AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 It's gonna be alright||Conrad & Riley

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Jeu 13 Juin - 21:20


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


 




T
u enfiles tes écouteurs et allumes le baladeur. Les premières notes te parviennent dans ton esprit. Tu fermes les yeux et poses ta tête contre le mur. Tu écoutes les paroles avec un grand sourire aux lèvres. Si seulement tout pouvais vraiment aller bien. Tes lèvres bougent au rythme des paroles et parfois même un petit murmure sort de ta bouche. Et la chanson s’achève. Tu la remets et tu ouvres ton sac. Ce soir tu n’es pas bien. Plus d’argent, plus d’alcool, plus de toit. Tu te retrouves ici, dans un couloir du métro, assise comme une mendiante à te préparer un joint. Tu sors ton sachet et constate avec un soulagement que tu en as assez pour la nuit. Demain tu seras dans la merde par contre, mais ça ce sera demain. Tu sors une cigarette, ton avant-dernière. Comme quoi, c’est vraiment la grosse dèche. Tu commences à te préparer ta drogue et une fois le travail terminé tu admires ton œuvre. Magnifique, comme toujours. Au début, ils étaient horribles, à peine fumables, mais aujourd’hui ils sont parfaits. La bonne dose, la bonne forme, la bonne odeur, la bonne drogue. Tu sors ton briquet qui va bientôt rendre l’âme lui aussi et allume le joint. Tu souffle dessus et le voyage commence.

Bob Marley chante toujours dans tes oreilles. Tu continues de chanter avec lui mais tes mots sont beaucoup plus lents et beaucoup plus lointains. Tu es partie. Tu n’es plus dans un couloir de métro complètement dégueulasse, mais tu es dans une rue lumineuse et agréable. Tu souris en tirant une nouvelle taf. Tu sens l’amertume de la drogue te consumer de l’intérieur et bruler ta gorge mais ça te fait tellement de bien. Tu lui dois tout à cette merde, tes nuits sans cauchemars et ta bonne humeur. Tu les comprends maintenant tous ces drogués car tu en fais parti désormais. Tu te demandes pourquoi tu as voulu arrêter ce matin ? C’est trop bon ! Tu ne t’inquiètes plus car tout va aller bien, ouais voilà comment tu penses là. Tu te sens légère, comme si tu étais sur un petit nuage. Tu l’aimes bien cette drogue. Ce n’est pas une de celle, trop dure, qui te font faire des bad trips ou des overdoses, oui tu en as quelques fois de celles-ci mais tu ne les apprécies pas des masses. Cette drogue que tu fumes elle te fait aller si bien, c’est comme si elle emportait tous tes maux pour ne garder que ta bonne humeur.

Le joint est fini. Tu l’écrases sur le sol et le jette dans un coin. Tu restes un peu assise, les yeux fermés et un grand sourire aux lèvres. « Everything gonna be alright » , c’est ce que tu murmures comme pour toi-même. Et tu en es convaincue à l’instant. Tu te dis que tout va bien aller et ton cœur se réchauffe d’un espoir qui, une fois les effets de la drogue évaporés, sera retombé à l’eau et tu désespèreras à nouveau jusqu’à ta prochaine cuite ou ta prochaine montée. Tu ranges tes affaires d’une main maladroite dans ton sac et te lèves avec difficulté, une difficulté qui te fait rire. Tu poses ta main sur le mur pour t’aider à tenir debout et lorsque ton équilibre est rétabli tu rajustes ton bonnet et ton écharpe. Même si tu es high tu aimes bien que les gens pensent que tu es normale –même si c’est bien évident que tu es droguée. Tu commences à marcher, ton sac sur le dos ton Bob qui chante dans tes oreilles. Tu l’accompagnes en murmurant parce que pour toi personne ne doit t’entendre, c’est ton trip, c’est ta chanson. Tu marches jusqu’au quai. Tu ne sais pas où tu vas aller, tu laisses tes pieds te guides jusqu’au petit matin.

Il n’y a pas beaucoup de gens qui attendent, mais tu ne les regarde même pas. Tu as ton sourire aux lèvres et tu marches lentement pour ne pas perdre l’équilibre. Tes lèvres bougent toujours sur les paroles de la chanson alors que tu t’avances vers le bord du quai. Tes pieds viennent se poser sur le rebord et tu marches lentement, les bras grands ouverts pour rester debout et ton petit sourire toujours sur ton visage. Tu entends un grondement au loin et tu augmentes le volume de la musique. Tu ne veux pas être perturbée dans ton trip. Tu marches, comme une petite enfant sur ce bord, toute naïve et innocente du danger qui te guète car le danger ce n’est pas un être vivant c’est le métro qui arrive.  
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Ven 14 Juin - 20:07

« … Et c’est ainsi que l’on peut déceler l’anarchie à travers ces symboles. La croix, le sang, les expressions du visage, le désordre et la position des corps. Là, vous voyez ? » Conrad pointa un élément sur la projection du tableau. Tournant le dos à ses étudiants, il se les imaginait en train de plisser les yeux afin d’apercevoir ce détail sur lequel il attirait leur intention. Certains ne verraient rien, leur esprit étant trop fermé pour comprendre ce qu’un peintre souhaitait dire à travers les traits de ses œuvres. Ils étaient en première année et ne s’imaginaient pas encore le travail qu’il leur restait à accomplir. Certains décrocheraient, d’autres s’accrocheraient. C’était à la fin de l’année que l’on voyait les plus motivés. « Juste là. A votre avis, qu’est-ce que c’est ? » Il se retourna vers ses spectateurs, à la recherche d’un étudiant qui lèverait la main, d’un haussement de sourcils, d’un tic. Il cherchait un signe qui le pousserait à interroger une personne en particulier. Il poussa un soupir. Il connaissait les habitudes de chacun, les stratagèmes pour ne pas se faire interroger. Il les avait lui-même pratiqués lorsqu’il était étudiant. Regard dans le vide ou bien dans une autre direction, concentration sur une feuille, expression de réflexion. Il aurait espéré que les jeunes auraient innové en matière de feintes mais non. Il fallait croire que les bonnes vieilles méthodes étaient toujours les plus utilisées. Il accrocha le regard d’une étudiante et ne le lâcha plus. « Marine, une idée ? » Elle ouvrit la bouche sans trop savoir quoi dire. Elle finit par hausser les épaules. Il était prêt à parier qu’elle baissait les bras. Mais finalement, elle esquissa un sourire.

« Depuis ma place, je vois la signature du peintre. De la même couleur que le fond, elle s’intègre parfaitement au tableau pour ne pas le dénaturer et perturber l’anarchie. » Il hocha la tête. Ce n’était pas totalement ce qu’il souhaitait, d’autant plus que sa réponse semblait sortie d’un site Internet mais c’était toujours mieux que rien. Il jeta un coup d’œil à sa montre. Ces rares cours passaient rapidement. Il n’avait pas le temps d’interroger sur tous les détails des tableaux, sachant qu’il ne reviendrait pas dessus avant plusieurs semaines. A la prochaine séance, les étudiants auraient tout oublié. Ce rôle de professeur occasionnel n’était pas toujours évident mais il était le juste équilibre dont Conrad avait besoin. « Bien. Vous êtes libres. Je vous remercie et à la prochaine. » Il retourna derrière son bureau pour couper le vidéoprojecteur et ramasser ses affaires. La journée était trop avancée pour qu’il n’ose faire des plans. De toute manière, le chien allait réclamer à manger. Si Conrad ne voulait pas se le trainer toute la soirée, il n’aurait pas d’autre choix que de le nourrir. En sortant du bâtiment, il savait qu’il ne trouverait pas Machin le chien. L’université était le seul endroit où Conrad gardait sa position : pas de chien. Les animaux n’avaient pas leur place dans un amphithéâtre. Il avait donc enfermé l’animal dans son appartement, pour être certain que Machin resterait à l’intérieur.

Il trouverait sans aucun doute son compagnon derrière la porte d’entrée. Comme d’habitude, Conrad ouvrirait la porte et donnerait un coup dans le flanc de Machin. C’était comme ça depuis un mois. Il soupçonnait le chien d’avoir un penchant masochiste. Le professeur profita d’être tranquille pour flâner dans les rues chaudes de la Nouvelle-Orléans. Cette ville avait le goût de la vieille France. Il n’y avait jamais mis les pieds jusqu’à maintenant et le regrettait aujourd’hui. Il entra dans un commerce où il se fit servir un café noir à emporter. Puis il s’enfonça sous la ville en descendant les marches du métro. Y entrer lui faisait irrémédiablement penser à Maggie. Elle adorait voyager en métro. Elle s’imaginait que ces souterrains étaient l’endroit le plus sûr au monde. Si elle s’y était trouvée au lieu de se faire égorgée par sa propre mère, peut-être qu’il l'aurait crue. Conrad avala une gorgée de son précieux nectar, jetant des coups d’œil par-dessus le gobelet. Autour de lui, les gens attendaient, le visage fermé. Ils étaient sinistres. Il ne pouvait pas se permettre de juger. Avec ses pensées noires et la vie qu’il menait, il n’était pas mieux. Son regard se porta sur une jeune femme. Il ne réalisa pas tout de suite qu’elle était proche – trop proche – du bord du quai. Il la regarda déambuler d’un bout à l’autre, comme dans sa bulle. Elle était intrigante. Depuis sa place, il la voyait remuer les lèvres au son d’une chanson, il entendait la musique sortir de ses écouteurs et remarquait sa démarche lente.

« Elle est trop au bord. » La voix l’extirpa de ses pensées. Conrad se tourna vers la vieille femme qui venait de prendre la parole. Il ne l’avait jamais vue mais ils regardaient la même personne. « Hein ? » « Elle est trop au bord. » Elle répéta sa phrase avec patience. Conrad pivota vers la concernée et ne put que constater que la bonne femme avait raison. Si quelqu’un la frôlait ou qu’elle perdait l’équilibre, l’inconnue risquait de tomber sur les rails. Pendant quelques lentes secondes, il ne fit que la dévisager. Il ne pouvait détacher son regard d’elle et n’arrivait pas à réagir. Un peu comme s’il attendait. Attendre quoi ? L’irréparable ? Au loin, il entendit le bruit du métro. La femme continuait de marcher, en équilibre entre la vie et la mort. Elle n’avait aucune conscience du danger. Conrad resta immobile jusqu’à ce qu’il ait l’impression qu’elle vacille. Alors, il bondit pour l'atteindre et l’attrapa par le bras, lâchant son café par la même occasion. La seconde d’après, le métro s’arrêtait à quelques centimètres d’eux. Lorsque Conrad lâcha le bras de l’inconnue, il réalisa qu’il l’avait regardée avec la même appréhension du spectateur regardant un dompteur mettre la tête dans la gueule d’un lion. Il avait eu peur pour elle mais il avait attendu, espérant que rien ne lui arriverait. Maintenant que la tension retombait, il était soulagé. Le flot de passagers quitta la rame de métro, laissant la place à d’autres voyageurs. L’instant d’après, le quai était vide.

