AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Jeu 20 Juin - 0:02


The Elvenpath -Minuit  ◈ Lorenzo & Riley
Ok, je dirai rien




«
It's time to begin, isn't it? I get a little bit bigger. » Assise au beau milieu de la route, tu marmonnes les paroles d’une chanson. Ta tête bouge en rythme avec, mais c’est peine perdue. Tu as beau essayer de te convaincre, de boire, de fumer, de te droguer, rien n’y fait. Tu es perdue. Tu es morte. Tu es finie. Tu ne veux pas d’aide. Tu n’en mérites pas. Tu n’es qu’un déchet dans ce monde et plus tu essayes d’échapper à la vérité, plus elle te rattrape à vitesse grand V. Tu caresses l’étiquette de la bouteille avec le pouce et te concentres sur ce qui y est écrit. Mais tout ce que tu vois c’est : «  Riley t’es une merde. T’as tué ta sœur et t’as même pas les tripes de voire ta mère pour t’excuser. T’as même pas les tripes de te laisser crever dans un coin non plus. » Une larme silencieuse vient couler sur ta joue. Tu ne l’essuies pas. Tu la laisses glisser le long de ton visage alors que d’autres viennent l’accompagner. Tu ne refoules pas ta tristesse. Parfois, il faut que ça sorte pour que tu tiennes le coup plus longtemps. Alors tu pleures, en silence pour ne pas te faire remarquer. Ton visage enfouie dans tes mains, tu laisses tes maux se vider pour te laisser tranquille pendant quelques heures. Tu te sens seule, y’a pas à dire. Tu aurais besoin d’un câlin, là, maintenant. Tu aurais besoin de quelque chose qui te remonte le moral. Tu aurais besoin de retrouver ta vie d’antan.

Quelques minutes, peut-être trente, peut-être quarante, passent avant que tu ne te calmes enfin. Tu sors un joint de ton sac et commences à l’allumer doucement. Tu tires une longue première taffe et tu sens ce gout amer te brûler la gorge mais ça te fait tellement de bien. Tu as l’impression de te purifier de l’intérieur. Tu as l’impression que la tristesse de tout à l’heure brûle en toi pour disparaître quelques temps. Tu n’as nulle part où dormir ce soir. Tu pourrais aller squatter chez Conrad ou Zadig, mais tu n’en as pas envie. Ou plutôt c’est que tu as la flemme. Tu as marché toute la journée, traversant la ville pour arriver dans ce quartier naturel. Tu t’es arrêtée sur la route, au beau milieu de ton chemin, et tu as commencé à boire. Mais la chaleur de l’alcool ne t’a pas plu. Tout comme ses effets que tu détestes de plus en plus. Tu n’aimes plus boire maintenant. Chaque fois, tu es conquise par la tristesse et chaque fois tu finis par pleurer. Mais bordel, si tu bois c’est pour éviter ça justement ! Tu changes de musique pour mettre quelque chose de plus détendu qui te met de bonne humeur et t’aide à planer comme il se doit. Un peu de Bob Marley.

Ton joint se termine. Tu arbores un grand sourire aux lèvres et l’écrases sur le sol. Tu le jettes au loin et te lèves avec difficulté. Tu rajustes la capuche de ton sweat et retires les saletés sur tes jambes nues- par cette chaleur tu n’allais pas t’encombrer d’un jean quand même !Tu balances ton sac sur ton dos et commences à marcher en chantonnant la musique dans tes écouteurs. Parfois tu te demandes ce que tu ferais sans ton baladeur. Tu as l’impression que c’est ton seul ami dans ce monde, la seule famille qu’il te reste jusqu’à présent. Quand tu es bien high parfois tu le considères comme un humain et te mets à lui parler. Tu n’es pas malade mentale, tu es juste une droguée et alcoolique lambda.

Tes pas finissent par te mener dans un quartier en ruines. Un vieux quartier résidentiel. Tu t’accroches aux poteaux en tournant autour comme dans les clips de « I’m singing in the rain ». Tu chantes fort parfois, n’ayant pas peur de réveiller qui que ce soit vu l’état des bâtisses. Puis, la chanson s’achève. Tu prends ton baladeur pour en remettre une autre quand, pendant les quelques secondes de silence qui se posent face à toi, tu entends un cri. Un cri perçant qui te glace le sang. Tu te dis d’abord que c’est une hallucination, même si c’est impossible avec ce type de drogue. Ton cœur bat la chamade et tu finis par couper la musique. Tu t’avances doucement dans la direction du cri, cherchant avec une grande difficulté son auteur, mais tu ne vois rien. D’ailleurs, tu n’entends plus rien. Tu te dis que c’était une hallucination et que ça ne mérite pas que tu t’en inquiètes mais alors que tu reprends le baladeur pour remettre la musique, tu vois une forme au fond de la ruelle. Intriguée, tu t’y avances. Tu te colles au mur, ton souffle saccadé et ton cœur battant fort dans ta poitrine. Tu sens un goutte de sueur perler sur ton front à cause du stress, de la peur, de la chaleur et de l’alcool aussi sûrement, mais tu ne t’en préoccupes pas. Tu entends des bruits près de toi, juste derrière ce mur. Tu finis par y jeter un coup d’œil et quand tu croises le regard de l’homme, tu restes figée sur place.  


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Jeu 20 Juin - 16:05

❝ Don't even say a word. ❞


Il y avait des jours comme ça, où rien n’allait. La journée avait plutôt bien commencé, pourtant. On lui avait donné un ordre de mission, dont les détails l’avaient laissé confiant. La cible était un homme guère plus intelligent de la moyenne, sans force physique particulière, qui avait plus de vices que de légumes dans son frigo. Il suffisait de voir le quartier dans lequel il vivait pour comprendre qu’il n’opposerait pas une ferme résistance : des ruines, sans exagération aucune. En arrivant sur place, Lorenzo avait poussé un soupir. Le monde n’avait pas tellement changé, depuis sa naissance, quelques sept cent ans plus tôt : la misère était partout, et les gens au pouvoir faisaient mine de ne pas la voir, de peur sans doute de salir les semelles de leurs chaussures hors de prix. Partout, les maisons étaient lézardées de fissures dans lesquelles il aurait pu glisser sa main, quand elles n’étaient pas taguées. Les fenêtres, brisées par quelques jets de pierres ou d’autres objets dont il ne voulait pas connaitre l’origine, avaient pour la plupart été renforcées avec des planches de bois pourri, l’ensemble formant un patchwork de réparations hasardeuses qui ne faisait que renforcer la sensation de pauvreté qui se dégageait déjà de ce qui avait dû être un jour un quartier résidentiel propret.

