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 I give them money, I trust you. ♦ Cole

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MessageSujet: I give them money, I trust you. ♦ Cole   Lun 24 Juin - 15:15

❝We're so different, but in a strange way, we do understand each other❞


Ce n’était pas tant la douleur qui dérangeait Lorenzo. Il avait connu, au cours de sa vie, des sensations bien pires que celle-ci – et pourtant, une balle logée dans la cuisse n’avait rien d’agréable, et il lui avait fallu serrer les dents si fort qu’il avait l’impression qu’elles se briseraient, pour ne pas lâcher un cri. Peut-être était-ce là les vestiges de sa fierté italienne, bien qu’il n’ait jamais vraiment ressenti la moindre fierté quant à ses origines. C’est en Italie qu’avait commencé la malédiction qu’était sa vie, et parfois, il pensait aussi que c’est là-bas qu’elle avait pris fin, cette vie, avant même de commencer. Son premier souffle avait aussi été le dernier.

Quoi qu’il en soit, si ça n’avait été qu’une coupure profonde, une côte cassée ou toute autre blessure n’incluant pas un projectile coincé dans son corps, il n’aurait eu qu’à se transformer, lécher la plaie et attendre dans un coin tranquille que la guérison accélérée du skinchanger qu’il était fasse son travail. Mais c’était impossible. La balle n’était certes pas en argent, et de ça, il était heureux, mais elle n’en était pas moins restée dans sa cuisse, plutôt que de la traverser de part en part, et il y avait fort à parier qu’elle s’était fichée dans l’os. En d’autres termes, il était absolument hors de question qu’il la retire de lui-même. Courageux, il l’était, tout comme il était déterminé et imperturbable – la preuve en est que même avec sa cuisse ravagée par la douleur, il était venu à bout de la victime sur laquelle le gouvernement avait placé un contrat, et pourrait aller réclamer sa prime dès lors qu’il serait soigné – mais il n’était pas non plus totalement stupide, et savait que si la blessure n’était pas bien soignée, les circonstances risquaient d’être relativement désagréables pour les semaines, voire les mois à venir. L’argent n’était pas un problème, il en avait. Mais il était hors de question qu’il cesse de travailler.

C’est en boitant qu’il entra dans l’hôpital. Comme à son habitude, il avait donné quelques pièces et billets aux SDF qui se trouvaient à son entrée, partagé quelques mots avec eux, nonobstant sa cuisse enflammée par la douleur. Il lui était impensable de passer par le service des urgences. On lui poserait trop de questions auxquelles il ne pouvait – et ne voulait – pas répondre. Dire à des gens qui chaque jour sauvaient des vies qu’il avait été blessé au cours d’un mission était une chose, mais ils comprendraient bien vite, en voyant les cicatrices et les tatouages sur son corps, quel dangereux type d’individu il était. Ils sauraient ce qu’il était, et dès lors, leurs regards sur lui changeraient. Il n’avait aucune envie d’affronter les jugements de qui que ce soit. Surtout pas maintenant qu’il ne voulait en réalité qu’une chose : qu’Aurora soit présente et l’aide. Ses bras, ses lèvres, sa douceur et ses mots auraient été les onguents parfaits, mais le fait est qu’elle n’était pas là, et qu’elle n’avait pas le talent nécessaire pour retirer une balle de son corps.

Il y avait dans cet hopital un médecin dont il savait qu’il travaillait pour le Gouvernement. Il connaissait son nom, Reever, mais ne l’avait jamais rencontré, et ne savait même pas à quoi il ressemblait. D’une certaine façon, ils étaient collègues, et l’homme pourrait probablement l’aider. Lorenzo demanda donc son chemin à une infirmière, qui jeta un coup d’œil curieux à sa jambe. « Pouvez-vous m’indiquer le bureau du docteur Reever ? » répéta-t-il, bien plus froidement que la première fois, et la femme tendit le bras, lui indiquant une porte, un peu plus loin. La pièce était vide, aussi Lorenzo y entra-t-il. Installé sur une chaise, il attendrait le retour du docteur. Il ne vit pas venir le malaise, et perdit connaissance à peine assis.