Elle devait avoir un peu plus que la vingtaine ou en tout cas, elle paraissait les avoir. Depuis quelques temps, il avait appris que les apparences étaient trompeuses. Si ça se trouvait, elle avait trois siècles derrière elle. Cela voulait aussi dire qu’elle avait pu utiliser la magie noire. Il aurait mieux fait de la laisser se faire écraser par le métro. Les mages noires étaient infréquentables. En principe, Conrad les évitait. Il savait de quoi ils étaient capables. Bien sûr, certains usaient de la magie noire parce qu’ils n’avaient pas le choix. D’autres le faisaient en toute bonne conscience. Il ne poserait pas non plus la question. Il ne voulait pas savoir. Ça ne le regardait pas et il avait bien d’autres soucis en tête. « Je crois que vous avez eu chaud. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Ven 14 Juin - 21:59


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


  




T
es yeux sont fermés. Tu marches à l’aveuglette sur ce que tu penses être une corde. La musique se termine petit à petit mais tu ne t’en rends pas compte. Tu continues de chanter alors que les dernières notes raisonnent dans tes oreilles. « Every little things, gonna be alright » Tu chantonnes pour toi-même, tu as repris la place de Bob. Mais un grognement rugit autour de toi. Il est fort et il casse ton trip. Tu as beau fermer les yeux de plus en plus forts, froncer les sourcils, ou même augmenter le son de ta musique, il est là et il ne cesse de rugir. Tu as l’impression d’entendre un lion qui hurle après toi. C’est tellement assourdissant que ça te donne mal à la tête. Finalement tu relèves la tête pour dire à cette chose de la mettre en sourdine mais quand tes yeux s’ouvrent tu ne vois que deux gros points blancs qui se dirigent vers toi. Alors, il n’y a plus de musique, plus de corde, plus de Bob, plus de drogue, plus de trip, plus rien. Tu es de retour à la réalité mais tu es paralysée. Ton cœur s’affole dans ta poitrine comme s’il te criait de dégager d’ici, mais tes jambes n’obéissent pas.  Tu restes là, regardant ces feux avancer vers toi, les yeux grands ouverts car au fond de toi tu n’y crois pas.

Le métro ne te percute pas. Tu sens une pression sur ton bras et on te tire loin du rebord. Tu enfouies ta tête dans tes mains alors que tu sens une grande bourrasque soulever tes cheveux à côté de toi. Tu serres les dents pour ne pas laisser la peur t’envahir. Ton cœur est rapide, si rapide que tu penses qu’il va bondir de ta poitrine pour s’enfuir loin de toi et loin de cet endroit terrifiant. Et la tornade se calme. Tu entends des gens marcher, des gens parler mais tu gardes ta tête dans tes mains. Tu ne veux pas retourner à la réalité, pas ce soir. Ce soir tu en as besoin pour tenir le coup. Tu dois remonter. Tu sens un souffle sur ton crâne et tu remarques un battement de cœur près de toi. Tu prends alors conscience que quelqu’un t’a sauvée. Enfin, tu ne sais pas encore s’il t’a vraiment aidée. Si tu étais morte tu serais délivrée de ta vie mais tu as en même temps échappée à une grande douleur et à la mort en elle-même, celle que tu redoutes le plus.

Les gens autour de toi disparaissent rapidement. Il ne reste que toi et cette personne. Tu ne bouges pas pourtant. Tu ne veux pas retourner à la réalité. Tu as peur, oui tu as peur. Tu as l’impression qu’en restant dans le noir il ne va rien se passer et tout ira bien. « Je crois que vous avez eu chaud. » Tu entends une voix rauque mais réconfortante. Tu crois l’avoir rêvée d’abord, mais non elle est belle et bien réelle. Tu sens ton pouls se ralentir et les effets de la drogue te revenir lentement. Tu lèves ta tête et regarde la personne. C’est un homme. La trentaine et plutôt mignon. Enfin, c’est le genre de gars qu’on trouve beau mais quand on passe à côté dans la rue on le remarque même pas. Un sourire vient illuminer ton visage doucement, ce même sourire niais que tu arborais tout à l’heure avant que le métro n’arrive. Tu ricanes doucement et t’écartes de lui. « Nan, j’ai plutôt eu froid ! Ha ! T’as compris ? Froid, comme la mort ! » Et tu éclates de rire. C’était une blague de merde, mais elle te fait marrer. Tu ramasses tes écouteurs qui pendouillent et en mets un. Tu relances la chanson mais baisses le volume pour pouvoir parler avec ce gars. Tu as envie de t’amuser maintenant et malheureusement le destin a fait que ça tombe sur lui.

Tu marches encore un peu, chantonnant la musique dans tes oreilles et d’un coup, tu te retournes et pointes ton doigt vers lui. Tu as un grand sourire malicieux aux lèvres (un peu comme ici) et tu cris : « Haaaan ! Mais en fait t’es Superman ! Han mon Dieu !  Mais alors ce n’est pas Clark Kent le super-homme, c’est toi ! » Pendant que tu lui criais tes délires tu t’avançais d’un pas assez rapide. Trop rapide aussi peut-être pour l’état dans lequel tu te trouves. Tu dérapes d’un coup et tombes sur les fesses. Alors, tu exploses de rire mais même si tu n’étais pas droguée tu te dirais : merde, ça fait du bien de rire.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Dim 16 Juin - 14:22

Il ne réalisait pas dans quelle galère il venait de s’embarquer. A deux heures du matin, la fatigue le rendait aveugle. S’il avait un tant soit peu les yeux ouverts, il aurait remarqué le regard de la jeune femme. Il aurait remarqué l’odeur qui l’enveloppait. Au lieu de cela, il ne voyait qu’une femme qui avait failli finir sous un métro. Conrad rêvait de son lit sans pouvoir bouger de là. Cette inconnue était tellement étrange qu’il n’arrivait pas à la quitter. Il ne la connaissait pas. Il l’avait simplement vue risquer sa vie inconsciemment et voilà qu’il ne voulait plus monter dans le métro afin de rentrer chez lui. Etait-ce la fatigue qui le prenait de court ? Certes, il n’avait pas pour habitude de terminer aussi tard. Il préférait encore rester enfermé chez lui pendant des heures, surtout quand la nuit tombait. A moins qu’il ne fasse un tour dans les recoins de la ville, à la recherche de quelques groupes de résistants qu’il pourrait aider. En dehors de cela, il devenait casanier à partir de vingt-trois heures. Cependant, quand il était chez lui, ce n’était pas pour dormir. Il passait ses soirées à lire des bouquins sur l’art ou sur la sorcellerie. Il s’exerçait, cherchant à retrouver ses capacités passées. Il ne dormait pas. Il ne dormait plus, d’ailleurs. Il était pris d’insomnies ou de cauchemars, selon les soirs. Parfois, lorsqu’il avait de la malchance, il avait même le droit aux deux. Sa stratégie maintenant était de rester éveillé le plus possible afin de se fatiguer et donc, de tomber raide mort de sommeil. Cette technique s’était révélée efficace à plusieurs reprises. Cela dit, Conrad ne pourrait pas l'appliquer jusqu'à la fin des temps.

Sur le visage de la jeune femme, il vit un sourire s’épanouir sur son visage. Elle laissa soudain un rire lui échapper. Un rire plutôt flippant. Conrad la dévisagea, cherchant à comprendre ce qui passait. Peut-être était-ce l’après-coup. Elle avait échappé à la mort et avait dû avoir la peur de sa vie. Chacun avait sa manière de réagir même si la sienne paraissait plutôt curieuse. « Nan, j’ai plutôt eu froid ! Ha ! T’as compris ? Froid, comme la mort ! » Elle partit dans un rire. Conrad la regarda de travers. Elle avait quelque chose qui n’allait pas. Un truc dans le genre grosse fièvre ou forte fatigue. Elle semblait avoir une tendance à l’hystérie. Il n'était pas médecin mais ce n'était pas difficile de le constater. La jeune femme ne s’intéressait déjà plus au professeur, remettant ses écouteurs. Ce n’était pas pour lui déplaire car il y avait quelque chose d’étrange chez elle. Cette fille était dans un autre monde, ça n’en faisait aucun doute. Elle était peut-être trop naïve, trop étourdie pour réaliser ce qu’il venait de se passer. Elle s’éloigna, trop occupée par sa musique. Conrad laissa ses mains retomber le long de ses cuisses, les faisant claquer contre ses cuisses. Ça ne valait pas le coût de sauver quelqu’un. Il se détourna de la jeune femme qui, de toute manière, ne se préoccupait plus de lui, afin d’attendre le prochain métro. Il essayait d’oublier le regard de cette inconnue. Elle l’avait marqué par sa folie et son inconscience. Et dire qu’elle avait failli mourir sous ses yeux s’il n’avait rien fait.

« Haaaan ! » C’était reparti ! Conrad leva les yeux au ciel en l’entendant reprendre la parole. Il la savait derrière lui, sûrement en train de le regarder avec ses yeux brillant de folie. Il ne se prit pas la peine de la regarder. « Mais en fait t’es Superman ! Han mon Dieu !  Mais alors ce n’est pas Clark Kent le super-homme, c’est toi ! » « Superman ? » Il ne put s’empêcher de pivoter sur place afin de la dévisager. C’était quoi cette théorie qui sortait de nulle part ? Cette femme devait vraiment être haut perchée. Imaginer des trucs pourris de ce style et les débiter avec une voix pareille, avec une telle expression du visage ne voulaient dire qu’une chose : elle n’était pas dans son état normal. Quant à savoir si c’était dû à la drogue ou à l’alcool, il ne pouvait pas le dire. « J’avoue, je suis Superman. » Il esquissa un sourire, amusé par cette pensée. Lui, le gars qui n’avait même pas vu le danger venir, lui qui s’enfonçait un peu plus dans la solitude chaque jour. Il n’avait rien d’un justicier en collant. Il était plutôt le gars ordinaire qui menait une vie ordinaire et qui aurait un futur ordinaire. Mais s’il pouvait être ce super-héros dans le conscient d’une personne, il ne chercherait pas à le démentir. « J’ai juste oublié ma cape en sortant ce matin. »

Conrad jeta un coup d’œil vers le tableau annonçant les prochaines arrivées du métro. Le prochain passage était prévu dans cinq minutes. Si quelques instants plus tôt, il avait été pressé de retrouver son antre, il l’était beaucoup moins maintenant qu’il avait fait la rencontre de cette femme. Elle n’était pas dans son état normal. La laisser seule serait irresponsable. Il ne parviendrait pas à s’endormir en sachant cette inconnue errant dans les rues en recherche de son logement, à la merci de n’importe qui et de n’importe quel danger. Ce n’était qu’un détour d’une demi-heure, il pouvait bien le faire. Ce n’était pas comme s’il avait mieux à faire. Tout ce qui l’attendait chez lui, c’était un chien et le vide de son existence. Il ferait une bonne action et quitterait sa routine au moins une fois dans sa vie. Ça pourrait même être une histoire à raconter à ses enfants – quand il en aurait – ou bien une bonne technique de drague. Surtout, il se sentirait mieux de la raccompagner plutôt que de la laisser au bord du quai. « Vous habitez où ? Je pourrai peut-être vous raccompagner. » Puisqu’il était soi-disant Superman, il ne risquait pas de se faire accuser de harcèlement. Elle ne risquait pas non plus de crier à l’agression. Il avait au moins cette assurance.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Mar 18 Juin - 14:50


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


  




T
u ris, encore et encore. Bordel ce que ça fait du bien de rire. Tu oublies tes problèmes, tu oublies la vérité, tu oublies que tu as failli mourir, tu oublies tout pour vivre le moment présent. Pas de passé, pas de futur, tu ne sais même plus ce qui t’a amené à te retrouver assise sur le sol à rire comme une dératée. Tu ris, de bon cœur c’est tout. Mais finalement, tu en as assez de rester assise et après quelques nombreux essais tu finis par tenir sur tes jambes. « J’avoue, je suis Superman. » Tu le regardes avec un grand sourire. Tu es convaincue qu’il est un super héros en collant, mais tu ne te rappelles plus pourquoi. Tu ne sais même plus pourquoi tu lui parles mais tu t’en fous. Tu souris d’un grand sourire béat montrant bien ton état de droguée. Tu ne peux plus duper les gens maintenant, tu es bien high et malgré tout ça te fait du bien. Tu dis merde aux gens qui te diront que la drogue c’est mal, que l’alcool ça pourri le foie. Pour toi, c’est ta vie, ton cœur, sans ça tu ne serais rien tu en as besoin comme tu as besoin de sang dans ton corps pour vivre. « J’ai juste oublié ma cape en sortant ce matin. » Tu essayes de l’imaginer en collant bleu avec une cape rouge volant derrière son dos, mais ton esprit est trop moue pour réfléchir de la sorte. « Han mais nan c’est normal, faut pas que les gens sachent la vérité » Tu poses ton indexe sur tes lèvres et lui souffles un grand CHUT, pour lui montrer d’une façon enfantine que tu ne diras à personne son secret.

