ? C’est… c’est lui que tu as vu ? »
L’interrogation fut murmurée avec douceur et réserve. Soudain hésitante, tant elle était consciente qu’elle marchait là sur des œufs. Voire sur un terrain miné. Un seul faux pas, et les bombes éclateraient sous ses pieds maladroits. Si elle n’était en rien responsable de son « retour » impromptu, elle ne voyait pas quel homme Elle aurait pu évoquer avec tant d’émotion et de tendresse. Elle avait jalousé leur bulle hermétique, si souvent qu’elle ne pouvait les compter. Envieuse de ce qu’ils possédaient. De ce qu’elle n’obtiendrait jamais. L’attachement pur et indicible qu’Elle lui portait. En se détestant pour cette possessivité maladive qu’elle s’obstinait inutilement à faire taire. Il lui manquait néanmoins à elle aussi, à sa manière. Pour la bienveillance dont il avait un temps fait preuve avec elle, incarnant une figure protectrice et fraternelle. Mais elle avait tout gâché, en piétinant allègrement le simulacre de confiance qu’il lui avait concédé. En l’obligeant indirectement à trahir un ami. En dénonçant sa compagne, en précipitant ainsi la mort de leur fille. De lui non plus, elle ne pouvait plus espérer que révulsion et ressentiment.

Le changement dans Son comportement fut imperceptible, mais suffisamment éloquent pour lui glacer le sang. Un vent d’expectative souffla avec véhémence alors qu’elle jaugeait son interlocutrice sans un mot. Murée dans l’un de ces silences de mauvais augure, signe avant-coureur d’une redoutable tempête. Digne de ses origines italiennes, elle préférait d’ordinaire donner de la voix. Faire un esclandre, se répandre en critiques sévères et hurlantes, quitte à embaumer les lieux d’un parfum de scandale en attirant autant l’attention. Ses colères froides se révélaient dès lors incroyablement plus dangereuses. Face à celle qui lui était si précieuse, la nécromancienne accusait le coup. Ses azurs troublants agrafés à Ses prunelles faussement espiègles. Les mots écorchaient sa gorge avant même d’avoir eu le temps d’échouer sur ses lèvres.  Sous les assauts violents de la marée, il lui semblait qu’il ne s’agissait plus que d’une question de secondes avant que la digue ne cède. Elle cherchait à se retenir, à éviter le conflit, mais ses efforts ressemblaient à ceux d’un impuissant insecte prisonnier d’un bocal, se heurtant aux parois de cristal à chaque tentative pour s’en échapper.

« - Tu espères le sauver, n’est-ce pas ? Sans savoir ce qu’il a pu commettre de si grave pour me pousser au crime. Alors même que ce n’est qu’un vulgaire inconnu, qu’il ferait mine d’être aveugle si c’était toi qu’on attaquait. »
Persifla t’elle, La fusillant à distance. Elle l’abhorrait, cet altruisme dégoulinant voué à de purs étrangers. Cet acharnement à sauver le monde, quand le leur était tombé en ruines par imprudence et laxisme. Cette tendance à pardonner l’espèce humaine pour ses péchés, qui lui faisait l’effet d’un coup de poing dans l’estomac.

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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Mar 20 Aoû - 17:41