Reever aurait une belle surprise lorsqu'il reviendrait dans son bureau.
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MessageSujet: Re: I give them money, I trust you. ♦ Cole   Lun 24 Juin - 16:37

Ça faisait longtemps que Cole avait abandonné la blouse blanche typique du docteur, parce que ce n’était plus trop dans l’impératif de l’uniforme et qu’il ne se voyait pas comme un docteur. Il n’allait plus aux blocs opératoires depuis des années et tout type d’intervention qu’il pratiquait, maintenant que la magie était officiellement reconnue, était beaucoup plus rapide et moins sanglante. Il ne devait pas s’inquiéter pour ses chemises, puisqu’il revenait souvent bien propre chez lui. Les dégâts de l’esprit étaient moins salissants que les traumatismes du corps, bien que plus grave pour certains cas. Cole ne manquait pas de travail, dans un monde survivant toujours juste à une deuxième apocalypse. Il ne s’ennuyait jamais et quand il n’y avait pas assez de Peacekeeper malheureux, il y avait toujours un patient ou l’autre qui l’attendait dans les urgences. Aujourd’hui, il n’eut pas à se rendre jusque-là, quand il croisa une infirmière dans les couloirs, qui lui indiqua qu’un ‘homme à l’allure maussade’ pour reprendre ses mots, le cherchait et qu’elle l’avait guidé jusqu’au bureau du médecin. « Bien d’accord, à l’avenir prévenez-moi avant d’envoyer un étranger dans mon bureau. » Il avait été le plus cordial possible, mais ça ne trahissait pas le fond de sa pensée : il n’aimait pas savoir que des inconnus se baladaient dans ses fichiers. Qui savaient ce qu’ils pouvaient faire ? Eh oui, Cole avait un semblant de paranoïa, mais quoi de plus normal, quand on avait une puce implantée dans la nuque…

Il se rendit donc jusque son bureau, se faisait seulement arrêté à deux reprises par des internes demandant des conseils et lui rappelant son prochain patient qui attendait dans une chambre précise. Il hocha la tête, préférant tout de même vérifier qui l’attendait avant de courir soigner les autres – il ne traitait plus les blessures mortelles, il pouvait donc se le permettre. Cole fit une pause devant sa porte, lisant sans le voir son nom, ainsi que sa spécialisation avec une certaine ironie. Il retroussa ses manches et ouvrit. Un homme. Il soupira, une partie de lui ayant espéré que ça soit une femme – la carte du docteur fonctionnait souvent – avant de remarquer que la personne ne se retourna même pas, alors qu’il n’était pas des plus silencieux au monde. Cole fronça les sourcils. « J’ai appris que vous me recherchiez. Auriez-vous un nom à me-» Il s’arrêta : faire la conversation à un type inconscient n’était pas vraiment utile. Ne laissant aucune seconde de battement, il s’approcha de l’homme, le reconnu. Rigguero ? Riggiera ? L’instant n’était pas à se souvenir correctement du nom de l’homme. Cole le connaissait, de loin seulement, comme le type qu’il croisait de temps en temps dans les bâtiments affectés au gouvernement, ainsi que dans les rues, pas loin des sans-abris. Il ne prit pas le temps de s’attarder sur la satisfaction de pouvoir avoir un semblant de discussion avec Rigg-quelque-chose – la dernière fois qu’il lui avait adressé une salutation, l’homme l’avait royalement ignoré.