Lorenzo ne posait jamais de question. Peu lui importait la raison pour laquelle on lui demandait d’exécuter les victimes qui lui étaient désignées. Il était le bourreau du gouvernement, ou du moins l’un des bourreaux. Quel intérêt y avait-il pour lui de savoir si sa cible était coupable de quelque acte à l’encontre du gouvernement, ou si, au contraire, elle était totalement innocente ? Il était surtout conscient que même s’il refusait une mission, un autre serait envoyé à sa place, et ne ferait sans doute pas preuve de la même miséricorde. Alors… autant accepter les contrats, empocher les chèques, et lécher les plaies de son honneur souillé, de son humanité endeuillée plus tard, dans l’intimité de son appartement, donjon inaccessible au cœur de la ville.

Son plan était d’une simplicité enfantine : sa victime était connue pour commander chaque jour dans un restaurant oriental, situé un peu plus loin dans la rue. Les prix étaient bas, et à en juger par l’hygiène des lieux, ce n’était pas tout à fait par hasard. Empoisonner sa victime ne serait donc pas un problème pour Lorenzo. Aussi, après avoir versé au livreur quelques billets, sans doute plus d’argent qu’il n’en avait vu au cours de sa courte vie, avait-il pris sa place, prêt à livrer sa mort à sa victime. Malheureusement, les ennuis n’avaient fait que commencer. Le livreur lui avait expliqué que l’homme n’ouvrait que si l’on frappait à la porte située sur le côté de la maison, plutôt qu’à la porte d’entrée. Homme secret et paranoïaque, il y avait de fortes chances qu’il soit armé, et qu’il devienne violent s’il soupçonnait quelque chose. Pas que Lorenzo s’inquiète outre mesure de ses chances de s’en sortir : personne ne l’avait encore jamais battu au corps à corps, et son tigre prendrait de toute façon le dessus si l’on tentait de l’agresser. Ceci dit, il n’avait pas de goût particulier pour les démonstrations de force, qu’il jugeait inutiles, et préférait de loin qu’un plan se déroule sans accros.

Ce qu’il ignorait, c’est que le simple fait de voir un livreur qu’il n’avait encore jamais vu rendrait l’homme violent, et l’amènerait à sortir de sa maison, poings américains en avant, prêt à en dérouiller avec un inconnu – venu pour l’achever, certes, mais tout de même. La nourriture indienne atterrit sur le sol, laissant s’échapper une odeur de curry qui parvenait mal à recouvrir celle de la viande peu fraîche, pensa Lorenzo alors que l’homme balançait son poing en direction de son visage. Trop lourd, trop peu rapide, cependant, ou du moins, pas assez face à un assassin qui possédait les réflexes de l’un des félins les plus dangereux de la planète. Lui qui avait voulu faire ça proprement n’aurait d’autre choix que de se montrer agressif, ce qui était assez dommage : il  y avait de fortes chances que l’homme soit à peine reconnaissable lorsqu’on le retrouverait. Du plat de la main, il le frappa en travers de la gorge, ce qui coupa son souffle un court instant, mais le fit hurler dès lors qu’il put respirer un tant soit peu. Que pensait-il, au juste ? Que ses voisins se précipiteraient à son secours et se hâteraient de s’en prendre à Lorenzo, cet homme habillé de noir des pieds à la tête, dont le regard seul était la plus convaincante des menaces ? Si tel était le cas, son espoir était vain : les gens fermeraient leurs fenêtres, monteraient le son de la télévision, et iraient se coucher en espérant avoir tout oublié le lendemain matin. Ainsi était la vie, à la Nouvelle Orléans.

L’avant-bras appuyé sur la trachée de l’homme, dont il pouvait sentir la peur, odeur fétide, écœurante, Lorenzo sortit de sa botte l’un des poignards qu’il avait en permanence sur lui. Lorsqu’il se redressa, s’apprêtant à trancher la gorge du misérable et à rentrer chez lui tranquillement, son regard croisa celui d’une jeune femme, à quelques mètres de lui seulement. Son visage reflétait le choc le plus profond, mélange de terreur et d’étonnement. Elle voyait ce qui se déroulait sous ses yeux, mais n’avait probablement aucune idée de la gravité de la situation dans laquelle elle s’était mise, comprit l’italien, qui dans un soupir, passa la lame en travers de la gorge du gros homme, qui s’effondra sur le sol, le sang s’échappant à gros bouillon du sourire que lui avait dessiné son assassin. Lorenzo essuya la lame sur son jean noir, et le replaça dans sa botte, puis poussa le corps du bout de sa botte de cuir noir. Il ne quittait pas la fille du regard, et en lui, le tigre s’agitait. Cette fille était des siens, elle était une skinchanger, et même s’il ne sentait aucune proximité particulière avec les autres métamorphes, il y avait chez elle quelque chose de cassé qui l’intrigua. Cependant, elle était maintenant un danger pour lui, ce qui signifiait qu’il tenait sa gorge entre ses doigts. Il n’avait pourtant pas tellement envie de la tuer. Elle s’était trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment, et à en juger par l’air vague de son regard, par la mollesse de sa posture, elle était de toute façon trop high pour représenter un quelconque danger pour lui. Elle ne chercherait probablement même pas à se défendre s’il s’attaquait à elle.  Il serra la mâchoire, sa lèvre supérieure se soulevant légèrement, comme dans ces rares moments où il laissait le tigre s’exprimer ; le message était clair, l’avertissement ne laissait pas de doute.