Tu entends toujours les paroles de Bob mais tu ne les écoutes plus. Tu regardes l’homme avec ce grand sourire niais que tu arbores quand tu es high. Il te distrait et te laisse planer en toute innocence. « Vous habitez où ? Je pourrai peut-être vous raccompagner. » Et là tu exploses encore de rire. Etrangement, on y sent de la joie et du bonheur. Puis, finalement quand tu arrives à te calmer tu ouvres grand les bras pour lui dire : « Mais je suis chez moi » Tu te retournes et pars poser ta main sur la vitre froide du distributeur de sucreries. « Là c’est la cuisine. (tu colles ton front quelques instant au verre, te rassérénant de la fraicheur qui détend ton corps en feu) ‘Tain fait chaud… » Ces derniers mots tu les as murmurés pour toi-même mais c’est la vérité. La drogue te réchauffe de l’intérieur et tu as l’impression de te sentir dans un four. Sans compter la chaleur de l’extérieur qui vient encombrer les murs du métro.  Et tu te retournes, tu sautes sur les bancs d’attentes et marches dessus comme une enfant. « Là c’est la chambre( tu t’allonges sur le dos sans quitter l’homme des yeux) C’est un peu dure mais c’est un très bon lit ! » Tu te lèves et tournes sur toi-même, manquant parfois de trébucher et tomber à la renverse. « Et les chiottes… et bah c’est un peu partout ! »

Tu t’arrêtes d’un coup et ta tête tournant te fait tomber sur lui. Il te rattrape, heureusement, mais tu te remets vite sur tes pieds avec ton sourire niais. Tu le regardes et rajustes ton bonnet. « Tu veux rester manger ce soir ? J’ai…(tu te retournes et jettes un coup d’œil au distributeur) Du Kit-kat, du Mars et plein d’autres choses comme ça ! »Tu l’aimes bien cet inconnu, il ne te demande pas de te calmer et il t’a sauvée la vie alors tu l’aimes bien.

(désolée c'est pas super long mais j'essayerai de me rattraper la prochaine fois OmO)

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Sam 22 Juin - 15:42

A chacun de ses rires, il devinait une pointe de folie. Soit elle n’était pas dans son état normal, soit elle était une folle échappée d’un asile. S’il devait choisir, il préférait encore la première option. Il ne savait même pas pourquoi il entrait dans son jeu. D’accord, sa vie n’était pas pleine de rebondissements mais il ne s’ennuyait pas au point de parler avec une inconnue suicidaire et alcoolisée. Mais il y avait quelque chose en elle qui l’attirait. Une fragilité et une inconscience qui la rendaient attachante. En tout cas, ça ne pouvait pas être son humour. Il en avait eu un aperçu tout à l’heure et ce n’était franchement pas joli. Non, c’était autre chose. Un détail qui le poussait à lui proposer son aide. Avant elle, il n’avait rencontré personne qui avait autant besoin d’un coup de main. Plus tard dans la conversation, il irait jusqu’à lui dire qu’il la raccompagnait, poussé par la curiosité et par l’envie de connaitre ce personnage atypique. Etait-ce le syndrome du super-héros ? Celui qui sauve la vie d’une femme et qui s’entiche d’elle ; une femme qui auras mis un peu d’aventure dans sa vie et donc qui ne quittera jamais la vie de ce héros conscient qu’elle pourrait lui offrir d’autres doses d’adrénaline ? Ou alors, il s’agissait seulement d’une question de conscience. Il s’agissait peut-être d’un mélange des deux. Voilà pourquoi il se retrouvait à l’observer plonger de plus en plus dans ses délires et pourquoi il la suivait, faisant celui qui était super-héros incognito.

Malgré lui, la folie et la naïveté de cette femme le contaminait. Il sortait de sa bulle pour entrer dans celle d’une autre personne. Il découvrait un monde plus jovial. Un monde qui était rose quand il était accompagné d’une bouteille et d’un pétard. Un monde créé de toute pièce pour rendre la vie plus agréable. Il n’était pas tenter par l’idée d’en faire de même. Voir les ravages que cela pouvaient provoquer était suffisant. Cependant, il profitait de la présence de cette femme pour tirer les avantages d’une vie artificille. « Han mais nan c’est normal, faut pas que les gens sachent la vérité. » Elle lui fit garder le silence sur son identité de super-héros, un index sur les lèvres. Conrad doutait qu’elle puisse réellement le croire. Elle se moquait sûrement de lui. Ce ne pouvait pas être possible autrement. Même en étant dans son état, elle n’était pas capable de penser qu’il était Superman. Si les super-héros existaient, ça se saurait. Il n’y avait qu’une explication : elle le manipulait. Elle allait probablement raconter cette anecdote à tous ses amis. Il passerait pour l’idiot de service qui gobe tout ce qu’on lui dit. Après tout, c’était ce qu’il était. Un bon gros pigeon qui marchait en plein dedans. Il fronça les sourcils, doutant d’un coup de la sincérité de la femme. Mais ses craintes s’envolèrent aussi vite qu’elles étaient apparues.

Personne ne pourrait jouer aussi bien la comédie. Son sourire n’était pas celui d’une personne dans un état normal. En fait, il n’y avait rien de normal en elle. Il valait mieux qu’elle rentre, d’ailleurs. Conrad le lui proposa. Pour réponse, il la vit se perdre dans son hilarité pendant quelques secondes, le laissant pantois. Il voulait juste savoir où elle habitait et la raccompagner. Cette fille était vraiment étrange. « Mais je suis chez moi. » Ah. Pöurtant, à moins qu’il ait de la crotte dans les yeux, ils n’avaient pas changé d’endroit. Comme pour confirmer ce qu’il pensait, son regard fit un rapide état des lieux. Il était toujours sur un quai de métro, aucun meuble à l’horizon. Donc elle vivait dans la rue. Enfin, pas exactement mais on ne jouera pas sur les mots. Sous les yeux de Conrad, la femme entama une visite en détail de son « logement ». « Là c’est la cuisine. Là c’est la chambre.[/color] » Tout semblait tellement normal et réaliste pour elle. Il ne savait plus quoi penser ou faire pour cette femme. Elle était tellement loin dans sa propre réalité qu’elle ne réalisait pas la gravité de sa situation, supposait Conrad. Ce n’était même pas une adulte qu’il avait devant. En réalité, il s’agissait d’une enfant.

Devant lui, l’inconnue continuait la visite, trébuchant et tournoyant, jusqu’à ce qu’il la rattrape de justesse. Décidément, ça devenait une habitude. Dans son état, elle était un danger pour elle-même. « Tu veux rester manger ce soir ? J’ai du Kit-kat, du Mars et plein d’autres choses comme ça ! » Entre manger des barres chocolatées à deux heures du matin et manger quelque chose de plus consistant chez lui, il n’y avait pas photo. En quelques instants, il avait pesé le pour et le contre. Sa décision était prise. « Je ne peux pas. Quelqu’un m’attend. » Pour une fois, le chien lui servirait à quelque chose ! « Mais tu peux venir, si tu le souhaites. Il y aura de quoi manger. » Cette fille allait passer la nuit ici à se goinfrer de sucreries à n’en plus pouvoir. Elle avait de forte chance de se faire virer au cours de la soirée par la sécurité. Maintenant qu’il l’avait sauvée, il était un peu responsable d’elle, non ? Il ne pouvait donc pas la laisser ici. Il esquissa un sourire. Il venait quand même d’inviter une alcoolique-droguée-folle chez lui, en plein milieu de la nuit. Elle pourrait très bien lui attirer des ennuis ou le tuer dans son sommeil. Il avait une quantité d’autres scénarios en tête mais Conrad préféra les chasser. Qui tuerait Superman, hein ?

Il consulta le temps qui restait avant l’arrivée du prochain métro. « Il te reste deux minutes pour te décider. » Il ne savait pas ce qu’il préférait : qu’elle vienne ou pas. L’espace de quelques minutes, elle avait mis une touche d’excentricité dans son quotidien, elle lui avait fait oublier sa douleur. Il s’inquiétait de nouveau pour quelqu’un. Si elle ne le suivait pas, le retour à la réalité serait plus difficile. La douleur serait encore plus violente. Il avait envie que cette fille vienne.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Mer 26 Juin - 23:22


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


  




«  
«   Je ne peux pas. Quelqu’un m’attend. » Un grand « QUOI ?! » sort de ta bouche. Comment peut-il refuser une invitation si alléchante ? Comment peut-il refuser ton cadeau de remerciement pour t’avoir sauvée ? Tu refuses qu’il parte comme ça ! « Mais tu peux venir, si tu le souhaites. Il y aura de quoi manger. » Pour toi aussi il y a de la nourriture ici. Tu as même un lit, quelque chose de dure où dormir certes, mais un lit quand même. Pourtant tu te rappelles que tu t’es déjà faite virer du métro et tu te souviens aussi la poigne forte des agents de la sécurité. Ton esprit a beau être flou à cause de la drogue, tu sais très bien que c’est risqué de rester ici. Aussi, si tu étais clean tu refuserais poliment sa proposition en lui disant que tu ne veux pas t’incruster ou bien encore qu’il en a trop fait pour toi, mais le fait est que tu n’es pas clean ! « Il te reste deux minutes pour te décider. » Un grand sourire s’étire sur tes lèvres. Un jeu, c’est comme un jeu pour toi. Alors, tu cours vers l’homme et déposes un baiser sur sa joue. « Grazie  mille ! » Tu ne parles pas italien, mais tu trouves ça amusant. Tu le regardes un moment dans les yeux, ton grand sourire aux lèvres. Tu le trouves vraiment sympa ce gars. Tu te sens même coupable de profiter de sa bonté comme ça, mais bon, ce n’est pas tous les jours qu’une âme charitable vient te proposer un logis et de la nourriture.