Cole prit le pouls, s’assurant qu’il n’avait pas un mort sur les épaules, remarqua le saignement à la jambe. Sans plus de cérémonie, il déchira une partie du pantalon, détaillant la plaie du mieux qu’il put, à travers le sang. Une artère était touchée, ça, il le devina grâce à sa magie. Mais ce n’était pas trop grave, les skinchangers étaient connus pour avoir un métabolisme qui se soignait rapidement. Grace à ça, l’hémorragie était moins grave que ce qu’elle n’aurait été sur un humain. Cole se saisit de la petite lampe qui reposait dans la poche de sa chemise, penchant la tête de Rigg’ en arrière, donnant une claque à l’individu – c’était ce qui fonctionnait encore le mieux – avant de se servir de son soin pour faire en sorte que Rigg’ revienne parfaitement à lui. Pendant qu’il battit des paupières, Cole lui fit ouvrir un peu plus les yeux, s’assurant d’avoir une réponse rétinienne normale. Bien, il n’y avait pas de commotion. L’évanouissement était dû à la légère fièvre et à la perte de sang, surement. « Bienvenue parmi les vivants. Je vais m’occuper de ta jambe, mais j’ai besoin de savoir pourquoi tu es venu me voir, spécifiquement. » Cole fit un signe à Rigg’ de ne pas bouger, tandis qu’il se rendait jusqu’à son bureau pour prendre une cravate qui trainait dans le fond d’un de ses tiroirs, revenant pour faire un modeste garrot à Rigg’.

Une fois cela fait, il retourna vers son bureau, composant un bref numéro interne. « Est-ce que tu saurais m’apporter… » Cole énonça une série d’instruments et de produits médicinaux à toute vitesse, se moquant que l’interne au bout de la ligne prenne le temps de noter les divers composés chimiques. Une fois cela fait, il revint vers son patient surprise, tirant une chaise pour s’installer en face de lui et étudier la plaie avec attention. C’était une blessure par balle, la brulure et la manière dont la chair avait été ouverte était une preuve suffisante pour un ancien soldat comme lui. « Laisse-toi faire et réponds à mes questions, même si ça ne te plait pas. » Cola avait l’autorité d’un bon médecin qui ne souffrirait aucun caprice d’un de ses patients. Si Rigg’ était venu vers lui, alors il devait être d’accord de suivre les directives du blond. « Cela fait combien de temps qu’on t’a tiré dessus ? Grosse perte de sang ? » Tout en disant cela, Cole manipulait la cuisse du tueur le plus professionnellement possible, se servant de son soin pour atténuer la douleur et déterminer plus précisément l’envergure des dégâts.
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MessageSujet: Re: I give them money, I trust you. ♦ Cole   Lun 24 Juin - 17:13

Il fallut quelques instants à Lorenzo avant de comprendre où il était et pour quelle raison il avait atterrit là. Il fronça les sourcils en apercevant l’homme dans le bureau duquel il était, cherchant à comprendre d’où venait cette impression de déjà vu, mais la douleur était bien trop importante pour qu’il parvienne à mettre ses pensées en ordre. Pour l’instant, la seule chose qui comptait était que visiblement, il ne s’était pas trompé de personne, et qu’il semblait plus ou moins décidé à le soigner, à en juger par son pantalon déchiré – un pantalon qu’il adorait et aurait préféré ne pas voir transpercé par une balle. Il passa une main dans ses cheveux, inspirant et expirant profondément pour essayer de mettre un peu la douleur de côté. Dès que possible, il prendrait sa forme animale, et laisserait les commandes au tigre, juste le temps de retrouver un semblant de santé, d’éloigner la douleur et la fièvre. Hors de question qu’on l’hospitalise, qu’on le force à rester alité sur un lit, au milieu d’individus en qui il n’avait aucune confiance et dans un lieu dont il ne maitrisait pas les spécificités. Il avait besoin d’être en terrain connu, et lorsque ça n’était pas le cas, il lui fallait de quoi se défendre. Ici, il était aussi fragile qu’un nouveau-né, du moins était-ce le sentiment qu’il avait. Il devait bien y avoir un poignard ou deux cachés dans ses bottes, et, à moins qu’elle ne soit tombée ou n’ait été endommagée, une fiole de poison était fixée à la ceinture de son pantalon. Autant dire que pour une machine à tuer du genre de Lorenzo, c’était un minimum.