Restait à espérer qu’elle le comprenne, et surtout, pour elle, à ce qu’il ne change pas d’avis trop vite.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Jeu 20 Juin - 16:34


The Elvenpath -Minuit  ◈ Lorenzo & Riley
Ok, je dirai rien




E
n fait, là tu te demandes plutôt c’est quoi ce liquide rouge qui coule de la gorge du gars au sol. Tu n’as pas spécialement peur. Mais ça doit être à cause du joint qui t’empêche de comprendre réellement ce qui se déroule sous tes yeux et dans quelle merde tu es. Tu fixes toujours les deux hommes, ne comprenant pas d’abord que l’un d’eux est mort. Puis, la petite lumière s’allume dans ton esprit. Tu pointes du doigt le corps au sol et de tes lèvres sortent ces mots : « Il est… » Mort ? Oui Riley, il est mort le gars ! Tu viens d’assister à un putain de meurtre Riley ! Casse-toi de là ! Mais pourtant tu bouges pas. Tu prends conscience de la gravité de la situation, mais tu es paralysée par la peur. Tes yeux s’ouvrent grands, tu portes tes mains à ta bouche pour retenir un cri de frayeur. Ton regard se pose sur le mort, sur le meurtrier, sur le mort, sur le meurtrier et ainsi de suite jusqu’à ce que tu finisses par fermer les yeux. Mais bordel, pourquoi faut que ça t’arrive à toi ? Pourquoi t’as une chance de merde hein ? Qu’est-ce que t’as fait pour mériter de vivre des trucs comme ça ? Les larmes coulent sur tes joues. Tu as si peur. Peur de mourir, peur de souffrir, peur de cet homme. Et la drogue ne t’arrange pas. Elle ne t’aide pas à remonter pour te faire croire que le monde est rose.

Mais bon, Riley c’est pas vraiment le moment de chialler ou de t’apitoyer sur ton sort. Tu as été témoin d’un meurtre et t’es vraiment dans la grosse merde. Tu sèches alors tes larmes, te calmes doucement jusqu’à reprendre une respiration régulière. Tu regardes le gars, ton cœur se serrant dans ta poitrine d’une peur forte et atroce. Un sourire étire tes lèvres. Un sourire nerveux qui montre bien à quel point tu as peur et à quel point t’as pas envie de mourir ce soir. « Je… hum… j’ai rien vu, promis. Je … je… » Là, tu sais pas vraiment quoi dire. Tu dois dire que tu vas pas répéter ? Tu dois dire que tu ne vas pas appeler les flics ? Tu dois dire que tu ne vas pas crier ? Tu es dans une impasse. Ce mec va te tuer Riley et ça c’est pas cool. Cette journée était déjà bien pourrie au départ alors maintenant si elle se finit comme ça… Enfin, quoique, c’est peut-être bien que tu meurs là. Après tout, qu’est-ce qui te retient sur Terre ? Rien. Rien ne t’oblige à rester ici. Rien ne t’oblige à vivre encore un soir de plus. Mais tu as peur. Beaucoup trop peur de la mort. Tu as peur de l’inconnu et de ne pas savoir ce qu’il y a après.

Alors, tu commences à reculer doucement pour qu’il ne le voie pas. Et quant tu arrives à la fin de la ruelle, tu te mets à courir. C’est la seule chose que tu sais faire ça, courir. Peut-être devrais-tu te transformer en guépard pour aller plus vite mais tu n’aimes pas devenir un animal. C’est trop de souvenir, trop de malheurs, trop de peurs, trop de cassures. Et puis, même en étant humaine, tu cours rapidement. Au lycée, tu étais la meilleure en course et ça n’a fait que s’améliorer au fil des années. Tu fuis toujours. Tu fuis les problèmes, tu fuis la mort, tu fuis tes maux, tu fuis tout ce qui t’obligent à te poser des questions. Tu cours vite. Tes pieds tapent le goudron et tes cheveux volent comme une cape derrière toi. Tu ne sais pas si il te suit, mais tu ne comptes pas t’arrêter maintenant. Tu dois partir, tu dois t’éloigner de cette terreur et de ce gars.


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Jeu 20 Juin - 17:42

❝ Don't even say a word. ❞


Pas une seule fois Lorenzo n’ouvrit la bouche, se contentant de fixer la jeune femme alors qu’elle balbutiait, visiblement affolée, et reculait, l’espoir marquant ses traits que peut-être il ne s’apercevrait pas de la manœuvre. C’était naïf, mais les tremblements de la jeune femme, le sourire nerveux qui étirait ses lèvres, et la peur qu’il sentait comme si elle avait été sur sa propre peau le rassurèrent : elle ne parlerait pas. Drogue ou non, elle était bien trop effrayée pour oser dire à qui que ce soit ce qu’elle avait vu. Qui croirait les paroles d’une fille dont le visage fatigué criait au monde qu’elle était rarement sobre ou clean ? Bien peu de gens s’intéressaient aux crimes, à la Nouvelle Orléans, et si quelqu’un balançait Lorenzo, le gouvernement le couvrirait, même s’il refusait d’en arriver à une extrémité telle que celle-ci. Il ne voulait rien devoir à personne, et c’est la raison pour laquelle il se devrait de garder un œil sur elle. Il la laissa filer, restant immobile jusqu’à ce que le son de ses pieds tapant le sol au rythme de sa course, le sifflement de sa respiration et de son souffle heurté par la panique ne soient plus du tout audibles, et resta encore sans bouger quelques minutes de plus.

Inutile de se débarrasser du corps ;  personne, en voyant tout ce sang, cette nourriture sur le sol, ne viendrait penser qu’un tueur professionnel était passé par là. On imaginerait qu’il s’était battu pour une quelconque raison, qu’on avait tenté de lui régler son compte, et à en juger par les poings américains qui n’avaient pas quitté ses mains, l’homme était très probablement le type de mec qu’on n’appréciait pas beaucoup, mais dont on gardait ses distances. Sa mort ne laisserait ni regrets, ni désir de vengeance chez qui que ce soit, Lorenzo en était convaincu. Il rentra chez lui, du même pas tranquille qu’il était arrivé, ombre vêtue de noir dans la nuit elle-même noire de la ville.