Cette symphonie morose aurait pu réveiller n’importe quel mort. D’ailleurs, de nouveaux craquements sonores se firent entendre. Des frissons lui parcoururent l’échine lorsqu’elle constata qu’il ne s’agissait point du bruit de leurs pas. Elle brandit son arme en direction des arbres qui les encerclaient. Rien. Aucune silhouette à l’horizon. Seulement ces chuchotements incessants murmurés contre ses lèvres. Aidez-moi. Comment le pourrais-je, alors que je gémis presque d’agonie ? Pensa-t-elle. Ce n’était pas le moment de flancher. Elle devait faire disparaître ces cris d’effroi qui déchiraient sa poitrine. Qu’ils tremblent devant les esclaves lorsque ces derniers briseront leurs chaînes. Ses cotes s’estropièrent à chaque respiration. L’empathie la rongea de l’intérieur. Des réminiscences mortifères inondèrent son esprit. La douleur fut si atroce qu’elle eut la sensation que son crâne venait de se fracasser contre une pierre. Elle avait pu distinguer les traits des victimes qui gisaient sur le sol humide de ces cachots puants. Elle avait pleuré ces morts, sous le regard dédaigneux des inquisiteurs. Des maîtres les concernant. Paranoïaque, elle avait cru déceler une pointe de satisfaction chez Ezio, un sourire accroché à ses lèvres. Une sangsue avide de gorges fraiches. Comme ces esclaves défunts, elle s’était sentie encrassée en les voyant afficher un rictus de dégout au contact des membres de son espèce. La partie saine de son esprit semblait inexistante. A Rome, elle se serait retenue de céder à ses instincts. Aujourd’hui, elle laissait Leur rage ainsi que la sienne bouillir dans ses entrailles. La colère faisait office d’antidépresseur. Alors qu’elle dansait sur l’hymne du chaos, elle sentait monter en elle l’envie furieuse de couvrir ses yeux arrondis par la stupéfaction. Masquer le trouble perceptible dans sa voix. Maîtriser ses émotions et éteindre ce brasier qui la consumait. Susanna ne pouvait décidément pas prendre son parti, oublier le génocide et les tortures qu’il leur avait fait subir. Pas après tout ce qu’Elle avait enduré. A ce moment-là, Ezio devenait l’incarnation des maîtres esclaves et des inquisiteurs, le symbole de l’intolérance et de la barbarie. La barrière entre la névrose et la psychose n’allait pas tarder à s’effondrer, ce qui engendrait des éclairs de haine. N’entends-tu pas leurs plaintes ? Souviens-toi de cette époque. Pensa t-elle. « Tu marques des points. J’aurais dû finir mes jours dans cette maison dorée et détestable, m’en tenir à mon rôle d’aînée. J’ai été trop égoïste. Mais tu n’étais pas présente non plus le jour où j’ai vu son vrai visage. Cela n’a pas compté. Vous avez planifié une rencontre avec ce tortionnaire lorsque j’avais le dos tourné ». Les épaules tendues à l’extrême. Un ton catégorique. Des yeux d’une couleur froide. Une rigidité qui ne lui ressemblait pas.

Le déni et la rancœur s’étaient propagés dans son corps, lui faisant oublier qu’un vent de liberté avait toujours soufflé sur sa peau et qu’elle avait sa part de responsabilité dans ces massacres. Toutefois, ils furent aussitôt balayés par les larmes qui s’échappèrent de son cœur. Malgré cet air dur qu’elle se donnait, son innocence n’était pas complètement corrompue. La culpabilité refoulée continuait de mordre sa chair, alors que ses excès revenaient la hanter. Alors qu’elle était incapable de la remercier ou de s’excuser à cet instant. Ce n’était pas de l’ingratitude. Il s’agissait de pensées obsessionnelles. Elle était accaparée par la perte des siens. Ne me pardonne pas. Elle était semblable à une psychotique ayant définitivement perdu ses objets d’amour, incapable d’exister autrement qu’en se fondant dans le corps de l’Autre. Dans l’incapacité de concevoir l’idée qu’elle ne les reverrait jamais. Une sensation de vide l’assaillait. Le sentiment d’avoir perdu une partie de soi. Ce deuil pathologique l’empêchait de lui pardonner et de retrouver sa pureté. « Ils sont morts…je ne suis plus capable de faire preuve de complaisance. Je suis amère ». Sa faible respiration était audible. Elle courbait l’échine et lâchait prise, laissant sa cadette abuser de sa supériorité. Avant qu’Il entre en scène, que Son prénom franchisse la barrière de Ses lèvres, lui rappelant cette sensation de manque insoutenable. « Je t’en prie. Ne cache pas ta joie. Tu rêvais de m’enlever le peu que j’avais. C’est chose faite, une deuxième fois ». Face à un vécu persécutoire, les confidences dégénéraient toujours en sarcasmes.