Le train arrive, soulevant tes cheveux au passage. Tu lâches le cou de l’homme et cours à l’intérieur. Il te suit et les portes se referment. Le wagon est quasiment vide. Un homme sal dort sur la banquette et une dame fait des mots croisés sur son journal. Tu ne les regardes pas. Tu mets « I’m Singing in the rain » à fond dans tes écouteurs mais tu ne les enfonces pas dans tes oreilles. Tu déambules dans le métro, chantant les paroles de la chanson, mimant un parapluie dans tes mains. Tu aimes bien cette chanson, c’était ta mère qui te l’avait fait connaître un jour de pluie. Elle t’avait remontée le morale avec et plus le temps passait plus tu la connaissais par cœur. Puis les pas de danses aussi ont suivi. On pourrait croire qu’elle te rendrait nostalgique, qu’elle te ferait replonger dans la déprime mais étant complètement dans les vapes tu n’as même pas conscience de ce que tu écoutes ni du passé, ni du futur. Tu vis le moment présent et puis merde.

Tu t’approches de l’homme en lâchant une dernière parole de la chanson. « I’m happy again ! » Tu le regardes avec des yeux pleins de joie, telle une enfant et commences à te pendouiller à la barre de fer au milieu du wagon. La femme a relevé ses yeux de son journal pour te lancer un regard de mépris et tu lui tires la langue. Aussitôt elle sursaute et se replonge dans sa lecture. Toi, tu sens que la fatigue commence à te consumer alors tu t’assois sur le sol, ne prenant pas garde à l’état hygiénique de ce wagon. Ta main reste accrochée un peu plus haut sur la barre et tu regardes le gars avec ton sourire un peu niais. Tes lèvres bougent pour former les mots : « Merci » mais aucun son ne sort. Oui, tu tiens quand même à le remercier de t’avoir sauvée, de te laisser venir chez lui, de s’afficher avec une folle dans ton genre. Tu détournes le regard et poses tes yeux sur la vitre, regardant les lumières passer à grande vitesse à côté du train.


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Mar 9 Juil - 18:46

La laisser seule ? C’était inenvisageable. On l’aurait accusé de non-assistance. Qui sait si elle ne tomberait pas du quai une fois qu’il aurait le dos tourné ou si elle ne ferait pas un coma éthylique ? Il était hors de question qu’elle reste seule ce soir. Elle dormirait et mangerait chez Conrad le temps d’une nuit. Pour lui, l’histoire n’irait pas plus loin. Il s’attendait à ce qu’elle disparaisse avant même qu’il soit réveillé et ça lui convenait parfaitement. Enfin, si elle n’en profitait pas pour voler tout le contenu du réfrigérateur. Cependant, il ne se voyait pas plus dormir ici, sur des bancs où des milliers de fesses sales s’étaient assis. Plutôt que de la laisser dormir dans un endroit où lui n’aimerait pas coucher, Conrad préféra l’inviter mais peut-être n’était-ce pas au goût de la jeune femme à l’entendre crier « Quoi ?! ». Elle semblait surprise et offusquée. Et si elle le séquestrait le temps d’une soirée ? Et si Conrad arrêtait de délirer, aussi. Cette femme n’était même pas en état de se défendre alors le retenir, cela relevait du surréaliste. Elle n’y parviendrait pas. Mais lorsqu’il termina avec sa proposition, un grand sourire illuminait son visage. Elle se mit à courir vers lui. Conrad eut un mouvement de recul, en se demandant ce qu’elle lui voulait.

Ce ne fut pas une torture ni horrible. Ce ne fut qu’un baiser sur la joue. Rien de grave. Pendant quelques secondes, ses narines furent envahies par son odeur. Un mélange d’herbes, d’alcool et de savon. Il aurait pu lui donner la nausée mais non, pas l’odeur de la jeune femme. Il n’en était pas dégoûté. « Grazie Mille. » lança-t-elle. Etait-elle italienne ou était-ce les substances fumées qui la rendaient européenne ? Ils ne se quittaient plus du regard. Ce n’était pas de la pitié qu’il ressentait, c’était de la sympathie. Il se sentait en phase avec elle. Ils semblaient différents et pourtant, il reconnaissait la faiblesse de la jeune femme. Il aurait pu plonger aussi bas qu’elle quelque temps auparavant. Cependant, il avait eu la volonté de s’en sortir. Elle pourrait en faire autant. Ce n’était qu’une question de volonté. Tout résidait dans ce mot. Une fois qu’on l’avait, on y purgeait la force nécessaire et on avançait. Un jour, elle trouverait la volonté de se battre. Tout le monde changeait. Il fallait juste attendre, surveiller le moment où ça serait le cas. Derrière la drogue et l’alcool, Conrad imaginait une jeune femme souriante, forte et indépendante. Le genre de personnes qui aurait pu réussir s’il n’y avait pas eu quelques obstacles sur son chemin. Alors, elle s’était perdue et ne retrouvait plus la bonne voie pour sortir de ce merdier. Comme par enchantement, le métro arriva. Peut-être serait-ce le wagon qui a conduirait vers la route de la guérison, qui sait.

Le contact avec l’inconnue se rompit et laissa Conrad seul sur le quai avec ses pensées. Cette femme était un phénomène. Il eut la confirmation de sa pensée en lui emboîtant le pas. Il alla s’appuyer contre l’une des barres, sans quitter la femme des yeux. Il ne savait pas vraiment dans quelle histoire il s’était fourré. Néanmoins, il était convaincu que cette personne avait besoin de lui cette nuit. Il se passa la main sur le visage afin de chasser la fatigue. La journée aura été longue et la nuit promettait de l’être tout autant. A la seconde où il poserait la tête sur son oreiller, il s’endormirait. Inconnue chez lui ou pas. Il y aurait toujours le chien pour la surveiller, même s’il doutait que l’animal soit capable de mordre. Il se laisserait plutôt amadouer par les caresses. La jeune femme s’était remise à écouter de la musique. Ses écouteurs laissaient s’écouler un air de musique connue. Une femme qui faisait des mots croisés lança un regard désapprobateur à la perturbatrice. Elle se replongea aussitôt dans son jeu. Le lendemain, elle se plaindrait à son groupe d’amies, des jeunes et de leurs incivilités. Ses copines acquiesceraient gentiment parce que c’était toujours comme ça. La jeune femme revint auprès de Conrad, les dernières paroles de sa chanson au bord des lèvres : « I’m happy again. »

Il esquissa un léger sourire. She’s happy again. Il ne savait pas ce qu’il devait penser de ces dernières paroles. Pur hasard ou réelle pensée ? Les prunelles brillantes de l’inconnue et la mine réjouie ne trompaient pas, pourtant. Elle était heureuse. Elle s’éloigna de nouveau, incapable de rester en place plus d’une minute. Elle eut le droit à un nouveau regard désapprobateur de Madame Mots Croisés. Cette fois, Conrad répondit par un haussement d’épaules et par une expression désolée. Vivement que son arrêt arrive bientôt car la patience de Madame Mots Croisés arrivait à bout. L’inconnue finit par s’asseoir à même le sol. 99 % des sièges étaient libres mais le sol semblait plus confortable. Ses lèvres finirent par former un « merci » muet auquel Conrad répondit par un sourire. Il connaissait ses compatriotes américains. Peu lui auraient ouverts la porte. En particulier parce qu’elle était une anonyme droguée et ivre. En temps normal, Conrad ne l’aurait pas fait non plus. Il était bien trop méfiant depuis quelques mois. Cela dit, il était encore temps de l’abandonner dans le métro. Elle était absorbée par la contemplation du tunnel et ne se rendrait pas compte de son absence. Quand elle réaliserait qu’il l’avait abandonnée, ce serait trop tard. « Tu viens ? » Conrad lui tendit la main et le temps qu’elle se remette sur pieds, le métro s’était arrêté. Il descendit sur le quai, accompagné de son invitée d’un soir.

Conrad profita de la chaleur nocturne pour se réveiller. Il avait une invitée et se devait de l’accueillir convenablement. La définition de « convenable » n’étant pas « s’endormir à table », il allait devoir se remuer. « Au fait, moi c’est Conrad. » Puisqu’ils allaient dormir sous le même toit et qu’elle allait découvrir son lieu de vie, il fallait qu’ils commencent à se connaître. Cet échange de présentation lui permettrait également de découvrir qui était la jeune femme, en dehors de l’image extérieure qu’elle donnait. Si Conrad ne devait se baser que sur cet aspect, il n’aurait pas confiance. Il craindrait pour son stock de médicaments ou pour son argent. Sauf qu’il était bien décidé à aller au-devant de ces préjugés. « C’est par-là. » Il la fit entrer dans le hall d’un immeuble et la devança dans les escaliers. Il y avait trois étages et il espérait que ce ne serait pas trop pour la jeune femme. Vu l’état dans lequel elle était, il aurait mieux fait de prendre l’ascenseur. Chose qu’il ne faisait jamais. Depuis qu’il était tout petit, il avait des sueurs froides à l’idée d’entrer dans l’un d’eux. Il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il resterait coincé entre deux étages et qu’on l’oublierait là. Donc, il préférait encore porter l’inconnue plutôt que d’entrer dans une boite en acier retenu par des câbles. Conrad se retourna plusieurs fois lors de la montée afin de s’assurer qu’elle suivait. Finalement, il en arriva à déverrouiller la porte de son domicile. Il l’ouvrit d’un grand coup, sans se soucier de ce qu’il y avait derrière.

Ça ne manqua pas. Le chien couina et se montra dans l’encadrement de la porte. Il lança un regard accusateur avant d’oublier la douleur pour s’intéresser à leur invitée. « Pousse-toi de là, le gros. » Conrad l’obligea à reculer pour les laisser entrer, puis se dirigea vers la cuisine. Et maintenant, est-ce qu’il allait lui avouer que c’était du chien dont il parlait quand il avait dit que quelqu’un l’attendait ? Il aurait l’air ridicule du gars célibataire. Le gars pathétique qui vivait en couple avec un animal de compagnie. Il se sentit obliger d’ajouter quelque chose pour présenter le chien. « Il n’a pas de nom. Je l’ai trouvé dans la rue, à New-York. Il repartira dès qu’il sera assez gros. » Il avait peu d’espoirs de le voir partir un jour mais il pouvait toujours croiser les doigts pour que ça arrive. Conrad ouvrit le frigo et en sortit les restes d’un plat de raviolis. Il pivota sur place afin de trouver la jeune femme. « Je n’ai pas de Snickers mais un plat de raviolis, ça t’ira ? » Il enfourna dans le repas dans micro-onde. Il était trop tard pour cuisiner mais il n’était pas décidé à la laisser manger des cochonneries.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Sam 13 Juil - 12:08


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


  




C
’est beau les lumières. C’est tellement beau que tu as l’impression que tu es en train de t’envoler dan les cieux, de tout oublier et de vivre ta vie sans soucis. Mais c’est la drogue qui te fait délirer, c’est une impression. En réalité, ce sont juste de petites lampes plafonnées sur les murs du métro pour donner plus de visibilité au conducteur. Tu as oublié l’homme. Tu as oublié la femme aux mots croisés. Par contre, les effets de la drogue s’affaiblissent doucement et tu te rappelles de ta mère. De ta sœur. Tu as envie de refumer quelque chose, de boire n’importe quoi pour arrêter ces horribles images d’apparaître, mais tu sais bien que tu ne peux pas. D’une part car tu ne possèdes rien et de l’autre parce que tu n’en as plus envie. Comme toujours tu te dis que tu devrais arrêter, comme toujours tu te dis que c’est bon, c’est fini, tu vas devenir une meilleure personne maintenant. Mais chassez le naturel il revient au galop. Tu es vouée à rester une droguée alcoolique et dépressive pour le restant de tes jours Riley, rien ne te sauveras de la merde dans laquelle tu t’es fourrée et étrangement tu ne sais pas si tu t’en réjouis ou bien si tu es triste. Tu aimerais bien que ça s’arrête, mais tu voudrais aussi que ça continue. C’est agréable et atroce en même temps.