L’homme parlait trop, aussi Lorenzo lui jeta-t-il un regard noir. Pourtant, il était agréablement étonné de le voir aussi maitre de ses émotions alors qu’un homme inconnu se permettait d’entrer dans son bureau, et d’attendre de lui qu’il le soigne. De plus, il n’était guère difficile, en voyant la blessure qu’avait Lorenzo, et les griffures qui maculaient ses bras, qu’il avait rendu les coups. Ce serait à l’imagination de Reever de faire le reste du travail. Il grogna donc alors que l’homme examinait sa blessure, serra les dents. Le tigre en lui était méfiant, et à deux doigts de montrer les dents. C’était le genre de réaction qu’il se devait de contenir, car se mettre à retrousser les lèvres pour montrer ses dents très humaines était au mieux étrange. Chez un homme comme lui, ça pouvait sembler quelque peu intimidant, mais quelque chose lui disait que Reever ne serait pas de cet avis.

Ce fut un regard de l’homme qui lui permit de comprendre d’où il le connaissait. Quasiment tous les jours, ils donnaient tous les deux de l’argent aux sans-abris qui faisaient la manche près des bâtiments du gouvernement où l’assassin partait chercher ses ordres de mission. Aux yeux des employés des lieux, il était un simple agent comme un autre. Bref, récemment, l’homme avait tenté de lui parler, et s’était à chaque confronté à la froideur de Lorenzo, à son ignorance complète. Il n’avait véritablement rien contre lui, mais n’estimait pas que quelques pièces jetées à des miséreux change grand-chose entre eux, ou soit un vrai lien. Ce n’était pas comme s’il cherchait vraiment à avoir de lien avec quiconque, de toute façon. Qu’importait que cet homme travaille pour les mêmes personnes que lui. Ils n’étaient simplement pas dans le même panier.

« On m’a donné votre nom en cas de problème. J’ai eu un problème, je suis venu. » Il réfléchit un instant, cherchant les réponses aux questions posées par le médecin. Il savait qu’il était important d’être aussi précis que possible s’il voulait que le travail du soigneur soit aussi efficace que possible. Il resserra ses doigts autour de l’assise de la chaise alors que l’homme agissait, se retenait de lui balancer son poing dans la figure. Une nouvelle fois, le tigre prenait le dessus, comme il l’avait rarement fait. Ce n’était pas faute de lutter, mais même après toutes ces années, il restait des moments, malgré la bonne entente entre les deux parts de sa personnalité, il lui fallait se battre pour ne pas être l’homme sur qui le tigre avait du pouvoir. Il était celui qui commandait, et ça ne devait pas changer. Pas même une seconde, pas même le temps d’un battement de cœur. Le jour où cela arriverait, ce ne serait que la première d’une longue série de pertes de contrôle qui s’achèverait par une descente aux enfers, il en était persuadé. Et il aimait trop la part tigre de sa personnalité pour risquer que leur relation soit conflictuelle. Même si cette pensée restait quelque peu schizoïde à ses yeux. Tant pis. « Ca fait une heure, une heure et demi au maximum. Beaucoup de sang, oui. J’ai fait un garrot, qui est tombé en chemin. » C’était en soi une mauvaise nouvelle. Pas pour sa santé. On retrouverait son sang en ville, et il ne serait pas difficile de faire le lien entre lui et le cadavre – très abimé – qu’il avait laissé derrière lui.

La porte s’ouvrit avec fracas. Moins d’un battement de cœur plus tard, Lorenzo se retournait violemment vers le nouvel arrivant, la lèvre supérieure retroussée, la mâchoire serrée, et la mort au fond du regard. Le jeune homme, un interne, reculé d’un pas, manquant de faire tomber ce qu’il avait à la main.