Elle continua de se perdre dans ses rêves, s’échappant de la prison du néant, laissant l’espoir renaître de ses cendres. Probablement d’une naïveté et d’un idéalisme à frôler la bêtise, refusant de réserver ce sort à la nouvelle génération. Celui qui avait tué les siens. Les flammes du bûcher se reflétaient dans ses yeux. Elle ne comprenait pas qu’il n’en soit pas de même pour Elle, se demandant vers quels horizons s’égaraient Ses pensées. « J’avais pensé que tu serais contre la peine de mort, compte tenu de ce qu’ils nous ont fait subir. Tu sembles si indulgente lorsqu’il s’agit de leurs péchés. Mais je vais me ranger à ton avis et payer pour mon crime d’indignité. Alors ? Quel est le chemin le plus court qui conduit aux rodeurs ? Je ne voudrais pas qu’ils se décomposent avant le moment opportun. Cela gâcherait ton précieux travail…». Elle poursuivit sa route avec un empressement feint, s’enfonçant davantage dans les profondeurs, oubliant les murmures qui n’avaient pas cessé. Son pied glissant dans la vase, elle manqua de s’étaler bêtement dans l’eau. Elle sentit les doigts d’un rôdeur tenter d’atteindre sa cheville, pouvant mettre un nom sur cette odeur incommodante qui parvenait à ses narines. De la chair pourrie. Des hurlements enragés firent irruption dans sa tête. Il fallait agir et ne pas s’effondrer d’épuisement. Une balle perfora le crâne du mort vivant. Elle se tourna alors vers Cora, guettant ses agissements. « Son sort est entre tes mains. Prends ta décision ». Elle se tenait prête, espérant toutefois qu’Elle ne tenterait pas de commettre l’irréparable et qu’elle reviendrait en arrière. Une idée lui traversa l’esprit. Toutefois, avant de relancer les hostilités, elle choisit de lui laisser le bénéfice du doute. Prouve-moi que ton humanité n’a pas totalement disparue.

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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Mer 28 Aoû - 17:15

Elle n’était pas de ces écervelées qui tombent amoureuses les yeux fermés. Qui s’inventent monts et merveilles à propos de leur prétendant, pour réaliser brusquement qu’il ne s’agit que d’un homme. Un homme pétri de faiblesses affreusement dérangeantes et invasives. Un homme probablement indigne. Avant que l’inceste ne s’en mêle, Il représentait un membre à part entière de sa famille. Enfant, elle passait déjà plus de temps en sa compagnie qu’en celle de Gemma. Il accédait à une parcelle de la complicité si singulière des jumelles, là où tous les autres ne pouvaient que rester à l’écart de leur jardin secret. Si l’affection que portait Chiara à leur cousin n’était en rien tachée d’ambigüité et d’une attraction viscérale comme la sienne, Elle y était attachée comme à un frère. Et toutes ces années d’innocence l’empêchaient toujours de Le percevoir comme un monstre dénué d’âmes et de sentiments. Aussi consciente soit-elle du plaisir sadique qui semblait s’emparer de Lui lorsqu’Il dépeçait ses proies. Cela faisait-il d'elle une aveugle incorrigible ? Elle ne se faisait pas la moindre illusion à Son sujet, elle n’avait pas besoin d’une loupe pour que Ses innombrables défauts lui explosent à la figure. Mais elle continuait de reconnaitre l’humain attachant dissimulé derrière le tueur sans scrupules apparents. Son ainée la blâmait de ressentir quelque chose contre lequel elle ne pouvait pas lutter. Elle avait beau connaitre Ses plus vils instincts, Sa facilité à lui broyer ses organes vitaux, le cœur en première ligne… elle ne désirait que Lui. Lui et hélas, personne d’autre.