« Tu viens ? » Sa voix te sort de ta torpeur. Tu tournes vivement la tête et poses ton regard sur l’homme qui te tend la main. D’abord tu as envie de le rejeter, te disant que tu ne connais pas cet homme. Mais rapidement tu te souviens que c’est lui qui t’a sauvé de la mort il y a quelques instants à peine. Tu poses ta main dans la sienne, frissonnant à son contact chaud et réconfortant et te lèves plus facilement que tout à l’heure, preuve que ton état normal revient petit à petit. Le joint n’était pas assez fort alors, et tu le regrettes beaucoup. Vous sortez du métro et tu constates rapidement que dehors il fait chaud. Une chaleur qui te réconforte et qui te rappelle que la vie continue malgré les merdes qu’elle t’a données. « Au fait, moi c’est Conrad. » Tu tournes ton regard vers lui. Conrad ? C’est sympa comme prénom. Tu te demandes distraitement si c’est son vrai prénom mais tu te dis aussi que c’est évident que ça l’est. Il ne te l’aurait pas dis sinon. En revanche, toi tu ne sais pas quel comportement adopter. Habituellement tu aurais donné un faux nom, tu lui aurais menti et tu serais partie le lendemain matin après l’avoir dévalisé de son frigo et médicament. Mais lui, tu n’as pas envie de l’arnaquer. « Riley. » Pas besoin de prendre mille mots pour te présenter. Lui donner ton vrai prénom est déjà un grand pas en avant pour toi, alors si tu t’amusais à lui dire ton nom en plus, ce serait la fin du monde !

Après quelques instants de marche, vous entrez dans un immeuble. Tu es fatiguée, de part la drogue, la journée et la marche, mais tu arrives à suivre le pas. Tu montes, non sans difficulté, les marches de l’escalier qui mènent jusqu’à son appartement. Là il ouvre assez fortement la porte et tu entends un couinement. Vous entrez dans la pièce et tu découvres un chien de la rue dans son salon. De la rue, ça tu le sais étant donné que tu y vis presque tous les jours et que tu sais très bien à quoi ressemble une âme en peine. Tu t’accroupis et il vient vers toi. Tu commences à le gratter, un sourire enfantin aux lèvres. Tu aimes bien les chiens. Tu les trouves mignons et intelligents au contraire des chats qui sont prétentieux et narcissiques. « Il n’a pas de nom. Je l’ai trouvé dans la rue, à New-York. Il repartira dès qu’il sera assez gros. » Dans le mille. Tu constates alors sa maigreur, car tu n’y avais pas prêté attention avant, trop habituée à la voir tous les jours. Tu passes ta main sur son ventre et le chien, la queue fouettant rapidement l’air, s’allonge pour que tu lui grattes le torse. Tu souris et commences les caresses. « Je n’ai pas de Snickers mais un plat de raviolis, ça t’ira ? » Tu te retournes et le vois enfourner le plat au micro-ondes. Tu souris et hoche la tête en signe d’accord. Tu  te lèves et restes là, comme une conne, ne sachant quoi faire. Et finalement tu t’approches de lui et tes bras entourent son cou. Tu poses ta tête contre sa poitrine, tu entends son cœur battre et tu trouves ça réconfortant. Pourtant, les larmes arrivent à couler silencieusement sur tes joues. Tu enfouies ton visage contre lui pour qu’il ne le voit pas et essayes de ne pas montrer ta faiblesse. La fatigue et la fin des effets de la drogue te mettent à cran. Tu restes comme ça quelques secondes, sans parler, sans rien expliquer de ton comportement. Et finalement, tu finis par prononcer ces quelques mots d’une petite voix : « Merci, merci infiniment. »

Le micro-onde se réveille et il sonne. Tu t’écartes de lui alors, reprenant un brin de conscience. Tu lui souris et déposes un petit baiser sur sa joue en signe de remerciement. Tu le prends par la main et le force à s’assoir à table. « Ok, maintenant c’est moi qui m’occupe de toi ! » Tu voudrais lui rendre la pareil pour ce qu’il t’a fait et tu te dis que tu lui devras beaucoup. Tu pars jusqu’au micr-onde et sors le plat de ravioli. Il est brulant, si bien que tu ne peux pas masquer une grimace de douleur. Tu balances presque le repas sur la table et part rapidement chercher des couverts. Tu ouvres au moins trois placards avant de trouver ce que tu cherches. Tu places la table pour lui et toi, un petit sourire jovial aux lèvres. Ca fait si longtemps que tu n’as pas mangé en compagnie de quelqu’un de cette manière…  Tu lui serres deux grosses louches dans son assiette, ne faisant pas attention au repas qui déborde presque et te serres aussi. Tu t’installes en face de lui ensuite, ton sourire toujours aux lèvres. Tu chantes un « Bon appétit ! » Et tu commences à manger, savourant ce repas de roi.




Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Sam 13 Juil - 21:06

« Riley. » Un simple mot, une simple information qui en disait long sur la jeune femme. Conrad nota ce détail dans un coin de sa mémoire. Il esquissa un sourire. D’un coup, elle devenait moins bavarde. Elle semblait moins encline à se dévoiler qu’à présenter sa « maison ». De toute manière, il n’était pas là pour lui arracher toutes les vérités de sa vie. Il avait juste eu envie de connaitre son prénom. Les révélations sur la vie de Riley s’arrêteraient là. Il l’emmena jusqu’au pied de son immeuble. Habituellement, il y avait une grand-mère qui trainait dans le hall, assise sur une chaise de jardin et tricotant. Pas ce soir. Enfin, ce n’était pas étonnant, vu l’heure. Si elle l’avait vu ramener une inconnue, elle aurait sûrement questionné Conrad le lendemain ou appeler la police. Autant cette vieille dame pouvait être sympathique, autant elle pouvait être très envahissante. Il essayait de la garder dans ses bonnes grâces, sait-on jamais. Elle était quand même la grand-mère de l’immeuble. Elle voyait tout, entendait tout. Elle déversait un flot de potins incroyable. Il ne valait mieux pas la brusquer, sous peine de se retrouver avec une réputation de drag queen le lendemain. A part cela, elle n’était pas bien méchante. Il fallait juste apprendre à l’apprivoiser. Avec un sourire, quelques compliments et des mots gentils, Conrad s’en sortait. Il comptait aussi lui donner un petit cadeau pour sa fête et pour Noël. C’était rare de le voir lécher les bottes de quelqu’un mais là, c’était un cas de force majeure.

Ils entrèrent dans l’appartement, assommant Machin au passage. Conrad ne lui adressa pas une seule attention. Il ne fallait pas que l’animal se croit comme chez lui – c’était trop tard pour ça. Il ne fallait pas l’habituer aux caresses, aux bisous et aux attentions car Conrad comptait encore le laisser dans la rue. Là, personne ne lui caresserait le poil. Conrad jeta un regard derrière lui. Riley et Machin semblaient s’entendre à merveille. Il eut tout de même un sourire bienveillant. Il l’aimait bien ce chien. En secret. Il avait de l’affection pour lui qu’il rangeait dans une boîte enterrée à des milliers de kilomètres de profondeur. Machin se roula sur le dos, quémandant des caresses à la jeune femme. Non mais franchement, aucune tenue ce chien ! Levant les yeux au ciel, Conrad préféra se tourner vers le réfrigérateur. Au moins, les légumes ne lui demandaient pas de leur gratter le dos, eux. Il proposa alors à Riley un plat de raviolis qu’elle accepta d’un hochement de tête. Parfait. Il enfourna les pâtes dans son micro-onde et s’y adossa. Il respira un grand coup, content de retrouver son intérieur. Ici, rien ne pouvait lui arriver. C’était l’antre qu’il s’était créé. Aucun mauvais souvenir. Aucune mauvaise onde. Personne n’y entrait sans une bonne raison. Il se sentait bien plus en sécurité ici que partout ailleurs. Surtout, il avait pris ses marques. Il avait adopté de nouvelles habitudes. Il avait chamboulé son organisation new-yorkaise pour en trouver une autre à la Nouvelle-Orléans. Tout était neuf, tout était prometteur. Il était en paix dans sa cuisine. En paix dans sa vie, si on omettait certains détails.

Il regarda Machin se remettre sur ses pattes et se promener dans les pièces. Il était déjà chez lui. Jamais cet animal ne quitterait l’appartement. Conrad serait incapable de s’en séparer maintenant. En l’emmenant loin de l’ancienne capitale, il lui avait fait une place dans sa nouvelle vie. Surtout, Machin était déraciné. Il devrait refaire ses preuves parmi les canins, découvrir une nouvelle ville. Il ne survivrait pas à la rue. En voyant que Riley avait fini par se lever, Conrad lui fit un signe de la tête. Le silence n’était pas gênant. Finalement, il était content de lui avoir proposé de l’héberger. Elle serait mieux au chaud que dans un quai de métro. Elle finit par s’approcher de lui et par l’enlacer. Cette accolade était étrange. Ils ne se connaissaient pas. Il n’y avait rien entre eux. Il n’y avait aucune raison. Après quelques secondes de surprise et d’hésitation, Conrad passa ses bras autour d’elle. De la gratitude, voilà ce que c’était. Elle n’avait pas dû avoir beaucoup d’offres de ce genre. C’était peut-être même la première fois qu’elle dormait chez un inconnu. Il se sentait bien à son contact et se surprit à vouloir que ça se poursuive. Il sentait son corps se blottir contre le sien et sa tête coller à son torse. Il la sentait fragile. Pour la première fois depuis quelque mois, il savait que sa place était là, qu’une personne avait besoin de lui. Il en était certain, ce soir ne serait pas le dernier. Il ne pourrait pas laisser Riley repartir dans la rue. Elle avait besoin d’aide et Conrad était prêt à la lui fournir.