Il apprendrait bien assez tôt que débarquer derrière un félin blessé, le surprendre, était la façon la plus sûre de mourir avant même d’avoir compris ce qu’il se passait.
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MessageSujet: Re: I give them money, I trust you. ♦ Cole   Lun 24 Juin - 21:13

« On m’a donné votre nom en cas de problème. J’ai eu un problème, je suis venu. » Cole dévisagea profondément Rigg’, cherchant s’il se moquait de lui, mais constata amèrement que non, aucun mensonge, aucune explication tordue trouvée. Elle tenait la route, sa justification, mais le médecin ne pouvait s’empêcher de ne pas l’apprécier. Est-ce que ça voulait dire que bientôt, il aurait droit à tous les types froids de la Nouvelle Orléans pour recevoir des soins expéditifs et discrets ? Si le gouvernement voulait de lui comme chirurgien, on avait qu’à le foutre dans une salle d’op’ et non derrière un joli bureau – même s’il aurait catégoriquement refusé d’enfiler le bleu aseptisé des tenues de chirurgies. Cole ne répondit rien, avalant son mécontentement pour plus tard, quand il croiserait un fonctionnaire, pour lui dire le fond de sa pensée. Il devait bien y avoir des médecins meilleurs que lui, alors pourquoi s’attacher au pauvre texan qu’il était ? Il ne s’attarda pas plus sur ces reproches mentaux, remarquant la souffrance dont était sujet le Skinchanger, sans pouvoir apporter une solution immédiate si la balle était toujours dans la jambe – ce qui ne l’empêchait pas pour autant de ne plus toucher Rigg’. Ce n’était pas les quelques sursauts de son presque étranger qui le ferait reculer. Tout le contraire…

Cole écouta les explications de Rigg’, qui au moins avait la décence de lui répondre et de ne pas le laisser dans un flou de suppositions. Il le remercia d’un signe de tête, finissant ses observations et se reculant un peu, quand la porte de son bureau s’ouvrit à la volée. Il n’eut pas les temps d’esquisser le moindre mouvement que son patient était déjà debout, sur la défense, montrant les crocs. Encore un peu et Cole était persuadé que le blessé se mettrait à grogner. Retenant un rire qui menaçait de naitre dans le fond de sa gorge, il se leva calmement, haussant la main vers Rigg’ pour le calmer ou tout du moins détourner son attention. « Tout va bien, c’est mon interne. » Il n’avait pas besoin d’un bain de sang dans son bureau – c’était une horreur à nettoyer, qu’importe la magie à employer – et ça faisait toujours tache dans les rapports envers le gouvernement. Mais si le besoin était, Cole n’hésiterait pas à se servir de sa magie pour assommer Rigg’ et l’envoyer dans le monde des rêves. C’était parfaitement dans ses moyens, même s’il ne le souhaitait pas au Skinchanger. Cole se dirigea vers l’interne qui tremblait, lui adressant un mince sourire, posant une main sur son épaule, avant de s’emparer des affaires que la pauvre victime lui apportait. « Merci Emile. Ne fais pas attention à lui, il supporte mal la douleur. » Il laissa passé quelques secondes, attrapant le regard de l’apprenti médecin, qui finalement se détournait de l’inconnu menaçant. « Je compte sur ta discrétion, que rien de tout cela ne s’ébruite, n’est-ce pas ? » Ceux qui travaillaient au service du docteur Reever, même s’ils ne le connaissaient pas depuis très longtemps, avaient bien compris qu’il fallait mieux suivre ses indications. Après tout, il était un employé du gouvernement et bien qu’il avait horreur de se servir de cette étiquette, elle lui permettait certains avantages que peu possédaient.