« - Que souhaites-tu donc me faire entendre ? Que ce n’est qu’un infect scélérat, doublé d’un égoïste absolu ? Que ses propres petits intérêts passeront toujours de loin avant les miens ? Ne te fatigue plus à me le rabâcher, je suis au courant. »
Nier ou protester pour la forme lui semblait désormais vain. Azzura l’avait démasquée il y a bien longtemps et la méprisait pour cette flagrante preuve de faiblesse. Plus Elle cherchait à les éloigner, plus une force malsaine semblait la pousser vers Lui. Comme une adolescente en proie à ses premiers émois, elle n’aspirait qu’à mettre ses mains sur ses oreilles pour ne plus entendre Ses virulentes critiques. Entendre Sa voix courroucée ne servait qu’à accroitre considérablement son malaise. La douceur n’était pas récompensée. Dès lors qu’elle tentait de craqueler sa carapace, elle se heurtait aussitôt à un mur. Effarée et profondément meurtrie qu’Elle puisse la croire capable de telles horreurs par pure jalousie. Elle n'aurait pas ramené Rafael d'entre les morts pour mieux La persécuter. Jamais.

« - Tu crois réellement que si je détenais un tel pouvoir, je le gaspillerais à te rendre la vie infernale ? C’est que nous n’avons définitivement plus rien à nous dire. Tu me prends de haut, mais tu tombes terriblement bas. »
Souffla t’elle après un moment de silence, ses traits affichant une déception évidente. Se mordant la lèvre pour empêcher son menton de trembler, et les larmes de couler. Ses insinuations rongeaient sa chair comme de l’acide, elle étouffait au creux de sa propre carcasse. Sale, elle aurait tout donné pour s’extraire de cette enveloppe moribonde, sans doute indigne de leur rang. Nées nobles, elles l’étaient d’une certaine manière restées. Etrangères aux émotions de l’autre, il n’aurait pas été étonnant de les entendre manier le vouvoiement pour étendre encore plus la distance entre elles. Un ricanement mourut dans sa gorge alors que la danseuse évoquait l’échafaud. Les yeux comme fous, elle sentit s’échapper le dernier contrôle qu’elle avait sur ses nerfs.

« - Il y a une poignée de secondes, j’incarnais une harpie vengeresse, et maintenant ? Je devrais défendre les droits de l’homme ? »
Son souffle s’accélérait, elle secouait la tête de mécontentement. La mâchoire serrée à en briser ses barrières de nacre. Elle détestait être ainsi mise au défi, devoir Lui prouver constamment qu’elle n’avait pas perdu toute trace de bonté. Elle sentit pourtant l’effroi taillader cruellement son palpitant lorsqu’un rodeur s’approcha trop près de Sa peau de porcelaine. Soucieuse de Sa santé, à défaut d’avoir une place dans Son quotidien. Comme elle le voulait tant.

« - Revoilà la donneuse de leçons, je me demandais justement combien de temps tu tiendrais avant de la rappeler à l’ordre. »
Cracha-t-elle avec une pointe de dédain avant de tirer avec hargne sur la tige de fer enchainant le prisonnier. De colère, elle le poussa vers l’avant, jusqu’à le faire basculer dans l’eau. Sans s’avancer d’un pouce, les éclaboussures la dissuadant d’emblée de se montrer plus téméraire.