Une fois dans son appartement, il se doucha, resta un long moment sous le jet d’eau chaude. Malgré l’apparente détente dont il faisait preuve, la sérénité qu’il dégageait, l’italien pensait à cette jeune femme. Non contente de l’avoir surpris dans l’exercice de sa profession, elle l’avait intrigué. Dès le lendemain, il devrait la retrouver, la surveiller, en apprendre autant que possible sur elle. Lui faire un peu peur, peut-être, lui montrer qu’il était capable de retrouver sa trace où qu’elle aille, de la traquer jusque dans le plus petit des trous de lapins. Ce n’était pas un aspect de son travail qu’il appréciait particulièrement, ou qu’il avait souvent l’occasion de pratiquer, mais il n’avait pas tellement envie de la tuer. Il mettait fin à la vie de suffisamment de personnes comme cela pour qu’une jeune femme un peu paumée, pas très gâtée par la vie, ne se retrouve sous le froid de l’une de ses lames.

Le lendemain, donc, il se renseigna en ville, chercha à en apprendre un peu plus sur cette droguée qui déambulait dans les rues. Il glana bien peu d’informations, à vrai dire, mais fut cependant capable de trouver quelques lieux qu’elle avait pour habitude de fréquenter. Il lui faudrait s’armer de patience, mais il devrait pouvoir la retrouver assez facilement. Aussi, en fin d’après-midi, était-il posté sur un banc de bois, juste en face de la sortie d’un café qu’elle était censée fréquenter. Une cigarette au coin des lèvres, vêtu d’un simple jean un peu déchiré et d’un tee-shirt blanc, tenue qui lui était habituelle lorsqu’il ne travaillait pas, il la vit commander son café, une pâtisserie quelconque, et les déguster à son rythme, lentement.

Lorsqu’elle sortirait, la rue serait quasiment déserte. Son regard ne pourrait que se poser sur lui, Lorenzo le savait. Il était curieux de savoir quelle serait sa réaction. Prendrait-elle la fuite ? Serait-il obligé de lui courir après, et de lui expliquer qu’il  n’était jamais très sage de prendre la fuite face un prédateur dans son genre, ou au contraire, ferait-elle preuve d’un tant soit peu de sagesse ?
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Jeu 20 Juin - 18:38


The Elvenpath -Minuit  ◈ Lorenzo & Riley
Ok, je dirai rien




T
es yeux s’ouvrent lentement, ne voulant pas être trop agressés par les rayons de l’astre. Tu te redresses et une douleur atroce te frappe la tête. Tu portes ta main à ton front et sens une irrégularité sur ta peau. Tu la caresses et constates que c’est une croute. Tu fouilles dans ton sac et prends ton baladeur. Son écran, lisse et sans aucune rayure, te sert à certaines occasion de miroir. Tu regardes ton reflet dedans et, mise à part la fille paumée que tu y vois, tu découvres que tu es blessée en haut du crâne. Tu fronces les sourcils, essayant de te rappeler comment une telle chose à pu t’arriver. Tu croises tes jambes pour réfléchir, mais une nouvelle douleur te prend. Tu regardes tes genoux et observes deux gros bleus et une bonne tache rouge sanguine. Tu caresses du bout des doigts l’hématome et grimaces de douleur. Tu essayes de te rappeler ce qui s’est passé hier soir mais en vingt. Alors, tu fais comme à chaque fois et repars de là où ta mémoire est intacte. Avant le joint. Tu te rappelles avoir marché toute la journée pour atterrir dans les quartiers sud, tu t’étais arrêtée sur la route et avait bu. Là, tu as fumé, tu as continué ta marche de nuit. Et… là il y avait eu un cri. Un meurtre. Tu as été témoin. Tu as couru. Tu t’es enfuie pour qu’il ne te rattrape pas, mais surtout pour qu’il ne te tue pas. Tu as couru longtemps et… tu es tombée. Tu te rappelles que tu t’es pris le pied dans une fissure et que tu as fais une grande chute. Le reste ? Impossible de t’en souvenir. Tout est noir dans ta tête.

Alors que tu réfléchis, une voix te sort de tes pensées. Tu sursautes et vois un clochard. Il t’explique qu’il t’a trouvé blessée au milieu de la route hier soir. Il t’a mis sur le banc et il t’a laissé dormir. Tu ne le crois qu’à moitié et une mince partie de toi se demande s’il n’aurait pas profité de la situation. Il voit ton regard douteux et se met à exploser de rire. Il te dit qu’il n’aurait jamais fait ça, qu’il n’en voit pas l’intérêt et qu’il préfère aller trouver une fille consciente qu’un corps sans vie. Un sourire s’étire sur tes lèvres et tu remercies le clochard. Il te donne un bout de sandwich qu’il est allé chercher je ne sais où et tu le manges à pleine dents. Ca fait tellement du bien de manger que tu te moques si ce plat est périmé ou non. Finalement, tu passes le reste de la journée en sa compagnie. Et quand il te demande pourquoi tu courais comme ça, ton cœur manque un battement. Tu ne peux pas lui dire que tu as été témoin d’un meurtre. Tu ne peux pas non plus rester ici. Si le gars est dans les parages il va te trouver et il va te tuer. Alors tu t’en vas, remerciant le clodo de son hospitalité.

Tu as mal aux pieds et aux genoux. Quand les gens te croisent dans la rue, ils te regardent avec un air du style : «  mais qu’est-ce qu’il lui est arrivé à celle –là ? ». Mais tu t’en fous. Tout ce que tu veux c’est survire, t’éloigner du sud pour ne plus avoir à fuir ce meurtrier. Tu sursautes à chaque fois qu’un enfant cri, à chaque fois qu’un objet tombe sur le sol ou à chaque fois que quelqu’un te demande si ça va. Tu aimerais bien t’installer dans une ruelle pour te fumer un joint mais tu n’en as pas la force. Tu passes devant une pâtisserie. Derrière la vitrine, tu commences à baver devant ces gâteaux qui y sont exposés. Tu te rappelles les jours où toi-même tu les cuisinais, et éprouves une pointe de nostalgie à cette idée. Ca fait tellement longtemps que tu n’as pas cuisiné, tellement longtemps que tu n’as pas eut quelque chose d’aussi délicieux dans la bouche. Tu regardes l’argent qu’il te reste. Juste assez pour un café et un croissant. Un dilemme se pose dans ton esprit, mais tu finis par entrer dans la boutique. La caissière te regarde avec de grands yeux mais tu ne t’en occupes pas. Tu prends ta commande et savoure tes délices, assise à une table.