Cole congédia l’interne, s’intéressant à son patient, un sourcil haussé, vraisemblablement amusé par le comportement qu’avait eu le Skinchanger. « Ca t’arrive souvent de faire peur aux gens comme ça ? » Il était amusé, ça s’entendait, et il n’y avait aucune menace dans ce qu’il venait de dire. Il chassa toute remarque potentiel d’un signe de main, faisant signe à Rigg’ de retourner s’asseoir et de se calmer. Il ne voulait pas traiter avec une bête agitée, il risquait d’y avoir plus de dégâts que de soin autrement. Cole enfila des gants, disposant les outils sur la table à côté d’eux, s’intéressant à la plaie du presque étranger. « Je vais t’enlever la balle et guérir tout ça. Il faudra tout de même que tu évites de courir et de force trop sur ta jambe pendant un jour ou deux. Mais après, ta jambe sera comme neuve. » Tout en parlant, comme si de rien n’était, il enfonça une aiguille dans la cuisse de Rigg’. On aurait pu croire qu’il était négligeant, vu la simplicité et la rapidité avec laquelle il piqua, mais il ne fallait pas le sous-estimé non plus. Il savait très bien où il injectait le tranquillisant, bien que cela manquait d’une quelconque douceur – plus la piqure était rapide, moins elle était douloureuse. Bien que, c’était à douter du seuil de tolérance du Skinchanger actuellement. Il lui fit une deuxième piqure d’antiseptique et d’antibiotique à faible dose. « Ce n’est pas parce qu’on est magique qu’on est plus résistant aux saloperies de la vie. C’est des antibiotiques et des renforçant. » Les gens seraient toujours étonnés d’apprendre le nombre de Nightkeeper et de Skinchanger qui mourraient à cause d’une simple infection, parce qu’on les croyait invulnérables. En réalité, il n’y avait rien de plus dangereux qu’un vilain virus pour envoyer un élu des dieux dans une petite boite, six pieds sous terre.

Les gestes de Cole étaient précis et ne souffraient d’aucune hésitation. Il commença à nettoyer la plaie, pour rendre sa visibilité plus facile, avant de se saisir d’une longue pince coudé, quelques minutes plus tard. Il se détourna finalement de la blessure pour jeter un coup d’œil à Rigg’. « Prêt ? » Et sans attendre une quelconque autorisation, enfonça la pince dans la chair, faisant peu cas de la souffrance de son patient – l’anesthésiant avait eu tout le temps de faire effet. Quelques secondes plus tard, il ressortait la coupable, victorieux.
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MessageSujet: Re: I give them money, I trust you. ♦ Cole   Lun 29 Juil - 19:15