« Merci, merci infiniment. » Et le moment s’arrêta avec la sonnerie du micro-onde. Ils se séparèrent mais non sans un baiser sur la joue de la part de Riley. Conrad s’écarta. Il ne savait pas ce qu’il devait penser d’une étreinte avec une inconnue, si cela avait une quelconque signification. De toute manière, Riley avait sûrement agi sous le coup des toxines dans ses veines. Néanmoins, elle semblait plus apaisée. Elle attrapa sa main et le força à s’assoir. « Mais… ! » Il esquissa un sourire amusé. Il s’installa sur une chaise, Machin se couchant à ses pieds. La suite promettait d’être drôle. « Ok, maintenant c’est moi qui m’occupe de toi ! » Conrad leva les mains en signe de démission. Si elle voulait se débrouiller toute seule, il n’allait pas l’en empêcher. D’habitude, il prenait soin de ses invités. Pas ce soir, visiblement. Il ne quitta pas Riley du regard, curieux de son manège. Elle commença déjà par sortir les raviolis de l’appareil. Elle s’en brûla les mains. Mince ! Il aurait dû sortir les maniques afin d’éviter se brûler. Elle jeta pratiquement le plat sur la table. Du bout du doigt, il poussa le plat pour laisser de la place. La jeune femme ne s’en formalisa pas. Elle était déjà en quête d’assiettes, de couverts et de verres. Elle dut ouvrir plusieurs placards avant de les trouver. En la voyant sortir les affaires en double, Conrad se retint de lui avouer qu’il n’avait pas faim. Il avait mangé avant de donner son cours et malgré l’heure, il ne pensait pas à manger.

Riley revint vers la table et leur servit de bonnes doses de raviolis. Machin en profita pour piquer un ravioli qui était tombé. « Bon appétit ! » Il releva le regard, sourire aux lèvres. Riley avait totalement changé. Elle semblait avoir repris ses esprtis. Elle avait de la joie de vivre. Son sourire était plus naturel. Il voulait se dire qu’elle allait mieux et qu’il l’avait aidée en lui ouvrant la porte. « Bon appétit. » Elle entamait déjà sa part. Conrad l’imita avec lenteur. La cuisine tomba dans un silence entrecoupé de bruits de fourchette et des mastications du chien mais il s’agissait d’un silence apaisant. Il aurait pu oublier qu'il était plus de deux heures du matin. Il n’avait pas l’impression que ça soit le cas d’ailleurs. La bonne humeur de Riley l’avait contaminé et avait chassé toute trace de fatigue. Il avait envie d’en apprendre davantage sur son invitée mais comment la questionner sans paraitre casse-pieds ? Toutes les questions qui lui venaient en tête lui paraissaient trop gênantes pour Riley. « Si tu as encore faim après, je cuisinerais quelque chose. » Depuis combien de temps vivait-elle dans la rue ou combien de temps n’avait-elle pas mangé dans une vraie cuisine et de la vraie nourriture, il n’en avait aucune idée mais à voir son engouement, il se doutait que ce n’était pas d’hier.

Il piqua dans sa propre assiette deux raviolis et les tendit à Machin qui s’empressa de les avaler. Il le gratta entre les deux oreilles avant de se replonger dans son repas. Le chien releva le museau, surpris de cette marque d’affection inattendue. C’était tellement rare que le professeur le caresse. Il avait toujours le droit à des paroles, jamais à des gestes. Conrad fit semblant de ne pas remarquer et s'éclaircit la gorge. « Tu sais, c’est la première fois que je fais dormir une inconnue chez moi. » annonça-t-il. Si ça avait été le cas, son appartement se serait transformé en hôtel et il aurait paru légèrement bizarre. Quel genre d’homme invitait une femme à deux heures du matin, tous les soirs, à dormir sous son toit ? Il y avait quelque chose de pervers. Mais que Riley se rassure. Il n’avait pas l’intention de lui sauter dessus en plein sommeil ou à la regarder par le trou de la serrure de la porte de la salle de bains. Elle serait chez elle, ce soir.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Sam 13 Juil - 23:43


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


  




T
u profites de chacune des bouchées comme si c’était la dernière. Tu voudrais manger lentement et poliment, mais c’est plus fort que toi. Ton dernier repas remonte à ce matin, un reste de pain au chocolat trouvé dans la poubelle. C’était assez bon, mais pas autant que ce plat de raviolis. Ce midi, tu n’as pas trouvé de quoi te nourrir et ce soir, rien non plus. Enfin, tu as bien réussi à voler une barre de kit-kat dans la machine du métro avant de fumer ton joint car il est bien connu que c’est très mauvais de se droguer à jain. « Si tu as encore faim après, je cuisinerais quelque chose. » Tu reprends conscience que tu te trouves devant quelqu’un. Tu arrêtes de manger même si ton assiette est encore pleine. Tu te rappelles des règles de politesse que ta mère t’avait apprises et tu les mets en pratique. Tu souris à Conrad pour le remercier de cette proposition. Tu agis presque naturellement mais au fond tu ne trouves rien de normal dans tout ça. Pourquoi est-ce qu’il t’aide ? Qu’est-ce qu’il va y gagner ? Rien, forcément. Peut-être que son karma-si c’est une chose réelle- sera satisfait, mais pour le moment, tu reprends lentement tes esprits et tu ne le prends plus pour un Superman. Une partie de toi se demande même s’il n’essayera pas d’abuser de toi tandis qu’une autre tante de te convaincre qu’il est un homme censé et qu’il faudrait être parano pour le croire psychopathe. Le problème étant que tu es parano. Chose normale en soit quand on vit dans la rue toute la journée. On ne fait confiance à personne, on ne croit personne, on ne va chez personne lorsque ce n’est pas toi qui choisi. Mais tu as choisi là non ? Tu n’as pas opposé de résistance lorsqu’il t’a proposé de venir chez lui. S’il voudrait ce que les autres hommes te demandent, tu te résoudras et récolteras le fruit de tes erreurs. S’il voudrait te tuer alors ce serait ton heure, même si au fond tu aimerais beaucoup qu’il soit le gentilhomme qu’il montre.

Vous continuez tous deux à manger en silence. Ton cerveau s’éveille petit à petit de sa torpeur et il se pose mille questions sur les évènements à venir. Tu te surprends même à élaborer un plan de secours au cas où tout tournerait mal. « Tu sais, c’est la première fois que je fais dormir une inconnue chez moi. » Ton cœur manque un battement. Tu gardes la tête baissée sur ton assiette pendant quelques instants encore, trop terrifiée à l’idée de le découvrir avec un sourire pervers aux lèvres. Tu le trouves trop sympathique pour te dire qu’il pourrait être de ce genre et tu ne veux pas accepter cette réalité. Alors enfin, tu prends ton courage à deux mains et lèves le regard vers lui. Tu le vois souriant, oui, mais un vrai sourire sincère et jovial. Tu ne vois pas d’arrière pensées, tu ne vois rien d’autre qu’une sympathie naturelle. Tu réponds à son sourire, sentant une vague de chaleur enrouler de ton cœur. Tu comprends qu’il n’y a rien à craindre avec lui alors tu te détends rapidement. Tu n’es plus sous les effets de la drogue, mais tu es bien consciente que cet homme est non pas un ennemi, mais plutôt un cadeau du ciel. « Et ce sera la dernière fois ! Je ne te dérangerai pas plus, à l’aurore je serais partie, promis. » Tu lui fais un grand sourire amical pour le remercier de toute sa bonté et finis ton assiette.

Tu passes ton doigts sur le plat, ne voulant pas gâcher une seule goute de sauce tomate. Tu finis de nettoyer ton doigt et attends que Conrad termine son assiette. Tu le regardes manger, non avec un regard rempli d’envie pour son repas-tu es déjà bien rassasiée- mais avec une certaine amitié. Tu sais que tu ne le connais depuis même pas une heure mais il pourrait très bien être un meurtrier, un charlatan ou quoi que ce soit d’autre, le simple fait qu’il fasse preuve d’altruisme envers toi te pousse à l’adorer. Tu te rappelles alors que c’est mal poli de regarder une personne manger et tu sens tes joues s’empourprer. Tu détournes le regard sur le chien aux pieds de Conrad et lui souris. Tu le trouves vraiment mignon et tu sais, rien qu’en le regardant, que son « maître » est un homme de bon cœur. Et enfin il termine son repas. Tu te lèves et prends ses affaires ainsi que les tiennes. Tu les mets dans l’évier doucement et tu commences à faire la vaisselle. Ca ne te dérange pas, au contraire. Cela fait tellement longtemps que tu n’as pas fait le ménage dans une pièce que tu prends ça comme un jeu ; et puis ça te permet de le remercier pour sa générosité.

Tu essuies la dernière assiette et la pose sur le comptoir à côté. Tu ranges tous les ustensiles que tu as utilisé où tu les as trouvés et te tournes vers Conrad. Tu soupires, un grand sourire aux lèvres. Ca fait du bien de se sentir en sécurité. « Hum… Conrad, est-ce que je pourrais t’emprunter ta salle de bain. Ca doit faire une semaine que je me lave dans les chiottes publiques alors question hygiène corporelle j’ai fait mieux ! » Tu ris légèrement pour détendre l’atmosphère, mais tu te sens quand même gênée de tes propos. Tu rougis et baisses ton regard, trop faible pour soutenir celui de l’homme.




Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Mar 16 Juil - 17:31

Elle semblait absorbée par son repas, oubliant tout ce qu’il y avait autour. Conrad ne pouvait pas imaginer ce qu’elle ressentait en étant assise devant une assiette, dans un appartement. Les seules fois où il avait eu faim au point de dévorer la nourriture, c’était il y a plus de vingt-cinq ans et seulement parce qu’il avait oublié d’apporter son goûter à l’école. Autant dire que ce n’était pas comparable. Ce fut seulement lorsqu’il proposa à Riley de cuisiner autre chose qu’elle sembla revenir à la réalité. Mince, il aurait peut-être dû se taire afin de ne pas briser ce moment. Elle était affamée, il lui servait à manger pour finalement l’empêcher de se nourrir avec ses questions. Conrad baissa la tête dans son assiette, se promettant de ne plus attirer son attention. Ils ne se connaissaient pas, ils partageaient juste un repas, rien de plus. Ils n’étaient pas obligés de se parler. Le silence se réinstalla. C’était la première fois qu’il accueillait ouvertement un inconnu, en toute confiance. Il n’était pas méfiant. Il n’avait aucune richesse ici, aucun billet dans un coffre-fort. Il n’était pas naïf, il était réaliste. Elle ne lui ferait pas de mal, un point c’est tout. Il avala un ravioli et se remit à parler, comme s’il avait oublié sa promesse. Bordel ! Conrad l’avait tiré du quai et l’hébergeait, il n’avait pas besoin de se montrer encore plus sympathique en faisant la conversation. Riley finirait par le prendre pour un pervers. Néanmoins, il prit le regard et le sourire de la jeune femme pour un encouragement. Elle n’était pas effrayée. Il pouvait donc se détendre. Et parler sans s’inquiéter.