Tu savoures ton repas, ancrant dans ton esprit le gout amer mais agréable du café chaud et la douceur sucrée du croissant. Une fois ton festin achevé, tu pars dans les toilettes. Comme tu l’espérais, il y a un miroir qui recouvre le mur et un lavabo pour te nettoyer. Lorsque ton regard croise celui de ton reflet tu comprends pourquoi les passants te demander si ça allait. Tes cheveux partent en bataille sur ton crâne, tes joues sont noires de crasse et de ta blessure est restée une petite ligne de sang. Tu prends du papier, le mouille et nettoies tes joues puis ton front. Là déjà c’est un peu mieux même si tu préférerais une bonne douche. Tu brosses tes cheveux avec tes doigts, mais –même si c’est mieux que précédemment- c’est toujours effrayant. Alors tu finis par enfoncer ton bonnet sur ton crâne. Tu gardes ton sweat, mais échanges ton short pour un jean. On est en fin de journée, la chaleur est plus supportable qu’hier même si elle est toujours aussi pesante. Tu sors des toilettes et pars dehors.

Là tu t’arrêtes. Ton cœur s’arrête dans ta poitrine comme s’il était mort d’une crise cardiaque à cette vision. Tes yeux s’ouvrent en grand sur l’homme assis sur le banc. Tu ne bouges d’abord pas, te demandant si c’est une hallucination ou bien juste quelqu’un qui lui ressemble beaucoup, mais non. Non, c’est lui. Même si hier tu étais complètement high, tu n’as pas oublié son visage. Sûrement pour ça que les témoins oculaires sont si précieux. Vous vous regardez un moment sans bouger, puis… tu tournes les talons et part dans la direction opposée. Tu aimerais bien courir, mais tes jambes te font trop souffrir pour ça. Alors, tu exerces une marche rapide sans jamais te retourner. Ta respiration est rapide et ton cœur se serre dans ta poitrine. Il t’a retrouvé. Il va te tuer. Tu te mords la lèvre inférieure pour t’empêcher de pleurer même si tu en as terriblement envie. Mais les larmes ne sont pas la solution à ta peur. Tu dois rester forte et … fuir.



Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Jeu 20 Juin - 22:09

❝ Don't even say a word. ❞


Lorenzo avait connu la pauvreté. Il avait été misérable durant les 26 premières années de sa vie. Ne pas manger à sa fin, utiliser le peu d’argent que l’on a pour acheter un quignon de pain ou rapiécer un vêtement qui a déjà connu plusieurs générations avait été son quotidien. La sensation du ventre plein lui était inconnue, tout comme l’était la couleur de sa peau sous la couche de crasse qui la couvrait. Il avait erré dans les ruelles de Venise, avait fait la manche au pied des églises, supplié les pieux nobles gens, espérant que leur chrétienté, leur supposée bonté et générosité, si souvent mise en avant dans les textes religieux dont il avait entendu parler, les amène à prendre pitié de lui et à lui donner quelque chose, même un tout petit rien. Un bouton l’aurait rendu fou de joie, un morceau de savon aurait été une bénédiction, une bougie aurait signé une soirée de fête chez lui. On l’aurait accueilli comme un héros revenant de Terres inconnues et sauvages, pour un misérable morceau de bougie. Mais les gens passaient devant lui, balançant pieds et poings plus volontiers que ce qui trainait au fond de leur poche. Avec le temps, la haine de Lorenzo à l’égard de ces riches incapables de voir leur chance en face s’était muée en quelque chose de plus sombre, qui l’avait conduit à accepter de tuer d’innocentes jeunes filles contre quelques pièces trébuchantes. Sa vie avait été changée à tout jamais, et même 752 ans plus tard, il continuait à être sensible à la condition humaine. Il savait que même le plus généreux des SDF pouvait un jour devenir fou, haïr ce monde qui l’ignorait et se venger de la plus sanglante des façons.

En voyant la jeune fille – il faudrait lui demander son nom, mais avec son petit menton pointu, elle avait quelque chose d’une petite souris – il se revoyait lui-même. Bien sûr, à l’époque, il n’avait pas de baladeur, mais la misère était la même. Il avait été aussi perdu qu’elle, avait erré, et avait couru, plus d’une fois, pour sauver sa vie. Qu’était-il supposé faire, à présent ? La poursuivre ? Il ne voulait pas la tuer. Avec un soupir, il se leva, et suivit la direction qu’elle prenait. La panique sur son visage revint en mémoire de l’assassin. C’était là aussi l’une des raisons pour lesquelles il achevait rapidement ses victimes : il n’avait aucun goût pour le patho, aucune envie de voir de futurs macchabés pleurnicher et lui demander un peu de sa pitié. Malgré ses remords récurrents, malgré les cauchemars, la nuit, et malgré le talent qu’il avait pour donner la mort, il avait sa vision des choses.  Il ne fallut que bien peu de pas pour la rattraper : dans sa hâte, elle se montrait plus maladroite qu’autre chose, et se faisait bousculer par les passants qu’elle ne parvenait pas à éviter. Ses doigts se refermèrent autour d’un bras bien trop fin, et il la tint contre lui, la forçant à marcher à un rythme plus normal. Lorsqu’il s’exprima, sa voix, au timbre habituellement chaude, ne contenait pas la moindre menace. Il y avait de toute façon chez lui une autorité naturelle qui faisait le travail, sans qu’il cherche à y ajouter une froideur inutile. Son tigre était un dominant, et cela n’était pas sans avoir d’influence sur lui. « Tu sais ce dont je suis capable… Ne me fais pas perdre patience. Si j’avais voulu te tuer, tu n’aurais pas passé la nuit. »