« - Si tu veux accorder l’absolution à un abject violeur, je t’en prie. Ne te gêne pas pour moi, puisque ta complaisance n’a de limites que pour ceux qui partagent ton sang. Charge-toi donc de sa réinsertion, il est tout à toi. »
Susurra t’elle, libérant le prisonnier avachi dans la vase. Elle fit l’erreur de tourner le dos à l’ennemi, cherchant à s’éloigner sans demander son reste de ces étendues marécageuses de malheur. Ce fut sans compter sur la vivacité du criminel, qui se jeta aussitôt sur son échine. Elle trébucha dans le sable trempé, son bassin s’y écrasa dans un bruit sourd alors que son détracteur posait ses pattes cramoisies sur elle et la retournait vigoureusement. Entreprenant d’enserrer sa gorge, puis de la noyer dans le fleuve. Paniquée, tétanisée, ses phalanges étaient semblables à des chiffons. Inefficaces pour repousser le rustre rageusement penché sur elle, les prunelles ravagées par une lueur démente. Malgré les griffes qui se plantaient sur les mains de son bourreau, jusqu'à y faire sinuer des filets vermeilles. Une souffrance effroyable suintait de tous ses pores, la rendant muette de terreur. Glacée.

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MessageSujet: Re: Flash Delirium {PV}    Dim 1 Sep - 19:31


Dans son esprit, le tonnerre grondait furieusement et les éclairs enflammaient ses prunelles. Des coups de feu retentissaient. Des vitrines se brisaient et les éclats de verre acérés s’inséraient dans sa chair. Les chasseurs étaient partout. A la manière des inquisiteurs, ils empoignaient les membres de son espèce. Elle était probablement la prochaine sur la liste. Plongée dans un état de démence, elle ne parvenait pas à chasser les bruits sourds d’explosion qui tyrannisaient sa psyché malade. Ceux qui, habituellement, troublaient son sommeil. L’odeur du souffre continuait d’empoisonner ses narines. Les flammes courraient à travers ses tissus organiques. Elle ne pourrait jamais oublier cette scène funeste. Figé d’horreur, Il n’avait pas détourné Son regard alors qu’elle lui avait ordonné de ne pas être témoin de sa mort. A cette torture physique s’était ajoutée une torture mentale lorsque Ses Azurs avaient commencé à s’inonder. Des réminiscences qui la ramenaient à ses désirs de vengeance. Les yeux écarquillés, elle s’attendit à ressentir une douleur atroce à cette pensée assassine. Rien. Pas un souffle de vie. Plus rien ne comptait à ses yeux. Demeurait le besoin de punir L’inquisiteur. Celui qui était doté d’un instinct meurtrier, étreint par une folie furieuse. Blessée mortellement, elle fut dans l’incapacité de La suivre des yeux. Elle anticipa ses paroles. Tu vas encore tenter de me faire avaler que des ondes bienfaisantes émanent de lui. Tu perds ton temps. S’est-il excusé pour le mal qu’il a causé ? Non. Jamais. Cela t’importe peu. Elle se livrait à une bataille sans merci, forcée de se taire pour éviter d’aggraver la situation. Son regard électrique et cette montée de chaleur en disaient long sur ce qu’elle ressentait présentement. Elle émit un hoquet de stupeur en prenant conscience qu’Elle l’excusait en toute connaissance de cause. Les regrets firent surface. Un sentiment de trahison détériora son monde intérieur. Elle ne parvint pas à empêcher des larmes acides de brûler son visage. Sortie de sa réserve, elle trembla d’épouvante. Elle se souvenait de Ses regards sombres, lourds de reproches.