« Et ce sera la dernière fois ! Je ne te dérangerai plus, à l’aurore, je serai partie, promis. » Ainsi, il avait raison. Elle partirait avant qu’il ne soit réveillé. Il ne le lui demandait pas. Elle était son invitée et en tant que telle, elle pouvait rester petit-déjeuner. Conrad n’aurait pas été gêné. Cela dit, elle n’était pas non plus sa prisonnière. Par conséquent, elle pouvait partir quand elle le voulait. Au moins passera-t-elle une meilleure nuit que si elle avait dormi sur le quai. « Comme tu veux. » Il esquissa un énième sourire. Malgré son détachement, il était content d’avoir un peu de compagnie. Ca ne faisait pas de mal de recevoir quelqu’un et de partager sa table. En principe, l’appartement était vide. Entre Machin et Conrad, il n’y avait pas beaucoup de mouvements. Avec une personne en plus, le logement était plus vivant. Riley posa sa fourchette. Bon sang, elle avait fini. Elle allait être malade ! Pire qu’un aspirateur. Conrad ne cacha pas son étonnement. Néanmoins, elle n’en avait pas terminé avec son assiette. Elle entreprit d’essuyer la sauce du bout des doigts. Si elle avait eu un dernier creux à combler, elle était en train de le faire. Si avec tout ça, elle parvenait à dormir sans vomir, il lui tirait son chapeau ! Conrad se rappela qu’il avait lui-même une assiette à terminer et qu’il était loin d’avoir tout mangé. Il sentait le regard de Riley sur lui tandis qu’il essayait d’avaler ses raviolis assez rapidement. Il savait maintenant ce que cela faisait d’être épié et s’en voulait d’avoir agi de la sorte avec elle.

Dès qu’il eut fini, Riley se leva et récupéra les affaires sales. On aurait presque cru qu’elle était chez elle. Il la fixa quelques secondes puis haussa les épaules. C’était probablement sa manière de le remercier pour son geste. De toute manière, il détestait la vaisselle. Il lui arrivait souvent de la laisser traîner un ou deux jours, le temps d’en avoir assez de voir toutes ces assiettes. Il en profita pour donner des croquettes à Machin. Il s’absenta le temps de préparer la chambre et revint au moment où Riley rangeait la dernière assiette. « Hum… Conrad, est-ce que je pourrais emprunter ta salle de bain. Ca doit faire une semaine que je me lave dans les chiottes publiques, alors question hygiène corporelle, j’ai fait mieux ! » Il hocha la tête, compatissant, alors qu’en fait il ne savait pas ce que ça faisait. Grâce à ses parents et à sa capacité à vivre normalement, Conrad était assuré de ne jamais manquer de rien. Il avait cette chance. « Oui, bien sûr. » Il l’accompagna dans le couloir, jusqu’à la pièce demandée. Il y entra afin de lui montrer les placards et leurs contenus. « Tu as des serviettes ici et des gants à côté. Fais comme chez toi. » Il aurait voulu offrir à Riley plus qu’une nuit, un repas et une douche chaude. Sauf qu’il deviendrait le gars qui avait pitié d’une sans-abri et elle risquait de mal le prendre.

Pendant que la jeune femme s’enfermait dans la salle de bains, Conrad rassembla couverture et oreiller qu’il posa sur le canapé. Il y dormirait. Il laisserait Riley dormir dans un vrai lit. Avec la journée qu’elle avait eue et la fatigue, elle le méritait davantage que lui. Il se laissa tomber dessus et allongea les jambes devant lui. Machin ne tarda pas à le rejoindre, l’estomac rempli. « Toi aussi tu as sommeil, mon vieux ? » En guise de réponse, l’animal se laissa choir sur le parquet. Ni l’un ni l’autre avait l’habitude d’être debout à cette heure. Ils étaient deux vieux qui se couchaient dès que le soleil déclinait. D’ailleurs, la fatigue rendait Conrad trop démonstratif avec ce chien, ce qui n’arrangeait pas ses affaires. Il renversa la tête en arrière et se plongea dans la contemplation du plafond. Il ferma les paupières, juste pour reposer ses yeux, juste quelques secondes, juste afin de rassembler assez d’énergie pour se changer. Les quelques secondes se transformèrent en minutes et auraient pu s’étendre à des heures s’il n’avait pas entendu la porte de la salle de bains s’ouvrir. Mais où était passée sa jeunesse, bon sang, cette époque bénie où il pouvait rester jusqu’à cinq heures du matin sans être fatigué ? Certes, il était aidé par des boissons énergisantes mais quand même ! Il retourna dans le couloir. « Je te laisse mon lit, ça sera plus confortable. » Il lui montra ladite chambre avant de s’enfermer à son tour dans la salle de bains. Au moins, elle n’aura pas eu le temps de protester.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Sam 20 Juil - 11:38


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


  




«
Oui, bien sûr. » Tu n’es plus droguée. Tu es redescendue, prenant conscience de toute ta situation. Une part de toi est terrifiée pendant qu’une autre est heureuse. Tu as appris avec le temps de ne jamais faire confiance aux gens. Tu as appris qu’il ne valait pas d’espérer et de craindre en même temps. Tu as appris que personne ne voudrait de toi. Alors le voir ainsi chaleureux et altruiste envers toi, ça ne peut que te surprendre. Pourtant tu es craintive. S’il était en train de jouer la comédie ? Tu ne pourrais pas coucher avec lui, tu n’as plus une seule goutte d’alcool dans ton sang et la drogue que tu avais vient de se dissiper. Non, jamais tu ne pourrais coucher avec lui, alors tu souffriras, criant comme toutes les filles censées et tenterais de t’enfuir. Mais une part de toi t’affirmes qu’il est honnête. Et même si ça te paraît étrange et insensé, tu t’accroches à cette idée en espérant qu’elle est réelle.

Il te conduit dans une salle baignant d’une lumière blanche, se reflétant sur le carrelage au sol et au mur. Il ouvre des placards, t’expliquant que tu trouveras de quoi te laver ici. Tu lui lances un petit regard interrogateur pour bien vérifier qu’il ne ment pas, mais tu as à peine le temps de dire « ouf » qu’il est déjà parti. Tu te retrouves alors seule dans cette pièce. Tu restes un moment là, face à tout ce magnifique décor, ne sachant pas vraiment comment l’aborder. Tu as l’impression que cette pièce ne doit pas être salie par tes doigts crasseux. Tu as envie de sortir, lui dire que tu n’as pas besoin de douche finalement, mais c’en est tout le contraire. Tu arrives devant le miroir et constates que la crasse sur tes doigts et bien trop visible pour être ignorée. Tu retires ton bonnet, resté sur ta tête toute la soirée, obligeant à tes cheveux de se lever, comme s’ils étaient incapable de le quitter. Une fois déshabillée, tu passes sous la douche. Tu ouvres le robinet et frissonnes à la fraîcheur de l’eau. Les tuyaux ne sont pas encore chauds, il faut attendre un peu. Lorsque la chaleur arrive, tu te détends, profitant de ce moment béni qui te manquait peut-être le plus ces derniers temps. Tu te savonnes, après avoir reniflé les diverses bouteilles qui se trouvaient près de toi et sors de la douche une serviette autour de ta poitrine. Tu essuies tes cheveux avec une autre et arrive à tes vêtements pour te changer. Mais tu t’arrêtes. Tu ne veux pas les porter ce soir, tu te sentirais encore trop sale.

Tu ouvres la porte et tentes de sortir à pas de velours pour trouver des habits propres, mais Conrad t’attrape avant que tu ais pu traverser le couloir. Tu vois dans ses yeux sa fatigue et tu te sens coupable de le déranger autant. Tu voudrais partir pour lui laisser tout l’espace dont il mérite mais non, tu ne le feras pas. Tu te sens trop bien maintenant, mieux que la drogue ou l’alcool. « Je te laisse mon lit, ça sera plus confortable. » Il t’amène à une chambre. Bien trop belle et confortable pour toi. Tu ne pourrais jamais accepter un tel cadeau. Tu t’apprête à protester, mais il est déjà parti dans la salle de bain. Tu explores alors les tiroirs de la chambre à la recherche de quelques habits à enfiler et tu trouves une chemise et un short, bien évidemment pas à ta taille, mais tu les enfiles. Tu les lui rendras, c’est évident mais tu voudrais d’abord laver les tiens. Tu t’arrêtes un moment lorsque tu trouves une photo encadrée. Tu y vois une femme et une enfant souriantes toutes les deux. Tu crains que cet homme soit marié, mais tu te dis que si la photo n’est pas en évidence c’est qu’il ne l’est plus. Tu te rassures un peu mais pas totalement et pars à la recherche d’une machine à laver pour essayer de te changer les idées. Une fois que tu as trouvé ce que tu cherchais tu en lances une pour tes habits. Tu te moques de mélanger les couleurs car tu te moques de la beauté maintenant, tant que tu as quelque chose sur le dos…

Tu pars dans le salon et va t’assoir sur le canapé. Le chien est déjà allongé dessus, si bien que tu ne peux pas résister de lui faire des gratouilles. Tu éprouves de la compassion pour l’animal, il était comme toi, errant dans les rues de New York, jusqu’à ce que Conrad le trouve et l’abrite. Comment pourrais-tu le remercier de sa générosité ? Comment ? « On a de la chance un le Chien ? » Pour toute réponse, le canidé te lèches la main. Tu grimaces de dégout et t’essuies sur tes vêtements. Tu entends la porte de la salle de bain s’ouvrir et tu t’assois confortablement sur le canapé pour bien lui montrer que tu ne bougeras pas d’ici. Tu ne veux pas abuser de son hospitalité, même si c’est vrai qu’une nuit dans un bon lit ne t’aurait pas fait de mal. Mais ce n’est pas ta fierté qui est touchée, juste ton orgueil. Cet homme est trop gentil avec toi, c’est injuste d’abuser de lui ainsi.

Il arrive dans le salon et sous son air étonné tu souris comme une enfant qui vient de gagner la partie. « Je me suis permise de t’emprunter une machine à laver pour mes habits, ils sentaient le moisis. » Tu fais mine de ne pas trop comprendre pourquoi il est surpris, même si au fond tu t’en doutes un peu.





Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Mer 24 Juil - 17:33

Conrad s’enferma dans la salle de bains. C’était la première fois qu’il invitait une personne à dormir chez lui depuis longtemps, si on exceptait Averyl. Il arrivait qu’elle reste dormir ici mais eux partageaient le même lit. Il était plutôt satisfait de ce changement, voire même soulagé. Au moins cette nuit, il ne s’enfermerait pas dans son appartement pour travailler, penser, respirer magie. Il passerait une nuit à sommeiller tranquillement, sans penser à rien d’autres qu’à rattraper ses nuits blanches. En invitant Riley, il s’offrait une pause dans son quotidien. Et il en avait besoin. Il avait besoin de partager des moments « normaux » avec une personne, chez lui. Sinon, son appartement deviendrait son lieu de torture et il deviendrait très probablement fou, obsédé par son niveau de magie. En plus, il faisait une bonne action. Ce soir, ils avaient tous les deux besoin l’un de l’autre. Riley avait eu besoin d’un repas et d’un logement, Conrad avait besoin d’une distraction. Même s’il savait que dès le lendemain, il replongerait dans ses grimoires et autres ouvrages, il était heureux de ce répit. Il se brossa rapidement les dents, croisant son regard dans le miroir. Il n’était plus le même homme. Il était devenu une toute autre personne depuis un an. Il était passé du stade de la tristesse et de la douleur, au stade de la vengeance, puis de l’obsession. Quand retrouva-t-il l’équilibre ? Pas tout de suite, c’était trop tôt. Il n’était pas prêt à mener une existence normale. Mais peut-être dans un mois, peut-être dans six mois ou dans un an. Il ne se faisait pas de souci, le jour où il serait de nouveau l’homme qu’il était viendra.