Ils marchèrent quelques minutes, jusqu’à un hôtel que Lorenzo connaissait bien. C’était un endroit un peu miteux, mais tenu par un homme qui avait une quelconque dette envers lui. C’était le moment de la payer. D’un regard de l’italien, il décrocha du tableau derrière lui une clé. « Au deuxième étage, tout au fond du couloir ». Un hochement de tête le remercia, et l’assassin guida la jeune femme jusqu’à l’ascenseur. Inutile de lui laisser l’occasion de s’enfuir dans les escaliers. Il pouvait sentir ses tremblements, mais ne dit pas un mot, se contentant, de faire claquer sa langue lorsqu’elle devenait trop remuante. Malgré sa peur, malgré l’envie qu’elle avait de prendre ses jambes à son cou, elle avait de la force, et semblait déterminée.

Une fois dans la chambre et celle-ci fermée à clé, Lorenzo la lâcha. Il ouvrit les rideaux, inondant la pièce d’une lumière vive. L’hôtel était loin d’être le meilleur du coin, mais… Tant qu’il ne comprendrait pas la vraie raison pour laquelle il était ici, eh bien… Il faudrait s’en contenter. Il ouvrit une porte, qui donnait sur la salle de bain, et sortit de l’unique commode de la chambre une épaisse serviette blanche, ainsi qu’un peignoir, qui avait connu des jours meilleurs, mais qui avait le mérite d’être propre et de sentir l’assouplissant. Il les tendit à la jeune fille. « Va te doucher. Je vais te commander à manger. Ensuite nous parlerons. »

Sitôt la porte refermée sur la jeune fille, qui finit par accepter d’entrer dans la salle de bain, il appela le réceptionniste. Quelques minutes plus tard, celui-ci apportait deux solides petits déjeuners, bien que Lorenzo n’en ait commandé qu’un seul. Il déposa également un sac, contenant un jean, un tee-shirt et des sous-vêtements propres. Qu’importe où il les avait dégotés. Ils semblaient être à la taille de l’inconnue.  
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Mar 25 Juin - 11:51


The Elvenpath -Minuit  ◈ Lorenzo & Riley
Ok, je dirai rien




T
u marches rapidement. Tu as peur, tu as mal, tu cognes les gens autour de toi, mais tu t’en fous, tu dois fuir. Tu es terrifiée. Les images de la nuit dernière te reviennent en mémoire. Tu revois le gars en train de pisser le sang par terre. Tu revois le gars aux cheveux blonds et son regard d’assassin. Enfin, c’est ce dont tu te rappelles. Tu te souviens que tu avais trèèèèès peur. Bah quoi ? T’étais high, comment tu veux te rappeler à la perfection de ce qu’il t’est arrivé ? Enfin, quoi qu’il en soit, qu’hier un gars soit mort ou non, toi tu en as été témoin et maintenant son assassin te poursuit. Tu aimerais bien courir vite, ou bien appeler à l’aide, mais dans ton état c’est impossible. Tu as trop mal et tu sembles trop droguée pour qu’on te prenne au sérieux. On te dira que tu hallucines et que tu devrais arrêter la drogue. C’est dans ces moments là que tu t’en veux de fumer. Mais on ne peut pas changer le passé. Tu dois affronter tes erreurs même si ça te fait bien chier.

Tu marches donc dans la rue et bouscules les gens sans t’excuser quand une main se referme autour de ton bras. Ton cœur s’arrête de battre pendant un moment, comme s’il se prépare à mourir. Mais le gars ne fait rien. Il se colle contre toi et marche à une allure plus calme que la tienne. « Tu sais ce dont je suis capable… Ne me fais pas perdre patience. Si j’avais voulu te tuer, tu n’aurais pas passé la nuit. » Tu déglutis de peur en te disant que ta vie ne tient plus qu’à un fil maintenant. Certes ce gars ne va peut-être pas te tuer aujourd’hui, mais c’est un assassin. Que ce soit lui ou un de ces ennemis c’est flippant ! Tu ne veux pas rester avec lui, tu sais que ça t’attirera problèmes sur problèmes. Tu ne veux qu’une chose c’est t’enfuir, loin de cet homme et ne jamais plus le revoir, continuer de fumer des joints et de te renfermer sur toi-même pour ne plus avoir de problèmes. C’est trop demander d’avoir la paix quelques jours ?

Il t’amène dans un hôtel. Il demande une chambre. Tu regardes l’hôtelier avec de grands yeux remplis de peur. Tu veux lui faire comprendre que tu as besoin d’aide, qu’il doit t’aider, mais non. Ce gars, tout maigrichon qu’il est, ne servirait à rien face à un assassin de ce type et puis quand bien même il semble effrayer par lui. Peut-être que c’est une de ses victimes… Vous allez ensuite dans l’ascenseur. Là, tu essayes de te défaire de son étreinte mais c’est impossible. Sa poigne est forte et tu es trop faible. Vous arrivez alors à l’étage, tu essayes de lui résister encore un peu mais tu finis par abandonner. Vous entrez dans la chambre. Il ferme à clé et là seulement il te lâche. Tu voudrais courir t’enfuir, si la pièce n’était pas verrouillée. Ton cœur bat la chamade en te demandant ce qu’il va t’arriver. Tu as la chaire de poule tellement tu as peur. Tu trembles de tout ton être en te disant qu’il va te faire du mal bientôt mais non. Il te balance une serviette et t’ouvre la salle de bain. « Va te doucher. Je vais te commander à manger. Ensuite nous parlerons. » Tu le regardes un instant avec de grands yeux mais tu finis par accepter.