Elle se sentit condamnée à mort, revisitant un passé qu’elle aurait préféré enterrer. Considérée comme l’unique détentrice des secrets de père, elle s’était éloignée de ses sœurs. Empathique, lorsque ses prunelles s’étaient ancrées dans les siennes, elle avait été confrontée aux effets de la solitude. Un sentiment de trahison avait empli son cœur dès l’instant où il avait saisi que l’amour qu’il portait à mère serait toujours à sens unique. Comme elle, il s’était senti marginal, se cachant derrière un masque, un statut et des comportements qui ne lui correspondaient pas. Telle une écervelée, elle avait déjà fermé les yeux lorsqu’il traitait ses sœurs comme des pestiférés. Naïve et misérable, elle lui avait prêté une oreille attentive avant de le rayer de son existence, quelques années plus tard, devenant l’incarnation de l’ingratitude. Une insouciante s’étant procuré un lot de clairvoyance. L’amour de Susanna à l’égard de leur cousin réveillait en elle une sensation amère. Celle de voir sa cadette reproduire ses erreurs, la renvoyant à son insuffisance. Elle ne l’avait pas guidée de la bonne manière. Particulièrement attachée à son cynisme, elle ne put retenir une nouvelle remarque acerbe, destinée à lui faire ouvrir les yeux. « Tu viens de décrire le portrait de père. Noah parlerait d’un complexe d’Œdipe non résolu ». Ce n’est pas moi…songea t-elle en grinçant des dents. Elle continuait de La piétiner sauvagement. Un automatisme qui l’amenait à penser qu’elle était en train de disparaître. Elle ne s’était pas vengée d’elle en ramenant temporairement Rafael. Une décharge électrique la foudroya à cette révélation. Elle ne méritait plus Susanna. Elle n’avait plus rien à voir avec Gemma. En désaccord avec elle-même, elle ne pourrait plus jamais se regarder dans un miroir. Telle une pillarde, elle lui avait volé l’amour du père. A présent, elle lui volait son innocence.

Paradoxale, elle se sentit suffoquer lorsqu’elle La vit entrainer la chute de son ennemi. L’amour fraternel étant sous-jacent, elle recherchait la voie de Son absolution. « Ne fais pas ça. Tu te sentirais soulagée pendant quelques secondes, et la culpabilité finirait par te ronger ». En omettant l’idée qu’elle devrait se pencher sur la sienne très prochainement. Le Seigneur Renzacci se chargea de lui faire comprendre. « Paye d’abord pour tes péchés, avant de t’occuper de ceux de ta sœur ». Elle se tourna vers lui, une mine affolée, avant de reporter son attention sur Cora et le prisonnier qu’elle tenait en ‘laisse’. Des tremblements dans les mains, elle commença à blanchir. « Tu ne peux pas le laisser tout seul avec lui. C’est trop cruel ». Le visage de sa cadette traduisit une grande incompréhension. S'agissait-il d'une nouvelle hallucination ? Avait-elle encore usé de la nécromancie dans le but de la faire sombrer ? « Suis-je la seule à le voir ? ». L'état de choc laissa place à la colère lorsqu'un sourire ironique vint tordre le visage du vieil homme. Il avait toujours pris un malin plaisir à l'humilier. Une envie de révolte la prit aux tripes. Enterré sous terre, il réussissait quand même à lui pourrir l’existence. « Espèce d’ordure. Tu n’es pas réel. Tu es mort il y a plusieurs siècles. Disparais avant que… ». Les mouvements de l’agresseur furent si rapides qu’elle se sentit encore plus hors réalité, confrontée à une angoisse d’abandon massive ainsi qu’à une angoisse de mort omniprésente. Paralysée d’effroi, elle observa passivement la scène qui se jouait devant ses yeux, faisant face à une menace de morcellement. Temporairement, elle oublia la présence de l'Intrus -l'aïeul de Rafaele-. Elle allait donc détruire ce lien à petit feu. La panique commença à dévorer ses entrailles. Elle fut prise de pulsions assassines. A la manière d’une psychotique, elle ne parvint pas à les réprimer –l’agresseur qu’elle avait mal jugé s’en prenait à Son objet d’amour-. Un nouveau coup de feu retentit. Le sien. Du sang dégoulina de la tête du violeur. Une vision qui lui glaça le sang, tant elle se sentit monstrueuse. Un cri de terreur s’échappa de ses lèvres. « Qui suis-je ? ». Sa sensibilité étant exacerbée, des larmes roulèrent sur ses joues. Elle tendit sa main vers Susanna et l’aida à se relever. Elle détourna le regard avant de prendre la fuite, tandis que le rire du Seigneur Renzacci résonna à ses oreilles.


Topic terminé.

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