Habituellement, Lorenzo était assez peu sensible à la douleur. Au cours de sa longue vie, il avait eu plus d'une occasion de souffrir, et chaque fois, il avait su supporter les horribles sensations se répendant à travers son corps. Coups de couteau, balles perdues, os brisés, il n'avait parfois pas été épargné, malgré la prudence dont il faisait preuve lorsqu'il était envoyé en mission. Pourtant, cette fois, entre la fatigue des nuits passés à fuir le sommeil comme les cauchemars, l'angoisse provoquée par la situation avec Aurora, il n'avait un seuil de résistance que limité, de même que sa patience n'était pas ce qu'elle pouvait être lorsqu'il était au top de sa forme. Il n'y pouvait rien, si ce n'est prendre sur lui. Et même ça, il n'en avait pas envie. Alors, lorsqu'était entré Emile, l'interne, son sang n'avait fait qu'un tour, et il avait laissé le tigre en lui prendre le dessus sur son humanité : il n'avait plus la force de maintenir la bête, et lui faisait confiance pour gérer la situation. Il avait la chance de ne pas avoir  de vrais problèmes dans l'épreuve que représentait habituellement le fait de partager un corps et une âme avec une créature sauvage, aussi pouvait-il parfois se permettre de se reposer sur le félin. Il eut un frisson lorsque Connor piqua sa cuisse, mais ne fit aucun commentaire, pas plus qu'il ne parla alors qu'il lui retirait la balle. Quoi qu'il en soit, il était impressionné par Connor, et par le calme qu'il avait face à lui : il n'avait pas peur, et paraissait plus agacé qu'autre chose par la façon dont l'assassin était arrivé sans prévenir. La plupart des gens avaient peur de lui, même sans qu'il cherche ce résultat - et il devait bien reconnaitre que le reste du temps, il prenait un malin plaisir à s'assurer qu'on ne l'approche pas trop, quitte à créer la peur chez les autres de lui-même. Il était un prédateur, c'était dans sa nature. Il avait eu bien trop peur, lorsqu'il était encore tout à fait humain, et à plus d'une reprise, pour accepter d'être de nouveau celui qui aurait peur. « Je suis un assassin, on n'attend pas de moi que je sois amical. Quant à lui, il est entré sans sommation, ou s'il a frappé, il n'a pas attendu que tu l'y autorises. As-tu déjà tenté d'approcher un animal blessé ? Crois-moi, tu en ressortirais avec une peur bien plus intense que celle de ton interne ». C'était plus de paroles qu'il n'en prononçait habituellement, mais cet homme l'avait soigné, et pour ça, il lui était reconnaissant. Maintenant que la balle n'était plus dans sa jambe, la guérison serait bien plus rapide que la moyenne, et surtout, il savait qu'il pourrait échapper à une infection qui aurait pu lui être fatale. Aussi hocha-t-il simplement la tête alors qu'il lui expliquait que les antibiotiques étaient indispensables ; il avait beau prendre régulièrement des risques, il n'était pas téméraire, et savait qu'il n'était pas immortel, du moins pas s'il ne faisait pas un minimum attention à lui.

Il pensa au pauvre interne ; même s'il ne le connaissait pas et se moquait bien de ce qu'il pouvait penser de lui, il espérait qu'il n'aurait pas la bêtise de s'exprimer auprès de qui que ce soit sur ce qu'il avait vu : si il en arrivait à être indiscret et à mentionner Lorenzo, celui-ci finirait par l'apprendre, et serait obligé de l'éliminer. Ce n'était pas un excès de zèle ou de prudence, simplement du bon sens : il n'avait aucune envie que l'on fasse le lien entre lui et la fusillade qui avait eu lieu un peu plus tôt dans la journée, car on ferait de fait l'amalgame avec le corps retrouvé sur place. Lorenzo avait beau être payé par le Gouvernement, il savait surtout qu'il ne fallait pas compter sur ses supérieurs pour le protéger si jamais il se faisait pincer. Le gouvernement n'était pas connu pour sa loyauté envers ses agents, du moins, pas envers deux qui faisaient couler le sang de ses opposants, qu'ils soient plus ou moins dangereux. Connor avait peut-être plus de chance : s'il ne tuait personne, il faisait sans doute tout le contraire, notamment en soignant le Skinchanger. « Je suis désolé d’avoir débarqué comme ça, j’imagine bien que tu n’es peut-être pas habitué à voir des tueurs à gage se ramener comme ça dans ton hôpital ». Il grimaça. Personne n’était jamais vraiment habitué à voir un tueur à gage, et il fallait bien dire que lorsqu’il arrivait quelque part en tant qu’assassin, la personne à qui il rendait visite n’avait que peu de chances de survivre à la rencontre. Il leva donc les yeux vers le médecin, et même si son visage était fermé, si aucun sourire ne venait éclairer son visage, il y avait de l’honnêteté sur ses traits, et les mots qu’il prononça laissaient transparaître la sincérité. « Je te suis redevable, maintenant. Si tu as besoin de quoi que ce soit, et pas seulement de tuer quelqu’un, n’hésite pas, mon temps sera le tien ». Et c’était la vérité. Il avait beau être cruel, doué dans son métier de tueur, n’éprouver pas la moindre pitié, il n’en était pas dépourvu pour autant d’honneur, et si Connor faisait appel à lui, quelle que soit la raison, il serait présent, et ce tant qu’il se sentirait redevable.

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