La salle de bain est blanche, propre et recouverte de carrelage blanc pure. Tu l’observes lentement un instant, te demandant si c’est judicieux de salir un tel eden avec ta présence ? Mais finalement oui. Tu poses les serviettes dans un coin et te déshabilles. Tu cours sous la douche et laisses l’eau chaude couler sur ton corps. Un sourire vient illuminer ton visage. Tu aimes tellement cette sensation que tu pourrais y rester toute ta vie. Tu en as même oublié l’identité de l’homme dans la pièce à côté. Enfin, tu finis par sortir. Tu enfiles une serviette autour de ta poitrine et une autre autour de tes cheveux. Tu te regardes dans le miroir et constates à quel point ta misère est lisible sur ton visage. Tes joues sont creuses et d’énormes cernes soulignent ton regard. Tu regardes tes mains et le reste de ton corps en constatant à quel point tu es maigre. Tu fais peine à voir Riley. Tu cherches tes affaires pour que le froid ne te dérange pas trop, et tu trouves un sac près de la porte. Tu l’ouvres et prends les habits qui s’y trouvent. Tu les enfiles et une fois bien propre tu attaches tes cheveux en un chignon de fortune.

Tu t’apprêtes à sortir quand tu t’arrêtes. Et si tu partais ? Si tu t’enfuyais là, maintenant ? Tu te retournes et fixes la fenêtre au dessus des toilettes. La liberté est juste là. Juste à portée de main. Tu grimpes sur la lunette et ouvres la vitre. Heureusement, elle est à ta taille, donc tu peux facilement passer à travers. Le seul ennuie, c’est que tu es au deuxième étage. A peine la tête sortie que tu ouvres de grands yeux de peur face à la distance entre le sol et toi. Bon, ça ne sers à rien de sortir par là finalement. Tu rentres donc et refermes la fenêtre avec un grand pincement au cœur. Tu donnerais n’importe quoi pour t’échapper.

Tu sors de la salle de bain, mais tu ne t’avances pas plus. Tu restes dans l’encadrement de la porte et regardes l’homme. Tu constates que, comme il l’a dit, un repas a été apporté. Tu regardes avec envie les plats devant toi, mais tu ne t’en approches pas. Ton regard fini par se poser sur le gars. « Si vous voulez pas me tuer… vous allez faire quoi de moi ? » Dans ta tête, une multitude de scénarios se mettent en place. Viole, esclavage, manipulation, et pleins d’autres tous aussi horribles les uns que les autres. Tu ne sais pas ce que tu aimerais qu’il te réponde. Qu’il te dise qu’il va te laisser tranquille ? Ca oui, mais ce serait bien trop étonnant, car sinon pourquoi t’aurait-il amener ici ?


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Ven 2 Aoû - 15:08

❝ Don't even say a word. ❞


Elle se méfiait, et c’était compréhensible. Lorenzo aurait été pareil à sa place - quoi que plus vindicatif, peut-être même plus violent. Pourtant, il ne put s’empêcher de la respecter un peu plus lorsqu’il s’aperçut qu’elle ne toucherait pas bêtement à la nourriture : il se serait attendu à ce qu’elle se jette sur la desserte couverte de plats protégés de cloches, mais tout au contraire, elle jeta un coup d’œil à celle-ci comme si chaque plat était un danger potentiel. Affamée, à la rue, à moitié stone ne signifiait visiblement pas idiote, et c’était un point de gagné dans l’estime de l’assassin. Après tout, il aurait pu sans mal l’assassiner d’une goutte de poison, et personne n’aurait jamais regretté ni sa présence, ni son existence. Il n’était même pas sûr que quiconque aurait cherché à savoir où elle était passée. On ne faisait pas vraiment attention aux sans-abris, à la Nouvelle Orléans, parce qu’ils étaient trop nombreux pour qu’on regrette vraiment qu’ils disparaissent sans laisser de traces. La misère n’était pas un vain mot, dans cette ville, et si Lorenzo s’intéressait à elle, c’était uniquement parce qu’elle pouvait lui être utile – ou, tout du moins, parce que si elle cessait d’être un danger pour lui, elle serait une épine en moins dans son pied. Et ça, ça n’était clairement pas négligeable.

Avec un soupir, il souleva une des cloches, attrapa une assiette propre, et la remplit d’œufs, de bacon, de pommes de terre sautées, et goutta un peu de chaque avant de tendre l’assiette à la jeune fille. Il fit de même avec une tasse de café, dans laquelle il but une gorgée, et avec un verre de jus d’orange, qu’il délesta d’un peu du liquide, avant de les lui tendre. « Tu peux manger, ça n’est pas empoisonné, et je ne peux pas discuter correctement avec quelqu’un qui est à deux doigts de la crise d’hypoglycémie depuis si longtemps qu’elle ne s’en aperçoit même plus. Mange. » C’était un ordre, elle ne s’y tromperait pas, Lorenzo le savait. Il s’appuya contre le mur, attendant qu’elle se décide à attaquer la nourriture. Cependant, parce qu’elle avait besoin de réponses, et que l’incertitude n’était certainement pas pour rien dans la difficulté qu’elle avait à manger, il se décida à lui donner quelques pistes quant à la discussion qu’ils auraient. « Et je veux que tu réfléchisses à ce que tu as vu, que tu sois aussi exacte que tu le peux. Pas d’interprétation, juste les faits tels que tu t’en souviens. C’est important. De toute façon, ni toi ni moi ne sortirons d’ici tant que je n’aurais pas eu de réponses de ta part. Ensuite, tu en auras de moi. »

Il n’avait jamais été dans cette situation. Jamais on ne l’avait surpris dans l’exercice de ses fonctions, et si c’était arrivé, ça n’était en tout cas pas par des personnes totalement innocentes et sans rapport avec ce qu’il faisait : chaque fois, le ou les spectateurs surprises étaient aussi sur sa liste, alors les liquider n’était pas un problème. Mais Lorenzo ne tuait pas pour le plaisir, pas plus qu’il ne tuait sans raison. De sang-froid, oui, mais toujours parce qu’on le lui avait demandé, et surtout parce qu’on lui versait suffisamment d’argent pour qu’il ferme les yeux sur les raisons qui auraient pu le pousser à épargner les victimes en temps normaux. De toute façon, les temps étaient-ils un tant soit peu normaux pour lui ? L’avaient-ils seulement été ? Rien n’était moins sûr, et Lorenzo n’avait aucune envie de réfléchir. Son tigre aurait pu dévorer la jeune femme en un tour de griffes, la déchirer de part en part sans que ne coule une goutte de sang.