Il se changea tout aussi rapidement qu’il s’était brossé les dents. Il était trop pressé de tomber dans les bras de Morphée pour s’inquiéter d’une quelconque carie. Conrad émergea de la salle de bains quelques secondes après et trouva Riley dans le salon. Elle avait pleinement possession du canapé. Un sourire fendit le visage du professeur. Bon, pas besoin de négocier, la bataille était perdue d’avance sinon, elle n’aurait pas pris la peine de s’installer si confortablement. De toute manière, il s’écroulerait au milieu de la pièce avant d’avoir fait flancher la jeune femme. D’ailleurs, son sourire ne trompait pas. Elle voulait qu’on lui tende la main pas qu’on lui donne toute la maison. Il aurait réagi de la même manière s’il avait été dans sa situation. Néanmoins, elle aurait été beaucoup mieux dans un lit que sur ce canapé. « Je me suis permise de t’emprunter une machine à laver pour mes vêtements, ils sentaient le moisi. » C’était seulement maintenant qu’il remarquait le changement de tenue de Riley. Elle avait dû fouiller dans ses affaires pour trouver de quoi s’habiller. Il acquiesça. Elle refusait le lit et prenait la machine à laver en échange, il s’agissait d’un bon compromis. Cela dit, il aurait bien voulu qu’elle le prévienne comme l’aurait fait n’importe qui, qu’elle lui demande l’autorisation d’ouvrir ses tiroirs. Dans son quotidien, elle n’était sûrement pas habituée à demander avant de faire quelque chose. Le problème était donc là. Enfin, il n’allait pas s’en inquiéter puisqu’elle ne resterait qu’une nuit. Quelques heures, même. Elle n’allait pas devenir sa colocataire.

« Pas de problème. » Le silence retomba. Conrad jeta un coup d’œil au chien qui semblait ne pas vouloir bouger. Il avait définitivement adopté Riley. Le pauvre serait triste en la voyant partir le lendemain. Il avait dû penser qu’elle serait une nouvelle amie qui entrait dans sa vie et qui l’aimerait bien plus que ne le faisait Conrad. Ce dernier posa les yeux sur la jeune femme. Il aurait pu la laisser sur le quai, lui donner de l’argent pour s’acheter une barre chocolatée dans son distributeur et prendre le métro. Il aurait pu la laisser seule mais il l’avait emmenée avec lui. Il l’avait fait entrer dans son appartement, avait mangé avec elle et lui lavait même son linge. Il ne se rappelait plus ce qui l’avait touché chez elle pour qu’il lui vienne en aide. Il savait juste une chose : si ses parents avaient encore été vivants et qu’ils l’avaient appris, ils l’auraient traité de cinglé. « Bon ben, bonne nuit. » Il lui fit un signe de la main, sans oser lui dire « A demain ». Elle lui avait dit, elle ne serait plus là lorsqu’il se réveillerait. Un peu comme un rêve. Le lendemain, elle ne serait plus qu’un souvenir. Il pourrait peut-être même se demander si la fatigue ne l’avait pas fait halluciner. Il se détourna et alla dans sa chambre. Là, il croisa le regard de la photo de sa fille et de son ancienne petite amie. Il sentit son cœur se serrer. Il gardait la photographie ici parce qu’elle était importante, tout en la poussant à l’écart car c’était le passé.

Il se glissa dans les draps. Il en oublia son côté gentleman en pensant que Riley avait bien fait de préférer le canapé au lit. Puis Conrad tomba dans un sommeil sans rêve. Lorsqu’il se réveilla, il ne bougea pas tout de suite. Il écoutait. Il y avait une chance que la jeune femme soit encore là. Une infime petite chance. Il voulait le savoir avant de se lever. Alors il écoutait le moindre bruit. Il reconnut le ronflement de Machin et pesta silencieusement. Son ronflement serait capable de couvrir tous les bruits. Riley avait sûrement mal dormi à cause de lui. Hormis le chien, Conrad n’entendait rien d’autre. Il repoussa la couette silencieusement et se leva tout aussi discrètement, pour ne pas faire fuir son invitée, pensa-t-il. Il avait l’incroyable hypothèse que s’il faisait du bruit, Riley l’entendrait et sauterait par la fenêtre de la cuisine en rien de temps. Après tout, c’était possible si elle était super agile ou qu’elle se transformait en chat. Il se déplaça doucement jusqu’à la porte de sa chambre avant de se glisser dans le couloir. Quelque part, il craignait qu’elle soit déjà partie. Plutôt elle partirait, plutôt il serait laissé à ses démons. Il fallait juste qu’elle reste pour le petit-déjeuner, après, elle repartirait. Il aurait au moins quelques minutes pour se préparer à être seul, de nouveau.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: It's gonna be alright||Conrad & Riley   Lun 5 Aoû - 10:47


Metro Light Rail -2 heures du matin  ◈ Conrad & Riley
It's Gonna Be Alright
Tout ce que tu fais de mal, l’herbe te le révèle, t’en rend conscient, elle te fait voir clairement au fond de toi-même parce que l’herbe fait méditer Bob Marley


  




S
avoir que tu es en sécurité, que ce soir tu dormiras bien, que tu as mangé à ta faim pour la première fois depuis des lustres, que tu as pris une vrai douche te réchauffe le cœur. Tu as presque l’impression que maintenant ta vie va aller mieux, beaucoup mieux. Tu oublies tes problèmes au fur et à mesure que le temps passe et ça te rend encore plus heureuse. Tu sens une vague de chaleur te conquérir et entourer ton cœur d’une couverture de soie. C’est si bon, si doux. Tu oublies même que tu vas partir demain matin, mais d’un côté tu te dis que tu resteras. Après tout, ça ne le dérangerait peut-être pas, si ? Tu as envie de rester pour ne pas retomber dans toutes les noirceurs de ton monde, mais c’est impossible. Conrad a sa vie, peut-être même une petite amie à reconquérir, alors tu ne dois pas t’interposer. Quoi qu’il en soit, ce soir tu es bien au chaud, propre et rassasiée et tu comptes bien en profiter encore longtemps.

« Pas de problème. » Tu lui souris. Heureusement qu’il n’y a pas de problème, sinon tu te sentirais encore plus coupable. Un silence s’installe entre vous mais il ne te gêne pas. Tu aimes le silence. De toute ta vie de clocharde, le silence a été ton seul repos. Tu n’aimes pas entendre le dégoût ou la pitié des gens envers toi. Tu n’aimes pas non plus entendre les cris qui résonnent dans ton esprit tel le mauvais souvenir qui te hante et ne te lâcheras jamais. Tu poses ta main sur la tête du chien et commences à lui gratouiller le crâne. Même si au fond tu es un félin, ce canidé semble beaucoup t’apprécier.  Peut-être parce que tu lui donnes l’amour qui lui manque, ou bien parce que vous êtes tous deux des réfugiés de la rue. « Bon ben, bonne nuit. » Tu vois que la fatigue tire ses traits de visage. Tu souris, un peu amusé de le voir ainsi. Tu murmures un « Bonne nuit » et il part dans sa chambre. Alors, lorsque tu te retrouves seule avec le chien, tu t’allonges sur le canapé. Tu rajustes ton oreiller et te recouvres de la couverture. L’animal vient s’installer près de toi comme s’il voulait te protéger des mauvais esprits et tu souris. Tu lui gratouilles l’oreille puis essayes de t’endormir.

Mais le sommeil ne vient pas. Tu regardes l’heure sur la pendule et tu constates qu’une heure est déjà passée. Tu soupires, exaspérée par ton attitude. Pourquoi le seul jour où tu es dans un vrai lit tu n’arrives pas à fermer l’œil ? Peut-être parce qu’à chaque fois que tu tentes de t’endormir tu entends des cris ou tu vois du sang. Finalement, à six heures du matin tu sors du lit, tu ne veux pas dormir. Tu te redresses lentement pour ne pas réveiller le chien et te lèves. A pas de loup tu pars sortir ton linge de la machine à laver et l’étends sur un sèche-linge prévu à cet effet. Tu reviens dans la cuisine en silence pour ne pas réveiller Conrad ni l’animal sur le canapé. Tu ouvres les placards à la recherche d’un petit déjeuner à préparer. Pas pour toi, pour lui. Tu veux le remercier de son hospitalité et même si tu ne sais pas ce qu’il prend en sortant du lit, tu sais que l’intention compte. Tu prépares un café en te disant qu’il a une « tête à boire du café » et fais chauffer des tartines. Tu poses tout ce bon repas sur un plateau bien à l’évidence et cherches du papier et un stylo. Une fois trouvé tu écris dessus un « Merci ». Tu le laisses près de sa tasse bien chaude et va chercher tes affaires. Elles sont encore humides mais tu ne peux pas te permettre de rester encore. Tu lui as dis que tu ne seras pas là à son réveil alors tu dois partir. Tu enfiles un jean et un sweat. De retour dans le salon tu constates que le chien est toujours en plein rêve. Tu souris en le voyant bouger sa patte, te demandant à quoi il peut bien penser. Tu attrapes ton écharpe et ton bonnet mais tu t’arrêtes. Posé là, sur une table basse, un téléphone. Ton cœur se met à battre de plus en plus fort. Tu as envie de le prendre, d’appeler ta mère, de lui dire que tu iras mieux maintenant, que tu seras sa fille chérie mais tu ne dois pas. Et pourtant c’est ce que tu fais. Tes doigts pianotent sur les touches et tu portes le combiné à ton oreille. La sonnerie retentie et alors tu entends un « Allo ? ». Tes larmes arrivent à tes yeux et tu raccroches. Non, tu ne peux pas. Tu remets le téléphone où tu l’as trouvé et cours dans la cuisine à la recherche d’un quelconque alcool pour te soulager. Tu attrapes un reste de whisky et le bois. Il n’est pas très bon, mais tu t’en moques, tu dois boire pour oublier. Tu vas dans la salle de bain, à la recherche de quelque chose d’autres pour t’empêcher de faire quoique ce soit de regrettable. Tu fouilles les tiroirs et trouves une boite d’aspirine. On t’a apprit qu’à l’intérieur on mettait un peu de drogue pour soulager les maux de tête. Tu enfournes presque toute la boite mais ça ne suffit pas. Tu trouves du paracétamol. Tu regardes la boîte, te demandant que faire. Tu ne sais plus quels effets apporte une trop grande dose de ce médicament et tu n’as pas envie de mourir. Alors, par pure crainte tu jettes la boîte de l’autre côté de la pièce. Tu portes la bouteille à ta bouche et bois une grande gorgée. Tes larmes coulent sur tes joues et tu sais qu’elles ne s’arrêteront pas tant que tu ne trouveras pas de la drogue. Tu as oublié que tu devais partir avant le réveil de Conrad, trop occupée par ta propre tristesse. Tu restes alors blottie là, dans un coin de la salle de bain, dans l’ombre, versant toutes les larmes de ton corps.

Revenir en haut Aller en bas
 

It's gonna be alright||Conrad & Riley

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» It's gonna be alright||Conrad & Riley
» THE WHO - Baba O'Riley
» décodeur et moteur conrad
» Moteurs Conrad
» RRTC et l'ECoS

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-