Que pouvait-il bien faire d’elle, de toute façon ? Une chose était sûre, personne ne devait savoir qu’elle l’avait vu, car elle serait en danger, bien plus qu’elle ne l’était déjà. Le Gouvernement n’assumait que peu les nombreux meurtres qu’il commanditait, et si quiconque apprenait que Lorenzo avait été surpris dans l’exercice de ses fonctions, alors la jeune fille ne serait pas la seule à risquer de voir sa vie écourtée. Et ça, Lorenzo ne souhaitait pas que cela arrive. Non pas qu’il tienne particulièrement à sa vie. Quoi qu’il en soit, la question était entière. D’abord, elle avait besoin de se remettre, de devenir un peu plus saine : il fallait qu’elle cesse d’être cette épave à peine capable de se défendre, qu’elle se sorte de la misère dans laquelle elle était. Il pouvait l’aider, et de toute façon, il ne lui laisserait pas le choix. Laisser tomber les substances illicites, tout comme les mauvaises habitudes. Dormir dehors, n’être propre que quand l’occasion se présentait, manger quand elle en avait la possibilité, tout ceci devrait faire partie de son passé dans un futur proche. Il devait pouvoir lui faire confiance… Ensuite, ils verraient bien. Peut-être serait-elle un informateur utile, ou peut-être pourrait-il lui apprendre ce qu’il savait, car après tout, n’importe qui était capable de se débrouiller dans son domaine. Il n’y avait pas besoin d’être aussi doué qu’il l’était, pas besoin de se démarquer au point que le Gouvernement exige qu’elle travaille pour eux ; leur collaboration serait officieuse. Viendrait un moment où il lui ferait suffisamment confiance pour la laisser voler de ses propres ailes. En attendant, il se devait de la surveiller, et d’être absolument certain qu’elle n’irait pas se mettre elle-même en danger.

Il poussa un soupir. Il n’était pas au bout de ses peines.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo   Ven 9 Aoû - 11:37


The Elvenpath -Minuit  ◈ Lorenzo & Riley
Ok, je dirai rien




Q
uand bien même les plats qui te font faces ont l’air succulent, voir même merveilleux, tu ne veux pas y gouter. C’est risqué. Pourquoi ? Peut-être va-t-il te droguer pour profiter de toi par la suite ! Oui, c’est vrai, tu es parano et ça ne servirait à rien de l’ignorer. Tu as peur de tout, tu as peur de la solitude, de la mort et d’autres choses terrifiantes que tu aimes à appeler tes pires cauchemars. Sauf  qu’en réalité, ce n’est pas la situation qui te fait peur, mais bien l’homme. Un inconnu t’aurait proposé douche et repas dans un hôtel, tu aurais acquiescé de suite. Mais cet homme ne t’est plus si inconnu. Meurtrier, tu as vu le sang sur ses mains te la mort dans ses yeux. Tu sais qu’il est dangereux et tu n’aimes pas le danger. Tu veux de la tranquillité pour vivre sans soucis ta vie.

Il soupire et tu te dis que tu l’as énervé, que tu vas payer pour l’avoir contrarié. Mais non. Il soulève les cloches et se sert une grande assiette de chaque plat sur la table. Il avale une bouchée de chaque et finit par un verre de jus de fruit. Tu le regardes, incrédule. « Tu peux manger, ça n’est pas empoisonné, et je ne peux pas discuter correctement avec quelqu’un qui est à deux doigts de la crise d’hypoglycémie depuis si longtemps qu’elle ne s’en aperçoit même plus. Mange. » Tu regardes le repas avec des yeux brillants. Oui, tu aimerais tellement te jeter dessus et les vider… Mais ton orgueil a pris possession de ton corps. Tu n’es pas malade ! Tu le sais ! Certes, tu es maigre, affamée, peut-être même déshydratée mais tu sais très bien que ton corps a tout ce qu’il te faut. Ou pas. La lumière se fait dans ton esprit. Il a raison. Tu manque de tant de nutriments que ça t’en est devenu normal. Tu soupires doucement en reprenant conscience de ta vie misérable. « Et je veux que tu réfléchisses à ce que tu as vu, que tu sois aussi exacte que tu le peux. Pas d’interprétation, juste les faits tels que tu t’en souviens. C’est important. De toute façon, ni toi ni moi ne sortirons d’ici tant que je n’aurais pas eu de réponses de ta part. Ensuite, tu en auras de moi. » C’est un bon deal. Il te paraît honnête et sincère.

Prudemment, tu t’avances vers le repas de roi qui se présente à toi. Tu attrapes une assiette et commences à te servir de tout. A peine les cloches soulever, tu sens la bonne odeur te remplir les narines et presque aussitôt, ton ventre se manifeste. Tu t’assois ensuite sur le lit, la bonne assiette de petit déjeuner remplie comme une pyramide. Tu commences à manger alors. D’abord, tu essayes de prendre ton temps, de ne pas te précipiter comme la mendiante que tu es, mais ta nature revient vite à la charge et tu finis par avaler les bouchées une à unes. Puis, quand tu sens ton estomac rassasié, tu t’arrêtes, laissant encore quelques plats dans ton assiette. Tu ne gâcheras rien, tu le finiras plus tard. Tu avales une gorgée de jus de fruit et tu le regardes enfin. Tu te rappelles qu’il t’a posé une question, une question à laquelle tu te dois de répondre avec le plus de sincérité possible. « J’ai vu ce qu’il s’est passé. Vous, égorgeant un gros. » Oui, voilà ce que tu as vu. D’abord tu avais cru à un cauchemar, mais non.



Revenir en haut Aller en bas
 

Ok, je dirai rien || P.V. Lorenzo

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» je ne comprends vraiment rien...........;
» Question qui sert à rien sur le logo
» Le forum charge sans arrête sans que rien n'apparaîsse
» J'ai installé Facebook Connect, mais je voit rien ! O_o'
» Mon lecteur/graveur ne reconnait plus rien !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-